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Chapitre 1 : Les principes fondamentaux

1) Le principe de l'indépendance
Combien de littérature a traité et acclamé l’indépendance du pouvoir judiciaire du pouvoir exécutif en premier plan.
Ce principe est érigé en principe constitutionnel nécessite des moyens pour sa mise en œuvre et la vérification de
son effectivité. En vertu de leur statut, les magistrats du Siège ne relèvent que de la loi dans l’exercice de leurs
fonctions juridictionnelles, d’où leur inamovibilité. Ils sont à une institution collégiale qui le Conseil Supérieur du
Pouvoir Judiciaire (CSPJ) présidé en principe par Sa Majesté le Roi.
L’indépendance est un principe fondamental de tout système judiciaire et constitue une garantie aux justiciables
que l’acte de juger sera déterminé par les arguments du débat judiciaire et, indépendamment de toute interférence
extérieure.
En France, l’indépendance de l’autorité judiciaire est consacrée par la Constitution de la Ve République et résulte
aussi bien de la séparation des pouvoirs que des garanties statutaires qui sont censées épargner aux magistrats les
pressions ou menaces pouvant peser sur leur faculté de juger.
L’indépendance des magistrats du siège est garantie, du moins en théorie, par le fait qu’ils ne sont ni des agents
publics ni des fonctionnaires et par conséquent sont en dehors de toute autorité hiérarchique. De surcroît, c’est le
Conseil supérieur de la magistrature qui assure la gestion de leur carrière.
2) Le principe d'égalité
La loi est la même pour tous et tous doivent recevoir le même traitement devant les juridictions. C’est le contenu du
principe d’égalité qui est érigé en principe constitutionnel dans tous les systèmes juridiques.
L’égalité dont il est question est une égalité devant le service de la justice au niveau du traitement de l’action
judiciaire intentée par le justiciable et, au niveau des droits accordés à ce dernier lors du dénouement du procès.
Ce principe mène à d’autres principes liés dont le respect du contradictoire ou des droits de la défense. En effet,
l’égalité de traitement ouvre au justiciable la possibilité de se faire représenter ou assister par un avocat qui est un
Homme de l’art de la défense.
L’égalité oblige également le juge à respecter les droits de la défense en accordant à l’avocat des délais
raisonnables pour consulter les documents et écritures de la partie adverse par exemple. Elle l’oblige aussi à notifier
les parties intéressées dans le délai légal de toute diligence liée au procès en question.
Ces éléments ont une incidence très importante sur le résultat obtenu du procès judiciaire et permettent de rendre
compte de l’efficience de la justice, du respect des droits humains et de l’Etat de droit. Il est à soulever que le
principe, philosophique et constitutionnel, de l’égalité à deux tranchants dans la pratique juridique et judiciaire :
L’égalité de traitement devant la justice et l’égalité d’accès au droit.
En effet, l’égalité d’accès au droit est liée au respect des missions conférées à l’avocat et des libertés individuelles
d’une part et à l’instauration d’un système d’assistance judiciaire efficace qui rend service à toutes les parties pour
optimiser le fonctionnement de la justice.
3) Le principe de gratuité
En principe, la justice est gratuite dans la mesure où le justiciable a accès à ses services sans obligation de payer les
juges ou le personnel judiciaire.
La notion de gratuite de la justice est relative. Tout service public à un coût en personnel et en matériel qui est pris
en charge par la collectivité nationale à travers l'impôt au lieu d'être reparti entre les usagers. Toutefois une partie
du coût budgétaire de fonctionnement de la justice était mise à la charge des justiciables sous des formes diverses :
droit de timbre, d'enregistrement, de greffe et des frais de procédure. La gratuité n’exclut pas l’obligation de payer
les frais de la justice notamment les taxes judiciaires et le déplacement de l’huissier de justice ainsi que les dépens.
Les dépens font l’objet du chapitre V (articles 124 à 129) du titre III du code de procédure civile.
Quant aux frais, ils faisaient l’objet du décret royal portant loi n° 851-65 du 22 octobre 1966 unifiant et
réglementant les perceptions et frais de justice en matière civile, commerciale et administrative devant les
Juridictions du royaume. Les justiciables démunis peuvent bénéficier du régime de l’assistance judiciaire qui les
exonère du paiement des honoraires de l’avocat et des frais et dépens judiciaires.

