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Modélisation des écoulements souterrains

& du transport de polluants

Préparé par Azzedine HANI, Professeur UBMA


Tébessa, Février 2019
1) Modélisation des écoulements souterrains
∂ ∂h ∂ ∂h dh
( Tx )+ ( Ty ) =S + q( x , y , t )
∂x ∂x ∂y ∂y dt

Conditions aux limites Conditions initiales


- C’est l’équation de diffusivité : une EDP dont l’inconnue est h (x, y), les
données T (x, y) , S(x, y) et q (x, y) et les variables x, y et t
- Les conditions initiales : la valeur H en tout point de l’aquifère, à une date
donnée t0.
- Les conditions aux limites : les valeurs de H ou à ses dérivées sur les bords
du domaine D. En pratique de 3 types de CL :
1) Conditions de DIRICHLET (ou potentiel) : charge (h) imposée : h lim = f ( t )
Contact nappe-rivière
∂h
2) Conditions de NEUMANN (ou de flux) : 1ère dérivée de la charge  
 ∂n 
imposée, donc flux imposé : ∂h =f(t)
∂n lim

Limites à flux nul (substratum basal ou latéral) et Limites à flux imposé


(recharge de nappe, prélèvement par puits) 2/8
1) hauteur piézométrique imposée sur la limite : ou condition
de Dirichlet ou de potentiel. C’est le cas où l’aquifère est limité par
un front de réalimentation ou de vidange (ex.: une rivière ou la mer).

rivière
Sol côte H 0 Le long de la ligne de
SP contact nappe-oued AA’,
A A'
la charge est constante
imposée à la valeur H0.

Précipitations Le long de
l’affleurement AA’, les
Surface piézométrique pluies sont > au flux
d’eau pouvant s’écouler
Sol dans la nappe, la charge
Infiltration
est constante, voisine
de la côte du sol.

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2) Condition de Neumann ou de flux, car selon la loi de Darcy, la
vitesse ou le débit en un point est proportionnel au gradient de charge
en ce point. Les conditions de flux représentent les limites
imperméables géol. de l’aquifère (flux nul), ou les limites par
lesquelles l’aquifère peut recevoir une alim. à débit imposé
(ex.: les affleurements où le taux d’infiltration de la pluie fixe les
apports à la nappe).
Sol
La rivière est déconnectée
de la nappe ; l’alimentation de
l’aquifère le long de AA’ est
Infiltration définie par l’infiltration
Surface
piézométrique
percolant à travers la zone
A A' non-saturée.

Le long de AA’, les


Surface A Précipitation précipitations sont inférieures
piézométrique
aux possibilités d’écoulement
Sol A' de la nappe ; l’alimentation
Infiltration est définie par le taux
d’infiltration de la pluie. 4
des CL des 2 types peuvent se succéder :
Précipitation Situation 1 : les sources Précipitation
A et A’ débitent. La
charge est imposée au
niveau des exutoires.
A' A'
Situation 2 : la source
A A’ est tarie, le débit est
Situation 1 imposé à zéro. A
Situation 2
Situation 1 Situation 2
a H0 b H0
H0

QNappe 0 QNappe V 0
V

QNappe = 0
Situation 1 : condition de charge Situation 2 : étiage
imposée correspondant à l’altitude du fil de entraînant une
l’eau aussi longtemps que la rivière est en condition de flux.
connexion avec la nappe.
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∂h  ∂h 
3) Conditions de CAUCHY : h et ∂ n a.h + b .  lim = f ( t ) contact
 ∂ n 
nappe-rivière – au travers d’une limite semi-perméable

- Cas des nappes très étendues, on choisira donc une limite :


soit le long d’une ligne de courant (le débit d’échange par cette
limite sera alors nul),
soit le long d’une ligne équipotentielle sur laquelle on impose la
charge mesurée sur le terrain.

- La discrétisation en différences finies : - on découpe D en n mailles, - on


définit T, S et q aux nœuds, et - on cherche H en chacun des nœuds.

