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LES RECEPTEURS RADIO FREQUENCES

I- Introduction
Dans un canal de télécommunication radioélectrique, les frontières entrent « antenne »,
« réception », « démodulation », « traitement du signal » sont définies par des habitudes aussi
bien que par des techniques différentes.
En général, dans un système complexe (satellite, radar, etc.), les circuits de « réception
» commencent à la sortie de l'antenne, le signal étant sous forme électrique, jusqu'à la sortie
du démodulateur analogique principal, Ce signal en "bande de base" étant à un niveau
suffisant et permettant la démodulation ultérieure de ses diverses composantes, puis leur
traitement et décodages éventuels.
La réception se place ainsi après la Propagation des ondes radio, et les antennes, et
avant les démodulations secondaires, multiplexages, décodages, etc.
Dans un système simple, comme la radiodiffusion, le terme "réception" comporte en
fait tous les éléments jusqu'à la sortie audiofréquence, et même le haut-parleur.
II- Caractéristiques
2-1 Sensibilité
La sensibilité d'un récepteur est l'amplitude du signal à appliquer à son entrée pour obtenir
à la sortie du démodulateur un rapport signal sur bruit déterminé. La sensibilité d'un récepteur
définit sa capacité à recevoir des signaux faibles. Elle s'exprime de diverses façons selon les
applications :

 En radio AM ou radio FM : en volts ou dBV à l'entrée pour obtenir une puissance de


sortie audio donnée. Elle est alors mesurée en utilisant un générateur de signaux calibrés ;
le signal de sortie est modulé à 30 % par un signal audio de 1 kHz.
 En radiotéléphonie HF et VHF, c'est le niveau à l'entrée antenne donnant un rapport
signal sur bruit (S/B) donné en sortie audio, dans chaque modulation. En effet le bruit
dans le récepteur dépend de la largeur du filtre utilisé et du type de démodulation.
Exemple de spécification d'un récepteur de trafic sensible : 0,3 µV à l'entrée pour 10 dB de
S/B en sortie, en BLU. Le S/B de 10 dB étant une limite basse acceptable en BLU, un signal
de 0,3 µV est nécessaire pour l'obtenir, en ne considérant que la contribution du récepteur (le
bruit propre de l'antenne, et surtout de l'environnement extérieur pouvant être prépondérant).

 En transmission de données et radio numérique, c'est le niveau à l'entrée antenne


donnant un taux d'erreurs (BER) inférieur à une valeur donnée.
 Pour un récepteur entrant dans un système (exemple : faisceau hertzien, répéteur
satellite, etc.), la sensibilité est séparée en deux paramètres : le facteur de bruit d'entrée et
le gain global.
Les signaux d'entrée pouvant être très faibles, les niveaux sont exprimés en microvolts, ou
en « dBµV » (dB relatif à 1 microvolt).
La sensibilité d'un récepteur dépend essentiellement du facteur de bruit du premier étage et
de sa bande passante globale.
2-1 Sélectivité
La sélectivité d'un récepteur décrit l'aptitude du récepteur à séparer le signal désiré des
signaux perturbateurs (tels que d'autres émetteurs à des fréquences voisines). La sélectivité
peut être définie globalement par le facteur de réjection du canal adjacent ou du canal alterné,
c'est-à-dire le rapport entre les puissances mesurés dans le haut-parleur lorsque, le récepteur
étant réglé sur la fréquence Fp, le générateur est réglé à la fréquence Fp, Fp +∆Fp ou Fp +
2∆fp. ∆Fp étant la largeur d'un canal (5 ou 10 kHz pour les émissions AM par exemple).
Un récepteur idéal présenterait une réponse en fréquence « carrée » : réponse constante
dans la largeur de bande de la modulation, réjection totale hors du canal utile. Un récepteur
réel est caractérisé par :

