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Revue Philosophique de Louvain

Jacques D'Hondt, L'idéologie de la rupture


Jean-Dominique Robert

Citer ce document / Cite this document :

Robert Jean-Dominique. Jacques D'Hondt, L'idéologie de la rupture. In: Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série,
tome 78, n°40, 1980. p. 633;

https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1980_num_78_40_6119_t1_0633_0000_2

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Ouvrages d'ordre général 633

«instaurer une nouvelle 'critique de la raison' propre à notre temps» (p.


206). Toutefois, l'auteur se rend parfaitement compte qu'il n'est pas seul
et que c'est par un travail collectif de philosophes authentiques que la
chose pourra aboutir. Jamais il n'entend, en effet, être infidèle au projet
philosophique dans le sens fort du mot, donc parfaitement distancié de la
science et de l'idéologie dont les tâches sont autres que celles de la
philosophie. Il nous semble que, à une époque de défaitisme
philosophique, la chose est à souligner fortement. Ce n'est pas la philosophie que
Giuseppe Bufo veut renverser, mais une certaine manière de philosopher
qu'il a décrite de façon un peu caricaturale dans le récit de sa
«conversion» à la pragmatologie.
Jean-Dominique Robert.

Jacques D'Hondt, L'idéologie de la rupture (Philosophie


d'aujourd'hui). Un vol. 22 x 14 de 189 pp. Paris, PUF, 1978.
J. D'Hondt est l'auteur connu et apprécié de plusieurs ouvrages sur
Hegel, parus depuis 1966. On sait que Hegel parlait de «fermentation
bouillonnante» et d'«un nouveau surgissement de l'esprit» qui
s'annonçait à son époque. Personne ne le contredira sur ce point. Le tout
est cependant d'apprécier le type de rupture en train de s'accomplir sous
nos yeux. Le titre du présent ouvrage indique bien dans quel piège il ne
faudrait pas tomber: V idéologie de la rupture. C'est qu'en effet, pour son
auteur, toute rupture suppose aussi continuité. On est ici face au travail
même de la dialectique. Saisir sur plusieurs exemples concrets la
continuité dans la rupture et la rupture dans la continuité, c'est ce à quoi tend
ce livre où les noms de Hegel, Marx, Engels reviennent sans cesse,
références et textes à l'appui. Un livre à méditer tant par ceux qui pensent
qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil que par ceux qui croient que le
soleil se lève avec leur propre regard.
Jean-Dominique Robert.

Sylviane Agacinski, Jacques Derrida, Sarah Kofman, Ph. Lacoue-


Labarthe, Jean-Luc Nancy, Bernard Pautrat, Mimesis Desarticulations
(La philosophie en effet). Un vol. 22 x 14 de 366 pp. Paris, Aubier
Flammarion, 1975. Prix: br. 65 FF.
La collection «La philosophie en effet» produit des œuvres
articulées/désarticulées, rigoureuses/vigoureuses, pertinentes/impertinentes,
informées/déformées qui récupèrent et travaillent audacieusement les
effets méconnus de la tradition. La succession des six textes du présent
volume offre, sans sujet/objet, la mimétologie d'une intermimologie. Un
effet typographique laisse un blanc à peine plus large entre Des et
articulations, le coupement suggérant la dialecticité désarticulations/
Review
Reviewed Work(s): L'idéologie de la rupture, coll. Philosophie d'Aujourd'hui by Jacques
D'Hondt
Review by: Solange Mercier-Josa
Source: Revue de Métaphysique et de Morale, 84e Année, No. 3 (Juillet-Septembre 1979),
pp. 419-420
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/40901975
Accessed: 18-07-2020 18:00 UTC

