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Pétro-sédimentologie

Support du cours

Sommaire

CHAP. 0 : Introduction générale ….4

CHAP.1 : La formation des roches


magmatiques….…………………….8

CHAP 2 : La formation des roches


métamorphiques.…………………17

CHAP. 3 : La formation des roches


sédimentaires/…………………….25

Dr DIOMANDE Métangbo
Cel : +22577903312
1
metangbo.diomande@csrs.ci
DJAH KONAN HERMANN FABRICE . 1ère Année GMP/LOKO/Groupe A 4 metangbo@yahoo.fr
TABLE DE MATIERE
CHAP. 0: Introduction générale ........................................................................................................ 4
Définition ........................................................................................................................................ 4
Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) du cours ....................................................... 4
Objet de l’étude ............................................................................................................................. 4
Cycle d’évolution d’une roche ....................................................................................................... 6
CHAP.1 : La formation des roches magmatiques ............................................................................. 8
I.1- Le magma ............................................................................................................................... 9
I.1.1- Définition .......................................................................................................................... 9
I.1.2- Fusion des roches et cristallisation des magmas .......................................................... 11
I.2- Grands groupes de roches magmatiques ............................................................................. 13
I.3- Architecture des roches magmatiques .................................................................................. 16
CHAP 2 : La formation des roches métamorphiques ..................................................................... 19
II.1- les facteurs du métamorphisme ........................................................................................... 19
II.1.1- la température ............................................................................................................... 19
II.1.2- la pression ..................................................................................................................... 19
II.1.3- Les contraintes.............................................................................................................. 19
II.2- Les types de métamorphisme .............................................................................................. 19
II.2.1- Le métamorphisme régional ......................................................................................... 20
II.2.2- Le métamorphisme de contact ..................................................................................... 20
II.2.3- Le métamorphisme dynamique .................................................................................... 20
II.2.4- Le métamorphisme de choc ......................................................................................... 20
II.3- Les effets du métamorphisme .............................................................................................. 20
II.3.1- Les transformations mécaniques des roches ............................................................... 20
II.3.2- les modifications des minéraux ..................................................................................... 20
II.3.3- Les déformations des textures et des structures .......................................................... 21
II.4- Types de faciès métamorphiques ........................................................................................ 21
II.5- Classification des roches métamorphiques ......................................................................... 23
II.5.1- Classification faisant appel à l’origine du matériel ........................................................ 24
II.5.2- Classification basée sur le degré de métamorphisme .................................................. 24
II.6- Nomenclature ....................................................................................................................... 24
CHAP. 3 : La formation des roches sédimentaires ......................................................................... 27
Introduction .................................................................................................................................. 27
III.1- Les différents types de transport ......................................................................................... 31

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III.1. L’action de la pesanteur .................................................................................................. 31
III.1.2 L’action de l’eau ............................................................................................................ 31
III.1.3 Le transport par le vent ................................................................................................. 31
 Le transport par la glace ................................................................................................ 31
III.2- La sédimentation / dépôt ..................................................................................................... 31
III.2.1-Les processus de sédimentation en milieux continentaux ........................................... 31
III.2.2-Les processus de sédimentation en milieux marins ..................................................... 34
III.2.3- La notion de stratigraphie ............................................................................................ 35

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CHAPITRE 0 :
INTRODUCTION GENERALE
CHAP. 0: Introduction générale

Définition
La pétrologie (ou « science des roches ») s'intéresse aux mécanismes (physiques, chimiques et
biologiques) qui sont à l'origine de la formation et de la transformation des roches. Du fait de la nature
des phénomènes impliqués, on peut parler non pas d'une mais de trois disciplines pétrologiques :
- la pétrologie magmatique (parfois aussi dénommée pétrologie « cristalline ») : elle
s'intéresse aux roches d'origine magmatique. Par abus de langage, on res treint souvent
l'usage du terme « pétrologie » à la seule discipline de la pétrologie magmatique.

- la pétrologie sédimentaire : elle s'intéresse aux mécanismes présidant à la formation des


roches sédimentaires, d'où son autre dénomination de sédimentologie.

- la pétrologie métamorphique : elle se donne pour objectif la compréhension des


transformations qui conduisent à la formation de roches métamorphiques.

Acquis d'apprentissage (objectifs d'apprentissage) du cours


Le cours est subdivisé en trois grands chapitres : formation des roches magmatiques, formation des
roches métamorphiques, formation des roches sédimentaires. L'accent est mis d'une part, sur la
nomenclature et la détermination des textures et d'autre part, sur la compréhension des conditions de
formation des roches observées.

Objet de l’étude

Les roches qui nous intéressent appartiennent à


la croûte continentale, cette mince pellicule d'une
trentaine de kilomètres d'épaisseur qui se trouve
directement sous nos pieds.
LVZ
La croûte océanique, plus discrète, n'apparaît
active à nos yeux qu'en de rares endroits sur
notre planète.

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Fig. 1 : Structure interne de la Terre
Notion de roche

Les roches sont constituées de minéraux. Le rapport hiérarchique entre atomes, molécules, minéraux
et roches est comparable à celui qui existe entre les briques et le mur qu’elles constituent. Un atome
est la plus petite partie de la matière inorganique. Le minéral est un assemblage de molécules. La
roche est une agglomération de minéraux.

Roche

Ensemble de minéraux

Minéral Encore un cran au-dessus des


molécules, on a les minéraux. Ceux-ci
sont constitués d'atomes et de
molécules.
En simplifiant, on peut dire que le
minéral, c'est la matière ordonnée

Molécule
Si on monte d'un cran dans
l'organisation de la matière, il y a les
molécules qui sont formées d'un
assemblage d'atomes qui sont liés
entre eux par deux principaux types de
liens: les liaisons ioniques et les
liaisons covalentes.
Atome

L'atome consiste en un noyau central


composé de protons (charges
positives) et de neutrons (aucune
charge), entouré d'électrons (charge
négative) qui gravitent autour du
noyau.

Les roches peuvent être monominérales ou polyminérales suivant qu’elles sont constituées d’une
seule ou de plusieurs espèces minérales. Le marbre est une roche monominérale, formée uniquement
de cristaux de calcite. Le granite est une roche polyminérale faite d'un assemblage de cristaux de
feldspath, de quartz et de mica.

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Cycle d’évolution d’une roche
Rappelons que selon leur mode de formation, on distingue trois grandes familles de roches qui sont
les roches ignées ou magmatiques, les roches sédimentaires et les roches métamorphiques. Les
roches ignées résultent du refroidissement et de la cristallisation de magmas, issus soit du manteau,
soit de la fusion de roches métamorphiques. Les roches métamorphiques résultent de la modification,
par l'action de la chaleur et de la pression, de roches ignées ou sédimentaires, lesquelles proviennent
de la lithification par diagenèse de sédiments. Comme ces sédiments proviennent de la désagrégation
de roches sédimentaires, métamorphiques ou magmatiques, l'ensemble de ces phénomènes forme
un cycle appelé "cycle géologique" (Fig. 2).

Processus de
transformation d’une
boue ou un sable imbibé
d’eau en une roche.

Fig.2 : cycle géologique

Dans le cours qui va suivre, on étudiera les étapes de ce cycle géologique en commençant par les
roches magmatiques et les roches métamorphiques puis nous finirons par le cours de sédimentologie.

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Exercice série 1

Exercice N° 1

Annotez la schema ci-dessous.

Exercice N°2
Donnez la définition des notions suivantes :
a. Pétrologie
b. Pétrologie cristalline
c. Roche
d. Cristal

Exercice N°3
Schématisez et décrivez le cycle géologique.

