Vous êtes sur la page 1sur 17

Les séries dans un EVN

EL AMDAOUI Mustapha,
Lycée IBN TIMIYA,
site web: www.elamdaoui.com,
email: elamdaoui@gmail.com

Niveau: MP

Table des matières


I Définitions et quelques propriétés 2
I.1 Séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.2 Convergence et divergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.3 Divergence grossière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.4 Reste d’une série convergente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.5 Opérations sur les séries convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.6 Convergence absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

II Rappels et Compléments sur les séries 7


II.1 Critère de majoration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
II.2 Principe de comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
II.3 Règle de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
II.4 Critère de d’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
II.5 Sommation des relations de comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
II.6 Comparaison série-intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

III Cas d’une algèbre normé de dim finie 14


III.1 Série de Neumann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
III.2 L’application exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Définitions et quelques propriétés 2

E désigne un K-espace vectoriel normé de dimension finie où K désigne le corps R ou C

I Définitions et quelques propriétés

I.1 Séries à valeurs dans un espace vectoriel normé de dim finie

Définition 1

Soit ( u n )n∈N ∈ EN .
On appelle série de terme général u n la suite (S n )nÊ0 définie par
n
∀ n ∈ N,
X
Sn = uk
k=0
X
On la note un.
nÊ0

 S n s’appelle la nième somme partielle de la série


X
un
X nÊ0
 u n s’appelle le terme général de la série un
nÊ0

Remarque :

u n est dite réelle si E = R et complexe si E = C.


X
1. La série
nÊ0
X
2. Le terme général de la série u n est donné en fonction de la suite (S n ) des sommes partielles par
nÊ0
u 0 = S 0 et ∀ n Ê 1, u n = S n − S n−1 .
n
X
3. Soit la suite (vn )nÊn0 . La série de terme général vn est la suite (S n )nÊn0 définie par ∀ n Ê n 0 , S n = vk .
X k= n 0
On la note vn .
nÊ n 0
Quitte à compléter par des zéros on peut considérer que n 0 = 0 .
X X
4. La série u n s’appelle la série déduite de u n par troncature au rang n 0 .
nÊ n 0 nÊ0

I.2 Convergence et divergence

Définition 2
X
1. On dit que u n converge si (S n ) converge dans E , la limite de la suite (S n ) est appelée somme de la
nÊ0
X +∞
X
série u n , notée un.
nÊ0 n=0
2. Une série est dite divergente si elle n’est pas convergente

Définition 3: Séries de même nature

Deux séries sont dites de même nature si, et seulement, si elles sont toutes les deux convergentes ou toutes
les deux divergentes

Propriété 1

u n une série, alors pour tout n 0 ∈ N, les deux séries


X X X
Soit u n et u n sont de même nature
nÊ0 nÊ0 nÊ n 0

Démonstration. Les sommes partielles de deux séries diffèrent d’une constante.


I.3 Divergence grossière 3

Remarque :

On ne modifie pas la nature d’une série en modifiant la valeur d’un nombre fini de termes.

Propriété 2: Suite et série télescopique

Soit ( u n )nÊ0 une suite à valeurs dans E .


X
La suite ( u n )nÊ0 et la série ( u n+1 − u n ) sont de même nature.
nÊ0

+∞
X
En cas de convergence : ( u n+1 − u n ) = lim u n − u 0
n→+∞
n=0

Exemple
X 1
La série est convergente de somme 1.
nÊ1 n ( n + 1)

1 1 1 1 1
µ ¶
Pour n ∈ N∗ , on a
X
= − et la suite converge vers 0, donc est convergente
n( n + 1) n n + 1 n nÊ1 nÊ1 n( n + 1)
de somme 1. Car
n
X 1 Xn 1 1 1
= − = 1− −−−−−→ 1
k=1 k ( k + 1) k=1 k k + 1 n + 1 n→+∞

I.3 Divergence grossière

Théorème 1: Condition nécessaire


X
Si la série u n converge, alors u n −−−−−→ 0.
n→+∞
nÊ0

Démonstration. u n = S n − S n−1 −−−−−→ 0


n→+∞

Par contraposée on obtient le résultat suivant

Corollaire 1
X
Si u n −→
× 0, alors la série u n diverge.
n→+∞
X nÊ0
On dit que la série u n diverge grossièrement
nÊ0

Attention
X 1 X 1
Il est possible u n −−−−−→ 0 et la série u n diverge. Par exemple u n = −−−−−→ 0 et diverge.
n→+∞
nÊ1 n n →+∞
nÊ1 n

Propriété 3: Série géométrique

Soit q ∈ C, alors la série géométrique q n converge si, et seulement, si | q| < 1.


