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HYDROLOGIE DE L’INGENIEUR

PLAN DU COURS
CHAPITRE I. INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE

CHAPITRE II. CYCLE HYDROLOGIQUE

CHAPITRE III. CONNAISSANCES FONDAMENTALES SUR LES COURS D’EAU

CHAPITRE IV. NOTIONS FONDAMENTALES DES MESURES HYDROLOGIQUES

CHAPITRE V. ANALYSE DES HYDROGRAMMES

CHAPITRE VI. PREDETERMINATION DES CRUES


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CHAP.I. INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE

I.1. Définitions
D'une manière générale, l'hydrologie peut se définir comme la science qui étudie le
cycle de l'eau dans la nature, l’évolution de celle-ci à la surface de la terre et dans le sous sol
sous ses 3 états : gazeux, liquide et solide.
L’hydrologie d’une façon restreinte, est une science qui traite des eaux fluviales, de
leur origine, de leur écoulement et de leur action.
Au sens large, l'hydrologie regroupe:
- la climatologie (est l'étude du climat (est la distribution statistique des conditions de
l'atmosphère terrestre dans une région donnée pendant une période donnée) et de l'état
moyen de l'atmosphère, c'est-à-dire la succession des conditions météorologiques sur de
longues périodes dans le temps. Il s'agit d'une branche combinée de la géographie et de
la météorologie) ;
- météorologie (une science qui étudie les phénomènes atmosphériques tels que les nuages, les
précipitations, le vent, etc.);
- la géologie (est la science dont le principal objet d'étude est la Terre, et plus particulièrement
la lithosphère) ;
- statistique (pour traitement des données, simulations, etc.)
- etc.
L'hydrologie de surface est la science qui traite essentiellement des problèmes
qualitatifs et quantitatifs des écoulements à la surface des continents. Ces problèmes se
ramènent généralement à des prévisions (associer à une date une certaine grandeur) ou des
prédéterminations (associer à une grandeur une certaine de débits ou de volume en un point
ou sur une surface.

I.2. Domaines d'application de l’hydrologie


Aujourd’hui, l’hydrologie est devenue une science importante pour les ingénieurs qui
sont intéressés à l’exploitation et au contrôle des eaux naturelles. Les études hydrologiques
sont indispensables pour la conception des projets .
Les domaines d'application de l'hydrologie de surface sont très variés. Parmi les plus
importants et les plus classiques, on distingue:
· L’agriculture : conception et construction des ouvrages d’irrigation et de drainage ;
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· L’étude des ressources en eaux : construction des ouvrages d’adduction en eau potable, eau
pour l'industrie ;
· L’énergie hydraulique : construction des centrales hydro-électriques;
· Le transport: conception et construction des ponts;
·La sécurité des biens et des personnes : conception et construction des ouvrages de protection
contre les crues, etc.
Le dimensionnement, la sécurité et la bonne exploitation des ouvrages hydrauliques
sont toujours liés à une saine évaluation, non seulement des débits disponibles en moyenne,
mais encore et surtout des débits extrêmes (crues et étiages).
 Une crue est une augmentation plus ou moins brutale du débit et par conséquent de la
hauteur d'un cours d'eau. Il existe : les crues fluviales (la montée des eaux est lente) et les
crues torrentielles (la montée des eaux est brutale).
 L’étiage est le niveau minimal des eaux d'un cours d'eau; débit le plus faible.

I.3. Les ressources en eau dans le monde


L'eau recouvre 72 % de la surface du globe. Son volume total est estimé à 1 milliard
400 millions de km3. Ce volume d'eau est stable. Si la Terre est bien la planète de l'eau, c'est
avant tout la planète de l'eau salée dans les mers intérieures et les océans, mais aussi dans
certaines nappes souterraines, soit 97,2 % du volume. Il ne reste donc que 2,8 % pour
l'ensemble des eaux douces.
L'eau est inégalement répartie entre les pays. Certains sont des "puissances de l'eau"
comme les qualifient les Nations Unies, tandis que d'autres sont en manque chronique d'eau et
connaissent de grandes périodes de sécheresse. Neuf pays seulement, se partagent les 2/3 de la
ressource en eau ! Un rapport des Nations Unies a établi que 9 pays (le Brésil, la Colombie, la
Russie, l'Inde, le Canada, les Etats-Unis, l'Indonésie, la RDC et la Chine) se partagent 60 %
du débit annuel mondial de l'eau."
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I.4. Les ressources hydrauliques du Burundi


Nombre Superficie Longueur Débit à l’embouchure
Nom du bassin
d’affluents totale (km2) totale (km) (m3/s)
1. RUSIZI 35 2737 693 182,6
2. TANGANYIKA 49 3379 793 63,4
3. MARAGARAZI 24 3106 673 37,2
4. RUMPUNGWE 15 1234 308 17,0
5. MWIRUZI 2 362 60 3,6
6. HAUT RUVUBU 29 4165 848 43,2
7. BAS RUVUBU 37 6555 1053 92
8. RWERU 2 94 35 1,2
9. KAGERA 7 1219 234 14,4
10. KANYARU 16 1839 246 39,3
Total 216 24690 4943 493,9

I.5. Les stations hydrologiques du Burundi


Les premières stations hydrologiques du Burundi datent des années 20, avec l’arrivée
des missionnaires blancs. Actuellement, le Burundi compte plus de 154 stations
pluviométriques dont parmi elles 16 suivantes sont des stations météorologiques.
Numéro Nom de la station Altitude (m) Année de début d’observation
1 Bujumbura-aéroport 783 1922
2 Cankuzo 1652 1973
3 Gisozi 2095 1931
4 Gitega-aéroport 1645 1964
5 Kinyinya 1308 1967
6 Kirundo 1440 1963
7 Makamba 1450 1935
8 Mparambo 887 1952
9 Muriza 1616 1977
10 Musasa 1280 1955
11 Muyinga 1756 1927
12 Nyamuswaga 1720 1980
13 Nyanza-Lac 792 1963
5

14 Ruvyironza 1822 1960


15 Rwegura 2302 1966
16 Teza 2166 1965

CHAP.II. CYCLE HYDROLOGIQUE

Le cycle hydrologique, appelé aussi cycle de l'eau, est l'ensemble des cheminements
que peut suivre une particule d'eau. Ces mouvements, accompagnés de changements d'état,
peuvent s'effectuer dans l'atmosphère, à la surface du sol et dans le sous-sol. Chaque particule
n'effectue qu'une partie de ce cycle et avec des durées très variables : une goutte de pluie peut
retourner à l'océan en quelques jours alors que sous forme de neige, elle pourra mettre des
dizaines d'années.

