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Chapitre V : L’abattage (terminologie – technologie) Page 144 sur 295

V. L’ABATTAGE (TERMINOLOGIE - TECHNOLOGIE)

A.UTILISATION DES EXPLOSIFS


Dans sa majeure partie, l’explosif est placé dans un trou de forage qui aura été réalisé
préalablement à l’aide d’un matériel spécifique, une foreuse, car c’est dans cette configuration
que son efficacité en terme de fragmentation est la meilleure.

Cependant, il existe d’autres configurations toutes plus marginales les unes que les autres mais
qui en fonction des cas, donnent les résultats escomptés.

A.1. A L’AIR LIBRE


Ce mode de tir consiste à faire détoner une charge
explosive en suspension dans l’air. Cette
configuration ne se rencontre presque
qu’exclusivement que lors de tir pour le
déclenchement d’avalanches où l’on va utiliser
l’onde de choc, créant à la fois une surpression et
une dépression dans l’air qui doit servir à déplacer la
couche de neige instable. Cette technique impose la
possession de l’option n°3 intitulée "tir en montagne
pour le déclenchement d’avalanches".

A.2. EN PLACAGE Figure V-1: Lancéde cartouche

a) "TIR A L’ANGLAISE"

Lorsqu’il est impossible de forer un trou dans un


Calotte d'argile épaisseur 15 cm
bloc gênant, il est tout de même possible de le
fragmenter en utilisant une charge appliquée.
On utilise pour cela un explosif encartouché à forte
énergie de choc (les dynamites conviennent
parfaitement pour cet usage) que l’on place, en Bloc à débiter
contact le plus étroit possible avec la roche, à la
surface du bloc à débiter. Tous les modes
d’amorçages sont autorisés, mais le plus sûr et le
plus commode est l’amorçage électrique. Pour
Charge +/- 500 g/m3
limiter les nuisances sonores, la charge est
recouverte d’au moins 15 centimètres d’argile Figure V-2: Charge à l’anglaise
exempte de cailloux ou graviers qui pourraient se
transformer lors du tir en autant de projectiles (le
nom de cette technique tient à l’usage de cette calotte d’argile = terre glaise, d’où « tir en
glaise » et par déformation « anglaise » !). Si l’on ne dispose pas d’argile, on peut utiliser pour

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recouvrir la charge, un sac en matière plastique rempli d’eau ou mieux, de fines ou « filler »
qu’on trouve en abondance sur les carrières.
Ces tirs ne sont pas autorisés pour l’abattage de masses rocheuses.
La consommation d’explosif est élevée : environ 500 grammes de dynamite par mètre-cube de
rocher.
Les résultats de cette méthode sont assez aléatoires et il n’est pas rare de devoir s’y reprendre à
plusieurs fois pour obtenir le résultat escompté.
Les projections engendrées par ces tirs étant très difficiles à prévoir et à maîtriser, il est prudent
d’établir un périmètre de sécurité important.
b) SOUDAGE A L’EXPLOSIF
Cette technique peut être utilisée dans l’industrie pour
réaliser de la soudure de deux alliages par exemple.
Le soudage à l’explosif utilise l’énergie explosive pour
propulser deux parties métalliques entre elles pour ne
former qu’une seule et unique pièce. Au point d’impact
des deux parties, une fine couche est retirée des deux

Vitesse de détonation

Explosion
faces projetées entre elles, et est éjectée
dans le jet de métal en fusion. Le jet
Métal à souder contient à la fois des oxydes et les deux
Vitesse de placage couches de surface précédemment
éjectées qui auraient pu empêcher une
Métal de base bonne liaison. Les deux surfaces sont
intimement liées sous forte pression
créant ainsi une liaison parfaite
Vitesse de collision

Figure V-3: Placage à l’explosif

c) CHARGE CREUSE DE DECOUPAGE


Les cordeaux de découpage ont été mis au point pour répondre à certains besoins de l’industrie
et permettre notamment un découpage précis dans des conditions particulières (séparation
d’étage de fusée, ou découpe de cockpit d’avion par exemple).
L’emploi des cordeau est particulièrement avantageux :

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Produit de Lorsque le découpage doit être fait à


Explosif détonation distance.
Gaine
Lorsqu’on ne peut pas amener sur
place des moyens classiques de
Plaque à découper découpage (travaux sous marin ou en
haute montagne).
Lorsque le découpage doit être fait en
un temps très court (séparation
Eclats d’étage de fusée, certains dispositifs
d’extinction).
Lorsque le découpage ne doit pas
s’accompagner d’effets thermiques
prolongés.
Le cordeau est appliqué sur le matériau à
découper et amorcé à une des
Jets extrémités. L’onde de détonation se

Figure V-4 : Découpage à l’explosif


propage perpendiculairement au plan de section droite du cordeau, à une très grande vitesse
(7000 à 7500 m/s)projetant ainsi les deux faces intérieures du V dans le plan de symétrie. Leur
collision donne naissance à un jet de particules de plomb en forme de lame, animé d’une très
grande vitesse,. Ce jet engendre une très grande pression de l’ordre de plusieurs centaines de
milliers de bars au point d’impact et provoque ainsi, tout au long du cordeau, la découpe du
matériau.

A.3. DANS UN TROU DE FORAGE


C’est la méthode la plus largement répandue dans les mines et les carrières ainsi que sur les
chantiers de travaux publics. Des trous rectilignes sont forés à l’intérieur de la masse rocheuse à
abattre. Leurs dimensions, leurs emplacements et leur nombre sont directement en rapport avec
le travail à effectuer, la nature et la structure du massif rocheux, ces paramètres étant en règle
générale calculés par un spécialiste et sont notés sur un plan de tir.

Les explosifs équipés de leurs moyens de mise à feu (la chaîne pyrotechnique) sont disposés à
l’intérieur des trous par le boutefeu.
Le tir doit se pratiquer en une seule fois, les trous partant tous en même temps (tir
« instantané») ou avec un décalage temporel plus ou moins long entre eux grâce à l’utilisation
des détonateurs à retard (tir « retardé»).

On distinguera, les tirs par mines pochées, les tirs par grands fourneaux, les tirs de pétardage, les
tirs de petites masses et l’abattage de grandes masses rocheuses.

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a) TIR PAR MINES POCHEES:


Le pochage s’effectue soit à l’explosif dans les roches
dures et compactes soit à l’aide d’acide dans certaines
variétés de calcaire.
On fore des trous de petit diamètre au moyen de
marteaux pneumatiques à main que l’on pousse à des
profondeurs de 8 à 10 mètres. L’orifice du trou est
disposé à 1 mètre au dessus du sol et le trou est dirigé
normalement à la paroi, légèrement plongeant, de
manière à ce que le fond de trou soit à peu près au
niveau de la carrière. On crée ensuite, dans le fond du
trou, une chambre de dimensions proportionnelles au
volume de pierre à déplacer.
Figure V-5: Principe d'une mine pochée

Pour le chargement après pochage, il est


important de curer et nettoyer le trou. Le
chargement s’effectue ensuite avec des
explosifs classiques. L’amorçage se fait au
cordeau ou avec des détonateurs classiques.

Cette technique est totalement désuète de


nos jours et dangereuses. Figure V-6: Foration d'un mine pochée au début du 20ème siècle

b) LES TIRS PAR GRANDS FOURNEAUX:

C'est une méthode ancienne d'abattage de


grandes masses rocheuses du temps où les
moyens de foration n'étaient pas aussi
performants qu'aujourd'hui ou n'existaient
pas.
Il s'agit de creuser un galerie de petite
section (2 à 4 m²). Des chambres sont
excavées en forme de T. On remplit ensuite
d'une quantité variable (jusqu'à une centaine
de tonne), les extrémités des chambres en
fonction du volume à abattre.
Le bourrage des chambres et de galerie
d'accès est réalisé par des sacs de sable ou
des murs en pierre maçonnées.

Cette méthode génère beaucoup de


nuisances (bruits et vibrations).
Figure V-7: Principe du tir par grands fourneaux

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c) PETARDAGE
Bourrage
Pour un bloc dont la taille n’excède pas
quelques m3, on fore un ou plusieurs trous de
Charge +/- 50 g/m3
petit diamètre (38 à 89 mm) d’une longueur et
d’une orientation telles que le fond du forage se
trouve sensiblement au centre géométrique du
bloc. Une charge d’explosif amorcée et
Bloc à débiter introduite dans le trou puis celui-ci est
soigneusement bourré à l’aide de sable. Après
avoir pris les précautions d’usage, la charge est

Figure V-8 : Pétardage d’un bloc mise à feu.


On utilise le plus couramment un explosif
encartouché, dynamite ou émulsion.
Tous les modes d’amorçages sont autorisés, mais le plus sûr et le plus commode est l’amorçage
électrique fond de trou.
Ce genre de tir est susceptible de provoquer des projections à grande distance : il faudra en tenir
compte au moment de fixer le périmètre de sécurité et de définir les abris pour le personnel.
La consommation d’explosif pour ce type de tir est d’environ 50 grammes par mètre-cube
de roche (consommation faible car le nombre de faces libres est élevé). Si l’on ne dispose pas de
cartouches d’un poids correspondant aux besoins, il est toujours possible d’utiliser un
« bobineau » réalisé avec du cordeau détonant (7m de cordeau chargé à 10g/m correspondent à
70 grammes d’explosif).
Lorsque le bloc excède la taille indiquée ci-dessus, il convient de réaliser plusieurs forages
répartis dans toute la masse à fragmenter.
d) TIR FENTE – TIR FISSURE
Pour purger un front ou une paroi rocheuse de ses
blocs instables ou en surplomb, on peut être amené à T uyau plastique

introduire une charge explosive dans la fissure qui


s’ouvre en arrière de ceux-ci. Sans préparation Bourrage

préalable de la fissure, l’action de l’explosif sera très


limitée pour les raisons suivantes : Bloc à purger

La charge n’est que très rarement en contact étroit Charge


avec la roche à fragmenter et de ce fait l’énergie de
choc ne peut s’y propager. Rem plissage d'argile

Les gaz de l’explosion n’étant pas confinés, leur


poussée sur le bloc est insuffisante pour provoquer
son basculement, sauf à mettre en œuvre des charges
très importantes la plupart du temps incompatibles
avec le respect des normes d’environnement en
Figure V-9 : Tir fissure
matière de bruit.
Il convient donc de reconstituer à l’intérieur de la fente un trou de mine en bourrant dans celle-ci
de l’argile autour d’un tuyau de matière plastique par exemple, de dimensions adaptées à la
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charge utilisée. Les explosifs, amorcés de préférence à l’aide d’un détonateur électrique sont
introduits dans le tuyau qui reçoit ensuite un bourrage réalisé suivant les règles habituelles, puis
mis à feu.
AVERTISSEMENT :
La préparation de la fissure est un travail souvent pénible et dangereux, à réaliser dans des
conditions acrobatiques et qui impose l’utilisation de matériel de protection contre les chutes
(harnais, cordes d’attache …) ainsi qu’une grande habitude de ce genre de travaux.
Les tirs-fissure, lorsqu’ils fonctionnent, sont souvent à l’origine de projections très violentes à
des distances importantes : le périmètre de sécurité doit donc être considérablement augmenté
par rapport à un abattage classique.
En règle générale, les résultats de tels tirs ne sont pas à la hauteur de la peine que l’on s’est
donné pour les réaliser. Il convient de leur substituer systématiquement des moyens mécaniques
voire manuels (vérinage, purge à la pince, purge aux engins …) qui s’avèrent souvent plus
économiques, plus rapides et surtout plus sûrs et moins aléatoires.
e) TIRS DE PETITES MASSES ROCHEUSE

 TROUS A POTEAU

Il s’agit de réaliser en terrain rocheux une


excavation dont les dimensions de la surface au
sol sont notablement inférieures à sa
profondeur, par exemple un trou de 40
centimètres de diamètre pour 1,50 mètre de
profondeur, et dont le volume est
approximativement de 0,2 m3.
bourrage
On réalise trois ou quatre forages verticaux
légèrement plus profonds que l’excavation à
trou de obtenir et qui recevront chacun une charge,
Décompression
(non chargé) généralement constituée d’un explosif
encartouché puissant, de préférence une
charge dynamite, amorcé en mode fond de trou au
moyen de détonateurs électriques ou non-
électriques court-retard.

Ces charges sont assez éloignées de la surface du sol


Figure V-10: Fouilles pour fondation d’un poteau
pour qu’on considère qu’elles ne disposent pas de la
surface libre indispensable au travail de l’explosif.
On fournit donc une surface libre « artificielle » en forant un trou qui sera laissé vide au moment
du tir, c’est le trou de décompression de dimensions semblables à celles des trous chargés.
Les charges spécifiques utilisées pour ce type de travaux sont élevées : de 1,5 à 2,5 kilogrammes
par mètre-cube de rocher selon la nature du terrain, ce qui, étant donné le faible volume
travaillé, ne représente en réalité que peu d’explosif (dans notre exemple ci-dessus, un total de 3
kg est suffisant !).

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Ces tirs sont très violents et donnent lieu à des projections importantes : il est nécessaire de
prévoir un large périmètre de sécurité.
 TIR DE TRANCHEE

L’emploi d’explosifs offre une solution sûre,


5
rapide et économique pour réaliser des
4 tranchées courantes dans les massifs
Foration en quinconce rocheux par la technique appelée
« préminage » : le volume correspondant à la
3 tranchée est fragmenté sur place puis extrait
Ordre des départs 2 à la pelle mécanique dont le travail se voit
ainsi grandement facilité.

