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COUR SUPREME REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

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CHAMBRE DES COMPTES
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EXTRAIT DES MINUTES DU GREFFE DE LA CHAMBRE


DES COMPTES DE LA COUR SUPREME

EXPEDITION
AUDIENCE DE LA CHAMBRE DU CONSEIL
DU MERCREDI 29 JUIN 2011
SOMMAIRE
INTRODUCTION. …………………………………………….…..……….…………………... 05-06

I) PRESENTATION GENERALE DE LA CGRAE ………….…………….………………… 07

A) HISTORIQUE.…………………………………………………..….….………………….. 07

B) MISSIONS DE LA CGRAE …..………………………...………………………………. 08

1) Une mission de service public………..…………..………………...………….. 08-09

2) Les prestations de la CGRAE .………..……..…..……………….…………….. 09-13

C) ORGANISATION DE LA CGRAE …………………………………….…...................... 13

1) L’organisation administrative ………..…….………..……………….. ………...13-17

2) L’organisation comptable. ….………………………….….…..…………………17-18

3) Le cadre juridique.……………………..……….…………...…….….…………....18-19

D) RELATIONS DE LA CGRAE AVEC L’EXTERIEUR ……………….…………………. 19

1) Les ministères de tutelle ………………………………………..….…………....19-23

2) Le Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi…………………………… 24

3) Les organismes affiliés. …………………………………………………………24- 25

II) EVALUATION DU CONTRÔLE INTERNE DE LA CGRAE …..…….…...………………..26

A) MISSION DU DEPARTEMENT DE L’AUDIT INTERNE……………... ……………26-27

B) EVALUATION DU FONCTIONNEMENT DU DEPARTEMENT


DE L’AUDIT INTERNE : ………………………………...………………....…………….. 27

1) Dysfonctionnements constatés : ……..…………………....….…..…………. 27-29

2) De la responsabilité des acteurs………………..………...…...….….............. 29-32

2
III) PROCESSUS D’ADMISSION A LA RETRAITE DE LA LIQUIDATION
AU PAIEMENT DE LA PENSION ……………………………...……...…………........….... 33

A) LA LIQUIDATION DE LA PENSION ……………………….……….….…................... 33

1) La liquidation de la pension des fonctionnaires et agents de l’Etat


émargeant au BGE .…………………….………………….……................... 33-36

2) La liquidation de la pension des organismes affiliés..………………..... 36-38

B) LE PAIEMENT DE LA PENSION .……………………………….…………………...38-39

C) LES PROBLEMES INHERENTS A LA LIQUIDATION ET AU PAIEMENT


DES PENSIONS ……………………………………………….……….……………..…... 39

1) Les difficultés consécutives au traitement des dossiers


de liquidation des pensions .…………………………….…..……..………..39-41

2) Les difficultés liées au paiement de la pension de retraite…………... .41-43

D) DE LA RESPONSABILTE DE LA LIQUIDATION DES PENSIONS


DE RETRAITE ………………………………….……………...………………......…..44-45

IV) GESTION FINANCIERE DU REGIME DE RETRAITE …………………………………... 46

A) LES RESSOURCES DE LA CGRAE. ………………………………..………………..... 46

1) Les cotisations de pensions ………….………………….….……….......... 46-49

2) Les subventions de l’Etat. ………………………………..…………...….…. 49-50

3) Les ressources allouées au financement des charges de


fonctionnement ….…………………………………………..……………..….50-51

4) Les produits accessoires.……………….……………………………….…...51-52

B) LES CHARGES .………………………………………….……………………..…..….…..53

1) Les dépenses des opérations techniques ou dépenses


techniques. …………………………………………………….………….……53- 56

2) Les dépenses d’exploitation…………………………..……………….……. 56-68

3) Les dépenses d’investissement. ………………………….…………....….. 68-71

4) Les dépenses de la trésorerie active ………………………...………….… 71-75

5) Les provisions …………………..…………………………………………..… 75-80

3
C) ANALYSE DES RESULTATS …...…………………………………………………….. 80

1) Analyse des résultats des opérations techniques…………………….... 80-81

2) Analyse des résultats du fonctionnement………………..…..…………... 81-82

3) Analyse des résultats nets……...…………………….…………………….….. 83

V) EVALUATION DU REGIME DE RETRAITE .…………………..……………………....….. 84

A) EQUILIBRE DU REGIME .………………………….…….…………………………........ 84

1) Critères d’appréciation de l’équilibre ………………………….…........… 84- 85

2) Les autres facteurs d’aggravation du déséquilibre …………………….. 85-88

B) EVALUATION DU REGIME PAR LES BENEFICIAIRES……............................. 89-92

VI) RECOMMANDATIONS …………………………………………………………………....… 93

A) RECOMMANDATIONS D’ORDRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL. ….. … 93-95

B) RECOMMANDATIONS D’ORDRE PARAMETRIQUE ……………………….…. 95-96

C) RECOMMANDATIONS AU PLAN DE LA GESTION …………………………. 96-100

CONCLUSION …………..…………………………………………………………….…….……..101

ANNEXES

4
INTRODUCTION

Par lettre de mission du 27 mai 2009 (annexe n° 01), Monsieur BOGUI ZIRIYO, Vice
Président de la Cour Suprême, Président de la Chambre des Comptes a donné
mandat à Madame GUIRAUD Béatrice, Conseiller, Chef de mission, aux Auditeurs
AMANGOUA Tanon, KOFFI Akian Jules, DOUDOU Djégnini Jonas avec l’assistance
du Vérificateur COULIBALY Lacina ( annexe n°02 ) à l’effet de procéder au contrôle
de la gestion de la Caisse Générale de Retraite des Agents de l’Etat ( CGRAE ) pour
les exercices 2005, 2006 et 2007.

Cette mission de contrôle s’inscrit dans le cadre des dispositions combinées des
articles 155 à 163 de la loi n°94-440 du 16 août 1994 déterminant la composition,
l’organisation, les attributions et le fonctionnement de la Cour Suprême, modifiée et
complétée par la loi n°97-243 du 25 avril 1997 et de l’article 27 du décret n°97-674
du 3 décembre 1994 portant création de la société d’Etat dénommée CGRAE qui
l’assujettissent au contrôle de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême.

Le contrôle de la Chambre des Comptes sur les entreprises publiques est un


contrôle qui porte aussi bien sur la régularité et la sincérité des comptes et bilans
que sur la qualité de la gestion.

S’agissant de la CGRAE, les présents travaux de vérification constituent la première


mission de contrôle de la Cour dans cette société.

La Cour a effectué son contrôle en tenant compte des risques liés à l’activité de la
CGRAE qui sont entre autres :

- le risque de non prélèvement des cotisations des agents de l’Etat ;

- le risque de non reversement à la CGRAE des cotisations prélevées ;

- le risque de non paiement de la pension aux agents retraités.

Les objectifs qu’elle s’est fixée sont les suivants :

- analyser le processus d’admission à la retraite, de la constitution des dossiers


au paiement de la pension ;

- apprécier les procédures de contrôle interne ;

- s’assurer que les moyens mis en œuvre par la CGRAE pour le recouvrement
des cotisations sont efficaces.

- relever tous les éléments constituant des freins à une gestion saine, efficace
et efficiente de la CGRAE.

La démarche méthodologique de l’équipe de contrôle a reposé essentiellement sur la


revue documentaire, des entretiens libres non directifs, l’observation physique, le
contrôle mathématique et le contrôle formel et substantiel.

5
Relativement aux entretiens, l’équipe de contrôle a organisé des rencontres avec le
Conseil d’Administration, la Direction Générale et les directions opérationnelles de la
CGRAE. Elle a également eu des rencontres avec les partenaires extérieurs de la
CGRAE.
 En ce qui concerne les structures internes :

- Le Conseil d’Administration ;

- La Direction Générale et les services qui lui sont rattachés.

 En ce qui concerne les structures externes :

- Le Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi ;

- Le Ministère de la Défense ;

- Le Ministère de l’Economie et des Finances (la Direction de la Solde, le


Trésor et la Direction des Participations et des Privatisations) ;

- Les Commissaires aux comptes ;

- Les Associations reconnues des Retraités.

Les travaux de vérification sur place ont débuté le 2 juin 2009 et se sont achevés le
31 août 2009.

Les observations de la Cour ont fait l’objet d’un rapport provisoire transmis à la
Direction Générale de la CGRAE par lettre n° 83/CS/CCPT-SM du 1er avril 2010
(annexe n°03).

Conformément aux dispositions de l’article 161 de la loi sur la Cour Suprême, le


Directeur Général disposait d’un mois pour répondre aux observations par mémoire
écrit, appuyé s’il y a lieu de justifications.

Par lettre n°23 / CGRAE/ DG / AJJ / db du 20 mai 2010, le Directeur Général de la


CGRAE a répondu audit rapport en apportant des explications et des pièces
justificatives complémentaires (annexe n°04).

Le présent rapport qui fait la synthèse des principales observations de la Cour et des
réponses de la Direction Générale de la CGRAE, s’articule autour de six points :

I) Présentation générale de la CGRAE ;

II) Evaluation du contrôle interne ;

III) Processus d’admission à la retraite : de la liquidation au paiement de


la pension ;

IV) Gestion financière du régime de retraite ;

V) Evaluation du régime de retraite ;

VI) Recommandations.

6
I - PRESENTATION GENERALE DE LA CGRAE

A) HISTORIQUE
A son accession à l’indépendance, l’Etat de Côte d’Ivoire ayant succédé à l’Etat
français, a opté en ce qui concerne la gestion de la retraite, pour le maintien des
caisses de retraite mises en place par l’administration coloniale.

En 1962, la loi n°62-405 du 7 novembre 1962 fut votée pour instituer le régime des
pensions civiles géré par les services des pensions de Côte d’Ivoire.
La gestion de ce régime fut par la suite confiée de 1964 à 1977 au Ministère des
Affaires Economiques et du Plan, précisément au Trésor public.
Face à l’accroissement de la population des retraités, il est apparu nécessaire de
créer une structure différente du Trésor, investie d’une mission de service public : la
CGRAE.

L’ordonnance n° 77-206 du 5 avril 1977, ratifiée par la loi n° 77-496 du 29 juin 1977,
fait de la CGRAE un Etablissement Public Administratif (EPA). Elle fut par la suite
érigée en Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial (EPIC) par le
décret n° 92-47 du 29 janvier 1992. Dans le but de rendre l’Institution plus
opérationnelle et de lui conférer une autonomie fonctionnelle et financière ainsi
qu’une souplesse de gestion, la CGRAE a été transformée en Société d’Etat (SODE)
par le décret n° 97-674 du 03 décembre 1997.

La CGRAE est placée, pour les gestions sous revue (2005, 2006, et 2007) sous la
tutelle financière du Ministère chargé de l’Economie et des Finances, la tutelle
technique étant assurée par le Ministère chargé des Affaires Sociales et de la
Solidarité Nationale.

Si le statut juridique de la CGRAE a changé à maintes reprises, le régime de retraite


n’a quant à lui subi aucune modification. C’est le régime dit obligatoire et par
répartition.

Dans le cadre de ce régime, l’Etat s’est engagé à assurer à chaque agent de l’Etat,
une fois à la retraite, un niveau minimal de revenu.

Pour atteindre cet objectif, la contribution financière de chaque agent ou


fonctionnaire s’avère nécessaire.

La retraite est donc par essence un système de rotation qui fait que les retraités
d’aujourd’hui bénéficient des cotisations des agents encore en activité, ces derniers
devant bénéficier à leur tour des cotisations de générations beaucoup plus jeunes.
Il s’agit du financement des pensions versées aux retraités par les cotisations des
actifs qui accumulent en contrepartie des droits pour leur future retraite.
Chaque actif ou fonctionnaire constitue un retraité en devenir et un bénéficiaire
potentiel.

Ainsi n’a droit à la pension de retraite que le retraité qui, pendant sa période d’activité
professionnelle, a contribué au financement du système par des cotisations
régulières.

7
B) MISSION DE LA CGRAE

1) Une mission de service public

La CGRAE est une société d’Etat au capital social de 300 millions de francs CFA,
appartenant exclusivement à l’Etat. Son siège social est situé à Abidjan Plateau, rue
du commerce. Il peut être transféré en tout autre endroit de la même ville, par simple
décision du Conseil d’Administration ou en tout autre endroit du territoire national par
décret.

L’objet de la CGRAE tel que précisé par l’article 2 du décret portant création de la
société est la gestion au profit des bénéficiaires du régime obligatoire des
pensions, du régime volontaire et complémentaire de retraite, des fonds collectés au
titre de ces deux régimes.

La mission de service public dont la CGRAE est ainsi investie se résume à deux
activités essentielles à but non lucratif :

- percevoir les cotisations et subventions destinées au financement des


pensions de retraite et autres prestations tout en assurant la gestion
financière des excédents de cotisations ;

- effectuer en faveur des bénéficiaires désignés, différentes prestations,


notamment le paiement des pensions de retraite et de réversion, les
allocations et les rentes viagères.

Dans le régime obligatoire des pensions ou régime par répartition, les cotisations
versées par les actifs au titre de l’assurance vieillesse sont utilisées pour payer les
pensions des retraités. Ce régime repose donc sur une forte solidarité des
générations. C’est le régime actuellement en vigueur à la CGRAE.

Dans le régime volontaire et complémentaire de retraite non encore pratiqué à la


CGRAE et qui est un régime de retraite par capitalisation, les actifs d’aujourd’hui
épargnent en vue de leur propre retraite. La pension est assurée par une mise en
réserve volontaire ou obligatoire sous la forme d’un capital qui servira de base à une
rente viagère.

Dans le cadre de sa mission de service public et conformément à l’article 24 du


décret n°97-674 du 3 décembre 1997 portant création de la CGRAE, ladite société
devrait passer avec l’Etat de Côte d’Ivoire, pour compter de la gestion 1998, un
contrat de programme, qui devrait fixer notamment :

- les conditions et modalités de l’équilibre entre les ressources et les


emplois de la société au titre de chacun des régimes de retraite et de
pensions.

- le montant des subventions annuelles de l’Etat au titre du régime


obligatoire de pensions ;

- les principes généraux de placement des provisions et réserves


techniques ;

8
- les règles de contrôles techniques applicables à la gestion des régimes de
pensions et de retraites.

Ce contrat peut être amendé à la demande de la société ou de l’Etat, dès qu’un


élément concourant à l’équilibre d’un des régimes de pension de retraite est modifié,
et, notamment chaque fois qu’il est mis à la charge de la société des prestations
supplémentaires au titre du régime obligatoire des pensions, sans contrepartie
financière à concurrence versée par les bénéficiaires et les budgets employeurs
concernés.

A la préoccupation de la Cour sur l’inexistence du contrat programme, la CGRAE a


répondu qu’elle a, en 1998, initié des études actuarielles pour évaluer le régime de
retraite. Les résultats de ces études ont permis de rédiger un projet de contrat de
programme transmis depuis 2009 à la tutelle pour appréciation.

2) Les prestations de la CGRAE


.
La CGRAE sert au profit de ses bénéficiaires diverses prestations.
Ces prestations versées sous forme de pensions dont la jouissance est immédiate et
prend effet le mois suivant le départ à la retraite, sont réparties en deux catégories :

- les prestations directes payées aux retraités eux-mêmes ;

- les prestations pour ayant droits payées aux veufs ou veuves et aux orphelins du
retraité défunt.

a) Les Prestations Directes

Il s’agit :

- des pensions périodiques civiles ;

- des pensions périodiques militaires ;

- des pensions apériodiques.

a. 1) Les pensions périodiques civiles

 La pension d’ancienneté

La pension d’ancienneté est acquise à la cessation définitive de fonction, après avoir


accompli au moins 30 ans de services. Elle est fixée à 2 % des émoluments de base
par annuité liquidable. Une annuité liquidable correspondant à 12 mois de services
effectifs et de cotisations réelles.

Le calcul de la pension est basé sur les derniers émoluments soumis à la retenue
afférents à l’emploi ou grade et échelon occupés effectivement depuis 6 mois au
moins par le fonctionnaire au moment de son admission à la retraite ou dans le cas
contraire, s’il y a rétrogradation par mesure disciplinaire, sur les émoluments
afférents à l’emploi au grade et échelon antérieurs.

9
La pension d’ancienneté est majorée de 10 % en ce qui concerne les titulaires ayant
élevé au moins trois enfants depuis leur naissance jusqu’à l’âge de 16 ans et de 5%
par enfant au-delà du troisième sans que le total n’excède le montant du traitement
de base.

Le titulaire d’une pension d’ancienneté bénéficie également d’allocations familiales


pour ses enfants âgés de moins de 16 ans (limitation à 6 enfants) lorsque son
départ à la retraite est consécutif à une invalidité.

 La pension proportionnelle

Le droit à la pension proportionnelle est accordé :

- sans condition d’âge ni de durée de service aux fonctionnaires admis à la


retraite pour invalidité ;

- sans condition de durée de service pour les fonctionnaires atteignant la limite


d’âge sans droit à pension d’ancienneté ;

- sans condition d’âge, après 15 ans de services.

Les règles de calcul de la pension proportionnelle sont identiques à celles en vigueur


pour la pension d’ancienneté. Les titulaires d’une pension proportionnelle ne
bénéficient cependant pas d’allocations familiales.

 Les allocations viagères

Ce sont des paiements effectués en faveur des hautes personnalités de l’Etat


(Présidents de la République, Présidents d’institutions, Ministres, Ambassadeurs,
Conseillers économiques et sociaux…) et de certains agents temporaires.

 La rente d’invalidité

C’est une indemnité versée à un agent (fonctionnaire, personnalités…) devenu


invalide en raison d’une maladie ou d’un accident survenu ou non, dans le cadre de
l’exercice professionnel.

a. 2) Les pensions périodiques militaires

Ont droit au bénéfice des dispositions prévues par ce régime :

- les militaires de tous grades des Forces Terrestres, des Forces Aériennes, de
la Marine Nationale et de la Gendarmerie Nationale possédant le statut de
militaires de carrière ou servant dans les Forces Armées Nationales en vertu
d’un contrat, pour l’application des règles concernant les pensions militaires ;
- les jeunes gens et jeunes filles accomplissant leur service national, les
militaires et les gendarmes de réserve en situation d’activité ou accomplissant
les périodes d’activité volontaires ou obligatoires;

Les règles applicables aux policiers sont les mêmes que celles requises pour les
militaires et les gendarmes.

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 La pension d’ancienneté

Le droit à pension d’ancienneté est acquis aux militaires de tous grades rendus à la
vie civile, lorsque se trouve remplie, à la cessation d’activité, la condition de vingt-
cinq années au moins de services militaires effectifs et civils dûment validés.

 La pension proportionnelle

Le droit à pension proportionnelle est acquis aux militaires de tous grades, totalisant
au moins quinze années de services militaires effectifs et civils dûment validés ou,
sans condition de durée de services, aux militaires radiés des cadres pour invalidité
imputable au service ou décédés en service commandé.

La pension de retraite des militaires est fixée par annuités liquidables à 2 % de la


solde de base à laquelle s’ajoutent éventuellement les majorations pour enfants.

 La solde de reforme

Le militaire rendu à la vie civile et n’ayant pas acquis de droit à pension de retraite
est admis au bénéfice d’une solde de réforme s’il accomplit un temps de service égal
ou supérieur à cinq années.

La jouissance de la solde de reforme dure le temps pendant lequel le militaire a été


en fonction. Toutefois, dans un délai de 3 mois à partir de la cessation de ses
fonctions, le militaire peut demander au Ministre de la Défense la conversion de sa
solde de reforme en une somme en capital. Dans ce cas, cette somme lui est versée
soit en une seule fois, soit par fractions.

 La pension d’invalidité

La pension d’invalidité est une allocation pécuniaire personnelle attribuée à titre


temporaire ou définitif au militaire devenu invalide par suite de blessures ou maladie
du fait ou à l’occasion du service.

a. 3) Les pensions non périodiques

 Le remboursement de cotisations

Il est versé en faveur des agents qui quittent l’administration sans avoir totalisé 15
années de service. La somme payée correspond au remboursement de la part
salariale (cotisations de 6%) versé par l’agent au cours de sa carrière.

 L’indemnité de départ volontaire

Le départ volontaire de la Fonction Publique a été institué par le décret n°94-94 du


02 mars 1994 relatif aux départs volontaires des fonctionnaires et agent temporaires
de l’Etat pour réduire les effectifs de la Fonction Publique. Ce décret ayant une
période initiale de validité de 2 ans a été prorogé par décret n°96-261 du 22 mars
1996.

11
L’indemnité de départ volontaire est égale à 18 mois du traitement mensuel de base.

Depuis le 31 décembre 1999, il n’y a plus de départ volontaire à la retraite.

b) Les prestations pour ayants droit

Il s’agit :

- des pensions périodiques ;

- des pensions apériodiques

b.1) Les pensions périodiques

 La pension de réversion de veuf ou de veuve

Cette pension est reversée au conjoint survivant du retraité décédé ou du


fonctionnaire décédé en fonction ayant totalisé au moins quinze années de services
effectifs.
Le mariage doit avoir été contracté 2 ans au moins avant la cessation de l’activité de
l’époux défunt.

La pension de veuf ou veuve est fixée au taux de 50 % de la pension d’ancienneté


ou proportionnelle obtenue par le titulaire.

La veuve d’un fonctionnaire non remariée, divorcée ou séparée de corps dont le


divorce n’a pas été prononcé à ses torts exclusifs, a droit à une pension de réversion
de veuve. A cette pension s’ajoute éventuellement, lorsque la veuve est la mère des
enfants ouvrant droits à une majoration, la moitié de la majoration.

Le conjoint survivant d’une femme fonctionnaire peut prétendre à une pension de


réversion de veuf, s’il est justifié qu’au décès de sa femme il est atteint d’une infirmité
ou d’une maladie incurable le rendant définitivement inapte à travailler. Cette pension
ne peut en s’ajoutant aux ressources propres du bénéficiaire, porter celles-ci au delà
du minimum vital. Elle cesse d’être servie si le veuf vit dans un état de concubinage
notoire ou s’il est remarié.

On note ainsi que le droit à pension du veuf est subordonné à des conditions
beaucoup plus draconiennes que celles imposées à la veuve.
Cela va à l’encontre du principe de l’égalité devant la loi, sans distinction de sexe,
principe consacré par l’article 30 de la Constitution.

 La pension de réversion d’orphelin

Chaque orphelin a droit jusqu’à l’âge de vingt et un an révolus et sans condition


d’âge, s’il est atteint d’une infirmité permanente le mettant dans l’impossibilité de
gagner sa vie, à une pension égale à 10 % de la pension d’ancienneté ou
proportionnelle obtenue par le père ou qu’il aurait obtenu le jour de son décès et
augmentée, le cas échéant de 10 % de la rente d’invalidité.

Cette pension n’est envisagée que par rapport à la situation du père.


La situation de l’orphelin par rapport à la mère n’est pas prise en compte alors que la
mère peut être également agent de l’Etat.
12
 La rente viagère

C’est une allocation pécuniaire versée aux ayants cause d’un militaire décédé. ;
soit :
- des suites d’un évènement survenu du fait ou à l’occasion du service ;

- de l’aggravation d’une invalidité résultant d’un accident survenu du fait ou à


l’occasion du service ;

- de l’aggravation d’une invalidité résultant d’une maladie contractée du fait ou à


l’occasion du service.

Le montant de la rente viagère est fixé à 100 % de la solde afférente à l’indice moyen
du grade détenu par le militaire décédé. Ce montant est réparti à raison de 50%
pour le conjoint survivant et de 50 % pour les orphelins.

b. 2) Les pensions apériodiques

 Le capital décès

Le capital décès est un montant payé en une seule fois aux ayants cause d’un agent
de l’Etat ou fonctionnaire décédé pendant qu’il était en activité. La somme
correspond à douze mois de salaire brut non imposable de l’agent décédé.

C) ORGANISATION DE LA CGRAE

L’organisation de la CGRAE sera analysée dans le présent rapport sous l’aspect


administratif, comptable et juridique.

1) L’organisation administrative

Conformément à son statut de Société d’Etat, l’organisation de la CGRAE repose


sur deux structures essentielles (annexe n°05) :

- Le Conseil d’Administration

- La Direction Générale.

a) Le Conseil d’Administration

Le Conseil d’Administration, composé de 12 administrateurs issus de différents


secteurs en rapport avec les missions de la CGRAE, exerce de façon continue son
autorité et son contrôle sur les activités de la société et définit sa politique générale.
Il a à sa tête un Président désigné parmi les administrateurs.

Pour les gestions sous revue, les membres du Conseil d’Administration ont été
nommés pour un mandat de 3 ans par le décret n°2005-27 du 27 janvier 2005.
M. FAGNIDI DJEDJE Gustave, a été élu président dudit conseil au cours de la
réunion extraordinaire du Conseil d’Administration de la CGRAE du 28 janvier 2005.

Il y a lieu de faire observer l’absence au sein du conseil d’administration de


représentants des syndicats, des fonctionnaires et agents de l’Etat.

13
En réponse à cette constatation de la Cour, la CGRAE précise que siège au sein du
Conseil d’administration la Directeur des pensions civiles et des risques
professionnels des personnels civils du Ministère de la Fonction Publique et de
l’Emploi.

Pour la Cour, ce dernier est le représentant du Ministère et non celui des


fonctionnaires.

b) La Direction Générale

La Direction Générale est chargée de la gestion quotidienne de la Caisse et veille à


la mise en œuvre des délibérations et recommandations du Conseil d’Administration.

Elle a à sa tête depuis le 25 mai 2005, Monsieur AHO Jean-Jacques, nommé par le
Conseil d’Administration en remplacement de Monsieur YOU Mamadou.

Il est à noter depuis 2008 la nomination d’un Directeur Général Adjoint (DGA), en la
personne de M. KIPLE Serigbalé Bernard. Cette nomination est intervenue au cours
de la réunion extraordinaire du Conseil d’Administration de la CGRAE du 22 avril
2008.

S’il est vrai que le droit OHADA prévoit le poste de DGA, il est à noter que ce poste
n’est pas prévu par la loi portant définition et organisation des sociétés d’Etat. Il se
pose alors le problème de la conformité des textes nationaux au droit
communautaire.

Pour les gestions sous revue, l’effectif de la CGRAE est le suivant :

- 107 agents en 2005


- 133 agents en 2006
- 150 agents en 2007

Le tableau ci-dessous montre la classification du personnel par catégorie.

Tableau n°1 : Evolution du personnel CGRAE

CATEGORIE 2005 2006 2007


Hors cadres 6 6
Cadres 36 39 41
Agents de maîtrise 50 60 75
Employés 21 28 28
TOTAL 107 133 150
Source : Direction des Ressources Humaines, CGRAE.

Sous la supervision du Directeur Général, le fonctionnement de la société est assuré


par cinq (5) directions à travers lesquelles se trouve réparti le personnel de la
CGRAE.
Il s’agit de :

- La Direction des Pensions.

- La Direction Financière et Comptable.


14
- La Direction de la Planification et du Développement.

- La Direction des Ressources Humaines.

- La Direction des Systèmes d’Information.

 La Direction des Pensions

Elle a en charge la réception des dossiers des pensions en provenance de la


Fonction Publique, la liquidation des dossiers de pension des corps de la Défense
Nationale et de la police ainsi que des entreprises et des organismes publics.
Elle assure également le suivi des dossiers jusqu’à la mise en paiement de la
pension.

Elle est composée de quatre départements :

- Le département des pensions civiles.

- Le département des pensions militaires.

- Le département des pensions des entreprises et organismes publics.

- Le département du contrôle et suivi des pensions.

 La Direction Financière et Comptable

Elle est chargée de la tenue de la comptabilité et de la mobilisation des ressources


financières destinées au paiement des pensions et des différentes indemnités au
profit des bénéficiaires et de gérer d’éventuels excédents de cotisations. Elle met
également à la disposition des tiers, toutes les informations financières et
comptables permettant de suivre, dans le temps l’évolution de la CGRAE.

Elle est composée de 3 départements :

- le département recouvrement ;

- le département finances ;

- le département comptabilité.

 La Direction de la Planification et du Développement

Elle est chargée de l’élaboration des stratégies d’amélioration de la gestion interne,


de l’élaboration et du contrôle de l’exécution du budget et de la conception de
l’ensemble des documents normatifs (rapport d’activités, rapports d’exécution du
budget, plans stratégiques de la structure).

Elle mène des études actuarielles, conçoit des projets dans le court, moyen et long
terme, élabore les tableaux de bord nécessaires au suivi des principales directions.

15
Elle est composée de 3 départements :

- le département études, méthodes et organisations ;

- le département analyse des paiements ;

- le département contrôle de gestion.

 La Direction des Ressources humaines

Elle a en charge :

- la gestion des ressources humaines et matérielles de l’entreprise ;

- la mise en œuvre de la politique sociale de l’entreprise ;

- l’exécution des achats nécessaires au fonctionnement de l’entreprise ;

- l’entretien du matériel de l’entreprise afin d’assurer son bon fonctionnement.

