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Alimentation énergétique, azotée, vitaminique est minérale des animaux d’élevage

Introduction
Les activités de l’organisme animal sont à l’origine de dépenses à partir desquelles on peut définir les
besoins d’un animal, d’une part en énergie, d’autres part en nutriments : glucose, acides aminés, éléments
minéraux.
Une Alimentation rationnelle des animaux consiste à compenser les dépenses d’entretien et de
production grâce à des apports alimentaires sans carences et sans excès. Il s’agit donc de fournir à l’animal
en quantité suffisante une ration nutritive équilibrée.
1. Alimentation énergétique
1.1 . Importance
Les animaux ont besoin d’énergie afin de se déplacer, boire, respirer, manger et digérer, produire, du
lait, un fœtus.... etc. Cette apport énergétique provient de la matière organique essentiellement les sucres et
les graisses des aliments ingérés ainsi que de l’absorption ou de ses réserves corporelles lors d’un jeûne ou
d’une sous-alimentation.
- Les étapes de l’utilisation de l’énergie des aliments
Au niveau du tube digestif les composantes organiques sont dégradées régulièrement entrainant pour
chaque étape une perte organique et calorifique, variant selon l’aliment et l’animal. La totalité de l’énergie
Brute (EB) est générée par combustion de l’aliment dans une bombe calorimétrique (1g de glucose libère 4,1
kcal, 1g de protéines libères 5,65 kcal et 1g de lipides libère 9,3kcal). Lors de la digestion, une partie de
l’énergie est éliminée dans les fèces. Les pertes sont autant plus importantes que l’aliment est peu digestible
(la digestibilité varie principalement en fonction de la teneur en fibres (CB). Le reste est appelé énergie
digestible (ED). Cette dernière va subir des pertes énergétiques (urinaire et gazeuse) au cours de sa
transmission aux cellules. L’énergie obtenue qui est appelée l’énergie métabolisable (EM) va permettre
d’assurer les réactions métaboliques des cellules (représente 40 à 70% de l’énergie brute). Une partie de
l’énergie métabolisable restant est dissipée sous forme de chaleur «d’extra-chaleur », le reste va être utilisé
sous forme d’énergie nette (EN) qui va permettre d’assurer les besoins d’entretien et de production de l’animal.

Energie Brute de l’aliment (EB)

Perte énergétique fécale (Energie non digestible)

Energie digestible (ED)

Perte énergétique urinaire + méthane

Energie métabolisable (EM)

Energie Extra-chaleur

Energie nette (EN)

Energie nette d’entretien Energie nette de production

Fig. Utilisation de l’énergie des aliments

Les pertes d’extra chaleur sont très variables selon la fonction physiologique réalisée par l’animal et
la composition des aliments.
1.2. Besoins alimentaires en énergie

Les besoins alimentaires correspondent à l’apport alimentaire journalier d’un animal nécessaire pour
couvrir toutes ses dépenses (entretien et de production). Ces apports sont définis par rapport à un objectif de
production donné. Ils dépendent ainsi de l’animal (âge, stade de production, sexe, souche, variabilité
individuelle), de l’environnement (température ambiante, qualité et exploitation du parcours), et des objectifs
de production fixés (âge à l’abattage, rendement des pièces, qualité de la viande pour le poulet de chair, nombre
et qualité des œufs pour la poule pondeuse).

Les besoins en énergie chez les ruminants sont exprimés en fonction d’une unité : l’Unité Fourragère
(UF) ; correspond à la quantité d’énergie nette contenue dans 1 kg d’orge. Il faut cependant choisir l’énergie
nette adaptée pour chaque type d’animal rationné, par rapport à ses fonctions biologiques ; on distingue deux
situations : Une combinaison entre les besoins d’entretien et la production laitière « système lait » (UFL). Une
combinaison entre les besoins d’entretien et l’engraissement pour les animaux à forte croissance « système
viande » (UFV). Chez les volailles les besoins énergétiques sont exprimés en Kcal/kg d’EM qui correspond
à l’Energie Métabolisable.

