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G U I D E T E C H N I Q U E

Évaluer les profils en long


des réseaux d’assainissement

Membres du groupe de travail Astee


« Fiabilité des réseaux d’assainissement »
ayant participé à ce document

Jean-Charles BRUYELLE Office international de l’eau – Animateur du groupe de travail


Olivier SEBALD KUBLER Saint-Gobain – Pont-à-Mousson – Secrétaire du groupe de travail
Michel BANNIER Hydrovideo
Hervé FERRAT 01 Contrôle
Olivier CACHEUX ECA-Hytec
Thierry LOZACH ALPS/Président du Gica
Lionel MONFRONT Cerib
Bernard NUCCI Président du Syncra
Olivier THEPOT Eau de Paris
Jean-Marie DELORD Syncra
Jean VUATHIER Safege
Évaluer les profils en long des réseaux d’assainissement

Sommaire
1. – Objet du document . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

2. – Définitions et références à la date de parution du guide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

2.1. – Références normatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

2.2. – Autres références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

3. – Domaine d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

4. – Définition et conséquences d’un défaut de profil en long . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

4.1. – Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

4.2. – Conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

5. – Exactitude requise des moyens d’évaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

6. – Principes généraux de l’évaluation des défauts de profil en long à


l’intérieur des canalisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

7. – Techniques actuellement mises en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

7.1. – Évaluation des flaches . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

7.1.1. – Mode opératoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

7.1.2. – Temps de réalisation de l’évaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

7.1.3. – Limites d’utilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

7.1.4. – Niveau d’exactitude des informations fournies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

7.2. – Inclinomètres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

7.2.1. – Mode opératoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

7.2.2. – Temps de réalisation de la mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46

7.2.3. – Limites d’utilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46

7.2.4. – Niveau d’exactitude des informations fournies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47

7.3. – Sondes pressiométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

8. – Étalonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

9. – Autocontrôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

10. – Rapport d’inspection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

11. – Incidence d’un défaut de profil dans une canalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

Annexe : Exemples d’incidence de défauts de profil dans une canalisation . . . . . . . . . . 50

TSM numéro 7/8 - 2011 - 106e année 37


Évaluer les profils en long des réseaux d’assainissement

1. Objet du document d’assainissement » de l’Astee, paru dans TSM n° 3 de


mars 2006.
Un réseau d’assainissement est destiné à transporter – « Nouvelles recommandations pour l’inspection
les effluents depuis leur point de collecte jusqu’aux visuelle des réseaux d’assainissement », établies par
ouvrages de traitement avant rejet dans le milieu le groupe « Réhabilitation des réseaux d’assainisse-
naturel. La majorité des réseaux de collecte et de ment » de l’Astee, parues dans TSM n° 1 de janvier
transport sont des réseaux gravitaires dans lesquels 2007.
l’écoulement de l’effluent se fait grâce à la pente donnée – « Guides techniques pour la réception des réseaux
au profil en long. En principe, sans pente, il n’y a pas d’assainissement neufs par les organismes accrédités
d’écoulement dans un réseau gravitaire. Cofrac », établis par le groupe « Fiabilité des réseaux
Ce document a pour objet de définir les moyens et d’assainissement » de l’Astee, parus dans TSM n° 9 de
les méthodes permettant d’obtenir une évaluation septembre 2005 (partie inspection visuelle).
fiable des défauts de profil en long pouvant apparaître – « Guide technique pour l’inspection visuelle des
dans un tronçon de réseau d’assainissement lors de réseaux d’assainissement existant par les organismes
sa pose ou postérieurement à celle-ci. accrédités », établi par le groupe « Fiabilité des
Ce guide technique est destiné : réseaux d’assainissement » de l’Astee, paru dans TSM
– aux organismes d’inspection visuelle, pour définir n° 7-8 de juillet/août 2008.
leurs méthodes, leurs moyens et leurs processus
d’autocontrôle ; 3. Domaine d’application
– aux bureaux d’études, pour établir leurs cahiers des Ce guide s’applique à la détermination des défauts de
clauses techniques particulières (CCTP) et diagnosti- profil en long effectuée à l’intérieur des canalisations
quer le fonctionnement d’un réseau existant ; lors des inspections visuelles de réseaux d’assainisse-
– aux fabricants de matériels et de logiciels. ment d’une hauteur inférieure à 1 600 mm, qu’ils
soient existants, neufs, reconstruits à neuf (réalisés
2. Définitions et références à la date de en éléments préfabriqués) ou réhabilités.
parution du guide Ce document est une recommandation pour la mise
2.1. Références normatives en œuvre du chapitre VI.1.3 du Fascicule 70, Titre I
(contrôle visuel et télévisuel) et des deux guides tech-
– NF EN 1610 : Mise en œuvre et essais des branche-
niques Astee relatifs à l’inspection visuelle.
ments et collecteurs d’assainissement (§ 8.5.2 et
§ 12.1).
– NF EN 752 : Réseaux d’évacuation et d’assainisse-
4. Définition et conséquences d’un défaut
ment à l’extérieur des bâtiments (§ 9.6.3.1 – Version
de profil en long
mars 2008). 4.1. Définitions
– NF EN 13508-2 (description et codage des obser- La pente d’un tronçon entre deux ouvrages d’accès
vations). doit être rectiligne.
Note : Le Fascicule 70 dans son § III.1.3 stipule : « Les
2.2. Autres références changements de direction, de pente ou de diamètre
– Fascicule 70 : Marchés publics de travaux – Cahier sont réalisés à l’intérieur même d’un regard. »
des clauses techniques générales. Ouvrages d’assainis- La pente d’un tronçon est le facteur permettant à
sement (novembre 2003) – Titre 1 : Réseaux. § II.1.3 l’effluent d’atteindre la vitesse prévue lors de l’étude
(Études préalables) et § VI.I.3 (Conditions de récep- et, par là même, est l’un des principaux éléments
tion). déterminant les capacités hydrauliques d’un tronçon.
– « Guide d’application du contrôle préalable à la De ce fait, cette pente doit être respectée pour réaliser
réception par inspection visuelle suivant Fascicule 70, un réseau conforme aux exigences découlant de
Titre I », établi par le groupe « Fiabilité des réseaux l’étude.

