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UNIVERSITE IBN ZOHR

ECOLE NATIONALE DE COMMERCE ET DE


GESTION AGADIR

THEME 1 : SOURCES DU DROIT & ORGANISATION COMPTABLE

1 – Le référentiel comptable Marocain


Le référentiel comptable marocain est caractérisé par un code général de normalisation
comptable (CGNC) très détaillé qui impose des règles d’enregistrement, d’évaluation et de
présentation mais aussi et surtout une nomenclature de comptes détaillés.

1.1 L’historique de la normalisation comptable au Maroc :

* La naissance de l’idée de la normalisation comptable était formulée pour la première fois


en 1972 par les responsables de la comptabilité nationale.

* En 1982, un groupe de réflexion s’est constitué sous l’égide du ministère du plan. Ce groupe
était composé des représentants des institutions suivantes : Ministère des finances ; Ministère
de l’éducation nationale ; Ministère du commerce et de l’industrie ; AMDEC ; banques et
assurances.

* en 1983, l’organisation du 1er séminaire national sur le thème « Pour un plan comptable
marocain » ; et la création d’un comité national de normalisation comptable (CNNC).

* 1986, la mise en place d’une commission technique dénommée « Commission de


Normalisation comptable » (CNC) ; qui a élaboré le CGNC, marquant la mise en place pour la
1ère fois d’un plan comptable marocain1.

* 1989, décret introduisant le CGNC dans les entreprises publiques.

* 1990, la première application du CGNC (ONEP et OCP).

* 1992, la promulgation de la loi 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants.

* 1994, la généralisation de l’application de la loi 9-88.

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Avant le CGNC, les entreprises marocaines utilisaient le plan comptable français de 1957.
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* 2006, modification de la loi 9-88 par la promulgation de la loi 44-03 qui a introduit des
modèles et principes très simplifiés en faveur de la Toute petite entreprise (TPE).

1.1.1 Les objectifs de la normalisation comptable au Maroc :

Le CGNC de 1986 avait pour objectifs :

- mettre un outil de gestion et de prise de décision moderne au service des chefs des
entreprises ;

- rattraper le retard enregistré par le Maroc dans le domaine de comptabilité ;

- développer l’information micro et macro-économique ;

- améliorer le niveau des connaissances, des performances des entreprises par tous les
utilisateurs ;

- s’insérer dans le contexte international ;

- permettre un enseignement sur la base d’un plan comptable national ;

- réussir la privatisation et dynamiser la bourse.

1.1.2 Spécificités du CGNC :

Le CGNC se compose de deux parties : la Norme Générale Comptable (NGC) et le Plan


Comptable Général des Entreprises (PCGE).

a. La Norme Générale Comptable (NGC) :

La NGC est caractérisée par son aspect général et polyvalent. Elle est la synthèse de deux
approches internationales à savoir l’approche anglo-saxonne et celle franco-germanique. Elle
vise toutes les entités économiques quelles que soient leur taille (PMEs ou grandes
entreprises), leur forme juridique (société, association, entreprise individuelle, Etat ou
établissement public) , leur secteur (public ou privé) ou leur objet (commercial, industriel,
agricole…).

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b. Objectifs de la NGC :

L’objectif principal de la NGC est de dégager une information économique et financière


pertinente (en terme de qualité) et fiable (en terme de quantité). L’information doit être
pertinente, par sa nature et son importance significative, pour les besoins de prises de
décisions des utilisateurs, le but étant « ne pas se tromper et ne pas tromper ». L’information
possède la qualité de fiabilité quand elle est exempte d’erreur et de biais significatifs et que
les utilisateurs peuvent lui faire confiance pour présenter une image fidèle de ce qu’elle est
censée présenter ou de ce que l’on pourrait s’attendre raisonnablement à la voir présenter.

c. Principes comptables fondamentaux :

Les principes comptables retenus par la norme sont au nombre de sept : continuité
d’exploitation ; permanence des méthodes ; coût historique ; spécialisation des exercices ;
prudence ; clarté et importance significative. Les principes écartés par la norme sont le
principe de prééminence de la réalité sur l’apparence et celui de sincérité.

