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Cours "Elasticité", L3Construction mécanique, Université de M'sila

Dr: Debih Ali

Contenu de la matière:
Chapitre 1 : Introduction, Rappel mathématique (2 semaines)
Calcul vectoriel, calcul tensoriel.
Chapitre 2: Tenseur des contraintes (4 semaines)
Coupure, facette et vecteur contrainte, Formule de Cauchy, tenseur des contraintes,
Equations d’équilibre, Contraintes principales et directions principales, Invariants
scalaires du tenseur des contraintes, Tenseur sphérique et déviateur.
Chapitre 3 : Tenseurs des déformations (4 semaines)
Vecteur de déplacement, Tenseur des déformations, Transformation des longueurs et
des angles, Déformations principales, Invariants scalaires du tenseur des déformations,
Tenseur sphérique et déviateur.
Chapitre 4 : Lois de Hooke (Relations contraintes – déformations) (4 semaines)
Formulation en contraintes, Formulation en déformations, Formulation Thermo-
élastique.
Chapitre 5 : Critères de résistance (1 semaine)
Critère de la contrainte normale maximale (critère de Rankine), Critère du Cisaillement
maximale (critère de Tresca), Critère de Von Mises.

1
Cours "Elasticité", L3Construction mécanique, Université de M'sila
Dr: Debih Ali

Elasticité
2 Dr. Ali Debih
Faculté de Technologie de M'sila
Département Génie Mécanique
2018-2019

[1]: "Elasticité" Notes de cours, 2017 – 2018, Florence Elias, univ-paris-diderot.fr.

[2]: Mécanique du point matériel, Rappel sur le calcul vectoriel, Fatima


BOUYAHIA, ENSA MARRAKECH, Maroc

[3]: Elasticité, Yves Debard, Institut Universitaire de Technologie du Mans


Département Génie Mécanique et Productique, 2011.
[4]: Résistance des matériaux ,Notions d'élasticité, Collection Technologie et
université , A. Giet et L. Geminard, Dunod , Paris : 1968.
[5]: Mecanique des Solide, Elasticité, A. Alliche, Université Pierre et Marie Curie,
Curie,Paris 6.
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Chapitre. I. Introduction et rappel mathématique

I.1. Introduction

Rappelons qu'en mécanique du solide les grandeurs de base sont les forces et les
déplacements, qui permettent de calculer directement des énergies. En mécanique des
milieux continus, il est de même, mais on travaille avec des grandeurs normalisées. Pour
simplifier disons que les contraintes sont des forces par unité de surface et les
déformations sont des variations de longueurs par unité de longueur.

On definit l'elasticite par: Mécanique des corps solides déformables (par opposition à
la mécanique du point ou des corps indéformables).

La mécanique étudie la réponse d'un corps solide à des forces ou moments appliques.

On note que pour les milieux visco-elastiques, on parle aussi de rhéologie : leur
réponse à des forces / moments / pressions appliquées);

Forces ou moments (contraintes) qui s'exercent sur un objet fait d'un matériau
donne, de forme donnée et de volume donne →t rans lati
on, r
ot ation, dé
formation
(changement de forme et de volume).

La mécanique du point ou du solide indéformable étudié la translation et la rotation,


l'élasticité s'intéresse exclusivement à la déformation.
3
I.2. Le but de l'élasticité
· Stabilité des structures mécaniques
1- Pour la construction de ponts, routes, structures en béton (immeubles ...) → forme
d'un profilé, taille maximale d'un immeuble, ... ,
2-Fibres, tissus synthétiques, ... (peau (artificielle ?))
· La géométrie est importante.
1-Exemple des poutres profilées utilisées dans le bâtiment,
2-Exemple du caoutchouc = un élastomère préparé en tubes, en rubans, en fines
pellicules (vernis, sols), en câbles, en tissus, ...
· Fluides viscoélastiques : modification de la rhéologie des matériaux
complexes par rapport à celle des fluides simples
1-Solutions de polymères, gels, caoutchoucs, pâtes, poudres, sables, cristaux liquides, [1]

I.3. Rappels mathématiques [ 2]

I.3. 1.Calcul vectoriel


Dans le cadre de ce chapitre, nous allons rapporter quelques notions de bases liées au
calcul vectoriel. La maitrise de ces techniques est nécessaire pour l'assimilation de la
mécanique.
I.3.1.1. Scalaire et vecteur

Un scalaire est une grandeur totalement définie par un nombre est une unité.
(temps, température, masse, énergie, volume, … etc)
Un vecteur est une entité mathématique définie par une origine, une direction, un
sens et une intensité :
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· L’origine : le point d'application


· La direction : la droite qui porte
le vecteur. Elle est définie par
l'angle q mesuré entre un axe de
référence et le support.
· Le sens représente l'orientation
origine-extrémité du vecteur et
est symbolisé par une flèche.
· L’intensité, norme ou module,
représente la valeur de la
grandeur mesurée par le vecteur.

Notion de vecteur unitaire: A chaque vecteur on peut associer un vecteur unitaire


qui a la même direction et de norme égale à 1. On obtient le vecteur unitaire en divisant
le vecteur initial par son module :


║⃗
║=
║ ║⃗

Notion de vecteur lié et vecteur glissant :


4 a) les vecteurs liés sont notés () ⃗

l’origine A est fixé ;
b) Si le point d’application se déplace sur la droite, le vecteur est dit vecteur
glissant.

