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MPSI B 3 juin 2009

Énoncé Partie B

Intégrale et moyenne arithmético-géométrique On suppose ici 0 < b < a. On définit des suites (an )n∈N et (bn )n∈N en posant

Partie A a0 = a, b0 = b
an + bn p
Pour x ∈ [0, 1[, on pose an+1 = , bn+1 = an bn
Z π
2
2 dt
φ(x) = p 1. Montrer que ces suites sont adjacentes. On note µ la limite commune.
0 1 − x2 sin2 t
2. Montrer que la convergence est quadratique, c’est à dire
1. Démontrer sans calcul de dérivée que φ est croissante sur [0, 1[.
1
2. Pour t ∈ 0, π2 , on pose
  0 < an+1 − bn+1 < (an − bn )2
  8b
(1 + x) sin t
u(t) = arcsin 3. On admet que l’application φ de la partie A est continue dans [0, 1[. En déduire une
1 + x sin2 t
expression de µ à l’aide d’une intégrale.
a. Montrer que cette relation définit une application à valeurs dans 0, π2
 

b. Montrer que u ∈ C 1 ( 0, π2 ) et que u est bijective de 0, π2 vers 0, π2


     

c. Montrer que u−1 ∈ C 1 ( 0, π2 )


 

3. Démontrer
cos t p
cos u(t) = 1 − x2 sin2 t
1 + x sin2 t

1 2 x
φ(x) = φ( )
1+x 1+x

4. Soit a et b deux nombres réels tels que 0 < b ≤ a et soit


Z π
2 dt
I(a, b) = p
0 a2 cos2 t + b2 sin2 t

Montrer que

1 a2 − b2
I(a, b) = φ( )
a a
en déduire
a+b √
I(a, b) = I( , ab)
2

Cette création est mise à disposition selon le Contrat 1 Rémy Nicolai Aarigeo
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l’Identique 2.0 France
disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/
MPSI B 3 juin 2009

d’inconnue S. Ses solutions sont 1 et x1 . Comme x ∈ [0, 1[ et t ∈ 0, π2 , la fonction


 
Corrigé
2
Partie A
sin t ne peut prendre aucune
1
 deπ
 ces valeurs donc (1 + x) sin t 6= 1 + x sin t.
Pour montrer que u ∈ C ( 0, 2 ), utilisons π  le théorème de la limite de la dérivée.
1. Pour chaque t de 0, π2 la fonction x → √ 1
 
0
1−x2 sin2 t
est croissante donc x < y entraı̂ne On sait déjà que u est continue dans 0, 2 . Cherchons si u (t) converge en π2 . En
π

dérivant sin u(t) dans 0, 2 on obtient
h πi 1 1
∀t ∈ 0, , ≤p
(1 + x)(1 − x sin2 t) cos t
p
2 2
1 − x2 sin t 1 − y 2 sin2 t u0 (t) cos u(t) = (1)
(1 + x sin2 t)2
puis φ(x) ≤ φ(y). La fonction est donc croissante.
π
2. a. D’après les propriétés de arcsin il suffit de vérifier que Quand t → 2, u(t) → u(1) = arcsin π2 = 1. Le second membre de (1) est
h πi équivalent à
(1 + x) sin t 1−x 1−x π
∀x ∈ [0, 1] , ∀t ∈ 0, ∈ [0, 1] cos t ∼ ( − t)
2 1 + x sin2 t 1+x 1+x 2
Pour t fixé, l’expression est une fonction homographique de x qui est monotone D’autre part,
car sur l’intervalle le dénominateur ne s’annule pas. s
– Si t 6= 0 (1 + x)2 sin2 t
q
cos u(t) = 1 − sin2 u(t) = 1−
– en x = 0 on obtient sin t qui est bien dans [0, 1] (1 + x sin2 t)2
2 sin t
– en x = 1 on obtient 1+sin 2 t qui est clairement positif et vérifie s
(sin t − 1)(x sin t − 1)(1 + x sin2 t + (1 + x) sin t)
2 =
2 sin t (1 − sin t) (1 + x sin2 t)2
1− 2 = ≥0
1 + sin t 1 + sin2 t s
(x − 1)2(1 + x) √ 1 − x π2 − t
r
– Si t = 0, la fonction de x est constante et nulle cos u(t) ∼ − − sin t + 1 ∼ 2 √
(1 + x)2 1+x 2
Pour t fixé dans [0, 1], la fonction
q
(1 + x) sin t On en déduit finalement que u0 (t) → 1−x
quand t → π
ce qui prouve à la fois
x→ q1+x 2
1 + x sin2 t la dérivabilité de u en π2 avec u0 ( π2 ) = 1−x 1+x et la continuité de la dérivée en ce
est monotone. Elle prend aux extrémités des valeurs dans [0, 1]. On peut en point.
Par définition, u(t) ∈ 0, π2 donc cos u(t) > 0. L’équation (1) montre alors que
 
déduire que toutes ses valeurs sont dans [0, 1]. Ceci prouve également que u est
continue. 0 π
u
 (t)
π
> 0 lorsque t ∈ 0, 2 . On en déduit π
qu’elle est strictement croissante dans
π
b. Montrons d’abord que la fonction est C 1 dans 0, π2 . À cause des propriétés d’
 