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 Les dépens en matière civile
Ils correspondent aux frais provoqués par le procès. Le gagnant, sauf si la juridiction en décide autrement peut se
faire rembourser par le perdant. En théorie le gagnant devrait se faire rembourser directement par le perdant les
frais qu'il a exposés. En pratique, on procède directement. L'avocat du gagnant demande que le montant des
avances faites par son client lui soit versé directement par le perdant (distraction des dépens)
Les frais entrant dans les dépens comprennent les frais de procédure taxés, dus aux avocats et aux huissiers, les
débours (frais de correspondance) les indemnités dues aux témoins, la rémunération du technicien (expert)
N'entrent pas dans les dépens les honoraires de plaidoirie de l'avocat
 Les frais du procès pénal
Il s'agit des frais généraux qui correspondent au coût de fonctionnement de la justice pris en charge par l'état
Les frais ou dépens qui se subdivisent en frais de poursuite et frais de défense. Les frais de poursuite sont engagés
par les autorités de poursuite pour contribuer à la manifestation de la vérité (frais de citation, commissions
rogatoires, indemnités aux témoins, opérations de police technique)
Les frais de défense sont ceux engagés par les parties pour se faire assister ou représenter et pour produire leurs
preuves. Les frais de défense des parties privées restent à leur charge.
La gratuité implique que le service public soit gratuit mais que le concours des auxiliaires le soit aussi.
Le recours aux tribunaux suppose la possibilité de faire appel notamment à des avocats et à des huissiers dont
l'intervention est à la charge du plaideur.
L'assistance judiciaire permet aux plaideurs dont les revenus ne dépassent pas une certaine somme de bénéficier du
concours gratuit des avocats et des officiers ministériels de l'avance par l'état des frais occasionnés par les mesures
d'instruction
L’assistance judiciaire a été régie auparavant par le décret royal portant loi n° 514-65 du 1er novembre 1966 et des
dispositions contenues dans la loi du 10 septembre 1993 relative à la profession d’avocat. Elle est régie
actuellement par le décret n° 2.10.587 pris pour l’application de la loi n° 28.08 relative à la profession d’avocat. Ce
décret, concernant le financement de l’aide juridictionnelle, a été publié au bulletin officiel n° 5940 du 5 mai 2011.
Le principe de fonctionnement de l’assistance judiciaire est simple : elle permet au plaideur (demandeur ou
défendeur) ne disposant pas des ressources nécessaires d’exercer ses droits par voie judiciaire sans débourser des
frais et honoraires subséquents. Elle remplit, ipso facto, le rôle de moyen de mise en œuvre du principe de la
gratuité de la justice. Dans la pratique, l’application du régime de l’assistance judiciaire donne lieu à plusieurs
critiques dont la principale, est relative à la rémunération de la prestation de service octroyée par l’avocat.
Actuellement, la loi organisant la profession de l’avocat prévoit la possibilité de prélever les honoraires sur les
valeurs pécuniaires attribuées par une décision judiciaire en faveur du client en présentant une demande à cet effet
au Bâtonnier.
4) La publicité
La publicité porte sur les débats et les délibérés qui sont rendus devant le public et les avocats des parties.
Ce principe est consacré par les dispositions de l’article 43 alinéa 1er du code de procédure civile qui prévoit que :
« Les audiences sont publiques à moins que la loi n'en décide autrement. Le président de l'audience a la police de
celle-ci ; il peut ordonner que les débats aient lieu à huis clos si l'ordre public ou les bonnes mœurs l'exigent. Les
parties sont tenues de s'expliquer avec modération : Si elles manquent au respect dû à la justice, le président peut
les condamner à une amende n'excédant pas soixante dirhams. Le président peut toujours, en cas de trouble ou
scandale, ordonner l'expulsion tant d'une partie ou du mandataire le représentant que de toute personne présente à
l'audience. Si les personnes dont l'expulsion est ainsi ordonnée résistent ou reviennent, le président peut procéder,
conformément aux prescriptions du Code de procédure pénale. Dans le cas d'insultes ou d'irrévérences graves
envers le tribunal, le président de l'audience dresse procès-verbal qui est immédiatement transmis au parquet pour
être procédé comme en matière de flagrant délit».
La principale fonction de ce principe est de constituer une garantie supplémentaire en faveur des plaideurs.
La publicité est respectée en procédure civile. Les débats sont publics.
La publicité est difficilement applicable en procédure pénale dans la mesure où la phase d'instruction pour les
crimes et les délits ne se déroule pas publiquement. L’information Judiciaire en matière pénale est secrète et
échappe au principe de publicité de l’audience.
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Le secret est exigé dans l'intérêt de la poursuite mais aussi dans celui du respect du suspect. Sauf décision de huis
clos, le réquisitoire et les plaidoiries ont lieu en audience publique. La publicité s’applique aussi bien à l’audience
qu’au jugement et a pour corollaire la liberté de la public° des débats et décis° judiciaires même par voie de presse.