Elle est composée de 4 départements :

- le département gestion des ressources humaines ;

- le département juridique et contentieux ;

- le département des moyens généraux ;

- le département de la formation et des stages.

 La Direction des Systèmes d’Information.

Elle a en charge la définition et la supervision de la politique du système


d’information et sa mise en œuvre. A ce titre, elle est responsable de l’ensemble des
composants matériels (postes de travail, serveurs, équipements de réseau…) et
logiciels du système d’information ainsi que du choix et de l’exploitation des services
de télécommunications mis en œuvre.

Elle est composée de 3 départements :

- le département exploitation ;

- le département Etude ;

- le département réseau et sécurité.

 Les départements rattachés à la Direction Générale

Dans l’organigramme, deux départements sont directement rattachés à la Direction


Générale et ne dépendent d’aucune direction particulière. Il s’agit du Département
Communication et Actions Sociales et du Département de l’Audit Interne.

16
o Le Département Communication et Actions Sociales

Il est chargé notamment :

- de la mise en œuvre de la politique d’actions sociales de la CGRAE en faveur


des retraités ;

- de l’élaboration et de la conduite de la stratégie de communication de la


CGRAE en faveur des retraités et des agents de l’Etat en activité

Le Département Communication et Actions Sociales comprend :

- le service actions sociales ;

- le service communication. ;

- le service courrier ;

- le standard

o Le Département de l’Audit Interne

Il a pour mission :

- le contrôle des paiements des dossiers de pension et la correction des


émissions de paiements ;

- la certification des dépenses et achats de la CGRAE et la validation des prix ;


- le contrôle des caisses de la trésorerie ;

- le contrôle des procédures et politiques internes

2) L’organisation comptable

L’activité comptable est assurée par le Département Comptabilité ayant en son sein
deux services :

- le service « Fonctionnement » qui assure la gestion comptable des opérations


liées aux frais généraux de gestion de la société et aux investissements ;

- le service « Pension » qui s’occupe du traitement comptable des informations


relatives à l’activité spécifique de gestion du régime de pension par répartition.

Les comptes de la CGRAE font l’objet conformément à la réglementation en vigueur


d’un contrôle annuel effectué par deux commissaires aux comptes choisis parmi
ceux inscrits au tableau de l’ordre des experts comptables et nommés pour deux
ans.
Pour les gestions sous revue ce sont :

- le Cabinet Nouvelle SOCOGEC ;

- le Cabinet UNICONSEIL.
17
En tant que société d’Etat, la CGRAE est en principe soumise aux exigences des
règles de gestion des entreprises commerciales relevant du traité de l’OHADA et
dont le référentiel comptable est le système comptable OHADA.

Or, compte tenu de la spécificité de son activité principale, la CGRAE a retenu le


système comptable OHADA pour la présentation des comptes de bilan et le modèle
du Plan Comptable Régional de Référence des Organismes de Prévoyance Sociale
des pays d’Afrique de la zone Franc (PCRROPS) pour la présentation des comptes
d’exploitation.

Cette présentation a l’avantage de mettre en évidence le résultat des opérations


techniques d’une part et le résultat de la gestion courante de l’entreprise d’autre part.

Il y a lieu cependant de relever comme l’affirme dans son rapport, le cabinet ERNST
& YOUNG que l’application mixte de ces deux référentiels comptables aboutit
inéluctablement à des incohérences comptables qui affectent la pertinence des états
financiers.

En effet, l’utilisation de deux référentiels comptables induit des états financiers non
homogènes.

Par ailleurs, les règles applicables à la présentation du bilan ne prévoient pas de


dotation de réserves techniques pourtant indispensables aux institutions de
prévoyance sociale en vue de renforcer les capitaux propres ; contrairement au
système comptable OHADA, cette disposition est prévue par le code CIPRES.

Au plan fiscal, la CGRAE est, à l’instar de toutes les sociétés commerciales, soumise
au paiement de l’impôt sur les bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) et de la
patente bien qu’elle ne réalise pas de bénéfice.

Et pourtant, la Cour observe que les déclarations fiscales (relatives aux résultats) ne
retiennent que les seules opérations de fonctionnement en dehors de celles
résultant des opérations techniques.

Le non paiement du BIC et de la patente s’analyse à notre sens comme une


irrégularité que l’Administration Fiscale est fondée à relever à tout moment.

Les anomalies décriées supra ont été dénoncées par les commissaires aux comptes
qui ont déclaré dans leurs rapports ne pas être en mesure de se prononcer sur les
éventuels redressements fiscaux qui pourraient en résulter et leur incidence sur les
résultats de la société.

3) Le cadre juridique

Les dispositions régissant le fonctionnement des régimes gérés par la CGRAE sont
le résultat d’un empilement sur plusieurs décennies de nombreux textes législatifs et
règlementaires se traduisant in fine par un ensemble de dispositions dont la lecture
s’avère souvent fastidieuse.

Par ailleurs, il est constaté que plusieurs décrets et arrêtés d’application n’ont pas
été pris, conduisant à des vides juridiques comblés par des dispositions antérieures
au contenu parfois obsolète.
18
L’analyse des textes régissant la CGRAE permet d’identifier plusieurs régimes de
pension :

- un régime de droit commun qui s’applique à l’ensemble des fonctionnaires qui


ne relèvent pas de régimes spéciaux et à leurs ayants droits ;

- le régime spécial des anciens membres du Conseil Economique et Social ;

- le régime spécial des agents temporaires des administrations et des


démembrements de l’Etat ;

- le régime spécial des militaires gendarmes et personnels de police nationale ;

- le régime spécial des personnalités ;

- le régime spécial des ambassadeurs.

A la demande du Ministre en charge de l’Economie et des Finances, une étude


actuarielle a été réalisée par le Cabinet ACTUARIA qui a procédé à une relecture
de ces textes.

Les propositions faites par le Cabinet ACTUARIA vont non seulement dans le sens
d’un toilettage des textes existants, de leur mise en cohérence et de leur
modernisation mais concernent également des réformes à la fois sur le plan
organisationnel et sur le plan actuariel.

La rédaction d’un texte unique intégrant l’ensemble des dispositions de la quinzaine


de textes hétérogènes actuellement utilisés est l’une des principales
recommandations faites par ledit Cabinet à laquelle la Cour souscrit.

D) RELATIONS DE LA CGRAE AVEC L’EXTERIEUR

L’analyse de l’environnement externe de la CGRAE nous a permis de mettre en


évidence des liens fonctionnels très importants avec des organismes d’Etat
notamment :

- Les ministères de tutelle ;

- Le Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi ;

- Les organismes affiliés ;

Ces liens sont fondés sur des textes, notamment les décrets n° 97-674 du 03
décembre 1997 portant création de la CGRAE et n°2007-469 du 15 mai 2007 portant
organisation du Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi (MFPE).

1) Les Ministères de Tutelle


La CGRAE est placée sous une double tutelle ; technique et financière.

a) La tutelle technique
La tutelle technique est assurée par le Ministère de la Famille, de la Femme et des
Affaires Sociales.
19
Elle est représentée au Conseil d’Administration de la CGRAE qui compte douze
(12) membres.
La tutelle technique joue auprès de la CGRAE un rôle de conseiller. C’est ainsi que
lui sont soumis tous les problèmes ponctuels qui surgissent dans les relations entre
la CGRAE et les retraités.
En outre, la tutelle sert de courroie de transmission des informations relatives à la
CGRAE aux pouvoirs publics.

b) La tutelle financière

La tutelle financière est exercée par le Ministère de l’Economie et des Finances


(MEF).
Elle est également représentée au Conseil d’Administration de la CGRAE.
Les rapports de la CGRAE avec le MEF s’accomplissent essentiellement par le biais
de trois directions :
- La Direction de la Solde
- La Direction du Trésor et de la Comptabilité Publique,
- La Direction de la Participation et de la Privatisation

 La Direction de la Solde

La Direction de la Solde (DS) a pour attribution l’exécution des dépenses de


personnels de l’Etat. A ce titre, elle procède :

- au traitement des opérations de solde de l’ensemble des fonctionnaires et


agents de l’Etat ;

- à la gestion de la rémunération des personnels en poste à l’étranger ;

- au mandatement des allocations familiales et autres indemnités ;

- à la gestion des contentieux liés à la solde des fonctionnaires ;

- à l’exécution des dépenses ayant trait aux déplacements des agents de l’Etat ;

- à la définition et à la mise en place des procédures informatiques de traitement


de la solde ;

- au contrôle et au suivi des mouvements de solde et de personnels.

A côté de ces tâches, la Direction de la Solde mène également deux autres activités
qui constituent le socle de ses relations avec la CGRAE, à savoir :

o le prélèvement pour le compte de la CGRAE de la cotisation de


pension des fonctionnaires et agents de l’Etat.

20
La cotisation de 6% représentant la part employé des fonctionnaires et agents
de l’Etat émargeant au budget général de l’Etat (BGE) est précomptée
directement à la source par la Direction de la Solde.

En outre, la Direction de la Solde engage de façon mensuelle des mandats


pour le montant des cotisations sociales de 12% mis à la charge de l’Etat en
sa qualité d’employeur.

Au terme du prélèvement de ces retenues, la Direction de la Solde établit un


état mensuel qui récapitule la masse salariale, l’effectif des fonctionnaires et le
montant des cotisations. Cet état est ensuite transmis à la Paierie Générale
du Trésor qui enregistre les montant précomptés sur le compte 462.1 ou
compte de recettes de la CGRAE au Trésor.

Une copie de l’état des cotisations précomptées est également transmise


mensuellement à la CGRAE pour servir de déclaration de cotisations des
fonctionnaires. Ces montants sont enregistrés dans la comptabilité de la
CGRAE au compte 70011101 : Etat fonctionnaires BGF part 12% pour la
cotisation patronale et au compte 70011103 : Etat fonctionnaires BGF part
6% pour la cotisation employé.

o L’établissement du certificat de cessation de paiement des


fonctionnaires admis à faire valoir leurs droits à la retraite.

Le certificat de cessation de paiement est une des pièces réclamées au


fonctionnaire pour la constitution de son dossier de pension. Il est établi par la
Direction de la Solde après qu’elle ait vérifié la situation financière du
fonctionnaire afin de s’assurer que celui-ci n’est pas redevable vis-à-vis de
l’Etat.

 La Direction du Trésor et de la Comptabilité Publique.

Il est ouvert dans les livres de la Paierie Générale du Trésor (PGT), trois comptes qui
retracent toutes les opérations financières entre la CGRAE et le Trésor Public. Le
compte 462.1 pour les opérations de recettes, le compte 462.2 pour les opérations
de dépenses et le compte 462.3 pour l’apurement de l’ensemble des opérations de
recettes et de dépenses.

Le fonctionnement du compte 462.1 (recettes) : Ce compte enregistre à son


crédit, cinq types d’opérations :

o La part employé de la cotisation de pension des fonctionnaires et agents


de l’Etat émargeant au budget général de fonctionnement.

o La part patronale de la cotisation de pension des fonctionnaires et agents


de l’Etat émargeant au budget général de fonctionnement.

o La part patronale de la cotisation de pension des agents des Forces de


Défense et de Sécurité (FDS).

o Les cotisations sociales (part salariale et part patronale) des


Etablissements Publics Nationaux (EPN).

21
o Les subventions d’équilibre : La Direction des Affaires Administratives et
Financière (DAAF) du Ministère de l’Economie et des Finances engage
chaque trimestre des mandats au titre des subventions au profit de la
CGRAE.

En ce qui concerne le compte 462.2 (dépenses) : Ce compte enregistre à son


débit, les transferts d’écritures comptables concernant les dépenses suivantes :

o Les bons de caisse pension payés par les postes comptables


déconcentrés. En raison de l’insuffisance d’infrastructures propres pouvant
servir de guichets, la CGRAE a concédé le paiement d’une partie des
pensions de retraite au Trésor public. Chaque fin de mois, la CGRAE
dépose des bons de caisse pension dans ces différents postes comptables
pour paiement.

Ainsi, on estime à environ 60%, les dépenses de pensions payées pour le


compte de la CGRAE par le Trésor à travers ses directions régionales.
Les opérations comptables et les pièces justificatives sont transmises à la
PGT pour enregistrement.

o Les avances de fonds consenties par l’Agence Centrale Comptable du


Trésor (ACCT) à la CGRAE pour le paiement des pensions effectué
directement à ses guichets et par virement bancaire ;
Les pièces comptables sont ensuite transmises par les services de l’ACCT
à la PGT ;

o Les avances de fonds consenties par l’ACCT à la CGRAE au titre des


subventions pour faire face à une partie de ses dépenses de
fonctionnement.
Les pièces comptables sont également transmises par les services de
l’ACCT à la PGT pour enregistrement ;

o Les retenues à la source des impôts sur pensions et des cotisations au


titre de la mutuelle MUGEFCI.

En ce qui concerne les prélèvements pour le compte de la Direction Générale des


Impôts (D.G.I.) et de la MUGEFCI, il faut noter que bien que les retenues soient
effectuées à la source sur les pensions des retraités, elles ne leur sont pas toujours
reversées.

Pour pallier cet état de fait, une convention a été signée entre la CGRAE, la
MUGEFCI et la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique afin que
les prélèvements effectués soient directement versés à la MUGEFCI.

Il faut noter cependant qu’aucune convention n’existe entre la D.G.I, le Trésor et la


CGRAE.

S’agissant du compte 462.3 relatif aux opérations d’apurement : Chaque


trimestre et en fin de gestion, la PGT effectue l’apurement de l’ensemble des
opérations effectuées pour le compte de la CGRAE.

L’apurement consiste en un transfert des soldes des comptes de recettes et de


dépenses sur le compte 462.3.
22
Dès lors, deux situations peuvent se présenter :

 Soit les dépenses effectuées pour le compte de la CGRAE sont


supérieures aux recettes reçues : Le solde du compte 462.3 est alors
débiteur et la PGT établit un état récapitulatif qu’elle adresse à la CGRAE
qui en retour doit émettre un chèque de couverture d’égal montant.

 Soit les dépenses sont inférieures aux recettes reçues : Le solde du


compte 462.3 est dans ce cas créditeur et la PGT établit un état
récapitulatif qu’elle adresse à la CGRAE et procède au virement de ce
solde.

 La Direction de la Participation et de la Privatisation

La Direction des Participations et de la Privatisation (DPP) est chargée :

- de l’ensemble des contrôles administratifs, économiques et financiers exercés


par le Ministre de l’Economie et des Finances sur les sociétés d’Etat, les
personnes morales à participation financière publique de droit national, de
droit international et les personnes morales de droit privé, bénéficiant du
concours financier ou de la garantie de l’Etat ;

- du contrôle de gestion des entreprises publiques, notamment des sociétés à


participation publique majoritaire, en particulier au regard de leur rentabilité et
de leur équilibre de trésorerie ;

- d’une manière générale, de toutes les opérations relatives à la gestion


économique, financière, administrative et juridique du portefeuille de l’Etat.

Par ailleurs, la DPP assure régulièrement l’information du Ministre de l’Economie et


des Finances sur la gestion et les résultats des entreprises et propose des mesures
visant à améliorer leurs performances.

Enfin, la DPP par le biais de son Point Focal est chargé de l’assistance aux
Administrateurs représentant l’Etat de Côte d’Ivoire, Directeurs Généraux et
Présidents des Conseil d’Administration des sociétés d’Etat et des sociétés à
participation financière publique. Cette assistance se traduit par la transmission des
instructions du Ministre, la mise à la disposition des supports juridiques techniques et
financiers et le renforcement des capacités.

Au total, il est à noter que conformément au décret portant attribution du Ministère de


l’Economie et des Finances, le droit de regard de l’Etat sur la gestion des entreprises
publiques est assuré dans la pratique par la Direction des Participations et de la
Privatisation. Ce contrôle est exercé aussi bien sur les actes de gestion que sur les
organes dirigeants de ces structures.

23
2) Le Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi

Le Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi (MFPE) se présente comme l’un


des principaux acteurs de la gestion de la retraite en Côte d’Ivoire. Ses relations
avec la CGRAE s’exercent par l’intermédiaire d’un de ses services ; en l’occurrence
la Direction des Pensions et des Risques Professionnels des Personnels Civils de
l’Etat.

En effet, aux termes du décret n°2007- 469 du 15 mai 2007 portant organisation du
Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi, c’est à la Direction des Pensions et
des Risques Professionnels des Personnels Civils de l’Etat que revient la charge de :

 élaborer les actes d’admission à la retraite, de radiation pour cause


d’invalidité ou de décès en activité, d’autorisation d’octroi d’un capital
décès, de pensions de réversion, de remboursement éventuel des
retenues pour pension, d’allocation viagère, d’allocation temporaire
d’infirmité et de rente viagère d’invalidité ;

 élaborer les actes de liquidation de pension et de rente autres que ceux


qui concernent les agents relevant du statut de la police nationale et
des forces armées nationales de Côte d’Ivoire ;

 transmettre les dossiers liquidés à la CGRAE pour paiement.

Il est important cependant de noter une ambiguïté d’ordre juridique dans les
relations entre la CGRAE et le Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi en
ce qui concerne les opérations de liquidation.

En effet, si la liquidation des dossiers de pension des fonctionnaires et agents de


l’Etat est effectuée par le MFPE sur la base du décret portant organisation dudit
ministère, les mêmes attributions sont dévolues à la CGRAE par le décret portant
création de la société.

Dans la pratique, c’est la Direction des Pensions et des Risques Professionnels


des Personnels Civils de l’Etat du MFPE qui accomplit les actes de liquidation des
pensions des fonctionnaires et agents de l’Etat émargeant au budget général de
fonctionnement et ce même avant l’avènement du décret susvisé alors que le
décret n° 2003- 413 du 30 octobre 2003 portant organisation du MFPE ne faisait
aucune mention de liquidation des dossiers par ledit ministère.

La liquidation des pensions des agents relevant du statut de la Police Nationale et


des Forces Armées Nationales est effectuée par la CGRAE, de même que celle de
tous les agents des autres organismes dits affiliés.

3) Les organismes affiliés

Les organismes affiliés sont les structures autres que le Ministère de la Fonction
Publique qui emploient les fonctionnaires et agents de l’Etat. Les organismes affiliés
sont repartis en six grands groupes :

24
 les Etablissements Publics Nationaux (EPN)

 les Sociétés d'Economie Mixte (SEM)

 les Sociétés d'Etat (SODE)

 les Organismes Privés (OP)

 les Institutions Nationales (IN)

 les Organismes de la Défense (OD)

Le nombre total d’organismes affiliés qui cotisent au titre de la retraite pour le compte
de leurs salariés varie au fil des années. Les données enregistrées sur la période
sous revue se présentent de la manière suivante :
Tableau n° 02 : Evolution du nombre d’organismes affiliés à la CGRAE

Années de cotisation de la pension


Organismes affiliés 2005 2006 2007
49 47 52
Etablis. Publics Nationaux
15 15 13
Sociétés d’Eco. Mixte
17 16 23
Société d’Etat
25 22 34
Organismes Privés
4 4 4
Institutions Nationales
4 4 4
Organismes de Défense
TOTAL 114 108 130

Source : CGRAE ; rapports d’activités 2005, 2006 et 2007

Les organismes affiliés constituent les dossiers de retraite de leurs agents et les
transmettent à la CGRAE qui procède à la liquidation des droits à pension.

Ces organismes paient leurs cotisations salariales et patronales directement à la


CGRAE à l’exception des établissements publics nationaux (EPN).

25
II) EVALUATION DU CONTROLE INTERNE DE LA CGRAE

A la CGRAE, les procédures de gestion existent sous la forme d’un manuel de


procédures contenant l’organisation de toutes les opérations à mettre en œuvre
pour assurer son fonctionnement de manière efficiente.

Il faut noter toutefois que, ce manuel n’est pas actualisé c'est-à-dire qu’il n’a pas
intégré les modifications de procédures intervenues dans le temps, ce qui
amoindrit considérablement son utilité.

Cette faiblesse a suscité l’élaboration séparée de manuels de procédures par


direction opérationnelle. Ainsi, on note que la Direction des Pensions, la Direction
Financière et Comptable, la Direction des Ressources Humaines et la Direction de
la Planification et du Développement ont chacune un manuel de procédures.

Dans le souci de veiller à la bonne application de ses procédures de gestion et


assurer la sauvegarde de ses actifs et valeurs, la CGRAE a créé un département
d’audit interne.

A) MISSION DU DEPARTEMENT DE L’AUDIT INTERNE

Pour s’acquitter de sa mission générale de contrôle, le département de l’audit interne


procède entre autres :

- au contrôle du traitement des dossiers de pension ;

- à la certification des documents d’achat (conformité entre les bons de livraison


et les bons de commande, certification des factures) et à la validation des
prix ;

- au contrôle du respect de l’équilibre entre les recettes et les dépenses ;

- au contrôle de la caisse (trésorerie) tous les six mois.

A la suite de la démarche méthodologique indiquée précédemment, l’équipe de


contrôle de la Juridiction Financière a réalisé des tests de régularité et de
conformité relativement aux procédures mises en place par la CGRAE. Outre
l’évaluation financière, les procédures d’audit et autres diligences suivantes ont
été mises en œuvre :
- prise de connaissance générale des procédures par le procédé de la
description narrative ;

- analyse des transactions à partir du grand-livre et autres documents


probants en référence à un seuil d’analyse fixé à 10 millions de F CFA 1 ;

- mise à contribution du personnel de la direction financière et comptable


pour la recherche des pièces justificatives correspondant à ces
transactions ;

1
C’est le seuil d’importance relative retenue par l’équipe de vérification. Celle-ci a toutefois contrôlé, lorsque
cela était nécessaire, certaines opérations dont les montants sont inférieurs à 10 000 000 de Francs CFA.
26
- examen des pièces justificatives déclassées et discussion avec le
personnel ;

- appréciation de la fiabilité des procédures de gestion et de contrôle


interne ;

- tests de conformité au moyen des procédés de la confirmation verbale et


de l’étude de quelques opérations à partir de documents retraçant le
cheminement suivi dans l’exécution des instructions.

Les résultats des travaux relatifs à la revue des procédures mettent en exergue
des insuffisances liées au fonctionnement du département de l’audit interne.

B) EVALUATION DU FONCTIONNEMENT DU DEPARTEMENT DE L’AUDIT INTERNE

A la CGRAE, le service de l’audit interne est rattaché à la Direction Générale, et a


pour mission le contrôle de l’application des procédures mises en place. Toutefois, il
est à noter que l’accomplissement de cette mission rencontre plusieurs difficultés
causées par les principaux acteurs impliqués dans la gestion de la CGRAE.

De l’examen des activités de contrôle susmentionnées et des rapports de mission du


département de l’audit interne, il ressort que plusieurs lacunes minent le
fonctionnement de ce service.

1) Dysfonctionnements constatés

L’analyse portera aussi bien sur les difficultés de fonctionnement du département de


l’audit interne que sur l’incidence qui en résulte.

a) Faiblesses relevées

 Absence de mise à jour du manuel des procédures administratives


comptables et financières : depuis sa rédaction en 2001 par les AUDITEURS
ASSOCIES en Afrique représentant le cabinet ARTHUR ANDERSEN, le
manuel des procédures n’a subi aucune modification en dépit de l’évolution du
mode opératoire de certaines tâches ;

 Défaillance du système d’information et de gestion : à la CGRAE, la


publication de l’information n’est pas toujours assurée en intégralité. Plusieurs
décisions prises par le Conseil d’Administration ne figurent pas dans les
procès-verbaux de réunions encore moins dans les notes d’information.

Par exemple, la décision du Conseil d’Administration qui octroie 600 000


Francs de jetons de présence au PCA alors que les autres administrateurs en
perçoivent 500 000 Francs, n’a jamais été rapportée par un quelconque
procès-verbal. Au niveau des directions opérationnelles, il y a une mauvaise
circulation de l’information qui ne permet pas aux différents responsables de
services d’avoir le même niveau de renseignement.

27
Par exemple, à la Direction Financière et Comptable, il ressort des auditions
réalisées par l’équipe de vérification que certains responsables de services
n’ont pas connaissance des conclusions des rapports des commissaires aux
comptes.

Cette rétention de l’information, ne serait-elle pas à l’origine de l’absence de


suite à certaines faiblesses dénoncées par les commissaires aux comptes ?

En effet, certaines lacunes relevées par les commissaires aux comptes dans
leurs rapports sont restées sans réponse pendant plusieurs exercices. C’est le
cas par exemple des paiements effectués sans utilisation de factures
normalisées et des écarts entre les montants des cotisations employeurs
prélevés par la direction de la solde et ceux prévus par les textes.

 Faiblesse de la fréquence des contrôles inopinés : avec l’autorisation du


Directeur Général, les contrôles dits inopinés ne sont effectués que deux ou
trois fois dans l’année;

 Faiblesse du contrôle de la caisse : pour le paiement des pensions de retraite


à ses guichets, la CGRAE gère chaque mois 500 millions de francs. Le
maniement de cette importante somme n’est contrôlé que deux fois dans
l’année ;

 Absence d’une procédure formalisée pour l’octroi des dons : aucune


procédure véritable n’existe relativement à l’octroi des dons qui est laissé à la
discrétion du Président du Conseil d’Administration ;

 Insuffisance de formation continue du personnel en charge des activités de


contrôle : les postes de responsabilité du département de l’audit interne sont
pourvus par le biais de la promotion interne de cadres de la CGRAE. Ce
personnel d’encadrement bénéficie rarement d’un plan de formation continue,
moyen pourtant indispensable au renforcement des capacités et des
compétences.

Ces carences du système de contrôle interne ont inéluctablement une incidence sur
le fonctionnement et la performance de la CGRAE.

b) Incidences des faiblesses constatées

 L’absence de mise à jour du Manuel des Procédures Comptables et


Financières (MPCF) : sans sa mise à jour permanente pour tenir compte des
modifications intervenues soit dans la structure de la Caisse soit dans la
réglementation en vigueur ou dans le mode opératoire des tâches, le MPCF
perd son utilité en tant qu’outil de gestion. En l’espèce, il ne peut plus
permettre à la CGRAE de sécuriser les ressources mises à sa disposition par
l’Etat, ni de veiller à leur utilisation effective dans le cadre de son objet social.

 La défaillance du système d’information et de gestion se caractérise aussi par


la non concordance de certains chiffres des états élaborés par les différentes
directions opérationnelles (Direction de la Planification et du Développement,

28
Direction Comptable et Financière, Direction des Services Informatiques,
Direction des Pensions…).

 La faiblesse de la fréquence des contrôles, notamment les contrôles de la


tenue des caisses est un facteur qui encourage la fraude. D’ailleurs, pendant
le déroulement de la mission il a été déploré le détournement par une
caissière de la somme de dix millions de francs destinée au paiement des
pensions.

 Absence de procédure formalisée pour l’octroi des dons. Cette lacune peut
également donner lieu à des abus de toutes sortes (collusion, corruption,
fraude etc..).

 Insuffisance de la formation continue et faiblesse de l’effectif : Un bon système


de contrôle interne repose d’abord et avant tout sur un personnel qualifié et
suffisant. Avec un personnel limité (deux agents titulaires et deux stagiaires)
dont les qualifications ne correspondent pas toujours au profil de la fonction
de contrôle, la CGRAE expose sa gestion à un risque élevé de non contrôle.

A l’examen des lacunes relevées ci-dessus, il ressort que la responsabilité de celles-


ci ne peut être imputable au seul département de l’audit interne, mais également à
l’ensemble des autres acteurs qui interviennent directement ou indirectement dans la
gestion de la CGRAE.

2) De la responsabilité des autres acteurs

La Direction Générale de la CGRAE, les commissaires aux comptes et la


Direction de la Participation et de la Privatisation (D.P.P.) sont impliqués dans la
contre performance du département de l’Audit Interne.

a) L’attitude de la Direction Générale de la CGRAE à l’égard du contrôle


interne

La responsabilité des dirigeants des entreprises publiques en matière de contrôle de


leur gestion des deniers publics ne se limite pas à la simple création d’un service de
contrôle interne dans les entités qu’ils dirigent. Mais, ils sont également responsables
de la mise en place d'un environnement susceptible de garantir un contrôle efficace.

En effet, le climat qu'ils créent à travers le type de management mis en place ainsi
que l’importance accordée à l’activité de contrôle, déterminent la culture de contrôle
qui peut être soit laxiste, soit active et efficace.

Pour assurer le bon fonctionnement du contrôle interne et garantir sa pleine


performance, en plus de l’attitude constructive de la Direction Générale, les moyens
matériels et humains adéquats doivent être mis à sa disposition. Or, de toute
vraisemblance, à la CGRAE le contrôle interne ne semble pas constituer une
préoccupation majeure pour les dirigeants.