L’efficacité énergétique des aliments est différente pour produire du lait ou de la viande :
1 Kg 1 d’orge = 1 UFL = 1700 Kcal
1 Kg d’orge = 1 UFV = 1820 Kcal.
Les premiers besoins à être satisfaits par un ruminant sont les besoins d’entretien qui correspondent
aux dépenses énergétiques permettant la survie de l’animal en maintenant les fonctions normales de
l’organisme dans des conditions d’élevage adéquates sans tenir compte des productions. A titre d’exemple
une vache adulte tarie et non gestante, qui ne produit rien, a cependant besoin de consommer une certaine
quantité de nourriture pour couvrir les dépenses entraînées par :
- Fonctions vitales (respiration, circulation sanguine, digestion ...etc.) ;
- L’exercice d’un minimum d’activité physique ;
- Le renouvellement des cellules ;
- Le maintien de sa température corporelle constante.
Ces dépenses correspondent aux besoins d’entretien lorsque l’animal maintient constant son poids et son état.
Elles augmentent avec le poids de l’animal.

Exemple ; la formule générale des besoins d’entretien d’une vache.

Formule Vache de 600kg


Energie d’entretien (UF) 1,5+Poids Vif /200 =1,5+ 3= 4,5 UFL

Les besoins de production correspondent à toutes les autres fonctions de l’animal, on distingue ainsi
les besoins de :

1. croissance (production de viande, constitution de réserves)

2. lactation (production de lait) : 0,45 UFL/litre

3. Reproduction (gestation, développement du fœtus);

Le besoin pour la gestation n’est important que durant les 3 derniers mois (0,9 UFL le 7ème mois, 1,6 le
8ème mois et 2,6 le 9ème mois).
1.3. Carence et excès alimentaire en énergie

Chaque fois que l’apport alimentaire insuffisant, il y a une diminution du niveau de production et
apparition des troubles chez les animaux.

Dans le contexte de l’élevage des animaux domestiques, la sous-alimentation s’exprime d’abord en


termes d’apports énergétiques totaux, avant de s’exprimer en termes d’apports azotés ou minéraux. Un apport
suffisant d’énergie est donc la première condition d’une alimentation rationnelle.

Une vache Charolaise adulte, sous-alimentée et de bon d’état corporel, présenterait une perte de masse
corporelle composée essentiellement de lipides ; par contre, une vache en mauvais état corporel, aurait une
perte de masse corporelle composée de 20% de lipides, 16% de protéines et 64% d’eau et de minéraux (début
d’une famine).

Les conséquences de la sous-alimentation chez les vaches allaitantes dépendent, d’une part de
l’intensité de la sous-alimentation et d’autre part de la fonction physiologique considérée. Les stades
physiologiques qui sont ainsi touchés par la sous-alimentation sont le milieu et la fin de la gestation ainsi que
le début de la lactation. Pendant la lactation, la sous-alimentation n’a que peu d’effets sur la production laitière
sauf si celle-ci est de longue durée. Ainsi, si la sous-alimentation conduit à un état d’amaigrissement trop
poussé, la venue en chaleurs des vaches est retardée et la fertilité (fécondation, survie embryonnaire) est
réduite.

Un excès n’est toutefois souhaitable car, outre son cout élevé, l’élimination de l’énergie non utilisée
entraine une fatigue de l’organisme et peut perturber le métabolisme de l’animal.

2. Alimentation azotée
2.1. Importance et fonctionnement

Le rôle principal des matières azotées est l’élaboration des protéines de constitution de l’organisme
(absorption intestinale A.A.) et des protéines fonctionnelles (enzymes, hormones, anticorps...). Leur second
rôle est de fournir de l’énergie en utilisant les acides aminés synthétisés et absorbés par l’organisme.
Les substances azotées sont toute molécule contenant l’atome N. on distingue l’azote protéique
(protéines, polypeptides, acides aminés) et l’azote non protéique (urée, amides ...) L'utilisation digestive de
l'azote des aliments conduits à l'élimination des fractions non digérée. L'urine est la voie principale
d'élimination des déchets azotés chez les monogastriques, la voix fécale prédomine chez les ruminants.
L'importance relative de cette fraction dépend de l'espèce animale et des aliments constituant la ration.
On considère deux types de dépenses azotées :

