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probabilité et statistique

Kossi Essona GNEYOU 1

4 mai 2020

1. UL-FDS, Département de Mathématiques, Lomé - Togo, e-mail: kgneyou@univ-lome.tg


K.E. Gneyou, UL-FDS, 2019/2020 2
Table des matières

1 Rappels de dénombrements 7
1.1 Cardinaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Calcul de dénombrements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

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TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES

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Introduction

Ce cours est une initiation renforcée du calcul de probabilités vu au moins en classe de terminale.
Les pré-requis sont essentiellement les mathématiques de niveau semestres 1 et 2 d’une formation
scientifique dans une école d’ingénieurs ou à l’université. Le point de départ est celui du chapitre
1 sur les dénombrements. Tout étudiant qui ne cherche pas à maîtriser ce chapitre sur le calcul de
dénombrements sera confronté aux difficultés du calcul des probabilités. Beaucoup détudiants aban-
donnent cette matière parce qu’ils estiment a priori ne pas être capables de la réussir et c’est surtout
à cause de la non maîtrise du chapitre 1. En réalité le prochain chapitre sur la notion de probabilité
ainsi que les autres qui suivent deviennent aisés quand le calcul de dénombrements auquel il faut
souvent faire appel est maîtrisé. En effet pour résoudre un exercice de probabilité, tout redevient des
mathématiques classiques (algèbre et analyse) dès que le modèle probabiliste du phénomène aléatoire
dans l’exercice est bien posé.
La deuxième partie de ce cours est une introduction à la statistique. Il s’agit de la statistique
descriptive à une et à deux variables simultanées.

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TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES

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Chapitre 1

Rappels de dénombrements

On se place ici sur des ensembles finis. Dénombrer un ensemble fini non vide E, c’est trouver son
cardinal c’est-à- dire, le nombre de ses éléments.

1.1 Cardinaux
Proposition 1.1
1- Soit E un ensemble à p éléments et F un ensemble à n éléments. Alors E × F est l’ensemble des
couples (x, y) lorsque x parcourt E et y parcourt F et on a

Card(E × F) = Card {(x, y) | x ∈ E et y ∈ F} = np.


p facteurs
z }| { n o
2- Plus généralement F p = F × F × · · · × F = (x1 , x2 , . . . , x p ) | x1 ∈ F, x2 ∈ F, · · · , x p ∈ F et
Card F p = n p .
Un élément (x1 , x2 , . . . , x p ) de F p est appelé un p-uple ou une p-liste d’éléments de F.

Remarques 1.1
1) L’ordre est important dans une p-liste.
2) Une p-liste peut contenir plusieurs fois un même élément. 3) Une p-liste est assimilée à une appli-
cation de E vers F.

1.2 Calcul de dénombrements


Proposition 1.2
1- Le nombre de p-listes d’un ensemble à n éléments ou le nombre d’applications d’un ensemble E à
p éléments dans un ensemble F à n éléments est égal à n p .

2- Le nombre de p-listes d’éléments distincts d’un ensemble à n éléments ou le nombre d’applica-


tions injectives d’un ensemble E à p éléments dans un ensemble F à n éléments n > p est égal à
n!
n(n − 1) · · · (n − p + 1) = = Anp . Une telle suite de p éléments distincts est aussi appelé un
(n − p)!
arrangement.

3- Le nombre de permutations des éléments d’un ensemble F à n éléments ou le nombre d’applications


bijectives d’un ensemble E à n éléments dans l’ensemble F à n éléments est égal à

n(n − 1). · · · .3.2.1 = Ann = n!.

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE DÉNOMBREMENTS 1.2. CALCUL DE DÉNOMBREMENTS

4- Le nombre de parties à p éléments distincts d’un ensemble F à n éléments est égal à

Anp n!
= = Cnp .
p! p!(n − p)!

Remarques 1.2
1) Une partie à p éléments distincts d’un ensemble F est aussi appelée une combinaison de p éléments
de F.

2) L’ordre des éléments ne compte pas dans une combinaison et une combinaison ne peut contenir un
même élément plus d’une fois.

3) On a Cnp = Cn−1
p−1
+ Cn−1
p
ce qui conduit à ce qu’on appelle triangle de Pascal.

Proposition 1.3
Soit E un ensemble fini à n éléments (e.g. E est une population de n individus) et P(E) l’ensemble
des parties de E. Alors cardP(E) = 2n .

En effet, on trouve le cardinal de P(F) en écrivant


n
[ n
X n
X
CardP(F) = Card{ F p } = Card(F p ) = Cnp = (1 + 1)n = 2n
p=0 p=0 p=0

où F p , p = 0, 1, 2, · · · , n désigne une partie à p éléments distincts (ou combinaison de p éléments)


de F.

