Vous êtes sur la page 1sur 24

LE PSAUME 119 

V 161 A 168 : PAIX PROFONDE ET ESPERANCE DU


SALUT

Par le Pasteur Alain LARROQUE

Tous droits réservés

LE  PSAUME  DE  LA  PAROLE.

Psaume 119/161-168.

1. 1.                  Des princes me persécutent sans cause; Mais mon cœur ne


tremble qu'à tes paroles.
2. 2.                  Je me réjouis de ta parole, Comme celui qui trouve un grand
butin.

1. 3.                  Je hais, je déteste le mensonge; J'aime ta loi.


2. 4.                  Sept fois le jour je te célèbre, A cause des lois de ta justice.

1. 5.                  Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi, Et il ne


leur arrive aucun malheur.
2. 6.                  J'espère en ton salut, ô Éternel! Et je pratique tes
commandements.

 
1. 7.                  Mon âme observe tes préceptes, Et je les aime beaucoup.
2. 8.                  Je garde tes ordonnances et tes préceptes, Car toutes mes
voies sont devant toi.

LE  PSAUME  DE  LA  PAROLE.

21ème      STROPHE

Paix profonde et espérance du salut

Psaume 119/161-168.

L’anxiété qui étreignait le cœur du psalmiste s’apaise graduellement : seule en


témoigne encore, une dernière fois, l’allusion du verset 161 aux persécutions
injustes menées par des princes, mais il affirme aussitôt que la crainte de Dieu a
banni chez lui toute autre crainte.

Le combat spirituel qu’il a livré lui laisse un riche butin : il a découvert que la
Parole de Dieu lui procure une paix profonde et met en lui l’espérance du salut.
Découvrons ensemble cette vingt et unième strophe, et cette expérience
enrichissante de  l’influence  de la Parole de Dieu dans une vie.

Au verset 161 :Des princes me persécutent sans cause; Mais mon cœur ne


tremble qu'à tes paroles.

Rabbinat Français : « Des grands me persécutent gratuitement, et mon cœur


tremble devant ta parole. »
Le Semeur : « Sans raison, des puissants me persécutent, mais je ne tremble qu’à
ta parole. »

Ce n’est pas la première fois qu’il est fait allusion à ces grands ou ces princes, ces
hommes puissants qui étaient au sein même du peuple ou à l’extérieur, tels que
ceux avec lesquels Néhémie a dû se confronter lorsqu’il est arrivé à Jérusalem pour
rebâtir les murailles.

« Quand Samballat, le Horonite, et Tobiya, le fonctionnaire ammonite, apprirent


mon arrivée, ils furent très mécontents que quelqu’un soit venu pour œuvrer au
bien des Israélites. » [1]

« Lorsque Samballat, le Horonite, Toiya, son adjoint ammonite et Guéchem,


l’Arabe l’apprirent, ils se moquèrent de nous, et vinrent nous dire d’un ton
méprisant: Qu’êtes-vous en train de faire ? Vous voulez vous révolter contre
l’Empereur ? »[2]

C’est à cause de son amour pour la Parole que le psalmiste a rencontré de


l’opposition. Sa piété dérange, un malaise intérieur pousse ses opposants à le
persécuter, au lieu d’admettre la vérité de la Parole et de vivre la même expérience.

Tout disciple du Seigneur, soumis à ce genre d’opposition et de souffrance morale,


va devoir prendre une position ferme, par la foi, à cause de son engagement envers
le Seigneur et de la révélation de la Parole.

L’exemple des premiers disciples, dans le livre des Actes est pour nous un
encouragement, par leur prise de position lorsqu’ils sont jugés injustement, qu’on
les a amenés comme des coupables devant le Sanhédrin qui avait une haine
farouche contre la personne de Jésus et sa doctrine.