II.1. L’Atmosphère
II.1.1. Généralités
Au point de vue hydrologique, l’atmosphère constitue à la fois :
- Un énorme réservoir de vapeur d’eau,
- Un vaste système de transport et de répartition de l’eau atmosphérique au dessus des
terres et des océans.
L’épaisseur de l’atmosphère est théoriquement indéfinie, mais au point de vue
météorologique, on peut se borner à considérer ce qui se passe dans la couche inferieure d’une
trentaine de kilomètres. Le schéma qui suit nous donne l’idée sur la répartition des couches de
l’atmosphère.
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Conventionnellement, on distingue 4 principales couches atmosphériques :


- la troposphère : 0 à 10 km,
- la stratosphère : 10 à 50 km,
- la mésosphère : 50 à 80 km,
- la thermosphère : 80 km et plus.
Cette division conventionnelle est basée sur la répartition verticale des gradients de la
température plus ou moins constants. On constate en effet que les couches dont le gradient
vertical de température est positif, alternent avec celles dont le gradient de température est
négatif. La troposphère est la zone qui contient presque toute la vapeur d’eau de l’atmosphère,
elle est donc la seule couche qui nous intéresse.

 Le gradient de température est le principal moteur des métamorphoses "thermodynamique". De lui va


dépendre la vitesse de transformation, le type et la taille des grains. Plus la différence de température
entre le sommet et la base de la couche est importante, plus la valeur du gradient est élevée.

 On distingue trois type de gradient selon le valeur :

Faible gradient : de 0 à 0.05 °C/cm


Moyen gradient : de 0.05 à 0.2 °C/cm
Fort gradient : >0.2°C/cm.

II.1.2. La teneur en eau de l’atmosphère


Le poids de vapeur d’eau par Kg d’air atmosphérique varie beaucoup dans le temps et
dans l’espace, principalement suivant la température. En terme de quantité, le poids de la
vapeur d’eau peut atteindre 25 gr/kg d’air dans l’air tropical maritime, et peut descendre
jusqu’au dessous de 0,5g/kg dans l’air arctique continental.
La teneur en eau de l’atmosphère dépend aussi de la température. Notons que les
études hydrologiques ont montré l’allure de la température en fonction de l’altitude dans la
troposphère. La température diminue de 0,60C tous les 100 m et quand l’altitude dépasse les
1000 m, la température diminue de 0,650C tous les 100 m.
Pour exprimer la teneur en eau dans la troposphère, on considère:
- d’humidité absolue : c’est le poids de la vapeur d’eau par m3 d’air saturée (g/m3) ;
- d’humidité relative : c’est le rapport de la teneur de vapeur réelle observée à la teneur de
vapeur saturante. Autrement dit c’est le rapport entre la pression de vapeur et la pression de
vapeur d’eau saturante. On l’appelle le degré d’humidité et l’exprime en %. Le degré
d’humidité diminue des cotes vers l’intérieur, de l’équateur vers les pôles et de la surface de la
terre vers le haut.
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II.2. Le Cycle de l’eau


Classiquement, on schématise les états et les situations de l'eau dans le cycle de la façon
suivante :
Etats Principaux stocks Phénomènes de transport
Vapeur, humidité atmosphérique, évaporation
nuages
évapotranspiration
Liquide océans, mers, lacs, eaux pluie, cours d'eau, nuages,
souterraines circulations souterraines
Solide glaciers, manteaux neigeux neige, écoulement des
glaciers

Schéma du cycle hydrologique

Représentation synthétique du cycle hydrologique


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II.2.1. Le sens et l’utilité du cycle hydrologique


En comparaison avec la quantité de l’eau disponible, celle qui participe au cycle est
très faible. Les recherches hydrologiques ont prouvé que la moyenne annuelle calculée sur
plusieurs années, de toutes les précipitations sur le globe est de 577.000 km3, alors que la
quantité totale disponible est estimée à 1.400.000.000 km3. Donc la quantité totale des
précipitations ne représente que 0,42% de la quantité totale d’eau disponible.
Bien que cette quantité du cycle hydrologique soit relativement très faible, son utilité
est très grande :
- C’est ce cycle qui influence directement les changements des climats ;
- C’est ce cycle qui est à la base de tous les phénomènes hydrologiques qui donnent
naissance aux rivières et lacs.
II.3. Le bilan hydrologique
Pour chaque bassin versant, dans un intervalle de temps bien déterminé, la somme de
toutes sortes d’eau qui y entrent est égale à la somme de toutes sortes d’eau qui y sortent plus
la quantité d’eau résiduelle.
On écrit : I = O + ∆W,
Où I = entrée; O = sortie et ∆W = quantité d’eau qui reste dans le sol.