Dépenses azotées d’entretien : permettent le renouvellement constant des tissus de l’organisme et les
synthèses de substances liées à son fonctionnement
Dépenses de production : permettent l’exportation des protéines des produits : gain de poids, fœtus, lait..etc.
On évalue l'importance globale (quantitative) et la composition en acides aminés (aspect qualitatif).
✓ La croissance : Le dépôt azoté quotidien correspond aux dépôts dans les différents
compartiments corporels : muscles, os, graisse, peau, sang...
✓ La production d’œufs : Les œufs sont riches en matières azotées, environ 12 % de leur poids.
✓ La gestation : Les dépenses azotées correspondent aux matières azotées fixées dans l'utérus,
par le ou les fœtus et les annexes. On ne tient compte d'un besoin azoté spécifique qu’au cours
du dernier tiers de la gestation.
2.2. Besoins alimentaires
- Les besoins azotés d’entretien et de production sont assurés par l’utilisation d’acides aminés qui sont
synthétisés en protéines animales.
- Les cellules de l’organisme animal ont besoin d’acides aminés qui sont au nombre de 20.
- L’expression des besoins en azotées de l’animal doivent satisfaire deux conditions :
✓ Doivent être exprimés par la même unité de mesure.
✓ Ils doivent être retenus dans le même niveau d’expression à savoir au niveau cellulaire (utilisant CUM:
coefficient d’utilisation métabolique), siège des dépenses protéiques et/ou des acides aminés ; au niveau
intestinal (utilisant le CUD : coefficient d’utilisation digestif ou au niveau de l’apport alimentaire.

- La différence d’utilisation digestive de la matière azotée entre les espèces animales, incite à l’utilisation
d’approches différentes pour l’estimation des besoins azotés entre monogastriques et polygastriques
(ruminants).

- Cas des monogastriques


Les acides aminés chez les monogastriques sont répertoriés en 3 groupes : acides aminés indispensables, acides
aminés semi-indispensables et acides aminés banals.
- Les acides aminés indispensables ou essentiels au sens strict sont ceux qui doivent impérativement être
présents dans la ration, où l’organisme est incapable de les synthétiser (lysine et thréonine).
- Les acides aminés essentiels au sens large sont ceux synthétisés à travers d’autres acides aminés mais à des
taux inférieurs au besoin de l’animal (arginine, méthionine, histidine, phénylalanine, isoleucine, tryptophane,
leucine et valine).
- Les acides aminés semi-indispensables sont ceux pouvant-être synthétisés à travers des acides aminés
indispensables comme la cystine et la tyrosine qui peuvent être synthétisées à partir de la méthionine et la
phénylalanine respectivement.
- Les acides aminés banals sont ceux pouvant être synthétisés à travers d’autres acides aminés à une vitesse et
quantité suffisante et leur absence dans la ration n’a pas d’impact grave sur l’animal mais ils ne doivent pas
être négligés car ils servent à économiser les acides aminés importants.
- Ces synthèses ont besoin d’énergie, d’où l’interdépendance entre l’alimentation azotée et énergétique.
- Le monogastrique ne peut pas utiliser les sources azotées non protéiques. Son besoin azoté est
essentiellement un besoin en acide aminé, qu’il obtient par digestion des matière azotées digestibles
(protéolyse). Il faut dans ce cas tenir uniquement compte de l’apport azoté protidique.

- La protéosynthèse corporelle permet la production (1) de protéines fonctionnelles (enzymes, hormones),


(2) de protéines circulantes dans le sang et la lymphe, (3) de protéines tissulaires (téguments, organes et
muscles) et (4) de protéines de production (muscle, œuf,..etc).

- Si la ration est déficitaire en AAE, l’animal ne pourra pas synthétiser correctement ses protéines. Donc,
pour raisonner l’alimentation azotée pour les monogastriques, on utilise le système MAT (PB) en tenant
compte des AAE.

Cas des volailles.

