Vous êtes sur la page 1sur 5

Directeur de la publication : Edwy Plenel

www.mediapart.fr
1

Comment avez-vous réagi à la décision de justice


qui bloque l’extradition de Lluís Puig ?
Carles Puigdemont: «Le gouvernement
Sur mediapart.fr, un objet graphique est disponible à cet endroit.
espagnol est désormais obligé d’agir pour
Carles Puigdemont : Cette décision est définitive
libérer les prisonniers»
PAR LUDOVIC LAMANT parce que le procureur belge a décidé de ne pas aller
ARTICLE PUBLIÉ LE MARDI 12 JANVIER 2021 en cassation. Elle signifie « game over » : c’est la fin
de partie pour toute la stratégie politico-juridique que
l’État espagnol a déclenché depuis plus de trois ans à
notre encontre.
Le procès de Lluís Puig est le même auquel Toni
Comín [ancien conseiller à la santé du gouvernement
Puigdemont, lui aussi réfugié en Belgique – ndlr]
et moi-même avions participé. Nous avions été
Carles Puigdemont le 2 mars 2020 à Bruxelles. © Kenzo Tribouillard / AFP convoqués tous les trois devant le juge de première
À l’approche des élections au Parlement de Catalogne, instance, et Comín et moi avions alors invoqué notre
l’ancien président se dit persuadé, dans un entretien condition d’eurodéputés.
à Mediapart, d’avoir remporté la bataille judiciaire
Le juge avait décidé de continuer à poursuivre le
avec Madrid sur son extradition. Il appelle aussi les
mandat d’arrêt contre Lluís Puig, et de suspendre la
eurodéputés, qui doivent voter sur la levée de son
procédure qui nous visait. C’est donc bien la même
immunité, à envoyer « un signal politique fort » à
procédure. Ce qui veut dire que, même si le Parlement
l’Espagne.
européen lève notre immunité, la décision, pour nous,
La décision est passée presque inaperçue en France : sera la même.
un tribunal d’appel belge a confirmé le 7 janvier
Mais les charges retenues contre Puig sont bien
une première décision rendue l’été dernier, refusant
plus légères que les vôtres, qui incluent la « sédition
de remettre aux autorités espagnoles Lluís Puig.
», et donc l’usage de la violence. Pourquoi son cas
Cet ancien conseiller à la culture de la Catalogne
ferait-il automatiquement jurisprudence ?
s’était réfugié avec d’autres de ses collègues en
Belgique en 2017, après la « déclaration unilatérale D’abord, la décision de la Cour allemande du
d’indépendance » de la région. Par ricochets, cette Schleswig-Holstein [en 2018 – ndlr], devenue
décision éloigne un peu plus la perspective d’une définitive parce que l’Espagne n’a pas fait appel,
extradition pour le plus connu des exilés politiques établit qu’il n’y a eu ni rébellion, ni sédition.
catalans, Carles Puigdemont. Ensuite, les autorités belges estiment dans leur
À l’approche des élections au Parlement de Catalogne décision que si Puig était renvoyé en Espagne, ses
– censées se tenir le 14 février, si la pandémie droits fondamentaux seraient menacés, en particulier
de Covid-19 le permet –, l’ancien président de la en ce qui concerne la présomption d’innocence. La
communauté autonome, à la tête de la coalition cour s’est ici basée sur les conclusions du groupe de
de droite Junts per Catalunya (Ensemble pour la travail contre la détention arbitraire des Nations
Catalogne), a accordé un entretien à Mediapart. unies : ces experts ont jugé qu’étant donné les
déclarations de leaders politiques comme celles des
Désormais élu au Parlement européen, il revient sur
membres du parquet espagnol, selon qui nous sommes
la bataille judiciaire en cours avec Madrid, les enjeux
déjà coupables, nous n’aurions pas droit à un procès
d’une levée de son immunité à Strasbourg, mais aussi
équitable.
les désaccords internes à l’indépendantisme face au
gouvernement du socialiste Pedro Sánchez.