L’inadéquation entre les qualités professionnelles requises et les compétences


réelles du personnel en charge du contrôle, l’insuffisance des moyens mis à la
disposition du contrôle interne, ainsi que « la confiscation » par la Direction Générale
de l’autonomie du Département de l’Audit Interne sont les indices d’un service de
contrôle interne en proie à de réelles difficultés de fonctionnement.
29
Cette négligence de la part de la hiérarchie se caractérise également par une
absence de formation continue au niveau du personnel en charge du contrôle. En
effet, il ressort de l’examen des différents plans de formation mis en place au profit
du personnel de la CGRAE au cours de la période sous revue, qu’aucun module de
formation n’est prévu pour les auditeurs internes. Pourtant ces vérificateurs, en
raison de la pluralité de disciplines qui composent leur fonction et surtout de
l’évolution rapide des techniques de contrôle, ont besoin d’une remise à niveau
permanente de leurs connaissances.

En outre, en privant le Département de l’Audit Interne de son principal outil de travail


qui est le manuel de procédures devenu caduque et inopérant, la direction générale,
expose la CGRAE à un risque important de non contrôle.

b) La responsabilité de la Direction de la Participation et de la Privatisation

Les vérifications de la Chambre des Comptes ont permis de constater une absence
quasi totale de la DPP sur le terrain de l’assistance qu’elle devrait apporter à la
CGRAE conformément à la volonté de contrôle affichée par les textes (voir
présentation de la DPP)

D’abord au plan de sa responsabilité vis-à-vis des prévisions budgétaires, il faut


indiquer que la DPP, en transmettant chaque année sans réserve, les budgets de la
CGRAE en vue de leur approbation, cautionne par la même occasion la mise en
place depuis la gestion 2005 d’un budget parallèle (Trésorerie active) destiné à
financer des dépenses étrangères à l’objet social de la caisse.

En outre, compte tenu de la non adaptation de son statut juridique actuel à la nature
réelle de ses activités, la CGRAE ne peut bénéficier de certains avantages
notamment les allègements fiscaux reconnus aux institutions de prévoyance sociale
qui lui auraient permis de réduire significativement son déficit financier.

Cette situation dure depuis de longues années sans que la DPP qui représente la
tutelle financière et veille à la sauvegarde des intérêts financiers de l’Etat, ne
propose la moindre solution.

Aux termes du décret 97-674 du 3 décembre 1997 portant création de la société


d’Etat dénommée CGRAE, pour compter de la gestion 1998, il est prévu un contrat
programme entre l’Etat et la CGRAE.

Ce contrat détermine les conditions dans lesquelles l’Etat doit apporter les moyens
nécessaires à la Caisse pour assurer son équilibre financier.

Il faut rappeler qu’aucun Contrat Programme n’a été signé à ce jour. De ce fait, la
CGRAE croule sous le poids d’un déficit financier chronique sans qu’aucune
diligence véritable ne soit mise en œuvre par les structures d’assistance notamment
la DPP dans le but d’inciter l’Etat à honorer ses engagements.

30
En outre, le service du contrôle interne connaît, comme indiqué supra, des difficultés
de fonctionnement qui le rendent inopérant. Cependant, cette faiblesse qui expose
la CGRAE à un risque important de fraude n’a jamais été dénoncée par la DPP.

En définitive, au regard de ce qui précède, nous pouvons affirmer que la DPP n’a
pas joué pleinement son rôle de suivi et d’assistance à la CGRAE tant au niveau des
actes de gestion qu’auprès des instances dirigeantes.

c) La responsabilité des commissaires aux comptes

La mission des commissaires aux comptes d’une société d’État aux termes de la loi
n°97-519 du 4/9/1997 portant définition et organisation des sociétés d’État, est de
certifier que les comptes annuels sont réguliers et sincères et donnent une image
fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé, ainsi que de la situation
financière et du patrimoine de la société à la fin de cet exercice.

Les commissaires aux comptes portent à la connaissance du Conseil


d’Administration, les contrôles et vérifications qu’ils ont effectués. Ils font toutes
observations sur les méthodes d’évaluation utilisées pour l’établissement du bilan et
des documents comptables de fin d’exercice et indiquent les modifications qui leur
paraissent devoir être apportées à ces documents. Ils signalent les irrégularités ou
inexactitudes qu’ils ont découvertes.
Pour réaliser leur mission de certification telle que décrite ci-dessus, les
commissaires aux comptes obéissent à une démarche particulière de contrôle
prescrite par les normes internationales applicables en matière de vérification
financière.

Cette démarche comporte plusieurs étapes dont celle de l’évaluation du contrôle


interne.
L’objectif visé par l’auditeur au cours de cette évaluation est d’analyser le système de
contrôle interne de l’entité de façon à s’assurer que les mécanismes d’autocontrôle
sont efficaces et que les risques d’irrégularités sont minimisés.
Cette étape incontournable du processus de la vérification financière ne semble
pourtant pas avoir retenu l’attention des commissaires aux comptes désignés pour le
contrôle de la CGRAE au cours des gestions sous revue.
En effet, bien que la lettre de mission des commissaires aux comptes affirme qu’ils
consacrent à l’évaluation du contrôle interne plus du quart du temps de travail alloué
à chaque mission, leurs rapports sur les gestions sous revue ne font mention
d’aucune information sur le fonctionnement du département de l’audit interne, encore
moins sur le système de contrôle interne.
A la vérité les commissaires aux comptes n’ont presque pas de contact avec le
département de l’audit interne qui devrait pourtant être leur premier interlocuteur à la
CGRAE.

31
La mission de contrôle des commissaires aux comptes ne peut se substituer au
système du contrôle interne car les deux types de contrôles sont complémentaires.

C’est pourquoi, il est indispensable de renforcer la capacité d’intervention du


département de l’Audit Interne afin que soit amplifiée l’efficacité de l’ensemble du
dispositif de contrôle et de sauvegarde des fonds et valeurs de la Caisse.

32
III. PROCESSUS D’ADMISSION A LA RETRAITE : DE LA LIQUIDATION AU
PAIEMENT DE LA PENSION

La procédure de traitement des dossiers de pension fait apparaître deux


étapes essentielles :

- la liquidation et
- le paiement.

A) LA LIQUIDATION DE LA PENSION

La liquidation de la pension est l’acte par lequel l’on détermine les droits à pensions
du fonctionnaire admis à la retraite. Deux entités se partagent la charge de cette
activité. Il s’agit d’une part du Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi pour
les fonctionnaires et agents de l’Etat émargeant au budget général de l’Etat (BGE) et
d’autre part, la CGRAE pour les organismes affiliés.

1) La liquidation de la pension des fonctionnaires et agents de l’Etat


émargeant au BGE

Aux termes des dispositions combinées des décrets n°97-674 du 03 décembre 1997
portant création de la CGRAE et n°2007-469 du 15 mai 2007 portant organisation du
Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi, le droit de prendre les actes de
liquidation des pensions des fonctionnaires et agents de l’Etat est reconnu aussi bien
à la CGRAE qu’au Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi.

Cependant dans la pratique, c’est la Direction des Pensions et des Risques


Professionnels des Personnels Civils de l’Etat du MFPE qui accomplit les actes de
liquidation de pension des fonctionnaires et agents de l’Etat émargeant au BGE.

La liquidation de la pension est l’aboutissement d’un processus qui s’exécute en trois


étapes :

- L’admission à la retraite ;
- L’information de l’intéressé ;
- La constitution du dossier de pension.

a) L’admission à la retraite

 L’admission d’office à la retraite

Il est important de rappeler que conformément aux dispositions combinées de la loi


n° 62-405 du 07 novembre 1962, portant régime des pensions civiles et de la loi
n° 92-570 du 11 septembre 1992, portant statut général de la fonction publique, le
fonctionnaire est admis d’office à faire valoir ses droits à la retraite dans 3 cas
précis :
- Soit à la date à laquelle il compte trente années de services liquidables

Il faut noter que l’instruction n°8910/MFPE/MEF du 03 septembre 2007 relative au


départ à la retraite a mis cette condition en option.
En effet :

33
o l’ancienneté de service fixée à 30 ans n’est plus une condition obligatoire
de départ à la retraite.

o Les fonctionnaires totalisant 30 ans de service qui n’ont pas encore atteint
la limite d’âge qui leur est applicable peuvent solliciter la liquidation de leur
pension.

Les présentes mesures prennent effet à compter du :

 15 juillet 2005, à titre exceptionnel et pour nécessité de service pour les


enseignants et chercheurs de l’enseignement supérieur et de la recherche
scientifique non encore radiés du contrôle des effectifs.

 1er octobre 2006, pour les autres fonctionnaires relevant de la famille des
emplois de l’éducation et de la formation.

 1er Mars 2007, pour les fonctionnaires des autres familles d’emploi.

- Soit en cas d’invalidité

Le fonctionnaire qui a été mis dans l’impossibilité définitive et absolue de continuer


ses fonctions, par suite d’infirmité résultant de blessures contractées ou aggravées
soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public,
soit en exposant ses jours pour sauver la vie d’une ou plusieurs peut être admis à la
retraite. Il en est de même pour le fonctionnaire victime d’infirmités ou ayant
contracté des maladies ne résultant pas de l’exercice des fonctions.

Dans le cas d’espèce, les blessures ou les maladies doivent avoir été contractés au
cours d’une période durant laquelle l’intéressé acquérait des droits à pension.

- Soit à la date à laquelle il atteint la limite d’âge

o L’âge de départ à la retraite des fonctionnaires des catégories D, grade D1 à


A, grade A3 des familles d’emplois enseignants et non enseignants est fixé à
57 ans au lieu de 55 ans à compter du 1 er janvier 2009 (décret n°2009-35 du
12 février 2009).

On note que l’augmentation de l’âge de départ à la retraite est une mesure


importante de reforme du régime des pensions qui permet non seulement de
diminuer les prestations, puisque celles-ci commencent plus tard, mais
également d’augmenter les recettes, compte tenu de l’allongement de la
période de cotisation.

o La limite d’âge des médecins, pharmaciens, chirurgiens- dentistes,


vétérinaires, inspecteurs et des fonctionnaires des corps de l’enseignement
supérieur et des corps de la recherche scientifique est fixée à soixante (60)
ans (décret n°84-788 du 20 juin 1984.) ;

o La limite d’âge pour l’admission à la retraite des fonctionnaires de la catégorie


A, classés à l’échelle A1 du corps des professeurs agrégés de l’enseignement
secondaire, est fixée à titre provisoire à soixante ans (décret n° 86-246 du 16
avril 1986.

34
o La limite d’âge est fixée à 65 ans pour les magistrats hors hiérarchie et 60 ans
pour les autres magistrats (loi n°78-662 du 4 août 1978 portant statut de la
magistrature modifiée par les lois n°94-437 du 16 août 1994 et n°94-498 du 6
septembre 1994).

o La limite d’âge pour les militaires et les policiers est fixée à 55 ans sauf pour
les officiers généraux, les Colonels major, les Lieutenants-colonels, les
Contrôleurs Généraux, les Commissaires divisionnaires major et les
Commissaires divisionnaires (décret n°2000-653 du 30 août 2000)

 Le fonctionnaire peut être admis, à sa demande, à la retraite par


anticipation après 15 ans de services effectifs.

La procédure s’ouvre à partir de la saisine du Ministère de la Fonction Publique et de


l’Emploi par l’intéressé sous le couvert de son Ministère employeur.

b) L’information de l’intéressé

Vingt quatre mois avant la date prévue pour le départ à la retraite, la Direction des
Pensions adresse des lettres d’information aux fonctionnaires concernés sous le
couvert des Directions des Affaires Administratives et Financières, et également des
Directions des Ressources Humaines des structures employeurs.

Ces lettres d’informations auxquelles sont joints des imprimés de demande de


liquidation de pension, mentionnent le lieu et la date de dépôt des dossiers ainsi que
la nomenclature des pièces nécessaires à la constitution desdits dossiers.

c) La constitution du dossier de pension.

Une fois informé de sa date de départ à la retraite, le fonctionnaire doit faire parvenir
à la Direction des Pensions huit mois avant la date de la retraite, un dossier complet
conformément à la nomenclature des pièces énumérées (voir annexe n°05).

L’établissement de ces pièces relève pour certaines de la responsabilité du


fonctionnaire concerné et pour d’autres de celle de l’employeur c'est-à-dire de
l’administration publique.

d) La liquidation proprement dite

Dès réception du dossier complet, les services compétents de la Direction des


Pensions procèdent à la détermination et au calcul des droits à pension. C’est la
phase dite de liquidation des droits de l’agent mis à la retraite. Elle permet à celui-ci
de connaître la nature et le montant de ses droits.

Aux termes de l’ensemble du processus qui vient d’être décrit, le Ministère de la


Fonction Publique et de l’Emploi prend un arrêté portant concession de pension de
retraite.

35
Le tableau suivant permet d’apprécier le volume des transferts à la CGRAE de
dossiers liquidés par la Direction des pensions et des risques professionnels des
personnels civils du MFPE au cours de la période sous revue.

TABLEAU n°03 : Dossiers liquidés transmis par le MFPE à la CGRAE de 2005 à 2007

ANNEES
2005 2006 2007 TOTAL
RUBRIQUES
Pension d’ancienneté (30 ans) 2 208 1 809 1004 5 021
Pension proportionnelle 483 435 1 163 2 081
Pension de réversion (décès à la retraite) 248 31 01 280
Capital décès + pension (décès en activité) 190 284 381 855
Capital décès + remboursement (décès en activité) 411 175 180 766
Majoration pour famille nombreuse 31 32 02 65
Allocation familiale 00 00 00 00
Allocation viagère 46 25 22 93
Remboursement 6% 33 14 03 50
Allocation viagère d’invalidité 00 00 02 02
Allocation temporaire d’invalidité 00 10 15 25
Rente viagère pour décès 00 06 04 10
Retraite anticipée pour invalidité 00 08 13 21
Réversion d’allocation temporaire d’invalidité 00 02 00 02

TOTAL 3 650 2 831 2 790 9 271

Source : Direction des pensions du Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi

Il y a lieu de noter qu’à côté des dossiers liquidés, existe un nombre important de
dossiers en instance de traitement dans les bureaux de la Direction des pensions du
MFPE qui se chiffre au 31 décembre 2009 à 1.210 dossiers

2) La liquidation de la pension des organismes affiliés

La CGRAE assure la liquidation des pensions de retraite des différentes catégories


de personnel suivantes:

- les militaires et gendarmes ;

- les policiers (police nationale) ;

- les fonctionnaires et agents temporaires en service dans une entreprise ou un


organisme public.

Le processus de la liquidation des pensions dans le cadre de la CGRAE sera


analysé en suivant deux étapes essentielles :

- la constitution des dossiers de pension de retraite et

- la liquidation proprement dite

a) La constitution des dossiers de pension

La procédure de la constitution des dossiers ainsi que la nature des pièces à fournir
varient en fonction des différentes catégories d’agents citées ci-dessus :

36
Dans le cas particulier des militaires et des gendarmes, la procédure est la suivante :

La carrière des militaires et gendarmes est régulièrement suivie par les différents
corps d’Armée dont ils sont issus.

Il est ouvert pour le compte de chaque militaire dès le premier jour de sa huitième
année de service dans l’Armée ou dans la Gendarmerie, un document appelé
« dossier de pension ».

Ce document dans lequel est consignée l’évolution de la vie civile et professionnelle


du militaire se présente en six tableaux.

- Le tableau I : il retrace les informations concernant l’état civil du militaire et les


renseignements de son conjoint et de ses enfants.

- Le tableau II : il présente l’état des services du militaire ainsi que les


bonifications y afférentes.

- Le tableau III : il contient les différentes campagnes accomplies par le militaire

- Le tableau IV : il recense les différents grades acquis par le militaire durant sa


carrière

- Le tableau V : il contient la demande de liquidation de pension formulée par le


militaire

- Le tableau VI : il retrace les éléments relatifs à la solde du militaire.

Le dossier de pension de chaque militaire est régulièrement mis à jour tous les cinq
ans.

Cette mise à jour régulière des dossiers de pension permet au militaire candidat à la
retraite d’avoir un précieux gain de temps pour la liquidation de ses droits. En effet, le
délai moyen d’attente du militaire retraité avant la perception de sa première pension
est d’environ six mois.

Toutefois, il faut indiquer que lorsque le militaire ou le gendarme est admis à faire
valoir ses droits à la retraite, le dossier de pension préalablement constitué est
complété par un certain nombre de pièces produites aussi bien par le militaire
concerné que par son employeur.

Le policier admis à faire valoir ses droits à la retraite, doit constituer son dossier de
pension qui est complété des pièces produites par son employeur.

Il en est de même pour les fonctionnaires et agents temporaires exerçant dans une
entreprise ou un organisme public.

Aux termes de ce processus, l’ensemble du dossier constitué par chaque corps de


profession (militaires, gendarmes, policiers, fonctionnaires ou agents temporaires)
est transmis à la CGRAE pour liquidation et paiement des droits de pension.

37
b) La liquidation proprement dite

Dans cette phase, la CGRAE détermine, la nature et le montant brut de la pension


dont bénéficie le retraité. La procédure de traitement des dossiers varie selon qu’il
s’agit d’opérations de liquidation relatives à la pension des militaires, gendarmes et
policiers ou de celles concernant les agents des entreprises et organismes publics.

B) LE PAIEMENT DE LA PENSION

Le paiement de la pension de retraite est du ressort exclusif de la CGRAE. Toutefois,


en raison de l’insuffisance d’infrastructures propres pouvant servir de guichets, une
partie seulement de la pension de retraite est directement payée par la CGRAE, le
paiement de l’autre partie étant concédée au Trésor public qui dispose de moyens
plus adéquats.
Pour s’acquitter de cette mission délicate, la CGRAE a mis en place une série de
contrôles préalables.

Une fois les différents contrôles de conformité validés et les bulletins de pension
édités, la Direction générale de la CGRAE mandate le paiement des pensions en
transmettant :

 Pour les pensions payées directement par ses services, les éléments ci-
après à la Direction Financière et Comptable (DFC):

- les bulletins de pension ;

- les bordereaux de règlement ;

- les fiches A & B (fiches individuelles de suivi des paiements de pension) ;

- les brevets d’identification des pensionnés ;

- les états et disquettes de virement de pension.

A la réception de ces documents, la DFC procède au paiement des pensions soit


directement dans ses guichets pour les paiements sur bons de caisse soit par le
réseau bancaire pour les ordres de virement.

Par ces deux moyens, la CGRAE paie chaque mois environ 40% des pensions de
retraite.

 Pour les pensions payées par le Trésor, les éléments suivants aux
délégués des perceptions des Trésoreries générales du Trésor :

- les bulletins de pension ;

- les bordereaux de règlement ;

- les fiches A & B ;


- les brevets des pensionnés.

38
A la réception de ces documents qui servent de pièces justificatives, le Trésor
chaque fin de mois procède au paiement des pensions. Ainsi, on estime à environ
60%, les dépenses de pensions payées pour le compte de la CGRAE par le Trésor à
travers ses directions régionales.

C) LES PROBLEMES INHERENTS A LA LIQUIDATION ET AU PAIEMENT DES PENSIONS

De nombreuses difficultés jalonnent le processus de la liquidation et du paiement


des pensions de retraite.

1) Les difficultés consécutives au traitement des dossiers de liquidation


des pensions

 Les retards et le délai d’attente des retraités

L’exécution de la mission de liquidation par le MFPE n’est pas toujours réalisée à la


satisfaction de ses usagers qui lui reprochent d’être à l’origine de nombreux retards
constatés dans le traitement des dossiers de pension de retraite.

La plupart des retraités sont ainsi obligés d’attendre entre un à quatre voire cinq ans
avant que leurs dossiers de pension ne soient transmis à la CGRAE pour paiement.
Ce délai d’attente trop long constitue un facteur qui fragilise les conditions de vie de
cette tranche de la population.

A l’analyse ces retards pourraient trouver leur justification dans l’absence de


contrainte légale qui aurait pour objectif d’enfermer la fonction de liquidation dans
des délais précis.

Mais en réalité, la responsabilité des retards est partagée par tous les intervenants
dans le circuit du traitement de la pension qui part de la constitution des pièces au
transfert des dossiers à la CGRAE en passant par la liquidation.

Il y a d’abord le fonctionnaire lui-même : il est de notoriété publique que le


fonctionnaire ivoirien entrevoit l’heure de la retraite comme une fatalité. Cette
perception négative de la retraite n’encourage pas à une constitution diligente des
dossiers exigés pour la liquidation de la pension. De plus cette perte de temps est
souvent amplifiée par les contraintes financières liées à l’établissement des
différentes pièces.

Ensuite, les structures extérieures : l’établissement ou la validation de certaines


pièces fait appel à des structures telles que la Direction de la Solde, les Directions
des Affaires Administratives et Financière (DAAF), le contrôle financier et les
directeurs des ressources humaines des administrations employeurs des agents
admis à faire valoir leur droit à la retraite. Ces maillons importants de la chaîne
accusent souvent des retards considérables qui rallongent malheureusement le délai
de traitement des dossiers.

Ces retards trouvent pour la plupart leur origine dans l’utilisation d’informations
souvent non concordantes, provenant des fichiers détenus par chaque entité.

39
Afin de pallier les grands écarts statistiques relevés entre le fichier de la Fonction
Publique et celui de la Direction de la Solde du MEF, le Gouvernement a décidé
en 1996 de mettre en place un Fichier Unique de Référence issu du croisement
entre les fichiers d’origine de ces différents services.

Ce fichier unique devrait permettre à l’Etat de maîtriser les effectifs et la masse


salariale des fonctionnaires et agents de l’Etat en activité et à la retraite.

Sa mise en place n’ayant pu aboutir faute de financement, ce projet est relancé


au cours des années 2005-2006, avec l’idée d’une interconnexion du réseau
informatique entre les structures cités supra.

Jusqu’en 2009, date de la mission de contrôle de la Cour, la mise en place de ce


fichier n’était pas encore effective.

Il est à noter que la création de ce fichier unique de référence serait un acte majeur
dans la réduction des délais de traitement des dossiers des retraités.

Enfin, la Direction des pensions du MFPE : La responsabilité des services de la


direction des pensions est fortement mise en cause dans le retard qu’accuse le
traitement des dossiers de liquidation de la pension. Cette absence d’efficacité
trouve son explication dans les facteurs tels :
- le mode de traitement des dossiers : Pour environ 4 000 demandes de départs
à la retraite par an, le traitement des dossiers se fait manuellement. Par ce
procédé, le délai moyen de traitement d’un dossier de pension est de trois à
quatre mois ; ce qui naturellement amoindrit le rendement attendu ;
- l’absence de délai légal pour le traitement des dossiers: L’activité de liquidation
des pensions n’est enfermée dans aucun délai légal. Cette trop grande liberté
d’action offerte aux agents de la direction des pensions est sans nul doute l’un
des facteurs essentiels de l’amplification des retards
- l’absence de moyens matériels et financiers : Il existe une véritable
inadéquation entre le poids de la mission assignée à la direction des pensions
et les moyens mis à sa disposition. Par exemple, le budget annuel alloué à
cette direction ne dépasse guère 6 000 000 de francs Cfa. Il n’existe aucun
matériel roulant et la transmission des dossiers dans les autres ministères se
fait par des agents qui se déplacent à pieds ;
- les conditions de travail : les locaux de la Direction des pensions sont vétustes
et les agents qui y travaillent ne bénéficient d’aucune véritable commodité. En
effet, dans ces locaux que l’équipe de vérification a pu visiter, même l’éclairage
fait souvent défaut et la climatisation apparaît comme un luxe auquel seuls
quelques privilégiés peuvent prétendre. Les ordinateurs affectés aux agents
chargés du traitement des dossiers sont en nombre insuffisant et ne permettent
pas d’atteindre le rendement optimum escompté.

La conjugaison de tous ces facteurs réduit le rendement de la Direction des pensions


du MFPE relativement à sa mission de liquidation avec pour conséquence les
retards importants accumulés dans la gestion des dossiers de retraite.

40
Selon le rapport du cabinet ACTUARIA, la liquidation en dehors de la CGRAE se
traduit par un nombre élevé d’erreurs observées, puisqu’ environ 30% des
liquidations effectuées font l’objet de rectification de la part de la Caisse et d’un
renvoi au Ministère de la Fonction Publique allongeant ainsi la durée totale du
processus de liquidation.

 La problématique de la forclusion
Pour les fonctionnaires et personnels civils de l'Etat: L'article 25 de la loi 62-405
du 7 novembre 1962 portant organisation du régime des pensions civiles prévoit, que
la demande doit sous peine de déchéance, être présentée dans un délai de cinq (5)
ans à compter du jour où l’intéressé a été admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Au-delà de ce délai, il perd le droit de demander la liquidation de sa pension. On dit
alors qu’il est forclos. La forclusion est une sanction lourde de conséquence pour le
retraité incriminé car elle est privative des droits à pension et la grâce du Président
de la République reste la seule voie de recours possible pour obtenir sa levée.
De manière générale, tout dépôt tardif de dossier pour liquidation des droits à
pension (plus d'une année après la date de départ à la retraite) est sanctionné. En
effet le retraité qui ne dépose pas sa demande dans les délais prescrits, n’aura droit
à un rappel de plus d’une année d’arrérages antérieure à la date de dépôt.
Exemple : si la date de départ à la retraite est le 1er octobre 2002 et que le dépôt a
lieu seulement le 5 janvier 2005, la pension sera liquidée pour compter du 1er
janvier 2004. Ce qui correspond à un an de rappel au lieu de trois ans auxquels il
pourrait raisonnablement prétendre.

Pour les militaires, gendarmes et policiers: Depuis la prise du décret n°2004-569


du 21 octobre 2004 déterminant les modalités et règles applicables aux pensions
militaires, les dossiers de pension des forces de défense et de sécurité ne sont plus
frappés de forclusion.

Toutefois, si la demande intervient au-delà de cinq ans à compter du jour où


l’intéressé a été admis à faire valoir ses droits à la retraite, le rappel de pension ne
portera que sur une année d’arrérages.
Exemple : La date de départ à la retraite est le 1er janvier 2000. Mais, le dépôt de la
demande de liquidation de la pension est effectué le 3 janvier 2007, la pension sera
liquidée pour compter du 1er janvier 2006.

2) Les difficultés liées au paiement de la pension de retraite

 Le retard lié à la production des pièces

Ce phénomène est observé aussi bien à l’étape de la liquidation qu’à celle du


paiement de la pension.
Au niveau de la liquidation, le nombre important de pièces exigées pour la
constitution des dossiers et les démarches administratives y afférentes entraînent
des surcoûts pour le budget des fonctionnaires admis à faire valoir leurs droits à la
retraite. Ces charges peuvent constituer une entrave à l’établissement des pièces et
ralentir ainsi l’ensemble du processus de la liquidation des pensions.

41
En ce qui concerne le paiement, l’analyse de la procédure de contrôle de conformité
mise en place fait apparaître une absence de cohérence entre la liste de pièces
exigées par la CGRAE aux retraités et celles qui sont transmises par les services du
MFPE.
En effet, la CGRAE exige en sus des pièces à elle transmises par le MFPE, les
documents tels l’acte de mariage et l’acte de naissance de l’épouse pour les
fonctionnaires mariés.
En outre, pour s’assurer que le futur pensionné est bien vivant, elle réclame un
certificat de vie et entretien.
Ces mesures de précaution prises par la CGRAE ont l’avantage de lutter contre les
éventuels cas de fraude. Cependant, elles engendrent un surplus de temps dans le
traitement des dossiers et prolongent le délai d’attente des retraités avant la
perception de leur première pension.

 Les difficultés de mobilisation des fonds pour le paiement de la


pension
Les cotisations de pension des fonctionnaires et agents de l’Etat prélevées par les
structures employeur ne sont pas reversées en intégralité.
Cette situation ne permet pas à la CGRAE de couvrir les dépenses de pension et
crée une dépendance financière croissante vis-à-vis du Trésor public.

En effet, pour faire face à ses besoins de trésorerie en vue d’assurer le paiement des
pensions mensuelles, la CGRAE est obligée à la fin de chaque mois de faire des
appels de fonds auprès du Trésor.
Cet exercice auquel se livre tous les mois la direction de la CGRAE, est le signe
patent de la précarité dans laquelle se trouve la situation des pensionnés du système
de retraite ivoirien.
Au total, le processus d’admission à la retraite tel qu’il a été décrit dans ce chapitre
apparaît comme un véritable parcours du combattant pour le fonctionnaire. Aux
difficultés liées à la liquidation, s’ajoutent toutes les tracasseries du paiement des
pensions qui renforcent chez les candidats à la retraite, la hantise du départ.
Cependant, force est de constater que quelques améliorations ont été mises en
œuvre aussi bien au niveau de la liquidation qu’au plan du paiement de la pension.
En effet, pour les actes de liquidation, la mise en place depuis juillet 2008 d’un début
d’informatisation des services de la Direction des pensions du MFPE, permet de
réduire les délais de traitement des dossiers de pension qui est passé de 4 mois à 45
jours.

