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1.

Opérationnalisation des variables

Le modèle d’audit interne des processus relatifs à la pratique des marchés publics est
opérationnalisé à partir de trois instruments de référence que nous avons retenus : le guide
d’audit interne relatif aux achats publics, le référentiel de contrôle interne du processus de la
commande publique et le dispositif de contrôle des marchés publics au Cameroun (Ngaketcha
et Mebada, 2012).

Figure : Modèle conceptuel d’audit interne

Système de contrôle interne


-Contrôle des procédures, de
Audit interne
l’engagement comptable, de la +H3 -Lancement des marchés publics
présence du montant engagé, des
-Passation des marchés publics
échantillons des commandes
-Exécution de des marchés publics
(effectivité et qualité), du service
+H2 -Suivi des marchés publics
fait

Gestion des risques +H1


-Identification, analyse, réduction et
suivi des risques durant les phases de
définition des besoins, préparation de
l’appel d’offre, soumission des offres,
réalisation de la prestation et paiement; Asymétrie d’information
-Etablissement de la cartographie des -Informations non concordantes sur les
risques coûts des prestations, l’effectivité des
prestations, la qualité des prestations
Source : Auteur

La variable indépendante : l’audit interne

Cette variable est mesurée à partir de quatre indicateurs relatifs aux phases de lancement, de
passation ou d’attribution, d’exécution et de suivi des marchés publics. Il est demandé aux
répondants d’indiquer leur degré d’accord ou de désaccord concernant la réalisation de l’audit
pour chacune de ces phases.

Les variables dépendantes

- L’asymétrie d’information : elle est mesurée à partir de trois indicateurs reflétant les
sources possibles de rétention ou de non divulgation volontaire de l’information à
l’autre partie. Il s’agit des informations relatives aux coûts, à l’effectivité et à la
qualité des prestations. Les participants à l’étude sont appelés à indiquer leur degré
d’accord ou de désaccord sur la non concordance de telles informations ;
- La gestion des risques : elle est mesurée à l’aide de cinq items relatifs à un ensemble
de précautions destinées à identifier, analyser, réduire et suivre les risques au cours des
phases de définition des besoins, de préparation des appels d’offre, de soumission des
offres, et réalisation des prestations et de paiement. Il est demandé aux répondants
d’indiquer leur degré d’accord ou de désaccord sur la réalisation de chacune de ces
mesures ;
- Le système de contrôle interne : il est apprécié sur cinq indicateurs portant sur le
contrôle ou la vérification des procédures, des échantillons de commandes, de
l’engagement comptable, du service fait. Les individus interrogés sont appelés à
révéler leur degré d’accord ou de désaccord sur ces différents contrôles.

Au-delà des variables principales du modèle discuté plus haut, nous avons retenu des
éléments d’appréciations des caractéristiques sociodémographiques des participants : sexe,
âge, niveau d’instruction, ancienneté, situation matrimoniale.

2. b/ Phase de collecte des données

La phase de collecte des données est de loin l’une des étapes les plus critiques d’un
travail de recherche. Elle doit être réalisée en limitant au maximum les erreurs d’enquête
susceptibles de rendre inexploitables les données recueillies.

Nous avons opté pour une approche non probabiliste, principalement de convenance pour
constituer notre échantillon. Cette technique consiste à choisir, au sein d’une population
connue, des individus en fonction de leur accessibilité et de leur disponibilité. Dans notre cas,
les salariés sélectionnés pour répondre à notre questionnaire (voir annexe) étaient identifiés
dans différentes administrations. Puisque l’enquête s’est déroulée pendant les heures de
service, c’est uniquement auprès de ceux qui disaient avoir un peu de temps libre que nous
enquêtions.

Nous avons ainsi distribué 100 questionnaires, sans toutefois différé leur retrait. Nous nous
rassurions à chaque fois que l’enquêté ait répondu à l’ensemble des questions posées, ceci
pour limiter voire exclure tout risque d’embarquer des questionnaires non exploitables. Cette
démarche nous a valu un taux de retour de 100%. De plus, tous les questionnaires ont été
jugés exploitables au terme de la phase de dépouillement. L’enquête s’est étalée sur deux
semaines. La majorité des questionnaires a été collectée en fin de semaine, en raison d’une
baisse d’activité dans certains services. Les temps de réponse variaient entre dix et quinze
minutes, parfois 25 minutes en cas d’interruption.
Dans une optique préventive, des mesures visant à faciliter la compréhension du
questionnaire ont été prises. C’est le cas par exemple de la mention faite en entête du
questionnaire indiquant le but de l’étude, la définition du concept clé. Mention était également
faite de répondre sans précipitation et de manière sincère, gage d’une bonne représentativité et
d’un traitement statistique approprié.

3. Traitement des données par la méthode de régression linéaire

Nous avons recours à l’analyse de régression linéaire pour vérifier les relations causales
postulées dans les hypothèses H1, H2 et H3. Selon Gavard-Perret et al (2008), l’analyse de
régression linaire a pour objet de modéliser les relations entre une variable à expliquer et une
variable explicative, les deux types de variables étant mesurés sur une échelle métrique. On
parle dans ce cas de régression linéaire simple. Lorsque l’analyse de régression met en
relation une variable dépendante et plusieurs variables indépendantes, également mesurées sur
une échelle métrique, on parle alors de régression linéaire multiple.

La régression linaire simple nous a permis de faire régresser chaque composante de la


pratique des marchés publics sur l’audit interne. L’intérêt d’une telle approche est d’identifier
proportion de la variance de la pratique des marchés publics (asymétrie d’information, gestion
des risques et système de contrôle interne) est expliquée par l’audit interne.

Deux alternatives sont possibles:


- Hypothèse nulle
L’hypothèse nulle est qu’il n’y a pas de relation entre l’audit interne (X) et la pratique des
marchés publics (Y).
- L’hypothèse de recherche est l’inverse, soit que l’audit interne est associée
significativement à la pratique des marchés publics.
Les prémisses ou conditions indispensables à l’application d’une régression linéaire
1. Les types de variables à utiliser : les variables indépendantes et dépendantes sont toutes :
continues ou quantitatives, mesurées sur une échelle de Likert à cinq (05) positions.
2. Distribution normale des variables endogènes et exogènes: il importe que les variables
suivent nécessairement une distribution normale pour garantir la stabilité des paramètres
d’estimation. Cette prémisse peut être vérifiée en enregistrant les valeurs résiduelles dans la
base de données et en effectuant le test de Kolmogorov-Smirnov ou de Shapiro-Wilks. L’on
doit s’assurer que le test n’est pas significatif pour conserver l’hypothèse nulle de distribution
normale.
3. Indépendance de la variable prédite: toutes les observations formant la distribution des
valeurs de la variable dépendante sont indépendantes, c’est-à-dire viennent d’un individu
différent. Dans notre cas, les éléments sur lesquels repose l’audit interne sont issus de
différents individus appartenant à différentes institutions publiques.

Le niveau de signification associée à la statistique de Fischer D permet de conclure l’effet


d’une variable explicative sur une variable expliquée lorsqu’il est inférieur ou égale à 0,05.
Dans le cas contraire, on accepte l’hypothèse nulle d’absence d’effet. La force de la relation
entre les deux variables est traduite par le coefficient de corrélation multiple R. Il est compris
entre 0 et 100. Le coefficient de détermination R-deux représente le pourcentage de la
variabilité de la variable dépendante expliquée par le modèle, c’est-à-dire expliquée par les
variables indépendantes. Il varie également de 0 à 100. Généralement, plus il est élevé, plus le
modèle est bien ajusté aux données.