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Université des Sciences et Technologies Oran

Faculté d’électrotechnique

Département d'Electrotechnique

Master II Electrotechnique, option : Réseaux électriques


Module: Intégration des Ressources Renouvelables aux Réseaux Electriques
Enseignante: Pr BENZERGUA F

Chapitre I. Les énergies renouvelables dans les réseaux électriques

Introduction :

Un réseau électrique est un ensemble d’infrastructures énergétiques plus ou moins


disponibles permettant d’acheminer l’énergie électrique des centres de production vers les
consommateurs d’électricité. Il est constitué de lignes électriques, exploitées à différents niveaux
de tension, connectées entre elles dans des postes électriques. Les postes électriques permettent de
répartir l’électricité et de la faire passer d’une tension à l’autre grâce aux , l’énergie subit
des perturbations qui altèrent sa qualité.

L’énergie électrique est caractérisée par la fréquence, l’amplitude, la forme d’onde et le


déséquilibre des courants et tensions. La détérioration d’un ou plusieurs paramètres indique la
présence d’une anomalie sur le réseau électrique.

En effet, les réseaux électriques sont traditionnellement exploités d’une manière centralisée.
Ainsi, la plus grande partie de la production électrique est centrée autour de centrales à grande
capacité de production (type centrales hydrauliques, thermiques, nucléaires). Cette production est
souvent liée à des emplacements géographiques adéquats. L’énergie est ensuite acheminée vers les
grands centres de consommation à travers un réseau de lignes aériennes et de câbles, souvent à de
grandes distances et à des niveaux de tension plus au moins importants.

L’architecture verticale du réseau (production-transport-distribution) est modifiée grâce à la


production décentralisée (éolienne, solaire, etc.), où la production peut être au niveau de la
distribution et près des consommateurs.
1- Qualité d’énergie :
La qualité de l’énergie désigne plus concrètement la qualité de la fourniture électrique.  Celle-ci dépend de
trois facteurs que sont :
 La continuité d’alimentation
 La qualité de l’onde de tension
 La qualité de service.
La continuité d’alimentation recouvre les coupures ou interruptions du réseau. On distingue les coupures très
brèves (entre 1 seconde et 3 minutes) des coupures longues (supérieures à 3 minutes).
La qualité de l’onde de tension désigne les perturbations liées à la forme de l’onde de tension délivrée par le
réseau, susceptibles d’altérer le fonctionnement des appareils électriques raccordés au réseau, voire de les
endommager. Les types de perturbations identifiés sont par exemple les creux de tension, les surtensions
impulsionnelles, les variations de fréquence, les papillotements, etc.
Enfin,  la qualité de l’énergie dépend de la qualité de service qui caractérise la relation entre un utilisateur et
son gestionnaire de réseau ou son fournisseur. Il s’agit par exemple des délais de remise en service, des délais
d’intervention d’urgence, des délais de raccordement, des notifications de coupure programmée, etc.

1-1- Qualité de la tension:

La qualité d'énergie ou de la tension est le concept d'efficacité de classer les équipements


sensibles d'une manière qui convient à l'opération de l'équipement. Pour rappel, la tension
possède quatre caractéristiques principales :

 Fréquence

 Amplitude

 Forme d'onde

 Symétrie.
Le maintien de ce niveau de qualité est la responsabilité commune de tous les
gestionnaires de réseaux concernés (zones de réglage), qui doivent participer aux réglages
primaire et secondaire de la fréquence. Le gestionnaire de réseau doit maintenir l'amplitude de la
tension dans un intervalle de l'ordre de  10 % autour de sa valeur nominale.

a/ Amplitude
L’amplitude de la tension est un facteur crucial pour la qualité de l’électricité. Elle
constitue en général le premier engagement contractuel du distributeur d’énergie.
Habituellement, l’amplitude de la tension doit être maintenue dans un intervalle de ± 10 %
autour de la valeur nominale.
Dans le cas idéal, les trois tensions ont la même amplitude, qui est une constante.
Cependant, plusieurs phénomènes perturbateurs peuvent affecter l’amplitude des tensions. En
fonction de la variation de l’amplitude on distingue deux grandes familles de perturbations :
les creux de tension, coupures et surtensions. Ces perturbations se caractérisent par des
variations importantes de l’amplitude. Elles ont pour principale origine des court-circuités, et
peuvent avoir des conséquences importantes pour les équipements électriques.
Les variations de tension. Ces perturbations se caractérisent par des variations de
l’amplitude de la tension inférieure à 10% de sa valeur nominale. Elles sont généralement
dues à des charges fluctuantes ou des modifications de la configuration du réseau [5].

