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208 0333 Maths Ex MPSI:208 0333 Maths Ex MPSI 23/06/10 14:49 Page 1

BRÉAL
Titres disponibles en première année dans la filière MPSI... LES NOUVEAUX

Précis
Précis
En Physique En Mathématiques
Optique MPSI-PCSI-PTSI Analyse MPSI
Mécanique MPSI Algèbre et géométrie MPSI
Électrocinétique MPSI
Livres d’exercices
Électromagnétisme MPSI
Mathématiques MPSI
Thermodynamique MPSI

LES NOUVEAUX
Physique MPSI
En Chimie
Chimie MPSI
B R É A L

MPSI
LES NOUVEAUX
Mathématiques
Précis B R É A L

Exercices
Exercices
Une collection tenant compte de vos besoins et de vos
contraintes, conçue pour s’entraîner efficacement et
progresser tout au long de l’année.

➜ Des exercices variés, classés par thème et de difficulté progressive,


couvrent la totalité du programme.
➜ Des solutions entièrement rédigées détaillent l’ensemble des MPSI
Mathématiques
méthodes et des raisonnements à connaître en première année.
➜ De nombreux commentaires enrichissent les corrigés d’astuces, Énoncés
de conseils et d’explications supplémentaires.

Les Nouveaux Précis Bréal sont la collection de référence pour Solutions D.GUININ • B.JOPPIN
réussir sa prépa et intégrer une grande école d’ingénieurs.
Commentaires

Réf. : 208.0333
ISBN : 2 7495 0175 X
9:HSMHOJ=ZUV\Z]: Tout le nouveau programme
2080333_PAGES 1-2:2080333_PAGES 1-2 17/11/10 16:26 Page 1

LES NOUVEAUX

Précis B R É A L

Mathématiques
MPSI
D a n i e l G U I N I N • B. J O P P I N
Professeur en classes préparatoires scientifiques
Maître de conférence à l’université Lyon I
2080333_PAGES 1-2:2080333_PAGES 1-2 17/11/10 16:26 Page 2

LES NOUVEAUX

Précis
B R É A L
Titres disponibles dans la filière MPSI

Mathématiques 1re année


■ Analyse MPSI

■ Algèbre et géométrie MPSI

Physique 1re année


■ Mécanique MPSI

■ Électromagnétisme MPSI

■ Électrocinétique MPSI

■ Optique MPSI - PCSI - PTSI

■ Thermodynamique MPSI

Chimie 1re année


■ Chimie MPSI

Exercices 1re année


■ Mathématiques MPSI

■ Physique MPSI

Maquette et couverture : Sophie Martinet.


Réalisation : 16 iS.

© Bréal 2003
Toute reproduction même partielle interdite.
ISBN 978 2 7495 0175 8
ref : 208 0333 - e-sbn : 978 2 7495 2017 9
Avant-propos

La préparation aux concours commence dès la première année de classe préparatoire, dans la
perspective de passer le cap de l’écrit et de faire une bonne prestation orale.
C’est dans cet objectif que cet ouvrage vous propose 264 sujets d’oraux et 63 problèmes.
Il a pour ambition de vous aider à «rentrer» dans un sujet, de le «lire», sans se limiter à une
solution idéale ou académique.

Sujets d’oraux
Ils sont tous tirés d’annales récentes de concours.
Le plus délicat est souvent la phase de démarrage : par quel bout le prendre ?
C’est pourquoi les solutions proposées sont accompagnées et entrecoupées de com-
mentaires dont le but est de :
Réfléchir à haute voix, comme c’est indispensable lors de toute épreuve orale, qu’il s’agisse des
colles en cours d’année ou, à plus forte raison, d’un oral «pour de vrai».

Les énoncés de «planches» sont la plupart du temps assez brefs et il est de l’initiative du
candidat d’en tirer le maximum. L’objet des commentaires est aussi de donner des idées
dans ce sens.
Certaines solutions peuvent être éclairées par une figure qui n’est pas nécessairement
proposée. Confronté à cette situation, vous devez avoir le réflexe de faire «votre» figure.
Et votre virtuosité dans l’utilisation d’une calculatrice fera le reste !
Souvent, plusieurs pistes s’offrent à vous et plusieurs solutions sont satisfaisantes. C’est
pourquoi de nombreux sujets proposent plusieurs démarches.
La connaissance du cours est supposée acquise et les exercices de «rodage basique» sont
travaillés en classe ; il y en a dans tous les manuels. C’est le minimum vital pour utiliser
cet ouvrage avec profit.

Thèmes d’étude et problèmes


Les 63 thèmes d’étude et problèmes recouvrent tout le programme de MPSI.
Contrairement aux sujets d’oraux, ils sont découpés en questions et alinéas à travers
lesquels la logique du sujet est transparente. Pour cette raison, il n’est proposé qu’une
seule solution, sans beaucoup de commentaires.

Ce double aspect vous permettra de disposer d’un outil de travail personnel, complet et adapté,
dès la première année, à la dure réalité des concours.
Cet ouvrage vous aidera en outre à accéder avec confiance en deuxième année et il constituera
pour vous une bonne base de révision pour les notions supposées acquises et utiles aux concours.

Les auteurs
Sommaire

1. Algèbre générale 7
Sujets d’oraux 8
A. Nombres complexes, trigonométrie 8
B. Ensembles et fonctions. Opérations, groupes, anneaux 22
C. Ensembles finis, dénombrements 29
D. Arithmétique des entiers 35
Thèmes d’étude – Problèmes 45

2. Polynômes. Fractions rationnelles 63


Sujets d’oraux 64
A. Polynômes. Arithmétique des polynômes 64
B. Fractions rationnelles 82
Thèmes d’étude – Problèmes 90

3. Réels, suites, limites. Continuité, dérivation


Formule de Taylor. Développements limités 103
Sujets d’oraux 104
A. Borne supérieure et partie entière 104
B. Suites réelles, limites 107
C. Continuité, limite 117
D. Dérivation 129
E. Fonctions usuelles 133
F. Formule de Taylor 138
G. Développements limités, comparaison 140
Thèmes d’étude – Problèmes 148

4. Espaces vectoriels, applications linéaires


Dimension finie 179
Sujets d’oraux 132
A. Espaces vectoriels, applications linéaires 132
B. Dimension finie 189
Thèmes d’étude – Problèmes 203
Sommaire
5. Intégration. Calcul intégral 209
Sujets d’oraux 209
A. Intégration sur un segment 209
B. Sommes de Riemann – Intégration par parties 223
C. Changement de variable 232
Thèmes d’étude – Problèmes 242

6. Matrices et systèmes linéaires


Déterminants. Changement de base 267
Sujets d’oraux 268
A. Matrices et systèmes linéaires 268
B. Déterminants 280
C. Changement de base 292
Thèmes d’étude – Problèmes 296

7. Équations différentielles. Courbes paramétrées


Fonctions de 2 variables 321
Sujets d’oraux 322
A. Équations différentielles 322
B. Courbes planes, étude affine et métrique 333
C. Fonctions de deux variables 346
Thèmes d’étude – Problèmes 356

8. Espaces euclidiens.
Transformations et matrices orthogonales
Géométrie et coniques 371
Sujets d’oraux 372
A. Espaces euclidiens 372
B. Transformations et matrices orthogonales 378
C. Géométrie dans le plan ou dans l’espace 382
D. Coniques 387
Thèmes d’étude – Problèmes 396

6 Sommaire
CHAPITRE 1
Algèbre générale
Sujets d’oraux 8
A. Nombres complexes, trigonométrie 8
B. Ensembles et fonctions. Opérations, groupes, anneaux 22
C. Ensembles finis, dénombrement 29
D. Arithmétique des entiers 35

Thèmes d’étude – Problèmes 45


1. Quelques sujets de trigonométrie 45
2. Somme des cubes des n premiers entiers 48
3. Dénombrabilité de ! ! 49
4. Un sous-groupe fini de nombres complexes 52
5. Valeurs exactes de quelques cosinus 55
6. Suite de Fibonacci 59

Chapitre 1 - Algèbre générale 7


Sujets d’oraux
A Nombres complexes, trigonométrie

Ex. 1
Résoudre l’équation (E) : z 3 (16 i )z 2 + (89 16i )z + 89i = 0, d’inconnue z ! ".

Une équation de degré 3 ne peut être résolue de façon élémentaire qu’en en connaissant une
racine. Le premier objectif est alors de déterminer une solution «apparente».
Outre des racines telles que 1 ou 1, voire 2 ou 2, etc. il est fréquent de chercher une racine
particulière qui soit réelle ou bien imaginaire pure.

Solution imaginaire pure ? Le nombre ix , avec x ! #, est solution si et seulement si :


ix 3 + (16 i )x 2 + (89 16i )ix + 89i = 0, c’est-à-dire 16x 2 + 16x i (x 3 + x 2 89x 89) = 0,
ce qui équivaut à :
16x 2 + 16x = 0 et x 3 + x 2 89x 89 = 0 ou encore à 16x (x + 1) = 0 et (x 2 89)(x + 1) = 0.
On en déduit que (E) admet i pour (seule) racine imaginaire pure.
La connaissance d’une racine permet la factorisation par un polynôme de degré 2 que l’on sait
résoudre. Mais il n’y a pas de raison d’oublier une éventuelle racine réelle.

a ! # est solution si et seulement si a 3 16a 2 + 89a + i (a 2 16a + 89) = 0, c’est-à-


2 2
dire a (a 16a + 89) = 0 et a 16a + 89 = 0, ce qui se réduit à a 2 16a + 89 = 0.
Mais a 2 16a + 89 = (a 8) 2 + 25 n’a pas de solution réelle.
Espoir déçu ! Mais comme i est racine, on peut factoriser par z + i .

Il existe u , v, w dans " tels que z 3 (16 i )z 2 + (89 16i )z + 89i = (z + i )(uz 2 + vz + w).
L’examen des termes en z 3 donne u = 1 et celui des termes constants donne w = 89.
Une rapide identification donne alors v = 16 et on est ramené à la résolution de z 2 16z +89 = 0.
Dans les exemples numériques d’équation de degré 2, il est préférable de former l’expression
canonique. L’usage du discriminant (même réduit) serait un gaspillage.
Rappelons à ce sujet que les égalités U 2 V 2 = (U V )(U + V ) et U 2 + V 2 = (U iV )(U + iV )
sont toujours vraies, que U et V soient réels ou complexes.

Avec z 2 16z + 89 = (z 8) 2 + 25 = (z 8 5i )(z 8 + 5i ), on obtient les deux autres racines


de (E) et finalement, les racines sont i , 8 + 5i et 8 5i .

Ex. 2
Étant donné z et z dans ", on considère u ! " tel que u 2 = zz .
z+z z+z
Montrer que z + z = 2
u +
2
+u .

En posant s = z + z , un énoncé équivalent est 2 z + z = s 2u + s + 2u .


On obtient encore un énoncé équivalent en étudiant les carrés des deux membres.
Il est souvent préférable d’examiner le terme le plus compliqué et de le réduire.

8 Sujets d’oraux
2 2 2
Le carré du second membre est s 2u + s + 2u = s 2u + s + 2u + 2 s2 4u 2 .
Avec s = z + z et u 2 = zz , il vient s2 4u 2 = (z + z )2 4zz , donc s2 4u 2 = (z z )2 .
Rappelons une règle usuelle, dite l’égalité du parallélogramme :
a + b 2 = a 2 + b 2 + 2 Re(a b) et a b2= a2+ b2 2 Re(a b)
2 2 2 2
donne : a + b + a b =2 a +2 b .
2 2 2 2
On a aussi s 2u + s + 2u =2 s +8 u = 2 s 2 + 8 zz .
2 2 2
Notons que s 2 = z 2 + z + 2ezz et z z = z 2
+ z 2 Re zz .
On a obtenu une avancée significative, le terme u a formellement disparu.

Il vient ainsi :
2 2
s 2u 2 + s + 2u 2 + 2 s2 4u 2 = 2 z 2 + 2 z + 4 Re zz + 8 zz + 2 z 2 + 2 z 4 Re zz ,
c’est-à-dire :
2 2 2
s 2u + s 2u =4 z2+ z + 2 zz =4 z + z

et enfin le résultat espéré : 2 z + z = s 2u + s 2u .

Ex. 3
n 1 n 1
k" k"
Étant donné n ! !, n ! 2, calculer les sommes Sn = sin et Tn = sin .
n 2n
k =1 k =1

1)
k" i k"
sin est la partie imaginaire de e n
n
n 1 k"
i
Sn est la partie imaginaire de Yn = e n , somme de n 1 termes consécutifs d’une suite
k =1
i " i "
géométrique, de premier terme e n et de raison e n " 1. On a donc :
i (n 1)"
i " e n 1
Yn = e n
i "
e n 1
i a
Dans eia 1, on factorise par e 2 , ce qui fait apparaître :
i a i a i a i a a
e ia 1=e 2 e 2 e 2 = 2ie 2 sin .
2

i (n 1)" i (n 1)" (n 1)" i " i " "


Avec e n 1 = 2ie 2n sin et e n 1 = 2ie 2n sin , en notant de plus
2n 2n
i " i (n 1)" (n 1)"
e ne 2n i "
sin
2n
que = e 2 = i , il vient Yn = i . On a donc pour partie imaginaire :
i " sin
"
e 2n 2n
(n 1)"
sin
2n
Sn = " .
sin
2n
n 1
k"
Au passage, on a montré en même temps que Cn = cos = 0.
n
k =1

Chapitre 1 - Algèbre générale 9


(n 1)" " " (n 1)" " 1
Avec = , on a sin = cos et finalement, Sn = .
2n 2 2n 2n 2n tan
"
2n

1
En complément, on peut étudier S , ce qui est un thème classique.
n n
"
1 " 2n 1 u "
S est égal à
n n 2 tan "
, ce qui est de la forme n tan u avec u = 2n .
2n
tan u
On a lim u = 0 et, classiquement, lim = 1.
n + u 0 u
Sn "
On en déduit alors que la suite a pour limite .
n n !2 2

2)
Pas de faux espoir ! La somme Tn ne se ramène pas à Sn , même de façon lointaine. Toutefois le
démarrage est analogue.

k"
sin
2n
est la partie imaginaire de eik " / 2n . Comme précédemment, on a :
(n 1)" (n 1)"
n 1 sin sin
i k" i " 4n 4n
e 2n = e 4 dont la partie imaginaire est Tn = "
.
"
k =1 sin 2 sin
4n 4n
(n +1)" " " " "
" (n 1)" (n + 1)" cos cos cos sin sin
4n 4 4n 4 4n ,
Avec 2 = , on a aussi Tn = " =
4n 4n 2 sin 2 sin
"
4n 4n
1 1
et finalement, Tn = .
2 tan " / 4n 2

Ex. 4
n
1 + cos nx 1 x
Soit x réel, x #/ 0 mod ". Montrer que cos kx = + sin nx cotan .
2 2 2
k =0

n n
Il est classique d’associer la somme Bn = sin kx à la somme An = cos kx .
n k =0 k =0
Notons que l’on a Bn = sin kx .
k =1
Ces deux sommes sont des grands classiques qui s’apparentent à des questions de cours. Toutefois,
le résultat usuel n’a pas cette forme.
n
ikx
Soit Sn = An + iBn : alors Sn = e est la somme de n + 1 termes consécutifs d’une suite
k =0
géométrique, de premier terme 1 et de raison eix " 1.
On a eix " 1 si et seulement si x n’est pas un multiple entier pair de ".
Le cas où x serait un multiple entier impair de " est facile à traiter directement.

i (n +1)x i (n +1)x i (n +1)x (n +1)x


e
i (n +1)x
1 e 2 e 2 e 2 i nx
sin
2 .
Sn = ix donne Sn = = e 2
e 1 i x i x i x sin
x
e 2 e 2 e 2
2

10 Sujets d’oraux
(n +1)x (n +1)x
nx sin 2 nx sin 2
Les parties réelle et imaginaire donnent An = cos 2 x et Bn = sin 2 x .
sin sin
2 2

Ce sont ces expressions qui sont classiques. Voyons celle qui est demandée et son analogue.
Notons que sin x / 2 " 0 rend indispensable x /# 0 mod 2".
1 nx x cos(x / 2)
(1 + cos nx ) = cos2 doit être dégagé de An et cotan = demande de faire
2 2 2 sin(x / 2)
apparaître cos(x / 2). Une formule du type sin(a + b) va le permettre.

(n + 1)x nx x nx x
On a sin 2
= sin
2
cos + cos
2 2
sin
2
et il s’ensuit :
nx nx x nx
An = cos sin cotan + cos2 ,
2 2 2 2
1 + cos nx 1 x
ce qui donne An = + sin nx cotan .
2 2 2
nx x nx nx 1 cos nx x 1
On obtient aussi Bn = sin2 cotan + cos sin = cotan + sin nx .
2 2 2 2 2 2 2

Ex. 5
On considère l’application # du plan dans lui-même qui, au point M d’affixe z associe le point
3+i 3 1 i 3
M d’affixe z = z+ .
4 2
Montrer qu’il y a un point invariant et un seul, noté A, et que, pour tout M " A, le triangle
AMM est rectangle.

# est une similitude, et ce n’est pas une translation ; elle a donc un point fixe unique. La première
question est de le préciser.

A d’affixe a est invariant par # si et seulement si :


3+i 3 1 i 3 1 i 3 1 i 3
a= a+ c’est-à-dire si a= ,
4 2 4 2
d’où a = 2.
3+i 3 "
L’angle (AM , AM ) est l’argument de , qui est .
4 6
Si le triangle AMM est rectangle, ce ne peut donc être qu’en M ou en M .

Les affixes de AM , MM et AM sont respectivement z 2, z z et z 2.


z z z z
On a (AM , MM ) = arg et (AM , MM ) = arg . Formons donc ces deux nombres.
z 2 z 2
3+i 3
Avec z 2= (z 2) et z z = (z 2) (z 2), il vient :
4
z z 3+i 3 1 i 3 2"
= 1+ = , qui est d’argument 3 .
z 2 4 4
z z z 2 4 3 "
On a =1 =1 =i , d’argument 2 .
z 2 z 2 3+i 3 3
Le triangle AMM est donc rectangle en M .

Chapitre 1 - Algèbre générale 11


Ex. 6
Soit u et v des complexes non nuls. Montrer que u = v si et seulement si, pour tout complexe z
1
de module 1, on a (z u )(1 vz ) ! #+ .
z

Classiquement, Z ! " est réel si et seulement si Z = Z . Mais il faut garder en perspective que
l’on s’intéresse à Z réel positif.
1
On considère z ! ", z " 0, et on pose Z = (z u )(1 vz ).
z
Alors, pour z = 1, Z = z (z u )(1 vz ) = (1 u z)(1 vz ).
Supposons que v = u .
Pour z = 1, on a Z = (1 u z)(1 u z) = 1 u z 2 qui est réel et positif.
Supposons Z réel, c’est-à-dire Z Z = 0.
Pour tout z de module 1, on a Z = (1 u z)(1 vz ) = 1 vz u z + uv, donc :
Z Z =1 vz u z + uv (1 vz u z + u v ) = (u v)z (u v)z + uv u v.
Avec z = 1 et z = 1, on obtient u + v u v + uv u v = 0 et u v + u + v + uv u v = 0.
En retranchant l’une à l’autre, on obtient u u = (v v). d’où Im u = Im v.
Il reste à comparer les parties réelles de u et v.

En ajoutant les deux, il vient uv = u v. Alors Z Z = 0 donne (u v)z (u v)z = 0, et avec


z = i , il vient u + u = v + v c’est-à-dire Re u = Re v.
En conclusion, il vient que u et v sont conjugués.
Seul z = 1 et Z réel est utile pour obtenir u = v. La véritable question est u = v si et seulement
si Z est réel pour z = 1, Que Z soit alors positif en découle.

Ex. 7
a b
Soit (a, b) ! "2 , a < 1, b < 1. Montrer que 1 ab
< 1.

Avant tout, il est indispensable que 1 a b soit non nul.

On a a b = a b et, avec a < 1 et b < 1, il vient a b < 1, donc 1 a b " 0.

Étant donné z ! ", montrer que z < 1 équivaut à montrer que z 2 < 1, c’est-à-dire que :
zz < 1.
$
Étant donné $ et % réels positifs, % " 0, < 1 équivaut à $ < %.
%
a b
Montrer que < 1 équivaut à montrer que a b2< 1 ab 2.
1 ab
On étudie alors a b2 1 a b 2.
2 2
a b = (a b)(a b) = a + b2 ab ab
2
et 1 ab = (1 a b)(1 a b) = 1 ab ab + a 2 b 2
donnent : a b2 1 ab 2 = 1 a2 b2+ a2 b2 = (1 a 2 )(1 b 2 ).
Avec l’hypothèse 1 a 2 > 0 et 1 b 2 > 0, il vient :
a b2 1 a b 2 < 0,
ce qui est le résultat attendu.

12 Sujets d’oraux
Ex. 8
" 3" 5" 7" 9" 1
Montrer que cos 11 + cos 11 + cos 11 + cos 11 + cos 11 = 2 .

Une somme de cosinus est la partie réelle d’une somme de nombres complexes de module 1 par
la formule d’Euler.
4
" 3" 5" 7" 9" (2k +1) i "
C = cos + cos + cos + cos + cos est la partie réelle de T = e 11 .
11 11 11 11 11
k =0
10i "
i" 4 4
k 2i " k 2i " e 11 1
On a T = e 11 e 11 et e 11 = .
2i "
k =0 k =0 e 11 1
2ia ia
C’est une situation classique : e 1=e eia e ia = 2ie ia sin a .
5" 5"
4 sin sin
k 2i " 4i "
11
5i "
11
On en déduit e 11 = e 11
"
puis T = e 11 " .
k =0 sin sin
11 11
5"
5" sin 11
La partie réelle de T est C = cos .
11 sin "
11
5" 5" 1 10" 10" 10" "
Avec cos sin = sin et avec sin = sin " = sin , il vient alors :
11 11 2 11 11 11 11
1
C= .
2
On peut compléter cette étude en calculant la somme des sinus.
" 3" 5" 7" 9"
S = sin + sin + sin + sin + sin est la partie imaginaire de T
11 11 11 11 11
5" 5"
5" sin 11 sin2
11
On a donc S = sin 11 " = " .
sin sin
11 11
On pouvait raisonnablement espérer que la valeur de S soit simple, comme celle de C ; mais ce
n’est pas le cas.
"
Pour la valeur numérique de S, il faudrait passer par le calcul de sin et nous ne poursuivrons
11
pas dans ce sens.

Ex. 9
Soit a , b et c des réels tels que cos a + cos b + cos c = 0 et sin a + sin b + sin c = 0.
Montrer que cos 2a + cos 2b + cos 2c = 0 et sin 2a + sin 2b + sin 2c = 0.

Les deux hypothèses se résument en une : eia + eib + eic = 0.


La question concerne e2ia + e2ib + e2ic qui fait apparaître (eia + eib + eic )2 .
On a (eia + eib + eic )2 = e2ia + e2ib + e2ic + 2(ei (b+c) + ei (c+a ) + ei (a +b) ).
Sachant que eia + eib + eic = 0, montrer que e2ia + e2ib + e2ic = 0 revient à montrer que
ei (b+c) + ei (c+a ) + ei (a +b) = 0.
En prenant les conjugués dans eia + eib + eic = 0, il vient e ia + e ib + e ic
= 0.
En multipliant par ei (a +b+c) , on obtient ei (b+c) + ei (c+a ) + ei (a +b) = 0.
Ainsi eia + eib + eic = 0 implique e2ia + e2ib + e2ic = 0.

Chapitre 1 - Algèbre générale 13


Ex. 10
Étant donné a ! # et n ! ! , résoudre l’équation z ! ", (z + 1)n = e2ina .
n 1
k"
En déduire la valeur de Pn = sin a + .
n
k =0

n z+1 n
1) (z + 1)n = e2ina s’écrit aussi (z + 1)n = e2ia , c’est-à-dire 2ia = 1.
e

z+1 n
2ia = 1 fait intervenir les racines n èmes de 1.
e

Les racines n èmes de 1 sont les nombres e2ik " / n , avec k ! [[ 0, n 1 ]].
Les solutions de l’équation sont alors les complexes zk définis pour k ! [[ 0, n 1 ]] par :
2ia 2ik " / n 2i (a +k " / n )
zk + 1 = e e =e .
La présence du terme additif 1 dans z + 1 invite à passer en mode trigonométrique.

k" k"
On a zk + 1 = cos 2 a + + i sin 2 a + . En notant que :
n n
k" k" k"
cos 2 a + 1 = 2 cos2 a + 1 = 2 sin2 a +
n n n
k" k" k"
et sin 2 a + = 2 sin a + cos a + ,
n n n
k" k" k" k " i (a +k " / n )
il vient : zk = 2i sin a + n cos a +
n
+ i sin a +
n
= 2i sin a +
n
e .

k " i (" / 2+a +k " / n )


On peut aussi écrire : zk = 2 sin a + e .
n

2)
k"
Les termes sin a + apparaissent dans les zk , et les zk sont les racines du polynôme
n
Q = (X + 1)n e2ina . On utilise l’expression du produit des racines à l’aide du terme
constant 1 e 2ina de Q.

n 1 n 1 n 1 n 1
n n i (a +k " / n ) k" n 2ina
On a zk = i 2 e sin a + et aussi zk = ( 1) (1 e ).
n
k =0 k =0 k =0 k =0
n 1 n 1 n 1
i (a +k " / n ) n ik " / n ik " / n
Dans le produit e = e ia e , le terme e est l’exponentielle de
k =0 k =0 k =0
n 1 n 1
i" i (a +k " / n ) 1)" / 2
la somme n k , c’est donc ei (n 1)" / 2 . Il s’ensuit e = eina ei (n .
k =0 k =0
n 1
Les deux expressions de zk donnent i n 2n eina ei (n 1)" / 2 Pn = ( 1)n +1 e2ina 1 .
k =0

1)" / 2 1
Avec e2ina 1 = 2ie ina sin na , et e i (n = in 1
, il vient alors Pn = sin na .
2n 1

14 Sujets d’oraux
Ex. 11
n 1
2ik " / n
Étant donné n ! !, n ! 2, montrer que 1 e est de module égal à n et calculer :
k =1
n 1
k"
sin .
n
k =1

À première lecture (trop rapide ?), ce sujet présente des ressemblances fortes avec le précédent.
On pourrait imaginer que c’est un cas particulier avec a = 0. La différence essentielle porte sur
k ! [[ 1, n 1 ]] au lieu de k ! [[ 0, n 1 ]].
Les e2ik " / n sont les racines de P (z ) = z n 1
+ zn 2
+ . . . + z + 1.
n
z 1
Pour z " 1, on a z n 1
+ zn 2
+ . . . + z + 1 = P (z ) = .
z 1
Les racines de P (z ) sont donc les racines n èmes de 1, sauf 1.
n 1
2ik " / n
Ce sont dons les e2ik " / n pour k ! [[ 1, n 1 ]] et on a donc P (z ) = z e .
k =1

Le module du produit demandé apparaît alors tout simplement.


n 1
2ik " / n
Il s’ensuit en particulier P (1) = 1 e .
k =1
n 1
2ik " / n
Comme, par ailleurs, on a évidemment P (1) = n , il vient 1 e = n.
k =1

La logique interne de cet exercice invite à examiner 1 e 2ik " / n en terme de sinus.

k " ik " / n
On a 1 e 2ik " / n = eik " / n e ik " / n e ik " / n = 2i sin e .
n
k"
Il s’ensuit que 1 e 2ik " / n = 2 sin .
n
n 1 n 1
2ik " / n n 1 k"
On en déduit alors que 1 e =2 sin , et finalement, il vient :
n
k =1 k =1
n 1
k" n
sin = n 1
.
n 2
k =1

Ex. 12
Étant donné n ! ! , on pose & = e2i " / n , montrer que, pour tout z ! ", on a :
n
k n
z+& = n zn + 1 .
k =1

n
Il n’y a guère d’autre point de départ que de développer z + &k par la formule du binôme.
n n
n p n p
On a z + &k = !n z p &k (n p)
. Avec &kn = 1, il vient z + &k = !n z p & kp
.
p=0 p=0

Chapitre 1 - Algèbre générale 15


n n n
p
Alors P (z ) = (z + &k )n = !n z p & kp
.
k =1 k =1 p=0

Un bon moyen de «travailler» P (z ) est d’échanger l’ordre des sommations.


n
kp
C’est ce que permet de faire apparaître les sommes géométriques & .
k =1
n n n n
p p
On en déduit P (z ) = !n z p & kp
= !n z p & kp
.
p=0 k =1 p=0 k =1
n
kp p
& est la somme des termes d’une suite géométrique de raison & .
k =1
n
p kp
Si p = 0 ou p = n , alors & = 1 d’où & = n.
k =1
n np n
p kp p1 & kp
Pour p ! [[ 1, n 1 ]], on a & " 1, donc & =& p , d’où & = 0.
1 &
k =1 k =1
n 0
Finalement, il vient P (z ) = n !n z n + n !n = n z n + 1 .

Ex. 13
Étant donné n ! ! , on note & = e2i " / n .
n 1
Montrer que, étant donné a et b dans ", on a (a + &k b) = a n ( b)n .
k =0
n 1
En déduire que l’on a (&2k 2 &k cos ' + 1) = 2(1 cos n ') pour tout n ! ! et ' ! #.
k =0

1)
La formule proposée est immédiate lorsque b = 0. On suppose dorénavant que b " 0.
a
Cela permet en particulier de faire apparaître les ( &k avec ( = .
b

n 1 n 1
k n a
Avec b " 0, on a (a + & b) = ( b) &k c’est-à-dire :
b
k =0 k =0
n 1 n 1
a
(a + &k b) = ( b)n (( &k ), en ayant posé ( = .
b
k =0 k =0
n 1
Les &k , k ! [[ 0, n 1 ]] sont les racines du polynôme X n 1 et on a X n 1= (X &k ).
n 1 k =0
Il vient alors (n 1= (( &k ).
k =0
n 1 n 1
a n
On en déduit (a + &k b) = ( b)n 1 et il vient (a + &k b) = a n ( b)n .
b
k =0 k =0

16 Sujets d’oraux
2)
L’expression &2k 2 &k cos ' + 1 est de degré 2 en &k alors que le produit précédent utilise
une expression de degré 1 en &k . Une factorisation préalable s’impose.
Considérons X 2 2X cos ' + 1. C’est aussi X 2 (ei ' + e i ' )X + 1 et il apparaît que les racines
en sont ei ' et e i ' . On a donc X 2 2X cos ' + 1 = (X ei ' )(X e i ' ).
Il s’ensuit que &2k 2 &k cos ' + 1 = (&k ei ' )(&k e i ' ). On a donc :
n 1 n 1 n 1
2k k k
(& 2 & cos ' + 1) = (& i'
e ) (&k e
i'
).
k =0 k =0 k =0
La question précédente donne :
n 1 n 1
(&k i'
e ) = ( 1) (e
n in '
1) et (&k e
i'
) = ( 1)n (e in '
1).
k =0 k =0
Avec (ein ' 1)(e in '
1) = 2 e in ' e in ' = 2 2 cos n ', il vient finalement :
n 1
(&2k 2 &k cos ' + 1) = 2(1 cos n ').
k =0

Ex. 14
a b a b
1) Étant donné a et b complexes non nuls, montrer que 2 2 = .
a b ab

2) Étant donné x , y, z dans ", montrer que x y z ) y z x + z x y.


y z x
On pourra appliquer l’identité établie en 1) à a = 2, b = 2 et c = 2 pour l’inégalité
y z x
demandée et les analogues.
3) Montrer et interpréter géométriquement l’inégalité de Ptolémée :
pour x , y, z , t complexes, x y z t ) x z y t + x t y z.

a b 1 1 b a a b a b
1) 2 2 = = Il s’ensuit 2 2 = .
a b a b ab a b ab

y z x
2) Avec a = 2
, b= 2
, c= 2
, l’égalité précédente donne :
y z x
y z y z
y z = y z 2 2 d’où : x y z = x y z 2 2 .
y z y z
y z y x x z
L’inégalité triangulaire donne 2 2 ) 2 2 + 2 2 .
y z y x x z
On conclut alors avec :
x z y x
y z x = x y z 2 2 et z y x = x y z 2 2 .
x z y x

3) Par permutation circulaire x z y, on a de même :


z y x ) y z x + x z y.
Il reste à appliquer cette inégalité à x t , y t , z t pour conclure.
Dans un quadrilatère XYZT , le produit des diagonales est inférieur à la somme des produits
des côtés opposés.

Chapitre 1 - Algèbre générale 17


Ex. 15
n n
Soit a1 , . . . , an des complexes non nuls. Que peut-on dire si ak = ak ?
k =1 k =1

La question concerne tout n ! ! . Il est raisonnable de procéder par récurrence.


Une première étape est d’examiner le cas n = 2, dans la mesure où il n’y à rien à dire dans le cas
n = 1.

Soit a1 et a2 des nombres complexes non nuls.


a1 + a2 2 = ( a1 + a2 )2 s’écrit :
a1 2 + a2 2 + a1 a 2 + a 1 a2 = a1 2 + a2 2 + 2 a1 a2
et équivaut donc à :
a1 a 2 + a 1 a2 = 2 a 1 a2 .
a1 a 2 et a 1 a2 étant conjugués, leur somme est égale à 2 Re(a1 a 2 ).
Avec a1 a2 = a1 a 2 , l’égalité initiale équivaut à Re(a1 a 2 ) = a1 a 2 , ce qui est vrai si et
seulement si a1 a 2 est un réel positif, et ici strictement positif puisque l’on a a1 a 2 " 0.
Et enfin, a1 a 2 est réel strictement positif si et seulement si a1 et a2 ont même argument.
Ce cas particulier nous indique une piste vraisemblable.
Il y a tout lieu de penser que le module d’une somme est égal à la somme des modules si et
seulement si tous les nombres ont même argument.

Condition suffisante : supposons que tous les ak ont même argument.


Pour tout k ! [[ 2, n ]], il existe (k > 0 tel que ak = (k a1 , donc ak = (k a1 . On en déduit que :
n n
ak = a1 1+ (k .
k =1 k =1
n n n n n n
Et avec ak = a1 1 + (k , il vient ak = a1 1+ (k , d’où ak = ak .
k =1 k =1 k =1 k =1 k =1 k =1
Condition nécessaire : on procède par récurrence pour la propriété "(n ) : étant donné n
nombres non nuls, si le module de leur somme est égal à la somme de leurs modules, alors ils
ont même argument.
La propriété est banalement vraie si n = 1 (et on l’a vu pour n = 2).
n +1 n +1
Considérons a1 , . . . , an , an +1 non nuls tels que ak = ak . On a :
k =1 k =1
n +1 n +1 n n n +1
ak = ak = ak + an +1 ) ak + an +1 ) ak .
k =1 k =1 k =1 k =1 k =1

De ces inégalités successives, avec le même terme au début et à la fin, il vient que toutes les
inégalités sont en fait des égalités.
Il reste alors à les prendre dans le bon ordre, en particulier pour mettre en œuvre l’hypothèse de
récurrence.
n n +1 n n
Il s’ensuit que ak + an +1 = ak , donc ak = ak .
k =1 k =1 k =1 k =1
Avec "(n ), les ak , k ! [[ 1, n ]] ont même argument '.

18 Sujets d’oraux
n
Il s’ensuit que A = ak est d’argument '.
k =1
n n +1
L’égalité ak + an +1 = ak se lit aussi A + an +1 = A + an +1 , et la propriété "(2)
k =1 k =1
montre que an +1 est aussi d’argument '. On a ainsi prouvé l’implication "(n ) "(n + 1).
En conclusion, la propriété "(n ) est vraie pour tout n ! ! .

Ex. 16
n
k
Montrer que toutes les racines du polynôme P (x ) = !n sin(k ')x k sont réelles.
k =1

n
k
Un réflexe conditionné tentera beaucoup : P (x ) est la partie imaginaire de !n eik ' x k , ce
k =1
qui serait vrai si... x était présupposé réel. Ce réflexe doit être maîtrisé !
Un moyen est de mettre x sous forme trigonométrique : x = rei $ et de découvrir ce qui se
présentera de constructif. On n’explorera pas cette piste.
Un autre est d’exprimer sin(k ') en exponentielles (formule d’Euler).
n n
1 ik ' k k
On a sin(k ') = (e e ik ' ) et il s’ensuit 2iP (x ) = !n x k eik ' !n x k e ik '
.
2i
k =1 k =1
Avec la formule du binôme, on a :
n n
k k
!n x k eik ' = (xei ' + 1)n 1 et !n x k e ik '
= (xe i'
+ 1)n 1
k =1 k =1
Il vient ainsi 2iP (x ) = (ei ' x + 1)n (e i ' x + 1) . n

Si xe i ' + 1 = 0, c’est-à-dire x = ei ' , alors il vient xei ' + 1 = 1 e 2i ' et ce nombre est nul si
et seulement si ' est un multiple entier de ".
Notons que si xei ' est nul, alors x est racine de P .
Si ' est nul modulo ", alors sin k ' = 0 et P (x ) = 0 pour tout x , réel ou non.
Ce cas particulier est naturellement sous-entendu dans le texte, mais il aurait fallu le préciser.
C’est une initiative qu’il faut prendre à l’oral.

On suppose par la suite ' /# 0 mod ".


i'
Pour toute racine x de P (x ), on a donc xe + 1 " 0.
i' n
xe +1
Pour toute racine x de P (x ), on a donc i' = 1, et il existe alors p ! [[ 0, n 1 ]] tel que :
xe +1
xei ' + 1 = (xe i ' + 1)e 2ip" / n .
Il vient alors ei ' e i ' e2ip" / n x = e2ip" / n 1, ou encore :
ip " / n i (' p" / n ) i (' p" / n )
e e e x = e ip " / n e ip " / n e ip " / n ,
" "
et finalement : x sin ' p
n
= sin p
n
.

En conclusion toute racine x de P (x ) est nécessairement réelle.


On peut noter que la racine apparente x = 0 est obtenue avec p = 0.

Chapitre 1 - Algèbre générale 19


Ex. 17
Soit n un réel strictement positif. Les arguments de nombres complexes sont compris entre
" et ".
On note $ l’ensemble des nombres complexes de module 1 et %n le sous-ensemble formé des
"
éléments de $ dont l’argument ' vérifie ' < .
n+1

1+$
1) Soit $ un réel positif non nul. Montrer que : *z ! $ , z $ ! z 1 (1)
2
Dans quels cas y a-t-il égalité ?

2) Soit z ! %n et $ ! $ + %n . Montrer que :


2
(z $) (z $) ) 1 $ (2) et que z $ + z $ )2 1 $ (3)

2
3) Soit z ! $ + %n . Montrer que : z 1 ! .
n+1
" 2
Indication : on pourra vérifier et utiliser *x ! # , 0 ) x ) x ) sin x .
2 "

1) a)
On peut dégager deux preuves. L’une fait appel à la forme trigonométrique de z .

Étant donné u et v dans ", on a u v2= u2+ v2 2 Re(u v).


i'
Avec z = e et $ ! #, il vient Re(z $) = $ cos ' puis z $ 2 = 1 + $2 2 $ cos '.
' ' '
Avec cos ' = 1 2 sin2 , on obtient z $ 2 = 1 + $2 2 $ +4 $ sin2 = (1 $)2 + 4 $ sin2
2 2 2
' '
puis z $ 2 ! (1 $)2 + 4$ sin2 = (1 + $)2 sin2 .
2 2
' (1 + $)2
On a aussi z 1 2 = 4 sin2 d’où z $2! z 1 2 et enfin :
2 4
1+$
z $ ! z 1.
2
Une autre solution (plus brève ?) insiste sur z ! $ zz = 1.

1+$ 1 1 1
z 1 = (1 + $)(z 1) = z $ + $z 1 ) z $ + $z 1 .
2 2 2 2
1+$
Avec $z 1 = z $ z = z $ car z ! $ et $ réel, il vient z 1 ) z $.
2
b)
Pour le cas d’égalité, on utilise la forme trigonométrique.

' '
Il y a égalité si et seulement si (1 $)2 + 4 $ sin2 = (1 + $)2 sin2 c’est-à-dire :
2 2
'
(1 $)2 = (1 $)2 sin2 , ce qui donne $ = 1 ou ' = ".
2

2) a)
On commence par exprimer z $ et z $ à l’aide des arguments de z et de $.

Notons ' et # les arguments respectifs de z et $.

20 Sujets d’oraux
'+# ' # ' # '+# ' #
i i i i
On a z $ = ei ' ei # = e 2 e 2 e 2 = 2ie 2 sin .
2
i
' # ' +#
De même, z $ = 2ie 2 sin . Il s’ensuit :
2
' +# ' #
(z $)(z $) = 4 sin sin = 2 cos ' cos # = 2(cos ' cos #)
2 2
car ' < # ) ", d’où aussi :
1 $ 2 = (1 $)(1 $) = 2(1 cos #)

(cas particulier z = 1).


Avec 0 < cos ' cos # ) 1 cos #, il vient alors (z $)(z $) ) 1 $ 2.

" " # ' # +'


b) Avec ' < et ) # ) ", il vient que et sont tous les deux compris
n+1 n+1 2 2
entre " et 0 ou bien entre 0 et ".
# ' # +'
Ainsi sin 2
et sin 2
ont même signe. Par suite :

# ' # +' # ' # +' # '


z $ + z $ = 2 sin + 2 sin = 2 sin + sin = 4 sin cos .
2 2 2 2 2 2

# #
On a vu que 1 $ 2 = (1 $)(1 $) = 2(1 cos #) = 4 sin2 , d’où 1 $ = 2 sin .
2 2

#
On en déduit finalement que z $ + z $ ) 4 sin =2 $ 1.
2

3) a)
Le résultat donné en indication est une classique inégalité de convexité. On en donne ici une
preuve sans cet argument technique.

2 "
La fonction f de [0, " / 2] dans # définie par f (x ) = sin x x s’annule en 0 et en .
" 2
2 2 2
Avec f (x ) = cos x et f (x ) = sin x ) 0, f décroît de 1 à et s’annule donc
" " "
"
en #0 ! 0, .
2
" "
f est croissante sur 0, #0 et décroissante sur #0 , . Elle est donc positive sur 0, .
2 2

' ' ' ' ' '


b) On a z 1 = cos ' 1 + i sin ' = 2 sin 2 + 2i sin cos = 2i sin cos + i sin et on
2 2 2 2 2 2
obtient :
' '
z 1 = 2 sin = 2 sin .
2 2
" " ' "
Avec ) ' ) " et donc ) ) , on utilise le résultat donné et il s’ensuit :
n+1 2(n + 1) 2 2
2 ' 4 " 2
z 1 !2 ! = .
" 2 " 2(n + 1) n + 1

Chapitre 1 - Algèbre générale 21


B Ensembles et fonctions
Opérations, groupes, anneaux

Ex. 18
Soit E un ensemble fini muni d’une loi de composition interne associative. Montrer l’existence
de u ! E tel que u 2 = u .

La priorité est d’installer une égalité entre des puissances distinctes d’un même élément.
L’application ! E , n # x n , n’est pas injective ; il y a lieu de l’exprimer.

Pour x quelconque dans E , l’ensemble x n , n ! ! est inclus dans E , donc il est fini.
L’application n # x n n’étant donc pas injective, il existe des entiers m et p dans ! tels que :
x m = x m +p .
On en déduit, pour tout k ! !, x m +kp
= x m puis, pour tout j ! !, x m +kp+j = x m +j .
On posant u = x m +j , l’objectif u 2 = u , c’est-à-dire x 2(m +j) = x m +j sera atteint en choisissant j et
k tels que m + j = kp.
Pour cela, il suffit de choisir k tel que kp ! m puis j = kp m .

Ex. 19
Soit A et B des sous-groupes d’un groupe G ; l’opération de ce groupe est notée multiplica-
tivement.
Montrer que A $ B est un sous-groupe si et seulement si A % B ou B % A.
Montrer que AB est un sous-groupe si et seulement si AB = BA.
On note AB l’ensemble des produits, dans cet ordre, d’un élément de A par un élément de B.

1)
Si un des sous-groupes A et B est inclus dans l’autre, alors A $ B est égal à A ou à B, c’est
évidemment un sous-groupe.
Seule la réciproque mérite vraiment attention. Pour cela, on peut étudier la proposition con-
traposée.

Supposons qu’aucun des deux sous-groupes A et B ne soit inclus dans l’autre.


Il existe alors a ! A + B et b ! B + A.
Pour montrer que A $ B n’est pas un sous-groupe, il suffit que ce ne soit pas une partie stable
pour le produit de G .

Considérons le produit ab de ces deux éléments de A $ B.


1
Si ab est dans A, c’est-à-dire s’il existe a ! A tel que ab = a , alors il vient b = a a.
1
La caractérisation classique d’un sous-groupe montre que a a est dans A, ce qui est en
contradiction avec b & A.
On montre de même que ab n’est pas dans B et il s’ensuit que ab n’est pas dans A $ B.
Il y a donc des éléments de A $ B dont le produit n’est pas dans A $ B, ce qui prouve que A $ B
n’est pas un sous-groupe.
Autrement dit, si A $ B est un sous-groupe, alors on a A % B ou B % A.

22 Sujets d’oraux
2)
Il faut bien prendre garde que AB = BA ne signifie pas que les éléments de A commutent avec
ceux de B !
AB = BA se détaille en AB % BA et BA % AB. Par exemple, AB % BA se traduit par :
étant donné (a, b) ! A B, il existe (a , b ) ! A B tel que ab = b a .

a) Supposons que AB = BA.


A et B contenant l’élément neutre e du groupe G , l’ensemble AB contient ee = e, il n’est donc
pas vide.
Montrons la stabilité de AB pour le produit : on considère a1 b1 et a2 b2 dans AB, avec :
a1 , a2 ! A2 et b1 , b2 ! B2 .
On a b1 a2 ! BA % AB, donc il existe (a , b ) ! A B tel que b1 a2 = a b . Alors :
a1 b1 a2 b2 = a1 b1 a2 b2 = a1 a b b2 = a1 a b b2 .

Avec a1 a ! A et b b2 ! B, il vient (a1 b1 )(a2 b2 ) ! AB.


Montrons aussi la stabilité de AB pour l’inversion.
On considère ab ! AB, avec (a, b) ! A B. On a (ab) 1 = b 1 a 1 ! BA.
Avec BA = AB, il vient (ab) 1 ! AB, ce qui prouve que AB est stable pour l’inversion.
En conclusion, si AB = BA, alors AB est un sous-groupe de G .
b) On suppose que AB est un sous-groupe de G .
Noter qu’il n’est pas supposé que BA est un sous-groupe. Ce sera une conséquence venant de la
conclusion AB = BA attendue.
Montrons que AB est inclus dans BA.
Considérons x ! AB. Comme AB est un sous-groupe, on a x 1 ! AB et x 1 s’écrit :
x 1 = ab, avec (a, b) ! A B.
On en déduit x = b a . Comme A et B sont des sous-groupes, on a a 1 ! A et b 1 ! B, ce
1 1

qui montre que x est dans BA. Il s’ensuit que AB % BA.


Montrons que BA est inclus dans AB.
Tout x ! BA s’écrit x = ba avec (a, b) ! A B.
Comme on a (a 1 , b 1 ) ! A B, il s’ensuit que x 1 = a 1 b 1 est dans AB.
Comme AB est un sous-groupe, donc stable par inversion, il vient x ! AB, ce qui prouve que :
BA % AB.
En conclusion, si AB est un sous-groupe alors on a AB = BA.

Ex. 20
Montrer que l’application identité sur ! est la seule application de ! dans lui-même telle
que :
*n ! !, f (n + 1) > f f (n ) (1).
Pour tout p ! !, on pourra considérer l’ensemble Mp des nombres entiers supérieurs ou
égaux à p.

Il est immédiat que Id! convient. Le seul problème est de montrer que c’est la seule solution.
Commençons par chercher des informations sur une fonction solution.
Sans l’indication fournie, le sujet deviendrait bien difficile !
Un objectif raisonnable serait que f est croissante.
Soit f une application qui répond au problème.
On peut espérer montrer que, pour tout p ! !, le sous-ensemble Mp est stable par f .
Il est immédiat que M0 = ! est stable par f .

Chapitre 1 - Algèbre générale 23


Supposons que Mp soit stable par f et considérons k ! p + 1.
Avec k ! p, on a f (k ) ! p par hypothèse de récurrence.
L’objectif est de prouver que l’on a f (k ) ! p + 1, c’est-à-dire que f (k ) " p.
À cet effet, supposons que f (k ) = p.
Avec la propriété (1), il vient f f (k 1) < f (k ), donc f f (k 1) < p (*).
Or on a k 1 ! p, donc f (k 1) ! p par stabilité de Mp .
Un nouvel appel à la stabilité de Mp donne f f (k 1) ! p, ce qui est contradictoire avec (*) et
on en déduit que f (k ) " p, donc f (k ) ! p + 1.
On a ainsi prouvé que la stabilité de Mp par f implique celle de Mp+1
et, en première conclusion, tous les sous-ensembles Mp sont stables par f .
Gardons à l’esprit qu’un objectif raisonnable est la croissance de f .
La stabilité de Mp par f donne en particulier f (p) ! p pour tout p ! !.
On a donc aussi f f (p) ! f (p).
Avec f (p + 1) > f f (p) , il vient f (p + 1) > f (p) et la stricte croissance de f en découle.
La solution connue Id! est strictement croissante. On vient de voir qu’il en est de même pour
toute solution f .
On arrive au bout. Il reste à prouver que f (p) = p pour tout p.
On a déjà établi que f (p) ! p.
Pour prouver que f (p) = p, il suffit donc de montrer qu’on a f (p) < p + 1.
Si on avait p + 1 ) f (p), la croissance de f donnerait f (p + 1) < f f (p) , ce qui est en contradiction
avec (1).
En conclusion, f est l’application identité sur !.

Ex. 21
Soit E un ensemble non vide. L’ensemble E E des applications de E dans E est muni de la
loi de composition des applications.
On considère un élément u de E E .
1) Montrer l’équivalence des trois propositions suivantes :
a) u est régulier à gauche, c’est-à-dire *(f, g) ! E E , u f = u g f =g;
b) u est une injection ;
c) u admet un symétrique à gauche, c’est-à-dire ( ,v ! E E , v u = IdE ).
2) Montrer l’équivalence des trois propositions suivantes :
a) u est régulier à droite,
b) u est une surjection,
c) u admet un symétrique à droite.

1)
Deux démarches sont envisageables :
montrer que a) b) c) a), ou
montrer que a) b) et b) c).
Montrer que a) b) peut se scinder en deux :
u non injective u non régulier à gauche, et
u injective u régulier à gauche.

24 Sujets d’oraux
Supposons u non injective.
Il existe a et b dans E tels que a " b et u (a ) = u (b).
Soit f et g les applications constantes, égales à a et b. Il est immédiat que u f = u g et pourtant
f " g. Ainsi u n’est pas régulier à gauche.
Supposons u injective.
Soit f et g telles que u f = u g.
Pour tout x ! E , on a u f (x ) = u g(x ) et l’injectivité de u donne f (x ) = g(x ).
Il s’ensuit f = g, ce qui prouve que u est régulier à gauche..
On a ainsi établi l’équivalence u régulier à gauche u injective.
Pour montrer l’équivalence b) c),
pour b) c), il faut construire une application v convenable ;
pour c) b), un résultat ultra classique suffit.
b) c)
Posons A = u (E ). Pour tout y ! A, il existe un x unique dans E tel que u (x ) = y.
v(y) = x si y ! A, avec u (x ) = y
Soit v l’application définie par
v(y) = y si y & A
Pour tout x ! E , on a v u (x ) = x d’où v u = IdE .
c) b)
IdE étant injective, v u = IdE implique classiquement que u est injective.
On a ainsi établi l’équivalence u injective u est régulier à gauche.

2)
Une démarche possible est de montrer que a) b) c) a).
a) b)
Supposons u non surjective : u (E ) = A " E . Soit f et g des applications qui ont la même restriction
à A et ont des restrictions à A différentes.
On a f u = g u et cependant f " g.
b) c)
Pour tout x de E , il existe y tel que u (y) = x .
Pour avoir u v = IdE , c’est-à-dire u v(x ) = x pour tout x de E , il suffit de prendre v définie
par v(x ) = y.
On pourrait montrer directement l’implication c) b).
En effet, IdE étant surjective, u v = IdE implique classiquement que u est surjective.
c) a) est immédiat : f u = g u f u v=g u v f = g.

Ex. 22
On considère l’ensemble & des sommes de deux carrés de nombres rationnels non simultané-
ment nuls.
Montrer que & est un sous-groupe de #+ , .

Sans que ce soit la seule démarche, on peut se baser sur une remarque :
si a et b sont des réels, on peut interpréter a 2 + b2 dans un contexte de nombres complexes.
En posant r = a + ib, on a u = a 2 + b2 = r 2 .
1 = 12 + 02 est dans &.
Montrons que & est stable pour le produit.
Soit u et v dans &. Il existe a , b, c , d rationnels tels que u = a 2 + b2 , v = c 2 + d 2 .

Chapitre 1 - Algèbre générale 25


2 2
Avec r = a + ib et s = c + id , on a uv = r s = rs 2 . Avec rs = (ac bd ) + (ad + bc )i , il vient :
2 2
uv = (ac bd ) + (ad + bc ) ! &
puisque ac bd et ad + bc sont rationnels.
Montrons que l’inverse d’un élément de & est dans &.
Soit u = a 2 + b2 , avec a et b rationnels :
2 2 2 2
1 a +b a b
= 2 = + .
u 2
a +b
2 a 2 + b2 a 2 + b2

a b 1
Comme 2 2 et 2 2 sont rationnels, on a bien ! &.
a +b a +b u

Ex. 23
Soit E un ensemble fini, muni d’une loi de composition interne (notée ) associative pour
laquelle tout élément est régulier. Montrer que (E, ) est un groupe.

La régularité : a x = a y x = y et x a = y a x = y invite à considérer les


applications de E dans E définies par #a (x ) = a x et -a (x ) = x a .
Ce sera l’occasion d’utiliser le fait que E est fini.

Pour a ! E , les applications #a : x # a x et -a : x # x a sont injectives, en utilisation de la


régularité.
Applications injectives d’un ensemble fini dans lui-même, #a et -a sont surjectives.
Il existe en particulier ua et va dans E tels que a ua = a et va a = a .
C’est un premier pas vers l’existence d’un élément neutre.
Un objectif est d’établir que ua = va puis que, pour tout b ! E , on a ub = ua . On aura ainsi
prouvé l’existence d’un élément neutre.
Un intermédiaire est envisageable : ua ua = ua .
L’autre (et la seule autre !) information est que l’opération est associative. Le passage par des
produits de trois termes est incontournable.

De a a = a (va a ) = (a va ) a on déduit, par régularité (à droite), a = a va .


Et de a = a va et a ua = a , on déduit va = ua à nouveau par régularité (à gauche).
Examinons alors ua a = ua (ua a ) = (ua ua ) a . Par régularité, il vient ua ua = ua .
Soit aussi b ! E . On dispose alors de ub ! E tel que ub b = b = b ub et ub ub = ub .
On a ua ub = (ua ua ) ub et aussi ua ub = ua (ub ub ) = (ua ub ) ub .
Alors (ua ua ) ub = (ua ub ) ub et la régularité donne ua ua = ua ub , donc ua = ub .
En conclusion, il existe u ! E tel que, pour tout x ! E , u x = x u = x . C’est le terme ua qui
est indépendant de a .
(E, ) admet ainsi un élément neutre. Avec l’associativité, c’est un monoïde.
Il reste à examiner si tout élément de E admet un symétrique.
Il est classique que, dans un monoïde, un inverse à droite et un inverse à gauche sont égaux.

Pour x ! E , la surjectivité de #x et de -x donne l’existence de x et x dans E tel que x x = u


et x x = u
Alors x = x u = x (x x ) = (x x ) x = u x = x montre que x est inversible.
Rétrospectivement, la principale question est de montrer que (E, ) admet un élément neutre.

26 Sujets d’oraux
Ex. 24
On considère l’ensemble E = # # et une application # de # dans #. On munit alors E de
la loi de composition interne définie par (x, y) (x , y ) = xx , yx + y # (x ) .
Quelles sont les applications # telles que (E, ) soit un groupe ?

(x, y) (x , y ) est défini à l’aide des opérations usuelles de #.


Il est immédiat qu’il s’agit d’une loi de composition interne dans E = # #.
Notons que la présence de yx + y # (x ) laisse peu d’espoirs pour la commutativité éventuelle.

Élément neutre. (u, v) ! E est neutre si et seulement si, pour tout (x, y) ! E ,
ux, vx + y # (u ) = (x, y) et ux, uy + v # (x ) = (x, y). Ce qui a lieu si et seulement si :
ux = x , vx + y # (u ) = y et uy + v # (x ) = y.
La condition *x ! # , ux = x , donne u = 1. Les autres conditions sont alors :
*(x, y) ! E , vx + y # (1) = y et v # (x ) = 0.
#(1) = 0 imposerait alors *(x, y) ! E , vx = y, ce qui est exclu, donc #(1) " 0.
v # (1) = 0 donne alors v = 0 puis la dernière condition *y ! #, y # (1) = y donne #(1) = 1.
En première conclusion, l’élément neutre est (1, 0) et # doit vérifier #(1) = 1.
Associativité. Soit (x, y), (x , y ) et (x , y ) dans E .
(x, y) (x , y ) x ,y = xx , yx + y # (x ) x ,y

= xx x , yx + y # (x ) x + y # (xx )
= xx x , yx x + x y # (x ) + y # (xx )

(x, y) (x , y ) (x , y ) = (x, y) x x , y x + y # (x )

= xx x , yx x + y x + y # (x ) # (x )
= xx x , yx x + y x # (x ) + y # (x ) # (x ) .
Alors on a (x, y) (x , y ) (x , y ) = (x, y) (x , y ) (x , y ) dans tous les cas si et seulement
si #(xx ) = #(x ) # (x ) pour tous x et x dans # .
Avant d’examiner l’inversibilité d’un élément de E , examinons les applications # obtenues.
Notons que l’application nulle de # dans # vérifie #(xy) = #(x ) # (y) pour tout couple
d’éléments de # . La condition #(1) = 1 écarte ce cas.

Soit # : # # telle que : *(x, y) ! (# )2 , #(xy) = #(x ) # (y) et #(1) = 1.


1 1 1
Alors #(x ) # (x ) = #(1) = 1 donne #(x ) = #(x ) .
S’il existe c ! # tel que #(c ) = 0, alors pour tout x ! # on a :
x x
#(x ) = # c = #(c ) # = 0.
c c
Avec #(1) = 1, il vient que # est une application à valeurs dans # .
# est ainsi un endomorphisme du groupe (# , ) et la condition #(1) = 1 est alors vraie.
En conclusion, à ce stade, les applications # qui conviennent sont des endomorphismes du
groupe (# , ).
Terminons enfin par l’inversibilité des éléments de E .
Rappelons que # ne prend pas la valeur 0.

Chapitre 1 - Algèbre générale 27


(x, y) ! E admet (x , y ) pour inverse si et seulement si :
(x, y) (x , y ) = (1, 0) et (x , y ) (x, y) = (1, 0),
c’est-à-dire xx , yx + y # (x ) = (1, 0) et xx , y x + y # (x ) = (1, 0) ce qui équivaut à :
xx = 1, yx + y # (x ) = 0 et y x + y # (x ) = 0.
La première relation donne x = x 1 , puis la seconde donne :
y
y # (x ) = x 1 y, c’est-à-dire y = .
x # (x )
Pour conclure à l’inversibilité de (x, y), il reste à voir si ces valeurs de x et y vérifient la troisième
relation.
y 1
y x + y # (x ) = +y# et on obtient effectivement 0 en notant que, pour un
# (x ) x
1 1
endomorphisme # de (# , ), on a # = .
x # (x )
En conclusion, (E, ) est un groupe si et seulement si l’application # est un endomorphisme du
groupe (# , ).

Ex. 25
On considère un anneau (A, +, ) dont tout élément est idempotent.
Montrer que si on a Card A ! 3, alors A admet des diviseurs de 0A .
Dans ce but, pour (a, b) ! A2 , on pourra former ab(a + b).

Avant de s’attaquer à l’objectif, examinons d’un peu plus près l’hypothèse principale : pour tout
a ! A, a 2 = a .

Pour tout a ! A, on a a 2 = a et (1A + a )2 = 1A + a . On a aussi (1A + a )2 = 1A + a + a + a 2 et il


s’ensuit 0A = a + a .
Étant donné (a, b) ! A2 , on a a 2 = a , b2 = b et (a + b)2 = a + b. Mais on a aussi :
(a + b)2 = a 2 + ab + ba + b2
et il s’ensuit ab + ba = 0A .
Or on a ab + ab = 0A d’après la première propriété établie.
Alors ab + ab = 0A et ab + ba = 0A donne ab = ba . L’anneau est ainsi commutatif.
Dans la perspective de diviseurs de 0A , il faut mettre en évidence un produit nul.

Étant donné (a, b) ! A2 , on considère ab(a + b). En développant, on a ab(a + b) = aba + ab2 .
La commutativité donne aba = a 2 b et, en utilisant a 2 = a et b2 = b, il vient :
ab(a + b) = ab + ab
et la première propriété établie donne alors :
ab(a + b) = 0A .
Il ne reste plus qu’à choisir a et b pour avoir ab " 0A et a + b " 0A .
Quand l’anneau A n’est pas réduit à un élément, on a en particulier 0A " 1A .

On choisit a = 1A : pour tout b ! A, on a b(1A + b) = 0A .


Pour tout a ! A, a + a = 0A donne a = a . En particulier, on a 1A = 1A .

1A + b = 0A donne b = 1A donc b = 1A .
Avec Card A ! 3, il existe b & 0A , 1A . Et on a alors b " 0A et 1A + b " 0A , ce qui montre que
tout b & 0A , 1A est un diviseur de 0A .

28 Sujets d’oraux
C Ensembles finis, dénombrement
Ex. 26
(n p)! n + 1 n 2p
Soit n et p des entiers naturels tels que 2p ) n . Montrer que ) .
p! 2
On pourra distinguer les cas : n pair et n impair.

n! (n p)! n! n!
Avec (n p)! = p il vient = p = p
.
p!
(n + 1 k) p! (n + 1 k) k (n + 1 k)
k =1 k =1 k =1
p
Un objectif peut être d’exprimer n ! en expression de même allure que k (n + 1 k ).
k =1
L’indication fournie invite à examiner n pair : n = 2q.
q 2q q q
Si n est pair, on pose n = 2q. Alors (2q)! = k k= k (q + j).
k =1 k =q+1 k =1 j =1
q q
Le changement d’indice défini par j = q + 1 k donne k ! [[ 1, q ]] et (q + j) = (2q + 1 k)
j =1 k =1
q q
d’où n ! = (2q)! = k (2q + 1 k) = k (n + 1 k ). On a donc :
k =1 k =1
q
k (n + 1 k) q
(n p)! k =1
= p = k (n + 1 k ).
p!
k (n + 1 k) k =p+1

k =1
n+1 n+1 2
x # x (n + 1 x ) atteint son maximum en et elle est donc majorée par .
2 2
q
(n p)! n+1 2 n + 1 2(q p) n + 1 n 2p
Il s’ensuit que ) = = .
p! 2 2 2
k =p+1
Si n est impair, on pose n = 2q + 1.
On exprime n ! = (2q + 1)! dans le même esprit qui a guidé la formation de l’expression de (2q)!
utilisée dans le cas précédent.
q 2q+1
On met à part le terme médian du produit : (2q + 1)! = (q + 1) k k.
k =1 k =q+2
2q+1 q
Avec successivement k = (j + q + 1) puis, avec le changement de variable défini par
k =q+2 j =1
j=q+1 k:
q q q
(j + q + 1) = (2q + 2 k) = (n + 1 k ).
j =1 k =1 k =1

Chapitre 1 - Algèbre générale 29


q
En définitive, on obtient : n ! = (2q + 1)! = (q + 1) k (n + 1 k ).
k =1
n+1 n+1 2
En notant que q + 1 = et avec la majoration de k (n + 1 k ) par , il vient :
2 2
q
(n p)! n+1 n + 1 2(q p)+1 n + 1 n 2p
= k (n + 1 k) ) = .
p! 2 2 2
k =p+1

Ex. 27
Soit E un ensemble fini et on note n son nombre cardinal. On note "(E ) l’ensemble des
parties de E .
1) Calculer la somme des cardinaux de tous les sous-ensembles de E .
2) Calculer la somme des cardinaux des sous-ensembles :
a) X ' Y où X et Y décrivent "(E ) ;
b) X $ Y où X et Y décrivent "(E ).

Le cas où n = 0 est sans grand intérêt, les trois sommes étant égales à 0.
On suppose dorénavant n " 0.
1)
C’est un sujet banal dont on peut donner deux solutions.
L’une met davantage l’accent sur des propriétés classiques des coefficients binomiaux.
L’autre attire l’attention sur une méthode fructueuse : à X % E on associe son complémentaire X .
p
a) Pour tout p ! [[ 0, n ]], il y a !n parties de cardinal égal à p. La somme des cardinaux de ces
p
parties est alors p !n et la somme des cardinaux de toutes les parties de E est alors :
n n
p p
U = p !n ou aussi U = p !n .
p=0 p=1
n n 1
p p 1 p 1 p
La relation classique : pour p ! [[ 1, n ]], p !n = n !n 1 donne U = n !n 1 =n !n 1.
p=1 p=0
m
p
Une autre relation classique : pour m ! !, on a !m = 2m . Il vient alors U = n 2n 1
.
p=0

b) X # X est une bijection de "(E ). L’ensemble des parties X de E est égal à l’ensemble des
complémentaires X de ces parties.
Avec U = Card X , on a aussi U = Card X , d’où 2U = Card X + Card X .
X %E X %E X %E
Il y a 2n sous-ensembles X ! "(E ) et, pour chacun d’eux, on a Card X + Card X = n .
On en déduit 2U = n 2n d’où U = n 2n 1 .
2) a)
Avec un sous-ensemble X , il a suffit d’utiliser X .
Avec X et Y dans "(E ), on a besoin de plusieurs sous-ensembles, dont X ' Y , pour une
partition de E .