Exercice N°4
Le manteau de la Terre est une couche intermédiaire entre la croute et le noyeau. La figure suivante
représente une coupe du Manteau (le Manteau se trouve entre 1 et 9)

Questions
1. Comment appelle-t-on la limite 1 ?
2. A quelle profondeur se trouve la limite 9 ?
3. Complétez la légende de la figure ci-dessus
Couche 2 :
Couche 3 :
Couche 4 :
Couche 7 :

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CHAPITRE I :
LA FORMATION DES ROCHES MAGMATIQUES

CHAP.1 : La formation des roches magmatiques


Les roches magmatiques résultent de la cristallisation d'un magma en profondeur (roche plutonique
ou intrusiv e) ou en surface (roche volcanique ou effusive). La profondeur de cristallisation détermine
la texture, grenue pour les roches plutoniques (granite, par exemple) et microlitique ou vitreuse pour
les roches volcaniques (basalte, par exemple). Deux critères de classification sont généralement
utilisés. Les classifications minéralogiques sont basées sur la proportion des minéraux présents
(mode), en particulier les minéraux blancs (quartz, feldspaths, feldspathoïdes) ; la plus couramment
utilisée est celle de Streckeisen. Les classifications chimiques sont basées sur la composition
chimique des roches, à partir de laquelle on peut calculer une composition minéralogique virtuelle
(norme) ; elles sont surtout utilisées pour les roches volcaniques à cause de la présence de verre.
Nous-y reviendrons.

Classification des roches plutoniques Classification des roches volcaniques

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I.1- Le magma

I.1.1- Définition
Le mot magma dérive du grec qui signifie ``résidu pâteux``. Par définition, un magma est un liquide
silicaté de haute température pouvant contenir des gaz en solution et des solides en suspension. Il est
constitué d’une phase liquide (la plus importante), d’une phase solide (cristaux) et d’une phase
gazeuse (0,1- 3%). En effet, il contient :
- des liquides en solution (principalement de l’eau)
- des éléments volatils (H2O, CO2, H2S…)

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- et des fragments de roches en suspension.
Chimiquement, il est composé d’éléments majeurs (Mg, Fe, Ca, Al, Ti, Na, K, Mn) et d’éléments en
traces (teneur inférieure à 0,1%). La diminution de la teneur en silice (SiO2) s’accompagne d’une
augmentation de la teneur en Ca, Fe, Mg au détriment de la teneur en K, Na.

Il existe deux types de magma :


- Le magma primaire qui est un liquide de composition basaltique, directement issu du
manteau supérieur qui n’a pas subi des modifications, soit par cristallisation de minéraux, soit
par contamination. (O’hara, 1965)
- Le magma anatexique. On distingue par ce terme la fusion partielle ou totale de roches
préexistantes. Les magmas qui en résultent prennent le nom de magmas anatexiques.
L'augmentation de température, nécessaire à la fusion anatexique, peut avoir deux origines :
ou bien des roches de l'écorce terrestre, généralement des granités ou des gneiss, sont
poussées pendant la formation des chaînes de montagnes par des forces tectoniques en
profondeur (au-delà de 40 km) où les températures sont importantes, ou bien des magmas
basaltiques très chauds envahissent la croûte terrestre et fondent les roches encaissantes.
Dans le premier cas, on parle d'anatexie régionale car elle intéresse d'importantes régions
orogéniques (longues de plusieurs milliers de kilomètres et larges de plusieurs dizaines ou
centaines de kilomètres) (Fig. 3). Dans le second cas, on a une anatexie de contact bien
localisée au contact entre le magma basaltique et les roches encaissantes.

Croûte Croûte
océanique continentale

Magma
anatexique

Fig. 3 : Formation d’un magma anatexique lors d’une subduction

Qu'est-ce que la silice ?


L'oxygène et le silicium sont les éléments les plus abondants de la croûte terrestre. Ils ont une très
forte attraction l'un pour l'autre et forment la silice SiO2. C’est donc la forme naturelle du dioxyde de
silicium. La forme cristallisée de la silice est le quartz, minéral très fréquent dans la croûte terrestre.
Silicium et oxygène se combinent aussi pour former des groupes anioniques chargés négativement,
SiO4, Si2O7, Si4O11, etc... qui, associés avec des ions métalliques chargés positivement, constituent
les silicates, la plus importante classe de minéraux par son abondance. La quasi-totalité des minéraux
des roches éruptives sont des silicates. Exemple ; l’anorthite (CaOAl2O32SiO2) ou l’hypersthène
(Fe,Mg)O2SiO2

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I.1.2- Fusion des roches et cristallisation des magmas

Le mouvement ascendant du magma


Un magma nouvellement formé, moins dense que les roches
dont il est issu, tend à monter vers la surface du globe. Au
cours de sa lente ascension, le magma rencontre des zones de
plus en plus froides. Mais tant que sa densité reste inférieure à
celle des roches encaissantes, il poursuit son ascension,
forçant son passage à travers la croûte terrestre, absorbant une
partie des roches qu’il rencontre. Cette absorption d'éléments
étrangers est un facteur de modification de la composition
chimique de la masse magmatique.

Fig. 4 : Remontée magmatique

Comment se propage la chaleur qui fond les roches ?


Il existe plusieurs hypothèses à cette question mais nous retiendrons les idées majoritairement
rependues dans le monde scientifique. La chaleur issue des profondeurs atteint lentement les
couches superficielles du manteau par conduction thermique d'une part, par convection (fig.6) d'autre
part. Il semble même qu'il existe des sortes des colonnes étroites ascendantes, que les géologues ont
baptisées panaches, qui apportent dans des zones bien circonscrites, des quantités importantes de
chaleur et à l'aplomb desquelles se trouvent les grands volcans insulaires, Hawaï, par exemple. ces
zones ponctuelles sont appelées des points chauds par les géologues.

Fig 6: Transmission de la chaleur par les mouvements de convection


LVZ (Low Velosity Zone)

Les mécanismes de la fusion de la roche


Les mécanismes de la fusion sont commandés par les conditions de températures et de pressions qui
règnent en profondeur, mais aussi par la présence d'eau. Ce sont les parties les plus facilement
fusibles de la roche qui fondent en premier. Chaque minéral possède une température de fusion qui
lui est propre. La roche étant constituée d'un mélange de minéraux, sa température de fusion
dépendra de sa composition. Généralement ce n’est qu’une faible fraction de la roche qui fond et la

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partie qui demeure à l’état solide est importante. Il est évident que la fusion est d'autant plus complète
que la température est plus élevée. La fusion n'est que partielle lorsque le magma présente du point
de vue chimique, les mêmes éléments que les minéraux les plus fusibles de la roche originelle.
La cristallisation fractionnée d’un magma : série réactionnelle de Bowen

La cristallisation de minéraux différents se produit à des moments successifs dans un magma qui se
refroidit. Chimiquement, la cristallisation fractionnée se traduit par la diminution de la concentration en
éléments basiques (Mg, Fe et/ou Ca) et par une augmentation en éléments alcalins (Na, K, Li Rb)
dans les produits magmatiques au cours de la différenciation. Alors, la cristallisation fractionnée est le
fait que la cristallisation des silicates dans un magma se fasse dans un ordre bien défini, selon la suite
réactionnelle de Bowen et produise des assemblages minéralogiques différents : ultramafiques (ultra
basique c’est-à dire pauvre en silice, mafiques (riche en magnésium et en fer), intermédiaires et
felsiques (riche en silice).
On observe deux (02) lignées qui évoluent parallèlement:
 Une lignée discontinue: la série des ferro-magnésiens
La lignée des minéraux ferromagnésiens sombres: Olivines, Pyroxènes, Amphiboles et Biotites
Cette suite réactionnelle est discontinue car on ne peut pas passer directement d’un minéral à l’autre.
 Une lignée continue: la série des plagioclases

La lignée des Plagioclases conduit de l’anorthite Calcique (basique) à l’albite Sodique (alcaline). La
suite réactionnelle est continue. La température de cristallisation des plagioclases dépend de la teneur
en albite dans le magma (Na et Si). A chaque stade de décroissance thermique nous pouvons écrire
l’équation suivante :
Plagioclase riche en Ca + liquide ==> Plagioclase moins riche en Ca + liquide

Ces différentiations s’effectuent de manière continue car les deux plagioclases ont la même structure:
ils échangent des ions avec le liquide lors de la décroissance thermique.

Mafique

Intermédiaire

Felcique

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Fig. 7 : Suite réactionnelle de Bowen

Prenons comme exemple la cristallisation d'un magma qui refroidit dans une chambre magmatique
(schéma ci-dessous).