Devant tous ces hommes religieux ils ont bien montré leur appartenance, leur
détermination, leur obéissance : « Jugez-en vous-mêmes : est-il juste devant Dieu
de vous obéir, plutôt qu’à Dieu ? Quant à nous, nous ne pouvons pas garder le
silence sur ce que nous avons vu et entendu. »  [3]

Il est réjouissant de constater qu’à travers l’histoire de l’Eglise, la souffrance, la


persécution des martyrs de la foi a été une semence de vie pour beaucoup. Les
disciples n’ont pas regardé à leur propre vie, leurs regards étaient fixés sur le
rémunérateur de la foi, et sur les souffrances que le Christ a endurées pour leur
salut.

Ce qui a toujours fait la force de l’Eglise, ou du disciple, au sein de la souffrance et


de la persécution sournoise comme ouverte, c’est son attachement, et son respect de
la Parole de Dieu. Le psalmiste va jusqu’à dire : « Mais mon cœur ne tremble
qu’à tes paroles »

Cela voulait dire : Je ne me laisserai pas ébranler par mes persécuteurs. Je ne


tremblerai pas devant ceux qui s’opposent à moi, parce que je suis tes
commandements.

Je ne craindrai que ta Parole, parce que la terre et le ciel passeront, mais ta Parole,
elle, demeure éternellement.

Il avait très bien compris la valeur, la portée spirituelle de la parole inspirée de


Dieu, autant pour le présent que pour le futur.

Il avait bien réalisé la grande différence entre l’impact des menaces des
persécuteurs, et celui de la parole sortant de la bouche de Dieu.

On ne pouvait que tenir compte de cette parole, car elle trouverait son


accomplissement malgré les vicissitudes de la vie.

 
C’est ainsi qu’il a pu prendre une telle position spirituelle devant ses opposants, et
qu’il a manifesté son assurance et son respect pour la Parole de Dieu.

Verset 162 : « Je me réjouis de ta parole, comme celui qui trouve un grand
butin. »

Le Semeur : « Je fais ma joie de ta parole comme celui qui trouve un grand
trésor. »

Peut-on estimer la valeur de la Parole de Dieu sur les mêmes critères que des
objets, ou l’or et l’argent de cette terre ? Non, aucune comparaison n’est possible.
Rappelons le verset 72 :

« Mieux vaut pour moi la loi de ta bouche que mille objets d’or et d’argent. »

Salomon fit le même rapprochement :

« Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse, et l’homme qui possède


l’intelligence ou la connaissance. Car le gain qu’elle procure est préférable à
celui de l’argent, et le profit qu’on en tire vaut mieux que l’or ; elle est plus
précieuse que les perles, elle a plus de valeur que tous les objets de prix. » [4]

Que deviendront tous ceux qui auront été riches matériellement sur cette terre, mais
qui auront été pauvres pour Dieu ?  Quel sera le verdict du Seigneur ?

Sachons faire la part des choses, afin de ne pas nous tromper d’objectif, de ne pas
faire passer l’essentiel au second plan, ni mettre en priorité ce qui est secondaire,
éphémère.

Les richesses terrestres sont passagères, elles ne peuvent communiquer la joie, alors
que la connaissance de la Parole de Dieu peut nous donner au-delà de ce que nous
pourrions penser : elle produit dans le cœur une véritable joie, que l’on ne pourra
expliquer. Elle est comme du miel qui nous apporte bien être, réconfort, paix,
plénitude.

Rappelons-nous cette parole de Jésus dans le Sermon sur la montagne, exhortant les
disciples à amasser non sur la terre, mais dans le ciel : « Car là où est ton trésor,
là aussi sera ton cœur. »

Discernons quel est le trésor de notre cœur : les biens matériels ou la Parole dans
laquelle nous  plongeons chaque jour notre cœur pour qu’il  soit nourri et vivifié ?

Aimer la Parole, c’est aussi aimer la vérité : au verset 163, le psalmiste dit : « Je
hais, je déteste le mensonge ; j’aime ta loi. »

Rabbinat Français : « Je hais le mensonge, je l’ai en horreur, c’est ta loi que
j’aime. »

Il ne s’agit pas de haïr la personne qui pratique le mensonge. Non, le psalmiste


aimait son prochain, parce qu’il était animé de l’amour de Dieu et de sa parole ;
mais il ne pouvait aimer, par contre, le péché et le mensonge qui régnaient dans le
cœur de ceux qui n’appartenaient pas à Dieu.

