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INTRODUCTION A LA COMPTABILITE

Mécanismes et opérations comptables de base

L1 Economie-Gestion / Louis Le Cœur / louis.le-coeur@univ-nc.nc


1
Sommaire

I. Mécanismes comptables de base


• 1. a. Définitions, objectifs et utilisateurs
• 1. b. Eclairage historique de cette évolution
• 1. c. De la partie simple à la partie double
• 1. d. La construction du bilan
• 1. e. La construction du compte de résultat
• 1. f. Le lien entre bilan et compte de résultat

II. Principales opérations comptables


• 2. a. Les différents types de biens à l'achat et à la vente
• 2. b. Les opérations à crédit
• 2. c. Les opérations d'inventaire

2
Sommaire

III. Référentiel(s) comptable(s) et tendance


• 4. a. Un choix de principes et de règles
• 4. b. La normalisation française
• 4. c. La normalisation internationale

Quelques références bibliographiques


 Manuels de comptabilité générale pour le DCG chez Dunod, Foucher,
Nathan.
 Cours adapté de ressources issues de l’ ENS Cachan (remerciements à
Madeleine Deck et Tiphaine Jérôme)

3
Objet de la comptabilité financière
(ou comptabilité générale)
 Définition du Plan Comptable Général (PCG) :
– La comptabilité (ou système d'information comptable) est un système
d'organisation de l'information financière permettant de saisir, classer,
enregistrer des données de base chiffrées et présenter des états reflétant une
image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l'entité à
la date de clôture (art. 120-1 du PCG 99)
 Définition de l'International Accounting Standards Board (IASB) :
– L'objet de la comptabilité est de fournir des informations sur la situation
financière, la performance et les modifications de la situation financière qui
soient utiles à une large gamme d'utilisateurs lorsqu'ils prennent des
décisions économiques.
 Ensemble des opérations permettant :
– d'enregistrer les flux réels et les flux monétaires de l'entreprise quand ils se
produisent « au fil de l'eau » (tenue du journal)
– d'établir deux documents de fin d'exercice : le compte de résultat qui résume
l'ensemble des opérations que l'entreprise a faites pendant l'année… (« flux »)
– … et le bilan qui établit la situation de l'entreprise à la fin de l'année (« solde »,
photographie du patrimoine de l'entreprise à une date donnée ex. 31
4
décembre)
La comptabilité comme système
d'information
 « Un système d'information est un ensemble organisé de ressources : matériel,
logiciel, personnel, données, procédures permettant d'acquérir, de traiter et de
communiquer des informations ».
 Un SI a trois finalités principales :
– outil d'aide à la décision : il fournit les informations d'aide à la décision aux
responsables des différentes activités. Il permet également d'étudier les
conséquences prévisibles de certains choix et permet d'automatiser des tâches
répétitives. La comptabilité constitue un tableau de bord, une source
d'informations, aussi bien pour les dirigeants de l'entreprise que ses différentes
parties prenantes (syndicats, actionnaires, créanciers, administration, etc.).
– outil de contrôle de l'organisation : le SI permet de détecter des
dysfonctionnements internes et des anomalies de fonctionnement. C'est un moyen
de preuve et plus généralement c'est une obligation légale (protection des parties
prenantes et des intérêts de l'administration fiscale).
– outil de coordination de l'activité des différents centres de responsabilité. C'est
donc un outil essentiel de la gestion stratégique.
 Critères de qualité de l'information comptable : Pertinence, Régularité, Sincérité,
Exhaustivité, Importance significative (relativité), Clarté/intelligibilité, Fiabilité,
Comparabilité, Rapidité, Coût raisonnable. 5
Différences entre la comptabilité financière
et la comptabilité de gestion
Comptabilité Comptabilité
générale de gestion
 Compte de résultat, bilan, annexe Objet de ce  Calcul de coûts, budgets, et
 Obligatoire, normalisée cours outils de pilotage
 Destinataires très larges : dirigeants,  Facultative, pas de norme
actionnaires (cf. cours gouvernance),  Destinataires internes.
créanciers (pour mesurer le risque), salariés,  Toute mesure, financière ou
partenaires commerciaux, concurrents, fisc1, non, pertinente pour la
collectivités… décision.
 S'appuie principalement transactions  Vision détaillée ex. marge
monétaires externes, et patrimoine de par produit.
l'entreprise.  Périodicité diverse, voire
 Montants agrégés qui limitent les analyses pilotage en continu
possibles (ex. pas de CA par produit…)  Historique et prévisionnelle
 Fréquence annuelle, parfois trimestrielle ou (démarche budgétaire)
semestrielle
 Vision essentiellement historique
1) En France, la comptabilité générale sert directement de base au calcul de l'impôt, et reflète donc parfois moins la réalité « économique » que le respect de
normes imposées. La situation est différente dans les des pays anglo-saxons. 6
Différences entre la comptabilité financière
et la comptabilité de gestion

Source : Sépari et Alazard, 2007, Contrôle de gestion, p. 157 7


Exemples des flux externes

Propriétaire(s) Salariés Administrations


Salaires
publiques :
-Exploitants Travail
-État
-Associés
-Collectivités locales
-Actionnaires
Capital -Sécurité Sociale
Dividendes Subventions

Impôts et cotisations sociales


ENTREPRISE
Capital
Prêteurs
Vente de biens et services
-Banques
Rbt capital +
-Marché obligataire intérêts Règlement

Achat de Règlement Clients


biens et
Flux réel services

Flux monétaire
Fournisseurs 8
Utilisateurs

 Les propriétaires-dirigeants
– Informations sur la situation financière de l'entreprise (patrimoine, résultat)
– Informations sur la gestion (prise de décisions) : comptabilité de gestion
 Les propriétaires non dirigeants (associés minoritaires, actionnaires)
– Informations sur la situation financière de l'entreprise (patrimoine, résultat,
rentabilité) : communication pour les actionnaires présents et les actionnaires
éventuels (marchés financiers, analystes financiers)
– Informations plus générales sur la gestion : participation plus ou moins
directe aux grandes décisions de l'entreprise (stratégie : CA)
– Évaluation et contrôle des dirigeants (gouvernance) : d'où nécessité de
fiabiliser l'information (CAC et certification des comptes)
 Les prêteurs
– Informations sur la solvabilité de l'entreprise : appréciation du risque de non
remboursement (voir rôles des agences de notation)
– Toutes les sociétés commerciales sont tenues de déposer leurs comptes une
fois par an au greffe du tribunal de commerce. Ces documents sont librement
consultables et intéressent les tiers. 9
Utilisateurs