X
nÊ0
En cas de convergence
+∞ 1 +∞ qp
qn = et ∀ p ∈ N, qn =
X X
n=0 1− q n= p 1− q

Démonstration.
X n
 Si | q| Ê 1, alors q n 6→ 0, donc la série q diverge grossièrement
nÊ0
I.4 Reste d’une série convergente 4

 Si | q| < 1. Pour n Ê 0, on a :
n 1 − q n+1 1
qk =
X
−−−−−→
k=0 1− q n →+∞ 1− q
La suite des sommes partielles de la série converge si, et seulement, si | q| < 1

I.4 Reste d’une série convergente

Définition 4
X
Soit u n une série à valeurs dans E convergente dans E .
nÊ0
+∞
X
Le reste d’ordre n de la série est défini par R n := uk
k= n+1

Attention
Pour introduire le reste de rang n d’une série il est nécessaire que celle-ci soit convergente.

Théorème 2
X
Soit u n une série convergente alors
nÊ0

+∞ n
∀ n ∈ N,
X X
un = uk + Rn et R n −−−−−→ 0
n→+∞
n=0 k=0

m
X n
X m
X
Démonstration. Pour m Ê n, on a : uk = uk + uk.
k=0 k=0 k= n
+∞
X n
X +∞
X n
X
Quand m −→ +∞, on obtient un = u k + R n et R n = un − u k −−−−−→ 0
n→+∞
n=0 k=0 n=0 k=0

I.5 Opérations sur les séries convergentes

Propriété 4

vn convergent. Alors pour tout λ ∈ K, la série


X X X
Si u n et (λ u n + vn ) converge et :
nÊ0 nÊ0 nÊ0

+∞
X +∞
X +∞
X
(λ u n + vn ) = λ un + vn
n=0 n=0 n=0

L’ensemble des séries convergentes est un K-espace vectoriel

Démonstration. Utiliser la suite des sommes partielles

Propriété 5

X X X
1. Si u n converge et vn diverge alors ( u n + vn ) diverge.
nÊ0 nÊ0 nÊ0
X X X
2. Si ( u n + vn ) converge, alors u n et vn sont de même nature.
nÊ0 nÊ0 nÊ0

Démonstration. Utiliser la suite des sommes partielles


I.6 Convergence absolue 5

Théorème 3: Les séries coordonnées


p
X X
Soit β = e 1 , · · · , e p une base de E et u n =
¡ ¢
u n,i e i le terme général de la série u n . Alors les assertions
i =1 nÊ0
suivantes sont équivalentes
X
1. u n converge
nÊ0
X
2. Pour tout i ∈ [[1, p]], la série u n,i converge
nÊ0
à !
+∞
X p +∞
X X
En cas de convergence : un = u n,i e i
n=0 i =1 n=0

Démonstration. Utiliser la suite des sommes partielles

Remarque :

L’étude d’une série vectorielle revient à l’étude de p séries numériques.

Exemple
³ ´
Soit ( A n )nÊ0 ∈ Mp,q (K)N , on pose A n = a(i,nj) 1É i É p . Alors
1É j É q

a(inj ) converge
X X
A n converge si, et seulement, si ∀( i, j ) ∈ [[1, p]] × [[1, q]] ,
nÊ0 nÊ0
à !
+∞ +∞
a(i,nj)
X X
En cas de convergence, An = .
n=0 n=0 1É i É p
1É j É q

I.6 Convergence absolue

Définition 5
X X
On dit que la série u n converge absolument si la série k u n k est convergente.
nÊ0 nÊ0

Propriété 6
X X
Soit u n une série absolument convergente, alors la série u n est convergente et
nÊ0 nÊ0
° °
° +∞ ° +∞
°X ° X
un° É ku k Inégalité triangulaire
°n=0 ° n=0 n
°

X
Démonstration. Soit β = e 1 , · · · , e p une base de E et
¡ ¢
u n,k pour k ∈ [[1, p]] les séries coordonnées définies
nÊ0
p
par ∀ n ∈ N,
X ¯ ¯
un = u n,k e k . Avec la norme ∥ . ∥∞ , on a ∥ u n ∥∞ = max ¯ u n,i ¯ et
k=1 1É i É p
¯ ¯
∀ i ∈ [[1, p]] , ¯ u n,i ¯ É∥ u n ∥∞ .
X
Si la série u n converge absolument, on en déduit de l’inégalité précédente que les p séries numériques
nÊ0
X X
u n,i convergent absolument, donc elles convergent et, par suite, la série u n converge.
nÊ0 nÊ0
La majoration de la somme résulte alors du passage à la limite à partir de la relation
° °
°Xn ° X n +∞
X
uk° É ku k k É ku k k
° °
°
°k=0 ° k=0 k=0
I.6 Convergence absolue 6

vérifiée pour tout entier n.

Exemple
X e inθ
Pour tout θ , la série 2
est absolument convergente.
nÊ1 n

¯ inθ ¯
¯e ¯ 1 X 1
En effet, ¯¯ 2 ¯¯ = 2 et 2
converge.
n n nÊ1 n

Exemple
X (−1) n
La série converge mais pas absolument convergente
nÊ1 n

Définition 6: Série semi-convergente

Une série est dite semi-convergente si elle est convergente et non absolument convergente

Définition 7: Série alternée

u n est dite dite alternée si pour tout n ∈ N : u n .u n+1 É 0.