 Ses fluctuations de gain et de phase dans la bande utile reçue, qui doivent être
minimisées
 Sa réjection des canaux proches,
 Sa réjection générale des signaux hors bande,
La réponse du filtre doit être suffisamment large pour contenir le spectre complet du
signal à recevoir, et pour accepter les dérives de fréquence de l'émetteur et de l'oscillateur
local du récepteur. A cependant, la réponse du filtre doit être suffisamment étroite pour
réjecter convenablement les émissions adjacentes.
Ces divers paramètres s'expriment par un graphique donnant la réponse en fréquence du
récepteur attaqué par un générateur étalonné, avec trois chiffres principaux :

 largeur en Hz à -3 dB ;
 largeur en Hz à -20 dB ;
 réjection hors bande en dB.
Le rapport entre la largeur à -3 dB et à -20 dB définit le facteur de forme du filtrage
(raideur). La sélectivité d'un récepteur est essentiellement donnée par la courbe de réponse des
filtres Fi, et, pour les récepteurs bande étroite, par le bruit de phase de l'oscillateur local.
2-3 Dynamique
La dynamique d'un récepteur s'exprime sous plusieurs aspects :

 Dynamique voie utile : Le rapport entre le signal le plus grand toléré à l'entrée avant
apparition de distorsions, et le signal le plus faible (déterminé par le bruit du récepteur).
Cette dynamique est obtenue en général par un système de contrôle automatique de gain.
 Blocage : Le signal maximum hors bande toléré pour un niveau de perturbation sur le
signal utile. Cette performance est liée à sa plage de linéarité, les étages concernés étant
ceux en amont du filtrage fi.
 Intermodulation : Lorsque le récepteur reçoit sur son entrée antenne deux signaux
forts, décalés de son canal utile respectivement de DF et de 2DF, le phénomène
d'intermodulation d'ordre 3 provoquera l'apparition d'un signal parasite sur son canal utile.
Les étages concernés sont ceux situés en amont du filtrage Fi. La protection contre
l'intermodulation s'évalue par le "point d'interception d'intermodulation" en entrée.
Voir intermodulation.

La conception d'un récepteur pour des signaux à faible dynamique dans un environnement
de bruit radioélectrique stable (par exemple un récepteur de télévision satellitaire) est en effet
beaucoup plus simple que celle d'un récepteur de trafic, capable de recevoir un signal à un
niveau de 1 microvolt avec des signaux de fréquence proche à des niveaux de 100 mV par
exemple.
2-4 Stabilité
Le terme stabilité regroupe plusieurs notions, liées aux variations des performances en
fonction de la température, de la tension d'alimentation et du vieillissement.
Le point essentiel est la dérive de l'accord, donc de la fréquence reçue, en fonction de la
température et du temps. Elle s'exprime selon diverses échelles de temps :

 à court terme, pendant le démarrage d'un récepteur ;


 à moyen terme, selon température et alimentation, en Hz par degrés C (Hz/°C) ;
 à long terme, selon le vieillissement des composants, en limites de variation absolue.
Pour assurer la stabilité en fréquence, les récepteurs peuvent utiliser des techniques de
compensation, de stabilisation en température, de commande automatique de fréquence
(CAF), des oscillateurs à quartz commandant un synthétiseur, des horloges maître externes,
par exemple atomiques, comme certains récepteurs GPS militaires.
Quand tous les oscillateurs d'un récepteur sont commandés par un « oscillateur maître »
unique, c'est la stabilité de cet oscillateur qui fixe la performance. Les ordres de grandeur de
stabilités possibles varient de 10-5 pour un quartz standard à 10-7 pour un quartz sélectionné et
stabilisé en température (TCXO ou OCXO), jusqu'à 10-11 pour une horloge atomique.
2-5 Bruit de phase
Cette performance définit les fluctuations de phase ajoutées au signal par le récepteur.
Elle est essentielle pour les démodulations de phase (GPS par exemple) ou de fréquence à
bande étroite. Ces fluctuations sont dues principalement aux oscillateurs locaux, à la qualité
de l'oscillateur maître et aux méthodes de synthèse qui suivent. Les oscillateurs locaux
obtenus par multiplication d'un oscillateur à quartz, ou par synthèse de fréquence directe,
présentent un bruit de phase plus faible que ceux obtenus par VCO et synthèse de fréquences
à boucle de phase.
Elle se définit en rapport signal sur bruit du signal en bande de base, ou du signal démodulé,
pour une entrée antenne à fort niveau (afin de ne pas avoir du bruit thermique, caractérisé par
la sensibilité).
2-6 Réglage d’accord
On appelle "accord" le fait d'amener un circuit LC sur une fréquence désirée. Certains
circuits peuvent nécessiter un accord variable, si plusieurs fréquences doivent être reçues. Ce
sont les filtres d'entrée RF, et l'oscillateur local. Selon qu'un récepteur doit recevoir un canal
fixe ou une sélection de canaux, ou une bande de fréquence continue, il utilisera diverses
techniques d'accord :

