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FSJES Aïn Sebaâ

CONTROLE DES COMPTES

Animé par: Mme Soumia BENALI


Sommaire
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1. L'examen analytique

2. L'examen des documents et des comptes

3. Les contrôles par recoupements

4. Les contrôles physiques

5. Le contrôle des évaluations

6. La lettre d’affirmation

7. L'examen des comptes annuels et les travaux de fin de


mission
ETAPES DE LA DEMARCHE GENERALE D’AUDIT

ACCEPTATION DE LA MISSION

ORIENTATION ET PLANIFICATION

APPRECIATION DU CONTRÔLE INTERNE

CONTRÔLE DES COMPTES

TRAVAUX DE FIN DE MISSION

OPINION SUR LES COMPTES

REDACTION DU RAPPORT
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En fonction des conclusions qu'il aura tirées de l’appréciation
finale du contrôle interne, l'auditeur procédera, sur la base
d'un programme de contrôle qu'il aura établi, aux
investigations directes lui permettant de fonder son jugement
sur l'ensemble des informations comptables synthétisées dans
les comptes annuels.

Le contrôle des comptes s'effectuera selon diverses


procédures, le but étant pour l'auditeur de collecter des
éléments probants pour étayer son appréciation.
L'auditeur effectuera ainsi :
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- un examen analytique ;

- un examen de la validité des documents et des comptes


(contrôles par recoupements internes ou externes) ;

- des contrôles physiques ;

- des contrôles des évaluations.

Ces contrôles pourront être réalisés de manière intégrale ou


par sondages. Des lettres d'affirmation pourront venir
confirmer certaines assertions.
1. L'examen analytique
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L'examen analytique (ou procédures analytiques) est un


ensemble de procédures de révision consistant à :

- faire des comparaisons entre les données résultant des


comptes et des données antérieures, postérieures ou
prévisionnelles de l'entité ou des données d'entités similaires
afin d'établir des relations entre elles ;

- analyser les variations significatives et les tendances ;

- étudier et analyser les éléments résultant de ces


comparaisons.
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L'examen analytique est une procédure qui s'intègre très bien
dans une mission de revue limitée s'appuyant sur une analyse
des risques

Les Principales techniques de la procédure d'examen


analytique sont généralement classées en deux catégories:

- La revue de vraisemblance,

- La comparaison de données.
1.1 La revue de vraisemblance
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« La revue de vraisemblance consiste à procéder à un


examen critique des composantes d'un solde pour identifier
celles qui sont a priori anormales. »

On peut citer à titre d'exemple compte dont le solde est


dans un sens inhabituel (par exemple compte caisse
créditeur, écritures sans libellées …).
Cette revue peut être faite à partir de l'ensemble des
documents financiers tels que balances ou journaux
comptables.
1.2 La comparaison de données
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Cette technique consiste à faire des analyses de données de


l'exercice par rapport :

- à celles des périodes antérieures pour déterminer si


l'évolution est cohérente ;

- à celles issues d'un budget pour savoir si les objectifs fixés


ont été atteints, sinon pour en connaître les motifs ;

- aux mêmes données dans des entreprises comparables


pour identifier les particularités de l'entreprise.
Par ailleurs, ces comparaisons ne sont significatives que si :
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- il existe une logique dans l'évolution d'un compte d'une


période sur l’autre ;

- les entreprises similaires établissent leurs comptes sur la base


des mêmes principes comptables.
2. L'examen des documents et des comptes
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Parallèlement à d'autres vérifications (recoupements,
contrôles physiques, contrôles des évaluations) qui seront
examinées dans les paragraphes suivants, l’audit implique
l'examen d'un volume important de documents.