Il est difficile d'estimer les besoins des volailles, car il existe de nombreuses interactions entre plusieurs
facteurs : le génotype, l'environnement (température, lumière, vitesse de l'air...), les conditions d'élevage et de
nutrition…etc. Cependant, on retrouve un concept de protéine idéale, en particulier chez le poulet, basé sur
les acides aminés essentiels digestibles.
Tableau. Profil protéique idéal pour le poulet de chair (en % de lysine). (Drogoul et al, 2010)

Cas des ruminants


La panse est le siège d’une hydrolyse des protéines alimentaires par les enzymes des microbes et d’une
protéosynthèse microbienne intense. Cependant, contrairement aux monogastriques les ruminants ont la
capacité d’utiliser à la fois les sources azotées protéiques et non protéiques pour la synthèse de leurs protéines.
Ces protéines qui couvrent environ les 2/3 des besoins de l’animal sont particulièrement riches en acides
aminés essentiels. Par contre, une partie de l’azote alimentaire dégradé en NH3 peut être en cas d’excès, perdu
par la voie urinaire. Donc les protéines digérées dans l’intestin grêle ont une double origine : alimentaire et
microbienne. Les protéines digestibles d’origine alimentaire (PDIA) correspondent à la fraction digestible
des protéines alimentaire parvenant dans l’intestin sans avoir été dégradé par les microbes du rumen : ce sont
les matières azotées non fermentecibles. Les protéines digestibles d’origine microbienne (PDIM) sont
synthétisées dans le rumen par les bacteries et les protozoaires sous formes de matière azotée microbienne
(MAA) à partir d’azote fermentescible : ammoniac (NH3) et des chaines carbonées résultant de la
fermentation dans le rumen de la matière organique.
.-Le système PDI: pour permettre de tenir compte de ces deux phénomènes, il a été créé un système d’unités
d’alimentation adapté. Il s’agit des PDI (Protéines Digestibles dans l’Intestin). Les valeurs des aliments et des
besoins nutritifs sont exprimées en g de PDI quantifiant le flux entrant d’AA au niveau duodénal. Le calcul
des valeurs PDI des aliments s’effectue par l’addition des PDIA qui correspondent à la fraction protéique non
dégradée dans la panse d’origine alimentaire et des PDIM issue de la protéosynthèse microbienne qui peut
elle-même être limitée par l’azote (PDIMN) ou l’énergie (PDIME) apportées par la ration.

Le système PDI ne tient pas compte des différents types des AA, par différence aux monogastriques.
Cela s’explique par le fait que la flore microbienne au rumen est capable d’en fabriquer pour son propre
compte et le ruminant les récupère suite à la digestion et couvre ses besoins en AAE. Si le ruminant est en
production élevé, il faut lui apporter AAE (technique de fabrication des aliments les protègent de la
dégradation bactérienne).
PDIME : valeur de PDIM permise par sa teneur en énergie fermentescible dans le rumen.
PDIMN : valeur de PDIM permise par sa teneur en matières azotées fermentescibles dans le rumen.
Besoins en PDI

Besoin d’entretien : 95 + 50 PV/100


Gestation : 7ème mois : 75 g, 8ème mois : 205 g, 9ème mois : 350 g
Production laitière : 48 g/litre
Viande : 350 g/kg de gain de poids
2.3. Carences et excès
Les protéines alimentaires ingérées doivent pouvoir fournir une quantité suffisante d'acides aminés
répartis selon un profil bien déterminé (protéine idéale).
La carence en protéines, ou en certains acides aminés essentiels, altère les performances des animaux,
la qualité de leurs produits et leur état de santé.
Chez les ruminants un déficit alimentaire azote à court terme se traduit par un engraissement des
carcasses ; cependant à moyen terme elle provoque une baisse du taux protéique du lait et de sa production
globale, troubles de la reproduction, un amaigrissement due à la diminution des protéosynthèses microbiennes,
des risques de cétose ou d’acétonémie qui provoque l’infertilité, une baisse des performances par un manque
d’appétit, une digestion des fourrages qui est difficile et une altération de la muqueuse digestive avec baisse
de la capacité d’absorption.
Par contre, l'excès entraîne un accroissement des flux de rejets azotés urinaires qui peuvent être
polluants si le chargement animal des surfaces est trop important. Cet excès peut également provoquer une
perturbation du faciès microbien, fatigue hépatique et rénale, alcalose sanguine...etc.
Chez les volailles les régimes déficients en protéines et en acides aminés et surtout en tryptophane ou
un excès de protéines (excès de leucine en cas d’apport important en maïs ou gluten de maïs) diminuera
l'appétit des volailles. Un déséquilibre du rapport lysine/méthionine entrainera une augmentation de l’I.C.
(indice de consommation) qui correspond à la quantité d’aliment consommée (kg) par un animal pour
produire un kg de viande en vif et donc du coût de production. En termes d’appétence, les volailles préfèrent
les aliments pauvres en protéines.