Les cristaux ne vont pas se former tous en même temps comme l'exprime la série de Bowen. Les
premiers minéraux à cristalliser seront évidemment les minéraux de haute température, olivine
d'abord, pyroxènes et amphiboles ensuite. Ces cristaux vont se former dans le magma et vont
sédimenter vers la base de la chambre magmatique pour former une roche riche en olivine, pyroxène
et amphibole, une roche ignée mafique, un gabbro par exemple (roche ignée "A" sur le schéma). Le
liquide résiduel sera donc appauvri en ces minéraux; on aura donc un magma de composition
différente de sa composition initiale. Ce magma aura une composition disons intermédiaire.

Si ce magma est introduit dans une chambre secondaire (schéma ci-dessus) et qu'il poursuit son
refroidissement, les premiers minéraux à cristalliser seront les amphiboles, les biotites, le quartz et
certains feldspaths plagioclases, ce qui produira une roche ignée intermédiaire, une diorite par
exemple (roche ignée "B" sur le schéma). Si ce magma fait son chemin jusqu'à la surface, on aura
des laves andésitiques. Ainsi, à partir d'un magma de composition donnée, on peut obtenir plus d'un
type de roche ignée

I.2- Grands groupes de roches magmatiques


Selon le niveau de mise en place du magma on distingue :
 les roches de profondeur (roches plutoniques)
 les roches de semi-profondeur

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 les roches de surface (roches volcaniques)

I.2.1- Origines des roches plutoniques


Les roches plutoniques sont formées par le refroidissement lent du magma en profondeur. Le magma
aura le temps de bien cristalliser, et la roche possédera de gros minéraux visibles à l’œil nu car les
minéraux ont le temps de se former et de grandir. C’est le domaine des roches plutoniques. Il existe,
grossièrement deux grands types de magma : granitique et basaltique.
A- Cristallisation du liquide granitique
Les magmas granitiques sont formés par la fusion de roches riches en silice, ils sont épais et
visqueux. Ils sont trop visqueux pour atteindre la surface de la croûte terrestre. Ils cristallisent alors en
profondeur, car la température devient vite insuffisante pour le maintenir à l'état liquide, formant des
poches lenticulaires de grandes dimensions, bien circonscrites, qui peuvent atteindre plusieurs
dizaines de kilomètres de longueur. Les granites sont les roches de profondeur les plus communes. Ils
constituent la plus grande partie de la croûte continentale. Le refroidissement lent a favorisé le
développement de chaque constituant et la roche présente un aspect grenu. La taille des grains est
de l’ordre du demi-centimètre. Chimiquement, c’est une roche riche en silice, en aluminium et en
potassium, pauvre en calcium et en éléments ferro-magnésiens.
Température

La température minimale
SOLIDE LIQUIDE nécessaire pour qu’un magma
granitique atteigne la surface
Profondeur

de la terre est d’environ 960°C

Fig. 8 : Limite de fusion d’un granite en milieu riche en eau

B- Cristallisation du liquide basaltique


Un magma basaltique, moins riche en silice, sera lui beaucoup plus fluide. De ce fait sa vitesse de
remontée vers la surface sera plus rapide que celle du magma granitique. Les magmas basaltiques
arrivent le plus souvent à l'état liquide en surface. Ce phénomène explique la température de
solidification d'un magma basaltique beaucoup plus forte que celle des magmas granitiques (1200°C
en surface contre 900°C).

La température minimale
nécessaire pour qu’un magma
Profondeur

basaltique atteigne la surface de


la terre est d’environ 1200°C

Fig. 9 : Limite de fusion d’un basalte en milieu riche en eau


L’arrivée du magma à la surface du globe est à l'origine des éruptions volcaniques. La dégazéification
plus ou moins brutale du magma est responsable des phénomènes explosifs avec leurs projections de

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cendres, de lapillis et de bombes. Une fois débarrassé de ses gaz, le magma s’épanche plus
calmement, sous forme de coulées de lave.
Le refroidissement des laves est rapide. Elles engendrent les roches volcaniques que l’on appelle
aussi roches d’épanchement. Les basaltes sont es roches volcaniques les plus communes.
On retiendra que le basalte est la roche volcanique la plus fréquente. Il constitue la plus grande partie
de la croûte océanique. Les minéraux sont toujours très petits, rarement visibles à lʼœil nu. Parfois on
distingue quelques cristaux plus gros. Ce sont ceux qui étaient déjà cristallisés dans le réservoir
magmatique au moment de lʼéruption. Chimiquement, cʼest une roche pauvre en silice, riche en
sodium, en calcium et en éléments ferro-magnésiens. Ces derniers confèrent à la roche sa teinte
sombre.
La viscosité d'un magma dépend de :
 sa température (plus c'est chaud, plus c'est fluide)
 la teneur en eau qui facilite l'hydrolyse de la silice et donc la fluidification du magma
 la teneur en gaz (plus il y a de gaz plus c'est fluide). Cette caractéristique est à l'origine de la
nature explosive ou effusive des volcans.
 l'acidité du magma (plus le magma est basique, c'est dire de moins en moins riche en silice,
plus il est fluide).
 la présence de Na, Ca, Mg, Fe qui permettent la formation de petites chaînes et renforcent
donc la fluidité.

I.2.2- Origines des roches de semi-profondeur


Les roches de semi-profondeur sont obtenues lorsque le magma est monté plus haut que dans le cas
des roches de profondeurs (plutoniques). Il se trouve emprisonné dans un encaissant plus froid, de ce
fait le refroidissement est plus rapide. Cependant on peut exceptionnellement trouver du verre. C’est
le domaine des roches filoniennes. Celles-ci peuvent se présenter en gisements massifs (laccolithes
et lopolithes) lamellaires (filons, dyke, sills), ou coniques (necks).

Fig. 10: Principaux modes de gisement des roches magmatiques

1 : dyke : la roche magmatique recoupe les roches encaissantes.


2 : sill : la roche magmatique est parallèle aux roches encaissantes (concordante).
3 : laccolite : structure de roche magmatique concordante à surface inférieure plane et surface
supérieure convexe vers le haut.
4 : lopolite : structure de roche magmatique concordante en forme de cuvette plate.
5 : batholite : grand massif de roche magmatique qui recoupe l’encaissant.
6 : volcan : relief en forme généralement conique constitué par l’empilement de laves et/ou de
projections ayant atteint la surface.
7 : laves en coussins (Pillow-Lavas) : laves mises en place sous l’eau.
Bien entendu, ces roches ne seront accessibles à nos yeux que plusieurs millions d’années plus tard,
lorsque l’érosion aura fait disparaître les roches qui les recouvraient.
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I.2.3- Origines des roches volcaniques
Ce sont des produits de refroidissement des laves fondues épanchées à la surface. Dans ce cas le
refroidissement est rapide et les minéraux n’ont pas eu le temps de cristalliser. On a donc une roche
vitreuse en dehors de petits cristaux.

I.3- Architecture des roches magmatiques

Notions de texture et de structure d’une roche


On appelle Texture, le mode d’agencement des minéraux dans une roche par contre la structure est
l’architecture de la roche dans son ensemble, c’est l’ensemble des caractères mégastructures d’une
roche, ces caractères étant mieux observables en affleurement qu’en échantillon a plus forte raison en
lame mince. En d’autres termes c’est l’aspect général de la roche sur le terrain.
L’étude de la texture apporte des renseignements d’une importance capitale sur le mode de
cristallisation des roches, et elle fournit, en outre des caractères précieux pour leur classification.
Plus le temps de refroidissement sera long, plus les cristaux auront le temps de se développer. Ainsi,
les magmas qui refroidissent en profondeur, lentement, donnent des roches riches en gros cristaux.
La taille et l'abondance de ces cristaux déterminent des textures différentes.

I.3.1- Texture grenue


La texture grenue (ou phanéritique) concerne les roches magmatiques dont les minéraux sont visibles
à l’œil nu (de grandes tailles). C’est le cas des roches plutoniques. C’est la texture macrocristalline la
plus fréquente et la plus typique.

Elle présente cependant, certaines variétés :


 Texture grenue normale: Tous les minéraux sont
suffisamment grand (diamètre de 1 mm à 3 cm) pour être
visible à l’œil nu et ils ont à peu près la même dimension.
Cette texture caractérise les roches à refroidissement
lent. Ce sont les roches plutoniques. Exemple : les
granites, les granodiorites, les syénites, diorites etc.