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Guide technique

Figure 1. Exemple de pente de projet non respectée

Note : La norme NF EN 1610 stipule dans son


Figure 3. Exemple de pente irrégulière avec parties en contre-pente  :
§ 8.5.2 : « Les tuyaux doivent être posés suivant le partie avec contre-pente prépondérante sur la longueur du tronçon
tracé et le profil en long indiqués dans la limite des
tolérances prescrites par le projet… »
Les défauts de profil en long dans un tronçon se
caractérisent soit :
• par une irrégularité de la pente sans qu’aucune par-
tie ne soit en contre-pente, il s’agit du cas le moins
grave, mais qui provoque des turbulences et un ra-
lentissement de l’effluent (pente irrégulière) ;
• par une irrégularité de la pente avec une ou des par-
ties de tronçon en contre-pente. Lors de l’inspection Figure 4. Exemple de pente irrégulière avec parties en contre-pente  :
visuelle des ouvrages, cette irrégularité se révèle par partie avec contre-pente très localisée dans le tronçon

la présence de retenues d’eau que l’on nomme


« flache ». Ces retenues d’eau sont la caractéristique canalisation au niveau du regard amont par rapport
d’un défaut par rapport à l’horizontale, consécutif à au radier de la canalisation au niveau du regard aval.
la présence d’une partie du tronçon en contre-pente : Un tronçon en contre-pente crée une flache dont le
niveau d’eau se prolonge dans le tronçon amont.
– la flache visible ne correspond pas à la totalité du
Cette contre-pente se révèle par deux éléments :
défaut de profil ;
– lors du nivellement entre les deux regards (pente
– la flache peut se répartir sur deux tronçons consé-
théorique inverse) ;
cutifs quand la partie en contre-pente se situe dans la
– par un niveau d’effluent dans le regard amont
partie amont d’un tronçon aval ; la retenue d’eau peut
supérieur au niveau d’effluent dans le regard aval,
se prolonger dans la partie aval du tronçon amont.
lorsque le réseau est en service.
• par une contre-pente totale du tronçon qui se
concrétise par une altitude inférieure du radier de la
4.2. Conséquences
On constate deux conséquences principales.
• Perturbation hydraulique localisée (ressaut hydrau-
lique) :
– ralentissement de l’effluent dans les parties en contre-
pente et dans les parties où la pente est diminuée ;
– réduction de section pouvant mener à une mise en
charge du réseau dans le cas, notamment, des réseaux
pluviaux ou unitaires dans lesquels les dépôts ont la
possibilité de sédimenter ;
– mise en charge au moment des pointes de débit qui
Figure 2. Exemple de pente irrégulière sans contre-pente amènent un fonctionnement à section pleine induisant

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Évaluer les profils en long des réseaux d’assainissement

