Vous êtes sur la page 1sur 11

THEME II 

: LES DOMAINES DE L’ENSEIGNEMENT,


DE L’EDUCATION A LA CITOYENNETE, A LA MORALE ET
A L’INTEGRITE

Objectifs du cours
Au terme de ce deuxième thème, l’élève-maitre doit pouvoir :
- Utiliser les notions apprises pour amener les élèves à la pratique de la morale et
civisme ;
- Chanter l’hymne national et expliquer les emblèmes nationaux ;
- Identifier et s’approprier les différents comportements à développer et à
promouvoir ;
- Présenter la définition, l’importance et les différents actes de l’état civil dans la
vie d’un citoyen ;
- Présenter les éléments constitutifs de la citoyenneté, du patriotisme, de
l’intégration nationale, de l’esprit civique et expliciter leur importance.

0/ Introduction
L’enseignement, de l’éducation à la citoyenneté, à la morale et à l’intégrité comporte
deux domaines à savoir l’éducation civique et éducation morale. Chaque domaine présente un
contenu riche et varié, que nous allons exposer dans les lignes qui suivent.

II.1 Education civique


C’est le premier domaine de l’enseignement l’Education a la Citoyenneté, a la Morale et a
l’Intégrité il a un contenu dense, riche et varié. Elle assure la formation de l’individu pour
faire de lui un bon citoyen à travers le respect des institutions.

II.1.1 Les institutions étatiques


Une institution est un « organisme public, généralement défini par la constitution du
pays, chargé d’exercer un pouvoir d’intérêt collectif» Okouawe, J et Ngue, W (2004 :58). La
constitution camerounaise définit les Institutions comme l’indique le tableau ci-dessous.
Tableau n°3 : les différentes institutions au Cameroun

Organes exécutifs Organes législatifs Organes judiciaires Autres organes


-le président de la - SENAT ; - tribunaux ; -conseil économique
république, chef de -Assemblée -haute cour de justice et social ;
l’Etat ; Nationale -conseil supérieur de
-le premier ministre, la magistrature ;
chef du -conseil
gouvernement constitutionnel ;
-collectivités
territoriales
décentralisées

II.1.1.1 Organes exécutifs


Le président de la République est le chef de l’Etat. Elu de la Nation tout entière, il
incarne l’unité nationale ; il définit la politique de la nation ; il veille au respect de la
constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ; il
est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la permanence et de la
continuité de l’Etat, du respect des traités et accords internationaux constitution 1996
(atricle5).
Le chef du gouvernement est la deuxième personnalité du pouvoir exécutif, il est
chargé de la mise en œuvre de la politique de la Nation telle que définie par le Président de la
République. Il est responsable devant l’Assemblée Nationale, dirige l’action
gouvernementale, exécute les lois, il propose les autres membres pour la formation d’un
gouvernement formé de vice-premier ministre ( titre accordé à certains ministres pour les
honorer ou montrer leur importance), Ministre d’Etat (titre honorifique attribué à certains
ministres en raison de leur personnalité ou de l’importance accordée à leur département
ministériel), Ministre(membre du gouvernement placé à la tête d’un département ministériel),
ministre chargé de mission et ministre sans portefeuille (membre du gouvernement placé sous
l’autorité directe du président de la République pour l’accomplissement des missions
spécifiques) , Ministre délégué (membre du gouvernement placé sous l’autorité du président
de la République, du premier ministre ou d’un ministre pour l’accomplissement des taches
spécifiques), Secrétaires d’Etat (membre du gouvernement qui assiste certains ministres dans
leurs taches).
Les fonctions de membre du gouvernement et assimilés sont incompatibles avec l’exercice du
mandat parlementaire.

II.1.1.2 Organe législatif


Le pouvoir législatif est exercé par le parlement qui comprend deux (o2) chambres : le
Sénat et l’Assemblée Nationale.
Le parlement est la seconde institution de l’Etat camerounais. Il exerce la souveraineté du
peuple. Son autorité provient du peuple qu’il représente, et au nom duquel il agit pour une
durée de cinq (05) ans. En vertu de la constitution, son pouvoir consiste à élaborer les lois, à
voter le budget de l’Etat et à contrôler l’action du gouvernement. La fonction essentielle du
parlement est de légiférer, c'est-à-dire voter les lois. L’initiative de la loi appartient au
président de la République (projet de loi) et aux parlementaires (propositions de loi).