 Les salariés
– Partenaires de long terme, comme les apporteurs de capitaux
– Informations sur la santé de l'entreprise
– Informations sur ses résultats (négociations salariales entre les dirigeants et les
syndicats)
– Pour les salariés-propriétaires (stock-options, placements de fonds) : rentabilité
de l'entreprise
– Lorsqu'il existe un comité d'entreprise, la direction de l'entreprise doit lui
présenter, au moins une fois par an, un rapport sur l'activité et les résultats
 Les fournisseurs et les clients peuvent être des partenaires de long terme
également : Ils sont dans ce cas également intéressés par la continuité de
l'exploitation. Les fournisseurs font souvent crédit à l'entreprise, ils font donc attention
à sa liquidité.
 L'Etat :
– Établissement des comptes nationaux et des statistiques publiques : prise de
décisions macro économiques, comparaison internationale…
– Perception des impôts (en particulier IS, TP et TVA) - nécessité d'une définition10
harmonisée des principes et des règles comptables
Eléments historiques

 La comptabilité est un outil :


– L'outil s'adapte à un besoin.
– Son évolution dépend du progrès technique (chiffre, écriture, supports :
tracés ponctuels, gravure, peintures, nœuds, galettes, papyrus,
imprimerie, informatique…)
– Les origines de la comptabilité précèdent l'invention du chiffre.
Antiquité : traces d'inventaires, rôle des temples.
 Développement réel à la fin du moyen-âge :
– Entreprises marchandes, besoin d'une comptabilité d'engagement
– Dès le XIIIème siècle, apparition de comptes
– 1340 à Gènes : lien entre les comptes via débit et crédit
– 1430 : apparition du compte de capital
– 1494 : première publication d'un traité de comptabilité (Luca Pacioli :
généralement présenté comme le « père » de la partie double)

11
Eléments historiques

 XVIème – XVIIème
– 1608 = clôture des comptes, Simon Stevin
– 1673 = obligation d'inventaire en France (Colbert)
– Transmission dans l'Europe entière durant les trois siècles qui suivent
 XVIIIème – XIXème
– Le développement de la comptabilité se fait surtout autour des manuels
de praticiens
 XIXème – début XXème
– Développement des sociétés par actions, obligation d'information : 1867
– Loi sur les S.A. en France impose aux dirigeants d'informer les
actionnaires
– Rôle du comptable et soucis d'indépendance : la normalisation
s'impose.

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Comptabilité de caisse (partie simple)

 Comptabilité de caisse = les recettes sont comptabilisées au moment de


l'encaissement des produits et les dépenses au moment du paiement des
charges.
+ Grande simplicité
+ Permet de comprendre la situation de la trésorerie à tout moment.
– Pas d'informations sur le patrimoine de l'entreprise, ses créances, ses
dettes
– Comment analyser la performance de l'entreprise ? Une trésorerie positive
peut résulter d'un apport en capital, d'une nouvelle dette, d'une machine
revendue à un prix dérisoire… et ne signifie que l'entreprise est
effectivement profitable et performante !
 Il faut trouver une autre méthode !

13
Comptabilité d'engagement (partie double)

 Comptabilité d'engagement = enregistrement des droits et obligations de


l'entreprise (et donc de ses avoirs et de ses dettes). Cette approche permet de
prendre en compte davantage de flux que les simples flux monétaires.
 En fonction de leur nature, les flux doivent être enregistrés dans des différents
comptes prévus par le plan comptable (compte bancaire, de dettes, de créances,
d'immobilisations, de stocks…).
 Toute opération comptable va s'enregistrer par deux écritures (partie double) :
– Une écriture au DEBIT = Flux Entrant dans l'entreprise (ex. machines
reçues)
– En contrepartie, une écriture au CREDIT = Flux Sortant 1 (ex. décaissement,
ou reconnaissance d'une dette vis-à-vis du fournisseur de machines)
– Le montant au débit doit être égal à celui inscrit au crédit : DEBIT = CREDIT
Débit Crédit
 Par convention, on note les :
– DEBITS en colonne de gauche Compte A X
– CREDITS en colonne de droite. Compte B X
14
1) Attention ! Sur votre relevé de compte bancaire personnel les montants créditeurs sont des flux entrants ! Pourquoi ?
Illustration 1

 Exemple : Achat d'une machine au comptant pour 1 000 € le 12/02/N

Débit Crédit Flux sortant (ou ressource) :


12/02/N diminution de la trésorerie de
l'entreprise
Machines 1 000
CREDIT du compte Banque
Banque 1 000

Flux entrant (ou emploi) : augmentation


du patrimoine de l'entreprise d'une
machine supplémentaire
DEBIT du compte Machines
15
Illustration 2

 Exemple : Emprunt de 10 000 € le 14/02/N

Débit Crédit
14/02/N Flux sortant (ou ressource) :
contraction d'une dette auprès de la
Banque 10 000 banque (il s'agit bien d'un engagement
de l'entreprise, qui a une obligation à
Dette 10 000 rembourser cette dette dans le futur)
CREDIT du compte Dette

Flux entrant (ou emploi) :


augmentation de la trésorerie de
l'entreprise.
DEBIT du compte Banque
16
Illustration 3

 Exemple : Rémunération d'un salarié pour 2 000 € le 13/02/N

Débit Crédit Flux sortant (ou ressource)


13/02/N : le décaissement du salaire
diminue la trésorerie de
Salaires 10 000 l'entreprise
Banque 10 000 CREDIT du compte Banque

Flux entrant (ou emploi) : charges de


personnel correspondant à l'utilisation de la
force de travail du salarié.
DEBIT du compte Charges de salaires

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Journal et grand livre

 Journal : Les opérations que réalise l'entreprise sont enregistrées chronologiquement


dans un journal (avec au moins 2 comptes utilisés pour chaque opération). Chaque
enregistrement doit indiquer :
– La date de l'opération
– Le numéro des comptes débités et crédités
– L'intitulé des comptes
– Les sommes
– Le libellé de l'opération : explication de l'opération + référence de la pièce
justificative
 Grand livre :
– Toute écriture au journal entraîne le mouvement du solde des comptes.
– Pour chaque compte, on liste dans le grand-livre l'ensemble des mouvements au
débit et les mouvements au crédit.
– A la fin de l'exercice comptable, on récapitule dans l'ordre croissant l'ensemble
des comptes du grand-livre (classes 1 à 7) dans un tableau, puis on somme les
mouvements afin de faire apparaître leur solde et/ou total annuel (balance)
– Ces soldes permettront ensuite de construire le bilan et le compte de résultat 18
Illustration

 Solde initial des comptes machines et banque au 1/1/N (au grand livre) :
Machines Banque

10 000 50 000

 Achat d'une machine comptant pour 1 000 € le 12/02/N.