Pour l'auditeur, l’origine de ces documents en détermine la


valeur. En effet, ses conclusions seront d'autant plus solides
qu'elles s'appuieront sur des faits objectifs. Il en est de même
du respect des règles juridiques relatives à la tenue des
comptes.
L'auditeur va donc être amené à faire une inspection des
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documents de base et des livres comptables en vue
d'obtenir, dans le cadre de son audit, des éléments probants
plus ou moins fiables en fonction de leur nature et de leur
source, ainsi que de l'efficacité des contrôles internes
appliqués au traitement de l'information qu’ils contiennent.
2.1 Examen de la force probante des documents de base :
les pièces justificatives
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La loi stipule que tout enregistrement comptable doit préciser
l'origine, le contenu et l'imputation de chaque donnée ainsi
que les références de la pièce justificative qui l'appuie.

Cette pièce justificative indispensable à des origines diverses


:

- Les pièces créées à l'extérieur de l'entreprise et conservées


par elle,

- Les pièces créées par l'entreprise et qui portent la marque


d'une circulation extérieure,

- Les pièces créées par l'entreprise et adressées à des tiers,

- Les pièces créées et retenues par l'entreprise.


Les pièces créées à l'extérieur de l'entreprise et conservées
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par elle

On y trouve notamment :

- les factures fournisseurs,


- les bons de commande reçus des clients,
- la correspondance reçue des tiers,
- les relevés de banque.

La force probante de ces documents est bonne si l'entreprise


n'y a pas apporté de modification .
Les pièces créées par l'entreprise et qui portent la marque
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d'une circulation extérieure

On peut y relever :

- les effets à recevoir acceptés,

- les bordereaux de remise de chèques visés par la banque,

- le double des bordereaux de livraison émargés par les


clients.

La force probante de ces documents peut être assimilée à


celle des documents créés à l’extérieur et conservés par
l'entreprise.
Les pièces créées par l'entreprise et adressées à des tiers
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On peut y relever :

- les factures clients,

- la correspondance adressée à des tiers,

- les bons de commande adressés aux fournisseurs

La force probante de ces documents est moindre : il faudra


analyser si ces documents sont confirmés par des documents
créés par des tiers (règlements clients par exemple).
Les pièces créées et retenues par l'entreprise
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On peut citer à titre d’exemple les bons de sortie matières.

C'est cette catégorie de pièces qui a la valeur probante la


plus faible et ce, pour des raisons comme :

- la création de pièces, sur ordre de la direction, pour justifier


des opérations imaginaires,

- la création de pièces fictives pour dissimuler des fraudes


perpétrées par la personne.
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Ces documents seront d'autant plus probants que le contrôle
interne sera important (un document peut passer dans
plusieurs mains avec apposition d'un visa à chaque
manipulation et vérification).

Par exemple, un magasinier ne pourra falsifier une fiche de


réception qu'il doit préparer et qui doit être comparée par le
service comptable au bon de commande provenant du
service achat et à la facture reçue du fournisseur.

Les pièces internes doivent, pour être valables, revêtir la


forme prescrite, c'est-à-dire contenir l'ensemble des
renseignements prévus et les signatures ou paraphes requis et
avoir été accomplies au moment même de l'opération.
2.2 Techniques de contrôle des documents
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Le contrôle des documents permet à l'auditeur de s’assurer


que les pièces justificatives sont correctement établies,
qu'elles ne portent aucune trace d'altération ou de
surcharge, en fait qu'elles n'ont pas été falsifiées.

Ce contrôle est abordé sous deux angles différents :

- La première méthode consiste à partir de la pièce pour


vérifier sa transcription dans les livres et les comptes.

- L'autre méthode consiste à vérifier, à partir des écritures


comptables, qu'il existe à l'appui de celle-ci, des justificatifs
valables.
3. Les contrôles par recoupements
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Plus il y aura de sources d'information différentes, meilleure


sera la véracité d'un élément. En effet, l'auditeur pourra être
satisfait lorsque l'authenticité d'une opération sera confirmée
grâce au rapprochement de chiffres ou de faits provenant
de sources différentes

On distingue deux types de contrôles par recoupements, l'un


interne, l'autre externe.
3.1 Les contrôles par recoupements Internes
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Ces contrôles se font par rapprochement d'informations


internes provenant de différentes origines :

- rapprochement entre amortissements et provisions au bilan


et dotations et reprises au compte de résultat ;

- rapprochement entre les charges comptabilisées dans le


poste « Charges de personnel » avec les éléments de la
déclaration annuelle des données sociales (IGR).
3.2 Les contrôles par recoupements externes
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Ce type de contrôle est appelé par l'Ordre des experts-


comptables procédure de confirmation directe.