L’apôtre Jean exhorte ses contemporains : « N’aimez point le monde, ni les


choses qui sont dans le monde.

Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui, (…) »  [5]

Il ne peut y avoir de cohabitation, d’entente entre le disciple de Jésus-Christ et le


monde avec tout ce qu’il comporte.

 
 Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas aimer les gens qui sont dans le monde, cela
irait à l’encontre de ce verset clé de tout l’Evangile : « Car Dieu a tant aimé le
monde, qu’il a donné son Fils Unique, afin que quiconque croit en lui ne
périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » [6]

Dans la transcription Kuen nous lisons: « N’attachez pas votre cœur au monde ni
à rien de ce monde. »

Il faut peut-être rappeler ce qu’est le monde.

Le monde, c’est le culte du MOI. C’est la convoitise de la chair, des yeux, et


l’orgueil de la vie. C’est la soif de posséder toujours plus, même si on doit
s’endetter, sans jamais être satisfait, car le monde est comme la sangsue qui dit
toujours : « donne ».

L’apôtre Jean veut amener ses contemporains à se rappeler qu’avant leur


conversion au Christ Jésus, ils étaient dans le monde, ils en faisaient partie, et ils
avaient sa mentalité.

C’est comme s’il leur disait : « Que vous a apporté le monde ? Revenez un peu en
arrière, et rappelez-vous ce que vous étiez, comment vous étiez à tous les niveaux !
Faites donc une rétrospective de votre vie ancienne. »

Ensuite, il leur rappelle la parole de Jésus : « Ils sont dans le monde, mais ils ne
sont plus du monde. »[7]

Il veut les empêcher de s’écarter de l’objectif véritable : Christ, dont ils pourraient
être détournés par la mentalité de ce monde qui veut vivre sans Dieu. Ils sont morts
au monde, et s’ils vivent aujourd’hui, c’est pour Christ, en Christ et avec Christ.

 
Aussi, doivent-il rester attachés à celui qui les a fait passer de la mort à la vie, et qui
les a rendus participants de sa nature divine.

Paul le dira aux chrétiens de la Galatie, en parlant de sa propre expérience : « Pour


ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de
la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour
moi, comme je le suis pour le monde. » [8]

Jean ajoute : « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en
lui ; »

Cette parole est sans ambiguïté, et nous savons ce que le Seigneur désire pour nous.
Le Seigneur n’a jamais voulu d’ « attelage » mal assorti, d’amour mélangé
d’idolâtrie, de spiritisme et d’immoralité. Mais il attend de ceux qui confessent son
nom, un amour entier et sans partage.

Il y a deux manières d’aimer le monde : la première dans le but de le sauver, la


deuxième  pour se perdre avec lui.

On ne peut certainement pas vivre en vase clos, sous prétexte de se préserver de la


mentalité du monde. Ce serait oublier la parole de Jésus dans sa prière sacerdotale :
« Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. »  [9]

Au verset 16 de sa 1ère épître, Jean continue en disant : « Car tout ce qui est dans
le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie
ne vient point du Père, mais vient du monde.»

Traduction le Semeur : « En effet, tout ce qui fait partie du monde : les mauvais
désirs qui animent l’homme livré à lui-même, la soif de posséder ce qui attire les
regards, et l’orgueil qu’inspirent les biens matériels, tout cela ne vient pas du
Père, mais du monde. »

 
La convoitise de la chair :

La chair désigne l’élément corporel de notre être, mais le plus souvent l’ensemble
des actes ou des pensées contraires à l’Esprit, comme le montre Paul aux Galates.
[10]

« Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon
les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos
pensées, et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres. » 
[11]

Quand on fait la description de tout ce que la chair peut être et peut nous faire faire,
on ne peut que s’écrier, comme Paul : « Misérable que je suis, qui me délivrera
de ce corps de mort ? … Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre
Seigneur.»  [12]

L’homme livré à lui-même accomplit les désirs de la chair, qui sont opposés à ceux
de l’Esprit.

« Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est de l’Esprit est Esprit. »  [13]

Les désirs, les volontés et les passions de la chair seront toujours en opposition
avec l’Esprit de Dieu, avec sa volonté, avec les orientations de sa Parole. De plus,
la chair ne sentira jamais le besoin ni la nécessité d’un changement, d’une vie
nouvelle, d’une relation intérieure avec le Seigneur. Elle est et elle restera toujours
en opposition avec Dieu.

La  convoitise des yeux  fait toujours la guerre à notre âme.

Elle conduit à vouloir posséder ce qu’ont les autres. Elle engendre la jalousie.
 

La convoitise des yeux peut conduire à s’endetter pour la vie, parce qu’on a voulu
posséder ce qui n’était pas une nécessité absolue.

Nous avons l’exemple de Lot, lorsqu’il s’est séparé d’Abraham. [14] « Alors Lot
regarda et vit toute la plaine du Jourdain qui s’étendait jusqu’à Tsoar, (…), elle
était comme le jardin de l’Eternel, comme la terre d’Egypte. Lot choisit donc
pour lui toute la plaine du Jourdain (…) » Trad. Le Semeur [15]

Nous pouvons faire la même prière que le psalmiste : « Détourne mes yeux de la
vue des choses vaines, fais-moi vivre dans ta voie. »

Le psalmiste prend conscience que certains aspects de sa vie pourraient être un


obstacle à la maturité spirituelle vers laquelle il tend. Il demande que son cœur soit 
attiré par la Parole de Dieu et non par l'argent périssable, racine de tous les maux.

Puis, il demande au Seigneur de détourner ses regards des choses vaines, de la


vision terrestre.

La version TOB ajoute encore : « Détourne mes yeux de l’illusion, fais-moi


revivre dans tes chemins. » Par là le psalmiste évoque aussi les idoles illusoires,
qui détournent le cœur des vraies valeurs spirituelles, et peuvent l’entraîner jusqu’à
l’occultisme.

C’était malheureusement les reproches de Dieu au peuple d’Israël, par la bouche du


prophète Jérémie :  « Cependant mon peuple m’a oublié, il offre de l’encens à
des idoles ; il a été conduit à trébucher dans ses voies, dans ses routes
d’autrefois, pour suivre des sentiers, des voies non frayées. »  [16]

N'est-ce pas le but que le diable s’était fixé pour faire tomber Jésus, lors de la
tentation dans le désert, quand il lui a proposé les royaumes de la terre ?
 

« Le diable le transporta encore sur une montagne très haute, lui montra tous
les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit: Je te donnerai tout cela, si tu
te prosternes et m'adores. »

Quelle fut la réponse de Jésus ? « Retire-toi Satan ! Car il est écrit: Tu adoreras
le Seigneur, ton Dieu, et à lui seul, tu rendras un culte. »  [17]

Le diable voulait faire sortir Jésus du plan initial de Dieu. C'est ce qu'il veut faire
encore aujourd'hui, en amenant les hommes en général, et même les chrétiens, à
s'attacher à la vie terrestre plus qu’à la Parole de Dieu, pour les faire vivre
d'illusion.

Que l'argent et les choses matérielles ne deviennent pas des  objets de culte;
donnons à chaque domaine de notre vie sa juste place !

« L’orgueil de la vie ne vient point du Père, mais vient du monde. » L’orgueil


nous pousse à vouloir être vu et même admiré, avec la pensée de dominer les
autres, en un mot devenir un petit dieu.

Eve, puis Adam y ont succombé: Genèse 3/6 : « La femme vit que l’arbre était
bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir
l’intelligence ; elle prit de son fruit et en donna à son mari. »

On retrouve les trois aspects :

1. la convoitise de la chair :

Eve vit que l’arbre était bon à manger


 

2. la convoitise des yeux :

il était agréable à la vue

3. l’orgueil de la vie :

il était précieux pour ouvrir l’intelligence.