30 Sujets d’oraux
Soit V = Card(X ' Y ) où la somme porte sur tous les (X, Y ) ! "(E ) "(E ).
X ,Y
La bijection qu’est le passage au complémentaire permet d’écrire que :
V = Card(X ' Y ), V = Card(X ' Y ), V = Card(X ' Y ).
X ,Y X ,Y X ,Y

Il s’ensuit que 4V = Card(X ' Y ) + Card(X ' Y ) + Card(X ' Y ) + Card(X ' Y ) .
X ,Y
Les quatre parties X ' Y , X ' Y , X ' Y et X ' Y sont deux-à-deux disjointes et leur réunion est
égale à E . On a donc Card(X ' Y ) + Card(X ' Y ) + Card(X ' Y ) + Card(X ' Y ) = Card E = n .
Avec Card "(E ) = 2n , on obtient Card "(E ) "(E ) = (2n )2 = 4n .
Il vient alors 4V = n 4n d’où V = n 4n 1
.
b)
Pour X et Y dans "(E ), on sait que Card(X ' Y ) + Card(X $ Y ) = Card X + Card Y .
La dernière somme demandée est de ce fait étroitement liée aux sommes U et V calculées
précédemment.

Posons W = Card(X $ Y ).
X ,Y

On a V + W = Card(X ' Y ) + Card(X $ Y ) , donc V + W = Card X + Card Y , ou


X ,Y X ,Y
encore V + W = Card X + Card Y ou aussi V + W = 2 Card X .
X ,Y X ,Y X ,Y

On a Card X = Card X d’où V + W = 2 2n Card X = 2 2n U = n 4n .


X ,Y Y X X

Avec V + W = n 4n , il vient V + W = 4V , d’où finalement W = 3V = 3n 4n 1


.

Ex. 28
2
n 1 n 1
p 2 p
Pour n ! !, n ! 2, montrer que ! .
(n p )2 n (n 1) n p
p=1 p=1

2
n 1 n 1
p n (n 1) p
L’inégalité proposée équivaut à ) .
n p 2 (n p)
2
p=1 p=1

La première urgence est de chercher une piste d’approche. Deux éléments peuvent donner une
orientation : d’abord la présence de carrés et ensuite :
n 1 n 1
n (n 1) 2
= p= p .
2
p=1 p=1
2
n 1 n 1 n 1
p 2 p
L’inégalité souhaitée équivaut alors à ) p 2
c’est-à-dire :
n p (n p)
p=1 p=1 p=1
2 2
n 1 n 1 n 1
p 2 p
p ) p .
n p n p
p=1 p=1 p=1

Chapitre 1 - Algèbre générale 31


Pour conclure, il reste à établir une inégalité usuelle, connue classiquement sous le nom d’inégalité
de Cauchy-Schwarz :
q 2 q q
2 2
étant donné des réels positifs a1 , . . . , aq , b1 , . . . , bq , on a : ak bk ) ak bk .
k =1 k =1 k =1
C’est un résultat, dont le contexte est celui de produit scalaire, qui est basé sur l’inégalité :
(u v)2 ) u 2
v 2.
On peut en donner une preuve «élémentaire» par récurrence sur q.

Le résultat est évidemment vrai lorsque q = 1.


Montrons que, s’il est vrai pour q, alors il est vrai pour q + 1.
Soit a1 , . . . , aq , aq+1 , b1 , . . . , bq , bq+1 des réels positifs.
q q q
2 2
Posons Aq = ak , Bq = bk et Mq = ak bk . Notons que le réel Mq est positif.
k =1 k =1 k =1
Avec l’hypothèse de récurrence, on a Mq2 ) Aq Bq .
2
L’objectif est de montrer que Mq + aq+1 bq+1 ) Aq + aq2+1 Bq + bq2+1 .
2 2
On a Aq bq2+1 + Bq aq2+1 4Mq2 aq2+1 bq2+1 ! Aq bq2+1 + Bq aq2+1 4Aq Bq aq2+1 bq2+1 donc :

2 2
Aq bq2+1 + Bq aq2+1 4Mq2 aq2+1 bq2+1 ! Aq bq2+1 Bq aq2+1 !0
et il vient :
Aq bq2+1 + Bq aq2+1 ! 2Mq aq+1 bq+1 .
On en déduit :
2
Mq + aq+1 bq+1 = Mq2 + aq2+1 bq2+1 + 2Mq aq+1 bq+1 ) Aq Bq + aq2+1 bq2+1 + Aq bq2+1 + Bq aq2+1 .

Ex. 29
1) Pour n ! !, quel est le nombre d’éléments (a, b, c ) ! !3 tels que a + b + c = n ?

2) Soit n ! ! ; combien y a-t-il de suites croissantes de n termes de [[ 1, n ]] ?

Ces questions n’ont guère de lien entre elles.


La première est assez facile et son intérêt est de donner une idée pour traiter la seconde.

1) a + b + c = n peut se représenter par . . . + . . . + . . . .


a points b points c points
Une solution utilise n + 2 cases, dont deux réservées aux signes +.
Le problème revient à placer 2 signes + dans n + 2 cases.
2
Le nombre de possibilités est alors !n +2 .

2)
Le raisonnement va s’appuyer sur une représentation symbolique des entiers.

Si k et $ sont des entiers tels que $ ! k , on passe de k à $ en ajoutant $ k fois le nombre 1 à k ,


ce que nous symbolisons par $ = k + + + . . . +, avec $ k signes +.

32 Sujets d’oraux
Partant de ce principe, nous représentons une séquence (ak )1)k )n d’entiers de [[ 1, n ]] par une
chaîne constituée de n 1 signes + et de n symboles a :
+ + a + + + . . . + aa + . . . + . . . . . . a + . . . +
dans laquelle le k e terme a représente la valeur de ak égale à 1 auquel on ajoute ce même nombre
1 un nombre de fois égal au nombre de signes + qui le précèdent.
La valeur représentée par chaque a , à partir du deuxième, est donc égale à la valeur du précédent
à laquelle on ajoute 1 un nombre de fois égal au nombre de signes + intercalés entre les deux.
Qand il n’y a pas de signe +, cela correspond à ak +1 = ak .
Si an = n , la chaîne se termine par le n e signe a , sinon elle se termine par une sous-chaîne de +
dont le nombre est l’écart entre an et n .
Exemples pour n = 4. La suite (1, 2, 3, 4) se représente par a + a + a + a .
La suite (1, 3, 3, 3) se représente par a + +aaa +.
Un autre exemple : (2, 2, 2, 2) se représente par +aaaa + +.
La séquence (1, 1, 2, 3) se représente par aa + a + a +.
n 1
Le nombre de solutions est ainsi !2n 1, nombre de façons de placer les n 1 signes + parmi les
2n 1 termes de la chaîne.

Ex. 30
Étant donné un entier n ! ! , on se munit d’un alphabet de n caractères. On forme alors tous
les mots qui ne contiennent pas deux fois la même lettre. Calculer le nombre Mn de mots
ainsi formés en fonction de n ! et de e (nombre de Néper).

Un mot contient au moins une lettre et n au plus.


On s’attache d’abord aux mots de p lettres, avec 1 ) p ) n .

Pour p ! [[ 1, n ]], pour former un mot de p lettres différentes, on choisit ces p lettres parmi les n
puis on les dispose dans un certain ordre.
p
Le nombre Mn,p de mots de p lettres est alors égal à Mn,p = p! !n .
n n
p
Compte tenu de Mn = Mn,p , on a donc Mn,p = p ! !n .
p=1 p=1

La seconde étape est de réduire cette somme.

n
p n! n! 1
Avec !n = , on a Mn,p = , donc Mn = n ! .
(n p)!p! (n p)! (n p)!
p=1
n 1
1
Quand p décrit [[ 1, n ]], l’entier n p décrit [[ 0, n 1 ]] et on obtient M n = n ! .
p!
p=0

Techniquement, il est aussi naturel de considérer des sommes portant sur p ! [[ 0, n ]].
n
1
On peut aussi écrire Mn sous la forme Mn = n ! 1.
p!
p=0
n
1
Classiquement, la somme de terme général est convergente, de limite e.
p!
p=0

Chapitre 1 - Algèbre générale 33


n
1 1
En notant un = et vn = un + , il est classique que les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes,
p! n!
p=0
de limite e.
On a donc, pour tout n ! ! , un < e < vn , d’où n !un < n !e < n !un + 1.
On constate ainsi que n !un est la partie entière de n !e.
En conclusion, pour tout n ! ! , on a Mn = E (n !e).

Ex. 31
Pour tout p ! !, on pose :
Ep = [[ 1, 2p + 1 ]],
%p = X % Ep Card X ! p + 1
et %p = X % Ep Card X = p + 1 .
Pour n ! [[ 0, p ]], on considère le sous-ensemble "n,p de %p formé des parties dont le plus
grand élément est n + p + 1.
Quels sont les cardinaux de %p ? de %p ? de "n,p ?
On considère l’application f : %p %p qui à X ! %p associe la partie f (X ) dont les éléments
sont, pour l’ordre naturel sur !, les p + 1 premiers éléments de X .
2p
1 1 p
Donner le cardinal de f ("n,p ) et en déduire la valeur de !k
k =p
2k

Pour celui de %p , remarquons que p + 1 est au milieu de [[ 0, 2p + 1 ]].


r m r
La relation !m = !m s’obtient classiquement en utilisant la bijection qui, à un sous-ensemble,
associe son complémentaire. On peut s’en inspirer.

L’application # de "(Ep ) dans "(Ep ) qui à X associe son complémentaire X est une bijection.
Elle induit une bijection de %p sur son image #(%p ). On a donc :
Card %p = Card #(%p ).
Cette image est formée des parties de Ep qui sont de cardinal inférieur ou égal à p. Comme %p
et #(%p ) forment une partition de "(Ep ), on obtient :
2 Card %p = Card Ep = 22p+1
et finalement, Card %p = 22p .
Le cardinal de %p est banal. Quant à "n,p , il suffit de lire sa description pour en donner le
cardinal.
p+1
%p est de cardinal !2p+1 .
Le sous-ensemble "n,p de %p a son plus grand élément fixé ; ses p autres éléments sont choisis
parmi les n + p éléments de ! strictement inférieurs à n + p + 1.
p
On a donc Card "n,p = !n +p .
Pour préciser f 1 (Y ) pour Y ! %p , la question précédente invite à examiner le plus grand
élément de Y de cardinal p + 1.
Ce plus grand élément est supérieur ou égal à p + 1.
La fonction f n’est pas usuelle. Une lecture attentive de sa description est une clé.

Soit Y ! %p : notons n + p + 1 son plus grand élément, avec n ! [[ 0, p ]].

34 Sujets d’oraux
Les éléments du sous-ensemble f 1 (Y ) sont les parties formées de l’union de Y et de tout
sous-ensemble de [[ n + p + 2, 2p + 1 ]]. Le cardinal de f 1 (Y ) est donc 2p n .
Les "n,p , pour n ! [[ 0, p ]], forment une partition de l’ensemble %p .
1 1
Alors, de %p = f (%p ) = f "n,p .
n ![[ 0,p ]]

L’image réciproque d’une réunion est la réunion des images réciproques.

On déduit que :
p p
p
22p = Card f 1
("n,p ) = 2p n
!n +p
n =0 n =0
p 2p
1 p 1 p
d’où 1 = n +p !n +p et finalement 1 = !k .
n =0
2
k =p
2k

D Arithmétique des entiers

Ex. 32
Soit a et b entiers naturels non nuls et n ! !.
Former la division euclidienne de abn 1 par bn +1 en utilisant la division euclidienne de
a 1 par b.

Soit q et r les quotient et reste dans la division euclidienne de a 1 par b :


a 1 = bq + r , r < b.
La manière la plus simple de faire apparaître abn est de multiplier par bn les deux membres de
l’égalité écrite.

On en déduit abn bn = bn +1 q + rbn , ou encore abn 1 = bn +1 q + (r + 1)bn 1.


n n +1
Pour s’assurer que l’on a écrit la division euclidienne de ab 1 par b , il suffit de vérifier
que 0 ) (r + 1)bn 1 < bn +1 .

Avec 0 ) r < b, il vient 1 ) r + 1 ) b puis bn ) (r + 1)bn ) bn +1 , et enfin :


0 ) bn 1 ) (r + 1)bn 1 < bn +1 .
Dans la division euclidienne de abn 1 par bn +1 , le quotient est q, le reste est (r + 1)bn 1.

Ex. 33
Montrer que tout nombre entier impair peut être écrit comme différence de deux carrés
d’entiers. En est-il de même pour les nombres entiers pairs ?

Examinons en premier lieu une différence de deux carrés : m 2 p 2 = (m p)(m + p).


2 2
Pour avoir m p impair, il est nécessaire et suffisant que m p et m + p soient tous les deux
impairs. Comme m p et m + p ont même parité, il est en fait nécessaire et suffisant que m p
soit impair.

Chapitre 1 - Algèbre générale 35


Étant donné m et p entiers, avec m 2 p2 = (m p)(m + p), on choisit m = p + 1 et il vient :
2 2
m p = 2 p + 1.
Notons que 2p + 1 = (p + 1)2 p2 n’est pas difficile à imaginer !
De la sorte, tout entier impair est la différence de deux carrés d’entiers.
Pour avoir m 2 p2 pair, il est nécessaire et suffisant que m p soit pair.

Soit m et p des entiers tels que m 2 p2 soit pair. Alors m p et m + p sont pairs, donc (m p)(m + p)
est un multiple entier de 4.
Pour qu’un entier n pair soit la différence de deux carrés, il est donc nécessaire que n soit un
multiple de 4.
Étant donné p entier et m = p + 2, on a m 2 p2 = 4p + 4 et, lorsque p décrit l’ensemble des
entiers, 4p + 4 décrit l’ensemble des multiples de 4.
En conclusion, un entier pair est la différence de deux carrés si et seulement si c’est un mul-
tiple de 4.

Ex. 34
Soit aabb l’écriture en base dix d’un entier n . Déterminer parmi ces entiers n ceux qui sont
des carrés d’entiers.

Dans une écriture décimale, le premier chiffre n’est pas 0.

n = (103 + 102 )a + (10 + 1)b = 1100a + 11b = 11(100a + b).

Pour que n soit un carré, il faut que 100a + b soit divisible par 11.

On a 1 ) a ) 9 et 0 ) b ) 9, d’où 100 ) 100a + b ) 909.


En notant que 100a + b = 99a + a + b, il vient que 100a + b est un multiple de 11 si et seulement
si a + b est un multiple de 11.
Les couples (a, b) possibles sont donc (2, 9), (3, 8), (4, 7), (5, 6), (6, 5), (7, 4), (8, 3) et (9, 2).
Il faut donc que 100a + b soit dans E = 209, 308, 407, 506, 605, 704, 803, 902 .
E est aussi l’ensemble de nombres 209 + 99k = 11(19 + 9k ) pour k ! [[ 0, 7 ]].
En examinant les cas, on voit que, pour k ! [[ 0, 7 ]], l’entier 19 + 9k est un carré si et seulement
si k = 5 et on a 19 + 9 5 = 82
L’unique solution est donc 112 82 = 7 744.

Ex. 35
Montrer que, pour tout n ! ! , l’entier 24n +2 + 1 est divisible par 5.
1 4n +2
Montrer que, pour n ! 2, l’entier 2 + 1 n’est pas premier.
5

Les factorisations de a p 1 et a 2p+1 + 1 sont classiques. C’est ici la seconde qui est d’actualité.
2p 2n
a 2p+1 + 1 = (a + 1) ( 1)k a k s’applique ici pour 24n +2 + 1 = 42n +1 + 1 = 5 ( 1)k 4k .
k =0 k =0

36 Sujets d’oraux
1 4n +2
En vue de décomposer 2 + 1 , il est sage de commencer par factoriser 24n +2 + 1 qui
5
2
apparaît naturellement dans 22n +1 + 1 .
2 2 2
Avec 22n +1 + 1 = 24n +2 + 1 + 22n +2 , il vient 24n +2 + 1 = 22n +1 + 1 2n +1 d’où :
24n +2 + 1 = 22n +1 + 1 + 2n +1 22n +1 + 1 2n +1 .
Divisant le produit de 22n +1 + 1 + 2n +1 par 22n +1 + 1 2n +1 , le nombre premier 5 divise au
moins l’un d’eux.
1 4n +2
On en déduit une factorisation de 2 + 1 en produit d’entiers par :
5
1 4n +2 22n +1 + 1 + 2n +1 2n +1
2 +1 = 2 +1 2n +1
5 5
1 4n +2 22n +1 + 1 2n +1
ou 2 +1 = 22n +1 + 1 + 2n +1 .
5 5
Pour montrer que le nombre n’est pas premier, il faut s’assurer que les deux termes sont différents
de 1. C’est probablement le rôle de l’hypothèse n ! 2.

22n +1 + 1 2n +1
Le plus petit des quatre facteurs utiles est .
5
On a 22n +1 + 1 2n +1 = 2n +1 (2n 1) + 1 et, avec n ! 2, il vient 22n +1 + 1 2n +1 ! 25, d’où :
22n +1 + 1 2n +1
! 5,
5
1 4n +2
ce qui achève la preuve que 2 + 1 n’est pas premier.
5

Ex. 36
2n +1
Montrer que, pour tout n ! ! , la partie entière de 3+1 est divisible par 2n +1 .

3 n’est pas entier et il est souhaitable de s’en dégager par élévation à des puissances paires. Un
moyen est d’utiliser le «conjugué» 3 1 de 3 + 1.

En développant par la formule du binôme, on obtient :


n
2n +1 2n +1 2k
En = 3+1 3 1 =2 3k !2n +1 .
k =1

Un premier objectif est atteint : En est un nombre entier.


2n +1
On a 0 ) 3 1 < 1, donc 0 ) 3 1 < 1.
2n +1 2n +1
Alors 3+1 = En + 3 1 < En + 1 permet de dire que :
2n +1
En est la partie entière de 3+1 .
2n +1 2n +1
Examinons d’un peu plus près les nombres 3+1 et 3 1 en mettant en
évidence 3 accompagné de nombres entiers.
2n +1 n n
2n +1 k 2p 2p+1
On a 3+1 = ( 3)k !2n +1 = 3p !2n +1 + 3 3p !2n +1 .
k =0 p=0 p=0

Chapitre 1 - Algèbre générale 37


2n +1
Il existe donc an et bn dans ! tels que 3+1 = an + 3 bn .
n n
2n +1 2p 2p+1 2n +1
3 1 = 3p !2n +1 + 3 3p !2n +1 donne alors 3 1 = an + 3bn .
p=0 p=0
Il s’ensuit que En = 2an .
Il suffit maintenant de montrer que an est divisible par 2n .
Pour cela, on peut procéder par récurrence.

On a a0 = 1 et b0 = 1 en regardant 3 + 1.
Il est aisé d’établir que l’égalité $ + 3% = $ + 3% avec $, $ , % et % entiers implique $ = $
et % = % .
2n +1 2 2n 1
Pour n ! 1, on a 3+1 = 3+1 3+1 . Avec :
2n +1 2n 1
3+1 = an + 3bn et 3+1 = an 1 + 3bn 1,

il vient an + 3bn = 4 + 2 3 (an 1 + 3bn 1 ), c’est-à-dire :


an + 3bn = 2 2an 1 + 3bn 1 + 2 3 an 1 + 2bn 1 .
an = 2 2an 1 + 3bn 1
Il s’ensuit que
bn = 2 an 1 + 2bn 1
Avec a0 = b0 = 1, il vient a1 = 10 et b1 = 6, donc a1 et b1 sont divisibles par 2.
Si an et bn sont divisibles par 2n , alors 2an + 3bn et an + 2bn sont divisibles par 2n , donc :
an +1 = 2 2an + 3bn et bn +1 = 2 an + 2bn sont divisibles par 2n +1 .
On a ainsi prouvé par récurrence que, pour tout n ! ! , an est divisible par 2n .
Et finalement, pour tout n ! ! , l’entier En est divisible par 2n +1 .

Ex. 37
Prouver qu’il y a une infinité de nombres composés (c’est-à-dire non premiers) que l’on ne
peut pas transformer en nombre premier en changeant un seul chiffre dans leurs écritures
décimales.
Pour cela, on pourra considèrer les entiers n = 2 310k 210, avec k ! ! .

2 310k 210 est composé car 2 310k 210 = 10 3 7 (11k 1).


Tout nombre pair plus grand que 2 est composé.

Pour tenter d’obtenir un nombre premier à partir de n = 2 310k 210 en changeant un seul
chiffre, il faut nécessairement modifier le chiffre des unités (qui est 0) en le remplaçant par 1, 3,
5, 7 ou 9.
Cette substitution revient à considérer n + 1 ou n + 3 ou n + 5 ou n + 7 ou n + 9.
Notons que, avec k ! 1, on a n ! 2 200 et que 2 310 = 2 5 3 7 11.
n + 1 = 2 310k 209 est divisible par 11,
n + 3 = 2 310k 207 est divisible par 3,
n + 5 = 2 310k 205 est divisible par 5,
n + 7 = 2 310k 203 est divisible par 7,
n + 9 = 2 310k 201 est divisible par 3.

38 Sujets d’oraux
De la sorte aucune des modifications envisageables ne convient et les entiers n = 2 310k 210,
k ! ! , donnent une réponse au problème.

Ex. 38
Déterminer les nombres entiers x tels que x 2 2x + 2 soit divisible par 17.

Une bonne mise en route consiste à examiner quelques valeurs simples de x . Dans un problème
«ouvert», il est souvent utile de mettre en évidence une solution particulière.
En posant f (x ) = x 2 2x + 2, on obtient f (1) = 1, f (2) = 2, f (3) = 5, f (4) = 10, f (5) = 17.
5 est donc une solution.
Alors f (x ) est divisible par 17 si et seulement si f (x ) f (5) est divisible par 17.
On a f (x ) f (5) = (x 2 2x + 2) (52 2 5 + 2) = (x 2 52 ) 2(x 5) = (x 5)(x + 3).
17 étant un nombre premier, f (x ) f (5) est divisible par 17 si et seulement si x 5 est divisible
par 17 ou si x + 3 est divisible par 17.
Les solutions sont donc, avec k ! !, les nombres 17k + 5 ou 17k 3.
Par exemple, 14 est solution, ce que l’on explicite avec f (14) = 170 = 17 10.

Ex. 39
Déterminer les entiers naturels n tels que les restes dans les divisions de 21 685 et de 33 509
par n soient 37 et 53 respectivement.

n est solution si et seulement si 21 685 = an + 37, 37 < n , et 33 509 = bn + 53, 53 < n ,


c’est-à-dire 21 648 = an , 33 456 = bn , n > 53.
Les solutions sont ainsi les diviseurs, strictement plus grands que 53, du pgcd de 21 648 et
33 456.
Pour déterminer ce pgcd, on utilise l’algorithme d’Euclide.

Les étapes successives de l’algorithme d’Euclide sont :


33 456 = 21 648 + 11 808, 21 648 = 11 808 + 9 840, 11 808 = 9 840 + 1 968
et 9 840 = 5 1 968.
On a donc 33 456 21 648 = 1 968.
Pour déterminer les diviseurs de 1 968, on forme sa décomposition en produit de facteurs
premiers.

Avec 1 968 = 24 3 41, il y a 5 2 2 = 20 diviseurs entiers naturels.


4
Avec 2 3 = 48, tout diviseur strictement plus grand que 53 contient le facteur 41.

Les solutions sont finalement les entiers :


41 2, 41 2 2 , 41 23 , 41 24 , 41 3, 41 2 3, 41 22 3, 41 23 3, 41 24 3.

Ex. 40
Déterminer les couples (x, y) d’entiers relatifs tels que 13x 8y = 1.

13 et 8 étant premiers entre eux, le théorème de Bézout assure qu’il y a une solution.

Chapitre 1 - Algèbre générale 39


Soit (x0 , y0 ) ! '2 tel que 13x0 8y0 = 1.
Alors (x, y) est solution si et seulement si , 13x 8y = 13x0 8y0 , c’est-à-dire
13(x x0 ) = 8(y y0 ).
Le théorème de Gauss assure que 13 divise y y0 .
Ainsi y y0 est nécessairement de la forme y y0 = 13k , k ! '.
(x, y0 + 13k ) est solution si et seulement si 13(x x0 ) = 8 13k , c’est-à-dire x x 0 = 8k .
En conclusion, les solutions sont les (x0 + 8k, y0 + 13k ), k ! '.
Il reste enfin à détermier une solution (x0 , y0 ). On choisit x0 de sorte que 13x0 1 soit un
multiple de 8.
Notons que 13x0 = 8y0 + 1 montre que x0 est nécessairement impair.

On teste des valeurs simples :


x0 = 1, 13x0 1 = 12 ne convient pas. x0 = 3, 13x0 1 = 38 ne convient pas.
x0 = 5, 13x0 1 = 64 convient, avec y0 = 8.
La connaissance de la solution (5, 8) achève la détermination de l’ensemble des solutions :
(5 + 8k, 8 + 13k ), k ! ' .
Dans cet exemple, il est aisé de trouver une solution. À défaut d’en "deviner" une, rappelons que
l’algorithme d’Euclide fournit une méthode efficace dans tous les cas.

Autre méthode pour obtenir une solution :


L’algorithme d’Euclide se décompose en 13 = 8 + 5, 8 = 5 + 3, 5 = 3 + 2, 3 = 2 + 1.
En remontant les calculs, il vient 1 = 3 2 = 3 (5 3) = 2 3 5,
puis 1 = 2(8 5) 5 = 2 8 3 5 et enfin 1 = 2 8 3(13 8) = 3 13 + 5 8,
ce qui donne la solution ( 3, 5).
Notons que l’on a ( 3, 5) ! (5 + 8k, 8 + 13k ), k ! ' en prenant k = 1.

Ex. 41
Les nombres parfaits sont les nombres N ! ! tels que la somme .(N ) des diviseurs dans ! de
N soit égale à 2N . On ne connaı̂t pas de nombre parfait impair, mais on peut déterminer
les nombres parfaits pairs.
Soit N = 2n b, avec n > 0 et b impair.
a) Justifier que .(N ) = (2n +1 1) . (b) et montrer que, si N est parfait, alors il existe un
entier ( tel que .(b) = (2n +1 et b = ((2n +1 1).
b) En étudiant les diviseurs de b, montrer que ( = 1 et en déduire que 2n +1 1 est premier.
Réciproquement, vérifier que si p = 2n +1 1 est premier, alors N = 2n p est parfait.

a)
N est le produit de deux entiers premiers entre eux. Il est certainement nécessaire d’examiner
.(uv) avec u v = 1. On peut prouver que, dans ce cas, on a .(uv) = .(u ) . (v)
Dans le cas présent, avec u = 2n , la preuve est plus facile que dans le cas général.
Les diviseurs de 2n sont les 2s , avec 0 ) s ) n .
r
Soit b = pk$k la décomposition en produit de facteurs premiers de b.
k =1

40 Sujets d’oraux
r
/
Les diviseurs de b sont les d = pkk , avec 0 ) /k ) $k .
k =1
Soit & l’ensemble de ces diviseurs.
$1 $2 $r
... / / /
La somme .(b) = d des diviseurs de b est égale à p11 p22 . . . pr r
d !& /1 =0 /2 =0 /r =0
$1 $2 $r
/1 / / $
c’est-à-dire p1 p12 ... p1r = (1 + p1 + . . . + p1 1 ) ... (1 + pr + . . . + pr$r ).
/1 =0 /2 =0 /r =0
Les diviseurs de 2 b sont les 2s d , avec 0 ) s ) n et d ! &
n
n n
et la somme des diviseurs de N = 2n b est .(N ) = 2s d = 2s d .
s=0 d !& s=0 d !&
On a donc .(N ) = .(2n ) . (b).
n
Voici donc un point d’attaque élucidé. Notons aussi que 2s = 2n +1 1.
s=0

Il vient donc .(N ) = (2n +1 1) . (b).


Si N est parfait, c’est-à-dire 2N = .(N ), alors on a 2n +1 b = (2n +1 1) . (b).
Or 2n +1 et 2n +1 1 sont premiers entre eux et, avec le théorème de Gauss, il existe un entier (
tel que .(b) = (2n +1 et b = ((2n +1 1).
b)
Parmi les diviseurs de b = ((2n +1 1), il y a 1, ( et ((2n +1 1) > (.

Si ( > 1, alors la somme .(b) est au moins égale à 1 + ( + ((2n +1 1) > (2n +1 .
La contradiction donne ( = 1.
Alors .(b) = b + 1 et b = 2n +1 1 n’a pas d’autres diviseurs que 1 et b ; il est donc premier.
Si p = 2n +1 1 est premier, alors .(p) = p + 1 = 2n +1 .
Il s’ensuit que .(N ) = (2n +1 1)2n +1 = 2N , donc N = 2n p est parfait.
Les nombres premiers de la forme 2q 1 sont appelés les nombres de Mersenne.

Ex. 42
Nombres de Fermat
1) Soit a ! !, a ! 2, et n ! !, n ! 2. On note An le nombre a n + 1. Montrer que si a est
impair, alors An n’est pas premier.
Montrer que si n est divisible par un entier impair, alors An n’est pas premier.
n
2) On appelle nombres de Fermat les nombres Fn = 22 + 1.
Vérifier que F1 , F2 , F3 et F5 sont premiers. Mais F5 est divisible par 641.
Montrer que, pour tout k ! ! , Fn divise Fn +k 2. En déduire que Fn Fn +k = 1.
En déduire qu’il y a au moins n nombres premiers inférieurs à Fn .

1) Si a est impair, alors a n est impair et An est pair.


Avec a ! 2, on a An ! 3 donc, puisqu’il est divisible par 2, An n’est pas premier.
Si n est de la forme n = (2k + 1)q, k ! 1, on a An = (a q )2k +1 + 1.

Chapitre 1 - Algèbre générale 41


2k
L’identité X 2k +1 + 1 = (X + 1) ( 1)j X j prouve que An est divisible par a q + 1,
j =0
avec 1 < a q + 1 < An , donc An n’est pas premier.
Si An est premier, on a donc nécessairement a = 2p et n est une puissance entière de 2.
n
En cas particulier, on considère les nombres de Fermat Fn = 22 + 1.
Un peu de calcul numérique facile avec une calculatrice. Que feriez-vous sans ?
Avec des exposants 2n , la croissance exponentielle rend très vite les nombres An extrêmement
grands.

2) On a F0 = 3, F1 = 5, F2 = 17, F3 = 257 et F4 = 65 537 et ils sont premiers.


En revanche, F5 = 4 294 967 297 = 641 6 700 417 n’est pas premier.
Ce résultat a été donné par Euler, en 1732.
Ce n’est qu’en 1880 qu’il a été prouvé que F6 n’est pas premier : cela se comprend mieux quand
on imagine que F6 est de l’ordre de 3 1019 .
n k k 1
En posant q = 22 , on a Fn = q + 1 et Fn +k 2 = q2 1 = (q 2 )2 1.
k k
Il en résulte Fn +k 2 = q2 1 q2 2 + q2 4 + . . . + 1 et Fn divise Fn +k 2.
Un diviseur d de Fn divise donc Fn +k 2.
Si d est aussi un diviseur de Fn +k , il divise alors 2 et, comme Fn est impair, on a nécessairement
d = 1.
Ainsi 1 est le seul diviseur dans ! commun à Fn et Fn +k , donc Fn Fn +k = 1.
Chaque Fi , 1 ) i ) n admet un diviseur premier impair qi .
Comme les entiers Fi sont deux à deux premiers entre eux, les q1 , . . . qn sont deux à deux
distincts. Il y a donc au moins n nombres premiers inférieurs à Fn .

Ex. 43
Montrer que p ! !, p ! 2, est premier si et seulement si p divise (p 1)! + 1.

Ce résultat est connu sous le nom de théorème de Wilson.


Le cas p = 2 est trivial en on se limite dans la suite à p ! 3.
Commençons par examiner ce qui se passe quand p divise (p 1)! + 1.

Si p divise (p 1)! + 1, il existe un entier m tel que (p 1)! + 1 = mp, ou encore


mp (p 1)! = 1. et le théorème de Bézout permet alors de dire que p (p 1)! = 1.
p est alors premier avec tous les entiers de [[ 1, p 1 ]] et c’est donc un nombre premier.
Pour l’utilisation du théorème de Bézout, on peut en donner une forme «améliorée».

Soit p et q des entiers naturels premiers entre eux, supérieurs ou égaux à 2.


Par le théorème de Bézout, il existe u et v entiers tels que up + vq = 1.
Dans la division euclidienne de u par q, on a u = (q + u , avec 0 ) u < q.
On a en fait 0 < u < v, sinon u = 0 donne u = (q et q((p + v) = 1 imposerait q = 1.
L’égalité de Bézout s’écrit donc u p + ((u + v)q = 1 et on pose v = ( u v.
Avec v q = u p 1 et u p > 1, on a v > 0 et u p 1 < pq donne v q < pq donc v < p.
En conclusion, il existe u et v , avec 0 < u < q et 0 < v < p, tels que u p v q = 1.

42 Sujets d’oraux
On peut de plus remarquer qu’il y a unicité du couple (u , v ) ainsi associé à (p, q).
En effet, considérons un couple (u , v ) d’entiers tel que u p v q = 1 avec 0 < u < q et
0 < v < p. On a alors (u u )p = (v v )q donc, puisque p q = 1, le théorème de Gauss
donne que q divise u u ce qui, compte tenu de u u < q, exige u u = 0 d’où il résulte
v v = 0.

Abordons maintenant la réciproque.

Pour p = 3, on a (3 1)! + 1 = 3 donc la propriété p divise (p 1)! + 1 est vraie. On se limite


alors à p premier, p ! 5.
Si p est premier, p ! 5. Il est premier avec tout k ! [[ 2, p 1 ]].
Avec la propriété de Bézout «améliorée», il existe u ! [[ 1, p 1 ]] et v ! [[ 1, k 1 ]] tels que
uk = vp + 1.
Le cas u = k donne k 2 1 = vp, donc p divise k 1 ou k + 1,
ce qui impose k = 1 ou k = p 1.
Si on a uk = 1 + vp et uk = 1 + v p, alors u (k k ) = (v v )p. Or uk vp = 1 donne p u = 1,
donc (théorème de Gauss), p divise k k et, avec 0 ) k k < p, il vient k = k .
On déduit de celà que les entiers compris entre 2 et p 2 peuvent être regroupés deux à deux
p 3
en couples (ki , ui ) avec i compris entre 1 et r = , de sorte que, pour tout i , on ait : ui " ki
2
et ui ki = 1 + vi p.
r
On peut alors écrire (p 1)! = (p 1) ui ki
i =1
Chaque terme ui ki admet 1 pour reste dans la division par p ; il en est donc de même pour leur
produit.
r
Avec ui ki = 0p + 1, avec 0 ! ! , il vient (p 1)! = (p 1)(0p + 1) = (0p + 1 0)p 1
i =1
ce qui montre que (p 1)! + 1 est divisible par p.

Ex. 44
Soit p un nombre premier et n un entier, n ! p. Ici E (x ) est la partie entière de x
p n
Montrer que !n E p est divisible par p.

n n
Posons q = E : alors q ) < q + 1 donne pq ) n < pq + p,
p p
et on peut écrire n = pq + r , avec 0 ) r < p.
p
On écrit p! !n en forme explicite de produit, en mettant en évidence le rôle joué par r .

p 1 p 1
p
En écrivant p! !n = (n k) = (pq + r k ),
k =0 k =0
r p 1
p
on le décompose sous la forme p! !n = (pq + r k) (pq + r k)
k =0 k =r +1

Chapitre 1 - Algèbre générale 43


On note aussi que, quand k décrit [[ r +1, p 1 ]], alors k = p k + r décrit encore [[ r +1, p 1 ]].
Et, quand k décrit [[ 0, r ]], alors k = r k décrit aussi [[ 0, r ]].

On peut aussi écrire :


r p 1 r p 1
p p
p! !n = (pq + k ) (pq p + k ) ou encore p! !n = pq (pq + k ) (pq p + k)
k =0 k =r +1 k =1 k =r +1
r p 1
p
On a donc (p 1)! !n = q (pq + k ) (pq p + k ).
k =1 k =r +1
r p 1
Dans la division par p, le produit (pq + k ) (pq p + k)
k =1 k =r +1
r p 1
a le même reste que k k , c’est-à-dire (p 1)!.
k =1 k =r +1
p
On en déduit que (p 1)! !n a le même reste que q(p 1)! dans la division par p.
p
Il s’ensuit que (p 1)! !n q est divisible par p.
p
Comme p premier ne divise pas (p 1)!, il vient que !n q est divisible par p.

Ex. 45
Montrer que 4 ! +3 contient une infinité de nombres premiers.

Classiquement, 4 ! +3 est l’ensemble des nombres de la forme 4k + 3, où k décrit !.


Il y a des exemples simples de tels nombres qui sont premiers :
3, 7 = 3 + 4, 11 = 3 + 4 2, 19 = 3 + 4 4.

Soit p1 , . . . pn , n ! ! , des nombres premiers appartenant à 4 ! +3.


Le produit de ces nombres est certainement utile. Mais il ne faut pas s’éloigner de 4 ! +3
n
Alors A = 3 + 4 pk > 2 est dans 4 ! +3.
k =1
Ses facteurs premiers sont nécessairement impairs.
Dans la division de A par l’un des entiers p1 , . . . , pn , le reste est égal à 3, donc aucun des diviseurs
premiers de A n’est dans p1 , . . . , pn .
Dans la division d’un entier impair par 4, le reste est 1 ou 3.

Tous ces facteurs premiers ont 1 ou 3 pour reste dans la division par 4.
S’ils étaient tous dans 4 ! +1, il en serait de même pour leur produi.t
Comme on a (4 ! +1) ' (4 ! +3) = 1, l’un d’eux est nécessairement dans 4 ! +3.
Il existe alors un diviseur premier q ! (4 ! +3) + p1 , . . . , pn .
Ce qui montre que ( ' (4 ! +3) est infini.

44 Sujets d’oraux
Thèmes d’étude - Problèmes
1 Quelques sujets de trigonométrie

1) Préliminaire : somme de termes de certaines suites.


Soit (un )n !! une suite pour laquelle il existe une suite (vn )n !! telle que :
*n ! !, vn +1 vn = un
n 1
Exprimer 2n = uk à l’aide de vn et v0 .
k =0

C’est un calcul de somme par télescopage.

2) Vérifier, quand elle a un sens, la relation : cotan x 2 cotan 2x = tan x .


cos x
On rappelle que cotan x = sin x .
n
En déduire une expression réduite de 2k tan(2k x ).
k =0

3) Exprimer, quand cela a un sens, tan p tan q à l’aide de sin(p q) , cos p et cos q.
n
1
En déduire une expression réduite de .
cos kx cos(k + 1)x
k =1

4) Vérifier, quand elle a un sens, la relation : tan 2x 2 tan x = tan2 x tan 2x .


n
x x
En déduire une expression réduite de 2k 1
tan tan2 .
2k 1 2k
k =1

Calculer la limite de cette somme quand n tend vers + .


n
x x x
5) Vérifier que sin x = 3 sin 4 sin3 Réduire la somme 3k 1
sin3 .
3 3 3k
k =1

1 tan 2x
6) Vérifier, quand elle a un sens, la relation 1 + cos 2x = tan x
n
1
Réduire le produit 1+ .
k =1
cos 2k x

cos 2a cos 2b
7) Vérifier que cos a + cos b =
2(cos a cos b)
n
x y
En déduire une expression réduite de cos + cos .
k =1
2k 2k

Chapitre 1 - Algèbre générale 45


Solution
n 1 n 1 n 1 n 1 n n 1
1) 2n = uk = (vk +1 vk ) = vk +1 vk = vk vk = vn v0 .
k =0 k =0 k =0 k =0 k =1 k =0

"
2) cotan x est défini pour x /# 0 mod ", tan x est défini pour x /# mod " et cotan 2x est
2
" "
défini pour x /# 0 mod , donc cotan x 2 cotan 2x = tan x a un sens pour x /# 0 mod ,
2 2
cos x cos 2x cos x cos 2x cos2 x cos 2x
cotan x 2 cotan 2x = 2 = =
sin x sin 2x sin x sin x cos x sin x cos x
1 cos2 x sin2 x
et il vient cotan x 2 cotan 2x = = = tan x .
sin x cos x sin x cos x
On en déduit tan 2k x = cotan 2k x 2 cotan 2k +1 x , ce qui donne :
2 tan 2 x = 2k cotan 2k x
k k
2k +1 cotan 2k +1 x .
n
Il s’ensuit finalement 2k tan 2k x = cotan x 2n +1 cotan 2n +1 x .
k =0
"
3) Pour p et q différents de 2 mod ", on a :
sin p sin q sin p cos q cos p sin q sin(p q)
tan p tan q = = =
cos p cos q cos p cos q cos p cos q
1 1
donc, avec de plus p /# q mod ", il vient = tan p tan q .
cos p cos q sin(p q)
" "
Ainsi, lorsque x /# 0 mod ", et x /# 2k mod k pour 1 ) k ) n + 1, on a :
1 1
= tan(k + 1)x tan kx
cos kx cos(k + 1)x sin x
n
1 1
et il s’ensuit : = tan(n + 1)x tan x d’où :
cos kx cos(k + 1)x sin x
k =1
n
1 1 sin nx 2 sin nx
= = .
cos kx cos(k + 1)x sin x cos(n + 1)x cos x sin 2x cos(n + 1)x
k =1

2t
4) En posant t = tan x , il vient tan 2x 2 tan x = 2 2t c’est-à-dire :
1 t
1 2t
tan 2x 2 tan x = 2t 2 1 = t2 2 = tan2 x tan 2x .
1 t 1 t
x x x x
Avec tan2 tan = tan 2 tan , on a :
2k 2k 1
2k 1
2k
x x x x
2k 1
tan2 tan = 2k 1
tan 2k tan ,
2k 2k 1
2k 1
2k
n
x x x
d’où : 2k 1
tan2 tan = tan x 2n tan .
2 k
2 k 1 2n
k =1
x tan(x / 2n )
Nous avons 2n tan n =x n .
2 x/2

46 Thèmes d’étude – Problèmes


x tan X x
Avec lim = 0 et lim = 1, il vient lim tan x 2n tan = tan x x.
n + 2n X 0 X n + 2n

5) sin 3a = 3 sin a 4 sin 3 a est classique (en développant sin(2a + a )), donc :

x x
sin x = 3 sin 4 sin3
3 3
x 1 x
et il s’ensuit sin3 = 3 sin sin x d’où :
3 4 3
x 1 x x x 1 k x x
sin3 = 3 sin k sin et 3k 1
sin3 = 3 sin k 3k 1
sin .
3k 4 3 3k 1
3k 4 3 3k 1

n
x 1 n x
On en déduit 3k 1
sin3 k
= 3 sin n sin x .
3 4 3
k =1

" "
6) tan x " 0 nécessite x /# 0 mod , l’existence de tan 2x nécessite 2x /# mod ", donc
2 2
" " " " "
x /# mod , et cos 2x " 0 nécessite 2x " mod ", donc x /# mod .
4 2 2 4 2
"
La relation proposée a donc un sens pour x /# 0 mod 4 .

sin x sin 2x tan 2x sin 2x cos x 2 sin x cos2 x


Avec tan x = et tan 2x = , il vient = = donc :
cos x cos 2x tan x cos 2x sin x sin x cos 2x

tan 2x 2 cos2 x 1 + cos 2x 1


= = = 1+ .
tan x cos 2x cos 2x cos 2x

1 tan 2k 1
x
On en déduit que 1 + k 1 = k 2 lorsque cette expression a un sens.
cos 2 x tan 2 x

Pour les produits par télescopage, on procède comme pour les sommes.

n
1 tan 2n 1
x
d’où 1+ = .
k 1 x
k =1
cos 2 x tan
2

7) De cos 2a = 2 cos2 a 1, on déduit cos 2a cos 2b = 2(cos2 a cos2 b) puis :

cos 2a cos 2b
= 2(cos a + cos b),
cos a cos b
ceci nécessitant cos a " cos b, c’est-à-dire a /# b mod 2" et a /# b mod 2", soit aussi :

a + b /# 0 modulo 2" et a b /# 0 modulo 2".


x y
x y 1 cos 2k 1
cos
2k 1
Il vient donc cos k + cos k =
2 x y quand cette expression a un sens, d’où :
2 2 cos cos
k k
2 2
n
x y 1 cos x cos y
cos + cos = .
2 k
2 k 2n cos x
cos
y
k =1
2n 2n

Chapitre 1 - Algèbre générale 47


2 Somme des cubes des n premiers entiers
1) On suppose qu’il existe une suite (xn )n !! de réels telle que :
n n 2
3
*n ! !, xk = xk .
k =0 k =0
n
Pour tout n ! !, on pose Sn = xk .
k =0

a) Montrer que, pour tout n ! !, xn3+1 = 2Sn xn +1 + xn2+1 .


m (m + 1)
b) En déduire que, pour tout entier n ! !, il existe m ! ! tel que Sn = 2
.

c) Déterminer la suite (xn )n !! qui vérifie x0 = 0 et *n ! ! , xn > 0.


n
p
2) Pour n et p dans ! , on pose Sn ,p = k .
k =1
On étudie l’ensemble des éléments p ! ! tels que, pour tout n ! ! , le nombre Sn ,p soit le
carré d’un entier.
a) Vérifier que 3 convient.
b) Préciser s’il y a d’autre solutions en étudiant S2 ,p .

Solution

n n +1
1) a) Avec xk3 = Sn2 et xk3 = Sn2 +1 , il vient xn3+1 = Sn2 +1 Sn2 . On en déduit :
k =0 k =0
xn3+1 = (Sn +1 Sn )(Sn +1 + Sn ) = xn +1 (2Sn + xn +1 ) = 2Sn xn +1 + xn2+1 .

m (m + 1)
b) Procédons par récurrence pour prouver la propriété "(n ) : ,m ! !, Sn = .
2
Pour n = 0, l’égalité x03 = x02 implique x0 = 0 ou x0 = 1.
Pour x0 = 0, m = 0 convient et pour x0 = 1, m = 1 convient. Donc "(0) est vraie.
Établissons que "(n ) "(n + 1).
m (m + 1)
On a xn3+1 = xn2+1 + 2Sn xn +1 . Avec Sn = 2
, il vient xn3+1 = xn2+1 + m (m + 1)xn +1 ,
c’est-à-dire xn +1 xn2+1 xn +1 m (m + 1) = 0 ou aussi xn +1 (xn +1 + m )(xn +1 m 1) = 0.
m (m + 1)
Pour xn +1 = 0, on a Sn +1 = Sn donc Sn +1 = 2
et m convient.
Dans le cas où xn +1 " 0, on a xn +1 = m ou xn +1 = m + 1, avec m " 0, donc m > 0.
m (m + 1) (m 1)m
Pour xn +1 = m , alors Sn +1 = Sn m= m= et m 1 convient.
2 2
m (m + 1) (m + 1)(m + 2)
Pour xn +1 = m + 1, on a Sn +1 = +m+1= et m + 1 convient.
2 2
On a donc "(n ) "(n + 1).
En conclusion, la propriété "(n ) est vraie pour tout n ! !.

48 Thèmes d’étude – Problèmes


c) L’hypothèse *n ! ! , xn > 0 et l’étude ci-dessus de "(n ) "(n + 1) impose de choisir, à
chaque étape, xn +1 = m + 1.
Montrons alors que, pour tout n ! !, on a xn = n .
Soit '(n ) la propriété : *k ! [[ 0, n ]], xk = k . La propriété '(0) est vraie par hypothèse.
n
n (n + 1)
Avec '(n ), on a Sn = k= , donc m = n et la valeur strictement positive de xn +1 ne
2
k =0
peut être que m + 1 = n + 1, ce qui prouve la propriété '(n + 1).
Il reste à vérifier que la suite (n )n !! convient, c’est-à-dire que, pour tout n ! !, on a :
n n 2 2
3 n (n + 1)
k = k = .
2
k =0 k =0
n 2
3 n (n + 1)
On procède par récurrence. Si on a k = , alors :
2
k =0
n +1 2
3
2
n (n + 1)
2
(n + 1)2 n 2 + 4n + 4
3 (n + 1)(n + 2)
k = + (n + 1) = = .
4 4 2
k =0
n 2
3 n (n + 1)
2) a) Le résultat précédent se lit aussi *n ! ! , Sn ,3 = k = .
2
k =0
La propriété est vraie lorsque p = 3.
b) Si p convient, alors S2 ,p est un carré : il existe q ! ! tel que 1 + 2p = q2 .
2p = q 2 1 = (q 1)(q + 1) donne qu’il existe (u, v) ! (! )2 , u + v = p et q 1 = 2u , q + 1 = 2 v .
Alors q + 1 = q 1 + 2 donne 2v = 2u + 2 puis 2v 1 = 2u 1 + 1, ce qui impose u = 1 puis v = 2
et donc p = 3.
En conclusion, Sn ,p n’est un carré pour tout n que pour p = 3.

3 Dénombrabilité de ! x !
1) Préliminaire
(x + y)(x + y + 1)
a) Justifier que, pour tout (x, y) ! !2 , on a 2
! !.
On considère alors l’application f de ! ! dans ! définie par :
(x + y)(x + y + 1)
*(x, y) ! !2 , f (x, y) = y + .
2
b) Quelques calculs numériques : dans le tableau de gauche, figurent quelques éléments
de !2 ; porter dans le tableau de droite les valeurs prises par f pour les couples précisés à
gauche.
Ces résultats ne sont qu’une indication pour la suite.

Chapitre 1 - Algèbre générale 49


Couples (x, y) f (x, y)

0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
0 (0, 0) (0, 1) (0, 2) (0, 3) (0, 4) 0
1 (1, 0) (1, 1) (1, 2) (1, 3) 1
2 (2, 0) (2, 1) (2, 2) 2
3 (3, 0) (3, 1) 3
4 (4, 0) 4

2) a) Étant donné (x, y) et (x , y ) dans !2 tels que x + y ! x + y + 1, montrer que :


f (x, y) > f (x , y ).

b) En déduire que f (x, y) = f (x , y ) x +y)x +y puis que :


f (x, y) = f (x , y ) x +y=x +y .

c) En déduire que f est injective.

3) a) Étant donné (x, y) ! !2 tel que x ! 1, comparer f (x 1, y + 1) et f (x, y).

b) Étant donné y ! !, comparer f (y + 1, 0) et f (0, y).

c) Montrer que f est surjective.

On a ainsi établi qu’il existe une bijection de !2 sur !.


La suite du problème a pour but de déterminer l’antécédant d’un entier p.

(x + y)(x + y + 1) (x + y + 1)(x + y + 2)
4) Montrer que, pour tout (x, y) ! !2 , ) f (x, y) < .
2 2

5) Étant donné k ! ! , on note S(n ) la somme des entiers compris entre 1 et n .

a) Montrer que, pour tout p entier naturel non nul, il existe un unique entier n ! ! tel que :
S(n ) ) p < S(n + 1).

x (x + 1)
b) Justifier que l’équation x ! #, 2
= p a une racine réelle positive et une seule,
notée $. Montrer alors que $ 1 < n ) $.

c) En déduire que si f (x, y) = p, alors x + y = n et y = p S(n ).

6) Exemple numérique : déterminer le couple (x, y) tel que f (x, y) = 10 000.


2
Résultat numérique utile : 80 001 = 282, 84 à 10 près.

Solution

(x + y)(x + y + 1)
1) a) est la somme des entiers compris entre 0 et x + y, c’est donc un nombre
2
entier naturel. On peut aussi remarquer qu’un des entiers x + y ou x + y + 1 est pair.

50 Thèmes d’étude – Problèmes


b) Couples (x, y) f (x, y)

0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
0 (0, 0) (0, 1) (0, 2) (0, 3) (0, 4) 0 0 2 5 9 14
1 (1, 0) (1, 1) (1, 2) (1, 3) 1 1 4 8 13
2 (2, 0) (2, 1) (2, 2) 2 3 7 12
3 (3, 0) (3, 1) 3 6 11
4 (4, 0) 4 10

2) a) De x + y ! x + y + 1, on déduit x + y + 1 ! x + y + 2.
On multiplie membre à membre puis on divise par 2 et on ajoute y ; il vient :
(x + y)(x + y + 1) (x + y + 1)(x + y + 2)
+y! + y,
2 2
(x + y + 1)(x + y )
d’où f (x, y) ! + x + y + 1 + y, c’est-à-dire :
2
f (x, y) ! f (x , y ) + x + y + 1
et enfin f (x, y) > f (x , y ) car x + y + 1 > 0. On a donc :
x +y!x +y +1 f (x, y) > f (x , y ).

b) La contraposée de cette proposition est :


f (x, y) ) f (x , y ) x + y < x + y + 1.
On a donc en particulier :
f (x, y) = f (x , y ) x +y)x +y .
En permutant les couples (x, y) et (x , y ), on obtient :
f (x, y) = f (x , y ) x + y ) x + y.
Finalement, on a f (x, y) = f (x , y ) x + y = x + y.

c) Avec f (x, y) = f (x , y ) et donc x + y = x + y , il vient :


(x + y)(x + y + 1) (x + y)(x + y + 1)
+y = +y ,
2 2
d’où y = y , puis x = x , donc (x, y) = (x , y ). Ainsi f est injective.

(x + y)(x + y + 1)
3) a) Avec x ! 1, on a (x 1, y + 1) ! !2 et f (x 1, y + 1) = + y + 1,
2
c’est-à-dire f (x 1, y + 1) = f (x, y) + 1.

(y + 1)(y + 2) y(y + 1)
b) On a (y + 1, 0) ! !2 et f (y + 1, 0) = = + y + 1 = f (0, y) + 1.
2 2

c) Pour n ! !, soit "(n ) la proposition ,(x, y) ! !2 , f (x, y) = n .


On a f (0, 0) = 0, donc "(0) est vraie.
Soit (x, y) ! !2 tel que f (x, y) = n .
Si x ! 1, alors f (x 1, y + 1) = n + 1, et si x = 0, alors f (y + 1, 0) = n + 1.
On a donc "(n ) "(n + 1).
On en déduit que "(n ) est vraie pour tout n ! !, c’est-à-dire que f est surjective.

Chapitre 1 - Algèbre générale 51


(x + y)(x + y + 1)
4) y ! 0 donne f (x, y) ! .
2
(x + y + 1)(x + y + 2) (x + y + 1)(x + y) (x + y + 1)(x + y + 2)
= + x + y + 1 donne f (x, y) < .
2 2 2

5) a) La suite S(k ) k !! est strictement croissante car S(k + 1) = S(k ) + k + 1 > S(k ) pour
tout k ! !.
L’ensemble Ep = k ! !, S(k ) ) p est une partie de ! non vide (0 ! Ep ) et majorée ; en effet
p ) S(p) montre que k ! Ep k ) p.
Soit n le plus grand élément de Ep : il vérifie S(n ) ) p < S(n + 1).
b) L’équation x ! #, x 2 + x 2p = 0 a deux racines réelles distinctes. Leur produit 2p est
strictement négatif, elles sont donc de signes contraires.
$ ($ + 1)
Soit $ > 0 tel que = p.
2
t (t + 1)
Notons que g : # #, t # est strictement croissante.
2
Alors :
n (n + 1) $ ($ + 1)
= S(n ) ) p = donne n ) $,
2 2
$ ($ + 1) (n + 1)(n + 2)
et = p < S(n + 1) = donne $ < n + 1.
2 2
c) Avec S(x + y) ) f (x, y) < S(x + y + 1), si f (x, y) = p, alors d’après le a), on a n = x + y puis
f (x, y) = S(n ) + y donne y = p S(n ).

1+ 80 001
6) La racine positive de x 2 + x 20 000 = 0 est $ = 2
( 140.92 donc n = 140
puis S(n ) = 70 141 = 9 870.
On a donc y = 10 000 9 870 = 130 puis x = n y = 10. Soit f (10, 130) = 10 000.

4 Un sous-groupe fini de nombres complexes


Soit b et c des entiers relatifs qui vérifient b2 4c < 0.
2
On considère le polynôme P (X ) = X bX + c et on désigne par $ et $ ses racines (complexes
conjuguées).
On note '$ l’ensemble des nombres complexes de la forme p + q$, où p et q décrivent
l’ensemble '.
De même, on considère '$ = p + q$, (p, q) ! '2 .

1) a) Montrer que '$ est un sous-anneau de ", muni de ses opérations usuelles + et .
b) Montrer que l’ensemble G$ des éléments de '$ dont l’inverse appartient aussi à '$ est un
groupe.

2) a) Montrer que '$ = '$ .


b) Étant donné z = p + q$, montrer que z = 0 si et seulement si p = q = 0.

52 Thèmes d’étude – Problèmes


f : '$ !
3) Soit l’application 2 où z désigne le module de z .
z # z

a) Vérifier que pour z = p + q$, (p, q) ! '2 , on a f (z ) = p2 + bpq + cq2 .


b) Quelle est l’image par f du groupe G$ ?
c) En déduire que, pour z = p + q $ !G$ , on a 0 ) q 2 (4c b 2 ) ) 4.

4) En discutant suivant les valeurs possibles de b2 4c , déterminer les éléments du groupe G$ .


On vérifiera que tout n ! ', il existe k ! ' tel que n 2 = 4k ou n 2 = 4k + 1.

Solution

1) a) '$ contient évidemment ', il est donc non vide.


Étant donné z = p + q$ et z = p + q $ dans '$ , on a z z = (p p ) + (q q ) $ !'$ .
'$ est donc un sous-groupe de (", +).
zz = pp + qq $2 +(pq + p q)$ et $2 = b $ c donnent zz = pp cqq +(pq + p q + bqq )$!'$ .
'$ est un sous-groupe de (", +) stable par . De plus, '$ contient l’unité 1 de l’anneau (", +, ),
c’est donc un sous-anneau de " muni de ses opérations usuelles.
b) Il est classique que l’ensemble des éléments inversibles d’un anneau est un groupe pour la
seconde opération.

2) a) En examinant la somme des racines de P , on voit que $ + $ = b.


Étant donné z = p + q $ !'$ , il vient z = p + q(b $) = p + qb q$ ! '$ ce qui prouve que
'$ % '$ . On a de même '$ % '$ et donc '$ = '$ .
p
b) Si q " 0, alors z = 0 donne $ = q
! #, contrairement au fait que $ n’est pas réel.

On a donc q = 0, puis p = 0. La réciproque est immédiate.

3) a) Pour z = p + q $ !'$ , on a z 2 = zz = (p + q$)(p + q$) et il s’ensuit que :


2
z = p2 + pq($ + $) + q2 $ 2 = p2 + bpq + cq2 .

b) Étant donné z1 et z2 dans '$ , on a f (z1 z2 ) = z1 z2 z1 z2 = z1 z1 z2 z2 = f (z1 )f (z2 ) et il est clair


que f (1) = 1.
1 1 1
Si z est dans G$ , on a z ! G$ et 1 = f (1) = f (zz ) = f (z )f (z ).
On en déduit f (z ) = 1 (seul élément inversible de !) et l’image de G$ par f est 1 .
c) Étant donné z = p + q $ !G$ , on a f (z ) = 1 c’est-à-dire p2 + bpq + cq2 = 1.
2
p p 1
Supposons q " 0. Il vient +b + c = 2.
q q q
b 1
Le minimum de x 2 + bx + c , pour x réel, est obtenu en ; ce minimum vaut (4c b2 ).
2 4
1 1
On en déduit (4c b2 ) ) 2 , c’est-à-dire q 2 (4c b 2 ) ) 4.
4 q
Par ailleurs, on a 4c b2 > 0 par hypothèse. En conclusion, 0 ) q 2 (4c b 2 ) ) 4.
Et ce résultat est encore vrai si q = 0 (c’est-à-dire p2 = 1, soit p = 1).

Chapitre 1 - Algèbre générale 53


4) Si q = 0, on a vu que p = 1. Par suite des éléments de G$ sont 1 et 1.
4
Avec q " 0, on a 0 < 4c b2 < 2 ) 4, donc 4c b2 ! 1, 2, 3, 4 .
q
Pour tout n ! ', on a n 2 = (2r )2 ! 4' ou n 2 = (2r + 1)2 ! 4 ' +1.
4c b2 = 1 donne b2 = 4c 1, ce qui n’est pas possible.
4c b2 = 2 donne b2 = 4c 2, ce qui n’est pas possible.
2 2
4c b = 4 donne b = 4(c 1) ; b2 est nécessairement pair et b aussi.
Il existe donc u ! ' tel que b = 2u et donc c = u 2 + 1.
p2 + bpq + cq2 = 1 se lit alors p2 + 2upq + q 2 u 2 + q 2 = 1 ou encore (p + qu )2 + q 2 = 1

Cette égalité, avec p et q entiers est vraie dans chacun des cas suivants :
q = 0 d’où p2 = 1, ce qui donne les éléments z1 = 1 et z2 = 1;
q = 1 d’où p = u , ce qui donne l’élément z3 = u+$;

q= 1 d’où p = u , ce qui donne l’élément z4 = u $= z3 .


2 2
Compte-tenu de $ 2 $ u + u + 1 = 0, on vérifie alors que z3 z4 = 1, ce qui assure que z3 et
z4 sont éléments de G$ .

On a donc finalement G$ = 1, 1, u + $, u $ : le groupe G$ est d’ordre 4.

4c b2 = 3 donne b2 = 4c 3 ; b2 est nécessairement impair et b aussi.


Il existe donc u ! ' tel que b = 2u + 1 et donc c = u 2 + u + 1.
p2 + bpq + cq2 = 1 se lit alors p2 + (2u + 1)pq + (u 2 + u + 1)q 2 = 1 c’est-à-dire :
(p + qu )2 + q(p + uq) + q 2 = 1.
2
q
Pour b et c donnés, on a vu que, pour tout (p, q) dans !2 , p2 + bpq + cq2 ! (4c b2 ).
4
3q 2
Avec ici 4c b2 = 3, il s’ensuit ) 1 ou encore 3q 2 ) 4 d’où q ! 0, 1, 1 .
4
L’égalité (p + qu )2 + q(p + uq) + q 2 = 1, avec p et q entiers, est alors vraie dans chacun des trois
cas suivants :
q = 0 d’où p2 = 1, ce qui donne z1 = 1 et z2 = 1;
2
q = 1, ce qui donne (p + u ) + (p + u ) = 0 d’où p = u ou p = u 1 pour les éléments
z3 = u + $ et z4 = u 1+$;
2
q= 1, ce qui donne (p u) (p u ) = 0 d’où p = u ou p = u + 1 pour les éléments

z5 = u $ et z6 = u + 1 $.
1 1
Il reste à vérifier, en utilisant z = z6 et z = z5 , que ces six éléments appartiennent bien à
3 4
G$ pour conclure que G$ = 1, 1, u + $, u $, u 1 + $, u + 1 $ : le groupe G$ est
maintenant d’ordre 6.

54 Thèmes d’étude – Problèmes


5 Valeurs exactes de quelques cosinus
1) a) Soit (E) l’équation : z ! ", z 5 1 = 0.
Résoudre (E) en donnant le module et l’argument de chacune des solutions.
b) Résoudre l’équation (E’) : z ! ", z 4 + z 3 + z 2 + z + 1 = 0 en calculant les parties réelles
et imaginaires des racines à l’aide de racines carrées de nombres réels positifs.
Indication : pour cela, on pourra remarquer que 0 n’est pas solution et déterminer, en intermédiaire,
1
les nombres Z = z + pour lesquels z est solution de (E’).
z

2) De la question précédente, déduire les valeurs, à l’aide de radicaux, de :


2" 4" " 2" 4" "
cos , cos , cos , sin , sin et sin .
5 5 5 5 5 5

3) On considère deux nombres réels a et h , et n un entier naturel non nul. Calculer :


n 1 n 1
C (a, h ) = cos(a + kh ) , et S (a, h ) = sin(a + kh ).
k =0 k =0

"
4) Dans cette question et dans les suivantes, ' désigne le réel .
17
On ne demande pas de valeurs approchées des racines de nombres réels qui apparaissent au
cours des calculs. On pose :
x1 = cos 3 ' + cos 5 ' + cos 7 ' + cos 11', x2 = cos ' + cos 9 ' + cos 13 ' + cos 15'.
a) Montrer que x1 > 0.
b) Calculer (x1 + x2 ) à l’aide de la question 3). (C’est un rationnel très simple.)
c) Calculer le produit x1 .x2 . Pour cela, on pourra développer le produit des deux sommes x1 et x2
et transformer en sommes les produits de la forme cos p.cos q.
d) Déduire de ce qui précède les expressions de x1 et x2 à l’aide de racines carrées.
5) On pose maintenant :
y1 = cos 3 ' + cos 5' ; y2 = cos 7 ' + cos 11' ; y3 = cos ' + cos 13' ; y4 = cos 9 ' + cos 15'?
a) Calculer, en s’inspirant de la question précédente, les produits y1 .y2 et y3 .y4 .
b) En déduire des expressions de y1 , y2 , y3 et y4 à l’aide de racines carrées, éventuellement
superposées.
6) Déduire enfin de ce qui précède une expression de cos ' à l’aide de racines carrées.

Solution

1) a)
Ce début n’est qu’une simple mise en appétit.

Les solutions sont les racines cinquièmes de 1 ; ce sont e2ik " / 5 avec k ! [[ 0, 4 ]].
1 1
b) 0 n’étant pas racine de (E’), ses racines z sont les solutions de z 2 + 2 +z+ + 1 = 0.
z z

Chapitre 1 - Algèbre générale 55


1 1 2 1
Avec z 2 + 2 = z+ 2, en posant Z = z + , on est ramené à l’équation Z 2 + Z 1=0
z z z
dont les solutions sont :
1+ 5 1 5
Z1 = et Z2 = .
2 2
1
Il reste à résoudre en z l’équation z + = Z c’est-à-dire z 2 zZ + 1 = 0 pour chacune des valeurs
z
Z1 et Z2 de Z .
5+ 5 5 5
On a Z12 = 1 Z1 donc Z12 4= 3 Z1 = et de même Z22 4= .
2 2
Les racines de z 2 zZ1 + 1 = 0 et de z 2 zZ2 + 1 = 0 sont alors respectivement :

1 1+ 5 5+ 5 1 1+ 5 5+ 5
z1 = +i et z2 = i ,
2 2 2 2 2 2

1 1 5 5 5 1 1 5 5 5
z3 = +i et z4 = i .
2 2 2 2 2 2

2) On a z 5 1 = (z 1) z 4 + z 3 + z 2 + z + 1 , donc les racines de z 4 + z 3 + z 2 + z + 1 = 0 sont


les racines autres que 1 de z 5 1 = 0. Ce sont donc :
2i " 2" 2"
e 5 = cos + i sin ,
5 5
4i " 4" 4"
e 5 = cos + i sin ,
5 5
6i " 4i " 8i " 2i "
e 5 qui est le conjugué de e 5 et e 5 qui est le conjugué de e 5.

2k " 2k "
En examinant le signe de cos et celui de sin pour k ! [[ 1, 4 ]], il vient que :
5 5
2i " 4i "
e 5 = z1 et e 5 = z3 ,
c’est-à-dire :
2" 1+ 5 2" 1 5+ 5
cos = et sin = ,
5 4 5 2 2

4" 1+ 5 4" 1 5 5
cos = et sin = .
5 4 5 2 2
" 4"
Avec =" , il vient enfin :
5 5
" 1+ 5 " 1 5 5
cos = et sin = .
5 4 5 2 2

n 1 n 1
i (a +kh )
3) On a C (a, h ) + iS(a, h ) = e = e ia (eih )k . Il faut alors comparer eih et 1.
k =0 k =0
ih
On sait que e = 1 équivaut à h # 0 mod 2".

