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I

La détection
des gaz et vapeurs
dans l’atmosphère
des locaux de travail

LA LIGNE PREVENTION
L’INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SÉCURITÉ
L’Institut national de recherche et de sécurité
(INRS) est une association déclarée sans but
lucratif (loi du 1er juillet 1901), constituée sous
l’égide de la Caisse nationale de l’assurance
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du Mouvement des entreprises de France
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ministériels, à la Caisse nationale
de l’assurance maladie, aux Caisses
régionales d’assurance maladie, aux comités
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de travail, aux entreprises, enfin à toute
personne, employeur ou salarié, qui
s’intéresse à la prévention. L’INRS recueille,
élabore et diffuse toute documentation
intéressant l’hygiène et la sécurité du travail :
brochures, dépliants, affiches, films,
renseignements bibliographiques... Il forme
des techniciens de la prévention et procède
en son centre de recherche de Nancy aux
études permettant d’améliorer les conditions
de sécurité et l’hygiène de travail.

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par les Caisses régionales d'assurance
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au service prévention de la Caisse régionale
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LES CAISSES RÉGIONALES D’ASSURANCE MALADIE


Les Caisses régionales d’assurance maladie
disposent, pour diminuer les risques
professionnels dans leur région,
d’un service prévention composé
d’ingénieurs-conseils et de contrôleurs
de sécurité. Par les contacts fréquents que
ces derniers ont avec les entreprises, ils sont
à même non seulement de déceler les
risques professionnels particuliers à chacune
d’elles, mais également de préconiser les
mesures préventives les mieux adaptées aux
différents postes dangereux et d’apporter,
par leurs conseils, par la diffusion de la
documentation éditée par l’Institut national
de recherche et de sécurité, une aide
particulièrement efficace à l’action
des comités d’hygiène, de sécurité et
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I

La détection des gaz et vapeurs


dans l’atmosphère
des locaux de travail
Les détecteurs, les tubes et badges de prélèvement,
les tubes et badges colorimétriques

Bruno Courtois, INRS

ED 894
Les moyens Les détecteurs de gaz
de détection de gaz
et de vapeurs de Un détecteur de gaz est un appareil qui fournit en temps
réel une indication de la concentration d’un gaz en un point
substances chimiques donné de l’atmosphère d’un local ; il peut également ne
sont une aide précieuse fournir qu’un signal de dépassement de seuil. Chaque
appareil est spécifique du ou des gaz indiqués par le fabri-
pour les préventeurs,
cant et doit être étalonné avec ce ou ces gaz.
en particulier pour
l’évaluation des risques On trouve sur le marché trois différents types de détecteurs :
au poste de travail. ➤ les détecteurs portatifs,
Les moyens parfois très légers, destinés à
être accrochés aux vêtements
de détection aujourd’hui de travail ou portés à la cein-
disponibles sont ture (photo 1) ;

nombreux et vont des ➤ les détecteurs portables ou


1
transportables, parfois sous
dispositifs très simples, forme de balise, sur lesquels il est souvent possible de rac-
comme les tubes corder plusieurs têtes de
détection afin de couvrir tem-
colorimétriques,
porairement l’ensemble d’une
jusqu’à des appareils zone à risque, pendant un
complexes et chantier par exemple (photo 2) ;
2
➤ les installations fixes
performants, comme
constituées d’une
les chromatographes ou de plusieurs têtes de détection qui
portables. L’objectif sont installées à demeure dans des
locaux ou sur des équipements (photo 3).
de ce document est
de faire le point sur Certains appareils permettent de stocker des don-
3
les moyens de détection nées sur une période de fonctionnement pouvant
dépasser une journée de travail de 8 heures, de transférer
les plus couramment
ces données vers une unité de calcul, et d’effectuer des
utilisés, à savoir les moyennes et des comparaisons de ces moyennes avec les
détecteurs de gaz, valeurs limites d’exposition professionnelle.

les tubes et les badges Le nombre de gaz pour lesquels il existe un détecteur
de prélèvement ainsi spécifique est limité (quelques dizaines) en comparaison
aux possibilités des tubes colorimétriques ou de prélè-
que les tubes et les vement, mais leurs performances et leurs utilisations
badges colorimétriques. sont différentes.

