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08/12/2020 Techniques d'elevage intensif et d'alimentation de poissons et de crustaces

CONSCEPTION DES INSTALLATIONS D'ELEVAGE


Mr. J. SHELTZ

1. INTRODUTION

L'élevage des poissons marins peut se pratiquer selon différents modes : extensif, semi-extensif ou intensif (Annexe 1).

A chaque mode correspond une structure particulière répondant aux exigences biotechnique et économique de l'élevage réalisé.

L'object du présent document est la description de ces diverses structures.

2. BASSINS D'ELEVAGE INTENSIFS

2.1 Forme des bassins

2.1.1. Raceway ou bassin couloir

2.1.1.1. Description

Le raceway est un canal de section rectangulaire ou trapézoïdale, traversé par un courant d'eau allant d'une extrémité
(alimentation) à l'autre (évacuation).

2.1.1.2. Le fonctionnement hydraulique d'un raceway est satisfaisant si sa conception a été réalisée en vue d'éviter la création de
zone morte. Ceci peut être réalisé si l'alimentation et l'évacuation de l'eau se font sur toute la largeur du bassin, ou si l'évacuation a
une forme en V (Annexes 3 et 4)

2.1.1.3. Conception

Le rapport longueur (L)/largeur (1) est important lors de la conception des raceways. En effet, le cheptel ne doit pas pouvoir créer
de périples circulaires qui accumuleraient les saletés au centre. De ce fait, il est recommandé de ne pas avoir un rapport L/1
inférieur à 6. De plus, la largeur ne doit pas être trop importance car elle entraîne une grande section et donc une vitesse de
courant faible. Ainsi, des dimensions telles que 20 m × 2 m, 30 m × 3 m, ou 50 m × 4 m donnent de bons résultats, la profondeur
moyenne étant de l'ordre de 1 m. La pente du fond est généralement de 1%.

2.1.1.4. Fonctionnement en élevage

Dans les raceways, les vitesses de l'eau sont toujours assez faibles et incapables d'assurer une évacuation des déchets. En fait,
c'est le poisson, qui, par remise en suspension continuelle des sédiments, assure le nettoyage de ces bassins à condition d'avoir
une charge suffisante (20 Kg/m3 pour les truites). Dans les autres cas, il y a sédimentation et donc accumulation de matière
organique provoquant une dégradation du milieu. Des nettoyages fréquents sont alors nécessaires qui peuvent se faire par simple
abaissement du niveau d'eau dans le bassin. Cette opération provoque en effet une augmentation de la vitesse du courant ainsi
qu'une concentration du poisson provoquant la remise en suspension et l'élimination de déchets.

Le moine de sortie (Annexe 5) comporte trois glissières qui permettent d'assurer une triple fonction :

- empêcher la fuite des poissons

- éliminer l'eau de fond chargé en matière organique (planche décollée du fond dans la deuxième rainure).

- maintenir et régler le niveau de l'eau dans le bassin par un jeu de planches biseautées dans la troisième rainure.

2.1.1.5. Remarque

Le forme du raceway rend aisé le cloisonnement et la concentration du poisson.

2.1.2. Bassin rectangulaire à courant rapide (Type BURROWS)

2.1.2.1. Description (Annexe 6)

Les bassins de type BURROWS sont rectangulaires et comportent une cloison centrale ainsi que des guides (ou déflecteurs) aux
extrêmités qui permettent un meilleur circuit hydraulique.

2.1.2.2. Fonctionnement hydraulique (Annexe 7)

L'arrivée de l'eau se fait grâce à des jets d'eau dirigés dans l'axe. du bassin.

L'évacuation de l'eau se fait par un orifices situé au milieu de l'axe central du bassin. L'ensemble de ces aménagements aboutit,
par rapport aux raceways, à une amélioration du courant d'eau et à élimination des déchets.

2.1.2.3. Fonctionnement en élevage

Ces bassins sont plus performants que les raceways en matière d'autonettoyage/charge admissible. Cependant le temps de
circulation des particules en suspension dans le bassin est long; ce qui peut entrainer des irritation au niveau des branchies chez
les poissons délicats (notamment les alevins). Les manipulations (concentration, pêche, etc… ) dans les bassins sont rendues
délicates par la présence des cloisons et des déflecteurs qui risquent en plus de blesser Le poisson. De plus, l'entretien périodique
est rendu plus difficile du fait des nombreuses parois.