Dans le cas où h # 0 mod 2", on obtient C (a, h ) + iS(a, h ) = ne ia d’où :


C (a, h ) = n cos a et S(a, h ) = n sin a .

56 Thèmes d’étude – Problèmes


n 1 inh
e 1
Dans le cas où h /# 0 mod 2", on a eih " 1, donc (eih )k = ih
.
k =0
e 1

i nh i nh i nh i nh nh i h h
Avec einh 1=e 2 e 2 e 2 = 2ie 2 sin et eih 1 = 2ie 2 sin on en déduit
2 2
que :
nh
i (n 1)h
sin
C (a, h ) + iS(a, h ) = e ia e 2 2
h
sin
2
et il vient finalement :
nh nh
sin h sin h
2 2
C (a, h ) = cos a + (n 1) et S(a, h ) = sin a + (n 1) .
sin
h 2 sin
h 2
2 2

4) a)
Parmi les quatre termes de la somme x1 , seul cos 11' est négatif. On tourne la difficulté en
p+q p q
employant cos p + cos q = 2 cos cos .
2 2

On a cos 3 ' + cos 11' = 2 cos 7 ' cos 4'. Les nombres 4', 5' et 7' sont dans l’intervalle ]0, " / 2[,
donc de cosinus strictement positifs.
Il s’ensuit que x1 = cos 5 ' + cos 7 ' +2 cos 7 ' cos 4' est strictement positif.
7
b) On remarque que x1 + x2 = cos(' + 2k ').
k =0

sin(8')
Comme on a sin ' " 0, la formule de calcul de C (a, h ) donne ici x1 + x2 = sin '
cos(8').

1 16" "
Avec sin(8') cos(8') = sin(16') et 16' = =" =" ', il vient sin(16') = sin ' et
2 17 17
1
finalement, x1 + x2 = .
2
c) Pour calculer :
x1 x2 = (cos 3 ' + cos 5 ' + cos 7 ' + cos 11')(cos ' + cos 9 ' + cos 13 ' + cos 15'),
1
on utilise la formule cos p cos q = cos(p + q) + cos(p q) .
2

2 cos 3 ' cos ' = cos 4 ' + cos 2' , 2 cos 3 ' cos 9' = cos 12 ' + cos 6',
2 cos 3 ' cos 13' = cos 16 ' + cos 10' , 2 cos 3 ' cos 15' = cos 18 ' + cos 12',
2 cos 5 ' cos ' = cos 6 ' + cos 4' , 2 cos 5 ' cos 9' = cos 14 ' + cos 4',
2 cos 5 ' cos 13' = cos 18 ' + cos 8' , 2 cos 5 ' cos 15' = cos 20 ' + cos 10',
2 cos 7 ' cos ' = cos 8 ' + cos 6' , 2 cos 7 ' cos 9' = cos 16 ' + cos 2',
2 cos 7 ' cos 13' = cos 20 ' + cos 6' , 2 cos 7 ' cos 15' = cos 22 ' + cos 8',
2 cos 11 ' cos ' = cos 12 ' + cos 10' , 2 cos 11 ' cos 9' = cos 20 ' + cos 2',
2 cos 11 ' cos 13' = cos 24 ' + cos 2' , 2 cos 11 ' cos 15' = cos 26 ' + cos 4 ' .

Chapitre 1 - Algèbre générale 57


Il vient donc :
2x1 x2 = 4(cos 2 ' + cos 4 ' + cos 6') + 3(cos 8 ' + cos 10 ' + cos 12 ' + cos 20') + 2(cos 16 ' + cos 18')
+ cos 14 ' + cos 22 ' + cos 24 ' + cos 26'.
On a :
16" " "
cos 16' = cos = cos " = cos = cos '
17 17 17

18" " "


et cos 18' = cos = cos "+ = cos = cos '.
17 17 17

En procédant de même, il vient :

cos 2' = cos 15 ' cos 4' = cos 13',


cos 6' = cos 11 ' cos 8' = cos 9',
cos 10' = cos 7 ' cos 12' = cos 5',
cos 14' = cos 3 ' cos 20' = cos 3',
cos 22' = cos 5 ' cos 24' = cos 7',
cos 26' = cos 9 ' .

Il s’ensuit :
2x1 x2 = 4(cos ' + cos 3 ' + cos 5 ' + cos 7 ' + cos 9 ' + cos 11 ' + cos 13 ' + cos 15')

c’est-à-dire 2x1 x2 = 4(x1 + x2 ), et finalement, x1 x2 = 1.


1
d) x1 et x2 sont alors les racines de X 2 X 1, d’où, compte tenu de x1 > 0,
2
1 1
x1 = 1+ 17 et x2 = 1 17 .
4 4

5) On a y1 + y2 = x1 et y1 y2 = cos 3 ' cos 7 ' + cos 3 ' cos 11 ' + cos 5 ' cos 7 ' + cos 5 ' cos 11'.
En linéarisant les produits de deux cosinus, on obtient :
2y1 y2 = cos 2 ' + cos 4 ' + cos 6 ' + cos 8 ' + cos 10 ' + cos 12 ' + cos 14 ' + cos 16'

ou aussi :

2y1 y2 = cos 15 ' cos 13 ' cos 11 ' cos 9 ' cos 7 ' cos 5 ' cos 3 ' cos ' = (x 1 + x2 ),
1
d’où y1 y2 = , donc y1 et y2 sont les racines de :
4
1 1
X2 (1 + 17)X .
4 4
Avec y1 > 0, il vient :
1
y1 = 1+ 17 + 34 + 2 17
8
1
et y2 = 1+ 17 34 + 2 17 .
8
De même, on a y3 + y4 = x2 et on obtient :
1 1
y3 y4 = (x + x2 ) = ,
2 1 4

58 Thèmes d’étude – Problèmes


1 1
donc y3 et y4 sont les racines de X 2 (1 17) . Notons que l’on a :
4 4
y3 = cos ' + cos 13' = 2 cos 7 ' cos 6' > 0.
Il s’ensuit :
1
y3 = 1 17 + 34 2 17
8
1
et y4 = 1 17 34 2 17 .
8
6) On a cos ' + cos 13' = y3 et y1 = cos 3 ' + cos 5' = 2 cos ' cos 4' = 2 cos ' cos 13'.
1
Ainsi cos ' et cos 13' sont les racines de X 2 y3 X y .
2 1
Avec cos ' > 0, il vient :
"
cos =
17
1
34 2 17 + 1 17 + 68 + 12 17 + 2(1 17) 34 2 17 + 16 34 + 2 17
16

6 Suite de Fibonacci
C’est la suite (un )n !! définie par : u0 = 0, u1 = 1 et *n ! !, un +2 = un +1 + un .

Partie I – Aspect analytique


1 1
On pose $ = (1 + 5) et % = .
2 $

1) Exprimer un à l’aide de $, % et n et montrer que $n +1 = $un +1 + un .

$n
2) Montrer que un est l’entier le plus proche de .
5

1
3) Montrer que, pour x réel tel que x < , la suite x n un converge vers 0.
$
n
1 1 k
Pour x réel, x & , , exprimer Sn (x ) = x uk à l’aide de $, %, n et x .
$ %
k =1
1
Montrer que, pour tout x réel tel que x < , la suite Sn (x ) a une limite à préciser en
$
fonction de x exclusivement.

Partie II – Formules diverses


Pour n ! ! , montrer les relations suivantes :
n n n n
2
1) uk = un +2 1, u2k 1 = u2n , u2k = u2n +1 1, uk = un un +1
k =1 k =1 k =1 k =1

2) Avec m ! !, um +n = um un 1 + un um +1 . u2n = un2+1 un2 1 .

Chapitre 1 - Algèbre générale 59


Partie III – Aspect arithmétique
Étant donné n et p dans ! , montrer les propriétés suivantes :

1) un divise unp et, les entiers un et un +1 sont premiers entre eux.

2) Le pgcd de un et de up est égal à un p.

3) Pour n et p au moins égaux à 3, un divise up si et seulement si n divise p.

Solution

Partie I
1) L’équation caractéristique d’une suite récurrente linéaire double un +2 = un +1 + un est
1+ 5 1 5 1
r 2 = r + 1, de racines $ = et % = = .
2 2 $
n n
Ces suites (un ) sont donc de la forme un = ( $ + 0 % , avec ((, 0) indépendants de n .
1 1
Avec u0 = 0 et u1 = 1, il vient ( + 0 = 0 et ( $ + 0 % = 1, c’est-à-dire ( = et 0 = .
5 5
1
On a donc, pour tout n ! !, un = ($n %n ).
5
Avec u1 = 1 et u0 = 0, la propriété (Pn) : $n +1 = $un +1 + un est vraie pour n = 0.
Avec (Pn), on obtient $n +2 = $2 un +1 +$un , et, avec $2 = $+1, il vient $n +2 = $(un +1 + un )+ un +1
et un +2 = un +1 + un donne alors $n +2 = $un +2 + un +1 .
On a ainsi montré par récurrence que (Pn) est vraie pour tout n ! !.

$n %n 1 1 $n 1
2) On a = un + . Avec % < 1 et < , il vient un < , donc l’entier un est
5 5 5 2 5 2
$n 1 $n 1 $n
dans l’intervalle , + et il s’ensuit que un est l’entier le plus proche de .
5 2 5 2 5

1 1
3) On a la relation x n un = ($x )n (%x )n .
5 5
1
Pour x < , on a $x < 1, donc lim($x )n = 0.
$
On a aussi % < $, donc %x < 1 et lim(%x )n = 0.
Il s’ensuit que lim x n un = 0.
n n
1
L’expression précédente de x n un donne Sn (x ) = ($x )k (%x )k .
5
k =1 k =1
1 1 1 1 ($x )n 1 (%x )n
Avec x & $ , % , il vient Sn (x ) = $x
1 $x
%x
1 %x
.
5
1
Pour x < , on a $x < 1 et aussi %x < 1, donc lim($x )n = 0 et lim(%x )n = 0.
$
1 $x %x
Il s’ensuit que la suite (Sn (x ) admet pour limite $(x ) = .
5 1 $x 1 %x

60 Thèmes d’étude – Problèmes


x $ %
On a aussi $(x ) = et, avec $ %= 5, $ + % = 1 et $% = 1, il vient enfin
5 (1 $x )(1 %x )
x
$(x ) = 2.
1 x x

Partie II
n
1) Avec uk = uk +2 uk +1 , on obtient uk = un +2 u2 = un +2 1.
k =1
n
Avec u2k 1 = u2k u2k 2 = u2k u2(k 1) , il vient u2k 1 = u2n u0 = u2n .
k =1
n
Avec u2k = u2k +1 u2k 1 = u2k +1 u2(k 1)+1 , il vient u2k = u2n +1 u1 = u2n +1 1.
k =1
n
2
Avec uk +1 uk 1 = uk donc uk +1 uk uk uk 1 = uk2 , il vient uk = un +1 un u1 u0 = un +1 un .
k =1

2) Pour établir que, pour m ! !, on a *n ! !, um +n = um un 1 + un um +1 , on procède par


récurrence sur m .
Pour m = 0, un = u0 un 1 + u1 un , avec u0 = 0 et u1 = 1, est vrai pour tout n .
Supposons que un +m = um un 1 + un um +1 pour tout n ! !.
Étudions alors un +m +1 qui est aussi um +(n +1) .
L’hypothèse de récurrence appliquée à m et n + 1 donne um +n +1 = um un + un +1 um +1 .
Avec um = um +2 um +1 il vient donc um +n +1 = um +1 (un +1 un ) + un um +2 ,
c’est-à-dire um +1+n = um +1 un 1 + un um +2 .
La propriété est ainsi prouvée par récurrence.
Dans le cas particulier m = n , on a donc u2n = un un 1 + un un +1 = un (un +1 + un 1 ).
Avec un = un +1 un 1 , il vient u2n = (un +1 un 1 )(un +1 + un 1 ) = un2+1 un2 1 .

Partie III
1) Établissons une démonstration par récurrence sur p pour un divise unp .
La propriété est triviale pour p = 1. Supposons que un divise unp avec p ! ! .
On a un (p+1) = unp+n = unp un 1 + unp+1 un et on voit que un divise un (p+1) .
La propriété est donc vraie pour tout p ! ! .
De un +1 = un + un 1 , on déduit que un +1 un = un un 1 .
Il s’ensuit que un +1 un = u2 u1 donc un +1 un = 1.

2) Avec la relation un +m = um un 1 + un um +1 , un entier qui divise un et um divise un +m .


Un entier d qui divise un et un +m divise un +1 un +m . Or un et un +1 sont premiers entre eux donc,
comme d divise un , il est premier avec un +1 , et le théorème de Gauss donne que d divise um .
Il s’ensuit que un um = un un +m .
Pour comparer un up et un p , on peut se placer dans le cas où n < p.
Dans la division euclidienne, on a p = nq + r , avec 0 ) r < n .

Chapitre 1 - Algèbre générale 61


Le résultat établi en préliminaire donne un ur = un un +r et, en effectuant cela q fois,
il vient un ur = un uqn +r , c’est-à-dire un ur = un up .
Dans l’algorithme d’Euclide, pour obtenir p n , on effectue les divisions successives, avec les
restes successifs r1 , . . . , rs où rs est le dernier reste non nul.
En répétant up un = un ur1 , un ur1 = ur1 ur2 , . . . , on obtient up un = urs .
Avec rs = p n , on a donc up un = up n .

3) On a vu que un divise unm (question III-1).


Il reste donc à prouver est que, si un divise up , alors n divise p.
On peut se placer dans le cas où p ! n ! 2.
Dire que un divise up équivaut à dire que un up = un .
En conséquence, un up = un p s’écrit un = un p .
Or la suite est strictement croissante à partir du rang 2; pour n ! 2 et n p ! 2, on a donc
n = n p, c’est-à-dire que n divise p.

62 Thèmes d’étude – Problèmes


CHAPITRE 2
Polynômes
Fractions rationnelles

Sujets d’oraux 64
A. Polynômes. Arithmétique des polynômes 64
B. Fractions rationnelles 82

Thèmes d’étude – Problèmes 90


1. Une famille de polynômes 90
2. Équation de degré 3 92
3. Polynômes de Tchebychev 96
4. Une équation polynomiale 98
5. Décomposition d’une fraction rationnelle 101

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 63


Sujets d’oraux
A Polynômes. Arithmétique des polynômes

Ex. 1
Soit P ! ![X ], de degré n ! 2.
1) Montrer que s’il est scindé à racines simples, alors P est scindé à racines simples.
2) Montrer que s’il est scindé, alors P est scindé.

Deux résultats sont d’usage relativement fréquents dans des problèmes de polynômes.
Autant les traiter à part dès le départ en préliminaire, au cas où...
Tout polynôme (réel ou complexe) est scindé sur " (c’est le théorème de d’Alembert). L’énoncé
prend en compte que ce n’est pas nécessairement le cas dans ![X ] !
L’outil efficace est le théorème de Rolle.

1) La fonction polynôme P admet n racines distinctes. Dans chacun des n 1 intervalles


limités par ces racines, il y a une racine de P . Ainsi P est de degré n 1 et admet n 1 racines
réelles distinctes. Il est donc scindé à racines simples.
2) La différence avec la première question est que les n racines réelles de P ne sont plus supposées
simples. Il faut tenir compte des ordres de multiplicité.
On dispose d’une propriété efficace pour les racines multiples : si a est une racine de P d’ordre
de multiplicité " ! 2, alors a est une racine de P d’ordre de multiplicité " 1.
Soit x1 , . . . , xr les racines multiples de P , d’ordres de multiplicité respectifs n1 , . . . , nr .
Chaque racine étant comptée un nombre de fois égal à son ordre de multiplicité, x1 , . . . , xr
représentent m = n1 + . . . + nr racines de P ; il reste donc q = n m racines simples : y1 , . . . , yq .
Alors P admet les racines x1 , . . . , xr d’ordres de multiplicité respectifs n1 1 , . . . , nr 1 et
cela nous fait prendre en compte m r racines de P .
En appliquant le théorème de Rolle, les r + q racines distinctes de P donnent r + q 1 racines
de P qui ne sont aucune des racines de P .
On connaît alors (m r ) + r + q 1 = n 1 racines réelles de P qui est de degré n 1.
Il s’ensuit que P est scindé.
En corollaire, si P est scindé à racines simples, alors tous ses polynômes dérivés successifs sont
scindés à racines simples.
Et si P est scindé, alors tous ses polynômes dérivés successifs sont scindés.

Ex. 2
Soit P un polynôme réel scindé sur ! et à racines simples et a un réel strictement positif.
Montrer que P 2 + a 2 a toutes ses racines non réelles et simples.

Pour tout x ! !, on a P (x ) ! ! d’où P 2 (x ) + a 2 ! a 2 > 0. Ainsi P n’a pas de racine réelle.


Notons aussi qu’il suffit d’avoir a réel non nul, sans qu’il soit strictement positif.
La vraie question est de montrer que P 2 + a 2 n’a pas de racine (au moins) double.

64 Sujets d’oraux
Supposons que P 2 + a 2 ait une racine double z : P 2 (z ) + a 2 = 0 et P (z )P (z ) = 0.
P et P 2 + a 2 n’ont pas de racine commune.
Par ailleurs, P est scindé sur ! et à racines simples (voir l’exercice précédent).

Alors on a P (z ) = 0.
On sait aussi que P admet n 1 racines réelles. Avec z racine non réelle de P , on dispose alors
de n racines pour un polynôme de degré n 1. Cette contradiction avec une propriété connue
montre que l’hypothèse de départ est absurde. En conclusion, P 2 + a 2 n’a pas de racine double.
Notons qu’il est inutile de supposer que les racines de P sont distinctes. Il suffit que P soit scindé
sur ! et pour cela il suffit que P soit scindé sur !.

Ex. 3
1) Déterminer un polynôme P de degré inférieur ou égal à 7, tel que :
(X + 1)4 divise P 1 et (X 1)4 divise P + 1.

2) Montrer qu’il existe des polynômes U et V tels que (X + 1)4 U + (X 1)4 V = 1.

1)
1 est racine quatrième de P 1, donc 1 est racine troisième de (P 1) = P .
On va obtenir sur P des informations utiles.
Le cadre naturel de travail est "[X ].

1 est racine quatrième de P 1 et 1 est racine quatrième de P + 1.


On en déduit que 1 est racine troisième de P et que 1 est racine troisième de P .
Il s’ensuit que P est divisible par (X + 1)3 (X 1)3 .
Comme P est de degré au plus égal à 6, il existe " ! " tel que P = "(X + 1)3 (X 1)3 .
3
P = " X2 1 = " X6 3X 4 + 3X 2 1 donne :
1 7 3 5
P =" X X + X3 X + #, avec # ! ".
7 5
Il reste à exploiter que 1 est racine de P 1 et que 1 est racine de P + 1 pour obtenir les valeurs
de " et #.

Exprimons que P 1 prend la valeur 0 en 1 et P + 1 prend la valeur 0 en 1 :


16 16 35
" +# = 1 et " # = 1 donnent " = et # = 0.
35 35 16
1
Finalement, on obtient P = (5X 6 21X 4 + 35X 2 35X ).
16

2)
On peut exprimer que (X + 1)4 divise P 1 et que (X + 1)4 divise P 1.
4
Il existe des polynômes R et S tels que P 1 = (X + 1) R et P + 1 = (X 1)4 S.
On peut noter que R et S sont de degré 3.
En retranchant membre à membre ces deux égalités, il vient :
2 = (X 1)4 S (X + 1)4 R .
1 1
En posant U = R et V = S, on obtient :
2 2
(X + 1)4 U + (X 1)4 V = 1.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 65


Ex. 4
Étudier les conditions pour qu’un polynôme P admette 1 et 2 pour racines et que P + 4 soit
divisible par (X 1)2 .

On exprime que P admet 1 et 2 pour racines et que 1 est racine double de P + 4.

P est divisible par X + 1 et par X 2, donc divisible par leur produit.


Il existe alors un polynôme Q tel que P = (X + 1)(X 2)Q.
De plus, 1 est racine double de P + 4 s’exprime par P (1) + 4 = 0 et P (1) = 0, c’est-à-dire :
Q(1) = 2 et, avec P = (X 2)Q + (X + 1)Q + (X 2)(X + 1)Q , Q(1) = 2Q (1).
On a donc Q(1) = 2 et Q (1) = 1.
On peut alors utiliser la formule de Taylor pour préciser les polynômes Q.

Les polynômes Q convenables sont donc définis, avec n ! 2 quelconque, par :


n
Q = 2 + (X 1) + ak (X 1)k , où les ak sont des scalaires quelconques.
k =2

Ex. 5
1+i 7 2 1+i 7
On considère le polynôme P (X ) = X 3 + X + X 1.
2 2
Former le polynôme unitaire Q dont les racines sont les carrés des racines de P et en déduire
une factorisation de P .

On détermine les fonctions symétriques élémentaires des racines de Q à l’aide des fonctions
symétriques élémentaires des racines de P .

Notons a , b et c les racines de P . Les fonctions symétriques élémentaires de a , b et c sont :


1+i 7 1+i 7
a+b+c = , bc + ca + ab = et abc = 1.
2 2
On en déduit :
2 2 2 2
a b c = (abc ) = 1,

2 2 2 2 1+i 7
a + b + c = (a + b + c ) 2(bc + ca + ab) = ,
2
2 2 2 2 2 2 2
b c + c a + a b = (bc + ca + ab) 2(a 2 bc + b2 ca + c 2 ab)
= (bc + ca + ab)2 2(abc )(a + b + c ),
2
1+i 7 1+i 7 1+i 7
d’où : b2 c 2 + c 2 a 2 + a 2 b2 = +2 = .
2 2 2
Ainsi les polynômes P et Q sont unitaires et leurs racines ont les mêmes fonctions symétriques
élémentaires, ils sont donc égaux.
Ce n’est pas l’expression de Q qui va permettre de factoriser P , mais c’est du fait que les ensembles
a, b, c et a 2 , b2 , c 2 sont égaux que devrait venir une aide efficace.
Notons que, dans "[X ], la factorisation de P revient à la détermination de ses racines.
2
a = a imposerait a = 0 ou a = 1 ; or abc " 0 et P (1) = i 7 montre que ni 0 ni 1 n’est racine
de P . Ainsi on a a 2 " a et de même b2 " b et c 2 " c . On a donc a 2 = b ou a 2 = c .

66 Sujets d’oraux
Il serait judicieux d’examiner si P a une racine double. Si ce n’est pas le cas, a , b et c sont deux
à deux distincts et il en est alors de même pour a 2 , b2 et c 2 . Toutefois, il n’est pas indispensable
de procéder à cette vérification.

Quitte à échanger b et c , on peut se limiter au cas où a 2 = b.


Si on avait b2 = a , il viendrait a 4 = a , donc a 3 = 1, d’où a ! j, j2 puisqu’on a a " 1.
1+i 3
Rappelons que j = et j2 sont les racines non réelles de X 3 1.
2
i i
On a P (j) = ( 7 + 3) " 0 et P (j 2 ) = ( 7 3) " 0.
2 2
Ainsi, avec b2 " b et b2 " a , il reste b2 = c . Et on obtient de même c 2 = a .
Avec a 2 = b, b2 = c et c 2 = a , les racines de P sont alors a , b = a 2 et c = a 4 .
c 2 = a donne a 8 = a , donc a 7 = 1 car a " 0. De même, b7 = 1 et c 7 = 1.
2i %
Posons alors $ = e 7 . Avec a " 1, il existe k ! [[ 1, 6 ]] tel que a = $k .
Examinons les différentes situations possibles, en notant que $7 = 1.
a = $, d’où b = $2 et c = $4 , a = $2 , d’où b = $4 et c = $,
a = $3 , d’où b = $6 et c = $5 , a = $4 , d’où b = $ et c = $2 ,
a = $5 , d’où b = $3 et c = $6 , a = $6 , d’où b = $5 et c = $3 .
À l’ordre près, il n’y a donc que deux ensembles de solutions $, $2 , $4 et $3 , $5 , $6 .
Il est confirmé que les racines de P sont deux à deux distinctes.
Les racines de P sont l’un et l’un seulement des ensembles obtenus comme possibles. Il ne reste
donc plus qu’à préciser quel est celui qui convient.
Une information peut nous permettre de faire le choix entre les deux, c’est la somme dont les
parties réelle et imaginaire sont strictement négatives.

Les éléments de $, $2 , $4 sont les conjugués de ceux de $3 , $5 , $6 . Les sommes ont donc
1+i 7
des parties imaginaires opposées. Or la somme des racines est .
2
Une représentation graphique des racines 7èmes de 1 permet de voir que c’est la partie imaginaire
de $3 + $5 + $6 qui est le plus vraisemblablement négative.
2% 4% 8% 6% 10% 12%
Numériquement, on a cos + cos + cos = cos + cos + cos # 0, 5,
7 7 7 7 7 7
2% 4% 8% 6% 10% 12%
sin + sin + sin # 1, 32 et sin + sin + sin # 1, 32.
7 7 7 7 7 7

Les racines de P sont finalement $3 , $5 , $6 .

Ex. 6
Trouver tous les polynômes réels P tels que P (0) = 1, P (1) = 1, P (0) = 0 et P (1) = 1.

Une première étape peut être de trouver une solution particulière. Avec quatre conditions
imposées, on cherche une solution de degré 3.

Soit S = aX 3 + bX 2 + cX + d ! ![X ]. Avec S = 3aX 2 + 2bX + c , les conditions :


S(0) = 1, S(1) = 1, S (0) = 0 et S (1) = 1
sont remplies si et seulement si d = 1, a + b + c + d = 1, c = 0 et 3a + 2b + c = 1.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 67


Ce qui équivaut à d = 1, c = 0, a + b = 0 et 3a + 2b = 1.
L’unique solution est (a, b, c, d ) = ( 1, 1, 0, 1), ce qui donne S = X 3 + X 2 + 1.
On fait un changement d’inconnue P = Q + S pour faire apparaître un polynôme qui a deux
racines doubles 0 et 1.

P est solution si et seulement si Q = P S vérifie Q(0) = Q (0) = 0 et Q(1) = Q (1) = 0, c’est-à-


dire si et seulement si Q admet 0 et 1 pour racines doubles. Les polynômes Q qui conviennent
sont donc ceux qui sont divisibles par X 2 (X 1)2 .
En conclusion, les solutions sont P (X ) = X 3 + X 2 + 1 + X 2 (X 1)2 R (X ), avec R ! ![X ].

Ex. 7
Déterminer les polynômes P ! "[X ] tels que &x ! !, P (x ) ! !.

Les polynômes P ! ![X ] conviennent. P (x ) ! ! s’exprime par P (x ) = P (x ).


n n
k k
Soit P ! "[X ], de degré n ! # : P = ak X . Pour tout x ! !, on a P (x ) = ak x et P (x ) ! !
k =0 k =0
n
k
équivaut alors à (ak ak )x = 0.
k =0
n
k
Le polynôme (ak ak )X admet une infinité de racines, c’est donc le polynôme nul. Cela
k =0
équivaut à &k ! [[ 0, n ]], ak = ak , c’est-à-dire ak ! !, ou encore à P ! ![X ].
La tâche est assez simple dans la mesure où, pour x ! !, on a x = x .
Elle risque d’être moins aisée si on cherche à exprimer que &z ! ", P (z ) ! !.
C’est l’objet du sujet suivant.

Ex. 8
Déterminer les polynômes P ! "[X ] tels que &z ! ", P (z ) ! !.

Il est nécessaire que &x ! !, P (x ) ! !. Le sujet précédent montre que l’on a P ! ![X ].
Mais, de là à dire que tous les polynômes réels conviennent, il y a un pas que personne n’oserait
franchir. Il faut donc tout reprendre sous un autre angle.
Notons que les nombres complexes d’emploi facile sont les racines de l’unité.

On considère P ! ![X ], de degré n ! # et, pour p ! # , $p = e2i % / p , racine pe de 1.


n n
k k
Avec P = ak X , P ($p ) ! ! équivaut à a k $p $p k = 0.
k =0 k =0
On se prive d’une forme polynomiale qui serait plus efficace. Il faut ajuster le tir.
n
k
Pour tout x ! !, on exprime que P (x $p ) est réel : a k $p $ p k x k = 0.
k =0
n
k
a k $p $p k X k est alors le polynôme nul, d’où &k ! [[ 0, n ]], ak $kp $ p k = 0.
k =0

68 Sujets d’oraux
p p
Les racines complexes de 1 sont de module 1 : $p = 1 implique $p = 1 donc :
$p = 1 c’est-à-dire $p $p = 1.
q
Pour q ! #, on a $p = 1 si et seulement si q est un multiple entier de p.

$p = $p 1 donne $kp $p k = 0 si et seulement si $2pk = 1, c’est-à-dire 2k ! p#.


Il suffit alors de choisir p > 2n pour avoir &k ! [[ 1, n ]], $kp $p k " 0, donc ak = 0.
En conclusion les polynômes constants réels sont les seuls qui vérifient :
&z ! ", P (z ) ! !.

Ex. 9
Soit P ! ![X ]. Montrer que la proposition : &x ! !, P (x ) ! 0 équivaut à l’existence de Q
et R dans ![X ] tels que P = Q2 + R2 .

Le cas où P est de degré 2 est familier, il sert de base d’appui.


Les polynômes visés sont de degré pair, il suffit d’une justification rapide.
Notons que P = Q2 + R 2 , avec Q et R dans ![X ], vérifie &x ! !, P (x ) ! 0.
L’objet de cet exercice est donc l’étude de la réciproque.
Le polynôme nul convient évidemment et on se limite tout naturellement à l’examen des poly-
nômes non nuls.

2
b 2 ac b
1) Soit P ! ![X ], deg P = 2 : P = aX 2 + 2bX + c , a " 0. On a P = a X + + .
a a
P (x ) est positif pour tout x ! ! si et seulement si a > 0 et b2 ac ' 0.
b 2 ac b2 2
Dans ce cas, P = a X+
a
+
a
est la somme des carrés de deux polynômes
réels.
Soit P ! ![X ], de degré impair n ! # et de coefficient dominant an .
Pour x ! !, on a P (x ) ! an x n et P (x ) a + et pour limite en + et en (dans cet
ordre ou dans l’ordre contraire suivant le signe de an ).
Les polynômes cherchés sont donc nécessairement de degré pair.
Et dans ce cas, P (x ) ! an x n montre qu’il faut aussi an > 0.

2)
Le cas des polynômes de degré 2 donne une assise à une démonstration par récurrence.

Soit !n la proposition :
si Pn ! ![X ] , n ! # , deg Pn = 2n , dom Pn = an > 0, vérifie &x ! !, Pn (x ) > 0, alors il existe des
polynômes réels Qn et Rn tels que Pn = Qn2 + Rn2 .
La proposition !1 est vraie.
Pour passer du rang n au rang n + 1, il suffit de factoriser par un polynôme de degré 2.

Soit Pn +1 ! ![X ], deg Pn +1 = 2(n + 1) et tel que &x ! !, Pn +1 (x ) ! 0.


Si Pn +1 admet une racine réelle ", cette racine est nécessairement d’ordre pair, faute de quoi
Pn +1 ne serait pas de signe constant.
Pn +1 est alors divisible par (X ")2 et le polynôme Un tel que Pn +1 = (X ")2 Un est de degré
2n et, pour tout x ! !, on a Un (x ) ! 0.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 69


Si Pn +1 admet une racine complexe # $ !, alors il admet aussi # " # pour racine. Il est donc
divisible par le polynôme (X #)(X #) ! ![X ].
Le polynôme Un tel que Pn +1 = (X #)(X #)Un est de degré 2n et vérifie &x ! !, Un (x ) ! 0.
Dans les deux cas, on a Pn +1 = VUn , avec V de degré 2 à valeurs positives, et Un de degré 2n à
valeurs Un (x ) positives pour x réel.
Pour conclure, il reste à mettre en œuvre l’hypothèse de récurrence.

On a V = A2 + B2 et Un = Qn2 + Rn2 , avec A, B, Qn et Rn dans ![X ].


Il s’ensuit Pn +1 = A2 + B2 Qn2 + Rn2 ) = A2 Qn2 + B2 Rn2 + A2 Rn2 + B2 Qn2 et il vient alors :
2 2
Pn +1 = AQn + BRn + ARn
, avec AQn + BRn et ARn
BQn BQn dans ![X ].
En conclusion la propriété !n est vraie pour tout n ! # .

Ex. 10
2
x 2 (k )
On pose Pk (x ) = ( 1)k ex e . Montrer que Pk est un polynôme de degré k .
Montrer que Pk +2 = 2XPk +1 2(k + 1)Pk et que Pk 2XPk + 2kPk = 0.

2
x2
L’objectif de la première partie est de montrer que la dérivée k e de e x est le produit de e
par un polynôme de degré k qui sera alors Pk lui-même au signe près.
x 2 (0) x2 x2 x2
On a e =e et e = 2xe , ce qui donne P0 (x ) = 1 et P1 (x ) = 2x .
2 (k ) x2
Supposons que, pour k ! # , e x
= ( 1)k Pk (x )e , où Pk est un polynôme de degré k .
x 2 (k +1) k x2 k +1 x2
Alors e = ( 1) Pk (x )e = ( 1) 2xPk (x ) + ( 1)k Pk (x ) e .
Pk +1 (x ) = 2xPk (x )Pk (x ) est une fonction polynôme de degré k + 1, puisque c’est la somme
d’un polynôme de degré k + 1 et d’un polynôme de degré k 1.
On a ainsi établi par récurrence que, pour tout k ! #, Pk est un polynôme de degré k .
On a en fait établi un résultat qui peut se révéler utile : Pk +1 = 2XPk Pk .

Comme on vient de voir que Pk +2 = 2XPk +1 Pk +1 , la preuve du résultat attendu :


Pk +2 = 2XPk +1 2(k + 1)Pk
revient à celle de Pk +1 = 2(k + 1)Pk .
2
x 2 (k +1) 2
x 2 (k +1)
Avec Pk +1 (x ) = ( 1)k +1 ex e , d’où Pk +1 (x ) = ( 1)k +1 ex e , il vient :
2 2 (k +1) 2 (k +2)
Pk +1 (x ) = ( 1)k +1 ex 2x e x
+ e x
.
x 2 (k +2) x 2 (k +1)
On a e = 2xe et la formule de Leibniz donne :
x 2 (k +1) x 2 (k +1) x 2 (k )
2xe = 2x e 2(k + 1) e .
2 2 (k )
Il vient donc Pk +1 (x ) = 2(k + 1)( 1)k ex e x
, c’est-à-dire Pk +1 (x ) = 2(k + 1)Pk (x ).
Pour la dernière relation, on reprend Pk +1 = 2XPk Pk , en tenant compte de la relation
précédente Pk +1 (x ) = 2(k + 1)Pk (x ).

De Pk +1 = 2XPk Pk , on déduit Pk +1 = 2Pk + 2XPk Pk et avec Pk +1 (x ) = 2(k + 1)Pk (x ), il


vient :
2(k + 1)Pk (x ) = 2Pk + 2XPk Pk ce qui donne Pk 2XPk + 2kPk = 0.

70 Sujets d’oraux
Ex. 11
P ! ![X ] admet n ! # racines réelles strictement positives, chacune étant simple.
2
On considère alors Q(X ) = (X 2 + 1)P (X )P (X ) + X P 2 (X ) + P (X ) .
Montrer que si 1 n’est pas racine de Q, alors Q admet au moins 2n 1 racines réelles positives
distinctes.

L’objectif des racines de Q incite à exprimer Q en produit de polynômes.


2
La présence de PP et de P 2 , P laisse des espoirs raisonnables.
On peut développer (aP + bP )(cP + dP ) et comparer à Q.

Q se factorise en Q = (P + XP )(XP + P ). On pose A = P + XP et B = XP + P .


Les racines de Q sont celles de A et celles de B.
Notons que A = (XP ) .
Il n’y a pas de remarque aussi simple au sujet de B. On commence alors par s’intéresser aux
racines de A. Avec les racines de XP , le théorème de Rolle donne des informations sur celles
de (XP ) .
Comme les n racines de P sont simples, elles sont deux à deux distinctes.

XP admet n + 1 racines réelles positives distinctes (les n racines strictement positives de P et la


racine 0).
Le théorème de Rolle assure alors l’existence de (au moins) n racines strictement positives
distinctes pour (XP ) .
Pour le polynôme B, on est dans un contexte de dérivation de fonction réelle de la forme
f (x ) = u (x )ev(x ) pour laquelle on a f (x ) = u (x )v (x ) + u (x ) ev(x ) .
2 2
/2 /2
La fonction réelle x " xP (x ) + P (x ) ex est la dérivée f : x " P (x )ex .
Les racines de f sont celles de P , donc f admet n racines réelles strictement positives distinctes.
Le théorème de Rolle assure que f admet (au moins) n 1 racines réelles strictement positives.
Les racines réelles de f étant celles de XP (X ) + P (X ), il vient que B admet (au moins) n 1
racines réelles strictement positives.
Il reste maintenant à examiner si les racines de A et celles de B sont distinctes.
C’est probablement là qu’interviendra l’hypothèse encore inutilisée Q(1) " 0.
On n’a pas non plus encore utilisé que les racines strictement positives de P sont simples.

Supposons que A et B aient une racine commune strictement positive a , c’est-à-dire que :
P (a ) + aP (a ) = 0 et P (a ) + aP (a ) = 0.
P (a ) + aP (a ) = P (a ) + aP (a ) donne (1 a ) P (a ) P (a ) = 0.
a " 1 donne P (a ) = P (a ), d’où (1 + a )P (a ) = 0. Alors a > 0 donne a + 1 " 0 donc P (a ) = 0.
Il s’ensuit que a est racine commune à P et à P , ce qui impose que a est racine double de P , ce
qui est contraire à l’hypothèse qui considère que les racines strictement positives sont simples.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 71


Ex. 12
Soit P ! "[X ], deg P = n ! # , tel que P (0) = 1 et P (1) = 0.
1
Montrer que sup P (z ) , z = 1 ! 1 + .
n

Avant d’envisager la borne supérieure d’une partie de !, il est indispensable de vérifier que cette
partie est majorée.
n n n
k k k
Avec P = ak X , on a P (z ) = ak z puis P (z ) ' ak z .
k =0 k =0 k =0
n
Avec z = 1, on a z k = 1 puis P (z ) ' ak , ce qui montre que P (z ) , z = 1 est une
k =0
partie non vide et majorée de !.
Un énoncé équivalent est n + 1 ' n sup P (z ) , z = 1 .
Dans l’ensemble $ des complexes de module 1, il y a les racines de tous ordres de 1.
n
k
Avec P = ak X , une hypothèse est a0 = 1. On notera M = sup P (z ) , z = 1 .
k =0
n n
Étant donné u1 , . . . , un de $, et en notant u0 = 1, on a P (u p ) ' P (up ) ' nM .
p=0 p=1

n
Il reste à trouver des uk convenables pour avoir n + 1 ' P (uk ) .
k =0

n n n n
k k
Pour tout up ! $, on a P (up ) = ak up d’où P (up ) = ak up .
k =0 p=0 k =0 p=0
n n
k
Avec u = e2i % / N , on choisit up = u p . On a alors up = (u p )k .
p=0 p=0
n n k n +1
1 (u ) 1 (u n +1 )k
Si u k " 1, on obtient (u p )k = (u k )p = k
= k
.
p=0 p=0
1 u 1 u
n
En prenant N = n + 1, on a u n +1 = 1 et u k " 1 pour tout k ! [[ 1, n ]], et il vient (u p )k = 0.
p=0
n n
0
P (up ) se réduit alors à a0 up = (n + 1)a0 en n’oubliant pas que a0 = 1.
p=0 p=0
n
p
En conclusion, u = e2i % / (n +1) donne P (u ) = n + 1, d’où :
p=0
n n
p p
n+1= P (u ) ' P (u ) ' nM ,
p=0 k =1

ce qui donne la conclusion attendue n + 1 ' nM .

72 Sujets d’oraux
Ex. 13
Soit n ! #, n ! 2, a ! ! et b ! ! . Déterminer P ! ![X ] tels que nP = (X a )P + bP .

Le cas où b = 0 est celui où P divise P . Il est classique que les solutions sont les multiples
scalaires de (X a )n .
Dans le cas général b "0, on peut se restreindre aux polynômes normalisés. Il est utile d’examiner
le degré d’une solution éventuelle.

Puisque P " nP (X a )P bP est linéaire, il suffit de déterminer les solutions P qui sont
des polynômes normalisés.
On est dans un contexte de dérivation et un objectif peut être de déterminer les dérivées
successives en a , en vue d’utiliser la formule de Taylor.
Pour dériver (X q)P , la formule de Leibniz est d’actualité.

Pour tout k ! #, on a nP (k ) = (X a )P (k +1) + kP (k ) + bP (k +2) , c’est-à-dire :


(n k )P (k ) = (X a )P (k +1) + bP (k +2) ,
d’où il vient (n k )P (k ) (a ) = bP (k +2) (a ) (1).
Un examen de l’équation montre facilement que toute solution est de degré n .
P (n ) = n ! donne P (n ) (a ) = n ! et, avec (1), P (n +1) = 0 donne P (n 1) (a ) = 0 (2).
Avec (1) et (2), il s’ensuit que P (k ) (a ) = 0 pour tout k de même parité que n 1.
(n 2q) (n 2q+2)
En utilisant (1) pour k = n 2q, on a 2qP (a ) = bP (a ) (1’).
On multiplie membre à membre ces égalités pour q ! [[ 1, k ]] et il vient :
2 k k ! P (n 2k )
(a ) = bk P (n ) (a ) c’est-à-dire 2 k k ! P (n 2k )
(a ) = bk n ! (3).

Pour utiliser la formule de Taylor en a , on distingue les cas n pair et n impair.


n (k )
P (a )
La formule de Taylor est P (X ) = (X a )k .
k!
k =0
p
P (2k ) (a ) 2k
Cas où n est pair, n = 2p. On a P (X ) = (X a) puisque les dérivées d’ordre
(2k )!
k =0
impair s’annulent en a .
Avec (3), on a 2k (k !)P (2p 2k )
(a ) = (2p)!bk , ou encore 2p k
(p k )!P (2k ) (a ) = (2p)!bp k .
p 2k
b p k (X a )
Finalement, P (X ) = (2p)! .
2 (2k )!(p k )!
k =0
p (2k +1)
P (a ) 2k +1
n est impair, n = 2p + 1. On a P (X ) = (X a) , puisque les dérivées d’ordre
(2k + 1)!
k =0
pair s’annulent en a .
Avec (3), on a 2k k !P (2p+1 2k )
(a ) = (2p + 1)!bk , d’ou 2p k
(p k )!P (2k +1) (a ) = (2p + 1)!bp k .
p 2k +1
b p k (X a )
Finalement, P (X ) = (2p + 1)! .
2 (2k + 1)!(p k )!
k =0
La vérification du fait que ces polynômes conviennent est aisée.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 73


Ex. 14
Trouver tous les polynômes P ! ![X ] tels que (X + 4)P (X ) = XP (X + 1).

Dans ce type de problème, on commence par préciser les solutions constantes, chercher des
informations sur le degré et sur le coefficient dominant.

P = a ! ! est solution si et seulement si a (X + 4) = aX , c’est-à-dire a = 0.


Les polynômes (X + 4)P (X ) et XP (X + 1) ayant même degré et même coefficient dominant, il n’y
a pas d’information utile qui en découle.
Pour une solution P non constante, il faut dégager des informations sur les racines.

De (X + 4)P (X ) = XP (X + 1), on déduit 4P (0) = 0 et 0 = 4P ( 3).


On peut aussi noter que 3P ( 1) = P (0) et que P ( 3) = 3P ( 2).
Ainsi, 0, 1, 2 et 3 sont racines de P .
Une solution non constante est divisible par X (X + 1)(X + 2)(X + 3), donc P est de la forme :
P (X ) = X (X + 1)(X + 2)(X + 3)Q(X ) avec Q " 0.

On cherche maintenant des informations sur Q.

(X + 4)P (X ) = XP (X + 1) se lit alors :


(X + 4)X (X + 1)(X + 2)(X + 3)Q(X ) = X (X + 1)(X + 2)(X + 3)(X + 4)Q(X + 1),
c’est-à-dire Q(X ) = Q(X + 1).
Il reste à déterminer les polynômes Q tels que Q(X ) = Q(X + 1). Les polynômes constants
conviennent. Sont-ils les seuls ?

Pour tout x ! !, Q(x ) = Q(x + 1) donne Q(n ) = Q(0) pour tout n ! #.


Admettant une infinité de racines, le polynôme Q(X ) Q(0) est nul, d’où Q(X ) = Q(0) ! !.
On a donc nécessairement P (X ) = (X (X + 1)(X + 2)(X + 3), ( ! !, et avec :
P (X + 1) = ((X + 1)(X + 2)(X + 3)(X + 4),
il vient (X + 4)P (X ) = XP (X + 1), c’est-à-dire que ces polynômes conviennent.

Ex. 15
Déterminer les polynômes P tels que P (X 2 ) = P (X + 1)P (X 1).

Le texte est évasif sur le corps de base : on se place dans le contexte naturel de "[X ].
Comme d’usage, on cherche les solutions constantes avant de chercher des informations sur le
degré et sur le coefficient dominant.

Un polynôme constant P = a ! " est solution si et seulement si a = a 2 . Les solutions constantes


sont donc P = 0 et P = 1.
Avec la relation deg P (X 2 ) = deg P (X 1)P (X + 1) vraie pour tout P " 0, il n’y a pas d’information
utile provenant de l’étude du degré.
Si a est le coefficient dominant d’une solution P " 0, on a a = a 2 , donc a = 1 et toute solution
est un polynôme normalisé (ou unitaire).

74 Sujets d’oraux
Pour orienter la suite des démarches on peut examiner les cas particuliers où deg P = 1 et
deg P = 2.

P (X ) = X + k vérifie P (X 2 ) = P (X + 1)P (X 1) si et seulement si :


2
X + k = (X + 1 + k )(X 1 + k ) = X 2 + 2kX + k 2 1
2
et le système 2k = 0, k 1 = k n’a pas de solution. Il n’y a donc pas de solution de degré 1.
P (X ) = X + aX + b vérifie P (X 2 ) = P (X + 1)P (X
2
1) si et seulement si :
X 4 + aX 2 + b = (X + 1)2 + a (X + 1) + b (X 1)2 + a (X 1) + b ,

c’est-à-dire X + aX + b = X + 2aX + (a + 2b 2)X + 2a (b 1)X + 1 + 2b + b2 a 2 . Il est


4 2 4 3 2 2

alors nécessaire que a = 0 et il reste 0 = 2(b 1) et 1 + b + b2 = 0 qui sont incompatibles. Il n’y


a donc pas de solution de degré 2.
Il semble plus raisonnable de s’orienter sur l’absence de solution non constante.
On analyse pour cela des informations sur les racines complexes d’une solution.

Pour toute racine z de P , on a P (z + 1)2 = P (z + 2)P (z ) = 0, donc (z + 1)2 est racine de P .


De même, pour toute racine z de P , (z 1)2 est racine de P .
Les racines d’une solution étant en nombre fini, on peut en distinguer une, z0 , de module
maximum.
On a donc (z0 + 1)2 ' z0 et (z0 1)2 ' z0 . En posant z0 = rei ) , r ! !, on a :

(r cos ) + 1)2 + r 2 sin2 ) ' r et (r cos ) 1)2 + r 2 sin2 ) ' r ,


c’est-à-dire r 2 + 2r cos ) + 1 ' r et r 2 2r cos ) + 1 ' r , d’où r 2 + 1 ' r .
Or on a r 2 r + 1 > 0 pour tout r ! !.
Cette contradiction prouve qu’il n’y a pas de solution non constante.

Ex. 16
Soit P ! ![X ], de degré n ! # , avec P (0) " 0, admettant n racines (xk )k [[ 1,n ]] réelles et deux
n
1 1
à deux distinctes. Montrer que = .
xk P (xk ) P (0)
k =1

Une décomposition de fraction rationnelle à dénominateur scindé et de racines simples est


A A(a )
d’actualité. La partie polaire de relative à un pôle simple a est .
B B (a )(X a )

n
1 (k
La fraction rationnelle F (X ) = se décompose en F (X ) = .
P (X ) X xk
k =1

1
Comme xk est racine simple, on a (k = .
P (xk )
Pour obtenir le résultat, il suffit de considérer F (0).
Ce résultat reste vrai pour un polynôme P ! "[X ] ou des racines non réelles.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 75


Ex. 17
Déterminer ( ! " pour que l’équation x ! ", x 4 2x 2 + (x + 3 = 0 ait deux racines de produit
égal à 1. Résoudre l’équation dans ce cas.

On utilise les fonctions symétriques élémentaires des racines x1 , x2 , x3 et x4 de l’équation :


*1 = x1 + x2 + x3 + x4 ,
*2 = x1 x2 + x1 x3 + x1 x4 + x2 x3 + x2 x4 + x3 x4 ,
*3 = x2 x3 x4 + x3 x4 x1 + x4 x1 x2 + x1 x2 x3 ,
*4 = x1 x2 x3 x4 .

Soit x1 et x2 des racines de produit égal à 1, et x3 , x4 les autres. Avec *4 = 3, il vient x3 x4 = 3.


On a 0 = *1 = (x1 + x2 ) + (x3 + x4 ) (1)
et 2 = *2 = x1 x2 + x3 x4 + (x1 + x2 )(x3 + x4 ) donne (x1 + x2 )(x3 + x4 ) = 6 (2).
( = *3 = x3 x4 (x1 + x2 ) + x1 x2 (x3 + x4 ) donne aussi 3(x1 + x2 ) + (x3 + x4 ) = ( (3).
( (
Avec (1) et (3), il vient x1 + x2 = et x3 + x4 = .
2 2
(2) montre que ( convient si et seulement si (2 = 24, c’est-à-dire ( = 2 + 6, + ! 1, 1 .
Dans ce cas, x1 et x2 vérifient x1 x2 = 1 et x1 + x2 = + 6.
+ 6 2 + 6+ 2
Ce sont les racines de x ! ", x 2 + + 6 x + 1 = 0, c’est-à-dire et .
2 2
+ 6 i 6 + 6+i 6
De même, x3 et x4 vérifient x3 x4 = 3 et x3 + x4 = + 6. Ce sont et .
2 2

Ex. 18
Pour n ! # , quel est le reste de la division euclidienne de (X n + 1)2 par (X + 1)2 ?

Quand n est impair, on sait factoriser X n + 1 par X + 1.


Seul le cas où n est pair demande une étude plus fine.

Quand n est impair, X n + 1 est un multiple de X + 1, donc (X n + 1)2 est divisible par (X + 1)2 :
le reste est nul.
Quand n est pair, on écrit la division euclidienne de (X n + 1)2 par (X + 1)2 : il existe Q ! ![X ]
et (a, b) ! !2 tels que (X n + 1)2 = (X + 1)2 Q(X ) + aX + b. La valeur en 1 donne 4 = a + b.
En dérivant, on a 2nX n 1 (X n + 1) = (X + 1) 2Q(X ) + (X + 1)Q (X ) + a .
La valeur en 1 donne 4n = a . Le reste est donc 4nX + 4(1 n ).

Ex. 19
n
k
Soit P (X ) = ak X ! "[X ]. Soit M ! !+ tel que &z ! ", z ' 1 P (z ) ' M .
k =0
Montrer que ak ' M pour tout k .

Parmi les z ! ", z ' 1, il y a en particulier toutes les racines de tout ordre de 1.
Une clé de la démarche pourrait être de choisir des racines de 1 qui rendent service.

76 Sujets d’oraux
n n
q q
Pour $ racine de l’unité et P = aq X , on a P ($) = aq $ . Pour «isoler» ar , il est
q=0 q=0
n
r r q r q r
judicieux de multiplier par $ :$ P ($) = aq $ = ar + aq $ .
q=0 q"r
Pour «isoler» chacun des ar , 0 ' r ' n , on a besoin de n + 1 racines de l’unité, ce qui conduit
2i %
au choix de $ = e n +1 .
2i %
Posons $ = e n +1 et $k = $k pour k ! [[ 0, n ]]. On a P ($k ) ' M pour tout k ! [[ 0, n ]].
n n n
Pour tout r ! [[ 0, n ]], on a $k r P ($k ) ' $k r P ($k ) ' M $k r = (n + 1)M .
k =0 k =0 k =0
Après cette information globale, faisons apparaître «l’isolement» de ar .
n n n n n
q r q r
P = aq X
q
donne $k r P ($k ) = a q $k puis $k r P ($k ) = a q $k
q=0 q=0 k =0 k =0 q=0
n n n n n
q r q r
ou encore : $k r P ($k ) = a q $k = aq $k .
k =0 q=0 k =0 q=0 k =0
n n n n
q r q r
Isolons ar dans le résultat précédent : aq $k = (n + 1)ar + aq $k .
q=0 k =0 q"r,q=0 k =0
n n
Avec $k r P ($k ) ' (n + 1)M , il serait agréable que $k r P ($k ) = (n + 1)ar pour en
k =0 k =0
déduire ar ' M .
n r n +1
r q r 1 ($q )
On a $qk = $k (q r)
= ($q r k
) et $q r
" 1 pour q " r d’où $k = q r .
1 $
k =0
n
Avec ($q r n +1
) = ($n +1 )q r
= 1, il vient finalement $k r P ($k ) = (n + 1)ar et pour conclure,
k =0
n n
$k r P ($k ) ' (n + 1)M et $k r P ($k ) = (n + 1)ar donne ar ' M .
k =0 k =0

Ex. 20
Trouver les nombres complexes a , b, c , de module 1 et tels que :
a + b + c = 1 et abc = 1.

On donne deux des trois des fonctions symétriques élémentaires des racines du polynôme
P = (X a )(X b)(X c ).
Il manque la troisième bc + ca + ab. Et pour cela, on donne a = b = c = 1.
1
On a z = 1 si et seulement si z " 0 et = z.
z

bc + ca + ab 1 1 1
Avec abc = 1, on a bc + ca + ab = = + + .
abc a b c
Il vient alors bc + ca + ab = a + b + c = a + b + c = 1

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 77


Ainsi a , b, c sont les racines de P = X 3 X2 + X 1, polynôme qui se factorise aisément :
P = (X 1)(X 2 + 1).
On a donc a, b, c = 1, i, i .

Ex. 21
Trouver les racines du polynôme X 4 5X 3 + 9X 2 15X + 18, sachant que deux d’entre elles
ont un produit égal à 6.

Cet exercice est une occasion de tester quelques acquis sur les fonctions symétriques élémentaires
des racines d’un polynôme. Ne boudons pas notre plaisir !
Il y a peut-être une solution plus expéditive, gardons-la pour la fin.

Soit x1 et x2 des racines de produit égal à 6.


Les fonctions symétriques élémentaires des racines x1 , x2 , x3 , x4 donnent :
(x1 x2 )(x3 x4 ) = 18
(x1 + x2 ) + (x3 + x4 ) = 5
x1 x2 + x3 x4 + (x1 + x2 )(x3 + x4 ) = 9
(x1 x2 )(x3 + x4 ) + (x3 x4 )(x1 + x2 ) = 15
Posons P1 = x1 x2 , S1 = x1 + x2 , P2 = x3 x4 , S2 = x3 + x4 .
S1 + S2 = 5
Alors P1 = 6 donne P2 = 3 et S1 S2 = 0
S1 + 2S2 = 5
ce qui a pour solution unique P1 = 6, S1 = 5, P2 = 3, S2 = 0.
Les racines de X 2 5X + 6 sont 2 et 3. Celles de X 2 + 3 sont i 3 et i 3.
Les racines de X 4 5X 3 + 9X 2 15X + 18 sont donc 2, 3, i 3, i 3.
Après coup pour certains, on peut s’arracher les cheveux !
Bien sûr, 2 est racine raisonnablement apparente.
Par ailleurs, x1 x2 = 6 incite à tester si 2 ou 3 ne serait pas racine.
Miracle, tous deux conviennent !

On constate que 2 et 3 sont racines (distinctes) de P .


Alors P est divisible par (X 2)(X 3).
On factorise alors par X 2 5X + 6, pour le quotient X 2 + 3.

Ex. 22
Donner des polynômes U et V de degré minimal tel que X n U + (1 X ) n V = 1.

1
Si n = 0, Avec U = V = , on a une solution de degré minimal.
2
Dans la suite, on peut se limiter à n ! 1.
Des polynômes tels que X n U + (1 X )n V = 1 ne sont pas nuls. Par exemple V = 0 impliquerait
X n U = 1, ce qui imposerait X n inversible, donc n = 0.
Le contexte de travail est celui de "[X ].

78 Sujets d’oraux
Les polynômes X n et (1 X )n sont premiers entre eux et une égalité de Bézout est disponible.
Un premier point à éclaicir est que U et V doivent être de degrés "petits".
X et 1 X sont premiers entre eux, donc X n et (1 X )n le sont aussi.
Par le théorème de Bézout, il existe des polynômes A et B tels que X n A + (1 X )n B = 1.
Soit U le reste dans la division de A par (1 X )n . Alors A = (1 X )n Q + U , avec deg U < n ,
donne X n U + (1 X )n (X n Q + B) = 1.
En posant V = X n Q + B, on a X n U + (1 X )n V = 1. Alors (1 X )n V = 1 X n U donne
deg (1 X )n V = deg(1 X n U ) et, avec deg(1 X n U ) = n +deg U et deg (1 X )n V = n +deg V ,
on obtient deg V = deg U .
On a donc des solutions U et V , avec deg U = deg V < n telles que X n U + (1 X )n V = 1.
On peut étudier l’unicité d’une telle solution.
Supposons qu’il existe U1 et V1 , de degré strictement inférieur à n ,
tels que X n U1 + (1 X )n V1 = 1.
On en déduit (U U1 )X n = (V1 V )(1 X )n .
Avec le théorème de Gauss, il s’ensuit que X n , premier avec (1 X )n , divise V1 V .
Or on a deg V < n et deg V1 < n , donc deg(V1 V ) < n = deg X n .
Multiple de X n et de degré strictement inférieur à celui de X n , le polynôme V1 V est nécessai-
rement le polynôme nul.
Et il s’ensuit U U1 = 0, ce qui garantit l’unicité envisagée.
La solution (U, V ) est donc minimale, du point de vue des degrés.
Il reste à la déterminer explicitement. Un point de départ est X + (1 X ) = 1.
La formule du binôme donne
n 1 n 1
2n 1 k k n 1 k k
X + (1 X) = (1 X )n #2n 1 X (1 X) + Xn # 2n 1X
n 1 k
(1 k
X ) = 1,
k =0 k =0
n 1 n 1
k n 1 k k k k n 1 k
ce qui donne la solution U = #2n 1X (1 X ) et V = #2n 1X (1 X) .
k =0 k =0
Pourquoi l’exposant 2n 1 ? Un exposant plus petit ne permettrait pas de mettre en évidence
X n et (1 X )n et un exposant plus grand donnerait des coefficients de X n , et (1 X )n de
degrés trop grands.

Ex. 23
Trouver tous les couples (A, B) de polynômes réels tels que
(X 3 + 1)A + (X 2 + X + 1)B = 0.

Le théorème de Bézout s’applique à des polynômes premiers entre eux. Est-ce le cas ?
Un diviseur commun à X 3 + 1 et à X 2 + X + 1 divise aussi X (X 2 + X + 1).
Il divise donc X (X 2 + X + 1) (X 3 + 1) = X 2 + X 1, puis il divise X 2 + X + 1 (X 2 + X 1) = 2.
Il s’ensuit que (X 3 + 1) (X 2 + X + 1) = 1.
On aurait pu aussi constater que ces polynômes n’ont pas de racine complexe commune.
Il y a une solution : c’est le théorème de Bézout.
L’objet est de les déterminer tous.
La même démarche qu’à l’exercice précédent permet de voir qu’il y a une solution (A0 , B0 ) et
une seule telle que deg A0 < 2 et deg B0 < 3.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 79


Nous admettons donc ce premier résultat.
Deux questions se posent alors :
déterminer tous les couples solutions à partir de (A0 , B0 )
et déterminer (A0 , B0 ).
Avec (X 2 + 1)A0 + (X 3 + 1)B0 = 1, on a (X 2 + 1)A + (X 3 + 1)B = 1 si et seulement si
(X 3 + 1)(A A0 ) + (X 3 + 1)(B B0 ) = 0.
X 3 + 1 divise donc (X 2 + X + 1)(B B0 ). Étant premier avec X 2 + X + 1, il divise B B0 .
Il existe alors P tel que B B0 = (X 3 + 1)P et il vient ensuite A A0 = (X 2 + X + 1)P .
Les solutions sont les couples A0 + (X 2 + X + 1)P, B0 + (X 3 + 1)P , où P décrit l’ensemble des
polynômes.
Il y a des méthodes éprouvées pour déterminer (A0 , B0 ). Toutefois, il n’est pas inutile d’examiner
le cas particulier proposé.
Notons que (X 1)(X 2 + X + 1) = X 3 1. On a donc X 3 + 1 (X 1)(X 2 + X + 1) = 2.
1 1
Il vient alors A0 = et B0 = (1 X ).
2 2

Ex. 24
On considère la suite (Pn )n !# de polynômes réels définis par
P1 = 1, P2 = X , et, pour tout n ! 3, Pn = XPn 1 Pn 2 .

1) Préciser le degré de Pn , montrer que Pn2 Pn +1 Pn 1 est constant, puis que Pn 1 Pn = 1.

2) Montrer que, pour n ! 2 et p ! 1, on a Pn +p = Pn Pp+1 Pn 1 Pp


et en déduire que Pn +p Pp = Pn Pp .
3) Montrer que Pn Pp = Pn p .

1) Dans les deux cas initiaux, on a deg Pn = n 1.


Supposons que, pour tout k ' n , on ait deg Pk = k 1.
Alors, il vient deg Pn 2 = n 3 et deg XPn 1 = n 1, donc deg XPn 1 Pn 2 = n 1,
ce qui prouve la propriété par récurrence.
Pour la première relation, on utilise Pn +1 = XPn Pn 1 et Pn = XPn 1 Pn 2 .

Dans Pn2 Pn +1 Pn 1 on remplace Pn 1 par XPn Pn +1 :


Pn2 Pn +1 Pn 1 = Pn2 Pn +1 (XPn Pn +1 ) = Pn2+1 Pn (XPn +1 Pn ).
Avec XPn +1 Pn = Pn +2 , il vient Pn2 Pn +1 Pn 1 = Pn2+1 Pn Pn +2 .
La suite Pn2 Pn +1 Pn 1 n !2 est donc constante.
Il n’est pas inutile de préciser cette constante. Pour cela on a besoin de P3 .
En particulier, on a P3 = XP2 P1 , donc P3 = X 2 1. Alors il vient P22 P3 P1 = 1.
On a donc Pn2 Pn +1 Pn 1 = 1 et on reconnaît une égalité de Bézout entre Pn et Pn 1,
ce qui montre que Pn et Pn 1 sont premiers entre eux.
2)
Pour Pn +p = Pn Pp+1 Pn 1 Pp , une preuve par récurrence s’impose.
On peut faire porter la récurrence sur p, en prenant soin de formuler exactement la propriété à
prouver.

80 Sujets d’oraux
Soit !(p) la propriété : pour tout n ! 2, on a Pn +p = Pn Pp+1 Pn 1 Pp .
!(1) se lit Pn +1 = Pn P2 Pn 1 P1 , c’est-à-dire Pn +1 = XPn Pn 1 , qui n’est autre que la règle
de définition de (Pn ).
Pour !(p + 1) on transforme Pn +p+1 en utilisant !(p) :
Pn +p+1 = P(n +1)+p = Pn +1 Pp+1 Pn Pp et on injecte Pn +1 = XPn Pn 1 . Il vient alors :
Pn +p+1 = Pn (XPp+1 Pp ) Pn 1 Pp+1 = Pn Pp+2 Pn 1 Pp+1 en utilisant XPp+1 Pp = Pp+2 .
On a montré que !(p) !(p + 1), la propriété !(p) est donc vraie pour tout p ! 1.
Montrons que les diviseurs communs à Pn +p et Pn ne sont autres que les diviseurs communs à
Pn et Pp .

Un diviseur commun à Pn et Pp divise Pn +p = Pn Pp+1 Pn 1 Pp et Pp .


Un diviseur D commun à Pn +p et Pp divise Pn +p + Pp Pn 1 = Pp+1 Pn . Or Pp est premier avec
Pp+1 , il en est donc de même pour D et Pp+1 et, d’après le théorème de Gauss, D divise Pn .
L’ensemble des diviseurs communs à Pn et Pp est donc égal à l’ensemble des diviseurs communs
à Pn +p et Pp . En particulier, il vient Pn +p Pp = Pn Pp .
3)
Dans le cas particlier où p = n , on a P2n Pn = Pn Pn = Pn , donc Pn divise P2n .

Établissons une démonstration par récurrence sur p. pour Pn divise Pnp .


La propriété est triviale pour p = 1. Supposons que Pn divise Pnp .
On a Pn (p+1) = Pnp+n = Pnp Pn +1 Pnp 1 Pn et on voit que Pn divise Pn (p+1) .
La propriété est donc vraie pour tout p ! # .
Pour comparer Pn Pp et Pn p , on peut se placer dans le cas où n < p.

Dans la division euclidienne, on a p = nq + r , avec 0 ' r < n .


Le résultat établi précédemment donne Pn Pr = Pn Pn +r et, en effectuant cela q fois,
il vient Pn Pr = Pn Pqn +r , c’est-à-dire Pn Pr = Pn Pp .
Dans l’algorithme d’Euclide, pour obtenir p n , on effectue les divisions successives, avec les
restes successifs r1 , . . . , rs où rs est le dernier reste non nul.
En répétant Pp Pn = Pn Pr1 , Pn Pr1 = Pr1 Pr2 , . . . , on obtient Pp Pn = Prs .
Avec rs = p n , on a donc Pp Pn = Pp n .

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 81


B Fractions rationnelles

Ex. 25
n
P
Soit P unitaire de degré n et Q = (X k ). Décomposer en éléments simples et montrer
Q
k =0
n!
qu’il existe k ! [[ 0, n ]] tel que P (k ) ! .
2n

P
Q est scindé, à racines simples et de degré n + 1. La décomposition en éléments simples de
Q
n
P (k )
est alors . Et on a Q (k ) = (k q).
Q (k )(X k)
k =0 q"k

n
P (k P (k ) P (k ) ( 1)n k
k
On a = , avec (k = n = = #n P (k ).
Q X k ( 1) n k
k !(n k )! n!
k =0 (k q)
q"k,q=0

k
Les coefficients binomiaux #n incitent à en faire apparaître la somme et, dans ce but, on peut
examiner la somme des (k .