X
Une série réelle
nÊ0

Propriété 7: Critère spécial des séries alternées


X
Soit u n une série alternée telle que (| u n |)n∈N décroît et est de limite nulle. Alors
nÊ0
X
1. u n est convergente
nÊ0
2. Pour tout n ∈ N, |R n | É | u n+1 | et sgn (R n ) = sgn( u n+1 )

Démonstration. On suppose que u n = (−1)n αn , avec (αn )nÊ0 ∈ RN + décroit et tend vers 0
n
(−1)k αn . Alors la suite (S 2n )nÊ0 est décroissante et la suite (S 2n+1 )nÊ0 est croissante. De
X
1. Soit S n =
k=0
plus S 2n+1 − S 2n −−−−−→ 0 d’où les suites (S 2n )nÊ0 et (S 2n+1 )nÊ0 sont adjacentes donc elles convergent
n→+∞ X
vers le même réel S , donc (S n )nÊ0 converge et par définition la série u n est converge
nÊ0
2. Pour n ∈ N∗ , on a :
S 2n−1 É S 2n+1 É S É S 2n É S 2n−2

 R2n = S − S2n É 0, donc

|R 2n | = |S − S 2n | = S 2n − U É S 2n − S 2n+1 = α2n+1

d’où R 2n est négatif et |R 2n | É | u 2n+1 |


 R2n+1 = U − S2n+1 Ê 0, donc

|R 2n+1 | = U − S 2n+1 É S 2n+2 − S 2n+1 = α2n+2

d’où R 2n+1 est positif et |R 2n+1 | É | u 2n+2 |

Soit sgn(R n ) = sgn( u n+1 ) et |R n | É | u n+1 |


Rappels et Compléments sur les séries 7

Exemple
X (−1)n
La série α
, où α > 0, est convergente d’après le critère spécial des séries alternées. De plus
nÊ1 n
¯ ¯
¯ +∞ p¯
¯ X (−1) ¯ 1
¯É
¯ p=n+1 pα ¯ ( n + 1)α
¯

II Rappels et Compléments sur les séries

II.1 Critère de majoration

Théorème 4
X
Soit u n une série à termes positifs.
X nÊ0
u n converge si, et seulement si, la suite (S n )nÊ0 des sommes partielles est majorée.
nÊ0

+∞
X
En cas de convergence u n = sup S n
n=0 n

Démonstration. Pour tout n ∈ N, S n+1 − S n = u n+1 Ê 0 d’où la suite (S n ) est croissante


X
u n converge ⇐⇒ (S n ) est majorée
nÊ0

Remarque :
+∞
X
Dans le cas de divergence S n → +∞, alors on écrit u n = +∞
n=0

II.2 Principe de comparaison

Propriété 8: Principe de comparaison


X X
Soit un, vn deux séries à termes positifs telles que :
nÊ0 nÊ0

∃ N ∈ N, ∀ n Ê N, 0 É u n É vn
X X
1. Si vn converge, alors u n converge
nÊ0 nÊ0
X X
2. Si u n diverge, alors vn diverge
nÊ0 nÊ0

Démonstration.
X
1. Si vn converge, alors pour tout n Ê N :
nÊ0

n
X N
X n
X N
X n
X N
X +∞
X
Sn = uk = uk + uk+ É uk vk É uk + vn
k=0 k=0 k= N +1 k=0 k= N +1 k=0 n=0
X
La suite des sommes partielles de u n est donc majorée.
nÊ0
2. Par contraposée
II.2 Principe de comparaison 8

Théorème 5: Relations de comparaisons


X X
Soit u n et vn deux séries à termes positifs, telles que
nÊ0 nÊ0

u n = O (vn ) ou u n = ◦(vn ).
X X
 Si vn converge, alors u n converge
nX
Ê0 nÊ0
X
 Si u n diverge, alors vn diverge
nÊ0 nÊ0

Démonstration. Il existe M ∈ R+ et N ∈ N tels que u n É mvn pour tout n Ê N

Exemple
p p 1 X 1
µ ¶
n
e− n
X
converge puisque e− =O 2
et la série 2
converge
nÊ0 n nÊ1 n

Théorème 6: Comparaison au moyen d’équivalents


X X
Soit u n et vn deux séries à termes positifs, telles que
nÊ0 nÊ0

u n ∼ vn ,
X X
alors u n et vn sont de même nature
nÊ0 nÊ0

Démonstration. Si u n ∼ vn , alors u n = O (vn ) et vn = O ( u n )

Attention
On peut avoir deux séries dont les termes équivalents mais elles ne sont de même nature.
X X
L’exemple suivant montre que l’équivalence u n ∼ vn n’entraîne pas que les series u n et vn sont de
nÊ0 nÊ0
même nature lorsque u n et vn ne sont pas de signe constant à partir d’un certain rang.