 Texture grenue pegmatitique : Les minéraux sont de


grandes tailles mais de diamètre inégaux quelques
centimètres à plusieurs décimètres. La roche de texture
pegmatitique porte le nom de pegmatite. C’est une roche
de semi profondeur.

 Texture grenue aplitique: Les minéraux sont très fins à peine visibles à l’œil nu. Une condition
supplémentaire pour appeler la roche « aplite » est qu’il n’y’ait pas de ferromagnésien dans la
roche.

 Texture grenue porphyroïde: L’aspect de la roche n’est plus homogène. De grands cristaux
centimétriques voisinent avec d’autres millimétriques.

1.3.2- Texture microgrenue


Il n'y a que des cristaux mais ceux-ci ne sont visibles qu'au microscope. La cristallisation est rapide,
ce sont des roches de semi-profondeur Ex : les microgranites, les microdiorites, etc.

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I.3.3- Texture microlitique
La roche n'est pas entièrement cristallisée. On trouve quelques gros cristaux, beaucoup de petits
invisibles à l'œil nu qui sont contenus dans un verre. Le verre correspond à la phase liquide d'un
magma ayant solidifiée très rapidement sans pouvoir former des minéraux. C'est donc un mélange
d'espèces minérales non cristallisées. Les roches possédant cette texture se sont généralement
formées près de la surface terrestre.
La cristallisation donne naissance à des cristaux
microscopiques fins et allongés appelés microlites qui
sont généralement des feldspaths, au milieu d’une
pâte vitreuse amorphe. Elle caractérise les roches
volcaniques comme les basaltes par exemple.

I.3.4- Texture vitreuse ou hyaline


Le refroidissement très rapide n’a pas laissé le temps aux cristaux de se former. Ce n’est que du
verre. Les roches hyalines sont le plus souvent des laves ayant refroidies très rapidement (dans l’eau
par exemple). On peut toutefois y observer des pseudocristaux (les sphérolites).
Ex : les obsidiennes, les ponces etc.

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Exercice série N°2
Exercice 1
Complétez le schéma ci-dessous traduisant la formation d’un magma anatexique.
Décrivez le processus de formation de ce magma

Formation d’un magma anatexique lors d’une subduction


Exercice 2
Complétez le schéma ci-dessous relatif à la suite réactionnelle de Bowen

Suite réactionnelle de Bowen


Exercice 2
Complétez le schéma ci-dessous relatif au gisement des roches magmatiques

1-

2-

3-

4-

Principaux modes de gisement des roches


5-
magmatiques

6-

18
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Chapitre II :
La formation des roches métamorphiques
CHAP 2 : La formation des roches métamorphiques

Introduction
Le « métamorphisme » a une origine grecque et signifie littéralement « changement de forme ». On
s’accorde de nos jours à considérer que le métamorphisme représente l’adaptation minéralogique,
texturale, structurale locale ou régionale des roches demeurant à l’état solide, à des conditions de
pressions et températures différentes de leur milieu d’origine.
Les roches sédimentaires, ignées et métamorphiques sont stables dans les conditions physico-
chimiques où elles se sont formées. Placées dans d’autres conditions, elles perdent leur stabilité et
tendent vers de nouveaux assemblages minéralogiques, et un nouvel ordre structural adapté aux
conditions nouvelles. La roche se transforme d’où le nom de métamorphique.

II.1- les facteurs du métamorphisme


Dans un souci de reconstitution de l’histoire de la terre, les sciences géologiques ne se contentent pas
de décrire les phénomènes. Elles s’attèlent à rechercher les divers facteurs qui ont pu agir pour
modifier les roches. Parmi les divers facteurs du métamorphisme, nous n’en citerons que trois (les
plus importants). Il s’agit de la température, la pression et les contraintes.

II.1.1- la température
La température détermine les zones de stabilité des minéraux. Elle augmente avec la profondeur
suivant le gradient géothermique dont la valeur moyenne est de 30°C/km près de la surface. Dans les
zones où s’installe le métamorphisme régional (-12000 m à -27000 m), cette montée de la
température entraîne les modifications telles que : la disparition de la matière organique, la
décomposition des carbonates avec dégagement de CO2, la déshydratation des minéraux etc.

II.1.2- la pression
La pression lithostatique en un point est due au poids des roches sus-jacentes, c'est-à-dire la
profondeur multipliée par la densité des roches sus-jacentes moins la pression des fluides interstitiels.

II.1.3- Les contraintes


La contrainte est une pression dirigée. Cette force comprime un échantillon suivant une direction, à
des pressions croissantes. L’on obtient d’abord une déformation élastique (proportionnalité entre
l’effort et la déformation), puis pour une certaine valeur, variable d’une roche à l’autre, l’on atteint le
seuil de rupture. L’échantillon se brise. Si cette compression a lieu à une température très élevée,
l’échantillon se déforme de façon plastique.

II.2- Les types de métamorphisme


On distingue plusieurs types de métamorphisme :
- le métamorphisme régional ou thermodynamique

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DJAH KONAN HERMANN FABRICE . 1ère Année GMP/LOKO/Groupe A 4
- le métamorphisme de contact ou thermique
- le métamorphisme dynamique ou cataclastique
- le métamorphisme de choc

II.2.1- Le métamorphisme régional


Le plus important de tous ces métamorphismes est le métamorphisme régional. Il peut concerner des
superficies de milliers de kilomètres carrés. Ces roches se caractérisent par une forte diminution de la
taille de leur grain. Lorsque la température et la pression agissent ensemble, les roches forment une
toute nouvelle suite de minéraux et de structures ou textures (l’arrangement relatif des grains et des
cristaux dans la roche). Ces processus surviennent à grande échelle dans les ceintures de montages
qui se forment au lieu de rencontre des plaques tectoniques. Les roches métamorphiques qui en
résultent se nomment parfois métamorphiques régionales, en raison de leur présence sur des
épaisseurs et des surfaces importantes.

II.2.2- Le métamorphisme de contact


Ce type de métamorphisme apparaît autour d’un batholite. Il est dû à la montée de température.
Lorsque le magma encore très chaud est introduit dans une séquence de roches froides, il y’a
transfert de chaleur et cuisson de la roche encaissante aux bordures. L’intensité du métamorphisme
est décroissante quand on s’éloigne du batholite. Les roches issues de ce métamorphisme sont
appelées cornéennes à cause de leur aspect mat. Ici l’absence de pression orienté fait que les
minéraux ne sont pas orientés. L’extension des roches affectées par ce type de métamorphisme est
limitée de quelques centimètres à quelques kilomètres. (Ici la température domine la pression).

II.2.3- Le métamorphisme dynamique


La pression ou les forces mécaniques comme le cisaillement et le broyage le long d’une faille en sont
la cause. On ne trouvera ces roches que dans la partie haute de la lithosphère (écorce terrestre), les
roches qui résultent de ce métamorphisme sont des roches cataclastiques (cassée en petites
particules) ou mylonitisées (broyée).

II.2.4- Le métamorphisme de choc


Ce type de métamorphisme est produit par les impacts des grandes météorites qui font apparaître la
coésite et la stishovite (forme de très haute pression de la silice), ainsi qu’une pâte vitreuse indiquant
que les conditions de fusion ont été atteintes. Les exemples d’impacts de météorites sont connus aux
Etats-Unis avec le Meteor crater, en Allemagne avec le Riess, au Ghana (le lac Bosumtwi).

II.3- Les effets du métamorphisme

II.3.1- Les transformations mécaniques des roches


La déformation structurale résulte de la « tension-force externe » qui est plus grande que la « tension-
force interne » de la roche. Quand la tension ‘ tension-force’ externe devient trop grande, la roche
réagit par une déformation fragile en se fracturant ou par une déformation ductile en se plissant. Les
exemples de tensions créées dans la nature sont très nombreux : le poids de centaines de mètres de
dépôts dans un bassin de sédimentation crée une tension verticale qui résulte généralement de
l’amincissement et de la compaction des sédiments à mesure qu’ils s’enfoncent de plus en plus
profondément.