 du plus simple : récepteur monocanal (GPS, télécommande de portail, etc.) ;


 au plus sophistiqué : récepteur à réglage continu par pas de 10 Hz couvrant de
10 kHz à 1 000 MHz (récepteur de trafic ou de renseignement).
Historiquement, l'accord des récepteurs se faisait par des composants LC variables dans les
filtres RF et oscillateurs. Aujourd'hui, l'accord variable de l'amplificateur RF continue de se
faire par des éléments d'accord variables, alors que l'accord de l'oscillateur local est effectué
par le système de synthèse: boucle à verrouillage de phase, ou synthèse directe (DDS).

2-7 Réponse Parasite


Un récepteur étant programmé sur un canal donné ("voie utile"), on observera souvent
qu'il peut présenter une réponse sur d'autres fréquences, si le niveau de signal sur ces
fréquences est élevé. On évalue cette performance par le niveau antenne nécessaire pour
produire une réponse sur ces fréquences. La réponse parasite la plus connue pour les
récepteurs à changement de fréquence, est la fréquence image principale : C'est l'autre
fréquence (autre que la fréquence utile) qui donne par combinaison avec l'oscillateur local Fo,
une fréquence égale à la Fi.
Les autres réponses parasites éventuelles sont :
- La fréquence image du deuxième mélange, s'il existe.
- Toutes les fréquences Fp en entrée, combinées avec Fo, telles que n Fp + m Fo = fi (où n et
m sont des entiers relatifs). Ces réponses sont essentiellement dues aux phénomènes de non
linéarité, notamment du mélangeur. Pour les recherches exhaustives, on considérera même
toutes combinaisons des oscillateurs présents dans le récepteur, avec les fréquences d'entrée.
Les réponses parasites sont déterminées par le filtrage en amont des mélangeurs, par les
caractéristiques d'intermodulation des mélangeurs, et par la pureté spectrale des oscillations
appliquées à ces mélangeurs.
III- L'architecture des récepteurs
L'architecture des récepteurs a évolué progressivement depuis le simple détecteur,
jusqu'aux schémas à multiple conversion et synthétiseurs. Les étapes principales de définition
d'un récepteur pour une application nouvelle, ou une amélioration d'un concept existant, sont
destinées à assurer les performances demandées :

 L’analyse de la chaîne de gain : répartition, stabilité, etc.


 L’analyse du plan de fréquence : fréquences images, fréquences parasites, etc.
 L'analyse des filtrages : de canal, de réjection des images, des bandes proches, etc.
 l'analyse du facteur de bruit global tous étages compris : formule de Friis, etc.
 L'analyse des oscillateurs locaux et de leur méthode de génération : pureté spectrale,
stabilité de fréquence, etc.
3-1 Le récepteur à simple conversion
Le récepteur à simple conversion, historiquement appelé superhétérodyne, est la structure
de récepteur la plus utilisée, tant en radio qu'en télévision ou en hyperfréquences (radar,
GSM, GPS, etc.). Elle est caractérisée par l'utilisation d'un étage changeur de fréquence, ce
qui permet une amplification plus aisée du signal.
Dans un récepteur superhétérodyne, les différentes fonctions d'amplification, de filtrage,
de démodulation, sont confiées à des étages distincts :

 la sensibilité est déterminée par les différents amplificateurs ;


 la sélectivité est déterminée par le filtre FI ;
 la réjection des fréquences images est assurée par le filtre d'entrée.
Notations :

 Fo est la fréquence de l'oscillateur local.