2
Les détecteurs de gaz peuvent utiliser des cap-
teurs fonctionnant selon différents principes.
Les plus courants sont les capteurs électrochi-
Les détecteurs
miques (voir leur principe de fonctionnement à photoionisation (PID)
dans l’encadré p. 7). La détection de vapeurs dans l’air est basée sur le
Il existe également des détecteurs qui ne sont fait qu’il est possible d’ioniser la plupart des molé-
pas spécifiques d’un type de polluant donné et cules organiques à l’aide d’un rayonnement ultravio-
qui sont capables de mettre en évidence de très let sans que les composants majoritaires de l’air
nombreux polluants présents dans l’atmos- (azote, oxygène, vapeur d’eau, argon, dioxyde de
phère. Ces appareils ont des utilisations diffé- carbone) le soient. Ces détecteurs ne peuvent être
rentes de celles des autres détecteurs et les spécifiques d’un type de polluant, ils permettent en
plus courants sont les détecteurs à photo- revanche de détecter avec une très bonne sensibi-
ionisation (voir encadré ci-contre). lité de très nombreux polluants. Il est malgré tout
possible dans certains cas de ne détecter que cer-
Utilisation des détecteurs taines molécules qui ont des énergies de photoioni-
Par comparaison aux méthodes lourdes, sation plus basses que les autres ; ce peut par
nécessaires à la réalisation d’un prélèvement exemple être le cas de molécules de solvants aro-
d’atmosphère à des fins d’analyse, le détecteur matiques (toluène, xylène…) au milieu d’autres sol-
de gaz, d’une mise en œuvre extrêmement sou- vants (hexane, alcools…).
ple, peut être utilisé dans des situations variées Les détecteurs à photoionisation permettent de
pour un coût limité. Il peut servir à la fois pour mesurer la teneur d’un polluant dans l’air et d’éva-
évaluer un niveau de pollution, dans le cadre de luer les expositions individuelles si celui-ci est le
la protection de la santé des travailleurs, seul présent ou s’il possède une énergie de photo-
comme dans celui de la sauvegarde de l’envi- ionisation plus faible que celle des autres polluants
ronnement. L’une des plus importantes limites présents. Un étalonnage pour le polluant en ques-
d’un tel appareil réside précisément dans le fait tion est également nécessaire. Les détecteurs à
qu’il doit être choisi a priori pour répondre au
photoionisation sont également utiles pour détec-
problème de mesure d’un polluant connu.
ter en continu des polluants pour lesquels il
Une métrologie d’ambiance n’est pas une fin en n’existe pas de détecteur spécifique. Ils peuvent
soi et le recours à un détecteur de gaz doit être alors être utilisés pour :
motivé ; cette solution doit avoir été choisie ➤ mettre en évidence les postes soumis aux plus
pour répondre à un problème précis de sur- fortes concentrations en polluant afin de déter-
veillance ou de contrôle d’atmosphère. miner ceux où des prélèvements individuels ou
Les installations fixes seront choisies en parti- d’ambiance doivent être réalisés ;
culier pour la surveillance permanente de pos- ➤ surveiller l’évolution de la pollution au cours du
tes de travail ou d’équipements industriels fixes temps dans un atelier et, en particulier, détecter
sur lesquels un risque de fuite, d’émanation ou les pics de pollution.
d’accumulation de gaz dangereux existe ; les
têtes de détection seront disposées en fonction Comme les autres types de détecteurs, les détecteurs
des points, déterminés après une étude minu- à photoionisation doivent être périodiquement
tieuse, où le risque de fuite ou d’atteinte du per- étalonnés et entretenus.
sonnel est dominant.