Ecritures au journal 12/ 02/ N Débit Crédit
Machines 1,000
Banque 1,000
Achat de machines

 Ecritures au grand livre :


Machines Banque

10 000 50 000
1 000 1 000

Nouveau solde : 11 000 Nouveau solde : 49 000


19
Applications

 Une entreprise effectue les opérations suivantes :


– achat de marchandises : 1 600 €
– achat de matériel de bureau : 2 500 €
– paiement de salaires au personnel : 18 000 €
– vente de marchandises : 3 500 €
– achat de marchandises : 560 €
– acquisition d'une camionnette : 19 000 €
– vente de produits finis : 100 €
– paiement de la facture de téléphone : 344 €
 Procédez à l'enregistrement des opérations au journal

20
Corrections

date Débit Crédit


Achat marchandises 1 600
Banque 1 600
Achat de marchandises
date Débit Crédit
Achat de matériel bureau 2 500
Banque 2 500
Achat de matériel de bureau

date Débit Crédit


Salaires 18,000
Banque 18,000
Paiement salaires

date Débit Crédit


Banque 3 500
Ventes 3 500
Ventes marchandises
21
Corrections

date Débit Crédit


Achat marchandises 560
Banque 560
Achat marchandises

date Débit Crédit


Camionnette 19 000
Banque 19 000
Achat camionnette

date Débit Crédit


Banque 100
Ventes 100
Ventes de produits finis

date Débit Crédit


Charges téléphone 344
Banque 344
Paiement facture téléphone
22
Bilan

 Le bilan est une image de l'entreprise sous la forme d'un tableau représentatif
du patrimoine de l'entreprise à une date déterminée (en général le 31/12), i.e.
c'est une photographie du solde des comptes pertinents à cette date.
 Le bilan présente le patrimoine en deux parties :
– A gauche, les comptes d'ACTIF (au solde généralement débiteur) peuvent
aussi bien désigner des biens utilisés durablement par l'entreprise (terrains
et bâtiments, machines…) que des actifs circulants (stocks, créances client,
compte bancaire…). Les actifs sont assimilables à des « emplois. »
– A droite, les comptes de PASSIF (au solde généralement créditeur) listent
les « ressources » c'est-à-dire les engagements par lesquels l'entreprise a
pu financer ses emplois : par exemple, le capital social, les dettes
financières ou de fournisseurs (qui sont des obligations de l'entreprise
envers de tiers).
– Du fait que tout emploi doit bien avoir été financé par des ressources, et
puisque la comptabilité en partie double garantit que débit = crédit, on peut
garantir qu'au total on a toujours : ACTIF = PASSIF
23
Bilan

24
Bilan anglo-saxon / IFRS
Balance Sheet
On December 31, XXXX
CURRENT ASSETS CURRENT LIABILITIES
Cash & marketable securities Short term debt
Receivables (A/R) Payables (A/P)
Inventory Accrued expenses
Prepaid expenses NONCURRENT LIABILITIES
NONCURRENT ASSETS Deferred taxes
Investments Long term debt
Plants, Property & Equipment (PPE) Other Liabilities
Intangibles EQUITY
Other Assets Capital
Retained earnings
Minority Interests
TOTAL ASSETS TOTAL LIABILITIES & EQUITY
25
Construction du bilan

 Exemple : M. Antonin décide de monter une entreprise. Il dispose en propre


de 20 000 € qu'il investit dans cette nouvelle entreprise le 15/02/N. Il choisit
d'emprunter de plus 10 000 € le 16/02/N, puis il achète pour commencer son
exploitation pour 28 000 € de machines le 17/02/N, il laisse les 2 000 €
restants à la banque .
 Passer les écritures au journal puis en déduire le bilan au 17/02/N.

26
Correction

 Ecritures au journal :
Débit Crédit
15/02/N : Apport de capital 20 000 €
Banque 20 000
Capitaux propres 20 000
16/02/N : Emprunt de 10 000 €
Banque 10 000
Dettes 10 000
17/02/N : Achat de machines pour 28 000 €
Machines 28 000
Banque 28 000

 Bilan au 17/02/N :

ACTIF PASSIF
Immobilisations : 28 000 € Capitaux propres : 20 000 €
Trésorerie : 2 000 € Dettes : 10 000 €
27
Patrimoine de l'entreprise

 La bilan permet de mettre en évidence le patrimoine de l'entreprise.


 Patrimoine net (ou Actif Net Comptable) = Actif – Dettes = Capitaux Propres
 Quel est l'impact sur le patrimoine de l'entreprise de :
– utilisation de la trésorerie pour acheter une machine ?
– emprunt pour acheter une machine ?
 Solutions :
– Dans le premier exemple, un compte d'actif augmente (machine) mais un
autre diminue (banque) : l'actif total, et a fortiori, le patrimoine (actif –
dettes) est donc inchangé !
– Dans le second exemple, un compte d'actif augmente (machine) mais un
compte de dette (créditeur) augmente également : le patrimoine actif –
dettes est donc là aussi inchangé.
 Les opérations entre comptes d'ACTIF et de DETTES, ou entre comptes
d'actifs, sont neutres sur le patrimoine ! Ainsi, l'achat d'une machine
n'appauvrit pas l'entreprise. 28
Application

