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D URABILITÉ

ET ENROBAGE
DES ARMATURES
OBJECTIFS

Dans ce chapitre, nous allons déterminer l’enrobage minimal à respecter pour as-
surer une durabilité suffisante.

1 I NTRODUCTION
La durabilité est l’aptitude d’un matériau à résister aux différentes épreuves aux-
quelles il est soumis au cours de sa vie. Un matériau entretenu peut avoir une durée
de vie excédant la durée pour laquelle il a été conçu. À l’inverse, un matériau mal
entretenu pourra présenter des désordres affectant sa disponibilité à satisfaire les exi-
gences qu’on attend de lui avant la fin de la durée pour laquelle il a été calculé.
Un matériau durable doit satisfaire aux exigences d’aptitude au service, de résis-
tance et de stabilité pendant toute la durée d’utilisation de projet, sans perte signifi-
cative de fonctionnalité, ni maintenance imprévue excessive.
Les conditions d’environnement doivent être considérées pour définir les condi-
tions de protection des aciers contre la corrosion. Ainsi, les enrobages et la maîtrise
de la fissuration dépendent des conditions d’environnement.

2 C ONDITIONS D ’ ENVIRONNEMENT
Les conditions d’exposition sont classées en 6 familles principales, elles-mêmes dé-
clinées en sous famille, conformément au tableau 1.1.

3 M ÉTHODE DE VÉRIFICATION DE L ’ ENROBAGE

3.1 Généralités
L’enrobage est la distance entre la surface de l’armature (épingles, étriers et
cadres ) la plus proche de la surface du béton et cette dernière.

1
3. Méthode de vérification de l’enrobage

Tableau 1.1– Classe d’exposition en fonction des conditions d’environnement,

Désignation Description de l’environnement Exemples informatifs illustrant le choix des


de la classe classes d’exposition
1 Aucun risque de corrosion ni d’attaque
X0 Béton non armé et sans pièces Béton à l’intérieur de bâtiments où le taux
métalliques noyées : toutes d’humidité de l’air ambiant est très faible
expositions sauf en cas de
gel/dégel, d’abrasion et d’at-
taque chimique
Béton armé ou avec des pièces
métalliques noyées : très sec
2 Corrosion induite par carbonatation
XC1 Sec ou humide en permanence Béton à l’intérieur de bâtiments où le taux
d’humidité de l’air ambiant est faible
Béton submergé en permanence dans de
l’eau
XC2 Humide, rarement sec Surfaces de béton soumises au contact à
long terme de l’eau
Un grand nombre de fondations
XC3 Humidité modérée Béton à l’intérieur de bâtiments où le taux
d’humidité de l’air ambiant est moyen ou
élevé
Béton extérieur abrité de la pluie
XC4 Alternativement humide et sec Surfaces de béton soumises au contact de
l’eau, mais n’entrant pas dans la classe d’ex-
position XC2
3 Corrosion induite par les chlorures
XD1 Humidité modérée Surfaces de béton exposées à des chlorures
transportés par voie aérienne
XD2 Humide, rarement sec Piscines
Éléments en béton exposés à des eaux indus-
trielles contenant des chlorures
XD3 Alternativement humide et sec Éléments de ponts exposés à des projections
contenant des chlorures
Chaussées
Dalles de parcs de stationnement de véhi-
cules
4 Corrosion induite par les chlorures présents dans l’eau de mer
XS1 Exposé à l’air véhiculant du sel Structures sur ou à promixité d’une côte
marin mais pas en contact direct
avec l’eau de mer
XS2 Immergé en permanence Éléments de structures marines
XS3 Zones de marnage, zones sou- Éléments de structures marines
mises à des projections ou à des
embruns

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Durabilité et enrobage des armatures

L’enrobage nominal doit être spécifié sur les plans. Il est défini comme l’enrobage
minimal cmin plus une marge de calcul pour tolérances d’exécution Δcdev :
cnom = cmin + Δcdev

3.2 Enrobage minimal, cmin


Un enrobage minimal cmin doit être assuré afin de garantir :
la bonne transmission des forces d’adhérence,

la protection de l’acier contre la corrosion,

• une résistance au feu convenable.
La valeur à utiliser est la plus grande valeur de cmin satisfaisant aux exigences à la
fois en ce qui concerne l’adhérence et les conditions d’environnement.



⎪ c
⎨ min,b
cmin = max ⎪ ⎪ cmin,dur + Δcdur,γ − Δcdur,st − Δcdur,add

⎩ 10 mm
avec :

cmin,b enrobage minimal vis-à-vis des exigences d’adhérence,


cmin,dur enrobage minimal vis-à-vis des conditions d’environnement,
Δcdur,γ marge de sécurité,
Δcdur,st réduction de l’enrobage minimal dans le cas d’acier inoxydable,
Δcdur,add réduction de l’enrobage minimal dans le cas de protection supplémentaire

Remarque
Les valeurs recommandées par l’EC2 Δcdur,γ, Δcdur,st , Δcdur,add sont nulles.