b/ Fréquence
Dans le cas idéal, les trois tensions sont alternatives et sinusoïdales d’une fréquence
constante de 50 ou 60 Hz selon le pays. Des variations de fréquence peuvent être provoquées
par des pertes importantes de production, d’un défaut dont la chute de tension résultante
entraîne une réduction de la charge.
Cependant, ces variations sont en général très faibles (moins de 1%) et ne nuisent pas au
bon fonctionnement des équipements électriques ou électroniques. Pour les pays européens
dont les réseaux sont interconnectés, la norme EN 50160 précise que la fréquence
fondamentale mesurée sur 10s doit se trouver dans l’intervalle 50 HZ ± 1% pendant 99,5 %
de l’année, et -6%÷4% durant 100% du temps. Il faut également remarquer que les variations
de fréquence peuvent être bien plus importantes pour les réseaux autonomes.

c/ Forme d’onde
La forme d’onde des trois tensions formant un système triphasé doit être la plus proche
possible d’une sinusoïde. En cas de perturbations au niveau de la forme d’onde, la tension
n’est plus sinusoïdale et peut en général être considérée comme une onde fondamentale à
50Hz associée à des ondes de fréquences supérieures ou inférieures à 50 Hz appelées
également harmoniques. Les tensions peuvent également contenir des signaux permanents
mais non périodiques (bruits) [1].

d/ Symétrie
La symétrie d’un système triphasé se caractérise par l’égalité des modules des trois
tensions et celle de leurs déphasages relatifs. Les dissymétries du réseau ne provoquent que de
faibles niveaux de déséquilibre de la tension (généralement limités à quelques dixièmes de
pour-cent).
Par contre, certaines charges monophasées (en particulier la traction ferroviaire
en courant alternatif) sont la cause de courants déséquilibrés importants et dès lors
d’un déséquilibre significatif de la tension [6].

1.2- Qualité du courant

La qualité du courant est relative à une dérive des courants de leur forme idéale,
et se caractérise de la même manière que pour les tensions par quatre paramètres :
amplitude, fréquence, forme d’onde et symétrie. Dans le cas idéal, les trois courants

sont d’amplitude et de fréquence constantes, déphasés de radians entre eux, et
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de forme purement sinusoïdale.

Le terme « qualité du courant » est rarement utilisé, car la qualité du courant est étroitement liée à
la qualité de la tension et la nature des charges. Pour cette raison, « la qualité de l’énergie
électrique » est souvent réduite à « la qualité de la tension » .

Cependant, même avec une régulation parfaite, plusieurs types de


perturbations peuvent dégrader la qualité de la tension :
 les creux de tension et coupures brèves.
 les variations rapides de tension (flicker).
 les surtensions temporaires ou transitoires.
Les deux premières catégories posent les problèmes les plus fréquents.

1-3- Les perturbations sur la qualité d’énergie et leurs origines:

Les perturbations dégradant la qualité de la tension peuvent résulter de :


 Défauts dans le réseau électrique ou dans les installations des clients :

 court-circuit dans un poste, dans une ligne aérienne, dans un câble souterrain, etc., ces
défauts pouvant résulter de causes atmosphériques (foudre, givre, tempête…),

 matérielles (vieillissement d’isolants…)

 humaines (fausses manœuvres, travaux de tiers…)


 Installations perturbatrices :
fours à arc, soudeuses, variateurs de vitesse et toutes applications de
l'électronique de puissance, téléviseurs, éclairage fluorescent, démarrage ou
commutation d’appareils, etc.…

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Les principaux phénomènes pouvant affecter la qualité de la tension - lorsque celle-ci est
présente - sont brièvement décrits ci-après.
1-3-1 Variation ou fluctuation de la fréquence:
Les fluctuations de fréquence sont observées le plus souvent sur des réseaux non interconnectés ou
des réseaux sur groupe électrogène. Dans des conditions normales d’exploitation, la valeur
moyenne de la fréquence fondamentale doit être comprise dans l’intervalle 50 Hz ± 1% comme
illustré sur la figure(1.1).

Fig. 1.1 exemple de fluctuation de fréquence.

1-3-2- Composante lente des variations de tension:


La valeur efficace de la tension varie continuellement, en raison de modifications des
charges alimentées par le réseau. Les gestionnaires de réseau conçoivent et exploitent
le système de manière telle que l’enveloppe des variations reste confinée dans les
limites contractuelles. On parle de "variations lentes" bien qu'il s'agisse en réalité
d'une succession de variations rapides dont les amplitudes sont très petites.
Les appareils usuels peuvent supporter sans inconvénient des variations lentes de
tension dans une plage d’au moins  10 % de la tension nominale.