1 Pour des ouvrages d’une largeur comprise


entre 0,75 m et 2 m, et dont la profondeur
n’excède pas deux fois cette dimension, on
Profondeur de Bourrage réalise de part et d’autre du tracé une série
la tranchée de forages verticaux disposés en quinconce
en prévoyant une surforation importante de
l’ordre du tiers de la profondeur de la
tranchée.
Charge
Surforation

Figure V-11: Tir de tranchée

Les explosifs sont chargés conformément au plan de tir en réservant un bourrage important en
partie supérieure des trous. L’amorçage fond de trou, électrique ou non-électrique est la règle
dans ce type de travaux. On peut mettre à feu des volées sur des longueurs importantes en
ordonnant les départs d’une extrémité vers l’autre.
Cette technique n’offre aux charges qu’une seule face libre, la surface du sol, de dimensions très
réduites, et engendre donc des consommations d’explosif élevées de l’ordre de 1 à 1,5
kilogramme par mètre-cube.
Lorsque le bourrage est correctement dimensionné et réalisé, les projections, essentiellement
verticales sont aisément maîtrisables.
Il est toutefois prudent de réaliser un essai sur une petite longueur de tranchée, suivi d’un essai
d’ouverture à la pelle mécanique pour vérifier la validité du plan de tir avant d’envisager des
travaux plus importants.

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 TIR DE PUITS

La réalisation de puits s’apparente fortement


à celle de galerie. Les méthodes de travail et
de tir à l’explosif sont quasiment similaires.
L’absence de surface de dégagement et le
confinement du rocher obligent à réaliser
des techniques de foration par bouchon (à
gros trous parallèles ou prismatiques).
Le tir s’effectue du centre vers l’extérieur ou
un découpage soigné est souvent réalisé par
post découpage.
La consommation d’explosif par mètre cube
de rocher abattu reste importante (de l’ordre
de 1.8 à 4.2 kg/m3).

Figure V-12: Tir de puits

f) TIR D’EBRANLEMENT – TIRS CRATERE


9 11 Ce mode de tir est très largement
Ordre des départs
10
8
employé pour le déroctage au moyen
6
8 d’explosifs de volumes rocheux de
10 surface importante et de faible
7
5
3
profondeur, en particulier pour les
4
5
7
travaux de terrassement routier, mais
2 1 aussi dans des travaux de découverture
2
4 de gisement en carrière ou pour le
Bourrage
6 réglage de plates-formes.
Il met en jeu un grand nombre de trous,
Nitrate-fioul
forés verticalement en règle générale et
organisés en plusieurs rangées. La
Dynamite création préalable d’un front n’est pas
Surforation nécessaire puisque, du fait de la faible
profondeur des forages, l’explosif se voit
« offrir », comme unique face libre, la
Figure V-13: Tir d’ébranlement ou tir cratère
surface du sol.
Les explosifs sont chargés conformément au plan de tir. Le plus souvent le nitrate-fioul est
employé majoritairement si les trous sont exempts d’eau. On peut utiliser un amorçage latéral au
cordeau détonant mais, lorsque c’est possible, l’amorçage fond de trou électrique comme non-
électrique donne de meilleurs résultats et est aujourd’hui devenu la règle.

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L’ordre des départs est fixé de façon à assurer une progression régulière du travail de l’explosif
au sein de la masse, soit du centre vers la périphérie, soit d’une extrémité vers l’extrémité
opposée. A ce sujet, il faut noter que seuls les trous d’ouverture ne disposent que d’une seule face
libre, les suivants bénéficiant de la surface supplémentaire créée de façon transitoire par le
dégagement des mines précédentes.
La consommation d’explosifs reste modérée mais tout de même supérieure à celle des tirs
d’abattage avec une charge spécifique de l’ordre de 400 à 500 grammes par mètre-cube de roche
selon la nature du terrain.
Le dégagement des matériaux se produit exclusivement dans le sens vertical ce qui permet le
plus souvent d’enchaîner plusieurs tirs sans avoir à évacuer les déblais du tir précédent (« tir
bloqué»).
Pour procéder à plusieurs tirs bloqués consécutifs, il n’est pas raisonnable de dépasser une
profondeur de 6 mètres. Pour des profondeurs supérieures, on a coutume de réaliser plusieurs
« passes » successives.

Si la hauteur du bourrage est correctement réglée, ces tirs ne produisent que peu de projections,
essentiellement verticales.
g) TIR DE DECOUPAGE
Les explosifs peuvent être utilisés pour réaliser des
découpages d’une certaine précision au sein d’un massif
rocheux, dans le but d’extraire des blocs de roche
ornementale ou encore pour réaliser des talus stables en
bordure d’ouvrages routiers ou en limite d’exploitation
sur certaines carrières.

Quelle que soit la destination finale de l’ouvrage, les


techniques sont tout à fait semblables.

On fore, sur le plan de découpe, avec un intervalle de dix


Figure V-14: Tir de découpage au cordeau détonant
diamètres environ, une série de trous parallèles d’une
profondeur correspondant à la hauteur à découper
augmentée d’une surforation de quelques centimètres. Les trous sont chargés sur toute leur
longueur avec une charge allongée dont le diamètre est fortement découplé par rapport au
diamètre de la foration, constituée par :
Soit un cordeau détonant de forte charge (40, 70 ou 100 g/m) lesté d’une cartouche
d’explosif. La foration est ici généralement réalisée en diamètre 89 ou 105 mm avec un
espacement entre forage de 70 cm environ
Soit une charge spéciale de découpage composée de tubes de matière plastique (diamètre 13
ou 17 mm) emboitables contenant une émulsion explosive, amorcée par un cordeau détonant
à 6 ou 10 g/m, équipés de centreur de charge.

Soit un chapelet de cartouches d’émulsion fixé le long d’un cordeau détonant à 10 g/m. La
foration est généralement réalisée en 105/115 mm avec un espacement entree 1.20 mètre.

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La charge est suspendue à l’intérieur du trou vide en évitant autant que faire se peut qu’elle ne
touche ses parois – il existe à cet effet des dispositifs de centrage. Un tampon de papier est
introduit dans le trou à environ 1 mètre de profondeur puis la partie supérieur du forage est
bourrée à l’aide de sable ou de gravier.
Les cordeaux issus de chacun des
trous sont raccordés à un cordeau
cordeau maître (faible grammage)
maître qui est amorcé au moyen
d’un détonateur. sable fin

Il est également possible de fixer un détonateur


E= 8 à 10 dia m è tre

détonateur de même numéro par


cordeau dérivé
cordeau.
bourrage
On met à feu le tir de découpage
avant l’abattage principal, il s’agit
alors d’un "pré-découpage", ou bien charge de découpage
après l’abattage et dans ce dernier
cas on le nomme "post-abattage".
Ces tirs sont très bruyants du fait de dispositif de centrage
la présence d’une grande longueur
de cordeau détonant à l’air libre : il
est indispensable de recouvrir ce Figure V-15: Tir de découpage
dernier avec une quinzaine de
centimètres de sable fin.
h) TIRS DE GRANDES MASSES ROCHEUSES
Voir BV.BTerminologie de l’abattage page 154
Flotteur
A.4. SOUS L’EAU Figure V-18: Tir sous-marin

La réalisation de complexes pétroliers ou portuaires


peuvent nécessiter des opérations de minage sous-
marin.

L’utilisation
d’explosif en
milieu aquatique
(par charge
appliquée ou
dans un forage)
répond à des
règles
d’utilisation
Figure V-17: Tir sous-marin spécifiques
(étanchéité des
produits à l’eau) et à des techniques particulières (la Figure V-16: Principe de réalisation d'un tir sous-marin
présence d’eau annihile toute surface libre).
Cette technique impose la possession de l’option n°2 intitulée "tir subaquatique".

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Dans la partie qui va suivre nous ne traiterons exclusivement que de la partie ayant trait à
l’abattage de roches par mines forées.

B.TERMINOLOGIE DE L’ABATTAGE
Front :
C’est une surface sensiblement verticale qui limite le massif rocheux à abattre et en arrière de
laquelle on implante la foration. La réglementation française fixe à 15 mètres la hauteur
maximale de fronts dans les mines et les carrières.

Il est de plus strictement interdit de s’approcher à moins de 2 mètres du bord d’un front si on ne
dispose pas d’un dispositif individuel ou collectif de protection contre les chutes.
Carreaux (inférieur et supérieur) :

Les carreaux sont les surfaces horizontales qui limitent le front. C’est l’espace de travail du
boutefeu.
Implantation :
C’est l’acte qui consiste à repérer sur le carreau l’emplacement où devront être forés les trous de
mine. Cette opération fondamentale, de la précision de laquelle dépend la qualité finale de
l’abattage mais aussi la sécurité du tir, est très délicate à réaliser au chantier si l’on est dépourvu
de matériel spécialisé. Le boutefeu se doit d’y consacrer tout son soin et toute son expérience.
Foration :
C’est l’opération qui consiste à forer les trous de mine dans le rocher. On utilise couramment des
machines autonomes, fonctionnant hydrauliquement ou grâce à de l’air comprimé. Depuis une
quinzaine d’années, une attention particulière a été consacrée à l’amélioration des conditions de
travail des foreurs avec l’apparition d’engins largement automatisés équipés de cabines
insonorisées et souvent climatisées.
C’est aussi le résultat de la foration, en d’autres termes : les trous eux-mêmes.
La foration est définie par son diamètre , sa profondeur et son inclinaison par rapport à la
verticale.
Pied (1) :
C’est la partie basse du front, sur quelques mètres.
Le pied est la zone où l’explosif doit fournir le plus important travail : cisaillement du plan de
découpe du carreau inférieur et éjection des matériaux de façon à faciliter l’abattage des masses
rocheuses sus-jacentes.

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Maille :
On appelle « maille » le quadrilatère formé par la succession de deux trous de mine et leur
projection sur le front. En d’autres termes, c’est la surface représentant le produit de la
banquette et de l’intervalle.
La maille est la grandeur caractéristique du plan de tir. Elle s’exprime en m2.
Surforation :
En règle générale, les trous de mine sont forés plus profond que le front n’est haut. Par exemple,
on forera des trous de 16 mètres de profondeur pour abattre un front de 15 mètres de hauteur. Ce
surcroît de 1 mètre est la surforation. Lorsqu’elle est demandée, ce qui n’est pas toujours le cas,
elle doit être respectée pour un bon fonctionnement du plan de tir.
Bourrage (1) :
On réserve dans tous les cas, en partie haute des trous de mine une longueur variable dans
laquelle on n’introduit pas d’explosifs. Cette mesure de sécurité primordiale est destinée à éviter
les projections verticales au moment du tir. Par rapport au plan de tir, le bourrage peut être
augmenté par le boutefeu dans des circonstances particulières, mais jamais diminué.
Bourrage (2) :

C’est aussi le matériau que l’on introduit dans le « bourrage » (voir ci-dessus), à la place des
explosifs. En règle générale, on utilise une matière pulvérulente et incombustible, couramment
du sable ou des débris de foration (les « cuttings»), le meilleur restant le gravillon.
Bourrage intermédiaire :
C’est un bourrage que l’on intercale, à l’intérieur du trou de mine, entre deux charges d’explosifs,
soit pour diminuer la quantité totale de ceux-ci, soit pour aveugler un accident de terrain (faille,
veine de terre, etc…). La présence d’un ou plusieurs bourrages intermédiaires impose une chaîne
pyrotechnique particulière.
Ouverture :

C’est l’emplacement du trou de mine qui doit partir en premier dans la volée. Le choix de
l’ouverture est susceptible de conditionner le résultat de l’abattage.
Charge spécifique :
C’est la quantité d’explosif nécessaire et suffisante pour abattre 1 mètre-cube de rocher. Pour un
abattage en carrière on estime cette charge à 350 grammes par mètre-cube en moyenne, avec des
variations suivant le type de roche et la configuration du chantier.
Energie spécifique :
C’est la quantité d’énergie nécessaire et suffisante pour abattre 1 mètre-cube de rocher. Cette
énergie varie en fonction du rocher et du type de travail à effectuer.

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Banquette :
On désigne par
banquette la
distance qui sépare
le trou de mine du
front. La
banquette, pour
une implantation
correcte, doit être
mesurée au niveau
du carreau
inférieur (pied du front) et c’est toute la
difficulté !
Intervalle :
C’est la distance séparant deux trous
successifs
d’une
même
Pied (2) (à reprendre….): Mine de pied ou de relevage : rangée.

On appelle aussi « pied » les masses de Foration sensiblement horizontale que


roche compactes restées intactes en bas l’on réalise dans le pied du front pour
du front lorsque le travail de l’explosif aider au cisaillement du plan de
ne s’est pas fait correctement (tir raté). découpe du carreau. Cette opération,
dangereuse pour le foreur et le boutefeu
Colonne : (chutes de blocs fréquentes), est à
proscrire.
La « colonne » est la partie haute du
front qui ne constitue pas le « pied ».

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La largeur de banquette peut être définie de manière empirique par la relation suivante :
30∅for<B<40∅for
le coefficient 30 sera employé en roche dure et le coefficient 40 en roche tendre.
L’espacement entre trous est défini ensuite selon la relation
B<E<1.3B
Le coefficient 1 sera employé lorsqu’on cherchera à favoriser le découpage du front, alors
que le coefficient 1.3 sera employé lorsqu’on cherchera à favoriser la fragmentation.
Le tableau suivant fournit pour des diamètres de foration courants les largeurs de banquette
ainsi que les espacements entre trous pour un abattage par tranche verticale.
∅for 76 mm 89 mm 102 mm 115 mm 127 mm

B Min. Max. Min. Max. Min. Max. Min. Max. Min. Max.