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NOTES CRITIQUES

L'idéologie de la rupture, par Jacques D'Hondt, Paris, P.U.F., coll. Philo-


sophie d'Aujourd'hui, 1978, 191 pages.
Jacques DHondt est sans conteste run des philosophes contemporains qui
connaît, comprend et enseigne le mieux Hegel. Il y a cependant là comme un
paradoxe.
En effet l'écriture de D'Hondt nous fait irrésistiblement penser que l'idée
d'un « esprit français » renvoie bien à une certaine réalité : simplicité de la
phrase qui n'exclut pas l'agrément d'une figure, limpidité des énoncés, rai-
sonnement raisonnable par excellence et que nous oserons dire de « bon sens »
dans l'acception cartésienne et laudative du terme.
Or le système dont rend compte, avec tant d'aisance et de calme polémique
contre ceux qui prétendent y substituer le leur, l'essai de D'Hondt, le système
auquel il donne une nouvelle impulsion, est celui qui passe pour le plus abstrus,
le plus dense de la philosophie allemande.
Plus encore que dans ses livres précédents et en particulier dans Hegel philo-
sophe de l'histoire vivante, livre fondamental pour qui veut s'assurer d'une juste
intelligence de ce que sont les thèses hégéliennes, D'Hondt s'oppose dans L Idéo-
logie de la rupture avec un courage serein au fort courant qui, en France, tend à
ne plus voir dans la pensée dialectique qu'un archaïsme.
En plusieurs et relativement courtes interventions, l'auteur affronte sous des
biais différents la même question : quel type de pensée est-il mieux apte que
la dialectique à rendre intelligible le surgissement d'un réel autre que le réel
existant, quelle démarche ressaisit-elle avec plus de clarté le réel dans sa
temporalité ?
A la conception continuiste traditionnelle qui pense l'histoire et en particulier
celle du savoir comme un développement unique, progressif, expansionniste de
la raison, une totalisation des acquisitions, le rupturalisme contemporain
substitue la vision d'une pluralité de cultures qui se succèdent sans se rapporter
en rien les unes aux autres parce que fondées sur des problématiques hétéro-
gènes. La métaphore spatiale de la dispersion, de l'éclatement remplace celle
de la continuité du temps : ainsi les continents d'Althusser ; ainsi les brèves
échelles de Foucault pour lequel n'existe aucune filiation entre les différents sys-
tèmes de conditions du savoir, les diverses épistémies.
Or D'Hondt se demande si cette absolutisation de la différence, cette exaltation
de la rupture qui « ignore la cause profonde des bruyantes explosions de surface »
ne participe pas de l'idéologie, dans le sens que Marx donne à ce terme, si elle
n'est pas, quoi qu'elle pense d'elle-même, partie intégrante de la production
intellectuelle d'une classe dominante qui ne sait plus comment agir. En d'autres
termes, et ce sont ceux de J. D'Hondt, « la théorie de la rupture ne serait-elle
pas projetée illusoirement sur le passé, la conceptualisation d'une absence de
toute issue ? ».
Nous avons lu ce livre comme celui qui n'a pas craint de se heurter au probl
spécifique de notre temps : qu'est-ce que penser l'Autre (d'ailleurs passé ou fut
du monde existant, comment une telle pensée est-elle possible ?

419

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Revue de Métaphysique et de Morale

Ainsi dans l'analyse de V Apocalypse, par laquelle il commence son ouvrage,


D'Hondt montre que, malgré le désir qu'a le prophète de décrire la nouvelle
Jérusalem comme radicalement autre que l'ancienne, la description qu'il fait du
nouveau se constitue bien par une négation de l'ancien - ; l'autre que pose cette
description n'est pas n'importe quel autre mais est lié au même par le type de
négation qu'elle opère et par le langage qu'elle emploie qui ne peut être tout à
fait autre et rester intelligible.
J' D'Hondt écrit :
« La nouveauté ne vient plus d'ailleurs par un glissement,
un déménagement, une migration. Mais la nouveauté se
cachait au cœur de l'ancien, parce que la réalité n'est pas
plate et qu'elle possède un revers, une vie intime, une
profondeur. »
En réfléchissant sur le commencement, Γ utopie et la liberté, V aiguisement de la
contradiction, J. D'Hondt nous fait reconnaître que le renversement n'est pas une
simple image mais une idée fondamentale et complexe et que les nouveaux
concepts qui entendent l'exténuer, « migration », « descente », « émergence »,
n'en sont que les « apparences certes importantes mais toutefois partielles et
superficielles ».
Solange Mercier-Josa.