3. Alimentation minérale et vitaminique


Qu’ils soient omnivores ou herbivores (voire carnivores comme certains poissons), les animaux
d’élevage ont tous des besoins en minéraux et vitamines. En effet les excès comme les carences se
traduisent par des symptômes variés. La reproduction et le système immunitaire sont notamment touchés.

Il est donc important de veiller à un apport correct du complément minérale vitaminé (C.M.V).

Les besoins en minéraux et vitamines sont majorés à certains moments de leur vie, par exemple
pour la production de lait et sont exprimés en ppm (= mg / kg de MS) ou en % de matière sèche, sauf pour
Ca et P, pour lesquels les besoins sont exprimés en grammes. Ils jouent un rôle très important sur l’état
de santé des animaux et sur leurs productions.

L’apport principal du complexe chlorure de sodium est sous forme de Na Cl pour des raisons
de commodité et de coût financier, mais le sodium peut être présenté sous forme de bicarbonate de sodium

3.1 Alimentation minérale

Il existe deux groupes des minéraux : Les éléments majeurs ou macroélément présents dans
l’organisme en quantités relativement importantes (Ca, P, Mg, K, Na, Cl, S) ; et les élément mineurs ou
oligoéléments qui sont présents en très faibles quantités dans l’organisme mais sont souvent des cofacteurs
indispensables à de nombreuses réactions enzymatiques essentielles dans l’immunité ou le métabolisme (Fe,
Mo, Sé, Zn, Co, I).

La couverture des apports alimentaires recommandés en éléments minéraux nécessite


pratiquement toujours une complémentation minérale de la ration à partir de matières premières minérales.

Principe de l’alimentation minérale des animaux

Les teneurs des aliments en minéraux sont toujours variables dans le cas du fourrages (+ Ca, -
P et –Na) et plus stables pour les aliments concentrés (+ P, -Ca, -Na).
Le calcium et le phosphore représentent 75% des minéraux de l’organisme soit 1,3 à 1,8 % du
poids vif et 0,8 à 1% du poids vif pour le calcium et le phosphore respectivement. Cependant le phosphore
reste le plus couteux.

Rôle des minéraux

❖ Composition du squelette : l’os contient 25% de matières minérales, principalement Ca et P,

❖ Le métabolisme et le fonctionnement cellulaire,

❖ Activateurs et constituants des enzymes, hormones, de vitamines, la plupart des oligoéléments participent
à la régulation des réactions biochimiques

