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SUPPORT DE REVISION

FORMATION DES NOUVELLES RECRUES


PROMOTION 2014

A. BENABDELALI
TGR | MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
SOMMAIRE

MODULE I: CONTEXTE GENERAL DES FINANCES PUBLIQUES SUR


LE PLAN INTERNATIONAL ET NATIONAL ................................................. 3

MODULE II: FINANCES PUBLIQUES .......................................................... 30

MODULE III: COMPTABILITÉ PUBLIQUE ................................................. 43

MODULE IV: RECOUVREMENT .................................................................. 59

MODULE V: DEPENSES DE PERSONNEL .................................................. 84

MODULE VI: LA PAIE .................................................................................... 90

MODULE VII: DEPENSES DE BIENS ET SERVICES ............................... 101

MODULE VIII: FINANCE DES COLLECTIVITES TERRITORIALES .... 135

MODULE IX: ACTIVITE BANCAIRE DE LA TGR ................................... 152

MODULE X: INSPECTION, CONTROLE ET AUDIT ................................ 159

MODULE XI: REDACTION ADMINISTRATIVE....................................... 171

MODULE XII: FONCTION ET RESPONSABILITE DES COMPTABLES175

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Présentation de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR)
Mme Laila LAAKAIRI, Chef de Division des Ressources Humaines

1°) Missions de la TGR :


- Le recouvrement des créances publiques ;
- L’exécution des dépenses publiques ;
- La gestion des finances locales ;
- L’activité bancaire et la participation à la mobilisation de l’épargne ;
- La production de l’information financière et comptable.

2°) Indicateurs RH :
- Effectif de 4 890 cadres et agents en 2013 ;
- Une moyenne de 170 départs à la retraite par an ;
- Le nombre de fonctionnaires payés chaque mois s’élève à 873 265 personnes ;
- Effectifs par sexe : 36% Femmes | 64% Hommes

3°) Services déconcentrés de la TGR :


- Trésoreries Ministérielles (12) ;
- TCR ;
- ABC ;
- Trésoreries Régionales (8) ;
- Trésoreries Préfectorales et Provinciales (57) ;
- Agences comptables auprès des organismes et établissements publics (69) ;
- Perceptions (132).

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MODULE I :
CONTEXTE GENERAL DES FINANCES
PUBLIQUES SUR LE PLAN
INTERNATIONAL ET NATIONAL

3
La nouvelle gouvernance financière publique
M. Michel BOUVIER, Professeur à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne

- Transformation à partir des années 70 (crise des finances publiques) ;


- Réforme et réflexion sur cette crise dans les pays de l’OCDE  Nouveau modèle de
l’Etat ?
- Deux situations se présentent :
 Moins d’Etat et moins d’impôts  Augmentation de l’endettement ;
 Moins d’Etat et plus d’impôts  Incertitude ??? .
- On n’a jamais trouvé l’équilibre entre l’interventionnisme de l’Etat et le marché
 c.-à-d. entre le politique et l’économique.
- Réforme des finances publiques = réforme de l’Etat  Prendre modèle sur les
méthodes de gestion de l’entreprise  Méthodes basées sur la recherche de la
performance (Management d’entreprise) ;
- Culture de la performance  Nouveau modèle de l’Etat  l’Etat gestionnaire.
- Joseph Schumpeter : « Ce sont les besoins financiers qui ont été à l’origine de l’Etat
moderne » ;
- Gaston Jèze : « De tout temps, la plupart des réformes politiques ont eu des causes
financières ».

Partie I : Les finances publiques et l’Etat : régulateurs du système


économique et social :
- Un système de plus en plus compliqué et interconnecté ;
- Un système à multiples acteurs  Finances publiques = Finances de l’Etat + CT +
Système social (sécurité sociale) ;
- Un système multi-rationnel (rationalité économique, politique, juridique et
gestionnaire).

Chapitre I : La naissance de l’Etat et des finances publiques :


- Le pillage : forme désordonnée de prélèvement et de pouvoir ;
- Le tribut : l’ancêtre de l’impôt et l’entrée dans l’ordre politique
 Fiscalité (régularité + légitimité) ;
- L’organisation du pouvoir fiscal et de l’administration de l’impôt
 Impôt (prélèvement + dépense  légitimité)

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Chapitre II : L’Etat-gendarme : un Etat modeste et des finances publiques pilier de
l’ordre économique et social
1°) La déclaration des droits de l’homme de 1789 et la naissance du droit public financier :
- Art. 13 : Nécessité et égalité de l’impôt ;
- Art. 14 : Consentement de l’impôt (démocratie représentative) ;
- Art. 15 : La société a le droit de demander compte à tout agent public de son
administration.
- Les principes fondateurs d’un pouvoir fiscal légitime :
 La légitimité politique : consentement ;
 La légitimité sociale : égalité ;
 La légitimité financière : nécessité.
- L’invention d’une fiscalité nouvelle :
 L’influence des physiocrates  création d’impôts directs sur le foncier (système
naturel)
 Calquer le système économique sur la nature et sur le corps humain (Quesnay) ;
 Asseoir l’impôt sur des bases évolutives (le seul impôt rentable est le foncier) ;
 Supprimer les coopératives pour libérer le marché.
- Les premiers pas vers le droit pour les élus de décider de l’utilisation de l’impôt, de
décider du choix des dépenses publiques (XIXe siècle vote du réel budget (dépense et
recettes)).

2°) La naissance de l’Etat-gendarme et du droit budgétaire au XIXe siècle :

- Les doctrines libérales classiques :


 Le père fondateur Adam Smith (le travail nécessaire pour produire au lieu de la
propriété (foncier), justice fiscale (même taux pour tous / taux proportionnel),
base du système libéral, l’origine de la richesse = travail) ;
 Economistes libéraux-classiques héritiers d’Adam Smith (J-B Say, Ricardo,
Malthus, …) : politique budgétaire (politique de l’offre, politique de la
demande), développer la pensée d’Adam Smith.
- Les fonctions de l’Etat-gendarme :
 Développement des voiries pour développer les échanges (dépense régalienne) ;
 Communication ;
 Police (fonction de sécurité interne) ;
 Justice.

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- Le cadre juridique de l’Etat-gendarme :
 Le droit budgétaire comme garant de la neutralité de l’Etat ;
 Notion de budget : acte de prévision et d’autorisation / acte de bonne politique
et de bonne gestion ;
 Les dispositifs de base du droit budgétaire : Le pouvoir financier du Parlement
et le vote des dépenses de l’Etat, le pouvoir financier du Parlement et la
transparence budgétaire :
 Principe de spécialité budgétaire (par nature de crédit, par catégorie, …)
 C’est ce qu’on appelle les chapitres ;
 Principe de l’universalité budgétaire (pas d’affectation d’un impôt à une
dépense particulière. Les recettes sont universelles) ;
 Principe d’unité budgétaire (tout dans un même document).

Chapitre III : L’Etat-providence : un Etat interventionniste


1°) La naissance des théories interventionnistes avant la seconde guerre mondiale :
- Les précurseurs :
 Adolf Wagner et Paul Brousse : système basé sur la dépense ;
 Loi de Wagner : « les dépenses publiques vont augmenter inexorablement » 
Intervention de l’Etat.
- Un développeur (J. M. Keynes) : en plus des dépenses régaliennes l’Etat doit également
s’occuper de l’enseignement, de la santé, etc.

2°) Le triomphe de l’Etat-providence :


- La création de l’Etat-providence et la crise de l’Etat-gendarme : la crise de 1929
 L’Etat acteur économique (réguler l’offre et la demande)  Politique de l’offre
 On agit sur la consommation :
 Si offre insuffisante  augmentation impôts  baisse demande
 Si demande insuffisante  augmentation dépenses  baisse impôts
 Le budget devient un élément central après la guerre ;
 Le plein emploi également.
- L’adaptation du droit public financier aux principes de fonctionnement de l’Etat
providence à la fin des années 50 :
 La reconnaissance juridique du rôle économique du budget de l’Etat ;
 La limitation des pouvoirs du parlement (lutter contre le clientélisme).

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- Les notions essentielles :
 Dépenses d’investissement et de fonctionnement ;
 Dépenses de transfert (Etat vers collectivités territoriales) ;
 Dépenses définitives (la plupart des dépenses), les dépenses temporaires
(crédit) :
 Dépenses d’avenir (ex : l’éducation, la recherche, …) ;
- Les notions d’équilibre budgétaire :
 La conception libérale classique : dépenses = recettes ;
 La conception keynésienne : l’équilibre budgétaire peut être un déséquilibre,
l’important est que l’offre = la demande).
- Les dépenses publiques au Maroc :
 65% fonctionnement ;
 19% dette publique ;
 16% investissement.

Partie II : La réforme budgétaire et la construction d’un nouveau modèle


d’Etat :
Chapitre I : Les origines de la réforme des finances publiques :
- Contexte de la réforme :
 Contexte national sous forte contrainte (déficit, dette publique, etc.) ;
 Normes internationales de gestion publique ;
 Modèle à adopter : la gestion de l’entreprise.
- Les objectifs de la réforme :
 Changer en profondeur les modalités de gestion publique (logique axée sur les
résultats) ;
 Impulser une logique de performance ;
 Imposer une logique d’objectifs.
- Les facteurs de la réforme :
 Facteurs matériels (crise des finances publiques  Déclencheur  Phénomène
récurrent) :
 Critique de l’Etat providence à la fin des années 70 (Margaret Thatcher) ;
 Effet ciseaux + boule de neige (baisse des Recettes et hausse des
dépenses) ;
 Réduire déficit : augmenter impôts et réduire dépenses.

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 Facteurs théoriques :
 Le retour des théories libérales classiques ;
 Théorie de l’offre contre théorie de la demande ;
 Donald Reagan (1981) : l’Etat est le problème ;
 Les réponses : Moins d’Etat, moins d’impôts ;
 Strave the Beast : Moins d’impôts  pousser l’Etat à dépenser moins ;
 Arthur Laffer : Trop d’impôt tue l’impôt (courbe) ;
 A. F. Von Hayek : La route de la servitude ;
 Les écoles néo-libérales classiques ;
 L’école libertarienne (fin des années 60) ;
 L’école du public choice (années 50) : gérer l’Etat comme une
entreprise, privatisation des services publics, décentralisation ;
 L’école de la croissance endogène (années 90) : dépense
d’avenir, distinguer entre les dépenses publiques (bonnes et
mauvaises) ;
 Le consensus de Washington.
 Facteurs historiques : La recherche de la performance aux Etats-Unis :
 Woodrow Wilson : séparation de la gestion du politique ;
 Commission William Howard : passage du budget de moyen au budget
de programme ;
 Commission Louis Brownlow : budgets programmes + Evaluation
(moyens inconnus) ;
 Commission Herbet Hoover : budgets programmes + indicateurs de
performance (moyen spécifique) ;
 Robert McNamara : responsabilisation des gestionnaires, fongibilité des
budgets (arbitrage des gestionnaires pour atteindre les objectifs) à
condition de na pas gonfler la masse salariale ;
 National partnership for reinventing government Al Gore: adopter le
système administratif au budget programme.
 Facteurs internationaux :
 Le poids de la mondialisation sur les transformations des systèmes
financiers publics ;
 Mise en place de standards de bonne gestion budgétaire communs ;

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 Rapprochement des fiscalités et des cadres budgétaires locaux ;
 Normes comptables proposées par l’IFAC : normes IPSAS ;
 Développement de standards communs ;
 UE, UEMOA, CEMAC  Intégration progressive des systèmes
financiers publics.

Chapitre II : Un Etat stratège gestionnaire :


1°) Le désengagement de l’Etat providence : un Etat décentralisé :
- La responsabilisation financière des acteurs locaux :
 L’essor de l’autonomie de gestion : de la subvention spécifique à la subvention
globale, du prêt spécifique au prêt global ;
 L’essor de l’autonomie fiscale : une fiscalité propre aux collectivités locales,
liberté de voter les taux d’imposition.

Autonomie Financière = Autonomie de Gestion + Autonomie Fiscale

- Le développement économique à partir des collectivités locales :


 Endogène et ascendant ;
 Global et partenarial (public ou privé) ;
 Contractuel ou institutionnel.

2°) Le modèle du gouvernement d’entreprise :


- A partir de 1990 application de la comptabilité d’entreprise en France pour les
collectivités locales ;
- Analyse financière des collectivités locales.

Partie III : Les fondamentaux de la réforme des finances publiques :


Piliers de la réforme des Finances publiques :

- Réforme budgétaire centrée sur les politiques publiques (le socle) ;


- Transparence des budgets et des comptes publics (la confiance) ;
- Une responsabilisation des décideurs politiques et des gestionnaires publics (la
dynamique) ;
- Une évaluation de l’exécution du budget (la régularité = contrôle classique + la
performance) ;
- Une programmation pluriannuelle des politiques publiques (la stratégie) ;

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- Une révision générale des politiques publiques ou modernisation de l’action publique
(l’adaptation) ;
- Une globalisation du processus de décision et de gestion des finances publiques
(l’harmonisation).

Chapitre I : Une réforme budgétaire centrée sur les politiques publiques (le socle) :
Missions  Programmes  Actions
(Modèle calqué sur l’entreprise)  Budget d’objectifs

- Les programmes sont fixés selon la nécessité ;


- Une mission regroupe deux ou plusieurs programmes / unité de vote ministérielle ou
interministérielle ;
- Un programme regroupe les crédits destinés à mettre en œuvre des actions. Ils relèvent
d’un même Ministère / unité de spécialité, Projet Annuel de Performance (PAP) ;
- Les missions sont sous la responsabilité des Ministres pour lesquels les crédits sont à
disposition (responsabilité politique) ;
- Les Ministres désignent les responsables de programmes qui sont sous leur autorité ;
- Avantage de la nomenclature sous forme de programmes :
 Mise en évidence des politiques publiques  Meilleur pilotage ;
 Identification des réformes à effectuer  Meilleure adéquation des politiques
publiques.
- Exemple :
Défense (Mission)  Gendarmerie Nationale (Programme)  Sécurité Routière (Action)
(Ministère de l’Intérieur)

Chapitre II : La transparence des budgets et des comptes publics (la confiance) :


- Les dispositifs essentiels :
 Les budgets de programmes ;
 La pluriannualité budgétaire ;
 La comptabilité patrimoniale et d’exercice ;
 La sincérité budgétaire et comptable (CAC) ;
 La consolidation des budgets et des comptes publics (Etat + CL + Sécurité
sociale).
- Budget de résultat : mise en rapport des moyens et des résultats attendus ;

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- Une information consolidée Etat/Opérateurs dans les documents budgétaires de l’Etat
(ensemble des crédits de programmes versés aux opérateurs, budgets et opérateurs
principaux, etc.).

Chapitre III : La responsabilisation des décideurs politiques et des gestionnaires publics


(la dynamique) :
- Deux cultures :
 La culture politique : privilégie la légitimité politique, la démocratie, culture du
pouvoir ;
 La culture gestionnaire : privilégie la légitimité technique de l’expert,
l’efficacité, la performance.

1°) Une responsabilisation accrue des parlementaires :


- Pouvoir accru au stade de la préparation de la loi de finances (il y avait une séparation
entre l’exécutif et le législatif dans la préparation de la LF) ;
- Pouvoir accru au stage de l’adoption de la LF :
 Transparence et lisibilité du PLF du fait de l’implication dans la préparation ;
 Pouvoir d’amendement du PLF accru (pouvoir faire passer les crédits d’un
programme à un autre sans les augmenter et ainsi modifier l’architecture
interne d’une mission).
- Un pouvoir nouveau au stade de l’exécution de la LF :
 Contrôle de l’exécution par les commissions des finances (contrôle sur pièce et
contrôle sur place)  Auditions, transmission des documents, assistance de la
cour des comptes, etc. ;
 Un contrôle de la gestion avec la loi de règlement  Intervient à postériori et
constate les résultats financiers de chaque année civile et en tire les
conséquences  permet d’apprécier la réalité de l’exécution des lois
d’autorisation et de mesurer l’écart entre les autorisations et les réalisations 
juger de l’efficacité de l’exécution  Evaluation des résultats  Logique
d’entreprise / de gestion.

2°) Une responsabilisation nouvelle des gestionnaires :


- Chaîne de responsabilité :
 Responsables de programmes (organise le dialogue de gestion + responsable de
la fixation des objectifs et de l’atteinte des résultats) ;

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 Responsables de budgets opérationnels de programmes B.O.P (désigné par le
responsable de programme, il élabore un projet de BOP avec les services qui lui
sont rattachés) ;
 Responsables d’unités opérationnelles.
- Dialogue de gestion : discussion des objectifs à atteindre entre le responsable de
programme et le BOP, négociation des crédits, discussion/évaluation sur les indicateurs
de résultats à utiliser  système à double sens en aval et en amont entre pilotage et
exécution.
- Les instruments comptables :
 Comptabilité publique sur le modèle de l’entreprise : comptable public un
nouveau métier ;
 Comptabilité :
 Budgétaire : suivi de l’exécution du budget ;
 Générale : comptabilité d’exercice ;
 Analytique : analyse des coûts.
 Situation patrimoniale de l’Etat :
 Actif (AI, AC, Trésorerie, Comptes de régularisation) ;
 Passif (DF, Dettes non financières, Prov. R et C, Autres passifs,
Trésorerie, Comptes de régularisation).

Chapitre IV : L’évaluation de l’exécution du budget (la régularité et la performance) :


1°) Le contrôle de l’exécution du budget :
- Méthodes modernisées :
 Contrôle de régularité : approche fondée sur l’analyse des risques  contrôle
hiérarchisé ;
 Evaluation de la qualité de la gestion financière publique ;
 Evaluation des risques : contrôle interne.
- Les contrôles administratifs :
 Le principe de séparation entre ordonnateur et comptable ;
 Le service du contrôle budgétaire et comptable ministériel ;
 L’inspection générale des finances.

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- Les contrôles juridictionnels (Cour des Comptes) :
 Fonctions traditionnelles : contrôle juridictionnel, contrôle de gestion ;
 Rôle renforcé : certification de la sincérité des comptes de l’Etat, assistance au
parlement et évaluation des politiques publiques).
- Le contrôle par le parlement :
 Contrôle sur pièce et sur place ;
 Assistance de la Cour des comptes.

2°) L’évaluation de la performance :


- Des objectifs et des indicateurs :
 Objectifs et indicateurs sont présentés au Parlement dans les projets annuels de
performance (PAP) ;
 Un objectif doit être mesurable par un ou deux indicateurs chiffrés ;
 L’objectif doit exposer clairement la stratégie et les priorités du programme.
- Les objectifs doivent répondre à trois préoccupations :
 Le citoyen : recherche de l’efficacité socio-économique ;
 L’usager : recherche de la qualité du service rendu ;
 Le contribuable : recherche de l’efficacité de la gestion.

Chapitre V : Une programmation pluriannuelle des politiques publiques (la stratégie) :


1°) La règle classique de l’annualité budgétaire :
- Les autorisations d’engagement A.E (exemple : construction sur 3 ans coût 3 MMDH) ;
- Les crédits de paiement C.P (exemple : 1 MMDH/an) ;
- Les lois de programme (déterminent les objectifs de l'action économique et sociale de
l'État).

2°) La nouvelle programmation pluriannuelle :


- Une programmation sur 3 à 5 ans ;
- Une programmation semi-glissante ;
- Fixation du plafond global des dépenses sur les trois années ;
- Fixation des plafonds par mission pour les deux premières années + révisable pour la
3ème année dans la limite du plafond ;
- Fixation de la répartition par programme ferme pour la première année (PLF), indicative
pour les deux autres années ;
- La program. budgétaire pluriannuelle est considérée comme un instrument politique.

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Chapitre VI : Une révision générale des politiques publiques ou modernisation de l’action
publique (l’adaptation) :
- Mise à plat des dysfonctionnements de l’ensemble du secteur public ;
- Un travail d’audit qui concerne toutes les politiques publiques et les différentes
administrations qui ont en la responsabilité ;
- Evaluer leur efficacité au regard des missions qui sont les leurs et, éventuellement,
corriger les dysfonctionnements ;
- Une réforme emblématique : la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) en
France, issue de la fusion de la DGI et de la Direction Générale de la Comptabilité
Publique en vue d’offrir un interlocuteur fiscal unique.

Chapitre VII : Une globalisation du processus de décision et de gestion des finances


publiques (l’harmonisation) :
- La reconstruction du système financier public : la globalisation du processus de décision
et la consolidation des comptes ;
- La cohérence des décisions financières publiques  Un pilotage global du système
financier public ;
- Ne faudrait-il pas avoir une seule LF pour l’Etat, les CL et la Sécurité Sociale ? En
France, il en existe deux : Finance de l’Etat et Finance du Social ;
- Remettre les pouvoirs au centre au niveau de l’Etat ou créer une institution qui pourrait
intégrer les décideurs des trois organisations  instituer des lieux et des dispositifs de
coordination des décisions locales et nationales ;
- Introduction des normes comptables internationales en matière des finances publiques :
l’IPSAS Board élabore des normes qui convergent vers les normes IFRS, jusqu’à
présent, limitées aux entreprises.

Conclusion :
- Enjeu politique pour la démocratie ;
- Substitution de l’expert au politique ;
- Une « cybernétique financière » ? ;
- Des systèmes financiers automatisés ;
- Formation et recherche  Conditions de la créativité.

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La maîtrise des recettes fiscales
Mme Marie-Christine ESCLASSAN, Professeure à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne

Sécuriser les recettes fiscales  Certaines dépenses sont inutiles ou inefficaces


(exemple : niches fiscales, fraudes, évasion fiscale)  Retour vers un contrôle fiscale plus
offensif.

Chapitre I : Structure des systèmes fiscaux : grandes évolutions contemporaines :


1°) La notion d’impôt :
- La définition traditionnelle : « prélèvement public sous forme pécuniaire et obligatoire
sans contrepartie directe pour couvrir les besoins publics »
- Limites de la définition :
 L’impôt n’est pas le seul type de prélèvement obligatoire (les cotisations de la
sécurité sociale) ;
 Il existe aujourd’hui des impôts ayant une contrepartie (Taxes  Taxe
d’édilité) ;
 L’impôt n’a pas seulement une finalité budgétaire  Instrument de politique
économique et de politique sociale.
- Les autres prélèvements publics non fiscaux :
 Les prélèvements publics obligatoires non fiscaux : les cotisations de sécurité
sociale :
 Eléments communs avec l’impôt : le caractère obligatoire ;
 Différence : l’existence d’une contrepartie directe.
 Les prélèvements non obligatoires non fiscaux : les redevances pour services
rendus :
 Eléments communs avec l’impôt : le financement des services publics ;
 Différence : le caractère non obligatoire de la redemande et
l’encadrement juridique du montant (exemple : piscine municipale. Le
paiement n’est pas obligatoire si on ne souhaite pas en profiter).

2°) Les grands types d’impôts dans les systèmes fiscaux contemporains :
- Les grands types d’impôts selon la classification économique :
 Les impôts sur le revenu :
 Un impôt ancien qui date du début du XXe siècle ;
 Taxe la totalité du revenu de l’année d’une personne physique ;

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 Impôt progressif qui s’adapte à la capacité contributive du foyer
familial ;
 Un impôt qui a toujours suscité des débats : justice sociale Vs. Impôt
antiéconomique ;
 Assiette étroite et rendement médiocre (36 millions de personnes
assujetties en France et seulement 18 millions qui payent) ;
 Apparition de nouveaux types d’impôts sur les revenus des personnes
physiques (exemple de la crise de financement de la sécurité sociale en
France avec l’adoption de la Contribution Sociale Généralisée C.S.G).
 Un impôt spécifique taxant les bénéfices des sociétés : l’impôt sur les
sociétés  forte contraintes  rendement économique médiocre
(contexte économique) + Phénomène de concurrence fiscale.
 Les impôts sur la dépense :
 Les impôts analytiques sur la dépense : des impôts anciens (droits sur les
tabacs, sur l’alcool, etc.)  avantages  une fiscalité en essor dans le
contexte actuel à des fins budgétaires ;
 Un impôt sur la dépense quasi-généralisé : la TVA (origine récente qui
date des années cinquante, impôt à grand rendement, objectif
économique : ne pas être une charge pour l’entreprise et plus
généralement l’économie)  Impôt géré et recouvré par l’entreprise et
supporté uniquement par le consommateur  coût de gestion fiscale
réduit pour l’Etat.
 Les impôts sur le capital :
 Notion de revenus de capital (épargne/investissement ou foncier) ;
 Généralement imposés à l’IRPP soit selon le régime de droit commun
soit selon un régime dérogatoire ;
 Les impôts taxant la transmission du capital ou du patrimoine (la
transmission à titre onéreux = droits d’enregistrement, les transmissions
à titre gratuit = droits de successions).
- Les grands types d’impôts selon les techniques administratives de taxation :
 Les impôts réels/personnels :
 Les impôts réels se caractérisent par leur simplicité (coût de gestion plus
faible) mais ne prennent pas en compte les caractéristiques personnelles
du contribuable (ses charges de famille, sa situation financière, etc.) ;

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 La notion d’impôt personnel (exemple : IR) : impôt personnalisé et
aménagé en fonction des caractéristiques même du contribuable
(situation familiale, …)  réduction des inégalités  justice
fiscale/sociale  la personnalisation génère des règles fiscales plus
compliquées  Augmentation du coût de gestion fiscale.
 Les impôts directs/indirects :
 La notion d’impôt direct : impôt recouvré par voie de rôle (droits
constatés)  plus grande maîtrise de l’incidence de l’impôt  coût de
gestion fiscale plus élevé (exemple IR, IS, impôts locaux) ;
 La notion d’impôt indirect : impôt recouvré « spontanément »  coût de
gestion fiscale réduit  le législateur ne maîtrise pas l’incidence de
l’impôt (exemple TVA).
 Les impôts proportionnels/progressifs :
 La notion d’impôt proportionnel (un seul taux) / progressif (barème) ;
 Une vision différente de la justice sociale ;
 Partisans d’impôt proportionnel (5 000  500 et 50 000  5 000
toujours la même différence de 10%) ;
 Partisans d’impôt progressif (justice sociale par le moyen de la fiscalité
 meilleure distribution des revenus en réduisant les inégalités à travers
l’exonération ou des taux progressifs) ;
 Déclin de l’idée de progressivité dans le contexte fiscal contemporain 
contrainte au mouvement de libéralisme  simplicité de gestion du taux
proportionnel  coût de gestion moindre  plus de lisibilité.
- Les grands types d’impôts selon les budgets qu’ils financent :
 Impôts locaux ;
 Impôts d’Etat ;
 Impôts dits sociaux.

Chapitre II : Les grands principes fiscaux contemporains :


1°) Les principes fondamentaux :
- Le principe de légalité :
 Le principe de consentement de l’impôt par les citoyens ou leurs représentants ;
 Enoncé dans la plupart des constitutions contemporaines ;
 Certaines règles fiscales peuvent ne pas découler de la législation.

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- Le principe d’égalité en matière fiscale :
 Article 14 de la déclaration des droits de l’Homme ;
 Formulé plus ou moins explicitement dans les systèmes constitutionnels.
- Le principe de nécessité de l’impôt :
 Articles 13 et 14 de la déclaration des droits de l’Homme ;
 La nécessité de l’impôt est un élément de sa légitimité.

2°) Les principes sans valeur constitutionnelle :


- Le principe de non réactivité de la loi : garantir au contribuable qu’une fois une
situation passée est modifiée (modification de la loi), il ne peut être touché par
l’ancienne loi ;
- Le principe de contradiction : possibilité de faire une procédure contradictoire face
aux dispositions fiscales ;
- Le principe de liberté de gestion : à condition de gestion normale, l’Etat ne peut
contester l’acte de gestion même si cela réduit la base imposable.

Chapitre III : Modernisation de la gestion fiscale : efficacité et efficience dans la gestion


de l’impôt (nouveau civisme fiscal) :
- Compliance (origine anglo-saxonne) ;
- Eviter la pression fiscale sur le contribuable  gestion plus élargie dans l’espace 
demander moins à chacun  périmètre large ;
- Favoriser l’acceptation de l’impôt  augmenter le rendement  simplifier la gestion
fiscale pour le contribuable  relation client/usager.

1°) L’établissement des impositions : les opérations d’assiette, liquidation, recouvrement :


- Les tâches d’assiette :
 Constatation et évaluation de la matière imposable (exemple : système
déclaratif) ;
 Détermination du fait générateur de l’imposition ;
 Identification du redevable de l’impôt.
- La liquidation de l’impôt :
 Notion de liquidation = calcul de l’impôt ;
 Diversité des procédés de liquidation (exemple : auto-liquidation par le
contribuable ou par un représentant) ;

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- Le recouvrement :
 Régime de droits constatés (impôts directs) ;
 Régime des droits au comptant (l’administration n’émet pas de titre de
recouvrement) ;
 La retenue à la source (un tiers retient l’impôt dû et le remet au trésor).
2°) Les structures administratives en charge de la gestion fiscale :
- Un modèle révolu : la spécialisation organique (pluralisme des structures
administratives) ;
- Le modèle contemporain dominant : nouvelle administration / nouveau civisme fiscal
(exemple de la DGFiP en France) :
 Impulser une logique de performance  réduire les coûts de gestion fiscale ;
 Simplifier la gestion fiscale  faciliter l’accomplissement des formalités pour
le contribuable ;
 Renforcement de la dématérialisation  conservation des pièces.
Chapitre IV : Mobilisation et sécurisation des ressources fiscales : lutte contre la fraude
et l’évasion fiscale :
1°) Le contrôle préventif de la fraude : une orientation privilégiée avant la crise de 2008 :
- Une administration de service :
 Faciliter les obligations administratives fiscales ;
 Traiter le contribuable en usager.
- Un contrôle fiscal plus efficace :
 Développement de l’analyse de risque (apport de l’informatique) ;
 La diversification des procédures de contrôle.
- Une offre de sécurité juridique élargie (audit fiscal à la demande  détecter les risques
financiers éventuels).
2°) La répression de la fraude et de l’évasion fiscale : une orientation en net essor sous l’effet
de la crise budgétaire et financière (depuis 2008) :
- Un regain vigoureux au niveau international de la lutte contre les paradis fiscaux et
l’évasion fiscale ;
- Une orientation accrue dans le droit interne des Etats sous l’effet de la crise :
 Un renforcement des dispositifs d’information sur les comptes à l’étranger ;
 Durcissement de la fiscalité par les flux financiers des Etats non coopératifs ;

19
 Renforcement de la lutte au plan national contre les comportements nettement
frauduleux  établissement du profil type du fraudeur  recouvrement forcé
sans passer par (l’assiette … recouvrement) ;
 Limites de la dynamique :
 Structures qui restent en dehors (direction des douanes) ;
 Impôts en dehors : exemple de la CSG par les établissements de sécurité
sociale.

20
Les contrôles financiers publics
Mme Marie-Christine ESCLASSAN, Professeure à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne

Chapitre I : les contrôles des juridictions financières et leur évolution :


La cour des comptes et les chambres régionales des comptes : une place essentielle dans le
contrôle public financier :
- La mission originelle du juge des comptes : le contrôle juridictionnel des comptes des
comptables publics  Un magistrat juge les comptes (vérifie)  un comptable public
est responsable personnellement et pécuniairement des manquements) ;
- Des missions non juridictionnelles de contrôle qui sont aujourd’hui en nette extension
 contrôle de la gestion financière publique :
 Contrôle de la gestion des ordonnateurs ;
 Examen de la qualité de la gestion.
- La mission constitutionnelle d’assistance de la cour des comptes aux pouvoirs publics :
une mission d’information et d’expertise ;
- Une mission d’expertise et de surveillance.
Chapitre II : le contrôle parlementaire des lois de finances : renouveau et limites :
1°) Le contrôle du parlement sur les PLF : l’autorisation budgétaire :
- Contrôle qui demeure sous de fortes contraintes :
 Délai d’examen et d’adoption réduit ;
 Droit d’amendement qui bien qu’encadré reste réduit.
2°) Le contrôle parlementaire de l’exécution des LF :
- Le suivi par le parlement de l’exécution du budget :
 Le contrôle sur pièce et sur place ;
 Information par décret des modifications des crédits en cours d’exécution.
- Le contrôle parlementaire en fin d’exécution : la loi de règlement :
 La revalorisation dans les réformes budgétaires contemporaines (logique de
résultats)  un instrument proche d’une véritable logique d’entreprise ;
 Intérêt restreint des parlementaires pour la loi de règlement (limite).

21
Fondements et évolutions des contrôles administratifs
M. Sébastien JEANNARD, Maître de conférences à la Faculté de Droit et des Sciences Sociales de Poitiers

Partie I : Les contrôles administratifs traditionnels :


1°) La séparation organique et fonctionnelle des acteurs du contrôle administratif :
- Les ordonnateurs : agent d’autorité qui peut être élu ou nommé (fonctionnaire ou
Ministre) :
 S’occupe de la gestion d’un Ministère, d’une collectivité locale, d’un
établissement public, etc. ;
 Mission financière qui s’ajoute à une fonction administrative ;
 Décide de mettre en œuvre les dépenses (facultatif) et les recettes (obligation)
décrites dans la LF ;
 Différentes catégories d’ordonnateurs :
 Les ordonnateurs principaux : Ministres ou élus locaux dans les CL ;
 Les ordonnateurs secondaires : agents administratifs de l’Etat chargés au
niveau territorial (les Walis) ;
 Les ordonnateurs délégués : fonctionnaires autorisés par une signature
par un ordonnateur principal ou secondaire.
 Différentes missions des ordonnateurs :
 Dans le cadre des recettes : pouvoir de mettre en œuvre le
budget/percevoir les recettes publiques (obligation)  pas de recettes =
pas de dépenses. Etapes :
 Déterminer le bien fondé des recettes publiques = constater que
le budget prévoit la perception ;
 La liquidation de la recette publique ;
 L’établissement d’un ordre de recette  document juridique qui
donne l’ordre au comptable de recouvrer la recette.
 Dans le cadre des dépenses publiques :
 L’engagement : acte juridique par lequel un ordonnateur exécute
une dépense prévue par la LF ;
 Liquidation de la dépense publique : rendre la dépense effective
dans son existence et dans son montant ;
 L’ordonnancement : acte administratif par lequel un ordonnateur
va demander au comptable de payer la dépense publique.