Bergson et le fait mystique, par Marie Cariou, Paris, Aubier-Montaigne,


1976, 22 χ 14, 267 p. Coll. Philosophie de l'Esprit.
Mane Cariou note, a propos de Bergson et du renouveau philosophique, que
l'introduction du mouvement dans la genèse des figures, est à l'origine de la
mathématique moderne. Et elle aurait raison, surtout si, au lieu de penser à
Descartes, elle évoquait la méthode des fluxions, version neuwtonienne du
Calcul infinitésimal. Dans ce cas, elle pourrait même ajouter que cette intro-
duction est à l'origine d'une systématisation beaucoup plus vaste. C'est bien
ce que Kant a compris, qui, après Newton, a saisi la signification et la portée
d'une science, celle qui avait fait ses preuves depuis trois siècles. Et Bergson,
à son tour, prolonge Kant, plus qu'il ne le remplace, en ce sens que pour l'un
comme pour l'autre « le point de départ est un constat : celui d'un accord entre
l'intelligence et la matière ». Par là Kant, comme Bergson, rejette définitivement
la mauvaise métaphysique. La différence qui subsiste entre eux est que, devant
la carence de Kant à retracer la genèse des catégories de la pensée, Bergson
reprend l'analyse kantienne et la poursuit dans une autre voie. En d'autres
termes, son opposition à Kant devient une ouverture du kantisme. « En voyant
dans l'intelligence, avant tout, une faculté d'établir des rapports, Kant attri-
buait aux termes entre lesquels les rapports s'établissent, une origine intel-
lectuelle ».
C'est cet aspect extra-intellectuel que Bergson appelle la durée, une dur
saisissable, non par intelligence, mais par intuition, intuition vécue, distincte
des idées innées et des concepts plus ou moins cartésiens.
Bien entendu, Marie Cariou a retracé fidèlement les étapes de la démarc
bergsonienne dans un mouvement continu qui va du physique au biologiq
du biologique au psychique, du psychique au social, pour aboutir, enfin,
mysticisme, un mysticisme qui se distingue des formes pathologiques et cari
caturales, mais qui demeure en-deçà, semble-t-il, de la saisie de l'Être.
L'auteur a montré également le rôle de la science dans cette philosophie, à l
condition que « science » ne signifie pas une spécialisation exclusive. Toutes le
sciences doivent se conjuguer pour suggérer au philosophe d'autres questions
d'autres problèmes. Même le problème de la mort et de l'au-delà ? Ici Bergson
hésite, et aussi son interprète.
Une bibliographie, des tables de concepts et de noms propres complètent ce
beau livre, qui mérite d'être lu et médité.
tt. JNAMER.

420

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Review
Reviewed Work(s): L'idéologie de la rupture, coll. « Philosophie d'aujourd'hui » by Jacques
d'Hondt
Review by: A. Reix
Source: Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, T. 168, No. 4, Le langage et
l'homme (Octobre-Décembre 1978), pp. 512-513
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/41092655
Accessed: 18-07-2020 18:00 UTC

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512 Revue philosophique

enfin la compréhension actuelle de ce


précis, il sera précieux pour la connais
et utile pour les recherches en philoso
Michel Adam.

Otfried Hoffe, Lexicon der Ethik, Munich, G. H. Beck, 1977, 287 p. Prix :
14,80 DM.