I.3.1.2. Repère de l’espace affine:


E Désigne l'espace affine réel de dimension 3. Les éléments de E sont des points que
l'on note : A, B, M, N, …etc. D'autre part Ԑ désigne l'espace vectoriel attaché à E, ses
éléments ⃗ ,⃗ , ⃗ , … etc
Nous considérons comme acquises les notions de repère affine de E associé à l'espace
vectoriel Ԑ. Un tel repère sera noté R (O, ⃗ 1,2 ⃗
,3⃗) ou O est un point de l'espace affine E


pris comme origine et e= ( 1,2,3 ⃗ ⃗ ) est une base de l'espace des vecteurs libres. (un
vecteur libre est un vecteur qui définit une direction dans l'espace
" ⃗Î Ԑ $ (x,y,z) Î R3 tel que ⃗= x 1 ⃗+y 2⃗+ z 3⃗

Représentation du repère R (O,⃗ ,,⃗


⃗ ) de l’espace affine [2].
Ce repère est une base orthogonale : les vecteurs libres de la base portés dans l'espace à
partir de l'origine O du repère forment un trièdre trirectangulaire direct.
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I.4. Opérations sur les vecteurs

Soit ⃗
,⃗et ⃗
trois vecteurs de l’espace vectoriel Ԑ. Avec :

+ yA ⃗+ zA ⃗
⃗= xA ⃗

+ yB ⃗+ zB ⃗
⃗= xB ⃗

+ yC ⃗+ zC ⃗
⃗= xC ⃗

I.4.1. Somme et multiplication par un scalaire [2].

· La somme de deux vecteurs :

⃗= + (yA+ yB ) ⃗+ (zA+ zB ) ⃗
⃗+ ⃗= (xA+ xB ) ⃗

· La multiplication par un scalaire :


5 " ⃗Î R, existe μ tel que ⃗ = μ xA ⃗+μ yA ⃗+ μ zA ⃗
I.4.2. Produit scalaire
· Le produit scalaire de deux vecteurs non nuls représentés par les bipoints OA et
OB est le nombre réel OA.OB.cos(θ) si l'angle θ désigne celui de AOB. Si l'un des
vecteurs est nul alors le produit scalaire est nul.
Dans le cas où aucun des vecteurs n'est nul, cette définition prend la forme
suivante :

⃗ ⃗= 

· Propriétés du produit scalaire :


1) Commutativité :
Le produit scalaire est commutatif :

⃗ ⃗= ⃗ ⃗ Jusitification Cos q = Cos (−q)

2) Distributivité par rapport à l’addition :


Le produit scalaire est distributif par rapport à l'addition :

⃗ ⃗+ ⃗ = ⃗ ⃗+ ⃗ ⃗
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3) Conséquence :

Si ⃗¹ 0
⃗et ⃗¹ 0
⃗alors


⃗=0
⇔ ⃗⏊ ⃗

Le produit scalaire nous permet donc de déduire la perpendicularité géométrique


lorsqu'il est de valeur nulle.
4) Expression analytique :
⃗ ⃗=xA xB+ yA yB + zA zB

I.4.3. Produit vectoriel [2].


Le produit vectoriel de deux vecteurs non nuls représentés par les bipoints OA et OB
est le vecteur représenté par le bipoint OC avec :
- Un module égale à OA.OB. sin(q)
- Une direction perpendiculaire au plan formé par les deux vecteurs OA et OB
- Un sens défini par la règle de la main droite ou de la progression du tire-bouchon qui
envoi ⃗ sur ⃗ . On note

6 ⃦⃗
∧ ⃗
⃦= OA . OB. Sin q

· Propriétés du produit vectoriel :


1) Commutativité :
Le produit vectoriel est anticommutatif :

⃗∧ ⃗=− ⃗∧ ⃗ Justification Sin q = −Sin (−q)

2) Distributivité par rapport à l’addition :


Le produit scalaire est distributif par rapport à l'addition :

⃗∧ ⃗+ ⃗ = ⃗∧ ⃗+ ⃗∧ ⃗

3) Interprétation géométrique du produit vectoriel :

Le module de ⃗∧ ⃗ est donné par OA. OB. Sin q qui représente l'aire (surface) du
parallélogramme construit sur les deux vecteurs.

4) Conséquence :

Si ⃗¹ 0
⃗et ⃗¹ 0
⃗alors ⃗
∧ ⃗=0⇔ ⃗// ⃗
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5) Expression analytique :

I.4.4. Produit mixte [2].


Le produit mixte de trois vecteurs non nuls représentés par les bipoints OA et OB et OC
est un scalaire ; Il est le déterminant de ces trois vecteurs dans une base orthonormale
directe quelconque.
On note: [ ⃗ ,⃗ ,⃗ ]= ⃗ .( ⃗ ∧ ⃗ )

· Propriétés du produit mixte :


[ ⃗,⃗ ,⃗ ]= ⃗ .( ⃗ ∧ ⃗)= ⃗
.(⃗
∧ ⃗
)= ⃗
.( ⃗
∧ ⃗
)

· Interprétation géométrique du produit vectoriel :

7 · Expression analytique :

I.4.5 Double produit vectoriel [2].