 Fp est la fréquence de la porteuse à recevoir.
 Fi est la fréquence de l'amplificateur intermédiaire.
Le schéma ci-dessous montre la structure du récepteur superhétérodyne courant utilisé en
radiodiffusion AM.
3-2 Récepteur Multiple changement de fréquence
Dans le récepteur superhétérodyne, la valeur de la fréquence intermédiaire influence à la
fois la sélectivité et la réjection de la fréquence image. Lorsque la FI est grande, la réjection
de la fréquence image est aisée (puisqu'elle est située à 2.FI de Fp) mais il est difficile
d'obtenir une bonne sélectivité.
C'est la raison pour laquelle certains récepteurs (ondes courtes, mais aussi récepteurs de
signaux de satellites, radar, etc.) mettent en œuvre un double changement de fréquence. Le
premier changement de fréquence utilise une fréquence intermédiaire (FI1) élevée (par
exemple 50 MHz) de façon à rejeter aisément la fréquence image. La seconde fréquence
intermédiaire, FI2, sera nettement plus basse (par exemple 455 kHz), ce qui permet d'utiliser
des filtres piézoélectriques ayant une bande passante étroite et des flancs raides.
Puisque FI1 est fixe, le second oscillateur local peut être à fréquence fixe, stabilisé à l'aide
d'un quartz.
Ce schéma à double conversion peut être encore raffiné en triple conversion, voire
davantage, soit pour permettre des ajustements de filtrage ou de réglage, soit pour permettre
des démodulations de signaux aux bandes passantes très différentes, par exemple radio FM et
télégraphie. Chaque démodulateur est alors précédé d'un amplificateur et filtre à une
fréquence spécifique.
3-3 Récepteur Direct à démodulateur IQ
La structure ressemble à celle du récepteur superhétérodyne, mais ici on choisit Fo =
Fp. La fréquence intermédiaire est donc nulle, et on retrouve à la sortie du mélangeur un
signal issu des bandes latérales, qui est le signal modulant lui-même en BLU ou en AM.
L'ampli FI, le filtre FI et le démodulateur ont donc disparu.

 La sensibilité du récepteur est déterminée par les amplis RF et AF. Du fait que le
facteur de bruit de l'ampli audio est plus élevé que celui d'un ampli Fi, elle est en principe
moins élevée que celle d'un récepteur superhétérodyne.
 La sélectivité est déterminée par le filtre AF.
 Il n'y a pas de fréquence image, donc moins de filtrage d'entrée.
 Fo doit être rigoureusement égal à Fp, sinon le signal démodulé est décalé en
fréquence.
Cette structure était intéressante pour sa simplicité de réalisation mais n'est plus utilisée de
cette façon.
En effet, les composants modernes, comme les démodulateurs "i-Q" intégrés, ont permis
maintenant la conception de récepteurs à conversion directe avec de bonnes performances,
notamment pour les radiocommunications numériques. Dans ces récepteurs numériques, le
signal démodulé n'est plus un signal audio, c'est le signal numérique en bande de base.
En traitant convenablement les deux sorties du démodulateur i-Q, on peut pratiquement
démoduler n'importe quel type de modulation.
Les principales difficultés ont été résolues par les améliorations suivantes :
- la sensibilité : Elle a été améliorée par la conception de mélangeurs performants, à faible
bruit et à forte dynamique, ce qui permet d'avoir un gain RF important, et ainsi de masquer le
bruit thermique de l'étage audio suivant le mélangeur. Par ailleurs, on emploie de façon
généralisée un démodulateur "i-Q" qui permet de récupérer, selon sa configuration, les
modulations de phase et de fréquence, ou même les bandes latérales de façon séparées.
- Le calage de l'oscillateur local sur la fréquence porteuse : Dans certains récepteurs, ce calage
est obtenu par une boucle de phase : le signal de sortie du démodulateur "i-Q" permet
d'obtenir une information sur le déphasage entre l'OL et la porteuse reçue. On pilote la
fréquence de l'OL pour supprimer ce décalage. D'autres récepteurs utilisent la technique de la
Fi "quasi nulle": On accepte un décalage entre l'OL et la porteuse reçue, sachant que les deux
sorties du démodulateur "i-Q" permettent de reconstituer quand même le signal modulant.
3-4 Récepteur superhétérodyne
Un récepteur superhétérodyne est constitué essentiellement de quatre parties : un oscillateur
local, un mélangeur qui mélange le signal de l'oscillateur local avec le signal reçu, un filtre
fixe et un amplificateur de fréquence intermédiaire accordé (les parties centrales du schéma
ci–dessous). Pour optimiser les coûts, on peut utiliser des éléments actifs pour l'oscillateur
local et le mélangeur. Cet étage est parfois appelé converter.
Étape de réception

Schéma synoptique d'un récepteur hétérodyne.