22
- Le contrôleur financier : agent du Ministère du budget ayant un rôle préventif interne :
 Contrôle de la légalité ;
 Contrôle de la régularité ;
 Contrôle de l’opportunité  apprécier si les dépenses et les recettes doivent être
exécutées.
- Le comptable public : exerce à titre principal son emploi de comptable :
 Compétence exclusive pour percevoir les recettes et payer les dépenses
publiques ;
 Contrôle de régularité des actes de l’ordonnateur ;
 Différentes catégories des comptables publics :
 Comptables de la TGR ;
 Comptables de la DDII ;
 Comptables des organismes de sécurité sociale et des organismes
locaux ;
 D’un point de vue administratif, on distingue : comptables dits
supérieurs (par exemple au niveau Ministériel) et comptables
subordonnés (au niveau administratif local).
 Les missions du comptable public :
 Tenir la comptabilité publique : enregistrer dans un registre les recettes
et les dépenses ;
 Procéder à un contrôle exhaustif de régularité sur les actes de
l’ordonnateur ;
 Droit de réquisition : passer outre le refus du comptable public
d’exécuter une dépense ou percevoir une recette pour un motif
d’irrégularité. Le pouvoir est alors transféré à l’ordonnateur.
- Les exceptions :
 Certaines recettes publiques sont directement perçues sans que l’ordonnateur
n’ai intervenu (les droits d’enregistrement ou la TVA) ;
 Régies de recettes : une personne exerce le pouvoir de l’ordonnateur et du
comptable public.
2°) Responsabilité des acteurs du contrôle administratif :
- La responsabilité du comptable public :
 Depuis le début du XIXe siècle  responsabilité personnelle et pécuniaire ;
 Manque de rigueur juridique ;

23
 Constatation directement par la cour des comptes ou par le Ministère qui le
signale à la cour des comptes par les rouages administratifs  possibilité de
demander une décharge ou une remise gracieuse ;
 Les comptables publics sont tenus de produire les comptes chaque année à la
cour des comptes  garder tous les ordonnancements et pouvoir justifier de
toutes les pièces justificatives :
 Rapport établi par un conseiller ;
 Envoyé aux magistrats de la cour des comptes ;
 Puis envoyé à la chambre concernée ;
 Transmis enfin au procureur du Roi qui décide donc de la procédure à
adopter  responsabilité pécuniaire et personnelle ou pas de poursuite
 5 magistrats à huis clos décident + conclusions du procureur du Roi ;
 En cas d’irrégularités : remboursement dans un délai de 3 mois  arrêt
provisoire puis après règlement des deniers  arrêt définitif 
comptable patent.
 Une responsabilité personnelle et pécuniaire : manquement dans la caisse 
remboursement sur les deniers personnels  possibilité de cautionnement via
souscription d’assurances personnelles ;
 Une responsabilité étendue : responsabilité de leurs faits et des autres personnes
subordonnées ;
 Une responsabilité fondée sur des obligations étendues : le comptable peut être
responsable des erreurs commises par ses prédécesseurs  nécessité d’un
contrôle  exprimer des réserves ;
 Une responsabilité présumée et objective : la cour des comptes considère le
comptable responsable dès lors qu’elle constate un manquement ou une
irrégularité dans le compte public  elle juge le compte mais non le comptable.
 Les voies de recours ouvertes au comptable patent :
 Appel à décision de l’arrêt définitif ;
 Faire appel dans un délai de 30 jours dans une chambre différente de
celle qui a jugé le comptable ;
 Pourvoi en cassation : délai de 60 jours à compter de la décision de la
juridiction  cour suprême du Maroc ;
 Retour en révision : lorsque le comptable fait apparaitre un fait nouveau
 doit être mis en œuvre jusqu’à 10 ans après la décision de la cour des

24
comptes  la requête doit être motivée de manière forte pour rouvrir le
dossier.
- La responsabilité des ordonnateurs :
 La responsabilité politique : encourent la même responsabilité encourue pour
leur fonction principale (ex : Ministre)  responsabilité prévue par la
constitution ;
 La responsabilité budgétaire et financière : la cour des comptes a le choix
d’engager cette responsabilité si le procureur général du Roi trouve qu’il y a
matière à poursuite sinon il informe la cour des comptes ou l’ordonnateur qu’il
n’y a pas de matière à poursuite  en cas de poursuite, l’amende ne peut être
inférieure à 1 000 dirhams et ne peut dépasser la rémunération annuelle de
l’ordonnateur ;
 La responsabilité devant la cour pour gestion de fait : se faire passer pour un
comptable aux yeux du contribuable  engage la même responsabilité qu’un
comptable public  possibilité de poursuite pénale pour usurpation de fonction
et de titre.
Partie II : La modernisation des contrôles administratifs :
1°) Une modernisation justifiée :
- Nouveau cadre idéologique suite aux deux chocs pétroliers : Margaret Thatcher et
Ronald Reagan (système ordonnancement  recouvrement  contrôle  gaspillage
+ lourdeur administrative) ;
- L’école libertarienne :
 Privatisation totale des services publics ;
 Déréglementation des systèmes publics (contrôles administratifs)  travaux de
Friedrich Von Hayek.
- L’école du public choice :
 L’Etat interventionniste coûte cher ;
 Penser une entreprise privée au lieu de l’Etat ;
 Repenser la relation Etat/contribuable  logique de coopération ;
 Débureaucratisation  remplacement des pièces justificatives par un système
informatisé.
- Un nouveau cadre technologique : Système Chorus (France)  gérer l’ensemble des
recettes et dépense de l’Etat  génère un ordonnancement transmis au comptable (en
30 minutes environ) ;

25
- Un nouveau cadre juridique : introduction d’un principe de sincérité afin d’éviter une
sous-estimation ou une surestimation des budgets + sincérité comptable (dans la LOLF).
2°) La redéfinition des contrôles administratifs traditionnels :
- L’abandon du contrôle de régularité au profit du contrôle des risques financiers ;
- La mise en place d’un contrôle hiérarchisé de la dépense publique : procédure qui
consiste pour un comptable de ne plus contrôler de manière exhaustive et permanente
les actes de l’ordonnateur  contrôle des actes risqués ou douteux  dialogue
interactif entre l’ordonnateur et le comptable (Audit)  les deux parties choisissent
l’intensité du contrôle hiérarchisé  de 0 à 400 € en France mais si > 400 € au choix
des deux parties ;
- La mise en place des contrôleurs budgétaires et comptables ministériels (CBCM) sous
l’autorité du Ministre du Budget :
 Service au sein du Ministère où collaborent ordonnateurs et comptables ;
 Contrôleurs budgétaires : analyser les décisions de l’ordonnateur sur la forme et
qu’elles s’inscrivent dans la logique budgétaire de l’Etat ;
 Contrôleurs comptables : contrôler les actes du contrôleur budgétaire et de
l’ordonnateur ;
 Comptables ministériels : contrôler et exécuter ;
 Ces trois acteurs gardent leurs propres responsabilités.
- La mise en place de nouveaux acteurs chargés du contrôle administratif : l’abandon du
contrôle de la régularité au profit du contrôle de la qualité comptable et de la
soutenabilité budgétaire (contrôleurs comptables qui n’ont pas rejoint les CBCM) ;
- La mise en place de services de contrôle interne :
 Caractère non obligatoire ;
 Se greffe chez l’ordonnateur et chez le comptable  service de soutien ;
 Fournir une assurance sur la qualité des décisions budgétaires  rationalité et
non la régularité ;
 Conseils annuels et pluriannuels ;
 Intervient à priori et à posteriori  suit le processus d’exécution du budget ;
 Service d’optimisation budgétaire ;
 Limite : contrôleur interne tend vers un contrôleur financier.
- La mise en place de services de contrôle de gestion :
 Conseiller du responsable de programme qui informe sur les résultats des
décisions budgétaires ;
26
 Evalue la performance des politiques publiques ;
 Dialogue entre les différents échelons administratifs ;
 Logique de rentabilité vis-à-vis des ressources humaines vue la fonction
précédente des contrôleurs de gestion, à savoir, des contrôleurs comptables.
- La mise en place de services d’audit interne :
 Mis en place par chaque Ministère ;
 Conseiller du Ministre (généralement l’ordonnateur) mais au titre de sa fonction
administrative et non budgétaire ;
 Conseils sur la gestion administrative ;
 Vérification de l’exécution des crédits ;
 Juger l’efficacité de la gestion des services et budgets  production d’un
rapport présenté au Ministre concerné  préconise des réformes ;
 Mutualisation des services d’audit interne (exemple : fusion entre celui du
Ministère de l’agriculture et celui de l’environnement)  nécessité
d’harmonisation des méthodes de travail et d’unification des méthodes ;
 L’audit interne contrôle le contrôle interne (PARADOXE).
3°) Les incertitudes et enjeux :
- Passage de 3 à 5 acteurs ;
- Multitude des rapports  manque de lisibilité pour les Ministres ;
- Multiplicité des contrôles  réduction des risques/fraudes ;
- Un risque financier est interprété de manière différente dans chaque Ministère ;
- L’auditeur interne, le contrôleur de gestion et le contrôleur interne n’ont pas de
responsabilité.

27
La maîtrise de la dette publique
M. Sébastien JEANNARD, Maître de conférences à la Faculté de Droit et des Sciences Sociales de Poitiers

- La maîtrise de la dette publique = une question mondiale ;


- Crise des dettes souveraines : peur justifiée que les Etats ne puissent pas rembourser
leurs dettes (dette au Japon 237% du PIB) ;
- Déficit public : Dépenses > Recettes
 Origine volontaire : l’Etat décide de dépenser plus  vision interventionniste
Keynésienne ;
 Origine involontaire.
- La dette publique est l’ensemble des déficits annuels de toutes les administrations
publiques (Etat, opérateurs, collectivités locales, sécurité sociale).
1°) Les conceptions économiques de la dette publique :
- La conception libérale : le rejet de la dette publique :
 Etat gendarme (la défense, la justice, la sécurité) ;
 Règle d’or (Dépenses = Recettes) ;
 Pas d’excédent budgétaire sinon mauvaise gestion ;
 Effet d’éviction  les banques préfèrent prêter aux Etats qu’aux privés.
- La conception interventionniste : le rôle fondamental du déficit et de la dette publique :
 Keynes : relance par les dépenses  investissements massifs  plein emploi
 impôts  reprise  30 glorieuses  passage de l’effet ciseaux à l’effet
boule de neige.
2°) Le contrôle parlementaire de la dette publique :
- Dette publique  moyen inefficace pour sortir de la crise ;
- Malgré le pouvoir donné au parlement pour contrôler la dette, ce dernier continue de la
fixer à des niveaux supérieurs.
3°) le contrôle de l’UE sur les dettes publiques nationales :
- Traité de Maastricht en 1992 :
 Inflation contenue ;
 Finances publiques maîtrisées ;
 Pas de dévaluation possible ;
 Taux d’intérêts plafonnés ;
 Critère de convergence : le définit ne doit pas dépasser 3% du PIB et la dette
60% du PIB ;

28
- Traité d’Amsterdam en 1997 : les Etats doivent tendre à l’équilibre budgétaire
 Bulle électronique  augmentation des recettes de TVA et baisse du déficit 
adoption de l’Euro en 1999.
- Arrangements de 2004/2005 : amendement du traité d’Amsterdam  les Etats doivent
respecter les règles européennes s’il n’y a pas de crise économique.
- Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance en Europe de 2012 :
 Les Etats doivent présenter chaque année un déficit structurel qui ne doit pas
être supérieur à 0,5% du PIB ;
 A partir de 2017, les Etats seront tenus de rembourser chaque année 1/20 des
dettes publiques qui dépassent 60% du PIB.
- Le two packs : la fin de la souveraineté budgétaire des Etats membres ?
 Organisme indépendant chargé de l’appréciation des vérifications des
évaluations budgétaires qui peut enclencher un mécanisme de redressement
automatique ;
 Les Etats ont l’obligation d’envoyer leurs PLF à la commission européenne
avant le 15 octobre de chaque année  pouvoir d’injonction ;
 Etats avec déficit excessif  amende de 0,2% du PIB/an.
4°) Les instruments de la dette publique :
- Les bons de trésor à intérêts annuels  emprunt entre 2 à 5 ans ;
- Les bons de trésor à intérêts fixes  souscris chaque semaine ;
- Les obligations assimilables du trésor  durée de vie sur 7 à 50 ans avec des taux
d’intérêts ancrés sur l’évolution des prix à la consommation.
5°) Des organes administratifs chargés de la gestion de la dette publique :
- La caisse d’amortissement de la dette sociale ;
- L’agence France Trésor qui gère la dette de l’Etat ;
- L’agence France Locale (cas de la banque franco-belge DEXIA)  géré par l’Etat et
permet de financer les emprunts des collectivités locales si celles-ci le souhaitent.
L’agence se porte garante de la collectivité (dans la limite d’un emprunt de 4 milliards
d’Euro).

29
MODULE II :
FINANCES PUBLIQUES

30
Droit budgétaire
M. Mohammed NEJJAR, Chef de service de la réglementation des finances de l’Etat et CT

Les finances publiques regroupent à la fois le droit budgétaire, le droit fiscal, la


comptabilité publique et une partie de la science administrative dans sa dimension management
public.

Les finances publiques désignent l’intervention de la puissance publique par


l’intermédiaire de la préparation du budget regroupant les dépenses (charges) et les recettes
(ressources).

Au sens large, le droit budgétaire désigne l’ensemble des règles juridiques qui vont
s’appliquer au budget des personnes de droit public (État, collectivités territoriales,
établissements publics, etc.…). Au sens strict, il peut s’agir des règles juridiques qui
déterminent la structure, le contenu et l’élaboration des budgets des personnes morales de droit
public.

- Période du protectorat (1916 – 1956) : Dahir de 1917  naissance du droit budgétaire


marocain moderne sous le protectorat français puis développement en 1962 après
l’indépendance  disparition des « Oumanas » au profit des percepteurs.
 Principe de l’annualité ;
 Bayt mal al-mouslimine  Trésor public ;
 Mise en place d’un calendrier d’élaboration des budgets ;
 Structuration des budgets en 3 parties (dépenses ordinaires couvertes par des
recettes définitives, budget d’emprunt, opérations exceptionnelles avec
financement spécifique) ;
 Institution d’une nomenclature pour la première fois au Maroc (Titres, Chapitres,
Articles, etc.) ;
 Contrôle :
 Tenue de la comptabilité ;
 Notion de la reddition des comptes ;
 Vérification des comptes par la cour des comptes française.
- Période postindépendance (1956 – 1970) :
 Adaptation : Dahir de 1958 portant règlement général de la comptabilité
publique + première constitution en 1962 ;
 Création d’offices, d’établissements publics, etc. ;

31
 Elargissement des sources de budget d’investissement.
- Période de 1960 – 1970 :
 Rédaction des textes fondamentaux ;
 Adoption de la constitution ;
 Renforcement du droit budgétaire ;
 Institution d’un parlement constitué de deux chambres ;
 Inclusion de l’autorisation budgétaire dans la LF ;
 A chaque fois qu’une nouvelle constitution est adoptée  nouvelle LOLF ;
 En 1965 : texte sur la passation des marchés publics ;
 Interdiction des cavaliers budgétaires ;
 Introduction du principe de non contraction entre recettes et dépenses.
- Période de 1970 à 1996 :
 Etat d’exception  grève et manifestations ;
 LOLF 1970  constitution de 1972 :
 Vote du PLF par une seule chambre ;
 Stratification des budgets (budget général, budget annexe, …) ;
 Loi de règlement ;
 Mesures du plan d’ajustement structurel ;
 Signature d’accords avec l’UE en 1996 ;
 Constitution de 1996  retour du parlement à deux chambres  LOLF
de 1998 avec le gouvernement d’alternance.
- Période de 1996 à nos jours : consolidation des réformes et harmonisation
réglementaire :
 Nouvelle constitution ;
 Rapport sur la régionalisation avancée ;
 Nouvelle réforme de la LOLF :
 Renforcement de la performance de la gestion publique ;
 Orientation ers la logique des résultats ;
 Responsabilisation des acteurs ;
 Instauration de l’audit budgétaire et de la reddition des comptes ;
 Transparence ;
 Soutenabilité budgétaire ;
 Accroissement du rôle du parlement dans l’élaboration des PLF.

32
1°) La loi organique n° 7-98 relative à la loi de finances de 1998 :
- La loi organique relative à la loi de finances du 26 novembre 1998 est structurée en six
titres et 48 articles ;
- Le décret relatif à l’élaboration et à l’exécution des lois de finances est composé de six
chapitres ;
- Définition de la LF (Art. 1) : « la loi de finances prévoit, évalue, énonce et autorise,
pour chaque année budgétaire l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat dans
la limite d’un équilibre économique et financier qu’elle définit ».
- Il existe trois types de LF (Art. 2) :
 La loi de finances de l’année ;
 La loi de finances rectificative : modifie en cours d’année les dispositions de la
LF de l’année, compte tenu de l’évolution de la conjoncture économique et
financière ;
 La loi de finances de règlement : constate a posteriori les réalisations de recettes
et de dépenses prévues par la LF de l’année (doit être présentée au plus tard en
fin de la seconde année qui suit l’exécution de la LF).
2°) Le budget de l’Etat :
- Les charges de l’Etat :
 Le budget de l’Etat ;
 Le budget des SEGMA ;
 Le budget des CST.
- Définition du budget de l’Etat : « C’est l’acte par lequel l’Etat prévoit et autorise en la
forme budgétaire les charges et les ressources de l’Etat. Il est arrêté par le parlement
dans la loi de finances qui traduit les objectifs financiers et économiques du pays » ;
- Traits caractéristiques du budget :
 Instrument de financement des interventions de l’Etat ;
 Equilibre des forces entre pouvoir législatif et pouvoir exécutif ;
 Traduction de la politique du gouvernement ;
 Instrument de redistribution de richesses par le biais des prélèvements fiscaux ;
 Sur le plan économique et social : encouragement de certaines activités à travers
des ajustements tarifaires (impôts, douane).
3°) Les principes budgétaires :
- L’annualité (Art. 6) : « l’année budgétaire commence le 1er janvier et se termine le
31 décembre de la même année » ;
33
- L’unité : l’ensemble des recettes et des dépenses de l’Etat groupées dans un document
unique ;
- L’universalité (Art. 9) : « il est fait recette du montant intégral des produits, sans
contraction entre les recettes et les dépenses, l’ensemble des recettes assurant
l’exécution de l’ensemble des dépenses » ;
- La non affectation des recettes : l’ensemble des recettes devrait servir à la couverture
de l’ensemble des dépenses ;
- La spécialité des crédits (art. 29) : « les dépenses du budget général sont présentées,
à l’intérieur des titres, par chapitre, subdivisés en articles, paragraphes et lignes, selon
leur destination, leur objet ou leur nature » ;
- Principes ne faisant pas lieu d’obligation juridique :
 Principe d’équilibre (règle d’or) : le respect de ce principe demeure un objectif
théorique en raison de l’accroissement du rôle de l’Etat et l’élargissement du
champ de ses interventions avec l’aggravation des charges financières publiques
et des besoins de la population  recours à l’emprunt pour couvrir le déficit ;
 Principe de sincérité budgétaire et comptable : la LF doit présenter de façon
sincère l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat.
4°) Les Comptes Spéciaux du Trésor (CST) :
- Dérogation au principe de l’unité budgétaire et à la règle de non affectation des recettes
aux dépenses ;
- On distingue 6 catégories de CST (Art. 19) :
 Les comptes qui retracent les recettes affectées au financement d'une catégorie
déterminée de dépenses et l'emploi donné à ces recettes ;
 Les comptes d'adhésion aux organismes internationaux qui décrivent les
versements et les remboursements au titre de la participation du Maroc aux
organismes internationaux ;
 Les comptes d'opérations monétaires qui décrivent les mouvements de fonds
d'origine monétaire ;
 Les comptes d'avances qui décrivent les versements, sous forme d'avances
remboursables faites par l'Etat sur les ressources du Trésor et accordées pour des
raisons d'intérêt public ;
 Les comptes de prêts qui décrivent les versements sous forme de prêts faits par
l'Etat sur les ressources du Trésor et accordés pour des raisons d'intérêt public ;

34
 Les comptes de dépenses sur dotation qui retracent des opérations relatives à une
catégorie spéciale de dépenses dont le financement est assuré par des dotations
budgétaires.
5°) Les Services d’Etat Gérés de Manière Autonome (SEGMA) :
- Définition (Art. 16 Bis) : « Constituent des SEGMA, les services de l'Etat, non dotés de
la personnalité morale, dont certaines dépenses, non imputées sur les crédits du budget
général, sont couvertes par des ressources propres. L'activité de ces services doit tendre
essentiellement à produire des biens ou à rendre des services donnant lieu à
rémunération » ;
- Pas personnalité morale et d’autonomie financière ;
- Usage des recettes recouvrées par eux-mêmes en contrepartie des prestations fournies ;
- Les SEGMA sont créés par la loi de finances qui fixe leurs recettes et dépenses.
6°) La préparation du budget :
- Le Ministre chargé des finances prépare, sous l’autorité du Chef du gouvernement, le
projet de loi de finances ;
- Concernant la partie recettes, les ministres proposent leurs prévisions, et le Ministre des
Finances dispose de directions : DGI/Impôts, ADII/Douanes et TGR ;
- Concernant les dépenses, chaque département ministériel, une fois saisi par le ministère
des finances avant le 1er mai, commence à établir des propositions de dépenses en
fonction de ses besoins ;
- Une fois arrêtées, ces prévisions de recettes et de dépenses, sont centralisées au
ministère des finances (direction du Budget) au plus tard le 1er juillet qui les examine
après en avoir ajouté ses propres prévisions ;
- Le projet de la loi de finances, une fois préparé, est examiné en conseil de gouvernement
présidé par le Chef du gouvernement et ensuite en conseil des Ministres présidé par Sa
Majesté le Roi ;
- Une fois adopté par ces deux conseils, il est déposé sur le bureau de l’une des chambres
du Parlement au plus tard 70 jours avant la fin de l’année budgétaire en cours (Art. 33) ;
- Il est accompagné d’un rapport exposant les grandes lignes de l’équilibre économique
et financier, les résultats connus et les perspectives d’avenir ainsi que les modifications
apportées en ce qui concerne les recettes et les dépenses ;
- Le délai global de préparation d'une loi de finances s'établit à environ 3,5 mois à partir
des mois de Mai-Juin.

35
7°) Vote et adoption de la loi de finances :
- Evaluation par les deux chambres  le dernier mot revient à la chambre des
représentants ;
- Adoption par le parlement 70 jours avant la fin de l’année :
 La Chambre saisie la première se prononce dans un délai de 30 jours après le
dépôt du PLF ;
 La Chambre saisie la deuxième, se prononce dans un délai de 30 jours suivant
sa saisine.
- Vote de la première partie avant la deuxième partie ;
- Vote article par article ;
- Les évaluations de recettes font l’objet d’un vote d’ensemble pour le budget général et
les budgets de SEGMA ;
- Et d’un vote par catégorie pour les CST ;
- Si la première lecture n’a pas permis d’aboutir au vote d’un texte identique, le
gouvernement peut déclarer l’urgence et convoquer la commission mixte paritaire qui
dispose d’un délai de sept jours pour aboutir à un texte d’accord que les Chambres
adoptent au bout d’un délai de trois jours ;
- Si, au 31 décembre, la loi de finances n’est pas votée ou n’est pas promulguée, le
gouvernement ouvre par décret les crédits nécessaires à la marche des services et prend
un décret relatif aux recettes (Art. 35) ;
- Loi d’habilitation (Art. 70 de la constitution de 2011) : possibilité donnée au
gouvernement de prendre des mesures à caractère législatif par le biais des décret
pendant un délai limité pour un objectif déterminé (exemple : recours au marché
international pour approvisionner le marché local en produits à forte demande durant le
mois de ramadan, en vue de faire face à d’éventuelles spéculations).
8°) La structure du budget de l’Etat :
- Première partie (ressources) : arrête les données générales de l’équilibre financier. Elle
est constituée de différents impôts directs et indirects, taxes, douanes, dons et legs,
emprunts et autres. Les ressources sont présentées en chapitres subdivisés, s’il y a lieu,
en articles et paragraphes ;
- Deuxième partie (charges) : a une portée comptable. Elle procède à la ventilation des
charges de l’Etat : par chapitre pour les dépenses du Budget Général, par compte pour
les CST et par service pour les SEGMA.

36
9°) La nomenclature budgétaire :
- Les dépenses du budget général de l’Etat sont groupées sous trois titres :
 Les dépenses de fonctionnement ;
 Les dépenses d’investissement ;
 Les dépenses relatives au service de la dette publique.
- Le titre est ventilé en chapitres codifiés par 4 chiffres et forment ainsi la rubrique
budgétaire chiffrée ;
- Le chapitre constitue l’unité fondamentale de l’exécution du budget. Il est subdivisé en
articles, paragraphes et lignes, selon leur destination, leur objet ou leur nature ;
- L’article désigne généralement la structure chargée d’exécuter la dépense ;
- La ligne constitue l’élément le plus simple dans la présentation des dépenses de la
morasse, elle précise la nature proprement dite de la dépense.
- La loi de finances permet d’avoir des informations sur la classification des dépenses
selon des rubriques budgétaires distinctes. Cependant, il s’est avéré que cette
classification ne permet pas d’identifier des dépenses d’une manière précise :
 Critère administratif : chaque département (exemple : 13 pour le MEF) ;
 Critère fonctionnel : différents domaines d’intervention de l’Etat (défense,
enseignement, santé, etc.) ;
 Critère économique : passerelles entre le budget général et la comptabilité
nationale en vue de mettre en lumière les répercussions des dépenses et des
recettes de l’Etat sur les différents opérateurs économiques ;
 Dimension régionale (2006) : promouvoir une politique de proximité à travers
la déconcentration et la décentralisation.
10°) Exécution de la loi de finances :
- Les prérogatives de l’exécutif pour la modification du budget :
 Les prérogatives constitutionnelles : possibilité de rectifier la LF par le biais
d’un décret-loi (Art. 81 de la constitution de 2011) ;
 Les prérogatives de la LOF : possibilité de prendre des décisions à caractère
législatif par le biais de décrets, création de CST en cas d’urgence et de nécessité
impérieuse (Art. 18 LOF), etc.
- Principes de la gestion des crédits :
 Les crédits sont limitatifs sauf exception prévue par la loi organique (Art. 41) ;
 Les crédits non consommés en fin d’année tombent en annulation et ne peuvent
être reportés sur l’année suivante sauf pour les dépenses d’investissement.
37
- Acteurs de l’exécution de la LF :
 Les ordonnateurs :
 Les Ordonnateurs principaux : les ministres avec possibilité d’instituer
les directeurs généraux ou directeurs ordonnateurs lorsque la nécessité
du service le justifie ;
 Les ordonnateurs délégués : institués par arrêté du ministre après visa du
ministre des finances ;
 Les sous-ordonnateurs : en plus de la délégation de pouvoir, ils
bénéficient d’une délégation de crédits.
 Les comptables publics :
 Les comptables relevant de la TGR : le TGR, les TM, les TR, les TP, les
percepteurs et les receveurs communaux ou TC, les agents comptables à
l’étranger et les comptables spéciaux (Parlement…) ;
 Les autres comptables : les receveurs des douanes et impôts indirects, les
receveurs de l’administration fiscale (DGI), les secrétaires greffiers, etc.
 Utilisation des crédits :
 Les crédits de paiement : c’est la limite supérieure des dépenses
susceptibles d’être ordonnancées dans le cadre de l’année budgétaire.
 Les crédits d’engagement (essentiellement budget d’investissement) : ce
sont les montants des dépenses pouvant être engagés au titre de l’année
en cours et des années ultérieures.

38
 Exécution de la LF :
EXECUTION AU NIVEAU DES EXECUTION AU NIVEAU DES
RECETTES DEPENSES
La constatation des droits : s'assurer de la
réalité des faits sur lesquels sont fondées
les créances publiques ; L’engagement : acte par lequel
l'organisme public crée ou constate une
La liquidation : déterminer le montant des obligation de nature à entraîner une
créances publiques ; charge ;
ORDONNATEURS
La mise en recouvrement : émission des La liquidation ;
OR sous forme de rôles (impôts et taxes),
OR collectifs ou individuels, amendes et L’ordonnancement : émission d'OP.
condamnations pécuniaires, débets
administratifs ou juridictionnels, etc.

Le contrôle de la régularité : vérifier que


les propositions d’engagement de
dépenses sont régulières au regard des
dispositions législatives et réglementaires
d’ordre financier ;

Le contrôle budgétaire : la disponibilité


des crédits et des postes budgétaires,
l’exactitude des calculs du montant de
l’engagement, le total de la dépense à
Les comptables sont chargés de recouvrer
laquelle l’administration concernée
les recettes. Ces derniers doivent faire
s’oblige pour toute l’année d’imputation ;
COMPTABLES toutes les diligences nécessaires pour que
les créances publiques constatées soient
Le contrôle de validité : l’exactitude des
apurées (amiable/forcé).
calculs de liquidation, l’existence du visa
préalable d’engagement le cas échéant, le
caractère libératoire du règlement, la
signature de l’ordonnateur qualifié ou de
son délégué, la disponibilité des crédits de
paiement, la production des pièces
justificatives dont celles comportant la
certification du service fait par
l’ordonnateur ou le sous ordonnateur
qualifié.

11°) Réformes et modernisation :


- Réforme du processus budgétaire :
 La globalisation des crédits (2001) : autoriser les ordonnateurs et sous-
ordonnateurs à virer les crédits qui leur sont ouverts d’une ligne à une autre à
l’intérieur d’un même paragraphe, sans avoir besoin de solliciter un visa
préalable du MEF ;
 La contractualisation des liens entre les Directions centrales des Ministères et
les services extérieurs qui leur sont rattachés (2011) ;
 L’encouragement des relations de partenariat entre les services extérieurs des
Ministères et les opérateurs locaux ;

39
 La mise en place de la programmation pluriannuelle.
- Réforme du contrôle des dépenses :
 Phase I : rattachement du contrôle des engagements de dépenses de l’Etat (CED)
à la TGR en 2006 et transfert des compétences du Contrôleur Général des
Engagements de Dépenses de l’Etat au Trésorier Général du Royaume. Mise en
place d’un interlocuteur unique pour les services ordonnateurs : création des TM
auprès des services ordonnateurs et restructuration des TP pour les services sous-
ordonnateurs ;
 Phase II : contrôle modulé de la dépense (CMD) et adoption du décret relatif au
contrôle des dépenses de l’Etat 2008 :
 Allègement des contrôles a priori et de l’accompagnement en optimisant
et en hiérarchisant en fonction de leur maturité les services
ordonnateurs ;
 Mise en place d’un mécanisme de « reclassement » ou de
« déclassement » des services ordonnateurs en fonction de
l’augmentation ou de la dégradation de leurs capacités de gestion qui
peut être réalisée par : IGF, la Cour des comptes, la TGR ou tout autre
organe de contrôle ou d’audit agrée par le MEF sur la base d’un
référentiel unique fixé par arrêté du Ministre.
- Mise en place d’un système d’information robuste et performant (2010) qui est celui de
la Gestion Intégrée des Dépenses (GID)  rapidité  automatisme de génération de
rapports et de situations statistiques.

40
Projet de la loi organique relative à loi de finances
M. Adil El KHSASSI, Chef de service de l’action sociale

La réforme de la LOLF constitue un chantier d’envergure nationale et s’inscrit dans le


cadre d’un mouvement global de réformes visant la modernisation de l’administration et la
transparence des finances publiques. Cette dernière se situe également dans la dynamique
politique qui suit l’adoption de la nouvelle constitution du Royaume en 2011.

Ce projet de nouvelle « constitution financière » s’inscrit dans une démarche


participative (MEF, Parlement, Gouvernement, Commissions mixtes).

1°) Histoire des lois organiques des finances :


- Une articulation systématique entre les révisions constitutionnelles et la refonte des lois
organiques des finances :

1962 1963 1970 1972 1996 1998 2011 2014 ?

• Constitution • LOLF • Constitution • Constitution • Constitution • LOLF • Constitution • LOLF


• Etat • LOLF • LOLF • Préparation • Gouvernement
d’exception pour le d’alternance
(budget sans gouvernement
autorisation d’alternance
parlementaire)

2°) Les limites du modèle actuel de gestion des finances publiques :


- Un déficit budgétaire atteignant 7% du PIB en 2012 ;

LOLF 1998 LOLF 2014


Titre I De la définition et du contenu de la loi de finances Titre I De la définition et du contenu de la loi de finances
Titre II De la présentation de la LF Titre II De la présentation des LF
Titre III De l’examen et du vote de la LF Titre III De l’examen et du vote des LF
Titre IV De la portée et de l’autorisation parlementaire Titre IV Du règlement du budget
Titre V Du règlement du budget Titre V Dispositions diverses
Titre VI Dispositions diverses et transitoires Titre VI Entrée en vigueur
Titre VII Abrogation et dispositions transitoires

- Objectifs du nouveau LOLF :


 Adaptation du nouveau projet avec les nouvelles dispositions de la constitution ;
 Améliorer l'efficacité de la performance de la gestion publique ;
 Promouvoir les principes de transparence des finances publiques ;
 Renforcer le rôle du Parlement dans la discussion des lois de finances.
3°) Le projet de LOF et la nouvelle culture de la responsabilité et de la reddition des comptes :
- Améliorer l'efficacité de la performance de la gestion publique :
 Adoption de la programmation pluriannuelle ;
 Logique de résultats ;

41
 Corrélation entre la responsabilité et la reddition des comptes.
- Promouvoir les principes de transparence des finances publiques :
 Adopter de nouvelles règles financières pour un meilleur maintien des équilibres
budgétaires ;
 Renforcer la transparence des finances publiques et améliorer la lisibilité du
budget.
- Renforcer le rôle du Parlement dans la discussion des lois de finances :
 Enrichir les données soumises au Parlement (rapports accompagnant le PLF) ;
 Modifier le calendrier de l'étude des projets des LF, des LFR et des LR ;
 Motiver les amendements formulés par les membres du parlement.
4°) Les instruments du nouveau modèle de gestion des finances publiques :
- Des systèmes intégrés d’information déjà opérationnels au Ministère de l’Economie et
des Finances constituent le socle de mise en œuvre de la nouvelle vision de gestion des
finances publiques (E-Budget, GIR, GID, Wadef@ujour, le portail des marchés publics,
etc.) ;
- La comptabilité à base de caisse ne permet pas de décrire l’état du patrimoine de l’Etat,
de ses créances, de ses dettes et de ses engagements vis-à-vis des tiers  Introduction
de la comptabilité d’exercice (Bilan d’ouverture de 2010 + PCE) ;
- La consolidation des comptes :
 Une vision globale des finances publiques (déficit, endettement, investissement,
etc.) ;
 Une convergence avec les normes internationales de production et de
communication des informations.
- Activation des exigences progressives de la nouvelle LOLF durant 5 ans après sa
publication au BO.

42
MODULE III :
COMPTABILITÉ PUBLIQUE

43
Le système comptable actuel : la comptabilité des perceptions
M. Taoufik KOBB, Chef de Service du suivi des dépenses et de la comptabilité à la TR de Béni Mellal

- Perception : poste comptable, service déconcentré relevant de la Trésorerie Générale


du Royaume. Il est chargé du recouvrement des créances publiques : Impôts et taxes et
de la gestion des budgets des CT qui y sont rattachées ;
- Comptabilité publique : l'ensemble des règles qui régissent, sauf dispositions
contraires, les opérations financières et comptables de l'Etat, des collectivités locales,
de leurs établissements et de leurs groupements et qui déterminent les obligations et les
responsabilités incombant aux agents qui en sont chargés ;
- Comptabilité budgétaire : retrace l’ensemble des opérations résultant de l’exécution
des budgets des CT en recettes, dépenses et des opérations de trésorerie. Elle est
composée d’une comptabilité deniers et une autre valeur.
1°) Nomenclature des comptes :
- La nomenclature comptable des Recettes Perceptions et Perceptions comprend 12
comptes qui retracent les opérations de recettes et de dépenses effectuées pour le compte
de l'Etat ou des collectivités :
10-03 Numéraire chez les comptables subordonnés
60-03 Services gérés
Recettes à transférer au comptable supérieur
 SC1 : recettes d'impôts directs et taxes assimilées pris
en charge ;
80-13  SC2 : autres recettes budgétaires ou de trésorerie
prises en charge (ex : rente du domaine) ;
 SC3 : divers produits recouvrés sans prise en charge
(ex : taxe permis, ATF, etc.).
Recettes à transférer à d'autres comptables
80-23  SC1 : collègues ;
 SC2 : divers comptables.
80-33 Recettes à classer ou à imputer (RAC)
80-35 Imputation provisoire des recettes des CT
81-13 Dépenses à régulariser (PDR)
81-15 Imputation provisoire des dépenses des CT
81-23 Dépenses à transférer au comptable supérieur
Dépenses à transférer à d'autres comptables
81-33  SC1 : collègues ;
 SC2 : divers comptables.
Règlements Perception/TP et TP/Perception
82-01  P31A : à l’initiative du percepteur ;
 P31B : à l’initiative du TP.
82-15 Compte CCP

44
NB : Tous les comptes sont transférés en fin de mois sauf le compte 60-03 qui est un compte
d’imputation définitive.
2°) Registres comptables et arrêtés :
LES JOURNAUX DE PREMIERE ECRITURE LES LIVRES AUXILIAIRES
Quittances informatisées Grand livre P23
Le Journal de caisse P15 Carnet des disponibilités P11
Le Journal des recettes par CCP et bancaires P17 Livre des comptes des Collectivités territoriales
Etc. Etc.

- Arrêtés journaliers des écritures :


 Les comptables rattachés sont tenus de procéder à des arrêtés d'écritures
journaliers ayant pour but de :
 Grouper les opérations enregistrées chronologiquement pendant la
journée ;
 Contrôler les comptes et l’exactitude des opérations ;
 Passer les écritures comptables.
 Arrêtés de caisse :
 Faire le comptage physique l’argent et valeur en caisse : Billet, monnaie,
Timbres fiscaux, autres valeurs ;
 Arrêter les journaux de la caisse en dépenses et en recettes ;
 Rapprocher ces écritures avec les états édités de l’application ;
 Solde de la journée = Solde veille + total des recettes numéraires de la
journée – total des dépenses de la journée ;
 Confronter le solde de la journée avec le montant de l’encaisse et le solde
du compte 10-03 sur le P23 comptabilité.
- Arrêtés hebdomadaires : les comptables rattachés sont tenus de procéder, en fin de
journée du vendredi de chaque semaine, à un arrêté hebdomadaire qui se traduit par
l'établissement de la feuille de disponibilité P11 et l'envoi au comptable de rattachement.
- Arrêtés mensuels :
 Éditer la balance générale du mois P102 ;
 Confronter la balance générale au journal centralisateur P23 ;
 Transférer les recettes et les dépenses au comptable supérieur ;
 Pour les postes gestionnaires des services gérés, application des recettes et des
dépenses définitives, et apurement des opérations provisoires le cas échéant.
- Arrêté annuel : les comptes 80-13, 81-23, 81-33, 80-23 doivent présenter un solde nul
en fin d’année.

45
3°) Comptabilité Valeur :
- Le percepteur gestionnaire des budgets des CT, détient un portefeuille important de
valeurs ;
- Il s’agit des timbres et tickets de diverses quotités destinés au fonctionnement des régies
de recettes créées auprès des CT ;
- Nomenclature des comptes et journaux comptables :
 01 : Portefeuille du Percepteur ;
 02 : Portefeuille du régisseur ;
 03 : Tiers créanciers en titres et valeurs.
- Fonctionnement des comptes :
 La Réception des tickets et valeurs ;
 La Réception d'une demande d'approvisionnement de la part des régisseurs ;
 Les Versements mensuels des régisseurs.
- Journaux comptables :
 P01 valeurs : retrace les opérations de réception des valeurs par l’ordonnateur ;
 P36 valeurs : servi à chaque opération :
 Prise en Charge des valeurs ;
 Sortie des valeurs ;
 Versements des régisseurs.
 P23 valeurs centralisateur : servi à la fin de chaque journée selon la règle de la
partie double (comprend les 3 comptes 01, 02 et 03).

