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Extrait de la Conférence :

AU-DELÀ DU MENTAL

…En tout cas, il faut nous rendre conscients de nous-


mêmes, de nos propres défauts.
Devi Kundalini Shakti peut éliminer, oui. Elle a ce pou-
voir. Mais il faut nous rendre conscients de ce que nous vou-
lons qu’elle élimine.
Imaginez, mes frères et sœurs, que ce verre, par exemple,
soit un Moi. Si, à l’intérieur de ce Moi, existe l’Essence, eh bien,
nous devrions libérer cette Essence, la tirer de là, pour
qu’après, une fois le verre vidé, la Mère puisse le jeter à
l’Abîme. Parce que si elle le jetait avec l’Essence à l’intérieur,
alors, elle jetterait aussi notre Conscience à l’Abîme et, au lieu
de nous faire du bien, elle nous ferait du mal.
COMMENT LIBÉRER CETTE ESSENCE, cette Cons-
cience, introduite ici, à l’intérieur d’un Moi ? Seulement AU
MOYEN DE LA MÉDITATION INTÉRIEURE PROFONDE ;
seulement quand nous devenons conscients de l’erreur.
Une fois que nous avons acquis la conscience du défaut
déterminé, du défaut introduit là, dans le Moi de mon exemple,
alors la Mère Divine peut s’offrir le luxe de l’éliminer, de jeter
la coquille dans le précipice (c’est une coquille vide et elle ne
vaut plus rien).
La partie la plus difficile, c’est de nous rendre conscients
de nos propres erreurs. Apparemment, c’est facile, mais
comme c’est difficile dans le fond ! Comme c’est laborieux !...
ÉTABLIR DES LOIS EST VITAL. Celles-ci existent. Mais
en nous, nous devons arriver à les clarifier. La répétition d’un
même phénomène nous permet d’établir une Loi. Il en va ainsi
pour tout !

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Si un même Phénomène Psychologique se répète toujours
en nous, nous pouvons alors établir une Loi. Une fois cette Loi
connue, il faut agir en accord avec elle. C’est clair !
Ainsi donc, il nous faut peu à peu connaître une multitude
de Lois qui existent en tout. Et, les connaissant, agir en accord
avec elles...
Dans la vie, il y a trois types d’action.
Premièrement : LES ACTIONS QUI SONT LE PRODUIT
D’ACCIDENTS, ou simplement qui correspondent à la Loi des
Accidents.
Deuxièmement : LES ACTIONS QUI SONT LE RÉSUL-
TAT DU KARMA.
Troisièmement : LES ACTIONS PRODUITES PAR LA
VOLONTÉ CONSCIENTE ; celles-ci sont véritablement
propres aux Initiés, aux Maîtres, à ceux qui possèdent déjà une
Volonté Individuelle Consciente.
Indiscutablement, nous ne pouvons pas accuser le Karma
d’être coupable de tout. Comme je vous l’ai dit, la Loi des
Accidents existe. Si nous ne sommes pas prudents, par
exemple, il se peut qu’une automobile en finisse avec nous dans
la rue et ce n’est pas le résultat du Karma.
Si nous abusons de la nourriture, ce qui n’est pas très in-
diqué, de toute évidence nous pouvons tomber malades ; le
Karma n’est pas coupable de cela.
Si nous buvons plusieurs verres et que nous nous eni-
vrons, ce n’est pas le Karma qui en est responsable, c’est nous-
mêmes qui nous sommes adonnés à la boisson.
Si nous blessons, on peut nous blesser ; si nous insultons,
alors on nous insulte.
Ainsi donc, mes chers frères et sœurs, il faut faire la dis-
tinction entre la Loi des Accidents et la Loi du Karma.
Il y a des actions dues au Karma. Indubitablement, c’est