Ce volume a été établi avec la participation de Maximilian Forschner,


Alfred Schöpf et Wilhelm Vossenkuhl. Il veut accompagner une revigori-
sation de la philosophie morale. Pour cela, les articles de ce lexique portent
non seulement sur la morale fondamentale, mais concernent tous les
domaines qui relèvent de la morale : la personne, la société, la vie politique.
Ce volume s'adresse ainsi aux étudiants comme aux lecteurs éclairés.
On le trouvera attentif aussi bien à la philosophie classique qu'à la philo-
sophie contemporaine ; on pourra suivre les rapports entre la réflexion
morale et les sciences humaines ; on découvrira non seulement les pro-
blèmes éthiques traditionnels mais aussi les problèmes présents de la vie
sociale concrète, insérés dans la façon contemporaine - non coupée cepen
dant du passé - d'aborder ces questions. Chaque article contient les
différents sens de la notion, les rappels historiques de son emploi et les
problèmes modernes qu'elle soulève. Une bibliographie sommaire intervient
enfin. On peut regretter l'absence dans cette bibliographie de la presque
totalité des travaux récents de philosophie morale en langue française.
Michel Adam.

Jacques d'HoNDT, L'idéologie de la rupture, Paris, Presses Universitaires de


France, 1978, 21,5x13,5 cm, 192 p., coll. « Philosophie d'aujourd'hui ».
Beaucoup d'esprit dans ce livre, beaucoup d'étincelles, mais on aurait
tort de n'y voir que cela. Il y a un reproche plus grave à faire à l'A., c'est
de confondre la rupture avec l'avenir et de ne voir le futur, proche ou
lointain, que comme réalisation, institutionnalisation des forces de rupture.
En fait, celles-ci appartiennent déjà à la décadence, à la décomposition,
et en sont plutôt l'indice que l'annonce d'une nouveauté, voire d'un mieux.
Le changement lui-même n'implique pas rupture, et TA. remarque juste-
ment que « la rupture absolue reste impraticable, à peine pensable ». Ces
réserves faites, ce livre est tonifiant, car il donne à penser le contraire de
ce qu'on croyait en attendre. C'est qu'en fin de compte la réalité commande,
je parle de la réalité terrestre et biologique, et qu'elle se passe de théorie
ou d'idéologie. Toute théorie porte en elle-même sa critique vivante interne
qui tend à sa suppression. Il est à noter également que socialisme et capita-
lisme sont les deux faces semblables du matérialisme, ce qui exclut les
oppositions arbitraires.
Cependant l'A. exprime ses doutes, ses craintes et ses espoirs au sujet
de la métaphysique dont on clame la mort depuis longtemps. Mais comment
décrire cette métaphysique autrement que par « le rêve d'une rupture »,
ce qui implique une dialectique qui la condamne ? Mais ne renaît-elle pas,
malgré Hegel, par le fait qu'elle cherche l'au-delà ? C'est après s'être détruit

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Analyses el comptes rendus 513

lui-même que l'homme sombre dans l'impensable.


consiste à opposer Marx à Hegel, comme les deux
l'histoire. Le tort de tout philosophe est de ne pas voir que le monde
continue après lui et que ce qu'il appelle rupture n'est qu'une différence
au sein de l'identique. L'histoire se moque des hommes et de leurs lois.
Le retournement marxiste de la dialectique hégélienne exprime-t-il une
rupture ? En philosophie, la seule rupture est l'utopie, le rêve, qui est très
précisément le contraire de la liberté. Le retournement d'une thèse reste
un procédé logique. Nous lisons ici de bonnes réflexions sur les idées d'origine
et de commencement qu'on aimerait voir développées. « La méthode
marxiste représente un stade actuel de développement... il y en aura
d'autres. » En conclusion, « le procès de critique dialectique est infini »,
mais qu'en est-il des illusions des hommes devant les mensonges des
idéologies ?
A. Reix.