Les retombées directes de cette innovation technologique peuvent être appréciées à


travers les données du tableau suivant :

42
TABLEAU n° 04 : Performance avant et après l’informatisation de la Direction des Pensions du
MFPE

Dossiers % dossiers
Périodes Dossiers reçus
Traités Traités
Avant informatisation (2007) 5 702 2 814 49,35%
Après début d’informatisation (2008) 4 952 3 773 76,19%

Gain enregistré après informatisation 26,84%

Source : Directions des pensions du MFPE

Quant aux opérations de paiement, elles ont connu une nette amélioration car les
pensionnés qui naguère devraient attendre après la fin du mois pour percevoir leur
solde, sont désormais payés dès le 20 de chaque mois pour les invalides et au plus
tard le 25 pour les autres.
D’autres améliorations ont été également enregistrées telles que le paiement à
domicile des pensions des retraités invalides, la création d’une salle VIP pour les
hautes autorités de l’Etat à la retraite où elles peuvent percevoir en toute quiétude
leur pension.
Enfin, au plan des œuvres sociales, le souci des autorités de la CGRAE d’apporter
un plus au confort des retraités a fait l’objet d’une planification pour la réalisation à
court et moyen terme d’un hôpital de gériatrie et d’un centre aéré uniquement
réservé aux pensionnés et à leurs familles.

D) DE LA RESPONSABILITE DE LA LIQUIDATION DES PENSIONS DE


RETRAITE

Au regard des dispositions combinées des décrets n°97-674 du 03 décembre 1997


portant création de la CGRAE et n°2007-469 du 15 mai 2007 portant organisation du
Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi, la responsabilité de la mission de
liquidation des pensions de retraite des fonctionnaires et agents de l’Etat est confiée
conjointement à la CGRAE et à la Direction des Pensions et des Risques
Professionnels des Personnels Civils de l’Etat du MFPE.

La Cour note que la question de la responsabilité de la liquidation des pensions de


retraite est une préoccupation majeure pour la direction de la CGRAE qui souhaite
avoir l’exclusivité de la fonction de liquidation aussi bien pour les pensions des
fonctionnaires que pour celles de l’ensemble des agents de l’Etat.

En effet, il faut indiquer que l’absence de clarté dans la répartition des rôles alimente
de nombreuses controverses entre la CGRAE et la Direction des Pensions et des
Risques Professionnels des Personnels Civils de l’Etat du MFPE, chacune se
réclamant le droit d’exercer la prérogative de cette fonction.

Pour la Cour, la solution aux difficultés liées à la pension de retraite des


fonctionnaires et agents de l’Etat est à rechercher plus dans l’allocation et la gestion
des moyens mis à la disposition des acteurs pour réaliser leur mission que dans la
répartition de leurs rôles.

43
Le terme liquidation vu sous l’angle des prestations sociales étant un terme
ambivalent, il ne peut y avoir d’ambiguïté sur le rôle joué par chacun de ces acteurs
en matière de liquidation des pensions de retraite.

En effet la liquidation effectuée par le MFPE consiste non seulement à reconnaître


les droits à pension du fonctionnaire après admission de celui-ci à faire valoir ses
droits à la retraite mais aussi à calculer le montant de ces droits.

En d’autres termes, le MFPE qui recrute le fonctionnaire, gère sa carrière et organise


sa sortie de carrière, est amené à déterminer ses droits à pension en suivant les
étapes ci-après :
- la constitution des dossiers de demande de pension de retraite ;
- la constatation des droits du fonctionnaire admis à faire valoir ses droits à la
retraite.

Cette constatation des droits acquis par le fonctionnaire donne lieu à l’attribution
d’une pension d’ancienneté ou d’une pension proportionnelle selon le cas (pension
d’ancienneté pour les fonctionnaires ayant accompli trente ans de service et pension
proportionnelle pour ceux ayant effectué au moins quinze ans de service).

En clair, le MFPE effectue une mission de reconnaissance des droits juridiques


acquis par le fonctionnaire tout au long de sa carrière et détermine ces droits en
procédant au calcul de la pension mensuelle ou annuelle.

Quant à la liquidation qu’effectue la CGRAE, c’est une liquidation comptable d’une


dépense publique qui obéit à la procédure normale de l’ordonnancement de la
dépense.

Il s’agit d’une opération postérieure à l’engagement et qui consiste à calculer le


montant exact d’une charge à payer, après avoir éventuellement vérifié la réalité de
la prestation devant être fournie à la personne publique. C’est la fameuse règle du
service fait. Ainsi, le fonctionnaire retraité qui bénéficie d’une pension de retraite est
réputé avoir fait le service chaque fin de mois.

Au regard de ce qui précède il ne devrait apparaître aucun antagonisme dans le


fonctionnement du couple MFPE et CGRAE tant les rôles sont complémentaires et
interdépendants.

La répartition des rôles telle que présentée, est une option judicieuse car elle
instaure en aval du circuit de traitement de la pension, un mécanisme d’auto contrôle
de la liquidation effectuée en amont ; ce qui est un gage de transparence et
d’efficacité.

C’est pourquoi, tout en encourageant le maintien de ce système, la Cour suggère


son renforcement par l’allocation de moyens matériels et financiers plus importants
aux acteurs notamment, à la Direction des Pensions et des Risques Professionnels
des Personnels Civils de l’Etat du MFPE.

44
Le renforcement des capacités de cette direction du MFPE doit se traduire par :

- la réfection des locaux de celle-ci ;


- l’octroi d’un équipement informatique adéquat ;
- la dotation en ressources humaines et financières à la mesure de l’importance
de sa mission.

Ces mesures, si elles sont appliquées, permettront à la Direction des Pensions et


des Risques Professionnels des Personnels Civils de l’Etat du MFPE de réduire de
manière significative, les délais de traitement des dossiers de liquidation et d’attente
des retraités.

45
IV. GESTION FINANCIERE DU REGIME DE RETRAITE

A) LES RESSOURCES DE LA CGRAE

Aux termes des dispositions de l’article 20 du décret n°97-674 du 03 / 12 / 1997 visé


supra, les ressources de la société pour la gestion des régimes de pensions et de
retraites sont constituées par :

- les cotisations des fonctionnaires et agents de l’Etat prélevées sur leur solde
ainsi que celles supportées par les agents affiliés des organismes publics ou
privés sur leur traitement, au titre du régime obligatoire des pensions ;

- les contributions de l’Etat et des personnes morales de droit public ou privé


employant des agents affiliés aux régimes gérés par la société ;

- les retenues rétroactives dues par les fonctionnaires pour la validation des
services auxiliaires, temporaires ou contractuels, au titre du régime obligatoire
des pensions ;

- les subventions additives de l’Etat au titre du régime obligatoire des pensions ;

- les cotisations des bénéficiaires au titre du régime volontaire et complémentaire


de retraite et, le cas échéant, les contributions des budgets employeurs ;

- les produits de ses placements immobiliers, financiers ou boursiers et,


notamment des fonds de pension, conformément aux dispositions législatives et
règlementaires en vigueur ;

- le produit des cessions de ses travaux et prestations ;

- les dons et legs acceptés conformément aux textes en vigueur.

En outre, la CGRAE dispose pour le financement de ses charges de fonctionnement


et d’investissement, de ressources constituées par le prélèvement sur les
ressources définies à l’article 20 ci-dessus, d’un pourcentage variant entre trois et
cinq pour cent.

Le présent rapport analyse ici les ressources réellement perçues par la CGRAE au
titre des gestions sous revue :

1) Les cotisations de pensions

Elles représentent environ 70% des ressources globales de la CGRAE. Elles sont
composées de l’ensemble des cotisations (part patronale et part employée)
prélevées sur les actifs en fonction.

46
a) Les cotisations prélevées et reversées

Elles sont constituées des :


- Cotisations sociales de 6% représentant la part salariale prélevée au titre du
régime obligatoire des pensions sur la solde des fonctionnaires et agents de
l’Etat et sur le traitement des agents des organismes affiliés ;

- Cotisations sociales de 12% représentant la part patronale payée par l’Etat et


les organismes affiliés en leur qualité d’employeur.

Les montants prélevés et effectivement reversés à la CGRAE au cours de la période


sous revue sont retracés dans le tableau ci-après :
TABLEAU n°05: Cotisations de pensions des parts employé et employeur de 2005 à 2007

Années 2005 2006 2007


Structures cotisantes

Etat 37 150 557 229 52 701 688 268 48 493 682 445
EPN 2 491 983 162 18 038 395 530 209 241
Sociétés d'Etat 270 354 220 279 635 642 309 636 054
Sociétés d'économie mixte 609 675 684 523 894 972 402 701 467
Sociétés privées 38 725 565 50 857 397 37 213 068
Institutions de la République 216 031 213 264 459 736 158 951 458
Organismes de la défense 2 364 840 058 2 426 478 995 2 733 316 369

TOTAL 43 142 167 131 56 265 053 405 52 665 710 102

Source : CGRAE ; rapports d’activités 2005, 2006 et 2007

Ces montants effectivement perçus par la CGRAE ne correspondent pas toujours à


ceux constatés au titre du régime obligatoire des pensions par la Direction de la
solde et les organismes affiliés.

A l’analyse des états de prélèvement mis à la disposition de la CGRAE par la


Direction de la Solde, il ressort que ces écarts sont imputables à la différence entre
le taux légal de la part employeur de 12% et le taux de prélèvement pratiqué par la
Direction de la Solde. En effet, le taux de prélèvement des cotisations patronales
appliqué est souvent inférieur au taux légal.

Ainsi, sur la base des cotisations attendues et celles réellement perçues, la CGRAE
a déterminé dans ses rapports d’activités 2005, 2006 et 2007, le montant des
manques à gagner qu’elle supporte.

Le total de cette créance pour la période sous revue s’élève comme indiqué dans le
tableau ci-après à 21 238 912 291 Francs.

47
TABLEAU n°06 : Manques à gagner sur cotisations de pensions de 2005 à 2007

Cotisations
Cotisations Cotisations Manque à gagner
Années Attendues perçues Montant %

2005 55 064 615 838 43 142 167 131 11 922 448 707 21,65

2006 56 483 314 275 56 265 053 405 218 260 870 0,39

2007 61 763 912 816 52 665 710 102 9 098 202 714 14,7

TOTAL 173 311 842 929 152 072 930 638 21 238 912 291 36,74

Source : CGRAE ; rapports d’activités 2005, 2006 et 2007

b) Les arriérés de cotisations de pensions

En plus des manques à gagner, la CGRAE dans ses relations avec ses partenaires1
fait face à un important stock d’arriérés de cotisations de pensions.

Aussi, la Direction générale a-t-elle mis en place une procédure rigoureuse qui lui
permet en l’absence de véritables moyens de coercition, de recouvrer une part
importante de ces arriérés.

Par exemple sur la période allant de 2005 à 2007, le tableau suivant indique que les
diligences mises en œuvre par les services de la CGRAE ont permis de recouvrer la
somme de 3 325 404 408 Francs sur un total de 4 716 134 165 Francs d’arriérés,
soit plus de 70%.
TABLEAU N°07 : Recouvrement d’arriérés de cotisations de pensions de 2005 à 2007

Arriérés Arriérés restant dus


Arriérés dus Prévisions de Recouvrements
Années recouvrement réalisés Montant %

2005 3 232 659 590 1 051 687 864 1 498 121 845 1 734 537 745 53.7

2006 2 506 891 939 1 616 329 795 1 050 986 405 1 455 905 534 58.1

2007 2 167 025 915 2 167 025 915 776 296 158 1 390 729 757 64.2

TOTAL 7 906 577 444 4 835 043 574 3 325 404 408 4 581 173 036 58%

Source : CGRAE ; rapports d’activités 2005, 2006 et 2007

A l’analyse, il ressort que de réelles difficultés notamment l’absence de moyens de


coercition empêche la CGRAE de recouvrer la quasi-totalité des arriérés de
pensions. Cette faiblesse structurelle accentue le déséquilibre au niveau de la
gestion financière de la Caisse et pénalise les retraités qui sont exposés aux aléas
du budget de l’Etat pour le paiement de leur pension.

1
Les arriérés de cotisations de pensions concernent aussi bien les fonctionnaires et agents émargeant au Budget
de l’Etat que ceux des organismes affiliés.
48
c) La validation des services temporaires

Pour permettre aux fonctionnaires ou agents de l’Etat anciennement agents


temporaires de bénéficier à leur retraite de la pension d’ancienneté, il leur est fait
obligation de payer des cotisations de compensation pour les années passées au
service de l’Etat avant leur décision d’intégration.

Ces cotisations constituent une ressource qui est enregistrée par la CGRAE dans un
compte de la classe 7 recettes.

70031200 : Validation Etablissement Publique National (EPN)


70031400 : Validation Société d’Economie Mixte (SEM)
70031600 : Validation institutions
70031912 : Validation retenue à la source.

Ce type de recette n’est pas perçu de manière régulière par la CGRAE. Ainsi,
relativement à la période sous revue, ce n’est qu’en 2007 qu’elle a enregistré une
entrée de recettes au titre de la validation des services temporaires pour un montant
de 110 241 342 FCFA.

2) Les subventions de l’Etat

Le déficit constaté chaque année dans la gestion des pensions est la conséquence
de l’insuffisance des cotisations destinées à financer les diverses prestations mises
à la charge de la CGRAE.

Pour compenser ce déficit, l’Etat verse chaque année des subventions dites
d’équilibre à la CGRAE.
Elles se subdivisent en deux parties :

 La subvention annuelle pour assurer l’équilibre entre les


charges annuelles de prestation et les ressources de
financement.
 Des dotations budgétaires destinées à faire face à des charges
antérieures à l’exercice 2001 non encore apurées.

Ces charges nées antérieurement à l’exercice 2001 portaient sur :

- les arriérés de pensions dus aux retraités consécutivement aux différentes


augmentations de salaires décidées par le Gouvernement au cours des années
1999 pour les agents civils de l’Etat et 2000 pour les militaires ;

- les arriérés de pensions à verser à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale du


Burkina Faso (CNSS-BF) dans le cadre de l’exécution de la convention liant
cette institution à la CGRAE.

D’un montant de 6 147 300 045, ces différentes dépenses se répartissent comme
suit :
- 3 500 000 000 FCFA (rappel des pensions civiles)

- 1 500 000 000 FCFA (rappel des pensions militaires)

- 1 147 300 045 FCFA (arriérés dus à la CNSS-BF)


49
Relativement aux arriérés des pensions civiles et militaires, il convient de préciser
que ces rappels résultent du décalage entre la date de promulgation des lois et celle
de leur application effective.
TABLEAU N°08 : Subventions versées par l’Etat à la CGRAE de 2005 à 2007

Subvention d’équilibre des charges Subvention pour apurement


2005 2006 2007 2005 2006 2007

Prévisions (a) 29 314 858 532 46 944 277 890 52 681 143 603 6 147 300 045 7 627 736 110 1 500 000 000

Réalisations (b) 18 430 000 000 20 845 000 000 0 0 5 903 702 989 1 500 000 000

Ecart (b) – (a) -10 884 858 532 -26 099 277 890 -52 681 143 603 -6 147 300 045 -1 724 033 121 0
Source : CGRAE ; rapports d’activités et états financiers de synthèse 2005, 2006 et 2007

Le tableau ci-dessus indique que les subventions versées par l’Etat sont toujours en
deçà de celles prévues par le budget.

3) Les ressources allouées au financement des charges de fonctionnement

En vertu des dispositions de l’article 22 alinéa 1 du décret 97-674 du 03 décembre


1997 susvisé, la CGRAE dispose pour le financement de ses charges de
fonctionnement, de revenus constitués par le prélèvement de trois à cinq pour cent
sur les ressources énumérées à l’article 20 du décret susvisé.

Ces montants alloués à la CGRAE lui permettent d’alimenter chaque année, son
budget de fonctionnement et d’investissement comme indiqué dans le tableau ci-
après.

TABLEAU n°09 : Budget de fonctionnement et d’investissement de 2005 à 2007

Exercices
2005 2006 2007
Budget

Fonctionnement 1 470 709 488 1 823 198 000 2 190 380 000

Investissement 380 500 163 735 119 434 1 158 940 205

TOTAL 1 851 209 651 2 558 317 434 3 349 320 205

Source : CGRAE ; rapports d’activités 2005, 2006 et 2007

En exécution, les budgets de la période sous revue se présentent de la manière


suivante :

50
TABLEAU n°10 : Exécution des budgets de la CGRAE de 2005 à 2007

Budgets Budget de fonctionnement Budget d’investissement

Exercices Prévision Exécution Ecart Prévision Exécution Ecart

2005 1 470 709 488 1 969 160 605 - 498 451 117 380 500 163 315 645 968 64 854 195

2006 1 823 198 000 2 715 214 837 - 892 016 837 735 119 434 669 240 351 65 879 083

2007 2 190 380 000 3 298 177 411 - 1 107 797 411 1 158 940 205 984 631 642 174 308 563

Source : CGRAE ; rapports d’activités et états financiers de synthèse 2005, 2006 et 2007

4) Les produits accessoires

Les produits accessoires sont constitués de divers produits d’exploitations et de


revenus financiers :

a) Les produits d’exploitation :

 Les recettes de l’activité de reprographie.


Ce sont les recettes tirées de l’exploitation d’une photocopieuse mise à la disposition
des retraités par la direction générale pour leurs besoins de reprographie.
 Les recettes de l’activité d’intermédiation
Les recettes de l’activité d’intermédiaire sont constituées de prélèvements opérés sur
les montants à reverser à certaines structures en relation d’affaires avec les
pensionnés. Ces prélèvements rémunèrent les différents moyens mobilisés par la
CGRAE ainsi que ses prestations en tant qu’intermédiaire dans ces transactions.

 Les prélèvements sur les nouvelles pensions.


Pour permettre à ses services de faire face à certaines charges telles que la
confection des documents d’identification y compris la prise de photo pour les
brevets d’identification, la CGRAE prélève sur le rappel de pension de chaque
nouveau pensionné, la somme de 2 000 FCFA.
 Les produits générés par la cantine.

La CGRAE a crée une cantine pour permettre aux pensionnés de se restaurer sur
place au cours des périodes de paiement des pensions. Les locaux de cette cantine
et les équipements qu’ils contiennent ont été mis à la disposition d’un restaurateur
contre paiement d’un montant forfaitaire mensuel de 250 000 FCFA.

51
b) Les revenus financiers :

Les revenus financiers, dernières composantes des produits accessoires, sont


essentiellement constitués des produits des placements effectués par la CGRAE
dans le cadre de son activité de gestion financière.

Les produits accessoires ainsi présentés sont récapitulés dans le tableau ci-après. Ils
représentent un important indicateur de la capacité de la direction générale de la
CGRAE à créer des ressources endogènes.

Cette source de revenu additionnel aurait pu être amplifiée et permettre à la Caisse


de réduire de manière significative son déficit, si celle-ci bénéficiait d’une plus grande
marge de manœuvre dans le recouvrement de l’ensemble des cotisations de
pension.

TABLEAU N°11: Récapitulatif des produits accessoires de 2005 à 2007

Années
2005 2006 2007
Produits
Les recettes de l’activité de reprographie
2 466 815 1 325 120 844 990
Les recettes d’activité d’intermédiation
31 195 378 67 266 947 64 382 904
Les prélèvements sur les nouvelles
pensions 11 195 378 13 256 000 11 244 000
Les produits générés par la cantine
3 000 000 3 000 000 3 000 000
Les revenus financiers 50 529 969 134 047 483 277 167 476

Total produits accessoires 98 387 540 218 895 550 356 639 370

Source : CGRAE ; rapports d’activités 2005, 2006 et 2007

Aux termes de l’analyse des différentes recettes, le tableau suivant présente


l’ensemble des ressources mises à la disposition de la CGRAE pour les gestions
sous revue.

TABLEAU N°12 : Ressources mises à la disposition de la CGRAE de 2005 à 2007

Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


Ressources des
opérations techniques 69 825 222 176 74 975 825 664 79 866 962 488
Produits de
fonctionnement 2 226 716 942 2 574 161 649 2 841 725 139

Total des ressources 72 051 939 118 77 549 873 313 82 708 687 627

Source : CGRAE ; états financiers de synthèse 2005, 2006 et 2007

52
B) LES CHARGES
La CGRAE gère le régime des pensions des fonctionnaires et agents de l’Etat. La
plupart des dépenses supportées par cette Institution sont liées au paiement des
pensions. Elles sont appelées dépenses techniques. A celles-ci, s’ajoutent les frais
de fonctionnement répartis en dépenses de fonctionnement et en dépenses
d’investissement.
1) Les dépenses des opérations techniques ou dépenses techniques
Les dépenses techniques constituent l’ensemble des paiements effectués
directement ou indirectement aux pensionnés par la CGRAE au titre de leur pension,
rentes et allocations viagères, capitaux décès, indemnités de départ volontaire à la
retraite, remboursements de cotisations, allocations d’invalidité et de solde de
réforme. La CGRAE dispose de trois canaux de paiement de ces pensions à leurs
bénéficiaires :
- le Trésor public qui effectue en règle générale près de 60% des paiements de
pensions à travers son réseau,
- le réseau des banques commerciales, des structures de la micro finance
telles les Coopératives d’Epargne et de Crédit (COOPEC), le Fonds
International pour le Développement de la Retraite Active (FIDRA) et de la
paierie de France,
- et les guichets de la CGRAE.

Les dépenses techniques se composent à la fois des paiements récurrents et des


paiements uniques.
Les paiements récurrents sont relatifs à ceux de la pension de retraite, des rentes et
allocations viagères, de la pension de réversion et de l’invalidité temporaire.
Les paiements uniques ont trait aux paiements d’indemnités de départ volontaire à la
retraite, de capitaux décès du fonctionnaire décédé en activité, au remboursement
de cotisations et des soldes de réforme.
Le tableau ci-après donne l’évolution des dépenses techniques au cours des années
de la période sous revue.

Tableau n° 13 : Evolution des dépenses techniques de la CGRAE (prévisions et réalisations)

Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


Dépenses
Prévisi.. Réalisat. Ecarts Prévis. Réalisat. Ecarts Prévis. Réalisat. Ecarts
Dépense des
86 478 428 070 90 570 232 742 4 091 804 672 106 920 756 171 102 652 426 876 -4 268 329 295 111 723 687 331 107 589 388 378 -4 134 298 953
prestations
récurrentes
Dépenses
2 593 764 139 2 874 645 220 280 881 081 2 582 735 957 1 838 622 445 -744 113 512 3 058 432 533 3 294 394 910 235 962 377
paiements
uniques
Total des
89 072 192 209 93 444 877 962 4 372 685 753 109 503 492 128 104 491 049 321 -5 012 442 807 114 782 119 864 110 883 783 288 -3 898 336 576
dép.
techniques
Source : Tableau construit à partir des budgets prévisionnels et des états financiers 2005, 2006 et
2007 de la CGRAE

Les prévisions de dépenses techniques sont en forte progression au cours de la


période sous revue. De 89 072 192 209 f en 2005, elles atteignent 109 503 492 128
f en 2006 pour se positionner à 114 782 119 864 f en 2007. Sur cette période, les

53
prévisions de dépenses techniques traduisent ainsi une hausse de 25 709 927 655 f,
correspondant à un accroissement de 28,86%.
De 2005 à 2006, le volume des charges des opérations techniques est passé de
93 444 877 962 f à 104 491 049 321 f, soit un écart de 11 046 171 359 f équivalant
à un taux d’accroissement de 11,82%.
Cette évolution s’explique par une forte augmentation des charges récurrentes qui
passent de 90 570 232 742 f en 2005 à 102 652 426 876 f en 2006, soit une variation
à la hausse de 12 082 194 134 f.
Quant aux paiements uniques, ils sont passés de 2 874 645 220 f de 2005 à
1 838 622 445 f en 2006, soit une baisse de 1 036 022 775 f.
De 2006 à 2007, le volume des charges techniques est passé de 104 491 049 321 f
à 110 883 783 288 f, soit un taux d’accroissement de 6,12% correspondant à un
écart de 6 392 733 967 f.

Les paiements récurrents évoluent de 102 652 426 876 f en 2006 à 107 589 388 378
f en 2007, soit une variation à la hausse de 4 936 961 502 f, équivalant à un taux
d’accroissement de 4,81%.

Les paiements uniques vont de 1 838 622 445 f en 2006 à 3 294 394 910 f en 2007,
soit une augmentation de 1 455 772 465 f. Cette augmentation correspond à un taux
d’accroissement de 79,18%.

L’accroissement des dépenses techniques de 2005 à 2006 est plus significatif que
celui de 2006 à 2007.

Le tableau ci-dessous présente l’évolution des prestations en nombre et en valeur.


Tableau n°14 : Evolution des principales prestations de 2005 à 2007

Années
2005 2006 2007

Types de
Prestations Nombre Valeur Nombre Valeur Nombre Valeur

Pensions Principales
(Retraites) 35 213 77 217 092 945 37 779 85 673 906 423 39 878 90 733 590 408

Pensions de réversion de
veuves 10 477 8 397 899 247 11 573 9 451 146 262 12 532 10 148 166 040

Pensions temporaires
d'orphelin 9 974 4 467 919 304 11 116 5 090 012 702 11 791 5 096 679 302

Capital décès 527 1 044 956 758 907 1 888 997 901 1 200 2 264 730 464

Indemnité de départ volontaire 14 17 537 094 06 12 371 294 04 6 955 866

Remboursement 6% 425 284 140 988 330 248 614 953 319 236 215 472

Ajustement 1 - 2 015 331 626 - 4 014 997 687 - 2 397 445 736

TOTAL 56 630 93 444 877 962 61 711 104 491 049 321 65 724 110 883 783 288

Source : Données combinées de la direction des services informatiques et de la direction de la


Planification et du développement.

1
L’équipe de contrôle de la Cour a rencontré de nombreuses difficultés dans le recueil des données relativement au nombre des différentes
prestations, et de leur valeur sur les années de la période sous revue. Elle a dû constituer ce tableau à partir des informations émanant des
directions des services informatiques et de la planification et du développement. Afin d’être en harmonie avec les chiffres des états
financiers, les rapporteurs ont inséré dans le tableau ci-dessus, une ligne d’ajustement
54
Ce tableau permet d’affiner l’analyse des prestations par nature. Cependant, les
agrégats qu’il contient ne concordent pas toujours avec les valeurs inscrites dans les
états financiers de fin d’exercice suite à l’arrêté des comptes.

L’analyse des dépenses techniques portera sur les pensions principales, les
pensions de reversions (veuves et orphelins), les capitaux décès, les indemnités de
départ volontaire et les remboursements de 6%.

Les pensions principales regroupent les pensions d’ancienneté, proportionnelles,


les rentes et allocations viagères. En volume, elles représentent :

 62,18% des prestations totales de la Caisse en 2005 ;


 61,22% en 2006 et ;
 60,68% en 2007.

Le nombre de pensions principales fournies par la CGRAE est passé de 35 213 en


2005 à 37 779 en 2006, soit un taux d’accroissement de 7,29%.
La valeur des pensions servies qui était de 77 217 092 945 f en 2005 a atteint
85 673 906 423 f en 2006, ce qui correspond à une hausse de 8 456 813 478 f.

De 37 779 en 2006, le nombre de pensions payées a atteint 39 878. Cette


augmentation correspond à un taux d’accroissement de 5,56%.

En valeur et sur la même période, la charge des pensions payées qui était de
85 673 906 423 f atteint 90 733 590 408 f, soit un écart de 5 059 683 985 f. Cet
accroissement de la charge de pensions de 2005 à 2007 traduit l’augmentation du
nombre de pensionnés.

Les agrégats des pensions principales synthétisés dans le tableau ci-dessus


permettent de faire observer que pour la période sous revue, la pension moyenne
payée à un retraité par la CGRAE était de :

 2 192 858 f en 2005,

 2 267 765 f en 2006 et

 2 275 279 f en 2007.

Malgré l’accroissement des pensions de 2005 à 2007, la pension moyenne reste


relativement stable.

Les pensions de réversion de veufs et de veuves sont passées de 10 477 en


2005 à 11 573 en 2006 et à 12 532 en 2007. Sur la période sous revue, elles ont
connu un taux d’accroissement de 19,61%.

Numériquement, les pensions de réversion de veufs et de veuves représentent en


moyenne 18% du volume global des pensions réglées par la CGRAE sur les
exercices de la période sous revue.
En valeur, elles vont de 8 397 899 247 f en 2005 à 9 451 146 262 f en 2006 pour se
hisser à 10 148 166 040 f en 2007. Sur la période, les pensions de réversion de
veufs et de veuves connaissent, un taux d’accroissement de 20,84% équivalant à
une hausse de 1 750 266 793 f.

55
Les Pensions Temporaires des Orphelins présentent une évolution sensiblement
similaire à celle des pensions de réversion de veufs et de veuves. La valeur des
Pensions Temporaires Orphelins est passée de 4 467 919 304 f en 2005 à environ
5 090 000 000 f pour les gestions 2006 et 2007.

Les capitaux décès


Le volume des capitaux décès connaît une forte croissance de 72,11% de 2005 à
2006. De 2006 à 2007, il connaît un taux d’accroissement de 32,30%.
De 2005 à 2007, le montant des capitaux décès a doublé ; il est passé de
1 044 956 758 f à 2 264 730 464 f.

Enfin, les indemnités de départ volontaire à la retraite et les remboursements de


cotisations se caractérisent par une baisse de leur niveau aussi bien en volume
qu’en valeur de 2005 à 2007.