Le Nouveau Testament en parle dans l’épître de Jacques, au chapitre 4 verset 16 :


« Mais en réalité, vous mettez votre orgueil dans vos projets présomptueux. Tout
orgueil de ce genre est mauvais. » (Trad. Le Semeur)

Verset 17 : « Et le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la
volonté de Dieu demeure éternellement. »

Trad. Le Semeur : « Or le monde passe avec² tous ses attraits, mais celui qui
accomplit la volonté de Dieu demeure éternellement. »

Le chrétien est exhorté à ne pas aimer le monde : on ne peut pas aimer Dieu et le
monde, parce que le monde est éphémère et que l’éternité est en Dieu.

 Dans ce verset 17, l’apôtre Jean révèle deux réalités opposées l’une à l’autre : le
monde, avec sa convoitise qui ne durera pas car il n’est que passager et vanité, et
ceux qui marchent et font la volonté de Dieu et qui vivront éternellement auprès de
lui.
 

C’est ce que David écrit : « Oui, l’homme se promène comme une ombre, il
s’agite vainement ; et il amasse, et il ne sait qui recueillera. » [18]

Salomon écrit dans le livre des Proverbes :

« Veux-tu poursuivre du regard ce qui va disparaître ? Car la richesse se fait


des ailes, et comme l’aigle, elle prend son vol vers les cieux. »  [19]

Et dans le livre de l’Ecclésiaste : « Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité


des vanités. Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se
donne sous le soleil ? »  [20]

La perspective de la parousie qui va venir dans notre monde[21], met en lumière la


folie de ceux qui s’attachent au monde, au lieu de s’attacher à l’auteur du grand
salut accompli à la croix.

« Je hais, je déteste le mensonge ; j’aime ta loi. »

Le psalmiste souligne l’incompatibilité qui existe entre l’amour de la Parole et la


haine de la vérité.

N’oublions pas que celui qui ment, a pour père le diable, appelé le père du
mensonge depuis le commencement. Le mensonge ne peut que conduire à une
destruction intérieure, mais aussi extérieure de l’individu. Il le séparera de Dieu
pour l’éternité, s’il ne se repent pas entre-temps.

On ne peut donner du crédit à celui qui se complaît dans le mensonge. C’est ce que
le Seigneur annonce dans le livre de l’Apocalypse : « Mais pour les lâches, les
incrédules, les abominables, les meurtriers, les débauchés, les magiciens, les
idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de
soufre, ce qui est la seconde mort. »  [22]

L’apôtre Paul exhorte les chrétiens d’Ephèse à se dépouiller du vieil homme qui se
corrompt par les convoitises trompeuses, et à se revêtir de l’homme nouveau, créé
selon Dieu dans une justice et dans une sainteté que produit la vérité.

Il les invite à renoncer au mensonge, à parler selon la vérité à son prochain.


Attention à certains discours élogieux, qui peuvent masquer la tromperie ou
l’hypocrisie.

Attention aux apparences de piété qui cachent une réalité tout autre. Attention aux
mensonges de circonstance, pour gagner une certaine faveur ou un avantage
d’autrui.

Garder dans son cœur de l’amertume à l’égard de son prochain sans le montrer,
relève du mensonge.

Il y a mensonge, quand on dit qu’on aime Dieu, qu’on ne voit pas, et que l’on
n’aime pas son frère que l’on voit.

Il y a mensonge, quand nos salutations à notre prochain ne sont pas franches.

Il y a mensonge, quand on participe à la sainte cène, alors qu’on sait intérieurement


qu’on n’est pas en accord avec certains membres de l’église.

Il y a mensonge, quand on détourne un don pour un  autre usage que ce qui avait
été prévu à l’origine.

 
Rappelons cette parole de David dans le psaume 51 : « Mais tu veux que la vérité
soit au fond de mon cœur »  ou encore : « Mais tu veux que la droiture demeure
au fond de mon être. »  [23]

Pour que le mensonge n’ait pas de place dans nos cœurs, appliquons-nous à aimer
la Parole de Dieu et à la mettre en pratique. C’est un antidote au mensonge. Le
psalmiste l’avait compris : « J’aime ta loi. », confesse-t-il sans cesse. 

