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Section 1

I) Généralité sur la finance islamique


II) Historique de la finance islamique
III) Principaux instruments financiers

I) Généralité sur la finance islamique

Le modèle économique islamique est différent du capitalisme et du communisme,


l'islam met un juste milieu entre l'individualisme exagéré du capitalisme et le collectivisme
injuste du communisme. L'activité économique des musulmans, au même titre que leur
activité politique et sociale, doit être conforme aux normes du  :

- Coran : le livre sacré des musulmans et la source principale du Droit Islamique.

- La Sunna : ce terme désignant l'ensemble des dires et des actions du Prophète ainsi
que son approbation des dires et des pratiques de quelqu'un d'autre.

- Les Qyas ou l'analogie : une forme de raisonnement utilisée par les juristes
musulmans pour déterminer la solution d'un problème de droit (fiqh) non prévu par les textes
du Coran et de la Sunna.

- L'Ijtihad, qui est l'effort de réflexion personnelle basée sur les principes généraux de
l'Islam. Il est pratiqué par les muftis (juristes) ou les mujtahids (savants).

- L'Ijma, procédure juridique dans le droit musulman qui essaie d'établir une règle en se
basant sur un consensus des spécialistes du domaine dont il est question. Une règle de droit
prise par ce procédé ne peut en aucun cas contredire le Coran ou la Sunna.

En effet, un système financier islamique tout en intégrant les objectifs de rentabilité et


d'efficacité doit respecter l'ensemble des principes de la Charia. La Finance Islamique n'est
donc pas un système basé exclusivement sur des interdictions et des restrictions.
Contrairement à ce que laissent entendre certaines idées répandues, c'est un univers construit
autour de quelques grands principes positifs ainsi que sur quelques interdits mais pas
exclusivement .
A parement, la finance islamique se rapporte aux instruments financiers utilisés par les
investisseurs qui souhaitent gérer leurs investissements dans le respect des valeurs de l’Islam.
L’objectif de la finance islamique est le partage des bénéfices et des pertes entre celui qui
apporte les capitaux et celui qui les utilise.

Les principes et fondements de la finance islamique découlent du droit et de la


jurisprudence islamique. Il s’agit avant tout d’une finance qui se caractérise par une
dimension morale, solidaire, équitable et socialement responsable. Le droit islamique est en
effet très attaché à la notion d’équilibre contractuel et de gain mutuel. La finance islamique
obéit à un certain nombre d’obligations et interdictions :

A. Principes restrictifs
1. Interdire l’usure et l’intérêt

La notion de « ribâ », littéralement « augmentation », interdit tout enrichissement sans


effort et sans risque du seul fait de l’écoulement du temps. Tout revenu fixe, connu d’avance,
sans prise de risque et sans lien avec la rentabilité de l’actif financé est ainsi interdit. L’intérêt
qu’il soit excessif ou non est interdit pour prévenir l’injustice et garantir le principe de
solidarité. La religion musulmane dit : « si l’emprunteur est en difficulté, il faut attendre que
sa situation s’améliore » Sourate Al Baqarah

2. Interdire l’incertitude et délaisser la spéculation

Le « gharar », littéralement « aléa », recouvre la notion d’incertitude ou d’ambiguïté


dans un contrat. Les contrats ne doivent pas contenir de « gharar » sinon ils sont réputés nuls.
Les contrats doivent être les plus clairs et transparents possible (notamment en matière de
prix, d’objet, d’identité des parties et de délais). La notion de « maysir » a trait au hasard, au
jeu et donc à la spéculation. Il est illicite de parier ou de s’adonner à des jeux de hasard dans
le but de faire un profit facile sans création de richesse par le travail. Ceci implique à titre
d’exemple que les produits dérivés en tant que source de profit principale soient prohibés.

3. Ne pas financer des activités illicites

Il est interdit d’investir dans des secteurs illicites contraire à la morale islamique («
haram ») ce qui exclut notamment l’alcool, les jeux de hasard, l’industrie du porc, la
pornographie, l’armement (exception faite pour les Etats).

B. Principes positifs
1. Partager les pertes et profits:

Il s’agit d’un des concepts clé. Il consiste en un partage des gains et des risques entre
l’investisseur et l’entrepreneur. Le partage n’est pas forcément égalitaire mais il est convenu à
l’avance selon des clés de répartition.