Le double produit vectoriel peut être calculé à l'aide de la relation suivante :

⃗∧( ⃗
∧ ⃗
)=( ⃗
.⃗
). ⃗
+( ⃗
.⃗)
. ⃗

I.4.6 Dérivation vectorielle


Soient M(x(t), y(t), z(t)) du repère R (O, xyz) on a :

⃗= x(t) ⃗
⃗+y(t) ⃗+ z(t)
Par définition:

⃗+(y/dt) ⃗+ (dz/dt) ⃗
= (dx/dt)
Que l'on note aussi :


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Propriétés:

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Chapitre II: Tenseur des contraintes

II.1. Présentation [3]:


La théorie de l'élasticité étudie les déplacements, les déformations et les
contraintes dans un solide soumis `a des forces extérieures.
Nous adopterons les hypothèses suivantes :
· Le matériau est homogène (il a les mêmes propriétés en tout point) et isotrope
(en un point donné, il a les mêmes propriétés dans toutes les directions).
· Le comportement du matériau est linéaire (les relations entre les contraintes et
les d´déformations sont linéaires) et élastique (le solide reprend sa forme
initiale d`es que les forces appliquées sont supprimées).

Le repère {O; x, y, z} est un repère orthonormé direct ; ⃗


ı, ⃗
ȷ et ⃗
k sont les vecteurs
unitaires des axes (figure II.1.).

Figure II.1. Repère orthonormé {O; x, y, z} et vecteurs unitaires {


⃗,⃗⃗}
,

II.2. Contraintes autour d’un point [3].


9 II.2. 1. Coupure, facette et vecteur contrainte
En chaque point M d'un solide, il existe des forces intérieures que l'on met en évidence
en effectuant une coupure du solide, par une surface S, en deux parties A et B (figure
II.2).

Figure II.2. – Coupure et facette ⃗en M

La partie A, par exemple, est en équilibre sous l’action des forces extérieures qui lui sont
directement appliquées et des forces intérieures reparties sur la coupure.

Considérons un point M de S. Soit dS un élément infinitésimal de la surface S entourant


M et ⃗le vecteur unitaire, perpendiculaire en M 0 à S et dirigé vers l’extérieur de la
partie A. Nous appellerons cet ensemble facette ⃗en M.
Soit d ⃗la force qui s’exerce sur cette facette. On appelle vecteur contrainte sur la
facette ⃗en M, la quantité :
⃗(M, ⃗) = d ⃗ /dS
Remarque : une contrainte s'exprime en pascal (1 Pa = 1 N/m2) ; dans la pratique, on
utilise souvent le mégapascal (1 MPa = 106 Pa = 1 N/mm2).
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Considérons, en un point M, le cylindre infiniment petit d’axe ⃗


, de hauteur h et de
section dS (figure II. 3.).

Figure II. 3. Efforts sur les facettes ⃗


, et −
⃗,

Quand h tend vers 0, le cylindre est en équilibre sous l’action des forces dS ⃗(M, ⃗) et
dS ⃗(M,- ⃗) d’où :
⃗(M, ⃗)= - ⃗(M, ⃗)

II.2.2. Contrainte normale et contrainte tangentielle [3].


Le vecteur contrainte peut être décomposé en sa composante suivant ⃗et sa projection
sur la facette (figure II.4) :
⃗(M, ⃗)= s n ⃗+ ⃗n
Avec: ⃗
s n = ⃗. (M, ⃗)
s n est la contrainte normale et  ⃗n est le vecteur cisaillement ou contrainte
tangentielle. s n est une valeur algébrique positive (traction) ou négative (compression).

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Figure II.4. Vecteur contrainte sur la facette ⃗en M.

Remarque : on a la relation (théorème de Pythagore) :

∥ ⃗∥2 = s n 2 + ∥
⃗n ∥2

II.2.3. Formule de Cauchy : tenseur des contraintes [3].


Soit le tétraèdre infiniment petit MABC construit sur les axes x, y et z (figure II. 5).
Soient ⃗ de composantes (nx, ny, nz) la normale unitaire au plan ABC dirigée vers
l'extérieur du tétraèdre et dS l'aire du triangle ABC.

Figure II.5. Equilibre du tétraèdre (Cauchy)


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On a:


∧ ⃗ = 2dS nx ⃗+ 2dS ny ⃗+ 2dS nz ⃗
= 2dS ⃗

= ( ⃗− ⃗ ⃗−
)∧( ⃗
)

=( ⃗
∧ ⃗
)−( ⃗
∧ ⃗
) −( ⃗
∧ ⃗
)+ ( ⃗
∧ ⃗
)

= ⃗
∧ ⃗+ ⃗
∧ ⃗+ ⃗
∧ ⃗+ 0

= = 2 aire (MBC) ⃗ + 2 aire (MAB) ⃗


+ 2 aire (MAC) ⃗

On en déduit par identification :


aire (MBC) = nx dS , aire (MAC) = ny dS , aire (MAB) = nz dS

Le tétraèdre est en équilibre sous l'action des forces appliquées sur ses faces (les forces
de volume sont des infiniment petits d'ordre supérieur) :
dS ⃗(M, ⃗ ) + nx dS ⃗(M,− ⃗) + ny dS ⃗(M,− ⃗) + nz dS ⃗(M,− ) = 0⃗

Il vient après simplification :


⃗(M, ⃗ ) + nx ⃗(M, ) + nz ⃗(M, , ⃗
⃗) + ny ⃗(M, ⃗ )

11 Cette équation s'écrit sous forme matricielle :

{ ⃗(M, ⃗
)} = [{ ⃗(M, ⃗
)} { ⃗(M, ⃗
)} { ⃗(M, ⃗
)} ] {n}

Soit:

⃗(M, ⃗
{ )} = [s (M)] {n} (Formule de Cauchy)

ou [σ(M)] est le tenseur des contraintes de Cauchy en M. Les composantes du


tenseur des contraintes (figure II. 6) dans le repère { ⃗, ⃗
,⃗ } sont :

, ⃗et ⃗en M
Figure II.6. Vecteur contrainte sur les facettes ⃗
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La contrainte normale sur la facette ⃗en M est égale à :

sn = ⃗· ⃗
T(M, ⃗) = {n}T [s(M)] {n}

Remarque : sur la facette ⃗(figure II.7), le vecteur contrainte est :

⃗ ) = sxx ⃗
(M, ⃗ + szx ⃗
+ syx ⃗

d’où la contrainte normale et le vecteur cisaillement :

si =⃗
ı ·⃗ + szx ⃗
ı ) = sxx , ⃗= syx ⃗
T(M,⃗

Figure II.7. Vecteur contrainte sur la facette ⃗en M

Changement de repère : considérons le repère orthonormé { ⃗ ′, ⃗


′, ⃗ ′} avec :

12

et , ⃗
[⃗, ⃗ ] = [

⃗ ′⃗
′ ⃗ ′ ] [R] -1 avec [R] -1 = [R] T , det [R] = 1

Soit ⃗un vecteur de composantes :

et :

On a les relations:

⃗= ⃗

′+ ⃗

+ ⃗
′ ⃗
′= [ ⃗
′⃗′⃗
′{ ⃗ ,⃗
} = [ ⃗, ⃗ ,⃗
] [R]{ V '} = [⃗, ⃗ ] {V}

On en déduit :
{V } = [R] {V'} , {V ′} = [R]−1 {V } = [R]T {V }
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De la formule de Cauchy et des relations :

{T} = [R] {T′} , {n} = [R] {n′}

On déduit :
[R] {T′} = [s] [R] {n′}
D'où :
{T′ } = [R]T [s] [R] {n′ }

Et la formule de transformation pour la matrice des contraintes :


[s′] = [R]T [σ] [R]
II.2.4. Equations d’équilibre [3].

Soit ⃗la force par unité de volume appliquée au point de coordonnées (x, y, z) du solide.
Soient ⃗l’accélération du point de coordonnées (x, y, z) et ρ la masse volumique du
matériau.

II.2.4.1. Equilibre en translation [3].

Ecrivons que la projection sur x de la somme des forces appliquées au parallélépipède


rectangle infiniment petit, de centre M et de cotes dx, dy et dz, est nulle (les contraintes
qui interviennent sont représentées sur la figure (II. 8)) :
− s xx(x, y, z) dy dz + s xx(x + dx, y, z) dy dz − s xy(x, y, z) dx dz + s xy(x, y + dy, z) dx dz
13 − s xz(x, y, z) dx dy + s xz(x, y, z + dz) dx dy + fx dx dy dz
= (∂s xx/∂x) dV + (∂s xy/∂y)dV +(∂s xz/∂z)dV + fx dV = ρ dV γx

Ou dV = dx dy dz. Il vient après simplification :

(∂σxx/∂x )+ (∂σxy/∂y)+(∂σxz/∂z)+ fx = ρ γx

Figure II. 8. Equilibre du parallélépipède suivant x

De même :
(∂s yx/∂x)+(∂s yy/∂y)+(∂s yz/∂z)+ fy = ρ γy
et
(∂s zx/∂x)+(∂s zy/∂y)+(∂s zz/∂z)+ fz = ρ γz

II.2.4.1. Equilibre en rotation : réciprocité des contraintes tangentielles [3].

Ecrivons que la projection sur Mz de la somme des moments des forces appliquées au
parallélépipède est nulle (les contraintes qui interviennent sont représentées sur la
figure II.9. Il vient, en négligeant les infiniment petits d’ordre supérieurs à 3 :
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dx (dy dz syx) − dy (dx dz sxy) = 0

Figure II.9. Equilibre du parallélépipède en rotation suivant z

soit (réciprocité des contraintes tangentielles) :

sxy = s yx

De même :
s xz = s zx , s yz = s zy
Le tenseur des contraintes est donc symétrique :
[s ] = [s ]T
14 II.2.5.Directions et contraintes principales [3].
Existe-t-il en M une facette ⃗telle que le vecteur contrainte soit colinéaire avec ⃗figure
II.11. ? Dans ce cas, le vecteur cisaillement est nul sur cette facette et le vecteur
contrainte ⃗(M, ⃗) satisfait la relation :
⃗(M, ⃗) = sn ⃗
soit :

[s (M)]{n} = s n {n}
s n est alors valeur propre du tenseur des contraintes et ⃗est le vecteur propre associe.

Figure II.11. Face et contrainte principale en M

[s (M)] est une matrice symétrique à coefficients réels. Elle a trois valeurs propres
réelles (distinctes ou confondues). Si les trois valeurs propres sont distinctes, les
vecteurs propres associés sont perpendiculaires entre eux.
Il existe donc en M un repère orthonormé {M; ⃗ 1, ⃗
2, ⃗3} tel que sur les facettes ⃗
1, ⃗
2 et
⃗3 le vecteur cisaillement soit nul figure II.12.
Les directions ⃗ 1, ⃗2 et ⃗
3 sont les directions principales.
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Dans le repère principal {M; ⃗


1, ⃗
2, ⃗
3}, le tenseur des contraintes s´écrit :

Ou les contraintes normales s1, s2 et s3 sont les contraintes principales.