XP (X )
est le quotient de polynômes normalisés et de même degré.
Q(X )
n
xP (x ) XP (X ) (k X (k x
Il vient alors lim = 1. Par ailleurs, on a = et lim = (k .
x + Q(x ) Q(X ) X k x + x k
k =0

n
On en déduit 1 = (k .
k =0

Pour une information concernant, de façon analogue, tous les P (k ), il est judicieux de procéder
n
k
par l’absurde. Rappelons que #n = 2n .
k =0

Supposons que, pour tout k ! [[ 0, n ]], on ait P (k ) < n ! / 2n .


n n n
( 1)n k
k 1 k 1 k
Alors (k = #n P (k ) donne (k ' # P (k ) < n #n = 1.
n! n! n 2
k =0 k =0 k =0

n
Et ce résultat est en contradiction avec 1 = (k .
k =0

n!
En conclusion, il existe k ! [[ 0, n ]] tel que P (k ) ! .
2n

82 Sujets d’oraux
Ex. 26
n
k
Soit P = ak X ! ![X ], de degré n ! 2 et admettant n racines réelles distinctes.
k =0
Montrer que :
2
pour tout t ! !, P (t ) P (t )P (t ) > 0

et que pour tout k ! [[ 1, n 1 ]], ak 1 ak +1 < ak2 .

2 P
P (t ) P (t )P (t ) apparaît naturellement dans la dérivation de et la décomposition en
P
P
éléments simples de , avec P scindé à racines simples, doit être connue.
P
n
P 1
Notons xr , 1 ' r ' n , les n racines réelles distinctes. On a P = .
X xk
k =1
2 n
P P P 1 2
En dérivant, il vient 2 = 2
et il s’ensuit P (t ) P (t )P (t ) > 0 pour tout
P (X xk )
k =1
t ! ! , x1 , . . . , xn .

Cette preuve ne concerne que les réels t qui ne sont pas racine de P . Pour les racines, il y a lieu
de tenir compte qu’elles sont simples.

2
Pour t ! x1 , . . . , xn , on a P (t ) = 0 et P (t ) " 0, donc P (t ) P (t )P (t ) > 0.

Pour en tirer une information sur les coefficients de P , la formule de Taylor lie ak et P (k ) (0).

1 2
P (0) = a0 , P (0) = a1 , P (0) = a2 et P (0) P (0)P (0) > 0 donne a12 > 2a2 a0 .
2
2
a
Il s’ensuit a0 a2 < 21 ' a12 d’où a0 a2 < a12 .

Remarquons que l’inégalité demandée a0 a2 < a12 découle en fait d’une inégalité plus fine.
Pour passer de a0 a2 < a12 à ak 1 ak +1 < ak2 , il est raisonnable d’exploiter les dérivées successives
de P en 0.

Pour tout k ! [[ 1, n 2 ]], le polynôme réel P (k ) est scindé, de racines simples.

Le polynôme dérivé d’un polynôme scindé réel, dont toutes les racines sont simples, est réel,
scindé et toutes ses racines sont simples. C’est une des applications classiques du théorème
de Rolle.

2
On applique alors à P (k ) la propriété établie pour P : P (k +1) (0) P (k +2) (0)P (k ) (0) > 0.

1 (j ) 2
Puis on utilise aj = P (0) pour en déduire (k + 1)!ak +1 > (k + 2)!k !ak ak +2 , et il s’ensuit :
j!
k+1 2
ak ak +2 < a ' ak2+1 .
k + 2 k +1
Pour k ! [[ 1, n 1 ]], on a donc ak 1 ak +1 < ak2 .

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 83


Ex. 27
Étant donné n ! # et un polynôme Q ! ![X ] tel que Q(0) = 1, justifier l’existence et l’unicité
de P et R dans ![X ] tels que deg P ' 2n et PQ + X 2n +1 R = 1
Expliciter ces polynômes dans les cas où Q = 1 X et Q = 1 X 2.

On pense a priori à une identité de Bézout et c’est bien le cas puisque Q et X 2n +1 sont premiers
entre eux.
Que ce texte soit proposé dans la rubrique "Fractions rationnelles" est une indication pour une
autre piste.
2n +1
1 X R 1 P R
L’égalité proposée s’écrit aussi Q = P + Q
ou encore 2n +1 = 2n +1 +
Q
X Q X
Comme X 2n +1 et Q sont premiers entre eux, l’existence et l’unicité de P , avec deg P ' 2n , et
1
R découle de l’existence et de l’unicité de la décomposition de 2n +1 en somme de deux
X Q
fractions, l’une de dénominateur X 2n +1 et l’autre de dénominateur Q.
Notons que l’on a alors deg R < deg Q.
La détermination de P et R dans les deux exemples proposés revient donc à préciser la décompo-
sition d’une fraction rationnelle. La méthode des développements limités est bien adaptée à la
présence d’un pôle multiple.

1
Pour Q = 1 X , on considère F = 2n +1 .
(1 X )X
2n
1 1 k 2n
Le développement limité à l’ordre 2n en 0 de est = x + o(x ).
1 x 1 x
k =0
2n
k
On en déduit que P = X .
k =0
Pour déterminer R qui, dans le cas présent, est une constante, on forme
1 (1 X )P
2n +1 = (1 X )F = + R. 2n +1
X X
En prenant la valeur en 1, il vient R = 1.
1
Pour Q = 1 X 2 , on considère F = 2 2n +1 .
(1 X )X
n
1 1 2k
Le développement limité à l’ordre 2n en 0 de 2 est 2 = x + o(x 2n ).
1 x 1 x
k =0
n
2k
On en déduit que P = X . Et on a deg R ' 1.
k =0
1 P R P a b
On a F = = + = + +
(1 X )X
2 2n +1
X
2n +1
1 X
2
X
2n +1 1 X 1+X
1 1
La valeur en 1 de (1 X )F et la valeur en 1 de (1 + X )F donnent a = et b = .
2 2
R 1 1
Alors = donne R = X .
1 X
2 2(1 X) 2(1 + X )

84 Sujets d’oraux
Ex. 28
Soit n ! # et P un polynôme de degré inférieur ou égal à n 1.

1) Exprimer P ($) à l’aide de P (0).


$!$n

n
2) Soit ($k )k ![[ 1,n ]] la famille des éléments de $n . Pour n ! 2, calculer ($k $$ ).
k =1 $"k

1)
Le contexte de travail est évidemment celui de "[X ], ou mieux encore, celui de "(X ).
Les $k sont les racines de X n 1, qui est à racines simples.
P
P ($k ) peut apparaître dans la décomposition de n .
X 1

P
Puisque deg P < n , la partie entière de F = n est nulle.
X 1
n
On a X n 1= (X $k ), les pôles de F sont donc les $k , 1 ' k ' n .
k =1
Avec (X n 1) = nX n 1
, on obtient que la partie polaire de F relative au pôle simple $k est
n
P ($k ) P ($k )
n 1 et il vient F =
n $k (X $k )
k =1
n $nk 1 (X $k )

On remarquera que cette décomposition est valable même dans le cas où P et X n 1 ne sont
pas premiers entre-eux.
n
1
Avec $nk = 1, on en déduit F (0) = P ($k ).
n
k =1
n
P
Par ailleurs, avec F = n , il vient F (0) = P (0) et il s’ensuit que P ($k ) = nP (0).
X 1
k =1
2i %
Une autre méthode consiste à observer qu’en posant $ = e n , on a $n = $k / 0' k ' n 1 .
n 1 n 1 n 1 n 1
j
Donc, avec P = aj X , on obtient P $
k
= aj $kj et, en remarquant que
j =0 k =0 j =0 k =0
n 1 n 1
pour 1 ' j ' n 1, $kj = 0, il reste P $k = na0 = nP (0).
k =0 k =0

2)
n n
($k $$ ) invite à considérer le polynôme P = (X $$ ).
k =1 $"k k =1 $"k
Si tout va bien, le résultat précédent sera mis à l’œuvre.
n
Soit P = Pk avec Pk = (X $$ ).
k =1 $"k

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 85


On a deg Pk = n 1, donc deg P ' n 1.
Pour r ! [[ 1, n ]], on a Pr ($k ) = 0 lorsque r " k , donc P ($k ) = Pk ($k ) = ($k $$ ).
$"k
n n
S= ($k $$ ) est alors égale à P ($k ).
k =1 $"k k =1
n
Sachant que $$ = ( 1)n +1 , le résultat précédent donne :
$=1
n n n
1
S = nP (0) = ( 1)n 1 n $$ = n =n $k .
$k
k =1 $"k k =1 k =1
n
Enfin, comme il est bien connu que $k = 0, on obtient finalement S = 0.
k =1

Ex. 29
X
Déterminer les fractions rationnelles F telles que F (X 2 ) F (X ) = 2 .
X 1

A
Soit F = , avec A et B dans "[X ], premiers entre eux.
B
On cherche donc A et B tels que :
(X 2 1) A(X 2 )B(X ) A(X )B(X 2 ) = XB(X )B(X 2 ) (1)

On cherche des conditions nécessaires sur A ou B.

On a donc 0 = B2 (1) donc B(1) = 0 et B se factorise par (X 1).


2 2 2
Avec B(X ) = (X 1)Q(X ), et B(X ) = (X 1)Q(X ), la relation (1) devient
(X 1)(X 2 1) A(X 2 )Q(X ) (X + 1)A(X )Q(X 2 ) = X (X 1)(X 2 1)Q(X )Q(X 2 ),
c’est-à-dire A(X 2 )Q(X ) (X + 1)A(X )Q(X 2 ) = XQ(X )Q(X 2 ) (2)

On poursuit l’analyse de B en s’attachant à l’examen du polynôme Q.

(2) se lit aussi (X + 1)A(X ) + XQ(X ) Q(X 2 ) = A(X 2 )Q(X )


ce qui montre que Q(X 2 ) divise A(X 2 )Q(X ).

Il y a lieu d’exploiter que A et B sont premiers entre eux.

Avec A B = 1, on a A (X 1)Q = 1, donc A Q = 1.


Il s’ensuit que A(X 2 ) Q(X 2 ) = 1.
Le théorème de Gauss nous donne alors que Q(X 2 ) divise Q(X ).
En notant que deg Q(X 2 ) = 2 deg Q(X ), on a nécessairement deg Q = 0, c’est-à-dire Q ! " .
Posons Q = (.
La relation (2) devient alors, après simplification par ( :
A(X 2 ) (X + 1)A(X ) = (X (3).

Une information sur A provient de l’examen du degré.

86 Sujets d’oraux
Si on pose n = deg A, alors deg A(X 2 ) = 2n , alors que deg (X + 1)A(X ) = n + 1.
Il s’ensuit que, pour n ! 2, donc 2n > n + 1, on a deg A(X 2 ) (X + 1)A(X ) = 2n ! 4, ce qui est
incompatible avec deg((X ) = 1.
On a donc deg A ' 1 et A est de la forme A = aX + b, avec a et b dans ".
En reportant dans (3), on a aX 2 + b (aX + b)(X + 1) = (X , c’est-à-dire aX bX = (X , d’où
a + b = (.
a 1 1
En conclusion, on a A(X ) = a (X 1) ( et B = ((X 1) puis F (X ) =
( X 1
=k
X 1
.

On vient d’obenir les fractions rationnelles possibles.


Il ne faut pas oublier d’examiner si elles conviennent.
1 1 1
Pour toute fraction F = k , il vient F (X 2 ) F (X ) =
X 1 X 1 X
2
1
X
donc F (X 2 ) F (X ) = 2 .
X 1

Ex. 30
On considère P ! "[X ], de degré n ! 2, à racines x1 , . . . , xn simples.
n
Q(xk )
Montrer que, pour tout Q ! "[X ] tel que deg Q ' n 2, on a = 0.
P (xk )
k =1

Les racines de P sont simples, donc P (xk ) " 0 donne un énoncé sans désagrément majeur. Il est
possible que certaines racines de P soient aussi racines de Q.
Seules interviennent les racines de P qui ne sont pas racines de Q.
Q(xk )
Le terme P (xk ) au dénominateur de apparaît dans la partie polaire relative au pôle
P (xk )
Q
simple xk de la fraction .
P
Q(xk )
Pour les pôles simples xk qui ne sont pas racines de Q, la partie polaire est .
P (xk )(X xk )
Q
Avec deg Q < deg P , la partie entière de est nulle et on a donc
P
n
Q Q(xk )
F = = .
P P (xk )(X xk )
k =1

Jusque là, on n’a utilisé que deg Q < deg P .


De ce fait, l’hypothèse deg Q < deg P 1 laisse encore une marge de manœuvre.
XQ
On peut par exemple faire apparaître dont la partie entière est encore 0.
P
n
Q(xk ) X
On a XF = , de partie entière E XF = 0.
P (xk ) (X xk )
k =1
n
Q(xk ) X
Comme l’application E est linéaire, il vient 0 = E .
P (xk ) (X xk )
k =1
n
X Q(xk )
Avec E = 1, on obtient finalement 0 = .
(X xk ) P (xk )
k =1

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 87


Ex. 31
Soit P ! ![X ] de degré n ! # , avec P (0) " 0. On suppose que les n racines (xk )k [[ 1,n ]] de P
n
1 1
sont réelles et deux à deux distinctes. Montrer que = .
xk P (xk ) P (0)
k =1

Une décomposition de fraction rationnelle à dénominateur scindé et de racines simples est


A A(a )
d’actualité. La partie polaire de relative à un pôle simple a est .
B B (a )(X a )
n
1 (k
La fraction rationnelle F (X ) = se décompose en F (X ) = .
P (X ) X xk
k =1
1
Comme xk est racine simple, on a (k =
P (xk )
Pour obtenir le résultat, il suffit de considérer F (0).
Ce résultat reste vrai pour un polynôme P ! "[X ] ou des racines non réelles.

Ex. 32
n 1
1
Calculer 2k %
.
i
k =1 1 e n

1
Une solution consiste à former un polynôme dont les racines sont les .
i 2k %
1 e n
Il sera alors aisé d’en déduire la somme.

i 2% i 2k %
Posons $ = e n . Alors $k = e n , et en particulier : $n = 1.
Les $k , 1 ' k ' n 1, sont les racines autres que 1 de X n 1.

Les $k 1, 1 ' k ' n , sont les racines autres que 0 de (X + 1)n 1, c’est-à-dire de :
n (n 1)
X n + nX n 1 + . . . + X 2 + nX .
2
n (n 1)
Ce sont donc les racines de X n 1
+ nX n 2
+... + X + n.
2
n (n 1)
Leurs inverses sont les racines de l’équation : nx n 1
+ x n 2 + . . . + nx + 1 = 0.
2
n 1 n 1
n 1 1 n 1 1 n 1
Leur somme est donc , c’est-à-dire = d’où = .
2 $ k
1 2 1 $ k 2
k =1 k =1
n
1 P
Autre solution. Avec P = X n 1, de racines $k , k ! [[ 1, n ]], on a k
= .
X $ P
k =1
n 1 n 1
1 1
Notons que k
est la valeur en 1 de .
k =1
1 $ k =1
X $k
n 1 n 1 n 1
P nX 1 nX 1
Avec = n , on a = n .
P X 1 X $k X 1 X 1
k =1

88 Sujets d’oraux
nx n 1 1
Le problème revient à trouver la limite quand x tend vers 1 de n .
x 1 x 1
Une bonne façon de trouver cette limite est d’utiliser des développements limités en 1.

En posant h = x 1, on a n (h + 1)n 1
= n 1 + (n 1)h + o(h ) et :
n (n 1) n 1
xn 1 = (1 + h )n 1 = nh + h 2 + o(h 2 ) = nh 1 + h + o(h ) .
2 2
n 1
nx 1 1 + (n 1)h + o(h ) 1 n 1
Il s’ensuit n = = 1 + (n 1)h + o(h ) 1 h + o(h ) .
x 1 h n 1 h 2
1+ h + o(h )
2
n 1
nx 1 n 1 1 n 1
On en déduit n = 1+ h + o(h ) = + + o(1).
x 1 h 2 h 2
n 1 n 1
nx 1 n 1 nx 1 n 1
Finalement, on a n = + o(1) d’où lim n = et en
x 1 x 1 2 x 1 x 1 x 1 2
conclusion :
n 1
1 n 1
= .
k =1
1 $k 2

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 89


Thèmes d’étude - Problèmes
1 Une famille de polynômes
On considère la suite (ak )k !# d’éléments de % (qui est ! ou ") définie par :
n 1
ak
a0 = 1 et, pour tout n ! 2, = 0.
(n k )!
k =0
n
ak
Pour n ! #, on pose An = X n k , élément de %[X ].
(n k )!
k =0

1) Calculer a1 , a2 , a3 et a4 . Expliciter les polynômes A0 , A1 , A2 , A3 et A4 .


2) Montrer que la suite (An )n !# est l’unique suite de polynômes vérifiant :
(a) P0 = 1,
(b) pour tout n entier naturel, Pn +1 = Pn ,
(c) pour tout n entier, n ! 2, Pn (0) = Pn (1).
3) En utilisant la question précédente, montrer que :
a) pour tout n ! #, An (1 X ) = ( 1)n An (X ),

1
b) pour tout n ! # , An (X + 1) An (X ) = X n 1.
(n 1)!

4) On considère n entier impair : n = 2p + 1, p ! # .


a) Montrer que le polynôme A2p+1 est divisible par X (X 1)(2X 1).
b) En déduire que a2p+1 = 0.
c) Écrire explicitement les polynômes A5 , A6 et A7 .
m
n
5) Pour n ! # et m ! # , on pose Sn (m ) = k .
k =1

a) Exprimer Sn (m ) au moyen de m , An +1 (m ) et an +1 .
b) Donner l’expression générale de Sn (m ) pour n ![[ 1, 4 ]] en factorisant en tant que polynôme
en m dans chacun des quatre cas.

Solution

a0 1 a0 a1 1
1) + a1 = 0 d’où a1 = ; + + a2 = 0 d’où a2 = ;
2 2 6 2 12
a0 a1 a2 a0 a1 a2 a3 1
+ + + a3 = 0 d’où a3 = 0 ; + + + + a4 = 0 d’où a4 = .
24 6 2 120 24 6 2 720
On en déduit :
1 1 2 1 1
A0 = 1 , A1 = X , A2 = X X+ ,
2 2 2 12
1 3 1 2 1 1 4 1 3 1 2 1
A3 = X X + X et A4 = X X + X .
6 4 12 24 12 24 720

90 Thèmes d’étude – Problèmes


n n
ak n k ak n k
2) On a A0 = 1 ; pour n ! #, An +1 = (n + 1 k )X = X .
(n + 1 k )! (n k )!
k =0 k =0
On remarque alors que An +1 = An .
n 1
ak
Enfin, on obtient An (0) = an = An (1) en utilisant = 0.
(n k )!
k =0
Soit (Pn )n !# une suite de polynômes qui vérifie (a), (b) et (c).
Montrons par récurrence que Pn = An .
Avec (a), on a A0 = P0 . Supposons Pn = An , avec n ! 0.
Avec (b), on a Pn +1 = Pn et An +1 = An d’où An +1 = Pn +1 puis Pn +1 = An +1 + c , avec c ! %.
Avec (b) encore, Pn +2 = Pn +1 et An +2 = An +1 donne (Pn +2 An +2 ) = c .
Il s’ensuit (Pn +2 An +2 )(1) (Pn +2 An +2 )(0) = c .
Avec (c), on a Pn +2 (1) = Pn +2 (0) et An +2 (1) = An +2 (0), donc c = 0 et finalement, Pn +1 = An +1 .
3) a) Posons Bn (X ) = ( 1)n An (1 X ). On a B0 = A0 (1 X ) = 1 donc (Bn ) vérifie (a).
Pour n ! 1, Bn = ( 1)n +1 An (1 X ) = ( 1)n +1 An 1 (1 X ) = ( 1)n 1 An 1 (1 X ) = Bn 1
donc (Bn ) vérifie (b).
Enfin, pour n ! 2, Bn (1) = ( 1)n An (0) = ( 1)n An (1) = Bn (0) donc (Bn ) vérifie (c).
Ainsi Bn = An puis An (1 X ) = ( 1)n An (X ).
1 1
b) On a A1 (X ) = X 2
d’où A1 (1 + X ) A1 (X ) = 1 = 0! X 0 .
Supposons la propriété vraie pour n ! 1.
1
Avec An +1 (1 + X ) An +1 (X ) = An (1 + X ) An (X ) = X n 1 , on obtient :
(n 1)!
1 n
An +1 (1 + X ) An +1 (X ) = X + c , c ! %.
n!
1 n
Or n + 1 ! 2 implique An +1 (1) An +1 (0) = 0, donc c = 0 puis An +1 (1 + X ) An +1 (X ) = X .
n!

4) a) On a (question 3)a) A2p+1 (1 X ) = A2p+1 (X ), donc A2p+1 (1 / 2) = A2p+1 (1 / 2)


et il s’ensuit A2p+1 (1 / 2) = 0.
On a aussi A2p+1 (1) = A2p+1 (0). Or (question 2)c), A2p+1 (1) = A2p+1 (0).
Il s’ensuit A2p+1 (0) = 0 et A2p+1 (1) = 0.
Il en découle que A2p+1 est divisible par X (X 1)(2X 1).
b) Il suffit de remarquer que a2p+1 = A2p+1 (0) = 0.
1 5 1 4 1 3 1
c) Avec A5 = A4 et 4)b), il vient A5 = X X + X X.
120 48 72 720
1 6 1 5 1 4 1
A6 = A5 donne A6 = X X + X X 2 + c avec c ! %.
720 240 288 1 440
1 1 1 1
Puis A7 = 5 040 X 7 1 440 X 6 + 1 440 X 5 4 320 X 3 + cX compte-tenu de a7 = 0.
1 1 1 1 1
Avec A7 (1) = A7 (0), il vient 5 040 1 440 + 1 440 4 320 + c = 0 d’où c = 30 240 .
m m
n n 1 n
5) a) On a Sn (m ) = k = k . Utilisons An +1 (X + 1) An +1 (X ) = X .
n!
k =1 k =0
Alors k n = n ! An +1 (k + 1) An +1 (k ) . Il s’ensuit Sn (m ) = n ! An +1 (m + 1) An +1 (0) .
n
m
An +1 (m + 1) = An +1 (m ) + et An +1 (0) = an +1 donne Sn (m ) = n ! An +1 (m ) an +1 + m n .
n!

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 91


m2 m 1 1
b) S1 (m ) = + m = (m 2 + m ) = m (m + 1).
2 2 2 2
3 2 3 2
m m m m m m 1 1
S2 (m ) = 2 + + m2 = + + = (2m 3 + 3m 2 + m ) = m (m + 1)(2m + 1).
6 4 12 3 2 6 6 6
4 3 2 4 3 2 2 2 2
m m m m m m m m (m + 1)
S3 (m ) = 6 + + m3 = + + = (m 2 + 2m + 1) = .
24 12 24 4 2 4 4 4
5 4 3 5 4 3
m m m m m m m m m
S4 (m ) = 24 + +m4 = + + = (6m 4 +15m 3 +10m 2 1).
120 48 72 720 5 2 3 30 30
On observe que S4 (m ) = 4!A5 ( m ) et on sait que A5 (X ) est divisible par X (X 1)(2X 1).
Alors S4 (m ) est divisible aussi par (m + 1)(2m + 1). Il vient alors :
m (m + 1)(2m + 1)(3m 2 + 3m 1)
S4 (m ) = .
30
Notons que 3X 2 + 3X 1 n’a pas de racine rationnelle et on laisse S4 (m ) sous la forme ci-dessus.

2 Équation de degré 3
1) Justifier que l’étude d’un polynôme X 3 + aX 2 + bX + c se ramène à celle d’un polynôme
X 3 + pX + q et que l’on peut se limiter dorénavant au cas où pq " 0.

2i %
2) On considère x1 , x2 , x3 dans ". Usuellement, on note j = exp .
3
3
a) Vérifier que l’ensemble des six nombres x" + jx# + j2 x- , ", #, - deux à deux distincts
3 3
dans [[ 1, 3 ]] se réduit à x1 + jx2 + j2 x3 , x1 + jx3 + j2 x2 .
3 3
b) On pose .1 = x1 + jx2 + j2 x3 et .2 = x1 + jx3 + j2 x2 . Exprimer .1 .2 et .1 + .2 à l’aide
des fonctions symétriques élémentaires des racines x1 , x2 , x3 de X 3 + pX + q.
Former un polynôme Q unitaire de degré 2 dont les racines sont .1 et .2 .
3) a) Étant donné (U, V ) ! "2 , résoudre le système :
x1 + x2 + x3 = 0
x1 , x2 , x3 ! "3 , x1 + jx2 + j2 x3 = U

x1 + j2 x2 + jx3 = V
U V
b) En posant u = 3 et v = 3 , montrer que u + v, ju + j2 v et j2 u + jv sont les racines de
p
P = X 3 + pX + q si et seulement si uv = et u 3 + v3 = q.
3
On déduit de ce qui précède une méthode de résolution de P .
p3
Méthode. u 3 et v3 sont alors les racines de R = X 2 + qX . On prend pour valeur de u une
27
p
des racines cubiques d’une racine de R et on forme v = . Les racines de P sont alors :
3u
u + v, ju + j2 v et j2 u + jv.

92 Thèmes d’étude – Problèmes


4) Exemples.
a) Résoudre les équations : x ! ",
(1) x 3 3x 2 + 2x 1 = 0, (2) 2x 3 12x 2 + 18x + 19 = 0,
(3) x 3 + x 2 + 1 = 0, (4) x 3 3x 1 = 0.

7, en vérifiant qu’il est racine de X 3 + 3X


3 3
b) Simplifier 5 2+7 5 2 14.

5) a) Discriminant
Former une condition nécessaire et suffisante portant sur p et q pour que X 3 + pX + q ait une
racine double.
b) Déterminer ( ! " pour que l’équation x ! ", x 3 8x 2 + (13 ()x 6 2( = 0 ait une
racine double et achever la résolution.
c) On se place dans le cas où p et q sont dans !. Montrer que, si 4p3 + 27q 2 ' 0, alors
les racines de P sont réelles, et que, pour 4p3 + 27q 2 > 0, il y a deux racines complexes
conjuguées et une racine réelle.

6) Méthode trigonométrique dans le cas de racines réelles distinctes.


3
p
a) Justifier que les racines de X 2 + qX sont complexes conjuguées.
27

p q
b) En posant u = rei ) , r > 0, montrer que r = et cos 3) = .
3 2r 3
c) Résoudre algébriquement et trigonométriquement x ! !, x 3 3x + 1 = 0.

Solution

1)
L’utilisation de la formule de Taylor est à préférer aux calculs par identification.

1 a
Le coefficient de (X + h )2 dans P (X + h ) est P (h ). Avec P = 6X + 2a , on choisit h = et il
6 3
vient :
2
a a 2 2 1
P X = X3 + b X+ a ab + c .
3 3 27 3
Les cas p = 0 ou q = 0 sont immédiats.

2) a) On a x2 + jx3 + j2 x1 = j2 x1 + jx2 + j2 x3 , x3 + jx1 + j2 x2 = j x1 + jx2 + j2 x3 : donc :


3 3 3
x2 + jx3 + j2 x1 = x3 + jx1 + j2 x2 = x1 + jx2 + j2 x3 .
Et de même x2 + jx1 + j2 x3 = j x1 + jx3 + j2 x2 , x3 + jx2 + j2 x1 = j2 x1 + jx3 + j2 x2 : d’où :
3 3 3
x2 + jx1 + j2 x3 = x3 + jx2 + j2 x1 = x1 + jx3 + j2 x2 .

b) Soit A = x1 + jx2 + j2 x3 et B = x1 + jx3 + j2 x2 . Avec 1 + j + j2 = 0, il vient :


A + B = 2x1 + j + j2 x2 + j + j2 x3 = 2x1 x2 x3 ,
d’où A + B = 3x1 grâce à x1 + x2 + x3 = 0.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 93


2
AB = x12 + x22 + x32 x1 x2 + x2 x3 + x3 x1 , donc AB = x1 + x2 + x3 3 x1 x2 + x2 x3 + x3 x1 = 3p .

Il s’ensuit .1 .2 = 27p3 .
.1 + .2 = A3 + B3 = (A + B)3 3AB(A + B) = 27x13 + 27px1 = 27q, car x13 + px1 = q.
2 2 3
.1 et .2 sont les racines de X .1 + .2 X + .1 .2 , d’où Q = X + 27qX 27p .

3) a) (E1 ) + (E2 ) + (E3 ) donne : 3x1 = U + V . (E1 ) + j2 (E2 ) + j(E3 ) donne : 3x2 = j2 U + jV .
Et (E1 ) + j(E2 ) + j2 (E3 ) donne : 3x3 = jU + j2 V .
Il est immédiat que ces nombres conviennent.
b) X (u + v) X ( ju + j2 v) X ( j2 u + jv) = X 3 3uvX (u 3 + v3 ).

u + v, ju + j2 v et j2 u + jv sont donc les racines de X 3 + pX + q si et seulement si :


p
uv =
3
et u 3 + v3 = q.

1 9 + 69
4) a) (1) : A = X 3 3X 2 + 2X 1, A(X + 1) = X 3 X 1. R = X 2 X+ admet " =
27 18
1
pour racine. Soit u la racine cubique réelle de " et v = .
3u
Les racines de (1) sont 1 + u + v, 1 + ju + j2 v et 1 + j2 u + jv.
19 23 23
(2) : B = X 3 6X 2 + 9X +
2
, B(X + 2) = X 3 3X +
2
. Soit R = X 2 + 2 X + 7 49, de racine
23 + 3 57 1
"= . On pose alors u = 3
" et v = .
4 u
Les racines de (2) sont 2 + u + v, 2 + ju + j2 v et 2 + j2 u + jv.
1 X 29 29 1
(3) : C = X 3 + X 2 + 1, C X = X3 + . Soit R = X 2 + X + , de racine
3 3 27 27 27 27
29 + 3 93 1
"= . On pose u = 3
" et v = .
54 9u
1 1 1 2
Les racines de (3) sont + u + v, + ju + j2 v et + j u + jv.
3 3 3
i % i %
(4) : l’équation x 2 x + 1 = 0, admet " = e 3 pour racine. On conclut avec u = e 9 .

7, on a c 3 = 14
3 3
b) Avec c = 5 2+7 5 2 3c .
3 3
L’équation x + 3x 14 = 0 a 2 pour racine, d’où X + 3X 14 = (X 2)(X 2 + 2X + 7).
Comme X 2 + 2X + 7 n’a pas de racine réelle, il vient c = 2.

5)
P a une racine double si et seulement si une racine de P est aussi racine de P .
On exploite les fonctions symétriques élémentaires des racines de P , sans calculer ces racines.

a) P = X 3 + pX + q, P = 3X 2 + p de racines r et s.
p 2p
Avec r + s = 0 et rs = , il vient r 2 + s2 = (r + s)2 2rs = et r 3 + s3 = (r + s)3 3rs(r + s) = 0.
3 3
4p3 + 27q 2
Alors P (r )P (s) = donc P a une racine double si et seulement si 4p3 + 27q 2 = 0.
27

94 Thèmes d’étude – Problèmes


8 1 2
b) P = X 3 8X 2 + (13 ()X 6 2( : P X + = X3 3 ( +25 X (63 ( +125).
3 3 27
4 3 4
Il y a une racine double si et seulement si 3 ( +25 + (63 ( +125)2 = 0, c’est-à-dire :
27 27
(3 122 (2 375( = 0, ou encore ( ! 0, 3, 125 .
8 25 250
Pour ( = 0, P = X 3 8X 2 + 13X 6 et Q = P X +
3
= X3
3
X
27
.

25 5
Les racines de Q = 3X 2 sont .
3 3
5 10
La racine double de Q est et il vient que l’autre est ; les racines de P sont alors 1
3 3
(double) et 6.
Pour ( = 3, P = X 3 8X 2 + 16X = X (X 4)2 . Les racines de P sont 4 (double) et 0.
8 400 1 600
Pour ( = 125, P = X 3 8X 2 112X 256 et Q = P X + = X3 X .
3 3 27
400 20 40
Avec Q = 3X 2 , on voit que la racine double de Q est , l’autre est .
3 3 3
Finalement, les racines de P sont 4 (double) et 16.

c) P a une racine réelle au moins.


Pour / = 4p3 + 27q 2 > 0, les racines de R sont réelles ; on choisit u réel, donc :
p
v= réel et u v!! .
3u
1 1
Alors u + v ! ! ; les autres racines 2
u + v + i 3(u v) et
2
u+v i 3(u v) sont
conjuguées non réelles.
Pour / < 0, u 3 et v3 sont conjugués non réels. Avec u tel que v = u , on a u + u , ju + ju et j 2 u + j2 u
réels.

6) a) Avec l’analyse précédente, on a 4p3 + 27q 2 < 0 (donc p < 0) et les racines de R sont
conjugées non réelles.

p p
b) Avec u = rei ) , on a uu = , donc r = .
3 3
3
p q
u 3 étant racine de R = X 2 + qX , on a 2 Re u 3 = q, c’est-à-dire cos 3) = .
27 2r 3

c) En application numérique, 4p3 + 27q 2 = 54 < 0,


1 2% 2% 4% 2%
r = 1 et cos 3) = c’est-à-dire ) = mod ou ) = mod .
2 9 3 9 3
2% 4% %
Les racines sont 2 cos 9 ; 2 cos 9 et 2 cos 9 .
2i %
Algébriquement, les racines de R = X 2 + X + 1 sont j = e 3 et j2 .
2i %
Une racine cubique de j est e 9 , pour la même conclusion.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 95


3 Polynômes de Tchebychev
n est un entier naturel non nul.

1) Montrer qu’il existe un polynôme et un seul Tn tel que :


&t ! !, Tn (cos t )) = cos nt
et qu’il existe un polynôme et un seul Sn tel que &t ! !, sin t Sn (cos t )) = sin nt .
Montrer que Tn et Sn sont dans &[X ]. Préciser leurs degrés et coefficients dominants.
Les polynômes Tn et Sn sont les polynômes de Tchebychev, respectivement de première et de
deuxième espèce.
Pour uniformiser les notations, on pourra poser T0 = 1 et S0 = 0.

2) a) Trouver un lien simple entre Sn et Tn .


b) Montrer que Tn est solution de l’équation différentielle :
(X 2 1)P + XP = n 2 P (1).
c) Montrer que Sn est solution de l’équation (X 2 1)P + 3XP = (n 2 1)P (2).

3) En exploitant l’équation différentielle (1), calculer les coefficients de Tn .


En utilisant le lien entre Tn et Sn , calculer les coefficients de Sn .

1 1 1
4) a) Soit Q = X n Tn X+ . Montrer que Q = (X 2n + 1).
2 X 2
b) En déduire que, pour tout t ! !, Tn (ch t ) = ch(nt ).
1 1 1
c) En considérant X n X Sn X , montrer que sh t Sn (ch t ) = sh(nt ).
X 2 X

Solution

1) On connaît Tn (cos t ) et Sn (sin t ) pour t !]0, % / 2[, c’est-à-dire Tn (x ) et Sn (x ) pour x !]0, 1[


et ceci garantit leur unicité.
Formule de Moivre : (cos t + i sin t )n = cos nt + i sin nt ; on développe et on sépare les parties
réelles et imaginaires. Il vient alors :
2k 2k
cos(nt ) = ( 1)k #n cosn 2k
t sin
2k
t= ( 1)k #n cosn 2k
t (1 cos2 t )k ,
0'2k 'n 0'2k 'n
k 2k +1
sin(nt ) = ( 1) #n cosn 2k 1 t sin
2k +1
t , ce qui s’écrit aussi
1'2k +1'n
2k +1
sin(nt ) = sin t ( 1)k #n cosn 2k 1
t (1 cos2 t )k ,
1'2k +1'n
2k 2k +1
d’où Tn = #n X n 2k (X 2 1)k et Sn = #n X
n 2k 1
(X 2 1)k .
0'2k 'n 1'2k +1'n
Notons que deg Tn = n et deg Sn = n 1. Ce sont en effet des sommes de polynômes de degrés
n et n 1 respectivement, avec des coefficients dominants tous positifs.
2k 2k
Tn est la somme de polynômes de coefficients dominants #n et #n = 2n 1
.
0'2k 'n

96 Thèmes d’étude – Problèmes


2k +1
De même, le coefficient dominant de Sn est #n = 2n 1
.
1'2k +1'n
On note également que Tn et Sn sont des sommes de polynômes à coefficients entiers, ce sont
donc des polynômes à coefficients entiers.

2) a) En dérivant Tn (cos t ) = cos nt par rapport à t , il vient :


sin t Tn (cos t ) = n sin(nt ) = n sin t S n (cos t ),
donc Tn (cos t ) = nSn (cos t ) pour sin t " 0.
L’égalité des fonctions polynomiales sur ]0, 1[ donne Tn = nSn .
b) En dérivant sin t Sn (cos t ) = sin nt par rapport à t , il vient :
cos t Sn (cos t ) sin2 t Sn (cos t ) = n cos nt = nTn (cos t ),
d’où cos t Sn (cos t ) + (cos2 t 1)Sn (cos t ) = nTn (cos t ) et il s’ensuit :
XSn + (X 2 1)Sn = nTn
2 2
puis XnSn + n (X 1)Sn = n Tn et enfin, avec nSn = Tn et nSn = Tn :
(X 2 1)Tn + XTn = n 2 Tn .
c) En dérivant XSn + (X 2 1)Sn = nTn , il vient 3XSn + Sn + (X 2 1)Sn = nTn = n 2 Sn , d’où :
(X 2 1)Sn + 3XSn = (n 2 1)Sn .

3) On écrit Tn sous la forme Tn = ( 1)k ak X n 2k


. On sait que a0 = 2n 1
.
0'2k 'n

Tn = ( 1)k (n 2k )ak X n 2k 1
donne XTn = ( 1)k (n 2k )ak X n 2k

0'2k <n 0'2k 'n 1


k n 2k 2
Puis Tn = ( 1) (n 2k )(n 2k 1)ak X donne :
0'2k 'n 2

X 2 Tn = ( 1)k (n 2k )(n 2k 1)ak X n 2k

0'2k 'n 2
k n 2k
et aussi Tn = ( 1) (n 2k + 2)(n 2k + 1)ak 1X .
2'2k 'n
Par comparaison des termes en X n 2k
dans (X 2 1)Tn + XTn = n 2 Tn , on obtient :
n2 (n 2k )2 ak = (n 2k + 1)(n 2k + 2)ak 1

(n 2k + 1)(n 2k + 2)
c’est-à-dire ak = ak 1 et on obtient :
4k (n k )
n !(n k 1)! n (n k 1)!
ak = 2n 2k 1 = 2n 2k 1 .
(n 2k )!k !(n 1)! k !(n 2k )!

Avec Tn = nSn et Sn = ( 1)k bk X n 2k 1


, il vient nbk = (n 2k )ak , soit :
1'2k +1'n
(n k 1)!
bk = 2n 2k 1 .
(n 2k 1)!k !
n
On peut remarquer que ak = bk .
n 2k
it it int int
e +e e +e
4) a) Pour t ! !, on a Tn 2
=
2
et par suite :
1 1 1 n 1
Tn z+ = z + n pour tout z ! $.
2 z 2 z

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 97


1 1
On considère alors Q = X n Tn X+ .
2 X
2n
z +1 1
Pour tout z ! $, on a Q(z ) = donc Q = (X 2n + 1).
2 2
t t 2nt
e +e e +1
b) En particulier, pour tout réel t , ent Tn = , c’est-à-dire :
2 2
Tn (ch t ) = ch(nt ).
1 1 1
c) De même, on obtient X n X X
Sn
2
X+
X
= X 2n 1 et on en déduit :

sh(nt )
Sn (ch t ) = ,
sh t
ce qui donne les valeurs de Tn (x ) et Sn (x ) pour x !]1, + [.

4 Une équation polynomiale


A et B sont des éléments non nuls de ![X ], de dérivés A et B .
Pour k ! #, on note A(k ) le polynôme dérivé d’ordre k de A.
L’objet du problème est l’étude des couples (A, B) qui vérifient
(1) A B=1
Ea où a est un réel non nul.
(2) X (A B AB ) + X (A2 B 2 ) + aAB = 0

1) Supposons que (A, B) est un couple solution.


a) Montrer que X divise un et un seul des polynômes A et B.
b) Montrer que A et B ont le même degré, noté n , et que les coefficients dominants de A et
de B, notés dom A et dom B, ont la même valeur absolue.
c) En supposant que X divise B, montrer que A divise B A . En déduire que
(3) il existe + ! 1, 1 tel que B A = +A.
d) Montrer que
(4) X (A B ) + aB = +XB puis
(5) X (2 + A + A ) = a (+A + A )

e) En déduire que a = 2n .

2) On suppose que a ! # est pair avec a ! 4, et on pose a = 2n .


Soit alors (A, B) un couple vérifiant (3) et (5) et tel que B(0) = 0.
a) Montrer que A(0) " 0.
b) Montrer que pour tout k ! [[ 2, n ]], on a
(6) XA(k ) = 2 + (n k + 2)A(k 2) + (2n k+2 2 + X )A(k 1)

c) Soit D le pgcd de A et de B. Montrer que D divise les polynômes dérivés successifs de A.


En déduire que A et B sont premiers entre eux.

98 Thèmes d’étude – Problèmes


3) On suppose à nouveau que B(0) = 0 et que a est un entier pair :
a = 2n avec n ! # .

a) Déterminer les polynômes A, normalisés et de degré n , qui vérifient (5).


n 1
p
Pour cela, avec A = X n + ap X , on exprimera ap en fonction de n et de p.
p=0

b) Déterminer les polynômes B tels que (A, B) soit solution de E2n .

Solution

1) a) Avec aAB = X (A B AB + A2 B2 ), il vient que X , premier, divise AB donc il divise


A ou B.
Comme A et B sont premiers entre eux, X divise A ou il divise B mais il ne divise pas A et B.
b) Supposons par exemple que l’on ait deg A < deg B. Posons " = deg A et # = deg B.
On a deg(A B) = " + # 1 = deg(AB ), donc deg(A B AB ) ' " + # 1,
d’où deg X (A B AB ) ' " + # < 2#.
Avec deg A2 = 2" et deg B2 = 2#, on a deg(A2 B2 ) = 2# puis deg X (A2 B2 ) = 2 # +1.
Alors, avec deg(AB) = " + # < 2#, il vient deg X (A B AB ) + X (A2 B2 ) + aAB = 2 # +1, ce
qui est contradictoire avec X (A B AB ) + X (A2 B2 ) + aAB = 0.
De même deg B < deg A conduit à une contradiction. On a donc deg A = deg B et on note n ce
degré commun.
En supposant dom A " dom B , alors on a dom A2 " dom B2 et, avec deg A2 = deg B2 = 2n ,
on obtient deg(A2 B2 ) = 2n puis deg X (A2 B2 ) = 2n + 1.
En examinant les degrés de X (A B AB ), de X (A2 B2 ) et de AB, il vient que le coefficient
dominant de X (A B AB ) + X (A2 B2 ) + aAB est celui de X (A2 B2 ), donc non nul. C’est
encore une contradiction.
En conclusion, il est nécessaire que deg A = deg B et dom A = dom B .
c) Comme X divise B, il ne divise pas A et on a X A = 1.
Comme A est aussi premier avec B, il est premier avec XB.
En écrivant la relation (1) sous la forme XB(B A ) = A X (A B ) + aB (1)-bis,
il vient, avec le théorème de Gauss, que A divise B A .
Il existe donc un polynôme Q tel que B A = AQ.
Avec deg A = deg B 1 = n 1, on a deg(B A ) = deg B = n .
Avec deg AQ = n + deg Q, on obtient deg Q = 0, c’est-à-dire Q ! ! .
On a vu que les coefficients dominants de A et B ont la même valeur absolue. Il en est alors de
même pour A et B A .
On en déduit que B A = +A avec + ! 1, 1 (3)
d) En reportant B A = +A dans (1)-bis, on obtient X (A B ) + aB = +XB (4).
En dérivant B = +A + A , on obtient B = +A + A et, en remplaçant dans (4), il vient
XA X (+A + A ) + a (+A + A ) = +X (+A + A ), c’est-à-dire :
(2 + A + A )X = a (+A + A ) (5).

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 99


e) Soit an le coefficient dominant de A. Celui de (2 + A + A ) est égal à 2 + nan , et celui de
a (+A + A ) est a + an . Alors, avec an " 0, 2 + nan = a + an donne a = 2n .

2)
On étudie l’aspect réciproque de la partie précédente.

a) En utilisant B A = +A, on a +A(0) = A (0).


Si on a A(0) = 0, alors A (0) = 0 donne que 0 est racine au moins double de A.
Soit r ! 2 l’ordre de multiplicité de la racine 0 pour A. Posons A = X r U , avec U (0) " 0.
Pour utiliser (5), exprimons A et A .
A = rX r 1 U + X r U et A = r (r 1)X r 2
U + 2r X r 1 U + X r U .
En reportant dans (5) et en simplifiant par X r 1
, il vient
2
2 + X (rU + XU ) + r (r 1)U + 2rXU + X U = 2n (+XU + rU + XU ),
et on en déduit r (r 1)U (0) = 2r nU (0) et U (0) " 0 donne r 1 = 2n , donc r = 2n + 1.
Une racine de A ayant un ordre de multiplicité au plus égal au degré de ce polynôme : r ' n , la
contradiction donne A(0) " 0.
b) Pour k = 2, la relation (6) se lit XA = 2 + nA + 2(n +X )A ,
ce qui n’est autre que (5) en tenant compte de 2n = a .
Procédons alors par récurrence sur k ! 2.
En dérivant la relation à l’ordre k : XA(k ) = 2 + (n k + 2)A(k 2) + (2n k+2 2 + X )A(k 1)
,
il vient A(k ) + XA(k +1) = 2 + (n k + 2)A(k 1) + (2n k+2 2 + X )A(k ) 2 + A (k 1)

et il s’ensuit XA(k +1) = 2 + (n k + 1)A(k 1) + (2n k + 1 2 + X )A(k ) , c’est-à-dire la relation à


l’ordre k + 1. On a ainsi prouvé (6) par récurrence.
c) A = B +A permet de voir que D divise A .
Si on suppose que D divise les polynômes dérivés sucessifs de A jusqu’à l’ordre k 1, la relation
(6) montre qu’il divise alors XA(k ) .
Comme X ne divise pas A, il ne divise pas D .
Alors D X = 1 et D divise XA(k ) implique que D divise A(k ) .
Il vient donc que D divise tous les polynômes dérivés successifs de A.
En particulier D divise alors A(n ) , donc D est constant. Il s’ensuit que A et B sont premiers entre
eux.
n n n
3) a) Avec an = 1, on a A = ap X p , A = pap X p 1 et A = p (p 1)ap X p 2
.
p=0 p=1 p=2

Avec a = 2n , (5) se lit 2 + XA + XA 2n + A 2nA = 0 et on a donc :


n n n n
p
2+ pap X + p(p 1)ap X p 1
2n + ap X
p
2n pap X
p 1
=0
p=1 p=2 p=0 p=1
n n 1 n n 1
ou aussi 2 + pap X p + p(p + 1)ap+1 X p 2n + ap X p 2n (p + 1)ap+1 X p = 0
p=0 p=0 p=0 p=0

100 Thèmes d’étude – Problèmes


Le coefficient de X n est nul et le terme constant est 2n + a0 2na1 , donc +a1 + a0 = 0.
Rappelons que l’on a a0 " 0.
Pour p ! [[ 1, n 1 ]], le coefficient de X p est 2 + pap + p(p + 1)ap+1 2n + ap 2n (p + 1)ap+1
et il vient 2 + (p n )ap = (2n p)(p + 1)ap+1 .
Notons que cette relation englobe celle vue pour p = 0.
n (n + 1) n (n + 1)
Avec an = 1, il vient an 1 = an = + .
2+ 2
(n 1)(n + 2) (n 1)n (n + 1)(n + 2)
Alors an 2 = an 1 = ( +)2
2+ 2 22 2!
(n p + 1)(n p + 2) . . . (n + p 1)(n + p)
On obtient ensuite an p = ( +)p
2p p !
(n + p)! (2n p)!
c’est-à-dire an p = ( +)p d’où ap = ( +)n p
2p p! (n p)! 2n p
(n p)! p!
n 1
p
b) Avec B = +A + A , on pose B = +X n + bp X et on obtient bp = +ap + (p + 1)ap+1 .
p=0
Cela nous donne les solutions avec A normalisé, les autres sont les ((A, (B) avec ( réel non nul.

5 Décomposition d’une fraction rationnelle


Soit n ! # et (ak )1'k 'n une famille de réels deux à deux distincts, différents de 1 et de 1.
n
On considère le polynôme Q = (X ak ) et la fraction rationnelle
k =1
1
F = .
(X 2 1)Q 2
La forme attendue de la décomposition en éléments simples est :
n n
u v uk vk
F =
X 1
+
X +1
+ 2
+ . (1)
(X ak ) X ak
k =1 k =1

1) Calculer u et v en fonction de Q(1) et de Q( 1).

1
2) Montrer que up = 2
.
(ap2 1) Q (ap )

1
3) Montrer que vp = 3 2ap Q (ap ) + (ap2 1)Q (ap ) .
(ap2 2
1) Q (ap )

4) Soit S = (X 2 1)Q + 2XQ .

a) Montrer que les vp sont tous nuls si et seulement si il existe ( ! ! tel que S = (Q. Préciser
( en fonction de n .

b) Déterminer le polynôme Q tel que tous les vp soient nuls dans le cas où n = 2.

Chapitre 2 - Polynômes - Fractions rationnelles 101


Solution

1) Classiquement [(X 1)F (X )](1) = u et [(X + 1)F (X )]( 1) = v


1 1
d’où u = 2 et v = 2
.
2Q (1) 2Q ( 1)

1
2) On a [(X ap )2 F (X )](ap ) = up avec (X ap )2 F (X ) = où on a posé
(X 2 1)Qp2
1
Qp = (X ak ). Il vient donc up = .
(ap2 1)Qp2 (ap )
k "p
Q = (X ap )Qp donne Q = (X ap )Qp + Qp puis Q (ap ) = Qp (ap ) et
1
up = 2
.
(ap2 1) Q (ap )

3) En multipliant la relation (1) par (X 2 1)Q 2 , on obtient :


n
2
1 = u (X + 1) + v(X 1) Q2 + uk + vk (X ak ) (X 1)Qk2 .
k =1
Dérivons :
n n
2
0 = (u + v)Q2 + 2 u (X + 1) + v(X 1) QQ + vk (X 1)Qk2 + 2 uk + vk (X
2
ak ) XQk
k =1 k =1
n
2
+2 uk + vk (X ak ) (X 1)Qk Qk
k =1
Compte tenu de Qk (ap ) = 0 pour k " p , on obtient :
0 = vp (ap2 1)Qp2 (ap ) + 2up ap Qp2 (ap ) + 2up (ap2 1)Qp (ap )Qp (ap ). (2)
Or Q = (X ap )Qp donne Q = (X ap )Qp + Qp et Q = (X ap )Qp + 2Qp
d’où Q (ap ) = Qp (ap ) et Q (ap ) = 2Qp (ap ).
En substituant dans (2), il vient :
0 = (ap2 1) vp [Q (ap )]2 + up Q (ap )Q (ap ) + 2up ap [Q (ap )]2 .
c’est-à-dire , avec Q (ap ) " 0, 0 = (ap2 1) vp Q (ap ) + up Q (ap ) + 2up ap Q (ap ).
up
d’où vp = (ap2 1)Q (ap ) + 2ap Q (ap ) , soit enfin
(ap2 1)Q (ap )
1
vp = 3 2ap Q (ap ) + (ap2 1)Q (ap ) .
(ap2 2
1) Q (ap )

4) a) Les vk sont tous nuls si et seulement si tous les ak sont racine de S, c’est-à-dire que S est
divisible par Q.
Le coefficient de X n dans S est n (n 1) + 2n c’est-à-dire n (n + 1).
S étant de degré n , il est associé à Q et S = n (n + 1)Q.
b) Pour n = 2, on a ( = 6.
On est amené à déterminer Q = X 2 + aX + b tel que (X 2 1)Q + 2XQ = 6Q.
1 1
Par identification, a = 0 et b = , soit Q = X 2 .
3 3

102 Thèmes d’étude – Problèmes


CHAPITRE 3
Réels, suites, limites
Continuité, dérivation
Formule de Taylor
Développements limités
Sujets d’oraux 104
A. Borne supérieure et partie entière 104
B. Suites réelles, limites 107
C. Continuité, limite 117
D. Dérivation 129
E. Fonctions usuelles 133
F. Formule de Taylor 138
G. Développements limités, comparaison 140

Thèmes d’étude – Problèmes 148


1. Partie entière et densité 148
2. Suites extraites monotones 150
3. Suites de Cauchy 151
4. Inégalité des moyennes 152
5. Suites et séries 153
6. Construction de fonction à l’aide de la suite harmonique 155
7. Approximation 159
8. Théorèmes classiques et applications 162
9. Autour de la fonction exponentielle 166
10. Fonctions à dérivées successives positives 168
11. Majoration des dérivées successives 171
12. Majoration de fonction pseudo-additive 176

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 103
Sujets d’oraux
A Borne supérieure et partie entière

Ex. 1
Soit f : [0, 1] [0, 1] une fonction croissante. Montrer qu’elle admet un point fixe.

Il s’agit uniquement d’un problème d’existence, sans objectif de calcul.


La notion de borne supérieure est un cas typique de ce genre de problème.
On peut alors considérer la partie A = x ! [0, 1] f (x ) ! x et, bien que cela ne constitue pas
une preuve, un dessin peut permettre de voir que la borne supérieure de A est un point fixe de f .
La question clé est de voir comment utiliser la croissance de f .

Si f (0) = 0 ou f (1) = 1, alors f admet un point fixe. Rappelons que un est à prendre au sens de
un au moins.
On se place maintenant dans le cas où f (0) > 0 et f (1) < 1.
Considérons alors l’ensemble A = x ! [0, 1] f (x ) ! x . Il est non vide (il contient 0) et il est
majoré (par 1). Ainsi A admet une borne supérieure ; notons-la s.
On peut espérer avoir f (s) = s et pour l’établir, on peut montrer par l’absurde que f (0) " 0 et
f (0) ! 0.

Supposons que f (s) > s et posons r = f (s) s > 0. On a s + r = f (s) " 1.


Il vient alors # " ]s, s + r [ # [0, 1]. Par croissance de f , on a f (y) ! f (s) pour tout y!]s, s + r [.
Pour tout y < s + r , on a aussi y < f (s), d’où y < f (y) pour tout y!]s, s + r [.
Alors # " ]s, s + r [# A, avec r > 0, est contradictoire avec s = sup A. Il s’ensuit f (s) " s.
Supposons que f (s) < s et posons r = s f (s) > 0. On a s r = f (s) ! 0.
Il vient alors # " ] f (s), s[ # [0, 1]. Par croissance de f , on a f (z ) " f (s) pour tout z !] f (s), s].
Avec f (s) < z pour tout z !] f (s), s], il vient # " ] f (s), s] # A, ce qui est en contradiction avec
s = sup A et il s’ensuit f (s) ! s. Finalement, on a f (s) = s et f admet s pour point fixe.

Ex. 2
n
1
Étant donné x réel, on considère la suite (un )n !! définie par un = 2 E (2kx ).
n
k =1
Montrer qu’elle est convergente, de limite x .

Deux pistes sont à explorer face à un problème concernant la fonction partie entière :
la définition E (x ) " x < E (x ) + 1 ou sa variante x 1 < E (x ) " x ,
x ! E (x ) est caractérisée par $x ! [0, 1[, E (x ) = 0 et $x ! ", E (x + 1) = E (x ) + 1.

104 Sujets d’oraux


n
n (n + 1)
Pour tout k ! [[ 1, n ]], on a 2kx 1 < E (2kx ) " 2kx et, avec 2x k= , il vient :
2
k =1
n n n
2x k n< E (2kx ) " 2x k
k =1 k =1 k =1
n+1 1 n+1 x 1 x
puis x < un " x . Alors < un x" .
n n n n n
Encadrée par des suites de limite 0, la suite un x n !! converge vers 0, d’où lim un = x .

Ex. 3
x x+1
Étant donné x ! ", simplifier l’expression E +E .
2 2

Il s’agit principalement d’un problème de fonction définie sur ".


x x +1
Soit f la fonction définie sur " par f (x ) = E +E .
2 2
x x +1
Pour 0 " x < 1, on a 0 " < 1 et 0 " < 1, d’où f (x ) = 0.
2 2
x+1 x +2 x +1 x
Pour tout x ! ", on a f (x + 1) = E 2
+E
2
=E
2
+E
2
+1 .
Avec E (y + 1) = E (y) + 1 pour tout y ! ", il vient f (x + 1) = f (x ) + 1 et la caractérisation de la
x x +1
fonction partie entière donne f = E , c’est-à-dire E 2 + E 2
= E (x ).

Ex. 4
Étant donné n ! ! , montrer que la partie entière de (2 + 3)n est un entier impair.
On pourra vérifier qu’il existe an et bn dans ! tels que (2 + 3)n = an + bn 3.

n
k
La formule du binôme donne : An = (2 + 3)n = "n ( 3)k 2n k
.
k =0
Dans cette somme on sépare les k pairs des k impairs pour obtenir an et bn .
2k 2k +1
On a donc An = "n 3k 2n 2k
+ 3 "n 3k 2n 2k 1
, qui est de la forme :
0"2k "n 1"2k +1"n
an + bn 3, avec an et bn entiers naturels.
La clé du problème est d’utiliser (2 3)n qui est dans ]0, 1[ et qui s’exprime également en
fonction de an et de bn .
n
k
On a Bn = (2 3)n = "n ( 3)k 2n k
ou aussi :
k =0
2k 2k +1
Bn = " n 3k 2n 2k
3 "n 3k 2n 2k 1
,
0"2k "n 1"2k +1"n
donc Bn = an bn 3.
On a An + Bn = (2 + 3)n + (2 3)2 = 2an .
Et, de 0 < 2 3 < 1, donc 0 < Bn < 1, on déduit An < An + Bn < An + 1.
Alors An = (2 + 3)n vérifie An < 2an < An + 1, c’est-à-dire 2an 1 < An < 2an , ce qui montre
que la partie entière de (2 + 3)n est 2an 1, qui est effectivement un entier impair.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 105
Ex. 5
Comparer E ( n + n + 1) et E ( 4n + 2) pour n ! ! .

Une première indication vient de la comparaison de n+ n + 1 et 4n + 2.

2 2 2
4n + 2 n+ n+1 = 2n + 1 2 n (n + 1) et 2 n (n + 1) = 4n 2 + 4n < (2n + 1)2
montre que n + n + 1 < 4n + 2. On en déduit que :
E n+ n+1 "E 4n + 2 .

On peut raisonnablement envisager que cette inégalité pourrait être une égalité.

Un moyen est de prouver que l’inégalité stricte est interdite.

Procédons pour cela par l’absurde.

Supposons que l’on ait E n+ n+1 <E 4n + 2 et notons p = E 4n + 2 .

Dans !, E n+ n + 1 < p équivaut à E n+ n+1 "p 1.

On a n+ n+1 1<E n+ n+1 "p 1 donc n+ n + 1 < p.

Et avec p = E 4n + 2 " 4n + 2, il vient alors n+ n+1<p" 4n + 2.

Éliminons les racines carrées par élévation au carré.

On a donc 2n + 1 + 2 n (n + 1) < p2 " 4n + 2, ou encore :


2 n (n + 1) < p2 2n 1 " 2 n + 1.
2
En posant q = p 2n 1 ! 0, une nouvelle élévation au carré donne :
4n 2 + 4n < q 2 " 4n 2 + 4n + 1.

Il n’y a pas d’entier strictement compris entre deux entiers consécutifs.

donc, dans un contexte d’entiers, q2 = 4n 2 + 4n + 1.


Alors q2 = (2n + 1)2 donne q = 2n + 1 puis p2 = 4n + 2, ce qui montre que le reste de la
division euclidienne de p2 par 4 est 2.

La contradiction attendue ne semble pas encore apparue. Cependant une dernière remarque
permet de conclure.

Or tout carré d’entier ne peut avoir que 0 ou 1 pour reste dans la division enclidienne par 4. Il
suffit en effet d’examiner :
(2k )2 = 4k 2 et (2k + 1)2 = 4k (k + 1) + 1.

En conséquence l’hypothèse E n+ n+1 <E 4n + 2 est contradictoire, et en conclusion,


pour tout n ! ! , on a :
E n+ n+1 =E 4n + 2 .

106 Sujets d’oraux


B Suites réelles, limites
Ex. 6
On considère des suites réelles (un ) et (vn ), toutes deux de limite 0. On suppose en outre (vn )
un un +1
strictement décroissante. Montrer que si la suite vn vn +1
est convergente, de limite #,
un
alors la suite est de limite #.
vn

La décroissance stricte de (vn ) donne vn vn +1 > 0. Étant en outre de limite 0, elle est
strictement positive.
Cela donne un sens aux deux suites formées à partir de (un ) et (vn ).
De plus, cela permet de multiplier des inégalités par vn vn +1 sans en changer le sens.

un un +1
Pour tout % > 0, il existe N ! ! tel que, pour tout n ! N , on a # %< < # + %.
vn vn +1
On en déduit (# %)(vn vn +1 ) < un un +1 < (# + %)(vn vn +1 ).
p
Pour tout p > n , on forme la somme des inégalités ainsi obtenues. Il vient :
k =n
(# %)(vn vp+1 ) < un up+1 < (# %)(vn vp+1 ).

C’est le moment d’utiliser que (un ) et (vn ) sont de limite 0.

En fixant n quelconque, n ! N , on passe à la limite pour p tendant vers + et on obtient :


(# %)vn " un " (# %)vn .
Et il reste à diviser par vn > 0 pour obtenir en final :
un
$% > 0, &N ! !, $n ! !, n ! N # %" " # + %,
vn
un
ce qui établit lim = #.
vn

Ex. 7
n
k
Pour n ! ! , on considère la fonction fn de " dans " définie par fn (x ) = 1 + x .
k =1
Montrer qu’il existe un unique réel positif, noté an , tel que fn (an ) = 0.
Montrer que la suite (an ) est décroissante et étudier sa convergence.

On a fn (0) = 1 et fn (1) = n 1 ! 0. Le théorème des valeurs intermédiaires (avec la continuité


de fn ) donne l’existence de an !]0, 1] tel que fn (an ) = 0.
L’unicité de an provient de la monotonie stricte de fn sur [0, + [ .
Dans ce type de suite, la monotonie s’étudie en examinant le signe de fn +1 (an ) et avec le sens de
variation de fn +1 .

On a fn +1 (x ) = fn (x ) + x n +1 . En particulier, fn +1 (an ) = ann +1 > 0.


Par définition de an +1 , on a fn +1 (an +1 ) = 0, donc fn +1 (an +1 ) < fn +1 (an ).
Avec la croissance stricte de fn +1 , il s’ensuit an +1 < an .

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 107
La convergence de la suite (an ) est immédiate. On peut s’attacher à préciser la limite.
Décroissante et minorée (par 0), la suite (an ) est convergente.
5 1
Sa limite # vérifie 0 " # < a2 et f2 (x ) = 1 + x + x 2 donne a2 = < 0, 8.
2
n
1 an
Pour n ! 2, on a 0 = fn (an ) = 1 + an d’où :
1 an
1
1 an = an ann +1 , ou encore an = (1 + ann +1 ).
2
Avec 0 < an < a2 , il vient 0 < ann +1 < a2n +1 et lim a2n +1 = 0 donne lim ann +1 = 0.
1
On en déduit que # = lim an = .
2

Ex. 8
Soit 0 < a < b et les suites (un ) et (vn ) définies par :
2 2
un vn
u0 = a , v0 = b, et $n ! !, un +1 = ,v = .
un + vn n +1 un + vn
n
k
Étudier les suites (un ) et (vn ). En déduire, pour 0 < x < 1, la limite de 1 + x2 .
k =0

1) Il est aisé de voir que l’on a un > 0 et vn > 0 et que un < vn pour tout n .
Il est aussi aisé de vérifier que (un ) et (vn ) sont strictement décroissantes.
On a u0 > 0 et v0 > 0. Il est immédiat que, si on a un > 0 et vn > 0, alors, avec :
2 2
un vn
un +1 = et vn +1 = ,
un + vn un + vn
il vient un +1 > 0 et vn +1 > 0.
En conclusion, on a un > 0 et vn > 0 pour tout n .
2 2
vn un
Pour tout n ! !, on a vn +1 un +1 =
= vn un , ce qui montre que la suite (vn un )
un + vn
est constante. D’où $n ! !, vn = un + b a , et en particulier, a < b donne vn > un .
2
un un vn
On a un +1 un = un = , d’où la stricte décroissance de (un ).
un + vn un + vn
La relation vn = un + b a montre qu’il est est alors de même pour (vn ).
Décroissantes et minorées (par 0), les deux suites sont convergentes. Attachons-nous à la déter-
mination de leurs limites.
un2 1 1
Avec un < vn et un +1 = , il vient un +1 < un d’où, pour tout n , un +1 < n u0 .
un + vn 2 2
a
Alors 0 < un < donne lim un = 0. Et ensuite, vn = un + b a donne lim vn = b a.
2n
2) L’urgence est d’établir un lien entre les deux questions pour donner un sens à l’indication
explicite : «en déduire. . . ».
2 n n
u u un u0 2 a 2
On a, pour tout n , v n +1 = 2n et il s’ensuit v = v0
=
b
.
n +1 vn n

a
Avec 0 < a < b, on pose x = b et on a 0 < x < 1.
n n
un n k uk
Alors 1 + = 1 + x 2 , et Pn = 1 + x2 se lit aussi Pn = 1+ .
vn vk
k =0 k =0

108 Sujets d’oraux


À défaut d’avoir conclu, on est revenu aux suites (un ) et (vn ) bien maîtrisées.
N’oublions pas que les produits de quotients se réduisent aisément par télescopage lorsque
ceux-ci sont formés avec des termes d’indices consécutifs d’une suite.
uk u + vk u +v v v0
Notons que l’on a 1 + = k = vk k 2 k = k et il s’ensuit que Pn = .
vk vk vk vk +1 vn +1
b 1 1
Avec lim vn = b a , il vient lim Pn = = et finalement, lim Pn = .
b a 1 a/b 1 x
On est parti de l’examen des suites (un ) et (vn ), c’est-à-dire de a et b, pour faire aparaître le
quotient x de a par b.
Il faut, pour conclure, partir de x et installer des a et b convenables.