1/5
Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr
2

Enfin, les juges ont considéré que l’autorité judiciaire nous mettre en prison. C’est cela que cela veut dire.
qui nous poursuit en Espagne n’a pas l’autorité pour Les députés doivent savoir que nous n’aurons pas un
le faire [la Cour suprême, basée à Madrid, n’est jugement juste et équitable en Espagne.
pas considérée comme compétente, les faits s’étant Mais si l’on suit votre raisonnement, même en cas
déroulés en Catalogne – ndlr]. Ces éléments valent de levée de l’immunité, la jurisprudence belge vous
pour Puig, comme pour Comín et moi – d’autant que protège désormais…
dans mon cas particulier, je suis devenu une sorte
Certes. Mais le Parlement européen ne doit pas se
d’obsession pour les autorités politiques et judiciaires
laisser embarquer par la stratégie espagnole. Il doit au
d’Espagne. De nombreux dirigeants espagnols ont
contraire exprimer un signal politique fort, vis-à-vis de
déjà dit que j’étais coupable, que j’étais un putschiste,
l’Espagne, qui consiste à dire : ce n’est pas comme cela
que je devais aller en prison.
que l’on s’y prend pour régler un problème politique.
Vous êtes donc pleinement satisfait ?
Lors de la déclaration unilatérale d’indépendance
L’un des buts que l’on s’était fixés, en décidant de du gouvernement catalan en 2017, vous misiez
s’exiler, est atteint à 100 % : nous voulions pouvoir sans doute sur le soutien de certains responsables
nous défendre, dans un contexte qui protégerait nos européens. Mais vous vous êtes trouvés très isolés.
droits. L’objectif suivant, c’est de sortir de prison les La situation, trois ans plus tard, a-t-elle évolué ?
prisonniers politiques. Ils ont été persécutés. On sait
Pour être honnête, nous ne pensions pas en 2017 que
désormais que non seulement les autorités judiciaires
l’on compterait des alliés parmi les États membres de
espagnoles n’avaient pas l’autorité pour juger, mais
l’UE. C’est un club d’États : on savait qu’ils allaient
qu’en plus, ils n’ont pas eu droit à un procès équitable.
tous soutenir la position de l’Espagne, de manière
Ce jeudi 14 janvier s’ouvre au Parlement européen officielle.
le débat sur la levée de votre immunité, avant un
Par contre, face à la violence extrême de la police
vote en séance plénière plus tard dans l’année. Il
espagnole à l’encontre de gens innocents et pacifiques
semble probable que vous perdiez votre immunité.
Mais la décision de justice sur Puig change-t-elle la [lors du référendum le 1er octobre 2017 – ndlr], ce fut
donne ? le silence. Pour moi, ça, en tant qu’Européen, ce fut
une honte historique.
Ce sont des débats différents. La décision du
Parlement européen est politique. La délégation Cela ne veut pas dire que l’Europe doit soutenir la
espagnole est très puissante au sein du Parti populaire cause des Catalans. Mais de la même manière qu’elle
européen et des sociaux-démocrates [les deux plus condamne à juste titre les violences en Biélorussie, on
grands groupes du Parlement – ndlr], mais aussi a vu ce jour-là des scènes de violence inacceptables.
au sein du Groupe des conservateurs et réformistes Je pensais être protégé par la convention des droits
européens, qui compte parmi ses députés des élus de fondamentaux dans toute l’UE, mais j’ai découvert
Vox, parti néo-franquiste qui a instruit la procédure qu’il y avait un double standard – et cette réalité
d’accusation populaire contre les indépendantistes menace l’idée d’Europe tout entière.
catalans, durant le procès. Il est clair que la délégation À partir de là, et pour répondre à votre question, je
espagnole ne veut pas perdre ce vote. pense que beaucoup de gens, qui ne sont pas forcément
De notre côté, notre objectif, ce jeudi, sera de rappeler favorables à l’indépendance de la Catalogne, ont
qu’il s’agit d’une persécution politique, qui vise à évolué. Ils se disent à présent : ce n’est pas comme
nous empêche d’exercer notre mandat d’eurodéputé. cela que l’Espagne doit régler la question. Ce n’est
Au fond, il est demandé au Parlement l’autorisation de pas normal que ces gens-là soient en prison. Avant la
reconnaissance de la Catalogne, il y a l’étape de la