Francis Kaplan, La vérité et ses figures, Paris, Aubier, 1977, 314 p.

Ce ne sont pas les conceptions de la vérité qui manquent, et il faut


interroger. On s'apercevra peut-être alors que les thèmes possibles
plus limités qu'on le croit et que la critique des théories antérieures
faire apparaître la bonne interprétation de ce problème. Mais il faut d
rappeler la distinction entre la proposition et son affirmation, et pr
que la vérité n'a pas le même sens aux différents niveaux où on l'ut
Il faut donc partir de cette pluralité de sens.
On identifie en premier lieu la vérité au réel : c'est le « dévoilemen
la réalité. Mais quel est ce réel, car toute vérité se croit vraie et l'e
existe ? Alors, on pose la ressemblance entre les idées et les objets
sentés ; mais quel est le principe de la ressemblance ? L'idée ou l'obj
En fait, cette comparaison est impossible. Je ne connais pas de la m
façon le réel et le vrai. Le langage s'interpose avec ses réseaux de si
cation ; l'abondance des mots peut modifier la vision du réel ; la né
du langage n'est pas nécessairement une négation réelle, etc. Quant à la
connaissance empirique, elle est tributaire de l'affectivité, de l'état d'esprit
du sujet. D'autre part la vérité scientifique ne porte que sur le « général »,
sur des abstraits. La vérité humaine n'a rien à voir avec la sensibilité :
la connaissance de la douleur ne fait pas souffrir. Certes, on peut rechercher
une ressemblance dans les rapports ; mais peut-on vraiment séparer les
réalités et les rapports qui sont entre elles ? La vérité devient alors l'expres-
sion de la réalité, sa traduction. Mais je ne pourrai exprimer du réel que ce
que je pense. Ce qu'on peut dire, donc, tout au plus, est que la vérité est
ce qui a un rapport avec la réalité.
Lorsque nous justifions notre affirmation, nous le faisons dans le simple
domaine de la connaissance, par l'utilisation d'une démonstration. C'est
intrinsèquement que la vérité se définit ; ou extrinsèquement dans l'accord
des connaissances entre elles, ou dans leur implication mutuelle. Mais cette
cohérence renvoie à une autre réalité, celle du sujet connaissant. Or, il
peut y avoir des vérités concurrentes, laissant « à chacun sa vérité ». Certes,
je connais la connaissance des autres, mais cette connaissance ne fait pas
une vérité. En fait, aucune connaissance n'est parfaitement cohérente,
la cohérence sera tout au plus un critère de valabilité de liaison des propo-
RP - 17

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Review
Reviewed Work(s): L'idéologie de la rupture (Philosophie d'aujourd'hui) by Jacques d'Hondt
Review by: Jean-Marc Wenger
Source: Revue de Théologie et de Philosophie, Troisième série, Vol. 112, No. 1 (1980), pp.
111-112
Published by: Librairie Droz
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/44352316
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Théologie et de Philosophie

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BIBLIOGRAPHIE 111

Ernst Tugendhat, Vorlesungen zur E


Philosophie. Frankfurt am Main, Su
Cette « introduction » ne veut pas être u
philosophie contemporaine, mais une int
la vérité, dont il est montré qu'elle s'imp
excellence. Si ces leçons se présentent pou
sophie analytique du langage, c'est parce
tiellement linguistique et que c'est par l'a
dimension linguistique que peut actuellem
tionnellement définie comme connaissa
E. Tugendhat veut renouveler en élarg
dans une sémantique formelle dont la
signifie comprendre une phrase?». L'In
réponse à cette question en justifiant la
la théorie traditionnelle de l'être objectif
veaux concepts à partir de cette tradition
en Aristote, les nominalistes et Heidegg
par une reconstruction linguistique des o
de discussion principal en tant que repré
laquelle les objets sont pensables (c'est-à-d
ment du langage, les mots s'y rapportan
tion mises en évidence, l'auteur oppose à
rence des mots aux objets représentés
d'emploi des phrases. Ce «principe de la
méthode et mène à comprendre les prop
de vérité et du jeu de vérification qui lui
préexistants étant exclue, ce jeu implique
gage. Un développement du concept d'id
apparaître l'objet concret comme produ
tifs », qui acquièrent leur sens « objectif
des termes singuliers et des termes déicti
situation perceptive à partir des autres et
des positions spatio-temporelles qui fond
Après avoir ainsi montré que l'objet n'ex
sur un programme et une anticipation hy
à la question fondamentale de la sémanti
est remarquable non seulement par les co
philosophie analytique et par la clarté et
surtout par son ambition de donner à ce
une portée philosophique capables de lui
traditionnelle, de la concurrencer et de la
Gilbert Boss