 Reprendre quelques exemples précédents (camionette etc.) et réfléchir à leur


impact sur le patrimoine de l'entreprise.
 Existent-ils des opérations qui enrichissent (resp. appauvrissent)
l'entreprise ?
 Imaginons qu'un entrepreneur produise par lui-même un bien (on supposera
pour simplifier qu'il n'a pas utilisé de matières premières ni de travailleur
salarié) qu'il parvient à vendre 1000 €. Quelle est la contrepartie, au crédit,
du flux bancaire au débit ?
ACTIF (Emplois) PASSIF (Ressources)
Actif immobilisé Capitaux propres
Biens incorporels Capital social
Biens corporels Réserves
Biens financiers Résultat

Actif circulant Dettes


Stocks Emprunts
Créances Fournisseurs
Disponibilités Dettes fiscales et sociales
TOTAL Actif TOTAL Passif 29
Compte de résultat

 Le compte de résultat récapitule tous les produits et charges relatifs à l'exercice


et permet de déterminer le RESULTAT (bénéfice ou perte) de la période.
 Les comptes de produits enregistrent les opérations qui enrichissent l'entreprise.
Les produits correspondent à des revenus, à des ressources de l'entreprise et
sont inscrits à droite (crédit).
– Ventes de biens ou de services (produits par l'entreprise, ou revente)
– Produits financiers
 Les comptes de charges enregistrent les opérations qui appauvrissent
l'entreprise. Les charges correspondent à des dépenses non immobilisables
(consommations), des emplois par l'entreprise, et sont inscrites à gauche
(débit).
– Achats de matières premières, de marchandises
– Autres charges externes (locations, travaux d'entretien, ...)
– Dotation aux amortissement ou dépréciation des immobilisations (ex. usure)
– Charges de personnel, charges fiscaleCharges d'intérêts
 Résultat de l'entreprise pour l'année = Produits – Charges 30
Compte de résultat

CHARGES PRODUITS
BENEFICE Achats Ventes
= Résultat Personnel etc. Produits financiers…
positif
BENEFICE

CHARGES PRODUITS
PERTE
Achats Ventes
= Résultat Personnel etc. Produits financiers…
négatif
PERTE
31
Exemple de compte de résultat
Produits - Charges

Source: DCG 6 Finance d'entreprise, Nathan 32


Une autre présentation du compte de résultat
Les soldes intermédiaires de gestion (SIG)
 Les SIG font apparaître des sous-totaux intermédiaires intéressants (ex. marge
commerciale, valeur ajoutée)

33
Compte de résultat anglo-saxon / IFRS
Income Statement
Les opérations ne sont
plus listées par nature,
Year Ended December 31, (€MM) mais par fonction 2010 2011 2012 2013
Sales 479,1 640,3 829,0 1 066,7
- Cost of Goods Sold (COGS) 356,0 476,6 628,5 842,3
Gross Profit 123,1 163,7 200,4 224,4
- Selling, general and administrative expenses (SG&A) 36,0 49,5 65,5 76,5
- Other Operating Expense 25,3 33,0 44,2 57,9
Operating Income 61,8 81,1 90,8 90,1
+/- Other Income or Expense (0,7) (1,4) (1,5) (1,1)
Earnings Before Interest and Taxes (EBIT ≈ RE) 61,1 79,7 89,3 88,9
+/- Net Interest Income or Expense 0,0 (2,5) (3,4) 0,5
Minority Interest 0,3 0,0 0,0 (0,4)
Pre-Tax Income (EBT = RCAI) 60,8 82,2 92,7 88,9
Tax Expense 22,2 30,0 33,8 31,4
+/- Extraordinary Items (After Tax) 0,0 0,0 0,0 0,0
Net Income (NI = RN) 38,6 52,2 58,9 57,5
Preferred Dividends 0,0 0,0 0,0 0,0
Net Income to Common 38,6 52,2 58,9 57,5

Common Shares for


30,2 30,9 31,3 31,7
Primary EPS Calculation

Source: Adapted from Panera Bread Co. Note : Des seuils comme l'EBITDA ≈ EBE n'apparaissent pas
directement, il est parfois nécessaire d'aller chercher ailleurs certaines informations (ex. dépréciations) 34
Construction de compte de résultat

 M. Antonin commence maintenant son activité : il achète des matières


premières pour 1 000 € le 20/02/N, rémunère un employé pour 2 000 € le
10/03/N et réalise des ventes pour 4 000 € le 03/04/N (dont la moitié payée
au comptant, le reste faisant l'objet d'une créance client).
 Passez les écritures au journal et déterminez le résultat de son activité sur
le premier semestre N.

35
Correction

Ecritures au journal Débit Crédit


20/02/N : Achat de matières premières pour 1000 €
Matières premières 1 000
Banque 1 000
10/03/N : Rémunération employés pour 2 000 €
Personnel 2 000
Banque 2 000
03/04/N : Ventes pour 4 000 €
Banque 2 000
Créances client 2 000
Ventes 4 000

 Compte de résultat sur la période


CHARGES PRODUITS
Achats : 1 000 € Ventes : 4 000 €
Personnel : 2 000 €
Résultat (Bénéfice) = 1000 € 36
Lien entre le compte de résultat et le bilan

 Un résultat (positif dans notre exemple) se manifeste à la fois :


– par une hausse du patrimoine net : compte d'actifs comme la trésorerie, mais
pas seulement (créances client, stock ou immobilisations supplémentaires,
diminution de dette etc.),
– en contrepartie par une hausse du compte de capitaux propres (passif)
RESULTAT
Augmentation de l'ACTIF net Augmentation des
(baisse de la trésorerie de 1 000 € capitaux propres
mais hausse des créances client de compte RESULTAT
2000 €) : + 1 000 €
de + 1 000 €

ACTIF PASSIF
Immobilisations : 28 000 € Capitaux propres : 21 000 €
Apport initial : 20 000 €
Créances client : 2000 € Résultat : 1 000 €
Trésorerie : 1 000 € Dettes : 10 000 €
TOTAL = 31 000 TOTAL = 31 000 37
Lien entre le compte de résultat et le bilan

 Le compte de résultat retrace les opérations qui modifient le patrimoine.


 Le bilan est une photographie du patrimoine à un moment donné.
 Une écriture comptable peut faire intervenir :
– deux comptes de bilan : par exemple deux comptes d'actifs (ex. hausse
des immobilisations et baisse de la trésorerie), ou un actif et un passif
(hors résultat). Dans ce cas il n'y a pas d'enrichissement ni
d'apprauvrissement.
– un compte de résultat et un compte de bilan ex. achat de matières
premières consommées, et baisse de la trésorerie (en fait, toute
opération sur le compte de résultat a sa contrepartie dans un compte de
bilan).