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lui qui règle nos vies. Mais nous ne devons jamais protester
contre le Karma.
Il y a des choses dont nous aimerions qu’elles soient d’une
certaine manière et elles ne sont pas comme nous l’aimerions.
Alors, nous protestons contre le Karma au lieu de remercier le
Karma.
En réalité, LE KARMA EST UNE MÉDECINE, mes chers
frères et sœurs. Une médecine extraordinaire ! Une médecine
avec laquelle on veut nous guérir. Pourquoi protestons-nous
contre la médecine ? Quel idiot, le malade qui proteste contre
le remède qu’on lui donne. Si ce remède est appelé à nous
guérir, pourquoi protestons-nous contre le remède ?
BÉNI SOIT L’HOMME QUE DIEU CHÂTIE ! Il est évi-
dent que le Créateur veut nous guérir et la médecine s’appelle «
Karma ». Quand nous n’avons plus de remède et que même la
médecine ne nous sert plus, quand nous sommes devenus
tellement cyniques que même « cela » ne peut plus véritable-
ment nous soigner, il est évident que nous devons entrer dans
l’Involution Submergée des Mondes Infernaux ; là, nous
finissons avec la « Seconde Mort » (comme il est écrit dans les
Évangiles) : c’est, bien sûr, l’annihilation des égos.
L’Essence est autre chose ; elle s’échappe du « précipice »
pour recommencer un nouveau Jour Évolutif. Ainsi donc, « le
cynisme » est le dernier mot des perdus. Le cynique (pour qui
la médecine ne sert plus à rien), est un cas perdu... De toute
évidence, il ne peut pas continuer d’exister ; il est en marche
vers sa destruction finale et personne ne peut plus le retenir ;
en Involution, il se précipite épouvantablement vers le centre
de gravité de la Terre où il devient poussière...
Mais tant que la Médecine du Karma peut le corriger, il y
a des possibilités.
Ce que nous devons faire, c’est coopérer avec l’inévitable ;

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c’est évident ! Mais nous, nous protestons toujours, nous
n’aimons pas coopérer. Que le karma soit douloureux ? Oui, il
l’est ! Mais il est inutile de protester ; il vaut mieux coopérer
avec cette douleur et en tirer le meilleur parti...
C’est dans ce qui est apparemment difficile que se trou-
vent les meilleures opportunités : nous devons tirer avantage,
pour ainsi dire, des plus graves adversités ; nous devons ap-
prendre à extraire du Karma le meilleur. Et, au lieu de protes-
ter contre nos amertumes, agenouillons-nous, reconnaissants,
devant le Père qui, bien que son remède soit douloureux, nous
soigne pourtant, nous guérit, essaie d’éliminer nos erreurs,
pour notre bien. C’est ainsi !
Il y a des situations si difficiles... si embarrassantes... que
nous ne voyons pas comment nous en échapper, nous en sortir.
Nous voudrions nous évader pour un monde meilleur, nous
voudrions changer d’ambiance, nous trouver dans une autre
dimension, nous installer dans un autre lieu avec d’autres
personnes, mais tout cela est absurde ! C’est comme le malade
qui veut s’enfuir de la clinique où il est soigné ; ou comme le
garçon idiot qui fait « l’école buissonnière », qui s’en va de
l’école ou qui proteste contre ses maîtres.
Nous autres, dans le fond, nous sommes quelquefois un
peu lents à la Compréhension, certes. Quand les choses de-
viennent difficiles, nous devons intensifier l’état d’Alerte-
Perception, d’Alerte-Nouveauté et extraire le meilleur de ces
difficultés. Apprendre avec elles, en conscience, ce qu’on veut
nous enseigner.
Ainsi donc, mes chers frères et sœurs : ne protestez pas,
APPRENEZ ! Ne cherchez pas d’échappatoires, SAISISSEZ ! Ne
fuyez pas, COMPRENEZ !
Voilà le Droit Chemin. Sortez du Labyrinthe inextricable
du Karma, mais sortez-en ! Et il vous amènera, c’est clair, là où

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il doit vous amener...
Nous sommes ici pour une raison et pour quelque chose,
c’est évident ! Les gens se souviennent de Dieu quand ils se
retrouvent dans un grand malheur ; mais quand ils sont bien,
quand ils ne manquent ni de pain, ni de vêtements, ni de
refuge, quand ils jouissent dans leurs lits de plaisirs ou dans les
orgies, quand ils lèvent leur verre de fin Baccarat...