« La confirmation directe est une procédure de révision


habituelle qui consiste à demander à des tiers ayant des liens
d'affaires avec l'entreprise vérifiée de confirmer directement
au commissaire aux comptes des informations concernant
l’existence d'opérations, de soldes, ou tout autre
renseignement ».
Tiers pour lesquels il peut y avoir confirmation directe
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(principaux cas de confirmation) :

- Immobilisations : conservation des hypothèques pour les


terrains et immeubles. Ces confirmations donnent une
information sur la propriété des biens et sur l'existence de
garanties éventuelles ;

- Créances et dettes : confirmation des clients et fournisseurs,


des emprunts, des prêts auprès des tiers concernés. Outre le
solde, d'autres confirmations peuvent être obtenues, par
exemple échéances, intérêts, garanties pour les emprunts et
prêts pour confirmer les éléments des contrats ;
- Valeurs d'exploitation : stocks appartenant à des tiers et en
dépôt dans l'entreprise, stocks appartenant à l'entreprise et
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en dépôt chez les tiers ;

- Titres de participation et de placement : titres en dépôt


portefeuille géré par un tiers (banque par exemple), coupons
à encaisser ;

- Banques : confirmation des soldes et opérations réalisées


par la banque pour l'entreprise, cautions, garanties, titres en
dépôt, personnes autorisées à signer ;

- Personnel : prêts et avances ;

- Engagements hors bilan et passifs éventuels : assurances,


avocats, experts fiscaux, etc
4. Les contrôles physiques
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Le contrôle physique ou l’observation physique a pour objet


de confirmer l'existence d'un élément d'actif.

L’observation physique concerne certains postes d’actif et


en particulier :

- les stocks,

- d’autres éléments, tels les immobilisations corporelles, les


effets ou les espèces en caisse.
4.1 Stocks

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L’auditeur doit s’assurer que conformément aux exigences
légales, un inventaire des stocks et des travaux en cours est
dressé, et que cet inventaire est justifié par des documents
qui attestent qu'un inventaire des existants en quantité et en
qualité a été effectué.

L'auditeur doit prendre connaissance des méthodes


employées et des instructions données pour dresser
l'inventaire physique des stocks et travaux en cours. Il
appréciera les procédures utilisées et s'assurera de leur
application effective.

La meilleure manière de faire consistera, le plus souvent pour


l'auditeur, à assister à tout ou partie des opérations
d'inventaire, à effectuer quelques tests pour s’assurer de la
qualité des comptages en faisant recompter en sa présence
quelques lots inventoriés.
4.2 Immobilisations corporelles

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L'objectif est de comparer les fichiers des immobilisations aux
existants.

Mais il faut reconnaître que cette technique de contrôle n'est


applicable que s'il existe un bon contrôle interne des
immobilisations.
Ceci suppose une organisation appropriée dont les éléments
principaux sont :
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- une nomenclature des immobilisations,

- un fichier des immobilisations comportant le numéro de


nomenclature et la localisation de l'immobilisation,

- des fiches de mouvements d'immobilisations portant


l'autorisation du mouvement,

- des inventaires physiques périodiques effectués par


l'entreprise.

L’auditeur peut profiter notamment d'un inventaire physique


fait par l'entreprise.
4.3 Les effets de commerce
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Ce contrôle, qui porte principalement sur la matérialité des


effets, peut apporter d'éventuelles indications sur la liquidité
de ces effets : effets à échéances lointaines, effets dont
l'échéance est dépassée, effets retournés impayés.