2.1.2.4. Remarque :

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Les bassins de type BURROWS présentent des avantages du point de vue hydraulique mais sont d'un emploi plus difficile en ce
qui concerne l'entretien et la manipulation des poissons. De plus, le prix de revient est nettement plus élevé comparé au raceway
classique.

2.1.3. Les bassins circulaires

2.1.3.1. Description

Les bassins circulaires sont à alimentation tangentielle. L'évacuation est centrale, le réglage du niveau se faisant à l'extérieur à
l'aide de divers système tels que tube inclinable ou double tuyau (voir Annexe 8).

2.1.3.2. Fonctionnement hydraulique

Le courant engendré par l'énergie de l'eau admise tangentiellement entraîne les particules vers l'évacuation centrales, et ceci
d'autant plus facilement que la forme du fond est légèrement conique (pente de 5%).

2.1.3.3. Fonctionnement en élevage

L'intérêt principal des bassins circulaires est l'auto-nettoyage engendré par le courant circulaire et une excellente répartition de
l'oxygène au sein de la masse liquide qui permettent des densités plus élevées de poissons (de l'ordre de 20%) par rapport aux
bassins rectangulaires.

Cependant, la vitesse élevée du courant n'induit pas que des avantages. L'effort de nage demandé poissons, plus important que
dans les bassins rectangulaires, peut se traduire par une légère diminution des performances de corissance.

Un remède consiste à moduler la mise en mouvement du fluide par l'orientation du jet ou même à ne l'établir que périodiquement.
Par contre, la résistance des poissons sera d'autant plus grande, ce qui est particulièrement intéressant pour les poissons de
repeuplement.

Les différentes manipulations du poissons sont plus délicates dans les bassins circulaires d'une certaine dimension. Le
cloisonnement de ces bassins n'est guère possible.

2.2 Les matériaux mis en oeuvre

La réalisation d'un bassin peut faire appel à différents matériaux en fonction desquels varient beaucoup les caractéristiques
d'élevage et le coût de construction.

2.2.1. Terre

Les raceways peuvent très facilement être réalisés en terre. Le terrassement au buldozer ou surtout à la pelleteuse ne pose pas de
problème particulier. Les opérations sont réduites au minimum : fouille, dressage des talus, compactage. Souvent les extrêmités du
bassin sont maçonnées, à l'entrée, afin d'éviter tout creusement dû à la chute de l'eau et à la sortie pour installer convenablement
le moine, voire la pêcherie. Le sol doit être imperméable. La pente donnée au talus doit assurer une bonne stabilité de l'ensemble.

Il est important, lors de la conception de bassins de terre, de prévoir des accès suffisants pour l'entretien mécanisé ultérieur
(curetage, reprofilage des berges, etc… ) Dans ce contexte là, le rapport surface en eau/surface totale devient alors plus faible que
l'option béton, ce qui rentabilise moins le foncier.

Au niveau zootcchnique, le bassin en terre se caractérise par un nettoyage et une désinfection difficiles. Par contre, il aurait un effet
bénéfique sur le taux d'ammoniac qu'il limiterait grâce à un début d'épuration à partir de la flore bactérienne fixée sur le substrat.
Comme en plus le prix de revient au mètre cube est faible, le bassin en terre convient essentiellement à l'engraissement de poisson
d'une certaine taille (> 50 g), moins exigeants quant aux conditions sanitaires, gros producteurs d'ammoniac et nécessitant de gros
volumes d'élevage.

3.2.2. Les films plastiques ou bâches

On peut distinguer deux types de bassins bâchés :

a. les bassins avec armatures rigides recou8vertes d'un film plastique. Souvent, cette armature est ciurculaire, en contre-
plaqué.

b. les bassins en terre, étanchée par un film plastique (polyène ; butyl…) qui supposent des parois en V et un raccordement eux
ouvrages d'entrée et de sortie de l'eau (par exemple, pincment de la bâche entre une baguette vissée sur le béton).