Étant donné x réel, 0 < x < 1, on note que 0 < x 2 < x et on construit les suites (un ) et (vn ) à
partir de a = x 2 et b = x .
L’étude précédente montre que tout autre choix de a et b vérifiant 0 < a , 0 < b et a = bx
permet de conclure.

Ex. 9
Pour n ! !, n ! 2, montrer que le polynôme Pn = X n 5X + 1 admet un unique zéro an dans
]0, 1[. Étudier la suite (an ).

L’existence de an vient du théorème des valeurs intermédiaires. Pour l’unicité, il faut étudier les
variations de la fonction polynôme Pn .

La fonction polynôme Pn est continue sur [0, 1].


Avec Pn (0) = 1 et Pn (1) = 3, le théorème des valeurs intermédiaires montre l’existence de
an !]0, 1[ tel que Pn (an ) = 0.
5 21 5+ 21
P2 (X ) = X 2 5X + 1 admet pour racines les réels a2 = !]0, 1[ et b2 = > 1.
2 2
On étudie maintenant le cas où n > 2. Avec P (x ) = n (n 1)x n 2 , la fonction Pn est strictement
croissante sur [0, + [.
On a Pn (x ) = nx n 1 5, donc Pn (0) = 5 et Pn (1) = n 5. Pour 2 " n " 5, on a donc Pn (x ) < 0
pour x !]0, 1[, donc Pn est strictement décroissante sur [0, 1].
Alors an est l’unique valeur d’annulation de Pn sur ]0, 1[.
Pour n > 5, la fonction Pn admet une unique valeur d’annulation rn sur ]0, 1[ en conséquence
de la continuité et de la croissance stricte de Pn sur cet intervalle.
On a ensuite Pn (x ) < 0 pour x ! [0, rn [ et Pn (x ) > 0 pour x > rn .
Par suite, Pn est strictement décroissante sur [0, rn ] et strictement croissante sur [rn , 1].
Avec Pn (1) = 3, il vient Pn (x ) < 0 pour x ! [rn , 1].
Il s’ensuit qu’il y a au plus une valeur d’annulation sur ]0, 1[.
L’étude d’une suite a pour objectif principal de se prononcer sur sa convergence éventuelle. La
monotonie de la suite (an )n !2 sera un excellent argument.

En conséquence, on a Pn (x ) > 0 pour tout x ! [0, an [ et Pn (x ) < 0 pour tout x !]an , 1].
Comparons alors an et an +1 ; on a ann = 5an 1 et an > 0 donne 5an 1 > 0.
Par ailleurs, Pn +1 (an ) = ann +1 5an + 1 = an (ann 5an + 1) + an (5an 1), donc :
Pn +1 (an ) = an (5an 1)
et de Pn +1 (an ) > 0 on déduit que an < an +1 .

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 109
Croissante et majorée, la suite (an ) est convergente.
Il y a lieu pour terminer de calculer cette limite. ann est vraisemblablement «petit» et on conclut
avec ann = 5an 1.

2
Avec 0 < an < 1, il vient 5an 1 = ann < 1 et il s’ensuit 0 < an < .
5
2 n 1
On a donc 0 < ann < , d’où lim ann = 0. Et finalement il vient lim an = .
5 5

Ex. 10
Soit r un réel, 0 < r < 1. On considère la suite (un ) définie par
0 < u0 < u1 et $n ! !, un +2 = un +1 + r n +1 un .
Montrer que cette suite est convergente.

Compte tenu de u0 > 0, u1 > 0 et de r > 0, on voit que $n ! !, un > 0.


Et on en déduit que (un ) est strictement croissante.
Pour que la suite (un ) soit convergente, il suffit alors qu’elle soit majorée.
En utilisant un " un +1 , on réduira la comparaison à deux termes de (un ).

Avec un " un +1 , il vient un +2 " (1 + r n +1 )un +1 , c’est-à-dire un +1 " (1 + r n )un pour n ! 1.


n
Les un étant strictement positifs, on en déduit un +1 " u1 (1 + r k ).
k =1
n
Il suffit alors de majorer l’ensemble des pn = (1 + r k ).
k =1
n
Et pour cela, il suffit de majorer les sn = #n pn = #n (1 + r k ).
k =1
n n
L’inégalité classique #n (1 + x ) " x pour x ! 0 donne #n (1 + r k ) " k
r .
k =1 k =1
n n n
k 1 r 1 r 1
Pour r " 1, on a r = et 0 < r < 1 donne " .
1 r 1 r 1 r
k =1
1
Les nombres sn étant majorés par , la suite (un ) est majorée.
1 r

Ex. 11
#n n !
On considère la suite (un )n !! définie par un = .
n
Montrer que la suite extraite (u2n ) est de limite + .
En comparant u2n +1 et u2n , montrer que (un ) est de limite + .
n
1
Montrer que la suite (vn )n !2 définie par vn = E (#n k ) est convergente.
#n n !
k =1
En donner la limite. (Ici, E est la fonction partie entière.)

110 Sujets d’oraux


n
Une clé est de noter que #n n ! = #n k . Pour montrer que lim u2n = + , on peut chercher
k =1
à minorer u2n par un terme de limite infinie, par exemple #n n .

2n n 2n n
1 1 1 1
Décomposons u2n en #n k = #n k + #n k . On a #n k ! 0, et,
2n 2n 2n 2n
k =1 k =1 k =n +1 k =1
2n
pour k ! [[ n + 1, 2n ]], on a #n k ! #n n donc #n k ! n #n n .
k =n +1

1
On en déduit que u2n ! #n n , et il s’ensuit lim u2n = + .
2
Une démarche analogue permettrait d’aboutir au même résultat pour (u2n +1 ). La comparaison
demandée de u2n +1 et u2n oriente vraisemblablement vers u2n +1 ! u2n .
Rappelons une règle fondamentale : si on a xn = %n + 'n avec 'n = o(%n ), alors xn ! %n .

#n (2n + 1)! #n (2n )! #n (2n + 1) #n (2n )! 2n


On a u2n +1 = = + . Notons que = u ! u2n .
2n + 1 2n + 1 2n + 1 2n + 1 2n + 1 2n
#n (2n + 1)
2n + 1
est de limite 0, donc négligeable devant u2n qui est de limite infinie.
Il s’ensuit que u2n +1 ! u2n .
Il reste à conclure pour la suite (un ) à partir du comportement de chacune des deux suites
extraites (u2n ) et (u2n +1 ).

(u2n ) étant de limite + , il en est alors de même pour (u2n +1 ) et on en déduit finalement que
(un ) est de limite + .
n 1
S’il y a un lien entre les deux parties du texte, c’est probablement en faisant apparaître =
#n n ! un
qui est de limite 0.

Pout tout k ! ! , on a #n k 1 < E (#n k ) " #n k .


n
En sommant pour k ! [[ 1, n ]], il vient #n n ! n< E (#n k ) " #n n !.
k =1

1 1
Il s’ensuit que 1 un
< vn " 1 et lim
un
= 0 donne alors lim vn = 0.

Ex. 12
Soit (an )n !! et (bn )n !! des suites réelles convergentes, de limites respectives % et '.
n
1
On note (cn )n !! la suite définie par : $n ! 1, cn = ak bn k .
n
k =1
Montrer que la suite (cn ) converge vers %'.

Une démarche usuelle consiste à étudier le cas particulier % = 0. Il s’agit alors de montrer que la
suite (cn ) converge vers 0.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 111
Convergente, la suite (bn ) est bornée.
n
B
Soit B > 0 un majorant des bn . On obtient alors cn " ak .
n
k =1
n
1
Comme la suite an converge vers 0, le théorème de Cesaro donne lim ak = 0.
n
k =1
cn est donc majorée par une suite de limite nulle et il vient lim cn = 0, d’où lim cn = 0.
Dans le cas général, on se ramène au cas précédent en posant an = % + dn .

Soit (dn ) la suite définie par : an = % + dn pour tout n ! !. Nous avons lim dn = 0.
n n
1 %
Pour tout n ! 1, cn = dk bn k + bn k .
n n
k =1 k =1
n
1
Le cas particulier donne lim dk bn k = 0.
n
k =1
n n 1 n
1
Avec bn k = bk , le théorème de Cesaro nous donne lim bn k = '.
n
k =1 k =0 k =1
En conclusion, lim cn = %'.

Ex. 13
Soit (un )n !! une suite de réels définie par u0 ! " et $n ! !, un +1 = un + un2 .
1 1
On suppose u0 ! , 0 . Montrer que un ! .
2 n
1
On suppose u0 > 0. Montrer que la suite (vn ), définie par vn = #n un , est convergente.
2n
On note ( sa limite.
Montrer que : $n ! !, #n un " 2n ( " #n (1 + un ) et donner un équivalent de un .
1
Donner un équivalent de un dans le cas où u0 ! , ) 1 .
2

Examinons des cas particuliers en utilisant un +1 = un (1+ un ) ainsi que la monotonie et utilisant
un +1 un .

On a un +1 = f (un ) avec f : x ! x (1 + x ) qui admet 0 pour seul point fixe.


S’il existe p tel que up = 0, alors un = 0 pour tout n ! p.
Et s’il existe q tel que uq = 1, alors uq+1 = 0 et la suite est nulle à partir du rang q + 1.
Dans tous les autres cas, on a un " 0 pour tout n et alors un +1 un = un2 > 0 montre que (un )
est strictement croissante.
1 1 1
On suppose < u0 < 0. L’intervalle , 0 est stable par f , donc on a un ! ,0 ;
2 2 2
en particulier, la suite (un ) est bornée, donc convergente.
1
Sa limite # appartient à , 0 , donc f est continue en # et # est un point fixe de f , donc # = 0.
2
Une des techniques efficaces, quand faire se peut, est de mettre en évidence une fraction que l’on
décompose en somme.
Une autre clé est l’utilisation du théorème des moyennes de Cesaro.

112 Sujets d’oraux


1 1 1 1 1
En écrivant un +1 = un (1 + un ) sous la forme = , il vient = .
un +1 un (1 + un ) un +1 un 1 + un
1 1 1
Alors = est de limite 1.
un +1 un 1 + un
n 1 n 1
1 1 1 1 1 1 1 1 1
Donc, avec = , puis = , le théorème
uk +1 uk un u0 n uk +1 uk nun nu0
k =0 k =0
1
de Cesaro donne alors : lim nu = 1, c’est-à-dire :
n

1 1
! 1 ou encore un ! .
nun n
On suppose u0 > 0. La croissance de (un ) assure que un > u0 > 0 pour tout n .
L’absence de point fixe supérieur à u0 suffit pour affirmer que lim un = + .
1
Formons vn +1 vn = #n un +1 #n un2 . Alors un +1 un2 = un > 0 donne #n un +1 > #n un2 ,
2n +1
donc vn +1 vn > 0 et (vn ) est strictement croissante.
un +1 1 + un 1
Avec un +1 = un (1 + un ), on a 2 = , d’où #n un +1 #n un2 = #n 1 + , et il s’ensuit :
un un un

1 1 1 1 1 1
vn +1 vn = #n 1 + < < .
2n +1 un 2n +1 un 2n +1 u0
n n
1 1 1
Par suite, vn = v0 + (vk vk 1 ) < v0 + < v0 + et (vn ) est majorée.
k =1
u0
k =1
2k u0

En conclusion, croissante et majorée, la suite (vn ) est convergente, de limite ( > 0.

Dans la double inégalité demandée, l’une est immédiate. Pour l’autre, il est envisageable d’étudier
1
la suite de terme général n #n (1 + un ) pour la comparer à (.
2

La suite (vn ) étant croissante, on a vn " (, c’est-à-dire #n un " 2n (.


1 1 1
Soit (wn )n !! la suite définie par wn = #n (1 + un ). On a wn vn = #n 1 + d’où :
2n 2n un

1 1
0 < wn vn < .
2 n un
Il s’ensuit que lim(wn vn ) = 0 et lim wn = (.

1
On a wn +1 wn = n +1 #n (1 + un +1 ) #n (1 + un )2 .
2
En remarquant que (1 + un )2 = 1 + 2un + un2 = 1 + un +1 + un > 1 + un +1 , on obtient wn +1 wn < 0,
donc (wn ) est strictement décroissante. On en déduit alors ( < wn .
En conclusion, on a #n un < 2n ( < #n (1 + un ).

Il reste maintenant à en déduire un équivalent en passant d’abord aux exponentielles.

Attention, il serait désastreux de partir de #n un ! 2n (.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 113
De l’inégalité précédente on déduit un " exp 2n ( " 1 + un .
Avec lim un = + , il s’ensuit un ! exp 2n ( .
Les cas qui n’ont pas encore été envisagés se ramènent à un cas qui est connu en examinant u1
et en considérant la suite (vn ) avec vn = un +1 .

Pour u0 < 1, on a v0 = u1 > 0, donc vn ! exp 2n ( , puis un ! exp 2n 1


( .

1 1 1 1 1
Pour u0 ! 1, , on a v0 = u1 ! , 0 , donc vn ! puis un ! ! .
2 2 n n 1 n

Ex. 14
1
Soit (sn ) une suite réelle de limite 0. et telle que sn + sn +1 ! .
n
1
Montrer que, si (sn ) est décroissante, alors sn ! .
2n
Montrer que ce résultat est en défaut dans le cas où (sn ) n’est plus supposée décroissante.
1 ( 1)n
On pourra étudier (sn ) définie par sn = + .
2n n

Avec (sn ) décroissante et de limite 0, la suite (sn ) est à termes positifs.


L’hypothèse peut se lire lim n (sn + sn +1 ) = 1.
La décroissance de (sn ) risque d’être davantage utilisée. Un objectif peut être d’encadrer (2nsn )
par des suites de limite 1.
Considérons la suite (an ) définie par an = n (sn + sn +1 ).
La décroissance de (sn ) donne sn +1 " sn , d’où an " 2nsn .
On a aussi sn ! sn 1 , d’où, avec an 1 = (n 1)(sn 1 + sn ), an 1 ! 2(n 1)sn .
n 1
On en déduit an " 2nsn " an 1 . Il s’ensuit lim 2nsn = 1, d’où sn ! .
n 1 2n
Le rôle de la décroissance de (sn ) s’est révélé essentiel. Notons que l’on n’a pas utilisé la positivité
de (sn ).
Étudions deux situations à titre de contre-exemples.
1 ( 1)n
Considérons la suite définie par sn = + .
2n n
1 1 1 1 ( 1)n 2n + 1
sn + sn +1 = ( 1)n + + = + .
n n+1 2n 2(n + 1) n (n + 1)( n + n + 1) 2n (n + 1)
n n n
( 1) ( 1) 2n + 1 1 ( 1) 1 1
Avec ! , ! et =o , il vient sn + sn +1 ! n .
n (n + 1) n+ n+1 2n n 2n (n + 1) n 2n n n

1 1 ( 1)n
Cependant, avec =o , on a sn ! .
2n n n
Dans ce contre-exemple, la suite (sn ) n’était pas positive et on peut craindre d’avoir une situation
peu convaincante. Abordons un autre contre-exemple avec (sn ) positive.
1 n
Considérons la suite (sn ) définie par s2n = et s2n +1 = e . Notons an = sn + sn +1 .
2n
n 1 1 1 1
Avec e =o , on a a2n ! , et de même, a2n +1 ! donc a2n +1 ! .
2n 2n 2n + 2 2n + 1
1
En final, on a bien sn + sn +1 ! n .
1
On a bien 2ns2n ! 1 mais lim(2n + 1)s2n +1 = 0 interdit à sn d’être équivalent à .
n

114 Sujets d’oraux


Ex. 15
On considère une suite (un ) de réels et on note *un = un un +1 , *2 un = *un *un +1 .
2
On suppose que $n ! !, * un ! 0 et que la suite (un ) est bornée.
Montrer que la suite (*un ) est convergente puis que (un ) est décroissante et convergente.
2n
Montrer que la suite (n * un ) est de limite 0. On pourra majorer n * u2n par *u k .
k =n +1
n 1
En déduire que la suite (Sn ) définie par Sn = (k + 1) *2 uk est convergente.
k =0

La première information est $n ! !, *2 un ! 0. Commençons par l’expliciter.

*2 un = *un *un +1 ! 0 se lit *un ! *un +1 .

Cette inégalité met en évidence une suite décroissante.

La suite (*un ) est donc décroissante.


Soit M un majorant de ( un ). Alors *un " un + un +1 " 2M montre que (*un ) est bornée.
Il s’ensuit que la suite (*un ) est convergente. Notons # sa limite.
Dire que (un ) est décroissante équivaut à dire que tous les *un sont positifs ou nuls.
Il suffit donc de prouver que # est positive ou nulle.

Supposons que l’on ait # < 0.


Il existe alors p ! ! tel que *up < # / 2 < 0, donc pour tout n ! p, on a *un < 0.
Pour tout n ! p, un un +1 < 0 montre que la suite (un )n !p est croissante.
Étant en outre bornée, elle est convergente.
Ainsi (un ) est convergente et on en déduit que *un = un un +1 est de limite 0.
De la contradiction constatée, on déduit que # ! 0.
On peut maintenant conclure pour la suite (un ).
L’objectif que (n * un ) soit de limite 0 rend nécessaire que # soit nul.

Par suite, on a *un ! 0 pour tout n , c’est-à-dire un ! un +1 et la suite (un ) est décroissante.
Étant en outre bornée, elle est convergente. Notons ( sa limite.
Il s’ensuit que *un = un un +1 est de limite 0.

Qu’une suite (%n ) décroissante soit de limite 0 ne suffit pas à dire que (n %n ) est de limite 0. Un
exemple en est donné par la suite (1 / n ).
L’indication est à étudier de plus près.

2n
On a *u2n " *un +k pour n + k " 2n , donc n * u2n " *u k .
k =n +1
2n
Or *uk = un +1 u2n et la convergence de (un ) donne lim(un +1 u 2n ) = 0 .
k =n +1

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 115
Il s’ensuit lim 2n * u2n = 0.
2n +1
De même, on a *u2n +1 " *un +k pour n + k " 2n + 1, donc n * u2n +1 " *uk et avec :
k =n +2
2n +1
*uk = un +2 u2n +1 ,
k =n +2

il s’ensuit lim n * u2n +1 = 0, puis lim(2n + 1) * u2n +1 = 0.


Les suites extraites 2n * u2n et (2n + 1) * u2n +1 étant de limite nulle, la suite (n * un ) est
convergente, de limite 0.
Avec wn = (n + 1) *2 un , notre premier souci est de simplifier Sn en faisant apparaître une
somme télescopique.
n 1
On a par définition : Sn = (k + 1) *2 uk .
k =0

Avec (k + 1) *2 uk = (k + 1)(*uk *uk +1 ) = k * uk (k + 1) * uk +1 + *uk , il vient :


n 1
Sn = n * un + *u k .
k =0
n 1 n 1
Puis avec *u k = (uk uk +1 ) = u0 un , on obtient finalement :
k =0 k =0
Sn = n * un + u0 un .
Alors lim n * un = 0 et lim un = ( donne lim Sn = u0 (.

Ex. 16
n k
2 1
Pour n ! ! , on pose un = e n #n 1 + .
k
k =1
n
1
Donner la limite de (vn ) définie par vn = #n 1 + . En déduire celle de (un ).
k
k =1
En étudiant un vn , montrer que l’on a un ! vn . En déduire que un ! #n n .

L’étude de vn est immédiate en réduisant la somme par télescopage aisé.


Et on voit facilement que un ! vn .
n
1 k+1 1
#n 1 + = #n = #n (k + 1) #n k donne #n 1 + = #n (n + 1) #n 1 = #n (n + 1)
k k k
k =1
et il s’ensuit que lim vn = + .
k k
1 1
Avec e n 2 > 1, on a e n 2 #n 1 + k > #n 1 +
k
puis un > vn donc lim un = + .
n n k
1 2 1
Avec #n (n + 1) = #n 1 + , on a un #n (n + 1) = en 1 #n 1 + > 0.
k k
k =1 k =1
k 1 1
Pour k ! [[ 1, n ]], on a 0 < e n 2 1"en 1 et #n 1 + > 0, donc :
k

116 Sujets d’oraux


n
1 1 1
0 " un #n (1 + n ) < e n 1 #n 1 + = (e n 1) #n (n + 1).
k
k =1

un ! vn s’exprime par un vn = o(vn ).


1
Alors lim e n 1 = 0 donne un vn = o(vn ), c’est-à-dire un ! vn .

Avec un ! #n (n + 1) et #n (n + 1) ! #n n , il vient enfin u n ! #n n .

C Continuité, limite
Ex. 17
Déterminer les applications f continues non nulles de ]0, + [ dans ]0, + [ telles que :
(1) pour tous x et y strictement positifs, f xf (y) = yf (x ),
et (2) f est de limite 0 en + .

En prenant les images par f des deux membres de (1), on a f f xf (y) = f yf (x ) . Alors, avec
(1), il vient f f xf (y) = xf (y). Tout xf (y) est donc invariant par f f .
Avec x !]0, + [ quelconque et y fixé tel que f (y) " 0, on obtient f f = Id.

La fonction x ! 1 / x en est un exemple usuel. Sans la condition de limite 0 en + , la fonction


Id conviendrait aussi. Cette condition joue donc un rôle clé.
En prenant la limite en + dans f f (x ) = x , et avec lim f (x ) = 0, on voit qu’il est nécessaire
x +
que f ait pour limite + en 0.

Avec y = x , la relation (1) donne $x > 0, f xf (x ) = xf (x ).


Pour x > 0, posons u = xf (x ). Ce réel est invariant par f .
La question devient alors : xf (x ) est-il toujours égal à 1 ?
Pour u > 1, les puissances de u tendent vers + et on peut utiliser l’hypothèse de limite nulle
pour f . Une priorité est donc d’examiner les images par f des puissances de u .

Montrons par récurrence la propriété $(n ) : pour tout n ! ! , f (u n ) = u n .


Avec f (u ) = u , la propriété $(1) est vraie.
Supposons que $(n ) soit vraie, avec n ! ! et formons f u n +1 .
On a u n +1 = u n u = xu n f (x ). D’après (1), on obtient f u n +1 = xf xu n .
Or f (u n ) = u n , donc toujours d’après (1), f (xu n ) = f xf (u n ) = u n f (x ) et finalement :
f u n +1 = xu n f (x ) = u n +1 .
La propriété $ est donc héréditaire et, puisque $(1) est vraie, il vient que $(n ) est vraie pour
tout n ! ! .
Remarquons alors que f f = Id donne f f (1) = 1 et, d’après (1) :
f f (1) = f 1f (1) = 1f (1) = f (1), d’où f (1) = 1.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 117
1 n 1 n
Avec 1 = n u = n f (u ) et, en appliquant (1), il vient pour tout n ! ! :
u u
1 1 1
f (1) = u n f n donc f n = n.
u u u
Pour u > 1, de lim u n = + , on déduit lim f u n = 0 et on voit une contradiction à partir
de f u n = u n .
1 1
De même, pour u < 1, on a lim =+ donc lim f = 0, pour une nouvelle contradiction.
un un
1
En conséquence, et cela pour tout x > 0, on a u = 1, c’est-à-dire $x > 0, f (x ) = . Et on a déjà
x
remarqué que cette fonction convient, c’est donc l’unique solution du problème.

Ex. 18
Un train omnibus parcourt 120 km en trois heures. Montrer qu’il existe un intervalle d’une
heure durant lequel il a parcouru 40 km exactement.

La distance parcourue est une fonction continue du temps de parcours.


La priorité est d’installer une fonction qui indique la distance parcourue en une heure, et
d’examiner pourquoi cette fonction peut prendre la valeur 40.

Soit f la fonction qui à t ! [0, 3], associe la distance (exprimée en kilomètres) parcourue jusqu’à
l’instant t (exprimé en heures).
g : [0, 2] ", t ! f (t + 1) f (t ) est la distance parcourue en une heure à partir de l’instant t .
Avec f (0) = 0 et f (3) = 120, il vient :
g(2) = 120 f (2), g(1) = f (2) f (1) et g(0) = f (1).
1
En ajoutant, on obtient 120 = g(0) + g(1) + g(2), ou aussi 40 = g(0) + g(1) + g(2) .
3
Le problème, avec cette analyse, est ainsi ramené à la formulation ci-avant.
Il reste à justifier que cette égalité est possible, en mettant en œuvre la continuité qui n’a pas
encore été exploitée.

1
Soit m et M les bornes de g continue sur [0, 2]. On a m " g(0) + g(1) + g(2) " M , et il reste à
3
appliquer le théorème des valeurs intermédiaires pour conclure.

Ex. 19
Déterminer l’ensemble des fonctions f ! [0, 1], " telles que f f = f.
1
Préciser cet ensemble lorsque l’on suppose en outre f de classe sur [0, 1].

Les fonctions constantes sont évidemment solutions.

1)
L’égalité f f (x ) = f (x ) se lit f f (x ) = f (x ), donc tout f (x ) est invariant par f .
Elle est vraie plus généralement pour tous les points fixes par f . Étudions cet ensemble.

Notons f l’ensemble des points invariants par f .


Pour tout x ! [0, 1], on a f f (x ) = f (x ), donc Im f # f.

118 Sujets d’oraux


Réciproquement, pour x ! f , on a f (x ) = x , donc x ! Im f .
Finalement, l’ensemble f est égal à Im f .
Il reste à examiner si cette propriété est suffisante pour obtenir f f = f.
Notons que Im f = f montre que f est une fonction de [0, 1] dans [0, 1].

Soit f : [0, 1] [0, 1], continue et telle que f = Im f .


f étant continue sur [0, 1], son image est un intervalle fermé borné [a, b], avec 0 " a " b " 1.
Pour tout x ! [a, b], f (x ) = x donne f f (x ) = f (x ).
Pour tout x ! [0, a [$]b, 1], on a f (x ) ! Im f , donc f (x ) ! f , c’est-à-dire f f (x ) = f (x ).
La fonction f vérifie donc f f = f .
2) 1
On se limite aux fonctions non constantes pour lesquelles l’hypothèse de classe n’apporte
rien.

L’image de [0, 1] par f est J = [a, b], avec 0 " a < b " 1. (a < b provient de f non constante.)
L’application fJ induite par f sur J est IdJ .
On a donc f (x ) = 1 pour tout x !]a, b[. Comme f est continue, on a nécessairement :
f (a ) = 1 et f (b) = 1.
Supposons que l’on ait 0 < a .
Avec f ([0, a [) # f ([0, 1]) = J , on a en particulier f (x ) ! a pour tout x ! [0, a [.
La fonction f présente alors un minimum local en a !]0, 1[, donc f (a ) = 0, ce qui est contra-
dictoire avec f (a ) = 1. On a donc a = 0.
On montre de même que b = 1.
En conclusion, f est l’identité sur [0, 1].
Les fonctions de classe 1 sur [0, 1] telles que f f = f sont finalement Id[0,1] et les fonctions
constantes sur [0, 1].

Ex. 20
Soit f ! (", ") telle que tout y ! " admet au plus deux antécédents par f .
Montrer qu’il existe un réel qui admet un antécédent et un seul par f .

Toute application injective convient. On peut se limiter à l’étude du cas où f continue n’est pas
injective.
Notons que f n’est constante sur aucun segment [a, b] tel que a " b.

Si f n’est pas injective, il existe (a, b) ! "2 , a < b, tel que f (a ) = f (b).
Notons y0 cette valeur commune.
On étudie la restriction de f au segment [a, b].

Puisque f est continue sur [a, b], il existe (m, M ) ! "2 , m " M , tel que f ([a, b]) = [m, M ], et
comme f n’est pas constante sur [a, b], on a m < M .
On peut examiner si y0 n’est pas un élément particulier de [m, M ].

Supposons que y0 appartient à ]m, M [, c’est-à-dire y0 % m, M .


Il existe alors c et d dans ]a, b[ tels que f (c ) = m et f (d ) = M , puis, par le théorème des valeurs
intermédiaires, il existe x0 !]c, d [ tel que f (x0 ) = y0 .

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 119
Avec [c, d ]#]a, b[, y0 aurait alors trois antécédents distincts, ce qui est exclu.
On en déduit que y0 est égal à m ou à M .
Étudions le cas où y0 = m . Le cas où y0 = M ne devrait pas être bien différent.
Le minimum de f sur [a, b] est atteint en a et en b, et on a M > m .
Il faut garder présent à l’esprit que y ! [m, M ] peut avoir un antécédent en dehors de [a, b].

On suppose que y0 = m et on considère d !]a, b[ tel que f (d ) = M .


Supposons qu’il existe d ! ", d " d , tel que f (d ) = M .
Avec M " m , on a nécessairement d % a, b .
Si d < a , tout t !]m, M [ admet par f un antécédent dans chacun des trois intervalles disjoints
]d , a [, ]a, d [ et ]d, b[. Et c’est contraire à l’hypothèse sur f .
d > b est à écarter pour la même raison : d aurait un antécédent dans chacun des intervalles
]a, d [, ]d, b[ et ]b, d [.
Pour le cas a < d < b, posons % = inf d, d et ' = sup d, d .
Tout t ! f (]%, '[) admet trois antécédents distincts : un dans ]a, %[, un dans ]%, '[ et un dans
]', b[. Ce dernier cas est à écarter lui aussi.
En conclusion d est le seul antédédent de M par f .
Plutôt que de faire une démonstration tout à fait voisine dans le cas où y0 = M , on se ramène
au cas déjà étudié.

Dans le cas où y0 = M , on considère la fonction g = f .


Le maximum de g sur [a, b] est M = m et son minimum est m = M .
L’étude précédente montre que M admet un antécédent unique par g, c’est-à-dire que m admet
un antécédent unique par f .

Ex. 21
x +y f (x ) + f (y)
Soit f ! %(", ") telle que $(x, y) ! "2 , f = (1).
2 2
Montrer que f est affine : il existe (a, b) ! "2 tel que $x ! ", f (x ) = ax + b.
On commencera par étudier le cas où f (0) = f (1) = 0.

1)
On examine le cas où f (0) = f (1) = 0. On applique alors la propriété (1) avec y = 0 puis
avec y = 1.

Supposons f (0) = f (1) = 0.


x +y
Avec f (x ) + f (y) = 2f , il vient :
2
x
f (x ) = 2f en choisissant y = 0,
2
x+1
et f (x ) = 2f en choisissant y = 1.
2
x x +1 x x 1
On a donc f =f , c’est-à-dire f =f + pour tout x ! ".
2 2 2 2 2
1 1
Ainsi f admet pour période et il suffit de l’étudier sur 0, .
2 2

120 Sujets d’oraux


1
Continue sur 0, , f est bornée et elle atteint ses bornes sur ce segment.
2
1 1
Soit M la plus grande valeur prise sur 0, 2 par la fonction f qui est continue sur 0, 2 . Ce
1
maximum est atteint en un point c ! 0, 2 .
x
En appliquant la propriété f (x ) = 2f à 2c , il vient f (2c ) = 2f (c ) = 2M .
2
1
Or la périodicité de f assure que M est aussi le maximum de f sur [0, 1] et c ! 0, donne
2
2c ! [0, 1], donc f (2c ) " M . Il s’ensuit que 2M " M , c’est-à-dire M " 0.
1 1
On procède de même pour le minimum m de f sur 0, 2 , atteint en d ! 0, 2 . L’égalité
f (2d ) = 2f (d ) = 2m et f (2d ) ! m donne m ! 0.
1
0 " m " M " 0 donne enfin m = M = 0, donc f est nulle sur 0, .
2
La périodicité permet alors de dire que f est la fonction nulle sur ".
2)
Il y a une fonction affine (et une seule) qui prend des valeurs données en 0 et en 1.
Et toute fonction affine vérifie la propriété (1).

Soit f une fonction continue sur " qui vérifie la propriété (1).
On considère la fonction affine g définie par g(0) = f (0) et g(1) = f (1).
La fonction h = f g est continue sur " et vérifie encore la propriété (1) et on a h (0) = h (1) = 0.
La première question donne h = 0, d’où f = g, donc f est affine.

Ex. 22
Trouver les fonctions f ! (", ") telles que :
$(x, y) ! "2 , f (x + y)f (x y) = f 2 (x )f 2 (y) (1)

2
Dans un contexte de fonction f à valeurs réelles, f 2 (x ) est mis pour f (x ) .
Dans ce type de problème, on commence par préciser les solutions constantes sur " (qui sont
évidemment continues).

Les solutions constantes f = c ! " sont celles qui vérifient c 2 = c 4 . Ce sont donc les constantes
c ! 0, 1, 1 .
Dans la suite, on se limite à la recherche des solutions non constantes.
On examine maintenant des situations particulières pour obtenir quelques informations sur une
solution.

En prenant y = 0, il vient f 2 (x ) = f 2 (x )f 2 (0) pour tout x ! ".


Si f n’est pas constante, donc f " 0, il existe u ! " tel que f (u ) " 0 et 1 f 2 (0) f 2 (u ) = 0 donne :
f (0) = 1 ou f (0) = 1.
Si f est solution, il est immédiat de vérifier que f l’est aussi.
On peut donc se limiter à la recherche des solutions f telles que f (0) = 1.
Le cas particulier x = 0, c’est-à-dire f (y)f ( y) = f 2 (y) donnerait une autre information sous
réserve que f (y) soit différent de 0. Examinons si cela est possible.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 121
Supposons qu’il existe v ! " tel que f (v) = 0. Notons que nécessairement on a v " 0.
v v v
En prenant x = y = , il vient f (v)f (0) = f 4 et on en déduit f = 0.
2 2 2
v
Il s’ensuit que, pour tout n ! !, f = 0.
2n
v
Avec lim et la continuité de f en 0, il vient f (0) = 0, en contradiction avec f (0) = 1.
n + 2n
En première conclusion, une solution non constante ne prend pas la valeur 0 sur ".
Le théorème des valeurs intermédiaires nous assure alors que f est de signe constant, donc, les
solutions telles que f (0) = 1 sont strictement positives sur ".
Le cas particulier x = 0 donne f (y)f ( y) = f 2 (0)f 2 (y) = f 2 (y).
Avec f (y) " 0, il vient f ( y) = f (y), et cela pour tout y ! ". Ainsi une solution est nécessairement
paire.
Un premier bilan : les solutions telles que avec f (0) = 1 sont strictement positives et elles sont
paires.
Puisque l’on recherche des solutions qui sont strictement positives, on passe au logarithme.

f > 0 est solution de (1) si et seulement si + = #n f ! (", ") est solution de l’équation :
pour tout (x, y) ! "2 , +(x + y) + +(x y) = 2 +(x ) + +(y) (2).
Avec f (0) = 1, on a nécessairement +(0) = 0.
La parité de f implique que + est paire, et la continuité de f donne celle de +.
Pour f non constante, la fonction + n’est pas constante, donc il existe w tel que +(w) " 0.
Si + vérifie (2), alors pour tout ( ! ", la fonction (+ vérifie (2).
Cette situation est plus simple dans la mesure où on en connaît une solution particulière.

La fonction +0 définie sur " par +0 (x ) = x 2 convient. En effet, (x + y)2 + (x y)2 = 2(x 2 + y2 ).
Le rêve serait que ce soit la seule à une constante multiplivative près.
Commençons par établir que, pour n ! ! , +(n ) est un multiple constant de n 2 .

En prenant x = y = 1, il vient +(2) + +(0) = 4 + (1), c’est-à-dire +(2) = 22 + (1).


En posant ( = +(1), on suppose que +(k ) = (k 2 pour tout k ! ! , avec k " n .
En prenant x = n et y = 1, il vient +(n + 1) + +(n 1) = 2 +(n ) + ( .
Avec +(n 1) = ((n 1)2 et +(n ) = (n 2 , on obtient +(n + 1) = ( 2n 2 + 2 (n 1)2 , d’où :
+(n + 1) = ((n 2 + 2n + 1) = ((n + 1)2 .
En conséquence, on a +(n ) = (n 2 pour tout n ! ! .
On a +(n 1) = n 2 + (1). Plus généralement on peut espérer que +(nx ) = n 2 + (x ).
Comme + est paire on a aussi +( n ) = (n 2 et enfin, avec +(0) = 0, on a +(n ) = (n 2 pour tout
n ! #.

Une simple transcription de la preuve précédente, en remplaçant +(k ) par +(kx ) et +(1) par +(x )
permet d’obtenir +(nx ) = n 2 + (x ) pour tout x ! " et tout n ! ! .
On est maintenant en mesure d’exprimer +(r ) pour tout r ! $.

p
Pour r ! $, avec r = , p ! # et q ! ! , on utilise qr = p. Avec +(qr ) = q2 + (r ) et +(p) = (p2 , on
q
déduit +(r ) = (r 2 .

122 Sujets d’oraux


Pour achever cette analyse, il reste à exprimer que tout réel est limite d’une suite de rationnels.

Pour tout x ! ", il existe une suite (xn ) de rationnels de limite x .


On a d’une part +(xn ) = (xn2 et d’autre part lim +(xn ) = +(x ) par continuité de +.
On en déduit alors que +(x ) = (x 2 .
Il est immédiat de vérifier que les fonctions x ! (x 2 , avec ( ! ", vérifient (2).
2
Les solutions de (1) sont donc, outre la fonction nulle, les fonctions x ! e(x et les fonctions
2
x ! e(x pour tout ( ! ".

Ex. 23
Trouver toutes les fonctions réelles définies sur ", continues en 0 et telles que :
$x ! ", f (2x ) = f (x ) cos x .
n
x sin x
On pourra montrer que, pour tout n ! ! et tout x &/ 0 mod ,, cos k
= x
.
2 n
k =1 2 sin n
2

x
Si x n’est pas un multiple entier de ,, il en est de même pour .
2n
Vérifions par récurrence la formule proposée.

On considère x /& 0 mod ,.


n
x sin x
Notons Pn (x ) = cos et (rn ) la propriété Pn (x ) = x .
k =1
2k n
2 sin n
2
x sin x
La propriété (r1 ) se lit cos = et elle est vraie.
2 2 sin
x
2
x
On a Pn +1 (x ) = Pn (x ) cos et, avec (rn ) et (r1 ), il vient :
2n +1
x
sin x sin sin x
2n
Pn +1 (x ) = x x
c’est-à-dire Pn +1 (x ) = x
.
2n sin n
2 sin n +1
2n +1 sin n +1
2 2 2

Ainsi, (rn ) implique (rn +1 ), donc (rn ) est vraie pour tout n ! ! .
Conformément à l’indication (généreusement !) fournie, il y a lieu d’exprimer f (x ) en fonction
de Pn (x ). Après avoir fait apparaître P1 (x ) pour exprimer la définition de f (x ), on cherche à
faire apparaître P2 (x ).

$x ! ", f (2x ) = f (x ) cos x donne :


x x x x x x
f (x ) = f cos =f P1 (x ) et aussi f =f cos
2 2 2 2 22 22
x x x x
et il vient alors f (x ) = f cos cos =f P2 (x ).
2 2 2 2 2
22
x
On voit alors aisément que, pour tout n ! ! , f (x ) = f Pn (x ).
2n
Le passage de l’expression de f (x ) à l’aide de P1 (x ) à celle de f (x ) à l’aide de P2 (x ) est assez clair
pour qu’il s’adapte immédiatement du rang n au rang n + 1.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 123
Soit x " 0, x & 0 mod , : x = k ,, k ! # .
On décompose k en k = 2q (2p + 1) avec q ! ! et p ! #.
x 1
On a donc cos = cos p +
2
, = 0. Donc, n ! q + 1 donne Pn (x ) = 0, et il s’ensuit que,
2q+1
dans le cas étudié, on a f (x ) = 0.
sin x x sin x
Pour tout x /& 0, on a, pour tout n ! ! , Pn (x ) = . Alors, f (x ) = f .
n
2 sin
x 2n n
2 sin
x
n n
2 2
x
x sin x 2n
On écrit alors f (x ) sous la forme f (x ) = f x .
2n x
sin n
2

x
Avec lim = 0, on peut utiliser la continuité de f en 0.
n + 2n
sin X
La limite de quand X tend vers 0 est également utilisée.
X

sin x
En prenant la limite pour n + , il vient f (x ) = f (0)
.
x
En conclusion, la seule solution possible est la fonction f définie par :
sin x
f (x ) = f (0) pour x /& , et f (x ) = 0 pour x " 0, x & 0 mod ,.
x
La distinction de deux cas conduit à deux résultats partiels.
Il n’est pas difficile d’en donner une formulation commune.

sin x
Ces deux formules se résument en une seule : f (x ) = f (0) x pour tout x " 0.
sin x
Cette fonction est continue en 0, en conséquence de lim = 1.
x 0 x
sin 2x cos x sin x sin x
Et, pour x " 0, on a f (2x ) = f (0) = f (0) = f (0) cos x , ce qui montre que :
2x x x
f (2x ) = f (x ) cos x pour x " 0,
et cette égalité est évidemment vraie pour x = 0.
En conclusion, le problème a pour solutions les fonctions définies par leur valeur en 0 et, pour
sin x sin x
x " 0, par f (x ) = f (0) . Ce sont les fonctions x ! ( x avec ( ! ".
x

Ex. 24
Soit f une fonction réelle définie sur un intervalle I de ". On suppose que f est continue et
injective. Montrer qu’elle est strictement monotone.
Existe-t-il une bijection continue de [0, 1[ sur " ?

On peut procéder par contraposée : soit f continue ; si elle n’est pas strictement monotone, alors
elle n’est pas injective.
Le premier point est d’exprimer que f n’est pas strictement monotone.

124 Sujets d’oraux


f est strictement monotone lorsque, pour tout (a, b, c ) ! I 3 , a < b < c , le réel f (b) est entre f (a )
et f (c ). Il est aisé d’écrire la négation de cette propriété :
f n’est pas strictement monotone quand il existe (a, b, c ) ! I 3 , a < b < c , tel que f (b) ne soit pas
entre f (a ) et f (c ). Ou encore quand :
&(a, b, c ) ! I 3 , a < b < c et f (a ) " f (b) et f (b) ! f (c ) ou f (b) " f (c ) et f (a ) ! f (b) .
Si on a f (a ) = f (b), ou si f (b) = f (c ), alors f n’est évidement pas injective.
Sinon, dans le premier cas, f (a ) < f (b) et f (c ) < f (b) montre que tout t strictement compris
entre max f (a ), f (c ) et f (b) a un antécédent dans [a, b[ et un autre dans ]b, c ]. Alors f n’est
pas injective. On conclut de même dans le second cas.
Une injection continue de [0, 1[ dans " est strictement monotone. Le texte de l’énoncé laisse
soupçonner qu’une telle fonction n’est pas surjective.

Supposons que f , continue, soit injective de [0, 1[ dans ". Le résultat précédent montre qu’elle
est strictement croissante ou strictement décroissante.
Dans le premier cas, on a f (x ) > f (0) pour tout x ! [0, 1[. Son image n’est donc pas ".
On conclut de même dans le second cas.

Ex. 25
Quelles sont les fonctions f ! [a, b], [a, b] , avec a < b, telles que f f f = Id[a,b] .

Classiquement, f f f bijective donne f injective et surjective.


f étant continue et injective, on peut utiliser le résultat établi dans le sujet précédent.

f f f = Id[a,b] implique que f est injective. Comme elle est continue, avec l’exercice précédent,
on peut en déduire que f est strictement monotone.
La fonction f étant surjective, si elle est strictement croissante, on a f (a ) = a et f (b) = b. Les
valeurs sont échangées si f est strictement décroissante.

Examinons le cas où f est strictement croissante.


On peut imaginer que f est l’identité. Dans ce but, on peut chercher une contradiction dans le
cas contraire. Ici, f 2 (c ) par exemple, est mis pour f f (c ).

Supposons qu’il existe c ! [a, b] tel que f (c ) " c , par exemple f (c ) > c .
On a c = f 3 (c ) et, avec la croissance stricte de f , de f (c ) > c on déduit f 2 (c ) > f (c ), donc f 2 (c ) > c ,
puis f 3 (c ) > f (c ). Il s’ensuit f 3 (c ) > c , c’est-à-dire une contradiction.
En conclusion, la seule solution strictement croissante est l’identité sur [a, b].
Examinons maintenant le cas où f est strictement décroissante.
Examinons d’abord la double condition f (a ) = b et f (b) = a .

f (a ) = b donne f 2 (a ) = f (b) = a puis f 3 (a ) = f (a ) = b. Il n’y a donc pas de fonction strictement


décroissante surjective.
En conclusion, Id[a,b] est la seule solution au problème.
Le problème serait tout autre pour f n = Id avec n pair.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 125
Ex. 26
Soit f et g, continues de [0, 1] dans [0, 1], telles que f g = g f . Montrer qu’il existe x 0 ![0, 1]
tel que f (x0 ) = g(x0 ).
Le résultat reste-t-il vrai pour des fonctions f et g dans (", ") ?

On peut procéder par l’absurde en espérant une contradiction qui viendrait de :


$x ! [0, 1], f (x ) " g(x ).
Le premier objectif est d’exploiter cette hypothèse.

Supposons que $x ! [0, 1], f (x ) " g(x ). En application du théorème des valeurs intermédiaires,
on a :
• ou bien $x ! [0, 1], f (x ) > g(x ) ;
• ou bien $x ! [0, 1], f (x ) < g(x ).
La symétrie des rôles permet de supposer que $x ! [0, 1], f (x ) > g(x ).
La fonction f g est continue sur [0, 1], elle atteint son minimum m et on a donc m > 0.
Par suite, $x ! [0, 1], f (x ) ! g(x ) + m .
On n’a pas encore utilisé f g=g f . On cherche un lien entre f n (x ) et gn (x ).
Pour commencer, comparons f 2 (x ) et g2 (x ) comme on a pu comparer f (x ) et g(x ).

On a f 2 (x ) = f f (x ) ! g f (x ) + m et g f (x ) = f g(x ) ! g g(x ) + m et il s’ensuit :


f 2 (x ) ! g2 (x ) + 2m .

Le passage de f (x ) ! g(x ) + m à f 2 (x ) ! g2 (x ) + 2m donne une bonne idée de la récurrence à


prouver.

On prouve de même que, pour n ! ! , si on a f n (x ) ! gn (x ) + nm , alors :


f n +1 (x ) ! gn +1 (x ) + (n + 1)m .

On est maintenant en mesure de conclure en prenant la limite pour n infini.

Avec gn (x ) ! 0 et lim nm = + , on a lim gn (x ) + nm =+ , ce qui est contradictoire


n + n +
n
avec f (x ) ! [0, 1].
Dans le cas de fonctions continues sur ", supposons que $x ! [0, 1], f (x ) " g(x ). On peut
encore se ramener au cas où $x ! ", f (x ) > g(x ). Toutefois, la borne inférieure de f g peut
ne pas être atteinte et être nulle.

Pour avoir f g = g f , avec f (x ) " g(x ) pour tout x ! ", il suffit de choisir g = Id" et de prendre
pour f une fonction dont le graphe est strictement au-dessus de la première bissectrice, par
exemple f = exp.
Une nouvelle fois, les fonctions continues sur un segment ont des propriétés qui ne sont pas
conservées en passant à un intervalle moins particulier qu’un segment.

126 Sujets d’oraux


Ex. 27
On se propose de déterminer l’ensemble E des fonctions f continues de " dans " telles que :
f (x ) + f (y)
$(x, y) ! "2 , f (x + y) = .
1 + f (x )f (y)

1) Préciser les fonctions constantes qui sont dans E . Soit f ! E , montrer que, s’il existe a ! "
tel que f (a ) = 1, alors f est constante.
2) Soit maintenant f ! E , non constante.
a) Montrer alors que f (x )!] 1, 1[, calculer f (0) et étudier la parité de f .
1 + f (nx ) 1 + f (x ) n
b) Montrer que, pour x ! " et n ! !, = .
1 f (nx ) 1 f (x )
1 + f (1)
Exprimer f (n ) pour n ! # en fonction de n et de b = 1 f (1)
, puis exprimer f (r ) pour r ! $
puis f (x ) pour x ! ".
3) Préciser l’ensemble E .

La fonction th est solution. L’objectif est de voir s’il y en a d’autre.

2c
1) Une fonction constante c est solution si et seulement si c = , c’est-à-dire c = 0 ou
1 + c2
c 2 + 1 = 2, ce qui correspond à c ! 1, 0, 1 .
Remarquons que le même calcul donne f (0) ! 1, 0, 1 pour tout f ! E .
Soit f ! E et a tel que f (a ) = -, - = 1. Alors on a :
f (x ) + - f (x ) + -
$ x ! " , f (x + a ) = = 2 = -.
1 + -f (x ) - + - f (x )

2) a)
x x
On précise maintenant les solutions non constantes. Pour le signe de f (x ), on utilise x = +
2 2
et pour la parité, on utilise 0 = x + ( x ) de manière à pouvoir exploiter la formule f (x + y) = . . .
x x 2f (x / 2) 2 y
Pour tout x ! ", f (x ) = f + = . Or pour tout y ! ", on a " 1, donc
2 2 1 + f 2 (x / 2) 1 + y2
avec f (x ) % 1, 1 , il s’ensuit f (x )!] 1, 1[.
Avec f (0) ! 1, 0, 1 et f (0) % 1, 1 , on obtient f (0) = 0.
f (x ) + f ( x )
On a : $x ! ", 0 = f (0) = f (x x) = , d’où f ( x ) = f (x ), donc f est impaire.
1 + f (x )f ( x )
b) 1 + f (nx )
Le résultat demandé pour est la clé de la détermination de f non constante.
1 f (nx )
La démarche est classique : déterminer f (n ) pour n entier, puis f (r ) pour r rationnel et conclure
avec la continuité. L’énoncé ne fait que rappeler cette démarche.
n
1 + f (nx ) 1 + f (x )
= est vraie pour n = 0.
1 f (nx ) 1 f (x )
Pour une preuve par récurrence pour n ! !, c’est-à-dire pour passer du rang n au rang n + 1, le
1 + f ((n + 1)x ) 1 + f (nx )
point essentiel est d’exprimer en fonction de .
1 f ((n + 1)x ) 1 f (nx )

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 127
f (nx ) + f (x )
f (n + 1)x = f (nx + x ) = donne :
1 + f (nx )f (x )

1 + f (x ) + f (nx ) + f (x )f (nx )
1 + f ((n + 1)x ) = ,
1 + f (nx )f (x )

(1 + f (x ) 1 + f (nx ) (1 f (x ) 1 f (nx )
d’où 1+f ((n +1)x ) = . De même, 1 f ((n +1)x ) = .
1 + f (nx )f (x ) 1 + f (nx )f (x )

1 + f ((n + 1)x ) 1 + f (x ) 1 + f (nx )


Il s’ensuit 1 = et la conclusion est immédiate.
f ((n + 1)x ) 1 f (x ) 1 f (nx )

c)
On s’attache à f (n ), et pour cela le résultat précédent s’applique avec x = 1.

n n
1 + f (n ) 1 + f (1) b 1
Alors, pour n ! !, = = bn donne f (n ) = n .
1 f (n ) 1 f (1) b +1

Notons que 1 < f (1) < 1 donne 0 < b.


Pour n ! # , l’imparité donne :
n
b 1 bn 1
f (n ) = f ( n) = n = n .
b +1 b +1

p
Soit r = , p ! !, q ! # . Avec :
q
q
1 + f (q p / q) 1 + f (p / q) 1 + f (q p / q ) 1 + f (p )
= et = = bp ,
1 f (q p / q) 1 f (p / q) 1 f (q p / q) 1 f (p)
q p
1 + f (p / q) 1 + f (p / q)
il vient = bp d’où = bq .
1 f (p / q) 1 f (p / q)
p
r
p bq 1 b 1
On en déduit f = , c’est-à-dire f (r ) = r pour tout r ! $.
q p b +1
bq + 1

La conclusion pour x ! " fait (enfin ?) intervenir la continuité.

x
b 1
Si f est supposée continue, la densité de $ dans " donne $x ! ", f (x ) = x .
b +1

x
b 1
3) Notons que, pour b ! "+ ) 1 , la fonction fb : x ! x est non constante, alors que
b +1
pour b = 1 on retrouve la fonction nulle.
Il résulte alors des questions précédentes que E est inclus dans la réunion E de fb b ! "+
et de l’ensemble des fonctions constantes 1, 1 .
1
Réciproquement, pour b ! "+ , on pose ( = #n b. On obtient fb (x ) = th((x ) et les propriétés
2
connues de la fonction th donnent que fb ! E .
Comme les fonctions constantes 1 et 1 sont dans E , on conclut que E = E .
Finalement, E est formé des fonctions constantes 1 et 1 et des fonctions x !th((x ), avec (!".

128 Sujets d’oraux


D Dérivation
Ex. 28
1) Soit f une application dérivable de [0, 1] dans " telle que f (0) = 0 et f (1) = 1.
Montrer que, pour n ! ! , il existe des réels distincts y1 , . . . , yn dans [0, 1] tels que :
n
f (yk ) = n .
k =1

2) Quelle hypothèse peut-on ajouter pour pouvoir conclure à l’existence de x1 , x2 , . . . , xn


n
1
réels deux à deux distincts dans [0, 1] tels que =n?
f (xk )
k =1

1)
L’existence de point yk tels que f (yk ) = . . . peut faire penser à la formule des accroissements
n
1
finis. Et en écrivant f (yk ) = 1, on a l’occasion d’utiliser 1 = f (1) f (0).
n
k =1
1 1
f (yk ) apparaît raisonnablement sur un intervalle de longueur .
n n

Étant donné k ! [[ 1, n ]], on applique la formule des accroissements finis sur l’intervalle
k 1 k k 1 k k k 1 1
, : &xk ! , , f f = f (xk ).
n n n n n n n
En sommant ces égalités pour k variant entre 1 et n , il vient :
n n
1
f (xk ) = f (1) f (0) = 1 c’est-à-dire f (xk ) = n .
n
k =1 k =1

Notons qu’il suffit de la dérivabilité sur ]0, 1[ avec la continuité sur [0, 1].

2) 1
apparaît à l’occasion de la dérivation de la réciproque d’une fonction dérivable dont la
f (xk )
dérivée ne s’annule pas.

Supposons f strictement monotone et $x !]0, 1[, f (x ) " 0.


f est alors une bijection de [0, 1] sur lui-même et sa réciproque f 1 est continue sur [0, 1] et
dérivable sur ]0, 1[.
1 1
Notons que f (0) = 0 et f (1) = 1, ce qui impose que f soit strictement croissante.
1
On peut appliquer à f le résultat obtenu en première question.
n
1
Il existe y1 , y2 , . . . , yn deux à deux distincts dans ]0, 1[ tels que (f ) (yk ) = n .
k =1
1
Pour k ! [[ 1, n ]], posons xk = f (yk ).
n
1 1 1
Avec f (yk ) = , il vient = n.
f (xk ) f (xk )
k =1

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 129
Ex. 29
1) Trouver les fonctions f de " dans ", dérivables en 0 et telles que :
$x ! ", f (2x ) = 2f (x ).

2) Trouver les fonctions f de " dans ", dérivables en 1 et telles que :


2
$x ! ", f (2x ) = f (x ) .

1) Soit f définie sur ", dérivable en 0 et telle que $x ! ", f (2x ) = f (x ).


f (x )
En vue d’exploiter la dérivabilité en 0, il y a lieu de considérer et l’hypothèse donne :
x
f (2x ) f (x )
= .
2x x
f (x ) f (x / 2) x
À partir de = , on utilise alors les n avec n ! !.
x x/2 2

Le cas particulier x = 0 donne f (0) = 0.


f (x )
x
pour tout x " 0,
Considérons la fonction g définie sur " par g(x ) =
f (0) si x = 0.
Cette fonction g est continue en 0, par définition du nombre dérivé en 0.
f (2x ) 2f (x ) f (x )
Pour tout x " 0, on a g(2x ) = = = = g(x ).
2x 2x x
Dans le cas où x = 0, l’égalité g(2x ) = g(x ) est immédiate.
x
Pour tout x ! ", on en déduit (récurrence aisée) pour tout n ! !, g = g(x ).
2n
x
Avec lim = 0 et la continuité de g en 0, on obtient g(0) = g(x ), et la fonction g est
n + 2n
constante sur ". Ainsi, il existe a ! " tel que f (x ) = ax pour tout x ! ".
Il est immédiat que toutes les fonctions de ce type conviennent.
2) Soit f une fonction définie sur " et dérivable en 0, telle que :
$x ! ", f (2x ) = f (x )2 .
Avec f (x )2 ! 0, la fonction f ne prend que des valeurs positives ou nulles.
Il est évident que la fonction nulle sur " convient et on ne s’intéresse maintenant qu’aux fonctions
autres que celle-là.

Remarquons que f (0) = f (0)2 et donc f (0) ! 0, 1 .


Pour se ramener au cas précédent, on est tenté d’écrire #n f (2x ) = 2 #n f (x ), ce qui permettrait
de voir que #n f est de la forme #n f (x ) = %x .
Mais pour cela, il faut s’assurer que f ne prend que des valeurs strictement positives.

En se limitant à f différente de la fonction nulle sur ", il existe b ! " tel que f (b) > 0.
2 2 22
b b b b
On a f (b) = f et f = f c’est-à-dire f (b) = f .
2 2 22 22
2n 2 2n +1
b b b b
Supposons que f (b) = f . Avec f = f , il vient f (b) = f .
2n 2n 2n +1 2n +1

130 Sujets d’oraux


n
b 2
On a ainsi établi par récurrence que f (b) = f pour tout n ! !. En particulier, il vient :
2n
n
b 2
f n > 0.
2
b 1
Il s’ensuit que #n f = n #n f (b), puis, en prenant la limite pour n + , que #n f (0) = 0
2n 2
et donc que f (0) = 1 (1).
n
a 2 a
S’il existe a " 0 tel que f (a ) = 0, alors f (a ) = f donne $n ! !, f = 0.
2n 2n
a
Avec lim = 0 et la continuité de f en 0, il vient f (0) = 0, ce qui est contradictoire avec (1).
n + 2n
Ainsi f ne s’annule pas sur ". Elle ne prend donc que des valeurs strictement positives.
On peut maintenant passer aux logarithmes à partir de f (2x ) = f 2 (x ).

Considérons alors la fonction g définie sur " par g(x ) = #n f (x ).


Elle est dérivable en 0 et vérifie : $x ! ", g(2x ) = 2g(x ).
Avec la première question, il existe % ! " tel que : $x ! ", g(x ) = %x et donc f (x ) = e%x .
On a établi une condition nécessaire sur la forme de f . Il ne faut pas oublier d’au moins évoquer
la réciproque pour conclure.

Il est immédiat que la fonction nulle et les fonctions x ! e%x , avec % ! ", conviennent.

Ex. 30
1 x
Trouver les fonctions f ! (", ") telles que $x ! ", f f (x ) = 3 + (1).
2
x f (x )
On montrera que, nécessairement, $x ! ", f +3 = + 3.
2 2
un
Et, pour x ! ", on pourra former la suite (un ) définie par : u0 = x et un +1 = + 3.
2

Sans indication particulière, le sujet peut laisser perplexe. Exploitons celle qui est proposée pour
obtenir des informations.

En prenant les images par f dans (1), il vient :


x f (x )
$ x ! ", f +3 =f f f (x ) = (f f ) f (x ) = + 3.
2 2
1 x f (x ) x
En dérivant, on obtient $x ! ", 2 f +3 = , c’est-à-dire f + 3 = f (x ).
2 2 2

un
L’autre indication est d’utiliser une suite telle que un +1 = + 3 : il est certainement utile
2
d’étudier cette suite.

#
Si la suite (un ) est convergente, sa limite # vérifie # = + 3, d’où # = 6.
2
1 1 1
On a un +1 6= (u 6) donc un 6= (u 6) c’est-à-dire un = (x 6) + 6.
2 n 2n 0 2n

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 131
On en déduit que, pour tout x ! ", la suite (un ) est effectivement de limite 6.
Poursuivons l’étude en regoupant ces deux préliminaires.

x un
f (x ) = f + 3 pour tout x ! " donne f (un ) = f + 3 = f (un +1 ).
2 2
La suite f (un ) est constante et, pour tout n ! !, f (un ) = f (u0 ) = f (x ).
Avec la continuité de f et lim un (x ) = 6, il vient f (x ) = f (6).
n +

Toute solution f est donc nécessairement une fonction affine et il reste à étudier s’il y a des
fonctions affines qui conviennent.

Si f est une solution, il existe (a, b) ! "2 tel que $x ! ", f (x ) = ax + b, d’où :
f f (x ) = af (x ) + b = a 2 x + (a + 1)b.
Les couples (a, b) qui conviennent sont ceux pour lesquels :
x 1
$x ! ", a 2 x + (a + 1)b = + 3 c’est-à-dire a 2 = et (a + 1)b = 3.
2 2
Notons que (a 2 1)b = 3(a 1) donc b = 6(1 a ).
1 1
Les solutions (a, b) sont ,6 3 2 et ,6+ 3 2 .
2 2
Finalement, il y a deux solutions : les fonctions affines définies par ces couples (a, b).

Ex. 31
1
Soit a ! " ) 0, 1 et b ! ". Étudier l’ensemble des fonctions réelles, de classe sur ", telles
que pour tout x ! ", f f (x ) = ax + b (1).

Ce sujet élargit le cas particulier vu dans l’exercice précédent.


L’indication fournie alors se retrouvera probablement utilisée.
Dans un contexte de composition, on peut prendre les images par f des deux membres de
l’égalité (1).
On pourra exploiter alors l’hypoyhèse de deux façons :
• soit en lisant f f f (x ) ,
• soit en lisant f f f (x ) .

Pour tout x ! ", on a f f f (x ) = f (ax + b).


Or f f f (x ) = f f f (x ) et en appliquant (1) à f (x ), on a f f f (x ) = af (x ) + b.
On a donc, pour tout x réel : f (ax + b) = af (x ) + b.
f est supposée dérivable, exploitons cette information.

En dérivant, il vient af (ax + b) = af (x ), et on obtient donc f (ax + b) = f (x ) puisque l’on a


supposé a " 0.
f est probablement constante. Utilisons la fonction affine + : !ax + b, avec a " 1.

Pour x ! ", soit (xn ) la suite récurrente définie par x0 = x et, pour tout n ! !, xn +1 = +(xn ).
Par récurrence, il vient f (xn ) = f (x ) pour tout n .
b
La fonction + admet pour point fixe c ! " défini par c = ac + b, c’est-à-dire c = .
1 a
On obtient alors xn +1 c = a (xn c ), donc xn = a n (x c) + c.

132 Sujets d’oraux


Pour a < 1, on a lim xn = c et la continuité de f donne lim f (xn ) = f (c ), et il s’ensuit
f (x ) = f (c ), avec c indépendant de x .
f étant constante, f est affine : il existe ((, .) ! "2 tel que pour tout x , f (x ) = (x + ..

Après l’examen des solutions possibles pour f , il faut regarder celles qui conviennent.

Avec f (x ) = (x + ., f f (x ) = ax + b se lit (2 x + . + (. = ax + b.
Pour 1 < a < 0, il n’y a pas de solution.
b b
Pour 0 < a < 1, les solutions sont f1 : x ! a x + et f2 : x ! ax + .
1+ a 1 a
Pour a > 1, on se ramène au cas précédent.

Comme + est bijective, f f = + donne f bijective et (1) donne :


1 b
f 1 f 1 (x ) = x .
a a
1 1
Avec < 1, on est ramené au cas précédent et f est affine, donc f est affine, pour les mêmes
a
solutions f1 et f2 .

Il reste à examiner le cas où a = 1.


Dans ce qui a été traité, on n’a pas eu l’occasion de dériver la relation f f (x ) = ax + b. C’est
peut être le moment.

Pour a = 1, si f est solution, on a pour tout x réel, f f (x ) = x + b, d’où :

f (x ) f f (x ) = 1.
2
Si f admettait un point fixe k , on aurait alors f (k ) = 1, ce qui est contradictoire.
D’autre part, on aurait pour tout x : f ( x + b) = f (x ) + b, donc :
b b b b
f = f + b soit f = .
2 2 2 2
b
Ainsi serait point fixe pour f . La contradiction établie permet de dire qu’il n’y a pas de solution
2
dans le cas où a = 1.

E Fonctions usuelles
Ex. 32
Établir une condition nécessaire et suffisante portant sur Arctan x + Arctan y pour que :
1 2(x + y)(1 xy)
Arctan x + Arctan y = Arcsin .
2 (1 + x 2 )(1 + y2 )
Exemple : exprimer le nombre 4 Arctan 4 à l’aide de la fonction Arcsin.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 133
Devant des questions portant sur Arctan ou sur Arcsin, deux pistes sont classiques : on examine
les fonctions dérivées, ou on se ramène à des questions de trigonométrie.

Dans le cas présent, la dérivation laisse prévoir des calculs un peu longs...

a = Arctan x et b = Arctan y sont dans ] , / 2, , / 2[ et vérifient x = tan a , y = tan b.


sin a sin b sin a cos b + cos a sin b sin(a + b)
x +y = + = = .
cos a cos b cos a cos b cos a cos b
1 1
1 + x 2 = 1 + tan2 a = et 1 + y2 = .
cos2 a cos2 b
sin a sin b cos a cos b sin a sin b cos(a + b)
1 xy = 1 = = .
cos a cos b cos a cos b cos a cos b
2(x + y)(1 xy)
Il s’ensuit que = 2 sin(a + b) cos(a + b) = sin 2(a + b).
(1 + x )(1 + y2 )
2

1 2(x + y)(1 xy)


L’égalité Arctan x + Arctan y = Arcsin équivaut alors à :
2 (1 + x 2 )(1 + y2 )
2(a + b) = Arcsin sin 2(a + b) .

Il reste maintenant à examiner une égalité du type t = Arcsin(sin t ).

,
Par définition de la fonction Arcsin, on a t = Arcsin(sin t ) si et seulement si t " . Il s’ensuit
2
1 2(x + y)(1 xy)
que la relation Arctan x + Arctan y = 2 Arcsin est vraie si et seulement si :
(1 + x 2 )(1 + y2 )
,
Arctan x + Arctan y " .
4

,
L’application numérique invite à examiner le cas où y = x , avec alors Arctan x " .
8

, 1 4x 1 x 2
Pour Arctan x " , on a 2 Arctan x = Arcsin .
8 2 1 + x2
2

, ,
Pour x ! 0, la condition Arctan x " équivaut à x " tan .
8 8
, , , ,
, sin 2 sin cos sin ,
8 8 8 4
En utilisant tan = = = , on obtient tan = 2 1.
8 cos
,
2 cos2
,
1 + cos
, 8
8 8 4

La formule donnant 2 Arctan x est donc applicable pour x " 2 1.


