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Etude des crues

Etude des crues​ :

Les crues sont des écoulements variables dans lesquelles les débits atteignent des
Valeurs importantes. Leur étude a pour but de déterminer les Hydrogrammes de crues
fréquentielles sur le bassin versant et de définir les débits maximaux probables
correspondants.
L'estimation des crues révèle une grande importance pour la sécurité de l'ouvrage à
implanter.

Les paramètres définissants une crue sont :


- Le débit maximum de la crue (débit de pointe).
- Le volume de la crue.
- La forme de la crue (Hydrogramme de crues).
- Le temps de base.

Détermination des débits maximaux de crue :

L’absence d’observation hydrométrique sur les cours d’eau requiert l’établissement de


nombreuses formules empiriques pour le calcul du débit maximum de crue probable
d’après les caractéristiques essentielles (superficie, pluviométrie, fréquence des crues...)
du bassin à étudier​.

✔ Formule de MALLET -GAUTHIER:

2*K *log log (1+A*P moy ) *S *√1+4logT −logS


Qmax = √L

Avec :
Q​max​ :​ Débit maximum de la crue pour une fréquence donnée (m​3​/s).
​P​moy​ :​ Pluie moyenne annuelle, Pmoy=0.14003 m
​S :​ Superficie du bassin versant [Km​2​].
L :​ Longueur du talweg principal [Km].
​K :​ coefficient dépendant des caractéristiques du bassin versant variant entre
2 et 4 [K = 2].
​A :​ constante relative au bassin, variant entre 20 et 30, valeur généralement
admise en Algérie par l’A.N.R.H ; A=20.
​T :​ période de retour [an].

Tableau.​ Les résultats de calcul de Q​max avec


​ la formule de MALLET -GAUTHIER.

T (ans) 5 10 20 50 100 200 1000 2000 10000


Q​max​ (m​3​/s) 124,83 179,1 220,36 256,24 294,69 321,45 376,32 397,62 443,15
Etude des crues

✔ Formule de SOKOLOVSKY :
0.28*P tc *α*S
Qmax = TC
f

Avec :
​Q​max​ :​ Débit maximal de la crue en m3/s.
​P​tc :​​ Pluie correspondante au temps de concentration en mm
​α :​ Coefficient de ruissellement, α=0.17
​S :​ Superficie du bassin versant en km²
​T​c​ :​ Temps de concentration en heure
f :​ Coefficient de forme de la crue f= 12/ (4+ 3* φ) ; φ = 2.5.

Tableau. ​ Valeur de φ en fonction des Caractéristiques du bassin versant.


Bassin versant Valeur de ϕ
petits bassins versants S ≤ 50 km​ 2
2
bassins versants non boisés et peu perméables 2_3
bassins versants boisés et perméables 3_4

Tableau. ​Résultats de calcul de Q​max​ par la formule SOKOLOVSKY.


T (ans) 5 10 20 50 100 200 1000 2000 10000
3​
Q​max​ (m​ /s) 90,20 119,38 150,61 195,30 232,64 271,42 377,54 428,56 563,24

✔ Formule de GIANDOTTI:

C *S *P tc *√H moy −H min


Qmax = 4√S +1.5L

Avec :
Q​max​ :​ Débit max de la crue en m​3​/s
S :​ Superficie du bassin versant en km²
P​tc​ ​: Pluie de courte durée correspondant au temps de concentration en m
L :​ Longueur du thalweg principal en Km
H​moy​ et ​H​min​: respectivement altitudes moyenne et minimale du bassin versant (m).
C :​ coefficient topographique variant entre 100 et 166, on prend C=105.

Tableau. :​ Résultats de calcul de Q​max​ par la formule GIANDOTTI

T (ans) 5 10 20 50 100 200 1000 2000 10000


1041,4 1182,2 1553,7
Q​max​ (m​3​/s) 248,82 329,33 415,46 538,74 641,76 748,73
6 0 5
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✔ Formule de POSSENTI :
μ*P j *S
Qmax = L

Avec :
​P​max j​ :​ Pluie maximale journalière correspondante à chaque période de retour en m
​µ :​ Coefficient compris entre 700 et 800, on prend [µ = 750]
​L :​ Longueur du cours d'eau principal en Km
​S :​ Superficie du bassin versant en Km​2

Tableau. ​ Résultats de calcul de Q​max​ par la méthode de POSSENTI.