Cette technique permet la réalisation de bassins faciles à mettre en place, peu chers. Elle rend possible surtout l'utilisation des sols
perméables. Cependant la mise en place du film plastique nécessite des précautions particulières (support sans aspérités) et ne
met jamais à l'abri d'accident de perforation (rongeurs, etc… ).

Toutes les opérations courantes d'élevage sont à effectuer avec le plus grand soin. Le nettoyage et la désinfection, bien que
meilleurs que dans les cas de bassins en terre, ne sont toutefois pas aisés à cause de la fragilité du film et des pouvant apparaître
dans les angles et les arrondis du bassin.

La durée de vie des films plastiques est variable selon leur nature et excède rarement les 5 ans.

3.2.3. Béton ou maçennerie

Le béton armé ou la maçonnerie sont des matériaux qui garantissent la durée de vie la plus longue aux bassins et qui permettent
d'obtenir toutes les formes désirées quelle que soit leur complexité.

Les bassins entièrement réalisés en béton armé présentent la meilleure étanchéité et la meilleure longévité mais sont également
les plus chers. C'est pourquoi une autre solution consiste à construire une dalle de béton sur laquelle sont montées les parois
réalisées en parpaings enduits avec un chaînage vertical et horizontal (Annexe 9).

La dalle doit reposer sur un sol correctement compacté et être coulée d'une seule pièce. Sur sol sableux, on étale une couche de
ballast avant de coupler la dalle.

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Dans les bassins en béton ou en maçonnerie, les opérations de nettoyage et de désinfection sont plus aisées (et ceci d'autant plus
que les parois sont lisses et soignées). Le contrôle des conditions d'élevage en est ainsi facilité. De ce fait, ils sont particulièrement
bien adaptés au premier stade de l'élevage (jusqu'à quelques dizaines de grammes).

3.2.4. Résine polyester

Les bassins peuvent être construits en résine polyester. Cependant, le prix de revient élevé limite l'emploi de ce matériau aux
bassins circulaire ou rectangulaire de petite taille (inférieure. à 5 m3).

L'avantage de ces bassins est leur mobilité et leur facilité d'entretien (paroi avec un lissage parfait).

C'est le matériau que l'on rencontre dans les installations de reproduction et d'alevinage (Annexe 10).

2.3. Critère de choix et règles sommaires de construction des bassins

2.3.1. Répartition des efforts

La forme circulaire est la plus avantageuse du point de vue de la répartition des efforts sur les parois. Ainsi, ces dernières ont une
épaisseur et un ferraillage plus faible que les bassins rectangulaires. Par contre, la réalisation des coffrages est plus sophistiquée,
ce qui compense la diminution du coût de matière.

La form circulaire est également mieux adaptée aux structures souples (armature rigide avec film plastique ou résine polyester).

Pour un raceway, l'effort de cisaillement exercé par la pression de l'eau sur les parois nécessite une construction plus robuste.
Ainsi, le ferraillage et l'épaisseur du béton doivent être calculés en conséquence avec une bonne marge de sécurité. Dans le cas
des constructions en maçonnerie, le présence d'un chaînage horizontal et vertical est nécessaire. Pour les structures en polyester,
des renforts sont scellés sur les parois.

2.3.2. Occupation du sol

Les structures circulaires offrent une mauvaise valorisation de l'espace disponible du fait de l'espace perdu entre les différents
bassins. Les receways sont, dans ce domaine là, beaucoup plus performants ; ceux en béton ou maçonnerie pouvant être
construits côte avec une paroi commune.

2.3.3. Conclusion

La forme circulaire offre l'avantage principal d'un bon circuit hydraulique amenant une concentration et une évacuation centrale des
déchets. La répartition homogène des efforts sur les parois permet des constructions souples. Cependant, au delà d'une certaine
taille, les manipulations du poisson (concentration, pêche, tri) deviennent délicates. Ce type de bassin est à conseiller pour les
élevages larvaires, voir le prégrossissement. Il est à déconseiller au delà.

Les raceways conviennent mieux au grossissement des poissons. Ceux en terre sont réservés à l'engraissement. Les structures en
béton ou en maçonnerie conviennent pour tous le stades. Les bacs polyester rectangulaires sont réservés à l'alevinage. Enfin, les
bassins avec film plastique présentent trop de risques d'endommagement. Ils permettent cependant de réaliser des bassins à
moindre frais dans les terrains perméables.