38
Lien entre le compte de résultat et le bilan

Comptes

Classe1
Classe 2 Bilan
Classe 3
Classe 4
Classe 5

Classe 6 Soldés dans


Classe 7 compte de résultat Résultat

 Le résultat impacte parallèlement l'actif et le passif du bilan. Le bilan reste


donc toujours équilibré ACTIF = PASSIF
 Le résultat modifie les capitaux propres de l'entreprise, et donc le patrimoine
de l'entreprise. Un bénéfice correspond à un enrichissement (hausse du
patrimoine net), une perte à un appauvrissement (baisse du patrimoine net).
39
Application

 Une entreprise se crée, le propriétaire effectue les opérations suivantes le 1/1 :


– apport personnel du propriétaire de 24 000 € à l'entreprise, dépôt à la banque
sur le compte de l'entreprise
– apport à l'entreprise de locaux commerciaux (56 000 €) et d'une camionnette
(10 000 €)
– achat de matériels de bureau pour 9 000 €
 Etablir le bilan de l'entreprise le 1/1 au soir.
 L'exploitation commence :
– achat de marchandises pour 760 €
– paiement de fournitures de bureau (50 €) et de timbres postaux (56 €)
– ventes de marchandises pour 113 €
– paiement d'une facture de téléphone (200 €)
 Etablir le compte de résultat du premier mois d'exploitation et le bilan à la fin de
ce mois.
40
Correction : bilan initial

Détermination du bilan
Apport personnel du dirigeant : 24 000 Achat matériel de bureau : 9 000
Apport locaux commerciaux : 56 000
Apport camionette : 10 000
date Débit Crédit
Banque 24 000
Capital 24 000
Locaux 56 000
Capital 56 000
Camionette 10 000
Capital 10 000
Mat. Bureau 9 000
Banque 9 000

ACTIF PASSIF
Capital 24 000
Loc. commerciaux 56 000
56 000 90 000
Camionette 10 000 75 000
10 000
Mat. Bureau 9 000

Banque 24 000
15 000
- 9 000
Total = 90 000 Total = 90 000
41
Correction : compte de résultat

Détermination du compte de résultat


Achat de marchandises : 760
Paiement fournitures bureau: 50
Paiement timbres postaux : 56
date Débit Crédit
Achat marchandises 760
Banque 760
Fournitures bureau 50
Banque 50
Timbres postaux 56
Banque 56
Banque 113
Ventes marchandises 113
Téléphone 200
Banque 200

CHARGES PRODUITS
Achat de marchandises 760 Ventes marchandises 113
Fournitures bureau 50
Timbres postaux 56
Téléphone 200
Total = 1 066 Total = 1 066 42
Correction : bilan final

Détermination du bilan à la fin du mois


Bilan initial
ACTIF PASSIF
Capital 24 000
Loc. commerciaux 56 000
56 000
Camionette 10 000 75 000
10 000
Mat. Bureau 9 000
Résultat négatif (perte) - 953
Banque 15 000
- 760
- 50
- 56 - 953
+ 113
Total = 89 047 - 200 Total = 89 047
date Débit Crédit
Achat marchandises 760
Banque 760
Fournitures bureau 50
Banque 50
Timbres postaux 56
Banque 56
Banque 113
Ventes marchandises 113
Téléphone 200
Banque 200

43
Sommaire

I. Mécanismes comptables de base


II. Principales opérations comptables
• 2. a. Les différents types de biens à l'achat et à la vente
• 2. b. Les opérations à crédit
• 2. c. Les opérations d'inventaire
III. Référentiel(s) comptable(s) et tendance

44
Les grandes classes de comptes

COMPTES NATURE POSITION OBSERVATIONS


Classe 1 Comptes de capitaux Passif du Bilan Comptes créditeurs
Classe 2 Comptes d’immobilisations Actif du Bilan Comptes débiteurs
Classe 3 Comptes de stocks Actif du Bilan Comptes débiteurs
Classe 4 Comptes de tiers Actif-passif du Bilan Créditeurs ou débiteurs
Classe 5 Comptes financiers Actif du Bilan Comptes débiteurs
Classe 6 Comptes de charges Compte de résultat Comptes débiteurs
Classe 7 Comptes de produits Compte de résultat Comptes créditeurs
Classe 8 Comptes spéciaux Non obligatoires Utiles pour l’annexe

45
Différents types de biens à l'achat ou à la
vente : immobilisation versus charges
 IMMOBILISATIONS : biens durables utilisés pendant plusieurs cycles
d'exploitation (CLASSE 2)
– Quand l'entreprise les achète, elle ne diminue pas son patrimoine, elle ne fait
qu'allouer différemment ses ressources et emplois (trésorerie versus machine
ou terrain)
– Opération neutre pour le patrimoine, seuls les comptes d'actif sont
mouvementés
– Particularité à la vente : voir opérations d'inventaire
 Les biens consommés/utilisés ou produits pendant un exercice (CLASSES 6
ET 7)
– Cas des marchandises ou matières premières qui vont servir/être
consommées dans un seul cycle d'exploitation
– Quand l'entreprise les achète pour les consommer, elle diminue son
patrimoine. L'achat de ces biens est donc une charge
– Cas des marchandises et produits finis qui vont être fabriqués pendant le
cycle d'exploitation : quand l'entreprise vend ces marchandises ou des
produits finis, elle s'enrichit. La vente de ces biens est donc un produit. 46
Immobilisations

 Immobilisations incorporelles (classe 20)


– 201 : Frais d'établissement
– 203 : Frais de R&D
– 205 : Concessions, brevets, marques, etc.
– 206 : Droit au bail
– 207 : Fonds commercial
 Immobilisations corporelles (classe 21)
– 211 : Terrains
– 212 : Agencements et aménagements de terrains
– 213 : Constructions
– 214 : Constructions sur sol d'autrui
– 215 : Installations techniques
– 218 : Autres immobilisations incorporelles
 Immobilisations financières (classes 26 et 27)
47
Charges et produits