Samaël Aun Weor

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AU-DELÀ DE LA MORT
CHAPITRE 4 - LA LOI DU KARMA

Question. Que peut-on répondre au profane qui, quand


on lui parle du retour, dit qu’il ne peut pas y croire puisque
personne n’y est allé et n’en est revenu pour raconter ce qu’il a
vu ?
Réponse. Les jours vont et viennent ; les soleils retour-
nent à leur point de départ après des milliers d’années ; les
années reviennent encore et encore ; les quatre saisons, prin-
temps, été, automne et hiver reviennent toujours, de sorte qu’il
n’est pas nécessaire de croire au retour puisque celui-ci est si
évident que tout le monde le voit tous les jours ; de même aussi
les âmes retournent, reviennent à ce monde ; cela est une loi
qui existe dans tout le créé.
Q. Comment pouvons-nous démontrer l’existence du re-
tour ?
R. En éveillant la conscience, nous pouvons tous constater
la Loi de l’Éternel Retour. Nous avons des systèmes, des mé-
thodes pour éveiller la conscience. La personne qui est éveillée
peut se souvenir de toutes ses vies passées. Pour celui qui se
souvient de ses vies passées, la Loi de l’Éternel Retour est un
fait.
Q. Pourquoi certaines personnes bien préparées qui tra-
vaillent beaucoup et luttent pour acquérir une position
n’obtiennent-elles pas cette position alors que d’autres, en
échange, arrivent au succès désiré avec moins de préparation et
sans efforts ?
R. Tout dépend de la Loi du Karma. Ce mot « Karma » si-
gnifie « action et conséquence ». Si dans des vies passées nous
avons fait beaucoup de bien, alors nous triomphons avec

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bonheur dans la vie présente ; mais si nous avons fait du mal
dans les vies passées, alors nous échouons dans notre vie
actuelle.
Q. Pourquoi existe-t-il des familles qui, malgré tous leurs
efforts, n’arrivent pas à avoir d’amis d’aucune sorte, alors que
pour d’autres, il est si facile de se les gagner à quelque endroit
qu’ils aillent ?
R. Dans des vies antérieures nous avons eu beaucoup
d’amis et d’ennemis ; lorsque nous retournons ou revenons à ce
monde, nous rencontrons de nouveau ces amitiés et adver-
saires et alors tout se répète de la même façon que cela s’était
passé ; mais il y a aussi des gens difficiles qui n’aiment pas
avoir d’amis, des misanthropes dirions-nous, des gens qui se
cachent, qui s’éloignent, qui se séparent de la société, solitaires
par nature et par instinct. Quand de telles personnes retour-
nent à ce monde, elles se retrouvent d’habitude seules ; per-
sonne ne sympathise avec elles. Il y a par contre d’autres
personnes qui dans des vies passées ont su accomplir leurs
devoirs envers la société comme envers le monde et ont même
été jusqu’à travailler en faveur de leurs semblables ; il est donc
logique qu’au retour en ce monde elles se voient entourées de
ces âmes qui dans le passé ou dans des vies passées ont formé
leur entourage et il est naturel qu’elles jouissent de beaucoup
de sympathie.
Q. À quoi est dû le fait que certaines maîtresses de maison
ne rencontrent jamais personne qui les aide fidèlement bien
qu’elles traitent bien leurs domestiques, alors qu’à d’autres par
contre tous sont fidèles ?
R. Ces maîtresses de maison qui ne peuvent pas compter
sur une domesticité fidèle et sincère ont été des despotes dans
leurs vies antérieures, cruelles avec leurs domestiques, et
maintenant elles ne rencontrent vraiment personne qui les

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serve, puisqu’elles n’ont jamais su servir dans le passé, et cela
en est la conséquence.
Q. travaillent sans relâche comme si elles étaient sous le
coup d’une condamnation qui ne se terminerait qu’à leur mort,
tandis que d’autres vivent bien sans tant travailler ?
R. Cela est dû à la Loi du Karma ; les personnes qui tra-
vaillent excessivement et ne progressent pas, ont fait beaucoup
travailler les autres dans leurs vies passées, exploitant leurs
sujets sans aucune miséricorde et en souffrent aujourd’hui la
conséquence en travaillant de façon inutile, puisqu’ils ne
progressent pas.
Q. Mon Fils s’est marié et tout est allé extrêmement mal
pour lui ; les entreprises où il travaillait ont fait faillite ; il a
demandé un prêt à la banque pour établir un commerce et est
allé à la ruine de façon retentissante ; il échouait dans tout ce
qu’il entreprenait ; il a dû divorcer à la suite de nombreuses
brouilles qu’il avait avec son épouse. Après un certain temps il
eut de nouvelles noces et cet homme à qui il ne restait plus qu’à
demander l’aumône se trouve aujourd’hui très bien et son
succès augmente chaque jour. À quoi cela est-il dû ?
R. Il existe trois liens matrimoniaux : le premier kar-
mique, le deuxième dharmique et le troisième cosmique ; les
premiers sont des liens de douleur, de faim, de misère, de
dénuement, de malheur ; les seconds sont des liens de succès,
de joie, d’amour, de progrès économique, etc. ; et les troisièmes
sont uniquement pour les âmes choisies, pures et saintes et
apportent, comme il est naturel, une félicité inépuisable. Quant
au cas sur lequel porte votre question, je dois vous dire qu’il
appartient au premier ordre de ces trois états matrimoniaux
(karmique) ; il n’y a pas de doute que votre fils et sa première
épouse ont souffert l’indicible pour payer les mauvaises actions
de leurs vies antérieures ; il est clair que dans des vies an-