II.3.2- les modifications des minéraux


Les transformations d’ordre minéralogique consistent en l’apparition de minéraux nouveaux au
détriment de minéraux préexistants qui disparaissent. On parle alors de recristallisation de la roche.

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DJAH KONAN HERMANN FABRICE . 1ère Année GMP/LOKO/Groupe A 4
II.3.3- Les déformations des textures et des structures
Selon son intensité, le métamorphisme s’accompagne de la création de structures particulières,
notamment la schistosité (la roche se débite en feuillets de même composition minéralogique, lorsque
le métamorphisme est faible), la foliation (recristallisation fine de certains minéraux, comme les micas,
lorsque le métamorphisme est plus fort).

II.3.3.1- La schistosité
La schistosité est une structure planaire qui apparaît perpendiculairement à la contrainte maximale
affectant la roche. Elle correspond à la qualité qu’ont certaines roches métamorphiques (adoises,
schistes) de se débiter en plaquettes.

II.3.3.2- La foliation
La foliation correspond à l’alignement des minéraux de la paragenèse à l’intérieur de la roche
métamorphique sous la contrainte.

Remarque :

Une roche peut recristalliser sans acquérir une schistosité ou une foliation. Il n’ya pas d’orientation
préférentielle des minéraux. Cette structure se rencontre dans le métamorphisme de contact et le très
faible degré du métamorphisme régional. Dans ces domaines, la texture de la roche magmatique
originelle ou la stratification de la roche sédimentaire originelle reste visible. Une telle structure est dite
équante.

Foliation dans une orthogneiss « œillé »

II.4- Types de faciès métamorphiques


Un faciès métamorphique, est l’ensemble des minéraux qui caractérisent un domaine de pression et
de température (domaine P-T). On distingue trois principaux faciès qui sont :
 le faciès schistes verts (épizone).
 le faciès amphibolites (mésozone).
 le faciès granulites (catazone)

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Fig. 11 : Domaine température-pression du métamorphisme.
E = épizone; M = mésozone ; C = catazone
Remarque:
 L'anchizone est la zone intermédiaire entre diagenèse et métamorphisme. Rappelons que la
diagenèse regroupe les processus qui transforment les sédiments en roche sédimentaire.
 L'épizone correspond au métamorphisme de basse pression et de température faible (300 à
500°C). On y trouve de nombreux minéraux hydroxylés.
 La mésozone caractérise un métamorphisme moyen, avec apparition de biotite, muscovite,
staurotide, amphiboles et disthène.
 La catazone correspond à un métamorphisme intense. C’est le domaine de fusion des roches
saturées en eau. La température et la pression y sont élevées mais il y a peu de contraintes.
Les minéraux que l'on y trouve sont la sillimanite, l'andalousite, les grenats et les pyroxènes
ainsi que des plagioclases.

Fig. 12 : Type de métamorphisme progressif

Une roche ignée qui se métamorphise à une température supérieure à 275°C, cristallise dans le faciès
des schistes verts, nommé ainsi d’après la couleur de ses minéraux symptomatiques (la séricite, la
chlorite, l’épidote). Au-dessus de 450°C environ, l’amphibole domine la minéralogie des roches du
faciès des amphibolites (l’amphibole, biotite, muscovite). A une température dépassant 750°C,
l’apparition de pyroxène indique l’origine du faciès des granulites nommé ainsi en raison de la texture
granuleuse et grossière des roches.

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Fig. 13 : Les faciès métamorphiques

Faciès et roches métamorphiques correspondant, associés à la classification


de GRUBENMANN

Minéraux présents dans les différents faciès métamorphiques


Schistes verts Amphibolite Granulite

Chlorite Amphibole Pyroxène


Epidote Biotite Feldspath
Séricite Muscovite Quartz

Roches métamorphiques concernées


Schistes Micaschite Gneiss
Chloritoschistes Gneiss Granulite
Sericitoschistes Amphibolite Marbre
Micaschistes Marbre Quartzite
Roches vertes Quartzite Migmatite

Faible degré Moyen degré Fort degré


Epizone Mésozone Catazone

II.5- Classification des roches métamorphiques


La classification des roches métamorphiques est délicate car se mélangent les caractéristiques des
roches initiales (composition minéralogique, structure etc.) et le degré de métamorphisme
(fonction du couple pression-température lors de leur formation), qui est déterminé à l’aide de
minéraux marqueurs. En effet comme les divers minéraux qui constituent une roche sont stables dans
des domaines de température et de pression bien définis, ils constituent de précieux indicateurs de
l’intensité de métamorphisme subie par la roche.

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DJAH KONAN HERMANN FABRICE . 1ère Année GMP/LOKO/Groupe A 4
II.5.1- Classification faisant appel à l’origine du matériel
Dans les entrailles de la Terre, n'importe quelle roche peut être métamorphisée. Ce peut être une
roche sédimentaire, magmatique ou même une roche métamorphique déjà existante. Selon la nature
de la roche de départ on distingue :
 le para-métamorphisme : c'est une roche sédimentaire qui est métamorphisée
 l'ortho-métamorphisme : c'est une roche magmatique qui est métamorphisée
 le poly-métamorphisme : c'est une roche métamorphique qui est métamorphisée
En partant du granite on obtient un orthogneiss, en partant du gabbro on obtient une orthoamphibolite.
Finalement lorsque l’origine du matériel est connu (on utilise les préfixes para ou ortho pour distinguer
les roches).

II.5.2- Classification basée sur le degré de métamorphisme


Cette classification est basée sur des minéraux et associations minérales repères stables dans des
conditions de pression et de température bien définies qui caractérisent des faciès métamorphiques.
La paragenèse est l’ensemble des minéraux en équilibre dans une roche (composition
minéralogique). On appelle séquence l’ensemble des roches provenant d’une même roche originelle
et dues à des conditions P et T différentes (donc liés à des faciès métamorphiques différents).

Tableau 2 : Exemples des séquences

Séquences
Pélitique Granitique
Argile Granite
F.S Verts Schistes
Micaschistes Gneiss
F. Amphibolite
Gneiss (para) (ortho)

F. Granulite Granulite Granulite

II.6- Nomenclature
Les roches métamorphiques les plus communes sont les gneiss et les schistes.
a. Le gneiss est une roche cristalline formée par un métamorphisme régional (ou général). La
foliation est souvent nette, symbolisée par des lits de teinte sombre et riche en minéraux
ferromagnésiens (micas, amphibole) qui alterne avec des lits plus clairs de quartz et de
feldspaths.
b. Les schistes sont repérables lorsque les cristaux du minéral principal sont disposés en couches
parallèles, formant un grand nombre de feuillets (ou plan de schistosité) selon lesquels les roches
schisteuses se débitent facilement. Leur nom provient du minéral dominant à l’origine de la
schistosité (les micaschistes lorsque les micas dominent).
Une autre roche métamorphique, le marbre, provient de la transformation des roches sédimentaires
carbonatées (calcaire, dolomie). C’est une roche compacte, dure et lourde. Le marbre blanc, avec des
structures cristallines visibles, est la forme la plus pure du marbre.

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Exercice Série N° 3

Domaine température-pression du métamorphisme

Type de métamorphisme progressif

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Les faciès métamorphiques
1. Qu’est-ce que le métamorphisme ?

2. Quels sont les différents facteurs du métamorphisme ?

3. Quelle différence faites vous entre la pression et la contrainte ?

4. Citez les différents types de métamorphisme et leurs caractéristiques

5. Qu’est-ce qu’un faciès ?

6. Qu’est-ce qu’un faciès métamorphique ?

7. Définition de la schistosité

8. Définition de la foliation

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Chapitre III :
La formation des roches sédimentaires

CHAP. 3 : La formation des roches sédimentaires

Introduction
Rappelons que les roches sédimentaires sont composées de particules sédimentaires consolidées ou
non. Les roches sédimentaires sont donc des roches formées en surface. A ce titre, ce sont des
roches exogènes. Le processus de formation de ce type de roche implique quatre phénomènes :
l’altération (physique, chimique et biologique), le transport (gravité, eau, vent, glace…), la
sédimentation dans un bassin et la diagenèse (Fig.).