Jacques d'Hondt, L'idéologie de la rupture (Philosophie d'aujourd'hui),


Paris, PUF, 1978, 191 p.
Jacques D'Hondt, spécialiste de Hegel et de Marx, a réuni sous ce titre neuf
articles qui ont paru dans diverses revues - dont la présente - entre 1971 et 1976.
C'est un livre qui a ses moments polémiques; c'est que, comme le montre le dernier
essai, si la critique dialectique consiste à comprendre un système de l'intérieur pour

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112 BIBLIOGRAPHIE

pouvoir le supprimer-dépasser (aufheben


doit aussi, dans l'immédiat, dénoncer Terr
de la critique qui me paraît privilégié ici,
qu'il nomme le « rupturalisme », pensée qu
la dispersion, à la différence, pensée anti-d
tant principal est Michel Foucault. La fame
semble donc pas terminée, ou en tout cas
en quoi le «rupturalisme» est-il une idéol
global de représentations, qui règne dans
tant qu'il se prétend indépendant du conte
nition qu'Engels donnait de l'idéologie:
enfin, il semble convenir particulièrem
Cependant, la rupture ne date pas d'aujo
l'œuvre dans le récit de l'Apocalypse - qui
veau monde à l'ancien - , ou dans la pens
rêve, court-circuitant les médiations - , o
- qui cherche l'éloignement, la rupture
lorsqu'elle construit et déconstruit les m
l'auteur propose la dialectique. Grâce à elle,
liées à ce avec quoi elles veulent rompr
monde apparaît comme l'image inversée de
celui-là - ; ainsi de l'utopiste - dont les
révèle en fin de compte complémentaire d
la métaphysique - dont les points d'appu
l'individualisme atomiste et l'anhistorism
pérer» ces trois figures de la rupture, mo
tique, la perspicacité critique de l'utopie et
entre esprit et nature. - La pensée dialecti
elle-même vers la révolution? Seulemen
absolue, elle se place dans la continuité des
un essai intitulé « Le commencement ». Le
ment de quelque chose, est-il écrit, impl
donc pas de commencement absolu, comm
mencement ne résulte pas d'une liberté, co
commencement ne peut s'inscrire que dans
restituer à la fluidité du processus dynam
selon l'auteur, qu'on peut en hâter le surg
revenant au « travail du négatif ». - D'autr
Hegel et de Marx: par exemple, Jacques D
tion qui apparaît chez ce dernier; ce conce
systèmes partiels tendent à devenir ind
englobe - ainsi du capital par rapport au
livre résolument optimiste, où s'affirme l
circulaire produite « par l'accumulation de
continuel». La dynamique de l'histoire n
praxis, le travàil ». Ecrit de manière alert
livre ne satisfera peut-être pas entièremen
questions survenues après Hegel et Marx.
Jean-Marc Wenger

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Review
Reviewed Work(s): L'idéologie de la rupture by Jacques d'Hondt
Review by: Catherine Chalier
Source: Les Études philosophiques, No. 1, E. GILSON - H. CORBIN (JANVIER-MARS 1980),
pp. 101-102
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: https://www.jstor.org/stable/20847674
Accessed: 18-07-2020 18:02 UTC

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Analyses et comptes rendus

d?connect?s (observations sur des perceptions visuelles et sur le langage);


cinq textes concernent la perception auditive, et en particulier la perception
et Tidentification des phon?mes, m?lodies, etc. ;
3) la derni?re s?rie concerne l'organisation c?r?brale chez les gauchers.

