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MICROECONOMIE II

Structures des marchés

et Stratégies des entreprises

OUSSALAH LEKBIR

EL KHODARI MOHAMMED

EL HASSANI HAFID

S2/Section: A+B+C+D+E+F

2019-2020

1
L’objet de la microéconomie II est l’étude des marchés : lieu de rencontre
des consommateurs et des producteurs. Ces agents supposés rationnels
expriment leurs choix sous forme de demande et d’offre sur le marché.

Le marché est un espace matériel et immatériel (virtuel). Il existe


plusieurs types de marchés, qui sont classés selon différents critères. Le critère
le plus utilisé, est celui de Stakelberg, à savoir le nombre des participants au
marché comme vendeurs et acheteurs.

Nombre de vendeurs Nombre d’acheteurs Type de marché


Concurrence Monopolistique
Plusieurs Plusieurs Pure et parfaite
Petit nombre Plusieurs Oligopole
deux Plusieurs Duopole
un Plusieurs Monopole
Plusieurs Petit nombre Oligopsone
Plusieurs Deux Duopsone
Plusieurs un Monopsone
Un un Monopole bilateral

Problématique et méthodologie de la « théorie des prix et des marchés ».

Cette théorie sera présentée en trois étapes transversales.

* Primo : examiner les conditions dans lesquelles un bien peut être vendu
et acheté. Ces conditions différente d’un bien à l’autre, et la théorie distingue
plusieurs groupes fondamentaux de conditions, chacun constituant ce que l’on
appelle « le régime du marché ».

2
* Secondo : exposer le mécanisme général de la détermination du prix que
l’on retrouve plus ou moins dans tous les régimes. Ce mécanisme est celui de
l’offre et de la demande.

* Tercio : passer du niveau du marché à celui de l’entreprise en


distinguant deux situations, d’une part celle où le prix est constant (preneur de
prix) et d’autre celle où le prix est variable (faiseur de prix). Le 1 er cas concerne
les marchés parfaits couramment connus sous le nom de concurrence pure et
parfaite, le second concerne les marchés imparfaits qui se déclinent en
monopole, en concurrence monopolistique, en oligopole…

Chapitre I : Les marchés parfaits : la concurrence pure et parfaite (CPP)


3
Section I : Caractéristiques de la CPP

La CPP se caractérise par cinq axiomes : l’atomicité, la transparence,


l’homogénéité, l’ouverture et la mobilité.

1- L’atomicité du marché :

L’atomicité, c'est-à-dire la petitesse, concerne la part du marché de


l’entreprise. La CPP est un marché formé de plusieurs participants, vendeurs et
acheteurs, mais tous de taille très petite, atomique, de ce fait ils sont incapables
d’agir sur le prix du marché individuellement. En effet, la part du marché de
chaque participant est insignifiante, négligeable, très petite, atomique.

Exemple : l’offre totale, au marché : OT= 450 000 000 d’unités, Oj :


4
l’offre d’un seul vendeur : Oj = 4. Sa part du marché : PMj = 450 000 000 ≈ 0

Conséquences sur les entreprises :

Le vendeur se présente sur le marché comme un simple preneur de prix, il


considère le prix du marché comme un paramètre, une donnée, une constante,
une variable exogène sur laquelle il ne peut pas agir : P. La constance du prix
détermine d’une part la forme horizontale de la demande à l’entreprise et la
forme de ses recettes.

P O P Demande à l’entreprise R Recettes de l’entreprise

Px ----------------------- Px     P Rm = RM

d
s
O Q O q q ❑

Marché Entreprise

Recettes de l’entreprise

4
Recette totale = RT = p.q
RT p . q
Recette moyenne = q = q =P
Rm = RM = P
Recette marginale = RT ' =P

2- L’homogénéité des produits :

Les marchandises offertes sont identiques, homogènes. Il n’existe aucun


facteur de différentiation comme la publicité, l’emballage, la marque déposée, le
logo…

Le corollaire ou la conséquence de l’homogénéité est la fluidité de la


demande .Il n’y a pas de phénomène de clientèle. L’identité du vendeur importe
peu par la fluidité s’oppose à la viscosité. La demande fluide s’oppose à la
demande visqueuse.

3- La transparence du marché :

Les informations relatives aux quantités offertes et demandées, aux prix


pratiqués et surtout aux caractéristiques des produits, circulent de façon parfaite
et gratuite (transparent # opaque). Les marchés réels sont des marchés opaques.
Les clients ne sont pas informés. Le corollaire de la transparence est la certitude.

4- L’ouverture du marché :

La CPP est un marché qui se caractérise par la libre entrée et la libre


sortie. Il n’existe aucune barrière, ni juridique, ni technologique, ni financière
pour accéder ou quitter le marché. Cet axiome exprime l’essence du libéralisme,
excellemment et succinctement résumée par la maxime de Vincent de Gournay :
« Laissez faire, laissez passer ». Mis en évidence pour la première fois par les
physiocrates en termes d’ordres naturel, le libéralisme a été repris par les
classiques en termes de main invisible et par les néo-classiques en termes de loi
d’offre et de demande ou de flexibilité des prix.

5
5- La mobilité des facteurs de production :

Les entreprises se déplacent des secteurs et des régions les moins


rentables vers les secteurs et les régions les plus rentables, sans coût de transfert
notoire. La mobilité sectorielle et spatiale des entreprises est mue par la logique
du profit. Si le capital est parfaitement mobile, le travail est peu mobile.

Tels sont les cinq conditions de la CPP. Si l’une de ces cinq conditions est
absente, la concurrence devient imparfaite.

Le marché de la CPP est donc contestable car c’est un marché ouvert


(Voir doc TD).

Section 2 : l’équilibre du marché : loi de l’offre et de la demande

L’équilibre du marché se définit au niveau algébrique par l’égalité des


fonctions d’offre et de demande et au niveau graphique ou géométrique par
l’intersection des courbes d’offre et de demande.
Exemple :
Soit un marché où les quantités offerts et demandés varient en fonction du
prix de la manière suivante :
Prix Demande Offre
0 825 325
1 800 425
2 775 526
3 750 625
4 725 725
5 700 825
6 675 925
. . .

6
. . .
. . .
33 0 ….
Déterminons l’offre de la demande :

y=ax+b  q = ap+b. Quantifions les paramètres a et b


Δy Δq −25
a= Δx = Δp = 1 =−25

b : si x = 0  y = b = q ) b = 825
Fonction de demande : q = - 25p + 825
Par le même procédé, ou détermine la fonction d’offre :
Fonction de l’offre : q = + 100 p + 325
Equilibre du marché offre=demande
100p + 325 = - 25p + 825
500
125p = 500  p = 125 = 4 prix d’équilibre

qdemandée= -25 × 4 + 825 = 725 p=4


Couple d’équilibre
qofferte= 100 × 4 + 325 = 725 q = 725

Représentation graphique : Loi de l’offre et de la demande

q 225 o

725 

325 d
0 4 33 p

L’équilibre du marché se caractérise par son unicité, son automaticité et


par sa stabilité.

L’équilibre du marché génère des situations de rente pour le


consommateur et pour le producteur. La rente ou le surplus du consommateur

7
correspond aux économies que ce dernier réalise lorsqu’il s’attend à un prix
supérieur au prix du marché. (P = 6, prix effectif = 4 : sur chaque unité achetée,
le consommateur réalise une économie de 2 dh, s’il achète 100 unité son surplus,
sera de 1000 × 2 = 2000 dh).
La rente ou le surplus du producteur correspond aux économies que ce
dernier réalise lorsqu’il s’attend à un prix inférieur au prix du marché. (prix
attendu= 1dh, prix effectif = 4dh ; sur chaque unité vendue, un gain de
4-3 = 1 dh, s’il vend 5000 unités, son surplus sera de = 5000 × 3 = 15000).

Ex : un marché se caractérise par les fonctions d’offre et demande


suivantes : PD= - 20x + 100 ; P0= 40x-50

Calculez le surplus global du consommateur.

1 – Offre = demande

40x – 50 = - 20x + 100 PD= -20 × 2,5 + 100 = 50

60x = 150 P0= 40 × 2,5 – 50 = 50

187,5
X = 2,5 P 

ABE = ABCD – EBCD A=100

Pd = - 20x + 100 50 E SC  B

F(x) = -10x2 + 100x + c SP

F(2.5) = -10.(2.5)2 + 0 c x
100.25 2.5

= 187.5 -50

SC = 187.5 – 125 = 62.5

8
( AO + BC ) . EB
 Surface du TRAPEZE = ABCO =
2

( 100+50 ) .2,5
= =187,5
2

 Surface du RECTANGLE = BCOE

BCOE = Valeur des ventes = CA=p.q=BC.BE=50.2,5=125

 Surface du TRIANGE =ABE= surplus du consommateur :SC

 Triangle=Trapèze – Rectangle = SC

SC = ABE = 187,5 – 125 = 62,5

AE . EB 50.2,5
 Triangle = 2
=
2
=62,5

Section 3 : Equilibre de l’entreprise

L’équilibre de l’entreprise s’inscrit en courte période et en longue période.


La courbe période se caractérise par l’existence du profit, la longue période par
sa disposition.