Fig. 14 : Processus de formation d’une roche sédimentaire

La diagenèse

L'obtention d'une roche sédimentaire se fait par la transformation d'un sédiment en roche sous l'effet
des processus de la diagenèse. La diagenèse englobe tous les processus chimiques et mécaniques
qui affectent un dépôt sédimentaire après sa formation. La diagenèse commence sur le fond marin,
dans le cas d'un sédiment marin, et se poursuit tout au long de son enfouissement, c'est-à-dire, à
mesure que d'autres sédiments viennent recouvrir le dépôt et l'amener progressivement sous
plusieurs dizaines, centaines ou même milliers de mètres de matériel. Les processus de diagenèse
sont variés et complexes : ils vont de la compaction du sédiment à sa cimentation, en passant par des
phases de dissolution, de recristallisation ou de remplacement de certains minéraux. Le processus
diagénétique qui est principalement responsable du passage de sédiment à roche est la cimentation.
Il s'agit d'un processus relativement simple : si l'eau qui circule dans un sédiment, par exemple un
sable, est sursaturée par rapport à certains minéraux, elle précipite ces minéraux dans les pores du
sable, lesquels minéraux viennent souder ensemble les particules du sable; on obtient alors une roche
sédimentaire qu'on appelle un grès. Le degré de cimentation peut être faible, et on a alors une roche
friable, ou il peut être très poussé, et on a une roche très solide. La cimentation peut très bien se faire
sur le fond marin (diagenèse précoce), mais il est aussi possible qu'il faille attendre que le sédiment

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DJAH KONAN HERMANN FABRICE . 1ère Année GMP/LOKO/Groupe A 4
soit enfoui sous plusieurs centaines ou même quelques milliers de mètres de matériel (diagenèse
tardive).
L'induration (cimentation) d'un sédiment peut se faire tôt dans son histoire diagénétique, avant
l'empilement de plusieurs mètres de sédiments (pré-compaction), ou plus tardivement, lorsque la
pression sur les particules est grande due à l'empilement des sédiments.

Dans le cas de la cimentation pré-compaction (schéma du haut), les fluides qui circulent dans le
sédiment précipitent des produits chimiques qui viennent souder ensemble les particules. Exemple : la
calcite qui précipite sur les particules d'un sable et qui finit par souder ces dernières ensemble. La
compaction d'un sédiment (schéma du bas) peut conduire à sa cimentation. Ainsi, la pression élevée
exercée aux points de contact entre les particules de quartz d'un sable amène une dissolution locale
du quartz, un sursaturation des fluides ambiants par rapport à la silice et une précipitation de silice sur
les parois des particules cimentant ces dernières ensembles.
Les particules qui peuvent aller de gros blocs à des molécules dissoutes dans l’eau sont produites par
l’altération et l’érosion de roches ou de sols préexistants. Les sédiments sont déposés par des agents
tels que le vent, l’eau, la glace. Ils peuvent aussi être secrétés par des organismes. Le sédiment
meuble est converti en roche sédimentaire cohérente et solide au cours de la diagenèse. Le gisement
le plus important pour les roches sédimentaires est la disposition en lit ou couches nommés aussi
strate.
Suivant la source des sédiments, les roches sédimentaires se répartissent en trois catégories :
- les roches détritiques proviennent de la diagenèse ou de la lithification (transformation d’un
sédiment meuble en roche sédimentaire consolidée par consolidation et cimentation) d’amas
de particules solides arrachées à des roches préexistantes par les agents atmosphériques.
Ces particules ou débris peuvent être liés par un ciment.
- les roches organogènes dont le sédiment originel est dû à l’accumulation de débris
d’organismes (coquilles, tissus de soutient etc.)
- les roches hydrochimiques où évaporites proviennent de la précipitation des sels dissouts
dans les eaux. (halyte).

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Roche-mère Matière organique

Roches Altération
résiduelles et érosion

Organismes morts et tests Test =coquille,


Solutions ioniques Débris
coque, carapace.

Précipitation Dépôt

Evaporites ou R. détritiques R. organogènes/


hydrochimique R. Carbonatées
s
Fig. 15: Les différents types de roches sédimentaires selon leur origine

Les roches sédimentaires sont classées suivants deux critères : la classification granulométrique (pour
les R. détritiques, les évaporites ou les R. hydrochimiques) et la classification texturale (pour les R.
carbonatées).
Classification granulométrique
Classe
Taille des Pour le
granulomé- Sédiment Roche Aperçu
grains géologue
trique

Je vois les
Graviers /
Ø > 2 mm Rudites Conglomérat grains à l’œil
blocs
nu

La roche est
35 µmm < Ø <
Arénites Sable Grès granuleuse
2 mm
au touchée

Silt Pélites
argile Argiles La roche est
douce au
Ø < 35 µmm Lutites touché. Je ne
vois pas les
grains

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Classification texturale
Mudstone
Boue

Pourcentage des grains inférieur


à 10%

Wackestone
Boue + rares éléments

Pourcentage des grains inférieur


à 10%

Packstone

Boue superposée à beaucoup


éléments

Grainstone

Pas de boue mais beaucoup


éléments

Boundstone

Organisme en position de vie

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DJAH KONAN HERMANN FABRICE . 1ère Année GMP/LOKO/Groupe A 4
III.1- Les différents types de transport
Les matériaux sédimentaires ont tous un volume et un poids suffisants pour subir l’effet de la
pesanteur. La pesanteur fait que la sédimentation s’effectue surtout dans les zones basses de
l’écorce, où se rassemblent les eaux après un transport plus ou moins important. L’on distingue:

III.1. L’action de la pesanteur


L’action de la pesanteur est surtout importante dans les reliefs. Elle est l’agent principal,
responsable des éboulements du fait du poids des roches

III.1.2 L’action de l’eau


L’eau (pluie, rivière, fleuve, océan etc.) est l’agent le plus actif en géologie sédimentaire. Dans les
courants marins ou fluviatiles, le mouvement de l’eau n’est généralement pas uniforme, il est dans la
plupart des cas tourbillonnaire et affecte surtout les particules. Le transport des sédiments par l’eau
peut être classé en 3 groupes :
 le roulement, les particules roulent au fond de l’eau, il affecte les éléments de
diamètre supérieur à 500 microns
 la saltation, les particules avancent par petits sauts, la saltation affecte les éléments
de diamètre compris entre 250 et 500 microns
 la suspension, les très fines particules sont transportées en solution (particules
inférieures à 250 microns)

III.1.3 Le transport par le vent


Le transport par le vent est surtout effectif dans les pays arides, là où la couverture végétale est peu
importante pour assumer son rôle protecteur ; ex : les dunes du Sahara. Le grand froid est aussi un
facteur qui favorise les phénomènes éoliens. Pendant l’époque glaciaire d’immenses surfaces sont
dépourvues de végétation et sont balayées par le vent, les poussières transportées s’accumulent pour
former le lœss (roche friable).

 Le transport par la glace


Les glaciers érodent, transportent les matériaux qu’ils ont érodés et les déposent lors de la fusion de
la glace. Les dépôts dûs aux glaciers sont généralement très hétérogènes (particules, blocs) Ex : les
moraines glaciaires, les tillites glaciaires.

III.2- La sédimentation / dépôt


C’est le stade de dépôt, elle peut être marine ou continentale, elle peut se faire à partir de particule
détritique où à partir de solution et colloïdes. Au moment de se déposer les particules sédimentaires
s’organisent sous l’influence des forces hydrodynamiques ou aérodynamiques responsable de leur
transport jusqu’au lieu de sédimentation. Cette organisation se traduit souvent par des structures
sédimentaires d’autant plus variée.