T (ans) 5 10 20 50 100 200 1000 2000 10000


1158,2
Q​max​ (m​3​/s) 185,49 245,49 309,70 401,60 478,40 558,13 776,35 881,26
3

Les résultats de calcul des débits maximaux de différentes périodes de retour par les
formules empiriques sont regroupés dans le tableau suivant :

Tableau. ​ Récapitulatif des résultats de calcul de Q​max​ par les formules empiriques

Les formules T (ans)


empiriques 5 10 20 50 100 200 1000 2000 10000
124,8 220,3 256,2 294,6 321,4
MALLET -GAUTHIER 179,1 376,32 397,62 443,15
3 6 4 9 5
119,3
SOKOLOVSKY 90,20 150,61 195,30 232,64 271,42 377,54 428,56 563,24
8
329,3 1553,7
GIANDOTTI 248,82 415,46 538,74 641,76 748,73 1041,46 1182,20
3 5
245,4 1158,2
POSSENTI 185,49 309,70 401,60 478,40 558,13 776,35 881,26
9 3

Commentaire :

Les résultats de calcul, par les formules empiriques ne sont pas du même ordre de
grandeur, donc pour éviter une sous-estimation ou une surestimation du débit maximal
de la crue, on opte pour les résultats calculés par la formule de POSSENTI.
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Hydrogramme de crue :

Par définition, l’hydrogramme de crue représente la variation des débits d’un cours
d’eau en fonction du temps. Il permet de déterminer les caractéristiques de la crue
(forme, volume, temps de montée, temps de base).

Or dans le bassin étudié au droit du site du barrage projeté, on ne dispose pas de


moyens de mesure hydrométrique ; d’où le recours aux techniques synthétiques qui
permettent de simuler les composantes de l’hydrogramme en fonction des
caractéristiques du bassin versant. Ces techniques sont nombreuses parmi lesquelles
celle de Sokolovsky.

L ’ Hydrogramme de crue sera établit selon la méthode de Sokolovsky. Cette méthode


assimile l’Hydrogramme de crue à deux équations paraboliques l’une pour la montée de
la crue et l’autre pour la décrue.

n
Pour la montée de la crue​ : Qm = Qmax ( )
t
tm
m
Pour la décrue​ : Qd = Qmax [ (td − t)
td ]
Avec :
Q​m​ ​: Débit instantané de la montée (m​3​/s) ;
Q​d​ ​: Débit instantané de la décrue (m​3​/s) ;
t​m​ ​: Temps de la montée de la crue en heures ;
t​d​ ​: Temps de la décrue en heures ;
Q​max​ ​: Débit maximum de la crue de fréquence considérée en (m​3​/s) ;
n, m ​: Puissance des courbes ;
n = 2 ​pour la montée de la crue.
m = 3 ​pour la décrue.
Pour les crues d’averses, c’est à dire les crues engendrées par la pluie, cette méthode
prend :

● tm = tc, avec tc est le temps de concentration du bassin versant (heures).


● td ​= ​δtm ;

Ou δ : coefficient de forme de l’Hydrogramme de crue.


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Tableau : ​Coefficient de forme de l’Hydrogramme de crue δ

Condition δ

petits cours d’eau et vallons dans des bassins versants dénudés et


2 à 2,5
faiblement perméables.

petits cours d’eau et vallons dans des bassins versants brisés ou


3 à 4
perméables, moyens cours d’eau avec terrasses de lit majeur normales.

Grands et moyens cours d’eau avec des terrasses de débordements


4 à 7
étendues.

Pour notre bassin δ = 5.

AN:
t​m​ = 9 heures t​d​ = 45 heures.