§ 1- Equilibre de l’entreprise en courte période : existence du profit

L’objectif de l’entreprise est la maximisation du profit. Ce dernier est


maximum si les deux conditions suivantes sont satisfaites : P= Cm et Cm’>0

 1ère condition ou condition du 1er ordre ou condition nécessaire (il faut)

π T = RT – CT ; π Tmax si : ( πT ¿ ' =CRT ¿ '−(CT) '=0

π m = Rm – Cm = 0  Rm = Cm  P = Cm car RM = Rm = P

Rm : Recette d’une unité vendue

Cm : Coût d’une unité produite

9
Rm ≥ Cm → L’entreprise fait des bénéfices.

Rappel de la démonstration

π T = RT – CT = Pq – CT RT = P.q

( π T)’ = P – Cm = 0 = π m  P = Cm

Tant que P ≥ Cm l’entreprise fait des bénéfices.

Si P < Cm L’entreprise subit des pertes.

 2ème condition ou condition du 2ème ordre ou condition suffisante (il


suffit)

πT '=πm=P−cm=0

πT ' ' = π ḿ=c ḿ−cm' >0 : Donc≤coût marginal est croissant .

Le profit est maximum sur la partie croissante du coût marginal (Voir


fonction d’offre en Microéconomie I).

Application

Soit une entreprise qui opère dans un marché de concurrence pure et


parfaite où les fonctions d’offre et de demande s’expriment par :

X= 50.P et X= -100P + 4500, ou :

P= 0,02X et P= -0,01X + 45

L’égalité des fonctions d’offre et de demande, détermine le prix


d’équilibre du marché, soit :

50P = -100P + 4500  P=30

Son coût total s’exprime par :

CT = x3 – 6x2 + 15x + 32

10
Le prix du marché est de 30. Quel est le profit maximum de cette firme ?
En courte et en longue période ? Déterminez sa fonction d’offre en courte et en
longue période.

 La gestion rationnelle de l’entreprise s’articule autour des trois étapes


suivantes :

1ère étape : L’offre optimale : P = Cm et Cm’ > 0

 Cm = 3x2 – 12x + 15 = P = 30

x2 – 4x – 5 = 0 ; Δ = 36 et x1 = -1 à rejeter et x2 = 5

 cm’ = 6x – 12 = 6.5 – 12 = +18 > 0 : L’extremum (l’optimum) est un


maximum, car x= 5 se trouve sur la partie croissante du coût marginal.

2ème étape : Prix de vente Etape inutile : Le vendeur est un simple


preneur de prix. Le prix est déterminé par le marché.

P P= 0,02X

30 

P= -0,01.X + 45

1500 x

3ème étape : profit maximum :

Retour à la première étape  pour déterminer la fonction d’offre de


l’entreprise.

L’origine de l’offre : elle se détermine à partir des conditions de


maximisation du (l’utilité) profit qui sont : Rm= P = Cm et Cm’ > 0

1ère condition : pour que le π T soit max : P= Cm

11
3x2 – 12x + 15 = P on cherche la quantité offerte en fonction du prix du
marché x = f(P).

3x2 – 12x + 15 – P = 0

∆= b2 – 4ac = 144 × 4 × 3 × (15-P) = (-36+ 12P)

−b ± √ ∆
X1,2 = = ¿¿ = f(P) : variable explicative : Prix
2a

2ème condition : En courte période, l’offre, correspondant à la partie


croissante du coût marginal (cm’ > 0), se détermine à partir du seuil de
fermeture (SF) correspondant au minimum du CVM

Cm’> 0, SF : CVM min

CT= x3 – 6x2 + 15 x + 32

CVM = x2 – 6x + 15 / Min du CVM : (CVM)’ = 0 et (CVM)’’> 0

(CVM)’ = 2x – 6 = 0  x = 3 : offre minimum et (CVM)’’ = 2 :


L’extremum est donc un minimum

P Cm= Offre

CVM

6 

3 X

12−√ 12 P−36 12−√ 12× 6−36


x= = =1: Racine à rejeter car inférieure à
6 6
l’offre minimale x= 3

 Offre en courte période :

2+ √12. P−36
x= si P ≥6
6
x= 0 si P < 6 12
En longue période, l’offre, correspondant à la partie croissante du coût
marginal (cm’ > 0), se détermine à partir du seuil de rentabilité (SR)
correspondant au minimum du CTM.

La fonction d’offre à trouver, est une fonction de longue période, laquelle


commence à partir du seuil de rentabilité (SR).

(Cm = CTMmin)

CT = x3 – 6 x2 + 15x + 32

32
CTM = x2 – 6x + 15 + x❑

32
(CTM)’ = 2x – 6 - =0
x2

32
(CTM)’’ = 2 + (- )’ > 0  Minimum
x2

2x3 – 6x2 – 32 = 0  x3 – 3x2 = 16  x2 (x-3) = 16  x = 4, car l’offre


minimale commence à partir du SF : x = 1

Cm CTM

15

SR : P = CTMmin = Cm

On va chercher le prix de rentabilité

32 32
CTM = Cm = P = x2 – 6x + 15 + x =42−6 × 14+15+ 4 =15

13
PR : Couvre les charges fixes et variables

12± √ 12× 15−36 Fonction d’offre


x= =4
6
12+ √12 ×15−36 de longue période
x= si P ≥ 15
6
X = 0 si P < 15 l’entreprise ne doit pas vendre.

On va chercher l’offre optimale.

12+ √12 ×30−36


x= =5
6

Profit total
maximum

Le π Tmax se calcule selon 3 méthodes : globale, moyenne et synthétique.

 Méthode globale (totale) :

π T = RT – CT

RT= pq = 30 × 5 = 150

CT = 53 – 6 × 52 + 15 × 5 + 32 = 82

π T = 150 + 82 = 68

14
 Méthode moyenne :

π T RT −CT
πM = = =RM −CM
x x

CT x 3−6 x 2 +15 x+ 32
RM = P = 30 CM = =
x x

32 32
CM = x2 – 6x + 15 + x = 52 – 6 × 5 + 15 + 5

CM = 16,4

π M = 30 – 16,4 = 13,6

π T= π M × x = 13,6 × 5 = 68

Représentation graphique :

π T = π M. x

15
ABCD = BC × DC = 13,6 ×5 = 68

 Méthode synthétique :

π T = RT – CT = 30 × x – (x3 – 6x2 + 15x + 32)

π T = 30x – x3 + 6x2 – 15x – 32 = -

π T= -x3 + 6x2 + 15x – 32

π Tmax si : ( π T)' = π m = 0

π m = -3x2 + 12x + 15 = 0

π m= -x2 + 4x + 5 = 0

∆ = 42 + (4 × 5) = 36
−4−6
X1,2 = −2 =5 x2 à rejeter

( π T)"= ( π m)'= -2x + 4 = -2×5 + 4= -6 <0 : maximum


On remplace x dans la fonction du π T

π T= -x3 + 6x2 + 15x – 32

π T= -53 + 6 × 52 + 15 × 5 – 32 = 68

πT

168

0 5 x

Unicité de l’optimum

x P RM Rm RT CT CM Cm π πM πm

1 30 30 30 30 42 42 6 -12 -12 24

2 30 30 30 60 46 23 3 14 7 27

16
3 30 30 30 90 50 16,6 6 40 16,3 24

4 30 30 30 120 60 15 15 60 15 15

5 30 30 30 150 82 16,4 30 68 13,6 0

6 30 30 30 180 122 20,3 51 58 9,6 -21

7 30 30 30 210 186 26,5 78 24 3,4 -48

Le marché se compose de 300 entreprises en courte période :

X 1500
N = x = 5 =300 firmes

Chaque entreprise réalise un profit de 68. Le nombre d’entreprises va


augmenter mais le profit va diminuer et disparaître en longue période.

B= En longue période : disparition du profit. Les entreprises en place


deviennent marginales c'est-à-dire, travaillant sans perte ni profit. Cela
correspond au seuil de rentabilité (CM=Cm  CM minimum).

π = 0  RM = P = CM offre optimale : RM = CM ou P= Cm

Remarque : le profit qui disparait en longue période est le profit


exceptionnel ou anormal généré par une situation de rente.

L’équilibre de longue période se définit par l’égalité de la RM et du CM.

Rappel : CP : Rm = Cm
 P= Cm
En CPP : Rm = RM = P

 P > Cm : bénéfices

 P= Cm : ni bénéfice ni perte

 P < Cm  perte
17
La CPP est un marché ouvert, donc contestable. L’existence d’un profit de
68 en courte période constitue un facteur d’attraction pour les autres entreprises.
L’arrivée de ses dernières, entraînent l’augmentation de l’offre sur le marché. Ce
dernier devient vendeur : diminution du prix et réduction des marges
bénéficiaires. A terme, le profit s’annule. Toute entreprise est condamnée à
devenir marginale, travaillant sans perte ni profit, c'est-à-dire au seuil de
rentabilité.

L’offre optimale : Rm = Cm 

Rm= RM = P = Cm = CM

CM= Cm  Correspond au seuil de rentabilité

Application : compte tenu des données de l’application précédente,


déterminer l’équilibre conjoint de l’entreprise et du marché en longue période.
CT= x3 – 6x2 + 15x + 32

18
L’équilibre de langue période se définit par l’égalité :
P= Cm=CM, l’offre optimale en courte période = 5

πM=0 et en longue période elle va diminuer puisque des entreprises


nouvelles arrivent sur le marché.