2
4x 1 x
En première étape, on a 4 Arctan x = Arcsin 2 2
pour tout x tel que x " 2 1.
1+x

, 1
Pour tout x > 0, on a Arctan x = Arctan , ce qui permet d’effacer Arctan 4 au bénéfice
2 x
1
de Arctan .
4

134 Sujets d’oraux


, 1
Avec Arctan 4 = Arctan , il vient :
2 4
1
4 Arctan 4 = 2 , 4 Arctan ,
4
1
et avec 0 < < 2 1, on a :
4
1 1 1 / 16 15 16 240
4 Arctan = Arcsin 2 = Arcsin = Arcsin .
4 (1 + 1 / 16) 17 2 289
240
Et finalement, 4 Arctan 4 = 2 , Arcsin .
289

Ex. 33
n2
Arctan n
Étudier la limite de quand n tend vers + .
Arctan(n + 1)

Arctan n
Étudions d’abord en considérant #n Arctan n #n Arctan(n + 1) .
Arctan(n + 1)
La formule des accroissements finis est un bon début.

La fonction f : x ! #n (Arctan x ) est dérivable sur ]0, + [.


Pour n ! ! , on applique la formule des accroissements finis sur l’intervalle [n, n + 1] : il existe
cn !]n, n + 1[ tel que :
Arctan cn 1
f (n + 1) f (n ) = = .
Arctan cn 1 + cn2 Arctan cn
Étudions le comportement en + de f (n + 1) f (n ) en utilisant des équivalents.

Avec n < cn < n + 1, on a cn ! n et il vient 1 + cn2 ! n 2 .


, ,
Et, compte tenu de Arctan u ! , on a Arctan cn ! . On obtient ainsi :
+ 2 2
2
#n Arctan(n + 1) #n (Arctan n ) ! .
, n2
n2
Arctan n
En posant un = , on a #n un = n 2 #n Arctan(n + 1) #n (Arctan n ) .
Arctan(n + 1)
2 2
On en déduit que #n un ! , c’est-à-dire lim(#n un ) = .
, ,
2/,
Finalement, il vient : lim un = e .

Ex. 34
3x + x 3
Étudier la fonction f définie par f (x ) = Argth 3 Argth x .
1 + 3x 2

La fonction Argth est définie sur ] 1, 1[. Un premier objectif est d’étudier l’ensemble de
définition de f .

3x + x 3
Soit g la fonction définie sur " par g(x ) = . Elle est impaire et de classe sur ".
1 + 3x 2
Pour en étudier les variations, on calcule sa dérivée.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 135
3(1 + x 2 ) 6x (3x + x 3 ) 3(x 2 1)2
On a g (x ) = 2 2 2 et on obtient g (x ) = 2 2 .
1 + 3x (1 + 3x ) (1 + 3x )
La fonction g est alors strictement croissante sur ". En outre, on a g( 1) = 1 et g(1) = 1.
On a donc g(x )!] 1, 1[ si et seulement si x !] 1, 1[.
En conclusion, la fonction f est définie sur ] 1, 1[. Elle est de classe .

Pour donner de f (x ) une expression différente, on dispose de trois méthodes : expression


logarithmique de Argth, utilisation de la dérivée de f , ou aussi trigonométrie hyperbolique.

Expression logarithmique
1 1+y
Pour tout y!] 1, 1[, Argth y = #n .
2 1 y

1 + g (x )
Pour exprimer f (x ) = Argth g(x ) 3 Argth x , calculons .
1 g(x )
1 + 3x + 3x 2 + x 3 (1 + x )3 1 3x + 3x 2 x
3
(1 x)
3
On a 1 + g(x ) = 2 = 2 et 1 g(x ) = 2 = 2 d’où :
1 + 3x 1 + 3x 1 + 3x 1 + 3x
1 + g(x ) (1 + x )3 1 1 + g(x ) 3 1+x
= puis Argth g(x ) = 2 #n 1 g(x ) = 2 #n 1 x = 3 Argth x .
1 g(x ) (1 x )3
La fonction f est donc la fonction nulle sur ] 1, 1[.

Utilisation de la dérivée
1
Pour y!] 1, 1[, on a Argth y = 2.
1 y

g (x )
Pour x !] 1, 1[, on a (Argth g) (x ) = 2 .
1 g (x )

(1 + x )3 (1 x)
3
(1 x )
2 3
Avec 1 + g(x ) = 2 et 1 g(x ) = 2 , il vient 1 g2 (x ) = .
1 + 3x 1 + 3x (1 + 3x 2 )2
2 2
3(1 x ) 3
Avec g (x ) = 2 2 , il vient (Argth g) (x ) = = 3 Argth (x ).
(1 + 3x ) 1 x2
Ainsi f est nulle sur ] 1, 1[ et, avec f (0) = 0, la fonction f est nulle sur ] 1, 1[.

Trigonométrie hyperbolique
th a + th b
Étant donné a et b réels, on a th(a + b) = .
1 + th a th b

Pour x !] 1, 1[, posons y = Argth x , c’est-à-dire x = th y.


2 th y th y + th(2y) 3 th y + th3 y
On a th(2y) = puis th(3y) = et on obtient th(3y) = .
1 + th y 2 1 + th y th(2y) 1 + 3 th2 y
3 th y + th3 y 3x + x 3
Il s’ensuit 3 Argth x = 3y = Argth(th 3y) = Argth = Argth .
1 + 3 th2 y 1 + 3x 2
Ainsi, f est la fonction nulle sur ] 1, 1[.

136 Sujets d’oraux


Ex. 35
n
1
On considère la suite (Sn ) définie pour n ! ! par Sn = Arctan .
k =1
2k 2
k k 1
Étudier la convergence de (Sn ) ; on pourra calculer Arctan k + 1 Arctan
k
.

tan a tan b
En trigonométrie : tan(a b) = est vrai pour tout couple (a, b) de réels
1 + tan a tan b
compris entre 0 et , / 2.

k k 1
Pour tout k ! ! , les réels et sont dans [0, 1]. On pose alors :
k+1 k
k k 1
a = Arctan et b = Arctan k .
k+1
k k 1
Alors tan a = et tan b = donnent :
k+1 k
1 2k
tan a tan b = et 1 + tan a tan b =
k (k + 1) k+1
1
et il s’ensuit tan(a b) = .
2k 2
,
L’égalité Arctan(tan x ) = x n’est vraie que pour x < .
2
k 1 k , ,
Comme on a 0 " < < 1, il vient 0 " b < a < , d’où 0 < a b<
k k+1 4 4
On peut alors écrire Arctan tan(a b) = a b.
k+1 k 1 1
On en déduit alors Arctan Arctan = Arctan .
k k 2k 2
Le calcul de Sn est alors immédiat par télescopage.
n
k k 1
On peut alors écrire Sn = Arctan Arctan et on en déduit :
k+1 k
k =1
n
Sn = Arctan .
n+1
,
Il vient alors lim Sn = Arctan 1, c’est-à-dire lim Sn = .
4

Ex. 36
1) Calculer Arctan 2 + Arctan 5 + Arctan 8.

5,
2) Résoudre l’équation x ! ", Arctan(x 3) + Arctan x + Arctan(x + 3) =
4
.

1)
1 ,
Deux points techniques sont utiles : pour tout x > 0, on a Arctan x + Arctan = , et, pour
x 2
x+y
xy < 1, on a Arctan x + Arctan y = Arctan .
1 xy

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 137
1 1 1 1 2
On a Arctan 2 + Arctan 8 = , Arctan et Arctan + Arctan = Arctan
Arctan
8 2 2 8 3
2
donc Arctan 2 + Arctan 5 + Arctan 8 = , + Arctan 5 Arctan .
3
, 1 2 1 ,
Avec Arctan 5 = 2 Arctan
5
et Arctan 3 + Arctan 5 = Arctan 1 = 4 , il vient :
5,
Arctan 2 + Arctan 5 + Arctan 8 = .
4

2)
La fonction Arctan est continue sur " et strictement croissante.

La fonction réelle définie sur " par f (x ) = Arctan(x 3) + Arctan x + Arctan(x + 3) est continue
et strictement croissante.
3, 3, 3, 3,
Avec lim f (x ) = et lim f (x ) = , il vient f (") = , .
x 2 x + 2 2 2
3, 3,
Tout x ! , admet donc un antécédent et un seul par f .
2 3
Il suffit alors de remarquer que Arctan 2 + Arctan 5 + Arctan 8 = f (5).

5,
La question précédente a permis de voir que f (5) = 4 .
5,
L’équation x ! ", f (x ) = a donc 5 pour unique solution.
4

F Formule de Taylor

Ex. 37
3
On considère deux fonctions f et g de classe sur un intervalle de centre 0.
(3)
On suppose que f et g sont impaires et que g (0) " 0.
f (x ) 2f (2x ) + f (3x )
Étudier la limite quand x tend vers 0 de .
g(x ) 2g(2x ) + g(3x )

f (x ) 2f (2x ) + f (3x )
Soit h : x ! g(x ) 2g(2x ) + g(3x )
.

Comme f et g sont impaires, on a f (0) = g(0) = 0. La fonction h n’est pas définie en 0.


La formule de Taylor-Young va permettre de préciser :
f (x ) 2f (2x ) + f (3x ) et g(x ) 2g(2x ) + g(3x ) au voisinage de 0.

f et g étant impaires, il en est de même pour f et g , donc f (0) = g (0) = 0.


Utilisons la formule de Taylor-Young.
2 3
x x
Lorsque x tend vers 0, on a : f (x ) = f (0) + xf (0) + 2 f (0) + 6 f (0) + o(x 3 ).
3
x
f étant impaire, il vient f (0) = f (0) = 0 et donc f (x ) = xf (0) + f (0) + o(x 3 ).
6

138 Sujets d’oraux


4x 3 9x 3
On en déduit f (2x ) = 2xf (0) + f (0) + o(x 3 ) et f (3x ) = 3xf (0) + f (0) + o(x 3 ) et enfin :
3 2

f (x ) 2f (2x ) + f (3x ) = 2x 3 f (0) + o(x 3 ).

Un calcul analogue donne g(x ) 2g(2x ) + g(3x ) = 2x 3 g (0) + o(x 3 ), d’où :

f (x ) 2f (2x ) + f (3x ) f (0) + 0(1)


= .
g(x ) 2g(2x ) + g(3x ) g (0) + 0(1)

f (x ) 2f (2x ) + f (3x ) f (0)


On en déduit que lim = .
x 0 g(x ) 2g(2x ) + g(3x ) g (0)

Ex. 38
2
Soit f une fonction de " dans ", de classe .
On suppose que : $(x, y) ! "2 , f (x y)f (x + y) " f 2 (x ).
2
Montrer que, pour tout x ! ", on a f (x )f (x ) " f (x ) (1).

La conclusion souhaitée ne concerne qu’une variable alors que l’hypothèse porte sur deux
variables.

On va donc, pour x fixé quelconque dans ", exploiter l’hypothèse avec un passage à la limite
pour y tendant vers 0.

On exprime alors f (x + y) en fonction de f (x ), f (x ) et f (x ) en utilisant la formule de Taylor.


On a ainsi l’opportunité de faire apparaître ces nombres en vue de (1).

2
Comme f est de classe sur ", la formule de Taylor-Young donne, lorsque y tend vers 0 :

2 2
y y
f (x + y) = f (x ) + yf (x ) + f (x ) + o(y2 ) et f (x y) = f (x ) yf (x ) + f (x ) + o(y2 ).
2 2

En multipliant membre à membre ces deux égalités, il vient :

f (x + y)f (x y) = f (x )2 + y2 f (x )f (x ) f (x )2 + o(y2 ).

2
f (x + y)f (x y) f (x )
On en déduit 2 = f (x )f (x ) f (x )2 + o(1), donc aussi :
y

2
f (x + y)f (x y) f (x )
f (x )f (x ) f (x )2 = lim 2
.
y 0 y

f (x + y)f (x y) f (x )2
Avec f (x + y)f (x y) f (x )2 " 0, il vient lim 2
" 0, et on obtient :
y 0 y

f (x )f (x ) f (x )2 " 0.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 139
G Développements limités, comparaison

Ex. 39
n n
1) Soit (un )n !! et (vn )n !! des suites de "+ . On pose Un = uk et Vn = vk .
k =1 k =1
Montrer que si lim Vn = + , et un = o(vn ), alors on a Un = o(Vn ).

2) Soit (an )n !! et (bn )n !! des suites de réels positifs.


n n
On note An = ak et Bn = bk et on suppose que : (1) an ! bn et (2) lim Bn = + .
k =1 k =1
Montrer que An ! Bn .

Ce sujet concerne les suites positives, et elles seulement !


C’est cela qu’il faut utiliser pour traduire que un = o(vn ).

1) Exprimons que un = o(vn ), en utilisant un ! 0 et vn ! 0.


$- > 0, &p ! !, n ! p un " -vn .
n n
On en déduit uk " - vk c’est-à-dire Un U p " - Vn Vp .
k =p+1 k =p+1
Avec lim Vn = + , on a l’existence de q ! ! tel que n ! q Vn > 0.
Un Up -Vp
Il vient alors, pour n ! sup(p, q), V " - + .
n Vn
Up -Vp Up -Vp
Avec lim = 0, on a &r ! !, $n ! r , " - et donc $n ! sup(p, q, r ),
n + Vn Vn
Un
0" " 2-. Il s’ensuit Un = o(Vn ).
Vn

2)
Après avoir exprimé que an ! bn , on utilise la première question.
n
On a an bn = o(bn ) et lim Bn = + . En remarquant que An Bn " an b n , la
k =1
première question donne donc :
An Bn = o(Bn ) c’est-à-dire An ! Bn .

Ex. 40
1
Étudier la suite (xn ) définie par x0 > 0 et xn +1 = xn + .
xn2

Une suite réelle croissante et strictement positive est ou bien convergente, de limite # > 0, ou
bien de limite + .

1
Si on a xn > 0, il vient xn +1 = xn + 2 > 0.
xn
Avec x0 > 0, on en déduit xn > 0 pour tout n ! !.

140 Sujets d’oraux


1
En outre, xn +1 xn = 2 assure que (xn ) est strictement croissante.
xn
Si (xn ) admet une limite réelle #, on a nécessairement # > 0, alors lim xn +1 xn = 0 et
1 1
lim = donne une contradiction.
xn2 #2
En conséquence, on a lim xn = + .
Pour préciser la vitesse de convergence vers + de cette suite, il est d’usage de chercher un
1
équivalent de xn en utilisant que est de limite 0.
xn
Une démarche classique consiste à élever à une puissance % et, au vu des termes significatifs, de
choisir % au mieux de nos intérêts.

1
En élevant xn +1 = xn 1 + 3 à la puissance %, on utilise le développement classique :
xn
(1 + h )% = 1 + %h + o(h ).
% 1 3 3
xn%+1 = xn% 1+ 3 +o 3 = xn% + %xn% + o xn% .
xn xn
En choisissant % = 3, il vient xn3+1 xn3 = 3 + o(1), c’est-à-dire xn3+1 xn3 ! 3.

On a vu dans l’exercice précédent que l’on peut ajouter des équivalents lorsque certaines condi-
tions sont réalisées. Il est vivement conseillé de s’y reporter.
n n
Avec le résultat rappelé ci-dessus, on est en droit d’écrire (xk3+1 3
xk ) ! 3 = 3(n + 1),
k =0 k =0
c’est-à-dire xn3+1 x03 ! 3(n + 1) puis xn3+1 ! 3(n + 1).
Alors xn3 ! 3n donne finalement xn ! 3
3n .

Ex. 41
1) E désignant la fonction partie entière, montrer que pour tout %!]0, 1[, e E (x ) et ex sont
% %

équivalents en + ,

2) Montrer que, pour % ! 1, eE (x ) et ex ne sont pas équivalents en + .


% %

On a eu (x ) ! ev(x ) si et seulement si u (x ) v(x ) est de limite 0 en + .


+

C’est une faute grave d’imaginer que u (x ) ! v(x ) implique eu (x ) ! ev(x ) !


+ +
Examinons en préliminaire deux cas significatifs.

1 E (x ) E (x )
Pour tout x > 0, x 1 < E (x ) " x donne 1
< " 1, et il vient lim = 1,
x x x + x
c’est-à-dire E (x ) ! x . On en déduit que E (x )% ! x % .
+ +

1 x E (x ) 1
Examinons le cas où % = 2 . On a 0 " x E (x ) = " .
x+ E (x ) 2 E (x )
x
On en déduit que lim x E (x ) = 0, puis que e E (x ) ! e .
x + +

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 141
On examine le cas où % = 1. Remarquons que x E (x ) n’est pas de limite 0 en + .
1 1 1
En effet, pour tout n ! ! , on a n + E n+ = .
2 2 2
eE (x ) et ex ne sont donc pas équivalents en + .
u (x )
C’est un des multiples exemples où e et ev(x ) ne sont pas équivalents bien que u (x ) et v(x )
le soient.

1) Étudions le premier cas global : %!]0, 1[.


Pour x > 1, on a 1 " E (x ) " x et 0 " x 1 < E (x ), d’où E (x )% " x % et E (x )% > (x 1)% .
Il s’ensuit que 0 " x % E % (x ) < x % (x 1)% .
1 %
Or x % (x 1)% = x % 1 1 .
x
Le développement limité classique (1 h )% = 1 %h + o(h ) en 0 donne :
%
1 %
1 1 !
x + x
%
et il s’ensuit x % (x 1)% ! 1 %
.
+ x
%
= 0, c’est-à-dire eE (x ) ! ex .
%
% %
On a donc, pour tout %!]0, 1[, lim x E (x )
x + +

2) Étudions enfin le deuxième cas global : % ! 1.


1
Dans le cas particulier % = 1, on a fait intervenir n + avec n ! ! . Il est raisonnable de s’en
2
inspirer pour traiter ce dernier cas.
%
1 1
Considérons xn = n + avec n ! ! . Alors E (xn ) = n et xn% %
E (xn ) = pn + n%.
2 2
% % %
1 1 1 %
n+ n% = n% 1+ 1 et 1 + 1! donne :
2 2n 2n 2n
%
1 % % 1
n+ n% ! n .
2 2
On en déduit que, pour % ! 1, xn% E (xn )% n’est pas de limite 0 en + , donc que x % E % (x )
n’est pas de limite 0 en + , c’est-à-dire que eE (x ) et ex ne sont pas équivalents en + .
% %

Ex. 42
1
Soit (un ) la suite définie par u0 = 1 et $n ! !, un +1 = 1 + nu .
n
1
Prouver que $n ! ! , " un et donner un équivalent de un .
1+ n

On a un > 0 pour tout n puis un < 1 pour tout n ! 1.


1
Avec 1 + nun > nun pour n ! 1, il vient un un +1 " .
n
1 1
On peut espérer obtenir un " et, si cela était, on aurait effectivement un un +1 " .
n n
Pour procéder par récurrence en vue de majorer un +1 , il faudrait une minoration de un . Ce sera
le rôle de celle qui est proposée.

142 Sujets d’oraux


1 1
u1 = est compris entre et 1.
2 2
1 1
Supposons que, pour n ! 1, on ait " un " .
1+ n n
1
un " donne 1 + nun " 1 + n et on en déduit 1 + nun " 1 + n + 1.
n
1
Il s’ensuit que " un +1 .
1+ n+1
1 n 1
" un donne 1 + " 1 + nun puis un +1 " .
1+ n 1+ n n
1+
1+ n
1 1
Pour conclure, il suffit de prouver que " ce qui équivaut à :
n n+1
1+
1+ n
n n n n
n+1"1+ c’est-à-dire n+1 1" ou encore " ,
1+ n 1+ n n+1+1 1+ n
ce qui découle de n" n + 1.
1 1
En conclusion pour tout n ! ! , on a " un " .
1+ n n
1
Il en découle immédiatement que un ! .
n

1
Une fois envisagé l’éventualité de un " , la suite est assez facile.
n
La clé de cet exercice réside donc là et c’est ce qui le rend un peu délicat.

Ex. 43
Soit f une fonction réelle définie et deux fois dérivable sur [0, 1].
On suppose que f (0) = f (0) = 0, f (1) = 1 et f (1) = 0.
Montrer qu’il existe % ! ]0, 1[ tel que f (%) ! 4.

On procède par contraposée, en utilisant la formule de Taylor-Lagrange.

Supposons que, pour tout x ! ]0, 1[ , f (x ) < 4.


1 1
f étant deux fois dérivable sur 0, , il existe % ! 0, tel que :
2 2
1 1 1
f = f (0) + f (0) + f (%)
2 2 8
en application de la formule de Taylor-Lagrange.
1 1
Il s’ensuit, avec les hypothèses sur f et l’hypothèse de travail : f 2 <
2
(1).

1
En appliquant cette même formule sur l’intervalle ,1 ,
2
1 1 1 1
& ' ! ,1 , f = f (1) f (1) + f (')
2 2 2 8

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 143
1 1
et donc, dans les mêmes conditions : 1 f < (2).
2 2
1 1 1 1
Avec (1) et (2), on obtient : 1 = 1 f +f " 1 f + f < 1.
2 2 2 2
Cette contradiction évidente montre que : & % !]0, 1[, f (%) ! 4.

Autre démonstration
Considérons l’application g de [0, 1] dans " définie par g(x ) = f (1 x) f (x ).
Elle est deux fois dérivable comme f .
On peut lui appliquer la formule de Taylor-Lagrange :
1 1 1 1
il existe c ! 0, 2 , tel que g 2 = g(0) + 2 g (0) + 8 g (c ).
Avec g (x ) = f (1 x ) f (x ) et g (x ) = f (1 x ) f (x ), il vient :
1
g(0) = 1 , g (0) = 0 , g = 0 , g (c ) = 8
2
et donc : 8" f (1 c ) + f (c ) " f (1 c ) + f (c ) .
Pour % = c ou pour % = 1 c , on a f (%) ! 4.

Ex. 44
Soit f une fonction réelle définie et de classe sur un intervalle [a, b].
Pour n ! ! , la formule de Taylor-Lagrange donne $h ! " tel que a + h ! [a, b],
n 1 k n
h (k ) h (n )
(1) & /n !]0, 1[, f (a + h ) = f (a ) + f (a ) + f a + /n h .
k! n!
k =1

1
1) On suppose f (n +1) (a ) " 0. Montrer que lim /n = .
h 0 n+1
Que dire de /n si f est une fonction polynôme de degré au plus égal à n + 1 ?

2) On suppose qu’il existe p ! ! tel que :


f (n +1) (a ) = f (n +2) (a ) = . . . = f (n +p 1) (a ) = 0 et f (n +p) (a ) " 0.
Étudier alors la limite de la suite (/n ).

On commence par comparer les relations (1) aux ordres n et n + 1.


On peut supposer a < b et 0 " h " b a.

1) La comparaison des relations (1) aux ordres n et n + 1 donne, pour h > 0 :


h
(2) : f (n ) (a + /n h ) = f (n ) (a ) + f (n +1) (a + /n +1 h ),
n+1
et, avec la formule des accroissements finis, la relation (2) devient :
1
(3) : /n f (n +1) (a + ( /n h ) = f (n +1) (a + /n +1 h ) avec ( !]0, 1[.
n+1
f (n +1) est continue en a et f (n +1) (a ) " 0 ; donc & % > 0, $t ! [a, a + %], f (n +1) (t ) " 0.
1 f (n +1) (a + /n +1 h )
Pour 0 < h < %, la relation (3) donne /n =
n + 1 f (n +1) (a + ( /n h )

144 Sujets d’oraux


Puisque l’on a f (n +1) (a + /n +1 h ) = f (n +1) (a ) + o(1) et f (n +1) (a + ( /n h ) = f (n +1) (a ) + o(1),
d’après la continuité de f (n +1) en a , il vient :
1
lim /n = .
h 0 n+1
Si f est une fonction polynôme de degré n + 1, sa dérivée d’ordre n + 1 est constante et la
1
relation (3) donne /n = n + 1 , indépendamment de h .

2)
Dans le même esprit, on compare les relations (1) aux ordres n et n + p.

La comparaison des relations (1) aux ordres n et n + p donne, pour h > 0 :


n!
(4) : f (n ) (a + /n h ) = f (n ) (a ) + h p f (n +p) (a + /n +p h ).
(n + p)!
puis, en appliquant la formule de Taylor à la fonction f (n ) à l’ordre p :
(/n h )p (n +p)
(5) : f (n ) (a + /n h ) = f (n ) (a ) + f (a + ( /n h ) avec ( !]0, 1[.
p!
La comparaison des relations (4) et (5) donne :
p n ! p!
(6) : /n f (n +p) (a + ( /n h ) = f (n +p) (a + /n +p h ).
(n + p)!
f (n +p) est continue en a et f (n +p) (a ) " 0 ; donc &% > 0, $t ! [a, a + %], f (n +p) (t ) " 0.
Avec f (n +p) (a + /n +p h ) = f (n +p) (a ) + o(1) et f (n +p) (a + ( /n h ) = f (n +p) (a ) + o(1), la relation (6)
1
p n !p ! p p
donne : lim /n = = "n +p .
h 0 (n + p)!
1
Dans le cas particulier p = 1, on retrouve bien .
n+1
3
x
Exemple : sin x = x 6
cos(/x ), avec / !]0, 1[.

2!3! 1
Dans ce cas n = 3, p = 2 et on a donc lim / = = .
x 0 5! 10

Ex. 45
1
Étudier la limite, quand x tend vers + , de ch x + 1 ch x x .

La fonction f est définie sur ]0, + [, pour tenir compte de x.


Et, pour tout x ! 0, on a ch x +1 ch x > 0.
1
Posons f (x ) = ch x + 1 ch x x et +(x ) = #n f (x ) .
Un peu de trigonométrie hyperbolique : étant donné u et v réels, on a :
u+v u v
ch u ch v = 2 sh sh .
2 2

x +1 x x +1+ x
Avec ch x + 1 ch x = 2 sh sh , on a :
2 2
1 x +1 x x +1+ x
+(x ) = #n 2 sh sh
x 2 2

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 145
1 1 x +1 x 1 x +1+ x
d’où : +(x ) = #n 2 + #n sh + #n sh .
x x 2 x 2
#n 2
Le premier terme est de limite banale : (1) lim = 0.
x + x
x+1 x 1
Pour le second terme, on note que = donc :
2 2( x + 1 + x)
x +1 x
lim = 0.
x + 2
Alors, avec sh u ! u , il vient :
0

x +1 x 1 1
sh ! ! .
2 + 2( x + 1 + x) 4 x
Une situation usuelle à connaître : lorsque les fonctions u et v sont positives et de limites 0 ou
bien de limites + , avec u (x ) ! v(x ), on a #n u (x ) ! #n v(x ).

x +1 x 1 1 1
On en déduit #n sh ! #n et, avec #n = 2 #n 2 #n x , il vient :
2 4 x 4 x 2
x +1 x 1 1 x +1 x 1
#n sh ! #n x puis enfin #n sh ! #n x .
2 2 x 2 + 2 x
1 x +1 x
Il en résulte finalement : (2) lim #n sh = 0.
x + x 2
x+ x +1
Étudions enfin le troisième terme : #n sh .
2
1 t
Rappelons que, pour t tendant vers + , on a sh t ! e .
2

x+ x +1 1 x + x +1 x+ x +1
On a sh ! e 2 puis, avec lim sh =+ :
2 2 x + 2
x+ x+1 1 x + x +1 1 x + x +1
#n sh ! #n e 2 = #n + #n e 2 .
2 2 2

x + x +1 x+ x +1 x+ x +1
Notons que #n e 2 = et que ! x.
2 2
1 x +1+ x
On en déduit finalement que (3) lim #n sh = 1.
x + x 2
En regroupant les trois résultats établis, il vient lim #n f (x ) = 1 et donc :
x +
lim f (x ) = e.
x +

Ex. 46
sh t2 + t sh t2 t
Étudier la limite, quand t tend vers + , de 2 6
.
1 t t 2
1+ #n t
t 6

On traite séparément le numérateur et le dénominateur en en cherchant des équivalents, avec


1
éventuellement des développements limités en .
t

146 Sujets d’oraux


1 t2 t 2 #n 1+ 1
Pour le dénominateur, on a 1+ =e t .
t
1 1 1 1 1 1 1
Avec #n 1 + t = t 2 t +o 2 =t
2
+ o(1), il vient que : t ! #n 1 + t
2
2t 2 t t
admet 0 pour limite quand t tend vers + .
On utilise alors la règle usuelle eu ! ev lim(u v) = 0.
1 t2 t 1
Il en résulte que : 1+ !e 2 quand t tend vers + .
t
Pour en finir avec le dénominateur, on utilise que, si u = v + % avec % = o(v), alors u ! v.
Par ailleurs, les comparaisons de fonctions usuelles permettent de dire que :
t 6 #n 2 t = o(et ) en + .
t2 6
1 t t 1
On obtient donc en première conclusion : D = 1 + #n 2 t ! e 2 .
t 6
Étude du numérateur N = sh t 2 + t sh t2 t.
Un équivalent s’étudie dans un langage multiplicatif. Le premier soin est de transformer le
a b a+b
numérateur en produit : sh a sh b = 2 sh ch .
2 2

t2 + t t2 t t2 + t + t2 t
On a sh t 2 + t sh t2 t = 2 sh
2
ch
2
.
1 1
1 t 1 2 1 2
En écrivant t2 +t t2 t = 1+ 1 , avec :
2 2 t t

1 1
1 2 1 1 1 2 1 1
1+ =1+ +o et 1 =1 +o ,
t 2t t t 2t t
1 t 1 1 1 1
il vient : 2 t2 + t t2 t = +o = + o(1) ! quand t tend vers + .
2 t t 2 2

t2 + t t2 t 1
On a donc sh ! sh .
2 2
Pour le second terme du produit, on commence au contraire par un équivalent de ch :
1 u
ch u ! e .
+ 2
t2 + t + t2 t
Quand u tend vers + , on a lim =+ , donc :
t + 2
t 2 +t + t 2 t
t2 + t + t2 t 1
ch ! e 2 .
2 2
De même que ci-dessus, on obtient :
1 1
1 t 1 2 1 2 t 1
t2 + t + t2 t = 1+ + 1 = 2+o = t + o(1)
2 2 t t 2 t

t 2 +t + t 2 t
et il s’ensuit e 2 ! et .
1
Finalement, en deuxième conclusion, N ! et sh .
2
En regroupant ces deux conclusions, on conclut que, quand t tend vers + , on a :
N 1 1 1 1
! e 2 sh = (e 1). La limite cherchée est ainsi (e 1).
D 2 2 2

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 147
Thèmes d’étude - Problèmes
1 Partie entière et densité
Pour tout x réel, on pose f (x ) = x E (x ), où E (x ) désigne la partie entière de x , et on
considère l’ensemble Fx = f (nx ), n ! ! .

1) a) Vérifier que, pour tout x ! ", on a 0 " f (x ) < 1.


b) Vérifier que, pour tout x ! " et pour tout k ! #, on a f (x + k ) = f (x ).
c) Montrer que, pour tout x ! " et pour tout p entier, on a f (px ) = f pf (x ) .

2) a) Montrer qu’un réel x est rationnel si et seulement si il existe un entier q non nul tel
que f (qx ) = 0.
p
b) Soit x un rationnel : il existe des entiers p et q, q > 0, tels que x = .
q
Soit n ! ! et r le reste dans la division de n par q, Montrer qu’on a f (nx ) = f (rx ).
En déduire que l’ensemble Fx est fini.

Dans la suite du problème, on considère un réel x qui n’est pas rationnel.

3) a) Soit x irrationnel. Montrer que Fx admet une borne inférieure, alors notée %.
b) On suppose que % > 0.
Justifier que k ! !, k % !1 admet un plus petit élément.
% +1
En notant p ce plus petit élément, vérifier que l’on a % < .
p

% +1
c) Montrer qu’il existe n ! ! tel que % " f (nx ) < p
.

d) En déduire que E pf (nx ) ! 1 et que f pf (nx ) < %.


Mettre en évidence une contradiction et conclure.

4) a) Justifier que, pour tout réel ( > 0, il existe n ! ! tel que 0 < f (nx ) < (.
b) Montrer que tout intervalle ]a, b[, 0 < a < b < 1, contient un élément de Fx .

Solution

1) a) Avec E (x ) " x < E (x ) + 1, il vient 0 " x E (x ) < 1, c’est-à-dire 0 " f (x ) < 1.

b) f (x + k ) = x + k E (x + k ). Or, pour tout k ! #, on a E (x + k ) = E (x ) + k . Il s’ensuit :


f (x + k ) = f (x ).

c) De x = E (x ) + f (x ) on déduit px = pE (x ) + pf (x ). Comme pE (x ) est un entier, on utilise le


résultat ci-dessus pour obtenir :
f (px ) = f pE (x ) + pf (x ) = f pf (x ) .

2) Remarque : f (x ) = 0 équivaut à x = E (x ), c’est-à-dire f (x ) = 0 x ! #.

148 Thèmes d’étude – Problèmes


a) Pour x rationnel, il existe p et q entiers, q " 0, tels que qx = p. On a donc f (qx ) = f (p) = 0.
Supposons qu’il existe q entier non nul tel que f (qx ) = 0. Alors qx est un entier, donc x est
rationnel.
b) La division de n par q se lit n = bq + r , avec b entier et r ! [[ 0, q 1 ]].
Avec nx = bqx + rx et qx = p entier, donc bqx entier, il vient f (nx ) = f (rx ).
Il y a q valeurs possibles pour r , donc l’ensemble des rx est fini et il s’ensuit que l’ensemble Fx
est fini.

3) a) Fx contient f (x ) et il est minoré par 0. Il admet donc une borne inférieure.


b) Avec % > 0, l’ensemble H% des entiers k tels que k % !1 est non vide (propriété d’Archimède)
et ces entiers sont strictement positifs.
Il reste à rappeler que toute partie non vide de ! admet un plus petit élément.
% +1
p 1 n’est pas dans H% , donc (p 1)% < 1, d’où p% < % + 1. Avec p > 0, il vient % < .
p

% +1
c) n’est pas un minorant de Fx donc il existe un élément de Fx qui lui est strictement
p
% +1
inférieur. Il existe ainsi n ! ! tel que f (nx ) < . Et on a bien sûr % " f (nx ).
p

d) Multiplions par p > 0 cette double inégalité : p % "pf (nx ) < % + 1.


Avec 1 " p%, il vient 1 " pf (nx ) donc E pf (nx ) ! 1.
Alors il vient f pf (nx ) = pf (nx ) E pf (nx ) " pf (nx ) 1.
Et avec pf (nx ) 1 < %, on obtient f pf (nx ) < %.
Le résultat 1)c) donne f pf (nx ) = f (pnx ) et finalement on a obtenu f (pnx ) < %.
Comme pn est un entier naturel non nul, f (pnx ) est un élément de Fx et il est strictement
inférieur au minorant % de cet ensemble. On a ainsi mis en évidence une contradiction.
Comme les valeurs prises par f sont positives, la borne inférieure % de Fx vérifie % ! 0.
L’hypothèse % > 0 conduit à une contradiction, elle est donc à rejeter.
En conclusion, on a % = 0.

4) a) ( > 0 n’est pas un minorant de Fx ; il existe donc n ! ! tel que f (nx ) < (.
On a f (nx ) ! 0 et, avec x irrationnel, on a f (nx ) " 0 (question 2/a). Il s’ensuit finalement :
0 < f (nx ) < (.

b) Avec b a > 0, il existe alors n ! ! tel que 0 < f (nx ) < b a.


Avec a > 0 et f (nx ) > 0, il existe k ! ! tel que kf (nx ) > a (propriété d’Archimède).
Soit p le plus petit de ces entiers naturels non nuls k .
Alors on a pf (nx ) > a et (p 1)f (nx ) " a ; on en déduit pf (nx ) " a + f (nx ) < a + (b a ) = b.
On a donc obtenu a < pf (nx ) < b.
En particulier 0 < pf (nx ) < 1 donne E pf (nx ) = 0 puis f pf (nx ) = pf (nx ).
En outre, la propriété 1/c) donne f pf (nx ) = f (pnx ).
On en déduit que pf (nx ) = f (pnx ) et il s’ensuit a < f (pnx ) < b. Il reste donc à dire que
f (pnx ) ! Fx pour conclure.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 149
2 Suites extraites monotones
Soit (un )n !! une suite réelle.

1) On considère l’ensemble E = k ! !, $p ! !, p > k up ! uk .

a) Montrer que, si E est une partie infinie de !, alors (un ) admet une suite extraite qui est
croissante.
b) Montrer que, si E est une partie finie de !, alors (un ) admet une suite extraite qui est
décroissante.

2) En déduire le théorème : de toute suite bornée, on peut extraire une suite convergente.

Solution

Ce résultat est connu sous le nom de «théorème de Bolzano-Weierstrass».


Une démonstration classique est basée sur la méthode de dichotomie.
Il n’intervient ici qu’à titre de mise en œuvre de la notion de suite extraites.

1) a) Premier cas : E est une partie infinie de !.


Avec E # ! et E " #, il existe +(0) = min E . Pour n ! !, on construit +(n ) par récurrence.
Étant donné n ! !, En = E ) [[ 0, +(n ) ]] est non vide car E est infini. Notons +(n + 1) son plus
petit élément.
La suite +(n ) ainsi définie est strictement croissante, donc u+(n ) est extraite de (un ).
Pour tout n ! !, on a +(n ) ! E et +(n + 1) > +(n ), donc u+(n +1) ! u+(n ) et la suite u+(n ) est
croissante.
b) Second cas : E est une partie finie de !.
L’ensemble M des entiers majorants stricts de E est une partie infinie.
On pose +(0) = min M et on construit +(n ) par récurrence.
Notons que, pour tout élément m de M , il existe p ! ! tel que p > m et up < um .
Étant donné +(n ) ! M , il existe donc un entier, noté +(n + 1) tel que :
+(n + 1) > +(n ) et u+(n +1) < u+(n ) .
La suite u+(n ) ainsi définie est extraite de (un ) et elle est (strictement) décroissante.

2) Soit une suite bornée de réels. D’après la question précédente, on peut en extraire une suite
monotone.
Extraite d’une suite bornée, elle est bornée. Bornée et monotone, elle est alors convergente.

150 Thèmes d’étude – Problèmes


3 Suites de Cauchy
Le seul théorème qualitatif (et non quantitatif) au programme est celui relatif aux suites ou
aux fonctions monotones.
Une notion intuitive de convergence pourrait s’exprimer approximativement par : «une suite est
convergente quand la différence entre des termes est aussi petite que l’on veut pourvu que les
indices soient assez grands».
Cette situation est formalisée sous l’appellation de «suite de Cauchy».

Définition. On dit qu’une suite réelle (un ) est de Cauchy lorsque :


$r > 0, &p ! !, $(m, n ) ! !2 , m ! p et n ! p un um < r .

1) a) Montrer que toute suite extraite d’une suite de Cauchy est une suite de Cauchy.
b) Montrer que toute suite de Cauchy est bornée puis que, de toute suite de Cauchy, on peut
extraire une suite convergente. Utiliser le problème précédent.
2) Montrer que toute suite convergente est une suite de Cauchy.
L’objet de la question suivante est d’étudier la réciproque de cette propriété.
3) Soit (un ) une suite de Cauchy. On suppose qu’il existe une suite extraite (u+(n ) ) convergente,
de limite #.
Montrer que (un ) converge vers #.
Ce théorème est qualitatif ; il n’est pas associé à une recherche ou un calcul explicite de limite.
Comme le théorème de la limite monotone, il s’applique aux suites réelles mais, par exemple,
il est en défaut pour des suites à valeurs dans $.

Solution

1) a) Soit (vn ) = u+(n ) une suite extraite d’une suite (un ) de Cauchy.
$r > 0, &p ! !, $(m, n ) ! !2 , m ! p et n ! p um un < r . Comme on a +(m ) ! m et
+(n ) ! n , il vient u+(m ) u+(n ) < r et (vn ) vérifie alors la propriété de Cauchy.
b) Soit (un ) une suite de Cauchy.
Il existe p ! ! tel que, pour tout n ! p, on ait un up < 1, d’où un < 1 + up .
En posant A = max uk , k ! [[ 0, p ]] , on obtient un " 1 + A pour tout n ! !.
On en déduit (avec le théorème de Bolzano-Weierstrass vu en thème précédent) que, de toute
suite de Cauchy, on peut extraire une suite convergente.
r
2) Soit (un ) une suite de limite # ! " : $r > 0, &p ! !, $n ! !, n ! p un # < .
2
r r
Alors, pour tout (m, n )!!2 , m ! p et n ! p um # < et un # < , d’où um un < r .
2 2
Ainsi (un ) possède la propriété de Cauchy.
3) Soit (un ) une suite de Cauchy. Il existe une suite (u+(n ) ) extraite convergente (objet de la
r
question 1)b). Notons # sa limite : $r > 0, &p ! !, $n ! !, n ! p u+(n ) # < et aussi :
2
r
&q ! !, $(m, n ) ! !2 , m ! q et n ! q un um < .
2
Pour n ! max p, q = N , +(n ) ! n donne +(n ) ! N puis un # " un u+(n ) + u+(n ) # < r.
Il s’ensuit que (un ) converge vers #.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 151
4 Inégalité des moyennes
On considère n ! ! quelconque et x1 , . . . , xn réels strictement positifs.
L’objet de ce sujet est de montrer l’inégalité : (x1 + . . . + xn )n ! n n x1 . . . xn (En )
avec égalité si et seulement si tous les xi sont égaux.
1) a) Vérifier l’inégalité (E2 ) et examiner le cas d’égalité.
b) Montrer (En ) est vraie pour tout n = 2p , avec p ! ! .
2) Montrer que, si la propriété est vraie pour n ! !, n ! 2, alors elle est vraie pour n 1.
En déduire que la propriété est vraie pour tout n ! ! .

1
3) Montrer que, pour tous y1 , . . . , yn dans "+ , on a y + . . . + yn ! n y1 . . . yn .
n 1

Solution

1
La dernière question justifie le titre de ce sujet : y + . . . + yn est la moyenne arithmétique
n 1
des n nombres y1 , . . . , yn et n y1 . . . yn en est la moyenne géométrique.
Ce type d’inégalité trouvera un traitement plus systématique et plus simple dans le contexte des
fonctions convexes.

2 2
1) a) Pour n = 2, l’inégalité (E2 ) est x1 + x2 ! 4x1 x2 ; elle équivaut à : x1 x2 ! 0.
Il y a égalité si et seulement si x1 = x2 .
b)
On examine le cas où n = 22 et on s’en inspire pour le cas général.
La clé est, pour quatre termes, de se ramener à l’exploitation de (E2 ).
4 2 2
Pour n = 22 , on a x1 + x2 + x3 + x4 = x1 + x2 + x3 + x4 .
2 2 2
Avec x1 + x2 + x3 + x4 ! 22 x1 + x2 x3 + x4 et x1 + x2 ! 4x1 x2 , x3 + x4 ! 4x3 x4 ,
il vient :
4
x1 + x2 + x3 + x4 ! 44 x1 x2 x3 x4 .
Il y a donc égalité si et seulement si chacune des trois inégalités est une égalité, c’est-à-dire quand :
x1 + x2 = x3 + x4 , x1 = x2 et x3 = x4 ,
ou encore quand les xi , 1 " i " 4, sont égaux.
De la même façon, on montre que si (E2p ) est vraie, alors (E2p+1 ) l’est aussi ce qui, avec (E2 )
vraie, établit par récurrence que (E2p ) est vraie pour tout p ! ! .
2) Pour n ! 2, on considère x1 , . . . , xn 1 et xn = x1 + . . . + xn 1.
n n 1 n n n
Alors n xn x1 + . . . + xn 1 =n x1 + . . . + xn 1 = n x1 + . . . + xn 1 d’où :

n n 1 n
n xn x1 + . . . + xn 1 = (n 1)x1 + . . . (n 1)xn 1 + xn .

n
Avec (n 1)x1 + . . . (n 1)xn 1 + xn ! n n (n 1)n 1
x1 . . . xn 1 xn , il vient :

n 1
x1 + . . . + xn 1 ! (n 1)n 1
x1 . . . xn 1 .

152 Thèmes d’étude – Problèmes


Étant donné N ! !, N ! 2, il existe p ! ! , tel que 2P ! N . La propriété est vraie pour n = 2p .
Elle sera alors vraie pour n 1, puis au terme d’un nombre fini d’étapes, vraie pour N .

3) L’inégalité est évidente lorsque l’un (au moins) des yi est nul.
Lorsque les yi sont strictement positifs, on observe que (En ) donne :
n
y1 + . . . + yn 1
! y1 . . . yn donc aussi y + . . . + yn ! n y1 . . . yn .
n n 1

5 Suites et séries
Soit un n !!
une suite réelle.
n
Étudier la série un c’est étudier la suite Sn où Sn = uk .
n !! k =0

On dit que la série un converge lorsque la suite Sn admet une limite dans ".
n !!
Cette limite est appelée la somme de la série. Sinon la série un est qualifiée de divergente.
n !!

Étudier la nature d’une série, c’est étudier si elle est convergente ou divergente.
Dans ce problème, on suppose que $n ! !, un > 0.

1) On suppose la série un convergente, de somme S.


n !!

On construit les suites an et vn définies par :


S Sn un
an = et vn = an an +1 .
un un +1
Montrer que an est une suite à termes positifs et que vn a une limite positive.

2) On suppose qu’il existe une suite bn à termes strictement positifs telle que la suite
un
wn définie par wn = bn bn +1 converge vers un réel strictement positif.
un +1
Montrer que la série un est convergente.
n !!

un
3) a) On suppose que la suite tn , définie par tn = n u 1 , admet une limite # > 1.
n +1

Montrer que la série un est convergente.


n !!

1.3 . . . (2n 1)
b) Étudier la convergence de la série un lorsque un = .
2.4 . . . (2n + 2)
n !!

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 153
4) On suppose qu’il existe une suite cn à termes positifs telle que :
un
&N ! !, $n ! N , cn cn +1 " 0.
un +1
1
Montrer que, si la série est divergente, alors la série un est divergente.
cn
n !! n !!

5) a) On suppose que la suite tn définie en 3) admet une limite # < 1.


Montrer que la série un est divergente.
n !!

1.3 . . . (2n 1)
b) Étudier la nature de la série un lorsque un = .
2.4 . . . (2n )
n !!

Solution

1) $n ! !, Sn +1 Sn = un > 0 montre que Sn est strictement croissante. La limite S de Sn


est la borne supérieure de Sn , n ! ! et elle n’est pas le plus grand élément de cet ensemble.
Sn S
On a donc S Sn > 0, d’où an = > 0.
un
un S Sn S Sn +1 S Sn
On a vn = an an +1 = = n +1 = 1.
un +1 un +1 un +1 un +1
La suite vn est constante, égale à 1.

2) Soit ( ! " tel que 0 < ( < #. En utilisant # = lim wn , il existe p ! ! tel que :
$n ! p, wn ! ( d’où bn un bn +1 un +1 ! (un +1 .
n 1 n 1
On a donc (bk uk bk +1 uk +1 ) ! ( uk +1 , c’est-à-dire :
k =p k =p
n
bp up bn un ! ( uk .
k =p+1
bp up
Avec bn un > 0, il vient ( Sn Sp " bp up puis Sn " + Sp , ce qui montre que la suite
(
croissante Sn est majorée et donc convergente.

3) a) Nous sommes en présence du cas particulier où bn = n et donc :


un un
wn = n (n + 1) = n 1 1 = tn 1.
un +1 un +1
On en déduit que wn converge, avec lim wn = # 1 > 0.
En application du résultat obtenu en 2), la série un est convergente.

1.3 . . . (2n 1) un 2n + 4 3
b) un = 2.4 . . . (2n + 2) donne u =
2n + 1
=1+
2n + 1
d’où :
n +1
un 3n
n 1 =
un +1 2n + 1
un 3
puis lim n 1 = > 1. Il s’ensuit la convergence de la série :
un +1 2
1.3 . . . (2n 1)
.
2.4 . . . (2n + 2)

154 Thèmes d’étude – Problèmes


1
4) Posons dn = et nous ne faisons intervenir que des entiers n tels que n ! N .
cn
un un cn +1 un dn
cn cn +1 " 0 se lit " c’est-à-dire " .
un +1 un +1 cn un +1 dn +1
n 1 n 1
uk dk uN dN
Il s’ensuit " c’est-à-dire " .
uk +1 dk +1 un dn
k =N k =N
n n
u uN 1
Avec un ! dN dn pour tout n ! N , il vient uk ! .
N dN ck
k =N k =N
n n
1
Comme lim =+ , il vient lim uk = + , donc lim Sn = + .
n + ck n +
k =N k =N

un un
5) a) Comme en 3), posons wn = n (n + 1) = n 1 1 = tn 1.
un +1 un +1

La suite wn converge et lim wn = # 1 < 0. Il existe donc N ! ! tel que $n ! N , wn " 0.


un un
En posant cn = n , on a cn u cn +1 = n
un +1
1 1 = tn 1 = wn donc, pour n ! N ,
n +1
on a :
un
cn cn +1 " 0.
un +1
1
De la divergence de la série il découle la divergence de la série un .
n
n !!

1.3 . . . (2n 1) un 2n + 2 1
b) Avec un = 2.4 . . . (2n )
on a u =
2n + 1
=1+
2n + 1
.
n +1
un 1
On en déduit que lim n 1 = < 1.
un +1 2
1.3 . . . (2n 1)
Il s’ensuit la divergence de la série .
2.4 . . . (2n )

6 Construction de fonction
à l’aide de la suite harmonique
Par étapes, on travaille dans ! puis dans $+ pour établir un morphisme de ($+ , ) dans
(", +).
À l’aide de borne supérieure, on travaille enfin dans "+ pour construire une fonction qui
ressemble étrangement, par ses qualités et propriétés, à la fonction logarithme népérien.
Ce sujet est une révision des principales démarches d’analyse vues dans les premières semaines.

n
1
Soit Sn n !!
la suite définie par Sn = . Pour n et p dans ! , on pose Lp (n ) = Snp Sp .
k
k =1

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 155
1) Dans cette question, n est un entier naturel non nul fixé.
Montrer que la suite Lp (n ) p!! est croissante et majorée par n 1.
Justifier qu’elle est convergente et que sa limite, notée L (n ), est au plus égale à n 1.
Calculer L (1) et montrer que $n ! ! , n ! 2 L (n ) > 0.

2) a) Montrer que, pour tous m , n , p dans ! , on a Lp (mn ) = Lnp (m ) + Lp (n ).


b) Montrer que, pour tous m et n dans ! , on a L (mn ) = L (m ) + L (n ).

1
3) a) Montrer que, pour tous n et p dans ! , on a Lp (n + 1) Lp (n ) !
n+1
.

b) Montrer que la suite L (n ) n !!


est strictement croissante.

p p
4) a) Étant donné p, q, p , q dans ! , montrer que = L (p) L (q) = L (p ) L (q ).
q q

p
On peut alors considérer la fonction # : $+ ", ! L (p) L (q).
q

b) Montrer que, pour tous r et r dans $+ , on a #(rr ) = #(r ) + #(r ), c’est-à-dire que # est un
morphisme du groupe ($+ , ) dans le groupe (", +).
c) Montrer que la fonction # est strictement croissante.
1
d) Montrer que la suite # 1+ admet 0 pour limite.
n n !!

5) Étant donné x ! "+ , on pose : Ax = r ! $+ , r " x .


a) Justifier que Ax est non vide et qu’il admet un majorant dans $.
b) Étant donné l’ensemble #(Ax ) = # (r ), r ! Ax , justifier que #(Ax ) est une partie non
vide et majorée de ".
On peut alors considérer la fonction f : "+ ", x ! sup #(Ax ).

6) a) Vérifier que $r ! $+ , on a f (r ) = #(r ), c’est-à-dire que la fonction f prolonge la


fonction #.
b) Vérifier que la fonction f est strictement croissante.
c) Montrer que la fonction f est continue sur "+ .
d) Montrer f est un morphisme des groupes ("+ ) et (", +).
e) Montrer que lim f (x ) = + et lim f (x ) = .
x + x 0 , x>0

Solution

n (p+1)
1 1
1) Lp+1 (n ) Lp (n ) = Sn (p+1) Sp+1 Snp + Sp = .
k p+1
k =np+1
n (p+1)
1 1 1 1 1
Pour k ![[ np +1, n (p +1) ]], on a k ! n (p + 1) donc !n = , et il s’ensuit :
k n (p + 1) p+1
k =np+1

156 Thèmes d’étude – Problèmes


Lp+1 (n ) Lp (n ) ! 0.
np
1 1 1 (n 1)p
Lp (n ) = et, pour k ! [[ p + 1, np ]], " donne Lp (n ) " "n 1.
k k p+1 p+1
k =p+1

Croissante et majorée, Lp (n ) p!!


converge. Sa limite L (n ) en est la borne supérieure donc :
L (n ) " n 1.
On a $p ! ! , Lp (1) = 0, d’où L (1) = 0.
2n
1
Pour n ! 2, on a L2 (n ) = > 0. Puis L (n ) ! L2 (n ) donne L (n ) > 0.
k
k =3

nmp p nmp np np p
1 1 1 1 1 1
2) a) Lp (mn ) = = + d’où :
k k k k k k
k =1 k =1 k =1 k =1 k =1 k =1

Lp (mn ) = Lnp (m ) + Lp (n ).

b) Avec n !1, Lnp (m ) p!!


est une suite extraite de Lp (m ) p!!
, donc elle converge vers L (m ).
Faisons tendre p vers + dans l’égalité précédente : il vient L (mn ) = L (m ) + L (n ).
np+p np np+p
1 1 1 1
3) a) Pour n ! ! , on a $p ! ! , Lp (n + 1) Lp (n ) = = !p .
k k k np + p
k =p+1 k =p+1 k =np+1

1
Et il s’ensuit Lp (n + 1) Lp (n ) !
n+1
.

1
b) En prenant la limite pour p + , il vient L (n + 1) L (n ) !
n+1
, donc L (n + 1) > L (n )
et la suite L (n ) n !!
est strictement croissante.

p p
4) a) = se lit pq = p q, d’où L (pq ) = L (p q), soit L (p) + L (q ) = L (p ) + L (q), et il vient :
q q

L (p) L (q) = L (p ) L (q ).

p p
b) Soit r = et r = , avec p, q, p , q dans ! .
q q
pp
On a #(r ) + #(r ) = L (p) L (q) + L (p ) L (q ) = L (pp ) L (qq ) = # = #(rr ).
qq
c) Avec les notations précédentes, supposons r < r , c’est-à-dire pq < p q. Comme L est
strictement croissante, il vient L (pq ) < L (p q), soit L (p) + L (q ) < L (p ) + L (q), d’où :
#(r ) = L (p) L (q) < L (p ) L (q ) = #(r ).
np+p
1 1 1
d) Soit n ! ! . On a $p ! ! , Lp (n + 1) Lp (n ) = "p = .
k np n
k =np+1

1
En prenant la limite pour p + , il vient L (n + 1) L (n ) " .
n
1 1 1
Alors L (n + 1) L (n ) > 0 et # 1 +
n
= L (n + 1) L (n ) donne 0 < # 1 +
n
"
n
, et il vient :
1
lim # 1 + = 0.
n

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 157
5) a) Il existe r ! $, 0 < r < x , donc Ax " #. Et il existe s ! ! tel que x " s, donc Ax admet un
majorant dans $+ .
b) On a #(r ) ! #(Ax ), donc #(Ax ) " #. Et, par croissance de #, on a $r ! Ax , r " s #(r ) " #(s),
donc #(Ax ) est majoré et admet alors une borne supérieure, notée f (x ).

6) a) Soit r ! $+ . On a $s ! Ar , s " r , donc #(s) " #(r ).


Ainsi #(r ) est le plus grand élément de #(Ar ) ; c’est alors aussi sa borne supérieure. Il s’ensuit :
f (r ) = #(r ),

b) Soit x et x dans " tels que 0 < x < x . Il existe des rationnels r et r tels que x < r < r < x .
Alors, $s ! Ax , on a #(s) " #(r ), d’où f (x ) " #(r ). D’autre part, r ! Ax donne #(r ) " f (x ).
La croissance stricte de # donne #(r ) < #(r ), d’où f (x ) < f (x ), ce qui montre la croissance
stricte de f .
1
c) Soit x ! "+ et - > 0. Il existe n ! ! tel que # 1 + < - et il existe r ! $+ tel que :
n
n
x < r < x.
n+1
n+1
En posant r = r , cela se lit r < x < r .
n
r 1
On a alors # = # 1+ < -, c’est-à-dire #(r ) #(r ) < -, ou aussi f (r ) f (r ) < -.
r n
Par croissance de f , il vient $t ! r, r , f (t ) f (x ) " f (r ) f (r ) < -.
En posant % = inf x r, r x , il vient $t ! "+ , t x "% f (t ) f (x ) < -, et par suite
f est continue sur "+ .

d) Soit x et x dans "+ . Il existe des suites rn et rn dans $+ telles que :


lim rn = x et lim rn = x .
Alors lim(rn rn ) = xx . Par continuité de f , il vient :

lim f rn = f (x ) , lim f rn = f (x ) et lim f rn rn = f xx .

Avec # rn rn = # rn + # rn et f (s) = #(s) pour tout s ! $+ , il vient f (xx ) = f (x ) + f (x ), donc


f est un morphisme des groupes ("+ , ) et (", +).

e) Pour tout n ! ! , on a f 2n = nf (2) car f est un morphisme de ("+ , ) dans (", +).
Or f (2) = #(2) = L (2) L (1) = L (2) > 0, donc lim f 2n = + . La croissance de f donne alors :

lim f (x ) = + .
x +
1
Pour tout x > 0, on a f = f (x ). Il vient alors lim f (x ) = .
x x 0, x>0

158 Thèmes d’étude – Problèmes


7 Approximation
1 t
1) On considère la fonction f : " ", t ! e .
a) Montrer que l’équation t ! ", f (t ) = t a une solution et une seule. On note a cette solution.
b) Montrer que, pour tout couple (x, y) de réels positifs, on a :
1
f (x ) f (y) " x y.
e
1
c) Montrer que 0, e est stable par f et que a appartient à cet intervalle.

2) On considère la suite (un )n !! définie par u0 = 0 et $n ! !, un +1 = f (un ).


1 1
Montrer que, pour tout n ! !, on a 0 " un " et un a " n +1 .
e e
n
1 n
3) On considère les suites vn n !!
et wn n !!
définies par vn = n n
n ! et wn =
n!
.

a) Déterminer la limite de la suite #n wn +1 #n wn n !!


.
1
En déduire celle de la suite #n wn .
n n !!

b) Établir une relation simple entre #n wn et #n vn ; en déduire la limite de la suite vn .


p
xk
4) Pour tout entier p ! !, on définit la fonction Ap : "+ ", x ! ( 1)k
k!
k =0

a) Montrer que, pour x > 0 fixé, il existe un rang p1 (x ) à partir duquel la suite A2n (x ) n !!
est décroissante et qu’il existe un rang p2 (x ) à partir duquel la suite A2n +1 (x ) n !! est
croissante.
b) Montrer que, pour tout x ! 0, les suites A2n (x ) n !!
et A2n +1 (x ) n !!
sont convergentes
et de même limite.
On admettra que cette limite commune est e x .

5) a) Exprimer la dérivée de la fonction Ap+1 à l’aide de la fonction Ap .


b) Prouver que, pour tout n ! ! , la fonction A2n 1 est strictement décroissante
et que l’équation x ! 0, A2n 1 (x ) = 0 admet une solution et une seule ; on notera xn cette
solution.
On admettra que, pour tout n ! ! , on a xn " n .
c) Montrer que A2n +1 (xn ) > 0 et en déduire que la suite (xn )n !! est strictement croissante.
2n
x xn
6) a) À l’aide de A2n +1 (x ) " e " A2n (x ) et de xn " n , établir que 1 " exn " 2.
(2n )!
xn 1
b) En posant yn = , montrer que v2n " yn eyn " 21 / 2n v2n et que lim yn eyn = .
2n e
c) En conclure que xn est équivalent à 2an .
On pourra pour cela utiliser la fonction : "+ ", y ! yey .

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 159
Solution

1) a) h : t ! f (t ) t est continue, strictement décroissante (par exemple avec h ).


1 1
On a h (0) = et h (1) = 2 1 < 0.
e e
Il s’ensuit que f a un point fixe et un seul, et qu’il est dans ]0, 1[.
1
b) On a f (x ) f (y) = (e x
e y ).
e
La fonction + : x ! e x a sa dérivée majorée par 1 sur [0, + [.
Elle est donc 1-lipschitzienne et il vient alors +(x ) +(y) " x y . Il s’ensuit :
1
f (x ) f (y) " x y.
e
1 1 1 1 1 1
c) h e =
e
e e 1 < 0 justifie que a est dans E = 0,
e
et que f e
"
e
.
1 1
Avec f > 0 décroissante et f (0) = , il vient que E = 0, est stable par f .
e e

2) Avec u0 = 0 ! E et E stable par f , on a un ! E pour tout n ! !.


1 1
Pour tout n ! !, on a f (un ) f (a ) " u a , c’est-à-dire un +1 a " u a.
e n e n
1 n 1
Il s’ensuit, pour tout n ! !, un a " u0 a . Avec u0 a =a" , il vient :
e e
1
un a " n +1 .
e

wn +1 1 n 1
3) a) De = 1+ , on déduit #n wn +1 #n wn = n #n 1 + , puis :
wn n n
lim(#n wn +1 #n wn ) = 1.
1
Il s’ensuit, avec le théorème des moyennes de Cesaro, que lim #n wn = 1.
n
1
b) En formant #n vn et #n wn , on voit que #n vn + #n wn = 0.
n
1
On en déduit que lim #n (vn ) = 1 puis que lim vn = e .

p+1 p+2 p+1 p+1


x x ( 1) x
4) a) On a Ap+2 (x ) Ap (x ) = ( 1)p+1 + ( 1)p+2 = p+2 x .
(p + 1)! (p + 2)! (p + 2)!
En particulier :
2n +1
x
A2(n +1) (x ) A2n (x ) = x 2(n + 1) ,
(2n + 2)!
x
donc A2n (x ) décroît à partir de p1 tel que p1 ! E 2 . et :
2n +2
x
A2n +3 (x ) A2n +1 (x ) = 2n + 3 x) ,
(2n + 3)!
x 1
ce qui montre que A2n +1 (x ) croît à partir de p2 tel que p2 ! E .
2

160 Thèmes d’étude – Problèmes


x 2n +1
b) A2n (x ) A2n +1 (x ) = est de limite 0, par la croissance comparée de suites classiques.
(2n + 1)!
x
Soit X ! E 2 un entier. A2n (x ) n !X est décroissante, A2n +1 (x ) n !X
est croissante.
Adjacentes, ces suites ont même limite.
x x
Avec la limite (admise) e , on a en particulier A2n (x ) ! e .
p+1 k
x
5) a) De Ap+1 (x ) = 1 + ( 1)k , on déduit :
k!
k =1
p+1 k 1 p k p k
x 1x x
Ap+1 (x ) = ( 1)k = ( 1)k = ( 1)k = Ap (x ).
(k 1)! k! k!
k =1 k =0 k =0
x
b) Pour tout x !0, on a A2n 2 (x )! e > 0 et il s’ensuit que A2n 1 est strictement décroissante
sur [0, + [.
2n 1
x
La limite en + de A2n 1 est celle de , c’est donc , et on a A2n 1 (0) = 1. Le
(2n + 1)!
théorème des valeurs intermédiaires donne alors l’existence de xn , l’unicité étant garantie par
la stricte décroissance de A2n 1 .
2n
xn
c) A2n +1 (xn ) = A2n 1 (xn ) + (2n + 1)!
2n + 1 xn , A2n 1 (xn ) = 0 et xn " n donnent :

A2n +1 (xn ) > 0.


Or A2n +1 (xn +1 ) = 0 par définition de xn +1 d’où A2n +1 (xn ) > A2n +1 (xn +1 ).
La décroissance stricte de A2n +1 donne alors xn +1 > xn .
2n 2n
xn x
6) a) De A2n (xn ) = et e xn " A2n (xn ) on déduit 1 " n exn .
(2n )! (2n )!
2n 2n
xn 2n + 1 xn xn
De A2n +1 (xn ) = (2n + 1 xn ) et A2n +1 (xn ) " e xn , on déduit exn " 1.
(2n + 1)! 2n + 1 (2n )!
2n
2n + 1 xn 1 xn
Avec xn " n , il vient ! puis exn " 2.
2n + 1 2 (2n )!
b) En remplaçant xn par 2nyn dans la double inégalité précédente, il vient :
(2n )! (2n )!
" (yn eyn )2n " 2
(2n )2n (2n )2n
2n
(2n )!
et, avec v2n = , il vient v2n " yn eyn " 21 / 2n v2n .
2n
1 1
On a vu que lim vn = et on a lim 21 / 2n = 1, il s’ensuit lim yn eyn = .
e e
c) g : [0, + [ ", y ! yey , est continue, strictement croissante, de limite + .
yn 1
C’est une bijection de [0, + [ sur [0, + [. Alors zn = yn e = g(yn ) donne yn = g (zn ).

1 1 1 1
De lim zn = e on déduit (par continuité de g ) que (yn ) a pour limite # = g , puis il
e
vient xn ! 2 # n .
e 1 = g(#) se lit e 1 = #e# ou encore # = e 1 # ; # n’est autre que le point fixe a de f , et
finalement on a xn ! 2an .

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 161
8 Théorèmes classiques et applications
Ce sujet a pour objectif principal un tour d’horizon sur les premiers théorèmes classiques tels
que celui de Rolle, la formule des accroissements finis et la formule de Taylor.
Des mises en situations sans difficulté particulière sont l’occasion de les mettre en pratique.

Partie I
Préliminaire. Énoncer le théorème de Rolle.
Soit g une fonction réelle définie et continue sur [a, b], a et b réels, a < b, et dérivable
sur [a, b[. On suppose que g(a ) = g(b) = 0 et g (a ) = 0.
g(c )
Montrer qu’il existe c !]a, b[ tel que g (c ) = .
c a

Partie II
Préliminaire. Soit f une fonction réelle définie et dérivable sur un intervalle I de " et a , b deux
éléments de I . Énoncer la formule des accroissements finis qui permet de comparer f (a ) et f (b).
Dans cet exercice, f est une fonction réelle, définie et dérivable sur "+ .
On suppose que f est strictement décroissante sur "+ et que : $x ! "+ , f (x ) ! 0.
1) Montrer que : $x ! [1, + [, f (x + 1) f (x ) < f (x ) < f (x ) f (x 1).
n
2) Montrer que la suite (sn ) définie par : $n ! ! , sn = f (k ) est convergente si et
k =1
seulement si f a une limite réelle (notée #) en + .

Application. Étude des suites définies par :


n n
1 1
$n ! ! , u n = 2
; vn = .
k =1
1+k k =1
1+k

Partie III
Préliminaire. Soit f une fonction réelle définie et deux fois dérivable sur un intervalle I de " et
a , b deux éléments de I . Énoncer la formule de Taylor-Lagrange qui permet de comparer f (a )
et f (b).
Soit f une fonction réelle, définie et dérivable jusqu’à l’ordre 2 sur ".
On suppose que f et f sont bornées et on pose M0 = sup f (x ) et M2 = sup f (x ) .
x !" x !"