 Les comptes d'achats de classe 6 (à DEBITER)


– 60 Achats
– 601 Achats de matières premières
– 602 Achats d'autres approvisionnements
– 606 Achats de matières et fournitures
– 607 Achats de marchandises
– 61 et 62 : Autres services extérieurs.
 Les différents comptes de ventes de classe 7 (à CREDITER)
– 70 Ventes ou sous- comptes
– 701 Ventes de produits finis
– 702 Ventes de produits intermédiaires
– 703 Ventes de produits résiduels
– 704 Travaux
– 707 Ventes de marchandises
48
Opérations à crédit

 Ventes ou achats au comptant


– Encaissement ou décaissement immédiat
– Débit ou crédit du compte « Banque » en contrepartie du compte 7 ou 6
 Opération à crédit
– Vente à crédit : créance auprès d'un client → Actif (c'est un droit)
– Achat à crédit : dette auprès d'un fournisseur → Passif (c'est une dette)
 Paiement (liquidation de la créance ou de la dette)
– Vente : disparition de la créance (actif-) et hausse trésorerie (actif+)
– Achat : disparition de la dette (dettes-) et baisse trésorerie (actif-)

 Le paiement est une opération neutre pour le patrimoine !

49
Opérations d'inventaire

 Opérations courantes : opérations répétitives réalisées au cours d'un


exercice. Elles traduisent l'activité de l'entreprise (achats, ventes, paiement
du personnel, etc.) et ses conséquences sur le patrimoine
 Opérations d'inventaire : constatations de fin d'exercice nécessaires pour
dégager une synthèse de l'exercice et arrêter une situation à un moment
donné (résultats obtenus, situation du patrimoine, etc.)
– Ai-je bien consommé toutes les matières premières que j'ai achetées ?
– Mes machines sont-elles usées ? Ont-elles toujours la même valeur ?...
 Les opérations d'inventaire n'impliquent en général aucun flux de trésorerie
ou flux réel. Ce sont des opérations dites d'ordre (à l'opposition des
opérations dites réelles).

50
Opérations d'inventaire : stocks

 L'entreprise peut se rendre compte qu'elle a acheté plus de matières premières


(ou marchandises) qu'elle n'en a réellement consommées au cours de l'exercice.
– En effet, elle enregistre ses achats au fil de l'eau en général et il faut donc en
fin d'exercice vérifier ce qu'elle a vraiment consommé.
– Si elle ne procède pas à cette régularisation, elle produira une information
fausse dans son compte de résultat (excès de charges → résultat plus faible
que la réalité)
 Les achats de biens non effectivement consommés sont donc soustraits des
charges et mis au bilan (en classe 3 : comptes de stocks) à l'actif circulant.
 Il faut également regarder la cas des produits fabriqués par l'entreprise mais
non encore vendus.
– Les produits fabriqués mais non vendus ne sont en effet pas inscrits au fil de
l'eau au compte de résultat (seules les ventes le sont).
– Or, ils représentent un produit de l'exercice pour l'entreprise. Il faut donc les
inscrire au compte de résultat
 On procède d'abord à un inventaire physique des différents stocks puis aux
51
opérations de régularisation proprement dites.
Opérations d'inventaire : amortissement

 La majorité des biens immobilisés même s'ils ne sont pas consommés dans
un seul cycle de production, s'usent progressivement.
 La valeur d'une machine revendue plusieurs années après utilisation sera
moins importante que sa valeur d'acquisition. En s'usant, les machines font
perdre de la valeur au patrimoine de l'entreprise.
 Dans le but de donner une image fidèle de l'entreprise, les opérations de fin
d'exercice tentent de retracer cette perte progressive de valeur. C'est
l'objet des amortissements.
 On pose que la machine ou le bien va être amorti en un temps donné, avec
un rythme donné (on suit souvent une règle fiscale).
 Si amortissement en 10 ans, chaque année, on convient qu'1/10ème de la
valeur de départ du bien est consommée. On fait donc passer cette
« consommation » en charge.
 En contrepartie, la valeur du bien à l'actif est diminuée d'autant afin de
donner une image plus fidèle de sa valeur. 52
Opérations d'inventaire : dépréciations et
provisions
 Les amortissements enregistrent les pertes irréversibles de valeur. Il existe
aussi de simples risques de perte de valeur, d'où les dépréciations et les
provisions.
 Objet : il s'agit à la fois de donner l'image la plus fidèle possible de l'entreprise
mais aussi (principe de prudence) de mettre de l'argent de côté au cas où. Les
D&P sont très encadrées : risque de sous-estimation du résultat (ce sont des
charges) et donc de fraude fiscale.
 Deux catégories principales :
– Dépréciation d'actif (exemple fréquent des créances douteuses) → on les
inscrit au bilan à l'actif soustractif (comme les amortissements)
– Provisions pour risques et charges : à venir (exemple des litiges en cours)
→ On les inscrit au passif au compte 15. Ce sont des ressources mises à
part (pas dans le capital), encore inemployées
 Modifications : si changement de l'ampleur de la perte, on peut passer une
dépréciation/provision supplémentaire ou reprendre une partie ou entièrement
(s'il n'y a plus de risque) celle qui a été passée l'année précédente.
53
Application

 Le bilan de l'entreprise de M. VENTO au 31/12/2006 recense les biens suivants :


– un terrain d'une valeur de 60 000 € ;
– un bâtiment acheté le 01/01/2000 à 40 000 € (amortissable sur 20 ans)
– deux machines : la première a été acquise le 01/01/2005 au prix de 5 000 €
(bien amortissable sur 5 ans), la deuxième le 01/01/2006 au prix de 7 000 €
(bien amortissable également sur 5 ans)
– trésorerie : 5 000 €.
 L'entreprise a contracté un emprunt auprès de sa banque il y a quelques années.
Le montant inscrit au bilan au 31/12/2006 est de 50 000 €.
 Pour simplifier on résume les opérations de l'exercice 2007 aux suivantes (ne
pas tenir compte de la TVA ni des charges sociales) :
– achats (et utilisation) de matières premières pour 10 000 €
– fabrication (et ventes) de produits finis pour 30 000 €
– paiement de personnel pour 5 000 €
– achat d'une camionnette le 01/01/07 au prix de 3 000 € à crédit, amortissable
sur 5 ans 54
Application

 Etablir le bilan de l'entreprise au 31/12/2006 :


– Recenser et évaluer tous les éléments d'actif en distinguant leurs valeurs
brutes et leurs valeurs nettes
– Quel est le patrimoine de l'entreprise au 31/12/2006 ?
– M. A avait fait un apport personnel de 30 000 € au moment de la création
de l'entreprise. Son entreprise fait-elle globalement des bénéfices ou des
pertes depuis sa création ?
 Passer les écritures de l'année au journal
 Passer les écritures d'inventaire
 Etablir le bilan et le compte de résultat au 31/12/2007. Quel est le résultat ?
Quel est le nouveau patrimoine de l'entreprise ? Quelle est la situation de la
trésorerie ?