Le tableau suivant résume le rôle et symptômes de carence pour les minéraux

Elément Rôle principale Symptômes de carences

Oligo-éléments
Fer (Fe) Cconstituants de l’hémoglobine et de la Anémie, rend la viande blanchâtre pour les
myoglobine veaux de boucherie
Cuivre Intervient dans la fabrication des Troubles osseux et cardiaque, décoloration
globules rouges, le métabolisme pigmentaire chez les bovins, ostéochondrose
énergétique, la synthèse des os, des gros chez le poulain à croissance rapide
vaisseaux, du poil, pigments, joue un rôle
essentiel dans la lutte contre le stress
oxydatif
Colbat Responsable de l’activité de la vit B12 Cachexie (amaigrissement intense) surtout
ou cyanocobalamine intervenant dans la pour les ruminants
synthèse des globules rouges, le
métabolisme énergétique et agissant
comme cofacteurs de micro-organismes
du rumen
Manganèse Entre dans la formation du squelette Défaut d’aplomb chez les ruminants,
courbure et raccourcissement des pattes pour les
volailles
Iode Constituant de la thyroxine (hormone Goitre (hyperthyroïdie) ; ralentissement
I de la thyroïde) d’ossification ; raccourcissement des tendons
des doigts et contraction des membres antérieurs
et prognathisme mandibulaire pour le poulain
Zinc Rentre dans la fonction du système Pelade (perte du système pileux), dermite,
Zn enzymatique cellulaire pour la respiration lésion de la peau ; épiphyse, ostéochondrose
chez le poulain
Sélénium Agent majeur de l’immunité et de la Myopathie (dégénérescence des fibres
réponse aux processus inflammatoires en musculaires), chez le bovin et poulain de
synergie avec la vitamine E. intervient boucherie, diathèse exsudative (œdème) chez la
comme cofacteur d’une enzyme volaille
transformant une hormone thyroïdienne
en une forme 10 fois plus active
Les minéraux majeurs
Phosphore Sert au squelette, métabolisme Arrêt ou anomalie du développement
(P) énergétique, croissance, production squelettique, baisse de la fertilité ; trouble du
laitière, rôle fonctionnel dans l’organisme développement fœtal
Calcium Squelette, fonction musculaire, Fièvre du lait, des tremblements,
(Ca) sanguine, composant du lait. décalcification osseuse, rétentions placentaires,
naissance de veaux rachitiques ou mort-nés,
retards de croissance, troubles d’involution
utérine,
Magnésium Intervient dans : la formation de l’os, Troubles nerveux (Tétanie d’herbage chez la
Mg réactions enzymatiques et comme vache laitière et tétanie magnésienne chez les
modérateur de l’excitabilité veaux et les volailles
neuromusculaire.
Sodium Rôle important dans l’absorption Perte d’appétit, pica, baisse du TB, acidose si
Na intestinale ; Régulation de la pression combinée à une carence en potassium (K)
osmotique cellulaire et l’équilibre
d’électrolytes et acido-basiques
Soufre Intervient dans la fabrication des acides Déformation des onglons chez les bovins ;
aminés soufrés toison de mauvaise qualité (laine).

3.2 Alimentation vitaminique

On distingue deux types de vitamines les liposolubles, qui sont soluble dans la matière graisse ou
lipides (Vit A ; Vit D ; Vit E ; Vit K) et les vitamines hydrosoluble qui sont solubles dans l’eau (Vit C ; Vit
B1 ; Vit B2 ; Vit B6 ; Vit B9 ; la biotine) et ne sont pas stockées dans l’organisme.

Les vitamines sont des éléments obligatoires utilisés dans de nombreux mécanismes du corps d’un
animal.

3.2.1 Les vitamines liposolubles :

La vitamine A ou Rétinol :

Elle est la plus importante, on la trouve dans les fourrages verts mais elle se dégrade une fois stockée.
A noter que dans les fourrages conservés (foin, ensilage), les grains et les tourteaux, il n’y a plus de vitamines
A, car celle-ci se dégrade pendant le stockage, l’ensilage ou la dessiccation.

La vitamine A est indispensable pour la fabrication du pourpre rétinien intervenant dans la vision ; elle
maintient également l’intégrité des épithéliums et des tissus (digestifs, peau, utérus, poumon, squelette...), le
système immunitaire, de plus est nécessaire à la croissance et le développement (gestation).

Une carence de cette vitamine entraine des troubles de la vision, des retards de croissance, troubles de
la reproduction, fragilité des muqueuses pouvant entrainer des diarrhées ou des pneumonies, perte d’appétit,
une hyper kératinisation de la peau et des épithéliums, sensibilité accrue aux infections et infestations
parasitaires.

Chez la vache adulte Les besoins en vit A sont de 100 000 UI par jour ou 5000 UI par kg MS

Vitamine D
Elle favorise la fixation du calcium et phosphore dans les os et intervient dans l’absorbation intestinale
du calcium.

La carence en cette vitamine entraine chez les jeunes animaux le rachitisme qui se développe plus
rapidement en obscurité (mise-bas en saison hivernale). Cette maladie se manifeste par une démarche raide,
des membre arqués, apparition de bourrelet dans les articulations des membres. Chez l’adulte il y a
apparition d’ostéomalacie entrainant une fragilité de l’os, déformation du squelette et ponte d’œufs à
coquilles amincies pour les poules. Chez les vaches laitières en début de lactation, la carence entraine la
fièvre vitulaire. Un excès de cette vitamine provoque une déminéralisation osseuse accompagnée d’une
hypercalcémie surtout des tissus mous (cœur, reins...etc.).