2.3 3.0 2.7 3.5 3.0 4.0 3.5 4.6 3.8 5.0

Min Max Min Max Min Max Min Max Min Max Min Max Min Max Min Max Min Max Min Max
E
2.3 3.0 3.6 4.7 2.7 3.5 3.5 4.5 3 3.9 4 5.2 3.5 4.5 4.6 6 3.8 5 5 6.5

Tableau V-19: Banquettes et espacements en fonction du diamètre de foration

Les hauteurs de bourrages F = bourrage final. Minimum 0.5 x V (amorçage


(terminal et intermédiaires), de fond de trou ), 1 x V (amorçage avec cordeau)
F
charges (colonne et pied) ainsi Bi = bourrage intermédiaire: permet une
que de surprofondeur sont meilleure répartition de la charge de colonne
(0.3B max)
définies à partir de règles semi-
empiriques et sont reportées C Bi C = charge de colonne : abattage de la partie
centrale du gradin.
dans la figure ci-contre.
P = Charge de poussée : pousser la base du
gradin après découpage de la base. Longueur:
Le bourrage final conditionne le P 0.7 fois la valeur V
confinement de la charge, garant
de sécurité vis-à-vis des Ci = Charge de cisaillement : couper la base
du gradin . Longueur de 0.3 à 0.6 fois la valeur
projections verticales et du Ci de V (banquette)
fonctionnement correcte des
charges. Son dimensionnement L’ensemble Charge de cisaillement (Ci) + la charge
de poussée (P) constitue la charge de pied dont
(hauteur et matériaux le la longueur varie de 1.3 à 1 fois V en fonction de la
constituant) doit être pris très au surprofondeur retenue

sérieux.
Figure V—1 : Géométrie de la charge selon ULANGEFORS
Les bourrages intermédiaires permettent de
répartir l’explosif en colonne. La présence de bourrages intermédiaires nécessitent l’utilisation
de cordeau détonant ou le recours à la multi détonation. Si sa hauteur est trop importante, la
fragmentation dans cette partie sera médiocre. Dans le cas de tir d’enrochements, la hauteur des
bourrages intermédiaires sera alors volontairement importante.
Le réglage de la surprofondeur est important car en son absence, le pied ne sortira pas, et il
faudra alors avoir recours à du minage secondaire ou à l’utilisation de moyens mécaniques
coûteux (brise roche, ripage, pelle). Si elle est trop importante, le réglage de la plate forme e
réception sera difficile (présence de bosses ou de creux), les vibrations risques d’être amplifiées,
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et l’endommagement du massif important pour la réalisation des passes suivantes (difficulté de


foration puis de chargement, désolidarisation de la partie supérieure du massif entraînant une
blocométrie médiocre sur la peau du tas).

La charge de pied doit être dimensionnée afin de cisailler la partie basse du gradin. Si son
dimensionnement est insuffisant, la présence de pied sera alors certaine.

Le tableau suivant fournit quelques consommations spécifiques en fonction de la nature des


travaux :

Roche/travaux G/m3 Energie spécifique


Pétardage de bloc (foré) 50 g/m3 Ns
Abattage calcaire tendre 300 g/m3 0.9 MJ/m3
Abattage calcaire dur 360 g/m3 1 MJ/m3
Abattage éruptifs 400 g/m3 1.1 MJ/m3
Abattage éruptifs les plus durs (diorites, trappe…) 500 g/m3 1.3 MJ/m3
Pétardage de bloc « à l’anglaise » 500 g/m3 Ns
450 g/m3 1.1 MJ/m3
Tir « nappe » ou tir « cratère » (jusqu’à 8 m)
1kg/m3 Ns
Démolition béton armé
Pré minage de tranchées (tous terrains) 1 kg/m3 Ns
Creusement de galeries 2 – 3 kg/m3 Ns

Tableau V-20 : Charge spécifique de quelques travaux de minage

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Formations Nitro-Bickford

CHAPITRE VI : Chargement des mines


(technologie et sécurité)

Table des matières


VI. Chargement des mines (technologie et sécurité) 161
A. Définition 161
1. Mine ordinaire 161
2. Longue mine 161
3. Mine verticale 161
B. La préparation du chargement 162
1. Mesures préparatoires 162
a) Contrôle des déviations et de l’inclinaison 162
b) Contrôle de l’épaisseur de la tranche à abattre 163
c) Contrôle des caractéristiques du forage 165
2. Réalisation du plan de tir 165
3. Commande des produits explosifs et d’amorçage 166
d) Rappel réglementaire 166
e) Particularités vis-à-vis des explosifs encartouchés 166
f) Particularité vis-à-vis des explosifs vracs 167
g) Approvisionnement des systèmes d’amorçage 168
h) Exemple d’une commande à réaliser 168
B.4. Préparation du matériel de chargement et de tir 169
C. Le chargement du tir 171
1. Précautions particulières 171
a) Personnels autorisés 171
b) Matériels autorisés 172
c) Délimitation d’un périmètre de sécurité 172
 Chargement classique 172
 Fabrication d’explosifs sur site 173
2. Réception des produits explosifs et d’amorçage 174
3. Contrôle, nettoyage et réglage des trous de mine 174
a) Contrôle des trous de mine 174
b) Nettoyage des trous de mines 175
 Trous verticaux 175
 Trous horizontaux 175
c) Réglage des trous de mines 176
C.4. Réalisation de l’amorçage 177
a) Rôle de l’amorçage 177
b) Type d’amorçage 178
 Amorçage ponctuel 178
 Amorçage latéral 180
 Les amorçages interdits 181
c) Réalisation de la charge amorce 182
 Constitution d’une charge amorce avec une cartouche d’explosif 183
 Constitution d’une charge amorce à l’aide de cordeau détonant 184
 Constitution d’une charge amorce en amorçage mixte détonateur-cordeau détonant 185
 Constitution d’une charge amorce à l’aide d’un bousteur 185
C.5. Chargement 186
a) Mise en place de la charge amorce 186
 Amorçage au cordeau détonant 186
 Amorçage ponctuel 186
b) Chargement en trou sec et sain 187
c) Chargement en présence d’eau : 188
C.6. Réalisation des bourrages 188
a) Quantité du bourrage 189
b) Qualité du bourrage 189

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C.7. Réalisation des connexions 190


D. Adaptation du chargement par le boutefeu 191
1. Failles – cavités : 191
a) Contexte et riques 191
b) Traitement lors du chargement 191
D.2. Présence d’une zone de moindre résistance au sein du massif : 192
a) Contexte et risques 192
b) Traitement lors du chargement 192
D.3. Présence d’un sous cavage 192
a) Contexte et risques 192
b) Traitement lors du chargement 193
D.4. Foration déviée vers l’avant : 193
a) Contexte et risques 193
b) Traitement lors du chargement 193
D.5. Foration déviée vers l’arrière : 193
a) Contexte et risques 194
b) Traitement lors du chargement 194
D.6. Banquette insuffisante en haut du front : 194
a) Contexte et risques 194
b) Traitement 195
7. Cartouche ou pierre coincées dans le trou : 195
8. Perte de la tige ou d’un tube non électrique de détonateur, ou de cordeau détonant dans le trou 196
c) Perte du cordeau détonant 196
d) Perte de la tige ou d’un TCOC de détonateur 197

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VI. CHARGEMENT DES MINES (TECHNOLOGIE ET


SECURITE)

A.DEFINITION
Dans la réglementation des mines et carrières ainsi que des Travaux publics, des distinctions
sont faites entre les caractéristiques de certains trous de mines : On parle alors de mines
ordinaires, de mines verticales et de longues mines. Cette distinction est faite pour tenir compte
des divers modes de chargement (cartouches poussées, vrac par gravité, chargement mécanisé…)
utilisés pour ces différents trous de mine, et des risques associés.

A.1. MINE ORDINAIRE


On utilisera la notion
de mines ordinaires
pour celles qui sont
inclinées à moins de
Moins de 6
65° par rapport à
l’horizontale et dont
la longueur est
Moins de inférieure à 6 mètres.

Figure VI-1: Définition d'une mine ordinaire A.2. LONGUE MINE


On utilisera la
notion de longues mines pour celles qui sont inclinées à moins de 65° par rapport à l’horizontale
et dont la longueur est supérieure à 6 mètres
Figure VI-2: Définition d'une longue mine

Moins de

A.3. MINE

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VERTICALE

Une mine verticale est un trou de mine de 6 à 15 m


de profondeur, dont l’inclinaison est égale ou
supérieure à 65° par rapport à l’horizontale.

Pour des hauteurs d’abattage supérieures à 15


m, une dérogation peut être accordée par le
Préfet. Plus de

Les carrières, les travaux publics, les mines à ciel


ouvert sont des exploitations qui utilisent ce mode
d’abattage. Le diamètre de foration varie de 64 à 178
mm et plus. Figure VI-3: Définition d'une mine verticale

B.LA PREPARATION DU
CHARGEMENT
Une fois la foration réalisée, le chargement des mines va pouvoir commencer. Le rôle du
boutefeu ne se résume pourtant pas à la seule tâche de placer des cartouches dans un trou.
L’opération de chargement des explosifs nécessite des préalables, contrôles notamment, qui
permettront la mise en place des explosifs et le tir avec la plus grande marge de sécurité possible
en terme d’incidents et d’accidents de tir.

B.1. MESURES PREPARATOIRES


La foration est un des éléments primordial de la réussite d’un tir. En effet, de cette opération
dépendra, hors erreurs de conception du plan de tir, la sortie du pied, l’absence de projections,
une granulométrie compatible avec le matériel de concassage et un foisonnement correct des
matériaux. Le boutefeu a la possibilité d’interagir dans une certaine mesure, sur une foration qui
ne répondrait pas à ses attentes. Pour cela, il a la possibilité de faire un certain nombre de
mesure pour contrôler la qualité de la foration (inclinaison, déviation), l’épaisseur réelle de
matériaux à abattre et les caractéristiques du trou (profondeur, propreté, présence d’eau).
a) CONTROLE DES DEVIATIONS ET DE L’INCLINAISON Figure VI-4: Mesure de la
déviation d'un trou de forage
Cette opération n’est pas à proprement parlé obligatoire au sens de la
réglementation. Celle-ci donne néanmoins des informations
intéressantes au boutefeu pour corriger son chargement.
Cette mesure peut être faite simplement à l’aide d’une torche
électrique ou d’un miroir (présence de soleil obligatoire) : le faisceau
permettra de voir le fond du trou dans le cas d’un trou rectiligne, et
non dans le cas d’un trou dévié. Le contrôle des défauts d’inclinaison
et d’azimut sont plus difficile à réaliser par cette méthode.
Il existe des sondes inclinométriques descendues dans le forage qui
mesurent à intervalle régulier l’inclinaison et l’azimut du forage.
Cette mesure permet d’avoir le défaut chiffré de la foration et ainsi

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de pouvoir agir plus efficacement sur le chargement.


Le chargement d’un trou qui a fortement dévié, sans modification de la charge,
peut conduire à des projections horizontales importantes et lointaines : c’est
l’accident de tir.
b) CONTROLE DE L’EPAISSEUR DE LA TRANCHE A ABATTRE
Au même titre que le point précédent, le contrôle de l’épaisseur réelle de tranche à abattre ou
banquette n’est pas obligatoire (sauf cas particulier) mais est un des éléments indispensables
dans la réalisation de tir de qualité et sur (absence de projections).
Pour cela, plusieurs méthodes sont possibles. : Recul sur la verticale
La méthode de la canne à pèche qui consiste à
mesurer depuis le haut du front de taille le recul
sur la verticale du trou de mine par rapport à la
base du gradin. Pour connaître l’épaisseur de
banquette, il suffit de rajouter la distance entre le 
front et l’orifice du trou. Cette méthode est peu
précise et dangereuse, car elle oblige H
l’opérateur à s’approcher très près du bord
du front de taille.

Exemple :  : angle du front


avec la verticale
Pour une hauteur de 15 mètres et un front incliné à
10°, on lit sur la table ci-dessous, un recul sur la
Figure VI-5: Méthode de la canneà pèche
verticale de 2.70 mètres. Si la mesure entre le bord du
front et l’orifice du trou est de 1.80 mètre, la banquette
en pied est de 4.50 mètres (2.70m + 1.80m).
H front 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Angle
0,1 0,2 0,3 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 1,1 1,2 1,2
5 1,3
0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5
6 1,6
0,1 0,2 0,4 0,5 0,6 0,7 0,9 1,0 1,1 1,2 1,4 1,5 1,6 1,7
7 1,9
0,1 0,3 0,4 0,6 0,7 0,8 1,0 1,1 1,3 1,4 1,6 1,7 1,8 2,0
8 2,1
0,2 0,3 0,5 0,6 0,8 0,9 1,1 1,3 1,4 1,6 1,7 1,9 2,1 2,2
9 2,4

10 0,2 0,3 0,5 0,7 0,9 1,1 1,2 1,4 1,6 1,8 1,9 2,1 2,3 2,5 2,7

11 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,5 1,7 1,9 2,1 2,3 2,5 2,7 2,9

12 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,3 1,5 1,7 1,9 2,1 2,3 2,6 2,8 3,0 3,2

13 0,2 0,5 0,7 0,9 1,1 1,4 1,6 1,8 2,1 2,3 2,5 2,8 3,0 3,2 3,5

14 0,2 0,5 0,7 1,0 1,2 1,5 1,7 2,0 2,2 2,5 2,7 3,0 3,2 3,5 3,8

15 0,3 0,5 0,8 1,0 1,3 1,6 1,8 2,1 2,4 2,6 2,9 3,2 3,5 3,7 4,0

16 0,3 0,6 0,8 1,1 1,4 1,7 2,0 2,2 2,5 2,8 3,1 3,4 3,7 4,0 4,3

17 0,3 0,6 0,9 1,2 1,5 1,8 2,1 2,4 2,7 3,0 3,3 3,6 3,9 4,2 4,6

18 0,3 0,6 0,9 1,3 1,6 1,9 2,2 2,5 2,9 3,2 3,5 3,8 4,2 4,5 4,8

19 0,3 0,7 1,0 1,3 1,7 2,0 2,3 2,7 3,0 3,4 3,7 4,0 4,4 4,7 5,1

20 0,3 0,7 1,0 1,4 1,7 2,1 2,5 2,8 3,2 3,5 3,9 4,3 4,6 5,0 5,4

Figure VI-6 : Tablede recul sur la verticale

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Utilisation de la sonde Diadème qui permet grâce à un système émetteur récepteur


électromagnétique, de mesurer avec précision l’épaisseur de matériaux en pied du front de
taille.
Mesure de la banquette
- de la hauteur du front L’épaisseur de banquette est obtenue lorsque les
- de la surforation
deux sondes sont face à face. Sur l’écran de
l’appareil cela correspond à la valeur minimale
lue.
MINI
Repère de profondeur
Cette méthode reste la plus simple à réaliser : le
hauteur du front
boutefeu lit la valeur directement à l’écran et peut
ainsi faire une correction sur la quantité et/ou la
banquette
qualité d’explosif au pied. Elle nécessite par contre
Sonde réceptrice Sonde émettrice un second opérateur qui va positionner la sonde
émettrice en pied du front de taille (cette
surforation
opération demande de la vigilance face aux risques
de chute de pierre du front)
Figure VI-7: Mesure de l'épaisseur de la banquette au pied
avec la sonde Diadème

Utilisation d’un profileur de front laser qui permet de connaître en tout point du front
d’abattage l’épaisseur exacte de banquette. Il existe des
appareils manuels nécessitant une mise en station au
droit de chaque trou de forage, et des appareils
automatiques motorisés nécessitant généralement une
seule mise en station.
Les informations sont ensuite transférées vers un
ordinateur équipé d’un logiciel qui permettra de calculer
en fonction de la roche et des critères d’énergie d’abattage,
la quantité exacte et la répartition d’explosifs à mettre trou
par trou.
Même si le boutefeu doit garder le contrôle du
chargement, cet outil fournit les informations
qui permettront d’optimiser le chargement et
de prévoir toutes anomalies pouvant conduire à
un accident de tir.