2/5
Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr
3

connaissance. D’un point de vue officiel, il n’y a pas Des rapports sur une amnistie des prisonniers
de soutien. Mais la connaissance du dossier catalan me sont en cours à Madrid. D’après vous, la décision
semble bien plus partagée qu’il y a trois ans. de justice sur Puig rend l’amnistie encore plus
Vous avez convaincu des eurodéputés français, y urgente ?
compris dans la majorité présidentielle, de vous Depuis la semaine dernière, le gouvernement espagnol
soutenir ? a l’obligation d’agir.
J’ai rencontré des élus français qui, même s’ils ne Dans le camp de l’indépendantisme, la
partagent pas notre projet politique, sont attachés aux gauche républicaine (Esquerra Republicana de
droits humains et jugent honteux ce qu’il se passe. Des Catalunya, ERC) joue la négociation avec le
membres de l’Assemblée nationale et du Sénat ont gouvernement à Madrid. Vous, au sein de Junts,
déjà soutenu cette position. Je ne sais pas quelle sera adoptez une ligne plus dure. Pourquoi ?
leur décision au moment du vote. Mais j’ai ressenti de Il faut distinguer dialogue et négociation. Ce qui existe
l’intérêt. entre l’ERC et le Parti socialiste, c’est un dialogue,
« Il est possible que je passe le reste de ma tout à fait légitime, entre deux partis politiques.
vie ici » Nous, nous souhaitons aller devant le gouvernement
Est-ce que la formation du gouvernement de espagnol avec une stratégie d’unité, partagée pour
gauche de Pedro Sánchez, en coalition avec Unidas tous les acteurs du mouvement indépendantiste. Parler
Podemos, marque une rupture dans la manière d’une seule voix, avec une seule stratégie. Sur le
dont Madrid gère le dossier catalan ? fond, bien sûr que nous sommes pour de véritables
négociations.
Une rupture ? Pas du tout. Il y a une poursuite de
la prison et de la répression. Il n’y a pas eu un seul
pardon, il n’y a pas eu un seul débat parlementaire
sur l’abolition de ce délit du XIXe siècle, qui s’appelle
la sédition. Il n’y a pas eu non plus de débat
parlementaire sur la loi d’amnistie. Certes, il y a eu
quelques paroles, un climat qui a un peu changé, mais
si l’on observe les faits, on en serait exactement au Carles Puigdemont au Parlement européen à Bruxelles en
même point, si nous avions eu un gouvernement PP novembre 2020. © Martin Bertrand / Hans Lucas via AFP

[droite]. Quand vous parlez d’un simple dialogue, vous


Une réforme a tout de même été lancée pour voulez dire que la stratégie d’ERC n’a débouché
amender la charge de « sédition »… sur rien de concret ?
Il n’y a rien. C’est de la propagande. Elle est où, Ce n’est pas moi qui le dis. Le rapport publié il y a
la loi ? Le débat parlementaire, c’était quand ? trois semaines par La Moncloa – qui fait le bilan de la
Cela fait un an qu’ils sont au gouvernement. Vous première année du gouvernement – calcule le degré
savez, c’est très rapide, si l’on décide d’écarter la de réalisation du programme. Pour les engagements
sédition du code pénal espagnol. C’est un délit délirant avec l’ERC, c’est 0 % de réalisation. Rien n’a changé
aujourd’hui. Une majorité de pays d’Europe n’ont pas en un an. Cette stratégie ne donne pas de résultat.
ce délit. L’Irlande est une exception, mais la dernière On se connaît bien, avec l’État espagnol. Nous voulons
condamnation pour sédition y remonte à 1905 ou 1910, négocier, mais dans le respect mutuel. L’État espagnol
il y a plus d’un siècle… ne veut pas parler avec nous, Junts. Il a décidé de
privilégier l’ERC.