Exemple
On considère les suites ( u n ) et (vn ) définies pour n Ê 2 par :

(−1)n (−1)n
un = p et vn = p
n n + (−1)n

1. Montrer que u n ∼ vn .
X X
2. Quelle est la nature des séries u n et vn ?
nÊ1 nÊ2

vn (−1)n
· ¸
1. Comme lim = lim 1 + p = 1, on a bien l’équivalence u n ∼ vn
un n
1
µ ¶
X
2.  Comme la suite p est décroissante et converge vers 0, la série u n est convergente d’après
n nÊ1 nÊ0
le critère spécial des séries alternées.
1 1 1 X 1
µ ¶
 On peut écrire : vn = u n + + o et vn − u n ∼ . La série à termes positifs est divergente.
n n n nÊ1 n
X
La série vn étant la somme d’une série convergente et d’une série divergente est donc divergente.
nÊ2
II.3 Règle de Riemann 9

II.3 Règle de Riemann

Propriété 9

X 1
Soit α ∈ R. la série de Riemann α
converge si, et seulement, si α > 1
nÊ1 n

Démonstration.
Ï Pour tout α 6= 1 :
1 1 1 1 α−1 α−1
µ µ ¶ ¶
α− 1
− α−1
= α− 1
1 − 1 − ∼ α
( n − 1) n ( n − 1) n n
X 1
Il en résulte que la série α
converge si, et seulement si, cette série télescopique de signe constant
nÊ1 n
converge, donc si, et seulement si, α > 1.
Ï Le cas de α = 1 est un cas de divergence, car

1 1
µ ¶
ln( n + 1) − ln( n) = ln 1 + ∼
n n
X
La série télescopique ln( n + 1) − ln( n) à termes positifs diverge car la suite (ln( n)) diverge, donc
nÊ1
X 1
diverge
nÊ1 n

Théorème 7: Règle de Riemann

λ
u n une série à terme positifs telle qu’il existe λ ∈ R∗+ et α ∈ R vérifiant u n ∼
X
Soit . Alors
nÊ0 nα
X
la série u n converge ⇐⇒ α > 1
nÊ0

Démonstration. Par le critère de comparaison

Théorème 8: Règle de Riemann


X
Soit u n une série à termes positifs.
nÊ0
1 1
µ ¶ µ ¶
X
 S’il existe α > 1 tel que u n = O α ou u n = o α , alors u n converge
n n nÊ0
1 1 X
 S’il existe α É 1 tel que α = O ( u n ) ou α = ◦ (u n ), alors u n diverge
n n nÊ0

II.4 Critère de d’Alembert

Propriété 10: Comparaison logarithmique


X X
Soit un, vn deux séries à termes strictement positifs telles que
nÊ0 nÊ0

u n+1 vn+1
∃ N ∈ N, ∀ n Ê N, 0 É É
un vn
X X
1. Si vn converge, alors la série u n converge
nÊ0 nÊ0
X X
2. Si u n diverge, alors la série vn diverge
nÊ0 nÊ0
II.4 Critère de d’Alembert 10

un un uN
µ ¶
Démonstration. La suite est décroissante à partir de rang N , d’où pour n Ê N , on obtient : É
vn vn vN
uN
En posant λ = , il vient u n É λvn pour tout n Ê N . on conclut par le critère de la comparaison
vN

Théorème 9: Critère de d’Alembert


u n+1
−−−−−→ ` ∈ R+
X
Soit u n une série à termes strictement positifs ( à partir d’un certain rang ) telle que
nÊ0 u n n→+∞
X
1. Si 0 É ` < 1, alors u n converge
nÊ0
X
2. Si ` > 1, alors u n diverge
nÊ0
3. Si ` = 1 on ne peut pas conclure.

Démonstration.
u n+1
1. Si 0 É ` < 1, on choisit r ∈ R tel que 0 É ` < r < 1. Puisque → `, alors il existe un rang N à partir
un
u n+1
r n converge, donc la série
X X
duquel < r et u n converge
un nÊ0 nÊ0
u n+1 X n X
2. Si ` > 1, alors il existe un rang N à partir duquel > r et r diverge, donc la série u n diverge
un nÊ0 nÊ0
X 1
3. le cas ` = 1 peut se produire aussi bien avec une série convergente qu’avec une série divergente
n2
X1
n

Exemple

nln n
Déterminez la nature de la série de terme général u n =
n!

La série est à termes positifs. Pour étudier sa nature, on peut utiliser la règle de d’Alembert. On a :

u n+1 1 ln2 (n+1)−ln2 (n) 1


= e ∼ →0
un n+1 n
P
D’après la règle de d’Alembert, la série u n est donc convergente

Exemple
xn
Soit x ∈ R. Étudions la série de terme général u n =
n!