II.3.1. Bilan hydrologique sur la mer


Soient XO : les précipitations
YO : les quantités d’écoulement
ZO : les quantités d’évaporation
XO

YO ZO
Mer
Sur les mers on a : XO + YO = ZO + ∆W

Pour une longue période on a : ∆W = 0 et l’équation devient : XO + YO = ZO

II.3.2. Bilan hydrologique sur le bassin terrestre


Soient XL : les précipitations
YL : les quantités d’écoulement
ZL : les quantités d’évaporation
XL

ZL
Sol

YL
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Sur les bassins terrestres, on a : XL = YL + ZL+ ∆W


Pour une longue période on a : ∆W = 0 et l’équation devient : XL = YL + ZL

II.3.3. Bilan hydrologique de l’ensemble


Dans l’ensemble (mer + terre) : XO + YO + XL = ZO + YL + ZL
Comme YO et YL – sont des écoulements sur le sol, on a : YO = YL
Dans ce cas l’équation devient : XO + XL = ZO + ZL
On conclut que, la quantité totale des précipitations est égale à la quantité totale
d’évapotranspiration.
II.3.3. Bilan hydrologique d’un bassin fermé
Soit un bassin versant fermé suivant

Schéma hydrologique d’un bassin fermé


Sur la figure on a :
P – quantité des précipitations,
RGl – eau souterraine s’infiltrant d’un bassin voisin,
E – quantité qui s’évapore,
RSO – écoulement sur le sol,
RGO – écoulement souterrain,
q – quantité prise par les usagers,
∆W – déficit d’écoulement (quantité gardée à la fin de la période précédente)
Avec la formule du bilan hydrologique, on a :
P + RGl = E + RSO + RGO + q
Comme le bassin est dit fermé RGl = 0 et représentons R = RSO + RGO + q avec q est rejetée
soit dans RSO, soit dans RGO après avoir été utilisée. Alors on aura :
P=E+R
On dit que les Précipitations = Evaporation + Ruissellement.
𝐸 𝑅
Le coefficient d’évaporation : β = 𝑃 , le coefficient de ruissellement : α = 𝑃
α+β=1
α dépend de la précipitation, de la pente du terrain naturel, de la structure géologique et de la
couverture terrestre.
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CHAP.III. CONNAISSANCES FONDAMENTALES SUR LES COURS D’EAU

III.1. La rivière et son bassin


III.1. 1. La rivière
La rivière est une piste naturelle dans laquelle l’eau coule. Les plus grandes rivières
sont : fleuve Amazone, Mississipi, fleuve Congo, fleuve Nil, fleuve Yang-Tsé, fleuve Volga
et fleuve Jaune.
Les caractéristiques spécifiques d’une rivière sont :
- la longueur : c’est la distance entre l’exutoire et la source la plus lointaine. La longueur
d’une rivière est unique.
- le profil. On distingue le profil en travers et le profil en long. Le profil en long est tracé
suivant la ligne la plus profonde du lit d’un cours d’eau. Dans un tronçon déterminé d’un
écoulement d’eau, le profil en long est unique mais on peut avoir plusieurs profils en travers.
- la chute : c’est la différence d’altitude calculée entre la source et l’exutoire, donc sur les 2
bouts de la rivière.
- la pente : est la différence d’altitude par unité de longueur, en général par km.
∆ℎ
i= ∗ 1000 0/00
𝐿
- le débit de la rivière : c’est la quantité d’eau qui traverse une section bien déterminée par
unité de temps. L’unité de mesure est m3/s ou l/s.
- le lit du cours d’eau : c’est le fond du cours d’eau ou la pente sur laquelle l’eau s’écoule.
- le régime d’écoulement : c’est l’allure, l’aspect de l’écoulement de l’eau. L’écoulement peut
être laminaire, turbulent, fluvial ou torrentiel, uniforme ou non uniforme.
- les gorges : les passages étroits, en général dans le rocher, que le cours d’eau a creusé
pendant parfois des milliers d’années.
- l’embouchure : endroit où un cours d’eau se jette dans la mer ou lac.

III.1. 2. Réseau fluvial


On appelle réseau fluvial d’un bassin, l’ensemble constitué par un cours d’eau
principal et les affluents se jetant les uns dans les autres jusqu’à l’exutoire du bassin.
a) Classification des réseaux fluviaux
- chaque affluent est classé suivant son degré, selon qu’il se jette dans un autre affluent ou
qu’il se jette directement dans le cours d’eau principal ;
- le degré du cours principal augmente suivant les degrés des affluents qui s’y jettent ;
- pour classer les affluents en différents degrés, on utilise généralement la méthode de
STRALHER (Britannique) résumé en 4 règles suivantes :
10) Tout affluent sortant directement de la source est classé l’affluent de 1er degré ;
20) Deux affluents de 1er degré qui se rencontrent forment un cours d’eau de 2ème degré, ceux
de 2ème degré forment un cours d’eau de 3ème degré et ainsi de suite ;
30) Deux affluents de degrés différents qui se rencontrent forment un cours d’eau dont le
degré est celui du plus grand des deux ;
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40) Le degré du bassin est donc le plus grand degré qu’on trouve à l’exutoire de tous les
affluents du réseau fluvial de ce bassin.

III.1. 3. Le bassin versant


a) Définition
Le bassin versant en un point d’un cours d’eau est défini comme la totalité de la
surface topographique drainée par ce cours d’eau et ses affluents à l’amont du point considéré.
Il est délimité par la ligne de partage des eaux.
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b) Caractéristiques d’un bassin versant


On distingue les caractéristiques suivantes d’un bassin versant :
- la superficie : C’est l’aire délimitée par la ligne de partage des eaux par rapport au point
d’exutoire considéré. Elle représente la surface de réception des précipitations et
d’alimentation des cours d’eau. C’est la première et la plus importantes des caractéristiques.

- la densité du réseau : C’est le quotient de la longueur totale du réseau (affluents +cours


principal) et la superficie totale du bassin.
∑𝑙𝑖
D= , [km/km2]
𝐴
li – longueur totale du réseau, A – superficie totale du bassin.

- le coefficient morphologique : c’est le quotient de la superficie totale du bassinet le carré de


la distance «L» mesurée entre l’exutoire et le point le plus éloigné de la ligne de partage des
eaux à vol d’oiseau. On l’appelle aussi le coefficient de HORTON.
𝐴
Rf = 𝐿2
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- la pente moyenne du bassin versant : c’est la moyenne de pente remarquable du réseau


fluvial du bassin.
𝐷𝐿𝐶
I= 𝐴
D – est l'équidistance des courbes de niveau, Lc – est la longueur totale des courbes de
niveau équidistante de D, A – est superficie totale du bassin.