II.1.1.3 Organe judiciaire


Au Cameroun, comme dans toute démocratie, à coté de l’exécutif et du pouvoir
législatif, il existe un troisième pouvoir, indépendant des deux premiers, chargé d’assurer
l’application des lois de la République et d’arbitrer les différents qui naissent dans la société :
c’est le pouvoir judicaire. Celui-ci est exercé dans les palais de justice par la cour suprême, la
cour d’appel et les tribunaux. Il leur incombe, et uniquement à eux, le devoir de rendre la
justice, car nul n’a le droit de se faire justice.

II.1.1.4 les autres organes


Ce sont les conseils : conseil économique et social, conseil constitutionnel, le conseil à la
magistrature et les collectivités territoriales décentralisées.

A- Les grands conseils camerounais


Parmi les institutions fondamentales du pays, la Constitution camerounaise met en
place trois organes qui, par leur expertise, appuient, éclairent et participent au
fonctionnement harmonieux des pouvoirs publics, installé à Yaoundé, ce trio est
composé du conseil économique et social, du conseil supérieur de la magistrature et
conseil constitutionnel. Ainsi que l’indique leur dénomination, chacun dans son
domaine de compétence donne des conseils avis aux autorités et institutions de la
République.
a- Conseil économique et social
Le conseil économique et social est une assemblée consultative représentant les
principales activités économiques et sociales de la République. Il compte 85 membres de
nationalité camerounaise, nommés pour 5ans par le président de la République, et répartis
ainsi qu’il suit :
- 14 représentants des salariés,
- 12 représentants des activités commerciales et industrielles,
- 11 représentants des activités coopératives, de l’artisanat, des associations
familiales et des mouvements de jeunesse,
- 4 représentants du secteur bancaire et du crédit,
- 14 représentants des activités agricoles,
- 30 membres choisis en raison de leur compétence dans le domaine de l’économie,
de la santé et des activités sociales et culturelles.

b- Conseil supérieur de la magistrature


C’est un organe consultatif placé auprès du président de la République pour l’assister
dans sa mission de premier magistrat et de l’indépendance de la magistrature. Le conseil
supérieur de la magistrature est présidé par le président de la République. Le ministre de
la justice, garde des sceaux, assure la vice-présidence. Le conseil comprend en outre : trois
députés, trois magistrats du siège et une personnalité indépendante et compétente. En plus,
le président peut inviter une ou plusieurs personnalités à participer aux travaux du conseil.
Parmi les missions du conseil à la magistrature on note : son avis pour tout projet de loi
ou texte concernant les magistrats, et lorsque le chef de l’Etat est appelé à exercer son
droit de grâce. De même, la gestion de la carrière des magistrats du siège est soumise à
l’avis préalable dudit conseil.

c- Le conseil constitutionnel
C’est l’organe chargé de s’assurer que les textes, lois, traités et accords internationaux
appliqués au Cameroun sont conformes à la constitution, d’arbitrer les conflits entre les
institutions publiques et de veiller à la régularité des élections présidentielles,
parlementaires ou référendaires. Le conseil constitutionnel comprend onze (11) membres
désignés pour un mandat de six (06) ans renouvelables. Ces membres du conseil
constitutionnel sont nommés par le décret du président de la République et désignés de la
manière suivante :
- Trois (03), dont le président de la République,
- Trois (03), par le président de l’Assemblée Nationale, après avis du bureau,
- Trois (03), par le président du Senat, après avis du bureau,
- Deux (02), par le conseil supérieur de la magistrature.
En plus des onze (11) membres prévus ci-dessus, les anciens présidents sont, de
droit, membre à vie du conseil constitutionnel.

B- Collectivités territoriales décentralisées


Les collectivités territoriales décentralisées de la République sont les régions et les
communes. Elles ont pour mission de promouvoir le développement économique, social,
sanitaire, éducatif, culturel et sportif de ces collectivités.

II.1.2 Les institutions sociales


Elles sont constituées de : les ONG, les syndicats, les médias, les GIC

Tableau n°4 : institutions sociales


O.N.G SYNDICATS MEDIAS GIC
-ONG nationaux Un syndicat est un regroupement de Médias public
ONG international personnes exerçant une même Médias privés
profession ou des professions
connexes en vue de défendre leurs
intérêts socio-économiques
communs. On le GICAM
(groupement interprofessionnel
pour l’étude des intérêts
économiques au Cameroun),
SCIEC(le syndicat des
commerçants import-export du
Cameroun).