Figure .II.12. Faces et contraintes principales en M

Les trois contraintes principales sont les racines de l’équation caractéristique :


P(s n) = det ( [s (M)] − s n [ I ] ) = 0 ou [ I ] est la matrice unité de dimension 3, soit:

15 Les contraintes principales sont indépendantes du repère { ⃗ ,⃗ ,⃗


}. I1, I2 et I3 sont des
invariants :
I1 = tr [s ] = s xx + s yy + s zz = s 1 + s 2 + s 3
I2 = 1/2((tr [s ])2 − tr [s ]2) = s xx s yy + s xx s zz + s yy s zz − s 2 xy − s 2 xz− s 2yz
= s 1s 2 + s1 s 3 + s 2 s 3
I3 = det[s ] = s xx s yy s zz + 2 s xy s xz s yz − s xx s 2yz− s yy s 2xz− s zz s 2xy = s 1 s 2 s 3

Dans le repère principal {M; ⃗


1, ⃗
2, ⃗
3}, les composantes du vecteur contrainte sur la
facette ⃗sont :

ou n1, n2 et n3 sont les composantes de ⃗. Compte-tenu de la relation :


n12+ n22+ n32= 1
on en déduit :
T12/s 12+T22/s 22+T32/s 32= 1
Quand ⃗varie, l’extrémité du vecteur ⃗ (M , ⃗) se déplace sur l’ellipsoïde de Lamé
dont les axes sont les directions principales et les demi axes sont s 1, s 2 et s 3.
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Chapitre. III. Tenseurs des déformations

III. 1. Introduction [4].


Lorsqu’un solide est soumis des sollicitations extérieures, les particules qui le
composent se déplacent dans l’espace. De ce fait, le corps du solide peut être soumis à
différents type de mouvement de type rigide ou à des déformations provoquées par les
déplacements relatifs des particules entre elles. Cette dernière transformation donne
lieu à des variations d’angles et d’angle que l’on va étudier dans ce chapitre. Nous allons
mettre en évidence et construire le tenseur des déformations qui est en quelques sortes
la grandeur duale du tenseur des contraintes.
· Les différentes transformations du solide
Un petit élément de matière du solide peut subir plusieurs transformations. Figure III.1.
Ces transformations peuvent se décomposer en translations et rotations rigides et en
déformations dans le milieu.
Translation et rotation sont des mouvements de corps rigides qui n’ont aucune
conséquence sur la forme finale du solide. Seule la déformation induit des variations de
longueurs et d’angle dans la structure du solide. Hormis les mouvements de corps rigide
la déformation est la seule grandeur mesurable par le mécanicien lorsqu’un solide est
sollicité par des efforts extérieurs. Les efforts et les contraintes sont déduits à partir des
lois de comportement du matériau que nous verrons dans le chapitre suivant.
En principe, lorsque plusieurs transformations sont appliquées à un solide, l’état final
n’est pas qu’une simple superposition des effets individuels de chacune des
16 sollicitations.
Cependant, lorsque les transformations induisent de petites déformations, on pourra
appliquer le principe de superpositions et additionner par exemple les déformations et
les distorsions (variations d’angle) provoqués en un point donné par l’ensemble des
sollicitations.
Ce principe implique que les calculs sont réalisés sur la configuration initiale du solide.

Figure III.1. Les différentes transformations du solide [4].

Sous l’action des forces appliquées, les points d’un solide se déplacent. Il en résulte, pour
des fibres infinitésimales de matière, des variations de longueur et des variations
d’angle appelées déformations. Figure III.2.
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Figure. III.2. Déformations dans un solide

III.2. Configuration, vecteur déplacement [4].


Le volume occupé par le solide à l’instant t est noté Ct et appelé configuration courante.
La configuration initiale C0 est la configuration de référence.
Le point M0 de la configuration initiale devient le point M de la configuration courante
figure III.3 :


OM0= x

0=x0 ⃗
ı+ y0 ⃗ ⃗
ȷ+ z0 k et ⃗
OM= x

=x ⃗
ı+ y ⃗ ⃗
ȷ+ z k

17

Figure .III.3. Transformation d’un point et d’un vecteur

On appelle vecteur déplacement du point M0 le vecteur :

u
⃗(M0; t)= 0 ⃗= ⃗- ⃗= u ⃗
0 ı+ v ⃗
ȷ+ w k ⃗
Ou u, v et w sont des fonctions continues et dérivables de x0, y0 et z0, d'où :

0+ ⃗⃗
⃗(M0; t) = ⃗ (M0; t)

Les coordonnées du point M s’écrivent sous forme matricielle :

x0, y0 et z0 sont les coordonnées de Lagrange et la description est dite lagrangienne.

Cette équation définit la transformation qui fait passer le solide de la configuration


initiale C0 à la configuration Ct.

III.3. Transformation des vecteurs : tenseur gradient de la transformation


Le vecteur infiniment petit d ⃗
0 en M0 devient d ⃗en M dans la configuration Ct
d ⃗= d ⃗ 0 + d ⃗
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Soit sous forme matricielle :

{dx} = {dx0} + {du} = ( [ I ] + [L] ) {dx0} = [F] {dx0}

Ou:

[F ] est le tenseur gradient de la transformation (ou tenseur gradient de la


déformation). [3].