En ce qui concerne les départs volontaires à la retraite, l’équipe de vérification


observe en effet, que les fonctionnaires et agents de l’Etat ont une préférence plus
grande de conduite de leur carrière à son terme ; ce qui donne droit au moins à une
pension proportionnelle qu’à une indemnité de départ volontaire.

2) Les dépenses d’exploitation

Aux termes des dispositions de l’article 22 du décret n° 97-674 du 3 décembre 1997,


portant création de la société d’Etat dénommée Caisse Générale de Retraite des
Agents de l’Etat, « les ressources de la société affectées au financement des frais de
fonctionnement, sont limitativement constituées par un prélèvement sur les
ressources définies à l’article 20, à concurrence d’un pourcentage variant dans une
fourchette de 3 à 5% desdites ressources ».

A l’examen des budgets des exercices de la période sous revue, il apparaît que la
quote-part des ressources affectées à la fois au budget de fonctionnement et
d’investissement représente de 3% desdites ressources.

a) Analyse des charges de fonctionnement

Le tableau ci-dessous nous montre l’état des prévisions des dépenses de


fonctionnement et leur exécution effective au cours des années 2005 à 2007.

Tableau n° 15 : Etat de prévision et d’exécution des charges globales de fonctionnement de 2005 à


2007

Charge de
Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007
fonctionnement
Prévisions 1 470 709 488 1 823 198 000 2 190 380 000
Exécution 1 969 160 605 2 715 214 837 3 298 177 411
Ecart -498 451 117 -892 016 837 -1 107 797 411

Source : Tableau construit à partir des données de la Direction de la Planification et du


développement et des états financiers de synthèse.

Sur une prévision globale de dépenses de fonctionnement de 1 470 709 488 f en


2005, 1 823 198 000 f en 2006 et 2 190 380 000 f en 2007, les réalisations
effectives se chiffrent respectivement à 1 969 160 605 f, 2 715 214 837 f et
3 298 177 411 f.
56
La Cour note que les dépenses effectives sont supérieures aux dépenses
prévisionnelles au cours de la période sous revue.
Selon la CGRAE, il n’ ya pas de dépassement de dépenses. Elle estime plutôt que la
gestion budgétaire est différente de la gestion de la trésorerie.
Pour elle, une facture engagée en 2006 peut être payée en 2007.

Cette réponse ne satisfait pas la Cour qui s’interroge sur le silence des
Commissaires aux Comptes et du Conseil d’Administration, d’autant plus que cette
méthode contrarie fortement le principe de l’indépendance des exercices.

Tableau n°16 : Evolution des charges de fonctionnement

Charges par nature Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


Eau, électr. carbur, fourniture 189 415 757 246 115 526 371 471 199
Transport 4 151 562 11 800 257 23 437 833
Locations et charges locatives 1 062 000 1 764 803 4 680 431
Entretien réparat° et maintena 156 834 840 107 419 258 356 055 255
Primes d’assurances 39 564 297 123 958 293 42 862 630
Etudes, recherche et documen 586 660 5 574 000 2 251 188
Publicité, publication rel. Pub 63 637 232 37 932 465 123 095 353
Frais de télécommunication 21 136 751 25 892 485 41 503 441
Frais bancaires 1 829 920 7 441 496 34 279 796
Rémunérat° d’interm. Conseil 96 904 140 325 067 460 178 169 465
Frais formation du personnel 37 063 800 60 782 400 84 083 680
Redevances pour logiciels 0 7 080 000 0
Autres charges 59 519 345 51 690 076 100 516 187
Impôts et taxes 73 017 541 65 916 299 74 356 143
Rémun. d’Adm, dons, mécen. 123 837 675 133 649 992 164 878 271
Charges provisionnées d’expl 0 58 363 722 57 935 626
Frais de personnel 695 912 427 805 895 458 1 105 387 043
Dotations aux amortissements 391 544 127 440 578 222 492 729 764
Total charges exploitation 1 956 018 074 2 516 922 212 3 257 693 305
Charges financières 2 008 946 16 957 064 27 082 941
Total charges activités ord. 1 958 027 020 2 533 879 276 3 284 776 246
Charges hors activ. ordinaires 0 169 116 857 0
Impôts sur résultats 11 133 585 12 218 704 13 401 165
Total charges fonctionnem. 1 969 160 605 2 715 214 837 3 298 177 411

Source : Etats financiers 2005-2006-2007 de la CGRAE

Les charges de fonctionnement de la CGRAE sont des dépenses affectées aux


besoins de financement générés par son exploitation. Elles ont connu une évolution
croissante de 2005 à 2007.

De 2005 à 2007, le volume des charges de fonctionnement est passé de


1 969 160 605 f à 3 298 177 411 f, soit un écart en valeur de 1 329 016 806 f
correspondant à un taux d’accroissement de 67,49%. Cette hausse des charges de
fonctionnement a été induite principalement par l’accroissement de certains postes
de dépenses d’exploitation.
Il s’agit notamment de :

- frais du personnel,

- consommation d’eau, d’électricité, de carburant et de fournitures.

- entretien réparation et maintenance ;

57
- primes d’assurance,

- publicité, publication et relation publiques ;

- frais de télécommunication ;

- rémunération d’intermédiaire et conseil ;

- frais de formation du personnel ;

- autres charges ;

- rémunérations d’administrateurs, dons et mécénats ;

- charges d’amortissement.

La Cour a procédé également à une analyse spécifique des postes « impôts et taxes
« et « impôts sur les résultats », et ce, compte tenu de la situation fiscale délicate de
la CGRAE au regard de son statut juridique hybride (annexe n°06).

 Les charges du personnel

Les charges de personnel ont connu une évolution remarquable au cours de la


période sous revue. D’une valeur de 695 912 427 f en 2005, elles ont atteint le
niveau de 1 105 387 043 f en 2007, soit une progression de 409 474 616 f,
correspondant à un accroissement de 58,84%.

De 2005 à 2006, les frais de personnel sont passés de 695 912 427 f à 805 895 458
f, soit un écart de 109 983 031 f.
En 2007, les charges de personnel atteignent 1 105 387 043 f, soit un taux
d’accroissement de 37,16% équivalant à un écart de 299 491 585 f, par rapport à
2006.

Ce renchérissement des charges de personnel est lié à plusieurs facteurs,


notamment :

- au recrutement de ressources humaines intervenu au cours de la période, faisant


passer l’effectif global de 133 agents en 2006 à 150 en 2007.

Ces agents, au nombre de 17 ont fait l’objet de titularisation par l’Institution, et


sont liés désormais à elle par un contrat à durée indéterminée (CDI).
L’accroissement de la masse salariale de la CGRAE de 2005 à 2007 trouve aussi
en partie sa source dans l’importance numérique des stagiaires employés par
l’Institution. Ceux-ci constituent en effet, un vivier dans lequel l’Institution puise
chaque année à l’effet de renforcer ses effectifs. Tous les agents ayant fait l’objet
aussi bien de contrats à durée déterminée qu’indéterminée, proviennent du lot de
stagiaires qu’emploie la Caisse.

Ces stagiaires perçoivent tous des primes mensuelles de stage variant de 20 à


50 mille francs dont le montant est fixé par le Conseil d’Administration.
Pour l’exercice 2005, la CGRAE comptait 180 stagiaires dont la masse salariale
correspondante était de 8 100 000 f.

58
En 2006, on dénombrait 241 stagiaires pour une masse salariale de 8 780 000 f.
Enfin en 2007, la CGRAE a employé 470 stagiaires pour une masse salariale de
15 130 000 f.

- à l’augmentation de la masse salariale de la CGRAE intervenue en 2006, dans


une proportion de 5% suite à un mouvement de revendication des délégués du
personnel.

 Les charges de consommation d’eau, d’électricité, de carburant et de


fournitures

Les charges de consommation d’eau d’électricité, de carburant et de fournitures


évoluent de 189 415 757 f en 2005 à 371 471 199 f en 2007, soit une hausse de
182 055 442 f. cette augmentation correspond à un taux d’accroissement de 96,11%
sur la période.

Ces charges sont passées de 189 415 757 f en 2005 à 246 115 526 f en 2006, soit
un écart de 56 699 769 f, équivalant à un taux d’accroissement de 30%.

De 2006 à 2007, elles connaissent une augmentation de 125 355 673 f, soit un taux
d’accroissement de 50,93 %.
L’examen et l’analyse de ces charges permettent de constater que leur évolution sur
la période est proportionnelle à celle de l’activité de la CGRAE.

En 2006 et 2007, la Caisse a reçu du seul ministère de la Fonction Publique et de


l’Emploi et ce pour traitement, respectivement, 2 978 et 3 264 dossiers. Le traitement
de ces dossiers a nécessité obligatoirement une consommation de fournitures de
bureau, de consommables informatiques, d’imprimés et de divers consommables (la
valeur des seuls imprimés consommés est passée de 17 708 850 f en 2005 à
33 080 126 f en 2006 et à 99 236 240 f en 2007). L’impression des bulletins de
pensions a nécessité la consommation d’importants intrants (cartouches d’encre et
fournitures de bureau) mais aussi d’imprimés tels les brevets d’identification
permettant de procéder à un contrôle des bénéficiaires des pensions dans le cadre
de la lutte contre la fraude.

 Les charges d’entretien réparation et maintenance

Les charges d’entretien, réparation et maintenance ont trait au matériel et aux


logiciels informatiques, au site externalisé de sauvegarde de l’information, aux
équipements de la vidéosurveillance, au matériel de par feu, aux photocopieurs et
aux locaux notamment les contrats de nettoyage et d’entretien.

De 156 834 840 f en 2005, elles sont passées à 356 055 255 f en 2007, soit une
hausse de 199 220 415 f correspondant à un taux d’accroissement de 127,03%.

De 2005 à 2006 les charges d’entretien, réparations et maintenance ont chuté,


passant de 156 834 840 f à 107 419 258 f, soit une baisse de 49 415 582 f.

En 2007 elles connaissent une très forte remontée pour se stabiliser à 356 055 255 f,
qui équivaut à une progression de 248 635 997 f par rapport à 2006, correspondant à
un taux d’accroissement de 231,46%.

59
Cette évolution spectaculaire trouve en grande partie son explication dans les
sommes affectées à la maintenance et au suivi du matériel informatique, du site de
sauvegarde d’information mis en place en 2007, du matériel de pare feu
nouvellement installé, du renouvellement de logiciels informatiques (Application
pension) réalisé en 2007 et des nouveaux équipements de vidéosurveillance. Les
seuls frais de maintenance informatique ont occasionné des dépenses d’un montant
de 85 437 200 F en 2005, puis ont connu une baisse justifiée en 2006 pour se situer
à 21 634 103 f. En 2007, les sommes affectées à la maintenance du matériel
informatique se sont hissées à 205 176 666 f, soit une progression de 183 542 563 f
par rapport à 2006.

 Les primes d’assurance

De 2005 à 2007, les primes d’assurances sont passées de 39 564 297 f à


42 862 630 f, soit un écart de 3 298 333 f. Cet écart pourrait paraître négligeable
mais lorsque nous analysons l’évolution de ces charges de 2005 à 2006 et de 2006 à
2007, nous pouvons faire les constats ci après.

De 2005 à 2006, les primes d’assurances sont passées de 39 564 297 f à


123 958 293 f, soit un écart de 84 393 996 f correspondant à un taux de progression
exponentielle de 213,31%. C’est dire que sur cette période les primes d’assurance
connaissent, une forte croissance.

En effet, le médecin conseil de la CGRAE, après suspicion de quelques cas de


tuberculose, a décidé de procéder à une vaste campagne de consultation dépistage
de tout le personnel. Cette campagne avait pour but de lui permettre de se faire une
idée de l’ensemble des risques infectieux auxquels celui-ci est exposé au quotidien,
et pouvant entraver son rendement. A la suite de cette campagne, le diagnostic posé
par le médecin conseil était sans appel : la plupart des membres du personnel
souffrent de tuberculose en raison de son contact permanent avec les personnes du
troisième âge chez lesquelles cette affection est fréquente.

Ce tableau morbide des ressources humaines, consigné dans le rapport du médecin


conseil de l’Institution, a amené la direction générale de la CGRAE à se prémunir
contre le risque d’accident de travail et certaines maladies pernicieuses telles la
tuberculose en souscrivant à une assurance maladie.

Il faut aussi noter que l’effectif du personnel de la CGRAE est caractérisé par une
forte population féminine jeune qui connaît un taux de procréation élevé (en 2006, la
Caisse a connu 26 accouchements) et les enfants nés sont immédiatement pris en
charge par l’assurance maladie, quelle que soit la situation matrimoniale de ces
jeunes femmes.

C’est donc la prise en charge globale de tout le personnel, suite à la campagne de


dépistage et des nouveaux nés par l’assurance maladie, qui explique en partie la
forte croissance des primes d’assurance maladie observée de 2005 à 2006.

De 2006 à 2007 les primes d’assurances ont sensiblement baissé pour se stabiliser
à 42 862 630 f, soit une chute de 81 095 663 f.

60
 Les charges de publicité, publication et relations publiques

Ces charges qui s’élevaient à 63 637 232 f en 2005 sont passées à 123 095 353 f en
2007 soit un écart de 59 458 121 f, équivalant à un taux de progression de 93,43%.
D’une valeur de 63 637 232 en 2005, ces charges ont connu une forte baisse en
2006, se stabilisant à 37 932 465 f. Elles sont cependant en forte progression de
2006 à 2007 avec un taux d’accroissement de 224,51%, soit une hausse de
85 162 888 f.
Ces charges connaissent une progression exponentielle liée à plusieurs facteurs :

- l’organisation sous l’autorité du Ministre de la Femme, de la Famille et des


Affaires Sociales d’un important séminaire à Grand Bassam en 2007 à l’effet de
sensibiliser les fonctionnaires et agents de l’Etat relativement aux dispositions
régissant le départ à la retraite ainsi que les pièces constitutives du dossier.

- Au cours de l’exercice 2007, la confection à grande échelle de certains supports


permettant de faire connaître la CGRAE au grand public, notamment des
agendas, des calendriers, des tee-shirts, des polos etc. …, a considérablement
grevé les ressources de l’Institution ;

- Enfin, il y a la volonté affichée par la Direction Générale depuis 2007, de se


lancer dans une campagne médiatique de promotion de la CGRAE à travers un
« marketing social » de l’Institution, aussi bien sur la première chaîne de la
télévision nationale que dans les radios de proximité et la presse écrite. En effet,
la Direction Générale de la CGRAE s’inspire en la matière de l’exemple de la
CNPS pour se créer un espace périodique d’information des Ivoiriens
relativement à la retraite sur la première chaîne de la télévision nationale.

 Les frais de télécommunication

D’une valeur de 21 136 751 f en 2005, ces frais sont passés à 41 503 441 f en 2007,
soit une progression de 20 366 690 f équivalant à un taux d’accroissement de
96,36%.

Les frais de télécommunications sont restés relativement stables de 2005 à 2006. Ils
ont connu cependant une progression notable de 15 610 956 f de 2006 à 2007, ce
qui correspond à une augmentation de 60,29%. Cette évolution est due pour la plus
grande part aux transferts quotidiens et permanents de données du site principal à
un site de secours situé en France et au raccordement de la CGRAE aux différents
postes de paiement de pension du Trésor public. Le site externalisé de données a
été créé en 2007 à l’effet de sauvegarder les informations de la CGRAE en cas
d’incident sur le site principal. Ces transferts se faisant sous forme de
communications téléphoniques occasionnent des frais énormes qui ont contribué à
l’augmentation de ces charges.

 Les frais de rémunération d’intermédiaires et conseils.

Ces charges connaissent une forte progression de 2005 à 2006, passant de


96 904 140 f à 325 067 460 f, soit une hausse en valeur de 228 163 320 f équivalant
à un taux d’accroissement de 235,45%.

61
De 2006 à 2007 ces charges ont connu une baisse de 146 897 995 f.

L’accroissement exponentiel de 2005 à 2006 des dépenses liées à la rémunération


d’intermédiaires, s’explique par les nombreuses études de faisabilité onéreuses,
mises en œuvre sur recommandation de partenaires au développement, à l’effet
d’assainir la situation financière de la CGRAE, au regard des importants déficits
structurels cumulés.

 Les frais de formation du personnel.

D’une valeur de 37 063 800 f en 2005 ces charges ont atteint 84 083 680 f en 2007,
soit une augmentation en valeur de 47 019 880f équivalant à un taux de progression
de 126,86%.

La croissance de ces charges sur la période sous revue traduit la volonté de la


direction générale et du conseil d’administration de faire de la formation continue du
personnel une priorité voire un véritable levier d’amélioration de la qualité des
prestations offertes par la CGRAE.

 Les autres charges

D’une évolution relativement négligeable, de 2005 à 2006, ces charges sont en nette
progression de 2006 à 2007 avec un taux de progression de 94, 46%, équivalant à
un écart de 48 826 111 f. Les « autres charges » enregistrent la rémunération des
cabinets en charge des recrutements de ressources humaines, les frais de
déménagements, de missions et de réceptions.

 Les dépenses relatives à la rémunération d’administrateurs, dons et


mécénat.

Le volume de ces dépenses qui était de 123 837 675 f en 2005 est passé à
164 878 271 f en 2007, ce qui représente une progression de 41 040 596 f
équivalant à un taux d’accroissement de 33,14%.
D’une évolution relativement négligeable de 2005 à 2006, ces charges sont en nette
progression de 2006 à 2007, avec un taux d’accroissement de 23,37% équivalant à
une hausse de 31 228 279 f.

De 2005 à 2007, le nombre d’administrateurs est resté constant. Malgré cette


tendance, les rémunérations et avantages financiers accordées aux Administrateurs
ont augmenté (annexe n°07). Ainsi,

- en 2005, le montant alloué était de 108 266 704 f

- en 2006, il est passé à 114 186 944 f,

- en 2007, les charges du Conseil d’Administration sont montées à 150 090 746 f.

L’augmentation de ces charges s’explique par le fait que :

- divers comités de travail ont été crées par le Conseil d’Administration à l’effet de
réfléchir sur des thématiques précises.

62
Ces réflexions sont en rapport avec le rétablissement de l’équilibre financier de la
CGRAE, la situation des Dépôts à Terme, la rédaction du contrat programme
etc.…Des jetons de présence spécifiques ont été versés aux membres desdits
comités.

- La CGRAE a sur la période, octroyé de nombreux dons à des personnes morales


notamment à des ONG opérant dans la prise en charge de personnes du
troisième âge ; elle a également alloué des dons à diverses associations
extérieures et au personnel de la CGRAE dans le cadre de leurs activités et
entrepris des actions de mécénat à travers le financement de manifestations
telles que la grande nuit de la réconciliation nationale organisée par le Ministère
en charge de la réconciliation nationale et des relations avec les Institutions de la
République à l’hôtel ivoire. Les dons octroyés par la CGRAE à des tiers figurant
sur les états financiers des années de la période sous revue sont récapitulés
comme suit :

 en 2005, le volume des dons est de : 20 481 275 f,

 en 2006, la valeur des dons s’élève à : 38 023 961 f,

 en 2007, le niveau des dons est de : 60 972 205 f ;

Le montant de ces dons qui a pratiquement triplé de 2005 à 2007 a aussi contribué à
l’augmentation des dépenses de ce poste.

En plus de la forte évolution qu’elle a connu pendant les trois années de la période
sous revue, l’équipe de contrôle de la Cour a constaté et déploré qu’une partie de
ces dons était octroyée au Ministère de tutelle de la CGRAE (Ministère de la famille,
de la femme et des Affaires Sociales).

En 2007, le volume des dons octroyés au seul ministère de tutelle technique s’élevait
à 16 955 000 f.

 Les charges d’amortissement

Les amortissements constituent une catégorie de charges supportées par la CGRAE


à l’effet d’assurer le renouvellement de son capital. Ces charges n’entraînent pas de
décaissement et constituent un précieux levier de financement à la disposition de
cette société. Elles représentent entre 14 et 20% des charges de fonctionnement
supportées par la CGRAE sur la période sous revue.

De 2005 à 2006, les charges d’amortissement connaissent un taux d’accroissement


de 12,52 % correspondant à un écart de 49 034 095 francs.

De 2006 à 2007, elles connaissent une légère hausse de 52 151 542 francs
correspondant à un taux d’accroissement de 11,84%.

Cette augmentation du volume des amortissements sur la période est la


conséquence de l’importance et de la nature des investissements réalisés au cours
des deux dernières années 2006 et 2007.

63
En effet, d’un montant d’investissement total de 315 645 968 f en 2005, la CGRAE
est passée à un niveau de 669 240 351 f d’investissement en 2006 et à 984 631 642
f en 2007. Les principales réalisations portent sur des immobilisations incorporelles
(brevets et logiciels informatiques) et sur le matériel informatique qui représentent en
moyenne près de 50% des investissements totaux qui s’amortissent sur une courte
période (deux à trois ans) selon les règles comptables en vigueur.

Les ressources de financement existantes sont relativement faibles et elles sont


insuffisantes pour faire face aux investissements projetés, ce qui risque d’accroître
encore la dépendance de cette Institution du Trésor Public.

 Impôts et taxes

Le poste « impôts et taxes » enregistre les charges de la CGRAE relatives aux


prélèvements sur les pensions, les vacations, les salaires et traitements, la formation
professionnelle continue, les revenus, l’apprentissage, les équipements, la
contribution nationale pour la reconstruction (CNR) parts employeur et employé, les
valeurs mobilières de placement et la patente.

De 2005 à 2006, les impôts et taxes sont passés de 73 017 541 f à 65 916 299 f, soit
une baisse de 7 101 242 f correspondant à un taux de régression de 9,73%.

En 2007, les impôts et taxes se hissent à 74 356 143 f contre 65 916 299 f en 2006,
soit une hausse de 8 439 844 f équivalant à un taux de croissance de 12,80%.

Il est à noter que pour les exercices sous revue, la plupart des impôts sus indiqués
ont été payés par la CGRAE.

En ce qui concerne les impôts sur pensions, ils devraient être prélevés à la source et
payés par le Trésor Public pour le compte de la CGRAE.

En effet, les appels de fonds effectués au profit de CGRAE aux fins de paiement des
pensions sont nets de toutes retenues fiscales. Le Trésor Public a la charge de payer
directement les retenues opérées au titre des impôts et taxes à leurs bénéficiaires
mais il ne se comporte pas comme une caisse de paiement systématique des
obligations de l’Etat.

Ainsi, pour les années sous revue, les montants des impôts dus sur les pensions
s’élèvent dans les livres de la CGRAE à : 2 579 962 385 f en 2005, 3 097 155 189 f
en 2006 et 3 125 219 890 en 2007, la CGRAE ne disposant d’aucune preuve de leur
paiement effectif.

 Impôts sur les résultats

Les impôts sur les résultats enregistrent l’impôt BIC que la CGRAE Société d’Etat
doit en principe payer à la Direction Générale des Impôts (DGI) mais dont elle ne
s’acquitte pas dans les faits.

La CGRAE doit s’attendre à un redressement fiscal, sauf si en tant que service


public, le Gouvernement concède à l’exonérer de cet impôt.

64
Toutefois, sur la période sous revue, la valeur de l’impôt BIC, calculée sur les seuls
résultats des opérations de fonctionnement, se chiffre à 11 133 585 f en 2005,
12 218 704 f en 2006 et à 13 401 165 f en 2007.

Depuis 2005, la CGRAE constitue en fin de chaque exercice, une provision au titre
de l’impôt BIC en attendant que l’Etat prenne un texte réglementaire à l’effet de
clarifier sa situation vis-à-vis de cette charge fiscale.

b) Examen et opinion sur certaines dépenses frappées d’observations

L’équipe de la Cour a procédé au contrôle de la régularité des dépenses de


fonctionnement par l’exploitation d’un échantillon représentatif de pièces justificatives
y afférentes. L’examen de ces pièces a révélé certaines irrégularités.

 Des factures non normalisées

Par ordre de paiement n° 112 du 17 mars 2006 d’un montant de 63 000 000 f, la
CGRAE a payé à « Afrique Plaques et Accessoires Automobiles », relativement à la
confection de 42 000 brevets sécurisés d’identification des pensionnés.

Il ressort de l’examen des pièces justificatives afférentes à cette dépense que la


facture en cause n’est pas normalisée ; or depuis 2005, le gouvernement ivoirien, à
travers la Direction Générale des Impôts a rendu obligatoire, l’utilisation de la facture
normalisée à tous les fournisseurs à l’effet de lutter contre la fraude fiscale. Cette
nouvelle mesure est contenue dans l’annexe fiscale numéro 01 de la loi de finances
2005.

Il en est de même :

- du paiement de la somme de 12 390 000 f (OP n° 453 du 6 septembre 2006)


correspondant à la confection de polos et tee shirts pour la CGRAE à la
société EIP ;

- du règlement des frais d’honoraires de 32 858 784 f à la société « AUDEP


International » correspondant à l’étude de faisabilité des travaux d’extension
de la CGRAE.
Pour des dépenses aussi élevées d’un montant total de 108 248 784 f, la Direction
Financière et comptable de la Caisse aurait dû exiger des prestataires en cause, la
production de factures normalisées.

En 2007, certains fournisseurs ont traité avec la CGRAE dans des conditions
similaires, comme l’évoque le rapport des Commissaires aux comptes, et ce, pour un
volume global de dépenses de 232 568 693 f.
Ces dépenses, en l’état, apparaissent irrégulières au regard de la réglementation en
vigueur.

En conséquence, la Cour note qu’ainsi des impôts échappent au fisc.


Par ailleurs, la CGRAE court le risque de la non déductibilité de ces charges pour la
détermination de son résultat fiscal.

65
 Dons, aides et subventions diverses accordés aux tiers,
La Cour observe que la CGRAE octroie de nombreux dons, subventions et aides à
des personnes morales. C’est le cas des aides financières de 6 500 000 f accordées
à l’école primaire Notre Dame de la Paix de Treichville pour la construction d’un
préau (OP n° 68 du 11 février 2008) et à l’ONG AGBOHODI d’un montant de
11 000 000 f (OP n° 34 du 11 février 2008 de 8 000 000 f et OP n° 43 du 21 février
2008 de 3 000 000 f) relativement à la construction d’un centre aéré pour la prise en
charge des personnes du troisième âge.

Sans forcément incriminer sur le fond ces actions de haute portée sociale, la Cour
déplore l’absence des règles d’octroi régulièrement établies et équitables.

La Cour observe que de nombreux dons sont octroyés sans que l’on ne tienne
compte de la situation financière de la CGRAE qui ploie sous le poids des
déséquilibres budgétaires.

 Jetons de présence, alloués aux Administrateurs dans le cadre de leur


participation aux réunions du Conseil d’Administration,

Aux termes des dispositions de l’article 22 de la loi n° 97-519 du 4 septembre 1997,


portant définition et organisation des sociétés d’Etat, « les Administrateurs
perçoivent, dans les conditions fixées par décret, en rémunération de leur activité au
sein du Conseil d’Administration, une somme fixe annuelle à titre de jetons de
présence. »
A ce jour, le décret n’est pas intervenu alors que le montant de 500 000 F CFA est
alloué aux Administrateurs à titre de jetons de présence fixés par le Conseil
d’Administration, tandis que le Président du Conseil d’Administration perçoit des
jetons de présence de 600 000 f.

Cette situation mérite régularisation par la prise d’un décret conformément à l’article
22 de la loi sur les Sociétés d’Etat pour le passé et pour la fixation des jetons de
présence pour l’avenir.

D’autre part, la Cour a constaté au cours de ses investigations que de nombreux


avantages (en nature et espèces) ont été consentis aux administrateurs (annexe
n°07), aux ministres de tutelle techniques et à des ONG comme relevé ci-dessous.

 Des paiements en espèces irréguliers

Le manuel de procédures dans sa partie « trésorerie règlements en espèces »,


stipule que « les décaissements effectués par la caisse, ne doivent pas excéder
individuellement la somme de cinq cent mille francs (500 000 f) CFA.
La Cour a constaté que certains paiements irréguliers ont été effectués :

- au Président du Conseil d’Administration


Par ordres de paiement n° 920, 1060, 1247, et 1702, de 600 000 f chacun, la
CGRAE a payé en espèces à la caisse, les jetons de présence du Président du
Conseil d’Administration (PCA) respectivement les 26 juillet 2006, 30 août 2006, 27
septembre 2006 et 22 décembre 2006, soit au total 2 400 000 f.