- la longueur du bassin : On utilise différentes caractéristiques de longueur ; la première et


une des plus utilisées est le "périmètre P du bassin versant". Le périmètre P n'est généralement
pas utilisé directement mais le plus souvent à travers des valeurs qui en dérivent, comme la
"longueur L du rectangle équivalent". On définit le rectangle équivalent comme le rectangle
de longueur L et de largeur l qui a même surface et même périmètre que le bassin versant, soit
à l'aide des formules suivantes :
P = 2 . (L + l) et A = L . l
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On définit les grandeurs L et l représentantes respectivement la longueur et la largeur du


triangle équivalent :
1 2 2
L = 2 𝐾𝐺 √𝜋𝐴. [1 + √1 − ( ) ];
√𝜋.𝐾𝐺

1 2 2
l = 2 𝐾𝐺 √𝜋𝐴. [1 − √1 − ( ) ].
√𝜋.𝐾𝐺

L'inconvénient de cette méthode est que l'on peut rencontrer des bassins plus compacts qu'un
carré ; l'équation n'a alors plus de racines réelles.

A la suite de ces remarques critiques sur l'utilisation du périmètre comme critère de longueur,
il a fallu définir d'autres caractéristiques et en particulier :
* la "distance de l'exutoire au centre de gravité du bassin" (lg). Ceci paraît être une bonne
caractéristique de longueur mais elle nécessite l'évaluation de la position du centre de gravité
du bassin ;
* la "plus grande longueur entre deux points de la frontière" (L). On utilise cette
caractéristique surtout en association avec la "plus grande largeur" (l) perpendiculaire à la
plus grande longueur.

La caractéristique de forme la plus utilisée est le "coefficient KG de Gravelius". Il se


définit comme le rapport du périmètre du bassin versant au périmètre du cercle ayant même
surface (appelée aussi coefficient de compacité) :
𝑃 𝑃 𝑃 𝑃
𝐾𝐺 = = = = 0,28
2𝜋𝑅 2𝜋√𝐴 2√𝜋𝐴 √𝐴
𝜋
A : surface du bassin versant et P : périmètre du bassin versant.
𝐾𝐺 = 1 pour bassin de forme circulaire, 𝐾𝐺 = 1,128 – forme carré et 𝐾𝐺 > 3 pour des bassins très
allongés.
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III.2. Les précipitations


III.2.1. Formation des précipitations
C’est l’eau superficielle qui, sous l’effet de la radiation solaire, passe de l’état liquide à
l’état gazeux en se transformant en vapeur d’eau. Ces vapeurs montent dans l’atmosphère et
forment des nuages qui, par le mouvement ascendant, perdent la température, se refroidissent,
se condensent et donnent lieu aux pluies.

III.2.2. Classification des précipitations


D’une manière générale, sur base des phénomènes météorologiques qui donnent
naissance aux précipitations, ou qui les accompagnent, on peut les classer en 3 classes :
- Précipitations de convection ;
- Précipitations orographiques ;
- Précipitations de front
a) Précipitations convectives
Elles résultent d’une ascendance rapide dans l’atmosphère de masses d’air réchauffées
au contact du sol. Cette convection thermique peut s’amorcer dès que la température de l’air à
proximité du sol est supérieure de 10% à celle des couches situées directement au-dessus. Les
précipitations résultantes, sont surtout orageuses, de courte durée mais de forte intensité. Les
mécanismes, au sein des nuages convectifs tropicaux, sont plus brutaux et rapides que ceux
des zones tempérées.
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b) Précipitations orographiques
Elles s’expliquent par la présence d’une barrière topographique, d’où leur caractère
très localisé. Lorsqu’une masse d’air en mouvement bute sur un relief, il se produit une
compression et une ascendance dans la zone au vent et une détente dans la zone sous le vent.
L’ascendance orographique force donc la condensation à cause du processus de
refroidissement et explique, en conséquence, la naissance des nuages et des précipitations. On
assiste alors à la naissance de nuages orographiques. L’angle de la pente, en influençant la
vitesse d’ascendance des molécules de vapeur d’eau, détermine en partie l’intensité des
précipitations. En général, ces dernières présentent des intensités et des fréquences assez
régulières.

c) Précipitations frontales
Elles sont associées aux surfaces de contact entre les masses d’air de température, de
gradient thermique vertical, d’humidité et de vitesse de déplacement différents : les fronts.
C’est près de ces discontinuités météorologiques associées aux dépressions qu’on observe des
précipitations .Les masses nuageuses et les zones de précipitations se situent généralement à
l’avant des fronts chauds (discontinuité atmosphérique séparant deux masses d’air de
températures différentes, l’air froid précédant l’air chaud) et à l’arrière des fronts froids (zone
de transition où une masse d’air froid prend la place d’une masse d’air plus chaude en la
forçant à s’élever). Ces derniers créent des précipitations plus brèves, moins étendues et plus
intenses. Les fronts chauds génèrent des séquences pluviométriques plus longues et couvrant
des zones plus vastes, mais avec une intensité moindre.
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III.2.3. Les principales caractéristiques des précipitations


Les éléments les plus importants qu’il faut noter lors d’une averse sont :
- la quantité de pluie : exprimée en mm ;
- la durée de la pluie : exprimée en heures ;
- l’intensité de la pluie : exprimée en mm/h ;
- l’étendue de la pluie : exprimée en Km2
- la fréquence de la pluie : exprimée en Km
Une averse est une pluie subite, abondante et généralement de courte durée.

III.2.4. La représentation et l’analyse des précipitations


Il y a plusieurs manières de représenter les précipitations mais les plus utilisées sont
les suivants :
- l’hyétogramme: c’est le diagramme des hauteurs moyennes des précipitations par unité de
temps (heures, jours, mois). Il permet de prévoir l'intensité et la durée d'une crue sur un bassin
versant.
1000 931 945 952
863
778 815
756 775
800 703
664
600

400

200

0
1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980

Hyétogramme des précipitations

- une courbe de la quantité cumulée par rapport au temps.