Éventuellement, le rapprochement entre les listes des


existants et la comptabilité peut faire apparaître une
pratique dite des effets de complaisance.
4.4 Les espèces en Caisse
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Le contrôle va consister à se faire remettre la caisse, compter


les espèces, consigner sur un document le résultat des
comptages dont une copie sera remise avec la caisse au
caissier.
5. Le contrôle des évaluations
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Pour certains postes, le contrôle de l'existence se double


d'une appréciation des évaluations.

L’exemple le plus évident est celui des stocks pour lesquels


une fois le contrôle des quantités effectué par tout moyen
adéquat, il convient d'apprécier tant les principes
d'évaluation retenus par l’entreprise que leur application
pratique.
6. La lettre d’affirmation
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La lettre d'affirmation est un document qui récapitule et


complète, à la fin des travaux, certaines déclarations
importantes de la direction ayant une incidence sur les
projets de conclusions du commissaire aux comptes ; elles lui
ont été faites par les dirigeants ou le personnel de direction
de l'entreprise au cours de sa mission.

Il s'agit le plus souvent d'éléments ayant trait à la marche de


l'entreprise pour lesquels il n'existe pas, ou pas encore, au
moment de la vérification, de preuve écrite.

La lettre d'affirmation rappelle à la direction de l'entreprise sa


responsabilité dans la préparation des comptes et dans
l'information communiquée au commissaire aux comptes.
En aucun cas, la lettre d'affirmation ne petit se substituer à
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l'examen des documents probants, tant internes qu'externes
à l'entreprise.

Exemples d'objets de lettre d'affirmation

 Absence d’un quelconque plan de restructuration.

 Indication de l'inexistence d'autres cautions que celles


figurant dans les engagements hors bilan.

 Indication de l'inexistence d'événements postérieurs à la


clôture de l'exercice.
7. L'examen des comptes annuels et les travaux de fin de
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mission

L’auditeur effectuera certains contrôles particuliers, puis il


s'assurera que les faits économiques affectant la vie de
l'entreprise qui ont pris naissance au cours de l'exercice, mais
qui ne sont connus qu'entre la date de clôture du bilan et la
date à laquelle il a été établi, ont été pris en compte.
7.1 Contrôles à réaliser relatifs aux comptes annuels

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L’auditeur doit:

- rapprocher les postes du bilan et du compte de résultat


définitif avec le dossier de contrôle et la balance définitive;

- vérifier la cohérence entre les notes de l'annexe et le bilan


et le compte de résultat ;

- vérifier les chiffres de l'exercice précédent avec les


comptes annuels précédents.
7.2 Contrôles des événements postérieurs à la clôture de
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l'exercice et de leur incidence sur les comptes

Les événements suivants peuvent avoir une incidence sur les


comptes :

 Titres
- Éléments d’évaluation, tels que les perspectives de
réalisation ou de rentabilité récentes, modifications de
conjoncture.

 Stocks
- Information conduisant à déprécier ou modifier la
dépréciation des travaux en cours.
 Clients
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- Révélation de la situation compromise d'un débiteur
rendant la créance correspondante douteuse.
- Retours de marchandises livrées avant la clôture.

 Débiteurs divers
- Indemnités obtenues au terme de négociations ou de
dossiers en cours à la clôture.

 Achats
- Ristournes.

 Divers
- Jugement intervenu.
L'auditeur doit se tenir informé auprès des dirigeants de tous
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les événements postérieurs à la clôture susceptibles d'avoir
une incidence sur les comptes de l’exercice clos ou sur leur
appréciation.
7.3 Questionnaire de fin de mission et note de synthèse
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En fin de mission, un questionnaire spécifique permettra de


s'assurer que :

- tous les éléments nécessaires à la formulation de l'opinion


sur les comptes annuels ont été réunis,

- les normes ont été respectées,

- les dossiers de travail sont complets.

Une note de synthèse récapitulera tous les points importants


de la mission, et qui peuvent avoir une incidence sur la
décision finale d’opinion.