Figure VI-8: Utilisation d'un profileur de front laser et


optimisation du chargement par un système expert (Geolaser ®)

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c) CONTROLE DES CARACTERISTIQUES DU FORAGE


Afin de sécuriser au maximum son chargement notamment vis-à-vis des
cartouches coincées, le boutefeu peut et doit dans la mesure du possible
contrôler l’ensemble forage. Ce contrôle porte notamment sur :

La profondeur des trous (si des trous sont bouchés, il demandera au foreur
de les reforer) qui sera contrôlée avec un double ou triple décamètre.
La présence d’eau qu’il faudra intégrer pour la commande d’explosifs
(remplacer le nitrate fioul par des cartouches d’émulsion en énergie et en
quantité équivalentes).
La propreté du trou qui pourra être jugée par contrôle au bourroir à corde
dans le trou, par observation des cuttings ou bien grâce à des informations
laissées par le foreur (rapport, code sur le terrain).

Le calibrage du trou pour être certain que les cartouches à commander Figure VI-9: Contrôle de
pourront être mises en place facilement (en présence d’argile ou de marne, la profondeur et du
une portion du trou peut se resserrer pouvant conduire à une réduction du calibre du trou avec un
diamètre du bourroir à corde

CARRIERE des beaux cailloux:


forage).
DATE 6/07/2002

CHANTIER 625 B.2. REALISATION DU PLAN DE TIR


Cette opération n’est pas du ressort du
Charge de pied
Roche
 foration
: SHISTE
: 105 mm.
Dynaroc 8 90/3125 18.75 kg boutefeu sauf s’il a reçu une formation
Hauteur gradin : 20 m. spéciale du type "maîtrise du minage"
Inclinaison : 14°
Profondeur : 22 m. Charge de colonne : 56.25 kg dispensée par Nitro-Bickford.
Maille : 3.80 x 4.50 Nitro D8 50 kg
2 Dynaroc 8 en 90/3125 6.25
Amorçage : bi détonation
DAVEYDET MI de 20 et 30 m. Charge en pied : 40.625kg Cette opération est confiée à une
Charge de colonne : 56.25 kg
personne qualifiée qui peut être
extérieure à l’entreprise. Il faudra
TOTAL EXPLOSIF par MINE : 96.8750 kg Cubage théorique : 346.5 m3 intégrer tous les paramètres contrôlés
CONSOMMATION d'EXPLOSIFS : 279 g./m3
sur le terrain plus des objectifs
qualitatifs et quantitatifs du résultat du
tir, en terme de granulométrie ou de
déto en fond foisonnement du tas.
déto en colonne
La réalisation du plan de tir doit
0 1 conduire à la fourniture au boutefeu
d’un document sur lequel doit figurer :
Nitro D8 0 25
Dates de
départ 2 3
2 x1 cartouche
Dynaroc 8
20,00 m. 50 75
La position, l’orientation, la
4
100
5
125
longueur et le diamètre des trous de
7 cartouches 6 7 mines,
Nitram Tx9
150 175
Les conditions d’amorçage et la
6 cartouches
1,00 m.
8
200
9
225
composition des charges d’explosifs,
10 11
250 275 Les caractéristiques du bourrage
Figure VI-10: Exemplede plan detir lorsqu’il est exigé.

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B.3. COMMANDE DES PRODUITS EXPLOSIFS ET D’AMORÇAGE


Une fois le plan de tir et le contrôle des forages réalisés, la commande des produits explosifs et
d’amorçages peut être faite à son fournisseur.
a) RAPPEL REGLEMENTAIRE
Dans l’industrie extractive (mines et carrières), l’utilisation de la poudre noire à l’état
pulvérulent n’est pas autorisée. Seuls peuvent être employés dans l’industrie extractive des
produits explosifs ayant fait l’objet d’une décision d’agrément (agrément technique et certificat
CE de type – voir Figure II-36 page 51).

De plus seuls peuvent être employés les produits ayant reçu une autorisation d’emploi (chute
libre, chargement pneumatique…)

Le boutefeu doit donc tenir compte des indications relatives à l’emploi du produit données par le
fournisseur, et qui figurent sur la fiche technique.
La fabrication d’explosif est soumise à autorisation.
b) PARTICULARITES VIS-A-VIS DES EXPLOSIFS ENCARTOUCHES

Pour être chargées en chute libre, le diamètre des cartouches doit être adapté au diamètre du
trou selon la règle suivante :
Cartouche (poids max = 10 kg) Trou de foration
Diamètre maximum diamètre trou – 10
mm.

Diamètre minimum diamètre trou x 0,75

Exemple 1 : Pour un trou de 89 mm


Diamètre maximum cartouche = 89 – 10 = 79 mm
Diamètre minimum cartouche = 89 x 0,75 = 67 mm Figure VI-11: Caractéristiques des cartouches par rapport au
On recherche dans la table des encartouchages diamètre du trou

(voir tableau Figure VI-11: Caractéristiques des cartouches par rapport au diamètre du trou page 166 standard celui
qui convient soit le diamètre 70 mm (cartouches d’un poids de 2080 g).
Exemple 2 : Pour un trou de 127 mm
Diamètre maximum cartouche = 127–10 = 117 mm
Diamètre minimum cartouche = 127x0,75 = 95 mm
La cartouche à retenir a un diamètre de 100 mm (poids de 4170 g)
La longueur des cartouches est fonction de la densité de l’explosif ; on peut toutefois retenir une
longueur moyenne de 40 centimètres.
Le tableau suivant propose pour un diamètre de foration donné, l’encartouchage standard le plus
adapté répondant aux critères réglementaires. Pour des conditions géologiques particulières
(terrain faillé, présence d’eau), le boutefeu devra adapté le diamètre des cartouches en fonction
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des risques de coincement, ce qui pourra le conduire à retenir un diamètre autre que celui
figurant dans le tableau.
Diamètre de foration Diamètre des Poids (g) Longueur (cm)
cartouches (mm) Emulsions Dynamites
Inch " mm
Lg Kg/ml Lg Kg/ml
2 51 35 500 43 1.16 37 1.35
2.5 64 50 1000 42 2.38 36 2.77
3 76 60 1560 46 3.39 39 3.99
3.5 89 70 2080 45 4.62 39 5.33
4 102 80 2800 46 6.08 40 7
90 3125 41 7.62 35 8.92
4.5 115 90 3125 41 7.62 35 8.92
100 4170 44 9.47 38 10.97
5 127 100 4170 44 9.47 38 10.97
5.5 140 130 8333 52 16.02
6 152 130 8333 52 16.02 ND
6.5 165 130 8333 52 16.02

Figure VI-12: Figure des encartouchages standards par rapport au diamètre de foration

c) PARTICULARITE VIS-A-VIS DES EXPLOSIFS VRACS

Les explosifs vracs présentent la particularité de remplir parfaitement le trou. Le Figure suivant
donne la quantité d’explosifs vracs (nitrate fioul et émulsion composite) par mètre de trou.
Diamètre de Nitrate fioul d=0.9 Emulsion composite
foration (mm) d=1.15
Kg/m Hauteur/ sac de 25 kg Kg/m Hauteur pou 10 kg
51 1.8 13.6 ND ND ND
64 2.9 8.6 ND ND
76 4.1 6.1 ND 1.4
89 5.6 4.5 7.1 1.1
102 7.4 3.4 9.3 0.8
115 9.3 2.7 11.9 0.7
127 11.4 2.2 14.5 0.6
140 13.9 1.8 17.6 0.5
152 16.3 1.5 20.8
165 19.2 1.3 24.5 0.4
Figure VI-13: Figure des quantités d’explosif vrac par mètre de forage

La présence d’eau dans les forages interdit l’utilisation de nitrate-fioul. Le boutefeu doit alors
remplacer le nitrate-fioul par un explosif encartouché d’énergie équivalente insensible à l’eau, en
général une émulsion, jusqu’à ce que les cartouches émergent. A partir de ce point, le
chargement peut être poursuivi avec du nitrate-fioul. Le tableau suivant fournit les indications
au boutefeu de manière à commander au plus juste sa quantité de cartouches en remplacement
du nitrate fioul en présence d’eau.

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Diamètre de Diamètre des cartouches Nombre de cartouches Hauteur d’eau


foration (mm) (mm) pour sortir de 1 mètre équivalente (m)
d’eau

51 35 5 2.2
64 50 7 3
76 60 6 2.8
89 70 6 2.7
102 80 6 2.8
90 12 4.9
115 90 7 2.9
100 10 4.4
127 100 6 2.7
140 130 14 7.3
152 130 8 4.2
165 130 6 3.1

Figure VI-14 : Figure des sorties d’eau

d) APPROVISIONNEMENT DES SYSTEMES D’AMORÇAGE


Les systèmes d’amorçage doivent être suffisamment dimensionnés pour le trou à charger
(longueur de tiges ou de tubes) : les longueurs doivent normalement permettre d’atteindre le
trou voisin sans nécessité de raccords ou de rallonges supplémentaires. Toute épissure dans un
trou de mine est interdit.
De plus les systèmes d’amorçage doivent être compatibles avec l’environnement électrostatique
et électromagnétique du site où ils seront utilisés (voir IV.C.2.c).
e) EXEMPLE D’UNE COMMANDE A REALISER
Le tir ci-contre est à réaliser. Il faut au préalable passer la commande d’explosifs. Le boutefeu à
vérifié les trous et à constaté que tous les trous sont secs sauf le dernier avec une présence d’eau
de 8 mètres.
déto en fond

déto en colonne

Charge de pied
Dynaroc 8 90/3125 18.75 kg 0 1
Nitro D8 0 25
Dates de
Charge de colonne : 56.25 kg départ 2 3
Nitro D8 2 x1 cartouche 20,00 m. 50 75
50 kg Dynaroc 8
2 Dynaroc 8 en 90/3125 6.25 4 5
Charge en pied : 40.625kg 100 125
Charge de colonne : 56.25 kg
7 cartouches 6 7
Nitram Tx9
150 175

6 cartouches 8 9
200 225
1,00 m.

10 11
250 275

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N° du trou Dynaroc 8 (90/3125) Nitram TX9 (90/3125) Nitro D8 Daveydet GL MI

30 m 15 m

1 8 Car. = 25 kg 7 Car. = 21.875 kg 50 kg N°0 N°1


2 8 Car. = 25 kg 7 Car. = 21.875 kg 50 kg N°2 N°3
3 8 Car. = 25 kg 7 Car. = 21.875 kg 50 kg N°4 N°5
4 8 Car. = 25 kg 7 Car. = 21.875 kg 50 kg N°6 N°7
5 8 Car. = 25 kg 7 Car. = 21.875 kg 50 kg N°8 N°9
6 (8 m d’eau) 8 Car. = 25 kg 7 Car. + 16 Car. = 71.845 kg 0 N°10 N°11
Total 150 kg soit 6 caisses 181.22 kg soit arrondi à 8 250 kg soit 6U 6U
caisses
Figure VI-15 10 sacs
: Exemple d’une commandeà réaliser

Le trou N°6 ayant 8 mètres d’eau, ne pourra pas recevoir de nitrate fioul. En effet, la table des
sorties d’eau, nous indique que 1 mètre d’eau dans le trou se transforme en 4.9 m d’eau avec des
cartouches de 90 mm. Le même calcul avec 8 mètres nous indique que l’eau sortira du trou avec
le chargement des cartouches.
On notera que pour cette commande, il restera 6 cartouches de Nitram TX9 en 90/3125 qu’il
faudra soit :
Réintégrer à son dépôt si on en possède un,
Soit le rendre à son fournisseur si on dispose d’un dépôt en consignation chez lui,

Soit répartir l’excédent (6 cartouches) dans les 6 trous de la deuxième rangée ce qui
conduira :

A réduire le bourrage final de 0.4 m ce qui reste dans les limites du raisonnable
puisque le bourrage final passera de 3.80 m à 3.40 m (voir VI.C.6.a) Quantité du bourrage
page 189).

A augmenter la charge unitaire du tir de 3.125 kg.


Sinon, il faut commander au plus juste ce qui conduit à adapter le plan de chargement.

B.4. PREPARATION DU MATERIEL DE CHARGEMENT ET DE TIR


Le jour du tir, le boutefeu prépare le matériel nécessaire au chargement et au tir. On
distinguera :

Le matériel pour la vérification et la préparation des trous. Ce matériel ne nécessite pas


d’agrément puisqu’il est utilisé avant toute mise en place d’explosif. On trouvera :
La curette qui permet de nettoyer les trous
horizontaux ou verticaux peu profonds (doit
être employée impérativement en absence
d’explosifs).
La soufflette qui permet un nettoyage des
trous par soufflage (doit être employée en absence d’explosifs).