66
La Cour observe que le montant des jetons de présence de 600 000 f alloués au
PCA est supérieur aux 500 000 f autorisés par le manuel de procédures relativement
aux paiements en espèces.
- au ministère de tutelle technique
Par OP n° 701 du 14 mai 2007, la CGRAE a payé en espèces à la caisse, la somme
de 3 000 000 f au titre de la contribution de la CGRAE à l’organisation de la
« journée internationale de la famille » par le ministère de la famille, de la femme et
des affaires sociales.
Cette politique systématique d’assistance financière de la CGRAE au ministère de
tutelle s’est poursuivie au cours de l’exercice 2007et a consisté :
 au paiement par la caisse de la somme de 1 000 000 f à titre de soutien
financier au ministère de tutelle relativement d’une part à l’organisation de la
« flamme de la paix » et d’autre part au redéploiement du personnel sous
tutelle dans la région de la Vallée du Bandama par ordre de paiement n° 1171
du 25 juillet 2007 ;
 au paiement par la caisse d’une somme de 2 520 000 f par ordre de paiement
n°1284 du 21 août 2007 correspondant au soutien financier accordé à
Madame le Ministre dans le cadre de son voyage à Paris ;

 au règlement à la caisse par OP n° 1518 du 20 septembre 2007 d’une somme


de 1 280 000 f équivalant aux frais de mission de Madame le Ministre dans le
cadre d’une visite des centres d’éducation et de développement de la petite
enfance à Singapour ;
 au paiement par caisse d’un montant de 3 000 000 f par ordre de paiement
n° 2213 du 4 juin 2007 au titre de la participation de Madame le Ministre de
tutelle administrative à la 13ème session extraordinaire du Conseil des
Ministres de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES) ;

 au règlement par caisse de 1 500 000 f par ordre de paiement n° 2214 du 22


juin 2007 équivalant aux frais de participation de Madame le Ministre au 9 ème
Symposium International de l’eau qui s’est tenu à Cannes en France du 26 au
28 juin 2007 ;
 au paiement par caisse d’une somme de 800 000 f par ordre de paiement
n° 1730 du 7 novembre 2007 à titre de soutien financier au ministère de tutelle
pour l’organisation de « l’appui matériel à la scolarisation des enfants en
milieu défavorisé et au bien être des populations vulnérables » ;

- au personnel de la CGRAE
Par ordre de paiement n° 1347 du 16 août 2007, la CGRAE a payé en espèces à la
caisse, des frais de valise d’un montant de 782 600 f à Monsieur le Directeur Général
de ladite Institution.
La Cour note que ces frais de valise ne reposent sur aucun fondement juridique.

La Cour a relevé enfin, le paiement par la caisse d’une somme de 2 000 000 f par
ordre de paiement n° 776 du 8 mai 2007 au profit de l’Amicale des Femmes de la
CGRAE dans le cadre de ses activités.

67
- à des tiers

Par ordre de paiement n° 1363 du 16 août 2007, la CGRAE a payé en espèces à la


caisse, des perdiems d’un montant de 1 000 000 f à des journalistes de Fraternité
Matin relativement à l’émission « l’invité de la rédaction » à laquelle le Directeur
Général était convié.

Le contrôle de la Cour a permis aussi de mettre en relief, le règlement par la caisse


d’une somme de 1 000 000 f par ordre de paiement n° 971 du 25 juin 2007 au profit
du sieur Elie HALLASSOU dans le cadre de la croisade nationale pour le pardon et
la réconciliation nationale organisée par l’Association Citoyenne pour GBAGBO en
mars, avril et mai 2007.

La Cour se permet d’indiquer également que cette situation de paiement d’avantages


en nature et autres comme indiqué plus haut prévaut dans toutes les sociétés d’Etat.

Il urge que le Gouvernement clarifie cette situation en légiférant en la matière dans


un souci de transparence et de bonne gouvernance.

3) Les dépenses d’investissement

a) Examen et opinion sur les charges d’investissement

Le budget d’investissement de la CGRAE et son exécution pour les exercices sous


revue est synthétisé dans le tableau ci-après :

Tableau n°17 : Evolution des dépenses d’investissement

ANNEES 2005 2006 2007

Prévision Exécution Taux Prévision Exécution Taux Prévision Exécution Taux


NATURE IMMO d’exécuti d’exécution d’exéc
on ution

Immo incorpo 194 380 163 157 759 686 81.% 305 149 434 302 134 154 99% 307 480 205 229 104 474 74,5%

0 0 0 50 000 000 49 334 385 98,6% 100 000 000 83 843 836 83,8.%
Terrain

Bâtiment 0 0 0 10 000 000 9 879 876 98,8% 160 000 000 159 228 935 99.5%

Installation,
Agencemnt, 81 420 000 66 590 767 81.8% 144 000 000 130 491 166 90.6% 318 500 000 281 023 042 88.2%
Aménagement
Matériel de
bureau 11 000 000 8 030 857 73% 17 800 000 12 443 674 69,9% 26 000 000 15 482 057 59, 6%
Matériel
informatique 70 000 000 60 933 082 87% 143 610 000 104 804 926 73% 162 900 000 154 129 572 94,6%

Mobilier de 5 700 000 4 331 576 75.9% 14 560 000 12 625 770 86,7% 24 060 000 11 527 226 47,9%
bureau

Matériel de 18 000 000 18 000 000 100% 50 000 000 47 526 400 95 60 000 000 50 292 500 83,8%
transport

TOTAL 380 500 163 315 645 968 82,9% 735 119 434 669 240 351 91% 1 158 940 205 984 631 642 84,9%

Source : Direction de la planification et du développement.

68
Le budget d’investissement de la CGRAE qui s’élevait à :

 380 500 163 f en 2005 a été exécuté à hauteur de 315 645 968 f, soit
un taux d’exécution de 82,96% ;

 735 119 434 f en 2006 a été exécuté à concurrence de 669 240 351 f,
soit un taux de consommation de 91% ;

 1 158 940 205 f en 2007 a été consommé à hauteur de 84,96%


équivalant à 984 631 642 f.

Les dépenses d’investissement réalisées sur la période portent sur les


immobilisations corporelles et incorporelles:

 les immobilisations incorporelles :

Les investissements réalisés portent sur des acquisitions de logiciels de gestion, des
mises à jour de logiciels, la mise en œuvre de l’intranet et de l’Internet, la poursuite
de divers travaux informatiques, la création d’un site secours externalisé et la
numérisation des archives.

De 2005 à 2006, la valeur des immobilisations incorporelles acquises est passée de


157 759 686 f à 302 134 154 f et correspond à un taux d’accroissement de 91,5%.
La valeur des immobilisations incorporelles a presque doublé de 2005 à 2006. Elle
traduit la volonté de la Direction Générale de renforcer le système de traitement
automatique des pensions afin de réduire significativement les délais d’attente des
bénéficiaires.

De 2006 à 2007, la valeur des investissements en immobilisations incorporelles


connaît une baisse de 24,17% ; elles passent de 302 134 154 f à 229 104 474 f.

 les immobilisations corporelles :

Elles ont porté sur diverses rubriques notamment:

- l’acquisition du terrain d’Abadjin Doumé devant servir de site à la construction du


centre de gériatrie ;

- les travaux de transformation du bâtiment abritant le service « accueil et


information » en un immeuble à deux niveaux pour accroître la capacité d’accueil
de l’Institution ;

- les travaux d’achèvement de la clôture du terrain d’Abadjin Doumé ;


- l’acquisition de matériel de bureau tel des splits, des photocopieurs ;

- les travaux de réhabilitation de la cantine ;

- l’achat de matériel informatique, ordinateurs, imprimantes et de serveurs ;


- l’acquisition de matériel roulant notamment de véhicules utilitaires et de
véhicules de commandement pour le PCA et le Directeur Général.

69
Au total, les investissements réalisés sur la période s’élèvent à :

 157 886 282 f en 2005 ;

 367 106 197 f en 2006 et ;

 755 527 168 f en 2007.

Les immobilisations corporelles réalisées au cours des trois années de la période


sous revue visent à créer un centre de gériatrie et une cantine équipée au service
des retraités, à accroître la capacité d’accueil du siège de l’Institution et à améliorer
les conditions de travail des agents.

b) Examen et opinion sur certaines dépenses frappées d’observations

L’équipe de vérification a procédé au contrôle de la régularité des dépenses


d’investissement par l’exploitation d’un échantillon représentatif de pièces
justificatives y afférentes.

Par factures (sans numéros) du 7 mars 2006 et 16 octobre 2006, la CGRAE a payé
au sieur VEGLANO TOUDONOU Koffi Alphonse du cabinet de géomètre expert
agréé « Ivoire Topographie », les sommes de 30 000 000 f et 8 000 000 f
relativement à l’acquisition et à la mise en valeur de 140 lots sis à Abadjin Doumé
dans la commune de Songon pour la construction d’un hôpital gériatrique.

Il ressort de l’examen des pièces justificatives afférentes à ces dépenses que les
factures en cause ne sont pas normalisées.

Des transactions similaires ont été réalisées par la CGRAE avec d’autres opérateurs
économiques. Elles portent sur :

 la somme de 21 334 385f payée au sieur ANEPO OYA Léandre du cabinet


topographique « Vision Topo » (facture n° 012/VT du 1er juin 2006) à l’effet de
procéder à un état des lieux de la parcelle de terrain de la CGRAE sise à
Abadjin Doumé ;

 la somme de 25 000 000f payée au sieur KONAN Yao Joseph, topographe,


23 BP 3834 Abidjan 23, (facture sans numéro du 22 décembre 2006) en vue
de la délimitation de la parcelle, la confection d’un dossier technique, la
délivrance de la lettre d’attribution portant sur lesdits lots ;

 la somme de 12 171 700f (facture n°26/07) du 05 juillet 2006 payée à la


société EBACI relativement à des travaux de réhabilitation et d’aménagement
des locaux de la CGRAE ;

 la somme de 23 600 000f (facture n° 773/04/06/EIF du 26 avril 2006) payée à


l’ « Entreprise Ivoirienne de Froid » (EIF) en vue de la fourniture et la pose de
climatiseurs monobloc au 1er étage local technique n°106 de la Caisse ;

 un décaissement de 17 712 735 f (OP n° 485 du 25 septembre 2006) effectué


en faveur de l’entreprise « Ets EBACI » relativement à des travaux de
réhabilitation des bureaux de la CGRAE.

70
Les opérations en cause, portent sur une somme globale de 137 818 820 f pour
laquelle la Direction Financière et Comptable aurait dû exiger des prestataires, la
production de factures normalisées.

Comme évoqué antérieurement, la CGRAE court le risque de la non déductibilité de


ces charges pour la détermination de son résultat fiscal et ce, pour avoir traité avec
des fournisseurs ne s’étant pas conformés à la réglementation en vigueur.

4) Les dépenses de la Trésorerie Active

a) Situation de la « Trésorerie Active »

 De la définition de la Trésorerie Active

Il a été institué à la CGRAE au cours de l’exercice 2006, une trésorerie dite active
dont la mise en place aurait été autorisée par la Direction de la Participation et des
Privatisations du ministère de l’économie et des finances. Pour ses initiateurs, « la
trésorerie active, le budget de fonctionnement et le budget d’investissement
constituent les trois composantes du budget d’exploitation de l’exercice.
La trésorerie active est une ressource qui permet le financement des dépenses
indispensables nées au cours de l’année mais non prévues dans les deux premières
composantes du budget. La gestion de la trésorerie active est assurée par le Conseil
d’Administration ».

 Mode de détermination

Nous avions déjà rappelé que selon les dispositions de l’article 22 du décret n° 97-
674 du 3 décembre 1997 susvisé, « les ressources de la société affectées au
financement des frais de fonctionnement, sont limitativement constituées par un
prélèvement sur les ressources définies à l’article 20, à concurrence d’un
pourcentage variant dans une fourchette de 3 à 5% desdites ressources ». Cette
disposition a été rendue nécessaire à l’effet de prendre en compte le caractère non
marchand de l’activité de l’Institution. A l’examen des budgets des exercices de la
période sous revue, il apparaît que la quote-part des ressources affectées à la fois
au budget de fonctionnement et d’investissement est de 3%.

Dans la pratique, au cours du quatrième trimestre de chaque année, la Direction


Générale demande à chaque service, de déterminer ses besoins aussi bien en
fonctionnement qu’en investissement, et de les transmettre à la Direction de la
Planification et du Développement (DPD) en charge de la préparation du budget de
l’année suivante. Celle-ci, après réception des besoins de toutes les unités
opérationnelles, en assure la planification et la valorisation. La mouture définitive du
budget est arrêtée par le Conseil d’Administration après les arbitrages nécessaires.

En règle générale, la valeur globale des besoins arrêtée par le Conseil


d’Administration a toujours été inférieure au plafond de 3% des ressources des
opérations techniques, fixé par l’article 20 du décret susvisé. C’est la différence entre
l’agrégat obtenu par application des 3% fixés par la réglementation aux ressources
des opérations techniques et la valeur globale arrêtée des besoins de la CGRAE qui
constitue « la Trésorerie active ». La trésorerie active de l’année est déterminée et
constatée à la confection des différents budgets de l’année N de la CGRAE au cours
du dernier trimestre de l’année N -1.

71
 Analyse critique

La trésorerie active constitue en fait une liberté de manœuvre, un véritable levier que
le Conseil d’Administration se donne pour financer des dépenses dont le bien fondé
et la légitimité sont contestables.

Elle fait partie intégrante des 3% des produits techniques qui est le plancher autorisé
par le décret susvisé. Ce budget de la trésorerie active, dont nous venons de
présenter le mode de calcul, coexiste avec les budgets des opérations techniques,
de fonctionnement et d’investissement. Son niveau est indiqué dans le budget global
annuel de la CGRAE.

Cette pratique est contraire à la présentation des budgets de façon générale et aux
dispositions régissant le fonctionnement de la CGRAE qui autorisent l’Institution à se
doter de trois budgets qui sont le budget des opérations techniques, le budget de
fonctionnement et le budget d’investissement.

La mise en place de la trésorerie active crée une ambiguïté dans la gestion du


budget de la CGRAE. En effet, le Directeur Général assure l’exécution du budget
de la Caisse sous le contrôle du Conseil d’Administration (CA).

Quant à la trésorerie active, sa gestion est autorisée par le Président du Conseil


d’Administration. Pourtant, « la trésorerie active » est, comme évoqué supra, une
composante entière du budget de la CGRAE. Il est inadmissible que la gestion d’une
partie des moyens fasse l’objet d’une autorisation préalable du Conseil
d’Administration en dehors de celle prévue par les dispositions de l’article 8.5 du
décret n°97-674 du 3 décembre 1997, portant création de la société d’Etat
dénommée CGRAE. D’ailleurs le décret susvisé fait du Directeur Général, la seule
autorité qualifiée à défendre juridiquement la société et chargée de sa gestion
courante (article 10 du décret susvisé).

La Cour note que la création de ce fonds est dépourvue de tout fondement légal au
regard des dispositions des articles 21 et 22 du décret susvisé.

En outre, la Direction Générale de la CGRAE n’a pu produire à l’équipe de contrôle


de la Haute Juridiction Financière, l’autorisation écrite de la Direction de la
Participation et des Privatisations du Ministère de l’Economie et des finances, lui
ayant demandé d’instituer la trésorerie active. Sa création est interprétée par les
rapporteurs, comme une surévaluation des moyens de fonctionnement, mis à la
disposition de la CGRAE, par application de la fourchette de 3 à 5% des ressources
techniques, au regard des besoins réels de financement, générés par le cycle
d’exploitation de cette Institution.

Outre les irrégularités liées au non respect de l’orthodoxie budgétaire, financière et


comptable par la CGRAE et en l’absence de fondement juridique de « la trésorerie
active », la Cour n’a pu avoir les éléments d’explication, relativement aux critères de
sélection et/ou à la nature des dépenses éligibles sur le budget de « la trésorerie
active ».

72
b) les dépenses financées par la «Trésorerie Active »

Si pour l’exercice 2006, toutes les dépenses financées au moyen de la trésorerie


active ont pu être justifiées par des pièces, il n’en a pas été de même pour l’exercice
2007.
En effet, sur un volume global de 200 371 865 f de dépenses financées par la
trésorerie active en 2007, seules des dépenses de 127 576 065 f ont fait l’objet de
justifications.

La direction financière et comptable de la CGRAE, n’a pu produire à l’équipe de


contrôle de la Cour, les pièces justificatives afférentes au reliquat des dépenses qui
s’élève à 72 795 800 F CFA.
Il convient de signaler par ailleurs que les dépenses financées par la trésorerie active
ne sont pas uniquement exécutées au cours des exercices concernés. A titre
d’exemples, la trésorerie active de 2006 a financé la construction de la clôture du
terrain d’Abadjin Doumé d’un montant de 109 915 791 f en mai 2007 et celle de 2007
a servi à accorder une aide financière à une école à concurrence de 6 500 000 f en
février 2008.

 Gestion 2006
Le montant prévu en 2006 au titre de la trésorerie active a été fixé à 828 338 508 f. A
l’examen des pièces justificatives des dépenses financées par cette trésorerie active,
il apparaît que les dépenses en cause d’un montant total de 138 680 391 f,
représentant un taux d’exécution de 16,74%, pouvaient être planifiées et
budgétisées. Elles ne présentaient aucun caractère urgent et leur financement par la
trésorerie dite active ne pouvait se justifier.

Tableau n°18 : Les dépenses financées par la trésorerie active de 2006

Numéro de pièces
Date Montant Nature des dépenses
comptables
Achat d’une Toyota Prado
01 05 mai 2006 27 000 000
Achat de 2 billets d’avion Abj-Casa-
1421 20 septembre 2006 1 176 400 Montréal-Casa-ABJ des sieurs Dédy Séri
Faustin et Komet Daniel
Construction clôture terrain Abadjin
01 07 mai 2007 109 915 791 Doumé
Total 138 680 391

Source : Direction financière et comptable.

 Gestion 2007

La Cour note qu’« au 31 décembre 2007, des dépenses exceptionnelles d’un


montant de 200 371 865 f et non prévues (sur une prévision de budget de trésorerie
active de 200 642 265 f) au budget ont nécessité le recours au Conseil
d’Administration pour une autorisation de prélèvement sur cette trésorerie. Le taux
d’imputation exceptionnel ressort à 99,87% ».

73
A l’examen des pièces justificatives des dépenses en cause, il ressort les
observations suivantes :

- l’absence des procès verbaux du Conseil d’Administration ayant autorisé le


financement des dépenses en cause au moyen de la trésorerie active ;

- l’insuffisance de pièces justificatives au soutien de certaines dépenses;

En outre ces dépenses présentent des caractéristiques permettant de les stratifier


comme suit:

 certaines dépenses sont étrangères à l’objet social de la CGRAE :

o l’OP n° 542 du 10 octobre 2007 d’un montant de 5 000 000 f afférent à la


contribution financière de la CGRAE à l’organisation le 10 octobre 2007 à
l’hôtel Ivoire de la grande nuit de la réconciliation nationale par le ministère en
charge de la réconciliation nationale et des relations avec les Institutions ;

o l’OP n° 3 du 3 janvier 2008 d’un montant 1 522 400 f relativement à l’achat


d’un billet d’avion Abidjan Tunis Abidjan au profit du sieur Fagnidi Djédjé
Gustave et son épouse dame Fagnidi née AGBADOU Guissa Thérèse ;

o l’ordre de paiement (OP) n° 9 du 04 janvier 2008 relatif au règlement des frais


de séjour du PCA à Tunis dans le cadre de ses soins médicaux et
pharmaceutiques au centre hospitalier CHYL Group d’un montant de
4 000 000 f ;

o l’OP n° 10 du 04 janvier 2008 d’un montant de 9 132 665 f relativement au


règlement des frais de soins médicaux et pharmaceutiques du sieur Fagnidi
Djédjé Gustave, PCA de la CGRAE au centre hospitalier CHYL Group à
Tunis ;

 certaines dépenses ne revêtant pas un caractère urgent et susceptibles


d’être planifiées à l’horizon d’un exercice ont été financées par la
trésorerie active :

o l’OP n° 544 du 10 octobre 2007 de 25 375 000 f concernant les travaux


topographiques et géométriques, le rechargement des voies, la délimitation,
l’état des lieux, la confection d’un dossier technique en vue de la mutation et
de l’enquête publique afférents à une parcelle de terrain sise à Abadjin
Doumé ;

o l’OP n° 545 du 10 octobre 2007 d’une somme de 30 000 000 f de la société


« entreprise la surface » en rapport avec les travaux de construction d’un
bâtiment R+1 au siège de la CGRAE ;

o la facture n° 073165027/188 du 30 novembre 2007, d’un montant de


35 046 000 f en rapport avec la poursuite de la mise en œuvre du schéma
directeur « formations techniques continues » de la société LABEL ;

74
o des dépenses à caractère purement social ont été financées par la
trésorerie active en 2007. Elles se rapportent à des aides financières
accordées à :

o l’école primaire Notre Dame de la Paix de Treichville pour la construction d’un


préau d’un montant de 6 500 000 f (OP n° 68 du 11 février 2008);

o l’ONG AGBOHODI d’un montant de 11 000 000 f (OP n° 34 du 11 février 2008


de 8 000 000 f et OP n° 43 du 21 février 2008 de 3 000 000 f) relativement à
la construction d’un centre aéré pour la prise en charge des personnes du
troisième âge.

Nous avons ici un état des dépenses financées par la trésorerie pour le compte de
l’année 2007

Tableau n°19 : Les dépenses financées avec la trésorerie active en 2007

Numéro de pièce Montant


Date Nature de la dépense
comptable (F Cfa)
542 10 octobre 07 5 000 000 Organisation nuit reconc. Ntle
544 10 octobre 07 25 375 000 Travaux sur parcelle Abadjin
545 10 octobre 07 30 000 000 Travaux construction bâtiment
F07316s027/188 30 novembre 07 35 046 000 Formation technique continue
03 03 janvier 08 1 522 400 Billet d’avion PCA Abj-Tunis-Abj
09 04 janvier 08 4 000 000 Frais de séjour du PCA à Tunis
10 04 janvier 08 9 132 665 Soins médicaux du PCA à Tunis
34 11 février 08 8 000 000 Construction centre aéré retraités
68 11fevrier 08 6 500 000 Aide financière à une école
43 21 février 08 3 000 000 Prise en charge de retraités
Total 127 576 065
Source : Tableau construit à partir des données financières de la CGRAE.

5) Les provisions

La CGRAE a constitué des provisions à l’effet de couvrir les risques de non


recouvrement de fonds liés à certaines opérations et à des cotisations sociales de
tiers. Les fonds concernés sont les suivants :

- les fonds remis à la Présidence de la République pendant la transition militaire d’un


montant de 1 300 000 000 F Cfa;

- les fonds versés à l’Agence de Gestion et de Prestations de Service (AGPS),


dirigée par le sieur GNANGUI Jean Tanoh, en vue de l’acquisition de l’immeuble de
l’Union Africaine, d’un montant de 1 000 000 000 F Cfa;

- les fonds versés entre les mains du sieur GNANGUI Jean Tanoh pour les travaux
de réfection de la villa de fonction de l’ex-Directeur Général d’un montant de
128 017 000 F Cfa;

- la créance CI-Télécom d’un montant de 3 060 853 000 F Cfa;

75
- les créances douteuses sur des sociétés telles la CIDT, CIDV, MOTORAGRI,
SODESUCRE, d’une valeur de 719 339 000 F Cfa;

a) Provisions pour risque de non recouvrement de fonds décaissés

 En ce qui concerne les fonds remis à la Présidence de la République,

Cette opération a eu lieu pendant la transition militaire en 2000. De l’audition des


membres de l’actuel Conseil d’Administration, il ressort que la junte militaire au
pouvoir aurait intimé l’ordre à la CGRAE de lui verser en espèces la somme de F
CFA 1.300.000.000 (Un milliard trois cent millions) en guise d’ « avance » de fonds.
Les fonds mis à la disposition de la Présidence de la République n’ont jamais fait
l’objet de remboursement. A cet effet une provision a été constituée à 100%.

Comme faisant suite au rapport provisoire de la Cour, la Direction Générale de la


CGRAE fournit une copie d’un chèque d’un montant de F CFA 1.300.000.000 (Un
milliard trois cent millions de francs), tiré à l’ordre du Service Financier de la
Présidence de la République (annexe 8).

L’actuelle Direction Générale de la CGRAE atteste qu’elle n’a reçu de la Direction


Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor aucune preuve matérielle de
l’erreur de virement avancée par l’ancienne Direction Générale. Aussi, considère-t-
elle ce décaissement comme une avance de fonds faite à la Présidence de la
République qui doit être restituée à la CGRAE.

La Cour n’a pas connaissance des démarches effectuées par la CGRAE aux fins de
recouvrement de la somme en cause. Elle a par contre constaté que des provisions
ont été constituées à raison de 1 3000 000 000 F CFA par exercice comptable en la
matière.

C’est pourquoi elle demande une réintégration des provisions et un redressement


des états financiers à compter de l’exercice 2004.

 En ce qui concerne les fonds versés à l’Agence de Gestion et de


Prestations de Service (AGPS) pour l’acquisition de l’immeuble,

En 1999, une somme d’un milliard de francs CFA avait été utilisée par le Directeur
Général en fonction à la CGRAE à cette époque pour l’acquisition de l’immeuble de
l’ex-Union Africaine, sis au Plateau et appartenant à une agence immobilière
dénommée « Société Civile Immobilière Concorde 2001 International », pour en faire
le nouveau siège de l’Institution. Le Directeur Général de la CGRAE aurait obtenu
l’aval du Conseil d’Administration avant d’engager la société dans cette transaction.

Malheureusement, la Direction Générale, dans sa réponse au rapport provisoire de


la Cour, n’a pas pu produire ledit procès verbal.

Une expertise commandée par l’acquéreur, la CGRAE, auprès du Cabinet BAMBA


Moussa avait fixé la valeur vénale du patrimoine à 1 329 000 000 f décomposée
comme suit :

Terrain…………………………………….……..300 000 000 f


Constructions…………………………………1 000 000 000 f
Divers frais………………………………………. 29 000 000 f
76
Le 28 mai 1999, une convention de vente à terme est conclue par devant Maître
AGUEH TAHOU Monique, Notaire à Bouaké, entre l’acquéreur, la CGRAE et le
directeur général de l’Agence Immobilière AGPS, le sieur GNANGUI Jean TANOH,
représentant le propriétaire de l’immeuble « la SCI Concorde 2001 International ».

Conformément à cette convention, la CGRAE a effectué au cours de l’année 1999,


les paiements ci-après :

- le 28/05/1999…………………………………. 450 000 000 f


- le 21/07/1999………………………………… 150 000 000 f
- le 17/08/1999…………………………………. 400 000 000 f
Total…………………………………………….1 000 000 000 f

Selon les comptes rendus des réunions du comité chargé d’enquêter sur les fonds
décaissés pour l’achat de l’immeuble de l’ex-Union Africaine, mis en place par le
Conseil d’Administration, et présidé de droit par le sieur KOUA Wognin
(Administrateur), tous les documents justificatifs de la vente sont de « vrais faux
documents ».

Monsieur GNANGUI Jean TANOH, Directeur de l’agence immobilière AGPS et


principal acteur dans cette affaire serait en fuite en Europe depuis la découverte de
la supercherie.

Une plainte contre X a même été déposée par la CGRAE auprès de l’Agence
Judiciaire du Trésor, ayant compétence pour trancher ces litiges. Le rapport de
police qui s’en est suivi a accablé les principaux acteurs de cette affaire et conseillé
de les poursuivre en justice.

Interrogé par la Cour, l’actuel PCA a fait savoir qu’un informateur ayant décidé de
garder l’anonymat l’aurait rencontré à deux (2) reprises pour, dit-il, aider la CGRAE
à recouvrer son patrimoine. Cet informateur se proposait de fournir au PCA tous les
documents légaux relativement à l’immeuble en cause. Il aurait réclamé à la CGRAE
la somme de 80 000 000 f CFA en contrepartie de ses services.

Suite à une réunion du comité ad hoc du Conseil d’Administration en date du mardi 7


octobre 2008 avec le sieur Mounou Edoukou Emmanuel, commercial à l’agence
immobilière « Ivoire Consult », ledit comité a suggéré au PCA d’autoriser le DG à
payer la somme de dix millions de francs CFA à l’informateur. Cette somme a été
payée en deux fractions de cinq millions chacune. L’informateur s’est engagé à
mettre tout en œuvre pour permettre à la CGRAE d’obtenir des informations
concernant l’immeuble en cause.

La Cour déplore cependant le paiement des dix millions à cet informateur car la
CGRAE n’a pas utilisé les moyens légaux de recours.

La CGRAE pour couvrir le risque de non recouvrement lié à cette sortie de fonds
continue de constituer des provisions.

Après avoir entendu le PCA et les membres du Conseil, la Cour estime que :

-1) l’ex-Directeur Général de la CGRAE a décaissé les fonds en cause sans


qu’aucune précaution ni garantie nécessaires ne soient prises relativement à l’achat
de l’immeuble ;
77
-2) aucune diligence sérieuse n’a été mise en œuvre par les différentes Directions
générales de 1999 à ce jour à l’effet de trouver une solution à cette affaire ;

Ici également, la Cour estime que les provisions n’ont pas fait l’objet d’un traitement
comptable approprié. Elle demande d’une part la réintégration des provisions
constituées et d’autre part un redressement des états financiers pour compter de
l’exercice 2004.

Pour cette affaire (1milliard de F Cfa et 10 millions de F Cfa), la Cour décide d’en
saisir le Procureur Général près la Cour Suprême en vue de donner une suite
judiciaire appropriée.