Les besoins en vit D sont de 20 000 UI par vache adulte par jour ou 1000 UI par kg MS d’aliment
ingéré. Il est possible de diagnostiquer une carence en vit D3 par un dosage sanguin qui doit se situer entre
20 et 80 ng / ml plasma.

Vitamine E

Elle favorise la défense immunitaire ; de plus, c’est un antioxydant biologique protégeant à la fois de
l’oxydation des acides gras insaturés et l’oxydation de certaines vitamines (surtout vitamine A), des
hormones et des enzymes. En outre, elle a un rôle synergétique avec le sélénium.

Sa carence altère les tissus musculaires (myopathie) surtout chez les jeunes animaux.

Comme les vitamines A et D, la vitamine E est absente des fourrages stockés, les grains et les tourteaux

Les apports minimaux recommandés pour une vache peu productrice sont de 250 UI par jour en
lactation et 500 UI pour une haute productrice.

Il est possible de diagnostiquer une carence en vit E par un dosage sanguin qui doit se situer entre 400
et 2200 ug / dl plasma.

Vitamine K

Elle est indispensable à la synthèse de la prothrombine au niveau du foie, favorise la coagulation du


sang en transformant cette vitamine en thrombine.

La carence, en vitamine K entraine une diminution accrue du taux sanguin accompagnée d’un
allongement du temps de coagulation pouvant provoquer des hémorragies internes.

Elle existe sous plusieurs formes au sein de l’alimentation : la phylloquinone ou vitamine K1, présente
dans les végétaux et vitamines K2, apportées par les aliments d’origine animale.

3.2.2 Les vitamines hydrosolubles :


La vitamine C: ou acide ascorbique: Elle intervient dans de grandes fonctions de l'organisme (défense
contre les infections virales et bactériennes, protection de la paroi des vaisseaux sanguins, assimilation du fer,
action antioxydante (capture des radicaux libres), détoxication de substances cancérigènes, cicatrisation).
La vitamine B1 ou thiamine : c’est la première vitamine qui a été décrite. Elle intervient dans le
métabolisme des sucres et dans la transmission de l'influx nerveux.
Sa carence entraine une faiblesse généralisée, trouble du système nerveux dont des nécroses du cortex cervical.
La vitamine B2 ou riboflavine
Ce pigment jaune intervient dans divers métabolismes, en particulier celui des graisses, souvent en
synergie avec d'autres vitamines B. L'un de ses rôles principaux est d'intervenir dans le transport
d'hydrogène et les processus d'oxydoréduction en général.
4)La vitamine PP ou niacine.
Elle intervient principalement dans la respiration cellulaire (échanges d'ions hydrogène par NAD et
NADP). C'est un élément important des acétylations (entre autre pour la synthèse des acides gras). Il
intervient aussi dans la synthèse de l'hémoglobine.

La vitamine B6 : Elle intervient dans le métabolisme des acides aminés (désamination, transamination),
mais aussi dans celui des graisses et du cholestérol. Elle a également un rôle dans le fonctionnement du
système nerveux.

La biotine : Elle intervient dans les transferts de CO2 et dans les réactions de désamination et de
transamination.

La vitamine B9 ou acide folique

Cette vitamine est indispensable au cours des différentes phases de la vie. Elle participe en effet au
métabolisme des acides aminés et à celui de l’ADN et de l’ARN. De ce fait, la vitamine B9 est également
impliquée dans la synthèse de neuromédiateurs qui jouent un rôle fondamental dans le métabolisme du cerveau
et des nerfs.

Une carence en acide folique provoque un ralentissement des mitoses dans les systèmes à
multiplication rapide comme les cellules sanguines, celles de l’intestin, du foie, de la peau, anomalies de
développement, retard de croissance du fœtus

Un apport suffisant en vitamine B9 est donc très important lors de situations d’activité métabolique
intense que sont la grossesse et le développement de fœtus.