3
Les appareils portables ou portatifs seront en revan- d’oxygène, par exemple) chaque fois qu’un équi-
che utilisés pour des investigations ponctuelles : pement ou une installation industrielle présente
vérifier l’étanchéité d’un équipement, évaluer la qua- un risque réel, connu ou soupçonné, vis-à-vis de
lité d’une ambiance de travail à un instant donné ou la santé des salariés ou du matériel lui-même
pendant une période courte, par exemple. (mise en œuvre, production ou émanation de pro-
duits gazeux dangereux ou bien accumulation de
Selon l’utilisation qui en sera faite, des caractéris-
gaz en quantité suffisante pour abaisser le taux
tiques particulières pourront être demandées aux
d’oxygène de l’air jusqu’à des niveaux dange-
fabricants, par exemple sur la précision de l’indica-
reux, par exemple). L’appareil peut alors être uti-
tion, le temps de réponse, les protections pour un
lisé pour alerter d’un danger soudain ou pour
environnement difficile ou un fonctionnement dans
suivre jour après jour le respect d’un seuil fixé
de larges plages de température ou d’humidité.
(photo 4).
Chaque principe de détection présente des limites
techniques d’emploi. De façon plus générale, l’uti-
lisation de détecteurs n’est possible que dans des
conditions relativement normales : les appareils les
plus courants ne peuvent fonctionner à des tem-
pératures extrêmes (en dessous de – 10°C, ou au-
dessus de 50°C) ou en air trop sec, et en l’absence
d’oxygène (sauf les capteurs optiques). Ils peuvent
également être sensibles aux fortes variations de
pression ou d’humidité, aux chocs, chutes, vibra-
tions… La sensibilité de détecteurs aux inter-
férences provoquées par certains gaz est une
limite importante. Il existe des interférences positi- 4
ves qui conduisent à une surestimation de la sub-
stance à détecter, susceptible d’engendrer une Le choix des points d’implantation des têtes de
fausse alarme, mais aussi des interférences néga- détection des appareils fixes est fondamental.
tives qui entraînent une sous évaluation du gaz à ➤ Si l’on cherche à détecter une émission dans
détecter et un risque d’absence d’alarme en cas des locaux inoccupés ou sur un équipement,
de dépassement de seuil. Il est nécessaire de s’in- les points de détection seront situés à proximité
former auprès du fournisseur sur la liste des gaz immédiate de celui-ci (au-dessus d’un bac, près
qui interférent avec le type de détecteur donné. d’un orifice d’évent, d’une cheminée…).
Les détecteurs sont aussi susceptibles de dériver ➤ Pour détecter une émission fugitive sur un
au cours du temps, il est alors nécessaire de les procédé ou dans des locaux inoccupés, on
contrôler et éventuellement de les réétalonner à devra alors mettre en place un réseau de
intervalle régulier suivant les recommandations points de détection, repérés par exemple
du fournisseur. dans une salle de contrôle sur un schéma de
l’installation ou des locaux, permettant de
Détecteurs fixes localiser tout incident à distance. D’autres
D’une manière générale, il semble souhaitable de signaux peuvent être installés sur la zone
mettre en place une installation fixe de détection dangereuse ou à l’entrée des locaux pour en
de gaz (explosimètre ou détection de niveau interdire l’accès.

4
Détecteurs portables ou portatifs
Les appareils portables ou portatifs peuvent être
utilisés pour évaluer la salubrité d’une ambiance
chaque fois qu’une installation fixe de détection
ne peut pas être mise en place, soit du fait du
caractère exceptionnel de l’opération potentielle-
ment polluante, soit du fait de sa mobilité. Dans
certains cas, ces détecteurs peuvent être utilisés
en complément d’installations de détection fixes.
Ils sont principalement employés pour :
➤ vérifier l’étanchéité d’une canalisation ou d’un
équipement nouvellement mis en service ou
ayant subi une modification récente, par la
recherche de traces de gaz ;
➤ évaluer l’efficacité d’un dispositif de protection
collective (encoffrement, système de captage de
polluants ou de venti-
lation d’un local) ou
6
pour vérifier le main-
tien de ses performan-
ces dans le temps ;
➤ contrôler la salubrité
5 d’une ambiance de
niveau de pollution
➤ Sur un poste ou dans un local de travail, le inconnu, avant de
ou les points de détection seront situés à pénétrer dans une
proximité des voies respiratoires des opéra- zone à risque (local
teurs, dans leur zone habituelle d’évolution inoccupé comportant
et en tenant compte des mouvements de des installations pou-
l’air. Dans de rares cas particuliers de bâti- vant émettre des sub-
ments qui comportent des fosses, des caves stances dangereuses,
ou d’autres points bas mal ventilés et dans fosse, réservoir, citerne
lesquels existe un risque d’accumulation de ou tout espace confiné qui n’est pas régulière-
gaz plus lourds que l’air, la détection pourra ment fréquenté par le personnel) (photo 6) ;
s’effectuer aux points situés les plus bas ➤ surveiller la qualité de l’air lors de travaux ayant un
(photo 5). caractère exceptionnel (travaux de maintenance
➤ Pour protéger les populations et l’environne- ou d’entretien, par exemple) pour lesquels il est
ment à proximité d’une implantation indus- difficile de prévoir des moyens précis d’aération ;
trielle à risque d’émission de gaz dangereux, les personnes peuvent être équipées de détec-
les capteurs seront installés en bordure de la teurs portables ou la zone peut être surveillée par
zone (sur les barrières, par exemple). un ou plusieurs détecteurs portatifs ;