Plus notre cœur sera imprégné de la Parole inspirée de Dieu, plus la haine du
mensonge grandira en nous. Notre attachement à la Parole de Dieu fera grandir en
nous le respect de la personne du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Nous grandirons dans le respect de notre prochain, quel qu’il soit, parce qu’il est
une créature de Dieu, et que Dieu veut sauver tous les hommes et  les bénir de
toutes sortes de bénédictions.

 Notre amour et notre respect pour sa maison grandiront aussi, et nous désirerons
qu’elle reste une maison de prière, d’adoration, et non  un lieu de désordre à tout
niveau.

Verset 164 : « Sept fois le jour, je te célèbre, à cause des lois de ta justice. »

Cette Parole inspire, exhorte, et encourage le disciple sur la voie de la justice, d’une
vie droite, de l’amour sans compromis avec le monde : aussi, le cœur se remplit de
louange, de reconnaissance pour le Seigneur qui est la source même de cette vie.

La louange et les actions de grâce s’expriment, non pas une fois de temps en temps,
mais de nombreuses fois dans la journée, car la source de vie, de joie, d’amour et
de vérité se renouvelle sans cesse.

Verset 165.
 

La Parole de Dieu procure toutes sortes de bienfaits au plus profond de son cœur, et
le conduit dans une vraie relation avec le Seigneur.

« Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi, et il ne leur arrive aucun
malheur. »

Dans la Transcription Kuen : « Un grand bonheur les attend »  ou encore : « Une
paix abondante est leur récompense. »

La paix habitera le cœur de ceux qui aiment la Parole de Dieu et vivent par elle. Le
roi Salomon l’explique à un de ses fils, dans le livre des Proverbes : « Mon fils,
n’oublie pas mes enseignements, et que ton cœur garde mes préceptes, car ils
prolongeront les jours et les années de ta vie, et ils augmenteront ta paix. » [24]

L’homme qui trouve la sagesse dans sa lecture quotidienne de la Parole de Dieu,


marchera sur une voie agréable à Dieu et sur des sentiers paisibles.

Dans le livre du Deutéronome, Moïse rappelle au peuple cette promesse :

« L’Eternel, ton Dieu, te comblera de biens en faisant prospérer tout le travail


de tes mains, le fruit de ton sol ; car l’Eternel prendra de nouveau plaisir à ton
bonheur, comme il prenait plaisir à celui de tes pères, lorsque tu obéiras à la
voix de l’Eternel, ton Dieu, en observant ses commandements et ses ordres
écrits dans ce livre de la loi, lorsque tu reviendras à l’Eternel, ton Dieu, de tout
ton cœur et de toute ton âme. »  [25]

Le plan de Dieu pour chacun de ceux qui lui appartiennent, c’est une vie de paix, de
bonheur inimaginables.

 
Mais il ne faut pas se tromper de source : il y a des sources trompeuses qui font
illusion. Seule la Parole qui vient de Dieu est une source véritable, de laquelle
découlent des biens spirituels, une paix et un bonheur authentiques.

«  Il ne leur arrive aucun malheur. »

On peut transcrire de la manière suivante : « Il n’y a pas d’embûche pour eux ;
rien ne peut les renverser, les faire chanceler ; rien n’est scandale, occasion,
cause de chute ou de pierre d’achoppement. »

Ou encore : « Aucun obstacle ne les fera tomber »

La version Darby donne : « Pour eux il n’y a pas de chute. »

Ce verset est parfois mal interprété par certains, qui pensent qu’à partir du moment
où l’on appartient à Dieu, que l’on s’engage dans ses voies  pour le servir, le
malheur ne peut pas les atteindre.

Ce n’est pas ce qu’enseigne la Parole de Dieu, psaume 34  verset 20 : « Le
malheur atteint souvent le juste, mais l’Eternel l’en délivre toujours. »

Avant d’être arrêté, jugé et condamné à mourir sur la croix, Jésus a dit à ses
disciples: « Je vous dis ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous
aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le
monde. » [26]

L’apôtre Paul rassure les chrétiens de Thessalonique, au sujet des persécutions


qu’ils ont pu connaître depuis qu’ils se sont engagés avec le Seigneur : « (…), afin
que personne ne soit ébranlé au milieu des afflictions présentes ; car vous
savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela. » [27]
 

Notons encore cette parole de Pierre à ses contemporains : « Mes bien-aimés, ne


trouvez pas étrange d’être dans la fournaise de l’épreuve, comme s’il vous
arrivait quelque chose d’extraordinaire.

Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de


Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa
gloire apparaîtra. »  [28]

Que veut donc dire le psalmiste ?

Le juste ne sera pas épargné par les épreuves, les souffrances, mais elles ne seront
pas une occasion de chute.

Pourquoi ? Parce que le juste, ancré dans la Parole de Dieu, ne chancelle pas, il
reste debout, et s’il est courbé par la force du vent, il saura se redresser, parce qu’il
restera toujours solidement attaché au Christ.

Verset 166 : « J’espère en ton salut, ô Eternel ! et je pratique tes


commandements. »

L’espérance du salut est un soutien inestimable pour le juste au sein de l’affliction.


Elle sera sa force, sa joie dans la vallée de l’ombre de la mort.

L’exemple du prophète Jérémie, par ses expériences personnelles, peut-être, pour


tous ceux qui passent des temps de souffrances et d’opposition, un stimulant pour
leur foi.

« L’Eternel est mon partage, dit mon âme ; c’est pourquoi je veux espérer en
lui.
L’Eternel a de la bonté pour qui espère en lui, pour l’âme qui le cherche ».
[29]

La Parole de Dieu est remplie de témoignages d’hommes et de femmes qui ont su


faire confiance à Dieu et à sa parole. Il s’agissait d’une confiance sans limite.

Prenons l’exemple du centenier qui est venu trouver Jésus pour le supplier de guérir
son serviteur malade. Lorsque Jésus lui dit : « J’irai », il répondit : « Ne prends
pas tant de peine. Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ; mais dis un
mot, et mon serviteur sera guéri. » [30]

C’était une démonstration de foi dans l’autorité de la parole qui sortait de la bouche
de Jésus. Ayons cette foi pour nous-mêmes et pour ceux qui se réclament de nos
prières !

La confiance en Dieu nous permet d’être au bénéfice de sa bonté.

Avec Jérémie et le psalmiste, nous pouvons être assurés que la bonté de Dieu ne
nous fera jamais défaut, tant que nous demeurerons en lui, et que nous croirons
qu’elle se renouvelle pour nous chaque matin.

Verset 167.

La foi en Dieu et le respect de ses commandements vont de pair.

« Mon âme observe tes préceptes, et je les aime beaucoup. »

Dans le verbe observer, nous avons la pensée de se conformer de façon régulière à


une prescription, scrupuleuse, fidèle à ce qui a été prescrit.
 

Celui qui observe la parole entendue, ne retranchera ni n’ajoutera rien : il aura le


respect de la parole qui vient du Seigneur. Il ne se permettra pas de modifier quoi
que ce soit, mais sera respectueux.

 Nous pouvons prendre l’exemple de Moïse, de qui il est écrit : « qu’il a été fidèle
dans toute la maison de Dieu. »

Lorsque Dieu lui a donné ses consignes pour la construction du Tabernacle, il a


observé dans les moindres détails ce qu’il avait vu et entendu, sur la montagne du
Sinaï, au contact direct de Dieu.

 Tous ceux qui ont travaillé à cette construction se sont gardés de modifier quoi que
ce soit, mais ils ont été fidèles en tout et jusqu’au bout. Le Seigneur a rendu
témoignage de la fidélité de ces hommes, qui, il faut le dire, étaient remplis, revêtus
et conduits par l’Esprit de Dieu.

Comment le disciple du Seigneur pourrait-il observer avec application la Parole de


Dieu, s’il n’a pas appris à l’aimer, si son cœur n’est pas tourné vers elle ? L’amour
est le pivot d’une véritable obéissance sans calcul à ce que la Parole nous enseigne.

Si nous obéissons dans l’amour à tout ce qui est prescrit, nous serons en bonne
santé spirituelle, mais aussi morale et même physique.

