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Porquerolles (Var)

École «Céramiques Techniques»


Du 4 au 9 octobre 2015

Spécificités des céramiques, de leur nature à leur élaboration,


en fonction de leurs applications
Partie III

CÉRAMIQUES THERMOMÉCANIQUES
Jean Denape1 et Anne Leriche2

1 Laboratoire Génie de Production (LGP) - Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tarbes


Université Fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées
jean.denape@enit.fr
2 Laboratoire des Matériaux Céramiques et Procédés Associés (LMCPA)

Antenne de Maubeuge de l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis


anne.leriche@univ-valenciennes.fr
Plan du cours et bibliographie

CÉRAMIQUES THERMOMÉCANIQUES
I. Définition et domaines d’application des céramiques thermomécaniques
II. Généralités sur le comportement mécanique
III. Depuis l’application au matériau et à son élaboration

SCIENCES ET TECHNOLOGIES CERAMIQUES LES CERAMIQUES INDUSTRIELLES : Propriétés,


Gilbert FANTOZZI, Sophie LE GALLET, mise en forme et applications
Jean-Claude NIEPCE Gilbert FANTOZZI, Jean-Claude NIEPCE,
EDP Sciences, Paris, 2009 (834 pages) Guillaume BONNEFONT
ISBN 978-2-7598-0428-3 DUNOD Editeur, Paris, 2013 (498 pages)
ISBN 978-2-10-057739-2
Chapitre 3 – Céramiques thermostructurales
(pages 47 – 117) Chapitre IV.6 – Céramiques techniques à
Chapitre 8 – Céramiques pour applications fonctions thermomécaniques (page 48)
biomédicales (pages 245 – 267) Chapitre VII – Céramiques thermomécaniques
(pages 769 – 798)
Céramiques thermomécaniques 2
I. Définition et domaines d’application des céramiques thermomécaniques

I.1 DÉFINITION des céramiques thermomécaniques


Les « céramiques thermomécaniques » (ou « céramiques thermostructurales ») sont des matériaux
de structure, c'est-à-dire dont la fonction principale consiste à supporter des contraintes dans des
environnements corrosifs ou oxydants, et/ou à des températures particulièrement élevées.

Oxydes Carbures Nitrures Borures


alumine (Al2O3) carbure de silicium (SiC) nitrure de silicium (Si3N4) borure de titane (TiB2)
zircone carbure de tungstène (WC) nitrure de bore (c-BN)
(ZrO2 : PSZ, TZP) carbure de bore (B4C)

Composé céramique ZrO2 Al2O3 Si3N4 BN TiB2 WC SiC B4C Cdiam


Différence d’électronégativité 2,1 1,8 1,2 1 0,9 0,8 0,65 0,5 0
Fraction ionique 0,67 0,57 0,30 0,22 0,18 0,15 0,10 0,06 0
Fraction covalente 0,33 0,43 0,70 0,78 0,82 0,85 0,90 0,94 1

Céramiques thermomécaniques 3
I.2 DOMAINES D’APPLICATION des céramiques thermomécaniques

Résistance Abrasifs (corindon, SiC), lames de découpe, buses de pulvérisation


Applications
mécaniques à l’usure et (agriculture), paliers, roulements, guides-fils (textile), robinetterie (mitigeurs),
à l’impact bagues et joints d’étanchéité (pompe à eau), protection balistique (blindage)
Essai de compression

Si3N4 100Cr6

Abrasifs : corindon bleu (Imerys) Billes en nitrure de silicium pour rollers


St Gobain : 1 million de billes par an (2000)

Cartouche pour robinet


mitigeur avec disques
céramique (alumine)
Prothèse de hanche
Pièces de frottement en zircone (CoorsTek) Éoliennes : roulements céramique (alumine)
Céramiques thermomécaniques pour turbines de 100 kW à 1,5 MW 4
Miroir de télescope spatial (Boostec Tarbes, 2004)

Miroir en carbure de silicium de 3,5 m de diamètre (300 kg)


avant polissage et métallisation (équivalent en verre 1500 kg)

14 mai 2009 Stabilité


dimensionnelle
et rigidité

Épaisseurs 0,5 à 3 mm

Assemblage de 12 secteurs
brasés au silicium à
1500°C

Vérification des soudures

Céramiques thermomécaniques Fabrication du miroir : http://www.flashespace.com/html/avril07/10_04.htm 5