Soit Cm = CM

Mmin du CM  correspond à l’offre minimale

CT 2 32
CM = x =x −6 x+ 15+ x  CMmin

CMmin CM' - 0 CM" > 0


32
CM' = 2x – 6 - =0  2x3 – 6 x2 – 32 = 0
x2
 x3 – 3x2 = 16
 x2 (x – 3) = 16
On cherche le prix du marché :
32
P = CM = x2 – 6x + 15 + 4 =15. En courte période, il était de 30

x = -100P + 4500 et x = 50.P Equilibre 0=P


X 1500
Nombre des entreprises = x = 5 =300 En courte période

L’offre au marché en longue période :


x = -100P + 4500 et x = 50P x = -100 15 + 4500
= 3000
Xd= Xo = 3000
3000
N = 4 =750 entreprises

19
Conclusion : La disparition du profit confirme la thèse néoclassique de la
négation de l’exploitation.

Cette idée est démontré par le théorème d’Euler. Soit une fonction Cobb-
Douglas : P = Ta × Kb, (a + b = 1).

Euler démontre que les facteurs de production sont payés ou rémunérés


selon leurs productivités marginales.

La somme des produits des productivités marginales par les facteurs


correspondant, est égale à la production.

PmT.T + Pmk.K = P

P= 15 √ KT , PT = 20, PK = 80 , CT = 480

On a la racine alors on évite la méthode de 5.

T = 12.K = 3 , P = 90 : optimum


20
P = 15T0,5 K0,5

PmT = P'T = 15 × 0,5 T-0,5 K0,5

2 2
= 7,5
√ T √
= 7,5
12
PmT = 3,75

T 12
Pmk = P'k = 15 × 0,5 K-0,5 T0,5 = 7,5
√ 3
= 7,5
√ 3
= Pmx = 15

PmT.T + Pmk. K = P ?

12 × 3,75 + 15 × 3 = 90 il y a pas de profil alors il y a pas d’exploitation.

Démonstration générale P= Ka.Tb (a + b = 1).

l ' elasticité de la production


eP/T = = l’exposant de ce facteur
un facteur

dp T T
= dt × P = p ' T × P

T
* eP/T = aTa-1 Kb × =a
T Kba

K
* eP/k = Ta Kb-1 × a b
=b
T K

dp P
Dérivée partielle = le produit de l’exposant par la PM : dt = p 'T =a × T

dp P T dp
= dt × T × P = dt

Rémunération des facteurs à leurs productivités marginales.

 Théorème d’Euler et négation de l’exploitation.

P P
P'T × T + P'K.K = a × T ×T +b K K

= aP + bP = P(a+b) = P

21
Chapitre 2 : Le marché du monopole

Section 1 : Caractéristiques : absence d’atomicité et pouvoir du


monopole : (absence de substituts ec = 0).

Le marché du monopole se définit par l’existence d’un sel vendeur face à


plusieurs acheteurs. Si le monopole maîtrise l’offre, il ne maîtrise pas la
demande. En effet, il doit tenir compte de la réaction de la demande, réaction
mesurée par l’élasticité.

P 1 P
eq/p= q'. q = P ' . q

A la différence de la CCP où le prix est égal au Cm (CPP : Rm = Cm,


RM=P) au niveau de monopole le prix est supérieur au Cm : P > Cm. Car le
producteur peut agir sur le prix du marché, sa part du marché étant de 100%. La
politique commercial du monopole est mixte. Il peut agir sur le prix et sur la
quantité, le prix est considéré comme une variable endogène sur laquelle
l’entreprise peut agir ; d’où la forme de la demande et des recettes du monopole.

22
Le monopole est capable d’exercer un pouvoir sur sa clientèle en déterminant un
prix de vente supérieur au Cm : P > cm. Son pouvoir est conditionné par
l’élasticité de la demande.

P−Cm
Ce pouvoir est mesuré par l’indice de Lerner : L = P
C’est l’inverse

de l’élasticité.

Le profit est maximum si Rm = Cm

1
Relation d’Amosson Rm = P(1- e )

1
P(1− ) 1
L= P−Cm =1− e 1  L=
= e
P P e

Si e = 0  L = ∞ et si |e| = ∞  L = 0

23
Le monopole est un faiseur de prix. Mais son pouvoir dépend de
l’élasticité de la demande, laquelle dépend de la présence ou de l’absence de
substituts.

e=0 : pas de substituts  pouvoir du monopole infini.

|e| = ∞ : substitution parfaite  pouvoir du monopole nul (cas de la CPP).

Section 2: Gestion du monopole

Le comportement de monopole s’articule sur les actions suivantes sachant


que son objectif est de maximiser son profit, pour cela, il passe d’une gestion
classique à une gestion alternative.

L’objectif classique du monopole est la maximisation du profit. Mais, il


arrive que le monopole s’assigne des objectifs alternatifs qui ne visent pas
nécessairement la maximisation du profit. A la gestion classique du monopole
succède ainsi, une gestion alternative.

Paragraphe 1 : La gestion classique du monopole

Monopole simple, monopole discriminant et monopole à plusieurs usines,


tels sont les modes de la gestion classique du monopole.

A- Monopole simple : A prix de vente unique

Ce modèle se caractérise par l’existence d’un seul produit, d’une seule


usine, d’un seul marché, d’un seul prix.

L’équilibre de ce modèle simple s’inscrit en courte et longue période. A la


différence de la CPP, le monopole se distingue par la durabilité de son profit que
se soit en courte ou en longue période.

24
L’équilibre du monopole à court terme

L’objet du monopole est la maximisation de son profit. Pour cela, il offre


une quantité optimale qui égalise sa recette marginale. Avec son coût marginal
selon la règle générale ou universelle de la maximisation du profit.

Soit un monopole dans les conditions techniques et commerciales sont


représentées respectivement par son CT et sa RT que voici :

CT = x3 – 12 x2 + 54 x + 98 RT = -9x2 + 99x

L’optimisation de la gestion du monopole passe par 3 étapes.

1ère étape : Offre optimale : Rm = Cm  -18x + 99 = 3x2 – 24 x + 54

3x2 – 6x + -45 = 0  x2 – 2x -15 = 0

2−8 2+ 8 5
∆ = 64 √ ∆ = 8 x1 = 2 =−3 x2 = 2 =¿

Cm = 3x2 – 2 + x + 5 Cm' = 6x – 2 = 6,5 -2 + 6 Cm' >0  Cm

2ème étape : le prix de vente

Le monopole est un faiseur de prix. Il le détermine directement ou


indirectement : P = RM = -9x + 99 = -9 5 + 99 = 54

3ème étape : le profit ou la perte

Méthode globale : π T = RT – CT

 RT = p.q = 54.5 = 270 RT = -9x2 + 99x = 9 × 52 + 99 5 = 270


77
 CT= 53 -12 52 + 54 5 + 98 = 193 π T= 270 – 193 =

Méthode moyenne : π M = RM –CM

CT 2 98 2 98
RM=P=54 CM= x =x −12 x +54+ x =5 −12.5+ 5 +54

25
π M=54 -38,6=15,4 π T= 15,4.5 = 77 ( π T= π M × x)

Méthode synthétique : π T=RT-CT=f(x)

π T=-9x2 +99x-x3+12x2-54x - 98

π T=-x3+3x2+45x-98

π T'= π M=3x2+6x+45=0

-x2+2x+15=0 ∆=64 √ ∆= 8 et x = 5
π T"= π m'=-2x+2=-2 5 + 2 = - 8 : Maximum

π T= -53 + 3 × 52 +45 × 5 -98 = 77

Représentation graphique :
26
πT

77

5 x

x P=P RT Rm CT CM Cm πT πM πm

M
1 90 90 81 144 141 33 -51 -51 48
2 81 162 63 166 83 18 -2 -4 75
3 72 216 45 178,9 99,66 9 12,4 37,2 36
4 63 252 27 186 36,5 6 16,5 66 21
5 54 270 9 143 38,6 9 15,4 77 0
6 45 270 -9 205,8 34,3 18 10,7 64,2 -27
7 36 252 -27 231 33 33 3 21 -60
8 27 216 -45 274 34,25 59 -7,15 -58 -99
9 18 162 -63 340,2 37,88 81 -19,8 187,2 -144
10 9 +90 -84 438 43,8 114 -34,8 -348 -195
RECETTES COUTS PROFITS

En
longue
période

27
le monopole garde voire augmente son profit grâce aux économies d’échelle.
Cela constitue une barrière à l’entrée ce qui permet à l’entreprise de garder le
monopole du marché.

B- Monopole discriminant: Politiques de tarification

- Discrimination parfaite ou du premier degré: Vente par unité ou par client

- Discrimination du 2ème degré: Vente par lot ou par bloc

- Discrimination du 3ème degré: Vente par clientèle homogène: Segmentation du


marché

On se limite à la discrimination du 3ème degré

La demande au monopole se compose de plusieurs segments plus ou


moins élastiques clientèle riche, clientèle moyenne, clientèle pauvre.

Le modèle discriminatoire est basé sur les données suivantes.

Le monopole produit un seul bien, dans une seule usine mais il le vend à
des prix différents sur plusieurs marchés.