5
➤ vérifier le respect des valeurs limites d’exposi-
tion professionnelle aux postes de travail par
une mesure ou une série de mesures réalisées
au niveau des voies respiratoires et pendant
une période représentative (si possible la plus
active) de l’activité ordinaire du poste. Les
mesures se feront en continu pendant
15 minutes (ou une moyenne de 4 à 5 mesu-
res sur 15 minutes) si l’on veut comparer le
résultat à une VLE1, et sur une période de plus
de 4 heures (ou la moyenne de plusieurs
mesures de plus courte durée) pour exprimer
le résultat par rapport à une VME2 ; 8
➤ délimiter un périmètre dangereux autour d’une
source d’émission d’un polluant ou pour défi- ou les polluants qui le traversent. Différents sub-
nir les conditions optimales de protection du strats absorbants sont utilisés ; les plus courants
personnel. sont les charbons actifs ou les gels de silice. Ils
peuvent, pour le prélèvement de polluants parti-
Les prélèvements culiers, être imprégnés de réactifs chimiques
spécifiques.
par badges et tubes
Pour des prélèvements individuels, l’air doit être
Ils consistent à fixer les polluants à analyser sur un
prélevé dans la zone respiratoire de la personne
milieu solide adapté puis à déterminer en laboratoire (c’est-à-dire à une distance de moins de 20 cm
par une méthode d’analyse la quantité de polluants du nez et de la bouche). La circulation de l’air à
prélevés. Les tubes nécessitent l’utilisation d’une travers un tube est assurée par une pompe élec-
pompe permettant de faire circuler l’air prélevé. Les trique en général fixée à la ceinture de la personne
badges sont des moyens passifs de prélèvements, (voir l’encadré sur les pompes de prélèvement).
l’absorption se faisant par diffusion (photo 8).
Le débit de la pompe de prélèvement est réglé en
Les tubes de prélèvement fonction de la concentration attendue du polluant
Les prélèvements par tube sont à la base des et de la durée pendant laquelle on veut réaliser le
méthodes de référence pour l’évaluation de l’ex- prélèvement. Les tubes permettent de réaliser
position aux polluants atmosphériques en milieu des prélèvements sur 15 minutes, les résultats
professionnel. Ils sont utilisables aussi bien pour obtenus pouvant être comparés à des VLE, et sur
des mesures individuelles que d’ambiance. plusieurs heures pour comparaison à des VME. Ils
servent également à estimer des concentrations
Le dispositif se compose d’un tube en verre atmosphériques beaucoup plus faibles que celles
contenant un substrat solide destiné à retenir le permises par les badges.

1
Valeur limite d'exposition atmosphérique à court terme dont le respect permet d'éviter le risque d'effets toxiques immédiats ou à
court terme ; elle est mesurée sur une durée maximale de 15 min.
2
Valeur limite de moyenne d'exposition atmosphérique destinée à protéger les salariés des effets toxiques à terme ; elle est mesu-
rée ou estimée sur la durée d’un poste de travail de 8 heures.