à moyen terme la formation d’un bouchon de ma-


tières grasses en voûte en amont du phénomène de
passage en siphon, dans les réseaux d’eaux usées. Ce
bouchon qui évolue peut aller jusqu’à obstruer la
canalisation ;
– conjonction du ralentissement de l’effluent dans la
partie en contre-pente et réduction de la section dans
la zone encombrée de sédiments.
• Fermentation anaérobie des effluents :
– essentiellement dans les réseaux d’eaux usées à
faible débit (et à faible pente) dans lesquels l’effluent, Figure 7. Exemple d’attaque par le H2SO4 en aval d’une partie en
très ralenti dans la partie en contre-pente, entre en contre-pente

fermentation anaérobie et produit de l’H2S qui se


libère de l’effluent dans les passages à plus forte 5. Exactitude requise des moyens d’éva-
vitesse (points hauts) ou à écoulement turbulent en luation
formant du H2SO4 ; Les recommandations françaises (« Guide d’applica-
– également dans les réseaux unitaires où l’on tion du contrôle préalable à la réception par inspec-
constate la conjonction de perte de débit importante tion visuelle suivant Fascicule 70 Titre I », « Guides
et de formation d’H2S. techniques pour la réception des réseaux d’assainisse-
ment neufs par les organismes accrédités Cofrac »,
« Nouvelles recommandations pour l’inspection
visuelle des réseaux d’assainissement », « Guide tech-
nique pour l’inspection visuelle des réseaux d’assai-
nissement existant par les organismes accrédités »)
établies par l’Astee prescrivent que pour l’évaluation
des pentes :
– l’exactitude requise pour l’établissement de la
courbe sur les hauteurs de dénivelée est de ± 20 % de
la dénivelée totale du tronçon et de ± 25 cm sur la
longueur. Avec les inclinomètres, ces tolérances
extrêmes peuvent être nettement améliorées quand
Figure 5. Exemple de conséquences hydrauliques dans une flache : l’ensemble des précautions citées au § 7.2. sont
sédimentation dans la partie en contre-pente d’une flache
appliquées ;
– en lecture instantanée, qui est possible dans
certaines conditions et avec certains équipements,
l’exactitude requise est de ± 0,1° ;
Note : Le guide technique Astee précise : « Dans le
cas où l’organisme de contrôle dispose de systèmes
d’évaluation de l’allure de dénivelée… ne rentrant pas
dans les tolérances citées, il devra faire apparaître
dans son rapport les performances de ses systèmes
qu’il pourra définir à l’aide de diverses méthodes
d’autocontrôle ou par des contrôles extérieurs. »
– les hauteurs d’eau en début, fin et milieu d’une
flache s’évaluent visuellement à ± 5 % de la hauteur
Figure 6. Exemples de conséquences hydrauliques dans une
flache : bouchon de graisse en voûte au niveau d’une flache de la canalisation, avec une mire qui permet

TSM numéro 7/8 - 2011 - 106e année 41


Guide technique

– la technique d’évaluation instrumentée la plus usi-


tée actuellement est celle de l’inclinomètre installé
dans un chariot de caméra qui établit une courbe d’al-
lure de dénivelée et qui, avec certains équipements
(§ 7.2.), peut donner la pente longitudinale instanta-
née du chariot ;
– une technique moins courante consiste à déplacer,
sur le radier de la canalisation, une sonde pressiomé-
trique installée dans une enveloppe dans laquelle le
niveau d’eau est maintenu à une hauteur constante
par rapport à la surface.
Figure 8. Exemple d’évaluation de la hauteur d’eau à l’aide d’une Ce document ne reprend que les techniques utilisées
mire
dans les réseaux non visitables et semi-visitables.
d’atteindre une exactitude de ± 3 à 4 %, ou sont
mesurées avec des systèmes laser dont l’exactitude 7. Techniques actuellement mises en œuvre
est de ± 2 % ; Les équipements requis pour assurer l’évaluation des
– les moyens de mesure et d’évaluation associés à profils en long des réseaux non visitables associés à
la vidéo sont commandés à partir de la régie et les l’inspection visuelle comprennent essentiellement les
résultats des mesures et évaluations instantanées sont caméras adaptées au type de contrôle visuel à réali-
incrustés dans l’image enregistrée, photographiée ou ser, munies d’un dispositif complémentaire, généra-
informatique ; lement un inclinomètre couplé à un système infor-
– les équipements servant à l’évaluation doivent être matique.
vérifiés par tous moyens appropriés. Les vérifications
Les équipements permettant d’assurer l’évaluation
(internes comme externes) doivent permettre de
des profils en long non associés à une inspection vi-
prouver que l’appareil est toujours en état de fonc-
suelle sont essentiellement des sondes pressiomé-
tionnement pour répondre au besoin attendu.
triques.