 Pondement de la discrimination = ‫أسس التمييز‬

La politique discriminatoire par le prix est basée sur le différentiel


d’élasticité :

à la clientèle riche on applique un prix élevée, à la clientèle pauvre un prix


bas

PR>Pp  |eR| < |ep|  différence d’élasticité

 Répartition de la production entre les marchés : la répartition de la


production entre les marchés doit être optimale. L’offre optimale correspond à
l’égalité : Rm=Cm. Ce fait la répartition est optimale lorsque les recettes
marginales sont égales.
28
Marché 1 : Rm1 = Cm

Marché 2 : x2 : Rm2 = Cm  Rm1 = Rm2 = Cm3

Marché 3 : x3 : Rm3 = Cm

Rm1 > Rm2 L’unité vendue sur le marché 1 rapporte plus l’unité vendue
sur le marché 2 : Transfert jusqu’à ce que Rm1 = Rm2

 Variation du profit = variation de la recette totale

∆ π T = π Tad – π Tsd > 0

Cette différence s’explique par la différence des RT.

∆RT= RTaD – RTsD > 0 ; ∆ π T = ∆ RT

 Différence des prix : Elle s’explique par la différence des élasticités,


sinon, la discrimination n’aura pas de sens (|eR| = |ep| : pas de discrimination).

Application

Soit un monopole dont le CT s’exprime par CT= x3 – 6x2 + 15x + 32. Ce


monopole commercialise son produit sur deux marchés, plus ou moins
élastiques dont les demandes sont : P= -10x+95 P= -30x + 135

1- Calculez le profit du monopole sans discrimination.

2- Calculez le profit du monopole avec discrimination.

3- Expliquez la différence des prix pratiqués.

4- Expliquez la variation du profit.

5- Représentez graphiquement le monopole discriminant.

Réponse :

1- Profit du monopole sans discrimination


29
Offre optimale : Rm = Cm

Cm= 3x2 – 12x + 15 mais Rm? La recette marginale d’ensemble se


determine à partir de la recette moyenne d’ensemble.

 P= -10x + 95

P
P= -10x + 95  x1 = - 10 + 9,5

P
P = -30x + 135  x2 = - 30 + 4,5

P
x = x1 + x2 = - 7,5 +14  P= -7,5x + 105

P= RM = -7,5x + 105  Rm = -15x + 105

Rm= Cm

-15x + 105 = 3x2 – 12x + 15

3x2 + 3x – 90 =0 ou x2 + x – 30 = 0

∆= 1-4 × (-30) = 121 √ ∆ = 11

−1+ 11
x= 2
=5 Production d’ensemble : x = 5

P= RM = -7,5 × 5 + 105 = 67,5

π Tsd= RT – CT = (67,5).5 – 53 + 6.52 – 15.5 – 32 = 337,5 – 82 = 255,5

2- Profit avec discrimination :

2.1- Les offres optimales

 Marché 1 : Rm1 = Cm(5) = 3.52 – 12.5 + 15 = 30

-20x1 + 95 = 30  x1 = 3,25

30
 Marché 2 : Rm2 = Cm = 30

-60x2 + 135 = 30  x2 = 1,75

2.2- Les prix de vente

 Marché 1 : P = -10.3,25 + 95 

 Marché 2 : P = -30.1,75 + 135 

2.3- Profit total avec discrimination : π Tad = RT – CT


RT = RT1 + RT2 = 3,25.62,5 + 1,75.82,5 = 447,5
CT = 82
π Tad= 447,5 – 82 = 265,5

3- Différence des prix :


Elle s’explique par la différence des élasticités.

1 P1 1 62,5
e1 = P ' . q = −10 . 3,25 =−1,9230
1

1 P2 1 82,5
e2 = P ' . q = −30 . 1,75 =−1,5714
2

P2 = 82,5 > P1= 62,5

|e2| < |e1|

4- Variation du profit/variation de la recette :

∆ π T= π Tsd = 265,5 – 255,5 = 10

∆RT = RTad – RTsd = 447,5 – 337,5 = 10

5- Représentation graphique du monopole discriminant :

31
C- Monopole à plusieurs usines :

Le monopole produit un seul bien dans plusieurs usines, il le


commercialise sur un seul marché à un seul prix : tel est le modèle du monopole
à plusieurs établissement (usines). Les principes directeurs de ce modèle, sont
les suivants.
 Fondement de la décentralisation
Cette décentralisation est basée sur le différentiel de productivité. En
effet, l’allocation des ressources est basée sur la minimisation des dépenses :
chaque usine est utilisée jusqu’à ce que les rendements deviennent décroissants,
chaque unité est produite dans l’usine où elle coûte le moins cher.
 Règle de la répartition de la production entre les usines
Cette répartition doit être optimale ce qui implique l’égalité des coûts
marginaux.
Usine 1 : offre optimale : Rm = Cm1
Usine 2 : offre optimale : Rm = Cm2
Cm1 = Cm2 = Cm3
Usine 3 : offre optimale : Rm = Cm3
Il y a une seule Rm

32
La différence des productions des différentes usines s’explique par la
différence de leurs productivités, lesquelles s’expriment par leurs coûts
marginaux.
x1 > x2, car Cm1 < Cm2
 Variation du profit
Elle est égale à la différence du profit avec décentralisation et du profit
sans décentralisation. Cette différence s’explique uniquement par la différence
de coût de production.
∆ π T = π Tad – π Tsd
Avec discrimination sans crimination
∆CT = CTsd – CTad ∆ π T = ∆CT

Sans décentralisation avec décentralisation

Remarque :

La décentralisation de la production se justifie pour les raison suivantes :

- Apparition des rendements d’échelle décroissants.

- L’existence des phénomènes de pointe.

- Existence des coûts de transport exorbitants (très élevée) : les pointes de


vente très dispersés et marchandises trop lourdes.

- Application : Variables continues

Un monopole produit un bien dans 2 usines dont les coûts totaux sont :

CVNP CVP CF
CT1 = 2x2 + 40x + 200 CF élément de différence entre les 2 usines

CT2 = 3x2 + 120x+ 400 Cm1 < Cm2

La demande du monopole s’exprime par :


33
P= -15x + 2016

1- Calculez la production globale du monopose ainsi que son prix de


vente (PV).

Production et PV de monopole

Offre optimale : Rm = Cm on n’additionne pas les prix

Rm = -30x + 2016 on additionne les quantités pour déterminer


le coût marginal d’ensemble : Cm

Cm1 = 4x + 40

4x = Cm – 40
Cm
−¿10 = x 1
4

Cm
x 2= −¿20
6

Cm−40
X= 4
=¿

Cm
Cm2 = 6x + 120 x1 + x2 = – 10 + 6 −20

10Cm
= -30 + 24
Cm=2,4 x+ 72
5Cm
= -30 + 12

5Cm
12
= x + 30
Cm=2,4 x+ ¿ 72

Rm = Cm
-30 + 2016 = 2,4x + 72

34
32,4x = 1944
x=60

P = -15x + 2016
P=1116
P = -15 × 60 + 2016 = 1116

2- Calculez la production de chaque usine

Usine 1 :

Rm = Cm1

Rm = -30x + 2016

Rm = -30 . 60 + 2016 = 216

Cm1 = 4x + 40 = RM = 216 x1 = 44

Usine 2 :

Cm2 = 6x + 120 = Rm = 216 x2 = 16

On constate que x = x1 + x2 = 44 + 16 = 60

Optimalité de la répartition de la production.

Cm1 = 4x + 40 = 4 × 44 . 40 = 216

Cm2 = 6x + 120 = 6 .16 + 120 = 216

Rm = -30x + 2016 = -30.60 + 2016 = 216

 Expliquez la différence des productions : elle s’explique par la


différence des productivités.

Cm1 = 4x + 60 = 4 × 60 + 40 = 280

Cm2 = 6x + 120 = 6 × 60 + 120 = 480


35
x1 = 44 > x2 = 16 car Cm1 = 280 < Cm2 = 480

 Calculez le π avec décentralisation : π Tad

π Tad = RT – CTad = 66960 - CTad

60.1116

CT = CT1 + CT2

CT1 = 2 × (44)2 + 40 × 44 + 200 = 5832

CT2 = 3 × (16)2 + 120 × 16 + 400 = 3088

CT = 5832 + 3088 = 8920

π Tad = 66960 – 8920 = 58040

 Calculez le π du monopole sans décentralisation en supposant d’abord


que toute la production soit réalisée dans la première usine puis dans la
deuxième usine.

π sans décentralisation

1er cas : centralisation de production dans l’usine 1.

π T = RT – CT1

RT = p.q = 1116 × 60 = 66960

CT = CT1 = 2x2 + 40x + 200

CT = 2 × (60)2 + 40 × 60 + 200 =

CT1 = 9800 = CT

π Tsd= 66960 – 9800 = 57160

36
∆ π T = 58040 – 57160 = 880. Le profit a de 880 et cela s’explique par
la variation des coûts totaux.

∆CT= CTsd - CTad = 9800 – 8920 = 880

∆ π T = ∆CT = 880

2ème cas : Centralisation de la production dans la 2ème usine.

CT= CT2 = 3x2 + 120x + 400

CT2 = 3 × 602 + 120 × 60 + 400 = 18400

π Tsd = 66960 – 18400 = 48560

∆ π T=58040 – 48560 = 9480

∆ CT = CTsd – CTad = 18400 – 8920 = 9480 ∆ π T = ∆CT = 9480

37
Application : variables discrètes ou discontinues

Un monopole produit un bien des 2 usines. Le CT de chaque usine et la


demande au monopole varient en fonction de la quantité produite selon le
tableau suivant :

x RM = P CT1 CT2
1 600 292 304

2 550 592 618

3 510 900 942

4 480 1216 1276

5 455 1540 1620

6 435 1872 1974

38
7 420 2212 2348

8 408 2560 2712

9 398 2916 3016

10 389 3280 3490


1- Calculez le CT et la production d’ensemble du monopole.