6
Une fois le prélèvement réalisé, les tubes doivent
être envoyés à un laboratoire qui déterminera la
quantité de polluants absorbés par une méthode Les détecteurs électrochimiques
spécifique à chaque type de polluant. Il existe
Le principe le plus couramment
des méthodes normalisées pour le prélèvement
utilisé pour la détection des gaz
et l’analyse d’un certain nombre de polluants. toxiques à des concentrations
L’INRS a mis au point des méthodes de prélève- de l’ordre de la ppm (partie par
ment et d’analyse pour de nombreux polluants, millions, soit 1 cm3 par m3) est
celles-ci sont accessibles sur le site web de l’ampéromètrie, c’est-à-dire la
l’INRS ou sur le CD-Rom Metropol. mesure du courant produit par
une réaction d’oxydoréduction.
La précision de la mesure d’un polluant La cellule électrochimique fonc-
dépend de la connaissance précise du débit tionne comme une pile : sur
une des électrodes en contact 7
de la pompe et de sa stabilité pendant toute la
avec l’air ambiant et l’électrolyte (l’électrode de travail),
durée du prélèvement. Les pompes doivent le gaz à détecter peut s’oxyder ; sur l’autre électrode
donc être régulièrement contrôlées et si (l’électrode auxiliaire), l’oxygène peut être réduit.
nécessaire réglées.
Par exemple pour le CO, on a :
En comparaison aux prélèvements sur badges, CO + H2O - > CO2 + 2H+ + 2 e–, à l’électrode de travail
les prélèvements sur tubes offrent des pos- 1/2 O2 + 2H+ + 2 e– — > H2O, à l’électrode auxiliaire
sibilités plus larges en terme de nature de
polluants accessibles, de gammes de Lorsque les deux électrodes sont reliées électrique-
concentration et de durées de prélèvement. ment, un courant proportionnel au nombre de molécu-
Ils sont en revanche plus lourds à mettre en les oxydées circule. Ce courant est très faible — de
l’ordre de quelques µA par ppm de gaz — et doit donc
œuvre et plus coûteux du fait de l’utilisation
être amplifié par le dispositif électronique.
de pompes de prélèvement, qui entraînent
également une gêne plus importante pour la La réaction produit près des électrodes des accumula-
personne faisant l’objet du prélèvement. tions de charges qui ont tendance à limiter la réaction et
à produire un effet “mémoire”. Pour améliorer la stabilité
Les badges de prélèvement et la reproductibilité de la mesure, une troisième
électrode, non active chimiquement, est ajoutée dans la
Ils sont composés d’un boî- cellule. Son potentiel est alors égal à celui du couple
tier contenant un matériau oxydo-réducteur O2/H2O. Un montage potentiométrique
absorbant (en général du est utilisé pour maintenir le potentiel de l’électrode de
charbon actif) ; le contact travail à la même valeur que cette troisième électrode,
entre le charbon et l’atmos- appelée électrode de référence.
phère se fait par diffusion à Ces capteurs sont très sensibles mais relativement peu
9 travers une membrane. Très sélectifs ; ils peuvent réagir d’une façon plus ou moins
légers, ils peuvent être por- importante à des gaz autres que celui à détecter. Ils peu-
tés près des voies respiratoires ou fixés au vent être sensibles à un air très sec qui produit un des-
col d’une chemise, par exemple. Le prélève- sèchement de l’électrolyte ; ils ne fonctionnent que
ment de très nomb- dans une plage donnée de température et leur durée de
vie est limitée en général à un ou deux ans.
reux polluants peut
être réalisé ainsi. 10

7
Une fois les badges exposés, ils sont envoyés à Utilisation des prélèvements par tubes
un laboratoire d’analyse. Les polluants y sont et badges
désorbés par un solvant et sont analysés, en
Les prélèvements atmosphériques sont un outil,
général, par chromatographie en phase gazeuse
parmi d’autres, permettant au préventeur d’éva-
(photo 9 & 10).
luer les risques chimiques en entreprise. Les
Le même type de badge peut être utilisé pour la techniques de prélèvement sont principalement
plupart des vapeurs organiques mais il existe utilisées pour estimer l’exposition respiratoire aux
également des badges spécifiques pour une substances chimiques aux postes de travail, avec
substance (ou un type de substances) comme pour objectif :
le formaldéhyde ou le mercure, par exemple.
➤ l’évaluation des situations de travail existantes
L’obtention de valeurs de concentration
afin de décider de l’éventuelle mise en place
moyennes atmosphériques nécessite de
de nouveaux moyens de prévention ;
connaître la vitesse de diffusion de chaque pol-
luant que l’on veut analyser. Ces valeurs ont été ➤ le contrôle de l’efficacité de nouveaux moyens
déterminées expérimentalement par les four- de prévention ou des moyens de prévention
nisseurs des badges pour un nombre important sur de nouveaux postes de travail ;
de substances. ➤ le contrôle périodique réglementaire de l’ex-
En comparaison aux tubes de prélèvement, les position pour des agents chimiques cancéro-
badges présentent l’avantage de ne pas nécessi- gènes, mutagènes ou toxiques pour la
ter l’utilisation d’une pompe, ils entraînent donc reproduction.
moins de gêne pour l’utilisateur. Ils peuvent aussi
Les prélèvements sont nécessairement limités
être employés par des préventeurs en entreprise
en nombre et dans la durée. Il est donc
ou des médecins du travail qui ne disposent pas
indispensable qu’une analyse des situations de
de ce matériel. Leur coût d’utilisation est plus fai-
travail soit effectuée au préalable afin de déter-
ble que celui des tubes.
miner les postes où l’on peut attendre les expo-
Les badges sont principalement utilisés pour sitions les plus fortes. Les moments pendant
l’évaluation de l’exposition individuelle de per- lesquels les prélèvements sont effectués
sonnes à des postes de travail. Ils ne sont pas devront également correspondre à un fonction-
en revanche adaptés à la mesure de concentra- nement habituel du poste de travail et de ceux
tions d’ambiance du fait de la nécessité d’un qui l’environnent.
minimum de circulation de l’air pour leur bon
fonctionnement. Ils permettent d’estimer le
niveau d’exposition individuelle moyen sur une
Les tubes et
durée pouvant aller jusqu’à 8 heures, ces badges colorimétriques
valeurs peuvent être comparées aux VME. Ces Ces dispositifs permettent d’obtenir une indi-
dispositifs ne sont en général pas assez sensi- cation immédiate de la présence d’une sub-
bles pour être utilisés sur des durées courtes stance chimique ou une évaluation de sa
(inférieures à 15 minutes) et donc pour évaluer concentration atmosphérique par l’intermé-
l’exposition à des pics de pollution. Les valeurs diaire d’un changement de couleur provoqué
d’exposition obtenues ne peuvent donc valable- par une réaction chimique entre la substance et
ment être comparées à des VLE. un réactif.