1-3-3- Fluctuation de tension (flicker) :


Des variations rapides de tension, répétitives ou aléatoires (figure 1.2), sont provoquées
par des variations rapides de puissance absorbée ou produite par des installations telles
que les soudeuses, fours à arc, éoliennes, etc.

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Fig.1.2.variations rapide de la tension.
Ces fluctuations de tension peuvent provoquer un papillotement de l’éclairage
(Flicker), gênant pour la clientèle, même si les variations individuelles ne dépassent
pas quelques dixièmes de pour-cent. Les autres applications de l’électricité ne sont
normalement pas affectées par ces phénomènes, tant que l’amplitude des variations
reste inférieure à quelque 10 %.

1-3-4- Creux de tension :


Les creux de tension sont produits par des courts-circuits survenant dans le réseau
général ou dans les installations de la clientèle (figure 1.3). Seules les chutes de tension
supérieures à 10% sont considérées ici (les amplitudes inférieures rentrent dans la
catégorie des “fluctuations de tension”. Leur durée peut aller de 10 ms à plusieurs
secondes, en fonction de la localisation du court-circuit et du fonctionnement des
organes de protection (les défauts sont normalement éliminés en 0.1-0.2 s en HT, 0.2 s à
quelques secondes en MT).

Fig.1.3.exemple d’un creux de tension.

Les creux de tension peuvent provoquer le déclenchement d’équipements, lorsque leur


profondeur et leur durée excèdent certaines limites (dépendant de la sensibilité
particulière des charges). Les conséquences peuvent être extrêmement coûteuses (temps
de redémarrage se chiffrant en heures, voire en jours ; pertes de données informatiques ;
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dégâts aux produits, voire aux équipements de production…).
1.3.5- Interruption courte ou coupure brève:

L'interruption courte est la perte complète ou la disparition de la tension d'alimentation


pendant une période de temps de 1/2 cycles jusqu'à 3 s. Elle se produit quand la tension
d'alimentation ou le courant de charge diminue à moins de 0.1 pu.
Le dégagement du défaut de tension et les coupures brèves sont principalement produits
par les courts-circuits imputables aux incidents naturels du réseau et aux manœuvres
d'organes de protection éliminant ces défauts. Ils sont également la conséquence d'appel
de puissances importantes lors de la mise en service de certaines charges du réseau.
1.3.6- Bosses de tension:
La bosse de tension est une augmentation de la tension au dessus de la tension nominale
1.1 p.u pour une durée de 0.5 cycle à 60 s. Elle est caractérisée par son amplitude et sa
durée. Elle peut causer l'échauffement et la destruction des composants.
1.3.7- Chutes de tension:
Lorsque le transit dans une ligne électrique est assez important, la circulation du courant
dans la ligne provoque une chute de la tension (figure 2.4). La tension est alors plus
basse en bout de ligne qu’en son origine, et plus la ligne est chargée en transit de
puissance, plus la chute de tension sera importante.

Fig. 1.4 Cas d’une consommation alimentée par une ligne depuis une centrale.

Si la consommation double, la chute de tension double.

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Fig. 1.5: Cas d’une forte consommation alimentée par une ligne depuis une centrale.

Un réseau dans lequel la consommation est éloignée de la production, présentera un profil de


tension différent de celui d’un réseau dans lequel production et consommation sont uniformément
réparties (figure 1.6). Chaque centrale impose la tension à sa sortie, et la tension évolue dans le
réseau en fonction de la consommation alimentée.

Fig. 1.6: Cas d’une consommation répartie avec plusieurs centrales.

C’est pourquoi dans les réseaux maillés THT, la tension est différente suivant
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l’endroit où l’on se trouve. A la pointe de consommation, la tension est forte aux
nœuds du réseau où les centrales débitent, et relativement basse aux points de
consommation éloignés des centrales.

Figures (1.4) (1.5) (1.6) sont valables pour un instant donné, à un niveau de
consommation donné. Lorsque la consommation varie au cours du temps, la tension
évolue, baissant lorsque la consommation augmente, remontant lorsque la
consommation diminue.
Le fait que la tension ne soit pas identique en tout point du réseau est normal. Cette
différence est compensée par des réglages de tension réalisés dans les postes de
transformation. Cela permet de garantir que la tension reste dans la plage admissible
en tout point de livraison.