3/5
Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr
4

Oriol Junqueras (ERC), en prison depuis 2017, Nous n’avons pas eu les ressources pour aider nos
et qui était le vice-président de la Catalogne travailleurs indépendants, nos PME, pour s’en sortir
quand vous la dirigiez, continue de dire qu’il comme cela s’est fait dans d’autres pays.
faut d’abord élargir la base de l’indépendantisme, Mais la santé est déjà une compétence régionale en
avant d’organiser un nouveau référendum, parce Espagne…
que votre camp ne pèse pas encore 50 %. Il faudrait
C’est une compétence sur le papier. Parce que nous ne
temporiser…
collectons aucun impôt : presque 95 % des impôts sont
Nous disposons aujourd’hui de 47,5% des voix au collectés par l’État en Catalogne. Donc merci pour
parlement catalan, et d’une majorité parlementaire [en les compétences, mais sans argent, on fait comment ?
nombre de sièges – ndlr]. La seule façon de connaître Nous n’avons même pas les compétences pour gérer
cette base, c’est de convoquer un référendum. Celui le fonds européen, alors que la Catalogne représente
qu’on a convoqué a été violemment empêché par le 19 % du PIB espagnol… Avec un tissu de 98 % de
gouvernement espagnol. Nous avons décidé – et je PME qui ont besoin de cette aide.
ne suis pas le seul à l’avoir décidé à l’époque – que
Certains vous critiquent pour une forme de «
le référendum d’octobre 2017 était valable, et qu’on
caudillisme », d’une personnalisation à outrance du
devait aller à la déclaration d’indépendance.
débat sur l’indépendance depuis Bruxelles… Que
Je partage l’idée que l’on doit montrer qu’on est plus répondez-vous ?
de 50 % en faveur de l’indépendance. Mais ça ne me
Des critiques, il y en aura quoi que je fasse : si je
semble pas être la bonne question. La question, c'est
décide de me retirer de la vie politique, on dira que
de savoir ce que nous faisons, une fois que l’on est à
j’abandonne. Si je continue, et me bats pour les mêmes
plus de 50 %. Car tous les partis espagnols ont déjà dit
raisons que je portais quand j’ai été élu président de
que même à 55, 60 ou 70 %, il n’était pas question de
la Catalogne il y a cinq ans, on me critique aussi...
nous donner ces droits. On doit reconnaître qu’il y a
Au sein de Junts, nous avons organisé le processus
un mur en face de nous, et que l’on doit être prêt à…
de sélection de candidats pour les élections à venir, le
À désobéir ? plus ouvert possible, le plus anti-caudilliste de toute la
À ébranler ce mur. Pour moi, tous les schémas sont politique catalane.
valables, de l’ERC, de la CUP [indépendantistes et Le but de ces critiques, c’est de m’empêcher de faire
anticapitalistes – ndlr] et du nôtre, mais tous les de la politique, parce que l’État espagnol est mal à
chemins mènent à ce mur. l’aise avec moi. Je ressens l’obligation de me battre.
Si les élections du 14 février sont maintenues en Je ne suis pas parti en exil pour prendre des vacances,
Catalogne, la campagne va tourner autour de la ou échapper à la pression médiatique. C’est même
gestion de la pandémie, et non sur l’indépendance tout le contraire : je me suis exposé beaucoup, seul
et les prisonniers. C’est un problème pour le camp souvent, face à un État qui a tout essayé pour m’arrêter
indépendantiste ? et m’envoyer en Espagne.
Vous avez raison, et cela me paraît normal que cela L’idée, c’est toujours de revenir en Catalogne ?
soit le cas. Parce que l’épidémie pose de lourds Bien sûr. Je me réveille chaque jour en me disant que
défis, pour le présent et l’avenir. C’est à cause de ce sera le dernier jour en exil. Mais je sais aussi qu’il
la pandémie que l’on doit encore plus exprimer le est possible que je passe le reste de ma vie ici. Je suis
besoin d’avoir dans nos mains les outils d’un État. disposé à rester ici à vie. Je ne me bats pas pour mon
Nous voyons, de manière dramatique, ce que cela retour personnel, je me bats surtout pour les idées que
signifie d’être dépendant de la monarchie espagnole. j’ai portées quand je me suis présenté aux élections.