2- Calculez la production de chaque usine après avoir expliqué la règle de


sa répartition.

3- Calculez le profit du monopole avec décentralisation.

4- Calculez le profit du monopole sans décentralisation dans l’hypothèse


où toute la production est centralisée dans l’usine 1 ensuite dans l’usine 2.

Solution :

Le coût total et le coût marginal d’ensemble : CT et Cm

X P RT Rm CT1 Cm1 CT2 Cm2 CT Cm


1 600 600 600 292 292 304 304 292 292
2 550 1100 500 592 300 618 314 592 300
3 510 1530 430 900 308 942 324 896 304
4 480 1920 390 1216 316 1276 334 1204 308
5 455 2275 355 1540 324 1620 344 1518 314
6 435 2610 355 1872 332 1974 354 1834 316
7 420 2940 330 2212 340 2338 364 2158 324
8 408 3264 324 2560 348 2712 374 2482 324
9 398 3582 318 2916 356 3096 384 2814 332
10 389 3890 308 3280 364 3490 394 3148 334
39
1- Offre optimale et prix de vente 
Cm = Rm = 324  et P = 408

2- Répartition de la production entre les 2 usines :


Cm1 = Rm et Cm2 = Rm  Cm1 = Cm2
 x1 = 5 et x2 = 3
x1 + x2 = x
5+3=8
3- Profit global : π
 π = RT – CT = 408.8 – CT = 3264 – 2482  π = 782

- Structure du profil global : π = π 1+ π 2


π 1 = RT1 – CT1 = (5.408) – 1540 = 2040 – 1540  π 1 = 500
π 2 = RT2 – CT2 = (3.408) – 942 = 1224 – 942 
π 2 = 282
π= π1 + π2

π = 500 + 282 = 782

4- Profit sans décentralisation :


 Centralisation de la production dans l’usine 1

π Tsd = RT – CT1(8) = 408.8 – 2560 = 3264 – 2560 = 704

∆ π T = π Tsd = 782 – 704 = 78


∆CT = CTsd – Ctad = 2560 – 2482 = 78
Le profit diminue de 78 car le coût de production augmente de 78 si on
produit tout dans l’usine 1.
 Centralisation de la production dans l’usine 2

π Tsd = RT – CT2(8) = 3264 – 2712 = 552

∆ π T = π Tad – π Tsd = 782 – 552 = 230

40
∆CT = CTad = 2712 – 2482 = 230
Le profit diminue de 230 puisque le coût de production augmente de 230
si toute la production est centralisée dans l’usine 2.
La centralisation dans l’usine 2 se traduit par un surcroît de 230 supérieur
au surcroît de l’usine 1 qui est de 78.

Conclusion : La décentralisation l’emporte sur la centralisation dans


l’usine 1 et dans l’usine 2.

5 3 8

Paragraphe 2 : Gestion alternative du monopole: Régulation du


monopole par l'Etat

Il arrive que le monopole se donne un objectif autre que la maximisation


du profit à savoir la tarification du coût marginal, la maximisation du chiffre
d’affaires, la gestion à l’équilibre.

 Tarification au Cm: Optimum du 1er rang

L’offre x correspond à : P = Cm c’est le vente au coût marginal

 Maximisation  de chiffre d’affaires

b
L’offre x correspond à : Rm = 0  x = 2 a

41
b
Rm = P = -aq + b Rm = -2aq + b = 0 x = 2a

 Gestion à l’équilibre : Optimum du 2ème rang

Offre x correspond à x : P = CM

Chapitre 3 : la concurrence imparfaite


42
Section1 : Le marché de concurrence monopolistique

Paragraphe 1 : Caractéristiques : Absence de l’homogénéité/

différenciation du produit.

La CM : (concurrence monopolistique) vérifie toutes les caractéristiques


de la CPP sauf une, à savoir l’homogénéité des produits. En effet, la CM se
distingue par la différentiation des produits. Cette dernière peut être réelle ou
artificielle.

Grâce à cette différentiation, réelle ou artificielle, le vendeur exerce à


l’égard d’une partie de sa clientèle un véritable monopole, car il finit par
fidéliser une partie de sa clientèle. Mais il s’agit d’un monopole partiel (le
vendeur ne fidélise qu’une partie de sa clientèle) et provisoire à cause de la
réaction des concurrents (monopole : même s’il y a plusieurs vendeurs, les
clients font confiance à un seul vendeur). Cela implique le déplacement de la
demande à l’entreprise. Au déplacement vers la droite qui est provoqué,
correspond un déplacement vers la gauche qui est subit. En vertu de ce
déplacement, la demande est instable ou voyageuse. La demande à l’entreprise
en CM se trouve à cheval entre CPP et le monopole.

P CPP P CM P Monopole

x x x

Puisque la demande se déplace soit à droite soit à gauche à cause de la


concurrence sa pente change.

 Déplacement vers la droite : la demande augmente

43
D : la nouvelle pente (a1) est égale à l’ancienne (a) divisé par 1 +
coefficient d’augmentation de la demande : a
a1 = 1+ %
Déplacement vers la gauche, la demande diminue

La nouvelle pente (a2) est égale à l’ancienne (a) divisée par un – coefficient de
réduction de la demande : a
a2 = 1−%

Demande voyageuse

b

La promotion des ventes se traduit par des dépenses ou des


coûts de commercialisation (selling cost), d’où la modification du CT qui se
décompose en CT de production et CT de commercialisation :

CT = CTP + CTc

Les coûts de commercialisation sont considérés comme des coûts fixes.

CT = x3 + 4x2 + 3x + 20 + CC  coût de commercialisation

CF

Paragraphe 2 : Equilibre de l’entreprise

A- Equilibre à court terme : logique de la commercialisation (Selling


Cost)

L’équilibre de la firme ressemble à celui du monopole et se traduit par


l’existence du profit, selon la règle générale : Rm = Cm

Mais à l’inverse du monopole, la CM se distingue par deux points :

44
Le déplacement de la demande et les coûts de commercialisation

Application :

Le coût total d’une entreprise qui opère en CM, s’exprime par


CT= x3 – 6x2 + 25x + 32.

Sa recette totale s’exprime par RT= -18x2 + 220x. Après une campagne de
publicité qui à couté 28 (coût de vente = selling cost), sa demande a augmenté
de 50%

1) -Calculez le profit de l’entreprise avant et après la campagne de


publicité ?
2) - Cette campagne de publicité fut-elle efficace?

Solution :

1 . Profit avant la campagne de publicité

1.1 - Offre optimale : Rm = Cm

Cm = 3x2 -12x +25 et Rm= -36x+220

x2 + 8x – 65 = 0 ∆ = 82 – 4 – 65 = 324

√ ∆=18 x1 =
−8+18
=5 x= 5
2

1.2 - Prix de vente

P= RM = -18x + 220 = -18 . 5 + 220 = 130

1.3- Profit avant la campagne du publicité π av,

RT= 130 × 5 = 650

CT= 53 – 6 . 52 + 25 . 5 + 32 = 132

πT =518 = RT – CT = 650-132= 518 πT av = 518

45
2 - Profit totale aprèsla campagne de pub licité : πTap

Il s’agit de déterminer la nouvelle équation de la demande voyageuse,


parce que, après la compagne de publicité, la demande initiale a augmenté de
a
50%. La nouvelle pente est égale à : a1 = 1+ %

2-1- Offre optimale : Rm = Cm RT = -18x2 + 200x

CT = x3 – 6x2 + 25x + 32

Déplacement de la demande :

a −18
a1 = 1+ % = 1+ 0,5 =−12

RM = P = -12x + 220

Ou bien, par un raisonnement logique, on peut déterminer la nouvelle


équation de la demande

P 220
 Demande initiale : x1 RM = P = -18x + 220  x1= - 18 + 18

 Nouvelle demande : x2

1
x2 = x1 + ∆x = x1 + 50%  x1 = x1 + 2 x1

1 −P 220
+
∆x = 2 = 36 36

−P 220 P 220
x2 = - 18 + 18 - 36 + 36 = f
(p)
3P P 220
x2 = - 36 =
−660 x2 = - 12 + 12
36

P = -12x + 220 = RM Rm = -24x + 220

46
Rm = Cm

-24x + 220 = 3x2 – 12x + 25  x = 6,25

P= RM = -12x + 220 = -12 × 6,25 + 220  P=145

1 P 1 145
e= . = . −1,9333 ≈−2. C’est une demande peu élastique. La
−P q −12 6,25
'

pouvoir du monopole (partiel et provisoire) est donc assez fort :

1 1 P−CM 130−40
=0,7
L= |e| = 1,4 ou L= P = 130 = 0,7

Profit après la campagne de publicité.

Profit total= RT −CT

RT = 145 × 6,25 = 906,25

RT = -12 (6,25)2 + 22 × 6,25 = 906,25

CT = x3 – 6x2 + 25 + 32 + 28 = 226,01

T Après = 680,24

3- Bilan de la campagne de publicité.

L’appréciation de la campagne de publicité se fait à travers la


comparaison de la variation du profit avec les selling cost.