1) Soit x ! ". Montrer que, pour tout h ! ", on a :


2 2
h h
f (x ) " M0 + hf (x ) + M et M .
f (x ) " M0 + hf (x ) +
2 2 2 2
On pourra appliquer la formule de Taylor entre x et x + h d’une part et entre x et x h d’autre
part.
2) En déduire que f est bornée (sur ") et que, en posant M1 = sup f (x ) , on a :
x !"
M12 " 2M 0 M 2 .

162 Thèmes d’étude – Problèmes


Partie IV
2
1) Soit %, ' réels, % < ', et g : [%, '] " de classe .
a) Soit + : [%, '] ", t g(t ) g(%) (t %)g (%) ((t %)2 , avec ( défini par +(') = 0.
Montrer qu’il existe c !]%, '[ tel que + (c ) = 0.
(' %)
En déduire que g(') = g(%) + (' %)g (%) +
2
g (c ).

b) On suppose : $x ! [%, '], g(x ) ! 0 et g (x ) " 0.


Montrer que, s’il existe 0!]%, '[ tel que g(0) = 0, alors g est nulle sur [%, '].
c) On suppose : $x ! [%, '], g(x ) ! 0 et g (x ) " 0.
Montrer que, si g(%) = g (%) = 0, alors g est la fonction nulle sur [%, '].

2) Soit a et b réels, a < b, et f : [a, b] ", de classe %2 sur [a, b], telle que f (a ) = f (b) = 0.
On pose M = sup f (x ) et on suppose M > 0.
x ![a,b]

(x a )(x b)
a) Pour x !]a, b[, montrer qu’il existe c !]a, b[ tel que f (x ) = 2
f (c ).

(x a )(b x)
b) Montrer que $x ! [a, b], f (x ) " M .
2
2
b a b a (b a)
En déduire f (a ) " M , f (b) " M et sup f (x ) " M .
2 2 x ![a,b] 8

(x0 a )(x0 b)
c) On suppose qu’il existe x0 !]a, b[ tel que f (x0 ) = M .
2
(x a )(x b)
Montrer que $x ! [a, b], f (x ) = M . On pourra utiliser 1)b).
2
(x0 a )(b x0 )
Que peut-on dire s’il existe x0 !]a, b[ tel que f (x0 ) = M 2
?

Solution

Partie I
g(x ) g(a ) g(x )
Soit h la fonction définie sur ]a, b] par f (x ) = = et prolongée par continuité
x a x a
en a par h (a ) = g (a ) = 0.
h est continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ et h (a ) = h (b) = 0.
g (c ) g(c ) g(c )
Il existe donc c !]a, b[ tel que h (c ) = 0, c’est-à-dire 2 = 0, d’où g (c ) = .
c a (c a) c a

Partie II
1) Pour x ! [1, + [, la formule des accroissements finis sur [x, x + 1] donne l’existence de
y!]x, x + 1[ tel que f (x + 1) = f (x ) + f (y).
Avec f strictement décroissante, on a f (y) < f (x ) d’où f (x + 1) f (x ) < f (x ).

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 163
La formule des accroissements finis sur [x 1, x ] donne l’existence de z !]x 1, x [ tel que :
f (x 1) = f (x ) f (z ).
Avec f strictement décroissante, on a f (z ) > f (x ) d’où :
f (x ) < f (x ) f (x 1).

2) Comme f est positive, la suite (sn ) est croissante.


Elle est convergente si et seulement si elle est majorée.
Pour tout k ! ! , on a f (k + 1) f (k ) < f (k ) < f (k ) f (k 1), d’où :
f (n + 1) f (1) < sn < f (n ) f (0).
On en déduit que si l’une des suites f (n ) et (sn ) est majorée, alors l’autre l’est aussi.
f étant croissante, f (n ) est majorée si et seulement si la fonction f a une limite réelle en + .
En conclusion (sn ) est convergente si et seulement si f a une limite réelle en + .

Application.
1
a) Arctan est dérivable sur R+ et, pour x ! 0, Arctan (x ) = .
1 + x2
On en déduit que Arctan est positive et strictement décroissante sur "+ .
Comme Arctan a une limite réelle en + , on a la convergence de (un ).
1
b) La fonction f : x ! 2 1 + x est dérivable sur "+ , avec f (x ) = donc f est positive,
1+x
strictement décroissante sur "+ .
Avec lim f (x ) = + , la suite vn est divergente.
x +

Partie III
1) Appliquons la formule de Taylor entre x et x + h : il existe c !]x, x + h [ tel que :
2
h
f (x + h ) = f (x ) + hf (x ) + f (c ),
2
2 2
h h
d’où f (x ) = f (x + h ) + hf (x ) + f (c ), puis f (x ) " f (x + h ) + hf (x ) + f (c ) et il
2 2
s’ensuit :
h2
f (x ) " M0 + hf (x ) + M .
2 2
Appliquons aussi la formule de Taylor entre x et x h : il existe d !]x h, x [ tel que :
2
h
f (x h ) = f (x ) hf (x ) + f (d ).
2
2
h
Comme précédemment, il vient f (x ) " M0 + hf (x ) + 2 M2 .

2
h
2) On a donc, pour tout x ! " et tout h ! ", f (x ) " M0 + hf (x ) + 2 M2 .
2
h
M0 + hf (x ) + M est un polynôme en h positif pour tout h ! ", donc de discriminant négatif :
2 2
2
f (x ) " 2M 0 M 2 .
On en déduit que f est bornée et que M12 " 2M 0 M 2 .

164 Thèmes d’étude – Problèmes


Partie IV

1) a) C’est la démonstration classique de la formule de Taylor.

b) g présente un minimum en 0!]%, '[, d’où g (0) = 0.


g étant décroissante, on a g (x ) ! 0 sur [%, 0] et g (x ) " 0 sur [0, '].

Avec g(0) = 0, il vient g(x ) " 0 tant sur [%, 0] que sur [0, ']. Avec g ! 0, il vient g = 0.

c) g est décroissante sur [%, ']. Avec g (%) = 0, il vient g " 0 et g est décroissante.
Avec g(%) = 0, il vient g " 0 ; alors g ! 0 donne g = 0.

(
2) a) Soit + : [a, b] ", t ! f (t ) (t a )(t b). On a +(a ) = +(b) = 0.
2
On définit ( par +(x ) = 0.
+ est continue sur [a, x ] et dérivable sur ]a, x ]. Il existe donc u !]a, x [ tel que + (u ) = 0.

De même, il existe v!]x, b[ tel que + (v) = 0.


1
+ étant de classe sur [u, v], il existe c !]u, v[#]a, b[ tel que + (c ) = 0.
1
Avec + (t ) = f (t ) (, on obtient : ( = + (c ) et +(x ) = 0 se lit f (x ) =
2
(x a )(x b)f (c ).

b) Pour x = a ou x = b, l’inégalité est immédiate et pour x !]a, b[, elle découle du résultat
précédent.
f (x ) f (a ) b x
Avec le a), on a, pour x > a , x a
"M
2
.

b a b a
Par la limite pour x a , il vient f (a ) " M . Et de même f (b) " M .
2 2
2
a+b (b a )
x ! (x a )(b x ) est positive sur [a, b] et son maximum, en , vaut . Il s’ensuit :
2 4
2
(b a)
sup f (x ) " M .
x ![a,b] 8

M
c) Soit g : [a, b] ", x ! f (x ) (x a )(x b).
2
M
Avec 2)b), il vient g(x ) = f (x ) + (x a )(b x ) ! 0.
2
Avec g (x ) = f (x ) M " 0, et g(x0 ) = 0, d’après 1)b), il vient g = 0. On en déduit :
M
$x ! [a, b], f (x ) = (x a )(x b).
2
M
En considérant h : [a, b], x ! 2 (x a )(b x) f (x ), on a de même h ! 0 et h " 0 puis,
avec h (x0 ) = 0, il vient h = 0.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 165
9 Autour de la fonction exponentielle
1) Soit (Pn )n !! la suite de polynômes définie par P0 = 1, Pn +1 = Pn et Pn +1 (0) = 1 :
n p
x
$n ! !, $x ! ", Pn (x ) = .
p!
p=0

p
x 1
a) Étant donné x > 0, montrer qu’il existe q ! ! tel que $p ! q, " p.
p! 2
b) Montrer que, pour x > 0, la suite Pn (x ) n !!
est convergente.

2p
x
c) Montrer que, pour x ! ", la suite est convergente.
(2p)!
2p"n
n !!
En déduire la convergence de la suite Pn (x ) n !!
pour x < 0.
Notation. On note E la fonction définie sur " par E (x ) = lim Pn (x ).
n +

2) Dérivation de la fonction E
a) Pour x fixé dans " et h " 1, on pose : 1n (h ) = Pn (x + h ) Pn (x ) hPn 1 (x ).
Exprimer 1(h ) = lim 1n (h ) à l’aide de la fonction E .
n +

b) En notant que 1n (h ) = Pn 1 (x + h) Pn 1 (x ), montrer que, pour tout n ! !, on a :


1n (h ) " h E ( x + 1).

1 1
c) En déduire que 1n (h ) " E ( x + 1)h 2 puis que 1(h ) " E ( x + 1)h 2 .
2 2
d) En déduire que E est dérivable en x et que E (x ) = E (x ).

3) a) En considérant F : " ", x ! E (x )E ( x ), montrer que $x ! ", E (x )E ( x ) = 1.

b) Soit a ! ". En considérant Ga : " ", x ! E (x + a )E ( x ), montrer que :


$x ! ", E (x + a ) = E (x )E (a ).

4) Montrer que la fonction E n’est pas une fonction polynôme.

5) Montrer que, pour tout x > 0, on a E (x ) > 1 et, pour tout x " 0, 0 < E (x ) " 1.

6) Montrer que lim E (x ) = + et que lim E (x ) = 0.


x + x

Solution

1) a) Pour tout x ! " fixé, la comparaison classique de puissance et de factorielle donne :


2n x n
lim = 0.
n!
2p x p x
p
1
Il existe donc q ! ! tel que $p ! q, " 1, c’est-à-dire " p.
p! p! 2
b) Pour x > 0, la suite Pn (x ) n !!
est croissante.

166 Thèmes d’étude – Problèmes


q p n p q p n q p
x x x 1 x
Pour n ! q, on a Pn (x ) = + " + p " + 1.
p! p! p! 2 p!
p=0 p=q+1 p=0 p=q+1 p=0

La suite Pn (x ) n !!
est donc majorée.
Croissante et majorée, la suite Pn (x ) est convergente.
2p 2p
x x (x 2 )p (x 2 )p
c) La suite est croissante et " " = Pn (x 2 ).
(2p)! (2p)! (2p)! p!
2p"n 2p"n p"n p"n
n !!
Elle est majorée car Pn (x ) est majorée pour tout x > 0 ; sa convergence en découle.
2p
x
Pour tout x , on a Pn (x ) + Pn ( x ) = 2 .
(2p)!
2p"n

Pour x < 0, la convergence de Pn ( x ) entraîne alors celle de Pn (x ) .

2) a) En passant à la limite (pour n infini) dans 1n (h ) = Pn (x + h ) Pn (x ) hPn 1 (x ) on


obtient :
1(h ) = E (x + h ) E (x ) hE (x ).
b) On a 1n (h ) = Pn 1 (x + h ) Pn 1 (x ) et, en appliquant la formule des accroissements finis,
il existe /!]0, 1[ tel que 1n (h ) = hPn 2 (x + /h ). Or, pour tout entier n ! ! :
Pn (x + /h ) " Pn ( x + /h ) " Pn ( x + 1) " E ( x + 1),
et il vient donc 1n (h ) " h E ( x + 1).
c) Compte tenu de 1n (0) = 0, l’inégalité des accroissements finis donne :
1
1n (h ) " E ( x + 1)h 2 .
2
1
En prenant la limite pour n + , il vient 1(h ) " 2 E ( x + 1)h 2 .

E (x + h ) E (x ) 1
d) On a donc E (x ) " E ( x + 1) h , d’où :
h 2
E (x + h ) E (x )
lim = E (x ) c’est-à-dire E (x ) = E (x ).
h 0 h

3) a) On a F (x ) = 0, donc F est constante. En notant que F (0) = 1, il vient :


E (x )E ( x ) = 1 pour tout x ! ".

b) On a Ga (x ) = 0 et Ga est constante. En remarquant que Ga (0) = E (a ), il vient :


E (x + a )E ( x ) = E (a ).
Alors, avec a), il obtient : E (x + a ) = E (x )E (a ).

4) Si E était une fonction polynôme Q, de degré q ! !, on aurait D q+1 Q = 0.


Or D q+1 E = E et E n’est pas la fonction nulle puisque E (0) = 1.

5) Pour x > 0 et n ! !, on a Pn (x ) > 1 et par suite E (x ) > 1 puisque Pn (x ) est croissante.


Pour x " 0, E (x )E ( x ) = 1 montre que 0 < E (x ) " 1.

6) Pour tout x > 0, on a 1 + x " E (x ), donc lim E (x ) = + .


x +
Avec E (x )E ( x ) = 1, il vient lim E (x ) = 0.
x

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 167
10 Fonctions à dérivées successives positives
Soit f ! (I, "), où I est un intervalle non vide, non réduit à un point.
On dit que f est de type (AM) lorsque $n ! !, f (n ) ! 0, en notant f (n ) sa dérivée d’ordre
n ! !, avec f (0) = f .

1) a) Soit f et g des fonctions réelles définies et de type (AM) sur I .


Montrer que f + g et fg sont de type (AM).
b) Montrer que f est de type (AM) si et seulement si f ! 0 et f est de type (AM).
c) On suppose que f est de type (AM) sur I et que g, définie sur un intervalle J ' f (I ), est
de type (AM). Montrer que g f est de type (AM) sur I .

1 1+x
2) a) La fonction T définie par T (x ) = #n , est-elle de type (AM) sur [0, 1[ ?
2 1 x
b) La fonction L définie par L (x ) = #n ( x ) est-elle de type (AM) sur ] , 0[ ?

c) Étant donné b ! ", on considère la fonction réelle H définie sur I =] , b[ par :


(x +.
H (x ) =
x b
, avec ((, .) ! "2 .
Donner une condition nécessaire et suffisante sur ((, .) pour que la fonction H soit de
type (AM).

Dans la suite, l’intervalle I est I = [a, b[, avec a < b, et la fonction f est de type (AM) sur [a, b[.
n n
(x a ) (n )
3) Pour n ! ! et x ! [a, b[, on pose un (x ) = f (a ) et Sn (x ) = uk (x ).
n!
k =0

a) Montrer que $n ! !, $x ! [a, b[, Sn (x ) " f (x ).


b) Montrer que, pour tout x ! [a, b[, la suite Sn (x ) n !!
est convergente et que sa limite
S(x ) vérifie S(x ) " f (x ).

4) Pour n ! !, on définit hn : ]a, b[ ", x ! hn (x ) par f (x ) = Sn (x ) + (x a )n hn (x ).

a) Montrer que hn est dérivable sur ]a, b[.


gn (x )
On définit alors gn sur [a, b[ par gn (a ) = 0 et, pour x !]a, b[, hn (x ) = n +1 .
(x a)
Expliciter gn (x ) à l’aide de f (x ), f (x ) et des f (k ) (a ) avec k ! [[ 0, n ]].
b) Étudier le signe de g1 (x ) et en déduire le sens de variation de h1 .
Étudier le signe de g2 (x ) et en déduire le sens de variation de h2 (x ).
c) Avec la formule de Taylor-Young, montrer que gn (x ) = o (x a )n .
Qu’en déduire pour g(k ) (a ), k ! [[ 0, n ]] ?
Montrer que gn(n ) ! 0 et en déduire que gn ! 0 puis que hn est croissante.

5) Pour x !]a, b[ on pose Rn (x ) = (x a )n hn (x ).


x0 a n
a) Étant donné x0 !]a, b[ et c !]x0 , b[, montrer que 0 " Rn (x0 ) " f (c ).
c a
En déduire que S(x0 ) = f (x0 ).

168 Thèmes d’étude – Problèmes


b) Montrer que f est constante ou bien strictement croissante sur ]a, b[.
c) Que peut-on dire de f quand il existe x0 !]a, b[ tel que f (x0 ) = 0 ?
d) Que peut-on dire de f quand il existe x0 !]a, b[ et n ! ! tels que f (n ) (x0 ) = 0 ?

Solution

1) a) f et g étant sur I , il en est de même pour f + g et pour fg.


Pour tout n ! !, on a ( f + g)(n ) = f (n ) + g(n ) , f (n ) ! 0 et g(n ) ! 0, donc ( f + g)(n ) ! 0.
n
k
$n ! !, ( fg)(n ) = "n f (k ) g(n k)
et $k ! [[ 0, n ]], f (k ) ! 0 et g(n k)
! 0, donc ( fg)(n ) ! 0.
k =0

b) f étant sur I , il en est de même pour f . Pour tout n ! !, on a ( f )(n ) = f (n +1) , donc :
( f ) (n ) ! 0 .
Si f est sur I , il en est de même pour f .
Avec f ! 0 et f (n +1) = ( f )(n ) ! 0, il vient : $n ! !, f (n ) ! 0.
c) f et g étant sur I et J respectivement, il en est de même pour g f .
Avec g ! 0 sur J , il vient g f ! 0 sur I , c’est-à-dire (g f ) (0) ! 0.
Pour prouver que g f est de type (AM) sur I , il nous suffit de prouver la propriété $(n ) : pour
toutes fonctions u et v de type (AM) sur I et J respectivement, avec u (I ) # J , on a :
$k ! [[ 0, n ]], (v u )(k ) ! 0.
On procède par récurrence.
Avec v ! 0 sur J , on a v u ! 0 sur I , donc $(0) est vraie.
n
(n +1) (n ) k (k ) (n k )
Avec v u = (v u )u = "n (v v) v , il vient aisément que $(n )
k =0
implique $(n + 1).
Ainsi $(n ) est vraie pour tout n ! !, et on en déduit que g f est de type (AM) sur I .
2) a) T est sur [0, 1[ et $x ! [0, 1[, 2T (x ) = #n (1 + x ) #n (1 x ).
1+x
Sur I = [0, 1[, x ! est minimum en 0 et son minimum est 1, donc T (x ) ! 0 sur I .
1 x
1 1 ( 1)n 1 (n 1)! (n 1)!
2T (x ) = + donne $n ! ! , 2T (n ) (x ) = + .
1+x 1 x (1 + x )n (1 x )n
2 (1 x )n
Il s’ensuit (1 x )n T (n ) (x ) = 1 + ( 1)n 1 .
(n 1)! (1 + x )n
1 x (1 x )n
0 < 1 x " 1 + x donne 0 < " 1 puis 1 + ( 1)n 1 ! 0 et enfin T (n ) (x ) ! 0.
1+x (1 + x )n
Ainsi, T est de type (AM).
b) On a L ( e) = 1 et L n’est pas positive sur ] , 0[.
Elle n’est donc pas de type (AM) sur ] , 0[.
c) H est sur I =] , b [.
On a lim H = (, alors H ! 0 sur I implique ( ! 0.
x
. +b(
H (x ) = 2 et H ! 0 implique . + b ( "0.
(x b)

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 169
Si ces conditions sont réalisées, alors H est croissante, de limite positive en , donc positive.
n!
Pour n ! ! , on a H (n ) (x ) = (. + b() n +1 ! 0 donc H est de type (AM) sur I .
(b x)

(x a )n +1 (n +1)
3) a) Avec la formule de Taylor-Lagrange : &c !]a, x [, f (x ) = Sn (x ) + f (c ).
(n + 1)!
Alors f (n +1) ! 0 donne f (x ) ! Sn (x ).
n
a ) (n ) (x
b) En outre, $n ! !, Sn +1 (x ) Sn (x ) =
f (a ) ! 0, donc Sn (x ) est convergente,
n!
de limite S(x ) " f (x ), et tant que suite croissante majorée par f (x ).

f (x ) Sn (x )
4) a) hn : ]a, b[, x ! n est .
(x a)
n k n 1 k
n (x a) (k ) 1 (x a) (k +1)
hn (x ) = n +1 f (x ) f (a ) + n f (x ) f (a ) ,
(x a) k! (x a) k!
k =0 k =0
n 1 k n k
(x a) (k +1) (x a) (k )
et on pose gn (x ) = (x a ) f (x ) f (a ) n f (x ) f (a ) .
k! k!
k =0 k =0
Notons que, sous cette forme, on voit que gn (a ) = 0.
b) g1 (x ) = (x a ) f (x ) f (a ) f (x ) f (a ) (x a )f (a ) = (x a )f (x ) f (x ) + f (a ).
1
Par la formule de Taylor : &c !]a, x [, f (a ) = f (x ) + (a x )f (x ) + (a x )2 f (c ), et il s’ensuit :
2
1
g1 (x ) = (a x )2 f (c ) ! 0.
2
En conséquence, on a h1 ! 0 sur ]a, b[, donc h1 est croissante sur [a, b[.
1
g2 (x ) = (x a ) f (x ) f (a ) (x a )f (a ) 2 f (x ) f (a ) (x a )f (a ) (x a )2 f (a )
2
c’est-à-dire g2 (x ) = (x a ) f (x ) + f (a ) 2 f (x ) f (a ) , et on obtient :
g2 (x ) = (x a )f (x ) f (x ) + f (a ).
1
Par la formule de Taylor : &d !]a, x [, f (a ) = f (x ) + (a x )f (x ) + (a x )2 f (d ), donc :
2
1
(a x )2 f (d ) ! 0.
g2 (x ) =
2
Ainsi, g2 est croissante sur [a, b[ et, avec g2 (a ) = 0, on a g2 ! 0, puis h2 croissante.
c) En appliquant la formule de Taylor-Young, on a :
n 1 k n k
(x a) (k +1) n 1 (x a) (k ) n
f (x ) f (a ) = o (x a) et f (x ) f (a ) = o (x a) .
k! k!
k =0 k =0

On en déduit gn (x ) = o (x a )n et il s’ensuit $k ! [[ 0, n ]], gn(k ) (a ) = 0.

On obtient facilement gn(n ) (x ) = (x a )f (n +1) (x ) ! 0.


Supposons que, pour k ! [[ 1, n ]], on ait gn(k ) ! 0. Avec gn(k 1)
(a ) = 0, il vient gn(k 1)
! 0.
Ainsi, $k ! [[ 0, n ]], on a gn(k ) ! 0. En particulier gn ! 0 et hn est croissante.

5) a) La formule de Taylor-Young appliquée à f montre que lim hn (x ) = 0.


x a
On en déduit hn ! 0 puis 0 " hn (x0 ) " hn (c ).

170 Thèmes d’étude – Problèmes


Rn (x0 ) Rn (c ) x0 a n
Alors 0 " " donc 0 " Rn (x0 ) " Rn (c ).
(x0 a )n (c a )n c a
En outre, Sn (x ) ! 0 donne Rn (x ) " f (x ).
x0 a n x0 a
Il s’ensuit 0 " Rn (x0 ) " f (c ) puis lim Rn (x0 ) = 0 car 0 " < 1.
c a n + c a
Enfin f (x0 ) = Sn (x0 ) + Rn (x0 ) et lim Sn (x0 ) = S(x0 ) donne f (x0 ) = S(x0 ).
n +

b) Supposons que $n !! , f (n ) (a ) = 0. Alors, $x ![a, b[, $n !!, Sn (x ) = f (a ), d’où $x ![a, b[,


S(x ) = f (a ) et, avec a), il vient f (x ) = f (a ).
Ainsi f est constante si et seulement si $n ! ! , f (n ) (a ) = 0.
Si f n’est pas constante, il existe n ! ! tel que f (n ) (a ) > 0.
La croissance de f (n ) donne $x ! [a, b[, f (n ) (x ) > 0.
-n
Alors, pour tout - > 0, x + - < b, on a f (x + -) ! f (x ) + f (n ) (x ) > f (x ), donc f est strictement
n!
croissante.
c) f (x0 ) = 0, avec x0 a > 0, donne S(x0 ) = 0 puis, avec 0 " Sn (x0 ) " S(x0 ), $n ! !, Sn (x0 ) = 0,
donc f (n ) (a ) = 0.
Il s’ensuit que f est la constante nulle.
d) Avec f (n ) de type (AM) sur I , f (n ) (x0 ) = 0 implique f (n ) = 0 sur [a, b[.
Alors f est une fonction polynomiale de degré au plus n 1.

11 Majoration des dérivées successives


n
Pour n ! ! , on note &n le "-espace vectoriel des fonctions de (", ") qui sont bornées
sur " et dont les dérivées jusqu’à l’ordre n sont bornées sur ".
On pose M0 = sup f (x ) et, pour k ! [[ 1, n ]], Mk = sup f (k ) (x ) .
x !" x !"

1) Dans cette question, on suppose n ! 2 et on considère f ! &2 .


Justifier l’inégalité, pour tout x ! " et pour tout h ! ",
2
M2 h
(1) : f (x + h ) f (x ) hf (x ) " .
2
En appliquant (1) à f (x + h ) et à f (x h ), montrer que pour tout x ! " et tout h > 0, on a :
M0 M2 h
f (x ) " + .
h 2
En déduire que (2) : M1 " 2 M0 M2 .

2) Dans cette question, on suppose n ! 3 et on considère f ! &3 .


a) En appliquant (2) aux fonctions f et f , majorer M2 en fonction de M1 et de M3 , puis
majorer M1 en fonction de M0 et M2 .
En déduire des majorations de M1 et de M2 à l’aide de M0 et de M3 .
b) Seconde majoration de M1 et M2 à l’aide de M0 et M3 .

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 171
En appliquant l’inégalité de Taylor-Lagrange à f (x + h ) et à f (x h ), montrer que, pour tout
x ! " et tout h > 0, on a :
3
M3 h M0 M3 h 4M0
f (x ) " + et + 2 .
f (x ) "
6 h 3 h
En déduire de nouvelles majorations de M1 et M2 à l’aide de M0 et M3 .

3) a) On suppose n ! 2 et on considère f ! &n . En appliquant (2) à la fonction f (n 2)


, majorer
Mn 1 en fonction de Mn 2 et de Mn .

b) En déduire l’existence d’une suite an n !!


de réels telle que :
1 1 1
$n ! ! , $f ! &n , Mn 1 " an M0n Mn n avec ann " 2n 1 ann 11 pour n ! 2.

n 1 1 n 1
c) Montrer que pour tout f ! &n , Mn "2 2 Mn Mn n .
1 0

k (n k ) n k k
d) Montrer que pour tout f ! &n : $k ! [[ 0, n ]], Mk " 2 2 M0 n Mnn .

Étude d’un exemple


Pour p ! ! , on considère la fonction wp définie par :
1 1
wp (x ) = 2 pour 0 " x < 1 ; wp (x ) = 2 sin p , (1 x) pour 1 "x "1 ;
2p 2p
wp ( x ) = wp (x ) et wp (x + 2) = wp (x ) pour tout x ! ".

4) Étudier la continuité et la périodicité de wp .


5) Soit vp la primitive de wp telle que vp (0) = 0.
Donner l’expression de vp (x ) pour 0 " x " 1.
Exprimer vp ( x ) et vp (x + 2) en fonction de vp (x ).
6) Soit up la primitive de vp telle que up (1) = 0.
Donner l’expression de up (x ) pour 0 " x " 1.
Exprimer up ( x ) et up (x + 2) en fonction de up (x ).

7) a) Déterminer : M0 (p) = sup up (x ) ; M1 (p) = sup up (x ) ; M2 (p) = sup up (x ) .


x !" x !" x !"

b) Donner les limites de M0 (p), M1 (p) et M2 (p) quand p tend vers + ?


Qu’en déduire pour l’inégalité (2) ?
8) Soit Up la primitive de up telle que Up (0) = 0.
Montrer à l’aide de cette fonction que les majorations (3) de M1 et de M2 sont optimales.

Solution

1) Si M2 = 0, il existe (a, b) ! "2 tel que $x ! ", f (x ) = ax + b.


Alors l’hypothèse f bornée implique a = 0.
Dans ce cas, on a M1 = 0 et les inégalités (1) ou (2) sont triviales.
On suppose maintenant M2 " 0.
f étant de classe 2 sur ", avec f bornée sur ", l’inégalité de Taylor-Lagrange s’applique, pour
tout x ! " et pour tout h ! ",

172 Thèmes d’étude – Problèmes


M2 h 2
(1) : f (x + h ) f (x ) hf (x ) " .
2
Pour x ! " et h > 0, on a :
2 2
M2 h M2 h
f (x + h ) f (x ) hf (x ) " et f (x h) f (x ) + hf (x ) " .
2 2
f (x + h ) f (x h) M2 h
Il s’ensuit 2hf (x ) f (x + h ) + f (x h ) " M2 h 2 , puis f (x ) " + ,
2h 2
d’où :
M0 M2 h
f (x ) " + .
h 2
M0 M2 h 2M0
La fonction 2 : "+ ", h ! + est dérivable, et présente un minimum en h1 = .
h 2 M2
Ce minimum vaut 2M0 M2 . Il s’ensuit :
(2) : M1 " 2 M0 M2 .

2) Si M3 = 0, alors il existe (a, b, c ) ! "3 tel que $x ! ", f (x ) = ax 2 + bx + c .


Alors l’hypothèse f bornée implique a = b = 0.
Dans ce cas, on a M1 = M2 = 0 et toute majoration de M1 ou M2 est triviale.
Si M1 = 0, alors f est constante et il vient M3 = 0.
Dans la suite, on suppose M3 " 0.
a) Puisque f est dans &3 , on a f ! &2 et f ! &2 .
Par application de (2) aux fonctions f et f , il vient M2 " 2M1 M3 et M1 " 2M0 M2 .
Avec M14 " 4M02 M22 et M22 " 2M1 M3 , il vient M14 " 8M02 M1 M3 , d’où M13 " 8M02 M3 .
Avec M26 " 8M13 M33 , il vient alors M26 " 64M02 M34 d’où M23 " 8M0 M32 .
2 1 1 2
D’où, finalement, (3) : M1 " 2M03 M33 et M2 " 2M03 M33 .
b) f étant de classe 3 sur ", avec f (3) bornée sur ", l’inégalité de Taylor-Lagrange donne pour
tout x ! " et tout h > 0 :
2 3
h M3 h
f (x h) f (x ) + hf (x ) f (x ) "
2 6
2 3
h M3 h
et f (x + h ) f (x ) hf (x ) f (x ) " .
2 6
3
M3 h
On en déduit f (x + h ) f (x h) 2hf (x ) " , puis :
3
2 2
f (x + h ) f (x h) M3 h M3 h M0
f (x ) " + " +
2h 6 6 h

2 M3 h 3
et f (x + h ) + f (x h) 2f (x ) h f (x ) "
3
f (x + h ) + f (x h) 2f (x ) M3 h M3 h 4M0
donc f (x ) " + " + 2 .
h
2 3 3 h
2
M3 h M0 3 3M0
La fonction + : "+ ", h ! + est dérivable et présente un minimum en h0 = .
6 h M3
2 2 1
1
Ce minimum vaut 3 3 M03 M33 . C’est un majorant de M1 .
2

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 173
M3 h 4M0
La fonction 2 : "+ ", h ! + 2 est dérivable et présente un minimum en :
3 h
3 3M0
h1 = 2 .
M3
1 1 2
Ce minimum vaut 3 3 M03 M33 . C’est un majorant de M2 .

3) a) f (n 2)
est de classe 2
puisque f est dans &n .
En appliquant (2) à la fonction f (n 1)
, il vient Mn 1 " 2Mn 2 Mn .

b) Étant donné n ! ! , soit $(n ) la propriété :


1 1 1
&an ! "+ , $f ! &n , Mn " an Mon Mn n
avec ann " 2n 1 ann 11 si n ! 2.
1
D’après les questions précédentes, les propriétés $(1), $(2) et $(3) sont vraies, avec :
a1 = 1, a2 = 2, a3 = 2.
Supposons alors que $(n 1) soit vraie et soit f ! &n .
1 1 1
n 1
Il existe donc an 1 tel que Mn 2 " an 1 M0 Mn 1n 1 , d’où Mnn 21 " ann 11 M0 Mnn 12 .
Avec Mn2(n1 1)
" 2n 1
Mnn 21 Mnn 1 , il vient :
Mn2(n1 1) " 2n 1 ann 11 M0 Mnn 12 Mnn 1 soit Mnn 1 " 2n 1 ann 11 M0 Mnn 1 .
On en déduit l’existence de an tel que :
1 1 1
Mn 1 " an M0n Mn n , c’est-à-dire Mnn 1 " ann M0 Mnn 1 avec ann " 2n 1 ann 11 .
Ainsi la propriété $(n ) est récurrente et elle est donc vraie pour tout n ! ! , ce qui prouve
l’existence de la suite an n !! .
n 1
c) Soit '(n ) la propriété an " 2 2 . Avec a1 = 1, la propriété '(1) est vraie.
Supposons que la propriété '(n 1) soit vraie.
n 2 (n 1)(n 2) (n 1)(n 2) (n 1) n
On a alors an 1"2
2 , donc ann 11 " 2 2 , puis ann " 2n 1
2 2 =2 2

n 1 n 1 1 n 1
et il s’ensuit an " 2 2 . Il en résulte que pour tout f ! &n : Mn 1 " 2 2 M0n Mn n .

k (n k ) n k k
d) Soit ((k ) la propriété Mk " 2 2 M0 n Mnn pour 0 " k " n .
((n ) est évidente et ((n 1) est vraie d’après le c).
Supposons que ((k ) soit vraie, avec 1 " k " n . D’après le c), on a :
k 1 1 k 1
Mk 1 " 2 2 M0k Mk k
k 1 (k 1)(n k ) (k 1)(n k ) k 1
et ((k ) donne Mk k " 2 2 M0 kn
Mn n donc :
(k 1)(n k +1) n k +1 k 1
Mk 1 " 2 2 M0 n Mn n ,
ce qui montre que ((k 1) est vraie.
La propriété ((k ) est ainsi établie par récurrence descendante.

Étude d’un exemple


1
4) Soit Ip = [1 1 / 2p, 1]. On a wp Ip continue et de valeur 2 en 1 2p
, donc wp ]0,1[ est
continue et par parité, wp est continue sur ] 1, 1[.

174 Thèmes d’étude – Problèmes


Avec wp (1) = wp ( 1) = 0, la condition wp (x + 2) = wp (x ) permet de définir wp sur [1, 3],
sans ambiguïté en 1 et wp (3) = wp (1) = 0, donc wp est continue sur ] 1, 3[.
Pour x ! ", wp (x + 4) = wp (x + 2) = wp (x ) et wp est de période 4. Il y a raccordement continu
en 1 et en 3, donc wp est continue sur ".

5) Étant la primitive nulle en 0 de wp continue, paire et de période 4, la fonction vp est impaire.


Sur [0, 1 1 / 2p], on a vp (x ) = 2x ,
x
1
et sur [1 1 / 2p, 1], on a vp (x ) = 2 + 2 sin p , (1 t ) dt donc :
p 1
1
2p

1 2
vp (x ) = 2 + cos p , (1 x) .
p p,
Par imparité, on connaît vp sur [ 1, 1].
x +2 1 2 x +2
vp (x + 2) = wp = wp + wp + wp .
0 0 1 2
2 0 0 1
Or wp = wp (2 + t ) dt = wp (t ) dt = wp (t ) dt par parité de wp et :
1 1 1 0
x +2 x x
wp (t ) dt = wp (2 + t ) dt = wp (t ) dt .
2 0 0
Il s’ensuit vp (x + 2) = vp (x ) puis la période 4 pour vp .

6) Primitive de vp impaire, la fonction up est paire : up ( x ) = up (x ).


Sur [1 1 / 2p, 1], on a :
x
1 2 1 2
up (x ) = 2 + cos p , (1 t) dt = 2 (1 x) 2 2
sin p , (1 x)
1 p p, p p ,
1 1 1 2
et up 1 = 2 2 2
.
2p p 2p p ,
Sur [0, 1 1 / 2p], on a :
1 1 x x
2p 1
up (x ) = vp (t ) dt + vp (t ) dt = up 1 + 2t dt
1 1 1 2p 1 1
2p 2p

1 1 1 2 2
donc up (x ) = 2 + x2 1 2 2
.
p 2p 2p p ,
x +2 x x 1 x
up (x + 2) = vp (t ) dt = vp (t + 2) dt = vp (t ) dt = vp (t ) dt vp (t ) dt
1 1 1 1 1
donc up (x + 2) = up (x ) puisque vp est impaire.

2 1
7) a) M2 (p) = sup wp (x ) = 2 ; M1 (p) = sup vp (x ) = vp (1) = +2 1 ;
x !" x !" p, 2p
2 1 2 1 1
M0 (p) = sup up (x ) = up (0) = 2 2
+ 1 + 2 .
x !" p , 2p p 2p

b) M0 = lim M0 (p) = 1, M1 = lim M1 (p) = 2 et M2 = lim M2 (p) = 2


p + p + p +

On a donc M1 = 2M0 M2 et l’inégalité (2) est optimale, en ce sens qu’un coefficient plus petit
que 2 devant M0 M2 donnerait une inégalité fausse pour p assez grand.

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 175
x
8) Up (x ) = up (t ) dt . Il suffit de calculer Up (x ) pour x ! [0, 1].
0
3
x 1 1 2 1 2
Sur [0, 1 1 / 2p], Up (x ) =
3
+
p
2
2p 2 2 1
2p
x.
p ,
x
1
Sur [1 1 / 2p, 1], Up (x ) = Up 1 + up (t ) dt .
2p 1 1
2p
1 2
lim M0 (Up ) = lim Up (1) = lim Up 1 = .
p + p + p + 2p 3
lim M3 (Up ) = 2.
p +
lim M1 (Up ) = lim M0 (up ) = 1 et lim M2 (Up ) = lim M1 (up ) = 2.
p + p + p + p +
2
1 2 2 1 1 2 2 3
1
Il s’ensuit lim 3 3 M0 (up ) 3 M3 (up ) 3 = 3 3 2 3 = 1 = lim M1 (up ) et la majoration
p + 2 2 3 p +
est optimale.
1
1 1 2 1 2 3
2
De même, lim 3 3 M0 (up ) 3 M3 (up ) 3 = 3 3 2 3 = 2 = lim M2 (up ) et la majoration est
p + 3 p +
optimale.

12 Majoration de fonction pseudo-additive


Soit a un réel positif et f une fonction réelle continue sur "+ et telle que :
$(u, v) ! "2+ , f (u + v) f (u ) f (v) " a . (1)

1) Établir que $u ! "+ , $n ! ! , f (nu ) nf (u ) " (n 1)a . (2)


2) a) Montrer que $x ! 1, &(u, n ) ! [1, 2] ! , x = nu .
En déduire que $x ! 1, f (x ) " x a + sup f (u ) .
u ![1,2]

b) On pose A = sup f (u ) et B = sup f (u ) .


u ![1,2] u ![0,1]
Montrer que $x ! 0, f (x ) " (A + a )x + B.
x
3) Soit u et x réels, 1 " u " x , et m = E .
u

a) Montrer que f (x ) mf (u ) f (x mu ) " ma .

f (x ) f (u ) c0 u a
b) Montrer qu’il existe c0 ! 0 tel que : $(u, x ), 1 " u " x, x u
"
x
+ .
u

f (x ) f (u ) c
4) Montrer qu’il existe c ! 0 tel que, pour tout (u, x ), 1 " u " x , " .
x u u

5) Soit g1 et g2 , h1 et h2 les fonctions définies sur [1, + [ par :


1 1
g1 (u ) = f (u ) c , g2 (u ) = f (u ) + c , h1 (x ) = sup g1 (u ), h2 (x ) = inf g2 (u ).
u u u ![1, x ]
u ![1, x ]

176 Thèmes d’étude – Problèmes


Montrer que :
1 1 1
a) $x ![1, x ], h1 (x )! f ( x) c , h2 (x )" f ( x )+ c et h1 (x )" x f (x )" h2 (x ) ;
x x
b) h1 est croissante et h2 est décroissante ;
f (x )
c) h1 et h2 ont une limite quand x tend vers + et que lim h1 = lim h2 = lim .
+ + x + x
On note # cette limite.

6) Montrer que, pour tout x ! 0, f (x ) #x " a .

Solution

1) L’inégalité est vraie si n = 1. Supposons la vraie pour n ! ! .


On a f [(n + 1)u ] (n + 1)f (u ) = f [(n + 1)u ] f (nu ) f (u ) + f (nu ) nf (u ).
Avec (1) et l’hypothèse de récurrence, il vient f [(n + 1)u ] (n + 1)f (u ) " na .
On a ainsi prouvé (2) par récurrence.

2) a) Soit n = E (x ) la partie entière de x . Avec x ! 1, on a n ! ! . Avec n " x < n + 1 " 2n , il


x
reste à poser u = pour conclure.
n
x x
Avec 1), on a f (x ) f (u ) " na d’où f (x ) " ( f (u ) + a ) " x a + sup f (u ) .
u u u ![1,2]

b) Pour x ! 1, on a f (x ) " (a + A)x . Pour x ! [0, 1], on a f (x ) " B.


Par suite, pour tout x ! 0, f (x ) " (a + A)x + B.

x
3) a) Avec ! 1, c’est-à-dire m ! 1, on applique les propriétés (1) et (2) à :
u
f (x ) mf (u ) f (x mu ) = [f (x ) f (mu ) f (x mu )] + [f (mu ) mf (u )]
et on obtient :
f (x ) mf (u ) f (x mu ) " a + (m 1)a = ma .
x
b) Posons y = m . On a 0 " y < 1 et x mu = uy.
u
f (x ) f (u ) 1 x 1
= f (x ) f (u ) = f (x ) mf (u ) yf (u )
x u x u x
f (x ) f (u ) 1
ce qui s’écrit aussi : x = f (x ) mf (u ) f (x mu ) + f (uy) yf (u ) d’où, avec la
u x
majoration du a) :
f (x ) f (u ) 1
" ma + f (uy) yf (u ) .
x u x
Avec f (uy) " (a + A)uy + B " (a + A)uy + Bu et f (u ) " (a + A)u + B " (a + A + B)u , et avec
0 " y " 1, on obtient alors :
f (x ) f (u ) m 2u
" a+ a+A+B .
x u x x

m 1 f (x ) f (u ) a uc0
En remarquant que x " u , et en posant c0 = 2(a + A + B), on obtient " + .
x u u x

Chapitre 3 - Réels, suites, limites. Continuité, dérivation. Taylor. Développements limités 177
4) Avec 1 " u " x et x " x , la majoration précédente s’applique.
u 1 a uc 1
On a x ! u 2 donc " et il s’ensuit + 0 " (a + c0 ) .
x u u x u
On conclut en posant c = a + c0 .

1 1
5) a) On a h1 (x ) ! g1 ( x ) = (f ( x ) c ) et h2 (x ) " g2 ( x ) = (f ( x ) + c ).
x x
c f (x ) f (u ) c 1 f (x ) 1
Pour u ![1, x ], on a u " x u
" d’où (f (u ) c )"
u u x
" (f (u )+ c ), c’est-à-dire :
u
f (x )
g1 (u ) " " g2 (u ).
x
f (x )
Il s’ensuit h1 (x ) " " h2 (x ).
x
b) Pour 1 " x1 " x2 , on a [1, x1 ] # [1, x2 ] d’où h1 (x1 ) " h1 (x2 ) et h2 (x1 ) ! h2 (x2 ).
f (x )
c) On a h1 (1) " h1 (x ) " " h2 (x ) " h2 (1).
x
La fonction h1 est croissante et majorée. Elle admet donc une limite en + .
La fonction h2 est décroissante et minorée. Elle admet donc une limite en + .
f (x ) f (x ) f ( x) c 2c
Avec h1 (x ) ! g1 ( x ), on a 0 " h1 (x ) " + " avec 4).
x x x x x
f (x )
Il vient alors lim = lim h1 (x ).
x + x x +

f (x ) 2c f (x )
De même, 0 " h2 (x ) " donne lim = lim h2 (x ).
x x x + x x +

g(x )
6) Soit g(x ) = f (x ) lx . On a lim = 0.
x x +
Supposons qu’il existe x0 ! 0 tel que g(x0 ) > a .
f (x + x0 ) f (x ) f (x0 ) " a donne g(x + x0 ) + (x + x0 ) # g(x ) x # g(x0 ) x0 # " a ,
c’est-à-dire g(x + x0 ) g(x ) g(x0 ) " a
Il vient alors g(x + x0 ) g(x ) ! g(x0 ) a > 0. On a donc x0 " 0.
Par récurrence, g(x + nx0 ) g(x ) ! n [g(x0 ) a ], et en particulier, avec x = 0, on obtient :
g(nx0 ) g(0) g(x0 ) a
! + .
nx0 nx0 x0
g(x0 ) a
En prenant la limite pour n , il vient 0 ! x0
> 0, ce qui est contradictoire.

On en déduit $x ! 0, g(x ) " a . On montre de même que $x ! 0, g(x ) ! a . Ainsi :


$x ! 0, f (x ) #x " a .

178 Thèmes d’étude – Problèmes


CHAPITRE 4
Espaces vectoriels
Applications linéaires
Dimension finie

Sujets d’oraux 180


A. Espaces vectoriels, applications linéaires 180
B. Dimension finie 189

Thèmes d’étude – Problèmes 203


1. Polynômes d’interpolation de Lagrange 203
2. Images itérées et endomorphisme nilpotent 205
3. Un sous-espace vectoriel de polynômes 206

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 179


Sujets d’oraux
A Espaces vectoriels, applications linéaires

Ex. 1
Soit E un espace vectoriel, p un projecteur et u un endomorphisme de E . Montrer que
p u = u p si et seulement si Ker p et Im p sont stables par u .

Comme souvent dans une équivalence de proposition, les preuves de la condition nécessaire et
de la condition suffisante s’établissent avec des arguments différents.
Pour montrer que si p et u commutent, alors Ker p et Im p sont stables par u , il n’est pas utile
de supposer que p est un projecteur.
On peut évidemment se limiter au problème particulier mais il est aussi simple de prouver que
si deux endomorphismes commutent, alors le noyau et l’image de l’un sont stables par l’autre.
Soit p et u des endomorphismes de E qui commutent.
Pour tout x ! Ker p, on a p(x ) = 0E , donc u p(x ) = 0E puis p u (x ) = 0E donc u (x ) ! Ker p.
On a donc u (Ker p) " Ker p.
Pour tout x ! Im p, il existe y ! E , x = p(y). Alors u (x ) = u p(y) = p u (y) ! Im p.
On a donc u (Im p) " Im p.
Pour la réciproque, la stabilité de Ker p et de Im p rend intéressant que, pour un projecteur, on
ait Ker p ! Im p = E .
Pour un projecteur, Im p = Inv p facilite bien la tâche.
En outre une application linéaire est caractérisée par ses restrictions à des sous-espaces supplé-
mentaires.
Supposons que Ker p et Im p sont stables par u . Comme p est un projecteur, on a :
Ker p ! Im p = E
et il suffit de comparer les restrictions des endomorphismes u p et p u aux sous-espaces Ker p
et Im p.
Pour tout x ! Ker p, on a p(x ) = 0E donc u p(x ) = 0E .
Et avec la stabilité, on a aussi u (x ) ! Ker p donc p u (x ) = 0E .
En conséquence, les restrictions p u Ker p et u p Ker p sont égales.
Pour tout x ! Im p, on a p(x ) = x , donc u p(x ) = u (x ).
Et avec la stabilité, on a aussi u (x ) ! Im p donc p u (x ) = u (x ).
En conséquence, les restrictions p u Im p et u p Im p sont égales.
En conclusion, ayant mêmes restrictions aux sous-espaces supplémentaires Ker p et Im p, les
applications u p et p u sont égales.

Ex. 2
Soit u et v des endomorphismes d’un "-espace vectoriel.
Montrer que Ker(vu ) = Ker u si et seulement si Im u # Ker v = 0E .
Montrer que Im(vu ) = Im v si et seulement si Im u + Ker v = E .

vu est usuellement mis pour v u.

180 Sujets d’oraux


L’inclusion Ker u " Ker(vu ) et l’inclusion Im(vu ) " Im v sont vraies sans hypothèse
particulière. De ce fait, seules les inclusions contraires sont à examiner.

1 ) Examinons l’équivalence Ker(vu ) " Ker u Im u # Ker v = 0E .


Supposons que Ker(vu ) " Ker u et considérons x ! Im u # Ker v.
Il existe y ! E tel que x = u (y) et on a v(x ) = 0E .
On en déduit vu (y) = 0E , c’est-à-dire y ! Ker vu .
Il s’ensuit (hypothèse de travail) que y ! Ker u , c’est-à-dire u (y) = 0E , donc x = 0E et on
en déduit Im u # Ker v = 0E .
Supposons que Im u # Ker v = 0E et considérons x ! Ker(vu ).
vu (x ) = 0E donne u (x ) ! Ker v. Par ailleurs on a u (x ) ! Im u . Il s’ensuit (hypothèse de
travail) que u (x ) = 0E , c’est-à-dire x ! Ker u et on en déduit Ker(vu ) " Ker u .
2)
Pour le second point, l’appel à Im u et à l’endomorphisme vu incite à considérer la restriction
de v à Im u .

Examinons l’équivalence Im v " Im(vu ) Im u + Ker v = E .


Supposons que Im v " Im(vu ) et considérons x ! E .
Face à x quelconque, on considère v(x ) pour avoir un élément de Im v et être en mesure
d’exploiter Im v " Im(vu ).

Avec v(x ) ! Im v, on a (hypothèse de travail) v(x ) ! Im(vu ).


Il existe donc y ! E tel que v(x ) = vu (y).
On a ainsi v x u (y) = 0, c’est-à-dire x u (y) ! Ker v.
Il reste à écrire x = u (y) + x u (y) pour voir que x ! Im u + Ker v.
Il s’ensuit que E " Im u + Ker v, c’est-à-dire E = Im u + Ker v.
Supposons que E = Im u + Ker v et considérons x ! Im v.
Il existe y ! E tel que x = v(y).
Avec E = Im u + Ker v, il existe z ! Im u et t ! Ker v tels que y = z + t .
On a donc x = v(z ) puisque v(t ) = 0E .
Alors, avec z ! Im u , il vient x ! Im(vu ) et il s’ensuit Im v " Im(vu ).

Ex. 3
Soit E un espace vectoriel réel, f un endomorphisme tel que f 3 = IdE , a ! # et u ! E .
Chercher les vecteurs x de E tels que x + af (x ) = u .

L’équation se lit !(u ) = u , où ! = IdE +af est un endomorphisme de E .


IdE +af apparaît dans la factorisation de (1 + a 3 ) IdE = IdE +a 3 f 3 :
(1 + a 3 ) IdE = IdE +a 3 f 3 = (IdE +af ) (IdE af + a 2 f 2 ) = (IdE af + a 2 f 2 ) (IdE +af ).
3
La mise en évidence d’une factorisation de (1 + a ) IdE par IdE +af invite à distinguer le cas
général a $ 1 du cas particulier a = 1.

1 1
Si on a a $ 1, alors ! est bijective, d’inverse ! = IdE af + a 2 f 2 .
1 + a3
1
u ! E admet alors un antécédent unique x = u af (u ) + a 2 f 2 (u ) .
1 + a3

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 181


Dans le cas général où a $ 1, on a une solution et une seule.
Attachons-nous maintenant au cas particulier a = 1.
Pour orienter les calculs, notons que f 3 IdE = 0 se lit ( f IdE ) ( f 2 + f + IdE ) = 0.

Cas où a = 1. Une solution x éventuelle vérifie nécessairement x f (x ) = u (1) puis, en


prenant les images par f , f (x ) f 2 (x ) = f (u ) (2) et f 2 (x ) f 3 (x ) = f 2 (u ), c’est-à-dire :
f 2 (x ) x = f 2 (u ) (3).
En ajoutant membres à membres, on en déduit que u + f (u ) + f 2 (u ) = 0.
Notons " = IdE +f + f 2 . Il n’y a pas de solution quand u % Ker ".
Examinons enfin le cas où u + f (u ) + f 2 (u ) = 0.
Pour étudier une solution de l’équation, ou peut s’inspirer de la solution obtenue dans le cas :
1
a$ 1 qui est u af (u ) + a 2 f 2 (u ) .
1 + a3
Avec a = 1 + h , on aura peut-être une idée d’une solution possible.

1
Considérons v = u af (u ) + a 2 f 2 (u ) pour a $ 1 et posons a = 1 + h.
1 + a3
On a 1 + a 3 = (1 + a )(1 a + a 2 ) = h (3 3h + h 2 ) et :
u af (u ) + a 2 f 2 (u ) = u + f (u ) + f 2 (u ) hf (u ) 2hf 2 (u ) + h 2 f 2 (u ),
c’est-à-dire u af (u ) + a 2 f 2 (u ) = hf (u ) 2hf 2 (u ) + h 2 f 2 (u ) puisque u + f (u ) + f 2 (u ) = 0.
2
Notons que u + f (u ) + f (u ) = 0 donne aussi f (u ) 2f 2 (u ) = 2u + f (u ).
1
Alors v = 2u + f (u ) + hf 2 (u ) .
3 3h + h 2
1
Avec maintenant h = 0, on est conduit à envisager x0 = 2u + f (u ) .
3
1 1
On a f (x0 ) = 2f (u ) + f 2 (u ) puis x0 f (x0 ) = 2u f (u ) f 2 (u ) .
3 3
Avec u + f (u ) + f 2 (u ) = 0, il vient x0 f (x0 ) = u , ce qui montre que x0 est solution de l’équation.

Il reste enfin à décrire l’ensemble des solutions, en s’appuyant sur cette solution particulière.

Compte tenu de !(x0 ) = u , l’équation !(x ) = u équivaut à !(x x0 ) = 0, c’est-à-dire x x0 !Ker !.


L’ensemble des solutions est donc x0 + Ker(IdE f ) ou encore x0 + Inv f .

Ex. 4
Pour tout P ! #[X ], on pose !(P ) = XP P . Quels sont les éléments propres de ! ?

Les valeurs propres de l’endomorphisme ! sont les réels # pour lesquels il existe P ! #[X ] non
nul tel que !(P ) = #P .
On dit alors que P est un vecteur propre associé à #.

!(P ) = #P est équivalent à XP = (# + 1)P (1).


Cas particulier : # = 1. Alors (1) se lit XP = 0, c’est-à-dire P = 0. Les polynômes qui
conviennent sont les polynômes constants.
De la sorte, 1 est valeur propre pour ! et les vecteurs propres associés à 1 sont les éléments
de # .

182 Sujets d’oraux


Pour # $ 1, (1) montre que P divise P .
Rappel d’un résultat classique : les polynômes non constants qui sont divisibles par leur polynôme
dérivé sont les P = a (X $)n , avec a ! # , $ ! # et n ! $ .

P = a (X $)n est vecteur propre pour # $ 1 si et seulement si :


n 1 n
anX (X $) = (# + 1)a (X $) c’est-à-dire avec a $ 0, nX = (# + 1)(X $).
Cette égalité est vraie si et seulement si $ = 0 et n = # + 1.
Les valeurs propres de ! autres que 1 sont donc les réls n 1, avec n ! $ .
Les vecteurs propres associés à n 1 sont les polynômes aX n , avec a ! # .

Ex. 5
Soit E un espace vectoriel et u ! !(E ) tel que Im u = Im u 2 . Que peut-on dire de u ?

La question «que peut-on dire de u ?» est assez ouverte. Sans autre piste plus ou moins suggérée,
il est classique de chercher des informations sur le noyau et l’image de u .
Pour tout f !!(E ), on a Im f 2 "Im f . Alors l’hypothèse Im u = Im u 2 équivaut à Im u "Im u 2 .

Supposons que Im u " Im u 2 .


Pour tout x ! E , on a u (x ) ! Im u , donc u (x ) ! Im u 2 . Il existe alors t ! E tel que u (x ) = u 2 (t ).
On en déduit u x u (t ) = 0 donc x u (t ) ! Ker u .
En écrivant x = u (t ) + x u (t ) , il vient x ! Im u + Ker u , d’où E " Im u + Ker u , c’est-à-dire :
E = Im u + Ker u .
Supposons que E = Im u + Ker u et considérons x ! Im u .
Il existe y ! E tel que x = u (y) puis il existe (z, t ) ! Ker u Im u tel que y = z + t .
On en déduit u (y) = u (z ) + u (t ), c’est-à-dire u (y) = u (t ) = u 2 (t ), où t est un antécédent de t par
u.
On a donc x = u 2 (t ) et il s’ensuit que Im u " Im u 2 .
En conclusion, on a Im u = Im u 2 si et seulement si E = Ker u + Im u .
Confronté à E = Ker u + Im u , il est légitime d’examiner si on ne pourrait pas affiner l’infor-
mation : Ker u et Im u ne seraient-ils pas supplémentaires dans E ?

Soit E le #-espace vectoriel des fonctions réelles de classe sur #.


La dérivation est un endomorphisme u de E . Tout f ! E admet une primitive qui est dans E .
Autrement dit, u est surjectif et on a donc Im u 2 = Im u = E .
Toutefois Ker u est l’ensemble des fonctions constantes sur #.
0E $ Ker u = Ker u # Im u montre que Ker u et Im u ne sont pas supplémentaires bien que
l’on ait E = Ker u + Im u .

Ex. 6
Soit E un %-espace vectoriel. On considère f ! !(E ) pour lequel il existe a ! % tel que
f 3 3af 2 + a 2 f = 0. Montrer que Im f et Ker f sont supplémentaires.

Deux situations classiques peuvent guider une démarche.


Projecteurs : p2 = p se lit p (IdE p) = 0 et on a Ker p ! Ker(IdE p) = E .
2
Involutions : s = IdE se lit (IdE s) (IdE +s) = 0 et on a Ker(IdE s) ! Ker(IdE +s) = E .
On peut espérer dans le cas présent que Ker f ! Ker a 2 IdE 3af + f 2 = E .

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 183


Soit x ! Ker f # Ker a 2 IdE 3af + f 2 . Alors f (x ) = 0 et a 2 x = 3af (x ) f 2 (x ) donne a 2 x = 0,
donc x = 0 car a $ 0. Il s’ensuit que Ker f # Ker a 2 IdE 3af + f 2 = 0 .
La somme de Ker f et de Ker a 2 IdE 3af + f 2 est donc directe. Il reste à voir si cette somme
est égale à E .
Soit x ! E . On cherche y ! Ker f et z ! Ker a 2 IdE 3af + f 2 tels que x = y + z .
On a nécessairement f (x ) = f (z ) et f 2 (x ) = f 2 (z ).
z ! Ker a 2 IdE 3af + f 2 donne a 2 z = 3af (z ) f 2 (z ) = 3af (x ) f 2 (x ).
1 1
La seule solution possible est donc z = 2 3af (x ) f 2 (x ) et y = x 2 3af (x ) f 2 (x ) .
a a
1
On a f (y) = a 2 f (x ) 3af 2 (x ) + f 3 (x ) = 0 car f 3 3af 2 + a 2 f = 0, d’où y ! Ker f .
a2
Pour examiner si z ! Ker a 2 IdE 3af + f 2 , formons a 2 z 3af (z ) + f 2 (z ).
1 1
Avec z = 2 3af (x ) f 2 (x ) , on a f (z ) = 2 3af 2 (x ) f 3 (x ) .
a a
Avec f 3 (x ) = 3af 2 (x ) a 2 f (x ), il vient f (z ) = f (x ), puis f 2 (z ) = f 2 (x ).
Il s’ensuit que a 2 z 3af (z ) + f 2 (z ) = 0, c’est-à-dire z ! Ker a 2 IdE 3af + f 2 .
En première conclusion, les deux sous-espaces Ker f et Ker a 2 IdE 3af + f 2 sont supplé-
mentaires dans E .
La question concerne Ker f et Im f . Une solution consiste alors à examiner si les sous-espaces
Im f et Ker a 2 IdE 3af + f 2 n’auraient pas le bon goût d’être égaux.
3 1
Soit x ! Ker a 2 IdE 3af + f 2 : a 2 x = 3af (x ) f 2 (x ) donne x = f
a
x 2 f (x ) ! Im f .
a
On a donc Ker a 2 IdE 3af + f 2 " Im f .
D’autre part, il est classique que u v = 0 donne Im v " Ker u .
Ainsi, puisque f 3 3af 2 + a 2 f = 0 s’écrit a 2 IdE 3af + f 2 f = 0, il vient :
Im f " Ker a 2 IdE 3af + f 2 .
Finalement, on a Ker f ! Im f = E .

Ex. 7
Soit p1 et p2 des projecteurs et q = p1 + p2 p2 p1 .

1) Montrer que si p1 p2 = p2 p1 , alors q est un projecteur ; étudier Im q et Ker q.


2) Montrer que si p1 p2 = 0, alors q est un projecteur ; étudier Im q et Ker q.

1)
Dans la mesure où p1 et p2 commutent, q 2 = (p1 + p2 p2 p1 )2 se développe comme (a + b + c )2
dans #.
q 2 = (p1 + p2 p2 p1 )2 = p12 + p22 + p12 p22 + 2p1 p2 2p12 p2 2p1 p22 et avec p12 = p1 , p22 = p2 , il
vient :
q 2 = p1 + p2 + p1 p2 + 2p1 p2 2p1 p2 2p1 p2 = p1 + p2 p1 p2 = q.
Il est naturel de préciser le noyau et l’image de q à l’aide de ceux de p1 et de p2 .
Rappelons que, pour tout projecteur p, le sous-espace des vecteurs invariants est égal au sous-
espace Im p.

184 Sujets d’oraux


On a Im p1 p2 " Im p1 et Im q " Im p1 + Im p2 + Im p1 p2 donne Im q " Im p1 + Im p2 .
On voit que pour x ! Ker p1 # Ker p2 , on a q(x ) = 0, donc Ker p1 # Ker p2 " Ker q.
Ces inclusions sont banales. Il reste à examiner si on peut établir les inclusions contraires.

Soit x ! Im p1 = Inv p1 .
On a q(x ) = p1 (x ) + p2 (x ) p2 p1 (x ) = x + p2 (x ) p2 (x ) = x , d’où Im p1 " Im q.
De même, on obtient Im p2 " Im q et il s’ensuit Im p1 + Im p2 " Im q et finalement :
Im p1 + Im p2 = Im q.
Soit x ! Ker q : p1 (x ) + p2 (x ) p1 p2 (x ) = 0.
En prenant l’image par p1 , et avec p12 (x ) = p1 (x ), il vient p1 (x ) + p1 p2 (x ) p1 p2 (x ) = 0, d’où :
x ! Ker p1 .
On obtient de même (avec p1 p2 = p2 p1 ) : x ! Ker q x ! Ker p2 , et finalement :
Ker q = Ker p1 # Ker p2 .

2)
Il faut prendre garde au fait que p1 et p2 ne sont pas supposés commuter. Les simplifications
dans le développement de q 2 viendont de p1 p2 = 0. Noter que l’on ne sait (provisoirement)
rien au sujet de p2 p1 .

On a q2 = p1 + p2 p2 p1 p1 + p2 p2 p1
= p12 + p1 p2 p1 p2 p1 + p2 p1 + p22 p22 p1 p2 p12 p2 p1 p2 + p2 p1 p2 p1
et avec p12 = p1 , p22 = p2 p1 p2 = 0, il vient q 2 = p1 + p2 p2 p1 = q.
Comme en question 1), on a Im q " Im p1 + Im p2 et Ker p1 # Ker p2 " Ker q.
Étudions les inclusions contraires.
Soit x ! Ker q : q(x ) = p1 (x ) + p2 (x ) p2 p1 (x ) = 0.
En composant par p1 , il vient :
p1 (x ) + p1 p2 (x ) p1 p2 p1 (x ) = 0
et avec p1 p2 = 0, il vient p1 (x ) = 0, d’où Ker q " Ker p1 .
En reportant dans p1 (x ) + p2 (x ) p2 p1 (x ) = 0, on a p2 (x ) = 0 d’où Ker q " Ker p2 , puis
Ker q " Ker p1 # Ker p2 et finalement, Ker q = Ker p1 # Ker p2 .
Pour Im q, considérons z ! Im p1 + Im p2 .
Il existe alors x ! Im p1 et y ! Im p2 tel que z = p1 (x ) + p2 (y).
On vérifie sans peine que qp1 = p1 et qp2 = p2 , d’où q(z ) = qp1 (x ) + qp2 (y) = p1 (x ) + p2 (y) = z ,
donc Im q & Im p1 + Im p2 et finalement, Im q = Im p1 + Im p2 .

Ex. 8
Soit E un %-espace vectoriel non nul. On considère des projecteurs f et g non nuls, distincts
et tels qu’il existe (#, %) ! %2 tels que fg gf = #f + %g (1).
1) On suppose # % 0, 1 .
Montrer que, pour tout x ! E , on a fg(x ) ! Im g et que Im f " Im g.
Montrer que gf = f et # + % = 0 et en déduire que fg = g et # = 1.
2) On suppose # % 0, 1 .
Montrer que le noyau de g est inclus dans celui de f .
Montrer que fg = f et # + % = 0 et en déduire que gf = g et # = 1.

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 185


Comme usuel, on convient de noter fg la composée f g.

1)
Pour faire apparaître fg(x ), on peut évidemment utiliser (1) directement pour x .
Dans le souci d’utiliser que g est un projecteur, on note que fg(x ) = fgg(x ) et on peut appliquer
(1) à g(x ).

Soit x ! E . Appliquons (1) à g(x ). Il vient fgg(x ) gfg(x ) = #fg(x ) %gg(x ).


2
Avec g = g, on obtient (2) fg(x ) gfg(x ) = #fg(x ) + %g(x ), c’est-à-dire :
(1 #)fg(x ) = g fg(x ) + %x .
1
Avec # $ 1, il s’ensuit fg(x ) = g fg(x ) + %x , d’où fg(x ) ! Im g. (2)
1 #
Avec fg(x ) ! Im g, on peut directement appliquer (1) à x en isolant f (x ).

Pour tout x ! E , on a fg(x ) gf (x ) = #f (x ) + %g(x ) d’où avec # $ 0 :


1
f (x ) = fg(x ) g[f (x ) + %x ] .
#
Avec (2), il vient fg(x ) g f (x ) + %x ! Im g, puis f (x ) ! Im g et Im f " Im g.

Une qualité utile d’un projecteur p est que Im p est le sous-espace des vecteurs invariants.

On a vu que &x ! E , f (x ) ! Im g. En notant que Im g = Inv g, il vient gf (x ) = f (x ) c’est-à-


dire gf = f . On a donc fg f = #f + %g.
En composant à droite par f , il vient fgf f = #f + %gf .
Avec gf = f et donc fgf = f 2 = f , on obtient 0 = (# + %)f puis # + % = 0 puisque f $ 0.
En composant à droite fg f on obtient 0 en utilisant g 2 = g.