55
Correction : bilan au 31/12/2006

Bilan au 31/12/2006
Terrain : 60 000
Bâtiment : 40 000 (40 000/20 = 2 000 par an → 2 000 * 7 ans = 14 000)
Machine 1 : 5 000 (5 000/5 = 1 000 par an → 1 000 * 2 ans = 2 000)
Machine 2 : 7 000 (7 000/5 = 1 400 par an → 1 400 * 1 an = 1 400)
Trésorerie : 5 000
Emprunt : 50 000
Capital : 30 000
ACTIF PASSIF
brute amortissements nette
Terrain 60 000 - 60 000 Capital 30 000
Bâtiment 40 000 14 000 26 000 Résultat/réserves 19 600
Machine 1 5 000 2 000 3 000
Machine 2 7 000 1 400 5 600
Trésorerie 5 000
Total 99 600

99 600 - 30 000 - 50 000 = 19 600 Bénéfices depuis la création


56
Correction : écritures courantes 2007

Ecritures du journal courant 2007


achats (et utilisation) de matières premières pour 10 000 €
fabrication (et ventes) de produits finis pour 30 000 €
paiement de personnel pour 5 000 €
achat d’une camionnette le 01/01/07 au prix de 3 000 € à crédit, amortissable sur 5 ans

courant 2007 Débit Crédit


Achat matières premières 10,000
Banque 10,000
courant 2007
Banque 30,000
Ventes 30,000
courant 2007
Employés 5,000
Banque 5,000
01/01/2007
Camionette 3,000
Dettes fournisseur 3,000

57
Corrections : écritures d'inventaire fin 2007

Bâtiment : amortissement = 2 000/an


Machine 1 : amortissement = 1 000/an Amortissements totaux = 5 000
Machine 2 : amortissement = 1 400/an
Camionette
3 000/500 = 600 par an
31/12/2007 Débit Crédit
6 Amortissements 2 000
Bâtiment 2 000
31/12/2007
6 Amortissements 1 000
Machine1 1 000
31/12/2007
6 Amortissements 1 400
Machine 2 1 400
31/12/2007
6 Amortissement 600
Camionette 600
58
Correction : compte de résutat 2007 et
bilan au 31/12/2007
Compte de résultat 2007
CHARGES (6) PRODUITS (7)
Achat de MP 10 000 Ventes PF 30 000
Paiement employés 5 000
Amortissements 5 000

Résultat (bénéfice) 10 000


Total = 30 000 Total = 30 000

ACTIF PASSIF
brute amortissements nette

Terrain 60 000 - 60 000 Capital 30 000


Bâtiment 40 000 + 2 000 14 000 24 000 Réserve 19 600
Machine 1 5 000 + 1 000 2 000 2 000 Résultat +10 000
Machine 2 7 000 + 1 400 1 400 4 200
Camionette 3 000 + 600 2 400
Trésorerie 5 000 +15 000
Total = 112 600 Total = 112 600 59
Sommaire

I. Mécanismes comptables de base


II. Principales opérations comptables
III. Référentiel(s) comptable(s) et tendance
• 4. a. Un choix de principes et de règles
• 4. b. La normalisation française
• 4. c. La normalisation internationale

60
Un choix de principes et de règles

 La comptabilité est construite à partir d'objectifs différents selon les acteurs avec des
règles influencées par diverses sources. Il y a des différences importantes entre
normes comptables française et internationales, et la réglementation comptable ne
cesse d'évoluer.
 Quelques principes comptables importants :
– « Les comptes annuels doivent être réguliers, sincères et donner une image
fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l'entreprise. »
– Cette image fidèle peut justifier de déroger parfois à certaines règles comptables
afin de mieux refléter la réalité économique « substance over form ».
– Principe de prudence : justifie notamment les dépréciations et les provisions etc.
– Principe du coût historique : « A leur date d'entrée dans le patrimoine de
l'entreprise, les biens acquis à titre onéreux sont enregistrés à leur coût
d'acquisition, les biens acquis à titre gratuit à leur valeur estimée et les biens
produits à leur coût de production. » Mais la juste valeur n'est-elle pas plus
pertinente pour certains actifs / investisseurs ? (cf. IFRS)
– Et aussi : Principes de régularité, de sincérité, de permanence des méthodes,
de continuité d'exploitation, de séparation des exercices, d'importance
61
relative…
Les référentiels comptables

 Normes comptables françaises : À partir de 1943, en France, la


normalisation se fait par l'intermédiaire de « plans comptables. » Le plan
comptable général (PCG) est défini par le règlement 99-03 du comité de la
réglementation comptable (CRC).

 Une ordonnance de 2009 créant l'Autorité des Normes Comptables (ANC)


a eu pour effet de fusionner le Conseil national de la comptabilité (CNC) et le
Comité de la réglementation comptable (CRC). L'ANC dispose de tous les
pouvoirs et d'une plus grande autonomie pour édicter l'ensemble des règles
comptables privées par ses règlements. Les normes comptables ont valeur
de droit. Le référentiel français répond à une double nécessité comptable
et fiscale.

62
Les référentiels comptables

 Normes comptables américaines : US GAAP (Generally Accepted


Accounting Principles). Publiées par le Financial Accounting Standards Board
(FASB) indépendant du pouvoir politique et en rapport avec les utilisateurs de
l'information. Les règles comptables ne sont pas définies dans les textes
législatifs ou réglementaires. Comptabilité et fiscalité sont distinctes. Système
plus libre, ex. pas de nomenclature des comptes, l'entreprise fixe selon ses
besoins sa liste de comptes (chart of accounts). Image fidèle centrale
(economic truth) : prééminence de la substance sur la forme.