∆ π T = πTap−πTav=680,24 518 = 162,24


campagne efficace
∆ πT =162,24> coûts de vente=28

47
48
49
B- Capacité inutilisée et disparition du profit: (Cas de la CPP)
Equilibre à long terme : logique de la production
L’entreprise en concurrence monopolistique (CM) tend à devenir
marginale en longue période à cause de la concurrence : CM = marché
contestable. La firme perd son monopole partiel et son profit. Son équilibre se
définit alors par : Rm = Cm et CM = P  π = 0
En LP : π = 0, la droite de demande se déplace vers la gauche à cause de
la concurrence et devient tangente au coût moyen. Pour simplifier, on suppose
que la demande voyageuse se déplace vers la gauche parallèlement à elle-même,
donc à perte constante (a) mais à ordonnée à l’origine (b) variable.
LP : π=0  RM = CM = P P – Cm > 0 , car RM > Rm

La concurrence monopolistique (CM) se distingue de la CPP par les


points suivants :
1- A l’équilibre minimal de la CPP s’oppose l’équilibre tangentiel de la
CM. En effet l’équilibre de l’entreprise en CM se réalise au point tangence de la
demande voyageuse et du coût moyen.
Au point de tangence les dérivés du CM et de la RM Sont égales :
CM' = P' = RM'

50
2- Le surplus du consommateur en CM se trouve minimisé car le prix de
vente Pv eu CM > Pv en CCP

3- Les ressources rares sont mal utilisées en CM alors qu’elles sont


utilisées d’une face rationnelle en CPP. CMCM > CMCPP

4- L’entreprise en CM est malthusienne. Pour minimiser ses pertes,


l’entreprise réduite sa production, d’où capacité sous utilisée :

xCM < xCPP

Le pourcentage de la capacité non utilisée est égale à :

x cpp−x cM
CNU = c cpp

Application :

La situation une l’entreprise en CM en LP se caractérise par les données


suivantes :
CT = 0,25x3 – 2,25x2 + 9x
Déterminez l’équilibre de cette entreprise en LP.
P= -x + 0,25Ps + 14 on suppose Ps = 8

P= -x + 16 = la demande à l’entreprise
Résultat des CP : L’offre optimale : Rm = Cm

3 2
Cm = 4 x −4,5 x +9

Rm = 2x + 16

x = 5,15 En LP,
P= 10,85
π T= 35,05

51
la droite de demande se déplace parallèlement à elle-
même par conséquent soi pente reste la même mais
son ordonnée à l’origine diminue (b1)
Quelle est donc la nouvelle équation de la demande en longue
période ?
LP se définit par π=0  P = CM CM' = RM'
et

CM' = RM'

1 9 x = 2,5
 Offre optimale : CM' = 2 x - 4 = -1 = RM '

L’entreprise est malthusienne :sa production passe de 5,15 à 2,5

 Prix de vente :

π=0  P= RM = CM

(2,5)2 9
CM2,5 = − × 2,5 + 9 = 4,9375 = 5 < 10,85 : prix de courte période
4 4

L’équation de la demande en longue période.

52
On suppose que la demande voyageuse se déplace parallèlement à elle-
même ; d’où la constance de la pente « a », á : P = -x + b (a = -1) b ?

On cherche sur b

5 = -x + b  b = 7,5
b = +2,5 + 5 = 7,5 x = 2,5

P= - x+ 7,5

 Calculez le pourcentage de la capacité non utilisée (le marché


monopolistique se caractérise par le gaspillage puisqu’il est un marché
imparfait. Le graphique se mesure par référence à la CPP.
A long terme, si l’entreprise devient marginale en CM au point de
tangence de la recette moyenne (P) et du coût moyen, en CPP, l’entreprise
devient marginale au minimum du coût moyen.
X2 9
CM = − x+ 9
4 4
x 9 1
CMmin  CM' = 2 − 4 = 0  x = 4,5 CM" = 2 > 0 Minimum

P = CM  puisque le π=0
(4,5)2 9
P= CM = − × 4,5+9
4 4
P = 3,93 ≅ 4 < au P en CM
45−2,5
CNU = =0,44=44 % : gaspillage des ressources rares
4,5
La capacité productive reste inutilisée à 44% (voire graphe ci après).

53
Section 2 : Le marché de l’oligopole

C’est un marché qui se définit par l’existence de quelques vendeurs face à


plusieurs acheteurs .Chaque vendeur peut influencer le prix c’est donc un
faiseur de prix. La demande est donc penchée ou inclinée

Ce régime se caractérise par plusieurs variantes. On distingue deux types


principaux de l’oligopole.

• Oligopole pur : produits homogènes

• Oligopole différencie : produits différents (automobiles)

Chaque catégorie fait l’objet de 3 organisations. En effet on distingue :

• L’oligopole avec concurrence ou oligopole en guerre.


• L’oligopole avec domination accepté (le marché de téléphone au
Maroc).
• L’oligopole organisé en cartel ou avec entente « firme leader ou
barométrique »

54
Marché où le nombre des producteurs est suffisamment limité pour que
les décisions de l’un d’entre eux aient une influence sur les décisions des autres.

Paragraphe 1 : Caractéristiques :

1- Une concurrence personnalisée :

• Interdépendance directe entre ces producteurs : différence fondamentale


par rapport aux marchés de la CPP et de la CM.

• Si le bien est homogène, la politique des prix peut conduire à la


disparition de quelques concurrents → fin processus → monopole.

• Si le bien est différencié (oligopole différencié), les écarts de prix ne se


traduisent pas nécessairement par un transfert de la clientèle vers le produit le
moins cher.

• Dans un oligopole : chaque producteur identifie ses concurrents et


adopte une « stratégie » compte tenu de leurs éventuelles décisions. D’où un
double interdépendance.

• Une interdépendance « conjecturale » : ne connaissant pas les


réactions qu’elle peut susciter chez ses concurrents, l’entreprise doit les anticiper
avant d’agir.

• Une interdépendance « conjoncturelle », l’entreprise doit aussi


réagir aux actions engagées par un ou plus de ses rivaux.

L’entreprise confrontée aux décisions de ses rivales qui sont peu


nombreuses et connues : la concurrence est personnalisée.

2- Barrières à l’entrée : Obstacles pour les « entrants possibles » de


différente nature.

- Réglementation :

55
• Conditions d’adjudication des marchés publics (priorité à certaines
entreprises).

• Barrières douanières non tarifaires pour protéger le marché intérieur et le


réserver à quelques entreprises.

- Economies d’échelle : taille minimale pour pénétrer sur un marché et


obtenir des coûts unitaires comparables à ceux des entreprises déjà installées.

- Existence d’un savoir-faire des entreprises déjà présentes.

- Existence d’une intégration verticale mise en place par les entreprises en


place leur permettant de bénéficier de tarifs préférentiels auprès des
fournisseurs.

- Existence d’un réseau de distribution efficace (SAV…).

Ces barrières à l’entrée empêchent l’atomicité de l’offre.

3- Incertitude du niveau du profit :

Le profit dépend des réactions des autres, loin du monopole qui choisit la
quantité et le prix lui permettant de Maximiser son profit.

Avec l’oligopole : chaque producteur peut fixer la quantité qu’il offrira


mais le prix de vente, et donc le π , dépendra de la réaction des entreprises
rivales.

De cette interdépendance des acteurs, résultent des politiques stratégiques


diverses reposant :

- Soit sur l’antagonisme entre oligopoleurs.

- Soit sur l’entente entre oligopoleurs.

56
Selon les attitudes adoptées : on a diverses situations possibles que
l’analyse économique s’efforce de prendre en compte.

Pour simplifier, on se limite aux les cas les plus typiques mais en
réduisant les comportements oligopolistiques au duopole, situation dans laquelle
deux vendeurs offrent un bien homogène à un grand nombre d’acheteurs.

Les différentes stratégies possibles peuvent être classées selon le degré de


coopération entre les entreprises.

Paragraphe 2 : Les solutions dites « non coopératives »

• Dans ce cas, les décisions peuvent être prises séparément (hypothèse de


Cournot).
• Ou selon des « arrangements tacites », partant du principe que l’une des
entreprises est dominante sur le marché (hypothèse de Stackelberg). Ces
équilibres du marché sont réalisés en prenant comme variables de décision les
volumes de production : quantité.

• On peut également envisager la recherche de l’équilibre par des


décisions portant sur les prix (hypothèse de Bertrand).

1- Les décisions séparées : équilibre dit de Cournot

Au 19e siècle, le Français Cournot analyse une situation d’oligopole


(duopole, ici) selon laquelle chacune des deux entreprises refuse de dominer
l’autre et adopte donc une attitude de satellite considérant la position de l’autre
comme une donnée (« duopole symétrique ou de double satellitisme »).

L’hypothèse posée est forte : bien que le marché soit à partager à deux,
chaque entreprise va estimer que la production de l’entreprise virale est une
donnée et que les décisions du concurrent ne seront pas affectées par sa décision.