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Le bourroir rigide permet la mise en place des cartouches, le


tassement des bourrages dans certains cas (explosifs
déflagrants), et le contrôle des hauteurs de mise en place des
explosifs et des bourrages.
Le bourroir à corde permet le contrôle de la profondeur du
forage, de la montée des charges d’explosifs dans le trou et de
la mise en place des différents bourrages. Il est constitué d’un
élément en plastique anti-statique lesté et d’une longueur de
corde en polypropylène de longueur
variable. Les repères sur la corde sont
à faire par le boutefeu.

Le décamètre lesté assure les mêmes fonctions que le bourroir


à corde. Il offre cependant l’avantage d’être plus précis.
Le miroir - La torche électrique : ils permettent de visualiser le
trou afin d’apprécier une éventuelle déviation du forage ou de visualiser un incident
perturbant le chargement (cartouche coincée, pierre coincée, étranglement du trou …).

Le matériel pour le chargement des mines. Ce matériel qui sera en contact des explosifs ou
des artifices de mise à feu doit avoir reçu un agrément du service des mines.
On distinguera :
Le vérificateur de circuit de tir électrique : il assure le
contrôle de la résistance d’un détonateur d’un trou ou
d’une volée entière. Il doit être conforme à la
réglementation (courant de mesure < 5 mA) et agréé.

Un entonnoir en plastique antistatique pour le


chargement du nitrate fioul si le besoin s’en fait sentir

Les bourroirs ou décamètres pour le contrôle des


profondeurs et la mise en place des explosifs et des
bourrages.

De la gaine en plastique antistatique pour le chargement


de nitrate fioul en présence d’eau.
Du petit matériel pour rendre le chargement plus aisé. On trouvera :
Des gants destinés à se protéger les mains lors de l’utilisation du nitrate-fioul qui
contient des substances irritantes.
Des lunettes enveloppantes pour la protection des yeux lors du chargement de nitrate-
fioul par vent violent.
Si l’on utilise le cordeau détonant en amorçage latéral, il convient de prévoir pour cette
opération, un touret afin de dérouler le cordeau sans risquer de provoquer des boucles
sur celui-ci pendant la descente de la cartouche amorce.
Un couteau.
Quelques rouleaux de ruban adhésif.
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Une pelle pour réaliser les bourrages.


Un carnet de notes et crayon, éventuellement une calculatrice.
Le matériel pour le tir. On distinguera :
Une sirène ou une corne de brume pour avertir de l’imminence du tir.
Un engin de mise à feu agréé et vérifié
annuellement.
Des panneaux de signalisation pour le tir.

Un abri de tir

C.LE CHARGEMENT DU TIR


Le chargement des mines répond à une certaine logique d’exécution qui va être décrite ci-après

C.1. PRECAUTIONS PARTICULIERES


Avant d’entamer le chargement des mines, il convient de prendre quelques précautions qui ont
un lien avec la sécurité sur le pas de tir.
a) PERSONNELS AUTORISES
La mise en œuvre des explosifs est
confiée au boutefeu, titulaire du
Certificat de Préposé au Tir et du
permis de tir délivré par son
employeur. Pour des tirs ne mettant
en jeu que des faibles quantités
d'explosifs, il opère en général seul.
Lorsque les quantités sont
importantes, le boutefeu pourra se
faire assister par des aides. Les aides
boutefeu ne doivent pas
nécessairement être eux-mêmes
titulaires du permis de tir. Les tâches
octroyées à ces aides sont sous la
responsabilité de l’exploitant qui aura
définit les limites de leur intervention.
Il est cependant indispensable qu’ils
n’opèrent que sous la responsabilité,
l’autorité et la surveillance directe et
constante du boutefeu titulaire.

De plus en plus, la livraison d’explosifs


s’accompagne d’une prestation de
service d’aide au chargement de la part du fournisseur. Cette prestation de service peut s’établir
en une simple aide au chargement comme en la responsabilité totale du tir avec la présence de
chef de tir dûment qualifié.

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Dans tous les cas, ne doivent être présents sur le pas de tir que le minimum de personnes
indispensables à la réalisation du chargement et du tir.

Dans le cas de tirs importants nécessitant plusieurs équipes de chargement un minimum de 10


mètres doit séparer les dites équipes.
b) MATERIELS AUTORISES
Sur le pas de tir, ne sont autorisés que les matériels nécessaires au chargement des mines.

Bien que cette opération ne soit pas conseillée, il est possible de procéder au chargement des
trous de mine alors que les opérations de foration
sont en cours, à la condition expresse de respecter
une distance minimale entre le trou en cours de
chargement et le trou en cours de foration telle qu’il
ne puisse y avoir aucune chance pour ces deux trous
de se rencontrer. Cette distance est différente selon
que l’on opère en carrière (réglementation du
ministère de l’industrie) ou au chantier de travaux
publics (réglementation du ministère des affaires D
sociales) :
Pour l’industrie extractive, la distance minimale
entre un trou en cours de chargement ou chargé,
D=P/2 avec mini 6 m
et un trou en cours de foration ne doit être pour l’industrie
inférieure à la moitié du trou le plus profond avec P extractive

un minimum de 6 mètres. D=P avec mini 6 m pour


les Trvaux Publics

Pour les travaux publics la distance minimale


entre un trou en cours de chargement ou chargé,
et un trou en cours de foration ne doit être
Figure VI-16: Distance de sécurité entre un trou
inférieure à la longueur du trou le plus profond chargé et un trou en cours de foration dans
avec un minimum de 6 mètres. En galerie cette l'industrie extractive
opération est interdite
c) DELIMITATION D’UN PERIMETRE DE SECURITE

 CHARGEMENT CLASSIQUE

Un périmètre de sécurité suffisant pour mettre à l’abri le


personnel étranger aux opérations de chargement des
effets directs d’un départ intempestif doit être délimité
préalablement à tout travail.
Si une zone balisée couvrant une dizaine de mètres dans
toutes les directions de part et d’autre des trous de mine
peut être considérée comme un minimum au niveau du
carreau supérieur, il n’en va pas de même pour le carreau
inférieur. En effet, un départ intempestif est susceptible
d’occasionner des projections importantes à plusieurs

Figure VI-17: Périmètre de sécurité pour un dizaines de mètres, pouvant atteindre le personnel occupé
chargement classique à d’autres tâches dans la carrière ou le chantier.
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La règle qui n’est pas une obligation au sens réglementaire du terme, est alors d’interdire tout
travail et toute présence au pied du front pendant les opérations de chargement, et ceci à
l’intérieur d’une aire correspondant à la limite des projections normalement provoquées par un
tir.
Le balisage du périmètre de sécurité est réalisé par tout moyen adapté: cônes, balises, rubans,
panneaux, etc…
 FABRICATION D’EXPLOSIFS SUR SITE

On distingue trois cas selon la quantité d’explosif contenue dans la machine. On appelle quantité
totale d’explosif présente dans la machine la quantité présente depuis le malaxeur jusqu’au
coupe détonation.
Si la quantité d’explosif présente dans la machine (Qe) est inférieure à 100 kg, on se réfèrera
au R.G.I.E. (Règlement Général des Industries Extractives). Celui-ci définit deux zones de
danger appelées Zone A (ZA) et Zone B (ZB) qui doivent être matérialisées sur le site.
Dans la zone A (ZA) :
Ne doivent se trouver dans cette zone que les opérateurs (chauffeur, opérateur,
mineur, aide mineur). Le nombre de personnes admises en zone A est fixé par
arrêté préfectoral et ne doit en aucun cas excéder 5 personnes.
L’unité fabrique et met en œuvre , il ne peut pas y avoir de stockage.

Dans la zone B (ZB) :


On admet la présence de plus de personnes, notamment celles travaillant sur des
opérations de forage et de marinage.
Les étendues de ces deux zones dépendent de la
RB = 80 m quantité d’explosif Qe :

 Si Qe est inférieure à 50 kg :
RA = 30 m
 Le rayon RA de la zone A est de 30
mètres.

 Le rayon RB de la zone B est de 80 mètres.


RB = 100 m

 Si Qe est comprise entre 50 et 100 kg :

 Le rayon RA de la zone A est de 40


RA = 40 m mètres.

 Le rayon RB de la zone B est de 100 mètres.

Si la quantité d’explosif présente dans la machine (Qe) est supérieure à 100 kg, le R.G.I.E
n’est pas suffisant ; il faut alors se reporter aux dispositions générales de fabrication
d’explosifs. Celles-ci définissent en particulier les règles de calcul des dispositions et des
distances Z1 à Z5.

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Quel que soit le mode de chargement (classique ou fabrication sur site), à l’intérieur du
périmètre de sécurité, il est interdit :
De faire du feu et de fumer.
D’utiliser des appareils de télécommunications, en particulier les téléphones mobiles, si l’on
utilise des détonateurs électriques (ce point ne constitue pas une interdiction réglementaire
mais une recommandation).
Il convient ici de rappeler l’obligation d’équiper le personnel de moyens de protection
individuels ou collectifs contre les chutes au cas ou celui-ci serait amené à s’approcher à
moins de deux mètres du bord du front.
2. RECEPTION DES PRODUITS EXPLOSIFS ET D’AMORÇAGE
A réception, la commande d’explosifs et de produits d’amorçage doit être vérifiée de manière à
s’assurer que :

La quantité sera suffisante pour mener le chargement prévue à son terme et ceci dans la
journée.
Le calibre des cartouches et le type d’explosifs correspondent bien à ceux demandés.
Au moment où la commande est acceptée, il y a transfert de responsabilité du fournisseur à
l’entreprise par l’intermédiaire du boutefeu qui doit à partir de ce moment assurer la stricte
surveillance des produits.

3. CONTROLE, NETTOYAGE ET REGLAGE DES TROUS DE MINE


a) CONTROLE DES TROUS DE MINE
En préalable à toute opération de chargement d’un tir, la foration doit être contrôlée.

Cette opération consiste à vérifier le diamètre des forages de façon à éviter le coincement des
explosifs pendant leur descente dans le trou, à mesurer précisément leur profondeur et à
constater l’absence ou la présence d’eau, et éventuellement sa quantité.
Ce contrôle s’effectue au moyen d’un bourroir.
Pour les trous de faible profondeur (dans la pratique jusqu’à 4 mètres), on utilise un bourroir
rigide constitué d’une tige de bois ou d’un tube de matière plastique antistatique dont le
diamètre est choisi de manière à ce qu’il soit supérieur à celui des cartouches utilisées et
évidemment inférieur à celui du trou. Ce bourroir comporte des repères de façon à mesurer la
profondeur du trou par la même opération.
Pour les trous de plus grande profondeur, on se sert d’un bourroir à corde, constitué d’une
corde d’une longueur suffisante comportant des repères de distance, sur laquelle est assujetti
solidement un tube en matière plastique antistatique lesté. Les caractéristiques
dimensionnelles du lest sont les mêmes que pour le bourroir rigide. On peut aussi utiliser un
lest en métal non ferreux, du bronze par exemple.
Les trous présentant des anomalies seront repérés.

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b) NETTOYAGE DES TROUS DE MINES


Si besoin est les trous seront nettoyés.

 TROUS VERTICAUX

La réalisation de trous verticaux se fait en général avec des moyens


de foration hydrauliques ou pneumatiques qui utilisent l’air
comprimé pour évacuer les débris de foration. Ces débris sont en
général retrouvés sous la forme d’un petit tas appelé tas de cuttings
en arrière ou sur le côté du trou.
Pour des trous de faibles profondeurs,
si le besoin s’en fait ressentir, il est
possible d’utiliser une soufflette pour
évacuer l’eau et les débris qui
pourraient obstruer le passage des Figure VI-18: Soufflaged'un trou
cartouches.

Figure VI-19:Pompepour forage Il est aussi possible de pomper l’eau des forages grâce à une
pompe fond de trou.
Enfin il est primordial de nettoyer correctement l’orifice du trou de tous les éléments qui
pourraient tomber en cours de chargement et provoquer des coincements de cartouches ou des
obstructions de trou.

 TROUS HORIZONTAUX

La réalisation de trous horizontaux se fait en général avec des moyens de foration hydraulique ou
pneumatique qui utilisent l’air comprimé ou l’eau pour évacuer les débris de foration. Les trous
de mines horizontaux se caractérisent généralement par des profondeurs peu importantes (< à 6
mètres). De la même manière que les trous verticaux un soufflage est toujours possible pour
évacuer les débris indésirables.
En présence de mauvais terrain, la curette permettra d’évacuer les objets obstruant le trou.
Les conséquences d’un trou d’un mal nettoyé peuvent être :

Un chargement non possible sur toute la profondeur foré laissant apparaître après le tir un
fond de trou.

Des cartouches ayant un mauvais contact entre elles ou qui se coincent pouvant entraîner des
risques d’explosifs dans les déblais de tir.

Figure VI-20: Conséquences d'un trou mal curé

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c) REGLAGE DES TROUS DE MINES


Le réglage des trous à la bonne cote se fera au moyen de matériaux pulvérulents (cuttings,
gravelettes, gravillons concassés 4/6 ou 6/10). Cette opération est primordiale car elle
conditionne la planéité du carreau de mine et la productivité des engins de roulage. Des trous
bien réglés évitent dans la mesure du possible l’apparition de pied ou de bosses après le tir qu’il
faudra ensuite traiter.
Le réglage à la bonne cote n’est pas le fruit du hasard : il existe plusieurs approches qui sont :
Il existe sur le chantier un
système de relevé topographique
des trous de mine en X, Y et Z qui
est réalisé avant et après la
foration. Le réglage de la
profondeur se fera par déduction
de l’altitude des trous et de la cote Trou n°2
X=847.28
Trou n°3
X=843.35
projet. Cette méthode présente Y= 125.3
Z=133.9
Y= 124.8
Z=133
l’avantage d’être précise et
systématique mais repose sur une
collaboration étroite entre le Profondeur à régler
133 -125 = 8 m

foreur et le service de
topographie.