Enfin, les bassins de type BURROWS, après avoir connu un engouement en pisciculture intensive, sont actuellement peu utilisés.

2.4. Dimensionnement des installations

2.4.1. Notion de stock instantané maximum

La quantité de poissons présents dans un élevage varie en quantité (nombre de Kg) et en qualité (classe de taille) tout au long de
l'année (voir Annexes 11 et 12).

Elle passe par un maximum qui est fonction de:

- la production totale annuelle,

- la répartition dans le temps de la production,

- la vitesse de croissance des poissons.

Ce maximum, applelé stock instantané maximum, détermine le volume total des installations ainsi que la quantité d'eau nécessaire
pour utiliser la production envisagée.

2.4.2. Volume total des installations

Le volume total des installations nécessaires se déduit du stock instantané maximum en divisant les quantités de poissons par les
charges admissibles correspondantes (quantité de poissons par mètre cube de volume d'élevage).

Les charges admissibles dépendent de l'espèce, et pour une même espèce de la taille du poisson. Ainsi. pour les truites, des
charges de 30 à 50 Kg/m3 sont communément atteintes en fin d'élevage dans les piscicultures industrielles. Pour les truitelles, les
charges habituelles se situent autour de 10 Kg/m3.

Dans les espèces marines, telles que le loup et la daurade, elles sont, pour l'instant, moins élevées (entre 15 et 20 Kg maximum).

2.4.3. Quantité d'eau nécessaire

Le renouvellement de l'eau dans les volumes d'élevage a pour but :

- d'amener l'oxygène nécessaire à la vie des poissons,

- d'éliminer les matières toxiques dissoutes provenant essentiellement des déchets d'aliments et des produits d'excrétion des
animaux.

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La quantité d'eau nécessaire peut se calculer à partir des besoins en oxygène des poissons. Il suffit pour cela de déterminer la
quantité d'oxygène réellement disponible pour les poissons et de l'égaler avec celle consommée par les poissons (Annexes 13, 14
et 15).

La quantité d'eau nécessaire varie donc en fonction de :

- la quantité et la taille des poissons,

- la température.

Les besoins en eau d'un élevage ne sont donc pas constants mais variables tout au long de l'année. En cas d'alimentation par
pompage, il conviendra d'en tenir compte pour le choix du nombre de pompe.

En cas de manque d'eau neuve, divers procédés peuvent être mis en oeuvre pour combler cette déficience :

- bassins disposés en série, avec une chute intermédiaire permettant une ré-oxygénation,

- recyclage de l'eau par pompage,

- installation d'aérateurs,

- insufflation d'oxygène.

Tous ces procédés permettent d'augmenter la quantité de poissons en élevage, la limitation provenant alors de la quantité
d'ammoniac produite.

3. ETANG D'ELEVAGE SEMI-INTENSIF OU EXTENSIF

3.1. Généralités

Les élevages en extensif ou semi-intensif nécessitent des surfaces de bassins très importantes allant de quelques centaines de
mètres carrés à plusieurs hectares. Le coût de construction doit donc être allégé au maximum. Ce sont des constructions en terre ;
les ouvrages en maçonnerie réduits au minimum concernent les entrées et sorties d'eau ainsi que les pêcheries.

Le contrôle de la qualité de l'eau et du milieu est plus difficile à maîtriser. En effet, toute intervention, du fait des grands volumes
d'élevage et du faible taux de renouvellement, est limitée et le milieu est toujours lent à réagir.

Dans tous les cas, les étangs doivent être vidangeables et ceci indépendamment les uns des autres.

3.2.Différentes formes

Les bassins sont de plusieurs types (Annexe 16):

- à fond plat, parcourus par des fossés et des rigoles permettre une mise à sec complète et éviter le piégeage des poissons
dans les flaques.

- à fond incliné légèrement vers un fossé central permettant la concentration du poisson.

A l'usage, ces systèmes fonctionnent plus ou moins bien. Les fossés ou rigoles nécessitent un entretien constant afin d'éviter
l'envasement.