57
Soit qA et qB les productions respectives des entreprises A et B.
P= f(q) = f(qA + qB) : fonction de demande totale des consommateurs.
CT(A)= g (qA) : coût total de l’entreprise A.
CT(B)= h(qB) : coût total de l’entreprise B.
Les fonctions de profit s’écrivent :
π A= RTA – CTA

= p.qA – CTA
π A= qA.f(qA+qB) – CTA

π B= qB.f(qA+qB) – CTB

Chaque entreprise décide de réaliser le plus haut niveau de production,


tout en considérant la production de sa rivale comme une donnée : a.d :

L’entreprise A maximise son profit en supposant q B fixe. Elle va chercher

σπ A
le niveau de production optimale q*A tel que σq =0 , avec qB = constante.
A

σπ B
Idem pour l’entreprise B : q*B tel que σq =0, avec qA fixe.
B

σπ A σπ B
Ainsi : σq =0 et σq =0
A B

Ces équations définissent les « fonctions de réaction » de chaque


entreprise et la production souhaitée apparaît comme une fonction de la
production de l’entreprise rivale : qA= g(qB) pour l’entreprise A

qB = h(qA) pour l’entreprise B.

L’allure de ces fonctions de réaction est aisément définie.

g′(qB) et h′(qA) < 0. En effet : le niveau de production de l’entreprise A,


par exemple, sera d’autant plus élevé que celui de l’entreprise B sera faible (et
inversement).

58
Les fonctions de réaction correspondent au lieu géométrique des niveaux
des productions optimaux (maximisant le profit) pour chaque entreprise.

qA qB

qA = g (qB) qB = h (qA)

o qB o qA
F et de Réaction de l’EpA F et de Réaction de l’EpB

En rapprochant les deux fonctions de réaction sur un même graphique, on


détermine l’équilibre du marché : intersection des deux courbes (point E).

qB

F et de Réaction de l’EpA

qB F et de Réaction de l’EpB

o qA qA

L’équilibre obtenu est non coopératif : l’entreprise A contrôle q*B et décide de


qA
produire q A, l’entreprise B constate q*A et décide de produire q*B.
*

Cet équilibre est obtenu lorsque A et B ne désirent plus modifier leur


F et de Réaction de A
niveau de production
M0 optimal. EnM1 effet, cet équilibre stable de Cournot n’est
réalisé qu’après ajustements successifs
M3 et le point E d’équilibre n’est que
l’aboutissement d’un M processus
2 dynamique exprimant les modifications
F et de Réaction de B
59

o qA
successives du niveau de production de chaque entreprise. On examine ce
processus :

Dans ce processus, chaque entreprise modifie alternativement son niveau


de production (par exemple : Entreprise B) en prenant en compte la décision
précédente (en t-1) de l’entreprise rivale.

Partons d’une situation initiale (point M0) où l’entreprise B est seule sur le
marché. Cela conduit à l’arrivée de A. son niveau de production optimal
correspond au point M1 situé sur sa courbe de réaction.

A cette offre de l’entreprise A, l’entreprise B va réagir et offrir une


quantité correspondant à l’ordonnée de M2. Cette réaction va conduire à un
ajustement de la production de A en M3 et ainsi de suite…

Le processus d’ajustement se poursuit et se stabilise en E : les deux


entreprise maximisent leurs profils. En ce point, elles ne désirent plus modifier
leur niveau de production : le point E appartient simultanément aux deux
fonctions de réaction.

Le comportement des deux entreprises est quelque peu simpliste, dans la


mesure où, à chaque étape, le producteur fait comme si le volume de production
du rival restait constant, alors qu’il modifie sa décision de production par

60
réaction à la variation de production de son concurrent. Autrement dit, il
constate les réactions mais il est incapable de les prévoir ou plutôt il suppose que
le rival continuera à offrir sur le marché une quantité égale à celle qu’il écoule
actuellement. Une telle prévision n’est jamais réalisée car le rival essaye de
s’adapter aux nouvelles conditions du marché.

• Si le modèle à l’avantage d’introduire l’hypothèse d’interdépendance des


producteurs (décisions de production optimales étant affectées par celles du
concurrent), considérer les entreprises dans une position parfaitement
symétrique est une donnée contestable.

Donc introduire des situations asymétriques (domination ou position


privilégiée), semble plus réaliste.

2- Les solutions non coopératives mais avec « arrangements » tacites :


équilibre de Stacklberg 

De nouveau, chaque entreprise décide de la quantité à produire, mais,


hypothèse nouvelle, l’un des duopoleurs connaît la fonction réaction de son
rival. Il l’intégrera alors dans son calcul de maximisation où la seule variable
reste sa propre production.

Si l’une des deux entreprises est dominante : ayant compris le processus


d’adaptation et cherchera à en tirer partie. Si elle connaît les réactions du
concurrent, elle pourra les prévoir et en tirera la situation qui lui est la plus
favorable. L’autre entreprise (entreprise « satellite ») continue à s’adapter et se
réfère à sa seule fonction de réaction.

En résumé, l’un des deux producteurs suit une stratégie de domination


tandis que l’autre s’adapte. Cette situation a été analysée par l’économiste
allemand Starcklbetg.

61
L’entreprise dominante est capable d’anticiper les réactions de sa rivale.
Elle va maximiser son profit en intégrant les anticipations qu’elle peut faire sur
les fonctions de réaction du concurrent.

Ainsi, dans l’exemple précédent, si l’entreprise A est dominante, on peut


écrire :

π A =RT A −CT A =q A . f ( q )−CT A=q A . f ( q A +q B ) −CT A

π A =q A . f [ q A + h(q A ) ]−CT A =f (q A ), avec qB = h(qA)

h(qA) : Fonction de réaction pour l’entreprise B (entreprise satellite).

La Politique de A : fixer son offre de telle manière que, compte tenu des
réactions de B, l’offre globale et le prix s’établissent à un niveau maximisant son
profit π .

La fonction de π de A devient fonction de la seule variable q A, de son


propre niveau de production. Elle maximise cette fonction par rapport à cette

σπ A
seule variable, soit σq =0 .
A

B : elle s’adapte. Son niveau de production optimal (pour lequel π B maxi)
¿
sera fourni par sa fonction de réaction q B =h ¿). En fait, elle estime que son propre
production n’affectera pas la décision de A maximisant sa fonction de π en
considérant qA comme une constante (une donnée). On retrouve l’hypothèse de
Cournot pour cette entreprise satellite, on a :
π B =q B . f ( q ) −CT B =q B . f ( q¿A +q B ) −CT B

π max si σπ /σ q B =0

L’équilibre de Stackelberg ne sera stable que si B s’en contente. Dans


l’hypothèse inverse, cette entreprise (B) voudra, elle-même, se comporter en
entreprise dominante : c’est l’hypothèse de Bowley.

62
Graphique : EpA dominante

qB
F et de Réaction de A
M0 p point de Bouley
m

point de Cournot

E
n’ N
F et de Réaction de A

o m’ n qA

Supposons que A choisisse le niveau de production –on- parce qu’en


tenant compte de la réaction de B, elle réalise le π le plus élevé possible. B
satellite s’adapte à cette décision en produisant -on′- Il n’ya pas de processus
d’ajustement puisque A, ayant choisi un volume de production, B s’y adapte. La
position N (qA= on et qB= on′) est une position d’équilibre durable.

En comparant les équilibres de Cournot et de Stackelberg, on remarque


l’avantage tiré par A de sa position dominante. A a augmenté sa production par
rapport au point de Cournot et B a réduit la sienne.

Critique d’équilibre de Stackelberg

Il repose sur un a priori : celui de l’identité de la firme dominante.

Dans la réalité, si sur quelques marchés il ne peut y avoir d’équivoque


quant à la domination d’une entreprise, il est aussi fréquent de rencontrer des cas
où elle n’est pas réellement établie, les autres entreprises ne voulant pas se
contenter d’une position de satellite :

63
Hypothèse de double maîtrise de Bowley : une solution non
coopérative sans arrangements tacites

Supposons que les deux duopoleurs soient candidats à la maîtrise : chaque


entreprise adoptera un comportement de domination.

Par exemple, sur la figure précédente, A choisit-on- et B choisit –om-.

Ces deux productions définissent le point de Bowley (point φ ) qui est hors
des courbes de réaction. φ n’est pas un point d’équilibre du marché car A
souhaite que B réduise sa production à -on′- (on′ < on) et B souhaite que A
réduise sa production à -om′- (om′ < on). Au point φ les deux entreprises ont
choisi des niveaux de production trop importants et le prix du produit va baisser.
L’ajustement par les quantités va faire place à un ajustement par les prix.

De cette guerre des prix peut résulter soit la faillite et donc la prise de
contrôle par l’entreprise victorieuse d’une des deux entreprises, soit la
négociation (l’entente) et donc la recherche d’un compromis, d’une solution
coopérative.

3- L’équilibre par les prix : l’hypothèse de Bertrand

Dans la « concurrence » de Cournot, les entreprise choisissent les


quantités et laissent le marché déterminer le prix.

Dans le modèle de Bertrand (mathématicien français du 19e siècle),


chaque entreprise considère la décision du rival comme une donnée (comme
dans l’équilibre de Cournot) mais la décision porte sur le prix et non sur les
quantités. Les entreprise fixent les prix et laissent le marché déterminer la
quantité vendue. Lorsqu’une entreprise choisit son prix, elle doit anticiper le
prix fixé par l’entreprise rivale.