1107

1007

835 859
791 770 780
748 760
702

1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990

Courbe des précipitations cumulées


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- des isohyètes: ce sont des lignes géographiques reliant les points ayant les mêmes quantités
des précipitations pour une averse donnée. C’est avec des isohyètes qu’on estime la
répartition des précipitations dans l’espace.

III.2.5. La moyenne des précipitations dans un bassin versant donné


Pour déterminer la moyenne des précipitations d’une averse tombée sur un bassin bien
déterminé, on utilise le plus souvent 2 méthodes suivantes :
a) la moyenne classique
Soit un bassin versant ayant des données mesurées sur 5 stations P1, P2, P3, P4 et P5.
La moyenne classique Pm sera égale :
𝑃1 +𝑃2 +𝑃3 +𝑃4 +𝑃5
Pm = 5
D’une manière générale :
∑𝑃𝑖
Pm = 𝑛
Cette méthode parait incomplète car elle ne tient pas compte de la superficie attribuee
à la station.
b) la méthode du polygone de THIESSEN
On construit d’abord le polygone de Thiessen avec la procédure suivante :
- relier les stations 3 à 3 en essayant le plus possible des angles aigus,
- tracer les médiatrices de chaque côté des triangles ainsi formés,
- relier les points de rencontre des médiatrices pour qu’il se forme un polygone,
Relier les sommets du polygone avec bords extérieurs du bassin par le prolongement des
médiatrices pour déterminer les superficies à attribuer à chaque station soit A1, A2,…An avec
A – la superficie totale du bassin. Si P1, P2,…Pn sont les quantités mesurées sur les stations,
alors la moyenne sera :
𝑃1 𝐴1 +𝑃2 𝐴2 +⋯+𝑃𝑛 𝐴𝑛 ∑𝑃𝑖 𝐴𝑖
Pm = =
𝐴 𝐴
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Exemple : Soit un bassin versant ayant 4 stations pluviométriques

𝑃1 𝐴1 +𝑃2 𝐴2 +𝑃3 𝐴3 +𝑃4 𝐴4


Pm = 𝐴
III.3. Les Ruissellements
Le processus de ruissellement se déroule en 4 étapes :
1. La pluie commence à tomber,
2. L’eau de pluie s’infiltre d’abord dans le sol jusqu’à la saturation de celui-ci(selon la nature
du sol),
3. L’eau commence à couler,
4. L’eau se rassemble dans le réseau fluvial.
Généralement, l’eau de pluie peut commencer à couler avec l’une de deux conditions : ou la
perméabilité du sol est saturée ; ou l’intensité dépasse la capacité d’absorption du sol.
Les éléments principaux qui influencent la quantité de ruissellement sont :
- la quantité de pluie,
- la forme du bassin versant,
- la grandeur du bassin versant,
- la pente du bassin versant,
- l’altitude du bassin versant,
- la densité du réseau fluvial,
- les conditions géologiques du bassin versant,
- les activités de la population.
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III.3.1 Calcul des Ruissellements


Pour le calcul des ruissellements, il faut déterminer les éléments suivants :
- le débit : Q (en m3 /s),
𝑡
- la quantité totale de ruissellement : W= ∫0 𝑄𝑑𝑡 (en m3),
- la hauteur de ruissellement R : c’est la hauteur d’eau que l’on obtiendrait si on étalait d’une
manière homogène toutes les eaux de ruissellement sur toute la surface du bassin.
𝑊
R = 1000 𝐴 (en mm)
- le coefficient de ruissellement α : c’est le rapport de la hauteur sur les précipitations.
𝑅
αr = 𝑃 est toujours < 1

CHAP.IV. NOTIONS FONDAMENTALES DES MESURES HYDROLOGIQUES

IV.1. Introduction
a) Station météorologique
La station météorologique est un lieu soigneusement choisi et disposant du matériel
adéquat pour mesurer les facteurs météorologiques qui sont essentiellement les suivant :
- les précipitations dans le bassin versant ;
- l’évapotranspiration dans le bassin versant ;
- les températures maximales, moyennes et minimales ;
- les radiations solaires ;
- les vitesses et directions des vents, etc.
Dans un même bassin versant, il est préférable d’établir plusieurs stations hydrologiques ayant
les mêmes rôles ou avec des rôles différents, afin d’avoir une moyenne fiable des données
indispensables.
b) Station de jaugeage
La station de jaugeage est un aménagement au travers d’un cours d’eau, qui permet de
mesurer les variations du débit, de la hauteur du niveau d’eau, du transport des solides,… par
rapport au temps dont l’unité peut être l’heure, le quart de journée, la demi-journée, la
journée, la semaine, etc. Actuellement, il existe les stations de jaugeage modernes avec des
équipements électromécaniques qui enregistrent les données pour chaque seconde. Pour avoir
des données fiables, il est recommandé d’aménager les stations de jaugeage sur plusieurs sites
le long du cours d’eau de l’amont vers l’aval.
Pour choisir un lieu d’emplacement d’une station de jaugeage, il faut que :
- l’écoulement de l’eau soit permanent et uniforme ;
- la relation Q = f (H) doit être plus où moins stable ;
- les dimensions géométriques de la section transversale ne doivent pas changer (endroit de
bonne roche, pas d’érosion ou de dépôt) ;
- l’échelle ne soit jamais submergée.
21

Jaugeage par utilisation d’une échelle

IV.2. Mesure des différents facteurs hydrologiques

IV.2.1. Les précipitations


La hauteur des précipitations, exprimée en mm est toujours définie comme
l’épaisseur, comptée suivant la verticale de la lame d’eau qui s’accumulerait sur une surface
horizontale si toutes les précipitations reçues par celles-ci s’y trouvaient immobilisées.
L’appareil universel qu’on utilise s’appelle pluviomètre. Si durant un certain intervalle de
temps ∆t on a récupéré un volume V à travers une surface réceptrice S, la hauteur des
précipitations tombées est :
𝑉
H∆t = 𝑆

