Vous êtes sur la page 1sur 1

INEXECUTION DU CONTRAT

1/ La responsabilité contractuelle :
• Généralités Un contrat est conclu pour être exécuté. Celui qui n'exécute pas les obligations mises à sa charge par le contrat engage sa
responsabilité contractuelle.
La mise en jeu de la responsabilité contractuelle du débiteur suppose la réunion de trois conditions : une faute
contractuelle, un dommage et un lien de causalité entre la faute et le dommage.
• Faute contractuelle La faute consiste en une inexécution partielle ou totale du contrat. Il appartient au créancier de rapporter la preuve de
l'inexécution.
- Si l'obligation inexécutée est une obligation de moyen, le créancier devra apporter la preuve que la débiteur a commis une
faute (négligence ou imprudence) et qu'il n'a pas usé de tous les moyens possibles.
- Si l'obligation inexécutée est une obligation de résultat, le créancier devra simplement rapporter la preuve que le débiteur
n'a pas atteint le résultat escompté.
Causes d'exonération de la responsabilité contractuelle
- Cas de force majeure (ou Il est définit comme "…. Tout fait que l'homme ne peut prévenir, tel que les phénomènes naturels (inondations,
cas fortuit) sécheresses, orages, incendies, sauterelles), l'invasion ennemie, le fait du prince et qui rend impossible, l'exécution de
l'obligation " DOC - 2 conditions doivent être réunies pour que l'on parle de cas de force majeure : l'événement doit être
imprévisible et insurmontable pour la débiteur.
- Fait de la victime C'est un acte de la victime, fautif ou non qui est la cause exclusive ou partielle du dommage. Pour qu'il y ait exonération, le
fait doit revêtir le caractère de force majeure car l'absence de faute n'est pas exonératoire.
- Faute d'un tiers Pour être exonératoire, le fait d'un tiers doit présenter les mêmes caractéristiques que la force majeure. Ce tiers ne doit pas
être un représentant légal ou conventionnel du débiteur. Le fait d'un tiers peut n'être que partiellement exonératoire, s'il n'est
pas la cause exclusive du dommage.
NB Si l'impossibilité n'est que momentanée, l'exécution du contrat sera suspendue.
• Préjudice ou dommage subi L'inexécution d'un contrat ou son exécution tardive, défectueuse, incomplète entraîne la responsabilité civile du débiteur
pour le dommage subi par le créancier.
Types de dommage : - le dommage matériel : atteinte à des biens patrimoniaux (ou à un intérêt financier).
- le dommage moral : atteinte à des valeurs non pécuniaires càd à toutes formes de sentiments humains.
- le dommage corporel : dommage résultant d'une atteinte physique. Présente la particularité de combiner des éléments de
préjudice matériel (frais médicaux , incidence économique) mais également moral.
Caractères du dommage Le préjudice n'ouvre droit à réparation que s'il présente un triple caractère :
- dommage direct : préjudice découle directement de l'inexécution des clauses contractuelles
- dommage certain : seul un dommage réel peut donner lieu à une réparation (dommage éventuel non pris en compte)
- dommage prévisible : étendue du préjudice prévisible au moment de la création du contrat
• Lien de causalité entre la faute et le dommage
Théorie de la cause La responsabilité contractuelle ne peut être engagée que si les créanciers apportent la preuve qu'il y a lien de causalité
adéquate entre le dommage subi et le comportement du débiteur.
Le préjudice subit doit être la suite immédiate et directe du fait dommageable.

2/ Mise en œuvre de la responsabilité contractuelle


• Mise en demeure C'est un préalable à la mise en jeu de la responsabilité contractuelle imposé par le DOC
Acte écrit établi par créancier et envoyée au débiteur défaillant pour exiger l’exécution des obligations. C'est un
avertissement rappelant au débiteur son obligation et une preuve du retard du débiteur.
En l'absence de mise en demeure, le débiteur pourra invoquer devant le juge que l'inexécution provient d'un retard dont il a
cru bénéficier de la part du créancier.
• Exécution forcée "lorsque le débiteur est en demeure, le créancier a le droit de contraindre le débiteur à accomplir l'obligation, si l'exécution
en est possible" Art 259 du DOC
L'exécution forcée peut porter sur le personne même du débiteur ou sur ses biens.
La législation marocaine prévoit la contrainte par corps (incarcération du débiteur défaillant) et l'astreinte (consiste à payer
une somme déterminée pour chaque jour de retard dans l'exécution).
• Réparation du préjudice La réparation du dommage prendra souvent la forme pécuniaire quand la réparation en nature n'est pas toujours possible.
"les dommages et intérêts sont dus à raison de l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'obligation, soit à
raison du retard dans l'exécution et encore qu'il n'y ait aucune mauvaise foi de la part du débiteur" Art 263 DOC
Les dommages et intérêts sont une somme d'argent attribuée au créancier pour lui réparer le dommage causé par le
débiteur défaillant. Ils doivent couvrir l'intégralité du préjudice subi mais ne doivent en aucun cas constituer un
enrichissement pour les créanciers.
Dommages & intérêts Ils assurent la réparation du retard apporté dans l'exécution du contrat.
moratoires Le créancier doit apporter la preuve du préjudice cause par le retard dans l'exécution du contrat.
Le montant des dommages et intérêts moratoires est apprécié par le juge sauf quand il s'agit d'une créance portant sur
l'argent (taux légal des intérêts moratoires fixés par le législateur).
Dommages & intérêts Ils sont destinés à indemniser le créancier du préjudice résultant de l'inexécution du contrat.
compensatoires Il appartient au juge qui dispose d'une large pouvoir d'appréciation de fixer le montant des dommages et intérêts.
Ce préjudice sera plus sévèrement apprécié par le juge s'il résulte d'une faute intentionnelle du débiteur ou de son
comportement dolosif.

3/ Règles relatives à l'inexécution des contrats synallagmatiques


• Généralités Les contrats synallagmatiques se caractérisent par la réciprocité et l'interdépendance des obligations des deux parties.
En cas de non exécution des obligations contractuelles il existe deux moyens de pression spécifiques.
• Exception d'inexécution Consiste pour une partie contractante, de suspendre provisoirement l'exécution d'une prestation tant que l'autre partie n'a
pas accompli ses propres engagements (suspension provisoire du contrat).
L'originalité de l'exception d'inexécution est de pouvoir être décidée par le contractant lui-même sans autorisation de la
justice.
• Résolution pour Le créancier après avoir mis en demeure le débiteur peut demander au juge de prononcer la résolution du contrat pour
inexécution inexécution fautive du débiteur.
La résolution doit être prononcée par le juge. Elle anéantit rétroactivement le contrat.
Mais dans le cas d'un contrat à exécution successive ayant commencé à produire des effets juridiques, la résiliation se
présente comme l'anéantissement du contrat pour l'avenir.