-Régime permanent ( ∂H ∂ H ∂ H S ∂H q
2 2
= 0) : + = . +
∂t ∂x 2
∂y 2
T ∂t T
∂  ∂H  ∂  ∂H 
Tx  + Ty  =q
∂x  ∂ x  ∂y  ∂y 
→ plus besoin des conditions initiales

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- Ex. limite à flux imposé (au nord) : puits : W C E a
T. (HN-HC) remplacé par FluxN alors :
T. (HE-HC) + T. (HW – HC) + FluxN + T. (HS - HC) = Q S

- Ex. limite à charge imposé (au nord) : rivière : TN. (HN-HC)


T. (HE-HC) + T. (HW – HC) + TN. (HN-HC) + T. (HS - HC) = Q

- Résolution directe :
T1 + T5 T + T5 T + T4 + T6 + T10 + 4T5 T + T5 T + T5
H1 + 4 H4 − 1 H5 + 6 H 6 + 10 H 10 = 0
2 2 2 2 2

- L’ajustement entre piézométrie calculée et piézométrie observée pour


toutes les mailles :
hcalc − hObs , doit être très faible
hObs 7/8
Régime permanent :
4
T . ∑ ( H d − H c ) + Q + inf iltration = 0 d=1 directions (W, E, S, N)
d =1

Régime transitoire :
4
∂h
T . ∑ ( H d − H c ) + Q + inf iltration = a 2 .S .
d =1 ∂t
Approximation exacte si dt infiniment petit :
4
H t +dt − H t
T . ∑ ( H d − H c ) + Q + inf iltration = a 2 .S .
d =1 dt

- En général, a (côté de la maille) >>> rayon du puits


- Pour comparer H simulée et H observée dans un puits : Facteur de
correction :
Q  a  π
H maille − H puits = ln  − 
 2
2.π .T   r p  

avec a : côté de la maille ; rp : rayon du puits ; T : transmissivité

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2) Modélisation du transport de polluants
Equation de transport en milieu poreux saturé
∂c
= [(De /R)].(δ 2c δx 2 ) − [( v / R ).( δc / δx ) ] − [λ c ]
∂t
Dispersion Convection Dégradation
Aquifère Polluant Retard

Sens x x x x
écoulement

Convection Convection Convection Convection


+ Dispersion + Dispersion + Dispersion
+ adsorption + adsorption
+ Dégradation

Coef. Coef. retard R


K, ne, S dispersivité Dens. appare. Bd
αL, αT et αV Por. Tot φ
Coef de distrib. eau-sol
9/8
Kd
Dispersion (Diffusion moléculaire, dispersion mécanique ou
hydrodynamique)
D e = [D 0 .τ ] + [v .α ]

La dispersion La diffusion La dispersion mécanique ou


effective moléculaire hydrodynamique
(soluté) (milieu poreux)
La tortuosité et les différences de vitesses des particules d’eau → CRÉATION
D’UN CHAMP DE VITESSES complexe dans les 3D du milieu. Ces phénomènes se
traduisent par les coefficients de dispersivité longitudinale, transversale et
verticale.

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αy Dispersivité perpendiculaire à l’écoulement (αy, αz)
Ecoulement
αy Dispersivité transversale horizontale (αy)
x αz Dispersivité transversale verticale (αz)
Valeurs typiques : αy = 0,1αL
α? αz ≤ 0.01 – 0.1 αL (grand débat)
Il existe de nombreuses relations empiriques, basées sur des observations de
terrain.

Coefficient de Retard (R)


Les polluants organiques étant hydrophobes, ils présentent UNE FORTE AFFINITÉ
POUR LA MO DU SOUS-SOL. Cette affinité introduit un coef. de retard R dans
l’équation de transport.