6. Principes généraux de l’évaluation des 7.1. Évaluation des flaches


défauts de profil en long à l’intérieur des Une flache est symptomatique d’un défaut de profil
canalisations en long, mais l’évaluation (et même la mesure) des
Dans les réseaux visitables et dans les réseaux semi- hauteurs d’eau résiduelles dans la flache est insuffi-
visitables, l’établissement du profil en long se fait par sante pour caractériser le défaut de profil en long
nivellement, en général tuyau par tuyau ou suivant (figure 15, § 7.2.). En plus de la longueur de la flache,
une fréquence prédéfinie. La technique la plus simple il est indispensable de connaître au moins la pente
consiste en l’installation d’un laser tournant au moyenne du tronçon et les différentes hauteurs de
niveau d’un regard et dans le déplacement d’une mire remplissage envisagées (aux heures creuses et aux
par un opérateur dans l’ouvrage selon des intervalles heures de pointe) pour apprécier le défaut hydrau-
prédéfinis. lique induit par la flache (§ 11).
Note : On considère comme visitables les canalisa- Note : Le Fascicule 70 dans son § VI.1.3 précise :
tions dont la hauteur est supérieure ou égale à « L’évaluation des pentes (…) est à réaliser lorsque
1,60 m. des anomalies sont mises en évidence par le contrôle
Dans les réseaux non visitables : visuel ou télévisuel. »
– les retenues d’eau consécutives à des défauts de pro- Lors de l’inspection visuelle, le repérage et l’évalua-
fil en long sont évaluées visuellement ou mesurées si tion de l’amplitude des flaches sont donc un préalable
demandés ; minimum à la mesure (ou à l’évaluation) des pentes.

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Évaluer les profils en long des réseaux d’assainissement

a b

Figure 9. Exemples de bouchon provoquant une retenue souvent prise, par erreur, pour une flache
quand l’inspection se fait d’amont vers aval : a) retenue d’eau non due à une flache ; b) bouchon glissant
cause de la retenue

7.1.1. Mode opératoire Au-delà de 10 % de niveau de fonctionnement, le


périmètre de la canalisation masqué par l’effluent ne
Le collecteur doit être mis en eau afin de pouvoir
permet plus de réaliser une inspection complète. En
repérer les zones de retenue d’eau :
cas de dérivation complète des effluents, il faudra
– dans un collecteur neuf, un déversement d’eau
procéder à un déversement après l’hydrocurage,
claire doit être effectué dans le regard amont afin de
comme pour les collecteurs neufs.
remplir les éventuelles flaches qui auraient été vidées
L’inspection se fait de préférence de l’aval vers l’amont
par la dépression causée par l’hydrocurage préalable
afin de limiter le risque de saisie d’un niveau d’eau
à l’inspection ;
qui serait dû à un bouchon glissant et non à un
– dans un collecteur en service, il faudra, après
défaut de profil en long.
l’hydrocurage (ou éventuellement pour le réaliser),
La caméra est engagée dans l’ouvrage d’accès et
limiter le débit ou le cas échéant dériver l’effluent. La
l’inspection se fait normalement en saisissant, dans
limitation souhaitable du niveau de fonctionnement
le rapport, le niveau d’eau à chaque observation et à
est de l’ordre de 5 % de la hauteur de la canalisation
chaque variation de ce niveau. La position longitudi-
au niveau des ouvrages d’accès amont et/ou aval.
nale et la hauteur de niveau d’eau doivent être préci-
sées pour définir et quantifier
une flache :
– en début de la flache (pho-
tographie possible) ;
– en milieu de la flache, là où
la hauteur d’eau est maximale
(photographie indispensable) ;
– en fin de flache, là où le ni-
veau d’eau est redevenu iden-
tique au niveau d’eau du début
de la flache (photographie
possible).

7.1.2. Temps de réalisation


de l’évaluation
La durée de la saisie des pa-
ramètres de position et de
hauteur des niveaux d’eau au
début, au milieu et à la fin de
Figure 10. Exemples de début, hauteur maximale et fin de flache avec positionnement sur la
courbe d’allure de dénivelée la flache, et de saisie d’au