DOMAINES D’APPLICATION des céramiques thermomécaniques

Applications Stabilité Outils de coupe, filières (carbures cémentés, diamant PCD),


thermo-mécaniques thermique échangeurs thermiques (SiC), réacteurs chimiques (SiC)

Hautes performances mécaniques à haute température

Plaquettes d’usinage

Réacteurs en SiC pour la chimie


à flux continu (largeur 0,5 m) :
débit des réactifs supérieur à
300 kg/h (Boostec/Corning)

Tunnelier ( 11 m, A68, 2005) Outil de forage PDC Echangeurs thermiques tubulaires (SiC, longueur 2 m,
Céramiques thermomécaniques (Varel Europe) Boostec) ou à bloc (SiC, diamètre 0,5 m)6
Amélioration du rendement des machines thermiques (années 1970-80)

Céramisation des turbines à gaz


Moteur Diesel adiabatique
 Augmentation des températures de service
 Réduction des pertes vers les circuits de
refroidissement
 Gain de poids ➆
➀ ➂

Cycle de Joule Moteur Renault3’2 litres (1984) ➁


T

(turbines) ➀ Guide de soupape (zircone)
➁ Siège de soupape (zircone) et tête
isobare 3 de soupape
(nitrure de silicium) ➄
adiab.
➂ Conduit d’échappement (titanate d’aluminium)
rév.
➃ Haut de chemise (zircone)
➄ Dessus de 4piston (zircone) ➅
2’ ➅ Axe de piston (nitrure de silicium)
Adiab. 2
➆ Patin de culbuteur (zircone)
rév. isobare
➇ Préchambre
1 de combustion (nitrure de silicium)
S Rotors et aubes de turbine en Si3N4

Céramiques thermomécaniques 7
Résistance à l’usure
Grande précision du jeu fonctionnel
Accroissement de la fiabilité
Injecteur HP (240 MPa) en zircone pour
moteur Diesel (Cummins Engines)

Éléments de turbines
automobiles (NGK Japon)

Patins de culbuteurs en
nitrure de silicium
(Detroit Diesel Corporation)
3 patins par cylindre...

Soupapes
en nitrure de silicium (NGK)
Réduction de masse (inertie)
Meilleure résistance à la
corrosion (à haute température) Filtre à particules
Réduction des émissions de NOx
Joints de pompe à eau automobile
Céramiques thermomécaniques 8
II. Généralités sur le comportement mécanique des céramiques

II.1 Comportement mécanique : élastique linéaire fragile


II.2 La fragilité : origine physique et conséquences
II.3 Critère de fragilité : la ténacité
II.4 Critère de fiabilité : approche de Weibull
II.5 Rupture différée : fissuration sous-critique et fatigue
II.6 Comportement au contact : contact hertzien et Vickers
II.7 Comportement au frottement : concept de troisième corps
II.8 Comportement à haute température : le fluage
II.9 Comportement aux chocs thermiques

Céramiques thermomécaniques 9
II.1 COMPORTEMENT MÉCANIQUE : élastique linéaire fragile Pas de déformation résiduelle

500 Module élastique


rupture

céramique
400 rupture Faible allongement
Contrainte à rupture (MPa)

avant rupture
300
acier déformation
plastique Propagation d’une fissure dans une alumine
irréversible Contraintes à rupture
200
élevées MAIS faible
déformation énergie de rupture
élastique
100
réversible
Vulnérabilité des
∆L céramiques en
0
0 0,5 1 1,5 2 L0 déformations
Allongement relatif (%) imposées et non en
Rupture mixte dans une alumine
efforts imposés (ruptures transgranulaire et intergranulaire)
Céramiques thermomécaniques 10
II.2 LA FRAGILITÉ = absence de ductilité (pas de caractère plastique)

Origine de la ductilité Dislocation dans du maïs


dans les métaux ou un cactus

Mouvement de défauts
d’empilement atomiques
linéaires : les dislocations
Dislocation « coin »
dans un cristal métallique
à réseau cubique

1 2 3 4

Reconstitution des liaisons rompues sous l’effet d’une scission : déformation irréversible (ductilité) 11
LA FRAGILITÉ = absence de ductilité (pas de caractère plastique)

Faible nombre et mobilité Nombre insuffisant de plans Verres : structures amorphes


réduite des dislocations de glissement indépendants (non cristallines)
Von Mises : ductilité si N ≥ 5 N = 0 et pas de dislocation
Céramiques cristallines :
2<N<5
Plan possible
Plan impossible