Figure. III .4 . Transformation du vecteur d ⃗


0

III.4. Déformation angulaire et en dilatation, figure III.5. [4].


18 Pour un barreau sollicité en traction pure, l dilatation linéique dans la direction
longitudinale ox est ex = (D l/l), la dilatation linéique dans la direction transversale oy est
(D b/b). On sait que ces deux dilatations sont liées par "u" le coefficient de poisson.

ey = - u ex

Si l'on trace avant l'application des forces extérieures provoquant la contrainte de


traction s, deux segments rectangulaires OA et OB diriges suivant ox et oy, les
déformations produites par la sollicitation de traction ont pour effet d'allonger le
segment OA de la quantité D (OA)= OA . ex et raccourcir le segment OB de la quantité
D(OB)= OB . ey ; mais l'angle droite n'a pas varié : il reste droite pendant toute la
déformation élastique de traction pure.

Considérons encore une fois les deux segments rectangulaires OA et OB tel que OA est
incliné de l'angle a sur la direction longitudinale ox , après déformation les points A et B
se sont déplacés par rapport à O, ils sont devenus e A' et B' . Non seulement les
longueurs OA et OB ont variés, mais l'angle droite est devenu ′ ′
qui n'est plus
un angle droite.

Nous voulons calculer cette variation angulaire - ′ ′ à laquelle on donne le nom


d'angle de glissement ou angle de distorsion et que l'on représente par :

ga = - ′ ′
= 90°- ′ ′
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Dr: Debih Ali

Posons = Ds

Soit OH la projection de OA sur la direction ox

OH= OA . cos a = Ds. cos a

Sous l'effet de la dilatation longitudinale seule, le point A est devenu en A1.


L'allongement AA1 est tel que:

ex= (AA1/ OH)

AA1= ex . OH = ex . Ds . cos a

19

Figure III.5. Dilatation et rotation [4].

Sous l'action de la dilatation transversal le point A est devenu en A' ; tel que

ey= (A1A'/ AH)

A1A' = ey . AH= ey. Ds. sin a = u. ex. sin a

La variation de l'angle a est donc mesurée par DaA= ′

DaA= -(A1A' cos a + AA1 sin a) / Ds = -(uex sina cosa +ex Ds sina cosa) / Ds

= -(1+ u) ex sina cos a

Or on sait que par définition: e x= s / E

DaA= -(s/E). (1+ u) sina cos a

De même façon on peut calculer le déplacement angulaire DaB du point B


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DaB= ′

On peut utiliser la relation obtenue pour DaA en remplaçant a par (a + P/2)

DaB= -(s/E). (1+ u) sin(a+P/2) cos (a+P/2)

DaB= (s/E). (1+ u) sina cos a

L'angle de glissement

ga= - ′ ′= ′ + ′

ga= - ′+ ′ = -DaA + DaB

Soit en valeur absolue

ga= (s/E). (1+ u) sin 2a

On a calculé précédemment

ta= (1/2) s sin 2a

20 Par suite

ta= (E. ga) / 2(1+ u)

Cette relation est évidemment générale et vérifiée quel que soit l'anglea.

On a donc, entre la contrainte de glissement et l'angle de glissement la relation:

t = (E. g) / 2(1+ u)

Par ailleurs, on a vu que t et g sont liés par la relation t =g. G, G étant le module
d'élasticité transversale ou le module de Colomb. En conséquence:

G= E/2(1+u)
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21

CHAPITRE IV – Lois de Comportement


IV. 1. Expérimentation
IV.1. 1. Introduction
Expérimentalement lorsque un milieu est soumis à des actions mécaniques extérieures
de type force ou couple, celui-ci réagit en se déformant. Ces déformations et
déplacements dépendent fortement du type de matériau sollicité. En fait chaque milieu
possède ses propres caractéristiques et est donc régit par des lois de comportement qui
déterminent sa réponse. Les essais expérimentaux sont précisément destinés à identifier
le comportement mécanique du matériau à l’aide de relations qui lient les forces
intérieurs mises en jeu et la réponse sous forme de déformation et déplacement dans la
structure et inversement. [5].

Pour caractériser un matériau, nous disposons de plusieurs méthodes expérimentales.


Ces essais expérimentaux sont conçus pour identifier le comportement du milieu soumis
à différentes sollicitations. Dans le cadre de la résistance des matériaux classique, la
caractérisation porte sur un domaine de sollicitation qui ne produit pas de
transformations irréversibles. C’est donc uniquement le comportement élastique que
nous serons amenés à identifier. Par ailleurs nous nous intéresserons uniquement aux
matériaux dits à comportement élastiques linéaires. La linéarité est entendue au sens
d’une relation de proportionnalité entre la sollicitation et la réponse du milieu.
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Nous considérons donc un milieu homogène isotrope dans lequel nous mesurons de
petites déformations. Par ailleurs le milieu est dit dans son état naturel, c'est-à-dire que
si les efforts appliqués sur ce milieu sont nulles alors les contraintes internes sont nulles.
Dans le cas des petites transformations nous admettons le principe de superposition que
nous rappelons ci-dessous.

Principe de superposition
Si n systèmes de forces extérieurs indépendants provoquent séparément des
déformations élastiques et des contraintes, leur application simultanée ou successive
provoquera des déformations élastiques et des contraintes qui seront la somme
géométrique des déformations et des contraintes prises séparément. [5].