- Exemple d’écriture :

01 ○
2 02
1 000 200 200 100

3

03

1 100 1 000

46
La comptabilité des TP-TR et des TM
M. Rachid SGHIER, Chef de Service de la centralisation des comptes de l’Etat

1°) Cadre juridique et réglementaire :


- Composantes de la comptabilité de l’Etat :
 Une comptabilité budgétaire qui retrace l’exécution des autorisations
budgétaires :
 Comptabilité administrative (ORD et SO)/compte administratif ;
 Comptabilité Trésor (tenue par les comptables, elle est composée d’une
comptabilité deniers et d’une comptabilité valeur).
 Une comptabilité générale qui retrace à la fois les opérations budgétaires et les
opérations de trésorerie  permet de dégager le résultat d’exécution de la loi de
finances et des opérations de trésorerie qui en découlent.
 Les opérations comptables peuvent recevoir, selon le cas, une imputation
provisoire ou une imputation définitive ;
 Les comptables assignataires sont seuls habilités à donner une imputation
définitive aux opérations de recettes et de dépenses.
- Architecture organisationnelle :

Postes
Centralisation comptables à
Ecriture de base Pré centralisation
comptable compétence
nationale

CNT/TCR/TM/ABC/Cour
SG/RAF/RD/PERC et RC TP et TPV TGR comptable supérieur
des comptes et Parlement

- Le Trésorier Général du Royaume :


 Le TGR est le comptable supérieur du Royaume. Il centralise l’exécution
comptable du budget de l’Etat, des budgets annexes, des comptes spéciaux et
des opérations de trésorerie ;
 Il est comptable assignataire des ordonnateurs de l’Etat ;
 Il a la responsabilité de présenter annuellement à la Cour des comptes, un compte
de gestion pour ses opérations.

47
2°) La Comptabilité des Perceptions, des TP et des TM : Les règles communes :
- Règles communes :
 Partie double ;
 Imputation provisoire, définitive ou transfert (comptable principal ou
subordonné – principe d’assignation) ;
 Percepteur :
 Comptable subordonné pour les opérations de recettes et dépenses
effectuées pour le compte de l’Etat et des correspondants (opérations
reprises et agrégées dans les écritures du comptable supérieur) ;
 Comptable principal pour les opérations effectuées pour le compte des
CT ou de groupement professionnel (liaison directe avec le juge des
comptes).
- Classement des comptes deniers :
 Les comptes de disponibilités ;
 Les comptes à imputation définitive ;
 Les comptes à imputation provisoire :
 Les opérations faisant objet de transfert ;
 Les opérations qui s’apurent sans transfert (RAC – PDR) ;
 Les comptes de règlement.
3°) La comptabilité des TP : la pré-centralisation :
- Les opérations propres aux TP :
 Les opérations de recettes, de dépenses et de Trésorerie sont effectuées via des
applications informatiques métiers spécifiques (GID, GIR et Olympic) ;
 La plupart des opérations concernant les applications caisse et guichet ainsi que
les opérations relatives à l’application Olympic génèrent automatiquement des
fiches d’écritures.
- Comptables rattachés :
 Chaque comptable rattaché est lié au TP par un support de liaison (Avis de
règlement) et un compte de règlement ;
 On distingue trois types de comptables rattachés avec trois catégories de
supports de règlement et trois comptes de règlement :
 Les Percepteurs et Trésoriers communaux : support de règlement les avis
de règlement P31A et P31B, compte de règlement concerné 82-01 ;

48
 Les receveurs de la Douane : support de règlement les avis D31A et
D31B, Compte de règlement concerné 82-03.
 Les receveurs de l’enregistrement : support de règlement les avis E31A
et E31B, Compte de règlement concerné 82-04.
- Avis de débit et de crédit :
 Traitement des règlements avec les autres comptables (emploi des AC et AD des
collègues) :
 Emploi des avis de crédit reçu d’un collègue, les comptes concernés :
 AC en cas de recette ;
 AD en cas de dépense.
 Emission des AC et AD pour les opérations constatées pour le compte d’autres
comptables.
- Nomenclature des comptes :
10-01 Bank Al-Maghrib
10-04 Numéraire chez le TP
11-00A Traites de douanes déposées
20-00 Recette budget général
20-01 Dépense budget général
20-40 Recette budget SEGMA
20-41 Dépense budget SEGMA
22-02A Recettes et dépenses sur impôts directs
22-02B Produits T.P.S / T.V.A
22-02C Recettes et dépenses sur majorations
Classe 3 Comptes Spéciaux du Trésor
60-00 Compte de dépôts des établissements publics
60-03 Services gérés
70-01 Compte de dépôts des fonds particuliers
70-08 Compte de dépôts à terme
71-00 Compte des fonds réservés au paiement en numéraire
71-02 Retenue en vertu d'opposition
71-04 Restes à payer sur règlements
71-24 Virements et retenues
72-00 Débets à la charge des comptables publics
80-00 Recettes à classer
80-31 Recettes à transférer à la division des comptes de l'Etat et des CT
80-35 Imputation provisoire des recettes des CT
81-14 Dépenses à régulariser
81-15 Imputation provisoire des dépenses des CT
81-31 Dépenses à transférer à la division des comptes de l'Etat et des CT
82-00 Règlements avec la division des comptes de l'Etat et des CT

49
82-01 Règlements Perception/TP et TP/Perception
82-03 Règlements avec douanes
82-04 Règlements avec les RAF
82-09 Règlements des opérations avances régisseurs
82-10 Règlements entre comptables - Recettes
82-11 Règlements entre comptables - Dépenses
82-14 Compte CCP
82-40 Transfert automatisé - Recettes
82-41 Transfert automatisé - Dépenses

3°) La comptabilité des TM :


- Création à partir de 2007 par décision du MF ;
- Contrôle et exécution des opérations de recettes, de dépenses et de trésorerie ;
- Tenue d’une comptabilité à partie double ;
- Particularité :
 TMF : tenue des comptes de dettes + compte de trésorerie dont le MF est
ordonnateur + comptes valeurs ;
 Trésorerie des Chancelleries Diplomatiques et Consulaires (TCDC) : tenue du
compte 82-21 + comptabilité valeurs.
- Nomenclature des comptes :
10-01 Bank Al-Maghrib
10-04 Numéraire chez le TP
20-00 Recette budget général
20-01 Dépense budget général
20-40 Recette budget SEGMA
20-41 Dépense budget SEGMA
22-02A Recettes et dépenses sur impôts directs
Classe 3 Comptes Spéciaux du Trésor
71-00 Compte des fonds réservés au paiement en numéraire
71-02 Retenue en vertu d'opposition
71-04 Restes à payer sur règlements
71-24 Virements et retenues
80-00 Recettes à classer
80-31 Recettes à transférer à la division des comptes de l'Etat et des CT
81-14 Dépenses à régulariser
81-31 Dépenses à transférer à la division des comptes de l'Etat et des CT
82-00 Règlements avec la division des comptes de l'Etat et des CT
82-09 Règlements des opérations avances régisseurs
82-10 Règlements entre comptables - Recettes
82-11 Règlements entre comptables - Dépenses
82-14 Compte CCP

50
4°) Les arrêtés de la comptabilité / versement comptable :
- Arrêtés mensuels et versements de la comptabilité à Division de la Centralisation
Financière et Comptable (DCFC) :
 L’arrêté mensuel de la comptabilité du TM /TP au titre d’un mois m doit se faire
au plus tard le 20 du mois m+1 ;
 Ce transfert s’effectue par le canal du compte de règlement 82-00 :
 Au niveau des recettes :
 Débit : compte 80-31 : Recettes transférées à la DCFC
 Crédit : compte 82-00 : Règlement avec la DCFC

 Au niveau des dépenses :


 Débit : compte 82-00 : Règlement avec la DCFC
 Crédit : compte 81-31 : Dépenses transférées à la DCFC
- Arrêté annuel :
 Arrêté du journal général, grand livre, centralisateur et les registres auxiliaires ;
 Communiquer à la DCFC un état de développement de tous les soldes.

5°) Limites du cadre comptable actuel : transition vers le PCE :


- De la comptabilité de « caisse » à une comptabilité d’exercice :
 Recettes : comptabilisation dès la PEC ;
 Dépenses : comptabilisation dès la constatation du service fait.
- PCE : optique patrimoniale (comptabilité bilancielle).

51
Le Système comptable actuel : la centralisation comptable
M. Abdellatif RACHID, Chef de Division de la centralisation des comptes de l’Etat et des CT

1°) Les ordonnateurs :


- Les ordonnateurs de droit : Ministres, Gouverneurs et Présidents des conseils
communaux :
 Sous-ordonnateurs  délégation d’autorisation budgétaire (gouverneurs,
chefs de services extérieurs des Ministères)  Ordonnateurs suppléants ;
 Ordonnateurs délégués  délégation de signature et gestion commune des
crédits budgétaires  Ordonnateurs suppléants.
- Les écritures de la comptabilité administrative décrivent toutes les opérations relatives :
 à la constatation et à la liquidation des recettes ;
 à l’engagement à la liquidation et à l’ordonnancement des dépenses.
- Les livres de la comptabilité administrative utilisés pour suivre l’exécution des dépenses
sont les suivants :
 Le livre d'enregistrement des droits des créanciers ;
 Le livre journal des ordonnances ou mandats émis ;
 Le livre de comptes par chapitre de dépenses.
2°) Les comptables :
- Tous les comptables sont placés sous l’autorité directe ou indirecte du Ministre de
l’économie et des finances ;
- Les comptables publics sont tenus, dès leur prise de fonctions, de souscrire à titre
individuel ou collectif, une police d'assurance auprès d'une entreprise d'assurance agréée,
garantissant durant l'exercice de leurs fonctions, leur responsabilité personnelle et
pécuniaire ;
- À leur installation un procès-verbal de remise de service est établis entre le comptable
sortant et le comptable entrant (fonds, valeurs opérations et comptes) ;
- Doivent s’accréditer auprès des ordonnateurs et auprès des autres comptables
(présentation de décision de nomination et spécimen de signatures).
- Catégories de comptables :
 Comptables deniers : maniement de fonds publics ou privés ;
 Comptables d’ordre : tenue de comptes, regroupement et centralisation des
opérations ;
 Comptables matières : gestion de denrées, de tickets et de valeurs

52
3°) Présentation du processus de la centralisation comptable :
- La centralisation comptable est basée sur un système de versements mensuels de
comptabilité :
 Les comptables de base effectuent le versement mensuel de comptabilité à leur
comptable de rattachement 10 du mois qui suit l’arrêté des écritures ;
 Les autres comptables versent leur comptabilité le 20 du mois qui suit l’arrêté
des écritures comptables à la Centralisation ;
 A la fin du mois de janvier de l’année suivant l’exécution des opérations en ce
qui concerne le mois de décembre.
- Contenu des versements mensuels de la comptabilité :
 Balances générales des comptes ;
 Situations des recettes budgétaires ;
 Situation des crédits et émissions du BG, des SEGMA et des comptes spéciaux
du Trésor (disquette) ;
 Situation de concordance du compte courant du Trésor à Bank Al-Maghrib ;
 Situations des recettes et des dépenses sur impôts directs et de la TVA sur rôles
 Relevé détaillé des recettes budgétaires (BG et SEGMA) ;
 Situations relatives aux émissions et emplois des comptes de règlement ;
 États de développement des soldes des comptes de consignations.
4°) Opérations de contrôles des versements de comptabilité :
- Opérations de contrôle lors de l’exploitation des données comptables centralisées :
 Existence de toutes les pièces ou réception des fichiers correspondants ;
 Concordance des données comptables ;
 Imputations exactes (comptes & rubriques) ;
 Inexistence de soldes ou de montants anormaux ;
 Non modification des antérieurs.
- Opérations de suivi et de contrôles spécifiques :
 Du compte courant du Trésor auprès de Bank Al Maghrib ;
 Des comptes de règlement entres les comptables directs ;
 Des comptes de règlement entre TPP et comptables de base ;
 Des comptes d’imputation provisoire ;
 Des prises en charges sur impôts droits et taxes ;
 Du niveau des encaisses et CCP des comptables.

53
Le plan comptable de l’Etat : présentation du recueil des normes
M. Sidi Ahmed MAKHZEN, cadre au Service de la réglementation et normalisation comptable
M. Mohamed KABELMA, Chef de Service de la réglementation et normalisation comptable

1°) Le cadre conceptuel :


- Choix directeurs :
 Respecter le cadre juridique et institutionnel spécifique aux opérations de l’État ;
 Veiller à la convergence avec les normes comptables internationales applicables
au secteur public (IPSAS) tout en s’inspirant des normes régissant les entreprises
privées.
- Principes fondamentaux :
 Principe de permanence des méthodes ;
 Principe de spécialisation des exercices ;
 Principe de prudence ;
 Principe de clarté ;
 Principe d’importance significative ;
 Principe de régularité et de sincérité.
- Objectifs assignés à la comptabilité générale de l’Etat :
 Introduire l’optique patrimoniale dans la comptabilité de l’État ;
 Introduire la notion de comptabilité d’exercice ;
 Retracer de manière fidèle et exhaustive les opérations de l’État ;
 Produire une information comptable et financière fiable, pertinente et rapide.
- La comptabilité générale est un outil au service des gestionnaires qui permet :
 D’identifier le patrimoine de l’Etat et de mesurer son évolution :
 Enrichissement ou appauvrissement du patrimoine (parc immobilier,
équipements, stocks, etc.) ;
 Reconnaissance et suivi des créances et des dettes.
 D’évaluer les contraintes futures sur les finances de l’État :
 Suivi des risques, de leur évolution (atténuation ou réalisation, litiges,
etc.) ;
 D’alimenter la comptabilité d’analyse des coûts.

54
2°) Présentation des normes comptables de l’Etat :
- Norme 1 : Etats financiers (Bilan/Tableau de la situation nette, Compte de résultat,
Tableaux, Tableau des flux de trésorerie) ;
- Norme 2 : Immobilisations incorporelles (ne s’applique pas aux éléments incorporels
liés à l’exercice de la souveraineté quand celui-ci génère des produits sans contrepartie
directe équivalente tels que les produits régaliens) ;
- Norme 3 : Immobilisations corporelles (ne s’applique pas aux forêts et autres
ressources naturelles renouvelables, aux droits miniers et autre ressources non
renouvelables, aux bien Habous et aux terres collectives) ;
- Norme 4 : Immobilisations financières (prêts et avances, participations de l’Etat,
dotations en capital aux établissements publics, droits d’adhésion aux organismes
internationaux) ;
- Norme 5 : Stocks (matières et fournitures consommables, pièces de rechange pour les
immobilisations corporelles, les stocks stratégiques destinés à faire face aux
catastrophes naturelles, les produits en cours, etc.) ;
- Norme 6 : Créances de l’actif circulant (créances sur les clients, créances sur les
redevables, créances sur les autres débiteurs) ;
- Norme 7 : Composantes de la trésorerie de l’Etat (les disponibilités y compris les
timbres en caisse, les dépôts des EEP, etc.) ;
- Norme 8 : Dettes financières et les coûts d’emprunts (la dette intérieure et
extérieure) ;
- Norme 9 : Provisions pour risques et charges, dettes non financières et autres
passifs (engagements consentis par l’Etat dans différents domaines économiques et
sociaux, litiges liés à l’activité de l’Etat, provisions pour charges de fonctionnement,
etc.) ;
- Norme 10 : Produits régaliens (les produits fiscaux, les amendes et condamnations
pécuniaires, etc.) ;
- Norme 11 : Produits non régaliens (les produits de fonctionnement, de transfert et
financiers) ;
- Norme 12 : Charges (les charges de fonctionnement, de transfert et financières) ;
- Norme 13 : Engagements hors bilan (obligation potentielle de l’Etat à l’égard de tiers
résultant d’évènements dont l’existence ne sera confirmée que par la survenance
d’évènements futurs incertains et qui ne sont pas totalement sous le contrôle de l’Etat).

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3°) Présentation du plan de comptes de l’Etat :
- Classe 1 : Situation nette et comptes de financement permanent ;
- Classe 2 : Comptes d'actif immobilisé ;
- Classe 3 : Comptes d'actif circulant (hors trésorerie) et comptes de liaisons internes ;
- Classe 4 : Comptes de passif circulant (hors trésorerie) ;
- Classe 5 : Comptes de trésorerie ;
- Classe 6 : Comptes de charges ;
- Classe 7 : Comptes de produits ;
- Classe 8 : Engagements hors bilan ;
- Classe 9 : Comptabilité analytique budgétaire.
4°) Le PCE : instrument privilégié de bonne gouvernance :
- Eclairer les choix des gestionnaires ;
- Faciliter l’évaluation des actions publiques ;
- Rendre compte au parlement et aux organes supérieurs de contrôle ;
- Alimenter les indicateurs de performance ;
- Elaborer des tableaux de bord ;
- Donner aux citoyens et organismes de contrôle une information transparente sur les
finances de l’Etat et son patrimoine (développer la culture de reddition des comptes).

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Système d’information du Plan Comptable de l’Etat
M. Mohamed El Amine SEGHROUCHNI, Chef de la Division de développement informatique

1°) Contexte de mise en place du SI-PCE :


- Les cinq composantes de la réforme comptable :
 Le référentiel comptable : le cadre conceptuel, le recueil des normes comptables
de l’Etat, le plan de comptes de l’Etat, les modalités de fonctionnement des
comptes ainsi que les instructions élaborées par catégorie de comptables de
l’Etat ;
 Le Bilan d’ouverture de 2011 ;
 La qualité de l’information comptable ;
 La conduite de changement : vise à maîtriser le fonctionnement et l’évolution
des structures de la TGR suite à la mise en place du SI-PCE ;
 Le système d’information.
- Le périmètre fonctionnel du SI-PCE :
 Gestion de la trésorerie ;
 Comptabilité budgétaire ;
 Comptabilité générale et auxiliaire ;
 Centralisation comptable ;
 Reporting, pilotage et analyse financière ;
 Reporting pour la consolidation des comptes de l’Etat et des collectivités
locales ;
 Comptabilité administrative (ultérieurement) ;
 Comptabilité analytique (ultérieurement).
- Les apports :
 Automatisation des processus financiers et budgétaires ;
 Amélioration de la qualité comptable ;
 Simplification et modernisation des circuits comptables de l’Etat ;
 Renforcement du contrôle, sécurisation et traçabilité des opérations comptables ;
 Amélioration des délais de traitement ;
 Reporting et aide à la décision.

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2°) La démarche de mise en place :
- 1ère étape (2007 – 2008) : Définition, choix de la solution et contractualisation :
 Identification de 40 solutions du marché  Présélection de 7 éditeurs 
Préparation et envoi de la demande d’informations (RFI)  Dépouillement des
réponses au RFI  Short-List de 2 éditeurs  Préparation du prototype 
Appel d’offres (RFP) ;
 La solution retenue est « Oracle EBS ».
- 2ème étape (2009 – 2011) : Conception et mise en œuvre :
 Etudes détaillés (modélisation)  Elaboration (processus, paramétrage) 
Intégration (test système recettes)  Transition et mise en production
(paramétrage production pilote)  Production ;
 Période de 15 mois au total.
- 3ème étape (2012 – 2013) : Déploiement et mise en production de la solution comptable :
 Analyse des prérequis : équipements informatiques et logiciel, réseau, création
des comptes d’utilisateurs, formation des utilisateurs, etc. ;
 Déploiement en sites pilotes ;
 Ouverture d’un centre d’assistance à tous les postes comptables pour le
traitement des anomalies ;
 Déploiement progressif et suivi hebdomadaire de l’exploitation par des tableaux
de bord.
3°) Les choix structurants :
- La clé comptable flexible (CCF) : la clé comptable flexible se compose dans le cas du
PCE, de 12 segments qu’il est nécessaire d’associer à chaque ligne d’écriture en plus de
4 segments de réserve pour les besoins futurs ;
- L’interpréteur comptable (FAH) : transformation des données issues de systèmes
disparates pour alimenter un référentiel comptable centralisé et cohérent ;
- Oracle GL : permet de gérer de manière simultanée la comptabilité générale, analytique,
budgétaire et celle d'engagement ;
- WEB-ADI : outil d’Oracle permettant d’utiliser Excel pour saisir des pièces comptables
puis de charger le contenu vers Oracle Applications ;
- Oracle Fixed Assets (FA) : solution complète de gestion des immobilisations conçue
pour le suivi, l'amortissement et le planning de maintenance des immobilisations ;
- Le module de gestion du rapprochement bancaire : pour des besoins de reporting et de
suivi du compte courant bancaire chez BAM et CCP.
58
MODULE IV :
RECOUVREMENT

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Missions et attributions de la TGR en matière de recouvrement
M. Mohammed HAHOU, Chef de service du suivi des recettes de l’Etat

1°) Attributions de la TGR en matière de recouvrement :


- Elaborer les projets de textes législatifs et réglementaires relatifs au recouvrement des
créances publiques et de veiller à l’application de la réglementation en ce domaine ;
- Assurer le contrôle et l’exécution des opérations de recettes de trésorerie de l’Etat, des
collectivités locales et de leurs groupements ;
- Représenter le Trésor devant les juridictions en matière de contentieux du
recouvrement ;
- Etablir les comptes des services de l’Etat et participer à l’élaboration des projets de lois
de règlement et du compte général du Royaume ;
- Informer régulièrement le Ministre chargé des finances sur les conditions d’exécution
du budget et de la loi de finances ;
- Concevoir, organiser et mettre en œuvre ses systèmes d’information, en harmonie avec
la politique de gestion des ressources et de l’information développée par le Ministère.
2°) Le recouvrement chez les percepteurs :
- Le recouvrement des créances publiques est assuré par les comptables suivant trois
modes :
 Par versement spontané pour les droits au comptant ;
 Au vu de déclarations des redevables pour les impôts déclaratifs ;
 En vertu d’OR individuels ou collectifs régulièrement émis par les ordonnateurs
compétents.
- Le recouvrement constitue la véritable vocation et par conséquent la mission prioritaire
de la perception. Les créances publiques sont recouvrées :
 Soit à l’amiable durant la période comprise entre la date de mise en
recouvrement ou d’émission et celle d’exigibilité ;
 Soit par voie de recouvrement forcé dans les conditions fixées par le code de
recouvrement et après envoi du dernier avis sans frais :
 Avis à tiers détenteurs (ATD) ;
 Commandement : Saisie vente, Inscription hypothécaire (recouvrement,
ANV, annulation ou dégrèvement), Contrainte par corps, Remise
gracieuse.

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- Le recouvrement forcé est effectué par les agents de notification et d’exécution du
Trésor (ANET) spécialement commissionnés à cet effet pour le compte des comptables
chargés du recouvrement et sous leur contrôle.
3°) Le recouvrement au niveau des autres postes comptables de la TGR :
- Missions des Trésoreries Préfectorales et Provinciales :
 Le TP en tant que comptable assignataire : contrôle, prise en charge et suivi du
recouvrement des OR émis par les services ordonnateurs ;
 Le TP en tant que comptable de rattachement : pré-centralisation des recettes
réalisées par les comptables rattachés.
- Missions des Trésoriers Régionaux :
 Le TR en tant que comptable assignataire de la région : contrôle, prise en charge
et suivi du recouvrement des OR émis par les services ordonnateurs (Président
de la Région) ;
 Le rôle des cellules juridiques en matière d’assistance aux percepteurs.
- Missions de la Trésorerie Centrale de Recouvrement (TCR) :
 Gestion des actes de recouvrement industrialisés ;
 Assainissement et mise à jour des fichiers des redevables ;
 Encaissement des recettes pour le compte des comptables.
- Missions des Trésoreries Ministérielles :
 Le TM en tant que comptable assignataire : contrôle, prise en charge et suivi du
recouvrement des OR émis par les services ordonnateurs ;
 La centralisation des recettes des Comptes Spéciaux du Trésor.
- Rôle des services centraux :
 Suivre, analyser et évaluer les performances des services déconcentrés à travers
les tableaux de bords ;
 Assurer le suivi des écarts entre les réalisations et les objectifs des services
déconcentrés ;
 Elaborer des rapports périodiques relatifs à l’état d’avancement des réalisations
par rapport aux objectifs assignés aux services déconcentrés.

61
Les créances publiques et les acteurs de recouvrement
M. Abdelaziz EL HEBIL, Chef de service à la Trésorerie Centrale de Recouvrement

1°) Cadre conceptuel :


- Impôt : prélèvement pécuniaire obligatoire effectué par voie d’autorité par la puissance
publique (État, collectivités territoriales, établissement public) sur les ressources
imposables des personnes physiques ou morales en vertu des lois et règlements ;
- Taxe : prélèvement obligatoire servant de moyen de financement d’une charge
occasionnée par la fourniture d’un service public sans qu’il soit fait de lien direct entre
ledit service rendu et le prix à payer ;
- Redevance : prélèvement non obligatoire et n’a pas un caractère fiscal. Prix payé par
l’usager d’un service public existence d’une contrepartie directe.
2°) Règles propres aux recettes :
- Les créances publiques sont celles dont le recouvrement est assuré conformément aux
dispositions du Code de Recouvrement et qui sont énumérées à l'article 2 à savoir :
 Les impôts directs et taxes assimilées de l’Etat ainsi que la TVA ;
 Les droits d’enregistrement et de timbre et taxes assimilées (droits sur opérations
de cessions immobilières) ;
 Les droits et taxes de douane (TIC, Droits à l’importation,…) ;
 Les produits et revenus domaniaux (droits d’occupation temporaire, revenus des
immeubles domaniaux, aliénations d’immeubles, concessions et affermages ;
 Le produit des exploitations et des participations financières de l’Etat ;
 Les impôts et taxes des CT et de leurs groupements, les amendes et
condamnations pécuniaires.
- Le recouvrement d'une créance n'est permis que sous deux conditions :
 La créance publique soit légale :
 Prévue par les lois et règlements ;
 Rendue exécutoire suite aux arrêts et jugements ;
 Convention et contrats.
- L’autorisation budgétaire :
 Loi de finances (vote du budget) ;
 Approbation des Budgets des CT par l’autorité compétente ;
- Visas des Budgets des établissements publics et des SEGMA par le Ministre des
finances.

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3°) Acteurs de recouvrement :
- Le Trésorier Général du Royaume : exerce le recouvrement des créances publiques
non fiscales émises par les ordonnateurs principaux de l'Etat. Il assure en outre la
direction et la coordination de l’action en recouvrement des autres comptables relevant
de la Trésorerie Générale du Royaume ;
- Les TM : le recouvrement des créances non fiscales (ex OR relatifs aux salaires trop
perçu, etc.) ;
- Les TR et TP : exercent le recouvrement des créances publiques émises par les sous-
ordonnateurs de l’Etat. Ils accordent les autorisations et visas relatifs aux actes de
recouvrement forcé engagés par les comptables chargés du recouvrement qui leur sont
rattachés. Ils assurent la coordination de l’action en recouvrement des comptables
relevant de leur circonscription ;
- Les percepteurs : exercent le recouvrement des impôts et taxes émis par voie de rôle
ainsi que les autres créances perçues au profit de l’Etat ou des collectivités locales et de
leurs groupements ;
- Les acteurs externes :
 Les RD : assurent le recouvrement des droits de douanes et des amendes qui s’y
attachent ainsi que certains impôts indirects : la TVA à l’importation et la TIC ;
 Les RE : assurent le recouvrement des droits d’enregistrement et de timbre ainsi
que l’IR/profits immobiliers ;
 Les secrétaires greffiers des juridictions du Royaume sont chargés d'assurer le
recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires ainsi que la taxe
judiciaire ;
 Des régisseurs et des payeurs délégués peuvent être chargés pour le compte
des comptables publics, d'opérations d'encaissement, dans les conditions fixées
par instruction du MEF ;
- Les autres acteurs :
 La TCR : prend en charge, le traitement dématérialisé (traitement de masse) de
certains actes de recouvrement : envoi des DASF, notification des
commandements, notification des ATD et le traitement du paiement en ligne
(règlement d’impôts et ATF en ligne) ;
 Les Cellules Juridiques relevant des Trésoreries Régionales : assistance et
expertise aux comptables en matière de traitement du contentieux auprès des
instances judicaire de la Région ;

63
 Les actes de recouvrement forcé sont exécutés, pour le compte des comptables
chargés du recouvrement publics par les agents de notification et d’exécution
du Trésor spécialement commissionnés à cet effet.
4°) Modes de recouvrement des créances publiques :
- Les créances publiques sont perçues :
 Par versement spontané pour les droits au comptant ;
 Au vu de déclarations des redevables ;
 En vertu d'OR individuels (titres de recettes ou déclarations en douane) ou
collectifs (impôts et taxes) régulièrement émis par les ordonnateurs compétents.
- Mentions à porter aux ordres de recettes :
 Le nom et prénom, la profession et l’adresse complète du contribuable et, le cas
échéant, celle de la personne chez qui celui-ci aurait élu domicile ;
 Lorsque le contribuable est une société, civile ou commerciale, l’ordre de recette
doit indiquer en outre sa forme juridique, sa raison sociale, son siège social et,
le cas échéant, le domicile fiscal élu ;
 L'ordre de recette doit comporter les indications de nature à permettre au
comptable chargé du recouvrement d'exercer le contrôle de la régularité de la
perception de la recette :
 La nature de la créance ;
 Les bases de liquidation de la créance, le cas échéant ;
 L’imputation budgétaire de la recette ;
 Le montant de la somme à recouvrer en principal, pénalités et amendes ;
 La date d’émission et celle de mise en recouvrement ;
 Les ordres de recette sont arrêtés en chiffres et en lettres. Ils doivent être
datés et signés par l’ordonnateur, avant transmission aux comptables
concernés aux fins du recouvrement ;
 Les OR doivent être revêtus de la mention « rendu exécutoire ».

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Le recouvrement amiable
M. Abdelaziz EL HEBIL, Chef de service à la Trésorerie Centrale de Recouvrement

1°) Définitions :
- Le recouvrement amiable est la procédure de règlement des créances publiques laissée
à l’initiative du contribuable. La phase de recouvrement amiable s’étend de la date de
mise en recouvrement ou d’émission des créances à celle de leur exigibilité (60 jours) ;
- Le contribuable dispose toutefois, après la date d’exigibilité, d’un délai supplémentaire
de 30 jours avant l’engagement d’une action en recouvrement forcé.
- Actions à entreprendre après le délai amiable de 60 jours :
 Date d’exigibilité + 30 jours = le comptable peut enclencher le processus de
recouvrement forcé qui commence par :
 L’envoi d’un premier avis sans frais dès le 10ème jour a/c de la date
d’exigibilité ;
 L’envoi d’un commandement 30 jours après la date d’exigibilité.
2°) Contrôle de régularité de la recette :
Dès réception des ordres de recette et préalablement à leur prise en charge, le comptable
assignataire chargé du recouvrement exerce le contrôle de régularité. Ce contrôle porte sur :
- Le fondement juridique de la recette : la recette doit être prévue par un texte législatif
ou réglementaire en vigueur ou résulter de jugements, arrêts ou conventions. Elle doit
en outre être autorisée par le budget de l’organisme public concerné ;
- L’exactitude des calculs de liquidation du montant de la créance : s'assurer de
l’exactitude des calculs de liquidation du montant de la créance au regard des taux et
tarifs prévus par les textes en vigueur ;
- L’existence des mentions obligatoires : l’ordre de recette comporte toutes les
indications relatives à l’identification du contribuable ;
- L’exactitude de l’imputation de la recette : vérifier que l’ordre de recette est émis au
titre de la rubrique budgétaire correspondante ;
- Le respect des règles de prescription d’assiette : s'assurer que la créance mise en
recouvrement n'est pas prescrite à la date de son émission ; la durée de la prescription
d'assiette est liée à la nature de la créance.
- Signature et nom de l’ordonnateur ;
- Existence de la formule exécutoire ;
- Arrêté en chiffres et en lettres de l’OR.

65
3°) Prise en charge des ordres de recettes :
- Le comptable chargé du recouvrement doit procéder au rejet motivé d’un ordre de
recette :
 Pour un ordre de recette individuel le rejet est total ;
 Pour les ordres de recette collectifs, le rejet peut être total ou partiel. En cas de
rejet partiel, le comptable arrête l’ordre de recette à concurrence du montant des
articles admis à la prise en charge. Le bordereau de prise en charge est rectifié
en conséquence. Une copie dudit bordereau est retournée à l’ordonnateur.
- Information des contribuables :
 L’envoi, par la DGI, du premier avis d’imposition (industrialisation, envoi par
Poste Maroc) sous pli fermé, au plus tard à la date de mise en recouvrement des
rôles ou états de produits ;
 L’envoi par la TGR du DASF ;
 L’affichage (affiches, panneaux, banderoles, etc.) a lieu dans les locaux des
postes comptables concernés, aux sièges des communes et des préfectures et
provinces, etc. ;
 Des lettres de Mailing transmises par la TCR ;
 Contact téléphoniques (gros contribuables) ;
 Spots publicitaires à l’approche des échéances.
4°) Exigibilité à terme et immédiate :
- Le paiement des créances publiques doit être effectué au plus tard à la date d’exigibilité.
Faute de quoi l’arrivée de cette date déclenche le processus de recouvrement forcé et
entraîne l’application des majorations de retard après l’écoulement du délai prévu par
la loi ;
- Tous les délais prévus sont des délais francs ; on ne compte ni le premier ni le dernier
jour ;
- Aux termes de l’article 13 du Code de recouvrement, les impôts et taxes établis par voie
de rôle sont exigibles à l’expiration du deuxième mois suivant celui de leur mise en
recouvrement, sinon 30 jours pour les autres ;
- L’exigibilité immédiate s’applique :
 Aux rôles et états de produits émis à titre de régularisation en matière d’impôts
et taxes devant initialement faire l’objet de paiement sur déclaration ;

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 Aux créances mises à la charge du contribuable qui, avant l’expiration du délai
d’exigibilité, a cessé d’avoir au Maroc sa résidence habituelle, son principal
établissement ou son domicile fiscal ;
 Au déménagement hors du ressort du comptable chargé du recouvrement, à
moins que le contribuable ne lui ait fait connaître quinze (15) jours à l’avance
son nouveau domicile ;
 Au commencement d’enlèvement furtif de meubles ou de fruits engendrant une
crainte de disparition du gage du Trésor ;
 A la vente volontaire ou forcée des biens du contribuable ;
 Aux cessations d’activités, fusions, scissions ou transformations de la forme
juridique, dissolution, redressement ou liquidation judiciaire, etc.
5°) Majorations de retard et pénalités :
- Les majorations de retard susvisées s'appliquent uniquement au principal de la créance
exigible, à l'exclusion des amendes et des pénalités d’assiette ;
- Les redevables d’impôts et taxes payables sur déclaration, qui effectuent leurs
versements spontanément mais en dehors des délais prescrits, sont sanctionnés par une
pénalité de 10%, qui doit être acquittée en même temps que les sommes dues ;
- Les règlements sont imputés dans l’ordre suivant :
 Frais de recouvrement ;
 Majorations de retards ;
 Pénalités et amendes ;
 Principal.

67
Le recouvrement forcé
M. Elarabi ELGHOMARI, Trésorier Ministériel auprès du Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme

- Phase initiée par le comptable contrairement au recouvrement à l’amiable qui est laissé
à l’initiative du redevable ;
- Il nécessite l’autorisation du chef de l’administration dont relève le comptable chargé
du recouvrement (engage la responsabilité de l’administration  possibilité de vices
de fond ou de forme) ;
- Il est soumis au contrôle du juge principalement administratif.
1°) Conditions relatives aux créances :
- Titre exécutoire : un acte de recouvrement forcé ne peut être engagé qu’au vu de titres
exécutoires. Les titres exécutoires sont constitués d’ordres de recette régulièrement émis
et revêtus de la formule exécutoire par les autorités compétentes ;
- Les créances publiques ont force exécutoire dès :
 L’émission pour les ordres de recette ;
 Que la condamnation est passée en force de chose jugée pour les extraits de
jugements et arrêts se rapportant aux amendes et condamnations pécuniaires, les
dépenses et frais de justice ;
 Que la décision les concernant ne peut plus faire l’objet d’aucune voie de recours
ordinaire, pour les condamnations pécuniaires en matière de douane et impôts
indirects, ayant le caractère de réparation civile ; la décision devient exécutoire
même en cas de pourvoi en cassation, celui-ci n’ayant pas d’effet suspensif ;
 Que les arrêts de débets prononcés par le juge des comptes sont devenus
définitifs.
- Les effets de l’exigibilité :
 Génération de majorations de retard 15% et 0,5% pour chaque mois ou fraction
de mois de retard ;
 Une créance exigible est une créance pour laquelle le comptable chargé du
recouvrement peut engager des actions en recouvrement forcé.