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Guide technique

moins une photographie (au milieu de la flache) instantanée affichée. La prise en compte de la pente
à l’aide du logiciel est de moins de 2 minutes par instantanée affichée n’est possible, dans ce cas, que
saisie. lorsque le capteur d’assiette est vertical (affichage 0).
D’autres équipements comportent plutôt des accélé-
7.1.3. Limites d’utilisation
romètres (capteurs statiques). Dans ce cas, l'ensemble
La flache n’est caractéristique que de l’évaluation d’un
du capteur, en silicium polycristallin, est constitué
défaut par rapport à l’horizontale et ne permet pas
d'une structure micro-usinée, suspendue au-dessus
l’évaluation du défaut de profil qui, lui, est à évaluer
d'une fine tranche du même matériau. La raideur de
par rapport à la pente.
la structure s'oppose à l’accélération de la pesanteur.
Le curage doit être soigné avec une extraction obli-
La flexion de la structure se mesure par la variation
gatoire de tous les dépôts.
de la capacité (en microfarad) entre celle-ci et la
Lorsque le niveau d’eau atteint une certaine hauteur tranche de silicium.
(variable en fonction du matériel), la progression de
la caméra provoque une gêne à l’écoulement et éven-
tuellement une vague pouvant fausser l’évaluation
visuelle ou instrumentée de la hauteur d’eau. Dans ce
cas, il est préférable de procéder aux évaluations avec
la caméra à l’arrêt.
En réception de réseaux neufs, l’incidence, voire la
gravité, d’une flache ne sont évaluables que par le
maître d’œuvre qui dispose des données du bureau
Figure 11. Inclinomètre (accéléromètre) capacitif en silicium
d’étude ayant conçu et dimensionné le projet (si le usiné
maître d’œuvre n’a pas dimensionné le projet lui-
même). L'amplitude du signal (après traitement) est propor-
En inspection de réseaux existants, l’incidence d’une tionnelle à l’accélération. Le principe du système fait
flache n’est évaluable que par l’entité menant l’étude que l'on peut mesurer des accélérations statiques
(annexe). (comme la gravité) lui permettant d'être utilisé
comme capteur d'inclinaison. Cette inclinaison peut
7.1.4. Niveau d’exactitude des informations être mesurée de manière continue sur ± 90°. Deux
fournies capteurs intégrés sur la même microstructure permettent
L’expérience montre que l’exactitude de l’apprécia- de connaître la pente et le dévers (assiette) du système
tion visuelle d’une hauteur d’eau au niveau d’un d'inspection (Xout et Yout sur la figure 12). L'amortis-
assemblage est de l’ordre de ± 5 % de la hauteur de sement de la structure est effectué de manière élec-
l’ouvrage, ce qui peut être amélioré avec l’utilisation tronique.
d’une instrumentation (§ 5). Avec ces équipements, le « chenillage du chariot » est
pris en compte dans la restitution de la pente instan-
7.2. Inclinomètres
tanée et de la dénivelée totale.
Il s'agit souvent d’un pendule asservi, installé dans
un bain d’huile (amortissement visqueux), se mainte-
nant en permanence à la verticale et dont le déplace-
ment relatif par rapport à l’axe longitudinal du corps
du chariot est suivi et mesuré électroniquement.
Avec ce type d’équipement, il est indispensable de
disposer d’un capteur d’assiette (pendule transversal)
pour s’assurer de la validité de la pente instantanée
en ayant ainsi connaissance des erreurs induites par
le « chenillage du chariot » qui faussent la pente Figure 12. Schéma de principe d'un capteur deux axes

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Évaluer les profils en long des réseaux d’assainissement

Ces inclinomètres installés sur des chariots de caméra – choix d’échelles permettant une bonne lecture de
et couplés à un micro-ordinateur dans la régie du la courbe en abscisses et en ordonnées ;
véhicule d'inspection donnent en permanence la
• procédure soignée de saisie des données en cours
pente du chariot. La donnée peut donc être perturbée :
d’inspection :
– par un « chenillage » du chariot (avec certains équi-
– travailler avec un câble tendu en permanence ayant
pements) ;
la même tension (enrouleur asservi souhaitable) ;
– par la présence de dépôts dans la canalisation ins-
– utiliser des roues « dures » en bon état (vérifier
pectée ;
régulièrement leur état d’usure) et, dans le cas de
– par une mauvaise « initialisation » de l’inclinomètre
roues gonflables, gonfler ces dernières de manière
du chariot, lors d’un changement de roues, ou lors
uniforme à la pression maximum ;
du contrôle hebdomadaire (§ 9).
– limiter les phénomènes parasites (qui devront être
Avec le système informatique de l’équipement, les
lissés). Pour ce faire, éviter les arrêts et les démarrages
inclinomètres permettent de tracer le profil en long
brusques. Les accélérations et décélérations en cours
d'un ouvrage de manière suffisamment précise si les
d’inspection de tronçon doivent se faire très progres-
plages limites d’utilisation du chariot sont adaptées
sivement ;
à la dimension de l’ouvrage.
– limiter le « chenillage » et les effets des obstacles en
L’inclinomètre installé dans un chariot de caméra
utilisant toujours le chariot qui a le plus grand em-
n’est pas véritablement un outil de mesure, mais
pattement.
essentiellement un instrument permettant d’évaluer
finement, après traitement des données qu’il fournit, Note : Dans le cas où, en cours d’inspection, le cha-
l’allure de la dénivelée entre deux points (regard riot devra s’arrêter fréquemment (par exemple si les
d’arrivée et regard de départ) et, dans certains cas, la observations nécessitant un arrêt du chariot sont
pente instantanée. nombreuses), il sera préférable de saisir les données
La courbe d’allure ne peut être considérée comme relatives à la courbe de dénivelée lors d’un nouveau
une mesure (puisque chaque donnée fournie par l’in- passage à vitesse constante. Quand le système le
clinomètre est traitée et « lissée » informatiquement), permet, la saisie peut se faire en marche arrière ; la
mais reste significative. Son exploitation ne pose pas courbe d’allure de dénivelée peut alors être inversée
de problèmes quand elle reste dans la limite des tolé- (en fonction du type de matériel). Cette dernière
rances précisées au § 5. méthode est intéressante, car elle ne fait pas perdre
Quels que soient le type et la précision intrinsèque de temps et permet de revenir en marche arrière avec
du capteur, l’édition d’une courbe d’allure de dénive- un câble tendu uniformément, ce qui évite l’obliga-
lée exploitable ne peut se faire que sous deux condi- tion de l’enrouleur asservi.
tions :
7.2.1. Mode opératoire
• matériel de capture et de gestion des données de
L’ensemble chariot/caméra est engagé dans la canali-
qualité :
sation. Dans la plupart des équipements, le système
– inclinomètre amorti par traitement informatique du
de mesure de la pente est activé automatiquement dès
signal ou par amortissement visqueux ;
– pas de la mesure suffisamment rapproché ; le démarrage du chariot. L’inclinomètre saisit auto-
– enrouleur asservi (ou câble tendu en permanence matiquement les variations de pente du chariot
à la même tension) ; suivant une fréquence déterminée qui est, selon le
– système informatique de traitement de signal et de constructeur, de 10 mm.
gestion des données pertinent. Le traitement (lissage Les données fournies par l’inclinomètre, couplées à
et écrêtage) permet d’atténuer de légères imperfec- celles de positions en linéaire fournies par le comp-
tions ponctuelles telles que : passage d’un assem- teur métrique, sont stockées dans la mémoire au
blage, présence ponctuelle de quelques graviers… fur et à mesure de leur saisie. La valeur de pente
Cela concerne aussi bien l’établissement de la courbe « instantanée » du chariot apparaît également en
que l’affichage de la pente « instantanée » ; continu par affichage sur l’écran.