0,
 π2  . Comme π de plus u(0) = 0 et u( 2 = 2 . C’est une bijection continue de
)
arcsin il suffit de prouver que 0, 2 dans 0, 2 .
h πh (1 + x) sin t c. La bijection réciproque d’une bijection continue sur un intervalle est continue. La
∀x ∈ [0, 1[ , ∀t ∈ 0, 6= 1 formule (1) montre que u0 (t) ne s’annule pas dans 0, π2 et

2 1 + x sin2 t
r
Considérons l’équation π 1−x
(1 + x)S = 1 + xS 2 u0 ( ) = 6= 0
2 1+x

Cette création est mise à disposition selon le Contrat 2 Rémy Nicolai Aarigeo
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l’Identique 2.0 France
disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/
MPSI B 3 juin 2009


La bijection réciproque de u est donc dérivable dans 0, π2 . L’expression a+b
 
On a toujours ab ≤ 2 donc
q
1 a+b 2

(u−1 )0 = a+b √ 2 2 − ab 2 a−b
u0 ◦ u−1 I( , ab) = φ( a+b
)= φ( )
2 a+b 2
a+b a+b
de la dérivée montre sa continuité.
D’après la question 3.
3. Reprenons le calcul de cos u(t) commencé en 2.b. En poursuivant la factorisation, on

q
obtient a−b
2
a−b 1 a+b a+b a2 − b2
s φ( )= a−b
φ( a−b
)= φ( )
(sin t − 1)(x sin t − 1)(1 + sin t)(1 + x sin t) a+b 1 + a+b 1 + a+b 2a a
cos u(t) =
(1 + x sin2 t)2 d’où √
cos t p a+b √ 1 a2 − b2
= 1 − x2 sin2 t I(
2
, ab) = φ(
a a
) = I(a, b)
1 + x sin t

Notons θ au lieu de t la variable dans l’intégrale définissant φ( 21+xx ) et effectuons le Partie B
changement de variable θ = u(t)
1. Rappelons l’inégalité entre les moyennes géométrique et arithmétique
– Évaluons l’expression sous la racine à l’aide de la définition de sin u(t) :
u+v √
2  2 ∀u > 0, ∀v > 0 : ≥ uv
1 − x sin2 t 2

4x sin t
1− 2
sin u(t) = 1 − 4x = √ √ 2
(1 − x)2 1 + x sin2 t 1 + x sin2 t qui se démontre en considérant ( u − v) assure par récurrence les monotonies. La
convergence se montre en remarquant que la longueur de l’intervalle est à chaque étape
– D’après les calculs précédents divisée par 2.
1 − x sin2 t 2. D’après les définitions :
cos θ dθ = (1 + x) cos t dt √ √ √ √
(1 + x sin2 t)2 an + bn p ( an − bn )2 ( an − bn )2
an+1 − bn+1 = − an bn = = √ √
1 − x sin2 t
 
dt 2 2 2( an + bn )2
dθ = (1 + x)
1 + x sin2 t
p
1 − x2 sin2 t Comme les suites sont adjacentes : b ≤ bn ≤ an ≤ a donc
√ p
– Les bornes sont conservés et l’élément differentiel devient an + bn ≥ 2b
dθ dt ce qui prouve l’inégalité demandée.
q = (1 + x) p
1− 4x
(1+x)2
2
sin θ 1 − x2 sin2 t 3. On admet la continuité de φ en 0 (les outils de deuxième année sont mieux adaptés à
ce genre de questions). Pour tout n on
On en déduit √ p
1 2 x 1 a2n − b2n
φ(x) = φ( ) I(a, b) = I(an , bn ) = φ( )
1+x 1+x an an
4. On suppose 0 < b ≤ a, en mettant a en facteur sous la racine et en transformant le Comme les suites sont ajacentes, l’argument de φ tend vers 0. En passant à la limite
cos en sin on peut exprimer I à l’aide de φ : il vient I(a, b) = µ1 φ(0) = 2µ
π

√ π
1 a2 − b2 µ=
I(a, b) = φ( ) 2I(a, b)
a a

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