2. Adosser les investissements à des actifs tangibles

Toute transaction doit être adossée à un actif tangible et identifiable. La finance


islamique pousse ainsi les investisseurs à s’engager dans l’économie réelle et productive.
II) Historique de la finance islamique
III) Principaux instruments financiers

La déclinaison des principes fondamentaux de la finance islamique en instruments a


donné lieu à l’apparition de produits et concepts qui lui sont spécifiques. On distingue d’un
côté les instruments de financement dont on cite essentiellement « Al Mourabaha », « Al
Salam », « Al Istisnaa », « Al Ijara », et d’un autre côté les instruments participatifs tels que «
Al Moudharaba » et « Al Moucharaka ». On présentera également deux concepts qui
concernent les institutions financières islamiques non bancaires qui sont : « Al Sukuk » et «
Al Takafoul.

A. Instruments de dette
1. Mourabaha :
C’est un contrat de vente avec marge bénéficiaire :

Le financier acquiert un actif désigné par le client auprès d’un vendeur à un prix
d’acquisition P. Le financier devient propriétaire de l’actif et le revend à son client au prix P
additionné d’une marge bénéficiaire M. Le financier transfert alors la propriété de l’actif au
client. Le prix et la marge sont connus par les parties contractantes et le paiement peut se faire
en une seule fois ou par versements échelonnés. Cela permet de financer à la fois les besoins
d’exploitation et les investissements d’une entreprise par exemple.

2. Ijara :

C’est l’équivalent d’un contrat de bail utilisé pour financer des actifs mobiliers et
immobiliers

Il s’agit d’une technique de financement assimilable au créditbail (leasing) puisqu’elle


consiste en la location au client de l’actif objet du contrat avec la possibilité de transfert de
l’actif au locataire à l’issue de la période de location. Cette opération suppose que la banque
ait acquis le bien mobilier ou immobilier et qu’elle en détienne la propriété au moment de
l’établissement du contrat. A la fin du contrat, le client acquiert le bien, le restitue ou le
reloue.

3. Salam

C’est une sorte de vente à terme qui consiste en l’encaissement par le vendeur du prix
total de la marchandise qu’il va livrer plus tard à l’acheteur. Pour que cette opération soit
conforme à la sharia, l’ensemble de ses conditions et ses caractéristiques doivent être
contractualisées (prix, quantité et qualité). Cette opération est équivalente à une avance de
trésorerie.
4. Istisnaa :
Un contrat dans lequel le fabricant s’engage à la construction d’un ouvrage au profit
d’une autre partie qui est le (Moustasni) qui en paie le prix d’avance, de façon fractionnée ou
à terme.
B. Instruments participatifs

Les produits participatifs sont des produits où l’investisseur et l’entrepreneur prennent


tous les deux parts au projet financé dans le but de dégager un profit. Dans cette catégorie, on
trouve la Moucharaka et la Moudaraba.
1. Moucharaka :
Il s’agit d’une association entre 2 parties dans le capital d’un projet moyennant une
répartition des profits déterminée et fixée avant le lancement du projet. Les deux parties
participent à l’apport en capital. La rémunération de la banque est donc directement liée au
résultat d’exploitation. La moucharaka est assimilable au capital investissement puisque les
deux partenaires, à savoir la banque et son client, engagent des fonds pour financer un projet.
Tous deux peuvent aussi prétendre à la gestion et fixent les règles contractuellement. Le
partage des profits dans ce cas là obéit à la liberté contractuelle des parties tandis que les
pertes sont supportées à hauteur de la participation de chaque partie.
2. Moudaraba :
Elle est fondée sur un partenariat d’investissement. L’investisseur qui est donc le
bailleur de fonds s’engage au financement intégral du projet et l’entrepreneur s’oblige à la
gestion du projet. Le partage des profits se fait sur la base d’un ratio préétabli en fonction des
bénéfices de l’entrepreneur. Dans ce schéma, l’investisseur supporte les conséquences
financières en cas de perte. Il s’agit également d’une opération de financement assimilable au
capital-investissement.
En générale, la moucharaka et la moudaraba sont des produits très utilisés par les
banques islamiques pour la mise en place des comptes dits «d’investissement». Ces comptes
leur permettent d’offrir à leur clientèle des dépôts rémunérés ou des produits d’épargne.