1.3.8- Tension et/ou courant transitoire:


Les surtensions transitoires illustrées sur la figure (1.7) sont des phénomènes brefs, dans
leur durée et aléatoires dans leur apparition. Elles sont considérées comme étant des
dépassements d'amplitude du niveau normal de la tension fondamentale à la fréquence
50Hz ou 60Hz pendant une durée inférieure à une seconde.

Quelques équipements tels que les dispositifs électroniques sont


sensibles aux courants/tensions transitoires.

Fig. 1.7: Exemple de cas de surtensions transitoires.

1.3.9- Déséquilibre de tension:

Un récepteur électrique triphasé, qui n’est pas équilibré et que l’on alimente par un
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réseau triphasé équilibré conduit à des déséquilibres de tension dus à la circulation de
courants non équilibrés dans les impédances du réseau (figure 1.8). Ceci est fréquent
pour les récepteurs monophasés basses tensions. Mais cela peut également être engendré,
à des tensions plus élevées, par des machines à souder, des fours à arc ou par la traction
ferroviaire.

Un système triphasé est déséquilibré lorsque les trois tensions ne sont pas égales en
amplitude et/ou ne sont pas déphasées les unes des autres de 120°.

Fig. 1.8: Déséquilibre de tension.

1.3.10- Perturbations harmonique et inter harmoniques:

On entend par harmonique, toute perturbation non transitoire affectant la forme d'onde
de tension du réseau électrique.
Les harmoniques sont des composantes dont la fréquence est un multiple de la
fréquence fondamentale (figure 1.9), qui provoquent une distorsion de l’onde
sinusoïdale. Ils sont principalement dus à des installations non linéaires telles que les
convertisseurs ou les gradateurs électroniques, les fours à arc, etc. Des niveaux élevés
d’harmoniques peuvent causer un échauffement excessif de certains équipements,

Fig. 1.9 Distorsion provoquée par un seul harmonique (h=5).

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II- Compensation d’énergie réactive et contrôle de tension :

Le bilan global de la puissance réactive produite et consommée dans l’ensemble du système


électrique doit être équilibré. Toutefois, l’équilibre local n’est pas naturel. Il en résulte des transits
de la puissance réactive. Or, ces transits provoquent des chutes de tension et des pertes. Il faut,
donc, éviter ces transits par la production de la puissance réactive, autant que possible, à l’endroit
où elle est consommée.

II-1- La Puissance Réactive


Les réseaux électriques à courant alternatif fournissent l’énergie apparente qui correspond à la
puissance (ou puissance appelée). Cette énergie se décompose en deux formes d’énergie:
 L’énergie active : transformée en énergie mécanique (travail) et en chaleur (pertes).
 L’énergie réactive : utilisée pour créer des champs magnétiques.
Les consommateurs de puissance réactive sont les moteurs asynchrones, les transformateurs, les
inductances et les convertisseurs statiques (redresseurs).

II-1-1- Importance de la puissance réactive

L’énergie réactive est un facteur très important qui influe sur la stabilité et l’équilibre du réseau
électrique, ainsi que son fonctionnement. Les effets secondaires de ce facteur ce résument dans les
points suivants :
a) La chute de tension dans les lignes et les postes de transformation.
b) Les pertes supplémentaires actives dans les lignes, les transformateurs et les générateurs.
c) Les variations de tension du réseau sont étroitement liées à la fluctuation de la puissance
réactive dans le système de production.

II-1-2- Le facteur de puissance

C’est le quotient de la puissance active consommée et de la puissance apparente fournie.

P
F= =Cosφ
S
Le facteur de puissance (cos ) concerne seulement le fondamental et ne prend pas en
compte la b puissance véhiculée par les harmoniques.
- Un facteur de puissance proche de 1 indique une faible consommation d’énergie réactive et
optimise le fonctionnement d’une installation. Il permet d'identifier facilement les
appareils plus ou moins consommateur de puissance réactive.
- Un facteur de puissance égal à 1 ne conduira à aucune consommation de la puissance
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réactive (charge résistive pure).
- Un facteur de puissance inférieur à 1 conduit à une consommation (ou à une production) de
la puissance réactive d'autant plus importante qu'il se rapproche de 0 (inductive pure).
Dans une installation électrique, le facteur de puissance pourra être différent d'un atelier à un
autre, selon les appareils installés et la manière dont ils sont utilisés (fonctionnement à vide, pleine
charge…).