Étape de démodulation
Le démodulateur récupère l'information transportée par le signal modulé. Pour les signaux
MA (modulés en amplitude), on emploie un détecteur à diodes ; pour les signaux MF
(modulés en fréquence), le démodulateur sera un discriminateur, un détecteur de rapport ou un
discriminateur à coïncidence (aussi appelé détecteur à quadrature ou détecteur synchrone).
Finalement, l'amplificateur audio amplifie le signal démodulé et pilote le haut-parleur.
3-5 Récepteur à étalement de Spectre
Certains réseaux modernes de radiocommunications numériques (par exemple certaines
versions des normes 3G, Wi-Fi, Bluetooth ...) utilisent un codage par étalement de spectre.
Il existe deux types principaux de codage :

 le "saut de fréquence" (FHSS) : le signal utile émis change en permanence de canal, de


façon plus ou moins rapide. À la réception, l'oscillateur local en fait de même, selon un
code convenu entre l'émetteur et le récepteur. Ainsi, un brouilleur ne perturbera qu'une
partie temporelle du signal, et celui-ci pourra être reconstitué s'il possède un codage
numérique redondant, grâce à un code correcteur d'erreurs.

 le DSSS : le symbole numérique de base est découpé dans le temps, à l'émission, en un


grand nombre de symboles élémentaires 0 ou 1. L'ensemble des symboles élémentaires
constituent le code de la liaison. Si le code comprend 64 bits, par exemple, le spectre
résultant sera 64 fois plus large que le spectre du signal d'origine. À la réception, le
récepteur large bande démodule ce signal complexe, en le "multipliant" par le même code:
à la sortie du démodulateur, on retrouve le signal d'origine. Ce type de codage est peu
sensible aux effets de trajets multiples (fadding) et permet d'effectuer un grand nombre de
communications sur la même bande, simplement en affectant un code différent à chacune.
En effet, les utilisateurs utilisent des codes orthogonaux entre eux : en sortie de chaque
démodulateur, on ne trouve que le signal destiné à l'utilisateur, les signaux s'adressant aux
autres utilisateurs donnant une tension nulle. Voir CDMA pour un exemple de réalisation.

IV-Etude des différents blocs d’un récepteur


4-1 Antenne et Filtre
Il élimine les signaux indésirables dus aux « fréquences images ». Il est placé avant l'ampli
RF, de façon à éviter sa saturation par des signaux hors de la bande utile. Dans un récepteur
pour une bande réduite, ce filtre peut être fixe, alors que pour un récepteur « toute bande » il
est commutable, chaque filtre couvrant une bande, ou un demi-octave dans les schémas
modernes.
Les filtres à cavités sont utilisés des UHF aux térahertz. Dans ces filtres c'est le champ
électromagnétique qui est filtré, grâce à la géométrie de cavités couplées entre elles. Ils sont
utilisés par exemple dans les duplexeurs de terminaux satellite. Ces filtres sont souvent
remplacés par des filtres à résonateurs diélectrique, qui présentent par rapport aux cavités
classiques une réduction importante de l'encombrement.

Les filtres à réseaux d'éléments réactifs permettent tout filtrage, passe-bas, passe-haut ou
passe-bande, avec des bandes relatives faibles (10-50 %). Ils sont utilisés par exemple comme
présélecteurs (réjecteur de fréquence image), dans les montages à changement de fréquence.
Les filtres à ondes de surface permettent des filtrages RF à facteur de forme élevé, en VHF et
UHF et sont utiles si la bande utilisée est proche d'une bande comportant des émissions à forts
niveaux.
4-2 Amplificateur d’entrée
Appelé aussi LNA (amplificateur faible bruit, ou low noise amplifier), il assure une première
amplification. Il est conçu de façon à obtenir le meilleur rapport signal, sur bruit possible
spécialement aux fréquences supérieures à 30 MHz. À ces fréquences le bruit extérieur au
récepteur est faible, le bruit interne est alors la principale limitation.
Dans les bandes HF, La linéarité en présence de signaux forts est le facteur principal de
performance. Ces deux facteurs étant en partie incompatibles, les récepteurs de trafic
comportent un réglage de gain ou un atténuateur, permettant de choisir entre l'optimisation du
facteur de bruit ou de la dynamique.
4-3 Conversion de fréquence
La conversion de fréquence est une opération de transposition de fréquence. Cette
fonction est assurée par un mélangeur et un oscillateur local.
Le mélangeur : c’est un circuit à deux entrées, fournissant en sortie une fréquence
somme ou différence des deux fréquences d'entrée. Le mélangeur idéal est un multiplicateur,
ce qui explique le symbole utilisé. Il doit être linéaire pour l'entrée « porteuse » et créer un
minimum de produits d'intermodulation non désirés.