Il est préférable de réaliser un bassin à fond en pente, la partie la plus profonde se situant du côté de l'ouvrage de sortie (moine).

La profondeur ne doit pas être trop faible afin d'éviter le développement des macrophytes en limitant de rayonnement lumineux
parvenant aux plantes.

Une trop grande profondeur doit également ête évitée car elle entraine un trop grand volume d'eau, difficile à renouveler.

La gamme des hauteurs d'eau, permettant une bonne exploitation, se situe entre 1 m et 1,70 m.

La pente doit être suffisante afin que les poissons descendent bien et ne restent pas à sec lors de la vidange de l'étang pour la
pêche. Des valeurs comprises entre 5 et 10 pour mille sont acceptable.

Afin de bien rassembler les poissons vers le moins de sortie, il parait interessant de situer ce moins dans un angle du bassin et non
pas sur le côté

3.3 La digue (Annexe 17)

Les deux qualités principales d'une digue sont : sa robustesse et son étanchéïté.

Pour sa construction, on utilise si possible de la terre se trouvant à proximité. L'argile sabloneuse est la matière qui convient le
mieux. Si on utilise du sable, on doit doubler la largeur de la digue ou bien s'aider d'un noyau d'argile reliant la digue au terrain
imperméable.

En principe, la largeur de la digue à son sommet doit être égale à sa hauteur avec un minimum de 1 m. On peut donner une
dimension supérieure pour permettre la circulation des véhicules.

La hauteur de la digue doit dépasser le niveau d'eau de 30 cm pour les petits étangs et de 50 cm pour les plus grands.

Les pentes généralement admises sont de 1 : 1 à 1 : 1,5 pour le pan extérieur et 1:2 pour le pan intérieur. L'inclinaison du pan
intérieur peut être ramenée à 1 : 1 dans le cas de petits étangs ou si le matériau utilisé le permet.

3.4.Ouvrage d';entrée et de sortie

L'alimentation des étangs se fait généralement à partir d'un canal d'amenée d'eau par une simple buse munie ou non d'un système
de régulation (moine, vanne, ou coude orientable).

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L'évacuation se réalise à l'aide d'un moine à trois rainures solidaires d'une buse. Ce moine comprend une grille et deux systèmes
de planches permettant, soit l'évacuation de l'eau de fond, soit l'obtention d'une étanchéïté parfaite par comblement, à l'aide l'argile,
de l'intervalle compris entre les deux rangées de planches (annexe 18).

3.5.Pêchrie (Annexe 19)

II peut être intéressant d'aménager des chambres de capture ou pêcherie afin de faciliter la pêche.

On distingue deux types de pêcherie :

- les pêcheries à contre-courant situées à l'entrée de l'étang,

- les pêcheries en sortie d'étang.

3.5.1. Pêcheries à contre-courant

Ce système de récolte de poissons consiste, lorsque le niveau est suffisamment bas, à envoyer un courant d'eau fraîche dans une
pêcherie aménagée à l'intérieur de l'étang.

Détectant cette arrivée d'eau, le poisson se dirige à contre-courant dans la chambre de capture où il est pêché (rhéotactisme
positif).

3.5.2.Pêcheries en sortie d'étang

Deux cas peuvent se présenter :

- pêcheries situées amont de la digue, c'est à dire dans d'étang. Le principal inconvénient de ce type est l'envasement régulier
de l'ouvrage qui gêne considérablement la pêche.

- les pêcheries en aval de la digue, à l'endroit où débouche la buse de vidange. L'avantage de ce type est la possibilité de
pouvoir l'utiliser pour plusieurs bassins, ce qui allège le coût.

4. STRUCTURES D'ELEVAGE EN MER

L'élevage intensif de poissons en pleine eau peut se réaliser dans deux types de structures :

- les cages flottantes,

- les cages immergées.

4.1 Cages flottantes (lnnexe 20)

Il s'agit d'une structure relativement simple comprenant un ponton flottant rigide supportant une poche en filet souple contenant les
poissons. L'ensemble est amarré à l'aide de cordes et de corps morts.