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ciennes, ils furent aussi mari et femme, mais firent beaucoup
de mal ; ils ne surent pas vivre et le résultat fut la douleur. Le
nouveau mariage de votre fils fut bénéfique du point de vue
économique ; nous pouvons le cataloguer comme un mariage
de bonne fortune, dharmique, dirions-nous, résultat de bonnes
œuvres de vies antérieures. La seconde épouse a aussi vécu
avec lui dans des vies passées et comme il a observé avec elle
une meilleure conduite, le résultat est que maintenant son sort
a tourné, sa vie s’est améliorée, c’est tout.
Q. Mon fils est malade depuis 5 ans, nous avons dépensé
beaucoup en docteurs et on n’arrive pas à trouver la cause
exacte de sa maladie. Les uns nous disent qu’il s’agirait peut-
être d’un choc nerveux, étant donné qu’il a été un enfant plutôt
intelligent dans ses études ; d’autres supposent qu’il a été
victime de travaux d’envoûtements. Qu’en pensez- vous ?
R. De toute évidence ressort avec une entière clarté méri-
dienne un châtiment, un Karma mental pour mauvais usage du
mental dans des vies antérieures. Si vous voulez que votre fils
guérisse, luttez pour guérir d’autres malades mentaux dans le
but de modifier la cause originelle ; rappelez-vous que ce n’est
qu’en modifiant la cause qu’on modifie l’effet ; malheureuse-
ment les malades ont une tendance marquée à s’enfermer dans
leur propre cercle ; il est rare dans la vie de voir le cas d’un
malade qui se préoccupe de guérir d’autres malades ; si
quelqu’un le fait, il est clair qu’il se guérit de ses propres dou-
leurs ; je vous conseille donc, puisque dans ce cas précis votre
fils ne pourrait pas se dédier à guérir les autres, que vous le
fassiez vous-mêmes en son nom ; n’oubliez pas les œuvres de
charité ; préoccupez-vous du salut de tous les malades mentaux
que vous rencontrez sur votre chemin ; faites le bien à la tonne.
N’oubliez pas non plus qu’il existe dans le monde invisible des
Maîtres très sages qui peuvent vous aider dans ce cas concret

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de votre fils, je veux me référer maintenant de façon spécifique
au glorieux ange Adonaï, l’ange de la Lumière et de l’allégresse.
Ce Maître est très sage et si vous vous concentrez intensément
en lui demandant au nom du Christ de guérir votre fils, je suis
pleinement certain qu’il ne pourrait d’aucune manière se
refuser à faire cette œuvre de charité. Mais n’oubliez pas qu’on
demande à Dieu en frappant du maillet, comme on dit; sup-
pliez et faites le bien à la tonne : voilà le chemin.
Q. J’ai eu l’occasion d’être présente à un mariage qui eut
lieu à Santa Marta en Colombie ; ils avaient un très grand
établissement de commerce et d’un moment à l’autre celui-ci
fut incendié ; puis le mari tomba malade et mourut tubercu-
leux ; 20 années après, je fus à même de constater que son
épouse était aussi sur le point de mourir de la tuberculose : À
quoi cela serait-il dû ?
R. Il est bon que vous sachiez que la tuberculose est due
au manque de religion dans les vies antérieures et le matéria-
lisme à la vie sans dévotion et sans amour pour Dieu. Si le mari
est mort de tuberculose, en voilà donc la cause et s’il a perdu
tous ses biens, il est clair qu’il avait consommé les propriétés
d’autres personnes dans la vie antérieure. Il a brûlé et on l’a
brûlé, il a nui et on lui a nui ; cela se nomme karma, châtiment.
L’épouse ne fut pas affectée du tout par la tuberculose de son
mari, parce que son manque de religiosité dans les vies anté-
rieures n’avait pas été aussi marqué ; elle avait un léger
quelque chose de spirituel.
Q. J’ai un très bon fils qui travaillait et me remettait tout
ce qu’il gagnait ; mais il est tombé amoureux d’une femme plus
âgée, une amie à moi qui avait trois fils d’un homme marié; il
se mit à vivre en conjoint avec elle, sans toutefois l’épouser
officiellement, et bien qu’il continuât à travailler, son argent ne
rapportait plus comme avant, à tel point qu’il revint me voir