II-2- Contrôle de la tension

La chute de tension sur un élément de réseau s'exprime par l’équation (12). L'examen de cette
équation montre que pour maintenir Vr constante au niveau du consommateur, on dispose de
plusieurs solutions à savoir :
- Augmentation de la tension de départ Vs.
- Diminution de la réactance de la ligne par insertion de réactances capacitives.
- Fourniture de la puissance réactive au niveau des usagers (compensation de la puissance
réactive). Cette compensation peut être obtenus soit par :
 La connexion de capacité shunts.
 La connexion de compensateurs synchrones.
 La connexion de réactance shunt (pour les faibles charges, ou charges capacitives).
En connectant un compensateur de puissance réactive en parallèle avec la charge, il sera
possible de maintenir la tension Vr égale en module à la tension Vs. La puissance réactive
totale connectée au jeu de barre de charge sera remplacée par Qs = Qð + Q, où Qð est la
puissance réactive injectée par le compensateur et qui sera ajustée pour faire tourner le
vecteur ∆V jusqu'à ce que la tension Vr sera égale à la tension Vs (Figure 1.10).

Figure 1.10. Diagramme des tensions pour une ligne compensée (tension constante)

III- Le raccordement au réseau de distribution


Le raccordement aux réseaux de distribution HTA d’unités de production
décentralisées doit respecter certaines contraintes techniques et impose généralement
des aménagements dans le réseau pour assurer un fonctionnement correct de ce dernier,

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en particulier dans les réseaux de distribution qui n’ont pas été à l’origine conçus et
développés pour accueillir des unités de production. Des précautions quant à l’insertion
de GED sur les départs de réseaux de distribution sont ainsi à prévoir par des règles de
raccordement afin de conserver le bon déroulement du fonctionnement du réseau. Ces
règles sont des prescriptions techniques de conception et de fonctionnement : la
protection, la puissance d’installation, la perturbation de la fréquence et la tension.

III-1- Type de raccordement


Deux types de configuration de raccordement sont envisagés :

 Le raccordement en départ mixte : le raccordement à un départ existant


auquel des consommateurs et éventuellement des producteurs sont déjà
raccordés (figure 1.11.a).
 Le raccordement en départ direct : le raccordement au poste source le plus
proche via un départ nouvellement créé pour le nouvel utilisateur (figure1.11.b).

Figure 1.11:Illustration des configurations de raccordement (a) en départ mixte (b) en départ direct

III-2- Tension au point de raccordement

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La tension au point de raccordement détermine la puissance maximale de
l’installation de production. Le tableau 1 donne les niveaux de tension au point de
raccordement en fonction de la puissance de l’installation.
Rése Limite de tension Niveau Limite de
au réel puissance
U≤1kV 230 V P≤18 kVA
(raccordement
BT
monophasé)
U≤1kV 400 V P≤250 kVA
(raccordement
triphasé)
HTA 1 kV<U≤50kV 20 kV P≤Pmax (transfo)
+
Pmin(charge)
50 kV<U≤130kV 60 kV P≤50 MW
HTB 130 kV<U≤350kV 225 kV P≤250 MW
350 kV<U≤500kV 400 kV P>50 MW
Tableau 1:Niveau de tension au point de raccordement en fonction de la puissance installée

Au réseau de distribution, la puissance à insérer ne doit pas dépasser la somme de la


puissance maximale du transformateur du poste source et la charge minimale du départ.

III-3- La capacité d’accueil des réseaux de distribution


La capacité d’accueil en un nœud donné d’un réseau est la puissance de raccordement
maximale qui respecte à tout moment les contraintes de tension et de courant sur l’ensemble
du réseau considéré. Sous l’approche déterministe des études de raccordement des
producteurs, la puissance de raccordement maximale Praccmax en un nœud k correspond à la
puissance maximale pouvant encore être injectée en ce nœud lorsque la production existante
est maximale et la consommation existante est minimale sur le départ considéré. La capacité
d’accueil Praccmax d’un départ de type rural ou semi-urbain, à la distance l du poste électrique
(figure 11), peut donc être estimée à partir d’un modèle analytique du plan de tension d’un
départ à grandeurs supposées uniformément réparties:

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Figure 1.12 : Modèle d’un départ HTA

- avec Ɛ=l/L,
- L, R et X : longueur, résistance et réactance totales du départ;
- Pcmin et Qcmin : les puissances actives et réactives minimales consommées sur le départ;
- tan(φ) : la tangente φ de production associée à Praccmax à la distance l;
- U0 : la tension au secondaire du transformateur amont;
- Umax : la tension maximale admissible à la distance l du poste électrique.

D’après l’équation précédente, la capacité d’accueil dépend de paramètres très variés :


les caractéristiques électriques du départ R et X, la tension en tête de départ U0, les capacités
constructives en puissance réactives du producteur tan(φ) et la consommation minimale du
départ Pcmin et Qcmin.

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