4.1.1 Ponton

Le ponton est constitué d'une passerelle permettant l'accès à l'enceinte d'élevage. Sa flottabilité est assurée grâce à des flotteurs
réalisés de différentes façons (futs cylindriques injectés de polyuréthane, cadre en tuyau PVC injecté de polyuréthane … ).

4.1.2. La poche de filet

Le ponton est équipé de piquets et de crochets sur lesquels se fixe la poche de filet, lesté par exemple par un cadre en PVC. La
maille du filet est fonction de la taille des poissons. Pour une taille donnée, il convient d'utiliser la maille la plus grande possible afin
d'assurer le meilleur renovellement possible de l'eau à travers la cage. IL faudra cependant veiller au fouling qui en diminuant
l'espace libre permettant le passage de l'eau amène une dégradation des conditions d'élevage. Un changement fréquent,
notamment en période estivale, est alors nécessaire.

Pour chaque cage, il faut prévoir un jeu de filets de différentes mailles par exemple:

4 mm à 12 mm : alevins jusqu'à 20 g

12 mm à 16 mm : de 20 à 150 g

16 mm à 24 mm : 150 g et au delà

Il est conseillé d'utiliser du filet sans noeud qui ne blesse pas le poisson.

4.1.3 L'ancrage

L'ancrage est réalisé à l'aide de corps morts qui sont souvent de simples blocs en béton disposés extérieurement aux quatre coins
de la cage et reliés à celle-ci par une chaine métallique prolongée par un cordage.

4.1.4 Discussion

Les cages flottantes sont de structures semi-rigides, faciles à réaliser, économiques, convenant parfaitement aux sites très bien
abrités. Elles peuvent également être utilisées dans des endroits un peu plus exposés à condition d'améliorer la construction du
ponton et de mettre en place des dispositifs anti-houle.

Les cages flottantes peuvent être regroupées sur une structure flottante commune favorisant la surveillance et les opérations
d'élevage qui semblent, malgré tout, limitées au grossissement d'alevins d'une certaine taille (quelques dizaines de grammes).

4.2. Les cages immergées

Pour les sites en mer plus exposés, on a recours à la technique des cages immergées telles que celles figurées en annexe 21.

4.2.1. Cage type “biconique” en filet

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Il s'agit d'une structure constituée d'une poche en filet de forme biconique supportée par un mât central en PVC autour duquel sont
disposées trois cerceaux en polyéthylène (l cerceau médian et 2 sommitaux). Le volume de ces cages peut varier entre 20 et 40 m3
en fonction du diamètre du cerceau médian, pour une longueur du mât de 6 m.

Ce type de cage ne nécessite qu'un seul point d'ancrage. Elle peut de ce fait pivoter librement autour de son axe et s'orienter
facilement en fonction des courants.

L'immersion et l'équilibrage à la profondeur voulue s'effectuent par remplissage partiel du mât central.

Elle peut également être utilisée en position flottante. Dans ce cas, la partie émergée bénéficie d'un auto-nettoyage du filet par
séchage solaire.

4.2.2. Cage en grillage métallique (cupro-nickel)

Il s'agit là d'un modèle ed cage rigide composée d'une armature en PVC et où le filet traditionnel a été remplacé par un grillage
métallique en alliage de cuivre et de nickel particulièrement intéressant pour ses propriétés anti-fouling.

Les contraintes importantes dues à la rigidité de la structure imposent son utilisation en position immergée.

4.2.3. Discussion

Les cages immergées permettent l'élevage en pleine mer, mais le contrôle de l'élevage (observation, alimentation, mesures,
comptage, etc… ) est beaucoup plus difficile à réaliser, ce qui les limite à phase finale d'engraissement à partir de poissons déjà
assez gros (100 g).

4.3. Conclusion

Les cages flottantes permettent un entretien et un contrôle plus précis de l'élevage par rapport aux cages immergées. Elles
nécessitent cependant un site abrité ou la mise en place de protections anti-houle efficaces.

Par rapport aux élevages à terre, elles nécessitent moins d'aménagement, évitent le pompage mais rendent le suivi de l'élevage
plus délicat et ne concernent que le grossissement de poissons ayant une taille minimale (de 10 à 30 g).