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pour exiger de moi une somme d’argent, me disant qu’il allait
entreprendre une affaire, chose qu’il ne fit jamais, et lorsque
l’argent que je lui avais remis se fut épuisé, la dame en question
le laissa. Aujourd’hui il vit seul ; il travaille, mais il est complè-
tement ruiné. À quoi cela est-il dû ?
R. Ce qui saute aux yeux ici, c’est l’adultère avec toutes ses
conséquences douloureuses : perte d’argent, mauvaise situa-
tion, souffrances morales intenses, etc. ; voilà le résultat de
l’erreur.
Q. Je voudrais que vous me disiez s’il pourrait améliorer
sa situation.
R. Si sur un plateau de la balance cosmique nous mettons
les bonnes actions et sur l’autre plateau les mauvaises et que
ces dernières pèsent plus, il est clair que la balance penchera en
notre défaveur en produisant pour nous des amertumes. Mais
si nous mettons des bonnes actions dans le plateau du bien,
nous pouvons faire pencher la balance en notre faveur ; alors
notre sort s’améliorera de façon notable. Si ce fils que vous avez
se consacre à faire le bien, son sort s’améliorera.
Q. J’ai un fils de vingt ans qui depuis deux ans ne veut
plus vivre dans la maison familiale, mais vit plutôt chez mes
amies. Il n’a pas voulu étudier ni travailler. Il vient pour un
mois à la maison, se sent heureux pour quelques jours, puis
commence à être dégoûté de tous. Alors il s’en va de nouveau
de la maison. Je voudrais que vous me disiez à quoi cela est dû.
R. Ce fils n’a fait que vous créer des problèmes. Il est clair
que le résultat du désordre sera la douleur. Il ne fait pas de
doute qu’il ne sait pas et ne veut pas apprendre à vivre ; cepen-
dant il faut le traiter le mieux possible avec une patience et un
amour infinis. Il ne fait pas de doute que son avenir comporte-
ra de graves difficultés, dont les conséquences seront amères.
Alors il commencera à comprendre la nécessité de mettre de

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l’ordre dans sa vie.
Samaël Aun Weor

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MANUEL DE MAGIE RUNIQUE
CHAPITRE 31 - LA RUNE RITA

Il me vient en cet instant à la mémoire des scènes d’une


réincarnation passée que je vécus au Moyen-Âge.
Je vivais en Autriche selon les coutumes de l’époque ; je
ne peux nier le fait que j’étais membre d’une illustre famille de
l’ancienne aristocratie. À cette époque les gens de ma famille se
vantaient à l’excès d’avoir du « sang bleu », des ascendants
difficiles et une lignée de notables. Cela me fait même de la
peine de le confesser, mais le plus grave, c’est que moi aussi
j’étais pris dans cette bouteille de préjugés sociaux. Ce sont les
choses du siècle !
Un jour quelconque, peu importe lequel, une de mes
sœurs devint amoureuse d’un homme très pauvre, et ce fut,
bien évidemment, le scandale du siècle ; les dames de la no-
blesse et leurs petits messieurs, dandys, gommeux et petits
maîtres stupides, qui écorchaient vif leur prochain, tournèrent
la malheureuse en dérision. Ils disaient d’elle qu’elle avait taché
l’honneur de la famille, qu’elle aurait pu mieux se marier, etc.
Peu de temps après, la pauvre devint veuve et évidem-
ment, comme résultat de son amour, un enfant lui resta.
Aurait-elle voulu alors retourner au sein de la famille ?
Cela était impossible, elle connaissait trop bien la langue de
vipère des élégantes dames, leurs commérages fastidieux et
leur mépris, et elle préféra la vie indépendante.
Ai-je aidé cette veuve ? il serait absurde de le nier. Ai-je
pris mon neveu en pitié ? c’est la vérité. Par malheur, il y a des
fois où pour ne pas manquer à la pitié, on peut devenir sans
pitié.
Ce fut mon cas. Par compassion envers l’enfant, je le fis