IV.1. 2. Essais mécaniques

Etat de traction-compression uniaxial


L’essai de traction compression est généralement réalisé sur un barreau dont la
géométrie est conçue en fonction du type d’essai prévu. Dans le cas de la traction, essai
le plus classique dans le cas des métaux, la section peut être constante ou variable. Dans
notre cas nous considérons un barreau a section rectangulaire ou circulaire. Lors de
l’essai de traction, on observe une réponse de l’éprouvette en plusieurs stades (Figure
IV.1). Nous nous intéressons uniquement à la phase de comportement élastique linéaire.

22 Nous observons alors que la force appliquée sur l’éprouvette est proportionnelle à
l’allongement. Pour s’affranchir de la géométrie, nous allons raisonner sur des grandeurs
spécifiques. Nous utiliserons la contrainte et la déformation au lieu de la force appliquée
et du déplacement. Supposons que l’effort est appliqué dans la direction axiale de
l’éprouvette, soit 1 e cette direction. Nous enregistrons un effort F = F ⃑ 1 sur l’une des
extrémités de l’éprouvette et un allongement δ dans cette même direction. Nous
définissons alors :
· la contrainte longitudinale par σ 1= F/ S , où S est la section de l’éprouvette

· la déformation longitudinale ε1 = δ/ l , où l est la base de mesure de


l’allongement.

Du fait de la proportionnalité de ces deux grandeurs dans la phase élastique linéaire


nous pouvons écrire :
σ1 = E . ε1

Le coefficient de proportionnalité E décrit la rigidité du matériau et est appelé Module


de Young ou module d’élasticité. Si nous mesurons la déformation dans les directions
transverse e2 et e3

par exemple nous trouverons ε2= −υε1=ε3 .


Le coefficient de proportionnalité υ entre les déformations axiale et transversale est
appelé coefficient de Poisson.

Pour un milieu continu le coefficient de Poisson est compris entre 0 et 0.5.


Ces relations sont algébriques et restent donc valables pour une sollicitation de
compression. [5].
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Figure IV.1. Essai de traction sur une éprouvette de béton

IV.2. Relations de comportement en élasticité


IV.2. 1. Etat de traction et compression dans deux directions orthogonales
Considérons une plaque centrée sur le repère associé à la base (O; x , x , x ) ( ⃑1, ⃑

2, ⃑3) .
Cette plaque est rectangulaire et est constituée d’un matériau homogène isotrope à
comportement élastique et linéaire de module d’élasticité E et de coefficient de Poisson
υ.
23 Cette plaque est soumise dans un premier temps à un effort de traction F 1 ⃑1 et −F 1 ⃑
sur ses deux extrémités opposées (Figure 32). Nous superposons dans un deuxième
1

temps un effort F 2 ⃑2 et −F 2 ⃑2 sur les deux autres extrémités.


On note 1
σ 1 = F 1 /S1 et σ 2= F 2 /S2
Exprimons les déformations dues à F 1 ⃑1:
Suivant ⃑1 Ԑ11= σ 1 /E
Suivant ⃑2 Ԑ12= - u (σ 1 /E).

Figure IV.2. Traction bi axiale.

Suivant e
⃑2 Ԑ22= σ 2 /E
⃑1 Ԑ21= - u (σ 2 /E).
Suivant e

Appliquons le principe de superposition pour écrire les déformations totales : [5].


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· Suivant ⃑1 : Ԑ1 = Ԑ1 1+ Ԑ21 = σ 1 /E - u (σ 2 /E).


· Suivant ⃑2 : Ԑ2 = Ԑ2 2+ Ԑ12 = σ 2 /E - u (σ 1 /E).
· Par soustraction des deux relations on trouve: Ԑ1- Ԑ2 = [(1+ u) /E]. (σ 1- σ 2 )

IV.2.2. Etat de cisaillement pur


On raisonne de nouveau sur un état de contrainte de traction compression sur la même
plaque. Nous imposons un effort de traction dans la direction ⃑1 et un effort de
compression dans la direction ⃑2 telle qu’apparaissent dans les deux directions deux
contraintes de même intensité (Figure IV-3). Ce qui donne

σ 1 = F 1 /S1 et σ 2= F 2 /S2 et σ 2= - σ 1
(traction suivant ⃑1 et compression suivant ⃑2 ).
Du fait de la configuration du chargement, les directions ⃑1 et ⃑2 sont les directions
principales du problème.

24
Figure IV.3. Essai de Traction-compression suivant deux directions

Pour un état plan des contraintes (ce qui est le cas dans la plaque chargée dans son plan), le
vecteur contrainte en tout point du milieu peut être exprimé dans la base constituée par la
normale ⃑ et le vecteur tangent ⃑ avec les composantes suivantes :

Dans ces deux expressions, σ 1 et σ 2 sont les contraintes principales et ϕ est défini par :

ϕ = ( ⃑1 , ⃑ )

Prenons: ϕ 1 =π/4 et ϕ2= −π/4

Les facettes associées à ces deux directions ont les normales respectives ⃑1 et ⃑2 .On
obtient pour ces deux facettes les vecteurs contraintes suivants :
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On retrouve ici la propriété des composantes tangentielles du vecteur contrainte qui ont
des valeurs de signes opposés.

Nous remarquons que les contraintes normales sur ces deux facettes ainsi définies sont
nulles.
Sur ces deux facettes agit un état de cisaillement pur.