TSM numéro 7/8 - 2011 - 106e année 45


Guide technique

À l’arrivée, à l’extrémité du tronçon et après saisie de – à la suite d’inspections de réseaux anciens dans
l’ensemble des données relatives à l’inspection, l’opé- le cadre de la gestion du patrimoine ou pour une
rateur, suivant le type de matériel dont il dispose et réhabilitation.
la cohérence de la courbe obtenue : Le contrôleur va fournir des informations qui sont la
• déclenche l’édition définitive de la courbe d’allure longueur d’une flache, la hauteur maximale du
de dénivelée ; niveau d’eau au point le plus bas de la flache et une
• exceptionnellement, quand les conditions de saisie courbe d’allure de dénivelée replaçant cette flache
ont été perturbées (essentiellement quand les arrêts dans le profil en long du tronçon.
et démarrages ont été très fréquents) : Sur la base de l’étude du projet, le décideur tech-
– décide de refaire l’inspection à vitesse constante ; nique, en fonction de la pente du tronçon et des
– décide d’établir la courbe en marche arrière, revient débits prévus dans la canalisation, va calculer la perte
à vitesse constante avec le câble toujours tendu et de débit et/ou les risques de sédimentation, consé-
déclenche l’édition de la courbe d’allure de dénivelée cutifs au défaut de profil, en s’appuyant sur les
après retour du chariot dans le regard de départ. données fournies par le contrôleur (§ 11 et annexe).
Note : Certains systèmes éditent dans ce cas une
7.2.2. Temps de réalisation de la mesure
courbe avec une pente inversée ; d’autres replacent
automatiquement la pente de la courbe dans le bon L’inspection s’effectue en vitesse normale quand la
sens. saisie des paramètres permettant d’établir la courbe
Les données étant saisies et enregistrées, la courbe d’allure de dénivelée se fait en marche avant.
peut être éditée, a posteriori, lors de l’établissement Que la mesure se fasse en marche avant ou en marche
du rapport d’inspection. arrière, il est indispensable de réaliser les mouve-
La courbe établie va permettre au maître d’ouvrage, ments de translation (marche avant, marche arrière,
assisté de son maître d’œuvre ou d’un bureau d’études arrêt, démarrage) de manière progressive et de mainte-
(interne ou externe), de vérifier l’acceptabilité ou non nir une vitesse constante et modérée afin de limiter les
des défauts de profil en long observés : vibrations parasites.
– à la suite d’inspections de réseaux neufs en vue La validation de la courbe est instantanée en fin d’ins-
d’une réception ; pection du tronçon sur simple requête de l’inspec-
teur. L’édition peut être différée et réalisée au bureau.