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interner dans un collège (avec l’excuse de lui offrir une éduca-
tion robuste, ferme et vigoureuse), me moquant royalement
des sentiments de sa mère et allant même jusqu’à commettre
l’erreur d’interdire à la mère résignée de visiter son fils ; je
pensais qu’ainsi mon neveu ne souffrirait aucune sorte de
préjudice et qu’il pourrait plus tard être quelqu’un, devenir un
grand homme, etc.
Le chemin qui conduit à l’abîme est pavé de bonnes inten-
tions, n’est-ce pas ? C’est bien vrai. Combien de fois, en voulant
faire le bien, fait-on du mal ? Mes intentions étaient bonnes,
mais la méthode erronée ; je croyais toutefois fermement que
ce que je faisais était correct.
Ma sœur souffrait le martyre en l’absence de son enfant ;
elle ne pouvait pas le voir au collège, cela lui était interdit.
Il en ressort clairement qu’il y eut de ma part de l’amour
envers mon neveu et de la cruauté envers ma sœur ; je croyais
néanmoins qu’en aidant l’enfant, j’aidais aussi sa mère.
Heureusement qu’à l’intérieur de chacun de nous, dans
ces régions intimes où il manque d’amour, il y a le policier du
karma, le Kaom, qui surgit comme par enchantement.
Il n’est pas possible de fuir les agents du karma : c’est à
l’intérieur de chacun de nous que se trouve le policier qui nous
amène inévitablement devant les tribunaux.
Depuis cette époque, bien des siècles ont passé ; nous, les
personnages de ce drame, nous avons tous connu la vieillesse
et la mort. Quoi qu’il en soit, la loi de la récurrence est terrible,
et tout se répète tel que cela s’est déjà passé, les conséquences
en plus.
XXe siècle : nous nous sommes retrouvés, tous les acteurs
de cette scène. Tout se répéta d’une certaine manière mais,
bien entendu, avec ses conséquences. Cette fois-ci, c’est moi
qui dus être répudié par la famille : telle est la loi. Ma sœur

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rencontra de nouveau son mari ; de mon côté, je ne regrette pas
de m’être uni encore une fois avec mon épouse-prêtresse de
jadis, connue sous le nom de Litelantes.
Le neveu que j’avais tant aimé et dont nous avons tant
parlé renaquit cette fois avec un corps féminin : c’est assuré-
ment une belle enfant, son visage ressemble à une nuit déli-
cieuse et les étoiles resplendissent dans ses yeux.
À un moment donné, peu importe la date, nous vivions
près de la mer. La petite fille (le neveu d’autrefois) ne pouvait
pas jouer ; elle était gravement malade, atteinte d’une infection
intestinale. Son cas était très délicat : quelques enfants de son
âge moururent à cette époque pour la même raison. Pourquoi
ma fille aurait-elle dû être une exception ?
Les nombreux remèdes qu’on lui prescrivit furent fran-
chement inutiles ; déjà le profil caractéristique de la mort
commençait à se dessiner dans toute son horreur sur son
visage infantile.
L’échec était évident, le cas était perdu, et il ne me restait
d’autre solution que de visiter le Dragon de la Loi, le génie
terrible du karma, qui a pour nom Anubis.
Heureusement, et grâce à Dieu ! Litelantes et moi savons
voyager de façon consciente et positive en corps astral. Ainsi
donc, le fait de nous présenter ensemble dans le palais du
grand archonte, dans l’univers parallèle de la cinquième di-
mension, n’était pas pour nous un problème.
Ce temple du karma est impressionnant, majestueux,
grandiose.
Le hiérarque s’y trouvait assis sur son trône, imposant et
terriblement divin ; n’importe qui prendrait peur à le voir
officier avec son masque sacré de chacal, tel qu’il apparaît dans
de nombreux bas-reliefs de l’ancienne Égypte pharaonique.
On me donna finalement la chance de lui parler, et il est