Si nous traçons un carré ABCD autour du centre O de la plaque. Nous remarquerons que
celui-ci se déformé pour former un losange. [5].

25

Figure.VI.4. Essai de traction –Compression suivant deux directions.

Nous allons chercher une relation entre la composante tangentielle τ et la variation


d’angle γ ou distorsion.

Les allongements (rétrécissements) unitaires des diagonales donnent :

Par ailleurs :

Dans cette expression, nous prenons γ petit, ce qui permet de confondre la tangente et
son angle.
Supposons que la longueur de la demi-diagonale avant déformation soit égale à a. Alors :
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Ce qui donne:

La relation reliant la contrainte de cisaillement à la distorsion est finalement donnée par


:τ=G.γ,

dans laquelle G est le module d’élasticité transversal obtenu à l’aide de la relation :

μ est aussi appelé coefficient de Lamé.

IV.2. 3. Loi de Hooke généralisée


26 Cette loi permet de définir la loi de comportement d’un matériau élastique linéaire,
homogène isotrope et pour un état de sollicitation quelconque.
Plaçons-nous dans une base quelconque ( ⃑1 , ⃑2 , ⃑3 ) .

L’état des contraintes peut être considéré comme la superposition des états de
sollicitations suivants :
· 3 états de traction uniaxiale suivant les axes associés à la base ( ⃑1 , ⃑2 ,
⃑3 ) .

· 3 états de cisaillement pur dans les plans ( ⃑1 , ⃑2 ) , ( ⃑2 , ⃑3 ) et ( ⃑1 , ⃑3 ) :


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auxquels correspondent trois état de déformations :

La superposition des états de contraintes induit dans le cas des petites déformations la
superposition de l’état des déformations :

27
Nous écrivons la relation qui lie le tenseur des déformations au tenseur des contraintes:

Plus généralement on écrit la loi de Hooke sous la


forme :

Cette expression s’inverse sous la forme :

Dans cette dernière relation interviennent les deux coefficients de Lamé donné en
fonction de E et ν : [5].
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V. Criteres de limite elastique

V.1 Problème
Soient σ1, σ2 et σ3 les trois contraintes principales en un point M d’un solide. Nous
supposerons que la limite élastique en traction simple est égale à la limite élastique en
compression simple. Soit σE cette limite élastique.
Comment verifier, dans un etat de contrainte complexe, que la limite élastique n’est pas
dépassée ?
On admet que la limite élastique est atteinte lorsqu’une certaine fonction f des
contraintes principales est égale à limite élastique du matériau en traction simple :
f(σ1, σ2, σ3) = σE

Le domaine élastique en un point du solide est donc defini par la relation :


f(σ1, σ2, σ3) ≤ σE

Nous examinons dans ce chapitre plusieurs critères de limite élastique.


Rappels :
· état de traction simple : σ1 = σ , σ2 = σ3 = 0.
· état de cisaillement pur : σ1 = τ , σ2 = −τ , σ3 = 0.

V.2 Critère de Rankine ou de la contrainte normale maximale [3]


28 V.2.1 Enonce
Le domaine élastique est défini par la relation :
σR = f(σ1, σ2, σ3) = max(|σ1|, |σ2|, |σ3|) ≤ σE (4.3)
La quantité σR est appelée contrainte équivalente de Rankine ou de la contrainte
normale maximale.

V.2.2 Validité
Le critère s’écrit : |σ| ≤ σE pour un état de traction simple.
Et |τ | ≤ σE pour un état de cisaillement pur, ce qui impose τE = σE ou τE est la limite
élastique au cisaillement pur.

4.2.3 Etat plan de contraintes (σ3 = 0)


La contrainte équivalente de Rankine se réduit à : σR = max (|σ1| , |σ2| ).
Le domaine élastique est représenté sur la figure V.1

Figure V.1. Critère de Rankine : domaine élastique


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V.3 Critère de Tresca ou du cisaillement maximal [3]

V.3.1 Enonce
Le domaine élastique est défini par la relation :
σT = f(σ1, σ2, σ3) = 2 τmax = max ( σ1 , σ2 , σ3 ) − min ( σ1 , σ2 , σ3) ≤ σE
La quantité σT est appelée contrainte équivalente de Tresca.

V.3.2 Validité
Le critère s’écrit :
|σ| ≤ σE pour un état de traction simple.
Et |2 τ | ≤ σE pour un état de cisaillement pur, ce qui impose τE = σE/2.

V.3.3 ´Etat plan de contraintes (σ3 = 0)


La contrainte équivalente de Tresca se réduit `a :
σT = max( |σ1 − σ2| , |σ1| , |σ2| )
Le domaine élastique est représenté sur la figure V.2.

29
Figure V.2. Critère de Tresca : domaine élastique

V.4 Critère de Von Mises [3].


V.4.L'Enonce
Le domaine élastique est défini par la relation :

σVM = f(σ1, σ2, σ3) = (


(1−2) +(
1−3) +(
3−2))≤s E
La quantité σVM est appelée contrainte équivalente de Von Mises.

V.4.2 Validité
Le critère s’écrit :
|σ| ≤ σE pour un état de traction simple.
et pour un etat de cisaillement pur, ce qui impose

V.4.3 Etat plan de contraintes (σ3 = 0)


La contrainte équivalente de Von Mises se réduit `a :

Le domaine élastique est représenté sur la figure V.3.


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Figure V.3. Critère de Von Mises : domaine élastique

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