Soit x ∈ R.
X xn
 Si x = 0, la série converge
nÊ0 n !
¯ n¯
X ¯x ¯
¯ ¯ n
¯ ¯ est à termes strictement positifs et ¯ u n+1 ¯ = | x| −−−−−→ 0, avec u n = x .
¯ ¯
 Si x 6= 0, la série ¯ n! ¯ ¯ u ¯ n + 1 n→+∞
nÊ0 n n!
X xn
Donc la série est absolument convergente par la règle de d’Alembert, donc elle converge.
nÊ0 n!

Exemple: Règle de Raabe-Duhamel


Soit ( u n ) une suite de réels strictement positifs telle que
u n+1 α 1
µ ¶
∃(α, β) ∈ R∗+ ×]1, +∞[, = 1− +O β
un n n
Posons pour n ∈ N∗ : vn = nα u n .
1
avec γ = min(2, β)
¡ ¢
1. Montrer que ln vn+1 − ln vn = O nγ
II.5 Sommation des relations de comparaison 11

µ
2. En déduire qu’il existe µ ∈ R∗+ tel que u n ∼

X
3. Montrer u n converge si, et seulement, si α > 1
nÊ0
e n n!
4. Étudier la série de terme général u n =
nn

Posons pour n ∈ N∗ : vn = nα u n .
1. On a
vn+1 1 α α 1
µ ¶ µ µ ¶¶
= 1+ 1− +O β
vn n n n
1 1 α 1
µ µ ¶¶ µ µ ¶¶
= 1+α +O 2 1− +O β
n n n n
1
µ ¶
= 1+O γ où γ = min(2, β)
n

1
¢ ¡
2. On a ln vn+1 − ln vn = O , donc la série de terme général ln vn+1 − ln vn est convergente, cela signifie


que la suite de terme général ln vn converge. Posons λ = lim ln vn , alors lim vn = eλ et donc u n ∼ α .
n
X
3. Par comparaison avec les séries de Riemann u n converge si, et seulement, si α > 1
nÊ0
X e n n!
4. La série n
est à termes strictement positifs.
nÊ1 n
u n+1 ³ n ´n 1 −n
µ ¶ ³ ´
1 1
1− n ln 1+ n1 2 n +O n2
¡ ¢
=e = e 1+ =e =e
un n+1 n
u n+1 1 1 1 X e n n!
µ ¶
Donc = 1+ + O 2 , avec α = − , donc n
diverge
un 2n n 2 nÊ1 n

II.5 Sommation des relations de comparaison

Propriété 11
X
Soit vn une série à termes positifs et ( u n )nÊ0 une suite numérique telles que u n = o (vn ).
nÊ0
à !
X X +∞
X +∞
X
1. Si vn converge, alors u n est absolument convergente et uk = o vk
nÊ0 nÊ0 k= n+1 k= n+1
à !
X n
X n
X
2. Si vn diverge, alors uk = ◦ vk
nÊ0 k=0 k=0

Démonstration.
1. Soit ε ∈ R∗+ . Comme u n = o (vn ), il existe N ∈ N tel que pour tout n Ê N : | u n | É εvn .
Par le critère de comparaison des séries à termes positifs, on déduit l’absolue convergence donc la
X
convergence de la série u n . Pour tout n Ê N , on a :
nÊ0
¯ ¯
¯ +∞ ¯ +∞ +∞
¯ X X X
uk¯ É |u k | É ε vk
¯
¯
¯k=n+1 ¯ k=n+1 k= n+1
à !
+∞
X +∞
X
Ce qui prouve : uk = o vk
k= n+1 k= n+1
n
vk −−−−−→ +∞. Soit ε > 0 et N ∈ N∗ tels que pour tout n Ê N : | u n | É εvn . Pour
X X
2. Si vn diverge alors
n→+∞
nÊ0 k=0
nÊN ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯Xn ¯ ¯ NX−1 ¯ ¯X n ¯ ¯ NX−1 ¯ X n ¯ NX
−1 ¯ n
X
uk¯ É ¯ uk¯ + ¯ uk¯ É ¯ uk¯ + |u k | É ¯ uk¯ + ε vk
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯
¯k=0 ¯ ¯ k=0 ¯ ¯k= N ¯ ¯ k=0 ¯ k= N ¯ k=0 ¯ k= N
II.5 Sommation des relations de comparaison 12

n
vk −−−−−→ +∞, il existe N 0 ∈ N tel que
X
Or,
n→+∞
k=0
¯ ¯
¯ NX
−1 ¯ n
0
X
∀n Ê N , uk¯ É ε vk
¯ ¯
¯
¯ k=0 ¯ k=0

Pour n Ê max N, N 0 , on obtient


¡ ¢

¯ ¯ ¯ ¯
¯Xn ¯ ¯ NX−1 ¯ n
X Xn
uk¯ É ¯ uk¯ + ε vk É 2ε vk
¯ ¯ ¯ ¯
¯
¯k=0 ¯ ¯ k=0 ¯ k= N k=0
à !
n
X n
X
Ainsi uk = ◦ vk
k=0 k=0