Non reconstitution des liaisons


rompues sous l’effet d’une scission : Clivage généralement selon les
rupture définitive des liaisons plans denses de faibles indices Tous les matériaux vitreux
sont fragiles
Céramiques thermomécaniques 12
Conséquences : GRANDE SENSIBILITÉ AUX DÉFAUTS MICROSTRUCTURAUX

Défauts de grandes tailles par rapport aux dimensions du réseau cristallin


 Porosités, microfissures... (élaboration)
 Joints de grains, inclusions, impuretés, amas de grains, secondes phases...
 Écaillages, rayures superficielles... (usinage)

Rupture brutale
par clivage à
partir du défaut
le plus sévère
(« défaut
critique »)

Porosité, amas de gros grains... Vitesse de propagation des fissures limitée par la vitesse du son
dans le matériau (propagation d’une onde dans un milieu élastique)
Céramiques thermomécaniques 13
Conséquences : La RÉSISTANCE À LA RUPTURE R d’une céramique n’est pas une propriété intrinsèque

La contrainte à la rupture R dépend de la

Contrainte à la rupture (MPa)


nature, de la taille, de la géométrie, de la Alumine
Alumine
(Hartley 1982)
(Hartley 1982)
localisation et de l’orientation des défauts
contenus dans le matériau

1. Dispersion
importante autour
d’une valeur moyenne
Nécessité d’établir avec précision des critères
de rupture fiables avant toute application
Taille des défauts (µm)
mécanique des pièces céramiques

sR (MPa) Al2O3 Y-TZP Si3N4 SiC


2. Forte sensibilité au Traction 180 360 270 250
type de sollicitation Flexion 320 500 480 470
Compression 1800 3500 1500 2100
Céramiques thermomécaniques 14
II.3 Critère de fragilité : LA TÉNACITÉ

Analyse du champ des contraintes en mode I (mode « par ouverture »)



au voisinage de l’extrémité d’une fissure
2a
fij (q ) KI : facteur d’intensité de contrainte
sij = KI dépend de la contrainte appliquée 
 2p r
et la taille 2a du défaut

Défauts de petites tailles (plaque infinie) :

Propagation brutale et instable d’une fissure à partir d’un défaut de taille 2a Défaut interne :
lorsque KI atteint une valeur critique KIc (ou « ténacité » en MPa·m1/2) KIc = s R p a » 1,77 s R a

KIc
KIc = s R pa soit sR = La ténacité est
pa une propriété
intrinsèque du a 2a
La ténacité permet de relier la contrainte
à rupture à la taille du défaut critique matériau Fissure débouchante :
KIc = 1,22 s R p a » 2 sR a
Céramiques thermomécaniques 15
II.4 Critère de fiabilité : APPROCHE STATISTIQUE DE WEIBULL (Weibull 1951)

La probabilité de rupture P d’une pièce é mù


Probabilité V sæ ö
de rupture
céramique de volume V en traction P (V,s ) = 1- expê- ç ÷ ú
uniforme  s’écrit : ê V0 è s 0 ø ú
ë û
1
m : module de Weibull (nombre sans dimension)
caractérise la dispersion (céramiques : 5 < m < 25)
0,75
Probabilité de rupture P

Plus m est petit plus la courbe est étalée (dispersée)


0,50 m
0 : paramètre d’ajustement (dimension d’une contrainte)
0,25 V0 : volume de référence (arbitrairement V0 = 1 m3)

R : contrainte moyenne à la rupture d’un lot


0
200 300 R 400 500 de pièces (correspond à P = 0,5)
Contrainte appliquée 
Céramiques thermomécaniques 16
Application : comparaison des performances de deux céramiques

Céramique 1 : R = 500 MPa et m1 = 6


Céramique 2 : R = 400 MPa et m1 = 12 1

0,9
Probabilités de rupture :
0,8
P1 (350 MPa) = 7,8 % P1 (280 MPa) = 2,1 %
P2 (350 MPa) = 13 % P2 (280 MPa) = 0,9 % 0,7