Le pluviomètre est un instrument de mesure qui sert à trouver la quantité de pluie


tombée sur une région. Son utilisation présuppose que l'eau des précipitations est
uniformément répartie sur la région et qu'elle n'est pas sujette à évaporation. La mesure
s'exprime généralement en mm ou en l/m2, ou m3/ha pour l'agriculture.
Il est constitué de deux parties importantes :
 un collecteur en forme d’entonnoir le plus large possible, afin de représenter une
surface importante de collecte ;
 un contenant étalonné ou mécanisme qui reçoit cette eau.
!!! Le collecteur doit être placé à une hauteur suffisante, généralement un mètre du sol,
et à une distance de plusieurs mètres d’autres objets afin qu’on n’y retrouve pas d’eau
provenant du rebond sur le sol ou ces objets. Les bords du collet du pluviomètre doivent
être biseautés sur l’extérieur pour limiter l’incertitude provenant de gouttes ruisselant
de l’extérieur du cône de collecte.

IV.2.2. Mesure de la température


En pratique, la température moyenne vraie, définies par des thermomètres
enregistreurs ne figure pas dans les publications climatologiques. On les substituent par
d’autres valeurs conventionnelles suivantes :
22

- la température moyenne journalière : calculée par la moyenne arithmétique des


températures extrêmes journalières.
0 0
𝑇𝑚𝑎𝑥 + 𝑇𝑚𝑖𝑛
T0j = 2
- les températures moyennes mensuelles et annuelles : on fait les moyennes arithmétiques des
températures moyennes journalières.
Les appareils de mesure universels qu’on utilise pour mesurer la température sont des
thermomètres à maxima et à minima.

IV.2.3. Mesure et calcul de l’évapotranspiration


Le terme de l’évapotranspiration correspond à l’évaporation d’une surface présentant
un couvert végétal, donc une évaporation à la fois physique et biologique. Les facteurs
principaux qui influencent la transpiration des plantes sont :

 le type de plante, le stade de croissance et maturité de la plante, la hauteur de la plante, la


profondeur des racines;
 le taux de couverture végétale du sol, la densité du feuillage, l'eau de pluie retenue sur le
feuillage ;
 les radiations solaires;
 humidité et température de l'air, la pression atmosphérique et le vent ;
 l'humidité et la température du sol et l'eau disponible dans le sol ;
 la composition du sol (argile, sable…) ; etc.
L’appareil de mesure d’évaporation est évaporomètre. Il s'agit d'un appareil
comportant un réservoir d'eau relié à l'extérieur par un médium poreux qui laisse s'évaporer
l'eau. Les surfaces mouillées sont constituées, soit par des sphères, des cylindres ou des
plaques de porcelaine poreuse, soit par des rondelles de papier filtre, maintenues mouillées en
permanence.
L’évapotranspiration est donnée par la formule générale :
ETP = KCETO

ETO – évaporation,
KC – coefficient dépend de la transpiration de la plante,
ETP – évapotranspiration.
L’appareil de mesure d’évaporation est évaporomètre. Il s'agit d'un appareil comportant un
réservoir d'eau relié à l'extérieur par un médium poreux qui laisse s'évaporer l'eau. Les
surfaces mouillées sont constituées, soit par des sphères, des cylindres ou des plaques de
porcelaine poreuse, soit par des rondelles de papier filtre, maintenues mouillées en
permanence.
!!! En pratique l’évaporation est donnée par des formules. On peut citer entre autre :
-Formule de Lugeon
273+𝑡 760
E = 0,398 n (Fe-fa) ∗ 𝐵−𝐹 , (mm)
273 𝑒
E – hauteur d’eau évaporée en mm ;
n – nombre de jours du mois considéré ;
Fe – pression des vapeurs d’eau dans un volume d’air saturé, en mm de Hg ;
23

fa – moyenne mensuelle des tensions réelles de la vapeur d’eau au moment des lectures, en
mm de Hg ;
B – pression barométrique moyenne mensuelle, en mm de Hg.
t – température maximale moyenne mensuelle.
-Formule des Services hydrologiques de l’U.R.S.S.
E = 0, 15 n (Fe-fa) (1+0,072V)
V-vitesse du vent à 2 m au dessus de la surface de l’eau (en m/s)
-Formule de TURC
𝑛 𝑡
E = 0,4 30 (I − 50) ∗ 𝑡−15
I - moyenne mensuelle de la radiation solaire
-Formule d’Ivanov V.V.
E = 0,0018(25+t2) + (100 – f)
f - moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air.

IV.2.4. Mesure de niveau d’eau d’une rivière


Le niveau d’eau dans un cours d’eau est mesuré à l’aide des piquets droits gradués et
installés sur l’un des rives de la rivière, ou alors au moyen d’un observatoire automatique.

IV.2.5. Mesure de la vitesse du courant d’un cours d’eau


a) Aperçu sur la répartition de la vitesse dans un courant d’eau
Prenons l’exemple d’un courant d’eau qui coule dans un canal à ciel ouvert. On peut
observer la répartition des vitesses comme suit :
24

Après on combine ces différentes valeurs et on détermine la moyenne à considérer.


Pour mesurer la vitesse à la surface libre on utilise les objets flottants et la vitesse sera donnée
par le quotient d’une distance (x) parcourue par cet objet au temps (t) mis lors du parcours de
l’objet, enregistré par un chronomètre.
𝑋
V= (m/s)
𝑡
Les valeurs réelles de la vitesse du courant d’eau à des profondeurs hi sont déterminées
à l’aide de l’appareil appelé moulinet. Quand l’appareil est plongé dans un écoulement d’eau,
on note le nombre de tour par seconde que fait l’objet tournant, soit n = N/T. La vitesse
moyenne de l’écoulement sera donnée par la formule :
V = K.n + C
Avec K et C – sont les coefficients de frottements, caractéristiques de chaque appareil. Il faut
noter qu’actuellement il existe des moulinets électroniques qui donnent directement la valeur
de la vitesse.