Dans le compte de résultat anglo-saxon, le regroupement des charges


d'exploitation s'opère par fonction (achat, vente, administratif) et non par
nature. Le CR anglo-saxon fait ressortir une notion fondamentale appelée
Cost of goods sold (COGS) ou prix de revient des marchandises vendues, et,
par différence avec les ventes, la marge brute ou gross margin. En revanche
les SIG (VA), la dépréciation etc. n'apparaissent pas directement. 63
Les référentiels comptables

 Normes comptables internationales : International Accounting Standards


(IAS) pour les plus anciennes, puis International Financial Reporting
Standards (IFRS) après 2001 : l'objectif n'est pas seulement l'harmonisation
des standards comptables mais plus généralement de l'information financière.
Elles sont adoptées par l'organisme international de normalisation comptable
International Accounting Standards Board (IASB) établi à Londres. L'IASB
dépend de l'IASCF, organisme indépendant, privé, à but non lucratif.

La comptabilité n'est plus seulement un moyen de preuve, ou un système


permettant de calculer l'IS, c'est un outil d'information au service des
actionnaires, des dirigeants et des tiers, au-delà des contraintes
nationales, juridiques, fiscales.

64
Les normes internationales en Europe

 Depuis le 1er janvier 2005 (règlement CE 1606/2002), l'application des


normes IAS/IFRS est obligatoire pour la publications de comptes
consolidés des sociétés européennes cotées. L'UE a élaboré un processus
de validation des normes internationales, qui se termine par une publication
au JOUE et une traduction dans chacune des langues, après quoi
l'application d'une nouvelle norme est obligatoire.
 En France : les sociétés non cotées peuvent choisir entre les normes
internationales et les normes françaises pour leurs comptes consolidés. En
revanche les comptes individuels doivent toujours être présentés en
comptabilité nationale.
 Les comptabilités nationales doivent « converger » vers les normes
internationales. Le PCG a ainsi évolué de manière importante depuis 1999.
Les organismes nationaux participent également aux débats sur les normes
internationales par le biais de liaison members.

65
Normes IAS/IFRS

IAS 1 - Présentation des états financiers IAS 31 - Participations dans des coentreprises
IAS 2 - Stocks IAS 32 - Instruments financiers: présentation
IAS 7 - Tableaux des flux de trésorerie IAS 33 - Résultat par action
IAS 8 - Méthodes comptables, changements d'estimations IAS 34 - Information financière intermédiaire
comptables et erreurs IAS 36 - Dépréciation d'actifs
IAS 10 - Événements postérieurs à la date de clôture IAS 37 - Provisions, passifs éventuels et actifs
IAS 11 - Contrats de construction éventuels
IAS 12 - Impôts sur le résultat IAS 38 - Immobilisations incorporelles
IAS 14 - Information sectorielle (remplacé par l'IFRS 8) IAS 39 - Instruments financiers:
IAS 16 - Immobilisations corporelles Comptabilisation et évaluation
IAS 17 - Contrats de location IAS 40 - Immeubles de placement
IAS 18 - Produits des activités ordinaires IAS 41 - Agriculture
IAS 19 - Avantages du personnel IFRS 1 - Première application des normes
IAS 20 - Comptabilisation des subventions publiques et d'information financière internationales
informations à fournir sur l'aide publique IFRS 2 - Paiement fondé sur des actions
IAS 21 - Effets des variations des cours des monnaies IFRS 3 - Regroupements d'entreprises
étrangères IFRS 4 - Contrats d'assurance
IAS 23 - Coûts d'emprunt IFRS 5 - Actifs non courants détenus en vue de la
IAS 24 - Information relative aux parties liées vente et activités abandonnées
IAS 26 - Comptabilité et rapports financiers des régimes deIFRS 6 - Prospection et évaluation des ressources
retraite minérales
IAS 27 - États financiers consolidés et individuels IFRS 7 - Instruments financiers: Informations à
IAS 28 - Participations dans des entreprises associées fournir
IAS 29 - Information financière dans les économies IFRS 8 - Secteurs opérationnels
hyperinflationnistes 66
Tendances : Juste valeur

 Les états financiers sont traditionnellement établis selon la méthode du coût


historique (avec amortissements ou dépréciations le cas échéant).

 En 1995 l'IASB a introduit dans ses normes depuis le concept de juste valeur : « la
juste valeur est le montant pour lequel un actif pourrait être échangé, ou un
passif éteint, entre des parties bien informées et consentantes dans le cadre
d'une transaction effectuée dans des conditions de concurrence normale ». A
rattacher à la valeur de marché, néanmoins la notion de JV est plus large (ex. si
absence de marché).

 Ce modèle d'évaluation peut s'appliquer à de nombreux éléments : stock-options


(IFRS 2), instruments financiers (IAS 39, IFRS 7), immobilisations corporelles (IAS
16) ou incorporelles (IAS 38), immeubles de placement (IAS 40)…

 Ces 3 dernières normes laissent néanmoins le choix « une entité doit choisir pour
méthode comptable soit le modèle de coût, soit le modèle de la réévaluation ».

 Les entités peuvent par ailleurs réévaluer leur immobilisations à leur juste valeur lors
de l'unique passage aux normes IFRS, puis prendre ces valeurs comme coût
présumé et rester en coût historique. Il est possible de passer du coût historique à la
juste valeur, l'inverse n'étant pas vrai.
67
Juste valeur

Avantages Inconvénients

• Image fidèle de la valeur du • Volatilité du résultat (peut poser


patrimoine problème à certaines catégories
d'investisseurs institutionnels)
• Comparabilité
• Ne fait pas ressortir la
• Neutralité apparente. Moins performance opérationnelle.
manipulable ? (si cotation externe).
Impossibilité de manipuler son RN • Subjectivité de l'évaluation ; non
par des ventes d'actifs. respect du principe de prudence
• Facilité l'évaluation de l'entreprise • Coût important (ex. estimations
par les investisseurs (inutile de annuelles)
chercher la valeur dans les notes)
• Pro-cyclique (critique entendue
Cf. annexe Economist, ''Fair Cop'', fréquemment durant la crise
2008 financière)

• Irréversibilité
68