Probabilité de rupture P
0,6
m2
Céram 1 > Céram 2 Céram 2 > Céram 1 0,5 m1
Équiprobabilité : 0,4
P1 = P2 = 4,6 % à  = 320 MPa Flexion 3 points
0,3
4 mm × 4 mm
 < 320 MPa  > 320 MPa
0,2
Meilleures Meilleures
performances avec 30 mm
performances avec 0,1
la céramique 2 la céramique 1
0
mais probabilités 300 400 500 600 700
de rupture élevées Contrainte appliquée 
Céramiques thermomécaniques 18
II.6 COMPORTEMENT AU CONTACT statique (Zaïdi 2002)

a) Contacts hertziens (bille-plan) : réponse purement élastique

➀ FN ➁ ➂
FN

1 1

Fissuration annulaire Fissuration Fermeture de la fissure


(tension en périphérie conique au déchargement
du contact)
µ = 0,2

Extension au glissement
Tension maximale à
l’arrière du contact
Fissures semi-coniques
à l’arrière du contact
(en tension) 100 µm

Glissement d’une bille en carbure de tungstène sur une


surface lisse de verre (Shipway, in Hutchings 1992)
Céramiques thermomécaniques 19
Comportement au contact
b) Indenteurs Vickers (pyramide) : réponse élasto-plastique (empreinte permanente : mesures de dureté)


(1) FN ➁ ➂ ➃

Écoulement plastique Formation de fissures médianes perpendiculaires Extension et fermeture


50 µm
confiné sous le contact à la surface (en tension au chargement) et des fissures au
développement de fissures radiales superficielles déchargement
Fissuration latérale (PSZ - 200 N)

➄ ➅

5 µm 10 µm Formation de fissures latérales parallèles à la surface


à partir de la zone plastique (en tension au
Déformation pure (PSZ - 3 N) Fissuration radiale (Si3N4 - 5 N) déchargement) et écaillage final
Céramiques thermomécaniques 20
II.7 COMPORTEMENT AU FROTTEMENT : Concept de troisième corps et notion d’écran dynamique

Utilisation d’un lubrifiant Fonctionnement sans lubrifiant


Phénomène de portance Interactions directes entre solides : destruction
Séparation des surfaces des surfaces et détachement de particules corps 1

corps 2
Piégeage des débris DANS le contact
Réactions avec l’environnement
Formation d’un troisième corps (tribofilm…) 3e corps
Séparation des surfaces (complète ou partielle)
Réduction des interactions entre surfaces

usure
Éjection des débris (provisoire ou définitive)
HORS du contact : intensification des
Épaisseur du film : 0,1 à 1 µm interactions entre les surfaces
Rôle des propriétés La performance tribologique d’un couple Définition actuelle de
mécaniques des matériaux de matériau dépend des propriétés de l'usure = quantité de
(modèles prédictifs) l’interphase produite par les surfaces et ses matière définitivement
capacités à la maintenir dans le contact perdue par le contact
Céramiques thermomécaniques 22
Comportement au frottement : rôle des éléments interfaciaux

Matériaux étudiés (couples homogènes)


Carbure de silicium SSC
Nitrure de silicium SiAlON
Alumine Al2O3
Zircone PSZ
Configuration (particulière) du contact
échantillo charge
n fixe
Frottement
galet
dans l'air
rotatif
vitesse

Conditions de frottement 500 µm

0,1 < vitesses < 4 m/s


1 N < charges < 40 N Production d'une grande quantité de débris
Céramiques thermomécaniques
(SSC-SSC, 40 N, 0,25 m/s, 500 m) 23
Comportement au frottement (alumine, zircone, carbure et nitrure de silicium) : rôle des éléments interfaciaux

20
50  Comportement à V < 0,5 m/sdes débris de
 Effet de l'élimination
Alumine Réduction d'usure = gain de portance de débris
1,2
1,2 la zone de contact (balai humide)
Accumulation des débris DANS le contact
Carbure de silicium sec

Coefficient de frottement
16
40
 Comportement à V ≈ 0,5 m/s humide

Coefficient de frottement

(10-6 mm3·N-1·m-1)
1,1
-6 mm3.N-1.m-1)

1,0
1,0 9,5
3·N-1·m-1)