7.2.3. Limites d’utilisation


Le curage doit être soigné avec une extraction obli-
gatoire de tous les dépôts.
Les données parasites telles que : irrégularité des
tuyaux, variation brutale au niveau du passage du
Figure 13. Courbe d’allure de dénivelée brute
chariot dans un emboîtement ou dans une culotte,
secousse amenée lors de l'accélération ou la décélé-
ration du chariot sont lissées lors de l’établissement
de la courbe et dégradent la précision de cette dernière.
Nécessité de travailler avec un câble tendu uniformé-
ment en permanence, que la saisie se fasse en marche
avant ou en marche arrière.
Certains constructeurs limitent la plage d’utilisation
de l’inclinomètre à une pente maximum (par exemple
5,5 %) afin d’améliorer l’exactitude de la courbe dans
Figure 14. Exploitation de la courbe d’allure de dénivelée les réseaux à faible pente.

46 TSM numéro 7/8 - 2011 - 106e année


Évaluer les profils en long des réseaux d’assainissement

– chaîne de traitement de la valeur analogique ;


– dureté des pneus ;
– non coaxialité du chariot et de la canalisation
(chenillage).
L’offset minimum atteignable est de 0,05 mm/m.
Au-delà de 1 mm/m d’offset, l’incidence de ce dernier
rend inutilisables les données recueillies dans des
ouvrages présentant une pente moyenne de 2 mm/m
Figure  15. Exemple de courbe établie sur un collecteur à forte pente
et moins. Il est donc indispensable de réduire au
avec un inclinomètre limité à la mesure d’une pente de 5,5 % minimum cet offset en appliquant des procédures
d’inspection soignées (cf. ci-dessus) et en pratiquant
7.2.4. Niveau d’exactitude des informations
les autocontrôles quotidiens et hebdomadaires
fournies
décrits au § 9, notamment le réglage quotidien prenant
Il ne peut être question de parler de mesure. Le prin-
en compte l’usure des pneus qui est l’un des facteurs
cipe utilisé fait que l'on a un indicateur. Il n'y a
les plus importants de l’augmentation de l’offset. Une
pas de liaison des valeurs de pente avec les étalons
différence d’usure (non compensée lors de l’auto-
nationaux.
contrôle) sur une des roues augmente l’offset, ce qui
Le chapitre 5 rappelle que l’exactitude requise pour peut rendre impossible l’évaluation des faibles pentes.
l’établissement de la courbe sur les hauteurs de déni-
velée est de ± 20 % de la dénivelée totale du tronçon
et de ± 25 cm sur la longueur. Cependant, lorsque la
pente reste dans les plages d’utilisation de l’inclino-
mètre, cette exactitude est largement améliorée.
Comme le montre le tableau I, lorsque les pentes
dépassent 3 mm par mètre cette exactitude est faci-
lement atteinte et, à partir d'une pente de 10 mm/m,
l'erreur sur la mesure peut être inférieure à 5 % (en
valeur absolue) de la dénivelée totale.
Note : L'offset est une valeur constante venant s'ajou-
ter ou se soustraire à la valeur de la pente donnée par
le capteur, dans l’exemple donné par le tableau I, elle
est évaluée à + 0,5 mm/m. Elle est due à plusieurs
Figure 16. Influence de l’usure des pneus sur l’exactitude de la
facteurs qu’il faut s’efforcer de minimiser : mesure de dénivelée

Pente du tronçon Pente affichée Dénivelée Dénivelée Écart de dénivelée


Erreur
sur 10 m de long (avec offset) réelle avec offset sur 10 m
(%)
(mm/m) (%) (mm) (mm) (mm)

0,5 1 5 10 5 100
1 1,5 10 15 5 50
2 2,5 20 25 5 25
5 5,5 50 55 5 10
10 10,5 100 105 5 5
20 20,5 200 205 5 2,5
30 30,5 300 305 5 1,7
40 40,5 400 405 5 1,25
50 50,5 500 505 5 1
Tableau I. Variation de l’erreur sur la mesure de dénivelée en fonction de l’influence de l’offset (exemple avec offset de 0,5 mm/m)