Propriété 12
X
Soit vn une série à termes positifs et ( u n )nÊ0 une suite numérique telles que u n = O (vn ).
nÊ0
à !
X X +∞
X +∞
X
1. Si vn converge, alors u n est absolument convergente et uk = O vk
nÊ0 nÊ0 k= n+1 k= n+1
à !
X n
X n
X
2. Si vn diverge, alors uk = O vk
nÊ0 k=0 k=0

Démonstration. Comme u n = O (vn ), il existe M ∈ R∗+ et N ∈ N tels que pour tout n Ê N : | u n | É M.vn .
1. Du test de comparaison des séries à termes positifs, on déduit l’absolue convergence donc la convergence
X
de la série u n . Pour tout n Ê N , on a :
nÊ0
¯ ¯
¯ +∞ ¯ +∞ +∞
¯ X X X
un¯ É |u | É M vn
¯
¯k=n+1 ¯ k=n+1 n
¯
k= n+1
à !
+∞
X +∞
X
Ce qui prouve : uk = O vk
k= n+1 k= n+1
2. Pour n Ê N ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯Xn ¯ ¯ NX−1 ¯ ¯X n ¯ ¯ NX−1 ¯ X n ¯ NX
−1 ¯ n
X
uk¯ É ¯ uk¯ + ¯ uk¯ É ¯ uk¯ + |u k | É ¯ uk¯ + M vk
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯
¯k=0 ¯ ¯ k=0 ¯ ¯k= N ¯ ¯ k=0 ¯ k= N ¯ k=0 ¯ k= N
n
vk −−−−−→ +∞, il existe N 0 ∈ N tel que
X
Or,
n→+∞
k=0
¯ ¯
¯ NX
−1 ¯ X n
0
∀n Ê N , uk¯ É v
¯ ¯
¯ k=0 ¯ k=0 k
¯

Pour n Ê max N, N 0 , on obtient


¡ ¢

¯ ¯ ¯ ¯
¯Xn ¯ ¯ NX−1 ¯ n
X Xn
uk¯ É ¯ uk¯ + ε vk É (1 + M ) vk
¯ ¯ ¯ ¯
¯
¯k=0 ¯ ¯ k=0 ¯ k= N k=0
à !
n
X n
X
Ainsi uk = O vk
k=0 k=0
II.6 Comparaison série-intégrale 13

Propriété 13
X
Soit vn une série à termes positifs et ( u n )nÊ0 une suite numérique telles que u n ∼ vn . Alors
nÊ0
X X
1. u n et vn sont de même nature.
nÊ0 nÊ0
X +∞
X +∞
X
2. Si vn converge, alors uk ∼ vk .
nÊ0 k= n+1 k= n+1
X n
X n
X
3. Si vn diverge, alors uk ∼ vk .
nÊ0 k=0 k=0

Démonstration. Par hypothèse u n ∼ vn entraîne u n − vn = o(vn ).


1. Découle de 2 et 3.
X
2. Si vn converge, d’après ce qui précède, on a la convergence de la série de terme général u n − vn et :
nÊ0
à !
+∞
X +∞
X
(u k − vk ) = o vk
k= n+1 k= n+1
X
Or, u n = ( u n − vn ) + vn et la somme de deux séries convergentes est convergente donc, u n converge
nÊ0
et : Ã !
+∞
X +∞
X +∞
X
uk − vk = o vk
k= n+1 k= n+1 k= n+1

Ainsi
+∞
X +∞
X
uk ∼ vk
k= n+1 k= n+1
à !
X n
X n
X
3. u n − vn = o(vn ) et vn une série à termes positifs divergente, donc (u k − vk ) = ◦ vk et par suite
n
ÃÊ0 ! k=0 k=0
n
X n
X n
X Xn n
X
uk − vk = ◦ vk , donc uk ∼ vk
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0

II.6 Comparaison série-intégrale

Théorème 10: Comparaison série-intégrale

Soit f une application de [ n 0 , +∞[ dans R, ( n 0 ∈ N) continue par morceaux, positive et décroissante.
µZ n ¶
1. La série de terme général f ( t) d t − f ( n) est convergente.
n−1 nÊ n 0 +1
Z +∞ X
2. L’intégrale f ( t) dt et la série f ( n) sont de même nature.
n0 nÊ n 0
 En cas de convergence :
Z +∞ +∞
X Z +∞
f ( t) d t É f ( k) É f ( t) d t
n+1 k= n+1 n

 En cas de divergence :
Z n+1 n
X Z n
f ( t) d t É f ( k) É f ( n 0 ) + f ( t) d t
n0 k= n 0 n0