Taux d'usure
frottement 1Usure minimalesec
= portance maximale

Coefficient de frottement
10

humide
Grand nombre 0,69
de débris dans le contact humide

humide
frottement 0,8 6
12
30 0,8 Frottement maximum sec
-6 mm

0.5 sec 5
0,3 2,2 2,8
 Comportement
0,25 à V > 0,5 m/s
(10
d'usure(10

0,6
0Augmentation d'usure = réduction de portance
0,6
Tauxd'usure

208 0
Élimination SSC
Al2O3 des débris HORS du contact Al2O3 SSC
0,4
0,4 (action de la force centrifuge sur les débris déposés
Taux

usure sur Coefficient


le galet rotatif)
de frottement : illustre la quantité de
4
10 usure échantillon0,2 charge débris présent dans le contact
0,2
fixe Taux d'usure : traduit le débit de débris circulant
galet dans le contact
00 rotatif 0
0
0.1
0,1 0.2
0,2 0.5
0,5 11 22 5
5 10 10
vitesse
Importance du dispositif d'essai : configuration
Vitessededeglissement
Vitesse glissement(m/s)
(m/s)
particulière et cinétique particulière
Céramiques thermomécaniques 24
II.5 RUPTURE DIFFÉRÉE : fissuration sous-critique et fatigue des céramiques
Phénomène de croissance lente des fissures à KI < KIc
sous l’effet d’un mécanisme de corrosion sous contrainte (Charles 1958)
Distorsion locale du réseau atomique et augmentation des potentiels chimiques dans les zones
de faible rayon de courbure (Michalske & Freiman 1982, 1987)

Cas d’un verre (SiO2) Si


s M M M M M
M Si O
OH OH OH OH Si
OH OH M M M M
H2O H 2O H O H
H 2O O O O O H O O
H 2O H2O O
H O H
OH OH M M M MH O Si
OH OH OH OH Si O
s M M M Si
M M M 1. Adsorbtion
2. Hydrolyse
Formation d’un hydroxyde (hydratation en 3. Rupture
présence d’eau vapeur ou liquide) par rupture
Rupture brutale au bout d’un temps d’autant
thermochimique des liaisons M-O-M d’une
plus court que la contrainte appliquée est forte
céramique oxyde et des verres (Si-O-Si)
Céramiques thermomécaniques 25
Rupture différée : loi de fissuration sous-critique et durée de vie

Vitesse de propagation d’une fissure Considération des caractéristiques du stade I pour les calculs de
en mode I : diagrammes (KI ,v) durée de vie (vitesses élevées des stades II et III : v > 0,1 mm·s-1)
1 da
III Défaut v = A K In v= et KI = 2 s a
Al2O3 ln v critique dt
Dans l’air ac Rupture n : facteur de sensibilité
Vitesse de fissuration v (m·s-1)

10-2
II (HR 25 %)
25 °C
à la fatigue statique
Stade I
10-4 Pour la plupart des oxydes
III Défaut et les SiAlON : 10 < n < 20
initial Pour les carbures et les nitrures
10-6
I Dans du
a0 de silicium : 50 < n < 100
II toluène
ln KI
La durée de vie t dépend
10-8 KI0 KIc d’une probabilité consentie
I Wiederhorn
1967 Augmentation de la taille de pièces cassées
10-10 de la fissure de a0 jusqu’à ac n -2
2 4 6 8 10 14 à contrainte constante  s0n-2 æ1 1 öm
t= ç ln ÷
Facteur d’intensité contrainte KI (MPa·m1/2) n -2 n èV 1- P ø
(fatigue « statique ») 2 A (n - 2) KIc s
Céramiques thermomécaniques 26
II.8 Comportement à haute température : LE FLUAGE

Déformation irréversible au cours du temps


L’essentiel de la durée de vie
d’un matériau soumis à une charge constante à température constante
de la céramique a lieu
Domaine I pendant le fluage secondaire
Compression
rupture .
 = A1 ln (t) Vitesse (taux) de déformation ε
T2 > T1 Fluage  : primaire pendant le fluage secondaire (s-1)
rupture
ou transitoire
Déformation  (%)

.
de sk æ- Qö
T1 Domaine II e= =a exp ç ÷
dt d m è RT ø
 = A2 t
Fluage  : secondaire  : contrainte appliquée (Pa)
ou stationnaire d : taille de grains (m)
T : température absolue (K)
Domaine III k et m : paramètres de fluage
I II III Q : énergie d’activation (kJ·mol-1)
 = A3 exp (t)
R : constante thermodynamique
Temps Fluage  : tertiaire
Déformation totale à rupture < 2 à 3 % ou accéléré (8,31 J·mol-1·K-1)
Céramiques thermomécaniques 27
Le fluage : mécanismes de déformation