III.2.1-Les processus de sédimentation en milieux continentaux

III.2.1.1- Les processus éoliens


Les lois physiques de déplacement des particules sont les mêmes dans les gaz que dans les liquides,
et l’on connait des transports par traction au niveau du sol (saltation, roulement, charriage et des
transports en suspension). Ce sont les poussières atmosphériques comme celles qui prennent
naissance sur le Sahara et traverse l’atlantique (l’harmattan). Certains éléments fins de ces
poussières peuvent parfois faire le tour complet du globe. Le transport et le dépôt de sédiment éolien

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s’effectue dans les déserts arides actuellement (Sahara) dans quelques zones glacières localisées, où
sur des plages et cordons littoraux sous tout climat.
a) la sédimentation éolienne par les mécanismes de traction
Ici les particules se déplacent par glissement, roulement et saltation, les plus fines sont triées et
partent en suspension. Le seuil de vitesse nécessaire à la mise en mouvement des particules par le
vent augmente avec la granulométrie. Ce sont les particules de 10 µm qui sont mobilisées en
premiers, de même les silt et argiles comme en milieu aqueux nécessite une vitesse plus grande pour
être mise en mouvement.
Dans le domaine éolien se succèdent aussi les structures de dune, de lits plans, de ripples en fonction
de la vitesse du vent. Les principaux facteurs qui contrôlent la distribution des grandes étendues
sableuses d’origine éoliens sont encore mal connus. Par contre les chercheurs se sont intéressés à la
géométrie et à la formation des édifices éoliens que sont les dunes. Différents types de dune ont été
distingués, on note 2 types de dunes arquées:

- les Barchan (Barkan)


Ce sont des dunes en forme de croissant à convexité au vent. Ce sont des dunes avec des pointes
sous le vent, car ces pointes avancent plus vite que le corps mère de la dune. Ils se rencontrent sur
substrat sec. Les conditions de leur genèse sont un vent dominant et un substrat cohérent constitué
d'éléments de taille supérieure à ceux qui sont mobilisables par le vent.

- les dunes paraboliques


C'est une dune dissymétrique en forme de fer à cheval à concavité au vent souvent plus ou moins
fixée par la végétation. Sa disposition par rapport à la direction du vent est inverse de celle de la
barkhane. La dune parabolique est peu mobile et généralement ne migre guère une fois qu'elle est
formée.

En dehors des dunes arquées il existe d’autres types de dunes qui sont :
- les dunes pyramidales ou en étoiles
Ce sont des collines de sable souvent en forme de pyramide étoilée avec trois ou plusieurs bras
s'étalant à partir du sommet. Elles naissent à la convergence de plusieurs flux éoliens et sont
pratiquement immobiles. Elles semblent se former à proximité des reliefs montagneux qui provoquent
des modifications profondes dans le sens du vent.

32
DJAH KONAN HERMANN FABRICE . 1ère Année GMP/LOKO/Groupe A 4
- les dunes longitudinales
Elles peuvent être longues et étroites et sont allongées dans le sens du vent. Elles peuvent atteindre
jusqu’à 200 km de long, 50 m de haut et peut être espacées de 1 à 2 km. Elles sont formées par des
vents unidirectionnels bien rétablis.

- les dunes transverses


Elles sont aussi rectilignes ou légèrement sinueuses mais perpendiculaires au vent dominant.

b) la sédimentation éolienne par suspension


Lorsqu’un vent violent souffle sur des alluvions (dépôt de sédiments charriés par les eaux d'une
rivière, d'un fleuve) où des sédiments desséchés, les particules argileuses et silteuses se déplaceront
en suspension. Les poussières soulevées sur le Sahara et transportées à travers l’atlantique
alimentent la sédimentation pélagique (en haute mer) dans les océans, elles se déposent aussi sur les
zones côtières entraînées par les pluies qui y sont fréquentes. Des poussières éoliennes peuvent
aussi être générées dans les zones périglaciaires.

III.3.1.2- Les transports et dépôts glaciaires


Plusieurs types de dépôt sédimentaires sont associés aux glaciations. Les matériaux transportés par
les glaciers le sont en surface où à la base des glaciers, ils constituent les moraines superficielles et
les moraines de fond. Les moraines superficielles sont constituées de débris hétérogènes apportés
sur le glacier par les torrents, les avalanches, les glissements de terrain où les écoulements de boues.
Les éléments transportés ne sont ni polis ni striés mais toujours anguleux. Les moraines de fond sont
composées de matériaux de toutes les classes granulométriques allant des blocs géants aux argiles.
Les éléments sont fracturés, polis, striés, arrondis par friction entre eux et sur le fond, ce qui donne les
formes caractéristiques de roches moutonnées ou en dos de baleines.

III.2.1.2- Les transports et dépôt par gravité


La gravité intervient dans tous les processus de transport précédent, mais c’est aussi un agent de
transport à part entière dont les processus de dépôt vont de la simple chute sous l’action du poids au
courant de turbidité. Ces derniers sont en général traité à part et les auteurs inclus dans les processus
gravitaires les avalanches ou chute de pierres, les éboulements, les glissements, les mass-flows.
a. Les avalanche et chute de pierres
Elles constituent un processus de sédimentation gravitaire vertical sans composante horizontales.
Elles donnent naissance à des blocs mal classés avec une grande porosité primaires et qui seront
remaniés par les autres agents. Avalanches et chute de pierre peuvent se produire en milieu
continental ou marin toujours à partir d’une falaise (pente raide qui borde la mer et est dû à l'érosion
marine) dont l’origine peut être tectonique (mécanique) erosionnelle.

33
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b. Les glissements (Slides ou Slumps)
Les glissements se produisent sur des pentes moins accentuées que les falaises en milieu aérien ou
aquatique. Les glissements produisent un déplacement de matières à composante horizontales.
Slides = glissement sans perturbation de la structure originelle
Slumps = écoulement plastiques avec destruction de la structure originelle
c. Les mass-flows
Ces mécanismes inclus ce que l’on nomme sand flow (flux de sable), debris flow (écoulement de
débris), grainflow (écoulement des grains) qui peuvent se traduire par écoulement boueux en français.
Il s’agit de l’écoulement de dispersion concentrée de particules dans un fluide.

III.2.2-Les processus de sédimentation en milieux marins


On distingue dans le milieu aqueux 3 types de processus sédimentaires :
 la sédimentation par des courants de traction
 la sédimentation par des courants de turbidité
 la sédimentation par suspension
a. la sédimentation par courant de traction
C’est un des processus les plus importants des transports et de dépôt de sédiments. Les courants de
traction transportent les particules sédimentaires par roulement et saltation sur le fond. Les courants
1 2
de traction sont unidirectionnels dans les rivières alors que dans les estuaires , et les delta , ils
peuvent être directionnels par l’action de la marée. Lorsque le courant est nul le fond sableux reste
plat. Si l’on augmente la vitesse du courant ce n’est qu’à partir d’une vitesse critique que les particules
de sable commenceront à rouler ou à acquérir des mouvements de saltation. Il se forme alors à la
surface du sable des rides centimétriques, si le courant continue d’augmenter les rides se
transforment en dune hydraulique. Les rides et les dunes sont identiques dans leur formation, leur
genèse et leur structure interne.
b. la sédimentation par courant de turbidité
Les courants de turbidité = courant de densité. Ils sont générés par une différence de densité dans les
fluides. Cette différence de densité provoque les mouvements liés au fait que le fluide le plus dense
vient se placer sous le moins dense. Cette différence de densité peut dans le milieu marin être due à
des différences de température ou de salinité, et le plus souvent à des différences de teneur en
matière en suspension (turbidité) dans ce cas, les eaux turbides ont tendance à s’écouler sur le fond.
3
Il a été reconnu comme étant le mécanisme de dépôt des flyschs . Ces flyschs sont constitués
d’épaisses séquences de sable granoclassé et d’argile. Ce sont ces sables qui sont nommés turbidite.
La vitesse d’un courant de turbidité dépend de plusieurs paramètres qui sont :
 la différence de densité entre le fluide dense et le fluide ambiant, son épaisseur et l’angle de la
pente
 l’accélération de la pesanteur

Les mécanismes des courants de turbidité contribuent à l’accumulation dans le domaine marin
profond, d’importantes quantités de sédiments détritiques souvent sableux (deep sea sands = sable
des hautes profondeurs).Les sables présentent le plus souvent, un granoclassement vertical, une
matrice argileuse et contiennent des faunes déplacées provenant du plateau continental.