Le respect de l’ensemble des principes retenus doit converger vers l’image fidèle (true and
fair view) de la situation patrimoniale, financière et résultat de l’entreprise. Si l’application
d’un principe peut entraver l’obtention d’image fidèle, il y a possibilité d’y déroger et mention
doit être faite dans l’ETIC.

1.2 Le PCGE :

Le PCGE fait état des états de synthèse ; règles d’évaluation ; et nomenclature des comptes.
Seules les deux premières seront traitées dans les paragraphes suivants.

1.2.1 Etats de synthèse :

Deux modèles comptables peuvent être adoptés selon le chiffre d’affaire annuel réalisé par
l’entreprise à savoir 7 500 000 DH (la loi 44-03 a porté ce chiffre d’affaire à 10 millions de
dirhams). Ainsi, si le CA est inférieur ou égal à 10000000 DH, l’entreprise adopte le modèle
simplifié qui impose l’élaboration de trois états de synthèse : le bilan, le CPC et l’ETIC. Par
contre, si le CA est supérieur à 10000000 DH, l’entreprise adopte le modèle normale qui
contrairement au modèle simplifié impose l’élaboration de cinq états de synthèse : Bilan,
CPC, ESG, Tableau de financement et ETIC.

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1.2.2 Méthodes d’évaluation :

Le CGNC a retenu trois formes de valeurs : valeur d’entrée, valeur actuelle et valeur
comptable nette.

Lors de leur entrée dans le patrimoine, les éléments du bilan sont à comptabiliser selon les
règles d’évaluation suivante :

- Les biens et titres sont inscrits à leur coût (pour les biens) ou prix (pour les titres)
d’acquisition (s’ils sont acquis à titre onéreux), à leur coût de production (pour les
biens produits par l’entreprise), à leur valeur actuelle (s’ils sont acquis par voie
d’échange).

- Les créances, les dettes et les disponibilités sont inscrites pour leur valeur nominale.
Les créances, les dettes et les disponibilités libellées en monnaies étrangères sont
converties en monnaie nationale au cours du jour à leur date d’entrée.

- Les stocks sont évalués selon deux méthodes soit le CMUP ou FIFO.

La valeur d’entrée des éléments est intangible sauf exceptions prévues par le CGNC
notamment en matière de créances, dettes et disponibilités libellées en monnaies étrangères ou
indexées. Cependant, la valeur d’entrée des éléments de l’actif immobilisé dont l’utilisation
est limitée dans le temps doit faire l’objet de corrections de valeur sous forme
d’amortissement. La valeur d’entrée diminuée du montant cumulé des amortissements forme
la « valeur nette d’amortissement » (VNA).

Ainsi, la valeur comptable nette des éléments d’actifs est soit la valeur d’entrée pour les biens
non amortissables ou la VNA pour les biens amortissables si la valeur actuelle leur est
supérieure ou égale. Soit, la valeur actuelle si elle leur est inférieure.

1.3 Les principes de consolidation dans le référentiel comptable


marocain :

Le CGNC a mis le point sur la notion du groupe ; la définition du périmètre de la


consolidation et l’élaboration des états de synthèse consolidés.

1.3.1. La notion du groupe :

La notion comptable et financière du « groupe » s’entend de l’ensemble constitué par


plusieurs entreprises placées sous l’autorité économique et financière de l’une d’entre elles,

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qui définit et contrôle la politique et la gestion de l’ensemble. Les entreprises constitutives du


groupe sont généralement des sociétés ; elles peuvent, cependant, revêtir plusieurs formes
juridiques (établissements publics, mutuelles, coopératives, entreprises individuelles).

Dans les textes relatifs à la consolidation, les termes de « société » et « entreprise » sont à
considérer comme équivalents. La société mère est l’entreprise qui, à la tête du groupe, exerce
les pouvoirs de direction et de contrôle de l’ensemble. Les autres sociétés du groupe sont dites
« filiales » de la société mère. Les entreprises associées ne font pas partie du groupe.

1.3.2. Le périmètre de la consolidation :

Le périmètre de la consolidation est une expression qui désigne la définition des entreprises
relevant des procédures de la consolidation : filiales intégrées globalement ; entreprises
associées mises en équivalence et, le cas échéant, entreprises sous contrôle conjoint intégrées
proportionnellement.