Fluage primaire Fluage secondaire

Écoulement visqueux Transport de matière par diffusion des éléments


des phases amorphes constituant le matériau : transport de lacunes
(verres, joints de grain) vers les parties en compression entrainant
un flux de matière dans le sens opposé
k > 1 et m = 0
Diffusion dans le Diffusion aux
ou volume des grains joints de grains
Mouvements de Alumine à petits grains (2,5 µm)
dislocations
(par glissement et
montée combinés) dans
les monocristaux ou
sous forte contrainte
dans les polycristaux
Fluage Nabarro-Herring Fluage Coble
4 < k < 5 et m = 0
k = 1 et m = 2 k = 1 et m = 3 Alumine à gros grains (80 µm)
Céramiques thermomécaniques 28
Le fluage : glissement aux joints des grains
Compatibilité de la déformation : diffusion accommodée par « glissement » aux joints de grains
(allongement ou du changement de forme de chaque grain)
Fluage d’une alumine 1650°C, 82,8 MPa, 5 % de déformation (compression horizontale)

Émergence des grains


superficiels

(A) 2,7 % et (B) 10 %


de déformation
Évolution de la microstructure (taille grains 30 µm)
(Cannon & Sherby 1977)
Céramiques thermomécaniques 29
Le fluage : endommagement et rupture

Fluage-cavitation
Fissuration multiple aux joints
des grains (Kossowski 1975)
L:
Formation de cavités aux joints ligament
triples, croissance non rompu
(coalescence des cavités) et
Moussa 1985
propagation des microfissures
(séparation des grains) SiC 1500 °C - 150 puis 220 MPa Alumine 1000 °C, 80 MPa, 78 h, déf. 0,076 %

Céramiques thermomécaniques 30
II.9 Comportement aux CHOCS THERMIQUES

Changement Génération d’un gradient Endommagement local (fissuration)


brutal de de contraintes transitoire si ces contraintes dépassent la
température dans le matériau résistance à la rupture
Plaque infinie refroidie sur ses deux faces (alumine, épaisseur 18 mm, amplitude thermique 200 K)
250
700
choc
Choc thermique
thermique parparrefroidissement
refroidissement Contraintes
Élévation de température (K)

t = 0,1 s t = 0,5 s alumine (! T==200


alumine(∆T 200°C)
K) superficielles en
200 500

Contrainte (MPa)
t=1s tension (700 MPa)
150 300 supérieures à la
surface
tension
t=5s contrainte moyenne
100 100
0 à la rupture du
t = 10 s 10 20 30 Temps (s)
50 -100 matériau (450 MPa)
compression
t = 30 s centre
-300
0
-8 0 8
Temps (s)
Fissuration
Distance au centre (mm)
superficielle
Évolution des températures Évolution des contraintes associées généralisée
au cours du temps en surface et au centre du matériau
(faïençage)
Céramiques thermomécaniques 31
Analyse énergétique d’un choc thermique : cinétique de propagation des fissures (Hasselman 1963, 1969)

1000 Croissance des défauts préexistants


N : nombre de défauts de vers une configuration
grandes fissures
rayon a par unité de volume dimensionnelle minimisant
Différence de température critique ∆Tc

N = 100 l’énergie totale du système


N = 10
500 N=1 N = 100 Propagation « quasi statique »
Domaine N = 10
400 des fissures de grande taille
d’instabilité N=1
Propagation « dynamique »
300
des fissures initiales
petites fissures de petite taille
Domaine (passage dans le domaine
200
de stabilité d’instabilité)

(N = 10) (N = 1)
La fissure continue à s’agrandir
jusqu’à ce que l’énergie
100
10-3 10-2 10-1 1 10 cinétique de propagation soit
Demi longueur de fissure a (cm) convertie en énergie de surface
Céramiques thermomécaniques 32
30
Résistance au choc thermique d’une alumine (Gupta 1972)
20
60
10 taille de grains
Influence de la taille des grains
50
rupture (MPa)

10 µm
40 Passage d’une propagation dynamique (petits grains)
30 34 µm à une propagation quasi statique (gros grains)
à la(MPa)

20
rupture

10
à la(MPa)
Contrainte

40
 Intérêt d’une microstructure fine
40
34 µm
µm (évite l’initiation des fissures)
à la rupture

30
dans le domaine des chocs thermiques
Contrainte

20
peu sévères (∆T < 200 °C)
10
 Intérêt d’augmenter la densité des défauts
Contrainte

30
40 (limite l’extension des fissures)
40µm
85 µm
20
30 dans le domaine des chocs thermiques
10
20 sévères (mais on diminue
10 la résistance à la rupture R)
0 200 400 600 800 1000
30 thermomécaniques Température
Céramiques
(°C)
Température (°C) 33