 En ce qui concerne les fonds versés entre les mains du sieur GNANGUI
Jean Tanoh pour les travaux de réfection de la villa de fonction de l’ex-
Directeur Général,

La Cour observe que les fonds affectés à la réhabilitation du logement de fonction de


l’ex Directeur Général de la CGRAE d’un montant de 128 017 000 F CFA sont
excessifs d’autant qu’ils auraient même pu servir à l’achat d’un terrain et à la
construction d’une nouvelle résidence.

De l’audition des membres du Conseil d’Administration, il ressort que ces fonds


décaissés auraient servi à la construction d’une somptueuse villa sise à la Riviera
golf en lieu et place du logement à réhabiliter.

Le Conseil d’Administration déclare avoir commis un expert qui aurait mis la villa
sous séquestre. Celui-ci devrait en assurer la gestion pour le compte de la CGRAE
jusqu’au prononcé d’une décision de justice.

Les documents justifiant ce séquestre n’ont pas été produits à la Cour.

La Cour estime qu’en l’espèce les fonds de 128 017 000 F CFA ont été détournés de
leur objet.

Elle décide également d’en saisir le Procureur Général près la Cour Suprême en
vue de donner une suite judiciaire appropriée.

La Cour demande la réintégration des provisions constituées à cet effet et le


redressement des états financiers pour compter de l’exercice 2004.

b) Provisions sur créances douteuses

Ces créances douteuses ayant une durée de vie de plus de 10 ans sont considérées
désormais irrécouvrables.

 En ce qui concerne les créances sur Côte d’Ivoire Télécom,

Elles correspondent à des cotisations sociales prélevées par l’Office National de


Télécommunication (ONT), devenu par la suite CI-Telcom, puis Côte d’Ivoire
Télécom, pour le compte de la CGRAE, au titre de la part employé des cotisations de
retraite (6%) et de la part patronale (12%), relativement aux fonctionnaires et agents
de l’Etat en service dans ladite société.
78
Ces cotisations n’ont pu être reversées à la CGRAE aux fins de prise en charge des
bénéficiaires jusqu’au changement de statut juridique de Côte d’Ivoire Télécom.

Un état de rapprochement aurait été effectué entre la comptabilité de la CGRAE et


celle de la CI -Télécom, mais les deux entités n’auraient pas accordé leurs violons.

Une infime partie de la dette, ayant fait l’objet d’un accord entre les parties, aurait été
versée à la CGRAE. Le reliquat litigieux a été provisionné.

La Cour estime qu’une provision ne saurait être constituée indéfiniment pour une
créance litigieuse devenue au final irrécouvrable. Elle demande la réintégration des
provisions constituées et le redressement des états financiers pour compter d’un
délai de 3 ans à partir de la date de leur constitution.

 En ce qui concerne les créances douteuses sur les sociétés CIDT, CIDV,
MOTORAGRI et SODESUCRE,

Leur situation est identique à celle de la CI-Telcom. Elles constituent des créances
diverses sur certaines sociétés qui n’existent plus depuis plus de dix ans et pour
lesquelles la CGRAE continue de constituer des provisions.

Pour les différentes années, la constitution de ces provisions ne saurait en aucun cas
se justifier.

La Cour demande d’une part la passation de ces créances douteuses en créances


irrécouvrables et d’autre part la réintégration des provisions constituées et le
redressement des états financiers pour compter d’un délai de 3 ans à partir de la
date de leur constitution.

c) Les provisions pour risques et charges

Les provisions pour risques et charges de 186 028 543 f et 202 940 229 f constituées
respectivement en 2006 et 2007 (cf. états financiers) sont relatives aux indemnités
de fin de carrière du personnel de la CGRAE. Les tests effectués permettent de
prévoir un accroissement de la dotation de 10% chaque année.

La Cour note que la CGRAE ne constate pas de provisions relativement aux


dépenses sans contrepartie mises à sa charge, sauf à considérer que la subvention
dont elle bénéficie couvre aussi les dépenses en cause.

De plus, les provisions pour risques et charges ne font pas mention de réserves
techniques censées garantir la pérennité du régime des pensions. Cette insuffisance
tire sa justification dans le référentiel comptable utilisé pour la production du bilan (le
Système comptable Ohada) qui ne le prévoit pas.

d) Provisions pour les pensions frappées de forclusion

Dans leur rapport, les commissaires aux comptes estiment que les pensions
frappées de forclusion peuvent constituer des charges latentes au cas où il en
existerait. La voie préconisée serait celle de la constitution d’une provision.

79
Dans la pratique, la demande de liquidation de la pension doit être présentée ou
déposée dans un délai de cinq ans, à compter du jour de l’admission à la retraite ou
de la radiation de l’agent des cadres. Au-delà de ce délai, le dossier est frappé de
forclusion, c'est-à-dire que le bénéficiaire ne peut plus se prévaloir de ses droits à
pension. Si le Président de la République lève la forclusion, il adresse une
correspondance de « levée de forclusion » au Directeur Général de la CGRAE.

Les droits à pension courent désormais à compter de la prise de décision de levée


de forclusion du Président de la République.
La Cour note que dans la mesure où en cas de levée de forclusion, les droits à
pension courent à compter de la prise de ladite décision, il ne peut s’agir de charges
latentes. En conséquence, les provisions ne peuvent se justifier.

Au total, pour chacun des exercices de la période sous revue la réintégration des
provisions s’élève à 6 208 209 000 F CFA (1 300 000 000 F CFA pour la
Présidence, 1 000 000 000 F Cfa versés à l’AGPS, 128 017 000 F CFA pour les
travaux de réfection, 3 060 853 000 F CFA versés à la Ci Telcom, 719 339 000 F
CFA à la Cidt, Cidv, Motoragri et à la Sodesucre).

Cette réintégration devrait pouvoir impacter les résultats comptables respectifs


d’autant que les provisions constituent un facteur aggravant de la situation financière
de la CGRAE.

C’est donc sous cet angle que devrait se faire l’analyse des résultats.

C) ANALYSE DES RESULTATS

L’analyse des résultats comportera trois volets :

- la présentation des résultats des opérations techniques ;

- la présentation des résultats de fonctionnement de l’Institution et ;

- la présentation des résultats nets.

1) Analyse des résultats des opérations techniques

Analyser les résultats du régime des pensions de retraite géré par la CGRAE, c’est
procéder à leur détermination mathématique sur les exercices de la période sous
revue et les interpréter.

Le résultat technique par exercice est la différence entre l’ensemble des produits
techniques et des dépenses techniques. Le calcul de ces résultats est consigné dans
le tableau ci-après :

80
Tableau n°20 : Les résultats des opérations techniques

Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


Ressources des
69 825 222 176 74 975 825 664 79 866 962 488
opérations techniques
Charges des opérations
93 444 877 962 104 491 049 321 110 883 783 288
techniques
Résultats des opérations
-23 619 655 786 -29 515 223 657 -31 016 820 800
techniques
Taux de couverture des
74,72% 71,75% 72,03%
charges par les produits
Source : états financiers 2005, 2006 et 2007 de la CGRAE

Sur les trois exercices de la période sous revue, le régime des pensions présente
d’importants déficits structurels qui s’accroissent d’année en année.
En 2005, les ressources du régime s’élèvent à 69 825 222 176 f contre des charges
de pensions de 93 444 877 962 f, soit une insuffisance de moyens de
23 619 655 786 f.

En 2006, les ressources connaissent une légère hausse de 7,38%, soit


74 975 825 664 f, mais restent toujours en deçà des besoins de financement
générés par le régime d’une valeur de 104 491 049 321 f.
En fait, l’augmentation des charges de pensions de 2005 à 2006, équivalant à un
taux d’accroissement de 11,82%, est plus que proportionnelle à celle des ressources
sur la même période, ce qui fait ressortir un déficit de 29 515 223 657 f en 2006.

En 2007, le volume des ressources disponibles pour la prise en charge des


pensionnés est de 79 866 962 488 f contre des charges de pensions de
110 883 783 288 f, soit un déficit de 31 016 820 800 f.
Autrement dit, sur les exercices de la période sous revue, les ressources disponibles
ne couvrent les charges de pensions qu’à hauteur de 74,72% en 2005, 71,75% en
2006 et 72,03% en 2007.

Les résultats techniques mentionnés traduisent le niveau des déficits enregistrés au


terme des exercices sous revue.

A l’analyse, on s’aperçoit que de 2005 à 2007, les résultats des prestations uniques
et ceux des prestations récurrentes sont tous négatifs, ce qui induit un résultat global
des opérations techniques déficitaire.

Notons toutefois que, malgré l’insuffisance des ressources permettant de faire face
aux dépenses de pensions, la CGRAE n’accuse aucun défaut de paiement des
prestations. Toutes les pensions émises sont régulièrement payées à partir des
avances consenties par le Trésor Public à la CGRAE.

2) Analyse des résultats du fonctionnement

Les résultats liés au fonctionnement de la CGRAE sont la différence entre la


provision de 3% des produits techniques auxquels sont ajoutées les ressources
endogènes et les charges nécessaires à la couverture des frais de fonctionnement et
d’investissement.

81
Ces résultats sont présentés dans le tableau ci-après :

Tableau n°21 : Les résultats de fonctionnement

Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


Produits de
fonctionnement 2 226 716 942 2 574 161 649 2 841 725 139
Charges de
fonctionnement 1 969 160 605 2 715 214 837 3 298 177 411
Résultats de
fonctionnement 257 556 337 -141 053 188 -456 452 272

Source : Etats financiers 2005, 2006 et 2007 de la CGRAE.

Sur les trois exercices de la période sous revue, seule l’année 2005 présente un
résultat positif de 257 556 337 f. Ces résultats de l’Institution sont largement
tributaires de la subvention d’équilibre effectivement mise à la disposition de la
Caisse par l’Etat. Les ressources endogènes générées par la CGRAE sont très
faibles et viennent en appoint dans le financement des charges administratives de
gestion.

En 2005, sur une subvention attendue des pouvoirs publics de 29 314 858 532 f,
l’Institution a effectivement perçu de l’Etat, 18 430 000 000 f, ce qui représente un
taux de recouvrement de près de 63%. Ce résultat bénéficiaire est la conséquence
de la mise à la disposition de la CGRAE d’une très grande partie de la subvention à
la fois pour le financement des charges de pensions et du fonctionnement courant.
En 2006 et 2007, la CGRAE présente des résultats négatifs respectivement de
141 053 188 f et 456 452 272 f.

Pour l’exercice 2006, sur une subvention d’équilibre attendue de l’Etat de


46 944 277 890 f, la CGRAE n’a obtenu que 20 845 000 000 f, soit un taux de
recouvrement de 44,40%. Le taux d’encaissement effectif de la subvention obtenu en
2006 est largement inférieur à celui de l’exercice précédent. Cette faiblesse relative
du taux de recouvrement de la subvention est à l’origine du résultat négatif de
fonctionnement généré au cours de cet exercice. Le résultat de fonctionnement dudit
exercice aurait été positif si toute proportion gardée, le taux de recouvrement de la
subvention de l’exercice précédent avait été le même qu’en 2006.

En ce qui concerne l’exercice 2007, il s’est soldé par un résultat négatif de


fonctionnement de 456 452 272 f. Alors que la subvention attendue des pouvoirs
publics au titre de l’exercice 2007 était de 54 181 143 603 f, l’Etat n’a mis à la
disposition de la CGRAE aucune ressource. En fait, la subvention de 2007 d’un
montant de 20 370 000 000 f n’a été effectivement perçue par la CGRAE qu’en
2008, c'est-à-dire après l’arrêté des comptes de l’exercice 2007.

Cette distorsion entre l’encaissement de la subvention d’équilibre accordée par l’Etat


et le financement des charges de fonctionnement est un élément d’aggravation des
besoins en fonds de roulement de l’Institution. Ce décalage dans le temps de la
perception effective de la subvention par la Caisse explique le résultat négatif de
fonctionnement de l’exercice en cause.

82
3) Analyse des résultats nets

Les résultats nets sont la somme des résultats des opérations techniques et ceux
des opérations de fonctionnement.

Ces résultats sont exposés dans le tableau suivant :


Tableau n° 22 : Evolution des résultats nets de la CGRAE de 2005 à 2007

Nature des résultats Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


Résultats des opérations
-23 619 655 786 -29 515 223 657 -31 016 820 800
techniques
Résultat des opérations
257 556 337 -141 053 188 -456 452 272
de fonctionnement
Résultat Net -23 362 099 449 -29 656 276 845 -31 473 273 072

Source : Etats financiers 2005, 2006 et 2007 de la CGRAE.

Les résultats nets de l’Institution sont structurellement déficitaires. Cette situation est
la résultante de différents facteurs que nous analyserons dans le chapitre suivant.

A l’analyse, la Cour note que les revenus de la CGRAE sur les trois exercices ne lui
permettent pas de couvrir ses charges de structure, ce qui compromet
manifestement la continuité de l’exploitation.

Pour chacun des exercices 2005 et 2006, les provisions constituées non justifiées
s’élèvent à 6 208 209 000 f. Au cas où ces provisions font l’objet d’une réintégration
aux résultats des exercices auxquels elles se rapportent dans le cadre d’un
redressement des états financiers, les pertes nettes resteraient toujours importantes.

En ce qui concerne l’exercice 2007, comme évoqué supra, la subvention de 2007


d’un montant de 20 370 000 000 f, n’a été effectivement mise à la disposition de la
CGRAE qu’au cours de l’exercice 2008. Elle constitue un manque à gagner pour la
Caisse au titre de l’exercice 2007.
A ce manque à gagner, s’ajoutent, comme les précédents exercices, les provisions
non justifiées de 6 208 209 000 f.

Dans l’hypothèse où ces ressources globales de 26 578 209 000 f (6 208 209 000 f +
20 370 000 000 f) faisaient l’objet d’une réintégration au résultat de l’exercice 2007
dans le cadre d’un redressement des états financiers, la CGRAE réduirait
significativement la perte nette de l’exercice en cause sans pour autant l’annihiler
totalement.

Il ressort de ce qui précède qu’une restructuration financière de la CGRAE s’impose


d’autant que le capital social est, en l’état actuel, totalement érodé.

83
V) EVALUATION DU REGIME DE RETRAITE

L’évaluation du régime des pensions géré par la CGRAE consiste à apprécier son
efficacité au regard des résultats obtenus, aux objectifs assignés et aux moyens mis
en œuvre. Quel est l’état actuel de l’équilibre du régime et qu’en pensent les
principaux bénéficiaires?

A) EQUILIBRE DU REGIME

L’équilibre du régime de pension consiste à montrer que les ressources mises à la


disposition de l’Institution lui permettent au minimum de faire face au paiement
intégral des dépenses techniques mises à sa charge par les pouvoirs publics. Dans
le cadre de sa mission de contrôle, l’équipe de vérification a déjà montré que les
revenus de l’Institution ne lui permettent pas de couvrir ses charges de structure et
qu’il en résulte un déséquilibre financier hypothéquant l’avenir de l’Institution et par
voie de conséquence celui du régime des pensions.

La présente analyse relative à l’équilibre du régime des pensions de la CGRAE


permettra à l’équipe de contrôle de la Cour, d’identifier les facteurs d’appréciation de
l’équilibre et ceux concourant à l’aggravation du déséquilibre.

1) Critères d’appréciation de l’équilibre

a) Ratio de dépendance démographique

Le régime des pensions civiles et militaires géré par la CGRAE est basé sur un
système de répartition, c'est-à-dire que ce sont les actifs qui cotisent pour les
retraités. Dans un système qui fonctionne correctement, 4 ou 5 actifs cotisent pour
un (1) pensionné. C’est cette norme qui est communément appelée ratio de
dépendance démographique qui assure la pérennité d’un régime de retraite.
Tableau n°23 : Les ratios de dépendance démographique

Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


Population des actifs 158 500 160 000 164 000
Population des retraités 62 500 65 000 67 000
Ratio dépendance démo 2,5 2,5 2,5

Source : Direction des services informatiques de la CGRAE

On dénombre en 2005, 2006 et 2007, successivement environ 158 500, 160 000 et
164 000 actifs cotisant respectivement pour une population d’environ 62 500, 65 000
et 67 000 retraités, soit un ratio de dépendance démographique de 2,5 ; ce ratio est
très insuffisant pour garantir l’équilibre du régime. L’équipe de vérification note que le
système de retraite géré par la CGRAE est structurellement déséquilibré.

b) les capitaux propres

Les comptes de capitaux propres enregistrent les ressources de financement durable


disponibles pour une entreprise. En ce qui concerne la CGRAE, ces ressources sont
mises à sa disposition par l’Etat. Ces capitaux propres présentés dans le tableau ci-
dessous mettent en relief l’ampleur du déficit cumulé de l’Institution.

84
Tableau n°24 : Evolution des fonds propres de 2005 à 2007

Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


Capital social 300 000 000 300 000 000 300 000 000
Report à nouveau -35 249 523 120 -58 611 622 569 -88 267 899 414
Résultat net de l’ex. -23 362 099 449 -29 656 276 845 -31 473 273 072
Subvention d’inves. 735 734 393 625 838 603 515 942 813
Capitaux propres -57 575 888 176 -87 342 060 811 -118 925 229 673

Source : Etats financiers CGRAE 2005, 2006 et 2007

En effet, du fait des pertes cumulées sur les exercices antérieurs, l’actif net de
l’établissement est devenu inférieur à la moitié du capital. Au 31 décembre 2007, le
montant total des capitaux propres négatifs était de 118 925 229 673 f. Ces fonds
propres traduisent l’incapacité de la CGRAE à être autonome.

Société anonyme avec Conseil d’Administration, la CGRAE est soumise au droit


comptable de l’OHADA. Les capitaux propres étant négatifs, elle n’obéit pas aux
dispositions de l’acte uniforme de l’OHADA dont les articles 664 à 669 traitent du
niveau minimum des fonds propres et des mesures à prendre lorsque ces fonds
propres sont inférieurs à la moitié du capital.

Dans le cas de la CGRAE, un décret devrait être pris dans les quatre (4) mois qui
suivent l’approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte pour décider de la
dissolution de la société ou de la continuation de ses activités. En cas de
continuation des activités, le décret doit fixer les conditions de redressement de la
société.

Il faut indiquer que la subvention allouée par l’Etat à la CGRAE a en principe pour
objet d’équilibrer les produits et les charges du régime des pensions. L’examen des
états financiers montre que cette subvention ne couvre pas les charges de pensions.
Ce manque à gagner cumulé est à l’origine du déficit chronique observé.

Malgré l’insuffisance de cette subvention, les pouvoirs publics ont mis à la charge de
la CGRAE, des prestations non contributives. En effet, la Caisse est également
chargée de procéder au règlement des paiements uniques et sans contrepartie tels
les capitaux décès des fonctionnaires et agents de l’Etat qui décèdent en activité, les
indemnités de départs volontaires à la retraite, alors que les cotisations perçues ne
comportent pas ces garanties. Il s’agit là d’emplois sans ressources adossées qui
constituent un facteur de dégradation de l’équilibre financier de la Caisse.

2) Les autres facteurs d’aggravation du déséquilibre

Plusieurs autres facteurs concourent au déséquilibre du régime des pensions. Ce


sont entre autres :

- l’inadéquation entre le mode de calcul des pensions et celui des cotisations ;

- le non reversement automatique des cotisations prélevées ;


- les effets de la maturation du régime de retraite par répartition ;

- la minoration du taux légal de prélèvement de la part patronale de 12% ;

85
- le cumul de pensions ;

- les pensions suspendues,

 Inadéquation entre le mode de calcul des pensions et celui des


cotisations

Les cotisations (parts salariale et patronale) sont déterminées sur la base des
salaires et traitements réels bloqués depuis de longues années des actifs, tandis que
les pensions sont calculées sur la base de salaires revalorisés. L’écart considéré
comme manque à gagner n’a jamais fait l’objet d’une reconnaissance par les
services de l’Etat en vue d’un éventuel recouvrement.

L’Etat a aussi décidé de revaloriser les pensions de certaines catégories de


fonctionnaires sans relever le niveau des cotisations correspondantes. Il s’agit
notamment des magistrats, présidents d’Institutions et des anciens ministres.

De même, l’Etat a décidé du cumul des pensions associées aux différentes fonctions
exercées par les grands commis de l’Etat à savoir les anciens Chefs d’Etat, les
anciens membres du gouvernement et les anciens présidents d’Institutions. Cette
situation est génératrice de charges supplémentaires pour la CGRAE sans qu’il n’y
ait en face des ressources correspondantes.

 Non reversement automatique des cotisations prélevées

De manière générale, les prélèvements opérés devraient être automatiquement


reversés à la CGRAE. Le trésor public, au regard de la loi, devrait agir comme une
caisse de paiement automatique des obligations de l’Etat envers la CGRAE.

En ce qui concerne les agents de l’Etat en service dans les Etablissements


Publics Nationaux (EPN)

Les prélèvements des cotisations des agents des EPN sont effectués à la source
par l’Agence Comptable Centrale du Trésor (ACCT) sur les subventions de ces
établissements et reversés à la CGRAE sur le compte 462, logé dans les livres de la
Paierie Générale du Trésor. Cette procédure de prélèvement à la source a été mise
en place par décision n° 1079/MEMEF/DCPR du 23 mai 2005 du Directeur Général
du Trésor et de la Comptabilité Publique définissant le circuit de reversement des
cotisations sociales prélevées sur les salaires des personnels des EPN en faveur de
la CGRAE. L’objectif visé par cette mesure était l’encaissement de la totalité des
cotisations des agents de ces structures au profit de la CGRAE. Toutefois, il convient
de relever qu’en raison de la situation constante de tension de trésorerie que connaît
le Trésor Public, les reversements au profit de la CGRAE sont inférieurs aux
sommes attendues, occasionnant du coup d’importants arriérés de cotisations des
EPN.

En ce qui concerne les structures du Ministère de la Défense

La CGRAE n’est formellement pas impliquée dans la validation des cotisations


qu’elle est en droit de réclamer mensuellement auprès de la Direction de la Solde du
Ministère de la Défense.

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L’équipe de vérification estime que La CGRAE devrait se prononcer sur la masse
salariale de ces personnels en activité en vue de sécuriser les sommes à collecter
mensuellement. Dans la pratique, le système est déclaratif sans contrôle des
sommes déclarées.

 Effets de la maturation du régime de retraite par répartition

L’équipe de vérification observe aussi qu’aux difficultés évoquées supra, s’ajoute


une autre, inhérente aux engagements viagers et au système de retraite par
répartition, à savoir la maturation du régime de retraite par répartition de la CGRAE
qui résulte de deux phénomènes :

- d’une part, les droits accumulés par les retraités arrivent à leur niveau le plus
élevé ; en effet, les fonctionnaires qui partent aujourd’hui à la retraite ont des
carrières complètes et ont donc accumulé des droits importants leur permettant
de bénéficier à la retraite d’une pension complète ;

- d’autre part, notre pays assiste à l’augmentation accélérée du nombre de


retraités, du fait à la fois d’un « papy boom » et d’un allongement de l’espérance
de vie au départ à la retraite.

Au total, lorsque le régime arrive à maturation, deux phénomènes naturels se


conjuguent : le nombre des rentes servies augmente et le montant de la rente
moyenne augmente également. Ce double effet de la maturation du régime crée un
déséquilibre financier qui devient structurel en l’absence de mise en œuvre de
mesures vigoureuses viables par les pouvoirs publics. Les difficultés propres à la
maturation du régime n’ont été que partiellement compensées par la hausse du
nombre de fonctionnaires depuis quelques années.

 Minoration du taux légal de prélèvement de la part patronale de 12%

Les retenues effectuées par la Direction de la Solde au titre des cotisations de la part
patronale sont inférieures à celles enregistrées dans le compte courant trésor de la
CGRAE. Cette situation s’explique par le fait que le taux appliqué par cette direction
est généralement inférieur au taux normal en vigueur de 12%. Cette réduction du
taux légal de prélèvement constitue un important manque à gagner.

 Cumul de pensions

Le cumul des pensions est prévu en droit ivoirien par l’ensemble des textes régissant
les régimes gérés par la CGRAE. Il consiste pour une personne à bénéficier de
plusieurs pensions dans les conditions prévues par les textes des différents régimes
de pensions.

Il faut noter que le corpus juridique concernant le cumul des pensions avec d’autres
revenus est sensiblement différent selon les régimes. Si de telles disparités existent,
parce que créées par des actes législatifs et règlementaires, elles peuvent aussi être
facteurs d’iniquité entre les bénéficiaires des différents régimes.

On note par exemple qu’un agent de l’Etat qui a été nommé membre du
gouvernement pendant une seule journée bénéficie d’une allocation viagère, d’une
pension d’invalidité et des avantages particuliers en tant qu’ancien membre du
gouvernement.
87
L’entrée en jouissance de son allocation viagère de personnalité est fixée à 55 ans.
Elle est immédiate s’il a déjà 55 ans au moment de la cessation de ses fonctions.

Lorsqu’une personnalité a exercé l’une après l’autre, deux, voire les trois niveaux de
fonctions énumérés à l’article premier du décret n°97-210 du 10 avril 1997 (anciens
Présidents de la République, anciens Chefs ou Présidents d’Institutions, ancien
membre du gouvernement), elle cumule les allocations viagères propres à chacun de
ces niveaux de fonctions.

L’allocation viagère est cumulable avec toute autre pension.

A grande échelle, le cumul des pensions peut constituer un facteur aggravant du


déséquilibre financier de l’institution.

Toutefois, s’agissant d’un service public, l’Etat peut faire peser sur lui des contraintes
financières à condition que celles-ci soient assorties de compensations financières
sous forme de subventions d’équilibre.

 Pensions suspendues

Les pensions suspendues sont des pensions dont la procédure de traitement en vue
du paiement est momentanément interrompue pour diverses raisons liées
notamment :

- à la non production de pièces (ex : certificat de vie) ;

- au décès du pensionné;

- à une pension non réclamée pendant trois (3) mois de suite.

Les pensions faisant l’objet de suspension peuvent être remises dans le circuit à des
fins de traitement pour paiement dès que le motif de suspension est levé et qu’il ne
s’agit pas d’un motif d’arrêt définitif. En cas de levée de suspension, tous les arriérés
dus qui peuvent représenter des sommes importantes, sont calculés et versés aux
pensionnés.

Au cours de l’exercice 2005, 1490 dossiers de pensions sont restés en suspens et ils
représentaient une valeur de 159 348 000 francs CFA ; en 2006, ce sont 1272
dossiers d’une valeur globale de 141 263 893 francs CFA et en 2007, 1451
dossiers équivalant à 168 545 030 francs CFA qui ont été effectivement pris en
charge et payés par la CGRAE.

88
B) EVALUATION DU REGIME PAR LES BENEFICIAIRES

L’évaluation du régime de retraite par les bénéficiaires indifféremment appelée


« observatoire du retraité », consiste à recueillir l’avis des retraités sur la qualité des
prestations offertes par la CGRAE. En règle générale, cette évaluation se fait par
sondage auprès d’un échantillon représentatif, à travers des enquêtes, des études
ou par un système de questionnaire. Ce recueil d’information vise à susciter des
actions correctrices susceptibles d’améliorer la qualité des prestations offertes par
une institution ou un service.
Cette technique d’évaluation est couramment utilisée par des services délivrant des
prestations à grande échelle à une population donnée. C’est le cas des hôpitaux, des
restaurants, des hôtels, des marchés publics, etc.

La CGRAE a mis en place à la Trésorerie Générale d’Abidjan Nord, qui est l’un de
ses principaux sites de paiement des pensions des retraités de la zone d’Abidjan,
depuis quelques mois, un système de rétro information indispensable en vue de
susciter des actions correctrices. L’institution de cette technique d’appréciation par la
Caisse à la trésorerie générale d’Abidjan nord est tellement récente qu’elle n’a pas
encore livré tous ses résultats.

La Cour déplore la mise en œuvre tardive par les services de la Caisse de sondages,
d’enquêtes ou d’études lui permettant d’obtenir l’avis des retraités sur les prestations
dont ils bénéficient au quotidien.

Cette rétro information est indispensable car elle peut orienter la direction générale
quant aux choix des actions idoines à initier à l’effet d’améliorer la qualité des
prestations et par voie de conséquence l’image de l’Institution. La mise en œuvre de
tels travaux est une charge de fonction qui s’impose à la CGRAE en vertu de la
mission de service public à lui assignée par l’Etat au lendemain de l’indépendance
de notre pays. Depuis plus de quarante ans, la CGRAE paie les pensions aux
retraités. Il est donc difficilement concevable qu’elle n’ait pas eu la présence d’esprit
d’innover en la matière en initiant un tel exercice qui aurait permis d’ajouter de la
valeur à ses prestations.