Une filiale est une société placée sous contrôle exclusif de la société mère soit de la détention
directe ou indirecte par celle-ci de la majorité des droits de vote, majorité lui permettant de
désigner la majorité des membres des organes d’administration de la filiale. Soit, de la
désignation, pendant deux exercices successifs, de la majorité des membres des organes
d’administration de la filiale. Soit du droit d’exercer sur la filiale, en vertu d’un contrat ou de
clauses statutaires, une influence dominante lui donnant le pouvoir de direction.

Une entreprise ou société associée est une entreprise qui, n’appartenant pas à un groupe, est
placée sous l’influence notable d’une entreprise du groupe. Celui-ci y détient une part
importante des droits de vote, entend conserver durablement ses intérêts dans la participation,
et exerce une influence notable sur la politique et la gestion, par une participation aux
décisions essentielles en ces domaines, sans aller jusqu’à la maîtrise de ces décisions.

Si le groupe détient moins de 20% des droits de vote, la société est présumée n’être pas
associée au groupe, sauf à en apporter la preuve contraire. Sont généralement à exclure de la
consolidation, les filiales dont le contrôle semble très temporaire, ou compromis (par exemple
par suite d’impossibilité de transferts de fonds..), ainsi que les sociétés dont les titres sont
détenus en vue de leur cession ultérieure.

Une entreprise passible de la consolidation peut être en dehors de celle-ci lorsqu’elle ne


présente qu’un intérêt négligeable au regard de l’objectif d’image fidèle du groupe, et qu’il en
est de même, le cas échéant pour l’ensemble formé par des entreprises relevant de ce cas.

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1.3.3. L’élaboration des états de synthèse consolidés :

La consolidation consiste en un ensemble des opérations conduisant à l’établissement des


états de synthèse consolidés, lesquels doivent présenter comme ceux d’une seule entreprise, le
patrimoine, la situation financière et les résultats de la société mère et de toutes les filiales,
dans le cadre d’une « intégration globale » mettant aussi en évidence les intérêts
minoritaires2.

Dans ces états de synthèse, le montant des titres de participation correspondant aux sociétés
associées, se voit substituer, dans le bilan, la part des capitaux propres et dans, le CPC, la part
du résultat net revenant au groupe, dans le cadre de la méthode dite de « mise en
équivalence ».

Qu’elle soit optionnelle ou obligatoire, la consolidation doit respecter les prescriptions de la


NGC sauf cas exceptionnel de dérogation justifié par l’objectif d’image fidèle et explicité
dans l’ETICC. Cette obligation implique un plan de consolidation conforme aux dispositions
de la NGC ; un enregistrement systématique des écritures de reclassement, retraitement,
consolidation, conformément aux dispositions de la NGC ; une reprise systématique d’un
exercice à l’autre des soldes des comptes de bilan.

Techniquement la consolidation peut être opérée de façon directe et globale au niveau de la


société mère ; ou par paliers successifs, chaque filiale étant consolidée dans la société
détentrice de ses titres.

1.3. LA NORMALISATION COMPTABLE INTERNATIONALE (CADRE


CONCEPTUEL)

Depuis le 1er janvier 2005, toutes les entreprises européennes cotées (environ 8000) doivent
présenter leurs documents financiers consolidés (incluant leurs milliers de filiales) selon les
nouvelles normes comptables internationales dites IAS / IFRS. Au Maroc, les entreprises
filiales de groupes européens cotés, sont directement impliquées et se voient donc obligées de
revoir leurs comptes (essentiellement ceux destinés à la consolidation) selon ces nouvelles
normes.

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Part de capitaux propres et des résultats nets des filiales attribués aux titres qui ne sont détenus ni par la société
mère ni par une autre filiale.

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Ce changement constitue une véritable révolution dans l’information financière des


entreprises. L’enjeu stratégique de la normalisation comptable internationale doit être
nécessairement pris en compte par les personnes qui sont ou seront impliquées dans la vie des
entreprises. Pour aborder les raisons d’une nécessaire harmonisation à l’échelon international
et les décisions prises en ce sens, seront traité le référentiel comptable existant en Europe et
aux Etats Unis ; le référentiel comptable de la finance islamique ou participative ; les objectifs
et enjeux de la normalisation ; le choix référentiel des IAS / IFRS; ainsi que les principales
caractéristiques de ces normes (voir cours S9 GFC normes comptables internationales) .

