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Concours National Commun – Session 2017 – Filière MP

Problème
Soit (A, +, ×, .) une K-algèbre, c’est-à-dire (A, +, ×) est un anneau et (A, +, .) est un K-espace vecto-
riel, tel que ∀α ∈ K, ∀(x, y) ∈ A2 , (α.x)×y = x×(α.y) = α.(x×y), avec K = R ou K = C. Soit k.k une
norme sur A, k.k est appelée une norme sous-multiplicative de la K-algèbre A, si pour tout (x, y) ∈ A2 ,
kx × yk ≤ kxkkyk
Partie I Etude de quelques normes sur Mn (K)
On définit sur Mn (K) la norme notée k.k∞ , telle que ∀A = (ai,j )1≤i≤n, 1≤j≤n ∈ Mn (K),
kAk∞ = max (|ai,j |).
1≤i≤n, 1≤j≤n
1. Montrer que ∀(A, B) ∈ (Mn (K))2 , kABk∞ ≤ nkAk∞ kBk∞ .
2. Soit N une norme sur Mn (K).
a) On pose (Eij )1≤i≤n, 1≤j≤n la base canonique de Mn (K). Ã !
P
Soit X = (xi,j )1≤i≤n, 1≤j≤n ∈ Mn (K). Montrer que N (X) ≤ N (Eij ) kXk∞ .
1≤i≤n, 1≤j≤n

b) i) Montrer que N est une fonction continue de Mn (K) muni de la norme k.k∞ vers R
muni de la valeur absolue.
ii) On pose S∞ = {X ∈ Mn (K); kXk∞ = 1}. Montrer qu’il existe X0 ∈ S∞ tel que pour
tout X ∈ S∞ , N (X0 ) ≤ N (X).
iii) En déduire qu’il existe α > 0 tel que pour tout X ∈ Mn (K), αkXk∞ ≤ N (X).
c) En déduire que toutes les normes de Mn (K) sont équivalentes.
3. Soit N une norme sur Mn (K) et soit (A, B) ∈ (Mn (K))2 .
a) Montrer qu’il existe un réel strictement positif β tel que N (AB) ≤ nβkAk∞ kBk∞ .
b) Montrer qu’il existe deux réels strictement positifs α et β tels que N (AB) ≤ n αβ2 N (A)N (B).
c) En déduire qu’il existe un réel strictement positif γ tel que γN soit une norme sous-
multiplicative sur Mn (K).
4. Soit N unennorme sur Mn,1 (K), pour toute
o matrice A de Mn (K), on pose,
N (AX)
kAk = sup N (X) ; X ∈ Mn,1 (K) \ {0} .
a) i) Justifier, pour tout A ∈ Mn (K), l’existence de kAk.
ii) Montrer que, pour tout A ∈ Mn (K), kAk = sup {N (AX); X ∈ Mn,1 (K), N (X) = 1}.
iii) Montrer que k.k est une norme sur Mn (K).
b) i) Montrer que, pour tout A ∈ Mn (K) et pour tout X ∈ Mn,1 (K), N (AX) ≤ kAkN (X).
ii) En déduire que, pour tout (A, B) ∈ (Mn (K))2 , kABk ≤ kAkkBk.
Partie II Suites de matrices
On rappelle que si (Am )m∈N est une suite d’éléments de Mn,p (K) et si A ∈ Mn,p (K), la suite (Am )m∈N
converge vers A si la suite réelle (kAm − Ak)m∈N converge vers 0, où k.k est une norme donnée sur
Mn,p (K), on écrit dans ce cas lim Am = A.
m→+∞
1. Soit (Am )m∈N est une suite d’éléments de Mn,p (K) et soit A ∈ Mn,p (K), on pose pour tout
(m)
m ∈ N, Am = (ai,j )1≤i≤n, 1≤j≤p et A = (ai,j )1≤i≤n, 1≤j≤p .
Montrer que la suite (Am )m∈N converge vers A si, et seulement si, pour tout (i, j) ∈ N × N;
(m)
1 ≤ i ≤ n, 1 ≤ j ≤ p, la suite (ai,j )m∈N converge vers ai,j .
µ ¶
(m)
En cas de convergence, on écrit lim Am = lim a .
m→+∞ m→+∞ i,j
1≤i≤n, 1≤j≤p
à !
α
1 −
2. Soit α un réel, on pose pour tout m ∈ N∗ , Am = α
m .
m 1
a) Montrer que ∗ , il existe C ∈ R et θ ∈ [− π , π ] tels que,
à pour tout m ∈ N ! m m 2 2
cos θm − sin θm
Am = Cm
sin θm cos θm
b) Déterminer lim Am
m.
m→+∞
3. ( ) ()
(a) On suppose que la suite Ak k2N , d’élément de Mn C , converge vers une matrice A ;
2
( )
montrer que pour tout B; C 2 Mn C () ( )
, la suite BAk C k2N converge vers la matrice BAC .
()
(b) Soit M 2 Mn C diagonalisable. Donner une condition nécessaire et suffisante sur les
( )
valeurs propres de M pour que la suite M k k2N soit convergente.
 