En l’absence de tout autre mécanisme d’évaluation de la qualité des prestations mis


en œuvre par la Caisse, l’équipe de vérification ne fondera son analyse que sur le
jugement que les associations des retraités portent sur les prestations offertes par la
CGRAE.
Dans le cadre de la présente mission, l’équipe de contrôle de la Cour a rencontré
trois associations de retraités :

- la Fédération Nationale des Retraités de Côte d’Ivoire (FENARECI),

- l’Union Nationale des Fonctionnaires et Agents de l’Etat Retraités de Côte d’Ivoire


(UNAFRECI),

- l’Association des Retraités Militaires et Gendarmes de Côte d’Ivoire (ARMGCI) ;

De façon unanime, les représentants légaux de ces associations ont fait savoir aux
rapporteurs qu’ils sont associés à toutes les actions sociales menées par la CGRAE
pour leur compte et que leur avis a toujours été requis.

89
 Au titre du paiement de la pension,

Les associations apprécient le programme de paiement des pensions élaboré par la


CGRAE sur la base de certains critères relativement objectifs, transparents,
cohérents et équitables tels les plus âgés, les malades, les plus jeunes non malades,
etc.
Ces programmes permettent aux bénéficiaires de mieux planifier leur temps.

Les associations ont marqué leur satisfaction de voir leur Institution figurer au
nombre de celles qui ont accepté d’accompagner la réouverture des services du
trésor public dans les zones centre, nord et ouest, et ce, à la faveur de la
restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national. Cette initiative a
permis à la CGRAE d’installer des représentations dans les villes de l’intérieur du
pays afin d’éviter le déplacement massif des retraités à Abidjan relativement aux
problèmes liés au paiement de la pension.

En ce qui concerne le paiement à proprement parler des pensions aux


retraités,

Les retraités désapprouvent unanimement toutes les charges fiscales qui grèvent
leurs pensions. En effet, ils estiment avoir suffisamment contribué au financement
des charges de l’Etat pendant leur période d’activité et devraient en conséquence
bénéficier d’un dégrèvement total d’impôts sur leurs maigres revenus de retraite.

La CGRAE a autorisé certains retraités grabataires à désigner un mandataire chargé


de toucher leur pension, au guichet ouvert au siège de ladite Institution.
La CGRAE a mis en place un dispositif de visite à domicile des retraités concernés
afin de s’assurer que le mandataire a bien remis les fonds au bénéficiaire. Cette
visite, au-delà de la simple vérification de remise de la pension aux vrais
bénéficiaires, constitue un témoignage de l’humanisation des rapports, que la
Direction Générale a décidée d’instaurer entre elle et les retraités concernés. Ils
apprécient fortement ces visites qui traduisent selon eux, l’intérêt de l’Institution à
leur égard.

En ce qui concerne le suivi des dossiers des retraités par leurs représentants,

Les Associations des Retraités disposent d’un bureau au siège de la CGRAE. Les
représentants de chaque association à partir de ce bureau, assurent au quotidien, le
suivi des dossiers de leurs homologues afin d’aider à l’accélération du processus de
liquidation et/ou de paiement des rappels de pensions.
Dans le cas des retraités Militaires et Gendarmes, le suivi effectué pour le paiement
du rappel des pensions est fortement apprécié. Les représentants du bureau de cette
association ont porté à la connaissance des membres de l’équipe de la Cour que le
rappel de pension est réalisé après un maximum de trois (3) mois, liquidation et
paiement étant effectués par la CGRAE.

En ce qui concerne les retraités dont la liquidation de la pension est faite par la
Direction des Pensions et des risques Professionnels des Personnels Civils de
l’Etat du Ministère de l’Emploi et de la Fonction Publique,

Les retraités déplorent la longue attente pouvant aller de deux (2) à cinq (5) ans pour
la perception de leurs rappels de pensions.
90
Il arrive même parfois que les bénéficiaires, pendant cette longue période d’attente,
décèdent dans le dénuement total. Pour prévenir de telles situations, les associations
des retraités demandent l’implication personnelle et l’arbitrage du Président de la
République pour que le retraité ait un seul et unique interlocuteur en matière de
liquidation et de paiement de pension, en l’occurrence la CGRAE. En d’autres
termes, les Associations des retraités sont favorables au transfert de la liquidation
des pensions à la CGRAE pour qu’elles aient un seul interlocuteur. Cette solution
selon elles, a déjà été adoptée comme recommandation lors du séminaire organisé à
Grand Bassam avec tous les partenaires, relativement aux dispositions régissant la
retraite des fonctionnaires et agents de l’Etat.

De l’avis de certains retraités, un pourcentage non négligeable des dossiers de


rappels de pensions liquidés par la Direction des Pensions du Ministère de l’Emploi
et de la Fonction Publique et transmis à la Direction des Pensions de la CGRAE sont
frappés d’erreurs et donc retournés audit Ministère pour reprise de la liquidation. Ces
différents allers et retours des dossiers liquidés entre le Ministère de l’Emploi et de la
Fonction Publique et la CGRAE sont un élément d’allongement du délai d’attente des
retraités pour la perception du rappel de pension. C’est pour prévenir cette perte de
temps qui leur est préjudiciable que les retraités, ayant émargé au budget général
pendant leur activité, souhaitent avoir à l’instar de leurs homologues militaires,
gendarmes et policiers, un seul interlocuteur, en l’occurrence la CGRAE aussi bien
pour la liquidation que pour le paiement des pensions.

En ce qui concerne l’autonomie de la CGRAE,

Les Associations des retraités souhaitent que la CGRAE dispose davantage


d’autonomie financière. Elle devrait, pour ce faire, exploiter toutes les possibilités que
lui offre son statut comme les placements sur le marché des capitaux à court et
moyen terme, de même que les placements sur les actifs financiers ou corporels
productifs à l’effet de générer des ressources additionnelles.

En raison des tensions de trésorerie qui caractérisent le Trésor Public dont elle
dépend pour le paiement des pensions, la CGRAE est amenée à émietter le
paiement des rappels des pensions. Les bénéficiaires ne peuvent monter et financer
un projet lucratif viable, susceptible de leur générer des ressources additionnelles
pour meubler leurs vieux jours. Cet émiettement du paiement des rappels des
pensions est unanimement décrié par les retraités pour la raison suscitée.

Au titre des projets et actions sociales,

Les retraités ont travaillé en parfaite intelligence avec la Caisse dans le cadre de la
réflexion devant aboutir à la création prochaine :

- d’un centre hospitalier spécialisé en gériatrie,

- d’une unité de formation en gériatrie au sein de l’Unité de Formation et de


Recherche (UFR) des sciences médicales.

Les deux parties ont œuvré en synergie pour l’implantation de CGRAE régionales
en vue du paiement des pensions des retraités domiciliés en province et la
construction d’un centre aéré au profit des personnes du troisième âge dans la
commune de Cocody.

91
La création d’une infirmerie et d’une cantine au sein de l’Institution est le fruit d’une
véritable concertation entre les deux parties. La création de la salle « Very Important
Persons » (VIP) au profit de certains hauts fonctionnaires et Commis de l’Etat au
siège de l’Institution s’inscrit également dans cette dynamique de coopération et de
recherche de solutions pour une meilleure prise en charge des pensionnés.

A titre d’exemple, les associations ont participé aux négociations ayant abouti à la
campagne de consultation gratuite, en vue de diagnostiquer la prostate chez les
personnes du troisième âge, en relation avec un laboratoire de la place.

Cette campagne, de l’avis des bénéficiaires, a permis à chacun de connaître son état
pathologique au regard de la prostate et de s’imposer un suivi médical régulier par
un praticien hospitalier spécialisé en urologie.

92
VI) RECOMMANDATIONS

Les travaux de vérification effectués par la Juridiction financière à la CGRAE ont


permis de relever de nombreuses faiblesses.

A la suite de la communication du rapport provisoire à la Direction Générale, des


explications nécessaires et des pièces justificatives ont été fournies à la Cour

La Cour note que la CGRAE se porte mal et qu’il se pose à ladite institution le
problème de la survie de l’ensemble du système de retraite des agents de l’Etat.

Dans la perspective de soutenir cette institution dans sa mission de soulager,


secourir et protéger les agents de l’Etat à la retraite, la Cour fait les
recommandations qui suivent.

A) RECOMMANDATIONS D’ORDRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL

1) Signature du contrat de programme

Aux termes des dispositions combinées de l’article 31 de la loi n°97-519 du 04


septembre 1997 portant définition et organisation des sociétés d’Etat et de l’article 24
du décret n°97-674 du 03 décembre 1997 portant création de la CGRAE, un contrat
de programme devrait être conclu obligatoirement entre la CGRAE et l’Etat.

Ce contrat de programme qui devait définir la mission confiée à la CGRAE, son


étendue, les conclusions et les modalités de son exécution ainsi que, d’une façon
générale, l’ensemble des obligations, notamment financières à la charge respective
de la société et de l’Etat n’est pas signé à ce jour.

La Cour recommande aux autorités de tutelle de la CGRAE de prendre toutes les


dispositions nécessaires à l'effet de faire signer le projet de contrat programme qui
leur a été communiqué depuis 2009 par la Direction Générale.

2) Maintien du statu quo dans la pratique actuelle des activités de


liquidation des pensions et le renforcement des capacités des
acteurs.

La Cour, tout en encourageant le maintien du système tel qu’il fonctionne


actuellement, recommande pour plus d’efficacité :

- d’une part, aux responsables du MFPE, d’instaurer un délai réglementaire de


traitement des dossiers de demande de pension ;

- d’autre part, à l’autorité ayant en charge le budget de l’Etat, de lui allouer les
moyens appropriés notamment matériels et financiers à l’effet d’équiper la
Direction de la pension.

93
3) Implication de la CGRAE dans la détermination de la base de
calcul des cotisations sociales.

La CGRAE n’est formellement pas impliquée dans la validation des cotisations


qu’elle est en droit de réclamer mensuellement.
Afin de lui permettre de maîtriser les mécanismes et les procédés d’évaluation des
cotisations sociales, la CGRAE devrait pouvoir disposer de la Direction de la Solde,
des entreprises publiques et privées affiliées, de l’exhaustivité des masses salariales
soumises à cotisation.

Par conséquent, la Cour recommande que la CGRAE soit impliquée dans le contrôle
de l’assiette soumise à taxation et qu’elle ait une bonne maîtrise de la population
cotisante en vue de sécuriser les sommes à collecter mensuellement.

4) Respect par l’Etat de ses obligations vis-à-vis de la CGRAE.

Le Ministre en charge de l’Economie et des Finances, en tant qu’autorité de tutelle


financière, doit veiller au bon fonctionnement de l’Institution en :

 amenant l’Etat au respect scrupuleux de ses obligations, par la mise


à la disposition effective de la CGRAE, de la subvention qu’elle
sollicite auprès des pouvoirs publics, et ce, pour financer les
pensions. La mise de ces fonds à la disposition de l’institution
contribuera à réduire les déficits chroniques observés.

 demandant à l’Etat d’octroyer chaque année à la CGRAE une


subvention spécifique d’équilibre en contrepartie des contraintes
qu’il fait peser sur elle, notamment les capitaux décès, les
allocations viagères accordées aux hautes personnalités de l’Etat,
les indemnités de départ volontaire à la retraite,

 demandant au Trésor Public de se comporter comme une caisse de


prélèvement et de reversement systématiques des avoirs de la
CGRAE, notamment en ce qui concerne les cotisations sociales des
fonctionnaires, les impôts sur les pensions et les prélèvements au
profit de la MUGEFCI.

5) Collaboration avec les partenaires institutionnels

La Cour recommande vivement la création d’un cadre permanent d’échanges avec


les partenaires institutionnels de la CGRAE afin de lever tous les obstacles
susceptibles de freiner le bon déroulement des activités de la Caisse.

En outre, elle encourage les acteurs du Fichier Unique de Référence (FUR) et de


l’Interconnexion du réseau informatique entre le Ministère de la Fonction Publique, le
Ministère de l’Economie et des Finances et la CGRAE à poursuivre leurs efforts en
vue de la finalisation des travaux de la mise en place de ces deux importants outils.

94
Par ailleurs, la Cour demande au Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi, de
bien vouloir procéder à brève échéance, à la mise à jour aussi bien du fichier des
fonctionnaires et agents de l’Etat en activité et affiliés à la CGRAE que de celui des
travailleurs ayant été admis à faire valoir leurs droits à la retraite.

Ce recensement permettra de déterminer avec plus de précisions, le montant des


cotisations à percevoir.

6) Rédaction d’un texte unique pour les régimes de pension

La Cour fait sienne la recommandation formulée par le cabinet ACTUARIA


concernant la rédaction d’un texte unique intégrant l’ensemble des dispositions des
différents textes hétérogènes sur les différents régimes de pension actuellement en
vigueur.

B) RECOMMANDATIONS D’ORDRE PARAMETRIQUE

Le régime de pension de la CGRAE est défini par de nombreux paramètres qui vont
de l’âge de départ à la retraite, au taux de cotisation en passant par le taux d’annuité,
le taux de réversion…

Pour assurer la survie du système de retraite, il convient de mettre en place des


reformes sur le long terme en ce qui concerne certains de ces paramètres.

Ces reformes doivent contribuer d’une part à équilibrer le régime des pensions et
d’autre part, à établir une certaine équité dans le traitement des ayants droit. Il s’agit
notamment des reformes ci-dessous.

1) Mesure de dégel des salaires des fonctionnaires et agents de


l’Etat en activité

La Cour estime qu’une mesure de dégel des salaires et traitements des actifs
permettrait d’accroître le montant des cotisations (parts patronale et salariale)
versées à la CGRAE.

Aussi, exhorte-t-elle le gouvernement à se pencher sur le problème dès que la


conjoncture économique sera favorable.

2) Augmentation de l’âge de départ à la retraite

L’augmentation de l’âge de départ à la retraite est une importante mesure de reforme


pour l’équilibre du régime des pensions. En effet, elle permet non seulement de
diminuer les charges des prestations, puisque celles-ci commencent plus tard, mais
également d’augmenter les recettes, compte tenu de l’allongement de la période de
cotisation.

Ainsi, dans l’objectif d’équilibrer le régime de pension que gère la CGRAE, la Cour
recommande à l’Etat, garant du régime des pensions, de procéder à une
augmentation de l’âge de départ à la retraite.

95
3) Cessation de la discrimination à l’égard des veufs, conjoints des
femmes fonctionnaires décédées.

La Cour demande que soient prises les mesures nécessaires pour lever toutes les
conditions draconiennes imposées aux veufs, conjoints de femmes fonctionnaires
décédées dans l’attribution de la pension de réversion de veuf afin que ceux-ci
puissent bénéficier de ces droits dans les mêmes conditions que les veuves des
hommes fonctionnaires décédés.

4) Cessation de la discrimination en matière de pension de réversion


d’orphelin en cas de décès de la mère fonctionnaire.

La Cour demande que soient prises les mesures nécessaires pour permettre à
l’orphelin de mère fonctionnaire de bénéficier de la pension de réversion d’orphelin
au même titre que l’orphelin de père fonctionnaire.

C) RECOMMANDATIONS AU PLAN DE LA GESTION

C-1) Gestion Administrative

1) Représentativité au sein du Conseil d’Administration

Dans sa composition actuelle, les fonctionnaires et agents de l’Etat ne sont pas


représentés au sein du Conseil d’Administration.

Afin de leur permettre de mieux exprimer leurs aspirations, la Cour recommande


qu’une place leur soit réservée au sein dudit conseil.

2) Actualisation du manuel de procédures.

Toute entreprise, quelle que soit sa taille et sa branche d’activité, doit être organisée
rationnellement. Ses structures doivent être décrites dans un organigramme, ses
procédures écrites et rassemblées dans un manuel.
Le manuel est donc le référentiel, la norme de travail et doit être régulièrement mis à
jour.

La Cour recommande à la Direction Générale d’actualiser le manuel de procédures


de la CGRAE et de se conformer scrupuleusement à ses dispositions.

3) Correction des dysfonctionnements constatés au niveau du


Département de l’audit interne.

Dans le souci de renforcer aussi bien la capacité que la qualité du contrôle exercé
par le département de l’audit interne, la Cour recommande au Conseil
d’Administration de la CGRAE de prendre toutes les dispositions nécessaires en
vue :
 d’étoffer l’effectif de ce service en personnel de qualité,

 d’éviter de s’ingérer dans ses activités en lui laissant une plus


grande liberté dans la prise de décision relativement aux modalités
d’accomplissement de sa mission de contrôle,

96
 d’inviter les commissaires aux comptes à accentuer leur contrôle sur
ses activités.

C-2) Gestion financière et comptable

1) Mise en place d’un système de collecte de données financières et


comptables fiables.

Les informations obtenues des différentes sources par la Cour à l’occasion du


contrôle (rapports d’activité, direction des services informatiques, rapports des
commissaires aux comptes, direction financière et comptable) varient d’une source à
l’autre. Les écarts constatés mettent en cause la fiabilité du système d’information et
de gestion de la CGRAE.

La Cour suggère à la Direction Générale de la CGRAE d’œuvrer à brève échéance à


la mise en place d’un système de collecte des données financières fiable et cohérent
afin de prévenir les écarts relevés entre les agrégats des différentes sources.

2) Respect de la règlementation rendant obligatoire l’usage de la


facture normalisée.

La Cour invite instamment la CGRAE à exiger des fournisseurs désireux de


contracter avec elle, à se conformer scrupuleusement aux dispositions de l’annexe
fiscale numéro 1 de la loi de finances 2005, rendant obligatoire l’utilisation de la
facture normalisée, instituée dans le cadre de la lutte contre la fraude fiscale.

3) Exonération de paiement de certains impôts.

Au plan fiscal, en l’absence de mesures d’exonération fiscale, la CGRAE est tenue


en tant que société d’Etat de se conformer au régime fiscal de droit commun
applicable aux sociétés commerciales.

Du fait de sa mission de service public dont l’accomplissement ne permet pas à la


CGRAE de réaliser des profits, le régime de Société d’Etat fait lourdement peser
beaucoup de charges fiscales dont elle ne s’est pas acquittée à ce jour.

Il convient de clarifier cette situation en tenant compte des contraintes du service


public aux fins d’alléger ses charges ou de lui donner un statut juridique compatible
avec sa mission de service public.

4) Régularisation des manques à gagner dus aux écarts de


prélèvement.

Au cours de la période sous revue, la CGRAE a supporté un manque à gagner d’un


montant de 21 238 912 291 Francs résultant de l’écart entre le taux légal de la
cotisation patronale de 12% et le taux de prélèvement effectivement appliqué par la
Direction de la Solde.

97
Dans le but de remédier à cette irrégularité, la Cour recommande :

- A la direction générale de la CGRAE de :

 dresser l’état de l’ensemble de ses manques à gagner au titre des écarts


susmentionnés ;
 soumettre cet état à la Direction de la Solde pour discussions et validation.

- Au ministère de l’Economie et des Finances, de prendre toutes les dispositions


utiles à l’effet de :

 déterminer l’origine des dysfonctionnements ayant entraîné les écarts


incriminés et d’y apporter les corrections nécessaires ;
 reverser à la CGRAE non seulement la somme de 21 238 912 291 Francs
représentant les manques à gagner de la période sous revue, mais également
toutes les autres sommes dues au titre de ces manques à gagner.

5) Mise en place de règles écrites en matière d’octroi de dons,


d’aides et de subventions diverses.

La CGRAE, à l’image de toute entreprise, peut être sollicitée à des fins d’actions
humanitaires et sociales. Afin de lui permettre d’être équitable et transparente dans
l’octroi des dons, aides et subventions diverses de toutes sortes aux tiers, la Haute
Juridiction financière suggère la mise en place de règles écrites en la matière.

6) Prise d’actes réglementaires fixant le montant des jetons de


présence et des avantages en nature

La Cour recommande que conformément à l’article 22 de la loi sur les Sociétés


d’Etat, un décret soit pris en vue de fixer le montant des jetons de présence perçus
par les administrateurs.

Elle recommande également au Gouvernement de prendre un texte en vue


d’harmoniser les avantages en nature octroyés aux administrateurs de ces sociétés.

7) Suppression de la Trésorerie Active

La trésorerie active est interprétée par la Cour comme une surévaluation des
moyens de fonctionnement mis à la disposition de la CGRAE par application de la
fourchette de 3 à 5% des ressources techniques.

La Cour recommande à la Direction Générale de la CGRAE de mettre


immédiatement fin à cette pratique qui sert à financer des dépenses et à octroyer
des avantages dont le bien fondé n’est pas avéré et qui est contraire à la bonne
gouvernance financière.

La Cour recommande à la CGRAE de respecter le principe des trois budgets


régissant le fonctionnement de l’institution, à savoir le budget des opérations
techniques, le budget de fonctionnement et le budget d’investissement.

98
8) Poursuites au plan judiciaire

Concernant l’affaire des fonds versés à l’Agence de Gestion et de Prestations de


Services (AGPS) pour l’acquisition de l’immeuble de l’ex-Union Africaine, la Cour
décide de saisir le Procureur Général près la Cour Suprême en vue de lui donner
une suite judiciaire appropriée.

9) Réintégration des provisions et redressement financier

Des provisions ont été constituées sur une longue période en dehors de tout
traitement approprié en matière comptable à l’effet de couvrir des risques de non
recouvrement des créances suivantes :

- les fonds remis à la Présidence de la République pendant la transition de 1999


d’un montant de 1 300 000 000 frs cfa ;

- les fonds versés à l’Agence de Gestion et de Prestations de Service ( AGPS ),


dirigée par le sieur GNANGUI Jean Tanoh, en vue de l’acquisition de l’immeuble
de l’Union Africaine, pour le montant de 1 000 000 000 frs cfa ;

- les fonds versés entre les mains du sieur GNANGUI Jean Tanoh pour des
travaux de réfection de la villa de l’ex – Directeur Général de la CGRAE pour le
montant de 128 017 000 frs cfa ;

- la créance CI – Telecom d’un montant de 3 060 853 000 frs cfa ;

- les créances douteuses sur les sociétés suivantes : CIDT, CIDV, MOTORAGRI
et SODESUCRE, pour le montant global de 719 339 000 frs cfa.

La Cour rappelle que des provisions ne sauraient être constituées et courir sur
une période raisonnable de plus de trois (3) ans.

Elle recommande formellement à la CGRAE de réintégrer toutes ces


provisions, trois ans à partir de la date de leur constitution et de procéder aux
redressements des états financiers relativement aux périodes concernées. Ce
qui apparaît dans le tableau.

Tableau n°24 : Evolution des résultats nets corrigés de 2005 à 2007

Nature des Exercice 2005 Exercice 2006 Exercice 2007


résultats
Résultats des -23 619 655 786 -29 515 223 657 -31 016 820 800
opérations
techniques
Résultats des 257 556 337 -141 053 188 -456 452 272
opérations de
fonctionnement
Résultats nets -23 362 099 449 -29 656 276 845 -31 473 273 072
Provisions 6 208 209 000 6 208 209 000 6 208 209 000
constituées
Subvention - - 20 370 000 000
Résultats corrigés -17 153 890 449 -23 448 067 845 -4 895 064 072

Source : CGRAE, états financiers 2005, 2006 et 2007


99
C-3) Relation avec les Retraités

1) Création d’une spécialité en gériatrie à l’UFR des sciences médicales et


d’un centre de gériatrie au profit des retraités.

Avec les progrès de la médecine, l’espérance de vie à la naissance s’est améliorée.


La Cour encourage les initiatives tendant à la création au sein de l’UFR des sciences
médicales, d’une spécialité en « gériatrie » afin d’assurer la prise en charge des
pathologies des personnes âgées retraitées.

Dans cette même dynamique, la Cour demande à la Caisse de poursuivre ses


efforts en vue de la création d’un centre de gériatrie équipé d’un plateau technique
adapté, au profit des personnes du troisième âge pour leur prise en charge.

2) Création de CGRAE régionales.

La Cour encourage le projet de création de CGRAE régionales pour une meilleure


prise en charge des retraités.

100
CONCLUSION

Le régime de retraite des fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire dont le


présent rapport de la Cour fait le diagnostic, est un régime qui doit subir de
nombreuses mutations afin de disposer d’une santé financière lui permettant
d’honorer ses engagements dans le long terme.

Si certains dysfonctionnements constatés sont de nature institutionnelle, juridique et


paramétrique et imposent des modifications du même ordre, il n’en demeure pas
moins que de nombreuses défaillances ont été relevées au plan de la gestion.

La réforme de la CGRAE se présente donc à la Juridiction Financière comme étant


un impératif.
C’est dans ce sens que les recommandations faites sont à prendre en compte pour
une gestion plus efficace et efficiente de la CGRAE, dans l’intérêt général des
cotisants.

Etaient présents :
M. BOGUI ZIRIYO, Président de la Chambre, Président de séance ;
M. KONE Moussa, Conseiller, Assesseur ;
M. N’GUESSAN Djaha, Conseiller, Assesseur ;
Mme GUIRAUD Béatrice, Conseiller, Rapporteur ;
M. DOSSI André, Conseiller ;
M. DIAÏ Gahon Jean Hilaire, Conseiller ;
M. KOUKOUGNON Joachim, Conseiller ;
M. BOUADOU Eba Julien, Conseiller ;
M. ADJA BROKOUNE S., Conseiller Référendaire ;

Me KOUAKOU KOUAKOU, Secrétaire de Chambre, Secrétaire de séance.

Rapport définitif adopté en Chambre du Conseil, le mardi 27 décembre 2011

101
SUIVENT LES SIGNATURES ILLISIBLES
POUR EXPEDITION CERTIFIEE CONFORME
A LA MINUTE DELIVREE LE 02 FEVRIER 2012

102
ANNEXES

Annexes rapport définitif de contrôle de la CGRAE


ANNEXE 01

LETTRE DE MISSION DE L’EQUIPE DE VERIFICATION

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Annexes rapport définitif de contrôle de la CGRAE
ANNEXE 02

MANDAT DE VERIFICATION

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Annexes rapport définitif de contrôle de la CGRAE
ANNEXE 03

LETTRES DE COMMUNICATION DU RAPPORT PROVISOIRE AU CONSEIL


D’ADMINISTRATION ET A LA DIRECTION GENERALE DE LA CGRAE

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Annexes rapport définitif de contrôle de la CGRAE
ANNEXE 04

REPONSE DE LA CGRAE AU RAPPORT PROVISOIRE

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ANNEXE 05

ORGANIGRAMME DE LA CGRAE

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ANNEXE 06

ETAT DES IMPOTS ET TAXES DE L’ANNEE 2005 A 2007

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ETAT RECAPITULATIF DES IMPOTS DUS DE LA CGRAE DE 2005 A 2007

Nature des impôts 2005 2006 2007


Impôt dû Impôt payé Impôt dû Impôt payé Impôt dû Impôt payé
Impôt BIC 11 133 585 - 12 218 704 13 401 165
Impôt foncier 31 863 860 31 863 860 31 966 783 31 966 783 31 863 860 31 863 860
Taxe spécifique d'équipement
'2) 1 505 755 - 1 954 993 - -
CNR, part employeur 11 966 783 11 966 783 17 990 360 17 990 360 22 385 278 22 385 278
Impôt général sur le Revenu 56 380 637 56 380 637 53 675 833 53 675 833 63 581 722 63 581 722
Impôt sur salaires et traitements 14 483 151 14 483 151 16 076 471 16 076 471 17 517 160 17 517 160
Impôts sur pensions (1) 2 580 814 082 851 697 3 741 949 533 644 794 344 3 125 451 480 231 590
Taxe à la formation prof
continue 3 035 087 3 018 897 3 766 943 3 766 943 4 239 704 4 239 704
Taxe d'apprentissage 2 023 389 2 023 389 2 511 295 2 511 295 2 826 469 2 826 469
Contribution nationale 24 372 144 24 372 144 27 279 166 27 279 166 31 930 485 31 930 485
CNR part employé 6 956 038 6 956 038 7 346 429 7 346 429 9 625 145 9 625 145
IRVM (2) 12 349 091 12 349 091 10 167 273 10 167 273 -
Impôts sur vacations 586 260 586 260 615 480 615 480 588 720 -
- - -

(1) depuis janvier 2005, les impôts sur pensions devraient être payés par le Trésor Public. En effet, les appels de fonds de la CGRAE pour payer les
pensions sont faits net de retenues; à charges au Trésor de payer directement les retenues à leurs bénéficiaires que sont le la Mugefci, la DGI et
l'Agence Comptable des Créances contentieuses de l'Etat.

Pour les exercices sous contrôle, le Trésor ne nous a pas transmis la preuve des paiements au bénéfice des intéressés.

(2) La taxe spécifique d'équipement et l'IRVM (11 773 636) de l'exercice 2007 ont été omis. Nous envisageons de les prendre en compte sur l'exercice
2009.

Annexes rapport définitif de contrôle de la CGRAE


ANNEXE 07

ETAT DES SOMMES ET AVANTAGES EN NATURE OCTROYES AU


CONSEIL D’ADMINISTRATION AU COURS DES ANNEES 2005 A 2007

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ANNEXE 08

JUSTIFICATION DU DECAISSEMENT DES FONDS DE F CFA 1 300 000 000


AU PROFIT DU SERVICE FINANCIER DE LA PRESIDENCE DE LA
REPUBLIQUE

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