8
ment en température et en humidité qui est don-
née par le fabricant. En dehors de cette plage,
les réactions chimiques à la base de la colora-
tion ne peuvent se développer correctement et
la mesure est faussée. La température et la pres-
sion, en modifiant la densité de l’air, agissent
aussi sur la mesure. Une température basse ou
une pression élevée tend à augmenter la valeur
mesurée alors qu’une température élevée ou
une pression basse tend à diminuer la valeur
mesurée. Des variations importantes peuvent
être observées dans des cas particuliers,
12 comme lorsque les mesures sont effectuées en
altitude ou au fond de mines, par exemple. Une
Les tubes colorimétriques des grandes limites du tube colorimétrique est
sa sensibilité aux interférences positives ou
Les tubes colorimétriques se composent d’un tube négatives que peuvent engendrer d’autres sub-
en verre contenant un ou plusieurs produits chimi- stances chimiques. Les interférences positives
ques déposés sur un support inerte ; le tube est
scellé à ses deux extrémités. Lors de son utilisation,
ces extrémités sont cassées et une pompe
manuelle ou automatique permet de faire circuler
un volume d’air donné à l’intérieur du tube. Le gaz
à détecter réagit avec le réactif et une couleur se
développe immédiatement à partir de l’entrée du
tube. C’est la localisation de l’interface entre la zone
colorée et la zone non colorée qui permet d’estimer
la concentration en gaz, en référence à une échelle
gravée sur le tube (photos 12, 13 & 14).
13
Les tubes colorimétriques sont habituellement
conçus pour réaliser des mesures sur de courtes
conduisent à une surestimation de la substance
durées, de l’ordre de quelques secondes à
à mesurer ou à un faux positif, celles négatives à
quelques minutes. Il existe également des tubes
une sous estimation ou à un faux négatif. Dans
conçus pour réaliser des mesures sur de plus lon-
certains cas, il peut y avoir apparition d’une cou-
gues périodes pouvant aller jusqu’à 8 heures. Ces
leur différente de la couleur normale. Les docu-
tubes nécessitent des débits très faibles et ils ne
ments fournis par les fabricants indiquent les
peuvent être utilisés qu’avec des pompes auto-
interférences possibles pour chaque type de tube.
matiques conçues pour cet usage.
Les pompes utilisées doivent être correctement
Les tubes colorimétriques sont sensibles à dif- étalonnées et il faut vérifier qu’il n’y a pas de fuites
férents paramètres comme la température, l’hu- au niveau des raccords. Les tubes doivent être
midité, la pression, et la présence d’autres gaz. stockés dans les conditions prévues par le fabri-
Chaque tube possède une plage de fonctionne- cant et être utilisés avant la date limite indiquée.