Exemples
Soit F = {1, 2, 3, 4, 5, 6}. Alors (1, 2, 3) est une 3-liste d’éléments de F qui est différente de la 3-liste
(3, 2, 1) et {1, 2, 3} est une combinaison de 3 éléments de F identique à la combinaison {2, 1, 3}.

On définit aussi la notion de combinaison avec répétition (CAR) comme étant une partie d’élé-
ments d’un ensemble avec répétitions possible. Par exemple {1, 4, 2, 2, 3} est une CAR à 5 éléments
de F.
Proposition 1.4
1- Le nombre de CAR à p éléments d’un ensemble F à n éléments est noté Γnp et Γnp = Cn+p−1
p
.

2) Le nombre de suites de n entiers naturels dont la somme est p est aussi égal à Γnp = Cn+p−1
p
c’-à-d.

Card {(x1 , x2 , . . . , xn ) ∈ Nn | x1 + x2 + · · · + xn = p} = Γnp = Cn+p−1


p
.

Démonstration
n o
Soit x1 , x2 , · · · , x p une combinaison avec répétition de p éléments de F. Représentons le terme xi
par 0 autant de fois qu’il se répète puis par 1, lorsque i parcourt les entiers 1 à n en convenant de
ne pas mettre le dernier 1. Alors Γnp est le nombre de façons de choisir n − 1 places de "1" parmi les
n + p − 1 places total de 0 et de 1, soit Γnp = Cn+p−1
n−1
= Cn+p−1
p
.

Remarques 1.3
Une telle partie est aussi appelée une combinaison à p éléments avec répétition. Elle est de la forme
n o
x1 , x2 , . . . , x p avec xi ∈ F ∀i et telle que les xi , i = 1, 2, . . . , p ne soient pas nécessairement distincts.

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE DÉNOMBREMENTS 1.3. EXERCICES

Proposition 1.5
On a la formule de Stirling souvent utilisé dans les calculs de dénombrement

n! = nn e−n 2πn(1 + εn )

avec lim εn = 0.
n→+∞

1.3 Exercices
Exo1 : On dispose de 4 boules de couleurs différentes notées R, B, J, V. On a la possibilité soit de
ne choisir de boules, soit d’en choisir une, deux, trois ou quatre. Combien peut-on effectuer de choix
possibles ?

Exo2 : a) On dispose de trois tiroirs notés A, B, C dans lesquels on doit ranger à sa guise 7 objets
discernables numérotés 1 à 7. Combien de rangements différents peut-on réaliser ? On pourra faire un
arbre.
b) On dispose cette fois-ci de 3 objets discernables notés 1, 2, 3 et de 5 tiroirs notés A, B, C, D, E
mais l’on ne veut ranger deux objets dans un même tiroir. Combien de rangements différents peut-on
en faire ?

Exo3 : On dispose de n boules d’une même couleur indiscernables au toucher. De combien de façons
peut-on les répartir en trois groupes de n1 , n2 et n3 boules telle que n1 + n2 + n3 = n ?

Exo4 : On veut fabriquer des mots (ayant ou non un sens) de trois lettres distinctes choisies parmi les
lettres a, b, c, d, e, f. Combien de mots différents peut-on fabriquer ?

Exo5 : On dispose de 20 postulants pour constituer une équipe de football (11 joueurs). Combien
peut-on constituer d’équipes différentes ?

Exo6 : On rappelle que dans un jeu de cartes, chacune des cartes peut-être considérée comme un
élément du produit E × F où E est l’ensemble des 4 couleurs : coeur, carreau, trèfle, pique et F est
l’ensemble des valeurs 2, 3, · · · , 10, Valet, Dame, Roi et As.
Un jeu de Bridge est composé de 52 cartes et un jeu de Belote de 32 cartes. Expliquer pourquoi.
On considère un jeu de Belote. On appelle main, tout ensemble de 5 cartes.
a) Combien y-a-il de mains possibles ?
b) Combien y-a-il de mains contenant le valet de trèfle ?
c) Combien y-a-il de mains contenant exactement un As ?
d) Combien y-a-il de mains contenant au moins un Roi ?

Exo7 : Déterminer le nombre de numéros de téléphone à 7 chiffres tels que :


a) le numéro est formé de deux 1, deux 3 et trois 7 ;
b) le numéro est formé de deux chiffres distincts et deux seulement :
c) le numéro est formé de trois 1 et trois seulement ;
d) la somme des chiffres du numéro est égale à 10.
p
= Cn+1
p+1
.
Pn
Exo8 : Soient n, et p deux entiers naturels avec n ≥ p. Démontrer que k=p C k

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