R traduit mathématiquement les phénomènes de sorption de substances


polluantes dissoutes sur la matrice ou les particules solides du sol.
La sorption est, en général, un phénomène à cinétique rapide et linéaire, le
R, considéré comme constant, peut être estimé selon la formule :
«isotherme d’adsorption».
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R = 1 + [ρs .( 1 − φ ) / φ ].K d ou R = 1 + ( Bd / φ ).K d
où ρ s .( 1 − φ ) représente la densité apparente (Bd) de la roche poreuse (bulk
density en anglais);
ρs : poids spécif. des particules solides (g/cm3); φ : porosité totale (ex. : pour une
porosité totale de 30%, φ = 0,3); Kd : coefficient de distribution eau-sol, lié à
l’adsorption d’une substance dissoute sur la matrice ou les particules solide du sol.
Kd est donné par la pente de la droite de régression du graphe Variation de la
concentration de substance polluante dissoute adsorbée sur les particules solides
du milieu récepteur (aquifère) = f(concentration restante en solution dans l’eau). Ce
graphique est appelé «isothermes d’adsorption».
Linéaire
Isothermes d’adsorption (Widemeier, 1996)
Freundlich
(Adsorbed Concentration C, (µg/g) - Dissolved
Concentration C, (µg/ml))
Langmuir
Comment estimer Kd ??
Plusieurs formules existent : exemple K d = K oc .f oc avec Koc : coefficient de
partage octanol-carbone organique (cm3/g) ; foc : fraction en matière organique du
sol.
Une autre formule : K OC = 1 ,724 .K om
avec Kom : coef. de partage du polluant avec la MO totale du sol 12/8
Evolution de la pollution au sein de la nappe
Les principaux mécanismes physiques et paramètres associés à la
propagation des polluants dans la nappe sont les suivants :
Mécanisme Paramètres associés
physique
convection Coef. de perméabilité K transport
porosité efficace ne ou cinématique ω non réactif
dispersion Coef. de dispersion longitudinal αL
cinématique Coef. de dispersion transversal αT
Coef. de dispersion vertical αV
diffusion Coef. de diffusivité moléculaire D
moléculaire
adsorption Coef. de partage sol-eau Kd transport
réactif
dégradation constante cinétique λ

Tableau 4 : Les mécanismes physiques et paramètres associés à la propagation des


polluants dans le sol et les nappes (Lemière & al., 2001 ; Wiedermeier & al., 1998)
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Quelques coefficients de diffusion moléculaire :

CATIONS D° en 10-6 ANIONS D° en 10-6


cm²/s cm²/s

H+ 93,1 OH- 52,7


Na+ 13,3 F- 14,6
K+ 19,6 Cl- 20,3
Rb+ 20,6 Br- 20,1
Cs+ 20,7 HS- 17,3
Mg+2 7,05 HCO3- 11,8
Ca+2 7,93 CO32- 9,55
Sr+2 7,94 SO4 2- 10,7
Ba+2 8,48
Ra+2 8,89
Mn+2 6,88
Fe+2 7,19
Cr+3 5,94
Fe+3 6,07
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Logiciel de modélisation des écoulements et du
transport dans les eaux souterraines - Visual
MODFLOW Flex

Visual MODFLOW® Flex constitue le logiciel


standard de l’industrie pour la modélisation 3D des
écoulements d’eaux souterraines, du transfert de
chaleur et de polluants.

Visual MODFLOW Flex vous permet de choisir l’approche


de la modélisation que vous souhaitez utiliser lors de la
construction des modèles d’écoulements d’eaux
souterraines. Vous pouvez choisir l’approche des
modèles conceptuels, très efficace et extrêmement
souple, ou bien l’approche des modèles classiques.

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-Approche des Modèles Conceptuels

Construisez votre modèle conceptuel en 3D à partir des


données SIG existantes. Le modèle conceptuel
indépendant du maillage vous donne la possibilité de
tester différents types de maillages et de simulateurs.
L’emplacement des cellules, ainsi que les paramètres sont
calculés automatiquement pour vous, ce qui réduit le
besoin de définir ceux-ci manuellement, au niveau des
cellules. A partir d’un modèle conceptuel, vous pouvez
facilement générer des modèles numériques multiples de
différents types de maillages et de scénarios de
modélisation, et mettre à jour ou modifier le modèle sans
difficultés, le cas échéant.

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-Approche des Modèles Numériques Classiques

Idéale pour les modèles avec une géologie simple, des


modèles hydrodynamiques basiques et des conditions aux
limites, l’approche classique vous permet de commencer
par définir le maillage numérique. Le maillage peut
ensuite être complété manuellement avec les modèles
hydrodynamiques et les conditions aux limites grâce aux
techniques traditionnelles.

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