IV.2.6. Mesure de débit


Le débit peut être mesuré à l’aide des appareils appelés «débitmètres» ou peut être
calculé par formule Q = V.S, où V – vitesse et S – section.
Le débit d’une rivière peut être mesuré temporairement à l’aide d’un déversoir
modèle. Il existe 3 sortes de déversoirs modèles : à section rectangulaire, à section triangulaire
et à section trapézoïdale. Les schémas ci-dessous illustrent ces modèles et donnent des
formules appropriées pour le calcul de Q.
25

Section rectangulaire Section triangulaire Section trapézoïdale


La formule générale utilisée pour tout déversoir pour déterminer le débit est :
Q = mb√2𝑔 h3/2
avec m- coefficient de débit du déversoir et dépend de la forme du déversoir, b –la largeur
d’échancrure de déversoir.
IV.2.7. Mesure de la teneur en matière solide
La teneur en matière solide est la quantité des solides qu’on mesure par unité de
volume d’eau. Pour la mesurer, on prend des échantillons d’eau de même section transversale,
et l’on fait la moyenne des résultats obtenus.
𝑊𝑆
𝜌= , (kg/m3)
𝑉
𝜌 - teneur en solides, WS – quantité des solides (kg), V – volume d’eau considéré (m3).

CHAP.V. ANALYSE DES HYDROGRAMMES

V.1. Répartition des eaux apportées par une averse

V.1.1. Introduction
L’hydrogramme est la courbe Q(t) des débits en fonction du temps dans une section
d’un cours d’eau. Il présente des fluctuations d’amplitude, de période et de forme très diverse,
résultant des variations des facteurs hydrométéorologiques agissant sur son bassin versant.
Pour la mise sur pied de divers projets de construction hydrologique, il est nécessaire
de prédéterminer la courbe Q(t) à partir des précipitations relevées en divers points du bassin
versant de celle de l’intensité en fonction du temps. Ce passage d’une série des hyétogramme
à l’hydrogramme correspondant, met en jeu toutes les caractéristiques hydrologiques et
météorologiques du bassin versant. La comparaison minutieuse de la série des hyétogrammes
relevés au cours d’une même averse avec hydrogramme correspondant enregistré à l’exutoire,
permet de recueillir de nombreuses informations sur la fonction de transfert pluie – débit
propre au bassin versant. C’est à partir d’analyse de ce genre que les hydrologues ont mis au
point une méthode approchée dite «Méthode de l’hydrogramme unitaire» qui, moyennant
26

certaines hypothèses simplificatrices, permet de calculer approximativement la courbe Q(t)


correspondant à une averse donnée, et en particulier le débit de pointe, élément essentiel pour
l’ingénieur.

V.2. Notion de pluie efficace ou pluie nette d’une averse


Soit P, la hauteur de précipitation totale, définit comme la hauteur moyenne de la lame
d’eau reçue par le bassin versant pendant une certaine averse. Le bilan hydrologique
correspondant pourra être représente par l’équation :
P = l + E + F +S + Pnette
l – la hauteur de pluie retenue par couverture végétale, E – la hauteur d’eau perdue par
évaporation, F – la hauteur d’eau qui s’infiltre dans le sol, S – la hauteur d’eau stockée dans
les dépressions du bassin et Pnette – la hauteur de pluie nette ou pluie efficace ou ruisselée.
L’infiltration c’est le passage de l’eau de la surface du sol à l’intérieur de celui-ci. La capacité
d’infiltration d’un sol donné est l’intensité maximum de la pluie qu’il peut absorber par unité
de temps.

V.3. Analyse des hydrogrammes observés


V.3. 1. Les diverses composantes de l’écoulement
Les eaux provenant des précipitations atteignent le lit du cours d’eau par 4 voies :
- le ruissellement
- l’écoulement hypodermique
- l’écoulement souterrain
- l’eau tombant directement sur les nappes d’eau libre.
a) le ruissellement est l’écoulement par gravite, à la surface du sol, suivant la pente du
terrain et dans le réseau hydrographique ; des eaux qui ont échappé à l’infiltration et
au stockage superficiel.
b) l’écoulement hypodermique appelé aussi écoulement de subsurface, est l'ensemble des
écoulements situés dans les horizons de surface partiellement ou totalement saturés en
eau, c'est-à-dire sous la surface du sol mais au-dessus des nappes
phréatiques permanentes. Des fois réapparait à l’air libre à la rencontre de la surface
du sol à un niveau inferieur à celui de son point d’application.

c) l’écoulement souterrain. Le concept d'écoulement souterrain se réfère au milieu de


circulation de l'eau : il correspond aux contributions des aquifères d'un bassin à
27

l'écoulement total, donc au débit de l'ensemble des nappes souterraines dont les
exutoires sont situés dans le bassin versant considéré. L'écoulement souterrain
constituant la principale et souvent unique composante régulière de l'écoulement total,
il est généralement en pratique identifié au "débit de base" estimé à partir de l'analyse
de l'hydrogramme du cours d'eau.

d) Précipitations tombant directement sur les nappes d’eau libre : cette composante de
l’écoulement apporte sa pleine contribution au débit du cours d’eau dès le début de
l’averse, et elle est parfois prise en compte dans le calcul de la capacité à donner aux
évacuateurs de crues.
V.3. 2. La forme de l’hydrogramme
Considérons un type d’hydrogramme simple enregistré à une station de jaugeage après
une averse tombée sur son bassin versant. Il présente la forme générale d’une courbe en
cloche asymétrique que l’on divise comme suit :
- la partie correspondant à lamentée de la crue est appelée courbe de la concentration,
- la zone entourant le maximum est dite la pointe,
- la zone afférente à la diminution progressive du débit est désignée sous le nom de
courbe de décrue.
28

Les diverses caractéristiques de l’hydrogramme-type

a) Facteurs déterminant la forme de l’hydrogramme

Bassin idéal

b) Construction proprement dite de l’hydrogramme d’une averse donnée


29

Exemple : Soit un bassin versant subdivisé en 5 zones a1, a2, a3, a4 et a5. Supposons qu’il y a
eu une averse qui est tombée en trois tranches d’intensités différentes h1, h2 et h3. Les 3
tranches sont tombées uniformément sur tout le bassin versant pendant les intervalles de
temps ∆t1, ∆t2 et ∆t3. Supposons que ∆t1, ∆t2 et ∆t3 = 1heure. Calculez la courbe Q(t) des
ruissellements engendrés par l’averse, à l’exutoire du bassin versant.