II.1.3 Les textes qui organisent un Etat


Ces textes sont multiples et variés à savoir : constitution, la loi, le décret,
l’ordonnance, le traité, l’Arrêté, la circulaire et la Note de service. Le tableau ci-dessous
présente chacun des textes.
Tableau N°5 : les textes qui organisent un Etat
N° Textes présentations Autorités exemples
compétentes
1 Texte définissant l’organisation Président de la
et le fonctionnement d’un Etat. république et le
Les différentes constitutions au parlement La constitution
Cameroun sont : du 18 janvier
- La constitution du 04 1996
mars 1960, elle établit
la République du République du
Cameroun doté d’un Cameroun
régime politique semi-
présidentiel ;
- La constitution du 1er
septembre 1961, elle
constitution établit la République
fédérale du Cameroun
dotée de deux Etats
fédérés ; -République
- La constitution du 02 fédérale du
juin 1972, elle consacre Cameroun
l’unification et instaure
la République unie du
Cameroun ;
- La constitution du 18
janvier 1996, elle se
justifie par le souci de -République
moderniser et de unie du
démocratiser les Cameroun ;
institutions politiques

-République du
Cameroun
2 La loi est une règle Président de la Loi
établie par le parlement et république et le d’Orientation de
promulguée par le Président de parlement, 1998.
la République qui s’applique à magistrat
tous dans un pays, exemple la
La loi loi d’orientation de 1988.
Règle votée par le
parlement, promulguée par le
président de la République,
publiée au journal officiel et
applicable à tous.

3 Texte du Président de la Président de la


Le décret République ou du Premier République et le
Ministre qui précise les premier ministre
conditions d’application d’une
Loi.
Décision prise par le
Président de la République ou
le premier ministre pour
nommer les fonctionnaires
pour faire appliquer les lois.

4 Décision du gouvernement Parlement,


ordonnance prise avec l’autorisation du ministre
parlement
Texte définissant ce qui est
traité convenu entre plusieurs Etats
dans un domaine donné.
5 Décision prise par une autorité ministres
Arrêté administrative et publiée en
vue de son application.
6 circulaire
7 décision
8 Note de
service

II.1.4 Les éléments constitutifs de la citoyenneté


Ce sont l’esprit citoyen, l’altérité, le bien public.
II.1.4.1 L’esprit citoyen
C’est un sentiment qui nous rappelle que nous appartenons à un pays par conséquence,
nous sommes sujet de droit et de devoir vis à vis de notre Etat.
II.1.4.2 L’altérité
Cette expression renvoie à l’alter ego, c’est-à-dire un être qui est différents de moi du
point de vue de la culture, des opinions, de l’idéologie. Au nom de ses opinions, l’autre ne
saurait être combattu.

II.1.4.3 Le bien public


C’est un bien destiné au grand public, mis en place par l’Etat ayant un caractère
utilitaire. Exemple une école primaire publique.

II.1.5 Patriotisme
Il se manifeste par le respect des institutions de la République, des emblèmes et de
l’Etat.

II.1.5.1 Les emblèmes nationaux


L’emblème national est un symbole particulier à un Etat. Les principaux emblèmes du
Cameroun sont :
Tableau N°6: emblèmes nationaux
N° Emblèmes nationaux descriptions
1 C’est une étoffe à trois bandes verticales d’égale
dimension de couleur vert, rouge, rouge frappé d’une
étoile d’or sur la bande rouge.
 La couleur verte représente la forêt équatoriale
Le drapeau camerounais du Sud-Cameroun.
 La couleur rouge représente le sang des
camerounais tués pendant la guerre
d’indépendance.
La couleur jaune représente le sol, la savane ; mais
surtout les steppes du Nord-Cameroun
2 La devise est une forme brève qui exprime une pensé, un
sentiment, une règle de vie ou de conduite. La devise au
La devise du Cameroun Cameroun est : Paix-Travail-Patrie. Elle a été adoptée le
05 novembre 1957.

.
L’hymne nationale est un chant patriotique pour
représenter un pays dans les cérémonies officielles
Le titre de l’hymne national du Cameroun est « O
L ‘hymne national Cameroun berceau de nos ancêtres » il a été composé en
1927 à FOULASSI par Samuel MINKYO BAMBA qui
composa la musique et René JAM AFAN qui arrangea
les parole. Il est adopté 05 novembre 1957.