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clair que je ne laissai pas passer cette chance si facilement :
Tu as une dette envers moi, lui dis-je.
Laquelle ? me répondit-il comme si cela l’étonnait.
Pleinement satisfait, je lui présentai un homme qui, à une
autre époque, avait été un démon pervers ; je fais allusion à
Astaroth, le grand-duc.
Cet homme était un fils perdu pour le Père, poursuivais-
je, et malgré tout, je le sauvais et lui montrai le sentier de la
lumière, je l’arrachais à la Loge noire et il est aujourd’hui un
disciple de la Fraternité blanche; tu ne m’as pas payé cette
dette.
Le fait était que selon la Loi, l’enfant devait mourir et que
son âme devait pénétrer dans le ventre de ma sœur pour se
fabriquer un nouveau corps physique. C’est ainsi que je l’avais
compris, et c’est pourquoi j’ajoutai :
Je demande que ce soit Astaroth qui aille dans le ventre
de ma sœur plutôt que l’âme de ma fille.
La réponse solennelle du hiérarque fut définitive :
Accordé, qu’Astaroth aille dans le ventre de ta sœur et que
ta fille reste en santé.
Inutile d’ajouter que cette enfant (mon neveu de jadis) fut
miraculeusement guérie et que ma sœur conçut un enfant
mâle.
J’avais de quoi payer cette dette, je possédais du capital
cosmique. La loi du karma n’est pas une mécanique aveugle
comme le supposent de nombreux pseudo-ésotéristes et pseu-
do-occultistes.
Vu l’état des choses, il s’avère évident et facile à com-
prendre qu’avec la mort possible de ma fille, j’aurais eu à
ressentir la même douleur du détachement, la même amer-
tume que ma sœur avait ressentie à une époque ancienne à
cause de la perte de son fils.

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C’est ainsi que la grande Loi aurait compensé pour le
dommage : des scènes semblables se seraient répétées, mais
cette fois-ci, c’est moi qui aurais été la victime.
Par bonheur, le karma est négociable, ce n’est pas la mé-
canique aveugle des astrologues et chiromanciens de fête
foraine. J’avais du capital cosmique et je payai cette vieille
dette ; il me fut ainsi possible, grâce à Dieu, d’éviter l’amertume
qui m’attendait.
Quand les gens comprendront-ils tous les mystères de la
Rune Rita ? C’est assurément la Rune de la Loi. Rita nous
rappelle les mots raison, roue, religion, et right (juste ou
équitable, en anglais).
Le droit romain symbolise la justice par la balance et
l’épée. Il n’y a donc rien d’étrange à ce que dans le palais
d’Anubis, le grand archonte de la Loi, on voit un peu partout
des balances et des épées.
Le grand juge est conseillé dans son travail par les qua-
rante-deux juges de la Loi.
D’illustres avocats de la grande Loi sont toujours présents
pour nous défendre devant les tribunaux du karma lorsque
nous avons suffisamment de capital cosmique pour annuler les
vieilles dettes.
Il est également possible d’obtenir du crédit des seigneurs
de la Loi ou archivistes du destin, mais il faut le payer par des
bonnes œuvres en travaillant pour l’humanité ou bien à force
de douleurs suprêmes.
On ne paie pas seulement du karma pour le mal que l’on
fait, mais aussi pour le bien qu’on aurait pu faire mais qu’on n’a
pas fait.

Pratique
Les mantras fondamentaux de la Rune Rita sont : Ra, Ré,

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Ri, Ro, Ru (Rou).
Dans la Rune F, nous levions les bras ; dans la Rune U,
nous ouvrions les jambes ; dans la Rune D, nous placions une
main sur la taille ; dans la Rune O, nous avions les jambes
ouvertes et les mains sur la taille. Dans la présente Rune Rita,
nous devons ouvrir une jambe et un bras ; nos étudiants gnos-
tiques verront ainsi, dans cette position, qu’ils sont eux-mêmes
et en eux-mêmes les lettres runiques telles qu’elles s’écrivent.
La présente pratique runique a le pouvoir de libérer le ju-
gement interne. Nous devons nous transformer en juges de
conscience ; il est urgent que nous éveillions la Bouddhata,
l’âme.
Cette Rune a le pouvoir d’éveiller la conscience des juges.
Rappelons-nous ce que l’on appelle le remords ; c’est as-
surément la voix accusatrice de la conscience.
Ceux qui ne ressentent jamais de remords sont en réalité
très loin de leur juge intérieur ; il s’agit habituellement de cas
perdus. Des gens de la sorte doivent travailler très intensément
avec la Rune Rita pour libérer leur jugement intérieur.
Il nous faut apprendre d’urgence à nous laisser guider par
la voix du silence, c’est-à-dire par le juge intime.

Samaël Aun Weor

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