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2°) Conditions relatives aux personnes :
Personnes habilités à exécuter les actes Les personnes pouvant faire l’objet de Les personnes ne devant pas faire
de recouvrement forcé recouvrement forcé l’objet de recouvrement forcé
Les personnes pouvant se substituer au
redevable :
Agents de Notification et d'exécution du
L’Etat et les collectivités locales.
Trésor (ANET). Les ayants droit, les personnes auprès
desquelles les redevables ont élu
domicile fiscal.
Les agents diplomatiques étrangers les
Agents des bureaux des notifications et Les sociétés absorbantes, ou celles nées de
consuls et les représentants des
exécutions judiciaires des juridictions du fusions, scissions ou transformation de la
organisations internationales (convention
Royaume. forme juridique d’une société.
de Vienne notamment).
Les tiers solidaires : l’acquéreur
d’immeubles, les Adouls, les notaires, les
Huissiers de justice. cessionnaires de fonds de commerce, les
gérants de sociétés, l’exploitant du fonds de
commerce, etc.

Les tiers responsables (à l’exception du


recours à la contrainte par corps) :

Les tiers détenteurs : banques, comptables


publics, employeurs, locataires, etc.

Les dépositaires : secrétaires greffiers, Les


notaires, les séquestres, les huissiers de
justice, les liquidateurs judiciaires, les
liquidateurs de sociétés dissoutes.

3°) Conditions relatives aux biens :


- Le comptable chargé du recouvrement a la possibilité d’appréhender les biens meubles
et immeubles du redevable respectivement en quelques lieus qu’ils se trouvent et en
quelques mains qu’ils passent (privilège général sur les biens meubles et privilège
spécial sur les biens immobiliers) ;
- Sont insaisissables (quelle que soit la forme de la saisie (saisie conservatoire, saisie
exécution, saisie arrêt ou A.T.D) :
 Les biens faisant partie du domaine public de l’Etat et des CT ;
 Les biens des Habous publics sont, en règle générale, inaliénables et donc
insaisissables. A contrario, les biens des Habous privés peuvent faire l’objet de
procédures d’exécution forcée ;
 Les biens nécessaires à la vie et au travail du saisi et de sa famille et les biens
attachés à la personne de leur titulaire ;
 La literie, les vêtements et les ustensiles de cuisine nécessaires au saisi et à sa
famille ;

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 L’habitation principale abritant sa famille à condition que sa valeur n’excède pas
deux cent mille (200.000) dirhams ;
 Les livres et instruments nécessaires à l’exercice personnel de la profession du
saisi ;
 Les denrées alimentaires destinées à la nourriture pour un mois du saisi et de sa
famille ;
 Les animaux destinés à la subsistance du saisi ainsi que les denrées nécessaires
à leur élevage ;
 Les semences nécessaires à l’ensemencement d’une superficie de cinq hectares ;
 Les objets indispensables aux personnes handicapées ou destinées aux soins des
personnes malades ;
 Les rémunérations des travailleurs du secteur privé et celles des fonctionnaires
et agents de l’Etat, des collectivités locales, offices et établissements publics et
tout autre organisme public ne sont saisissables que dans la limite des quotités
prévues par les dahirs des 7 et 14 juin 1941 ;
 Rentes : les pensions alimentaires, les pensions militaires, le capital décès
revenant aux ayants droit des fonctionnaires et agents décédés en activités de
service ;
 Indemnités et prestations sociales : toutes indemnités, allocations ou tous
suppléments ou accessoires de salaire ou de traitement alloués à raison de
charges de famille.
4°) Préalables :
- Sauf cas d'extrême nécessité et autorisation du président du tribunal de 1ère instance, les
actes de recouvrement forcé ne peuvent être exécutés avant cinq heures et après vingt
et une heures, ni avoir lieu un jour férié.
- Les actes du recouvrement forcé sont engagés dans l’ordre ci-après :
 Les procédures ordinaires :
 Le commandement ;
 La saisie ;
 La vente ;
 La contrainte par corps.
 Les procédures particulières à certaines catégories de biens :
 La saisie et vente des navires ;
 La saisie et vente des immeubles ;

70
 La saisie et vente des fonds de commerce ;
 Les mesures d’exécution sur les véhicules automobiles ;
 L’avis à tiers détenteurs.
- Le commandement est l'acte par lequel le débiteur est mis en demeure de payer sa dette,
sous peine d'y être contraint par les voies de droit : c’est le premier acte de recouvrement
forcé :
 Conditions :
 Titre exécutoire ;
 Existence d'une créance exigible ;
 Expiration d'un délai de trente jours à compter de la date d'exigibilité et
au moins vingt jours après l'envoi du dernier avis sans frais ;
 Ne nécessite pas d’autorisation préalable du chef de l’administration.
 Effet de la notification :
 Ouvrir le délai de la saisie qui ne peut être exécutée que 30 jours francs
après la notification du commandement ;
 Interrompre la prescription ;
 Génère des frais : Coût = 2%.
- Le commandement peut être notifié :
 Par les ANET ou toute autre personne commissionnée à cet effet ;
 Par voie administrative, lorsque le contribuable est hors du ressort du comptable
chargé du recouvrement. Ce dernier peut recourir aux autorités administratives
locales à la condition d’accompagner l’acte de commandement d’un certificat
de remise qui est complété au moment de la notification et renvoyé au
comptable ;
 Par voie postale, sous pli recommandé avec accusé de réception lorsque le
redevable est domicilié hors du ressort du comptable chargé du recouvrement.
 A la personne, par remise de l'acte au redevable en quelque lieu où il se trouve ;
 A domicile ou à résidence, par remise de l'acte au redevable ou, à défaut, à ses
parents, serviteurs, employés ou toute autre personne habitant la même demeure
que celui-ci. Dans ce cas, l'acte doit être remis sous pli fermé ;
 Par affichage de l'acte au domicile du redevable lorsque celui-ci n'a pu être
rencontré ni personne pour lui à son domicile.

71
- Le commandement est valablement notifié :
 Si la personne qui reçoit l'acte en donne accusé de réception ;
 Si la personne qui reçoit l'acte "ne veut" ou "ne peut signer" et mention en est
faite sur l'état formant original du commandement ;
 Huit jours suivant la date du refus de réception du commandement par la
personne ayant qualité pour le recevoir ;
 Dix jours suivant la date d'affichage de l'acte au domicile du redevable lorsque
celui-ci n'a pu être rencontré ni personne pour lui à son domicile.
- La saisie mobilière : Expiration d'un délai de trente jours suivant la date de notification
du commandement + autorisation décernée par le trésorier de rattachement pour
procéder à la saisie.
- Le comptable n'est pas tenu au respect des règles générales, s'il est informé d'un
commencement d'enlèvement furtif de meubles ou de fruits et qu'il y a lieu de craindre
la disparition du gage du Trésor.
- La saisie peut être interrompue si le redevable demande à se libérer de la totalité de sa
dette y compris le coût de la saisie, calculé au taux de 1%.
- L'absence de biens à saisir donne lieu à l'établissement d'un procès-verbal de carence ;
- La vente a lieu aux enchères publiques soit à l’initiative du comptable chargé du
recouvrement soit à l’initiative du contribuable lui même

72
Les sûretés du Trésor :
Les privilèges, l’hypothèque légale et les obligations des tiers
responsables
M. Mohammed MESMOUDI, Trésorier préfectoral de Rabat
1°) Terminologie :
- Sûretés : comprennent en particulier, le gage, le droit de rétention, le nantissement, le
warrant, les privilèges et les hypothèques ;
- Privilèges : droit de préférence que la loi accorde sur les biens du débiteur à raison de
la cause de la créance ;
- Mesures conservatoires : disposition par laquelle, dans l'attente d'une décision définitive,
un juge saisi par le créancier, décide de placer un bien du débiteur sous-main de justice.
2°) Les privilèges du Trésor :
- Le privilège est général lorsqu’il grève l’ensemble des biens du débiteur ;
- Le privilège est spécial lorsqu’il s’attache à un bien déterminé ;
- Les privilèges dont bénéficie le Trésor pour le recouvrement des créances publiques
portent exclusivement sur les biens meubles du redevable ;
- Les privilèges du Trésor sont :
 Les privilèges des impôts et taxes :
 Privilège général : privilège sur les meubles et autres effets mobiliers
appartenant au redevable en quelque lieu qu’ils se trouvent ;
 Privilège spécial : les récoltes, fruits, loyers et revenus des immeubles
imposés en quelques mains qu’ils passent ;
 A l’exception des frais funéraires, les frais de dernière maladie du
redevable, de la pension alimentaire due à l’épouse, aux enfants et aux
parents, et les frais de justice.
 Le privilège des autres créances publiques : privilège général sur les créances
autres que produits domaniaux, recettes diverses sur ordre de recettes, des droits
d’enregistrement et de timbre, ainsi que les amendes et condamnations
pécuniaires ;
 Le privilège des droits et taxes de douane : bénéficie à l'ensemble des droits
et taxes de douanes ainsi qu'aux accessoires de ces créances ;
 Les privilèges des créances des CT et de leurs groupements : portent sur les
mêmes objets que le privilège du trésor et s'exercent dans les mêmes conditions
que celui-ci.

73
3°) L’hypothèque légale :
- L’hypothèque est un droit réel immobilier sur les immeubles affectés à l’acquittement
d’une obligation. Elle est de nature indivisible et subsiste en entier sur les immeubles
affectés, sur chacun et sur chaque portion de ces immeubles. Elle les suit dans quelques
mains qu’ils passent.
- Champ d’application :
 Créances publiques garanties : montant total des créances > 20 000 DH
 Impôts et taxes ;
 Débets des comptables.
 Personnes dont les immeubles peuvent être affectés :
 Les redevables inscrits aux rôles ;
 Les ayants droit des redevables inscrits au rôle, à raison des dettes de la
succession et jusqu’à concurrence de leurs forces héréditaires.
 Immeubles susceptibles d’en être grevés :
 Dès lors de la publicité à la conservation foncière ;
 Un immeuble en cours d’immatriculation.
- Formalités de constitution de l’hypothèque :
 L’inscription de l’hypothèque consiste à transcrire celle-ci dans les livres
fonciers tenus à la conservation foncière, pour le montant des créances
garanties ;
 Elle établit l’existence de l’hypothèque au profit du Trésor à l’égard des
redevable et des tiers (acquéreurs, autres titulaires de droits réels, etc.) ;
 Natures d’inscriptions :
 L’inscription définitive : immeubles du redevable d’impôts et taxes
émis dans les conditions normales ou les comptables mis en débet ;
 L’inscription provisoire ou prénotation : immeubles du redevable
objet d’une procédure de redressement fiscal en cours.
 Effets de l’hypothèque :
 La prescription n’a pas lieu, lorsque l’obligation est garantie par un gage
ou une hypothèque ;
 Le redevable conserve tous ses droits de propriétaire de l’immeuble :
jouissance, administration et disposition ;
 A partir de la notification du commandement aux fins de saisie de
l’immeuble, le poursuivi perd les attributs essentiels de propriétaire.

74
4°) Les obligations des tiers détenteurs :
- Personnes pouvant se substituer au redevable ;
 Les tiers solidaires ;
 Les tiers responsables.

75
‫‪Contentieux administratif et judiciaire‬‬
‫المنازعات اإلدارية والقضائية‬
‫‪Mme Oumkaltoum ZAOUI, Chef de service des Affaires Juridiques‬‬

‫المحور األول‪ :‬المنازعات المتعلقة بالخزينة العامة للمملكة‪:‬‬


‫‪ -1‬مجال المنازعات‪:‬‬
‫ممارسة مهام وأنشطة الخزينة العامة للمملكة يؤدي إلى نشوء نزاعات‪:‬‬
‫‪ ‬الحل اإلداري (الطعن اإلداري)‪:‬‬
‫ال بد من المرور من مرحلة الطعن اإلداري قبل اللجوء إلى القضاء؛‬ ‫‪‬‬
‫بهدف توفير فرصة للملزم واإلدارة بسوية المنازعة على المستوى اإلداري في إطار تفعيل‬ ‫‪‬‬
‫الرقابة الذاتية على أعمالها؛‬
‫تتنوع الشروط المتعلقة بالطعن اإلداري فمنها ما يتعلق بشخص الطاعن ومنها ما يتعلق بآجال‬ ‫‪‬‬
‫الطعن ومضمون الطعن والجهة المكلفة بالبث فيه فقد حددت المادة ‪ 021‬من مدونة تحصيل‬
‫الديون العمومية آجال التظلم اإلداري واشترطت أن يقدم التظلم داخل اآلجل المحدد أمام الجهة‬
‫المختصة؛‬
‫تقدم الشكاية المتعلقة بالطعن اإلداري مدعمة بالمستندات التي تثبت الضمانات والمالحظ أن‬ ‫‪‬‬
‫اإلدارة غير ملزمة بالجواب عن موضوع الشكاية وال تعليل قراءتها وأن كان من األفضل تعليلها‬
‫لتحديد وجهة الطعن أمام القضاء اإلداري‪.‬‬
‫‪ ‬الحل القضائي (الدعوى القضائية)‪:‬‬
‫دعوى اإللغاء‪ :‬يرفعها أحد األفراد إلى القضاء اإلداري يطلب إعدام قرار إداري مخالف للقانون‪.‬‬ ‫‪‬‬
‫تعرف دعوى اإللغاء بكونها دعوى معفاة من الرسوم القضائية‪ .‬ولعل الحكمة من جعل دعوى‬
‫اإللغاء دعوى مجانية هو كون المتقاضي يهدف إلى إعدام قرار إداري مشوب بعيب من عيوب‬
‫المشروعية‪ ،‬دون أن يترتب عن ذلك أي تعويض لصالحه‪ .‬دعوى اإللغاء تنتمي إلى القضاء‬
‫العيني‪.‬‬
‫دعوى التعويض‪ :‬من دعاوى القضاء الشامل التي يلتمس فيها رافع الدعوى من القاضي تعويض‬ ‫‪‬‬
‫الضرر الذي تسبب فيه المساس بحق يمتلكه‪ ،‬أي بحق شخصي‪ .‬من المعروف أن رافع دعوى‬
‫المسؤولية اإلدارية يتوخى الحصول على تعويض عن الضرر الذي لحق به‪ ،‬وبذلك فهو يدافع‬
‫عن حق شخصي لذلك فإن المنطق الذي اعتمد عليه المشرع في اعفاء دعوى اإللغاء من الرسوم‬
‫يغيب في دعوى التعويض‪.‬‬
‫‪ -2‬تدبير المنازعة القانونية‪:‬‬
‫ضبط بعض المفاهيم األساسية‪:‬‬
‫ينص قانون المسطرة المدنية في الفصل ‪ 505‬على أن ترفع الدعوى ضد‪:‬‬ ‫‪‬‬
‫الدولة‪ ،‬في شخص الوزير األول وله أن يكلف بتمثيله الوزير المختص عند االقتضاء؛‬ ‫‪‬‬
‫الخزينة‪ ،‬في شخص الخازن العام؛‬ ‫‪‬‬

‫‪76‬‬
‫الجماعات المحلية‪ ،‬في شخص العامل بالنسبة للعماالت واألقاليم وفي شخص رئيس المجلس القروي‬ ‫‪‬‬
‫بالنسبة للجماعات؛‬
‫المؤسسات العمومية‪ ،‬في شخص ممثلها القانوني‪.‬‬ ‫‪‬‬
‫الفصل ‪ 43‬من قانون المسطرة المدنية أعفى اإلدارات العمومية من مساعدة المحامي وتكون ممثلة بصفة‬ ‫‪‬‬
‫قانونية بأحد الموظفين المنتدبين لهذه الغاية‪.‬‬
‫تنظيم تدبير المنازعات‪:‬‬
‫على المستوى المركزي‪ :‬مصلحة الشؤون القانونية‪:‬‬ ‫‪‬‬
‫تدبير منازعات الخزينة العامة والدفاع عنها‪ ،‬وتعزيز تمثيليتها أمام القضاء‪ ،‬وتتبع تنفيذ األحكام‬ ‫‪‬‬
‫القضائية؛‬
‫الرد على الطعون اإلدارية واالستشارة القانونية‪.‬‬ ‫‪‬‬
‫على المستوى الجهوي‪ :‬الخاليا القانونية‪:‬‬ ‫‪‬‬
‫مباشرة مختلف اإلجراءات ذات الصبغة القضائية في ميدان التحصيل الديون العمومية لفائدة القباض؛‬ ‫‪‬‬
‫تم اعتماد معيار التقسيم الجهوي لمصالح الخزينة على اعتبار إحداث خلية قانونية بكل خزينة جهوية‪.‬‬ ‫‪‬‬
‫المحور الثاني‪ :‬المنازعة في مجال تحصيل الديون العمومية‪:‬‬
‫‪ -1‬المنازعات الدفاعية‪:‬‬
‫‪ ‬بعض المفاهيم األساسية‪:‬‬
‫تعتبر المحكمة في دائرة نفوذها تحصيل الضريبة‪ ،‬هي المختصة مكانيا‪ ،‬على أن تختص‬ ‫‪‬‬
‫المحكمة اإلدارية بالرباط في المنازعات التي تخرج عن دائرة اختصاص المحاكم اإلدارية؛‬
‫اإلدارة تتحمل عبء اإلثبات عندما يتعلق األمر بالتحصيل في الحاالت التالية‪:‬‬ ‫‪‬‬
‫إثبات سوء نية الملزم ولجوئه إلى أعمال احتيالية؛‬ ‫‪‬‬
‫إثبات عدم انتظام محاسبة الملزم بخصوص األنشطة التي تتطلب إمساك نظام محاسبي‬ ‫‪‬‬
‫دقيق؛‬
‫وقوع التبليغ الصحيح‪.‬‬ ‫‪‬‬
‫تبقى أنجع وسيلة لإلثبات في المادة الجبائية هي الوثائق المحاسبية إلى جانب اإلثبات بالقرائن‪.‬‬ ‫‪‬‬
‫‪ ‬الدعاوى القضائية في مجال تحصيل الديون العمومية‪:‬‬
‫معيار اختصاص المحاكم‪ :‬حيث يمكن الحديث عن الدعاوى المرفوعة أمام المحاكم اإلدارية‬ ‫‪‬‬
‫والدعاوى المرفوعة أمام القضاء العادي ودعاوى المحاكم التجارية؛‬
‫معيار أطراف النزاع‪ :‬يمكن التمييز بين الدعوى الموجهة ضد المحاسب والدعوى المرفوعة‬ ‫‪‬‬
‫من طرف المحاسب؛‬
‫معيار طبيعة الدعوى حيث نميز بين‬ ‫‪‬‬
‫الدعوى االستعجالية‪ :‬اإلجراءات الوقتية التي من شأنها الحفاظ على الحق؛‬ ‫‪‬‬
‫الدعوى الموضوعية‪ :‬باقي النزاعات غير تلك التي تدخل ضمن اختصاص قاض‬ ‫‪‬‬
‫المستعجالت‪.‬‬

‫‪77‬‬
‫‪ -2‬المنازعات القضائية الهجومية‪:‬‬
‫‪: Droit commun‬‬ ‫‪‬‬
‫‪ ‬حجز وبيع األصل التجاري؛‬
‫‪ ‬حجز وبيع العقارات؛‬
‫‪ ‬حجز وبيع السفن البحرية؛‬
‫‪ ‬اإلكراه البدني‪.‬‬
‫‪: Spécifique au recouvrement des CP‬‬ ‫‪‬‬
‫‪ ‬المتابعة الجنائية‪ :‬دعوى افتعال العسر؛‬
‫‪ ‬المتابعة المدنية‪ :‬دعوى المسؤولية التضامنية‪.‬‬

‫‪78‬‬
La responsabilité des comptables publics en matière de
recouvrement
M. Salah Eddine QARIB, Chef de service des Recettes de l’Etat et des CT à la TP de Casablanca Nord

1°) La responsabilité personnelle et pécuniaire des comptables publics :


- L’étendue de la responsabilité :
 La conservation des fonds et valeurs dont ils ont la garde ;
 L’encaissement régulier des recettes dont le recouvrement leur est confié ;
 Les contrôles de validité de la dépense qu’ils sont tenus d’exercer en vertu des
lois et règlements en vigueur ;
 Les paiements qu’ils effectuent.
- Chaque ordonnateur, contrôleur ou comptable public est responsable des actes qu’il a
pris, visés ou exécutés, depuis la date de sa prise de service jusqu’à celle de cessation
de ses fonctions  souscription d’un cautionnement (Art. 14 du DRCP).
2°) La responsabilité des comptables publics en matière de recouvrement :
- Privilège du préalable : pouvoir d’émettre à l’encontre des débiteurs, sans formalisme,
ni intervention du juge, un titre ayant force exécutoire ;
- Privilège du recouvrement : seuls les comptables publics sont chargés de la prise en
charge et du recouvrement des recettes.
- La responsabilité par le fait d’autrui (Subordonnés et collaborateurs, régisseurs sous sa
responsabilité) + comptable de fait.
- La notion de diligences :
 Diligences adéquates : adaptées à la créance et aux circonstances de la cause ;
 Diligences complètes : utilisation de tous les moyens légaux de recouvrement ;
 Diligences rapides : prévenir la disparition ou l’insolvabilité du débiteur, la
prescription de la créance, son irrécouvrabilité ou la péremption d’une garantie.
- En cas de prescription sans engager d’actions en recouvrement les Comptables publics
demeurent responsables vis-à-vis des organismes publics concernés ;
- Responsabilité du comptable en fonction qui est mise en cause au moment où sont
jugées et mises en cause les diligences accomplies pour le recouvrement  émettre des
réserves.
- Les comptables entrants disposent d’un délai de 3 mois pour vérifier les états des restes
à recouvrer laissés par le comptable sortant + réserves communiqués à la TGR  PV
de remise de service.

79
3°) Risques couverts par l’assurance des comptables de la TGR :
- Les vols et incendies en coffre-fort et hors coffre-fort ;
- Les détournements, abus de confiance, malversations, faux et usage de faux et les autres
actes délictueux commis par un membre du personnel avec ou sans collusion de tiers ;
- Les débets juridictionnels et administratifs ;
- La responsabilité civile pouvant incomber à l’assuré ;
- Les erreurs, déficits de caisse ou paiements irréguliers ;
- Les risques pouvant résulter des opérations liées à la tenue des comptes courants ouverts
à des particuliers, sociétés ou organismes ;
- Les transports de fonds et valeurs.
4°) Prescription des créances publiques (quelques exemples) :
Impôts et taxes
Droits de douanes 4 ans à compter de la date de
Droits d’enregistrement MER
Taxes Locales
5 ans à compter de la date
Revenus domaniaux (loyers)
d’échéance
15 ans à compter de la date de
Trop perçu CNT
MER
Amendes et condamnations à compter de la date du
pécuniaires pour les peines : prononcé du jugement
• Criminelles 20 ans
• Délictuelles 5 ans
• Contraventionnelles 2 ans

80
Système de Gestion Intégrée des Recettes (GIR)
M. Rachid RHATOUS, Ingénieur au service du paramétrage et de l’intégration

1°) Présentation générale du système :


- Objectifs et enjeux :
 Pour le redevable : évolution vers une relation client ;
 Pour la TGR : un système intégré qui couvre toutes les natures de recettes (Etat
et CT), tous les supports budgétaires (BG, CST, SEGMA, CT), tous les acteurs
(ordonnateurs, sous ordonnateurs, comptables et redevables) et out le processus
de gestion de la recette depuis sa constatation jusqu’à son imputation budgétaire
et ce avec efficacité et efficience ;
 Pour l’ordonnateur : un suivi rapproché de l’exécution du budget.
- Démarche par paliers :
 Palier 1 : Recettes sans PEC préalable (2010 – 2012) ;
 Palier 2 : Recettes avec PEC préalable (2011 – 2014) ;
 Palier 3 : Intégration des ordonnateurs.
2°) Encaissement des créances au comptant :
- Saisie des informations :
 Informations concernant la créance en elle-même : nature, numéro, montant,
ordonnateur concerné, détails de liquidation, différentes dates afférentes à la
créance (date de constatation, date d’exigibilité, etc.), etc. ;
 Informations concernant le redevable : identifiants, catégorie, adresse, etc. ;
 Informations concernant le bien objet de la créance. Ce troisième bloc ne
concerne que certains types de créances.
- L’enregistrement dans GIR des informations concernant une créance peut se faire de
trois manières :
 Soit par l’ordonnateur (lorsque celui-ci est acteur du système) ;
 Soit à partir de fichiers informatiques émanant de l’ordonnateur ;
 Soit par le guichetier du poste comptable, au moment de la présentation du
redevable.
- L’encaissement donne lieu à la délivrance :
 D’une quittance lorsque le paiement est effectué en numéraire.
 D’un reçu de versement lorsque le paiement est effectué par chèque.
Ceux-ci sont numérotés selon une série chronologique et interrompue par année et par poste.

81
- Cycle de vie des créances au comptant :
Création de la Emploi des recettes Imputation
Encaissement Versement Certificat de recettes Régularisation
créance propres et reçues définitive

• Comptable chargé du • Comptable assignataire


recouvrement

- Exemple de répartition :
Perception TP TM
ENC P1 (Commune) ENC TP1 ENC TM1
ENC P2 (CHU) ENC TP2 ENC TM2
ENC P3 (Incident de paiement) ENC TP3 ENC TM3

3°) Encaissement des recettes avec prise en charge préalable :


- Cycle de vie des créances avec PEC :

Saisie PEC Créance ajoutée au RAR Encaissement Comptabilisation Versement

• Manuelle • Délivrance quittance


• Automatique • Extinction de la créance
• Recouvrement forcé

4°) Principe du versement comptable :


- Au niveau des perceptions :
 Validation des journées (verrouillage des caisses) ;
 Confrontation des situations de dépouillement avec la situation de recette à
verser au comptable de rattachement ;
 Etablissement du P31 et prise en charge du versement du mois.
- Envoi aux TP :
 Confrontation P31 avec la situation de recette reçue de chaque perception ;
 Comptabilisation sur C/8240 et prise en charge du versement du mois.
- Envoi aux TM concernées.

82
SCHEMA SIMPLIFIE DU PROCESSUS DE RECOUVREMENT DES CREANCES PUBLIQUES

Emission Emission Date Envoi du Vente


Commandement Saisie
de l’OR AI/MER d’exigibilité DASF

15j Exigibilité
30j 60j 10j 20j 30j 8j
minimum immédiate

Contrôle Vente de Loyer TH/TSC Indispensable pour procéder au Notification du Après autorisation Après autorisation
de l’OR bien domanial commandement commandement du Chef du Chef
par le TP par l’ANET
comptable Fusion et (déclaration) (rôle) - Saisie ordinaire Présence de
Scission Paiement de pénalités et - 8j NVS (Biens meubles) l’autorité
majorations de retard - 8j NPS administrative
15% puis 0,5% par mois - 10j Affichage - Saisie locale + ANET
Déménag.
particulière (ATD,
Navire ou Délai de 30 jours
Véhicule) offert au
redevable pour
Art. 5 Art. 16 Art. 13 Art. 42 et 43 PV de Saisie régulariser (sur
ou PV de Carence demande)

Hypothèque Légale

PHASE ASSIETTE RECOUVREMENT AMIABLE RECOUVREMENT FORCE

83
MODULE V :
DEPENSES DE PERSONNEL

84
Dépenses de personnel
M. Mohammed BENAZZA, M. Rachid BOUCHAMA, Mme Halima TOUDA, TM Défense Nationale/Cour Royale

1°) Partie introductive :


- Garanties institutionnelles accordées aux fonctionnaires :
 Égalité d’accès aux emplois publics (Art. 1 + concours Art. 22 du SGFP) ;
 Interdiction de discrimination ;
 Situation statutaire et réglementaire ;
 Toute nomination ou promotion de grade nécessite une vacance de poste à
pourvoir ;
 Nomination par dahir de certains emplois supérieurs.
- Droits et obligations des fonctionnaires :
DROITS OBLIGATIONS
Droits liés à la carrière (rémunération, avancement, Discrétion professionnelle et réserve dans l’exercice ou
congés, …). à l’occasion de l’exercice des fonctions.
Droit syndical = aucune conséquence en ce qui concerne Obligation de respecter et faire respecter l’autorité de
le recrutement, l’avancement ou l’affectation. l’Etat.
Protection contre les menaces, attaques, outrages et Interdiction d’exercer, à titre professionnel, une activité
injures. privée lucrative.
Obligation de déclarer à l’administration le métier du
Protection individuelle du fonctionnaire (opinions conjoint lorsque celui-ci exerce à titre lucratif, une
politiques, philosophiques ou religieuses). profession libérale ou une activité relevant du secteur
privé.
Respect et responsabilité à l’égard du supérieur
Couverture sociale.
hiérarchique.
Interdiction d’avoir des intérêts de nature à
Droit à la formation continue.
compromettre l’indépendance du fonctionnaire.

- Les statuts spéciaux s’appliquent aux personnels non soumis au SGFP (Art. 4 du
SGFP) :
 Les magistrats ;
 Les militaires des Forces Armées Royales ;
 Le corps des administrateurs du Ministère l’intérieur.
- Les statuts dérogatoires :
 Membres du corps diplomatique et consulaire ;
 Corps enseignants ;
 Corps de l’inspection général des finances ;
 Corps de la police ;
 Corps de l’administration pénitentiaire ;
 Etc.

85
2°) Institutions et organes intervenant en matière des dépenses de personnel :
- Ordonnateurs (chef de l’administration, pouvoir de nomination par délégation) ;
- Ministère de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration
(application du SGFP, suivi avec le MEF, Visa des textes réglementaires en relation
avec la fonction publique) ;
- Ministère de l’Economie et des Finances (vise préalablement tout texte ayant une
incidence financière) ;
- Trésorerie Générale du Royaume ;
- Direction du Budget ;
- Conseil supérieur de la fonction publique ;
- Commissions administratives paritaires (les CAP comprennent un nombre égal des
représentants de l’administration et des représentants du personnel  la titularisation
des fonctionnaires stagiaires, l’avancement d’échelon et de grade, etc.) ;
- Caisse marocaine des retraites.
3°) Les différentes catégories de personnel :
- Fonctionnaires : toute personne nommée dans un emploi permanent et titularisée dans
un grade de la hiérarchie de l’Etat ;
- Fonctionnaire stagiaire : toute personne nommée dans un emploi permanent, et dont
la titularisation dans un grade de la hiérarchie des cadres de l'administration de l'Etat n'a
pas été prononcée ;
- Personnel non titulaire (contractuels, personnel journalier…) : ne peuvent être
titularisés dans les cadres de l’administration ;
- Personnes nommées aux emplois supérieurs : laissée à la décision de Sa Majesté sur
proposition du Ministre intéressé.
4°) Mode d’accès à la fonction publique :
- Conditions générales de recrutement :
 Nationalité marocaine (CIN + Acte de naissance) ;
 Bonne moralité (fiche anthropométrique ou d’un extrait du casier judiciaire) ;
 Aptitude physique (attestation d’aptitude physique délivrée par la commission
médicale compétente).
- Conditions particulières :
 Condition d’âge : 18-40 ans (inférieur à l’échelle 10) sinon 18-45 ;

86
 Condition de diplôme : diplômes nationaux prévus par les statuts particuliers,
équivalence des diplômes privés habiletés par l’autorité gouvernemental chargée
de l’enseignement supérieur et diplômes étrangers reconnus équivalents.
5°) Organisation de concours et proclamation des résultats :
- Les conditions de participation de concours, notamment les diplômes et les spécialités
exigées, et le cas échéant des compétences et des aptitudes scientifiques requises par
l’emploi à occuper ;
- La date et le lieu du déroulement des épreuves ;
- Le nombre des emplois à concourir, et le cas échéant, le nombre des emplois réservés
conformément aux textes législatifs et réglementaires en vigueur ;
- Le délai pour le dépôt des candidatures et l’adresse de l’administration chargée de leur
réception ;
- La liste des lieux d’affectation des candidats admis, dans la mesure du possible ;
- L’arrêté d’ouverture du concours est publié obligatoirement au moins 15 jours avant la
date de dépôt des candidatures, dans deux journaux nationaux, au portail des services
publics www.service-public.ma et au site électronique de l’administration concernée,
s’il est disponible.
- Il peut en plus être diffusé par tout autre moyen disponible.
6°) Evaluation du fonctionnaire :
- Modalités de promotion :
 Notation : le chef de l’Administration attribue une note annuelle au
fonctionnaire. Note chiffrée d’une appréciation générale exprimant la valeur
professionnelle du fonctionnaire. La note chiffrée est communiquée à l’intéressé
et aux CAP.
 Avancement d’échelon : fonction à la fois de l’ancienneté et de la notation ;
 Avancement de grade : après inscription au tableau d’avancement ou après
examen d’aptitude professionnelle.
- Les positions des fonctionnaires :
 En activité normale : il est considéré en activité pendant la durée des congés, de
mise à disposition, de formation et de décharge de service pour raison syndicale ;
 Mobilité interne et externe (autre administration ou CT) ;
 En Détachement :
 Sur demande : placé hors de son cadre d’origine mais continue d’y
appartenir et à y bénéficier de ses droits à l’avancement et à la retraite ;
87
 De droit : mandat gouvernemental, nomination dans un emploi supérieur,
exercice d’un mandat public ou d’un mandat syndical ;
 Détachement d’office (exemple : titularisé réussi un concours et monte
en grade).
 En disponibilité : placé hors de son cadre d’origine, il continue d’appartenir à ce
cadre mais cesse d’y bénéficier de ses droits à l’avancement et à la retraite :
 Sur demande : accident ou maladie grave du conjoint ou d’un enfant (2
ans renouvelable), engagement dans les FAR, Etc. ;
 D’office : suite à un congé maladie, n’est pas reconnu par le conseil de
santé  définitivement inapte  ne peut reprendre son service à
l’expiration du congé de maladie.
 Position dite sous les drapeaux.
7°) Sanctions disciplinaires :
- Toute faute commise par le fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de
ses fonctions, l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des
peines prévues par le code pénal :
 L'avertissement et le blâme : peut après 5 ans introduire auprès de son Ministre
une requête tendant à effacer les traces de la sanction de son dossier ;
 La rétrogradation : reclassement de l'agent sanctionné dans le grade
immédiatement inférieur ;
 L'exclusion temporaire pour une durée qui ne peut excéder six mois ;
 Radiation du tableau d'avancement ;
 Abaissement d'échelon.
- Certaines règles de fond ont été empruntées au droit pénal. Ainsi un fonctionnaire ne
peut subir deux sanctions disciplinaires pour la même faute (non bis in idem) ;
- Il peut s'agir d'une faute purement professionnelle, mais également d'une faute commise
en dehors de l'activité professionnelle (cas du comportement incompatible avec
l'exercice des fonctions, ou du comportement portant atteinte à la dignité de la
fonction) ;
- D'une manière générale, il y a faute disciplinaire chaque fois que le comportement d'un
fonctionnaire entrave le bon fonctionnement du service ou porte atteinte à la
considération du service dans le public. Par conséquent, chaque fois qu’il y a faute
disciplinaire il y’a une sanction disciplinaire.

88
8°) La sortie de service :
- La cessation définitive des fonctions entraîne la radiation des cadres, soit en cours ou
en fin de carrière :
- Les cas de sortie de service :
 La mise à la retraite : retraite pour limite d’âge (60 ans actuellement), retraite
d’office (pour insuffisance professionnelle ou inaptitude physique, par mesure
disciplinaire), retraite anticipée (Après 15 ans au moins de service effectif pour
les femmes et après 21ans de service hommes) ;
 La démission ;
 Le licenciement ;
 La révocation : sans ou avec suspension des droits à pension ;
 Le décès : les droits à pension de retraite sont reversés au profit des ayants droit
quelles que soient la cause de décès et la durée des services accomplis par le
défunt.
9°) Système du contrôle de la dépense du personnel de l’Etat :
- Vision et enjeux de la réforme :
 Amélioration de la performance de gestion ;
 Rationalisation du processus de la dépense publique ;
 Efficience de la gestion des dépenses de l’Etat ;
 Responsabiliser les gestionnaires.
- Contenu du contrôle modulé de la dépense de personnel :
 Actes soumis au contrôle de régularité : recrutement, réintégration, changement
de grade, titularisation et sortie de service ;
 Contrôle de validité : création d’une structure dédiée à cet effet (les TM).
10°) Gestion des postes budgétaires :
- La création :
 Normale : LF, code CN, autorisation préalable du Chef de Gouvernement ;
 Emplois mis à la disposition du gouvernement : LF et le CG en décide la
répartition selon les besoins.
- La transformation : postes vacants (besoin de recrutement) ou postes occupés
(régulariser les avancements de grade) ;
- Le redéploiement : virer le poste budgétaire d’un article à un autre (même chapitre) ;
- La suppression : postes vacants (retraite), postes vacants non utilisés (LF), postes rendus
vacants au cours de l’année.
89
MODULE VI :
LA PAIE

90
Système GIPE et rémunération
M. Said TAHIRI JOUTI, Chef de service de la gestion intégrée des dépenses du personnel

1°) Présentation de la direction des dépenses de personnel :


- Payer (8 MMDH/mois) l’ensemble des fonctionnaires (plus de 800 000) en respectant
les statuts et les règles applicables à chaque catégorie de personnel, en un temps bien
précis (fin du mois) et sans erreur de mandatement.
- Historique :

S.O.M D.O.T.I D.R.P.P P.P.R C.N.T D.D.P


Opérations Qualité de SO Intégration à la Chargée de la Chargé de la
d’engagement chargé de TGR, Exécution paie du paie avec mise
1993

2002

2008
1949

1978

2014
et de liquider et de de la paie. personnel de en place des
mandatement. mandater. l’Etat/pension à TM pour le
la CMR. contrôle.