II.1.6 Intégration nationale


C’est l’insertion harmonieuse d’une personne dans son pays ou un mélange
harmonieux des individus dans la société. On peut exprimer son insertion nationale à travers
les habitudes alimentaires, le mode vestimentaire, les langues nationales, les danses
traditionnelles…

Tableau N°7 : intégration nationale et ses agents

Etat Collectivité famille Etablissement


territoriale scolaire
décentralisée
Intégration Affectation des Accepter les Appliquer le
nationale fonctionnaires mariages règlement
sur toute exogamiques intérieur à tous
l’étendue du les élèves, port
territoire de la tenue
II.1.7 L’état civil
C’est la situation d’une personne dans la famille ou la société. Il revêt un caractère très
important.
Pour l’administration, l’état civil joue un rôle très essentiel : évaluation des naissances,
des mariages et des décès. Il aide à la planification et à la programmation de la politique
économique et sociale.
Pour l’individu, l’acte d’état civil permet d’individualiser les personnes et de jouir de
plusieurs droits dans la vie sociale.
On distingue trois actes d’état civil : acte de naissance, acte de mariage, acte de décès.

Tableau N°8 : les différentes formes d’état civil


Acte de Acte de mariage Acte de décès
naissance
Etat civil Il est délivré par On a trois types de Acte qui atteste
l’officier d’état mariage : mariage la mort d’un
civil, avec un coutumier ou individu.
délai de trois (o3) traditionnel,
mois. mariage civil et le
mariage religieux

II.1.7 L’éducation à l’intégrité


C’est la formation ou la motivation première à enseigner à l’individu à être conforme à
ce que l’on est réellement. Exemple affirmer son identité culturelle, être incorruptible.

II.1.8 L’éducation aux droits de l’Homme


C’est la formation donnée à un individu pour maitriser ses privilèges en tant
qu’individu reconnu par la loi. Comme droit de l’homme, nous avons la liberté de réunion, le
droit à la vie, le droit de propriété, le droit au travail, le droit à l’instruction.

II.1.9 Les droits civiques


C’est l’ensemble des privilèges que bénéficie un individu vis-à-vis de l’Etat. Il s’agit
du droit de vote, droit à la vie, droit de propriété, droit de participer à la gestion de la chose
publique, de la liberté de réunion, de la liberté de religion.
II.1.10 L’électeur
Sont électeurs, les camerounais des deux sexes âgés d’au moins 21 ans jouissant de
droits civil et politique et régulièrement inscrits sur les listes électorales. Les étrangers
naturalisés, les femmes étrangères devenues camerounaises par leur mariage jouissent du droit
de vote selon les dépositions prévues par la loi.
Les personnes condamnées pour un crime ou atteinte contre la sureté de l’Etat et,
celles qui sont sous le coup d’un mandat d’arrêt, les faillis non réhabilités, les handicapés
mentaux sont privés du droit de vote.
Au Cameroun, le Président de la république, les députés de l’Assemblée Nationale et
les conseillers municipaux sont élus au suffrage universel direct et secret et les sénateurs au
suffrage indirect.

II.2 L’éducation morale


D’après Macaire, F (1993 : 369) « l’éducation morale est la somme des efforts
réalisés pour que l’enfant pratique le bien et évite le mal ».
C’est le deuxième domaine de l’enseignement l’Education a la Citoyenneté, a la Morale et a
l’Intégrité , il comporte des éléments suivants : les règles de conduite morale, les fléaux
sociaux, l’éducation à la solidarité et à l’entraide et le lien social.

II.2.1 Les règles de conduite morale


C’est un ensemble de comportements à observer pour l’intérêt de tous. C’est le cas de
la paix, la tolérance et la compréhension mutuelle.

II.2.2 Les fléaux sociaux


C’est l’ensemble des maux qui minent notre société à savoir : la drogue, l’alcoolisme,
la prostitution, le tabagisme, la délinquance juvénile, le vol, le viol.

II.2.3 L’éducation à la solidarité et à l’entraide


La solidarité est un sentiment qui pousse des personnes à s’accorder une aide mutuelle,
soit par devoir moral, soit par ce qu’une communauté d’intérêts existe entre elles.
II.2.4 Le lien social
Un lien social est une relation, une attache, une union contractée au sein de la société.
Parmi les liens sociaux, on a l’attachement d’un individu aux institutions de la république
(citoyen), la camaraderie, le mariage, la collaboration, l’amical…

Conclusion
L’étude détaillée des domaines de l’éducation et morale de l’enseignement de
l’Education a la Citoyenneté, a la Morale et a l’Intégrité nous plonge dans une acquisition sans faille
des valeurs, républicaines, citoyennes, morales socio-affective et, culturelle chez l’élève
maitre chargés de les susciter, les renforcer et les entretenir auprès des apprenants salutaires
pour développer les valeurs citoyennes, morales et intègres.