Cote projet Z = 125

Figure VI-21: Réglage de la profondeur par implantation topographique

Sur les sites ne disposant pas de moyens topographiques pour le contrôle de leur géométrie
de forage, il existe des règles
empiriques qui seront
adaptées en fonction du site :
par exemple il est admis que la
10° sur profondeur est égale de
0.2 à 0.3 fois l’épaisseur de
banquette. Dans le cas de site
où il existe une stratigraphie
horizontale représentant un
joint naturel cette sur
profondeur peut ne pas être
nécessaire. Le plus difficile
dans cette opération est de
mesurer avec précision la
hauteur exacte du front
Surprofondeur théorique = 0.2 * 5 = 1.00 m
d’abattage.

Figure VI-22: Réglage de la profondeur par uneapproche traditionnelle

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Angle (°) 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
H front (m)
5 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,0 5,1 5,1 5,1 5,1 5,1 5,2 5,2
6 6,0 6,0 6,0 6,0 6,0 6,0 6,0 6,1 6,1 6,1 6,1 6,1 6,2 6,2 6,2
7 7,0 7,0 7,0 7,0 7,0 7,0 7,1 7,1 7,1 7,1 7,1 7,2 7,2 7,2 7,2
8 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,0 8,1 8,1 8,1 8,1 8,1 8,2 8,2 8,2 8,3
9 9,0 9,0 9,0 9,0 9,0 9,0 9,1 9,1 9,1 9,1 9,2 9,2 9,2 9,3 9,3
10 10,0 10,0 10,0 10,0 10,0 10,1 10,1 10,1 10,1 10,2 10,2 10,2 10,3 10,3 10,4
11 11,0 11,0 11,0 11,0 11,0 11,1 11,1 11,1 11,1 11,2 11,2 11,2 11,3 11,3 11,4
12 12,0 12,0 12,0 12,0 12,0 12,1 12,1 12,1 12,1 12,2 12,2 12,3 12,3 12,4 12,4
13 13,0 13,0 13,0 13,0 13,0 13,1 13,1 13,1 13,2 13,2 13,2 13,3 13,3 13,4 13,5
14 14,0 14,0 14,0 14,0 14,1 14,1 14,1 14,1 14,2 14,2 14,3 14,3 14,4 14,4 14,5
15 15,0 15,0 15,0 15,0 15,1 15,1 15,1 15,1 15,2 15,2 15,3 15,3 15,4 15,5 15,5
16 16,0 16,0 16,0 16,0 16,1 16,1 16,1 16,2 16,2 16,2 16,3 16,4 16,4 16,5 16,6
17 17,0 17,0 17,0 17,0 17,1 17,1 17,1 17,2 17,2 17,3 17,3 17,4 17,4 17,5 17,6
18 18,0 18,0 18,0 18,0 18,1 18,1 18,1 18,2 18,2 18,3 18,3 18,4 18,5 18,6 18,6
19 19,0 19,0 19,0 19,0 19,1 19,1 19,1 19,2 19,2 19,3 19,4 19,4 19,5 19,6 19,7
20 20,0 20,0 20,0 20,0 20,1 20,1 20,2 20,2 20,2 20,3 20,4 20,4 20,5 20,6 20,7

Figure VI-23 : Calcul de la distance de forage par rapport à un angle de foration et la hauteur du front

C.4. REALISATION DE L’AMORÇAGE


a) ROLE DE L’AMORÇAGE

Plus la vitesse de détonation de l’explosif à initier sera faible, plus la quantité d’amorçant devra
être importante.

Cordeau détonant Détonateur Cartouche


0.8 g amorce
6g 10g 15g 20g 40g
Explosifs encartouchés
Emulsions Nitram 5 et 9 Non Déconseillé Oui Oui Oui Oui Possible
mais pas
Dynamites Dynaroc 6 et 8 Déconseillé Oui Oui Oui Oui Oui nécessaire

Explosifs vracs
Non Déconseillé Oui Oui Oui Non Conseillé
Nitrate fioul Nitro D8
Non Déconseillé Oui Oui Oui
Nitrate fioul alu NITRAL
Non Déconseillé
Blendex30
Blendex70
Figure VI-24: Qualité de l'amorçage préconisée pour des produits fabriqués par Nitrochimie

Pour l’amorçage par exemple du nitrate fuel qui est l’explosif à la plus faible vitesse de
détonation (4000 m/s environ en 100 mm), l’amorçage au détonateur seul ne suffira pas. Il faut
employer un bousteur. Le bousteur de pentolite ou d’Hexolite, grâce à la plus grande quantité
d‘explosif mis en jeu, amorcera tout en maintenant une vitesse de détonation élevée . La
dynamite (6500 m/s) est aussi un excellent bousteur (Ex : bousteur Géofranite).

Dans le cas du cordeau détonant, on augmentera le grammage (20 g/m, voire 40 g/m) pour faire
face à ce type de situation.

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Dès lors que la sensibilité des explosifs est atteinte, on peut dans certains cas avoir intérêt à
augmenter la puissance d’amorçage pour :

Améliorer le bilan énergétique en MJ/kg (notamment le transfert de l’énergie de choc vers


l’énergie de gaz),

Se libérer de certaines contraintes de terrain : pression hydrostatiques, compression


dynamique.
Energie moyenne Variation en %
mesurée MJ/kg

Nitram TX9 10 g/m 3.2  +15%

20 g/m 3.7  5%

Détonateur 0.8 g 3.9


Nitrate fioul 10 g/m 2.1  +28%
Nitro D8
20 g/m 2.7

Détonateur 0.8 g + bousteur 3.4  +26%

Figure VI-25 : Variation de l’énergie libérée en fonction de la qualité de l’amorçage

La qualité de l’amorçage conditionnera la résistance d‘un explosif vis-à-vis des contraintes


extérieures comme la pression statique par exemple. Le passage a 0.8 g de pentrite dans les
détonateurs à augmenté la résistance des explosifs face à la désensibilisation.
Détonateur 0.6 g + 2 bars 2.5 bars 3 bars 3.5 bars 4bars
Avec cartouche
Nitram 5  Amorçage   Désensibilisation 

Détonateur 0.8 g +
Avec cartouche
Nitram 5  Amorçage   Désensibilisation 

Figure VI-26: Qualité de l'amorçage vis à vis de la désensibilisation statique

b) TYPE D’AMORÇAGE
Dans la réglementation, un trou peut être constitué de plusieurs charges séparées par un
bourrage suffisant. Une charge ne peut contenir qu’une seule charge amorce muni au plus de
deux détonateurs excepté le cas d’amorçage "n+1" en sécurité.

 AMORÇAGE PONCTUEL

La charge d’explosif est amorcée par un détonateur seul avec ou sans l’intermédiaire d’un
bousteur.
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 179 sur 295

Selon l’emplacement du
détonateur dans la charge, on Détonateur(électrique
non-électrique ou électronique)
distingue trois types
d’amorçage ponctuel lorsque
les explosifs sont utilisés en
trou de mine :
Amorçage antérieur: le
détonateur est placé dans
la dernière cartouche de la
charge, celle qui se trouve
la plus proche de
Détonateur(électrique
l’ouverture du forage. Ce
non-électrique ou électronique) type d’amorçage est peu
Figure VI-28: Amorçage ponctuel antérieur
conseillé.
Figure VI-27: Amorçage ponctuel postérieur

Détonateur
N+1

Détonateur N+1
Détonateur N+1

Détonateur N
Détonateur N

Figure VI-30: Amorçage ponctuel


Figure VI-31: Amorçage ponctuel postérieur équipé d’un détonateur de
postérieur équipé d’un détonateur sécurité dans la cartouche
de sécurité en tête immédiatement au dessus

Détonateur N

Figure VI-29: Amorçage multi-points – bi-


détonation
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 180 sur 295

Amorçage postérieur : le détonateur est placé dans la première cartouche de la charge,


celle qui se trouve au fond du trou. Tous les types de détonateurs sont autorisés pour cette
opération (sauf pyrotechnique). C’est actuellement le mode d’amorçage le plus fréquent sur
tous chantiers.
Amorçage multi-points : Certains plans de tirs prévoient deux ou plusieurs charges
distinctes (séparées par un ou des bourrages intermédiaires). Dans ce cas, chacune des
charges ne pourra recevoir que deux détonateurs. Cette disposition est essentiellement dédiée
à la réduction de la charge unitaire dans le cadre d’un plan de réduction des vibrations.
 AMORÇAGE LATERAL Détonateur
L’amorçage de l’explosif est réalisé à
cordeau détonant l’aide d’un cordeau détonant sur cordeau détonant
toute la longueur de la mine.
L’amorçage se fait latéralement
dans la mine. Si le diamètre du trou
est faible, l’explosif n’a pas le temps
d’atteindre sa vitesse optimale de
détonation. Le rendement sera
moins bon.

Le cordeau peut être :


Amorcé au détonateur ou bien
relié à un cordeau maître. Dans
le premier cas, le détonateur,
électrique, électronique ou non-
Détonateur
électrique, est fixé par du ruban
adhésif sur l’extrémité du

Figure VI-33 : Amorçage latéral cordeau qui dépasse à l’extérieur Figure VI-32 : Amorçage latéral
remontant du trou. On parle d’amorçage descendant
latéral descendant.
Amorcé par le fond du trou via un détonateur placé dans la cartouche amorce, on parle dans
ce cas d’amorçage latéral remontant.
Des amorçages mixtes sont possibles
Multi-détonation avec amorçage latéral remontant sur la deuxième charge.
Mise en place d’une détonateur de sécurité sur le cordeau détonant en surface.
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 181 sur 295

Quelle que soit la situation, la présence du cordeau détonant détermine un amorçage latéral.

Détonateur
retard N+1

cordeau détonant

Détonateur N+1

Détonateur N Détonateur N

Figure VI-35 : Amorçage mixte Figure VI-34 : Amorçage latéral remontant


avec détonateur de sécurité en surface

 LES AMORÇAGES INTERDITS

Un certain nombre de configurations d’amorçage sont interdites : on citera :


les amorçages inverses qui consistent à inverser le sens de détonation
du détonateur dans la cartouche amorce (dans le cas
d’un amorçage antérieur de placer la charge amorce
avec un détonateur dirigé en direction de la surface,
dans le cas d’un amorçage postérieur de placer la
charge amorce avec un détonateur dirigé vers le
fond du trou). Détonateur

Les amorçages intermédiaires qui consistent à


placer une cartouche à amorce au milieu d’un
charge. La réglementation autorise cependant la
présence d’une cartouche ou une hauteur
comparable d’explosif vrac, entre le fond du trou et
la charge amorce.
Détonateur

Figure VI-36: Amorçage interdit - amorçage inverse


Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 182 sur 295

Détonateur

Détonateur

Maxi la hauteur d’une cartouche


Amorçage postérieur
Figure VI-37: Amorçage interdit - amorçage Figure VI-38: Amorçage intermédiaire
intermédiaire autorisé

l’amorçage antérieur dans le cas d’utilisation de détonateurs à retard (½ seconde).


Si dans une volée (tir comportant au moins deux trous) des
détonateurs à retard sont utilisés, l’amorçage antérieur est
interdit. En effet le délai important entre deux dates de
détonation peut conduire à un arrachement de la tête du trou qui
n’a pas encore détoné et ainsi désolidariser la charge amorce du
reste de la charge voire l’endommager entraînant ainsi un raté de
tir.
En ce qui concerne le tir d’un seul trou avec un détonateur à
retard, l’amorçage antérieur est autorisé.

Figure VI-39:Interdiction d'utiliser des retards


1/2 secondes avec un amorçageantérieur

c) REALISATION DE LA CHARGE AMORCE

La charge amorce est constituée d’une cartouche d’explosif (ou d’un bousteur) associé à un
artifice de mise à feu approprié.
La charge amorce doit être constituée dans l’instant qui précède sa mise en place dans le trou de
mine. Toute charge qui n’a pu être introduite dans le trou de mine doit être suivant les
instructions de l’exploitant, soit immédiatement désamorcée soit détruite.

La conception et la préparation des charge amorces doivent être telles que les détonateurs soient
protégés des chocs, qu’ils ne puissent pas être désolidarisés de ladite charge et que les fils ou les
tubes de transmission de la détonation ne soient pas détériorés. Le pouvoir d’amorçage du
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 183 sur 295

détonateur doit être suffisant pour assurer, dans les conditions d’emploi prévues, la détonation
complète de la charge amorce.

 CONSTITUTION D’UNE CHARGE AMORCE AVEC UNE


CARTOUCHE D’EXPLOSIF

Lors de l’amorçage, le boutefeu doit pratiquer un trou


dans la première cartouche d’explosif, pour y introduire
le détonateur sans forcer sur celui-ci ou pour assujettir le
cordeau détonant. Cette opération doit être effectuée au
moyen d’un poinçon en bois ou en métal non ferreux,
bronze ou cuivre. C’est le seul moment où la
modification du conditionnement d’un produit
explosif est autorisée.
Ce poinçon, muni d’un manche, aura un diamètre de 6 ou
7 millimètres pour une longueur d’une quinzaine de
centimètres. Il servira par la suite de dévidoir pour les
bobines de fil si on met en œuvre un amorçage « fond de Figure VI-40: Réalisation du logement du
trou » au moyen de détonateurs électriques « grande détonateur dans la cartouche amorce au moyen
d'un poinçon bois
longueur ».
Le corps du détonateur est protégé des chocs par la cartouche d’explosif ou le bousteur dans
lesquels il est introduit en totalité. Les fils de détonateurs électriques, électroniques ou les tubes
de transmission de la détonation sont conçus pour résister à l’abrasion mais il peut être utile de
protéger les nœuds d’artificier de la charge amorce qui peuvent constituer un point proéminent
exposé à ce risque.
Si le boutefeu doit pratiquer un amorçage au moyen d’une mèche lente et d’un détonateur
pyrotechnique, il doit se munir d’une pince spéciale destinée à sertir la jupe du détonateur sur la
mèche. Différents modèles de pinces à sertir existent, le plus élaboré est équipé en plus du
dispositif de sertissage.
Cas des cartouches de petit diamètre en mine ordinaire :
En mine
ordinaire, les
cartouches
sont
généralement
de petit
diamètre (25, Noeud d’artificier
30 voire 35
mm). Le détonateur est alors placé au cul de
la cartouche Une attention particulière sera
portée à cette cartouche lors du chargement
du fait de la position du détonateur dans la
charge (risques de blessure des tiges ou du
tube). La liaison des tiges ou du tube sur la Postérieur Antérieur
cartouche se fera par une double clef
Figure VI-41: Cartouche amorce en mine ordinaire pou petite
d’artificier ou par du ruban adhésif. cartouche
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 184 sur 295

Cas des cartouches de gros diamètre en mine verticale ou en longue mine :


En mine verticale, la réglementation oblige à protéger l’amorce en
la logeant sur le côté de la cartouche (¼ inférieur dans le cas d’un
amorçage postérieur et ¼ supérieur dans le cas d’un amorçage
antérieur). La cartouche devra être descendue avec précautions en
l’accompagnant jusqu’au fond. La liaison des tiges ou du tube sur la
cartouche se fera soit en procédant à une double clef d’artificier soit
par du ruban adhésif. Cette dernière solution est préconisée lors de
l’utilisation de tube non électrique ou lors de terrain difficile
(terrain abrasif, pierre saillante dans le trou…etc.).