- Missions et attributions :
 Tenir le fichier du personnel et assurer le suivi des recrutements et des carrières
des fonctionnaires de l’Etat ;
 Suivre le traitement des actes administratifs liés à la gestion et à la rémunération
des fonctionnaires de l’Etat ;
 Tenir la comptabilité des crédits et des postes budgétaires et produire les
situations périodiques des postes budgétaires du personnel civil et militaire ;
 Assurer la liquidation, le contrôle et l’édition de la paie ;
 Etc.
2°) Principales caractéristiques de la paie :
- Sur le plan budgétaire :
 Crédits évaluatifs : ce qui pousse à une « déresponsabilisation » des
ordonnateurs ;
 Dépenses sans ordonnancement préalable (DSO) : Mais soumises au visa du
contrôle des engagements de dépenses sauf actes non soumis au visa (contrôle
modulé de la dépense) ;
 Masse salariale en perpétuelle augmentation.
- Sur le plan statutaire :
 Système de rémunération lié à une fonction publique de carrière et basé sur le
grade et non sur l’emploi ;

91
 Diversité de statuts : plus de 50 statuts, plus de 800 grades générant une
complexité dans la gestion de la paie ;
 Prédominance des indemnités sur le salaire (73% pour l’échelle 11).
3°) Norme GIPE : Gestion intégrée du personnel de l’Etat :
- Objectifs :
 Normalisation ;
 Informatisation.
- La norme GIPE, outils de l’intégration :
 L’application d’un système commun de codification ;
 L’adoption d’un protocole de communication ;
 L’application de contrôles automatiques de cohérence de données ;
 La saisie unique des informations à la source.
- Le progiciel GIPE-Ordonnateur :
 Permet aux Ordonnateurs d’informatiser la gestion du personnel et de
communiquer avec les autres acteurs du processus de la gestion du personnel
(DB, TGR, CMR) selon la norme GIPE ;
 Couvre certaines fonctions spécifiques à la gestion administrative (gestion de la
loi cadre, des congés, des formations, les concours, etc.).
4°) Rémunération : principes de base et composantes :
- La rémunération du personnel civil et militaire de l’Etat est une dépense sans
ordonnancement préalable (DSO) ;
- Crédits évaluatifs : possibilité d’imputation au-delà de la dotation inscrite au budget ;
- Eléments constitutifs de la rémunération :
 Traitement de base : points indiciaires (98,85 DH, 79,62 DH, 50,92 DH) ;
 Indemnité de résidence :

TAUX = pourcentage du traitement de base


afférent à la situation administrative de l’agent
ZONES Groupe 1
Groupe 2
Échelles 7 à 11, grades
Échelles 1 à 6
et emplois supérieurs
A 25% 25%
B 15% 10%
C 10% 10%

92
 Indemnité de sujétion particulière : fonctionnaires et agents affectés aux
provinces du sud (85% du traitement de base perçu par le bénéficiaire) ;
 Indemnités, allocations et primes diverses ;
 Indemnités liées au grade : selon la situation statutaire détenue par le
fonctionnaire (indemnité spéciale administrative, allocation de technicité, etc.) ;
 Les indemnités liées à la fonction : cumulables avec la rémunération
statutaire ;
 Indemnités représentatives de frais : remboursements de frais engagés par le
fonctionnaire à l’occasion de l’exercice de ses fonctions (voiture personnelle).
5°) Rémunération : retenues et précomptes :
- Retenues réglementaires :
 Retenues pour pensions :
 CMR (stagiaires et titulaires) : 10% des émoluments (TB + indemnité de
résidence taux zone C + totalité des indemnités permanentes) ;
 RCAR (contractuels et temporaires) : 6% de l'ensemble des émoluments
permanents ;
 AMO : 2,5% (base de calcul des régimes des pensions CMR ou RCAR)
avec un plancher mensuel de 70 DH et un plafond mensuel de 400 DH.
 L’impôt sur le revenu (IR) :
 Impôt dû = (RNI * taux d’imposition) – somme à déduire – (360 x n) ;
 Le montant des réductions pour charges de famille est égal à 360 DH par
an et par personne à charge sans dépasser 2160 DH ;
 RBI = Revenu salarial – les allocations familiales – les indemnités
représentatives de frais – les indemnités de fonction ;
 RNI = RBI – frais professionnels (20% ou 30 000 DH/an) – retenues au
titre des régimes généraux des pensions – cotisations aux organismes de
prévoyances sociales (AMO) – les déductions fiscales (crédit de
logement limité à 10% du RNI, épargne retraite, etc.).
 Remboursement des trop-perçus :
 En cas de cessation de paiement, le trop perçu fait l’objet d’un ordre de
recette devant être recouvré conformément au code de recouvrement des
créances publiques ;
 Si le fonctionnaire est en activité, le trop perçu est recouvré par
compensation légale par une retenue à la source sur son salaire ;

93
 Barème de compensation des trop-perçus :
Tranche du net intermédiaire
Taux
(brut moins les retenues statutaires)
<= à 2 000 10%
de 2 000,01 à 5 000 15%
> à 5 000 20%

 Autres retenus réglementaires :


 Les oppositions juridiques : saisies arrêts, pension alimentaire et
cessions de créances, notifiés par les tribunaux, et ATD notifiés par les
comptables publics pour recouvrer une créance publique ;
 Les loyers domaniaux : ordre de précompte émanant des circonscriptions
domaniales ;
 Les ventes domaniales : précomptes à la source suite à la vente de
logements domaniaux aux fonctionnaires.
- Retenues conventionnelles :
 Prestations « précomptes à la source » : établissements de crédits, assurances et
des associations des œuvres sociales ;
 C’est une prérogative du fonctionnaire (le cèdent) qui peut céder une quotité de
son salaire à un cessionnaire.

94
Processus de Traitement de la paie des fonctionnaires de l'Etat
M. Khalid BENNOUNA, Chef de service de la paie du personnel de l’Etat

1°) Présentation du système de paie Wadef@ujour :


- Principales caractéristiques :
 Uniformité dans les traitements ;
 Maximum de contrôles ;
 Paramétrable ;
 Interlocuteur unique.
- Système intégré :
 Prise en charge ;
 contrôle de régularité + contrôle budgétaire + contrôle de validité ;
 Liquidation de la paie ;
 Mandatement et règlement ;
 Tenue de la comptabilité ;
 Production du compte de gestion.
- Système basé sur la norme GIPE ;

2°) Principales fonctionnalités :


- Prise en charge des nouvelles réglementations et normes ;
- Gestion des postes budgétaires ;
- Prise en charge des actes de gestion (contrôles de régularité, budgétaire et de validité) ;
- Traitement des échéances (planification et automatismes) ;
- Traitement de la paie ;
- Précomptes (PEC, traitement et validation des retenues) ;
- Mandatement (préparation de la paie et édition des états de la paie) ;
- Budget et comptabilité (PEC de la morasse budgétaire, règlement de la paie et
comptabilisation, émission des OR et suivi du recouvrement).

95
Oppositions et recouvrements des ordres de recettes
M. Nabil BENNANI BAITI, Chef de service des oppositions juridiques et des prélèvements sur la rémunération
du personnel

1°) Gestion des ordres de recettes :


- L’émission d’un ordre de recette est provoquée par le mandatement à tort d’une somme
au profit d’un fonctionnaire, d’un organisme ou d’une administration ;
- L’origine d’un trop perçu incombe à deux facteurs :
 Erreur de liquidation commise par les services de la DDP ;
 Notification tardive par les départements ministériels, à la DDP, des décisions
afférentes à la cessation de l’activité d’un fonctionnaire ou au changement dans
la situation administrative de ce dernier.
- Circuit de PEC et de recouvrement des ordres de recette :
ORDONNATEURS
(Actes de gestion)

TM
(Traitement et validation)

DDP
(Actes traités)

Génération d’un trop-perçu

Ordres de Recettes
Retenue à la source (TP)
(en instance)

Rejets SOJRRP (SGOR)

Régularisation des rejets Contrôle de validité et validation

Notification au redevable PEC

Recouvrement amiable

Ou recouvrement forcé (+30j)

Transfert au réseau/TGR Transfert CMR/Militaire/...

Recouvrement

Transfert des recettes à la DDP


et émargement pas le comptable

96
2°) Gestion des oppositions juridiques :
- Types d’oppositions juridiques :
 Saisie-arrêt :
 Pensions alimentaires ;
 Etablissements de crédits ;
 Autres administrations ou organismes ;
 Tierces personnes (individuels).
 Oppositions administratives :
 ATD-Percepteurs (le réseau TGR) ;
 ATD-CNCA (Crédit Agricole) ;
 ATD-FMRAT (Fonds de Majoration des Rentes d’Accident du Travail
et des Maladies Professionnelles).
 Cessions de créances.
- L’opération de prise en charge des oppositions s’effectue par voie informatique.
Préalablement à l’exécution de ladite opération, un certain nombre de contrôles sont à
effectuer, il s’agit de :
 Nom et qualité de la partie saisie ;
 Désignation de la créance saisie ;
 Indication précise de la fonction occupée du débiteur ;
 Copie de la saisie-arrêt ;
 Tout autre contrôle de la validité des actes afférents aux différents types
d’oppositions.
- Comptabilisation des oppositions :
 Le compte 71-02 (Retenues en vertu d’oppositions juridiques) est mouvementé
en recettes (crédit) et en dépenses (Débit) ;
 Les règlements sont effectués soit par virement soit en numéraire, au vu d’une
pièce de dépense (jugement de validité, main levée, Etc.)

97
- Circuit de PEC et de recouvrement des oppositions juridiques :

BUREAU D’ORDRE :
RÉCEPTION DU COURRIER
- Saisie-arrêt ;
- ATD ;
- Jugements de
validité et ML ;
- Cessions de
créances.

Numérisation
SOPRRP
(Dispatching)

BUREAU DE PEC DES OJ

Contrôles

REJET VERS ORIGINE PEC

Traitement par
WADEF@UJOUR

Précomptes

Consignation au compte
71-02

ATD OJ fixes mensuels


(Liquidation automatique) Oppositions juridictionnelles
(Déjà validés)

Encaissement des A/C Contrôle des pièces justificatives


(Ecriture comptable) de règlement

TRANSFERT DES A/C AUX Si justifié Si non justifié


COMPTABLES

Consignation au compte 71-02


Liquidation
(Attente de jugement)

Etablissement des OP

Ecritures comptables SERVICE DE RÈGLEMENT

98
Règlement des dépenses du personnel et contrôle de la paie
M. Mohammed BOUAOUDA, Chef de service du règlement et de la comptabilité de la paie du personnel

1°) Travaux avant mandatement :


- Participation à l’élaboration du planning de la paie ;
- Sélection de la liste des agents qui feront l’objet de la mise à disposition auprès des
agences du Crédit Agricole ;
- Préparation du fichier de changement du mode de règlement des agents ayant fait l’objet
de la MAD ;
- Préparation des dossiers de remandatement (OP prescrit, virement à tort, Etc.).
2°) Règlement de la paie :
- A l’issue du contrôle de la liquidation, le service du règlement effectue le règlement des
mandats ;
- Edition à partir du système d’un état des paiements (agrégés) par banque, ainsi que le
détail des virements qui sont parallèlement transmis aux organismes ;
- Contrôle des imputations budgétaires à partir du système. Si dépassement, il avertit les
ordonnateurs pour que ces derniers prennent les dispositions nécessaires ;
- Mandatement
 Virement :
 BAM : une lettre de virement est élaborée et transmise à BAM, ainsi
qu’un fichier comprenant le détail des virements à effectuer ;
 TGR : un avis de crédit mensuel est rédigé et transmis à la Direction des
Opérations Bancaires de la TGR pour créditer les comptes des
bénéficiaires ;
 Numéraire :
 Editer les mandats en numéraire générés par le système ;
 Retient de la liste des mandats édités ceux concernés par un OR et les
transmet au SGOR pour traitement ;
 Vise les mandats restants en y apposant le cachet « VU BON A
PAYER » et les transmet aux ordonnateurs concernés.
3°) Les travaux post-règlement de la paie :
- Transfert de la situation mensuelle des émissions aux ordonnateurs et à la TGR ;
- Envoi d’une lettre aux secrétaires généraux retraçant la situation des émissions globale
et des effectifs du département.

99
Le système Wadef@ujour
M. Lahcen BELJADID, Chef de service de l’architecture et de la conception

1°) Historique du système de paie :


- 2004 : Refonte des systèmes de paie  version @ujour : graphique, paramétrable ;
- 2008 : Intégration du système de contrôle Wadef et du système de paie @ujour 
naissance de Wadef@ujour ;
- 2009 : Wadef@ujour : version CMD ;
- 2012 : Alignement et refonte des contrôles au niveau des IHM, de la validation et du
traitement des données ;
- 2014 : Opération pilote du système GIPE-Ordonnateur centralisé version Web.
2°) Possibilités de paramétrage :
- Paramétrage du contrôle ;
- Paramétrage des retenues à la source ;
- Paramétrage de la liquidation de paie ;
- Paramétrage du mandatement et du règlement ;
- Paramétrage du workflow ;
- Paramétrage de la comptabilité.
 Un paramétrage poussé via une IHM graphique.
3°) Quelques statistiques :
- Exploitation 3 MDH/an (licences et matériel) ;
- Maintenance applicative (1 500 Jh/an) ;
- Coût d’acquisition (70 MDH).
4°) Perspectives :
- Aspect règlementaire :
 Nouvelle LOLF (missions, programmes, crédits limitatifs, etc.) ;
 Dématérialisation des processus.
- Couverture fonctionnelle : intégration de l’ordonnateur et d’autres partenaires :
 IHM dédiée ;
 Web-services.
- Aspect technique : migration de l’architecture du système vers une architecture full-
web.

100
MODULE VII :
DEPENSES DE BIENS ET SERVICES

101
Le système de contrôle des dépenses publiques
M. Abdelmjid BOUTAQBOUT, Chef de division de la réglementation

1°) Introduction :
- Processus d’exécution des dépenses publiques :
 Engagement : contrôle de régularité vis-à-vis des textes régissant la dépense,
contrôle budgétaire, contrôle de la concurrence dans la passation du marché,
etc. ;
 Liquidation ;
 Ordonnancement ;
 Paiement : vérifier les calculs effectués lors de la liquidation et contrôler la
validité de la dépense pour qu’elle soit réglée.
- Système de contrôle administratif :
 Direction du Budget ;
 CED (régularité) ;
 Comptable (validité) ;
 L’inspection Générale des Finances (IGF) ;
 L’inspection Générale des Ministères (IGM).
- Contrôle juridictionnel :
 Cour des comptes ;
 Cours régionales des comptes.
- Contrôle politique (Parlement) :
 Contrôle à priori ;
 Contrôle à fur et à mesure ;
 Contrôle à postériori.
- Réforme du contrôle des dépenses de l’Etat en 2008 et introduction du contrôle modulé
de la dépense (CMD) :
 Une responsabilisation accrue des services gestionnaires ;
 Et la recherche d’une plus grande performance.

102
2°) Phases du contrôle de régularité des marchés publics :
Phase préalable à l'attribution Phase de la séance d'ouverture des Phase de la présentation du
du marché plis marché au visa du trésorier
Envoi du dossier d’appel à la
concurrence au comptable public
15 jours avant la date prévue pour Présence du contrôle en tant que Un visa donné à la proposition
l’ouverture des plis ; représentant de la TGR ; d’engagement.
Etude du dossier par le comptable
public ;
Formulation des observations Présence qui assure une assistance Un visa de prise en charge comptable
éventuelles au maître d’ouvrage ; aux membres de la commission pour le sur la fiche navette.
Proposition de corrections respect de la procédure d’attribution
du marché et de la réglementation. Ou par un refus de visa motivé.
nécessaires.

3°) Processus d’engagement d’un marché public :


Ordonnateur Comptable TM
Sous-ordonnateur TP

Cadrage du projet et rédaction du Cahier des Dossier d’AO fourni par l’ordonnateur et
Prescriptions Spéciales (CPS) observations émises par le comptable

Avis d’appel d’offres

Participation en tant que membre de la


Séance d’ouverture des plis Commission d’appel d’offres
(Réserves émises)

Participation non systématique en tant que


Réunions de la commission technique membre de la Commission
(Réserves émises éventuelles)

Choix du prestataire

Proposition d’engagement (CP ou CE)


Contrôle de :
- L’imputation budgétaire ;
- La disponibilité des crédits ;
- Le respect de la réglementation en vigueur,
en particulier pour les bons de commande,
respect du seuil des 200 000 DH par type
de dépense (liste arrêtée), par personne
habilitée, par an ;
- La couverture annuelle de l’engagement ;
- L’impact sur l’année en cours et les
suivantes (CE).

Formulation
Modification de la proposition d’engagement des Visa
observations

103
4°) Que vérifie le comptable public à l’engagement ?
- Le CMD est un contrôle allégé des dépenses des services gestionnaires qui sont tenus
de disposer d’un système de contrôle interne leur permettant de prendre en charge le
contrôle de certaines dépenses ;
- Il concerne aussi bien la phase d’engagement que la phase de paiement ;
- Appliqué à l’ensemble des services gestionnaires remplissant les conditions requises ;
- Au stade de l’engagement, le comptable public contrôle :
 Les dépenses des biens et services dont le montant est supérieur à cent mille
dirhams (100.000 DH) ;
 Les marchés, les avenants et autres actes modificatifs y afférents dont le montant
pris séparément est supérieur à 400 000 DH, ainsi que les marchés négociés quel
qu’en soit le montant et 1 000 000 DH pour le niveau supplémentaire ;
 Les contrats d’architectes relatifs aux marchés visés ci-dessus ;
 Les conventions et les contrats de droit commun dont le montant est supérieur à
200 000 DH et quels que soient leurs montants pour le niveau supplémentaire.
- Les délais dont dispose le comptable public pour apposer son visa d’engagement, le
refuser ou faire connaître ses observations sont de (10j pour les marchés de l’Etat et 4j
pour les autres natures de dépenses).
5°) Le contrôle de validité du marché :
- La qualité de l'ordonnateur ou de son délégué ;
- La disponibilité des crédits ;
- L'exactitude des calculs de liquidation ;
- L’existence de la certification ou du visa préalable d’engagement, lorsque ledit visa ou
ladite certification sont requis ;
- La production des pièces justificatives exigées par la réglementation en vigueur.
6°) Contrôle financier des établissements publics :
- Sont soumis au contrôle financier de l'Etat :
 Les offices et établissements publics dotés de l'autonomie financière et toutes
les entreprises dont le capital est souscrit exclusivement ou conjointement par
l'Etat, des établissements ou des collectivités publiques ;
 Les sociétés concessionnaires ou gérantes d'un service public de l'Etat ou d'une
collectivité publique.
- Le contrôle financier de l'Etat sur les organismes s'étend à toutes les opérations
susceptibles d'avoir une répercussion financière directe ou indirecte.
104
7°) Contrôle interne des IGM :
- Contrôle interne sur la gestion des services relevant des départements ministériels,
notamment, en matière budgétaire et des marchés publics :
 Les marchés et leur avenant sont soumis à des contrôles et audits internes, ces
contrôles peuvent porter sur la préparation, la passation et l’exécution des
marchés ;
 Ces contrôles sont obligatoires pour les marchés dont le montant excède 5 MDH.
8°) Contrôle supérieur de l’IGF :
- Effectuer les vérifications des services de caisse et de comptabilité, deniers et matières,
des comptables publics et, de façon générale, des agents de l’Etat et des collectivités
locales ;
- Vérifier la gestion des comptables ;
- S’assurer de la régularité des opérations enregistrées dans les comptes des ordonnateurs
de recettes et de dépenses publiques ;
- Auditer les projets financés par des concours financiers étrangers.
9°) Contrôle juridictionnel :
- Vérifie les comptes des services de l’Etat ainsi que ceux des EEP et des CT, lorsque ces
organismes sont dotés d’un comptable public ;
- Contrôle la régularité et la sincérité des opérations réalisées ainsi que sur la réalité des
prestations fournies, des fournitures livrées et des travaux effectués ;
- Evalue les projets publics afin d’établir sur la base des réalisations, dans quelle mesure
les objectifs assignés à chaque projet ont été atteints, au regard des moyens mis en œuvre.
10°) Contrôle politique :
- Vote de la loi de finances de l’année ;
- Vote de la loi de règlement ;
- Questions orales et écrites ;
- Institution de commissions d’enquête.

105
Point sur la réforme du contrôle des dépenses de l'Etat
M. Mohamed EL HASSANI EL ALAOUI, Chef du Service de l’audit de la Capacité de Gestion des SO

1°) Principes directeurs de la réforme :


- La réforme repose sur deux piliers fondamentaux :
 L’augmentation de la capacité de gestion financière et budgétaire (mise en place
de dispositifs de contrôle et d’audit interne au niveau des services
ordonnateurs) ;
 L’allègement des contrôles a priori et d’accompagnement :
 Optimiser et hiérarchiser les contrôles en fonction de la maturité des
services ordonnateurs, des risques et des enjeux budgétaires et financiers
de la dépense ;
 Bénéficier des apports des systèmes d’information pour alléger les
contrôles automatisables.
2°) Principales innovations introduites par le décret n°2.07.1235 relatif au contrôle des dépenses
de l’Etat :
- L’engagement des dépenses bénéficiant des allègements de droit commun est effectué
sur la base de la fiche navette (cas particuliers régies, traitement et salaires CNT, etc.) ;
- La fiche navette n’est pas appuyée des pièces justificatives prévues pour l’engagement
des dépenses, qui sont gardées au niveau du service ordonnateur ;
- Principes directeurs du CMD :
 Fonction de la capacité de gestion des services gestionnaires ;
 Concerne aussi bien la phase d’engagement que la phase de paiement ;
 Constitué de deux niveaux de contrôle (allégé et allégé supplémentaire),
adossés aux niveaux de capacité de gestion des services ordonnateurs ;
 Les services ordonnateurs sont qualifiés à l’issue d’un audit d’évaluation de la
capacité de gestion ;
 Il prévoit un mécanisme de reclassement des services gestionnaires en fonction
de l’évolution de leur capacité de gestion, qui peut être demandé au ministre des
finances par la Cour des comptes, la TGR ou par le ministre concerné.

106
3°) Comparaison entre le contrôle exhaustif et le contrôle module de la dépense :
PHASE D'ENGAGEMENT PHASE DE PAIEMENT
Contrôle de la validité :
Contrôle de régularité :
• L’exactitude des calculs de liquidation ;
Vérifier que les propositions d’engagement de dépenses
• L’existence du visa préalable d’engagement, lorsque
sont régulières au regard des dispositions législatives et
ledit visa est requis ;
réglementaires d’ordre financier.
• Le caractère libératoire du règlement.
Contrôle budgétaire : Le comptable est en outre chargé de s'assurer de :
• La disponibilité des crédits et des postes budgétaires ; • La signature de l’ordonnateur qualifié ou de son
• L’imputation budgétaire ; délégué ;
• L’exactitude des calculs du montant de l’engagement ; • La disponibilité des crédits de paiement ;
• Le total de la dépense à laquelle l’administration • La production des pièces justificatives prévues par les
concernée s’oblige pour toute l’année d’imputation ; nomenclatures établies par le Ministre chargé des
• La répercussion éventuelle de l’engagement sur finances dont celles comportant la certification du
l’emploi total des crédits de l’année en cours et des service fait par l’ordonnateur ou le sous-ordonnateur
années ultérieures. qualifié.
CONTROLE EXHAUSTIF Dérogations (allègement de droit commun) :
• Dépenses de personnel liées à la situation
administrative, à l’exception (recrutement, titularisation,
réintégration, changement de grade et sortie de Dérogations :
service) ;
• Dépenses relatives aux transferts et aux subventions • Les marchés de l’Etat, y compris les bons de
aux établissements publics ; commande ;
• Dépenses relatives aux impôts et taxes ;
• Dépenses relatives aux loyers, à l’exception (actes • Les conventions et les contrats passés dans le cadre des
initiaux de location et actes modificatifs) ; programmes et projets bénéficiant de fonds de concours
• Autres dépenses de personnel dont le montant est ≤ à extérieurs accordés sous forme de dons.
5.000 DH ;
• Dépenses de biens et services dont le montant est ≤ à
20.000 DH.
Délai pour apposer le Visa : Délai pour apposer le Visa :
• 12 jours ouvrables francs pour les marchés de l’Etat ; • 5 jours pour les dépenses de personnel ;
• 5 jours ouvrables francs pour les autres natures de • 15 jours pour les autres catégories de dépenses à
dépenses à compter de la date de dépôt de la proposition compter de la date de réception des bordereaux
d’engagement. d’émissions et des ordonnances de paiement.
Contrôle de régularité :
Contrôle de la validité :
Vérifier que les propositions d’engagement de dépenses
• L’exactitude des calculs de liquidation ;
sont régulières au regard des dispositions législatives et
• Le caractère libératoire du règlement.
réglementaires d’ordre financier.
Le comptable est en outre chargé de s'assurer de :
• La signature de l’ordonnateur qualifié ou de son
Niveau 1

Contrôle budgétaire : délégué ;


• La disponibilité des crédits et des postes budgétaires ; • La production des pièces justificatives prévues par les
• L’imputation budgétaire ; nomenclatures établies par le Ministre chargé des
• L’exactitude des calculs du montant de l’engagement. finances dont celles comportant la certification du
service fait par l’ordonnateur ou le sous-ordonnateur
qualifié.
Délai pour apposer le Visa :
• 10 jours pour les marchés de l’Etat ;
CONTROLE MODULE
• 4 jours pour les autres natures de dépenses.
DE LA DEPENSE
Contrôle de régularité :
(CMD) Contrôle de la validité :
Vérifier que les propositions d’engagement de dépenses
• L’exactitude des calculs de liquidation ;
sont régulières au regard des dispositions législatives et
• Le caractère libératoire du règlement.
réglementaires d’ordre financier.
Le comptable est en outre chargé de s'assurer de :
• La signature de l’ordonnateur qualifié ou de son
Niveau 2

Contrôle budgétaire : délégué ;


• La disponibilité des crédits et des postes budgétaires ; • La production des pièces justificatives prévues par les
• L’imputation budgétaire ; nomenclatures établies par le Ministre chargé des
• L’exactitude des calculs du montant de l’engagement. finances dont celles comportant la certification du
service fait par l’ordonnateur ou le sous-ordonnateur
qualifié.
Délai pour apposer le Visa :
• 7 jours pour les marchés de l’Etat ;
• 3 jours pour les autres natures de dépenses.

4°) Dispositif de suivi de la qualité de l’exécution de la dépense :


Mise en place d’un système de veille, pour chaque service ordonnateur, à travers des indicateurs
de suivi de la qualité du processus de dépense et d’une vérification à posteriori par le comptable.

107
Cadre, acteurs et typologie des marchés publics
M. Moad SIDQY, Trésorier Ministériel auprès du Ministère de la Santé

Le marché public est un contrat à titre onéreux conclu entre un acheteur public et un
entrepreneur, fournisseur ou prestataire de services en vue de l’exécution de travaux, la
livraison de fournitures ou la réalisation de prestations de services.
1°) Cadre réglementaire des marchés publics :
- Des cahiers de charges fixent les conditions de passation et d’exécution des marchés
publiques. On distingue :
 Les CCAG : fixent les dispositions administratives applicables aux marchés de
travaux, de fournitures ou de services ;
 Les CPC : fixent les dispositions techniques applicables aux marchés portant
sur une même nature de travaux, de fournitures ou de services ou un même
département ou établissement public ;
 Le CPS : fixe les conditions propres à chaque marché.
- Les MP se réalisent en 3 phases :
 Phase de préparation (décret relatif aux MP) ;
 Phase de passation (décret relatif aux MP) ;
 Phase d’exécution (les CCAG-T et CCAG-EMO).
- Les principes régissant la passation des MP :
 La liberté d’accès à la commande publique ;
 L’égalité de traitement des concurrents ;
 La garantie des droits des concurrents ;
 La transparence dans les choix du maitre d’ouvrage.
- Les principaux intervenants dans les MP :
 L’autorité compétente : l’ordonnateur ou la personne déléguée par lui ;
 Le maître d’ouvrage : l’autorité habilitée à passer le marché au nom d’une
administration, d’une CT ou d’un EP ;
 Le concurrent : la personne physique ou morale qui propose une offre pour la
réalisation d’une prestation ;
 L’attributaire du marché : quand son offre est retenue ;
 Le titulaire du marché : après la conclusion du contrat ;
 Les services de contrôle chargés du contrôle à l’engagement et au paiement des
dépenses publiques.

108
2°) Typologie des marchés publics :
- Typologie selon l’objet :
 Marchés de travaux : construction, reconstruction, démolition, réparation ou
rénovation, aménagement et entretien d'un bâtiment, ouvrage ou structure ainsi
que les travaux de reboisements, etc. ;
 Marchés de fournitures : contrats ayant pour objet l'achat ou la location avec
option d’achat de produits ou de matériels ;
 Marchés de services : contrats ayant pour objet la réalisation de prestations de
services qui ne peuvent être qualifiés ni de travaux ni de fournitures.
- Typologie selon le mode d’exécution :
 Marchés cadres (Annexe 2 du décret) : prestations qui répondent à un besoin
prévisible et permanent, mais dont les quantités et le rythme d’exécution ne sont
pas connues d’avance ;
 Marchés reconductibles (Annexe 3 du décret) : prestations qui répondent à un
besoin prévisible, répétitif, permanent et quantifiable avec exactitude ;
 Marchés à tranches conditionnelles : lorsque le MO envisage la réalisation
d’une prestation en tranches dont une ferme couverte par des crédits disponibles
et des tranches dont la réalisation est subordonnée à la disponibilité des crédits
et à l’émission d’un ordre de service ;
 Marchés allotis : le MO entend encourager la PME ou pour des considérations
liées à la sécurité de l’approvisionnement, la capacité des prestataires, les délais
d’exécution ;
 Marchés de conception-réalisation : projet dont la réalisation requiert des
procédés spéciaux et des processus de fabrication intégrés associant la
conception et la réalisation (voie de concours après autorisation du CG).
- Typologie selon le prix pratiqué :
 Marchés à prix unitaires ;
 Marchés à prix global ;
 Marchés à prix mixte.
- Typologie selon le mode de passation :
 Appel d’offres ouvert ;
 Appel d’offres restreint ;
 Concours ;
 Marchés négociés.

109
- Cas spécifiques :
 Bon de commande : limitation du relèvement du seuil des 200 000 DH TTC ;
 Marchés d’études : quand le MO ne peut effectuer par ses propres moyens les
études qui lui sont nécessaires.
3°) Phase relative à la préparation des MP :
- Une définition aussi précise que possible des besoins à satisfaire ;
- La détermination des spécifications techniques qui décrivent les caractéristiques
techniques du produit, de l’ouvrage ou du service objet du marché ;
- L’estimation du coût de la prestation ;
- Programmation budgétaire (budgétisation du marché) ;
- Choix du mode de passation ;
- L’appel à manifestation d’intérêt ;
- La publicité ;
- Constitution du dossier d’AO à la concurrence (RC, CPS, Copies de l’AO, Modèles
d’acte d’engagement, de bordereaux des prix et de déclaration sur l’honneur).

110
Procédures de passation des marchés publics
M. Younes RIAHI, Chef de service du contrôle des dépenses des biens et des services à la TM Santé

1°) Quelques statistiques :


- Premier marché public moderne au Maroc en 1907 (jetée du port de Casablanca) ;
- À partir de 1965, adoption d’un texte réglementaire spécifique aux marchés publics puis
4 réformes dont la dernière en 2013 ;
- La commande publique représente environ 17% du PIB marocain ;
- Le secteur des BTP réalise 70% de son chiffre d’affaires dans le cadre des marchés
publics ;
- 20% du programme prévisionnel est réservé aux PME ;
- Avant 2013, les prestations architecturales n’étaient pas régies par le décret sur les MP ;
- La constitution de 2011 parle pour la première fois des marchés publics (Art. 36).
2°) L’appel d’offres ouvert :
- Prédominance de l’AO comme mode de passation des marchés publics (97,37%).
- Etapes préalables à la procédure :
 Détermination des besoins à satisfaire : leur spécification et leur consistance,
l’estimation du coût de la prestation et le choix du mode de passation ;
 Le programme prévisionnel des achats : publication au début de chaque année
budgétaire et au plus tard avant la fin du premier trimestre. Des programmes
prévisionnels modificatifs ou complémentaires peuvent être publiés, en cas de
besoin. Le programme prévisionnel est publié dans un journal à diffusion
nationale au moins et dans le portail des marchés publics et affiché dans les
locaux du maître d’ouvrage pendant une durée de 30 jours au moins ;
 Préparation du dossier d’AO : RC, CPS, copies de l’avis à la concurrence et
modèles des documents (acte d’engagement, bordereaux des prix et déclaration
sur l’honneur).
- La procédure de l’appel d’offres ouvert :
 Publicité de l’AOO :
 Publicité dans le PMMP et dans deux journaux à diffusion nationale
(dont l’un au moins en langue arabe) ;
 Le délai de publication de l’AAO est de : 21 jours au moins avant la date
fixée pour la séance d’ouverture des plis ou 40 jours au-delà des seuils
fixés par le décret qui sont supérieurs et égaux à :

111
 63 MDH HT pour les marchés de travaux ;
 1,6 MDH HT pour les marchés de fournitures ;
 8,7 MDH HT pour les EP et les régions, les préfectures, les
provinces et les communes.
 Contenu de l’avis d’AO :
 Objet et lieu d’exécution ;
 Autorité qui procède à l’appel d’offres ;
 Adresse du MO où l’on peut retirer le dossier d’appel d’offres ;
 Adresse du MO où les offres sont déposées ou adressées ;
 Le lieu, le jour, et l’heure fixée pour la tenue de la séance des ouvertures
des plis ;
 Pièces justificatives que doit fournir chaque concurrent ;
 Le montant en valeur du cautionnement provisoire, le cas échéant* ;
 Le lieu, le jour et l’heure limite pour la réception des échantillons,
prospectus et notices, le cas échéant* ;
 Éventuellement la date de la réunion ou de la visite des lieux* ;
 L’estimation du coût des prestations établies par le MO ;
 Le prix d’acquisition des plans et documents techniques, le cas échéant* ;
 Modèle de l’avis.
 Remise des dossiers de l’AO :
 Enregistrer les concurrents ayant téléchargé ou retiré le DAO ;
 Informer les concurrents de toute modification dans le DAO et de tout
report de la date d’ouverture des plis.
 Composition de la commission d’ouverture des plis (COP) :
POUR L'ETAT POUR LES EP
• 1x le directeur de l’établissement public ou la
personne nommément désignée par lui à cet effet
(Président) ;
• 1x représentant du MO (Président) ;
• 2x autres membres représentant le MO (un au moins
appartient au service concerné par le marché) ;
• 2x autres membres représentant le MO (un au moins
appartient au service concerné par le marché) ;
• 1x représentant du MEF conformément à la
législation relative au contrôle financier de l’Etat
• 1x représentant du MEF pour les marchés dont
applicable à l’organisme ;
l’estimation est supérieure à 50 MDH TTC ;
• 1x le responsable du service des achats de
• 1x représentant de la TGR.
l’établissement ou son représentant ;

• 1x le responsable du service financier de


l’établissement ou son représentant.

112
 Examen et jugement des offres :
 Examen du dossier administratif (engagement sur l’honneur,
cautionnement provisoire, etc.) ;
 Examen du dossier technique/échantillons (moyens humains et
techniques, attestations de référence pour les travaux antérieurs, etc.) ;
 Eventuellement une offre techniques* (prestations importantes) ;
 Examen des offres financières.
 Le jugement des offres : l’offre la plus avantageuse est l’offre :
 La moins disante pour les marchés de travaux, de fournitures et de
services ;
 Celle qui a obtenu la meilleure note technico-financière s’agissant des
études ;
 Qui n’est ni excessive (> 20% par rapport à l’estimation), ni
anormalement basse (< 25% par rapport à l’estimation pour les travaux
et < 35% pour les fournitures et services).
 Clôture de la procédure d’AOO :
 Signature du PV de la séance d’ouvertures des plis par lequel il propose
à l’autorité compétente la meilleure offre ;
 Il informe le concurrent retenue de l’acceptation de son offre ;
 Il informe les concurrents éliminés du rejet de leur offre en leur indiquant
le motif de leurs éviction ;
 Aucun candidat n’a le droit à une indemnité ;
 Le choix de la COP ne peut être modifié.
 Un AO est déclaré infructueux lorsqu’il y a absence d’offres ou aucun
concurrent n’a été retenu après examen par la COP des offres déposées ;
 L'autorité compétente peut quel que soit le stade de la procédure annuler l’AO
dans les cas suivants :
 Lorsque les données économiques ou techniques des prestations objet de
l’AO ont été fondamentalement modifiées ;
 Lorsque les offres reçues dépassent les crédits budgétaires alloués au
marché ;
 Lorsqu'un vice de procédure a été décelé ;
 Etc.