1.3.1. Les référentiels comptables existants :


a. En Europe :

Les principaux instruments d’harmonisation comptable européenne sont la quatrième


directive de juillet 1978 concernant les comptes annuels ; la septième directive de juin 1983
concernant les comptes consolidés ; et les autres directives.

Une directive est une décision de droit communautaire visant à favoriser l’harmonisation des
législations nationales des Etats membres de l’UE. Une directive ne s’impose pas directement
aux ressortissant de l’UE, contrairement au règlement européen, mais nécessite une
transposition. Elle impose aux Etats membres un objectif à atteindre, tout en leur laissant le
choix quant aux moyens d’y parvenir (lois, décrets..).

a. La quatrième directive : elle a pour objectif de fixer des conditions juridiques


équivalentes minimales quant à l’étendue des renseignements financiers à porter à la
connaissance du public par des sociétés concurrentes. Le contenu de la 4ième directive
est le suivant :

- la structure et le contenu des comptes annuels à savoir du bilan, du compte de résultat,


de l’annexe et du rapport de gestion ;

- les modes d’évaluation ;

- les règles de publicité et de contrôle des comptes annuels.

b. La septième directive : elle a pour ambition de coordonner les législations nationales


sur les comptes consolidés afin de réaliser les objectifs de comparabilité et
d’équivalence de ces informations. Le contenu est le suivant :

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- les conditions et modes d’établissement des comptes consolidés ;

- le rapport consolidé de gestion ;

- les règles de publicité et de contrôle des comptes consolidés.

c. Les autres directives : les deux directives citées ci-dessus ont été complétées par deux
directives sectorielles :

- la directive de décembre 1986 applicable aux banques et autres institutions


financières ;

- la directive de décembre 1991 spécifiquement consacrée aux entreprises d’assurances.

Pour rendre le référentiel IFRS applicable au sein de l’UE, l’ensemble des directives
comptables a été revu et amendé en conséquence par le biais de deux directives :

- la directive de septembre 2001 introduisant le concept de juste valeur ;

- la directive de juin 2003 visant à moderniser et actualiser les normes comptables


européennes en modifiant les directives antérieures pour les rendre compatibles avec
les règles IFRS.

Ces deux directives ont été transposées dans le droit national de chaque Etat membre au 1 er
janvier 2005.

b. Aux USA : US GAAP / FASB

Les US GAAP (Generally Accepted Accounting Principles) sont les principes comptables
généralement admis aux Etats-Unis. Ils regroupent un grand nombre de normes (les FAS :
Financial Accounting Standards), d’interprétations, avis et de déclarations élaborés par :

- le FASB (Financial Accounting Standards Board) ;

- l’AICPA (American Institute of Certified Public Accountants, càd l’institut des


experts comptables américains);

- et la SEC (Securities and Exchange Commission, càd la commission des valeurs


mobilières et des bourses des valeurs).

Les US GAAP sont orientés vers les besoins et l’usage des actionnaires et du marché
financier ; axés sur des modalités d’application très détaillées plutôt que sur des principes

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directeurs. Le dispositif comptable comprend ainsi l’accumulation à travers les années de tous
les cas possibles et se compte aujourd’hui en milliers de pages.

1.3.2. Référentiel de la comptabilité pour la finance islamique

1990 : création de la FAOIBFI (Financial Accounting organisation for Islamic Banks and
Financial institutions)

- 1995 : la FAOIBFI est devenue la AAOIFI (Accounting and Auditing organisation for
Islamic Financial institutions)

- Objectifs :

- Développer des normes comptables, d’audit, d’éthique et de gouvernement ;


- Harmoniser l’industrie eu égard aux politiques et procédures des banques
islamiques au sein des juridictions locales et au niveau international
- Harmoniser les fatwas des différents comités de chari’ah et en tant qu’autre
activité essentielle, développer des normes reflétant les principes de la chari’ah
- Répondre aux besoins de ressources humaines de l’industrie en offrant des
formations professionnelles

Les normes de l’AAOIFI éditées jusqu’au 2010 :

◦ 2 6 normes comptables

◦ 5 normes d’audit

◦ 7 normes de gouvernance

◦ 2 normes d’éthique

◦ 45 normes relatives à la Shari’ah

* Création de la CIPA (Certified Islamic Professional Accountant)

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