¼ sup ¼ sup

Noeud d’artificier

¼ inf ¼ inf

Postérieur Antérieur Postérieur Antérieur


Figure VI-42: Cartouche amorce en mine verticale - utilisation d'une double clef pour liaisonner les tiges
sur la cartouche (gauche) ou d’un ruban adhésif (droite)
 CONSTITUTION D’UNE CHARGE AMORCE A L’AIDE DE CORDEAU DETONANT
Lors de la réalisation d’an amorçage latéral descendant, il existe plusieurs façons de réaliser la
cartouche amorce qui sont décrites sur les schémas ci-dessous :

Figure VI-43:
Réalisation de la
cartouche amorce lors
d'un amorçage latéral
descendant

Trou percé de part en part Trou percé de part et


Cordeau fixé par Cordeau fixé par Cordeau fixé par un nœud d’autre de la cartouche –
du ruban adhésif une double clé sur l’extrémité supérieure cordeau fixé par un nœud

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 CONSTITUTION D’UNE CHARGE AMORCE EN AMORÇAGE MIXTE DETONATEUR-CORDEAU DETONANT

Lors de la réalisation d’un amorçage latéral remontant, la cartouche contient le détonateur et le


cordeau détonant. Cependant ce type d’amorçage n’est guère commode à réaliser seul (en effet il
faut tenir la cartouche, le détonateur et le rouleau de cordeau détonant) ; il est permis de réaliser
cet cartouche amorce en deux fois, en descendant en premier la cartouche contenant le cordeau
et ensuite la cartouche contenant le détonateur ou vice et versa (les deux cartouches doivent
impérativement être contiguës) ce qui augmente la facilité de réalisation.

Les deux
cartouches
doivent être
contiguës

Figure VI-44: Réalisation d'un amorçage


latéral remontant

 CONSTITUTION D’UNE CHARGE AMORCE A L’AIDE D’UN BOUSTEUR

Le bousteur est un produit explosif dont le conditionnement spécial est conçu pour constituer
une charge amorce et pour assurer la protection du détonateur dans le cas d’un chargement en
chute libre des cartouches.
Les bousteurs sont recommandés pour l’amorçage des explosifs peu sensibles en vrac
(émulsions, nitrate-fiouls, nitrate-fiouls alourdis) et parfois encartouchés dans les trous de
diamètre supérieur à 75 mm.

Les bousteurs conditionnés sous enveloppe plastique présentent plusieurs orifices dans lesquels
il est possible de réaliser toutes les configurations de cartouches amorces :
Détonateur seul.
Cordeau détonant seul.
Détonateur + cordeau détonant.
Double détonateur
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 186 sur 295

Des dispositifs spécifiques à chaque marque permettent d’assurer un blocage du fil du


détonateur dans le bousteur (bouchon, encoche…). Il convient de bien étudier la fiche technique
produit pour la constitution de la charge amorce.

Figure VI-45: Réalisation d'une cartouche


amorce à l'aide d'un bousteur

C.5. CHARGEMENT
a) MISE EN PLACE DE LA CHARGE AMORCE

 AMORÇAGE AU CORDEAU DETONANT

On s’assure en premier lieu que l’on dispose d’une longueur de cordeau


détonant suffisante pour parcourir d’un seul tenant toute la profondeur du
trou. Il est strictement interdit de rabouter deux ou plusieurs
morceaux de cordeau au moyen de nœuds si ceux-ci risquent de
se trouver à l’intérieur du forage. En effet, ceci est susceptible de
provoquer soit des coincements de cartouches, soit des ruptures de
cordeau à la hauteur des nœuds pendant le chargement. Certains rouleaux
de cordeau détonant sont livrés en deux morceaux (chutes de fabrication)
et portent une étiquette indiquant la longueur respective des deux brins.
La cartouche amorce qui est réalisée comme vu
en C.4.c) Réalisation de la charge amorce page
182 est ensuite descendue au fond du trou où sa
position est vérifiée avec le bourroir à corde. Il
faut veiller à ce que le cordeau détonant, Figure VI-46: Mise en place
pendant cette opération, ne fasse ni boucle ni de la cartouche amorce
réalisée à l'aide de cordeau
nœud. Ceci est grandement facilité par détonant
l’utilisation d’un touret sur lequel est montée la
bobine de cordeau.

 AMORÇAGE PONCTUEL

La cartouche amorce qui est réalisée comme vu en C.4.c) Réalisation de


Figure VI-47: Mise en place de la la charge amorce page 182 est ensuite descendue avec précautions
cartouche amorce lors d’un (pour ne pas endommager les conducteurs) au fond du forage.
amorçage ponctuel
On s’assure de sa position au fond du trou en mesurant la profondeur
de celui-ci au moyen du bourroir à corde.
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 187 sur 295

En amorçage électrique, un premier contrôle à l’ohmmètre permet de s’assurer que les fils n’ont
pas été endommagés. Si cette mesure est négative (l’écran de l’ohmmètre reste vierge), on
tentera d’extraire la cartouche amorce pour remplacer le détonateur défectueux, sinon il faudra
préparer une nouvelle cartouche amorce et l’introduire au dessus de la première.
b) CHARGEMENT EN TROU SEC ET SAIN
Si le plan de tir comporte un certain nombre de cartouches en fond de
trou, celles-ci sont mises en place en chute libre. Leur arrivée au fond se
traduit par un impact nettement perceptible de l’extérieur. On doit
s’assurer que les conducteurs électriques n’ont pas été détériorés pendant
cette opération grâce à une mesure de résistance à l’ohmmètre.
L’ohmmètre sera ensuite laissé branché à l’extrémité des fils
pendant toute la durée du chargement ce qui permettra de
constater immédiatement tout incident. Lorsque toutes les cartouches
prévues au plan de tir ont été introduites, on mesure la profondeur du
forage à l’aide du bourroir à corde ou du décamètre.
Quant aux explosifs vrac, il sont déversés dans le
trou, soit directement depuis leur emballage si le
diamètre du forage est suffisant, soit par
Figure VI-48: Chargement
des cartouches en chute l’intermédiaire d’un entonnoir (en plastique anti
libre statique dans le cas d’utilisation de détonateurs
électriques) dans des trous de faible section pour
lesquels il est difficile d’éviter d’en répandre sur le sol. On doit s’assurer
en permanence que l’explosif vrac reste bien à l’intérieur du forage et
qu’il n’est pas en train de « fuir » à travers des fissures qui n’auraient
pas été décelées par le foreur. Pour cela, il convient de mesurer
régulièrement la hauteur atteinte dans le trou par l’explosif avec le
bourroir à corde, et par là de constater qu’il monte régulièrement. La
fréquence de ce contrôle dépend de la qualité du terrain (voir le Figure Figure VI-49: Chargement du
FigureVI-13: Figure des quantités d’explosif vrac par mètredeforage page 167). nitrate fioul par gravité

Le réglage de la longueur du bourrage final se fait de deux manières :


La charge est constituée uniquement par des cartouches : un simple comptage des cartouches
introduites dans le trou permet de respecter le bourrage
tel que défini par le plan de tir. Attention : les conditions
locales peuvent induire une différence d’une ou deux
cartouches par rapport au calcul théorique, en plus ou en
moins. Il faut donc contrôler la hauteur chargée à l’aide du
bourroir à corde avant la fin du chargement.
La charge de colonne est constituée d’explosif en vrac :
entre un à deux mètres avant la fin du chargement, on
introduit dans le trou un bourroir rigide sur lequel on a
pris soin de marquer la hauteur du bourrage final au
moyen de ruban adhésif. Les derniers kilogrammes
Figure VI-50: Contrôle du respect de la hauteur d’explosif sont versés dans le trou avec précaution, en
de bourrage final en cours de chargement de veillant à tenir le bourroir à la surface de la colonne
Nitrate Fioul d’explosif, jusqu’à ce que le repère affleure la surface du
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 188 sur 295

sol.

Le respect de la hauteur minimale du bourrage final tel que définie par le plan de tir est
impératif. Cette hauteur peut dans certaines circonstances être augmentée jamais réduite.
c) CHARGEMENT EN PRESENCE D’EAU :

La présence d’eau dans les forages interdit l’utilisation de nitrate-fioul. Il


existe des gaines plastiques souples ou des tubes rigides étanches qui
permettent néanmoins le chargement de nitrate-fioul dans des trous pleins
d’eau; la mise en œuvre est cependant délicate. En règle
générale, le boutefeu doit alors remplacer le nitrate-
fioul par un explosif encartouché insensible à l’eau, en
principe une émulsion, jusqu’à ce que les cartouches
émergent. A partir de ce point, le chargement peut être
poursuivi avec du nitrate-fioul.
Quelques précautions doivent néanmoins être prises :
La faible densité des cartouches d’émulsion (~1,2)
fait que celles-ci ne descendent que difficilement
dans l’eau. Il convient de redoubler de prudence et
Figure VI-51: Gainage du de contrôler très fréquemment (toutes les deux
trou
cartouches par exemple), leur bonne arrivée au fond
au moyen du bourroir à corde. En cas de coincement, la discontinuité de
la charge empêche la propagation de la détonation et il est indispensable
Figure VI-52: Mise en
de réamorcer avec un détonateur de même numéro que celui du fond. Il place du nitrate fioul
est conseillé dans cette configuration de réaliser un amorçage latéral dans une gaine plastique
dans le cas de colonne pleine d’eau. antistatique

Il faut éviter que le nitrate-fioul ne coule entre la dernière cartouche et les parois du trou, ce
qui le mettrait en contact avec l’eau. Pour cela, il est d’usage de fendre l’emballage de la
dernière cartouche afin que celle-ci, en s’écrasant au moment de l’impact, forme bouchon à
l’intérieur du forage. Cette opération, bien que fréquemment utilisée, n’est cependant pas
permise par la réglementation.
Lorsque l’on introduit des cartouches dans la colonne d’eau, le niveau de celle-ci remonte en
proportion du nombre de cartouches présentes dans le trou. Pour des hauteurs d’eau
importantes, il arrive fréquemment, qu’il ne soit pas possible « d’assécher » le forage avant le
bourrage final. Le boutefeu se doit alors de compter très soigneusement les cartouches de
façon à respecter la hauteur de ce dernier. On se reportera utilement au Figure Figure VI-14: Figure
des sorties d’eau page 168 pour estimer le nombre de cartouches à employer pour sortir de l’eau.

C.6. REALISATION DES BOURRAGES


Par principe un explosif ne peut pas agir dans de bonnes conditions à l'air libre, que ce soit pour
une détonation ou pour une déflagration. Un bourrage minimum est donc obligatoire. En
travaux souterrains quand il n’y a pas de risque de grisous, les trous de mines peuvent être
exempts de bourrage suivant les conditions fixées sur le plan de tir.
Dans tous les cas le bourrage est constitué de matériaux incombustibles pulvérulents, ou de
dispositifs appropriés (ballon, obturateur..) ou l’eau.
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 189 sur 295

En dehors des cas cités précédemment, le bourrage est indispensable pour des raisons de
sécurité, (par exemple pour éviter tous risques de projections). Il appartient à l'exploitant d'en
tenir compte dans la définition des plans de tir.
a) QUANTITE DU BOURRAGE
Ce paragraphe ne fixe pas de longueur minimale de bourrage dans les cas où celui-ci reste
obligatoire. Cette longueur est choisie par l'exploitant de manière à éviter notamment
d'occasionner des projections anormales ou de créer une source de risques lors de la reprise
ultérieure d'un massif
4.00
déconsolidé mais non-
complément abattu.
Bourrage final
Gravillons 6/10 Hauteur En mines verticales ou longues
H = ½ banquette en amorçage fond de trou mines, il est généralement admis
H = 1 banquette en amorçage latéral les hauteurs de bourrage
suivantes :
Amorçage ponctuel fond de
trou : H= ½ longueur de
banquette. Exemple : H = 2
mètres pour 4 mètres de
Bourrage intermédiaire banquette
Gravillons 6/10
Amorçage latéral au cordeau
détonant : H = 1 longueur de
banquette. Exemple : H = 4 m
pour 4 mètres de banquette.
En ce qui concerne les travaux
publics et le minage dans les
travaux à ciel ouvert, la longueur
minimale de bourrage ne devra
pas être inférieure à 10 fois le
diamètres de foration.
Figure VI-53: Hauteur de bourrage généralement admise
Pour ce qui est des bourrages
intermédiaires, leur hauteur dépend
des conditions locales d’abattage fonction notamment de la géologie rencontrée. Pour des
raisons techniques il est conseillé de ne pas dépasser comme hauteur ⅓ de la longueur de
banquette sauf si un résultat particulier est recherché (tir à bloc notamment).
b) QUALITE DU BOURRAGE

Un matériau de bourrage ne saurait être considéré comme approprié si, par sa nature ou sa
granulométrie , il augmente les risques de projection. Le bourrage le plus efficace est obtenu avec
un gravillon de granularité moyenne (6/15 mm).