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

- “Aquacultural Engineering” par F. WEATON - Ed. J. WILEY and Sons

- “Inland Aquaculture Engineering” - ADCP - FAO

- “Technologie des bassins en terre destinés à l'aquaculture marine” par Ph. LEQUENNE Université de NANTES.

- “Conception générale des petits ouvrages d'art” - Bulletin de vulgarisation forestière

- “Construction of linings for reservoirs, tanks and pollution - Control facilities” par W. KAYS - Ed. J. WILEY and sons

- “Small hydraulic structures”. Irrigation and drainage paper № 26 - FAO

- “Elements sur la pisciculture d'étang en France” par B.VIV - CEMAGREF - Div. ALA

- “La production d'anguilles en Italie” par GAULT et LUCEC - CEMAGREF - CEPRALMAR

- “Traité de pisciculture” par M. HUET - Ed. ch. de WINGAERT

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1
MODES D'ELEVAGE

Sites Densités Intervention humaine


EXTENSIF Etangs 50 à 100 Kg/ha - Amélioration de l'alevinage naturel
Lacs - Alevinage artificiel (repeuplement)
Lagunes - Apport de fertilisants
- Contrôle des prédateurs
SEMI-EXTENSIF Etangs aménagés 1 à 2 t/ha - Alevinage artificiel
Bassins (terre) - Apport d'aliments
Enclos - Apport de fertilisants
INTENSIF Bassins 20 à 25 Kg/m3 Contrôle total:
(béton) - Alevinage
(plastique) - Alimentation
(terre) - Hydraulique (bassins)
Cages 10 à 25 Kg/m3

Annexe 2
Race-way en terre

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Race way en beton

Annexe 3
SCHEMA DU CANAL D'ALIMENTATION

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Annexe 4
SCHEMA DES MOINES DE SORTIE ET DU CANAL D'EVACUATION

Annexe 5
Moine d'evacuation d'un race-way

Annexe 6
Bassin de type Burrows

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Annexe 7
Fonctionnement hydraulique

Annexe 8
Bassin circulaire

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Annexe 9
SCHEMA DES PAROIS

Annexe 10
Bac polyester
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circulaire

raceway

Annexe 11
Répartition des stocks en place
Production annuelle : 60 T - Vente uniforme

Année de re Ference

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Stock en place maximum 24,7 T soit 40% de la production annuelle

Annexe 12
Répartition des stocks en place
Production annuelle 60T - Vente estivale

Année de référence

Année de reférence
DATE J F M A M J J A S O N D J F M A M J J A S O N D
Poids moyen
(g)
10 0,1 0,1 0,1 0,2 0,3 0,4 0,6 0,4 0,3 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,2 0,3 0,4 0,6 0,4 0,3 0,2 0,1 0,1
15 0,1 0,1 0,2 0,3 0,4 0,6 0,9 0,6 0,4 0,3 0,2 0,1 0,1 0,1 0,2 0,3 0,4 0,6 0,9 0,6 0,4 0,3 0,2
25 0,2 0,2 0,3 0,5 0,7 1,0 1,5 1,0 0,7 0,5 0,3 0,2 0,2 0,2 0,3 0,5 0,7 1,0 1,5 1,0 0,7 0,5
30 0,3 0,3 0,4 0,6 0,9 1,2 1,8 1,2 0,9 0,6 0,4 0,3 0,3 0,3 0,4 0,6 0,9 1,2 1,8 1,2 0,9
40 0,4 0,4 0,6 0,8 1,2 1,6 2,4 1,6 1,2 0,8 0,6 0,4 0,4 0,4 0,6 0,8 1,2 1,6 2,4 1,6
Croissance 50 0,5 0,5 0,7 1,0 1,5 2,0 3,0 2,0 1,5 1,0 0,7 0,5 0,5 0,5 0,7 1,0 1,5 2,0 3,0
en 16 mois 65 0,6 0,6 1,0 1,3 2,0 2,6 3,9 2,6 2,0 1,3 1,0 0,6 0,6 0,6 1,0 1,3 2,0 2,6
75 0,7 0,7 1,1 1,5 2,2 3,0 4,5 3,0 2,2 1,5 1,1 0,7 0,7 0,7 1,1 1,5 2,2
90 0,9 0,9 1,3 1,8 2,7 3,6 5,4 3,6 2,7 1,8 1,3 0,9 0,9 0,9 1,3 1,8
110 1,1 1,1 1,6 2,2 3,3 4,4 6,6 4,4 3,3 2,2 1,6 1,1 1,1 1,1 1,6
130 1,3 1,3 2,0 2,6 4,0 5,2 7,8 5,2 4,0 2,6 2,0 1,3 1,3 1,3
150 1,5 1,5 2,2 3 4,5 6,0 9,0 6,0 4,5 3,0 2,2 1,5 1,5
Vente 200 2,0 2,0 3,0 4,0 6,0 8,0 12,0 8,0 6,0 4,0 3,0 2,0
Stock en place
21,6 23,9 27,1 29,4 31,5 31,6 30,0 23,6 20,5 18,4 18,4 19,3
(T)