D’où le temps de base est t​b =


​ t​m +
​ t​d ​= 54 heures

2
Donc : Pour la montée : Qm = Qmax ( 9t )

3
Pour la décrue : Qd = Qmax ( (45−t)
45 )
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Figure. :​ Hydrogrammes de crues


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Choix de la fréquence de crue du projet :

Elle est définie comme étant la crue maximale que l'ouvrage doit être capable d'évacuer
sans dommages graves à l'aval. Elle est prise en compte pour déterminer le niveau des
plus hautes eaux. Donc la hauteur du barrage, et pour le dimensionnement de
l'évacuateur de crues, en intégrant les possibilités du laminage.

Le choix de crues de projet dépend de degré de risque admis en cas de


dépassement de celle –ci.
Cependant le risque global est lié aussi à la vulnérabilité de la vallée en aval (occupation
de la zone susceptible d'être inondée en cas de rupture).Lorsque le barrage intéresse la
sécurité publique la période de retour ne devra en aucun cas être inférieure à 1000 ans.
L’estimation de la crue de projet résulte non seulement de l’influence des facteurs
hydrologiques sur le projet lui-même et du coût de l’ouvrage, mais également du risque
potentiel de rupture du barrage sur la vie des personnes et sur les pertes économiques
résultant de cette rupture.

Autrement dit, il s’agit de chercher un compromis optimum entre l’aspect économique


de la construction et les risques encourus à l’aval.
Tableau ​Catégories des dommages résultant des crues, fixées par le CNAGB.

Dommages élevés Dommages importants Dommages faibles

Pas de pertes de vies envisagées


Pertes de vie envisagées en raison de la
mais la possibilité existe toute fois. Pas de pertes de vies
fréquence de la population ou d’autre
Pas de développement urbain et envisagées.
centre d’activité à l’aval.
nombre limité d’édifices à l’aval.

Pertes économiques considérables


(dommages à des entreprises Pertes économiques appréciables. Pertes économiques
industrielles, commerciales ou agricoles, Dommages à des édifices publics minimales. Bâtiments
des édifices publics et des centres importants, au barrage lui-même agricoles, terres et chemin
d’habitation, dommage au barrage lui et à d’autres réservoirs à l’aval. vicinaux.
même et à d’autres réservoirs à l’aval).

Réparation possible du barrage.


Le barrage est essentiel à l’activité Réparation du barrage
Disponibilité des sources de
économique et les réparations ne sont possible, pertes indirectes
secours pour la fourniture en eau
pas possibles. faibles.
ou en électricité.
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Pour chaque catégorie de dommage, le comité national Australien des grands


barrages(CNAGB) fixe un intervalle pour le choix de la crue du projet ;

Tableau. ​Crues de projet recommandées.

Catégorie des dommages Crue de projet recommandé

Elevés :
- perte de vie 1/100000 à 1/10000
- dommages considérables

Importants
- pas de pertes de vies 1/10000 à 1/1000
- dommages importants

Faibles :
- pas de perte de vies 1/1000 à 1/100
- dommages légers

Conclusion :
Juste en aval du barrage projeté et devant l’indisponibilité des données de crues
laminées par le barrage etudié, au vu des pertes de vie et des dommages économiques
importants que peut provoquer un sous dimensionnement de l’évacuateur de crue, on
opte pour la crue déca-millénaire dont le débit est de :

Choix de la crue de chantier :

Le choix de la crue de chantier présente une importance capitale dont le risque admis
est évaluée selon le niveau de protection que l’on veut accorder au chantier contre les
crues.

La protection contre la crue est obtenue par un amortissement de celle-ci par un


batardeau tandis que l’ouvrage de dérivation (conduite de dérivation) est dimensionné
pour une fraction de débit de pointe de la crue.

Les barrages en travaux sont souvent protégés contre les crues cinquantenales, mais
l’ouvrage de dérivation est souvent dimensionné pour une période de retour qui varie
entre 10 et 50 ans ;

Donc pour la crue des travaux Nous adoptons une crue de période de retour (T = 50 ans)
dont le débit est de :
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