Il n’est pas nécessaire de tasser le bourrage, ceci n’améliorerait en rien la sécurité du tir et serait
au contraire susceptible d’endommager les conducteurs.
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 190 sur 295

Les hauteurs de bourrage ainsi que la nature du matériau doivent figurer sur le
plan de tir.

Le bourrage à l’eau n’est pas interdit sous réserve que les explosifs résistent bien à l’eau ; et
qu’une note de prescription techniques accompagne ce mode de tir.
Il existe des dispositifs spéciaux qui sont introduits juste avant le bourrage (obturateur) dont les
rôle est de maintenir une pression d’application plus importante dans le trous en retardant les
effets de débourrage.
Il existe également des techniques appelées "air bag" ou "gaz bag", qui consiste à introduire un
vide d’air dans la charge ou directement avant le bourrage de manière à réduire la quantité
d’explosif mise en jeu tout en faisant participer cette colonne d’air au processus d’abattage.

C.7. REALISATION DES CONNEXIONS


La réalisation des connexions ou branchement est une opération primordiale qui nécessite
beaucoup d’attentions et de vérifications.
Quels que soient les systèmes d’amorçage employés, la connexion est réalisée peut de temps
avant le tir suivant les recommandations du fournisseur, qui sont reportées sur la fiche
technique du produit. (Voir IV Séquences de mise à feu (mise en oeuvre/sécurité) page 106 et ANNEXE II
Fiches techniques des produits d'amorçage commercialisés par Nitro-Bickford page 90).
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 191 sur 295

D. ADAPTATION DU CHARGEMENT PAR LE BOUTEFEU


1. FAILLES – CAVITES :
a) CONTEXTE ET RIQUES
Il arrive que la foration traverse une
zone de fissures ou même une cavité
plus ou moins importante. Que
celles-ci aient été détectées par le
foreur, qui les aura signalées au
boutefeu, ou bien par le boutefeu en
cours de chargement, il est
nécessaire d’adapter le chargement,
faute de quoi les explosifs et en Figure VI-54: Risques liés à la rencontre d'un cavité ou d'une faille lors du
particulier le nitrate-fioul risquent de chargement d'unemine
se répandre à l’intérieur de ces
cavités, éventuellement en grandes quantités si le boutefeu n’est pas vigilant, et de créer un
risque de projection majeur.
b) TRAITEMENT LORS DU CHARGEMENT
Il convient de réaliser un bouchon de sable à l’endroit de la
faille, ou si celle-ci est trop importante un bouchon réalisé
avec du papier. La réalisation de ce bourrage intermédiaire
devra tenir compte de l’amorçage employé en début de
chargement. Dés lors, deux cas peuvent se rencontrer :
En amorçage latéral, la transmission de la détonation est
assurée entre les deux parties de la charge, et la
constitution du bourrage intermédiaire ne pose pas de
problème particulier : on remplit le trou avec du sable ou
des débris de forage jusqu’à ce que l’incident géologique
soit passé puis on continue le chargement des explosifs.
En amorçage
ponctuel fond de
trou, le boutefeu a
Figure VI-55: Chargement d'une mine avec le choix entre deux
présence d'une cavité avec un amorçage latéral solutions :
Mettre en place le bourrage intermédiaire puis
réintroduire au dessus de celui-ci une nouvelle
cartouche amorce munie d’un détonateur de même
numéro que celui du fond, et terminer le chargement.

Descendre un cordeau détonant lesté d’une cartouche


au contact de l’explosif déjà chargé, puis constituer le

Figure VI-56: Chargement d'une mine avec présence d'une cavité avec un
amorçage ponctuel
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 192 sur 295

bourrage intermédiaire comme ci-dessus, et enfin


terminer le chargement du trou. Cette solution est moins
efficace que la première car on ne peut jamais être
absolument sûr que le cordeau détonant est bien arrivé
au contact de la charge du fond, surtout en présence
d’une cavité importante, et le risque de non-
transmission de la détonation entre le bas et le haut du
trou n’est pas négligeable.

Figure VI-57: Chargement d'une mine avec la présence d'une cavité avec un amorçage
ponctuel (Variante)

D.2. PRESENCE D’UNE ZONE DE MOINDRE RESISTANCE AU SEIN DU MASSIF :


a) CONTEXTE ET RISQUES
Il arrive que l’on se trouve en
présence d’une zone où le
terrain n’offre que peu de
résistance à la poussée des gaz
d’explosion : veine terreuse ou
Banc tendre argileuse qu’il faut apprendre à
détecter et à repérer en
examinant soigneusement le
front avant le chargement des
trous. Ceci demande une
certaine expérience et une
Figure VI-58: Risques liés à la présence d'un banc plus tendre à l'intérieur du massif
bonne connaissance de son
gisement. Le foreur peut également donner des informations précieuses qui peuvent alors être
consignées sur un rapport de foration.
b) TRAITEMENT LORS DU CHARGEMENT

Ce défaut se traite, comme vu au paragraphe VI.D.1 Failles – cavités : page 191, par la mise en place
d’un bourrage intermédiaire à la hauteur de la zone de moindre résistance.

D.3. PRESENCE D’UN SOUS CAVAGE


a) CONTEXTE ET RISQUES
Lorsque le front de taille présente de fortes irrégularités telles que celles représentées sur la
Figure VI-59: Risques liés à la présence d'une banquette sur évaluée en pied du front d'abattage page 193 il
est indispensable d'établir un profil assez précis de celui –ci. En effet un mesurage approximatif
par rapport au sommet apparent du gradin conduit à surévaluer la banquette On risque des
projections verticales importantes.
Chapitre VI - Chargement des mines (technologie et sécurité) Page 193 sur 295

Souhaitée
b) TRAITEMENT LORS DU CHARGEMENT
Réelle
Banquette en En l’absence d’un profil réalisé par un
pied et en surface
profileur laser ou de l’utilisation d’un
sonde Diadème qui permettent de
connaître les épaisseurs exactes de
banquette, le boutefeu devra adapter le
chargement (réduire la quantité
d’explosif à l’endroit où l’épaisseur est
faible) à l’aide de son intuition et de son
expérience.

Figure VI-59: Risques liés à la présence d'une banquette sur évaluée en


pied du front d'abattage

Afin d’alléger le chargement, la réalisation de bourrages


intermédiaires au niveau du sous cavage peut s’avérer être
la bonne solution.
Des logiciels experts du type Expertir® ou Géolaser® de
Nitro-Bickford permettent d’aider à résoudre des cas
délicats comme ceux-ci.

Figure VI-60: Chargement d'une mine en présence d'un sous cavage

D.4. FORATION DEVIEE VERS L’AVANT :


a) CONTEXTE ET RISQUES
Souhaitée Cet incident, que l’on appelle « déviation
Banquette en sortante », peut être à l’origine de graves
Réelle pied et en surface projections – il est arrivé que des blocs de
plusieurs dizaines de kilogrammes soient
projetés à près d’un kilomètre. Il est très
difficile à déceler, sauf à utiliser un
appareillage spécialisé tel que la sonde
« DIADEME » ou profileur de front laser.

b) TRAITEMENT LORS DU CHARGEMENT


Dans ce cas, il convient de réduire la charge
Figure VI-61: Risques liés à la présence d'une déviation sortante en fond de trou en mettant en place dans cette
zone des bourrages intermédiaires comme vue
au paragraphe VI.D.3 Présence d’un sous cavage page
192. Le calcul de ces bourrages est un travail de spécialiste. Dans les cas extrêmes, on ne charge
pas le fond du trou.

D.5. FORATION DEVIEE VERS L’ARRIERE :


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a) CONTEXTE ET RISQUES
La « déviation rentrante » qui peut être à l’origine d’un niveau élevé de vibrations dans
l’environnement du chantier, et qui a
comme conséquence une mauvaise sortie
Réelle du pied obligeant à des reprises
Banquette en
Souhaitée
pied et en surface
ultérieures, sources de surcoûts.
b) TRAITEMENT LORS DU CHARGEMENT
On peut, mais ce n’est pas toujours
possible, charger le fond du trou avec un
explosif plus puissant que celui qui était
prévu (par exemple, on remplace des
cartouches d’émulsion par de la
dynamite).
Une autre solution consiste à forer une ou
Figure VI-62: Risques liés à la présence d'un déviation rentrante plusieurs mines de pied devant le trou dévié,
aux conditions suivantes :
Que le trou dévié et les trous voisins ne soient pas déjà
chargés.
Que la foreuse puisse accéder sans danger au pied du
front, ainsi que le boutefeu.
Que les mines de pied ne puissent en aucun cas
recouper la foration verticale.
Ces mines de pied sont chargées avec des explosifs
encartouchés, soigneusement bourrées et amorcées de
façon à détoner simultanément ou légèrement avant la
mine verticale correspondante. Sinon, on peut, et c’est le
plus sage, refaire
forer le ou les trous
Figure VI-63: Traitement d'un foration rentrante
déviés.

D.6. BANQUETTE INSUFFISANTE EN HAUT DU FRONT :


a) CONTEXTE ET RISQUES
Si par suite d’éboulements ou pour toute autre raison, il n’existe pas une épaisseur de banquette
suffisante dans la partie supérieure du front, il existe un risque de projections horizontales et
verticales important.

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Réelle Le boutefeu devra alors adapter le


Souhaitée Banquette en chargement en tête du forage.
pied et en surface

Figure VI-64: Risques liés à la présence d'une banquette sur


évaluée en tête du front de taille

b) TRAITEMENT
Il conviendra d’augmenter la longueur du bourrage de telle
façon que le haut de la charge d’explosif ne puisse se trouver à
moins de la valeur des deux tiers de la banquette prévue
initialement par rapport à la surface extérieure du front.
L’appréciation de la hauteur de l’effondrement se fera par jeté
d’un décamètre depuis le haut du front de taille ou par un
relevé par profileur laser.

Figure VI-65: Chargement d'une mine en présence d'un effondrement en tête du front

D.7. CARTOUCHE OU PIERRE COINCEES DANS LE TROU :


Lors du chargement des mines, il peut arriver que des pierres
ou bien une cartouche obstruent le trou empêchant ainsi la
continuation du travail.
Avant toute chose, le boutefeu pourra, extraire la cartouche à
l’aide d’un extracteur de cartouches appelés aussi queue de
cochon. Cet ustensile se visse directement à une extrémité du
bourroir rigide en diamètre 33/40. L’utilisation d’un extracteur
de cartouches doit se faire avec d’extrêmes précautions au
regard des fils ou tubes des détonateurs présents dans le trou de
mine.

Si toutefois, la cartouche ou la pierre n’ont pu être descendues


ou enlevées et suivant le type d’amorçage employé, une
modification du plan de chargement est alors à envisager.
Figure VI-66: Chargement d'unemine en
présence d'un obstacle dans le trou – cas
d’un amorçage ponctuel postérieur
Cas de l’amorçage ponctuel postérieur: il est nécessaire de
faire une nouvelle cartouche amorce équipée du même
numéro de détonateur que celle placée en fond du trou, de la positionner sur la pierre ou la
cartouche coincée, et de continuer le chargement.
Cas de l’amorçage latéral : le cordeau assure la liaison de toutes les charges.
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Cas de l’amorçage ponctuel antérieur : ce cas est sans


conteste le plus délicat puisque de l’explosif non amorcé se
trouve entre le fond du trou et la pierre ou la cartouche
coincée. Il faudra par conséquent s’attendre après le tir à
une masse rocheuse non explosée contenant encore de
l’explosif, qu’il faudra par la suite traiter avec d’infinies
précautions.
Du fait de la non initiation de tout l’explosif contenu dans le
trou, les risques d’une telle situation sont multiples :

Présence d’un culot avec présence d’explosif qui sera


toujours dangereux à traiter.

Figure VI-67: Chargement d'une mine en Présence d’explosifs dans les déblais du tir qui pourront
présence d'un obstacle dans le trou – cas d’un occasionner un risque lors des opérations de marinage.
amorçage ponctuel antérieur

D.8. PERTE DE LA TIGE OU D’UN TUBE NON ELECTRIQUE DE DETONATEUR, OU DE CORDEAU


DETONANT DANS LE TROU

a) PERTE DU CORDEAU DETONANT


Lors du chargement et à l’occasion d’une mauvaise
manipulation des produits, le brin de cordeau détonant
peut tomber dans le trou, soit parce que la bobine de
cordeau est constituée de plusieurs brins et que cette
information n’a pas été lue par le boutefeu, soit parce que
mal arrimé en surface, le cordeau s’échappe dans le trou.
Pour traiter cet incident de chargement, il faut réaliser une
nouvelle charge amorce avec du cordeau détonant qui sera
descendue au contact de la dernière charge descendue.

Figure VI-68: Traitement de la perte de cordeau


détonant dans le trou de mine

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b) PERTE DE LA TIGE OU D’UN TCOC DE DETONATEUR


La perte des tiges du détonateur ou du tube non
électrique dans le trou est liée à une mauvaise
manipulation ou une perte d’attention lors du
chargement.

Pour traiter cet incident on peut soit :


Réaliser une nouvelle charge amorce avec du
cordeau détonant qui sera descendu au contact de la
dernière charge mise en place. Un détonateur du
même numéro que celui perdu sera fixé sur le
cordeau en surface pour respecter le plan de mise à
feu.
Figure VI-69: Traitement de la perte des tiges ou
Réaliser une nouvelle charge amorce en amorçage du TCOCdans le trou- variante cordeau détonant
antérieur qui sera
placée en fin de
chargement. Le numéro de détonateur mis en place dans
la nouvelle cartouche amorce sera si possible le même
que celui du détonateur perdu dan le trou afin de
respecter la séquence de mise à feu.

Figure VI-70: Traitement de la perte des tiges


ou du TCOCdans le trou- variante amorçage
antérieur

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ANNEXE III. FICHES TECHNIQUES DES PRODUITS COMMERCIALISES


PAR NITRO-BICKFORD POUR L’AIDE A L’ETABLISSEMENT DES PLANS
DE TIR

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