Bertrand démontre que le seul prix d’équilibre est celui correspondant à


l’équilibre concurrentiel. En effet, si une entreprise propose aux consommateurs
64
un prix supérieur au coût marginal (cm), l’autre entreprise peut toujours réaliser
un profit en proposant un prix bas, attirant ainsi la clientèle du concurrent.
Lorsque les entreprises participent à des « enchères concurrentielles » sans
former de coalition pour fixer leurs outputs conjointement, on peut observer des
prix moins élevés que ceux qui auraient pu être obtenus par d’autres moyens (la
collusion).

Le seul prix qui ne puisse faire l’objet d’une offre alternative par des deux
entreprises, est celui correspondant au Cm.

Par conséquent, sur un marché concurrentiel, si la demande est


excédentaire, chaque entreprise a intérêt à augmenter son prix si elle suppose
que ses rivales vont maintenir leur propre prix à un identique , (et inversement si
l’offre est excédentaire) : le seul prix d’équilibre est bien celui correspondant à
l’équilibre concurrentiel.

L’équilibre de Stackelberg repose sur l’acceptation de la domination


d’une des entreprises. Cet équilibre est instable dans la mesure où ce « contrat
implicite » peut à tout moment être rompu par l’entreprise satellite. Cette
fragilité des positions sur le marché est accentuée dans le cas de l’hypothèse de
double maîtrise de Bowley. Dès lors, les partenaires en présence peuvent
« s’entendre » afin d’éviter un engagement ruineux dans des stratégies
« guerrières » desquelles, d’ailleurs, pourraient surgir un concurrent potentiel sur
le marché.

Paragraphe 3 : Les solutions dites « coopératives » (les oligopoles


« coordonnés »)

De la décision de coopérer, peut naître des ententes « explicites » et


« implicites » (tacites).

1- Les ententes explicites

65
• Le cartel : forme plus poussée de la collusion : les entreprises
reconnaissent explicitement leur interdépendance et surtout leur intérêt à
coopérer pour augmenter leurs profits.

• Les cartels de prix : modèle de Fellner il consiste à maximiser le profit


joint quitte à trouver un moyen pour le répartir entre les membres de la branche.
Ce cartel se comporte comme un monopole à établissements multiples.

La demande qui s’adresse au cartel (RM du carter) = demande au marché


→ Rm du cartel.

Le coût marginal (cm) du cartel = ∑ horizontal des cm des deux


entreprises. Ce Cm est le coût de production d’une unité supplémentaire
d’output du cartel quelle que soit entreprise qui produit effectivement cette
unité.

Max π joint (du cartel, de la branche) permet de déterminer une quantité à


produire, q*, dans le cartel telle que :

Rm cartel = Cm cartel → on détermine le prix, p* qui s’impose aux entreprises,


la répartition de la production entre entreprises se fera comme dans le monopole
à plusieurs usines.

La quantité d’équilibre du cartel permet de calculer le Cm du cartel. La


répartition rationnelle de la production entre entreprises suppose que chaque
partenaire produise sa dernière unité à un coût égal à celui du cartel :

Cm*A = Cm*B = Cm*cartel : règle répartition optimale de production entre


partenaires afin de Max π joint.

Cm CmA CmB Cm Cartel

P*

Cm Rm
Cartel
66
Rm

O q *A o q *B o q* cartel=q *A + q*B
Critère répartition π joint ? Cela suppose une grande cohésion entre
entreprises ou l’existence ayant la capacité d’une entreprise à imposer la
discipline dans le respect des quantités produites.

• Le critère de la répartition retenu:

Est :

-Soit une concurrence « loyale » portant sur d’autres éléments que le prix,
prix uniforme, concurrence portant sur : la publicité, le crédit, le SAV.
- Soit un système de quotas de production.
2- Les ententes tacites
• L’offre avec une entreprise dominante (leadership)
Ces ententes reflètent l’existence d’un « leadership » d’une ou de
plusieurs entreprises en matière de prix, situation liée à des coûts de production
plus faibles.
Soit le cas simple suivant Deux entreprises A et B se partagent à égalité le
marché. B a des coûts faibles. Elle est donc en mesure de contrôler le marché.
Cette entreprise « dominante » n’a cependant pas intérêt à éliminer A
(législation). Elle imposera tout de même son prix.

CmA CmB

PA

PB PB

O qB O qB

Ep A EpB

67
Chaque entreprise possède la moitié du marché.
A souhaite obtenir le prix PA en produisant qA (CmA = RmA).
B souhaite obtenir le prix PB en produisant qB (CmB = RmB).
PB étant inférieur à PA, les biens produits étant homogènes, B peut imposer
son prix en cas de guerre des prix.
A va accepter la domination de B et fixe son prix à PB.
• L’entreprise « barométrique »
Cette entreprise n’a pas le même pouvoir que l’entreprise dominante, ses
coûts de production ne le lui permettant pas. Mais on peut imaginer qu’après une
guerre des prix entre entreprise présentes sur le marché, une « pause » soit
décidée car la poursuite de la lutte se révèle ruineuse et nuisible pour chaque
partenaire.
Cette entreprise, à un moment donné modifie son prix. Reconnue par les
autres pour son expérience et son habileté dans la prévision, cette entreprise va
jouer un rôle de leader, de baromètre pour les concurrents qui vont la suivre
dans sa décision sans y percevoir un nouvel acte de guerre.
Cet accord tacite est instable car il suppose un consensus de l’ensemble
des entreprises et l’acceptation pour l’entreprise barométrique de perdre une
partie de ses ventes en cas d’un mauvais choix.
3- La fragilité des cartels
Comment maintenir l’entente dans un cartel lorsque les entreprise ont leur
structure particulière des coûts (et de profits) ?
Quelques entreprises n’ont-elles pas intérêt à tricher ? ou à profiter de
cette entente sans réellement y participer ? CmA
a- L’entreprise qui triche
PA(E ) A P
Supposons
PA(E qu’une
) entreprise A, membre d’un cartel, s’engage à fournir
B D’
une partie du marché.

E
E D
A’
68
B’
O qA(E ) qA(E’) qA)
Rm(A )
La demande qui s’adresse à l’entreprise A est la droite D. pour max son π ,
elle vendra qA(E) au prix PA(E). En effet au point E : RmA = CmA. Si A ne souhaite
pas respecter cet accord et qu’elle propose des rabais, etc, aux clients, cela lui
permet de vendre plus et moins cher. La demande qui s’adresse à elle n’est plus
D mais, par exemple, D′, demande qui n’est possible qu’au-dessous du prix
PA(E) : soit la figure, D′ représenté par le segment de droite AA′. De cette
nouvelle demande résulte une nouvelle courbe de Rm : Rm(A) représentée par la
droite (BB′). Dans ces conditions, l’entreprise (A) a intérêt à vendre q A(E′′) au prix
PA(E′) puisque qA(E) n’est plus la quantité optimale, le point E′ étant la nouvelle
intersection entre Cm et la nouvelle Rm. Son attitude lui est profitable car les
unités additionnelles vendues [ q A (E ' )−q A (E ) ]correspondent toutes à un profit
marginal positif représenté par la surface BEE′.

b- L’entreprise profitant de l’entente sans y participer réellement : le


passager clandestin

Les membres d’un cartel peuvent s’engager à réduire leur production afin
de conserver un niveau de prix souhaitable.

Le modèle du « passager clandestin » suppose qu’une entreprise bénéficie


du prix fixé par le cartel mais sans réduire son niveau de production.
69
Soit la demande D d’une entreprise A du cartel.

Cm(A)
P(E ) A B

E D

O q(E ) Rcm q(B ) qA

En vendant au prix PE (max π : RmA = CmA), l’entreprise A devrait


produire qE, mais elle produit qB est le prix fixé par le cartel, il s’impose à A
comme une donnée. Dans ce cas, la Rm et la RM sont confondues et le point de
maximisation du profit est en B. (situation identique au modèle de la CPP où le
prix = donnée → π max : P= Cm).

Donc pour un prix PE imposé par le cartel, l’entreprise peut vendre une
quantité q(B) sans respecter son quota de production.

Ainsi, A, passager clandestin, n’adhérant pas au cartel mais bénéficiant du


prix imposé par le cartel, peut réaliser une production q B > qE et donc, un
supplément de π équivalent à la surface EAB.

Ces deux exemples démontrent la fragilité des cartels.

Le 1er montre l’avantage que peut tirer l’entreprise A en trichant, valable


pour tout candidat à la tricherie, le second montre le risque de voir augmenter le
nombre d’entreprises profitant des avantages de la politique du cartel sans se
soumettre aux règles collectives. Cela peut aboutir à la rupture de l’entente.

Paragraphe 4 : Bien-être social et oligopole

Quel que soit le modèle oligopolistique, deux tendances contradictoires se


dégagent :

70
• Au niveau statique : il ya des profits plus importants pour les
producteurs : prix imposé > Cm. Les dépenses consacrées à la publicité et à la
création de différences réelles ou fictives de qualité et de présentation des
produits permettant d’imaginer que les consommateurs seraient dans une
meilleure situation si la concurrence se portait plus sur les prix que sur d’autres
domaines.

• Au niveau dynamique : Les oligopoles sont capables de financer la


recherche-développement. Les entreprises en CPP n’ont pas la taille suffisante
pour de telles dépenses « risquées » et le monopole n’a pas toujours de motifs
suffisants pour s’y engager. L’organisation oligopolistique les marchés revêt une
importante capitale dans la croissance dynamique de l’économie.

Conclusion: Thème de réflexion:

Quel est le marché qui vérifie la paréto-optimalité?

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