Stock en place maximum 31,6 T soit 52% de la production annuelle

Annexe 13
Taux de saturation en oxygene

pour Salinité= O. Profondeur=O. Altitude = O. Humidité relative 100%

°C D b °C D b
0 14,64 0,0925 20 9,08 0,0481
1 14,22 0,0890 21 8,90 0,0467
2 13,82 0,0857 22 8,73 0,0453
3 13,44 0,0827 23 8,57 0,0440
4 13,09 0,0798 24 8,41 0,0427

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5 12,74 0,0771 25 8,25 0,0415


6 12,42 0,0745 26 8,11 0,0404
7 12,11 0,0720 27 7,96 0,0393
8 11,81 0,0697 28 7,82 0,0382
9 11,53 0,0875 29 7,69 0,0372

10 11,26 0,0653 30 7,56 0,0362


11 11,01 0,0633 31 7,43 0,0352
12 10,77 0,0614 32 7,30 0,0343
13 10,53 0,0595 33 7,18 0,0335
14 10,30 0,0577 34 7,07 0,0327

15 10,08 0,0559 35 6,96 0,0319


16 9,86 0,0543 36 6,84 0,0311
17 9,66 0,0577 37 6,73 0,0304
18 9,46 0,0511 38 6,63 0,0297
19 9,22 0,0496 39 6,53 0,0290

D = Dose de saturation en mg.p.l. pour une salinité de D g.p.l.

b = Coefficient pour le calcul de la correction de salinité (valable jusqu'à 45 g.p.l.).

correction due à la salinité


D' = D - b S‰

Annexe 14
CONSOMMATION D'OXYGÉNE DE LA TRUITE ARC EN-CIEL

en mg'kg'h de 5 á 20° et de 1 a 1000 g (d'après LIAO, 1970)

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Annexe 15
CHARGE ADMISSIBLE AU M3/H DE DÉBIT POUR LA TRUITE ARC-EN-CIEL

(OXYGENE A L'ENTRÉE A SATURATION ET A 5,5 mg'I EN SORTIE A 760 mm/Hg)

d'après LIAO,1970

C1 : charges correspondant aux abaques № 1 en kg m3/h

C2 : charges correspondant aux abaques № 2 en kg m3/h

C: limites de la formule de LIAO (1970)

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Annexe 16
Schema d'un e'tang

Annexe 17
DIGUES DES ETANGS

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Fig. 22.

Coupes transversales de digues d'étang avec noyau d'argile


(D'après Muer - HOFMANN et KREUZ.)

Annexe 18
Moine d'étang

evacuation de l'eau de fond étanchéïté par l'argile

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Annexe 19
Pêcherie

pêcherie intérieure

pêcherie extenrieure

pêcherie commune

Annexe 20
Schema d'une cage Flottante

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Cage flottante sur ponton Caractéristiques technique. Ponton dimensions inténeures, 4 × 4 m


largeur. 0.80 m.
Cage: largeur. 3.80 m; longueur. 3.80m, hauteur, 2.50 M: volume utile d'élevage, 36 m3

Annexe 21
Schema de cages immergées

- Schéma d'une cage de type biconique en position flottante.

Modèle de cage en grillage métallique Caractéristiques techniques : longuen


3,60 m ; diametre. 2 m; vide de maille du grillage. 10 mm ; volume utile
d'élevage. 115 m3
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