Avec # + % = 0, la relation (1) devient fg f = #( f g). En composant à droite par g, il vient


0 = #( fg g) d’où fg = g puisque # $ 0.
La relation (1) devient alors g f = #( f g). Avec f $ g, il s’ensuit # = 1.

2)
Pour exploiter x ! Ker g, on peut utiliser directement (1).

Soit x ! Ker g. Alors (1) donne gf (x ) = #f (x ).


En composant à gauche par g, il vient gf (x ) = #gf (x ).
Avec # $ 1, on a gf (x ) = 0 et donc #f (x ) = 0 puis f (x ) = 0 car # $ 0. Ainsi, Ker g " Ker f .
Pour tout x , on a g(x ) = g2 (x ), donc x g(x ) est dans le noyau de g. Il est donc dans celui de
f . On peut alors exploiter Ker g " Ker f .

&x ! E , x g(x ) ! Ker g donne x g(x ) ! Ker f , d’où f (x ) = fg(x ), c’est-à-dire f = fg.
On a donc, en reportant dans (1), f gf = #f + %g.
En composant à gauche par f , il vient f fgf = #f + %fg, c’est-à-dire 0 = (# + %)f et donc :
# + % = 0.
(1) s’écrit alors f gf = #( f g).
En composant à gauche par g, il vient 0 = #( gf g), d’où gf = g.
On a alors f g = #( f g), et avec f g $ 0, il vient # = 1.

186 Sujets d’oraux


Ex. 9
Soit E un "-espace vectoriel et f , g des endomorphismes de E .
1) Montrer que, si IdE f g est injectif, alors IdE g f est injectif.
Montrer que, si IdE f g est surjectif, alors IdE g f est surjectif.
2) Montrer que :
Ker f g = Ker g Ker f # Im g = 0E ,
et que Im f g = Im f Ker f + Im g = E.
En déduire que f g est bijectif si et seulement si :
Im f = E , Ker g = 0E et Ker f ! Im g = E .
3) Montrer que, si IdE f g est inversible à gauche, alors IdE g f l’est aussi et que, si
IdE f g est inversible à droite, alors IdE g f l’est aussi.

Ce sujet porte sur une étude sous plusieurs aspects du composé de deux morphismes.
Les différentes questions sont largement indépendantes.
1) La démarche est simple : partir de x = g f (x ) et faire apparaître un élément de Ker(IdE f g).

Soit x ! Ker(IdE g f ), c’est-à-dire x = g f (x ).


On en déduit f (x ) = f g f (x ), c’est-à-dire f (x ) = f g f (x ) .
Cette relation exprime que f (x ) est dans le noyau de IdE f g.
Il vient alors f (x ) = 0 puis g f (x ) = 0, ce qui, avec x = g f (x ), donne x = 0.
Pour le second point, en partant de y ! E , avec x tel que y = x f g(x ), on peut espérer un x
tel que y = x g f (x ). On obtient g(y) = g(x ) g f g(x ) ou f (y) = f (x ) f f g(x ) ,
mais alors on perd y ! Pour faire apparaître simultanément g f et f g, on exprime que f (y)
admet un antécédent par IdE f g. On prend ainsi une longueur d’avance. On verra ensuite !

Soit y ! E . Alors f (y) ! E admet un antécédent x : f (y) = x f g(x ).


On en déduit g f (y) = g(x ) g f g(x ) ou encore : g f (y) = (IdE g f ) g(x ) .
En étape intermédiaire, on vient d’obtenir g f (y) ! Im(IdE g f ).
Pour conclure, il suffit de remarquer que y = (IdE g f )(y) + g f (y) pour voir que y est la
somme de deux éléments de Im(IdE g f ).
2) Il est vrai que Ker g " Ker f g. De ce fait la première équivalence se réduit à :
Ker f g " Ker g Ker f # Im g = 0 .
Ce que l’on note (1) (2).
Soit y ! Ker f # Im g. Il existe x tel que y = g(x ) et f (y) = 0. Il s’ensuit f g(x ) = 0,
c’est-à-dire x ! Ker f g. L’hypothèse (1) donne alors g(x ) = 0, donc y = 0.
Ce qui établit Ker f g " Ker g Ker f # Im g = 0 .
Soit x ! Ker f g. On a f g(x ) = 0, d’où g(x ) ! Ker f et g(x ) ! Im g.
L’hypothèse (2) donne alors g(x ) = 0, c’est-à-dire x ! Ker g.
Ce qui établit Ker f # Im g = 0 Ker f g " Ker g.
Il est vrai que Im f g " Im f et que Ker f + Im g " E . De ce fait la seconde équivalence se
réduit à :
Im f " Im f g E " Ker f + Im g.
Ce que l’on note (3) (4).

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 187


Soit x ! E ; on a f (x ) ! Im f et (3) donne f (x ) ! Im f g.
Il existe t ! E tel que f (x ) = f g(t ), donc x g(t ) ! Ker f . Avec g(t ) ! Im g, on a :
x = x g(t ) + g(t ) ! Ker f + Im g.
Ce qui établit Im f " Im f g E " Ker f + Im g.
Soit y ! Im f . Il existe x ! E tel que y = f (x ). Avec (4), il existe u ! Ker f et v ! Im g tel que :
x = u + v.
Alors on a y = f (v) et, avec t ! E tel que v = g(t ), y = f g(t ) donne :
y ! Im f g.
Ce qui établit E " Ker f + Im g Im f " Im f g.
Pour le troisième point, on a besoin de :
f g injectif implique g injectif,
et de : f g surjectif implique f surjectif.

Si f g est bijectif, alors f est surjectif et g est injectif.


On a donc Im f g = Im f = E , et Ker( f g) = Ker g = 0 . Avec les points précédents, on en
déduit que E = Ker f + Im g et Ker f # Im g = 0 , donc E = Ker f ! Im g.
Réciproquement, supposons que Im f = E , Ker g = 0 et E = Ker f ! Im g.
E = Ker f + Im g implique Im f " Im f g, et avec Im f = E , il vient Im f g = E .
Ker f # Im g = 0 implique Ker f g " Ker g, et avec Ker g = 0 , il vient Ker f g = 0 .
On en déduit alors que f g est bijectif.

3) Supposons que IdE f g admet un inverse à gauche h : h (IdE f g) = IdE .


On a :
IdE +g h f IdE g f = IdE g f +g h f g h f g f

= IdE g f +g h IdE f g f
et, avec h (IdE f g) = IdE , il vient (IdE +g h f ) (IdE g f ) = IdE , ce qui prouve que
IdE g f est inversible à gauche.
C’est un peu un lapin sorti du chapeau d’un prestidigitateur, mais ça marche !

On vérifie de même que, si IdE f g admet un inverse à droite h , alors IdE +g h f est
inverse à droite de IdE g f .
En conclusion de cette analyse, il vient évidemment que si IdE f g est inversible, d’inverse h ,
alors IdE g f est inversible, d’inverse IdE +g h f .

188 Sujets d’oraux


B Dimension finie
Ex. 10
Soit E un "-espace vectoriel de dimension finie n '2. On considère un sous-espace vectoriel F
de dimension p, avec 0 < p < n et G un supplémentaire de F .

1) Soit a ! F et (ei )i ![[ 1,r ]] une base de G .


a) Montrer que la famille (a + ei )i ![[ 1,r ]] est libre.
b) Montrer que le sous-espace Ga engendré par (a + ei )i ![[ 1,r ]] est un supplémentaire de F
dans E .

2) a) Soit a et b des éléments de F . Montrer que Ga = Gb a = b.

b) En déduire que F admet une infinité de supplémentaires dans E .

Le corps " est # ou %.


En dimension finie, le théorème de la base incomplète permet d’établir que tout sous-espace
vectoriel admet un supplémentaire.
L’objet de ce sujet est de montrer l’existence d’une infinité de supplémentaires, sauf cas excep-
tionnels : en dimension 1 ou sous-espaces triviaux.

1)
L’existence en dimension finie d’un supplémentaire d’un sous-espace est seulement rappelée. Il
serait prudent de vous assurer que vous êtes en mesure de le prouver sans hésitation.
r r r
a) Pour (#i )i ![[ 1,r ]] ! "r , #i (a + ei ) = 0, s’écrit aussi #i a + #i ei = 0.
i =1 i =1 i =1
r r
On a #i a ! F et #i ei ! G . De F # G = 0 , on déduit en particulier :
i =1 i =1
r
#i ei = 0, puis &i ! [[ 1, r ]], #i = 0.
i =1
La famille (a + ei )i ![[ 1,r ]] est donc libre.
b)
Pour que F et Ga soient supplémentaires, il suffit que dim F + dim Ga = dim E et que
F # G a = 0E .

On a dim Ga = r et donc dim F + dim Ga = n .


Soit f ! F # Ga . Il existe (#i )i ![[ 1,r ]] ! "r tel que :
r r r
f = #i (a + ei ) ou encore f #i a= #i ei .
i =1 i =1 i =1
r
F # G = 0 donne #i ei = 0, d’où &i ! [[ 1, r ]], #i = 0 puis f = 0.
i =1
En conclusion, on a F ! Ga = E .

2) a) Supposons que Ga = Gb ; avec b + e1 ! Gb , on a b + e1 ! Ga .

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 189


r
Il existe alors (#i )i ![[ 1,r ]] ! "r tel que b + e1 = #k (a + ei ). On en déduit :
k =1
r r r r
b #k a = (#1 1)e1 + #k ek , avec b #k a ! F et (#1 1)e1 + #k ek ! G .
k =1 k =2 k =1 k =2
Avec F # G = 0 , il vient #1 = 1 et #k = 0 pour tout k > 1.
r
Alors b #k a = 0 donne b = a .
k =1
On peut aussi lire ce résultat en disant que l’application qui à a ! F associe le sous-espace Ga
est injective.

b) L’application qui à f ! F associe Gf est injective.


F contient un élément a non nul (dim F ' 1) et " est infini. La droite "a est donc infinie et les
Gf , f ! F , sont alors en nombre infini.
En conclusion, F admet donc une infinité de supplémentaires.

Ex. 11
Soit n un entier naturel, n ' 2, et E = #n [X ] l’espace vectoriel des polynômes réels de degrés
au plus égaux à n .
On considère l’application f : E E définie par :
&P ! E , f (P ) = P (X + 1) + P (X 1) 2P (X ).

1) a) Montrer qu’une famille (Qk )k ![[ 1,r ]] de polynômes tous non nuls et qui vérifient :
&k ! [[ 1, r 1 ]], deg Qk < deg Qk +1 ,
est une famille libre.
b) Vérifier que f est linéaire.
2) Déterminer le sous-espace Im f (en précisant rg f ) et le sous-espace Ker f .
On pourra former f (X k ) pour k ! [[ 0, n ]] et préciser son degré.
3) Soit Q ! Im f . Montrer qu’il existe un unique élément P de E tel que :
f (P ) = Q et P (0) = P (0) = 0.

1) a)
Cette première question est une modeste entrée en matière. Il est classique que toute famille de
polynômes de degrés échelonnés est libre ; c’est une petite question de cours.
r
Soit #k Qk = 0 une combinaison linéaire nulle des Qk .
k =0
Supposons que les #k ne soient pas tous nuls et posons p = max k ! [[ 0, r ]], #k $ 0 .
p 1
On a alors #p Qp = #k Qk .
k =0
Avec #p $ 0 on a deg(#p Qp ) = deg Qp . Or, pour tout k ! [[ 0, p 1 ]], on a deg Qk < deg Qp donc :
p 1
deg #k Qk < deg Qp ,
k =0
ce qui fait apparaître une contradiction.

190 Sujets d’oraux


Il s’ensuit que tous les #k sont nuls, c’est-à-dire que la famille (Qk )k ![[ 1,r ]] est libre.
b) Pour tout (P, Q) ! E 2 et # ! #, on a :
f (#P + Q) = (#P + Q)(X + 1) + (#P + Q)(X 1) 2(#P + Q)(X )
= # P (X + 1) + P (X 1) 2P (X ) + Q(X + 1) + Q(X 1) 2Q(X ),
d’où f (#P + Q) = #f (P ) + f (Q).
2) Notons que f (1) = f (X ) = 0.
Pour p ! [[ 2, n ]], on a f (X p ) = (X + 1)p + (X 1)p 2X p .
p p
k k
La formule du binôme, donne f (X p ) = "p X p k
+ ( 1)k "p X p k
2X p et on a donc :
k =0 k =0
p 2 p 2 p 2
f (X ) = 2 "p X + R (X ) = p(p 1)X + R (X ), avec deg R < p 2.
Ainsi, pour p ! [[ 2, n ]], on a deg f (X p ) = p 2.
Im f est le sous-espace Im f = Vect f (X p ) p![[ 0,n ]].
Avec f (1) = f (X ) = 0, on a Im f = Vect f (X p ) p![[ 2,n ]]
.
Le résultat de la question 1)a) permet de dire que la famille f (X p ) p![[ 2,n ]]
est libre.
Il s’ensuit dim Im f = n 1 et finalement Im f = #n 2 [X ].
On a 1 ! Ker f et X ! Ker f , donc Vect(1, X ) " Ker f .
Avec dim E = n + 1 et dim Im f = n 1, le théorème du rang donne dim Ker f = 2
et il s’ensuit Ker f = Vect(1, X ).
3) Existence
Soit Q ! Im f . Il existe A ! E , Q = f (A).
Par la formule de Taylor, il existe B ! #[X ], deg B ( n 2, tel que A = A(0) + XA (0) + X 2 B.
Posons P = X 2 B. On a deg P ( n et P (0) = P (0) = 0.
En outre, Q = f (A) = A(0)f (1) + A (0)f (X ) + f (P ), c’est-à-dire Q = f (P ).
Unicité
Soit P1 et P2 dans E , tels que Q = f (P1 ) et Q = f (P2 ), avec P1 (0) = P1 (0) = 0 et P2 (0) = P2 (0) = 0.
Alors f (P1 ) = f (P2 ) donne P2 P1 ! Ker f , donc il existe (#, %) ! #2 tels que P2 P1 = #X + %.
Et (P2 P1 )(0) = 0 et (P2 P1 ) (0) = 0 donnent # = % = 0, donc P2 = P1 .

Ex. 12
Soit Q ! %3 [X ]. Montrer qu’il existe un unique polynôme P tel que Q = P + P + P .
Expliciter P lorsque Q = 1 + X + X 2 + X 3 .

! : P # P + P + P est linéaire. On s’attend à ce qu’elle soit injective.


Alors, dans un contexte de dimension finie, elle sera bijective.

Pour tout P , on a deg(P + P + P ) = deg P .


Alors Q = P + P + P donne nécessairement deg P = deg Q, d’où P ! %3 [X ].
Soit ! : %3 [X ] %3 [X ], P # P + P + P . C’est un endomorphisme de %3 [X ].
P + P + P = 0 implique aisément P = 0, donc ! est injective.
Endomorphisme d’un espace de dimension finie 4, ! est bijective.
Ainsi pour tout Q ! %3 [X ], il existe un unique P ! %3 [X ] tel que Q = P + P + P .
En conclusion, pour tout Q ! %3 [X ], il existe un unique P ! %[X ] tel que Q = P + P + P .

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 191


Ce résultat s’étend immédiatement à tout Q ! %[X ]. Avec n = deg Q, on a nécessairement
deg P = n et ! : P # P + P + P est un endomorphisme injectif de %n [X ].
La détermination de P vient de dom P = dom Q et d’un système linéaire échelonné.

Pour Q = 1 + X + X 2 + X 3 , on pose P = X 3 + aX 2 + bX + c .
On a Q = P + P + P si et seulement si a + 3 = 1, 2a + b + 6 = 1 et 2a + b + c = 1, c’est-à-dire :
a = 2, b = 1 et c = 6.
3 2
Ainsi, P = X 2X X + 6.

Ex. 13
Soit E un espace vectoriel de dimension finie et F , G des sous-espaces vectoriels de E .
Montrer que F et G admettent un supplémentaire commun si et seulement si ils ont même
dimension.

Comme bien souvent, un des deux volets (condition nécessaire ou condition suffisante) est assez
simple. Le lien entre les dimensions de deux sous-espaces supplémentaires est ici une clé.

Si F et G ont un supplémentaire commun S, alors on a :


dim F + dim S = dim E et dim G + dim S = dim E ,
et il s’ensuit dim F = dim G .
Pour aborder la réciproque, on peut commencer par l’étude de cas particuliers.
Dans un supplémentaire commun non réduit à 0E , il y a un élément qui n’est pas dans F ' G .

Le sujet est trivial si dim E = 1, puisque les seuls sous-espaces sont 0E et E .


On se place dorénavant dans le cas où dim E = n > 1.
Si dim F = dim G = n , alors F = G = E et ils ont 0E pour supplémentaire commun.
Si dim F = dim G = n 1, la réunion de F et G n’est pas égale à E .
Soit a $ 0E un élément de E ) (F ' G ) et on considère la droite vectorielle S = "a .
On a F # S = 0E et dim F + dim S = dim E , donc F ! S = E et de même G ! S = E .
On a ainsi prouvé que deux hyperplans de E ont un supplémentaire commun.
Si F est de dimension p, tout supplémentaire de F est de dimension n p.
Ce nombre n p est en général appelé la codimension de F .
La proposition visée peut alors s’exprimer par :
deux sous-espaces de même codimension ont un supplémentaire commun.
On vient de voir que des sous-espaces de codimension 0 ou de codimension 1 ont un supplé-
mentaire commun.
Une preuve par récurrence finie, portant sur la codimension de F et G , semble prendre corps.

Notons $(p) la proposition : des sous-espaces de même codimension p ont un supplémentaire


commun.
Les propositions $(0) et $(1) sont vraies.
Pour conclure, il reste à montrer que, pour p ! [[ 0, n 1 ]], on a $(p) $(p + 1).
Soit F et G des sous-espaces de même codimension p + 1 ( n .
On a dim F = dim G = n p 1 ! [[ 0, n 1 ]], donc ni F ni G ne sont égaux à E .
Leur réunion n’est donc pas égale à E et il existe a ! E ) (F ' G ).
Les sous-espaces U = F ! "a et V = G ! "a sont de dimension n p.

192 Sujets d’oraux


Ils ont même codimension p et l’hypothèse de récurrence $(p) donne alors l’existence d’un
sous-espace T , supplémentaire commun à U et V .
Posons S = "a + T ; avec a % T , on a S = "a ! T donc S est de dimension p + 1.
On a U ! T = E , donc F + "a + T = E puis F + S = E , avec dim F = n p 1 et dim S = p + 1,
d’où F ! S = E . De même, G ! S = E , ce qui montre que $(p) $(p + 1).

Ex. 14
Soit E un "-espace vectoriel de dimension finie, f et g dans !(E ). Montrer l’équivalence de
(1) rg( f + g) = rg f + rg g et de (2) Im f # Im g = 0E et E = Ker f + Ker g.

Commençons par analyser la proposition (1).


Il est classique que rg( f + g) ( rg f + rg g. La proposition (1) en est le cas d’égalité.

On a Im( f + g) " Im f + Im g d’où rg( f + g) ( dim(Im f + Im g).


Par ailleurs, on a dim(Im f + Im g) = rg f + rg g dim(Im f # Im g).
Avec rg( f + g) = rg f + rg g, il vient donc rg f + rg g ( rg f + rg g dim(Im f # Im g).
Il s’ensuit dim(Im f # Im g) = 0, c’est-à-dire Im f # Im g = 0E .
Mettons en œuvre le théorème du rang pour obtenir d’autres informations.

On a rg( f + g) + dim Ker( f + g) = dim E donc, avec (1), rg f + rg g + dim Ker( f + g) = dim E .
On déduit dim E dim Ker f + dim E dim Ker g + dim Ker( f + g) = dim E , c’est-à-dire :
dim E + dim Ker( f + g) = dim Ker f + dim Ker g.
Par ailleurs, avec Ker f # Ker g " Ker( f + g), il vient dim Ker( f + g) ' dim(Ker f # Ker g).
On en déduit dim Ker f + dim Ker g dim(Ker f # Ker g) ' dim E , c’est-à-dire :
dim(Ker f + Ker g) ' dim E
et il s’ensuit Ker f + Ker g = E .
Pour étudier l’implication réciproque, il est vraisemblable que les outils de travail mis en œuvre
ci-dessus vont à nouveau être mis à contribution.

Im f # Im g = 0E donne rg f + rg g = dim(Im f + Im g).


Soit x ! E = Ker f + Ker g : x = y + z avec y ! Ker f et z ! Ker g.
On a f (x ) = f (z ) et, avec 0E = g(z ), il vient f (x ) = ( f + g)(z ).
Il s’ensuit que Im f " Im( f + g) et, de même, Im g " Im( f + g).
On a donc Im f + Im g " Im( f + g) et, en regardant les dimensions, il vient :
rg f + rg g = rg( f + g).

Ex. 15
Soit E un espace vectoriel de dimension 4 et f un endomorphisme nilpotent dont l’indice est
égal à 3. Calculer rg f .

Les hypothèses nous donnent rg f 3 = 0 et rg f 2 ' 1.


On est dans des termes de rang de composées d’endomorphismes.
Étudions au préalable un encadrement du rang de la composée de deux endomorphismes.

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 193


Soit u et v des endomorphismes d’un espace vectoriel E de dimension finie.
v(E ) " E donne uv(E ) " u (E ), d’où rg(uv) ( rg u .
Soit u la restriction de u à Im v. Alors uv(E ) = u (Im v) = Im u , d’où rg(uv) = rg u .
Le noyau de u étant Ker u # Im v, le théorème du rang appliqué à u donne :
rg u = dim(Im v) dim(Ker u # Im v), ce qui montre que rg u ( rg v.
En conclusion, on a rg(uv) ( inf rg u, rg v .
Reprenons rg(uv) = rg v dim(Ker u # Im v).
On a dim(Ker u # Im v) ( dim Ker u et dim Ker u = dim E rg u et il s’ensuit :
rg(uv) ' rg u + rg v dim E .
En conclusion, on a rg u + rg v dim E ( rg(uv) ( inf rg u, rg v .
Appliquons ce résultat dans le cas où dim E = 4 à f 3 = f 2 f et f 2 = ff .
Notons que f 2 $ 0 implique f $ 0, donc rg f ' 1.
Avec f 3 = 0, on a 0 = rg f 3 = rg f 2 f ' rg f 2 + rg f 4 et rg f 2 ' 2 rg f 4.
On en déduit 3 rg f ( 8, d’où rg f ! 1, 2 .
L’indice de nilpotence de f étant égal à 3, les inclusions 0E " Im f 2 " Im f sont strictes.
On pourra se reporter au sujet d’écrit 5, ci-après, consacré aux endomorphismes nilpotents.
Avec 0 < rg f 2 < rg f , l’éventualité rg f = 1 est à écarter et finalement, on a rg f = 2.

Ex. 16
Soit E un "-espace vectoriel de dimension finie n et f ! !(E ).
Montrer que Ker f ! Im f = E Im f = Im f 2 .
Que peut-on dire si E n’est pas de dimension finie ?

En dimension finie, on dispose du théorème du rang : dim(Im f ) + dim(Ker f ) = dim E .


Alors Ker f ! Im f = E équivaut à Ker f + Im f = E .
Pour tout f ! !(E ), sans considération de dimension, on a toujours Im f 2 " Im f .
Alors Im f = Im f 2 équivaut à Im f " Im f 2 .
En dimension finie, l’énoncé équivaut donc à Ker f + Im f = E Im f " Im f 2 .
Supposons que Ker f + Im f = E et considérons y ! Im f .
Il existe x ! E tel que y = f (x ).
Il existe u ! Ker f et v ! Im f tels que x = u + v et il existe t ! E tel que v = f (t ).
Il s’ensuit y = f (u ) + f 2 (t ) = f 2 (t ), d’où y ! Im f 2 , et il vient Im f " Im f 2 .
Supposons que Im f " Im f 2 et considérons z ! E .
Alors f (z ) ! Im f , donc il existe y ! E tel que f (z ) = f 2 (y).
De f z f (y) = 0 on déduit z f (y) ! Ker f .
Avec z = z f (y) + f (y), il vient z ! Ker f + Im f , d’où E = Ker f + Im f .

On vient en fait de prouver que Ker f + Im f = E Im f " Im f 2 ne fait pas intervenir


d’argument de dimension. En particulier, Ker f ! Im f = E Im f " Im f 2 est toujours
2
vrai. Il est toujours vrai aussi que Im f " Im f Ker f + Im f = E , et il ne reste qu’à
examiner, hors dimension finie, si cette somme est toujours directe ou non.
Pour un contre-exemple de Im f " Im f 2 Ker f ! Im f = E , il suffit d’exhiber un endomor-
phisme surjectif et de noyau non nul. On aura ainsi Im f # Ker f = Ker f $ 0E .
Un exemple simple en est la dérivation sur "[X ].

194 Sujets d’oraux


Ex. 17
1) Soit f ! !(#n ). On suppose qu’il existe g ! !(#n ) tel que fg = gf , fgf = f et gfg = g. Soit
h = fg. Comparer Ker f et Ker h , Im f et Im h .
En déduire que #n = Ker f ! Im f .
2) Réciproquement, si #n = Ker f ! Im f , trouver g vérifiant les conditions précédentes.

1) Soit u , v, w des endomorphismes d’un espace vectoriel E tels que u = vw.


Alors Im u " Im v et Ker w " Ker u doivent être utilisés sans hésitation.
h = fg donne Im h " Im f et h = gf donne Ker f " Ker h .
ffg = fgf = f se lit aussi f = fh et f = hf . On en déduit Ker h " Ker f et Im f " Im h .
On a ainsi établi que Ker f = Ker h et Im f = Im h .
Une somme directe d’un noyau et d’une image se présente naturellement pour un projecteur.
De fgf = f on déduit fgfg = fg, c’est-à-dire h 2 = h , ou encore que h est un projecteur.
De Ker h ! Im h = #n on déduit alors Ker f ! Im f = #n .
Notons que ceci ne nécessite en rien d’être dans un contexte de dimension finie.

2) Il semble raisonnable de construire g tel que h = fg soit un projecteur. Qu’il vérifie les conditions
demandées sera donné par surcroît !
C’est peut-être le moment d’utiliser le cadre de dimension finie.
Il est classique que Ker f + Im f = #n si et seulement si Im f = Im f 2 . (Voir l’exercice
précédent.)
En dimension finie, il est équivalent de dire que :
Ker f + Im f = #n ou que Ker f ! Im f = #n .
Il suffit de définir les restrictions de g à Ker f et à Im f .
Avec Ker f + Im f = #n , on a Im f = Im f 2 , c’est-à-dire f (Im f ) = Im f .
On peut alors considérer l’endomorphisme f de F = Im f induit par f .
Comme f est un endomorphisme surjectif, il est bijectif car Im f est de dimension finie.
Soit g l’automorphisme réciproque de f . Alors f g = gf = IdF .
Soit g l’endomorphisme nul sur Ker f et dont la restriction à F est g.
Pour tout x ! Ker f , on a gf (x ) = g(0) = 0#n et pour tout x ! Im f , gf (x ) = fg(x ) = x , ce qui
donne gf = fg. En notant h = fg, on a bien h 2 = h .
Pour x ! Ker f , on a fgf (x ) = 0 et pour x ! Im f , on a fgf (x ) = f gf (x ) = f (x ), d’où fgf = f .
Pour x !Ker f , on a g(x ) = 0E d’où gfg(x ) = 0E , et pour x !Im f , on a fg(x ) = x d’où gfg(x ) = g(x ),
et il s’ensuit gfg = g.

Ex. 18
Soit u et v des endomorphismes d’un espace vectoriel de dimension finie. Montrer que :
rg u rg v ( rg(u + v) ( rg u + rg v.

Pour guider une preuve, on peut s’inspirer d’un résultat classique dans % :
pour (u, v) ! %2 , on a u v ( u+v ( u + v.
z donne la «taille» de z ! %, de même que rg u donne la «taille» de u ! !(E ).

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 195


rg(u + v) ( rg u + rg v est un résultat classique.
Cela résulte de (u + v)(E ) " u (E ) + v(E ), où u et v sont des applications (pas nécessairement
linéaires) de E dans E (ou dans un autre ensemble), et de dim(F + G ) ( dim F + dim G , pour des
sous-espaces d’un espace vectoriel de dimension finie.
On a v = (u + v) u d’où, avec l’inégalité ci-dessus, rg v ( rg(u + v) + rg( u ) = rg(u + v) + rg u .
Il s’ensuit rg v rg u ( rg(u + v).
De même, avec u = (u + v) v, on obtient rg u rg v ( rg(u + v).
On en déduit alors rg u rg v ( rg(u + v).

Ex. 19
Soit E un espace vectoriel de dimension n et f , g des endomorphismes de E tels que f + g
soit bijectif et f g = 0. Que vaut rg f + rg g ?

Cet exercice est fort classique. Il met en œuvre quelques situations simples mais fondamentales
en dimension finie.

f g = 0 équivaut à Im f " Ker g. On a donc rg f ( dim(Ker g), d’où rg f ( n rg g ou encore,


en première information, rg f + rg g ( n .
Par ailleurs ( f + g)(E ) " f (E ) + g(E ) et dim(U + V ) ( dim U + dim V donne rg( f + g) ( rg f + rg g.
Comme f + g est bijective, on a rg( f + g) = n , d’où n ( rg f + rg g.
Finalement, on a rg f + rg g = n .

Ex. 20
Étant donné a ! # et A ! #n [X ], montrer qu’il existe un unique P ! #[X ] tel que :
P (X + a ) + P (X ) = A(X ).

On compare le degré et le coefficient dominant de P (X + a ) + P (X ) à ceux de A(X ).

P (X + a ) et P (X ) ont même degré p et même coefficient dominant bp . Alors P (X + a ) + P (X ) et


1
de degré p et de coefficient dominant 2bp . On a donc p = deg A et bp = 2 dom A.

La question porte sur l’existence et l’unicité de P . En outre on donne seulement deg A ( n sans
le préciser davantage.
Il est constructif d’envisager une bijection de #n [X ] vers lui-même.

L’application ! de #n [X ] dans #n [X ] définie par !(P ) = P (X + a ) + P (X ) est linéaire.


On a !(P ) = 0 si et seulement si P (X + a ) + P (X ) = 0, ce qui, en examinant le degré de P , implique
P = 0, donc l’endomorphisme ! est injectif.

Ceci garantit l’unicité demandée.


Pour la question d’existence, c’est la surjectivité de ! qui est nécessaire.

En dimension finie, tout endomorphisme injectif est surjectif.


En conclusion, tout A ! #n [X ] admet un antécédent P et un seul.

196 Sujets d’oraux


Ex. 21
Soit E un "-espace vectoriel de dimension finie et u ! !(E ).
Montrer que dim(Ker u 2 ) ( 2 dim Ker u .

On a Ker u " Ker u 2 pour tout u ! !(E ), d’où dim Ker u ( dim Ker u 2 en dimension finie.
Pour une majoration de dim Ker u 2 par 2 dim Ker u , on peut chercher un énoncé équivalent
grâce au théorème du rang et a Im u 2 " Im u .
Notons n = dim E . Le théorème du rang donne :
dim Ker u 2 = n dim Im u 2 et dim Ker u = n dim Im u .
Un énoncé équivalent est donc n rg u 2 (2(n rg u ), ou encore rg u rg u 2 (n rg u = dim Ker u
ou aussi rg u ( rg u 2 + dim Ker u .
On a Im u 2 = u (Im u ) et Im u est stable par u .
Soit ! l’endomorphisme de Im u induit par u . On a Im u 2 = Im !.
Le théorème du rang appliqué à ! donne rg ! + dim Ker ! = dim Im u , c’est-à-dire :
rg u = rg u 2 + dim Ker !.
Il reste à examiner la majoration de dim Ker ! par dim Ker u .
Pour cela on utilise la description du noyau de !.
Or on a Ker ! = Im u # Ker u et il s’ensuit dim Ker ! ( dim Ker u .
En conclusion, on a établi la majoration dim(Ker u 2 ) ( 2 dim Ker u .

Ex. 22
Soit u un endomorphime de #3 tel que u 2 = 0.
Montrer qu’il existe a ! #3 et f une forme linéaire sur #3 tels que :
&x ! #3 , u (x ) = f (x )a .

Une variante de ce sujet est :


Déterminer le rang de u . Que dire de Im u et Ker u ?
Si u est l’endomorphisme nul, une solution est de choisir a = 0E ou de choisir pour f la forme
nulle sur E .
On peut alors se limiter à u $ 0.
Pour des endomorphimes f et g d’un espace vectoriel E (de dimension finie ou non), on a :
f g=0 Im g " Ker f .
u 2 = 0 équivaut à Im u " Ker u . On a donc nécessairement 0 < rg u ( dim Ker u .
Il s’ensuit, avec le théorème du rang, rg u ( 3 rg u d’où, avec rg u > 0, rg u = 1.
Soit a $ 0E un générateur de Im u . Pour tout x ! E , il existe #x ! " tel que u (x ) = #x a .
Il reste alors à montrer que f : x # #x est linéaire.
a $ 0E donne #x a = %x a #x = %x , donc x # #x est bien une application de #3 dans #.
u (x + y) = u (x ) + u (y) donne #x +y a = #x a + #y a = (#x + #y )a donc f (x + y) = f (x ) + f (y).
Avec $ ! #, u ($x ) = $u (x ) donne #$x a = $ #x a donc f ($x ) = $f (x ).
En conclusion, il existe a ! #3 et f ! !(#3 , #) tels que u (x ) = f (x )a pour tout x ! #3 .
u 2 = 0 et E = #3 servent uniquement à dire que rg u = 1. L’existence de a $ 0E et f pour u $ 0
ne dépendent que de cette propriété rg u = 1.

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 197


Ex. 23
Soit E un "-espace vectoriel et u un endomorphisme de rang 1.
Pour n ! $, n ' 2, exprimer u n en fonction de u .

L’exercice précédent a permis de voir qu’il existe a ! E , a $ 0E , et une forme linéaire f non nulle
telle que u (x ) = f (x )a pour tout x ! E sous la seule hypothèse rg u = 1.

On utilise u (x ) = f (x )a pour avoir u 2 (x ) = u f (x )a = f (x )u (a ).


Or u (a ) = f (a )a donne u 2 (x ) = f (a )f (x )a et il s’ensuit u 2 (x ) = f (a )u (x ), d’où u 2 = f (a )u .
On étudie u 3 pour préciser une forme éventuelle de u n par récurrence.

Si f (a ) = 0" , alors u 2 est l’endomorphisme nul et par suite u n = 0 pour n ' 2.


Si f (a ) $ 0" , on pose # = f (a ). Alors u 2 = #u donne u 3 = #u 2 = #2 u .
Pour n ' 2, on considère la proposition u n = #n 1
u . Elle est vraie pour n = 2.
n n 1 n +1 n 1 2 n
Et u = # u implique u = # u = # u , ce qui montre que la propriété étudiée est
récurrente.
En conclusion, on a u n = #n 1 u pour tout n ' 2.
C’est évidemment encore vrai si # = 0.
Notons que cette formule reste vraie dans le cas où n = 1 à condition que # = f (a ) $ 0" .

Ex. 24
Soit E un "-espace vectoriel de dimension n et f ! !(E ) telle que f 2 = IdE . On considère :
g = IdE f et h = IdE +f .
Montrer que Im g et Im h sont stables par f et supplémentaires.

Étudions d’abord la stabilité de Im g et de Im h par f .


Ce problème d’inclusion ne devrait pas faire appel à la dimension.

Soit y ! Im g : il existe r ! E tel que y = r f (r ).


2
Alors f (y) = f (r ) f (r ) = f (r ) r = y ! Im g.
Il s’ensuit que Im g est stable par f . Notons que f (y) + y = 0E donne Im g " Ker h .
Soit z ! Im h : il existe s ! E tel que z = s + f (s).
Alors f (z ) = f (s) + f 2 (s) = f (s) + s = z ! Im h .
Il s’ensuit que Im h est stable par f . Notons que f (z ) z = 0E donne Im h " Ker g.

f est une involution. Ker g est le sous-espace des vecteurs invariants par f et Ker h est celui des
vecteurs changés en leur opposé. Il est classique que ces deux sous-espaces sont supplémentaires
dans E , hors toute considération de dimension.

Avec Ker g ! Ker h = E , il vient dim Ker g + dim Ker h = dim E .


Avec le théorème du rang pour g et pour h , il s’ensuit dim(Im g) + dim(Im h ) = dim E .
Dans l’étude de la stabilité de Im g et de Im h par f , on a constaté que Im g "Ker h et Im h "Ker g.
Avec Ker g # Ker h = 0E , il vient Im g # Im h = 0E .
En conclusion, on a bien Im g ! Im h = E .

198 Sujets d’oraux


Dans la mesure où Ker g ! Ker h = E ne fait pas appel à la dimension de E , il est raisonnable
d’examiner s’il en est de même pour Im g et Im h . Deux orientations : trouver une preuve
indépendante de la dimension ou bien trouver un contre-exemple.

Soit U = Inv f = Ker g et V = Opp f = Ker h .


On considère la projection p sur U parallèlement à V .
On sait que f = 2p Id. Alors g = 2(Id p) et h = 2p.
On sait aussi que q = Id p est la projection sur V parallèlement à U .
On a Im h = Im 2p = U et Im g = Im 2q = V . Alors U ! V = E donne Im g ! Im h = E .
On remarque que la solution «générale» est aisée si on examine le lien entre involutions et
projecteurs. On peut imaginer que l’objectif du sujet tel que posé est de privilégier l’usage de
la dimension, tant à travers le théorème du rang que pour une caractérisation des sous-espaces
supplémentaires.

Ex. 25
Soit E un "-espace vectoriel de dimension finie n et u ! !(E ). On suppose qu’il existe x0 ! E
tel que u (x0 ), u 2 (x0 ), . . . , u n (x0 ) soit une famille libre.
Montrer que x0 , u (x0 ), . . . , u n 1
(x0 ) est une base de E et que u est bijectif.

Une famille libre de cardinal n est une base de E .


Seul le caractère libre de x0 , u (x0 ), . . . , u n 1 (x0 ) est utile. On sait que l’image d’une famille
libre par une application injective est une famille libre. C’est une réciproque de cette propriété
qui est ici à l’étude.
n n
Pour (#1 , . . . , #n ) ! "n , #k u k 1
(x0 ) = 0E donne par linéarité de u : #k u k (x0 ) = 0E .
k =1 k =1
La famille u (x0 ), u 2 (x0 ), . . . , u n (x0 ) étant libre, il vient #1 = . . . = #n = 0, donc la famille
x0 , u (x0 ), . . . , u n 1 (x0 ) est libre. De cardinal n , c’est une base de E .
L’image par u d’une base x0 , u (x0 ), . . . , u n 1 (x0 ) étant u (x0 ), u 2 (x0 ), . . . , u n (x0 ) qui est
elle-même une base, u est un automorphisme de E .

Ex. 26
Étant donné P ! #[X ], montrer qu’il existe un unique Q ! #[X ] tel que :
P (X ) = Q(X ) Q(X 1) et Q(0) = 0.

Il s’agit d’un problème d’existence et d’unicité.


Une piste raisonnable est de mettre en évidence une application bijective.

Soit ! l’application de #[X ] dans lui-même définie par ! : Q # Q(X ) Q(X 1).
Cette application est linéaire. On a !(Q) = 0 si et seulement si Q(X ) Q(X 1) = 0.
Pour tout n ! $ , on a Q(n ) = Q(n 1), donc Q(n ) = Q(0). ALors Q Q(0) admet une infinité
de racines, c’est donc le polynôme nul et Q est une constante. Ainsi Ker ! = #.
L’hypothèse Q(0) = 0 est à mettre en œuvre.

E = Q ! #[X ] Q(0) = 0 est un sous-espace vectoriel. Soit f la restriction de ! à E .

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 199


Le noyau de f est E # Ker ! = E # # = 0 donc f est injective.
Le passage de l’injectivité à la surjectivité se passe bien pour une application linéaire d’un espace
de dimension finie dans un espace de même dimension. F et #[X ] n’étant pas de dimension
finie, il serait bon de s’y ramener en jouant sur le degré de P .

Si P = 0, alors Q = 0 vérifie P = Q(X ) Q(X 1).


Si deg P = 0, P = a ! # . Le polynôme Q = aX vérifie Q(X ) Q(X 1) = a et Q(0) = 0.
Soit Q de degré q ! $ , alors Q(X ) Q(X 1) est de degré q 1.
Pour avoir f (Q) = P , avec deg P ( n , il est nécessaire de considérer les polynômes Q au moins
jusqu’au degré n + 1.

On considère alors En = #n +1 [X ] # E .
L’application fn de En dans #n [X ] induite par ! est linéaire et injective.
Rappelons que #n [X ] est de dimension n + 1.
Avec #n +1 [X ] = # ! En et dim #n +1 [X ] = n + 2, il vient dim En = n + 1.
On en déduit que fn est bijective. Par suite tout polynôme P de degré au plus égal à n admet un
antécédent Q, et un seul, celui qui appartient à #n +1 [X ].

Ex. 27
Soit E un #-espace vectoriel de dimension finie n ' 1 et u ! !(E ) tel que u 3 + u = 0.
On pose F = Ker u et G = Ker(u 2 + IdE ).

1) Montrer que F et G sont stables par u , que G = Im u , F = Im(u 2 + IdE ) et que F ! G = E .

2) On suppose u $ 0 et u 2 + IdE $0. Montrer que l’on a n ' 3.

1)
u3 + u = u (u 2 + IdE ) = (u 2 + IdE ) u est de la forme u v, avec u et v qui commutent.
On note classiquement uv en lieu de u v.

Ker u est évidemment stable par u .


Avec v = u 2 + IdE , soit x ! G = Ker v. alors v(x ) = 0E implique uv(x ) = 0E puis vu (x ) = 0E
puisque u et v commutent.
On a donc u (x ) ! Ker v et par suite u (G ) " G .
Montrons maintenant que Ker v = Im u et que Ker u = Im v.
vu = 0 donne Im u " Ker v, et uv = 0 donne Im v " Ker u . On peut utiliser la dimension de
ces sous-espaces ou établir que Ker v " Im u et Ker u " Im v.

Pour x ! Ker u , on a u (x ) = 0E d’où u 2 (x ) = 0E et x = (u 2 + IdE )(x ) ! Im v. Ainsi Ker u " Im v.


Soit x ! Ker v. Alors u 2 (x ) + x = 0E donne x = u u (x ) ! Im u . Ainsi Ker v " Im u .
Tout ce qui précède est indépendant de toute hypothèse de dimension finie. Il reste à examiner
le rôle de cette hypothèse.

Soit x ! Ker u # Ker v. De u (x ) = 0E et u 2 (x ) + x = 0E , on déduit Ker u # Ker v = 0E . Avec


Ker v = Im u le théorème de la dimension donne dim Ker u + dim Ker v = n et on en déduit
que :
F ! G = E.

2) On écarte les cas u = 0 et v = 0 (c’est-à-dire u 2 = IdE ) qui conviennent sans hypothèse


sur n . Dans les autres cas, on a dim Im u ' 1 et dim Im v ' 1.

200 Sujets d’oraux


Si n = 1, alors u et v sont bijectives.
Alors uv = 0 donne u = 0 et v = 0, ce qui est contradictoire. On a donc n ' 2.
Si n = 2, alors on a deux cas à examiner : rg v = 2 ou rg v = 1.
• Si rg v = 2, alors v est bijective puis uv = 0 donne u = 0, ce qui est exclu.
• Si rg v = 1, donc dim Ker v = 1, alors on a rg u = 1, donc dim Ker u = 1.
Premier cas : Im u = Ker u = #a , a $ 0.
Alors u 2 = 0 donc IdE +u 2 = IdE , ce qui donne une contradiction avec rg v = 1.
Deuxième cas : Im u = #a et Ker u = #b avec a et b indépendants.
Alors (Id +u 2 )(b) = b et, avec u (a ) = #a , il vient (Id +u 2 )(a ) = (1 + #2 )a , donc rg(v) = 2, ce qui
est contradictoire.
Finalement, pour u $ 0 et u 2 $ IdE , on a nécessairement n ' 3, donc, pour n ( 2, il n’y a pas
d’autre solution que u = 0 ou u 2 = IdE .

Ex. 28
Soit E un #-espace vectoriel, et f , g des endomorphismes de E .
Soit # $ 0 une valeur propre de f g. Montrer que # est valeur propre de g f .
Montrer que, si E est de dimension finie, alors le résultat reste vrai pour # = 0.

# ! # est valeur propre de u ! !(E ) lorsqu’il existe x ! E , x $ 0E , tel que u (x ) = #x .


C’est vrai si et seulement si (u # IdE )(x ) = 0E avec x $ 0E , ou encore si et seulement si
Ker(u # IdE ) $ 0E ou encore si et seulement si u # IdE n’est pas injective.

Soit x ! E , x $ 0E , tel que fg(x ) = #x .


Supposons que # ne soit pas valeur propre de gf : alors &y ! E , gf (y) = #y y = 0E .
Alors, en formant gfg(x ), avec fg(x ) = #x , il vient gfg(x ) = g(#x ) = #g(x ), ce qui donne :
gf g(x ) = #g(x ).
L’hypothèse sur gf donne alors g(x ) = 0E . Il s’ensuit fg(x ) = 0E .
Or x $ 0E et # $ 0 implique #x $ 0E . Ce qui est en contradiction avec fg(x ) = #x .
En conclusion, si # $ 0 est valeur propre de fg, alors # est valeur propre de gf .
Dire que 0 est valeur propre de u ! !(E ) équivaut à dire que Ker u $ 0E . Autrement dit, 0
est valeur propre de u si et seulement si u n’est pas injectif.
En dimension finie, dire que 0 est valeur propre de u équivaut à dire que u n’est pas bijectif.

Plaçons-nous en dimension finie et supposons que 0 ne soit pas valeur propre de gf .


Alors l’endomorphisme gf est bijectif, ce qui a pour conséquence que f et g sont tous deux
bijectifs.
On en déduit que fg est bijectif, donc n’admet pas 0 pour valeur propre.
On a ainsi prouvé, par contraposition, que si fg admet 0 pour valeur propre, alors gf admet 0
pour valeur propre.
En dimension finie, on peut donner une preuve qui ne distingue pas # $ 0 de # = 0.
En effet, Ker(u # IdE ) $ 0E équivaut à det(u # IdE ) = 0.
Pour les questions de déterminant, on pourra se reporter au chapitre 5.

Le problème revient à montrer que si det( fg # IdE ) = 0, alors det( gf # IdE ) = 0.


Il est par ailleurs vrai que det( fg # IdE ) = det( gf # IdE ). Toutefois ce résultat, classique en
Spéciales, ne sera pas envisagé ici.

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 201


Ex. 29
Étant donné A et B dans #[X ] et a ! #, trouver les polynômes :
P ! #[X ] tels que P (X ) + P (a )A(X ) = B(X ).

Si A = 0, alors P = B est solution unique. Dans la suite, on suppose A $ 0.


L’étude des degrés permet de limiter le travail à un espace de dimension finie.

Avec P = B P (a )A, on pose n = sup(deg B, deg A) et on a deg P ( n .


Le problème se place alors dans le contexte de #n [X ].
On examine l’application ! : P # P + P (a )A pour étudier les solutions de !(P ) = B.

L’application ! : P # P + P (a )A est linéaire. C’est un endomorphisme de #n [X ].


On étudie son noyau en résolvant P + P (a )A = 0.
La seule solution qui vérifie P (a ) = 0 est P = 0.
Si P (a ) n’est pas nul, P (a ) + P (a )A(a ) = 0 implique A(a ) = 1. En conséquence,
si on a A(a ) $ 1, le noyau de ! est réduit au polynôme nul.
L’endomorphisme ! de #n [X ] est alors bijectif et B admet un antécédent et un seul.
Étudions maintenant Ker ! lorsque A(a ) = 1. Notons que A est alors non nul.
P= P (a )A montre que Ker ! est soit 0 soit le sous-espace de dimension 1 engendré par A.

Tout P ! Ker ! est un multiple scalaire de A.


Réciproquement, pour P = #A, # ! #, avec A(a ) = 1, on a P (a ) = # donc P + P (a )A = 0.
Ainsi, dans le cas où A(a ) = 1, Ker ! est la droite engendrée par A.
En résumé : si A(a ) $ 1, ! est bijective et si A(a ) = 1, Ker ! = #A.
Il reste alors à préciser les solutions de !(P ) = B, ce qui est l’objectif explicite du sujet.

Solution dans le cas où A(a ) $ 1.


B admet un antécédent unique P par !. La solution est définie par P (X ) = B(X ) P (a )A(X ).
B(a ) B (a )
On a P (a ) = B(a ) P (a )A(a ), donc P (a ) = 1 + A(a ) , d’où P (X ) = B(X ) 1 + A(a )
A(X ).
Solutions dans le cas où A(a ) = 1.
! n’est pas surjective ; il peut ne pas y avoir d’antécédent de B par !.

Avec P (X ) + P (a )A(X ) = B(X ), on a nécessairement B(a ) = 0.


• Lorsqu’on a B(a ) $ 0, il n’y a pas de solution.
• Dans le cas où B(a ) = 0, on dispose alors d’une solution particulière, à savoir P = B, au
problème P + P (a )A = B.
Comme P B + P (a ) B(a ) A = 0 équivaut P B ! Ker !, les solutions sont alors les
polynômes P = B + #A, avec # ! #.

202 Sujets d’oraux


Thèmes d’étude - Problèmes
1 Polynômes d’interpolation de Lagrange
1) Soit n ! $ et (x0 , . . . , xn ) une famille de n + 1 éléments d’un corps " (# ou %), deux à
deux distincts.
X xk
a) Montrer que, pour tout i ! [[ 0, n ]], Li = est l’unique élément de "[X ]
xi xk
0(k (n, k $i
qui vérifie les propriétés :
(1) deg Li ( n , (2) Li (xi ) = 1, et (3) &j ! [[ 0, n ]] ) i , Li (xj ) = 0.
Les polynômes Li sont les polynômes d’interpolation de Lagrange relatifs à la famille
(x0 , . . . , xn ) ! "n +1 .
Chaque polynôme Li est de degré égal à n .

b) Montrer que, pour tout (b0 , . . . , bn ) ! "n +1 , il existe un unique L ! "[X ] tel que :
deg L ( n et &k ! [[ 0, n ]], L (xk ) = bk .
c) Quels sont les polynômes P ! "[X ] tels que &k ! [[ 0, n ]], P (xk ) = bk ?

2) Étant donné a , b, c deux à deux distincts dans ", simplifier :


(X a )(X b) (X a )(X c ) (X c )(X b)
+ + .
(c a )(c b) (b a )(b c) (a c )(a b)

3) Soit p ! $, (x1 , . . . , xn ) ! "n une famille d’éléments deux à deux distincts et (Li ) les
polynômes de Lagrange associés à cette famille.
n n
p
Montrer que L = xk Lk est le reste dans la division de X p par (X xk ).
k =1 k =1

4) Soit E le #-espace vectoriel #[0,1] , (ai )i ![[ 1,n ]] une famille de n éléments deux à deux
distincts dans [0, 1] et F le sous-espace vectoriel f ! E, &i ! [[ 1, n ]], f (ai ) = 0 .
Déterminer un supplémentaire de F dans E .

Solution

La question d’approximation d’une fonction par une fonction polynôme est importante. Les
polynômes de Lagrange en donnent une solution simple.
Le texte proposé montre leur efficacité dans des domaines variés.
Dans toute question d’unicité de polynôme, deux points sont à examiner en priorité :
deg(P Q) < 0 P = Q,
deg P ( n et P admet au moins n + 1 racines distinctes P = 0.

1) a) Si Li et Mi vérifient les propriétés (1), (2) et (3), leur différence est de degré au plus n et
prend la valeur 0 en n + 1 éléments distincts, c’est donc le polynôme nul.
Il est immédiat que Li prend la valeur 1 en xi et la valeur 0 en xj pour j $ i .
b) L’unicité de L se prouve comme celle des Li .
Le polynôme bk Lk prend la valeur bk en xk et la valeur 0 en xj , j $ k .
n
Alors L = bk Lk convient : on a bien deg L ( n .
k =0

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 203


Une utilisation de ce résultat : soit P un polynôme de degré inférieur ou égal à n . On choisit
n
bk = P (xk ) ; le polynôme L ci-dessus est alors P lui-même, d’où P = P (xk )Lk .
k =0

c) Soit P ! "[X ] un tel polynôme. P L prend la valeur 0 en tout xk , k ! [[ 0, n ]].


Soit a ! ", Q ! "[X ] est divisible par X a si et seulement si Q(a ) = 0.
Ce théorème s’étend dans le cas de plusieurs racines distinctes.
n
Alors P L est un multiple de (X xk ). On a établi une condition nécessaire.
k =0
n
Il est clair que tout polynôme P = L + Q(X ) (X xk ), avec Q ! "[X ] convient.
k =0

2) C’est un polynôme de degré au plus 2, et qui prend la valeur 1 et a , en b et en c ; c’est donc


le polynôme constant 1.
3) On utilise la première question pour exprimer X p à l’aide des polynômes de Lagrange associés
à la famille (x0 , x1 , . . . , xn ).
n n
p
Il existe un polynôme Q tel que X p = xk Lk + Q(X ) (X xk ).
k =1 k =1
n n
p
Le degré de xk Lk est inférieur ou égal à n 1 et celui de (X xk ) est égal à n . On est
k =1 k =1
n
alors en présence de la division euclidienne de X p par (X xk ).
k =1
n
p
Le reste dans cette division est donc R = xk Lk .
k =0
n n
Extension : le reste dans la division de P par (X xk ) est R = P (xk )Lk .
k =0 k =0

4) Soit (Li )1(i (n la famille des polynômes interpolateurs de (a1 , . . . , an ) et G le sous-espace


vectoriel engendré par les fonctions polynômes Li , 1 ( i ( n .
On identifie classiquement un polynôme et la fonction polynôme associée.
Soit f ! F # G . Il existe (#i )1(i (n ! #n tel que f = # i Li .
1(i (n
Pour tout j ! [[ 1, n ]], f ! G donne f (xj ) = #j et f ! F donne f (xj ) = 0. On a donc #i = 0.
Alors f = 0 et F # G = 0 .
Soit h ! E . On considère la fonction f = h h (xi )Li .
1(i (n

Pour tout j ! [[ 1, n ]], on a f (xj ) = h (xj ) h (xi )Li (xj ) = 0 puisque Li (xj ) = *i j .
1(i (n
*i j est le symbole de Kronecker : *i i = 1 et *i j = 0 pour i $ j.
Alors f est dans F . Avec g = h (xi )Li ! G et h = f + g, il vient h = f + g ! F + G .
1(i (n
On a donc E = F + G et finalement E = F ! G .

204 Thèmes d’étude – Problèmes


2 Images itérées et endomorphisme nilpotent
Un endomorphisme est qualifié de nilpotent lorsqu’il existe p ! $ tel que f p = 0.
En dimension finie n ! $ , on utilise souvent f n = 0 et c’est ce résultat qui est visé.
On utilise ici des inclusions entre les images des f k pour argumenter cette preuve.

Soit E un "-espace vectoriel de dimension finie n ! $ et f un endomorphisme de E .


Pour k ! $, f k désigne l’endomorphisme composé de k fois f par lui-même, avec la convention
classique : f 0 = IdE et f 1 = f .

1) Montrer que, pour tout k ! $, Im( f k +1 ) " Im( f k ).

2) On suppose qu’il existe q ! $ tel que Im( f q+1 ) = Im( f q ).


Montrer que, &j ! $, j ' q Im( f j ) = Im( f q ).

3) On suppose que f est nilpotent : +p ! $ , f p = 0. On note r = inf k ! $ , f k = 0 .


Montrer que r ( n et en déduire que f n = 0.

Solution

1)
Cette question naïve n’a pour objet que de rentrer dans la démarche proposée.

f k +1 = f k f donne Im( f k +1 ) = f k +1 (E ) = f k f (E ) = f k (Im f ) " Im f k .

2)
On commence par vérifier que Im( f j ) " Im( f q ) est vrai pour tout j ' q.
De la sorte, Im( f j ) = Im( f q ) équivaut à Im( f j ) & Im( f q ).

Im( f j ) " Im( f q ) est vrai pour j = q.


Pour j ' q, considérons la proposition Im( f j ) " Im( f q ).
La question précédente donne Im( f j+1 ) " Im( f j ) et il vient Im( f j+1 ) " Im( f q ).
La propriété est donc récurrente, ce qui montre que &j ' q, Im( f j ) " Im( f q ).
Supposons que Im( f q+1 ) = Im( f q ), c’est-à-dire Im( f q+1 ) & Im( f q ).
Hypothèse de récurrence : supposons que, pour k ! $, Im( f q+k +1 ) & Im( f q+k ).
Alors Im( f q+k +2 ) = f Im( f q+k +1 ) et f Im( f q+k +1 ) & f Im( f q+k ) = Im( f q+k +1 ) donne :
Im( f q+k +2 ) & Im( f q+k +1 ).
q+k
La suite des Im( f ) est ainsi croissante (pour l’inclusion).
On a donc &j ' q, Im( f j ) & Im( f q ), ce qui donne en définitive Im( f j ) = Im( f q ).
Cette première partie ne fait pas intervenir la dimension de E .
Les résultats ainsi établis sont vrais pour tout endomorphisme de tout espace vectoriel.

3)
À l’aide de la question précédente, les inclusions Im( f k +1 ) " Im( f k ) sont strictes pour
k ! [[ 0, r 1 ]]. Si f était surjective, on aurait Im( f k ) = E pour tout k ! $ .

S’il existait k ! [[ 0, r 1 ]] tel que Im( f k +1 ) = Im( f k ), alors on aurait Im( f k ) = Im( f r ) = 0E .
Ce serait en contradiction avec la caractérisation de r .

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 205


L’entier r est appelé l’indice de nilpotence de l’endomorphisme nilpotent f .

Les inclusions Im( f k +1 ) " Im( f k ) sont donc strictes pour k ! [[ 0, r 1 ]].
En notant dk = dim Im( f k ) , on a donc 0 < dr 1 < . . . d1 .

En outre, on a d1 < n puisque f n’est pas surjective et dr 1 > 0 puisque f r 1 $ 0.

d1 ( n 1 et dk < dk 1 pour k ! [[ 1, r 1 ]] donnent dr 1 (n r + 1.

Avec 1 ( dr 1, il vient alors 1 ( n r + 1 c’est-à-dire n ' r .

La première question donne alors Im( f n ) " Im( f r ) = 0 et donc f n = 0.

3 Un sous-espace de polynômes
"[X ] est l’ensemble des polynômes sur ". Un polynôme est dit normalisé – ou unitaire –
quand il est non nul et que son coefficient dominant est 1. On considère l’application :
f : "[X ] "[X ]
P # (3X + 8)P + (X 2 5X )P + (X 2 X 3 )P
où P et P sont les premiers polynômes dérivés de P .

1) a) Vérifier que f est linéaire.

b) Préciser f (1), f (X ), f (X 2 ) et f (X 3 ).

2) Préciser le degré de f (P ) selon le degré de P . On examinera en particulier le cas où P est


de degré 3.

3) a) f est-elle surjective ?

b) Dans quel sous-espace de "[X ] doit-on chercher le noyau de f ? Déterminer ce noyau.

c) On considère l’ensemble Vf des polynômes P pour lesquels il existe un scalaire # tel que
f (P ) = #P . Montrer que Vf contient quatre polynômes normalisés.

4) On note H l’ensemble des polynômes dont l’image par f est de degré 3.

a) Justifier que H n’est pas vide et n’est pas un sous-espace vectoriel de "[X ].

b) Exprimer les éléments de H et leurs images à l’aide des quatre polynômes normalisés
de Vf .

c) On se place dans le cas où " = %. Étant donné Q ! H , normalisé, soit x1 , x2 et x3 les


racines de f (Q).
On pose S1 = x1 + x2 + x3 , S2 = x1 x2 + x1 x3 + x2 x3 et S3 = x1 x2 x3 . Déterminer entre S1 , S2 et
S3 une relation indépendante des coefficients de Q.

206 Thèmes d’étude – Problèmes


Solution

1) a) La linéarité de f découle de la linéarité de la dérivation et de la distributivité de la


multiplication par rapport à l’addition.

b) f (1) = 8 + 3X , f (X ) = 3X + 4X 2 , f (X 2 ) = 3X 3 , f (X 3 ) = X 3.

2) Par linéarité, on peut se limiter aux polynômes normalisés.


P = 0, f (P ) = 0 ; f (1) = (8 + 3X ) donc, si deg P = 0, alors deg f (P ) = 1.

Pour deg P = n ' 2,


deg(8 + 3X )P = n + 1 et dom(8 + 3X )P = 3,
deg(X 2 5X )P = n + 1 et dom(X 2 5X )P = n,
2 3 2 3
deg(X X )P = n + 1 et dom(X X )P = n (n 1).
On a donc deg f (P ) ( n + 1. La somme des coefficients dominants est (n + 1)(n 3). Pour
n $ 3, on a donc deg f (P ) = n + 1.

Soit P = X 3 + aX 2 + bX + c .
Avec f (1), f (X ), f (X 2 ) et f (X 3 ), il vient f (P ) = (3a 1)X 3 + 4bX 2 + 3(b + c )X + 8c .

Si 3a $ 1, alors deg f (P ) = 3. Si 3a = 1 et b $ 0, alors deg f (P ) = 2.


2
X
Si 3a = 1, b = 0 et c $ 0, deg f X 3 + + c = 1. Et enfin, si 3a = 1, b = 0 et c = 0, alors :
3

X2
f X3 + = 0.
3

3) a) Si deg P ( 3, alors deg f (P ) ( 3 et si deg P ' 4, alors deg f (P ) ' 5.


Il n’y a aucun polynôme de degré 4 dans Im f ; ainsi f n’est pas surjective.

b) Si P $ 0 et deg P = n $ 3, on a deg f (P ) = n + 1, donc P % Ker f . Par suite, Ker f " "3 [X ].


L’étude des polynômes de degré 3 montre que Ker f = %Q0 , % ! " , avec Q0 = 3X 3 + X 2 .

1
c) Pour # = 0, f (P ) = 0 caractérise les vecteurs du noyau d’où la solution X 3 + 3 X 2 .
Pour # $ 0 et P $ 0, f (P ) = #P implique deg f (P ) = deg P , d’où deg P = 3.
Avec P (X ) = X 3 + aX 2 + bX + c et f (P ) = (3a 1)X 3 + 4bX 2 + 3(b + c )X + 8c , on a f (P ) = #P si
et seulement si :
3a = 1 + #, 4b = #a, 3c = (# 3)b, (8 #)c = 0
3 2
c$0 # = 8 puis la solution Q8 = X + 3X + 6X + 10 ;
4 2
c = 0 et b $ 0 donne # = 3 pour la solution Q3 = X 3 + X +X ;
3
c = b = 0 donne #a = 0 donc a = 0 puis # = 1 pour la solution Q 1 = X 3 (voir alors 1)a).

Chapitre 4 - Espaces vectoriels. Applications linéaires. Dimension finie 207


4) a) En question 2), on a vu que H est l’ensemble des polynômes de degré 2 ou de la forme
1
$(X 3 + aX 2 + bX + c ) avec $ $ 0 et a $ ; ainsi H $ ,. Notons que 0 % H .
3
La partie relative aux polynômes de degré 2 a été oubliée.
1 4
b) Q = X 3 + aX 2 + bX + c = xX 3 + y X 3 + 3 X 2 + z X 3 + 3 X 2 + X + t (X 3 + 3X 2 + 6X + 10

si et seulement si x + y + z + t = 1, y + 4z + 9t = 3a, z + 6t = b, 10t = c soit :


c 3c 3
t= ,z=b , y = 3a 4b + c et x = 1 3a + 3b c.
10 5 2
4 2
f (Q) = x X 3 + 3z X3 + X +X + 8t X 3 + 3X 2 + 6X + 10 en utilisant les propriétés de
3
Q8 , Q3 , Q 1 et Q0 .
Remarque. f (Q) est de degré 3 lorsque x + 3z + 8t $ 0, soit 3a $ 1.
4
c) Avec f (Q) = x X 3 + 3z (X 3 + 3 X 2 + X + 8t X 3 + 3X 2 + 6X + 10 , on a :

f (Q) = (3z x + 8t )X 3 + 4(z + 6t )X 2 + 3(z + 16t )X + 80t


4(z + 6t ) 3(z + 16t ) 80t
d’où S1 = , S2 = , S3 = .
x 3z 8t x 3z 8t x 3z 8t
120t 3
On a 4S2 + 3S1 = = S ou encore : 6S1 + 8S2 + 3S3 = 0.
x 3z 8t 2 3

208 Thèmes d’étude – Problèmes


CHAPITRE 5
Intégration
Calcul intégral

Sujets d’oraux 209


A. Intégration sur un segment 209
B. Sommes de riemann – Intégration par parties 223
C. Changement de variable 232

Thèmes d’étude – Problèmes 242


1. Intégrale de Wallis – Formule de Stirling 242
2. Suites définies par des intégrales 244
3. Limite d’une intégrale de borne variable 247
4. Intégrales et inégalités 249
sin t
5. Intégration de 252
t
6. Primitives et sous-espaces vectoriels 256
7. Limite d’une somme d’intégrales 258
8. Intégrales et équivalents de suites 260
9. Limites de suites d’intégrales 263

Chapitre 5 - Intégration. Calcul intégral 209


Sujets d’oraux
A Intégration sur un segment

Ex. 1
Soit f une fonction réelle, continue sur un segment [a, b], a < b. On suppose qu’il existe
b
k
n ! ! tel que !k ! [[ 0, n ]], x f (x ) dx = 0. Montrer que f admet au moins n + 1 valeurs
a
d’annulation distinctes dans [a, b].

La fonction nulle sur [a, b] convient évidemment. Il est légitime de se limiter à l’étude du cas où
f n’est pas la fonction nulle.
Le cas où n = 0 invite a montrer que f admet au moins une valeur d’annulation. C’est en réalité
un corollaire d’un théorème classique d’intégration.

Si f n’admet pas de valeur d’annulation sur [a, b], alors elle est de signe constant sur [a, b] en
application du théorème des valeurs intermédiaires.
La fonction f étant continue, non nulle et de signe constant sur [a, b], on aurait alors :
b b
f (x ) dx > 0 ou bien f (x ) dx < 0,
a a
b
ce qui est contraire à l’hypothèse f (x ) dx = 0.
a
Un bon moyen d’utiliser simultanément les n +1 informations est de faire intervenir un polynôme
de degré au plus égal à n .
n
k
Considérons un polynôme P ! "n [X ], P = pk X . Par linéarité de l’intégrale, on a :
k =0
b n