5.3.3 Enrobage minimal cmin,b requis vis-à-vis

de l’adhérence
Pour assurer à la fois une transmission sans risque des forces d’adhérence et un béton
suffisamment compact, il convient que l’enrobage minimal ne soit pas inférieur à
cmin,b donné au tableau 1.2.

Tableau 1.2– Enrobage minimal cmin,b requis vis-à-vis de l’adhérence

Exigences vis-à-vis de l’adhérence


Disposition des armatures a
Enrobage minimal cmin,b
Armature individuelle Diamètre de la barre
Paquet Diamètre équivalent (φn)
a
Si la dimension nominale du plus gros granulat est supérieure à 32 mm, il convient de majorer
cmin,b de 5 mm.

3
3. Méthode de vérification de l’enrobage

3.3.1 Enrobage minimal cmin,dur


• Classification structurale recommandée
La valeur cmin,dur dépend de la classe structurale recommandée . La classe structurale
recommandée est en général une exigence du maître d’ouvrage. L’EC2 stipule que
la classe structurale recommandée de façon classique (durée d’utilisation de projet
de 50 ans) est la classe S4.

• Valeurs de l’ enrobage minimal cmin,dur requis vis-à-vis de la durabilité


dans le cas des armatures de béton armé

Tableau 1.4– Valeurs de l’enrobage minimal cmin,dur requis vis-à-vis de la


durabilité
Exigence environnementale pour cmin,dur en mm
Classe Classe d’exposition selon Tableau 4.1
structurale X0 XC1 XC2/XC3 XC4 XD1/XS1 XD2/XS2 XD3/XS3
S1 10 10 10 15 20 25 30
S2 10 10 15 20 25 30 35
S3 10 10 20 25 30 35 40
S4 10 15 25 30 35 40 45
S5 15 20 30 35 40 45 50
S6 20 25 35 40 45 50 55

3.4 Prise en compte des tolérances d’exécution


Pour le calcul de l’enrobage nominal cnom , l’enrobage minimal doit être majoré, au
niveau du projet, pour tenir compte des tolérances pour écart d’exécution (Δcdev ).
Ainsi, l’enrobage minimal doit être augmenté de la valeur absolue de l’écart adopté
susceptible de le réduire.
La valeur recommandée est Δcdev = 10 mm.
Dans certains cas, l’écart d’exécution adopté, et par conséquent la tolérance Δcdev,
peuvent être réduits.

• lorsque la fabrication est soumise à un système d’assurance de la qualité dans lequel


la surveillance inclut des mesures de l’enrobage des armatures, il est possible de
réduire la marge de calcul pour tolérances d’exécution Δcdev de telle sorte que :

5 mm ≤ Δcdev ≤ 10 mm

4
3. Méthode de vérification de l’enrobage

• lorsqu’on peut garantir l’utilisation d’un appareil de mesure très précis pour la sur-
veillance ainsi que le rejet des éléments non conformes (éléments préfabriqués, par
exemple), il est possible de réduire la marge de calcul pour tolérances d’exécution
Δcdev de telle sorte que :

0 mm ≤ Δcdev ≤ 10 mm

3.5 Méthode lors du dimensionnement


Lors du prédimensionnement des armatures, dans un premier temps, le diamètre des
armatures longitudinales (φL ) et celui des cadres (φt ) ne sont pas connus. On ne peut
donc faire aucune hypothèse sur cmin,b . Ainsi, on considère que cmin = cmin,dur .

En prenant en compte les tolérances d’exécution on obtient :


cnom = cmin + Δcdev
cnom est la distance entre la fibre la plus tendue du béton et le bas du cadre φt .
Pour le dimensionnement des armatures longitudinales, nous devons estimer d1 , la
distance entre la fibre la plus comprimée du béton et le centre de gravité des arma-
tures longitudinales. Nous devons donc déterminer l’enrobage des armatures longi-
φL
tudinales cφL puisque d1 = h − cφL − (h est la hauteur de la poutre). La figure 1
2
illustre les différentes valeurs d’enrobage.

h d1
ot

oL
co L
c nom
bw

Figure 1– cnom et cφL d’une poutre rectangulaire.

Nous avons alors :


cφL = cmin + Δcdev +φt

 

5
φL
φt ≈
3
Une solution pour estimer φt est de choisir en première approximation que φL =
cmin,dur .
Par contre, lorsque dans un deuxième temps, les diamètres des armatures longitu-
dinales sont obtenus, il convient de vérifier que cmin,dur ≥ cmin,b = φL , afin de valider
 
la valeur de cmin utilisée (car cmin = max cmin,b ; cmin,dur ). Dans le cas contraire, nous
devons nécessairement recalculer cnom , cφL et d1 puis nous devons vérifier qu’avec la
vraie valeur de dréel , la section d’armature longitudinale équilibre bien la section.

Application :

On cherche à déterminer l’enrobage minimal cnom , cφl et estimer d1 . On donne :

• Classe structurale de la structure : S3

• Classe d’exposition : XC3

gardons en mémoire qu’il faudra vérifier cmin,b lorsque A s1 sera connue.

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