Solution : Schéma

𝑅
Calcul de Q : Formule : 𝑄𝑖 = ∆𝑡𝑖 ; (m3/s),
où Ri – quantité des ruissellements qui arrivent à l’exutoire après ti ,
Δt – période de temps choisi comme l’unité de l’opération.
hi (mm)
Heures h1 h2 h3 Ri Qi
ai (km2)
0 0 0 0 0 0
1 a1 a1h1 0 0 R1 Q1
2 a2 a2h1 a1h2 0 R2 Q2
3 a3 a3h1 a2h2 a1h3 R3 Q3
4 a4 a4h1 a3h2 a2h3 R4 Q4
5 a5 a5h1 a4h2 a3h3 R5 Q5
6 0 a5h2 a4h3 R6 Q6
7 0 0 a5h3 R7 Q7
8 0 0 0 0 0

Procédons étape par étape :


0) Au temps t = 0, il n’y a pas de ruissellement, R0 = 0
1) Après Δt =1h, on collecte à l’exutoire :
- La pluie tombée sur a1 pendant h1
𝑅1 𝑎1ℎ1
On a : R1 = h1. a1 et 𝑄1 = =
∆𝑡 ∆𝑡

2) Après 2Δt =2h, on collecte à l’exutoire :


- La pluie tombée sur a1 pendant h2
- La pluie tombée sur a2 pendant h1
𝑅2
On a : R2 = h1. a2 + h2. a1 et 𝑄2 = ∆𝑡
30

3) Après 3Δt =3h, on collecte à l’exutoire :


- La pluie tombée sur a1 pendant h3
- La pluie tombée sur a2 pendant h2
- La pluie tombée sur a3 pendant h1
𝑅3
On a : R3 = h1. a3 + h2. a2 + h3. a1 et 𝑄3 = ∆𝑡

4) Après 4Δt = 4h, on collecte à l’exutoire les eaux suivantes:


- La pluie tombée sur a2 pendant h3
- La pluie tombée sur a3 pendant h2
- La pluie tombée sur a4 pendant h1
𝑅4
On a : R4 = h1. a4 + h2. a3 + h3. a2 et 𝑄4 = ∆𝑡

5) Après 5Δt = 5h, on collecte à l’exutoire les eaux suivantes:


- La pluie tombée sur a3 pendant h3
- La pluie tombée sur a4 pendant h2
- La pluie tombée sur a5 pendant h1
𝑅5
On a : R5 = h1. a5 + h2. a4+ h3. a3 et 𝑄5 = ∆𝑡

6) Après 6Δt = 6h, on collecte à l’exutoire les eaux suivantes:


- La pluie tombée sur a4 pendant h3
- La pluie tombée sur a5 pendant h2
𝑅6
On a : R6 = h2. a5+ h3. a4 et 𝑄6 = ∆𝑡

7) Après 7Δt = 7h, on collecte à l’exutoire les eaux suivantes:


- La pluie tombée sur a5 pendant h3
𝑅7
On a : R7 = h3. a5 et 𝑄7 = ∆𝑡

8) Après 7Δt = 7h, on collecte à l’exutoire les eaux suivantes:


On a : R8 = 0 et 𝑄8 = 0

Hydrogramme
31

CHAP.VI. PREDETERMINATION DES CRUES


L’intérêt économique de la prédétermination du débit maximal probable des crues
d’un cours d’eau à un point donné est évident à cause des effets destructifs bien connus des
crues et de la nécessite de calculer certains ouvrages d’art en vue de leur éventualité. Le
débouché des ponts, les dimensions des évacuateurs de crues des barrages, la hauteur des
digues de protection contre l’inondation, … sont essentiellement déterminées par le maximum
probable de la crue auxquels ces ouvrages devront faire face, compte tenu de certaines
considérations d’optimum économique. L’objet du présent chapitre est de présenter
brièvement les principales méthodes utilisées pour résoudre le problème.
Pour les études d’ouvrages hydrauliques, on s’efforcera de caractériser chaque crue
par tout ou partie des éléments suivants que j’énumère par ordre de priorité :
- débit maximum instantané,
- durée de la crue,
- volume total écoulé,
- hydrogramme de la crue relevé ou tracé d’après des observations fréquentes.
Parmi les méthodes utilisées souvent, intéressons nous aux 2 méthodes suivantes :
1) Méthode rationnelle
𝛼. 𝑃. 𝐴
𝑄=
𝑡
α – coefficient de ruissellement,
P – précipitations,
A – surface du bassin versant,
t – temps.
2) Méthode de PEARSON III
Cfr l’exemple fourni dans la salle lors de l’explication.

VI.1. Traitement des données hydrologiques


Prenons l’exemple d’un cas des précipitations. Le recueil de la hauteur de
précipitations d’une station donnée sous forme horaire journalière sur une longue période
nous permet de faire des traitements parfois difficiles à manipuler. Les hydrologues utilisent
les différentes façons de traitement des données recueillies tandis qu’en statistique on fournit
les outils qui permettent d’interpréter les données et d’en déduire des valeurs particulières.
Exemple d’un mode de représentation des données :
Mois Moyenne
Janv. F M A M J J A S O N D
Année annuelle
1965
1966
1967






2015
32

Après on passe à l’analyse des données des valeurs particulières qu’il faut trouver :
- la moyenne :
- le mode : Le mode est la valeur la plus fréquente. Il correspond au sommet de la
distribution
- la médiane : la médiane est la valeur pour laquelle il y a autant d'individus à gauche
qu'à droite dans l'échantillon
- intervalle de variation
- Ecart absolu moyen
Ecart type

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