Le mélangeur le plus simple est un organe non linéaire, par exemple une diode, recevant
la somme des deux signaux : le signal porteur à bas niveau, le signal oscillateur local à fort
niveau. Ce schéma équipait les premiers radars, et est encore utilisé dans les bandes térahertz
quand aucun autre composant n'est disponible.

Si des signaux de fréquences Fo et Fp sont appliqués à l'entrée du mélangeur, on


retrouve en sortie des signaux à Fo et Fp mais aussi à Fo + Fp et |Fo - Fp|. Le filtre FI va
supprimer les composantes Fo, Fp et Fo + Fp, ne laissant que la composante |Fo - Fp| appelée
fréquence intermédiaire, FI.
L'utilisation d'un mélangeur introduit aussi des produits de mélange non désirés: si le
récepteur est conçu pour F0 = Fp+FI, un signal d'entrée à la fréquence F0+FI sera également
reçu. Cette fréquence F0+FI (soit Fp+2FI) est appelée "fréquence image" et doit être éliminée
au niveau du filtre d'entrée.
Oscillateur Local : Il pilote la seconde entrée du mélangeur. Sa fréquence Fo est choisie de
façon que la fréquence d'entrée soit convertie en fréquence intermédiaire. Il a donc deux
fréquences possibles : Fo = Fp + FI ou Fp - FI.
Selon les fréquences, il peut être issu d'une chaîne multiplicatrice, d'un synthétiseur, ou d'un
simple oscillateur à quartz. Son niveau de sortie doit permettre le fonctionnement du
mélangeur, par exemple environ 10 dBm pour un mélangeur équilibré en hyperfréquence.
Synthétiseurs des fréquences :
Les oscillateurs locaux à boucle de phase (ou PLL) ont d'abord été utilisés dans les
années 1970 en sélection des sous-bandes, par pas de 100 kHz ou 1 MHz, les circuits
diviseurs logiques n'étant pas encore disponibles. Cette fréquence sélectionnée par pas servait
de premier oscillateur local, la sélection fine de fréquence étant toujours assurée par un
oscillateur variable (ou "VFO") en second oscillateur local.
L'apparition des circuits intégrés en diviseurs variables a permis leur usage jusqu'au
pas de sélection de canal, ce schéma est encore courant en radiodiffusion et télévision. Les
synthétiseurs à boucle PLL simple ont cependant une limitation de temps de commutation si
le pas est fin, ce qui est résolu par les synthétiseurs à double boucle, utilisés dans les
récepteurs de trafic modernes.
Les oscillateurs à synthèse directe ou DDS (direct digital synthesis) remplacent
progressivement les PLL. Ils permettent une incrémentation fine, sans temps de commutation
néfaste, se rapprochant ainsi de la souplesse des VFO2.

4-4 Fréquence Image


L'inconvénient majeur des récepteurs superhétérodynes est le problème de la fréquence
image (). Dans les récepteurs hétérodynes, la fréquence image est une fréquence non voulue
symétrique par rapport à la fréquence intermédiaire. Cette fréquence image provoque la
réception de deux stations différentes en même temps, elle génère donc des interférences. Les
fréquences images peuvent être éliminées par une atténuation suffisante du signal entrant, à
l'aide de filtres dans l'amplificateur HF du récepteur superhétérodyne.
Les premiers récepteurs de type « autodyne »8 avaient une fréquence intermédiaire
basse de l'ordre de 150 kHz car à cette époque il était difficile d'entretenir une oscillation
fiable à une fréquence plus élevée. Du coup, la plupart des récepteurs autodynes avaient
besoin de systèmes d'accord d'antenne sophistiqués mettant parfois en jeu des bobines à
accord double pour éviter les interférences dues à la fréquence image. Par la suite les
récepteurs superhétérodynes ont été dotés de tubes spécialement conçus pour les étages
oscillateurs / mélangeurs et qui autorisaient des fréquences intermédiaires bien plus élevées en
réduisant sensiblement le problème de la fréquence image et en permettant ainsi l'emploi de
systèmes d'accord des antennes plus simples et meilleurs marchés.
Aujourd'hui, pour résoudre ce problème on utilise plusieurs étages de fréquence intermédiaire,
et dans certains cas, avec deux fréquences intermédiaires différentes. Par exemple, l'étage
d'entrée doit être sensible de 1 à 30 MHz, la première moitié du récepteur sur 5 MHz et la
deuxième moitié sur 50 kHz. Dans ce cas, il faut deux convertisseurs de fréquence et ce
récepteur est dit « récepteur hétérodyne à double conversion ». Comme exemple, on peut citer
les récepteurs de télévision dans lesquels le signal audio est obtenu à partir d'un deuxième
étage de conversion à fréquence intermédiaire. Parfois, pour des applications spéciales, un
récepteur peut présenter une fréquence intermédiaire beaucoup plus élevée que le signal reçu
afin d'obtenir une réjection très efficace de la fréquence image.