113
3°) Les autres modes de passation :
- La procédure d’appel d’offres restreint :
 Les prestations qui ne peuvent être exécutées que par un nombre limité de
prestataires, en raison de leur nature, de leur particularité, de l'importance des
compétences et des ressources à mobiliser, et dont le montant est inférieur ou
égal à 2 MDH ;
 Le maître d’ouvrage doit consulter au moins 3 concurrents susceptibles de
répondre au mieux aux besoins à satisfaire ;
 Le recours à l’AOR donne lieu à l’établissement par l’autorité compétente d’un
certificat administratif explicitant les raisons qui ont conduit au choix de cette
procédure.
- La procédure d’appel d’offres avec présélection :
 L’appel d’offres est dit « avec présélection » lorsque seuls sont autorisés à
présenter des offres, après avis d’une commission d’admission, les concurrents
présentant les capacités suffisantes, notamment au point de vue technique et
financier :
 L’étape de sélection des concurrents admis à déposer des offres ;
 L’étape d’évaluation et du choix de l’offre la plus avantageuse parmi
celles déposées par les concurrents admis.
 L’AOP obéit aux mêmes principes que l’AOO.
- La procédure de concours :
 Le concours met en compétition des concurrents, sur la base d’un programme,
pour la réalisation d’une prestation nécessitant des recherches particulières
d'ordre technique, esthétique ou financier ;
 Le programme du concours définit les besoins et la consistance du projet, le
plafond du budget qui lui est affecté et les primes à allouer aux auteurs des 5
meilleurs projets retenus.
- La procédure négociée (nouveauté du décret de 2013) :
 La procédure négociée permet au maître d’ouvrage de négocier les conditions
du marché avec un ou plusieurs concurrents ;
 Les marchés négociés sont conclus selon deux modes :
 Avec publicité préalable et mise en concurrence (AO déclaré infructueux
ou défaillance du titulaire d’un marché) ;

114
 Sans publicité et sans mise en concurrence (défense nationale, visites
officielles).
- Les bons de commande :
 Les BC (annexe 4 du décret) sont passés dans la limite de 200 000 DH TTC par
année budgétaire, par type de budget en fonction de chaque ordonnateur et sous
ordonnateur et selon les prestations de même nature ;
 Obligation pour l’ordonnateur ou le sous ordonnateur de consulter par écrit au
moins 3 concurrents au moins (sauf impossibilité, incompatibilité) ;
 Justification de 3 devis contradictoires ;
 Le BC doit déterminer les spécifications et la consistance des prestations et le
cas échéant, le délai d’exécution ou la date de livraison et les conditions de
garantie.
- Collectif d’achat (nouveauté du décret de 2013) :
 Deux ou plusieurs MO qui se regroupent pour lancer un appel d’offres. Ce
mécanisme est réservé aux achats de fournitures de même nature ;
 Obligation de signature d’une convention constitutive du collectif d’achat
désignant un coordonnateur.

115
Les spécificités des marchés des collectivités territoriales
Mme Mounya KHNABA, Cadre à la division des études juridiques et de la réglementation générale

1°) Introduction :
- Le décret relatif aux marchés publics, s’applique à titre transitoire aux CT en attendant
l’entrée en vigueur de la loi organique fixant le régime financier qui les régira en vertu
de l’article 146 de la constitution.
- Harmonisation et normalisation du processus d’achat public pour l’ensemble des acteurs
notamment, pour les entreprises candidates à la commande publique.
2°) Dispositions spécifiques des marchés des CT :
- Champ d’application (régions, préfectures, provinces et communes) :
 Marchés de travaux, de fournitures et de services ;
 Dérogations :
 Contrats de gestion déléguée des services et d’ouvrages publics ;
 Les contrats relatifs aux transactions financières effectuées sur le marché
financier international et les services y afférents ;
 Les conventions ou contrats passés selon les formes du droit commun
(contrats d’adhésion) ;
 Les cessions de biens entre service de l’Etat ou entre l’Etat et les régions,
les préfectures, les provinces et les communes (contrats in house) ;
 Les prestations effectuées au profit des CT par des personnes morales de
droit public, des sociétés de développement local ou par des ONG
reconnues d’utilité publique dans le cadre de conventions particulières ;
 Les marchés passés dans le cadre d’accords ou conventions conclus avec
des organismes internationaux.
- Les pouvoirs du Ministre de l’Intérieur en matière de marchés publics des CT :
 Les cahiers de charges des CT :
 Les CCAG applicables aux marchés de l’Etat sont étendus aux marchés
des collectivités territoriales (arrêté du MI) ;
 Les CPC : arrêté du MI autorise les CT à se référer à des CPC applicables
à un département ministériel ou à un établissement public pour la
passation de marchés similaires ;
 Les CPS.
 Appel d’offres « au rabais ou à la majoration » : les concurrents souscrivent
l’engagement d’effectuer les prestations dont l’estimation est faite par le MO,
116
moyennant un rabais (ou une majoration) exprimé en pourcentage. Le ministre
de l’intérieur détermine par arrêté la liste des prestations par nature et par
montant qui doivent obligatoirement être passées par voie de ce type d’appel
d’offres.
 Composition de la commission d’appel d’offres :
POUR LES REGIONS, LES PREFECTURES
POUR LES COMMUNES
ET LES PROVINCES
• 1x représentant du MO (Président) ;
• 1x représentant du MO (Président) ;
• 1x le responsable du service concerné par l’objet
• 1x le responsable du service concerné par l’objet du
du Marché ;
Marché ;
• 1x le président de la commission permanente
• 1x le président de la commission permanente
concerné par le domaine objet du marché ou son
concerné par le domaine objet du marché ou son
représentant ;
représentant ;
• 1x le secrétaire général de la commune ou
• 1x le rapporteur du budget ou son représentant.
son représentant.

 Le MI donne l’autorisation préalable au recours au chef d’exception prévu par


l’article 86 relatif aux marchés négociés (visites et cérémonies officielles).
 L’approbation des marchés :
 Le ministre de l’intérieur ou son délégué approuve les marchés de
travaux, de fournitures ou de services dont le montant dépasse 10MDH
conclus par les régions, les préfectures et les provinces ;
 Les walis des régions approuvent les marchés de travaux, de fournitures
ou services conclus par les régions, les préfectures et les provinces et
dont le montant est inférieur à 10 MDH ;
 Les gouverneurs des préfectures ou des provinces approuvent les
marchés de travaux, de fournitures ou de services conclus par les
communes relevant de leur ressort territorial et dont le montant est
inférieur à 2MDH.
3°) Mesures de promotion de la bonne gouvernance de la commande publique locale :
- Promotion de l’emploi local (possibilité de prévoir des clauses obligeant le titulaire à
employer la main d’œuvre locale dans la limite de 10% de l’effectif nécessaire) ;
- Contrôles et audits des marchés importants : obligatoires (marchés et avenants qui
dépassent 3MDH TTC et les marchés négociés qui excèdent 1 MDH)  rapports
d’audit adressés au MI qui les publie sur le portail des MP ;
- Création auprès du MI d’un comité de suivi des marchés des CT ;
- Obligation de publication des avis AO des marchés des CT sur le portail des MP ;
- Possibilité offerte aux MO de coordonner leurs achats de fournitures de même nature.

117
Actes établis postérieurement à la conclusion d’un marché
Mme Fatiha MOUTCHOU, Chef de service du contrôle de la dépense BS à la TM équipement

1°) Avenant :
- L’avenant est un « un contrat additif à un marché constatant un accord des volontés
des parties et ayant pour objet de modifier ou de compléter une ou plusieurs dispositions
de l’accord antérieur » (Art. 2 des CCAG-T et CCAG-EMO) ;
- Règles pour la conclusion d’un avenant :
 Obligation de conclure l’avenant en cours de validité du marché ;
 Le MO peut passer un seul ou plusieurs avenants pour un même marché ;
 L’avenant ne doit en aucun cas modifier l’objet du marché ;
 L’avenant ne doit pas bouleverser l’économie financière du marché ni combler
une carence des besoins.
- Cas d’avenant :
 Changement dans la personne du Maître d’ouvrage ;
 Changement dans la raison sociale ou la dénomination du titulaire ;
 Modification de la domiciliation bancaire du titulaire ;
 Cession de marché (sauf dans le cas de fusion ou scission d’entreprises) ;
 Cas de décès de l’entrepreneur (passation avec les survivants ou les héritiers) ;
 Prestations supplémentaires (prestations imprévisibles au moment de la
passation du marché initial  ne peut dépasser 10% du coût du marché initial) ;
 Cas de force majeure ;
 Diminution de plus de 25% dans la masse des prestations (si le fait générateur
ayant entraîné une diminution supérieure à 25% est connu avant le
commencement des travaux, le marché peut être résilié à la demande de
l'entrepreneur) ;
 Révision des conditions des marchés cadres et marchés reconductibles (elle ne
doit en aucun cas être supérieure à 10% du maximum en cas d’augmentation et
à 25% en cas de diminution).
2°) Engagement complémentaire :
- L’engagement complémentaire intervient pour faire face à des augmentations soit en
cours d’exécution soit après l’établissement du décompte définitif ;
- En cas d’augmentation, un supplément de crédits budgétaires, sous forme d’engagement
additif est nécessaire ;

118
- Cas d’engagements complémentaires :
 Augmentation dans la masse des prestations (maximum de 10% de la masse
initiale des prestations) ;
 Augmentation suite à une hausse éventuelle des prix (pour les marchés
révisables une SAV doit être engagée en même temps que le marché initial pour
faire face à la révision des prix) ;
 Augmentation des droits des douanes (tous les marchés passés pour
l'importation de marchandises de l'étranger devront être engagés pour leur
montant, complété par une SAV pour couvrir les droits liés à l’importation 
en cas d’insuffisance EC) ;
 Augmentation pour paiement des intérêts moratoires (tout marché ou avenant
est engagé pour son montant majoré d’une SAV à hauteur de 1% du montant
initial du marché ou de l’avenant pour paiement éventuel des IM  en cas
d’insuffisance EC).
3°) Résiliation d’un marché :
- Acte par lequel l’autorité compétente met une fin anticipée au marché ;
- Cas de résiliation :
 La résiliation à titre de sanction : non-respect des engagements contractuels,
présentation d’une déclaration sur l'honneur inexacte ou de pièces falsifiées,
actes frauduleux ou de corruption, non-respect du secret professionnel pour les
marchés intéressant la défense, inobservation des mesures de sécurité ou
hygiène sur chantier ;
 La résiliation de plein droit : décès du titulaire, incapacité civile ou physique du
titulaire, liquidation du judiciaire, cessation des travaux, arrêt de l’étude, non
réengagement des marchés cadres et reconductibles ;
 La résiliation à la demande du titulaire ou à l’initiative du MO : force majeure,
ajournement des travaux, révision des prix, diminution dans la masse des travaux.
- La résiliation peut impliquer :
 La confiscation totale ou partielle du cautionnement définitif et de la retenue de
garantie ;
 La non confiscation ni du cautionnement définitif ni de la retenue de garantie.
4°) Annulation d’un marché : lorsque le marché est visé mais non approuvé par l’autorité
compétente ou lorsque le marché a été approuvé par l’autorité compétente (avec ou sans
notification) et n’a pas connu un début.

119
Les cahiers des charges
M. Mohamed DINAR, Trésorier Ministériel auprès du Ministère de l’Agriculture
M. Youssef MOUJAB, Chef de service du contrôle des dépenses des Biens et Services – TM Intérieur

1°) Présentation générale du CCAG Travaux :


- Champ d’application : il s’applique à tous les marchés de travaux tels qu’ils sont définis
par le décret sur les marchés publics, ainsi qu’aux marchés de fournitures liés à
l’exécution de travaux.
- Le CCAG-T aborde différents aspects :
 Les dispositions générales (définitions, pièces constitutives et pièces
contractuelles, pièces à délivrer à l’entrepreneur, avenant,
communications,…) ;
 Les garanties du marché (les différents cautionnements et les droits du maître
d’ouvrages sur ces derniers) ;
 Les obligations générales de l’entrepreneur (élection de domicile, présence de
l’entrepreneur, les obligations en matière de recrutement et paiement des
ouvriers, les obligations d’ordre sociale, les assurances et responsabilités,
organisation du chantier et relation avec les autres entrepreneurs, obligations
concernant le matériel, le transport et les matériaux,…) ;
 Préparation et exécution des travaux (préparation et commencement des travaux,
pièces à établir par l’entrepreneur et conditions de leur agrément par le MO,
conditions d’utilisation des matériaux, conditions de constitution des forces
majeurs,…) ;
 Interruption des travaux (conditions et droits en cas d’ajournement, de cessation,
de décès, d’incapacité civile ou physique, liquidation ou redressement
judiciaire) ;
 Prix et règlement des comptes (caractère et révision des prix, conditions de
modification dans les travaux ou la masse des travaux, les bases de règlement
des comptes, condition d’établissement des décomptes et de règlement des
acomptes, conditions d’octroi des avances, pénalités et intérêts moratoires,…) ;
 Réceptions et garanties (conditions de réceptions provisoires et définitive, les
garanties contractuelles, mesures coercitives et règlement des litiges,…).

120
CCAG-T : présentation selon le processus d’exécution d’un marché
PHASE DE CONCLUSION PHASE AVANT COMMENCEMENT PHASE D'EXECUTION DES TRAVAUX
1°) L'approbation : 1°) Le cautionnement provisoire et 1°) Commencement des travaux : 8°) Le règlement des comptes :
• Un marché n’est valable et définitif qu’après cautionnement définitif : Le commencement des travaux doit intervenir • Attachements et situations : les attachements sont
son approbation par l’autorité compétente ; • Le cautionnement provisoire est exigé à par ordre de service dans un délai maximum de établis en cas de travaux exécutés suivant les
• L’approbation ne doit intervenir qu’après l’ensemble des concurrents, et il garantit le 60j à compter de la date de notification de pratiques du génie civile alors que les situations
l’expiration d’un délai de 15j à compter de la date caractère sérieux des offres. Il doit être exprimé l’approbation du marché. sont établies en cas de travaux exécutés suivant les
d’achèvement des travaux de la commission ou en valeur. pratiques du bâtiment.
du jury ou de la date de signature du marché dans • Le cautionnement définitif constitue une 2°) Documents à établir par l'entrepreneur :
• La révision des prix : les prix d’un marché de
le cas des marchés négociés après publicité et garantie des engagements contractuels de • Soumission à l’agrément du MO par travaux sont révisables quel soit le délai de son
mise en concurrence ; l’entrepreneur jusqu’à la réception définitive. Il l’entrepreneur de l’ensemble des documents exécution.
• La notification de l’approbation à l’attributaire est exigé au titulaire du marché. tels le calendrier d’exécution des travaux, les
dessins, mémoire technique, ... et ce dans les
• Décomptes provisoires : les décomptes
dans un délai de 75 j à compter de la date • Il est fixé à 3% du montant du marché sauf provisoires sont établis mensuellement ou chaque
d’ouverture des plis ou de la date de signature du délais prescrits par le CPS ou le CPC ;
stipulation particulière du CPS. fois qu’il est nécessaire, sur la base des
marché négocié et ce via un ordre de service qui Constitution du cautionnement définitif dans un • L’agrément ou les observations constatés sur attachements et des situations admis par le maître
doit rappeler les dates de visa et d’approbation du délai de 30j à compter de la date de notification les documents doivent être donnés par le maître d’ouvrage.
marché. de l’approbation du marché. d’ouvrage dans un délai d’un mois sauf
stipulation contraire du CPS ou CPC.
• Le décompte définitif : il est établi après
• Le cautionnement définitif est saisi dans tous achèvement total des travaux, ou partiel lorsque le
2°) Droits de timbres et d’enregistrement : les cas où le titulaire ne se conforme pas aux maître d’ouvrage décide de prendre possession de
Les droits de timbres et d’enregistrement du prescriptions des ordres de services notifiés ; 3°) Dispositions générales sur les droits et
certaines parties d’ouvrage avant.
marché sont à la charge de l’entrepreneur qui doit • Le cautionnement provisoire est confisqué obligations de l’entrepreneur sur le
les acquitter après la notification de l’approbation dans les cas où le concurrent n’accepte pas la chantier : • La retenue de garantie : est une garantie de
du marché lui est faite par le maître d’ouvrage. • L’obligation de respecter tous les règlements l’obligation du parfait achèvement, et reste acquise
correction du montant de son acte à l’Etat jusqu’à la réception définitive des travaux.
d’engagement, et où le titulaire ne constitue pas et consignes des autorités concernées du lieu
A cet effet, une retenue de garantie de 10% est
le cautionnement définitif dans le délai des emplacements réservés aux chantiers ;
appliquée sur les décomptes provisoires, sauf si le
imparti ; • L’obligation de respecter l’ensemble des CPS en dispense expressément.
• La restitution du cautionnement provisoire dispositions visant la protection du secret et des
documents secrets dans le cas où les travaux
• Les pénalités de retard : la constatation du retard
après la constitution par le titulaire du par le maître d’ouvrage entraine l’application des
intéressent la défense ;
cautionnement définitif dans le délai imparti ; pénalités de retard à l’encontre de l’entrepreneur.
• La restitution du cautionnement définitif dans • L’obligation de s’entendre avec les autres
entrepreneurs qui interviendraient dans un
• Les intérêts moratoires : les intérêts moratoires
un délai de 3 mois suivant la date de la sont dus à l’entrepreneur en cas de retard dans le
réception définitive, dans le cas où le titulaire même chantier sur ce qu’ont les travaux en
paiement des sommes qui lui sont dues. Ils sont
remplit et satisfait l’ensemble de ses commun ;
encourus de plein droit et sans formalités préalable
obligations. • L’obligation de prendre l’ensemble des en cas de défaut d’ordonnancement et de paiement
2°) Le domicile de l'entrepreneur : mesures de sécurité et d’hygiène dans le dans le délai de 90j réparti entre 75j pour
• L’élection par l’entrepreneur de son domicile chantier telles qu’elles sont définies par le CPS l’ordonnancement à compter de la date de
au Maroc. Ce dernier doit être indiqué dans ou le CPC ; constatation de service fait et 15j pour le paiement à
l’acte d’engagement ou fait connaître au maître • L’obligation d’organiser un service médical compter de la date de réception par le comptable de
d’ouvrage dans un délai de 15j à compter de la de ses chantiers et d’assurer à ses frais les soins l’ordonnance ou du mandat.
date de notification de l’approbation du médicaux et les médicaments aux ouvriers et Le taux des intérêts moratoires est déterminé sur la
marché ; employés victimes d’accident ou de maladies base du taux moyen pondéré des bons du Trésor à
• La communication au maître d’ouvrage de conséquentes des travaux, et le paiement des trois (3) mois souscrits par adjudication au cours du
toute nouvelle adresse dans un délai de 15j à indemnités dues ; trimestre précédent.

121
compter de la date de l’intervention du • Les matériaux, objets d’art, d’antiquité ou 9°) La résiliation
changement de domicile. d’intérêt scientifique provenant ou trouvés lors
3°) Les pièces à délivrer à l’entrepreneur : des démolitions sont la propriété du maître 10°) La ou les réception(s) provisoires :
• L’acte d’engagement ; d’ouvrage. • Après l’accomplissement des opérations des
• Le CPS ; vérifications attestant que les prestations ont été
• Toute pièce désignée comme pièce 4°) Dispositions générales sur les matériaux, exécutées conformément aux stipulations du
constitutive du marché ; les ouvrages et le matériel : marché, la ou les réceptions provisoires est ou sont
• Tout document exigé par le CPS ; • La conformité des matériaux et produits de prononcées ;
construction qui doivent être d’origine • La réception provisoire est matérialisé par un PV
• Un exemplaire spécial du marché portant la marocaine (sauf indisponibilité) aux établi par le maître d’ouvrage, et signé par lui et par
mention "exemplaire unique" en cas du
spécifications techniques ou à des normes le titulaire ;
nantissement du marché.
4°) Assurances et responsabilités :
marocaines homologuées, ou à défaut à des • Un PV de réception définitive est établi par le
normes internationales. L’obligation de leur maître d’ouvrage et adressé au titulaire si ce dernier
L’obligation d’adresser au maître d’ouvrage
soumission à la vérification et l’acceptation du procède aux corrections nécessaires.
des originaux des polices d’assurance couvrant
maître d’ouvrage avant leur utilisation.
les risques suivants :
• L’interdiction d’apporter des changements 11°) L’application des mesures coercitives :
• Les véhicules automobiles utilisés sur le
chantier ;
aux dimensions et aux dispositions techniques • L’application de ces mesures doit être
des ouvrages qui doivent être conformes aux impérativement précédée par une mise en demeure
• Les accidents du travail pouvant survenir au spécifications techniques prévues. de l’entrepreneur par l’autorité compétente dans un
personnel de l’entrepreneur ;
délai qui ne peut être inférieur à 15j sauf urgence.
• La responsabilité civile incombant à 6°) L'interruption des travaux : • En cas de non régularisation par l'entrepreneur, le
l’entrepreneur ou au maître d’ouvrage ; • L’ajournement de moins d’une année ouvre MO procède à la résiliation du marché.
• Les dommages à l’ouvrage et installations droit une indemnité représentative des frais
fixes ou mobiles contre l’incendie, le vol, engagés pour la garde du chantier et du 12°) Les litiges et contestations
détérioration, ... préjudice subi (40j avant décompte définitif) ;
L’ensemble des polices d’assurance doivent • L’ajournement continue ou ajournements
comporter une clause interdisant leur résiliation successifs de plus d’une année donne en plus
sans aviser le maître d’ouvrage. du droit à une indemnité, à l’entrepreneur le
5°) Préparation des travaux : droit à la résiliation (40j à compter de l'OS
• La délivrance par le maître d’ouvrage à prescrivant l'ajournement) ;
l’entrepreneur de l’ensemble des autorisations • La cessation des travaux entraine la
administratives (autorisation d’occupation résiliation immédiate du marché (40j à compter
temporaire du domaine public ou privé, de l'OS prescrivant la cessation).
permission de voirie, permis de construire)
• Achèvement complet des travaux. Il est
nécessaires à la réalisation des travaux objet du
soumis à la signature de l’entrepreneur pour
marché ;
acceptation.
• L’assistance de l’entrepreneur dans la
production des autres autorisations 7°) Les modifications par et sans avenant
administratives dont il aurait besoin ;
• La mise à la disposition de l’entrepreneur de
l’ensemble des informations sur les ouvrages
au voisinage des lieux des travaux
(canalisations souterraines d’eau ou
d’assainissement, câbles d’électricité ou de
téléphone, ...).

122
2°) CCAG études et maîtrise d’ouvrage :
- Champ d’application : s’applique obligatoirement à l’ensemble des marchés portant sur
des prestations d’études et de maîtrise d’œuvre, et aux marchés de contrôle technique,
d’essais et d’analyses de laboratoire de bâtiment et de travaux publics. Il peut
s’appliquer à tout marché de services.
- Contenu : il est composé des mêmes chapitres que ceux du CCAG-T en tenant compte
des spécifications qui caractérisent la nature des prestations auxquelles s’applique le
CCAG EMO, notamment :
 Les obligations d’indépendance du titulaire ;
 Les modalités de vérification et d’approbation des livrables : rapports,
documents, plan,… ;
 Les bases de règlement des comptes et des acomptes ;
 L’arrêt des prestations, etc.

3°) Présentation des CPC :


- Approbation progressive de plusieurs CPC applicables aux marchés passés pour le
compte du ministère de l’Equipement, et extension progressive de ces CPC à d’autres
départements ;
- Un CPC est composé de différents fascicules :
- Différents fascicules de clauses techniques communes à toute nature de travaux ou
communes aux travaux spécifiques (travaux de terrassement, travaux d’assainissement
et de soutènement, travaux des chaussés,…) ;
- Un fascicule de clauses financières communes à diverse natures de travaux ;
- Les fascicules de clauses techniques comprennent pour chaque catégorie des travaux
des dispositions concernant :
 La nature, provenance, qualité et préparation des matériaux ;
 Le mode d’exécution des travaux ;
 Le mode d’évaluation des ouvrages et modalités de prise en compte des quantités.
4°) Cahiers des prescriptions spéciales :
- Les clauses administratives et financières (CCAG + Décret) ;
- Spécifications techniques et conditions d’exécution propres à un marché.
- Mentions obligatoires (cf. tableau p. 121-122).
- Le CPS doit obligatoirement être signé par le MO avant le lancement d’une procédure
de mise en concurrence.

123
Les prestations architecturales
M. Elmostapha IMGHI, Chef de Service de la Réglementation des marchés publics

1°) Caractéristiques des prestations architecturales :


- Marché de service ;
- Marché à prix à pourcentage : les honoraires des architectes sont fixés par un taux à
appliquer au montant HT des travaux réellement exécutés et régulièrement constatés et
sans inclure le montant découlant de la révision des prix, les indemnités et pénalités
éventuelles ;
- Marché à prix ferme : les prix des marchés de prestations architecturales ne peuvent être
modifiés pendant le délai de leur exécution.
2°) Modes de passation :
- Consultation architecturale :
 Mise en compétitivité ouverte à tous les architectes ;
 Les projets dont le budget global prévisionnel des travaux est inférieur à 20
MDH HT ;
 Contenu du dossier présenté par l’architecte : dossier administratif, proposition
technique, proposition financière ;
 Déroulement de la procédure d’ouverture des plis :
 Séance d’ouverture publique ;
 Ouverture simultanée du dossier administratif et de la proposition
technique ;
 Ouverture des propositions financières ;
 Choix de l’offre la plus avantageuse.
 Offre la plus avantageuse : 10% (proposition d’honoraires), 20% (estimation
sommaire), 70% proposition technique.
- Concours architectural :
 Mise en compétitivité ouverte à tous les architectes ;
 Obligatoire pour les contrats de prestations architecturales dont le budget global
prévisionnel des travaux relatifs au projet est égal ou supérieur à 20 MDH HT ;
 Contenu du dossier présenté par l’architecte : déclaration d’identité de
l’architecte, proposition technique, proposition financière, estimation sommaire
HT du coût du projet, le projet de contrat d’architecte ;
 Les dossiers sont mis dans un emballage accompagnés d’une enveloppe fermée
contenant la déclaration de l’identité de l’architecte (anonymat) ;
124
 Déroulement de la procédure d’ouverture des emballages :
 Séance d’ouverture publique ;
 Ouverture des plis contenant la mention estimation ;
 Ouverture des plis contenant la mention projet ;
 Evaluation et classement des projets sur la base des critères figurant au
règlement du concours (note sur 100) ;
 Evaluation des estimations sommaires du coût global des travaux (note
sur 80) et du calendrier d’établissement des études (note sur 20) ;
 La levée de l’anonymat ;
 Evaluation des propositions financières (note sur 100) ;
 Classement des architectes concurrents en fonction de l’offre la plus
avantageuse ;
 Inviter l’architecte ayant présenté l’offre la plus avantageuse à produire
les pièces du dossier administratif ;
 Classement définitif des architectes avec attribution de primes aux cinq
candidats.
 Offre la plus avantageuse : 10% (proposition d’honoraires), 20% (estimation
sommaire), 70% proposition technique.
- Consultation architecturale négociée :
 Une commission de négociation, choisit l'attributaire du contrat après
consultation d’un ou plusieurs concurrents et négociation des conditions dudit
contrat ;
 Cas de recours à la consultation architecturale :
 Après publicité et mise en concurrence (procédure déclarée infructueuse
ou défaillance du titulaire) ;
 Sans publicité préalable et après consultation trois architectes au moins
par écrit (entretien et réparation des bâtiments) ;
 Sans publicité et sans mise en concurrence (nécessités de la défense
nationale ou extrême urgence impérieuse).
 Tout concurrent à une consultation architecturale négociée doit fournir un
dossier administratif au moment de la candidature ;
 Les négociations font l'objet d'un rapport signé par le maître d'ouvrage ;
 Etablissement d'un certificat administratif visant le chef d'exception justifiant le
recours à la consultation architecturale négociée.

125
3°) Dispositions communes à tous les modes de passation :
- Publicité :
 Dans le PMMP ;
 Dans deux journaux à diffusion nationale au moins dont l'un est en langue arabe
et l'autre en langue étrangère ;
 Pour la consultation architecturale négociée : dans le PMMP et au moins dans
un journal à diffusion nationale ;
 Délais de publicité :
 21 jours pour la consultation architecturale ;
 40 jours pour le concours ;
 10 jours au moins pour la consultation architecturale négociée.
- Programme de la consultation architecturale et du concours :
 La consultation architecturale et le concours font l’objet d’un programme ;
 Ce programme indique les besoins et la consistance prévisionnels auxquels doit
répondre le projet et fixe le budget prévisionnel maximum prévu pour
l'exécution des travaux à réaliser.
- Dossier de consultation et de concours :
 Les dossiers doivent être disponibles dès la première parution de l’avis et sont
remis gratuitement aux architectes ;
 Les dossiers présentés dans le cadre du concours sont mis dans un emballage.
- Membres du jury :
 Président ;
 2x représentants du MO ;
 1x représentant du département ministériel concerné par le domaine objet du
concours ;
 1x représentant de la TGR ;
 Un architecte de l’administration désigné par le maître d’ouvrage ;
 Un architecte représentant du Ministère chargé de l’urbanisme.
4°) Rémunération de l’architecte :
- Pour les prestations de construction de bâtiments : les honoraires de l’architecte ne
peuvent être inférieurs à 4% ni supérieurs à 5 % ;
- Pour les prestations d’entretien et de réparation de bâtiments : le taux d’honoraire ne
peut être inférieur 3% ni supérieur à 4%.

126
Règlement des dépenses Publiques
M. Mohammed HAHOU, Chef de Service du règlement des recettes et de la comptabilité

1°) Conditions d’exécution des dépenses publiques :


- L’autorisation budgétaire :
 Portée juridique : caractère limitatif + inscription des crédits au niveau de la LF ;
 Portée politique : délivrance de l’autorisation budgétaire par le parlement
(moyen d’autorité sur le gouvernement).
- L’existence de la dette :
 Volontaire : résultent d’obligations juridiques qui trouvent leur source dans les
contrats passés par l’Administration ;
 Involontaire : résultent de faits matériels qui engagent la responsabilité des
organismes publics.
2°) Mise en paiement des dépenses : Phase administrative :
- L’engagement :
 Juridique : acte par lequel l'Etat crée ou constate à son encontre une obligation
de laquelle résultera une charge ;
 Comptable : l'affectation d'une partie des crédits budgétaires à la réalisation de
la dépense qui résulte de l'engagement juridique. Il est donc indispensable de
connaître à tout moment le montant cumulé des dépenses engagées, afin de
dégager ainsi les crédits disponibles.
- La liquidation :
 La constatation du service fait : s'assurer que la personne avec laquelle l'Etat a
traité ou à l'égard de laquelle il s'est engagé a bien accompli, dans les conditions
prévues, les obligations qui lui étaient imposées ;
 Le calcul du montant de la dette : nécessité de calculer exactement le montant
de la dette de l'Etat et de s'assurer qu'elle est bien exigible.
- L’ordonnancement :
 Ordonner le paiement au comptable compétent : le paiement ne peut intervenir
que si l'autorité compétente donne l'ordre de l'effectuer ;
 Etablir un titre de paiement : les titres d'ordonnancement sont datés et portent,
par ordonnateur, un numéro d'ordre d'une série unique et ininterrompue par
année budgétaire (désignation de l’ordonnateur, imputation budgétaire, année
d’origine de la créance, désignation précise du créancier, montant et objet de la
dépense)
127
 Les ordonnancements ou mandatements émis par les ordonnateurs sont
récapitulés dans des bordereaux d’émissions établies en double exemplaire et
qui ne peuvent contenir que des ordonnancements ayant une même imputation
budgétaire et un même mode de règlement.
3°) Les contrôles exercés par les comptables :
- Dès accomplissement des formalités d’ordonnancement, les dossiers y afférents sont
transmis au comptable assignataire ;
- Ce dernier dispose de délais fixés pour viser les titres de dépenses ou les renvoyer à
l’ordonnateur à savoir :
 5 jours s’il s’agit de dépenses de personnel ;
 15 jours pour les autres natures de dépenses.
- La régularité de l'assignation de la dépense :
 L’assignation de la dépense : le comptable ne doit, en premier lieu, accepter que
les mandats émis par l'ordonnateur qui a été régulièrement accrédité auprès de
lui ;
 La qualité de l’ordonnateur ou de son délégué : vérification de l’accréditation de
l’ordonnateur. Un spécimen de signature est notifié au comptable ;
- La disponibilité des crédits : le contrôle de l'existence de crédits disponibles ne
présente plus de difficulté depuis la mise en place du système GID :
 Chez l’ordonnateur : les crédits s’épuisent au fur et à mesure des
ordonnancements ;
 Chez le sous-ordonnateur : ne peut mandater les dépenses que dans la limite des
crédits qui lui sont spécialement délégués à cet effet par le Ministre dont il relève.
- La validité de la créance :
 A ce niveau le comptable est tenu de s’assurer que les actes nécessitant un visa
préalable d’engagement ont été effectivement visés ;
 L’exactitude des calculs de liquidation : vérifier l'exactitude de tous les
décomptes qui aboutissent à la détermination du montant de la dette de
l’organisme public ;
 La production de justifications : s'assurer de la production, à l'appui des
ordonnances ou mandats de paiement, de pièces dont celles sur lesquelles figure
la certification par l'ordonnateur du service fait.

128
- Le caractère libératoire du règlement :
 L’absence d’opposition au paiement : nantissement, cession de créance, saisie-
arrêt, ATD ;
 Prise en charge des oppositions : les oppositions notifiées et reconnues
régulières, après leur contrôle, sont prises en charge.
4°) L’apurement des dépenses publiques :
- Le paiement :
 Seules les dépenses inférieures à 1 500 DH peuvent être payées en numéraire,
sauf dérogation accordée par le Ministre des Finances ;
 Pour toute dépense payable hors du Maroc l’ordonnateur établit un ordre de
virement destiné à BAM :
 Gains de change : 7124 (débit) et 8210 (crédit) / CST (TM Finances).
Puis émission d’un AC à adresser à la TM Finances ;
 Perte de change : 8211 (débit) / CST (TM Finances) et 1001 (crédit).
Ensuite émission d’un AD à adresser à la TM Finances.
 Cas de successions et de procurations :
 Cas de successions : vérifier l’acte de décès, les dispositions de la
prescription du titre de paiement, lire attentivement la copie certifiée
conforme de l’acte d’hérédité adoulaire ;
 Cas de procuration : vérifier la procuration qui peut être sous seing privé,
adoulaire ou notariée.
- La prescription ou la déchéance :
 La prescription : vise à apurer les comptes de l’Etat dans un délai raisonnable ;
 La déchéance : s’assurer que la créance n’est pas atteinte par la prescription
quadriennale.
5°) Procédures particulières :
- Les régies d’avance :
 La régie est créée par arrêté conjoint du Ministre intéressé et du Ministre des
Finances ;
 Ledit arrêté doit fixer le service auprès duquel la régie est créée, la nature des
dépenses ainsi que l’imputation budgétaire, le montant maximum de l’encaisse
du régisseur et le comptable de rattachement ;

129
 Réception des fonds par le régisseur : demande d’autorisation de paiement par
voie de régie (DAP)  ORD ou SORD  inscrit son montant dans sa
comptabilité administrative (engagements)  visa du comptable assignataire ;
 Le régisseur doit verser au comptable toutes les pièces de dépenses qu’il a
payées sur sa caisse, ce qui lui permettra de se réapprovisionner en numéraire
dans la limite de l’autorisation de crédits qu’il détient et du plafond de l’encaisse
fixé par l’arrêté de création de la régie ;
 Le comptable tient une fiche d’encaisse retraçant :
 Les fonds versés ;
 Les fonds justifiés ;
 Le solde en caisse.
- Les dépenses sans ordonnancement préalable (DSO) : dépenses effectuées par les
attachés militaires placés auprès des ambassades du Royaume à l’étranger, et soumises
au contrôle des agents comptables à l’étranger. Ces dépenses comprennent plusieurs
natures (charges immobilières, taxes et redevances, frais de réception et cérémonies
officielles, frais d’escales…).