(a) Soit T =
un élément de M (C ) . Pour tout k 2 N  , calculer T k et en déduire que
4.
0 2

la suite (T )k2N converge si et seulement si ( j j < 1 ) ou ( = 1 et = 0 ).


k

(b) Soit M 2 M (C ) non diagonalisable. Montrer que la suite (M k )k2N est convergente si et
2
seulement si (M ) < 1. En cas de convergence, préciser la limite de cette suite.
(c) Soit M 2 M (C ) On d´
2 esigne par (M) le réel défini par (M) = max jj.
2Sp M ( )

. Donner une condition nécessaire et suffisante sur (M ) pour que la


suite (M k )k2N converge vers la matrice nulle.

5. Soit M 2 Mn (C ) .
(a) Montrer que si la suite (M k )k2N converge vers la matrice nulle alors pour tout vecteur X
de Mn; (C ) , la suite (M k X )k2N converge vers le vecteur nul.
1

(b) En déduire que si la suite (M k )k2N converge vers la matrice nulle alors (M ) < 1.

Problème
Soit n un entier naturel supérieur ou égale à 2 et ( Ei,j )1≤i,j≤n la base canonique de Mn (R)
1 On suppose qu’il existe une norme ||.|| dans Mn (R) vérifiant :

(R) : ∀ A ∈ Mn (R) , ∀ P ∈ G Ln (R) , || P−1 AP|| = || A||


1.a) Montrer que G Ln (R) est un ouvert dense dans Mn (R)
1.b) Montrer que : ∀ P ∈ G Ln (R) , ∀ A ∈ Mn (R) , || PA|| = || AP||
1.c) Montrer avec soins que : ∀( A, B) ∈ (Mn (R))2 , || AB|| = || BA||

1.d) En déduire qu’une telle norme n’existe pas


2 Dans cette question on considère une semi norme sur Mn (R) c’est une application
N : Mn (R) → R+ non nulle vérifiant :
∀(λ, A) ∈ R × Mn (R) , N (λ.A) = |λ|.N ( A) et ∀( A, B) ∈ (M(R))2 , N ( A + B) ≤ N ( A) + N ( B)
n
On suppose que N vérifie (R)

2.a) Montrer que N est une application lipchitzienne


2.b) Montrer que ∀( A, B) ∈ (Mn (R))2 , N ( AB) = N ( BA)
 
2.c) Montrer que Eij , i 6= j , E11 − Eii , i ∈ [[ 2, n ]] est une base de ker tr
2.d) Montrer que { A ∈ Mn (R) , N ( A) = 0} est un sous espace vectoriel de Mn (R) .Ce sous espace sera noté F
2.e) Montrer que pour i ∈ [[ 2, n ]] , la matrice E11 − Eii est semblable à la matrice E1i + Ei1 et en déduire que

∀i ∈ [[ 2, n ]] , E11 − Eii ∈ F
2.f) Montrer que ker tr ⊂ F , puis que ker tr = F .Ainsi on a démontré que ∀ A ∈ Mn (R) , tr ( A) = 0 ⇔ N ( A) = 0
 
trM trM
3.a) Soit M ∈ Mn (R) .Montrer qu’il existe H ∈ F tel que M = H + .In , on pose α =
n n
3.b) Montrer que N ( M ) ≤ |α|N ( In )
1 1
3.c) On suppose que α 6= 0 c’est à dire M ∈ / F .En utilisant l’égalité In = .M − .H , montrer que
α α
|α|.N ( In ) ≤ N ( M).Conclure
4. Montrer qu’il existe λ ≥ 0 , N = λ.|tr |
5. Réciproquement , montrer que l’application I : M 7−→ λ.|tr ( M)| avec λ ≥ 0 est une semi norme sur
Mn (R) vérifiant (R)