TSM numéro 7/8 - 2011 - 106e année 47


Guide technique

7.3. Sondes pressiométriques


La mesure des profils longitudinaux
peut être effectuée à l’aide d’une
sonde composée d’une ogive, dans
laquelle est placé un capteur de
pression, qui est tractée dans la
canalisation. Cette sonde est reliée
à un réservoir de compensation par
un tuyau souple. L’ogive, le tuyau et
le réservoir sont remplis d’un
liquide approprié.
Au fur et à mesure de l’avancement Figure 17. Principe de la mesure par sonde pressiométrique
de la sonde, la hauteur de fluide est
constamment maintenue grâce au réservoir de compen-
sation. Le capteur de pression enregistre les variations
relatives de hauteur de fluide, ce qui permet de
déduire la variation altimétrique de la sonde.
Le pas de mesure, choisi par l’opérateur, permet de
déterminer le profil longitudinal de la canalisation
entre deux regards. Figure 18. Exemple de système d’initialisation sur un plan hori-
zontal
Le traitement de ces informations permet de déter-
miner le profil en long réel d'un tronçon. « Nouvelles recommandations pour l’inspection vi-
Les mesures peuvent être rattachées au plan général suelle des réseaux d’assainissement », « Guide tech-
de nivellement des regards. nique pour l’inspection visuelle des réseaux d’assai-
Le système relève également les températures pour nissement existant par les organismes accrédités »),
compenser les effets de leur variation sur les hauteurs établies par l’Astee, donnent les prescriptions sui-
de fluide, ce qui permet d’utiliser également cette vantes pour les inclinomètres.
sonde comme « itchyotherme » pour le relevé et le • La validation permanente par cohérence des deux
positionnement des arrivées d’eaux parasites ou de données de la courbe obtenue par tronçon en com-
raccordements clandestins parant :
Cette technique a été utilisée en suivi d’ouvrage dans
– la hauteur de la dénivelée avec le nivellement des
le cadre de la gestion du patrimoine ou en expertise.
radiers de chaque regard (altitudes radiers du plan de
Note : Contrairement aux autres technologies
récolement) ;
présentées dans ce document, le constructeur de ce
– la longueur apparaissant sur la courbe avec la me-
matériel ne nous a fourni aucune autre indication.
sure de la longueur en surface.
8. Étalonnage • L’initialisation quotidienne (ou à chaque change-
Sans objet pour les inclinomètres qui ne sont pas des ment de roue) par point fixe sur un plan horizontal
instruments de mesure. avec « mise à 0 » si nécessaire qui permet le réglage
de l’offset et la prise en compte de l’usure des pneus
9. Autocontrôle (figure 18) ;

Les recommandations françaises (« Guide d’applica- • La vérification hebdomadaire en atelier sur des
tion du contrôle préalable à la réception par inspection plans inclinés à différents angles (figure 19).
visuelle suivant Fascicule 70 Titre I », « Guides tech- • La superposition de deux courbes d’un même tron-
niques pour la réception des réseaux d’assainissement çon établies en sens inverse qui permet de valider le
neufs par les organismes accrédités Cofrac », fonctionnement en cas de doute (figure 20).

48 TSM numéro 7/8 - 2011 - 106e année


Évaluer les profils en long des réseaux d’assainissement

10. Rapport d’inspection 11. Incidence d’un défaut de profil dans


Le rapport d’inspec- une canalisation
tion des systèmes as- Dans un défaut de profil en long créant une flache, le
sociés à l’inspection mouvement du fluide se fait en deux temps :
vidéo doit comporter – accélération du fluide du fait de l’augmentation de
essentiellement par la pente liée à la flache (soit entre le point amont du
tronçon : défaut de profil et le point bas de la flache) ;
– la description et le – décélération du fluide du fait d’une élévation de la
positionnement des hauteur d’eau liée à la contre-pente de la flache (soit
flaches caractérisées entre le point bas de la flache et le point aval du défaut
par les variations du de profil qui coïncide avec le point aval de la flache).
niveau d’eau ;
– la courbe d’allure
de dénivelée.
Ces éléments permet-
tront au décideur tech-
nique d’asseoir sa déci-
sion quant au main-
tien ou non du défaut
de profil en long.
Pour les systèmes à
Figure 21. Définition des différents éléments rencontrés dans une flache
sonde pressiomé-
trique, le rapport est
Il y a rupture de pente et donc
constitué par une
de l’uniformité de l’écoule-
Figure 19. Exemples de système de vérifica- courbe d’allure de dé-
tion interne hebdomadaire en atelier sur des ment. La transition entre ces
plans inclinés à différents angles nivelée. deux régimes va se traduire
par la présence d’un ressaut
hydraulique.
Le calcul de l’incidence d’un
défaut de profil en long ne Figure 22. Exemple de ressaut hydraulique
peut se faire que par modéli-
sation hydrodynamique.
Pour pouvoir réaliser cette modélisation, les para-
mètres que doit fournir l’organisme de contrôle sont :
– longueur et hauteur de la flache relevées visuelle-
ment lors de l’inspection ;
– longueur du défaut de profil visible sur la courbe
d’allure de dénivelée.

Fabricants et vendeurs de matériels ayant fourni


des données mentionnées dans ce document
Hydrovideo : Z.A. Pont Rame – 49430 Durtal.
Tél. : 02 41 76 01 90.
ECA Hytec : 501, rue de la Croix-de-Lavit – 34197
Figure 20. Exemple de courbes d’allure de dénivelée dans un même
tronçon établies en sens inverse à superposer Montpellier cedex 5. Tél. : 04 67 63 64 00.

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