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Groupe des Écologistes, Solidaire et Citoyen de la MRN

Groupe Rouen - l’écologie en actes

Communiqué de presse du 09 janvier 2021

Transparence et sécurité : l'État et les industriels doivent prendre leurs


responsabilités pour protéger la population

Un peu plus d’un an après Lubrizol, les élu.e.s écologistes de la Métropole et de la


Ville de Rouen rappellent l’exigence de transparence et de sécurité des populations
qui doivent être au cœur des politiques publiques et des projets industriels. Nous
nous associons ainsi aux citoyen.ne.s et aux lanceurs d’alerte pour demander des
réponses concrètes sur l’incident industriel qui a eu lieu dans la nuit du 31 décembre
sur le site Multisol à Sotteville-lès-Rouen.

Pour rappel, suite à une odeur inhabituelle signalée dans l’air de plusieurs
communes de la Métropole ces derniers jours, la Préfecture avait d’abord déclaré
que ce phénomène était du à l’utilisation des cheminées liée à la baisse des
températures. Jeudi, grâce à l’alerte de la CGT qui révélait “un dysfonctionnement
extrêmement grave sur le site” de l’entreprise Multisol, une équipe de la DREAL se
rendait sur place pour inspecter le site, et confirmait qu’un “incident industriel
mineur” avait eu lieu la nuit du 31 décembre. Après plusieurs jours passés à nier,
l’entreprise Multisol a avoué vendredi 8 qu’un incident avait bien eu lieu, dégageant
“un peu de fumées, mais pas de flammes”, suite à la surchauffe de produits stockés.

Cet incident, et la communication de Multisol, nous rappellent de bien sombres


souvenirs. Apparemment, les leçons n’ont pas été apprises, et cette nouvelle
dissimulation de faits est inacceptable. ​Il n’est plus possible aujourd’hui, sur un
territoire marqué comme le nôtre par des accidents récents, d’agir avec une
telle irresponsabilité lorsqu’il s’agit de la santé des habitant.e.s et de
l’environnement.

Alors que l’Etat a dérégulé encore le contrôle des sites industriels avec la loi ASAP
permettant d’agrandir par exemple les capacités de stockage d’un site SEVESO
sans enquête environnementale, nous lui demandons de changer clairement de
politique pour éviter d’aller dans le mur. ​Des moyens renforcés pour le contrôle
régulier des sites dangereux​, avec plus de personnel à la DREAL par exemple,
doivent être mis en place rapidement et durablement.

Nous demandons également que la communication par les industriels de tout


incident, majeur ou mineur, à la Préfecture et à la population de manière accessible
soit rendue obligatoire et systématique. ​Les manquements et les dissimulations
comme celle observée ici, ne peuvent plus être tolérées.

Les collectivités travaillent à renforcer les dispositifs d’alerte des populations en cas
d’urgence. Mais ​c’est au quotidien et sur le long terme que nous devons
construire collectivement une véritable culture du risque et de la sécurité, et
prendre les décisions qui s’imposent. C’est aussi pour cela que nous œuvrons à la
création d’un Observatoire citoyen des pollutions, comme à Fos sur Mer. Nous
rappelons que la demande des associations de victimes et des élu.e.s, concernant la
mise en place d’un suivi sanitaire et d’expertises indépendantes sur l’environnement,
reste toujours lettre morte auprès du gouvernement et de la Préfecture.

La Ville de Rouen à fait un premier pas en accordant à l’Association des Sinistrés de


Lubrizol une subvention leur permettant de mener des études indépendantes sur les
polluants toujours présents dans l’eau, les sols et les organismes vivants depuis la
catastrophe. ​L’Etat et les industriels doivent prendre la mesure de la
responsabilité qui est la leur pour assurer notre sécurité et notre avenir
collectif.

Les enjeux sont bien trop importants pour que les questions de sécurité
industrielle soient ainsi traitées avec négligence​. La réalité de la fréquence des
incidents industriels sur notre territoire doit être dite, pour que des moyens à la
hauteur soient mis en place. Nous attendons de Multisol des réponses plus claires,
précises, et de l’Etat la prise en compte de la souffrance des populations et des
salarié.e.s au contact de produits et de procédés industriels dangereux.

Il en va de la durabilité de notre économie, de notre industrie qui doit se réinventer. Il


en va également de notre qualité de vie, et de l’avenir sur nos territoires.

Pour le Groupe des Écologistes, Solidaire et Citoyen de la Métropole


Sylvie Croizat et Cyrille Moreau

Pour le groupe Rouen - l’écologie en actes


Laura Slimani et Jean Michel Bérégovoy