4/5
Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr
5

Le climat politique est très tendu en Espagne, sur Comment avez-vous regardé, depuis Bruxelles,
fond de poussée du parti d’extrême droite Vox. l’entrée en politique espagnole de Manuel Valls, qui
Reconnaissez-vous une responsabilité partagée, s’est engagé haut et fort contre l’indépendantisme
entre Barcelone et Madrid, dans la montée des en se présentant aux élections de Barcelone en
tensions ? 2019 ?
Tout le contraire. La demande d’indépendance de la Sa trajectoire est grotesque. Il a dilapidé toute sa
société catalane était justement une réaction face à réputation, à son arrivée en Espagne. Il était arrivé avec
cette menace fasciste. Nous avons voulu nous protéger une solide réputation – sans doute meilleure que celle
contre la menace de cette Espagne intolérante, tenue qu’il avait en France alors –, d’ancien premier ministre
par l’ultra-droite catholique et l’armée. On s’est français, qui parle bien catalan et espagnol… Mais je
protégés contre les fascismes. crois qu’aujourd’hui, il est le seul militant de son parti.
Boite noire
L’entretien s’est déroulé lundi 11 janvier à Bruxelles,
en français. Carles Puigdemont n’a pas demandé à le
relire.

Directeur de la publication : Edwy Plenel Rédaction et administration : 8 passage Brulon 75012 Paris
Direction éditoriale : Carine Fouteau et Stéphane Alliès Courriel : contact@mediapart.fr
Le journal MEDIAPART est édité par la Société Editrice de Mediapart (SAS). Téléphone : + 33 (0) 1 44 68 99 08
Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 24 octobre 2007. Télécopie : + 33 (0) 1 44 68 01 90
Capital social : 24 864,88€. Propriétaire, éditeur, imprimeur : la Société Editrice de Mediapart, Société par actions
Immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS. Numéro de Commission paritaire des simplifiée au capital de 24 864,88€, immatriculée sous le numéro 500 631 932 RCS PARIS,
publications et agences de presse : 1214Y90071 et 1219Y90071. dont le siège social est situé au 8 passage Brulon, 75012 Paris.
Conseil d'administration : François Bonnet, Michel Broué, Laurent Mauduit, Edwy Plenel Abonnement : pour toute information, question ou conseil, le service abonné de Mediapart
(Président), Sébastien Sassolas, Marie-Hélène Smiéjan, François Vitrani. Actionnaires directs peut être contacté par courriel à l’adresse : serviceabonnement@mediapart.fr. ou par courrier
et indirects : Godefroy Beauvallet, François Bonnet, Laurent Mauduit, Edwy Plenel, Marie- à l'adresse : Service abonnés Mediapart, 4, rue Saint Hilaire 86000 Poitiers. Vous pouvez
Hélène Smiéjan ; Laurent Chemla, F. Vitrani ; Société Ecofinance, Société Doxa, Société des également adresser vos courriers à Société Editrice de Mediapart, 8 passage Brulon, 75012
Amis de Mediapart, Société des salariés de Mediapart. Paris.

5/5