Le Dr H?caen assure la pr?sentation g?n?rale de ces textes, ainsi que la


mise en situation de chacune des trois s?ries.
Louis Millet.

Jacques d'HoNDT, L'id?ologie de la rupture, Paris, puf, 1978, 192 p.

Donnant cong? ? l'ancienne le?on socratique selon laquelle jamais l'esprit


ne peut penser le Dehors dans sa radicalit?, notre temps, d'apr?s d'Hondt,
fascin? de ruptures, s?parations, dispersions et substitutions, se vouerait ?
l'impossible t?che de penser son Autre absolu. Et donc inscrirait le paradoxe
en exergue de son r?ve, car l'Autre ne se laisse pas penser sans cesser du m?me
coup d'?tre l'Autre. Le livre montre ? l' uvre cette hypostase de l'Autre,
le refus de l'unit?, du lien, de l'ali?nation, en tant que ce sont l? cat?gories
qui op?rent dans le champ du m?me. Il entend aussi d?noncer toute philo
sophie de la coupure, du commencement, du nouveau absolu, comme id?o
logie et mettre en place une alternative : l'impensable de tous les ? ruptura
listes ? ou l'infini du proc?s de critique dialectique. Si, en effet, l'on choisit
la diff?rence, le discontinu et l'?tranget?, la condamnation est de ne plus
savok ce qu'on dit. Des ?pist?mies sans Hen ?tant impensables, l'id?e d'une
?tranget? sans patrie et sans exil indicible, l'inintelligibilit? est le lot de tout
projet de poser la s?paration comme premi?re. Penser ?tant toujours la venue
de signes qui discernent, et donc sous le r?gime du M?me, c'est une illusion
tenace de notre temps que de croire pouvoir s'en absoudre. Selon l'auteur,
laisser ouverte la question de ce qui r?siste au syst?me, ? la logique dialectique,
croire au commencement absolu, ? quelque J?rusalem c?leste, en dit d'ailleurs
plus long sur le destin social d'une telle fascination que ses tenants ne le
reconnaissent, eux qui n'avouent nul sol et sont bien, en ce sens, des id?o
logues, fils d'un temps qu'ils m?connaissent. S'ils en prenaient conscience,
ils auraient ? s'interroger sur leur pessimisme et leur attentisme. Ce sont l?,
pour d'Hondt, des r?v?lateurs de leur absence d'avenir et de leur refus de
lutter. Ce qu'ils traduisent en projetant dans le pass? le th?me des discontinuit?s
et en pr?f?rant la juxtaposition aux liens. En pariant sur l'id?e d'une inter
vention ext?rieure et non pas sur l'aiguisement des contradictions de ce
monde. A cela l'auteur r?pond que la dialectique est notre destin, le renverse
ment, la loi immanente au monde et les figures de la diff?rence, de la contra
ri?t?, de l'identit?, les moments ?vanescents d'un unique processus. Ce que
Hegel et Marx, p?les r?f?rentiels de ce livre, d?j? montraient. Marx, d'ailleurs,
dans et par un retournement h?g?lien. Nul commencement absolu donc, mais
un commencement qui est r?sultat, nulle rencontre mais une acm? des
contradictions, nulle nouvelle J?rusalem mais une figure o? s'inverse l'an
cienne. Et une diff?rence qui est plut?t divergence. La libert? serait de s'ac
corder ? la n?gativit? qui ronge le r?el, ? l'id?e qu'?tre c'est passer et ? la
certitude que la critique dialectique peut nous le faire entendre.
Reste n?anmoins qu'on peut s'interroger apr?s la lecture du livre sur la