Démonstration.
Z n
1. u n = f ( t) d t − f ( n) n’a de sens que pour n Ê n 0 + 1. Puisque f est positive et décroissante, pour tout
n−1
Cas d’une algèbre normé de dim finie 14

n Ê n 0 + 1, on a :
0 É u n É f ( n − 1) − f ( n),

donc
n
X n
X
Un = uk É ( f ( k − 1) − f ( k)) É f ( n 0 ) − f ( n) É f ( n 0 ).
k= n 0 +1 k= n 0 +1
X
La série u n à termes positifs est donc convergente, puisque la suite de ses sommes partielles est
nÊ n 0 +1
majorée.
n
X
2. Pour n Ê n 0 , posons S n = u k , avec la relation de Chasles on obtient :
k= n 0

n
X n
X Z k n
X
Un = uk = f ( t) d t − f ( k)
k= n 0 +1 k= n 0 +1 k−1 k= n 0 +1
Z n X n
= f ( t) d t − f ( k)
n0 k= n 0 +1
Z n
Puisque (Un )nÊn0 +1 converge, alors les deux suites (S n )nÊn0 et ( I n )nÊn0 , avec I n = f ( t) d t et S n =
n0
n
X
f ( k), sont de même nature
k= n 0

Exemple
Z +∞ 1 X 1
Pour α ∈ R∗+ l’intégrale α
dx et la série α
sont de même nature.
1 x nÊ1 n

III Cas d’une algèbre normé de dim finie

On pose K = R ou C . Soit A une K-algèbre normée unitaire normée de dimension finie et d’unité 1A .

III.1 Série de Neumann

Propriété 14: Série de Newmann

Soit u ∈ A tel que k u k < 1. Alors


X n
1. La série u est absolument convergente.
nÊ0
+∞
2. 1A − u est inversible dans A et on a (1A − u)−1 = un .
X
n=0
1
3. k(1A − u)−1 k É .
1 − k uk

Démonstration.
k ukn converge car k uk < 1 donc
X n
1. On a ∀ n ∈ N, k u n k É k ukn et
X
u converge absolument. La finitude
nÊ0 X n nÊ0
de la dimension assure la convergence de la série u
nÊ0
2. Par la condition nécessaire et télescopage, on a
à !
+∞
X n +∞
X n +∞ X n
u (1A − u) = (1A − u) u = ( u − u n+1 ) = 1A − lim u n = 1,
n→+∞
n=0 n=0 n=0

+∞
donc 1A − u est inversible et on a (1A − u)−1 = un .
X
n=0
III.2 L’application exponentielle 15

3. Par inégalité triangulaire


° °
° +∞ ° +∞ 1
−1 ° X n° X n
k(1A − u) k=° u °É ku k =
°n=0 ° n=0 1 − k uk

Remarque :

On déduit que le groupe U(A) des inversibles de A contient la boule ouverte de centre 1 et de rayon 1.

Application 1: Localisation du spectre d’un endomorphisme


Soit E un K-espace vectoriel, k . k une norme d’algèbre sur L (E ) et u ∈ L (E ) alors Sp ( u) ⊂ B f (O, k uk) .

° °
°1 ° 1
Soit λ ∈ K. On suppose que λ > k uk, alors a ° u ° ° < 1 donc idE − u est inversible. Donc λidE − u est
λ ° λ
inversible. On déduit que λ ∉ Sp ( u) , d’où Sp ( u) ⊂ B f (O, k uk).

Application 2: Ouverture de U (A)


Le groupe U(A) des unités de A est un ouvert de A.

1
Soit u ∈ U(A) et h ∈ A tel que k hk < . On a k u−1 hk É k u−1 kk hk < 1 donc 1 − u−1 h est inversible d’où
k u−1 k
u − h = u(1 − u−1 h
³ ) est inversible.
´
On déduit que B u, ku1−1 k ⊂ U(A). Donc U(A) est ouvert.

Application 3: Continuité de l’application inverse

L’application f : u 7→ u−1 est continue sur U(A).

1
¸ ·
Démonstration. Soit u ∈ U(A) et α ∈ 0, , alors B( u, α) ⊂ U(A).
k u−1 k
Soit h ∈ A tel que k hk < α donc u − h ∈ B( u, α), d’où u − h est alors inversible.
On a :
f ( u − h) − f ( u) = ( u − h)−1 − u−1 = ( u − h)−1 ( u − ( h − h)) u−1 = ( u − h)−1 hu−1

Donc

k f ( u − h) − f ( u)k É k( u − h)−1 k k hk k u−1 k É k(1 − u−1 h)−1 u−1 kk hkk u−1 k É k(1 − u−1 h)−1 k k hkk u−1 k2

On a :
k u−1 hk É k u−1 k k hk É k u−1 kα < 1

donc
1 k u−1 k k u−1 k
k(1 − u−1 h)−1 k É É É
1 − k u hk 1 − k u k k hk 1 − αk u−1 k
−1 −1

k u−1 k2
Donc k f ( u − h) − f ( u)k É 1−αk u−1 k
k h k. L’application f est alors continue en u , d’où sur U(A).

III.2 L’application exponentielle

Propriété 15: Exponentielle d’un élément

X un
Soit u ∈ A alors la série converge.
nÊ0 n!