130
Le recours en matière des marchés publics
M. Mohammed NABAOUI, Conseiller juridique des administrations à la commission des Marchés/SGG

1°) Différentes formes de contentieux :


- Contentieux précontractuel :
 Indisponibilité des DAO ;
 Documents incomplets ;
 Stipulations contradictoires ;
 Clauses imprécises.
- Contentieux contractuel :
 Ordres de service abusifs ;
 Erreurs dans les documents ;
 Différentes interprétations ;
 Retard et non-respect des délais.
2°) Les réclamations ne doivent pas porter sur :
- Le choix de la procédure ;
- Le rejet de la totalité des offres par le CAO ;
- La décision d’annuler la procédure par l’autorité compétente.
3°) Le dépôt d’une réclamation peut faire l’objet d’un :
- Recours hiérarchique (autorité compétente)  5 jours après affichage du résultat 
réponse 5 jours après ;
- Recours auprès de la commission des marchés ;
- Recours devant le référé contractuel )‫(القضاء االستعجالي‬.
4°) Qui doit présenter la réclamation ?
- Le concurrent ;
- Le titulaire du marché ;
- Tout concurrent potentiel.
5°) Présentation de la commission des marchés :
- La CM est un organe collégial d’étude, de concertation et de consultation en ce qui
concerne les contrats administratifs ;
- La CM est placée auprès du SGG ;
- La CM dispose d’un secrétariat permanent ;
- Elle a été instituée en 1936.

131
6°) La CM est habilitée à émettre des avis sur :
- Tout projet de textes relatifs aux MP ;
- Problèmes généraux ou particuliers concernant les MP ;
- Contestations des résultats ;
- Elaborer des instructions ;
- Entreprendre toute étude permettant l’amélioration de la commande publique.
7°) Le référé précontractuel : procédure judiciaire qui permet au juge des référés d’intervenir
en urgence et de prendre toute mesure qu’il juge nécessaire pour sauvegarder les intérêts du
requérant qui risquent de disparaître avec le temps ;
8°) Modalités de règlement des litiges prévus par les CCAG :
- Intervention de l’autorité compétente (réponse dans un délai de 2 mois) ;
- Intervention du Ministre (réponse dans un délai de 2 mois) ;
- Recours juridictionnel (réponse dans un délai de 2 mois).
9°) Procédures prévues par la loi 08-05 (procédure civile) :
- Arbitrage ;
- Médiation conventionnelle.

132
La dématérialisation des procédures des marchés publics
M. Abdellatif JARI, Chef de service de la dématérialisation des marchés publics

1°) Objectifs :
- Intégration avisée des Technologies de l’Information ;
- Modernisation et simplification des processus ;
- Amélioration de la transparence et de l’éthique ;
- Renforcement de la mise en concurrence ;
- Consolidation des mécanismes d’égalité d’accès ;
- Prévention des pratiques illicites par la réduction de l’intervention humaine dans l’acte
de l’achat.
2°) Un programme multidimensionnel :
- Juridique et normatif : réglementation des marchés publics, certification et signature
électroniques ;
- Sécurité : authentification, intégrité, non répudiation, chiffrement, horodatage,
archivage ;
- Conduite du changement : formation, assistance et communication ;
- Technique : mise en œuvre de la solution, infrastructures matérielles et réseaux.
3°) Paliers et composantes :
- Palier I : Portail des marchés publics + Base de données des marchés publics ;
- Palier II : Soumission électronique + Base de données des fournisseurs ;
- Palier III (2015) : Enchères électroniques inversées + Achats groupés électroniques.
4°) La soumission électronique :

133
Système de gestion intégrée de la dépense
M. El Houssaine AZOUR, Cadre au service de la gestion intégrée des dépenses

1°) Pourquoi le système GID ?


- Procédures lourdes ;
- Divergences dans les pratiques ;
- Nombre important d’intervenants ;
- Absence de mutualisation des ressources ;
- Répartition géographique des acteurs ;
- Disparités dans l’utilisation des TIC.
 Coût très élevé, retard dans la réalisation des ouvrages publics, retard dans la production des
comptes de gestion.

2°) Quels sont les acteurs impliqués ?


- Ordonnateurs ;
- Autorités budgétaires ;
- Trésoriers ;
- Auditeurs ;
- Bank Al-Maghrib ;
- Fournisseurs.
3°) Quels sont les objectifs de GID ?
- Réduire les délais et les coûts de traitement des actes ;
- Simplifier les procédures de gestion de la dépense ;
- Disposer, en temps réel, de l’information budgétaire et comptable.
4°) Quel est le périmètre fonctionnel du système GID ?
- Gestion des crédits (mouvements des crédits, augmentation des crédits, réservation des
crédits, recettes CSR/SEGMA) ;
- Gestion des dépenses (engagement, liquidation, ordonnancement, oppositions,
règlement) ;
- Clôture de l’exercice (états de report, situations de fin d’année, comptes de fin
d’année) ;
- Pilotage de la gestion (Tableaux de bord et reporting).
- Le système GID prend en charge toutes les dépenses des biens et services, tous les types
d'acteurs de la dépense (Ordonnateurs, comptables publics, décideurs, fournisseurs, …)
et tous les types de budgets (Etat, Collectivités territoriales).

134
MODULE VIII :
FINANCE
DES COLLECTIVITES
TERRITORIALES

135
Organisation des finances des collectivités territoriales
M. Abderrahim OBAID, Trésorier Ministériel auprès du Ministère de l’Education Nationale

1°) Processus de l’évolution des finances des locales marocaines :


- L’émergence des finances locales :
 Avant le protectorat : la notion de budget local n’existait pas ;
 Pendant le protectorat : nouveau système des villes  développement des
services publics  budgets municipaux
 Taxe urbaine (1942) ;
 Taxe d’habitation (1944) ;
 Impôt des patentes (1948).
 Avènement de l’indépendance :
 Gestion confiée aux percepteurs du MEF en 1957 ;
 Charte communale en 1960 puis charte de 1976.
- La réforme de 1976 :
 La décentralisation a pour objet de confier aux élus locaux la responsabilité de
gérer les biens de la collectivité ;
 Auparavant, il existait 2 budgets : primitif (fonctionnement) et additionnel
(d’équipement) ;
 Avec cette réforme, le budget est divisé en 3 parties : principal, annexes,
spéciaux.
- Les apports de la réforme de 2009 :
 Allègement du régime de tutelle sur la gestion des finances locales ;
 Logique de performance  pluriannualité ;
 Réduction du champ d’application du contrôle à priori ;
 Autonomie financière renforcée ;
 Possibilité donnée aux conseils de procéder à des virements de crédits sans
limitation ;
 Possibilité de reporter les crédits de fonctionnement engagés et non mandatés à
la clôture de l’exercice (annulation aveugle des crédits auparavant) ;
 Transmission à l’autorité de tutelle des documents de synthèse sur la situation
financière de la collectivité ;
 Mise en place d’un agent judiciaire pour représenter la collectivité en justice ;
 Suppression de l’approbation préalable du MI du compte administratif.

136
2°) Les principes budgétaires :
- Le budget comprend deux parties :
 La première partie décrit les opérations de fonctionnement tant en recettes qu'en
dépenses ;
 La deuxième partie est relative aux opérations d'équipement ; elle présente
l'ensemble des ressources affectées à l'équipement et l'emploi qui en est fait.
- Le budget peut comprendre des budgets annexes et des comptes spéciaux :
 Les budgets annexes :
 Les budgets annexes sont créés par arrêté du Ministre de l’intérieur ;
 Ils décrivent les opérations de B ou S donnant lieu à rémunération ;
 L’excédent des recettes de fonctionnement sur les dépenses est affecté,
en premier lieu, au financement des dépenses d’équipement et, pour le
surplus, pris en recette au budget ;
 L’insuffisance des ressources affectées aux dépenses d’équipement est
compensée par une dotation d’équipement prévue.
 Les comptes spéciaux :
 Comptes d’affectation spéciale (programme d’emploi établi par
l’ordonnateur)  pluriannualité 3 ans ;
 Comptes de dépenses sur dotations (opérations dont le financement est
assuré par des ressources préalablement déterminées).
- La programmation pluriannuelle : renforcer l’efficacité et l’efficience de la dépense
publique, assurant une bonne visibilité des politiques publiques, une meilleure
articulation entre les programmes sectoriels à travers une programmation appropriée des
crédits.
3°) Etablissement, vote et présentation du budget à l’approbation :
- Préparation et voté du budget :
 Le budget est préparé par le président du conseil pour les communes urbaines et
rurales et leurs groupements et par l'ordonnateur pour les régions, les préfectures
et provinces ;
 Il doit être adopté au plus tard le 15 novembre.
- Présentation du budget à l’approbation :
 Au plus tard le 20 novembre ;
 En cas de rejet  établissement d’un budget de fonctionnement basé sur le
budget de l’année précédente et compte tenu de l’évolution des besoins.

137
- Approbation du budget :
 Le budget est approuvé selon les conditions suivantes :
 Le respect des lois et règlements en vigueur ;
 L'équilibre réel entre les prévisions de recettes et les prévisions de
dépenses ;
 L'inscription des dépenses obligatoires.
 En cas de refus  renvoi à l’ordonnateur dans un délai de 15 jours de la date de
réception  délai de 15 jours pour le réexamen et vote.
4°) L’exécution du budget :
- Modification du budget :
 Le budget peut être modifié en cours d'année par l'établissement de budgets
modificatifs ;
 Pour les régions, les préfectures et les communes de Mechouars : décision de
l'ordonnateur après délibération du conseil délibérant ;
 Pour les communes urbaines et rurales : décision du président du conseil avec
ou sans délibérations du conseil ;
 Pour les arrondissements : décision prise par le conseil.
- Les ressources et les charges des collectivités locales et de leurs groupements :
RESSOURCES CHARGES
• Les impôts et taxes que la CT est autorisée à
• Dépenses de fonctionnement des services :
percevoir ;
personnel, entretien, matériel, fournitures, frais
• Les redevances et rémunérations pour services
financiers relatifs au remboursement de la dette,
rendus ;
subventions accordées, participations à des opérations
• Les ressources provenant du transfert de la part des
d'intérêt local ou national et autres charges diverses.
impôts et taxes de l'Etat affectée aux CT ;
• Les subventions accordées par l'Etat ou par d'autres • Dépenses d'équipement : travaux neufs, bâtiments,
personnes morales de droit public ; routes, équipements d'intérêt local, amortissement du
capital emprunté, subventions accordées, prises de
• Le produit des emprunts autorisés ;
participation, participations à des réalisations d'intérêt
• Les revenus de la propriété et des participations ; local ou national concernant les CT.
• Les fonds de concours ; • Les charges des groupements comprennent les
• Les dons et legs ; dépenses de fonctionnement et d'équipement
• Les recettes diverses et autres ressources prévues par nécessaires à la réalisation des opérations pour
les lois et règlements. lesquelles les groupements ont été créés.

- Les dotations budgétaires affectées aux dépenses d'équipement :


 Crédits d'engagements : limite supérieure des dépenses que les ordonnateurs
sont autorisés à engager pour l'exécution ;
 Crédits de paiement : limite supérieure des dépenses susceptibles d'être
mandatées au cours de l'année pour la couverture des engagements.

138
Gestion du personnel des collectivités territoriales
M. Ahmed LAHRECH, Trésorier Ministériel auprès du Ministère de l’Intérieur

1°) Les différentes composantes du personnel des CT :


- Le personnel des communes urbaines et rurales ;
 Les fonctionnaires communaux recrutés en vertu des dispositions des statuts
particuliers ;
 Les agents temporaires, journaliers et occasionnels ;
 Les fonctionnaires de l’Etat détachés auprès des communes ;
 Les agents contractuels mis à la disposition des communes ;
 Le cadre des secrétaires d’état civil ;
 Le cadre des contrôleurs d’état civil.
- Le personnel des préfectures et des provinces :
 Les fonctionnaires recrutés en vertu des dispositions particulières du décret royal
portant statut particulier du personnel du Ministère de l’intérieur ;
 Le personnel recruté en vertu des dispositions des autres statuts particuliers ;
 Le corps des administrateurs du Ministère de l’intérieur ;
 Le personnel temporaire, journalier et occasionnel.
- Le personnel de la région :
 Le président du conseil régional ;
 Le secrétaire général ;
 Les chargés de mission et les chargés d’études.
2°) Obligations des fonctionnaires :
- Obligations professionnelles (assurer personnellement son service, respecter et faire
respecter l’autorité de l’Etat, obéir aux ordres de la hiérarchie, avoir l’aptitude
professionnelle et physique pour exercer son travail, interdiction de cumul entre
rémunération) ;
- Obligations liées à la vie privée du fonctionnaire (discrétion professionnelle,
interdiction d’exercer à titre professionnelle une activité lucrative, …).
3°) Les droits des fonctionnaires :
- Droits constitutionnels (égalité pour l’accès aux emplois publics, exercice des libertés
individuelles et collectives, protection contre le pouvoir hiérarchique) ;
- Droits administratifs et sociaux (nomination et mutation, salaire, indemnités et autres
avantages matériels, congés administratifs et de maladie, …).

139
4°) Personnel non titulaire :
- Après l’interdiction de recrutement des agents temporaires décidée à compter de 2009,
le Ministre de l’intérieur a décidé de titulariser l’ensemble des agents temporaires en
activité auprès des collectivités territoriales ;
- Suite donc à ce constat, le personnel non titulaire est composé désormais des catégories
suivantes :
 Agents Journaliers et occasionnels : Cette catégorie est soumise à l’ensemble
des obligations hiérarchiques et professionnelles édictés par la réglementation
en vigueur + RCAR et assurance contre les accidents de travail ;
 Agents contractuels : faire face à des besoins qui ne peuvent être satisfaits par le
mode normale de recrutement. Leurs droits et obligations découlent des clauses
du contrat ;
 Fonctionnaires stagiaires : toute personne nommée dans un emploi permanent,
et dont la titularisation dans un grade de la hiérarchie des cadres de
l'administration de l'Etat n'a pas été prononcée.
- Les catégories de personnels exclues du SGFP : le corps des administrateurs du
Ministère de l’intérieur régi, le personnel journalier et occasionnel, les contractuels et
les stagiaires.
5°) Lois des cadres ou tableaux des emplois :
- Document annexé au budget des CT, elle retrace pour chaque collectivité, au titre de
l’année budgétaire la situation des postes budgétaires par cadre et par grade ;
- Le tableau des emplois est conçu en trois parties :
 Personnel titulaire et assimilé (stagiaires) ;
 Personnel temporaire ;
 Personnel contractuel.
6°) Pouvoir de nomination :
- Pour la région ce pouvoir est exercé par le président du conseil régional après visa du
gouverneur chef-lieu de la région en sa qualité d’ordonnateur du budget de la région ;
- Pour la préfecture ou province c’est le Ministre de l’intérieur ou son délégué ;
- Pour les communes ce pouvoir est actuellement partagé entre le président du conseil
communal et le Ministre de l’intérieur.
7°) Déroulement de la carrière (même chose que pour les fonctionnaires de l’Etat/SGFP)
8°) Modernisation et simplification de la gestion du personnel communal (Wadef@ujour,
suppression du contrôle de régularité au niveau du comptable).
140
Gestion du patrimoine communal
M. Ahmed LAHRECH, Trésorier Ministériel auprès du Ministère de l’Intérieur

1°) Composition et classement du patrimoine communal :


- Composition :
 Mobilier : permettant le fonctionnement normal des services de la collectivité ;
 Immobilier : moyens matériels permettant la réalisation des projets de
développement économique, culturel et social, etc.
- Classement :
 Domaine public : biens soit affectés à l’usage direct du public soit affectés à un
service public :
 Les rues, chemins, places, jardins publics ainsi que les monuments,
fontaines, installations d'éclairages et les ouvrages qui en sont les
accessoires ;
 Les eaux destinées à l'alimentation de la ville, ainsi que la canalisation,
aqueducs, châteaux d'eaux et d'autres installations faisant partie du
domaine public ;
 Les cimetières autres que les cimetières musulmans et israélites ;
 Les immeubles tels que les souks et leurs dépendances, fondouks,
abattoirs, monuments, bains parasiticides.
 Domaine privé : réserve foncière non affectée de manière effective à une mission
de service public ou à l’usage du public.
2°) Cadre juridique et formes d’exploitation du domaine communal :
- Formes d’exploitation des biens du domaine public :
 L’affectation au public obéit en principe, à trois règles qui sont : la liberté, la
gratuité, et l'égalité de l'utilisation ;
 Utilisation privative du domaine soumise au paiement d’une redevance.
- Formes d’exploitation des biens du domaine privé :
 Cession :
 Municipalités : délégation permanente aux pachas et caïds pour autoriser
l'aliénation ou l'échange des menus objets mobiliers faisant partie du
domaine privé municipal qui ne sont plus susceptibles d'utilisation.
 Communes rurales : les ventes de meubles ou d'immeubles décidées par
le conseil rural sont effectuées aux enchères publiques par le percepteur.

141
 Acquisition :
 L’approbation des délibérations relatives à la gestion du patrimoine est
accordée :
 Par le MI si le montant est supérieur à 2,5 MDH ;
 Par le Wali de la région si le montant est inférieur ou égal à ce
montant ;
 Le Wali peut déléguer ce pouvoir aux gouverneurs des provinces
et préfectures pour les opérations dont les montants sont de
l’ordre 1 MDH.
 Acquisition amiable : la collectivité agit comme un particulier (recours
aux règles de droit commun) ;
 Acquisition forcée : expropriation pour cause d’utilité publique ;
 Les dons et les legs : son acceptation par le conseil communal peut
engendrer des charges pesant sur le budget communal  approbation du
MI ;
 Les échanges : elle doit faire une expertise du bien qu'elle cède et de celui
qu'elle acquiert pour savoir si leurs valeurs sont bien analogues.
3°) Gestion des services publics locaux (SPL) :
- Gestion directe (régie directe) :
 La régie directe intervient en matière de gestion du domaine communal (public
ou privé) chaque fois que la commune concernée exploite elle-même les biens
qui lui appartiennent ou qui lui sont affectés ;
 Elle est conçue pour faciliter les opérations d’encaissement de certains taxes et
produits locaux ;
 Acte de création : décision du Ministre de l’intérieur sur proposition de
l’ordonnateur ;
 Le comptable assignataire est tenu de procéder, sans préavis et chaque fois qu’il
le juge opportun, ou sur demande de l’ordonnateur, tant au bureau du régisseur
de recettes qu’aux postes des suppléants :
 A la vérification de la comptabilité de la caisse ;
 A l’inventaire des tickets, des autres valeurs et des quittanciers ;
 A l’appréciation du fonctionnement et de la performance de la régie.

142
- Etablissements publics locaux (régie autonome) :
 Régie dotée de la personnalité civile et de l'autonomie financière ;
 La régie tient ses écritures et effectue ses recettes et paiements selon les lois et
usages du commerce ;
 Celle-ci est soumise à un contrôle préalable exercé par le ministre chargé des
finances, le contrôleur d’Etat et le trésorier payeur.
- Gestion déléguée :
 La délégation peut porter, en plus de l’exploitation du service, sur la réalisation
de travaux et d’équipements qui s’y rattachent (délégation de type concessif
incluant des investissements ou limitée à la gestion d’installations existantes en
forme d’affermage ou de gérance) ;
 Contrat de concession : une personne publique (autorité concédante) confie par
contrat et pour une durée déterminée (souvent longue) l’exécution d’un service
public à un tiers souvent personne privée (le concessionnaire) ;
 Contrat d’affermage : confier l’exploitation dudit service public à un fermier,
personne physique ou morale, chargé de recouvrer certains produits générés par
l’exploitation, moyennant une somme fixe ou un pourcentage sur les recettes
brutes.
 Sociétés de développement local (SDL) : permet au service public d’être géré de
manière plus professionnelle, dans la mesure où il sera régi par les dispositions
de la loi relative aux sociétés anonymes et non suivant les règles de la
comptabilité publique communale.
 Contrat PPP : le Partenariat Public-Privé est une forme de coopération par
laquelle les collectivités territoriales ou leurs groupements, confient à des
partenaires de droit privé dit, à travers un contrat administratif, de durée
déterminée, la responsabilité de réaliser une mission globale de conception, de
financement de tout ou partie, de construction ou de réhabilitation, de
maintenance et/ou d’exploitation d’un ouvrage ou infrastructure nécessaire à la
fourniture d’un service public.

143
La fiscalité locale
M. Hamid BENHAMDOUCH, Trésorier Régional de Casablanca

1°) La taxe professionnelle :


- Personnes et activités imposables : toute personne physique ou morale de nationalité
marocaine ou étrangère qui exerce au Maroc une activité professionnelle ;
- Base imposable : établie sur la valeur locative annuelle brute normale et actuelle. Cette
valeur ne peut en aucun cas être inférieure à 3% du taux de revient des terrains,
constructions, agencements, matériels et outillages ;
- Taux d’imposition :
C3 (10%) C2 (20%) C1 (30%)
CU 300 600 1 200
CR 100 200 400

- Répartition :
 80% aux budgets des communes du lieu d'imposition ;
 10% au profit des chambres de commerce, d'industrie et de services, des
chambres d'artisanat, etc. ;
 10% au budget général au titre des frais de gestion.
- Il est procédé annuellement à un recensement des redevables exerçant une activité
professionnelle, même lorsqu'ils sont expressément exonérés de la taxe professionnelle.
2°) La taxe d’habitation :
- Personnes et biens imposables : porte annuellement sur les immeubles bâtis et
constructions de toute nature occupés en totalité ou en partie par leurs propriétaires à
titre d'habitation principale ou secondaire ou mis bénévolement ;
- Base imposable : assise sur la valeur locative des immeubles fixée d'après la moyenne
des loyers pratiqués pour les habitations similaires situées dans le même quartier. Elle
est révisée tous les 5 ans par une augmentation de 2% ;
- Taux d’imposition :
Valeur locative annuelle Taux
0 à 5 000 DH Exonérée
5 001 à 20 000 DH 10%
20 001 à 40 000 DH 20%
40 001 DH et plus 30%
- Répartition :
 90% aux budgets des communes du lieu d'imposition ;
 10% au budget général au titre de frais de gestion.

144
- Il est procédé annuellement à un recensement des immeubles relevant de la taxe
d'habitation même lorsqu'ils sont expressément exonérés de ladite taxe.
3°) La taxe des services communaux (ex-édilité) :
- Personnes et biens imposables : établie annuellement au lieu de situation des immeubles
soumis à cette taxe (zones urbaines, centres délimités, etc.) ;
- Base imposable : assise sur la valeur locative pour les immeubles soumis à la TH ou à
la taxe professionnelle ;
- Taux d’imposition :
Zone Taux
Communes urbaines, centres délimités, stations estivales et hivernales 10,5%
Biens situés dans les zones périphériques des CU 6,5%

- Répartition :
 95% aux budgets des communes ;
 5% aux budgets des régions.
4°) Taxe sur les terrains urbains non bâtis :
- Personnes et biens imposables : porte sur les terrains urbains non bâtis situés à l'intérieur
des périmètres des communes urbaines et les centres délimités disposant d'un document
d'urbanisme. La taxe est due par le propriétaire et, à défaut de propriétaire connu, par le
possesseur ;
- Base imposable : assise sur la superficie du terrain au mètre carré. Chaque fraction de
mètre carré étant comptée pour un mètre carré entier ;
- Taux d’imposition :
Zone Taux
Zone immeubles 4 à 20 DH/m2
Zone villas, zone logement individuel et autres zones 2 à 12 DH/m2

- La taxe sur les terrains urbains non bâtis est payée spontanément à la caisse du régisseur
communal avant le premier mars de chaque année ;
- Il est procédé annuellement à un recensement des propriétés soumises à la taxe sur les
terrains urbains non bâtis.
5°) la taxe sur les opérations de constructions :
- Activités et personnes imposables : s'applique aux opérations de construction, de
reconstruction et d'agrandissement de toute nature ainsi qu'aux opérations de
restauration qui nécessitent un permis de construire. Celle-ci est due par le bénéficiaire
de l'autorisation de construire ;

145
- Base imposable : calculée sur la superficie au mètre carré couvert. Chaque fraction de
mètre carré étant comptée pour un mètre carré entier ;
- Taux d’imposition :
Type de biens Taux
Immeubles collectifs de logements ou ensembles immobiliers, immeubles à usage industriel,
10 à 20 DH/m2
commercial, professionnel ou administratif
Logements individuels 20 à 30 DH/m2

- Paiement au moment de la délivrance de l’autorisation de construire ;


- Les bénéficiaires de l'autorisation de construire sont tenus, avant le démarrage des
travaux, d'afficher les références de l'autorisation ainsi que la date de sa délivrance.
6°) La taxe sur les opérations de lotissement :
- Activités et personnes imposables : s'applique à toute opération de lotissement. La taxe
est due par le bénéficiaire de l'autorisation de lotir ;
- Base imposable : assise sur le coût total des travaux d'équipement du lotissement HT ;
- Taux d’imposition : 3% à 5% du coût total des travaux d'équipement du lotissement ;
- Les redevables de la taxe sont tenus de la verser spontanément à la caisse du régisseur
communal après avoir déposé un certain nombre de documents (coût total estimatif, …).
7°) La taxe sur les débits de boissons :
- Personnes imposables : la taxe sur les débits de boissons est due par les exploitants des
cafés, bars et salons de thé et de manière générale, par tout débitant de boissons à
consommer sur place ;
- Base imposable : assise sur les recettes HT réalisées sur la vente des boissons à
consommer sur place effectuées par les exploitants des établissements soumis à la taxe ;
- Taux d’imposition : 2% à 10% des recettes HT ;
- Les redevables sont tenus de déposer dans un délai maximum de 30 jours suivant la date
du début de l'activité une déclaration d'existence.
8°) La taxe de séjour :
- Personnes imposables : perçue dans les établissements d'hébergement touristiques
appartenant à des personnes morales ou physiques et vient en sus du prix de la chambre ;
- Base imposable : due par personne et par nuitée selon les tarifs fixés pour les différentes
catégories d'établissements d'hébergement touristiques ;

146
- Taux d’imposition :
Catégorie d’établissement Taux
Maisons d'hôtes, centres ou palais de congrès et hôtels de luxe 15 à 30 DH
Hôtels :
5 étoiles 10 à 25 DH
4 étoiles 5 à 10 DH
3 étoiles 3 à 7 DH
2 et 1 étoiles 2 à 5 DH
Clubs privés 10 à 25 DH
Villages de vacances 5 à 10 DH
Résidences touristiques 3 à 7 DH

- Le montant de la taxe est versé spontanément à la caisse du régisseur communal,


trimestriellement, avant l'expiration du mois suivant chaque trimestre, sur la base du
nombre de clients.
9°) La taxe sur les eaux minéraux et de table :
- Personnes et biens imposables : due par les entreprises exploitant les sources d'eaux
minérales ou de table, devant être livrées à la consommation sous forme de bouteilles ;
- Base imposable : assise sur chaque litre ou fraction de litre des eaux minérales et de
tables devant être livrées à la consommation sous forme de bouteilles ;
- Taux d’imposition : 0,10 DH/litre ou fraction de litre des eaux minérales et de tables ;
- Le montant de la taxe est versé spontanément à la caisse du régisseur communal,
trimestriellement avant l'expiration du mois suivant chaque trimestre.
10°) La taxe sur le transport public des voyageurs :
- Personnes et activités imposables : activité des taxis et de d’autocars de transport public
de voyageurs à raison de leur exploitation territoriale. La taxe est due par les
propriétaires ou à défaut de propriétaires connus par les exploitants de taxis et d’autocars
affectés au transport public de voyageurs.
- Base imposable : assise sur l'activité de transport public de voyageurs en fonction des
catégories de véhicules ;
- Taux d’imposition :
Catégorie de véhicules Taux
ème
Taxi de 2 catégorie 80 à 200 DH
ère
Taxi de 1 catégorie 120 à 300 DH
Autocars moins de 7 places 150 à 400 DH
Autocars moins de série C 300 à 800 DH
Autocars moins de série B 500 à 1 400 DH
Autocars moins de série A 800 à 2 000 DH

147
- Le montant de la taxe est versé spontanément, trimestriellement avant l'expiration du
mois suivant chaque trimestre, à la caisse du régisseur :
 De la commune d'exploitation des taxis de 2ème catégorie ;
 De la commune du lieu de départ du véhicule pour les autres catégories.
11°) La taxe sur l’extraction des produits de carrières :
- Personnes et activités imposables : les quantités de produits extraits des carrières situées
dans le ressort territorial de la commune. La taxe est due par l'exploitant autorisé, quel
que soit le régime de propriété de la carrière ;
- Base imposable : assise sur la quantité extraite des produits de carrières en fonction de
la nature de ces produits ;
- Taux d’imposition :
Nature des produits Taux
Pour les roches à usage ornemental et cosmétique,
20 à 30 DH
vanadinite, ghassoul, agate corail et saphir
Pour les variétés de marbre 15 à 20 DH
Pour le sable et les roches destinés à la construction
(pierre, gypse, tout venant) et les roches destinées à 3 à 6 DH
un usage industriel (calcaire, argile, pouzzolane)

- Répartition :
 90% au profit des budgets des communes concernées ;
 10% au profit du budget de la région concernée.
- Le montant de la taxe est versé spontanément à la caisse du régisseur communal
trimestriellement avant l'expiration du mois suivant chaque trimestre.
12°) La taxe sur les permis de conduire :
- Personnes et opérations imposables : établie à l'occasion de la délivrance du permis de
conduire ou de son extension à une autre catégorie. La taxe est due par toute personne
qui obtient un permis de conduire ou une extension de ce permis à une autre catégorie ;
- Taux d’imposition : le montant de la taxe est fixé à 150 dirhams ;
- La taxe est perçue par l'organisme habilité à délivrer le permis de conduire ou son
extension à une autre catégorie.
13°) La taxe sur les véhicules automobiles soumis à la visite technique :
- Personnes et opérations imposables : véhicules automobiles soumis à la visite technique.
Elle est due à l'occasion de la visite technique annuelle desdits véhicules ;

148
- Taux d’imposition :
Puissance fiscale Tarif
Inférieure à 8 chevaux 30 DH
8 à 10 chevaux 50 DH
11 à 14 chevaux 70 DH
Egale ou supérieure 15 chevaux 100 DH

- La taxe est perçue par l'organisme habilité à procéder à la visite technique des véhicules
qui appose une vignette spéciale sur le certificat de visite.
14°) La taxe sur la vente des produits forestiers :
- Personnes et opérations imposables : appliquée sur le montant HT des ventes des
produits forestiers, y compris les coupes de bois. La taxe est due par l'acquéreur des
produits forestiers ;
- Taux d’imposition : 10% du montant des ventes ;
- La taxe est liquidée et recouvrée par l'administration des eaux et forêts dans les mêmes
conditions que celles régissant la liquidation et le recouvrement des ressources
forestières.
15°) la Taxe sur les permis de chasse :
- Personnes imposables : due par le bénéficiaire du permis de chasse ;
- Taux d’imposition : le montant annuel de la taxe est fixé à 600 DH ;
- La taxe sur les permis de chasse est perçue par le régisseur de la province ou de la
préfecture qui en délivre une vignette au redevable lors de la délivrance du permis.
16°) La taxe sur les exploitations minières :
- Personnes et activités imposables : appliquée sur les quantités extraites des exploitations
minières réalisées par les concessionnaires et exploitants de mines quelle que soit la
forme juridique de cette exploitation ;
- Taux d’imposition : fixé entre 1 DH à 3 DH par tonne extraite ;
- Le montant de la taxe est versé spontanément à la caisse du régisseur de la région,
trimestriellement, avant l'expiration du mois suivant chaque trimestre.
17°) La taxe sur les services portuaires :
- Personnes et activités imposables : taxe due par les organismes concernés sur les
services portuaires rendus dans l'enceinte des ports situés dans la région, à l'exclusion
des services liés au transport international et relatifs aux marchandises en transit ;
- Taux d’imposition : fixé de 2% à 5% du CA HT ;
- La taxe est perçue par l'organisme prestataire de services.

149
Conseil et analyse financière des collectivités territoriales
M. Mohamed LOTFI, Cadre à la TGR

1°) Les sources d’informations :


- Les opérations financières des CT et de leurs groupements, constituée à partir des envois
des trésoriers et receveurs communaux ;
- Les données centralisées sont celles des applications « services gérés », GIR, GID,
Wadef@ujour ou paie communale ;
- Quatre types de rapports :
 Tableaux de bord et bulletins mensuels ;
 Rapports d’analyse financière rétrospective (s’étalant sur 4 années de
profondeur  permettant de dégager les tendances d’évolutions
pluriannuelles) ;
 La situation du suivi de l’exécution du budget ;
 Rapport d’analyse financière prospective (projection sur 4 années de la situation
financière de la collectivité).
2°) Composants des documents d’analyse :
- Les situations des opérations financières :
 Situation résumée des opérations financières ;
 Situation des recettes ;
 Situation des dépenses.
- Les graphiques :
 Structure des différentes parties du budget en recettes et en dépenses ;
 Graphiques d’évolution pluriannuelle.
- L’Etat des soldes de gestion (ESG) : permettre de dégager les agrégats fondamentaux :
 La marge d’autofinancement courant (MAC) ;
 La capacité d’autofinancement (CAF) ;
 La capacité d’investissement ;
 Le fonds de roulement ;
- Le tableau des ratios (9 ratios).
3°) Définition des agrégats d’analyse financière des CT :
- MAC : correspond à l’excédent des recettes de fonctionnement sur les dépenses de
fonctionnement. Elle est destinée à financer les investissements. C’est l’épargne
courante de la collectivité territoriale gérée ;

150
- CAF : ensemble des ressources que peut générer la CT pour faire face à ses dépenses
d’investissement :
CAF = MAC + Ressources internes d’investissement
- La capacité d’investissement : totalité des ressources allouées au financement de
l’équipement ;
- Le fonds de roulement : correspond à la trésorerie de la collectivité et se mesure
habituellement par référence au volume moyen des dépenses qu’elle doit supporter au
cours d’une période déterminée. Son niveau traduit le degré de sécurité dans la gestion
de la trésorerie de la CT ;
- Articulation des agrégats :
Ressources de fonctionnement
-
Charges de fonctionnement
=
MAC
+
Ressources internes d’investissement
=
CAF
+
Ressources externes d’investissement
+
Excédents antérieurs
=
Capacité d’investissement de l’exercice
-
Investissements
=
Fonds de roulement ou solde de gestion

4°) Exemples de ratios d’analyse financière des CT :


TYPE RATIO
Autonomie financière Recettes propres / Dépenses de fonctionnement
Part de la TVA dans les RF TVA équilibre / RF
Part du personnel dans les DF Dépenses de personnel / DF
Taux d'endettement Service de la dette / RF
Effort d'équipement Dépenses d'équipement / Dépenses totales
Ratio de fonds de roulement (solde global fin d'exercice / dépenses totales)*360

5°) Déroulement de l’analyse :


- Consulter l’ESG pour apprécier l’évolution des agrégats ;
- Comparer la MAC à celle des années antérieures  si baisse de la MAC  causes ?
 Augmentation des charges courantes ou Baisse des recettes courantes ;
- L’investissement  Taux d’accroissement  Effort d’équipement.

151
MODULE IX :
ACTIVITE BANCAIRE
DE LA TGR

152
L’activité bancaire de la TGR et son évolution
M. Hamza KHAYAT, Chef de service du suivi de l’activité bancaire

- La finalité de l’activité bancaire est de contribuer au financement de la trésorerie


publique ;
- Objectifs :
 Collecte et développement de l’épargne ;
 Participation à la bancarisation de l’économie.
- 44 MMDH de dépôts (8% des dépôts bancaires au Maroc)  84 100 comptes.
1°) Genèse et évolution :
- Fermiers généraux (1492 – 1789) ;
- Le consulat et la crise induite par l’ancien régime (1799 – 1804) ;
- Le premier empire (1804 – 1814) ;
- Au Maroc :
 Arrêté résidentiel portant création d’un service de dépôts de fonds particuliers
du Trésor chérifien (1949) ;
 Instruction de 1965 ;
 Arrêté du MEF de 1984 fixant les modalités de fonctionnement des comptes de
dépôts ouverts auprès de la TGR  modifié en 2005.
2°) Clients :
- Segment stratégique des établissements et organismes publics ;
- Segment des personnes physiques ;
- Segment des personnes morales privées ;
- Comptes des notaires et des secrétaires greffiers (1 550 comptes de 8 MMDH).
3°) Réseau :
- Jusqu’en 2004, l’activité bancaire était limitée aux perceptions ;
- Réseau d’agences bancaires (Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger et Agadir) et TP,
en plus d’agences en cours (Rabat Agdal, Casablanca Bourgogne, …).
4°) Produits et services :
- Comptes de dépôts à vue rémunérés (CDAV) depuis 1949 ;
- Comptes de dépôts à terme de 3 mois ou 6 mois (CDAT) depuis 2007.
- Les taux de rémunération des CDAV et des CDAT sont calculés sur la base du TMP
des bons du trésor sur 52 semaines.

153
5°) Principales évolutions :
- Nouveau système d’information basé sur le progiciel Olympic Banking de l’éditeur ERI
(depuis 2009) ;
- Une culture de relation client de plus en plus ancrée (partenariats avec les établissements
publics, MGPAP, OMFAM, …) ;
- La Direction du Trésor et des Finances Extérieures (DTFE) place les épargnes au niveau
du marché.
6°) Axes de développement :
- Scénario de recentrage (se désengager du segment des personnes de droit privé) ;
- Scénario de développement (rôle effectif de bancarisation de l’économie) ;
- Scénario intermédiaire.