9
Les tubes pour les mesures à court terme
Les pompes de prélèvement peuvent être utilisés pour détecter ou éva-
De tels appareils doivent posséder un certain nombre luer sommairement la concentration d’une
de caractéristiques, comme un faible poids et un faible substance dans des atmosphères de tra-
encombrement, afin de gêner le moins vail. Ce type de mesure est très localisé
possible l’opérateur, une auto- aussi bien dans le temps que dans
nomie suffisante pour permet- l’espace, si bien que pour avoir une idée
tre de prélever, au moins réelle de la situation il serait nécessaire de
pendant la durée d’un poste multiplier les mesures. Ces tubes servent
de travail, un débit de passage également à détecter des fuites au niveau
de l’air ajustable et aussi de canalisations ou d’appareils.
constant que possible, quelle
que soit la perte de charge Les tubes pour les mesures de longues
créée par le tube, et une bonne durées peuvent être utilisés pour évaluer la
11 résistance aux chocs. concentration moyenne d’un polluant dans
une atmosphère ou pour évaluer des expo-
Une pompe de prélèvement individuel se présente sous
la forme d’un boîtier rigide muni d’un système de fixa- sitions individuelles. L’air est alors prélevé
tion pour le maintenir en place sur une ceinture. Elle près des voies respiratoires de l’opérateur,
contient un certain nombre d’éléments : la pompe étant fixée à sa ceinture. La pré-
➤ la pompe proprement dite permettant d’aspirer un cision sera, en général, moins bonne qu’a-
débit d’air à travers la tête de prélèvement avec un vec les tubes ou les badges de
débit de quelques centaines de millilitres (pompe à prélèvement et il sera nécessaire d’utiliser
faible débit) à plusieurs litres à la minute (pompe à un tube par polluant. Les résultats seront
fort débit) sous une perte de charge pouvant dépas- en revanche immédiatement disponibles.
ser 5 kPa ;
Le principal avantage des tubes colori-
➤ un moteur électrique d’entraînement de la pompe ;
métriques est d’être capable de donner
➤ une batterie d’accumulateur ; une indication directe pour un grand
➤ un dispositif d’amortissement des pulsations créées nombre de substances. Leur principal
par la pompe ; défaut est d’être sensible à différents
➤ un dispositif de réglage du débit ; paramètres et en particulier à des gaz
➤ un organe de compensation des variations de débit interférents. Ainsi, en présence de
qui pourraient résulter à la fois de la décharge de la mélanges complexes ou de composants
batterie et d’une perte de charge croissante ; chimiques proches, les tubes colorimé-
➤ des accessoires de contrôle du fonctionnement de triques atteignent leur limite d’utilisation.
l’appareil (débitmètre, chronomètre, compteur volu-
métrique, témoin lumineux ou sonore de charge des Les badges colorimétriques
batteries, indicateur de manque de débit…). et tubes à diffusion
Les pompes de prélèvement nécessitent des contrôles Les badges colorimétriques, comme les
périodiques et un entretien rigoureux ; leur bon fonc- tubes, utilisent le changement de couleur
tionnement conditionne la précision des évaluations d’un réactif pour mettre en évidence un
d’expositions qui sont réalisées. polluant. Le réactif est ici déposé à la
surface d’un support ou imprègne un

10
luant. Le fabricant indique les substan-
ces pour lesquelles il y a interférences
et la plage de fonctionnement en tem-
pérature et en humidité. La durée de vie
en stockage de ces produits est limitée
(parfois seulement 1 mois) et certains
peuvent nécessiter une conservation
au réfrigérateur. Il n’existe aujourd’hui
pas ou peu d’étude publiée sur la fiabi-
lité et la précision que l’on peut atten-
dre des badges colorimétriques.

Ces badges sont destinés à la sur-


veillance individuelle de l’exposition. Le
salarié dispose en temps réel d’une
information sur la présence d’un gaz
toxique et d’une évaluation de la dose
à laquelle il a été exposé. Ces systèmes
peuvent être une alternative aux détec-
teurs électroniques portables de gaz,
c’est-à-dire que leur utilisation doit se
limiter à des zones non couvertes par
des systèmes de détection fixes, pour
des interventions ponctuelles ou en
14 complément d’autres systèmes de
détection. Ces badges peuvent égale-
papier ; dans certain cas, il peut également être
ment être utilisés pour certaines substances
contenu dans un tube en verre, on parle alors de
organiques pour lesquelles il n’existe pas
tube à diffusion. Ces badges et tubes ne nécessi-
aujourd’hui de détecteur simple. Actuellement
tent pas l’utilisation de pompe, le contact entre le
une quarantaine de substances sont détecta-
polluant et le réactif se faisant par diffusion. Ils
bles à l’aide de badges colorimétriques.
donnent directement une valeur de “dose” expri-
mée en ppm x heure. La concentration moyenne
Le principal avantage des tubes et badges colori-
en polluant vue par le badge peut être évaluée en
métriques est d’être capable de donner une indi-
divisant cette dose par le temps d’exposition.
cation directe à un coût raisonnable et pour des
Certains badges indiquent simplement le dépas-
substances pour lesquelles il n’existe pas forcé-
sement d’une certaine dose.
ment de détecteur électronique. Leur principal
Les badges colorimétriques sont sensibles à point faible est d’être sensible à différents para-
différents paramètres comme la température, la mètres et en particulier à des gaz interférents.
pression, l’humidité, et la présence d’autres Ainsi, en présence de mélanges complexes ou de
gaz. La température et la pression agissent en composants chimiques proches, ces dispositifs
particulier sur la vitesse de diffusion du pol- atteignent leur limite d’utilisation.