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i02
Les Etudes philosophiques

mise ? la retraite de la cat?gorie du M?me qui, selon l'auteur, caract?


temps. Si, en effet, l'ext?riorit? et la diff?rence sont aujourd'hui so
cela veut-il dire que le M?me soit cong?di? pour autant dans un mon
par la totalit? ? La ruse du logos et l'?pars premier et irr?ductible n
?tre pas tant les deux faces d'une alternative entre pens?e et n
qu'entre n?cessit? du syst?me et arrachement ? lui. Le livre de d
montrer l'impossibilit? de toute interruption et donc de cet ar
A condition bien s?r que nous acceptions de souscrire ? l'id?e q
tique ?puise nos questions. Mais condition n'est point ?vidence.
Catherine Chalier.

Henri Gouhier, Augustintsme et cart?sianisme au XVIIe si?cle, P


1978, 247 p.
On connaissait assez mal les rapports de l'augustinisme et du cart?sianisme
au xvne si?cle. Un ouvrage de Nourisson ?tait la seule r?f?rence; il a vieilli.
L'ouvrage de M. Henri Gouhier, fond? sur une ?rudition solide et une longue
fr?quentation des textes, vient tr?s heureusement combler cette lacune. Cet
ouvrage sera une r?f?rence et, pour les chercheurs, un indispensable ins
trument.
L'auteur distingue le cart?sianisme augustinis? et Y augustintsme cart?sianis? pour
marquer le clivage entre deux ?poques diff?rentes dans les r?actions du public
savant aux th?ses de la nouvelle philosophie de ? M. Descartes ?. Signalons
un argument majeur de l'introduction : ? Parmi les multiples raisons ou pr?
textes que les th?ologiens pouvaient invoquer pour confondre orthodoxie
p?ripat?ticienne et orthodoxie religieuse, il y en avait un qui ?tait particuli?re
ment s?rieux : les formes substantielles de la physique traditionnelle ne seraient
elles pas ins?parables de la transsubstantiation eucharistique? ? (p. 10). Un
moyen bien simple de d?fendre la physique cart?sienne ne serait-il pas de
? citer des textes de saint Augustin favorisant la d?finition de la mati?re comme
res extensa avec ses corollaires sur les b?tes machines ? et ainsi de combattre
? les accusations port?es contre Descartes ?, car ce serait les porter aussi contre
un des P?res de l'Eglise les plus v?n?r?s. Comment Descartes lui-m?me
r?agit-il aux rapprochements faits par le P. Mersenne entre son Cogito et le
texte du De Trinitate qui met en uvre un argument semblable ? Descartes
n'avait pas lu cela dans saint Augustin; il ne songe m?me pas, apr?s le rap
prochement sugg?r? par Mersenne, d'en tirer le parti qu'on lui voudrait voir
tirer. Descartes ne s'arr?te pas aux arguments d'autorit?; ce serait contraire ?
sa logique et ? son propos. Ses continuateurs et ses disciples auront cependant
recours ? l'autorit? augustinienne, soit pour faire l'apologie de leur Ma?tre,
soit parce que, augustiniens, ils se situent dans la pens?e de saint Augustin
pour juger celle de Descartes.
Clerselier, Rohault, Louis de La Forge, Schuyl en Hollande sont de bons
repr?sentants du cart?sianisme augustinis?; Ambrosius Victor (le P. Andr?
Martin de l'Oratoire), le P. Poisson, Antoine Arnauld sont, ? l'inverse, les
repr?sentants les plus connus du cart?sianisme augustinis?.
Du vivant de Descartes, on comprend que la question se soit pos?e ?
Arnauld comme ? Mersenne, lecteurs de saint Augustin. ? A leur suite les

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