154
Techniques bancaires et opérations sur les comptes
M. Noureddine TAOUIL, Chef de l’agence bancaire de Casablanca

1°) Les établissement de crédit :


- Sont considérées comme établissements de crédit les personnes morales qui exercent
leur activité au Maroc, quels que soient le lieu de leur siège social, la nationalité des
apporteurs de leur capital social ou de leur dotation ou celle de leurs dirigeants et qui
effectuent, à titre de profession habituelle, une ou plusieurs des activités suivantes :
 La réception de fonds du public ;
 Les opérations de crédit ;
 La mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou leur
gestion.
- Ne sont pas soumis aux dispositions de la loi bancaire :
 Bank Al-Maghrib ;
 La Trésorerie Générale du Royaume ;
 Les entreprises d'assurances et de réassurance ;
 Le Fonds Hassan Il pour le développement économique et social ;
 Les institutions financières internationales et les organismes publics de
coopération étrangers autorisés par une convention conclue avec le
gouvernement du Royaume du Maroc.
2°) L’activité bancaire à la TGR :
- Malgré les textes spécifiques régissant l'activité bancaire de la TGR, les opérations
effectuées dans le cadre de cette activité demeurent soumises aux dispositions juridiques
de droit privé notamment : le DOC, le CCM, le code des procédures civiles, les
circulaires de BAM et de l’OC et les conventions bancaires.
- Le contrat d’ouverture d’un compte bancaire : le compte à vue est un contrat par
lequel la banque convient avec son client d'inscrire sur un relevé unique leurs créances
réciproques sous forme d'articles de crédit et de débit ;
- Le dépôt de fonds : contrat par lequel une personne dépose des fonds auprès d’un
établissement bancaire quel que soit le procédé de dépôt et lui confère le droit d’en
disposer ;
- La lettre de change : titre par lequel une personne dénommée « le tireur » donne l'ordre
à une autre personne appelée « le tiré » de payer, à une date convenue, une somme
déterminée, à un « bénéficiaire » qui peut être le tireur lui-même ;

155
- Le virement : opération bancaire par laquelle le compte d'un déposant est, sur l'ordre
écrit de celui-ci, débité pour un montant destiné à être porté au crédit d'un autre compte ;
- Le chèque : écrit sous la forme d'un mandat de paiement, sert au tireur à effectuer le
retrait à son profit ou au profit d'un tiers, de tout ou partie des fonds disponibles portés
au crédit de son compte chez le tiré.
 Le chèque contient :
 La dénomination de chèque, insérée dans le texte même du titre et
exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce titre ;
 Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée ;
 Le nom du tiré ;
 L'indication du lieu où le paiement doit s'effectuer ;
 L'indication de la date et du lieu où le chèque est créé ;
 Le nom et la signature du tireur.
 La présentation et le paiement :
 Le chèque émis et payable au Maroc, doit être présenté au paiement dans
le délai de 20 jours ;
 Le chèque émis hors du Maroc et payable au Maroc doit être présenté
dans un délai de 60 jours ;
 Prescription :
 Les actions en recours du porteur contre les endosseurs, le tireur et les
autres obligés se prescrivent par 6 mois à partir de l'expiration du délai
de présentation ;
 L'action du porteur du chèque contre le tiré se prescrit par 1 an à partir
de l'expiration du délai de présentation.
- La carte bancaire : peut être utilisée pour le paiement d'achats et prestations de services,
les retraits d'espèces aux distributeurs de billets et le télépaiement via Internet.
3°) Le cycle de vie d’un compte courant :
- L’ouverture d’un compte : au profit des personnes physiques ou morales, avec ou sans
rémunération ;
- Les versements en espèce sur place ou déplacés ;
- Encaissements de chèques : intra-agence, inter-agences, les remises de chèques
bancaires  utilisation du SIMT ;
- Retraits chèques : sur place, déplacés, etc. ;
- Virements : de compte à compte, inter-agences, bancaires, à l’étranger, mise à dispo, …
156
- Autres opérations bancaires : encaissements des lettres de change, traitement des avis
de prélèvement ;
- Les opérations GAB : demandes et délivrance de cartes GAB, alimentations GAB,
gestion GAB, retraits GAB sur place ou déplacés ;
- Saisies sur comptes et oppositions ;
- Clôture des comptes : sur demande ou après décès du client et liquidation de succession.
4°) Le cycle de vie d’un CDAT :
- Aucun retrait partiel anticipé n'est autorisé :
 Remboursement avant 3 mois échus ;
 Remboursement après 3 mois échus.
- A l’échéance :
 Remboursement et positionnement des intérêts ;
 Renouvellement capital et positionnement des intérêts ou renouvellement capital
et intérêts.
- Relations compte courant CDAT :
 Mouvements des comptes lors de la conclusion du CDAT ;
 Mouvements des comptes lors de remboursement-renouvellement du CDAT.

157
Techniques bancaires et opérations sur les comptes
M. Youssef BENHAMMI, Chef de service de la gestion des procédures et des flux bancaires

1°) Objectifs du SIAB et choix du progiciel :


- Placer l’activité dans une logique orientée client :
 En modernisant l’exercice de l’activité par un alignement sur les meilleurs
standards de la place ;
 En renforçant le processus de dématérialisation des flux inter-agences et en
favorisant le dénouement immédiat des transactions et donc la réduction des
délais de traitement des opérations ;
 En renforçant la disponibilité, la sécurité, la fiabilité, la richesse et la maîtrise du
système d’information ;
 En simplifiant l’ouverture sur de nouveaux produits et services.
- Améliorer l’accessibilité à l’information bancaire pour une meilleure maîtrise de la
gestion interne à différents niveaux de pilotage de l’activité ;
- Le choix a été porté sur le progiciel « Olympic Banking System » édité par la société
suisse ERI Bancaire. L’accès au système se fait via un simple browser (Internet
Explorer).
2°) Référentiel clients/comptes :
- Ouvertures/clôtures/blocages de comptes ;
- Gestion de la clientèle CDG ;
- Gestion des chéquiers ;
- Etc.
3°) Opérations sur les CDAV :
- Saisie/Saisie-validation/Validation ;
- Interface avec la gestion des signatures ;
- Consultation des opérations par opérant ;
- Etc.
4°) Opérations sur les CDAT :
- Saisie/Validation ;
- Remboursement anticipé ;
- Annulation ;
- Consultation ;
- Gestion des taux d’intérêts.

158
MODULE X :
INSPECTION,
CONTROLE ET AUDIT

159
L’inspection à la Trésorerie Générale du Royaume
M. Radouan EL ACHCHAB, Chef de service de l’inspection des comptables des CT

1°) Soubassements du contrôle :


- Le contrôle découle de la double qualité du Trésorier Général du Royaume :
 Autorité hiérarchique : un droit de regard sur tous les actes de gestion des
comptables du réseau du Trésor ;
 Comptable supérieur du Royaume : un droit de regard sur les opérations des
comptables publics.
- Référentiel du contrôle :
 Le contrôle de la gestion des comptables a lieu :
 Sur place : par les supérieurs hiérarchique, les corps de contrôle
compétents et par l’IGF ;
 Sur pièces : incombe au juge des comptes ou au trésorier général
agissant sur la délégation de ce dernier.
 Champ d’intervention :
 Le secteur obligatoire : les comptables du réseau du Trésor (296) ;
 Le secteur prioritaire : RD, RAF, régisseurs de l’Etat et des CT,
secrétaires greffiers, agents comptables à l’étranger (4070) ;
 Le secteur non prioritaire : autres comptables tels que les payeurs
délégués de l’Etat et des CT, économes des lycées et régisseurs des
juridictions (4887).
2°) Missions de l’inspection :
- Objectifs généraux :
 S’assurer du niveau de maîtrise des opérations ;
 S’assurer du respect des lois et des règlements ;
 Assurer le suivi des recommandations proposées par les missions d’inspection
antérieures ;
 Apprécier les performances des postes comptables au regard des objectifs
définis ;
 Evaluer la pertinence de la sécurité mise en place au niveau des postes
comptables ;
 Apporter le conseil et l’assistance nécessaires à l’amélioration de la gestion.

160
- Critères de programmation :
 Au niveau central :
 Poste comptable dont la dernière vérification remonte à plus de 4 ans ;
 Intervention dans les postes comptables à fort enjeux financiers ;
 Intervention dans les postes dont la gestion a été dévolue à un
responsable débutant ou non imprégné des métiers de la TGR ;
 Intervention dans les trésoreries régionales, provinciales et préfectorales
en particulier ;
 Etc.
 Au niveau régional :
 La nécessité d’intervenir dans les postes comptables rattachés
(perceptions et recettes communales) dont la date de la dernière
vérification remonte à 4 ans ;
 L’intégration dans le programme d’un minimum de 30% des régies de
l’Etat (rattachées aux TPV et TPF de la région) ;
 L’intégration dans le programme d’au moins 2 Recettes de
l’Administration Fiscale, 2 Recettes de Douanes et 2 Secrétariats Greffes
des tribunaux ;
 L’intégration des régies des collectivités locales, des payeurs délégués,
intendants et économes rattachés aux comptables relevant de leur
autorité ;
 Etc.
- Conduite de la mission d’inspection :
 Réseau des comptables du Trésor : TR, TM, TP, Perceptions, Paieries et agences
comptables auprès des chancelleries diplomatiques et consulaires ;
 Réseau des comptables rattachés : RD, RAF, régisseurs de l’Etat et des CT,
secrétaires greffiers, agents comptables à l’étranger, …
 Durée des contrôles :
AU NIVEAU CENTRAL AU NIVEAU REGIONAL
• Sommaire : 8 jours francs ; • 15 jours pour les postes comptables du
Trésor, les postes comptables rattachés et les
• Ciblée : 5 jours francs ; secrétaires greffiers des tribunaux ;
• 6 jours pour les régies ;
• approfondie : 20 jours francs. • 4 jours pour les autres entités.

161
 A l’issue de chaque mission, un rapport de vérification et une demande
d’explication sont adressés au comptable vérifié pour exercer son droit de
réponse (phase contradictoire) :
 En ce qui concerne les comptables du réseau :
 Pour les gestions satisfaisantes : mise à jour des dossiers du
comptable et du poste vérifié ;
 Pour toute irrégularité ou fautes graves constatées : l’agent ou le
comptable est auditionné devant la commission « sanctions et
recours » afin de statuer sur la sanction à appliquer ;
 En ce qui concerne les autres comptables : envoi d’une lettre
d’information à l’autorité hiérarchique ou de tutelle du comptable vérifié
appuyée de propositions pour l’amélioration de la gestion.
 Le principe du contradictoire est une garantie :
 Du sérieux du travail effectué par les inspecteurs ;
 D’exactitude des faits constatés et des conclusions tirées ;
 L’inspection doit savoir revoir/modifier ses conclusions au vu des
réponses apportées à ses constats ;
 Seules des exceptions très limitatives peuvent être admises à ce principe
en cas de fraudes, détournements, …

162
La déontologie
M. Radouan EL ACHCHAB, Chef de service de l’inspection des comptables des CT

1°) Le comptable public en tant que fonctionnaire :


- Obligations du fonctionnaire :
 L’obligation d’assurer le service (rejoindre son poste d’affectation, respect des
horaires de travail, obéissance hiérarchique, etc.) ;
 L’obligation d’indépendance (désintéressement, impartialité et neutralité) ;
 L’information du public (dans le respect des règles de la discrétion et du secret
professionnels) ;
 L’obligation de dénoncer les crimes et délits (dans le cas de crime flagrant ou
de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a qualité
pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire
le plus proche) ;
 Et pour les comptables du Trésor :
 L’obligation de constituer des garanties (cautionnement) ;
 La prestation de serment.
- Sanctions encourue par le fonctionnaire :
 Sanctions de la responsabilité en matière civile :
 Préjudice causé à un tiers : action en responsabilité civile contre le
fonctionnaire devant les tribunaux judiciaires ;
 Faute de service : action contre l’administration devant les juridictions
administratives.
 Sanctions de la responsabilité pénale suite aux infractions commises par le
fonctionnaire : détournement des deniers publics, concussion, intéressement du
fonctionnaire à certaines entreprises, corruption passive, corrupteur, trafic
d’influence, corruption active, corrompu ;
 Nature des sanctions : avertissement, blâme, … ;
 Procédure disciplinaire : s’inspire de la procédure juridictionnelle : a pour objet
de réprimer les fautes commises tout en protégeant le fonctionnaire ;
 Protection du fonctionnaire en matière pénale : l’administration est tenue de
protéger les fonctionnaires contre les menaces, attaques, outrages, injures ou
diffamations dont ils peuvent faire l’objet à l’occasion de l’exercice de leurs
fonctions ;

163
 Protection du fonctionnaire en matière civile : le fonctionnaire bénéficie de cette
protection dès lors que sa responsabilité civile est mise en cause par des
particuliers ;
 Protection juridictionnelle du fonctionnaire : le fonctionnaire frappé de
sanctions dispose de plusieurs voies de droit, susceptibles d’aboutir à
l’annulation de la sanction :
 Recours administratifs ;
 Recours devant le conseil supérieur de la fonction publique ;
 Recours juridictionnels (tribunaux administratifs).
2°) Obligations morales et professionnelles des comptables publics :
- Attitude générale et comportement : respect de la charte des valeurs ILTIZAM :
 Engagement ;
 Ouverture ;
 Performance ;
 Innovation.
- Responsabilité des comptables publics :
 Personnelle et pécuniaire ;
 Civile ;
 Pénale (détournement, destruction ou suppression, concussion) ;
 Administrative (faute personnelle et non professionnelle).
- Assurance et risques encourus par les comptables publics :
 Perte, destruction, vol ou incendie des fonds et valeurs existants à l’intérieur ou
à l’extérieur du coffre-fort ;
 Détournement, abus de confiance, faute matérielle, falsification d’écritures,
escroquerie et tout autre acte criminel dont le comptable peut être victime ;
 Débet du comptable et sa responsabilité civile ;
 Transport de fonds et valeurs dans le cas où l’administration n’a pas recouru aux
services d’une entreprise spécialisée.

164
Gouvernance financière publique au Maroc : le cas des MP
Mme Rabha ZEIDGUY, Professeure à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA)

1°) Clarification des concepts :


- La gouvernance est une notion à géométrie variable du fait de l’existence d’approches
divergentes du développement, même si l’objectif final demeure similaire : réduire la
pauvreté (OMD) et promouvoir la démocratie et les droits de l’Homme ;
- Il s’agit d’un « concept valise » : Gouvernance stratégique, politique, démocratique,
économique, publique, privée, locale, urbaine, technologique, mondiale, globale … ;
- Les principaux piliers de la gouvernance :
 L’Intégrité : système de règles d’éthique et de valeurs encadrant l’action
publique ;
 La transparence : l’accès à l’information exacte, pertinente et mise à jour ;
 La participation de l’ensemble des acteurs de la société dans l’élaboration, la
mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques ;
 La responsabilisation et la reddition des comptes pour une gestion optimale
de la chose publique ;
 La culture/éthique professionnelle/méritocratie ;
 Protection de l’environnement et développement durable ;
 Une Justice et des institutions de gouvernance indépendantes ;
 Etc.
2°) Vers une gouvernance financière publique rénovée :
- Les principales réformes en matière de gouvernance financière publique :
 Cour des Comptes et Cours Régionales des Comptes :
 Constitutionnalisation dès1996 ;
 Renforcement de leur pouvoir de contrôle qui passe du simple contrôle
de régularité au contrôle de gestion : pertinence, efficacité et
performance ;
 Prérogatives renforcées par la Constitution de 2011.
 Gestion budgétaire axée sur les résultats :
 Migrer d’une logique de moyens vers une logique de résultat ;
 Contractualisation entre les administrations centrales et leurs services
déconcentrés (contrôle de gestion, meilleure coordination, etc.).

165
 Réforme du système de contrôle des dépenses publiques :
 Décret de 2008 : refonte du système de contrôle de la dépense publique ;
 Responsabilisation accrue des gestionnaires et des contrôleurs ;
 Automatisation des contrôles (rôle des SI).
 Modernisation de la gestion de la commande publique :
 Décret de 2013 fixant les conditions et les formes de passation des
marchés de l’Etat ;
 Renforcement des mécanismes garantissant la libre concurrence ;
 Dématérialisation de la commande publique : PMMP, BDD des MP,
BDD des fournisseurs, soumission électronique, enchères électroniques
inversées.
 Gestion intégrée de la dépense (GID) :
 Mise en place en 2010 ;
 Mise à disposition de l’information financière relative à la dépense en
temps réel ;
 Il constitue un gage de transparence et de rationalisation de la gestion
publique (dématérialisation).
 La loi organique des finances (LOLF) :
 Le renforcement de la performance de la gestion publique
(pluriannualité, introduction d'objectifs et de résultats,
responsabilisation accrue des ordonnateurs, audits de performance par
l’IGF, etc.) ;
 Le renforcement de la transparence des finances publiques (introduction
de manière explicite du principe de sincérité budgétaire) ;
 L'accroissement du contrôle parlementaire sur les finances publiques
(Implication du Parlement dès les premières étapes de préparation du
projet de loi de finances) ;
 La réforme comptable (principes de comptabilité du secteur privé :
Comptabilité d’exercice et Comptabilité analytique + norme IPSAS).
- La nouvelle impulsion insufflée par la Constitution de 2011 :
 Rôle accru et plus grande responsabilisation du Parlement (prééminence
accordée à la Chambre des Représentants, renforcement du droit à
l’information) ;
 Pluriannualité budgétaire (vote 1 fois puis reconduction automatique) ;

166
 Constitutionnalisation de la loi de règlement ;
 Renforcement du contrôle financier à travers l’élargissement de la mission
et des pouvoirs de la Cour des Comptes (assister le Parlement dans les
domaines du contrôle des finances publiques) ;
 Constitutionnalisation de certaines infractions d’ordre financier (Conflits
d’intérêts et délits d’initié, trafic d’influence, privilèges, etc.) ;
 Corrélation entre responsabilité et reddition des comptes ;
 Un Titre entier consacré à la bonne gouvernance : Titre XII.
3°) Le cas des marchés publics :
- Les principaux risques inhérents aux MP et leurs conséquences :
 Au niveau de l’identification des besoins : le besoin peut être fallacieux et
infondé, programmé à des fins de clientélisme, satisfaisant un intérêt particulier ;
 Au niveau de l’expression des besoins : orientation ou manipulation des
spécifications, risque de collusion ou d’ententes, de corruption, … ;
 Au niveau de la programmation du marché : estimations sur ou sous-évaluées,
maintenance « imposée » (marchés informatiques), … ;
 Au niveau de la dévolution du marché : risque de corruption, de collusion,
favoritisme, … ;
 Au niveau de l’exécution, de la livraison, du contrôle, de la réception et du
paiement du marché : modification de la commande ou des prestations une fois
le marché passé, ….
- Mesures entreprises au niveau national pour se prémunir contre ces risques :
 Le Décret du 20 mars 2013 relatif aux Marchés publics :
 Unicité du cadre règlementaire encadrant la commande publique ;
 Simplification des procédures (les attestations fiscales et de la CNSS,
ainsi que le RC ne seront exigés que du concurrent attributaire du
marché) ;
 Soumission et enchères inversées par voie électronique ;
 Publication du programme prévisionnel des marchés à lancer par le MO ;
 Etc.
 Autres mesures :
 Ratification de la Convention des Nations Unies contre la Corruption ;
 Création du Conseil de la Concurrence ;
 Lancement du Portail www.stopcorruption.ma par l’ICPC en 2010.

167
Le système d’information décisionnel de la TGR
M. Tariq SAMAI, Cadre au service de la Mise en Œuvre du Contrôle de Gestion

168
Le contrôle interne la TGR
M. Radouan EL ACHCHAB, Chef de service de l’inspection des comptables des CT

1°) La gestion des risques :


- Exemple de typologie de risques :
 Risques organisationnels (dilution des responsabilités, absence des délégations
et habilitations, etc.) ;
 Risques opérationnels (non-respect des règles budgétaires, non-respect des
règles de la commande publique, etc.) ;
 Risques financiers (sortie non sécurisée de flux financiers importants, non-
détection des opérations présentant un risque financier) ;
 Risques liés au changement (modifications législatives ou réglementaires,
introduction de nouvelles technologies, etc.).
- Evaluation des risques :
 Cartographie des risques :
Risque
Nature du Probabilité Impact
inhérent Priorité
risque (a) (b)
(a) * (b)
Financier 3 8 24 3
Juridique 4 6 24 3
Informatique 6 8 48 1
Matériel 2 3 6 4
Administratif 6 5 30 2

 Stratégie face au risque :


 Accepter : surveiller le risque / veille ;
 Eviter : éliminer le risque / le contourner ;
 Réduire : traiter par des contrôles et des actions correctives et
préventives  rôle du contrôle interne.
2°) De la gestion des risques au contrôle interne :
- Le référentiel COSO : « un processus mis en œuvre par les dirigeants à tous les niveaux
de l’entreprise et destiné à fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation des
trois objectifs suivants :
 L'efficacité et l'efficience des opérations ;
 La fiabilité des informations financières ;
 La conformité aux lois et règlements. »

169
- Le CI est composé de cinq éléments interdépendants intégrés aux processus de gestion :
 Analyse de l’environnement de contrôle ;
 Identification et évaluation des risques ;
 Définition des activités de contrôle ;
 L’information et la communication ;
 La supervision.
- Contrôle interne et fonctions voisines :
INSPECTION AUDIT CONTRÔLE INTERNE
Périodicité Ponctuelle, voire improviste Périodique et systématique Permanente
Extérieure au service, voire
Position Interne Intégrée
supérieure
Objet Opérations, Personnes Système, Résultats Gestion, Risques
But La régularité Efficacité Maîtrise
Méthodologie Guides Standards Référentiels de Cl
Conséquences Sanctions Recommandations Régularisations
Métiers « Policier » Consultant Manager

3°) Le déploiement du contrôle interne à la TGR :


- Les contrôles permanents :
 Les contrôles permanents peuvent revêtir trois formes :
 Les autocontrôles ;
 Les contrôles mutuels (aval et amont) ;
 Les contrôles de supervision (supérieurs hiérarchiques).
 Le référentiel de CI se présente sous la forme d’un recueil de fiches classées par
risque. Chacune porte sur un point de contrôle et en précise les détails.
 Démarche de mise en œuvre :
 Répartition des contrôles ;
 Réalisation des contrôles ;
 Réunions hebdomadaires ;
 Reporting mensuel.
- Les contrôles périodiques :
 Le principal outil des contrôles périodiques est le plan de test : document annuel
élaboré sur la base d’orientations du service en charge du CI ;
 Contenu du plan de test : les tests de conformité, le diagnostic de procédures, les
tests portant les comptes.

170
MODULE XI :
REDACTION
ADMINISTRATIVE

171
‫‪Les techniques de rédaction administrative‬‬
‫تقنيات التحرير اإلداري‬
‫‪M. Adil El KHSASSI, Chef de service de l’action sociale‬‬

‫المحور األول‪ :‬خصائص التحرير اإلداري‪:‬‬


‫احترام التسلسل اإلداري؛‬ ‫‪-‬‬
‫روح المسؤولية‪ :‬المراسالت اإلدارية تلزم اإلدارة أمام العموم‪ ،‬فالسلطة الموقعة للوثيقة هي التي تتحمل مسؤولية‬ ‫‪-‬‬
‫ما تتضمنه هذه الوثيقة؛‬
‫الموضوعية‪ :‬تجنب التعابير التي يطغى عليها الطابع العاطفي والشخصي والتعسفي أو االنفعال‪ :‬متمنيات‪ ،‬أمل‪،‬‬ ‫‪-‬‬
‫فرح‪ ،‬حزن‪ ،‬قلق‪... ،‬؛‬
‫المجاملة‪ :‬يتعين على المراسالت اإلدارية أن تتجنب التعابير المزعجة (المضايقة) أو المحتقرة‪ ،‬وكذلك التقديرات‬ ‫‪-‬‬
‫(المالحظات) الصارمة؛‬
‫الحذر‪ :‬كل خطأ أو إهمال بالمراسلة اإلدارية سيعزى إلى مجموع اإلدارة‪ .‬كل حكم غير سليم يمكن أن يلحق ضررا‬ ‫‪-‬‬
‫بالغا وبدون مبرر بالشخص المعني باألمر؛‬
‫الدقة والصحة‪ :‬وثائق العمل اإلداري ينبغي أن تكون دقيقة وواضحة ومفهومة من لدن الجميع حتى يتمكنوا من‬ ‫‪-‬‬
‫تطبيق مقتضياتها واستخالص نتائجها في عملهم؛‬
‫الوضوح وااليجاز والفعالية‪ :‬يكون النص واضحا إذا كان دقيقا وصحيحا‪ .‬كلما تم استعمال كلمة صحيحة في مكانها‬ ‫‪-‬‬
‫المناسب إال وتم تجنب االستطرادات الزائدة والجمل والصيغ األكثر تعقيدا‪ .‬الفعالية = حل مالئم للمشكل المطروح‪.‬‬
‫الصيغ التعبيرية لتحرير الوثائق اإلدارية‪:‬‬ ‫‪-‬‬
‫‪ ‬صيغ النداء‪ :‬نداء الخواص‪" :‬السيد" أو "السيدة" أو "اآلنسة"‪" ،‬السيد المدير" أو "السيدة المديرة"‪،‬‬
‫"األستاذ“‪ /‬نداء السلطة‪" :‬السيد السفير" أو "السيد الوزير"؛‬
‫‪ ‬صيغ البدء‪ :‬سواء باإلسناد إلى عنصر سابق أو بصيغة إخبار أو بدون ذلك "بالرسالة المؤرخة في"‪/‬‬
‫بصيغة االخبار أو بدونها " يشرفني أن أحيطكم علما"؛‬
‫‪ ‬صيغة العرض أو المناقشة‪ :‬أشير‪ ،‬أدون‪ ،‬أالحظ‪ ،‬أضيف‪ ،‬أثبت‪ ،‬أذكر مع تلطيف الصيغة (ال يخفى على‬
‫أن) وباستعمال السلطة (يحق لي‪ ،‬يحق لكم‪ ،‬يحق لك)؛‬
‫‪ ‬صيغ السرد واستدراك بعض األدلة‪ :‬في بداية األمر‪ ،‬في نهاية األمر‪ /‬ال يخفى عليكم؛‬
‫‪ ‬صيغ االنتقال‪ :‬من جهة‪ ،‬عالوة على‪... ،‬؛‬
‫‪ ‬صيغ توضيح الفكرة أو تقديم وجهة النظر‪ :‬في هذا الصدد‪ ،‬فضال عن ذلك‪... ،‬؛‬
‫‪ ‬صيغ االختتام‪ :‬كل رسالة تنتهي بالضرورة بصيغة المجاملة التقدير‪ ،‬ويجب أن تعبر هذه الصيغة عن‬
‫االعتبار واالحترام الذي يريد الموقع أن يعرب عنه للمرسل‪.‬‬
‫ما بين الشخصيات السامية‪ :‬تفضلوا بقبول أسمى عبارات االعتبار والتقدير‪.‬‬ ‫‪‬‬
‫من مرؤوس إلى رئيس‪ :‬تفضلوا سيدي (أو سيدي الرئيس) بقبول خالص (أو فائق) االحترام‬ ‫‪‬‬
‫والتقدير‪.‬‬
‫إلى شخص من خارج اإلدارة‪ :‬تفضلوا بقبول فائق اعتباري‪.‬‬ ‫‪‬‬

‫‪172‬‬
‫المحور الثاني‪ :‬خطوات التحرير اإلداري‪:‬‬
‫معرفة الموضوع‪:‬‬ ‫‪-‬‬
‫‪ ‬معرفة تامة باألهداف؛‬
‫‪ ‬وبذل مجهود في التفكير والتحضير وترتيب األفكار قبل الشروع في التحرير النهائي‪.‬‬
‫وضع التصميم‪:‬‬ ‫‪-‬‬
‫‪ ‬مقدمة‪ :‬الغرض منها تهيئ إعالم القارئ بما سيتم عرضه من بعد (عناصر أساسية‪ :‬تواريخ المراسالت‬
‫السابقة‪ ،‬مواضيع هذه المراسالت)؛‬
‫‪ ‬العرض‪ :‬ينقسم العرض إلى أقسام حتى يرسخ التصميم بشكل واضح لدى المخاطب (عناصره األساسية‪:‬‬
‫تقديم الوقائع‪ ،‬األفكار‪ ،‬اقتراح الحلول‪)...‬؛‬
‫‪ ‬الخاتمة‪ :‬مختصرة‪ ،‬استخالص النتائج‪ ،‬االعتناء بها لوقعها في نفسية المخاطب‪.‬‬
‫مكونات المراسالت اإلدارية‪:‬‬ ‫‪-‬‬
‫‪ ‬تسمية الدولة وبيان القسم أو المصلحة؛‬
‫‪ ‬تاريخ ومصدر اإلرسال االكتتاب؛‬
‫‪ ‬إشارات التعريف (رقم التسجيل‪.)... ،‬‬
‫‪ ‬الموضوع؛‬
‫‪ ‬المرجع؛‬
‫‪ ‬عرض الرسالة؛‬
‫‪ ‬التوقيع؛‬
‫‪ ‬اإلشارات الظرفية (مستعجلة‪ ،‬المستندات المرفقة‪ ،‬كتماني‪ ،‬سري‪.)... ،‬‬
‫المحور الثالث‪ :‬نماذج المراسالت اإلدارية‪:‬‬
‫المذكرة‪:‬‬ ‫‪-‬‬
‫‪ ‬وثيقة تعالج مسألة جارية توجه سواء إلى رئيس أو مرؤوس أو إلى مصلحة مركزية تابعة لنفس اإلدارة؛‬
‫‪ ‬يمكن تصنيف المذكرات إلى نوعين هامين‪ :‬المذكرات اإلخبارية والمذكرات المصلحية (اإلدارية)‪.‬‬
‫ورقة اإلرسال‪:‬‬ ‫‪-‬‬
‫‪ ‬وثيقة مختصرة في تحريرها‪ ،‬تبعث مكان الرسالة لنقل الوثائق داخل اإلدارة مع إعطاء بيان المستندات أو‬
‫األوراق المرسلة معها؛‬
‫‪ ‬تنقسم ورقة اإلرسال إلى نوعين‪ :‬ورقة اإلرسال المستعملة بين المصالح أو ورقة اإلرسال المبسطة التي‬
‫يمكن استعمالها داخل المصلحة الواحدة‪.‬‬
‫اإلعالن‪ :‬وثيقة إخبارية تخصص للتعليق‪ ،‬فهي تهم إذن أشخاصا معينين بإمكانهم أن يطلعوا عليها على سبورات‬ ‫‪-‬‬
‫التعليق‪ ،‬أو البوابة اإللكترونية؛‬
‫محضر االجتماع؛‬ ‫‪-‬‬
‫التقرير‪ :‬وثيقة يعرض بواسطتها مرؤوس لرئيسه مسألة هامة‪ ،‬وإذا كان التقرير يقدم عناصر موضوعية‪ ،‬فهو أيضا‬ ‫‪-‬‬
‫يفسرها ويقومها‪ ،‬كما يستخلص استنتاجات ويدلي باقتراحات؛‬

‫‪173‬‬
‫التعليمات‪ :‬األوامر والتوجيهات أو اإليضاحات التي توجهها سلطة إدارية إلى مرؤوسيها لتحديد إطار وكيفيات تنفيذ‬ ‫‪-‬‬
‫المهام المنوطة بهم‪ ،‬ويمكن أن تكون هذه التعليمات شفوية كاألمر ولكنها غالبا ما تكون كتابية؛‬
‫المنشور‪ :‬وثيقة ادارية تفسيرية وتوضيحيه ذات صبغة داخلية؛‬ ‫‪-‬‬
‫المقرر‪ :‬إعطاء إطار قانوني للتعليمات الصادرة؛‬ ‫‪-‬‬
‫القرار‪ :‬هو العمل الهام الذي يمكن أن تتخذه السلطات اإلدارية‪.‬‬ ‫‪-‬‬

‫‪174‬‬
MODULE XII :
FONCTION ET RESPONSABILITE
DES COMPTABLES

175
Fonction et responsabilité des comptables
M. Taha ANEMMAS, Chef de Service de l'examen et du suivi de la responsabilité des comptables

1°) Fonction de comptable public :


- Principe d’incompatibilité :
 Il résulte de deux préoccupations essentielles :
 La sécurité dans la gestion des fonds publics ;
 La division rationnelle du travail.
 Cette incompatibilité vise à :
 Permettre la spécialisation des agents, les uns dans les fonctions
d’administration générale, les autres dans les fonctions de caisse et de
comptabilité ;
 Assurer un contrôle permanant de toutes les opérations de recettes et de
dépenses ;
 Délimiter les responsabilités respectives, de nature différente, qui pèsent
sur les ordonnateurs et sur les comptables.
 Dérogations au principe :
 DSO ;
 Régies de dépenses ;
 Missions diplomatiques : les opérations de recettes et de dépenses des
missions diplomatiques dont la masse budgétaire ne dépasse pas un
plafond fixé par arrêté conjoint peuvent être exécutées directement et à
la seule initiative du chef de la mission diplomatique ;
 La DGI : séparation ignorée ;
 Régies de recettes.
 Sanction du principe (gestion de fait) : la loi 62-99 formant code des juridictions
financières assujettit les comptables de fait aux mêmes obligations que les
comptables patents.
- Rôle du comptable :
 Exclusivité du maniement des deniers publics ;
 Garant de la bonne application des textes ;
 Pouvoir de contrôle ;
 Garant de procédures comptables et financières.

176
- Réquisition : ordre écrit donné au comptable par l’ordonnateur pour payer une dépense
qui a fait l’objet d’un rejet de paiement suite à une irrégularité constatée au regard des
dispositions réglementaires  l’ordonnateur endosse la responsabilité.
- Engagement des dépenses :
 Contrôle de régularité ;
 Contrôle budgétaire ;
 Contrôle de validité.
- En matière de recettes :
 Contrôle de la régularité de la perception et de l’imputation ;
 Contrôle de la production de justifications éventuelles.
- Rôle d’assistance et de conseil aux services ordonnateurs.
2°) Responsabilité personnelle et pécuniaire :
- Se justifie par le fait que les comptables sont les seuls à pouvoir manier les deniers
publics. Elle les incite aussi à opérer un contrôle des plus rigoureux ;
- La RPP a contribuée à :
 Professionnalisation des contrôles ;
 Un système de protection des deniers publics ;
 Positionnement par rapport aux ordonnateurs ;
 La rénovation en profondeur de ces contrôles (CMD) qui est l’une des modalités
d’exercice du contrôle de la dépense publique dont le CP doit continuer à assurer
les conséquences.
- Partage de la responsabilité :
 Le passage d’une responsabilité quasi-exclusive des comptables à une
responsabilité partagée ;
 Le ministre des finances, à raison des infractions liées :
 Au déficit de caisse ;
 Au manquement en valeurs ;
 A l’omission dans le recouvrement d’une créance publique ;
 Au paiement irrégulier d’une dépense publique.
 La Cour des comptes et les Cours régionales des comptes :
 Au niveau du jugement des comptes ;
 En matière de discipline budgétaire et financière ;
 Et le cas échéant, en matière de gestion de fait.

177
- Débet juridictionnel :
 Absence de diligences en matière de recouvrement des recettes ;
 Absence de contrôle de validité de la dépense.
- La Cour ne retient aucune irrégularité :
 Elle statue sur le compte ou la situation comptable par un arrêt définitif.
- La Cour établit l’existence d’irrégularités elle prononce :
 Arrêt provisoire : production des justifications OU reverser les sommes qu’elle
déclare comme étant dues à l’organisme concerné ;
 Arrêt définitif mettre à la charge du comptable la somme objet de l’irrégularité
constatée.
- Infractions liées au retard de paiement des dépenses sur marchés :
 Lorsque le budget de l’organisme a supporté le paiement d’intérêts moratoires ;
 Paiement des intérêts moratoires suite à un retard dont le CP est responsable.
- Gestion de fait : lorsqu’il exécute des opérations pour lesquelles il n’est pas habilité, la
Cour déclare et juge ladite gestion de fait sans préjudice des poursuites pénales qui
peuvent être engagées à l’encontre du ou des gestionnaire(s) de fait.
- Discipline budgétaire et financière :
 Existence des infractions en matières de contrôle sur les actes d’engagement des
dépenses et s’il n’assure pas les contrôles des dépenses en vertu des lois et
règlements en vigueur ;
 Dissimulation de pièces ou production à la Cour des comptes ou aux C.R.C de
pièces falsifiées ou inexactes ;
 Procuration à soi-même ou à autrui d’un avantage injustifié en espèces ou en
nature ;
 Amendes en fonction de la gravité et du caractère répétitif de l’infraction.
- Mécanismes d’atténuation :
 Décharge de responsabilité (en cas de force majeure, pas d’avantage personnel,
décision du MEF) ;
 Remise gracieuse (circonstance tenant à sa situation financière, pas d’avantage
personnel, …) ;
 Assurance.
- Obligation de rendre compte : les CP de l’Etat sont tenus de produire à la Cour les
comptes des services de l’Etat.

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