4-5 : Amplificateur Intermédiaire


Le changement de fréquence permet d'amplifier et de filtrer à une fréquence fixe.
Le filtre utilisé dépend de la bande relative et de la raideur à obtenir. Il doit supprimer les
signaux indésirables à des fréquences proches de Fp, ainsi que les composantes indésirables
générées par le mélangeur. D'une façon générale, le filtrage à fréquence intermédiaire est
responsable de la sélectivité de réception, sa largeur de bande doit donc être légèrement
supérieure à celle du signal à recevoir, par exemple:

 environ 6 MHz en réception de télévision terrestre, 30 Mhz en télévision satellitaire


 environ 75 kHz en radio FM
 6 à 10 kHz en radio AM
 2 à 3 kHz en BLU
 500 Hz en télégraphie ou radiotélétype

Les filtres céramique 455 kHz à six éléments (à gauche) et filtre céramique


10,7 MHz (à droite)
Les filtres à circuits accordés, ou plus simplement « filtres LC », permettent des
bandes relatives moyennes (de 10 % à 1 %) jusqu'aux fréquences UHF. Ils sont utilisés par
exemple dans les fréquences intermédiaires des radars.
Les filtres piézoélectriques sont adaptés aux fréquences BF à VHF, permettent des
bandes relatives étroites (de 1 % à 0,01 %). Ils peuvent être de type filtres
céramiques économiques largement utilisés en réception télévision ou radiodiffusion. Les
filtres à quartz plus chers, donnent une meilleure réponse en fréquence (flancs plus raides),
sont utilisés dans les récepteurs professionnels ou radioamateurs en HF (récepteurs de trafic).
Ni la fréquence centrale ni la largeur de bande ne peuvent être modifiés. Pour les signaux
numériques, les filtres à ondes de surface permettent de construire pratiquement n'importe
quelle forme de bande passante, entre quelques dizaines de kHz et quelques MHz pour les
hauts débits. Ils présentent l'énorme avantage d'avoir une phase linéaire, et donc de ne pas
apporter de distorsion de temps de propagation de groupe.
L'amplificateur à fréquence intermédiaire est responsable de l'essentiel du gain du
récepteur. Il est souvent constitué de plusieurs étages avec un contrôle automatique du gain
(CAG). Il amène le signal au niveau nécessaire pour la démodulation.
4-6 Démodulateur
D'une façon générale, un démodulateur opère la fonction inverse d'un modulateur. Alors
que ce dernier modifie une des caractéristiques (amplitude ou fréquence) d'une onde porteuse,
le démodulateur extrait l'information de la porteuse et restitue le signal en bande de base.
Pour les signaux modulés en amplitude, le démodulateur peut être un redresseur à diodes, ou
un démodulateur synchrone, plus linéaire.
Pour les signaux modulés en fréquence ou en phase, le démodulateur peut être un
discriminateur, un détecteur de rapport ou un discriminateur à coïncidence (aussi appelé
détecteur à quadrature ou détecteur synchrone).
Les signaux numériques peuvent souvent être modulé à la fois en phase et en amplitude,
comme la modulation DQPSK ou les modulations QAM. Le démodulateur le plus approprié
est alors le démodulateur « i-Q ». Ce démodulateur, qui permet de démoduler
toute modulation, combine les sorties de deux mélangeurs attaqués respectivement par le
signal OL et par le signal OL déphasé de 90 °.

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