11
Bibliographie

Publications de l’INRS
Cinq détecteurs individuels de monoxyde de carbone Évaluation des performances du badge GABIE® dans
et d’hydrogène sulfuré à l’essai. des atmosphères industrielles. Études de cas.
Travail et sécurité n°603, INRS, janvier 2001, pp. 29-37. ND 2141, INRS, 2000.
Les détecteurs de gaz. Exposition professionnelle aux solvants. Comparaison
Travail et sécurité n°548, INRS, mai 1996, pp. 20-31. des badges GABIE® et 3M®.
ND 2134, INRS, 2000.

Normes
NF EN 482 Atmosphères des lieux de travail. Exigences NF EN 12919 Atmosphères des lieux de travail. Pompes
générales concernant les performances des procédures pour l’échantillonnage individuel des agents chimiques
de mesurage des agents chimiques, 1994. d’un débit volumique supérieur à 5 l/min – Exigences et
méthodes d’essai, 1999.
NF EN 689 Atmosphères des lieux de travail. Conseils
pour l’évaluation de l’exposition aux agents chimiques NF X43-252 Qualité de l’air – Air des lieux de travail.
aux fins de comparaison avec des valeurs limites et Échantillonnage et analyse de polluants gazeux sur
stratégie de mesurage, 1995. charbon actif. Prélèvement par pompage, 1991.
NF EN 45544-1 à 4 Atmosphère des lieux de travail. NF X43-258 Qualité de l’air – Air des lieux de travail.
Appareillage électrique utilisé pour la détection directe Échantillonnage et analyse de polluants gazeux sur gel de
des vapeurs et gaz toxiques et le mesurage direct de leur silice. Prélèvement par pompage, 1991.
concentration, 2000.
NF EN 1231 Air des lieux de travail. Systèmes de
NF EN 50271 Appareils électriques de détection et de mesurage par tube détecteur à court terme – Exigences
mesure des gaz combustibles, gaz toxiques ou de et méthodes d’essai, 1997.
l’oxygène. Exigences et essais pour les appareils utilisant
NF ISO 8761 Air des lieux de travail. Détermination de
un logiciel et/ou des technologies numériques, 2002.
la concentration en masse du dioxyde d’azote –
NF X 43280 Air des lieux de travail. Échantillonnage Méthode utilisant des tubes détecteurs pour
passif de gaz et vapeurs, 1993. échantillonnage rapide à lecture directe, 1990.
NF EN 838 Atmosphères des lieux de travail.
Échantillonneurs par diffusion pour la détermination des
gaz et vapeurs - Prescriptions et méthodes d’essai, 1996.

Crédits Photos
1, 4, 5 et 6 : INRS ; 2, 12, 13 et 14 : Panamétrics ; 3 : Oldham ; 7 : Dräger ; 8, 9, 10 et 11 : Arelco

12
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BP 392 236 rue de Châteaugiron 55 Meuse, 88 Vosges)
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tél. 03 89 21 62 20 4 rue de la Reynie Avenue du Grand-Cours, 2022 X
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64 Pyrénées-Atlantiques) ÎLE-DE-FRANCE PAYS DE LA LOIRE
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78 Yvelines, 91 Essonne, 53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée)
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fax 05 90 21 46 13 fax 05 94 29 83 01 fax 05 96 51 54 00
Les moyens de détection
de gaz et de vapeurs
de substances chimiques sont
une aide précieuse pour
les préventeurs, en particulier
pour l’évaluation des risques
au poste de travail. Les moyens
de détection aujourd’hui
disponibles sont nombreux
et vont des dispositifs très
simples, comme les tubes
colorimétriques, jusqu’à
des appareils complexes
et performants, comme
les chromatographes portables.
L’objectif de ce document est
de faire le point sur les moyens
de détection les plus
couramment utilisés, à savoir
les détecteurs de gaz, les tubes
et les badges de prélèvement
ainsi que les tubes et les
badges colorimétriques.

I
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