Verset 168 : « Je garde tes ordonnances et tes préceptes, car toutes mes voies
sont devant toi. »

Dans la Transcription Kuen, nous lisons  : « Je veux garder tes prescriptions et tes
statuts : tous mes chemins sont sous tes yeux. »

 
La traduction Le Semeur : « Je suis fidèle à tes préceptes et à tes ordonnances :
tu vois comment je me conduis en toutes choses. »

Les affirmations du psalmiste sont empreintes d’humilité. Un cœur rempli d’amour


pour son Seigneur et sa parole, ne peut qu’avoir le souci de garder ce bon dépôt au
plus profond de lui-même.

L’apôtre Paul exhorte son fils bien-aimé Timothée : « O Timothée, garde le
dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse
science dont font profession quelques-uns, qui se sont détournés de la foi » 
[31]

Il est conscient de cette vérité : qui pourrait échapper aux regards pénétrants de
Dieu ? Personne ! Les yeux du Seigneur sont en tout lieu, observant les actions  des
méchants autant que des bons, des plus grands comme des plus petits.

Non, rien n’échappe et ne pourra échapper aux regards du Seigneur, parce qu’aucun
cheveu ne tombe de notre tête, sans qu’il en ait connaissance.

David confesse la prescience de Dieu, son infinie sagesse et  sa toute-puissance :


« Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, tu pénètres de loin ma
pensée ; tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu pénètres toutes
mes voies. »  [32]

Citons Jérémie, le prophète : « Tu es grand en conseil et puissant en action ; tu


as les yeux ouverts sur toutes les voies des enfants des hommes, pour rendre à
chacun selon ses voies, selon le fruit de ses œuvres. »  [33]

Sachant cela, nous devons vivre dans la crainte de lui déplaire, et veiller sur nous-
mêmes, pour ne pas laisser les impulsions de la chair nous dominer. Nous devons
avoir la prudence de bien peser le pour ou le contre dans nos décisions, et ne jamais
entreprendre à la légère aucune œuvre.
 

Paul le dit aux chrétiens de Corinthe : toute œuvre passera par le test du feu. Ce qui
résistera, ce sont les œuvres qui auront été faites avec de l’or et de l’argent, les
matériaux solides de l’Esprit et de la Parole, mais aussi de la sainteté, de la vérité,
de la justice.[34]

Paul donne donc ces conseils :« Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes,
inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’œuvre du Seigneur, sachant
que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur. »[35]

« Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous.

Que tout ce que vous faites se fasse avec amour ! »  [36]

[1] Néhémie 2/10.

[2] Néhémie 2/19.

[3] Actes 4.19.

[4] Proverbes 3/13-15.

[5] 1 Jean 2/15-16.

[6] Jean 3/16.

[7] Jean 15/16-17.

[8] Galates 6/14.

[9] Jean 17/15.


[10] Galates 5/19-21.

[11] Ephésiens 2/3 ;  Tite 3/3.

[12] Romains 7/24-25.

[13] Jean 3/6.

[14] Genèse 13/10-15.

[15] Ecclésiaste 4/8 ; 5/10. Matthieu 5/28-29.

[16] Jérémie 18/15.

[17] Matthieu 4/8-9

[18] Psaume 39/7.

[19] Proverbes 23/5.

[20] Ecclésiaste 1/2-3.

[21] 1 Jean 2/18.

[22] Apocalypse 21/8.

[23] Psaume 51/8.

[24] Proverbes 3/1-2.

[25] Deutéronome 30/9-10.

[26] Jean 16.33.

[27] 1 Thessaloniciens 3/3.

[28] 1 Pierre 4/12-13.

[29] Lamentation de Jérémie 3/24-25.

[30] Luc 7.1-7.

[31] 1 Timothée 6/20 ; 2 Timothée 2/12-13.

[32] Psaume 139/2-3. Proverbes 5/21

[33] Jérémie 32/19.


[34] 1 Corinthiens 3/13.

[35] 1 Corinthiens 15/58

[36] 1 Corinthiens 16/13-14.