+∞ un
L’application sur A définie par u 7→ s’appelle la fonction exponentielle sur A et on la note exp.
X
n=0 n!
III.2 L’application exponentielle 16

X k u kn X un
Démonstration. On a ∀ n ∈ N, k u n k É k ukn et la série à termes positifs converge, donc
nÊ0 n! nÊ0 n!
X un
converge absolument. Puisque A est de dimension finie, alors la série converge
nÊ0 n!

Propriété 16

Soit u, v ∈ A. Alors
1. exp(0A ) = 1A
2. Si v inversible alors exp(vuv−1 ) = v exp( u)v−1 .
3. Si uv = vu, alors
exp( u + v) = exp( u) exp(v) = exp(v) exp( u)

4. exp( u) est inversible et a pour inverse exp(− u)


5. Pour tout m ∈ Z, (exp( u))m = exp( mu)

Démonstration. /
1. exp(0 A ) = 1 A
¢k
2. On part de la relation ∀ k ∈ N, vuv−1 = vu k v−1 , donc pour n ∈ N, on a
¡

à !
n (vuv−1 ) k n uk
v−1
X X
=v
k=0 k! k=0 k!

Par continuité de a 7−→ vav−1 et la caractérisation séquentielle de la continuité, on tire

exp(vuv−1 ) = v exp( u)v−1

n uk
X Xn vk Xn X u p vq ( u + v) k
3. Posons Un = , Vn = , Wn = wk où wk = = . Notons aussi Ũn =
k=0 k! k=0 k! k=0 p+ q= k p ! q ! k!
n k u kk n k v kk n X k u k p k v kq (k u k + k v k)k
, enfin än = [[0, n]]2 et
X X X
, Ṽn = , W̃n = w̃k où w̃k = =
k=0 k! k=0 k! k=0 p+ q= k p! q! k!
4n = ( p, q) ∈ [[0, n]]2 , p + q É n . On a
© ª

° °
° X u p vq ° X k u k p k v kq
k Un Vn − Wn k = ° °É = Ũn Ṽn − W̃n
° °
° ( p,q)∈ä \4 p! q! ° ( p,q)∈ä \4 p! q!
n n n n

Comme k u k, k v k et k u k + k v k sont des réels, on déduit des propriétés de l’exponentielle réelle,


que Ũn Ṽn −−−−−→ ek u k ek v k et W̃n −−−−−→ ek u k+k v k . Donc Ũn Ṽn − W̃n −−−−−→ 0. Il s’ensuit que Un Vn −
n→+∞ n→+∞ n→+∞
Wn −−−−−→ 0 par encadrement. Comme les suites (Un )nÊ0 , (Vn )nÊ0 et (Wn )nÊ0 convergent respective-
n→+∞
ment vers exp( u), exp(v) et exp( u + v) et comme l’application ( u, v) 7−→ uv est bilinéaire continue, alors
exp( u + v) = exp( u) exp(v)
4. On prend v = − u
5. Par récurrence sur m ∈ N, puis pour m ∈ Z− on utilise exp(− u) = exp( u))−1

Méthode: Méthode de calcul de l’exponentielle d’une matrice


Soit A ∈ Mn (K) :
• Si A = diag (α1 , · · · , αn ) est diagonale alors

exp( A ) = diag eα1 , · · · , eαn


¡ ¢

• Si A est diagonalisable, il existe deux matrices P ∈ GLn (K) et D = diag (α1 , . . . , αn ) telles que A =
PDP −1 . Donc :
exp( A ) = P diag eα1 , · · · , eαn P −1
¡ ¢
III.2 L’application exponentielle 17

Ak nX
−1
• Si A est nilpotente, alors exp( A ) =
k=0 k!
• Si A est trigonalisable, il existe un unique couple de matrices (D, N ) ∈ Mn (K)2 tel que :

•

 D est diagonalisable
• N est nilpotente


• DN = ND et A = D + N

Alors
nX
−1 Nk
exp( A ) = exp(D ) exp( N ) = exp(D )
k=0 k!

Exemple
à !
2 −4
Soit A = ∈ M2 (R). Calculons exp( A ).
1 −2

On a A 2 = 0, donc A est nilpotente, donc exp( A ) = I 2 + A

Exemple: Calcul par le polynôme minimal


Soit A ∈ M n (K) telle que π A = ( X − 1) ( X − 2). Calculer exp( A )

Soit p ∈ N, il existe a p , b p ∈ K et Q ∈ K[ X ] tels que

X p = Q.π A + a p X + b p
(
ap + bp =1
On évalue en 1 et en 2, on obtient , soit a p = 2 p − 1 et b p = 2 − 2 p . Donc si on évalue en A ,
2a p + b p = 2p
p p p
alors X = (2 − 1) A + (2 − 2 ) I n , puis
+∞ A p +∞
X 2p − 1 X 2 − 2p
+∞
I n = e2 − e A + 2 e − e2 I n
X ¡ ¢ ¡ ¢
exp( A ) = = A+
p=0 p! p=0 p! p=0 p !

Vous aimerez peut-être aussi