1
Un estuaire est la portion de l'embouchure d'un fleuve où l'effet de la mer ou de l'océandans lequel il se jette est perceptible
2
Nom que l'on donne aux terres de configuration ordinairement triangulaire, qui se forment à l'embouchure des fleuves) ou en
mer ouverte (définit les eaux de la partie plus profonde du plateau continental
3
formations détritiques anciennes

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c. la sédimentation par décantation à partir de suspension
Les sédiments les plus fins (argiles et parfois silt) sont transportés en suspension. Les roches
obtenues à partir des suspensions peuvent être interstratifiées avec les turbidités ou des dépôts de
traction. On distingue 3 types de suspensions:
- les turbidités distales. Elles peuvent être considérées comme des suspensions. Il s’agit d’argiles
et de silt à laminer, on les rencontre dans les bassins marins profonds mais aussi dans les lacs.
Dans les lacs glaciaires ces suspensions donnent naissance aux varves (Une varve est une
couche ou strate sédimentaire qui s'est déposée en une année, au fond d'un lac).
ème
- un 2 type de suspension provient de ce que l’on appelle la couche nepheloïde (concentration
de particules non-organiques en suspension dans l'eau de mer). Il s’agit de La masse d’eau
ème
- le 3 type de dépôt en suspension est celui où les eaux turbides circulent dans les eaux claires.
C’est le cas de certaines régions se déversant en mer. Ex : cas de la lagune Ebriè en période de
crue.

III.2.3- La notion de stratigraphie


Le terme stratigraphie est une science qui étudie la succession des dépôts sédimentaires (grès,
calcaires, marnes, sables, argiles etc..), généralement arrangés en couches ou strates. Cette
stratigraphie obéit à un principe important défini par le Danois NIELS Stensen (1669) ; le principe dit
que chaque couche se dépose sur une couche plus ancienne de sorte que une séquence non
perturbée par des mouvements tectoniques, les couches les plus anciennes soient à la base et les
plus jeunes au sommet.
On distingue trois branches principales de la stratigraphie :
a. la lithostratigraphie :
Elle est basée sur la nature des terrains indépendamment du contenu en fossiles, exemple :
corrélations lithostratigraphiques des niveaux de sable bitumineux de la région d’Adiaké. La
lithostratigraphie comporte 4 subdivisions croissantes (strate, membre, formation et groupe).
L’unité de base est la formation (unité lithologique cartographiable). Un ensemble de formations
constitue un groupe et la formation est subdivisée en membres composés de strates (bancs ou
couches).
b. la biostratigraphie
Le but de la biostratigraphie est la classification des couches en fonction de leur contenu fossilifère
(fossile autochtone). Dans ce cadre, les fossiles (espèces, genres, ….) sont utilisés comme des
instruments de datation et donc de corrélation ou indicateurs des paléomilieux (écostratigraphie ou
paléoécologie) et non comme éléments lithologiques (lithostratigraphie). A l'état actuel des
connaissances, l'évolution biologique (matérialisée par les biozones) est le meilleur moyen (à pouvoir
de résolution maximal) pour dater (corréler avec le temps géologique) les unités lithostratigraphiques.
Cette science est basée sur le contenu en fossiles de chaque unité lithologique donnée. Ex : les
4 5
divers niveaux de glauconites de la falaise de Fresco comporte une variété de fossiles (nautiles ,
6 7 8 9
bivalves , échinoderme et foraminifères ) qui nous permet de les dater du Paléocène . Elle se
décompose en plusieurs subdivisions également croissantes (biozone, cénozone, acmé). Du fait de la

4
Espèce minérale du groupe des silicates sous groupes des phyllosilicates. Les phyllosilicates sont des minéraux du groupe
des silicates construits par empilement de couches tétraédriques (« T ») où les tétraèdres partagent trois sommets sur quatre
(les oxygènes « basaux »), le quatrième sommet (l’oxygène « apical ») étant reliée à une couche octaédrique (« O ») occupée
par des cations différents (Al, Mg, Fe, Ti, Li, etc.).
5
Grands crustacés
6
Mollusques
7
Groupe d’animaux marins
8
Protozoaires apparus au Cambrien inférieur (540 Ma)
9
Le Paléocène est la première époque de l'ère Cénozoïque. Cette dernière est la plus courte de l'histoire terrestre. Historiquement, le
Cénozoïque a été divisé en Ère tertiaire (ou Ère des Mammifères) et Ère quaternaire (ou Ère de l'Homme), qui ont été abandonnées, bien
que l'utilisation de quaternaire comme une sous-ère du Cénozoïque ait été proposée.

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spécialisation, on rencontre parfois les termes de palynostratigraphie (basée sur les spores et
pollens).
a. la chronostratigraphie :
Elle est basée sur de nombreuses méthodes (le plus souvent la géochronologie) en vue d’organiser
les séquences sédimentaires en unités chronostratigraphiques, dont les plus usitées à l’échelle
mondiale sont :
- l’étage (âge géochronologique moyen 5 à 6 millions d’années).
Le nom de l’étage correspond en principe à l’endroit où il a été décrit pour la première fois ex :
l’Aquitanien (Aquitaine au Sud-ouest de la France). L’étage est l’unité de base de la stratigraphie qui
permet d’établir des corrélations à longue distance.
- la série (formée de plusieurs étages pendant une époque donnée)
- le système (regroupe plusieurs séries accumulées durant une période)
Une échelle stratigraphique a été établie et périodiquement remise à jour en fonction des nouvelles
découvertes.
III.3.3.1- Les principes de la stratigraphie
 le principe de superposition, selon lequel dans les terrains non-déformés les formations
les plus basses sont les plus anciennes, et les formations les plus hautes sont les plus
jeunes. C’est la façon d’exprimer l’âge relatif. L’âge absolu s’exprime en nombre d’année
ce sont les datations.
 Le principe de continuité, selon lequel une même couche a le même âge sur toute son
étendue. On peut établir ainsi des relations entre des strates éloignées.

 Le principe d’horizontalité, selon lequel les couches sédimentaires sont déposées à


l’origine horizontalement. Une séquence sédimentaire qui n’est pas en position horizontale
aurait subit des déformations ultérieurement à son dépôt.
 Le principe de recoupement, selon lequel les couches sont plus anciennes que les failles
ou les roches qui les recoupent
 Le principe d’inclusion, selon lequel les morceaux de roches inclus dans une couche
sont plus anciens que leur contenant.
 Le principe d’identité paléontologique, les fossiles sont des restes d’organismes
conservés dans les roches, deux couches contenant les mêmes fossiles stratigraphiques
sont de même âge. Les fossiles sont classés en deux groupes :
- le fossile chronostratigraphique : est un fossile qui a vécu à une période ou une
époque bien déterminée de l’histoire de la terre (les trilobites, les ammonites etc.)
- le fossile de faciès : est un fossile qui a vécu dans plusieurs périodes ou époques de
l’histoire de la terre mais qui a un milieu de vie caractéristique (ostrea)

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Exercice Série N° 4

Exercice 1
Suivant la source des sédiments, combien de catégories de roches sédimentaires
distingue-t-on ?

Exercice 2
Citez les différents critères de classification des roches sédimentaires.

Exercice 3
Enumérez les différentes classes de roches sédimentaires suivant la classification granulométrique.

Exercice 4
Quelles sont les différentes classes de roches sédimentaires selon la catégorisation texturale ?

Exercice 5
Citez les différents agents de transport des sédiments

Exercice 6
Donnez les différents types de transport des sédiments sous l’action de l’eau.

Exercice 7
Qu’est-ce qu’une moraine ?

Exercice 8
En vous basant sur vos connaissances de pétrologue, définissez les divers types de transport des
sédiments par l’eau.

Exercice 9
Dans quelle catégorie de mouvement peut-on classer le mouvement des silts ? Pourquoi ?

Exercice 10
Définissez les notions suivantes : Colloïde, slumps, delta, estuaire, rudite, arénite, lutite, Mudstone,
grainestone, packstone, boundstone, wackstone

Exercice 11
Classez les dunes suivantes selon leur géométrie :
Barkan, dunes paraboliques, dunes pyramidales, dunes longitudinale, dunes transverses.

Exercice 12
Enoncez les trois processus de sédimentation en milieu aqueux.

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