L'audience peut être secrète et le jugement rendu publiquement
Il n’en demeure pas moins que des limites au principe existent comme c’est le cas lorsque le Tribunal décide que
les débats auront lieu à huis clos pour éviter toute atteinte à l’intimité et à la vie privée. En effet, le huis clos
lorsqu'il est ordonné il a pour but de protéger les prévenus ou accusés.
Quant à la publicité des jugements, elle s’exerce librement en matière contentieuse même si les débats ont eu lieu
en chambre de conseil et sont prononcés hors public en matière gracieuse.
5) Le principe neutralité
La neutralité est une garantie fondamentale du plaideur.
Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement publiquement dans un délai raisonnable par
un tribunal indépendant et impartial (article 14 du pacte international relatif aux droits civils et politiques)
Si l'indépendance relève du statut du juge, son impartialité est une vertu qui se manifeste par sa neutralité.
Le juge est techniquement neutre notamment dans les procédures civiles. Ces dernières sont soumises au principe
d'impulsion par les plaideurs qui ont la maîtrise de la marche du procès. Les plaideurs restent tout au long de l
instance les maîtres de la marche du procès. On parle de procédure accusatoire puisque les parties jouent un rôle
prépondérant dans le déclenchement et dans la conduite du procès, dans la recherche de la preuve. Le juge a pour
rôle d'arbitrer, de veiller à ce que les règles de procédures soient respectées. Il s'agit d'une procédure orale, publique
et contradictoire.
En revanche, la procédure pénale n est pas entre les mains des plaideurs ni quant à son déclenchement ni quant à
son déroulement. On parle également de procédure inquisitoire puisque le juge joue un rôle actif et influence la
conduite de l'instruction. Elle est écrite, secrète et non contradictoire mais le juge apprécie les preuves selon son
intime conviction.
L'impartialité du juge est garantie par la présence des voies de recours qui permettent de critiquer le fond de la
décision supposée viciée par les effets de la partialité.
Par ailleurs, le juge n'a pas le droit de siéger s'il existe un lien de parenté ou d'alliance entre lui-même et un autre
magistrat de la juridiction ou de l'avocat de l'une des parties. Le magistrat peut s'abstenir de siéger et se faire
remplacer en cas de suspicion. Les plaideurs peuvent écarter un juge en le récusant.

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Chapitre 2 : Le premier degré de juridiction
I. Le tribunal de première instance
1) Composition
Le TPI est constitué des magistrats de carrière, répartis entre le « siège » et le « parquet » ou Ministère public. Les
magistrats du siège ont à leur tête un président et sont assistés d’un greffe ; ceux du ministère public sont le
procureur et ses substituts, assistés d’un secrétariat.
Chaque TPI comprend un président, des juges, des juges suppléants, un ministère public composé d’un procureur
du Roi et d’un ou plusieurs substituts, un greffe, un secrétariat du parquet.
Les TPI peuvent tenir des audiences foraines dans leur ressort.
Les TPI, y compris ceux qui sont classés, siègent à juge unique avec l’assistance d’un greffier y compris les affaires
relatives à la pension alimentaire.
Pour les actions en droits réels immobiliers et mixtes et des affaires de la famille et des successions, sur lesquelles
il est statué en présence de trois juges, y compris le président avec l’assistance d’un greffier.
2) Organigramme du tribunal de première instance
Les TPI peuvent être divisés suivant la nature des affaires qu'ils connaissent en « sections des affaires de
la famille », en "sections de justice de proximité" et en chambres : civile, immobilière, sociale et pénale.
a) Les sections des affaires de la famille ou tribunal de la famille
Le tribunal de famille est une section du TPI dont elle est rattachée. Elle est dirigée par un président, vice-président,
représentant du ministère public, un service de secrétariat greffe, des rédacteurs et des huissiers
b) Les sections de justice de proximité ou tribunaux de proximité
Les « sections de justice de proximité » ont été instituées par la loi n° 42-10 portant organisation des juridictions
de proximité et fixant leur compétence.
La création de ces juridictions de proximité a pour objectif d’alléger les tribunaux, d’instituer une justice proche
des justiciables et de la rendre moins contraignante pour le citoyen en simplifiant la procédure mise en place.
Les juridictions de proximité dans le ressort des tribunaux de première instance dont la compétence territoriale se
répartit ainsi qu’il suit :
- les sections des juridictions de proximité au sein des TPI ; dont la compétence territoriale englobe les collectivités
locales/territoriales situées dans le ressort de ces tribun. ;
- les sections des juridictions de proximité au sein des centres du juge siégeant ; dont la compétence territoriale
englobe les collectivités locales/territoriales situées dans le ressort du centre du juge résident.
1. Composition des sections
Les sections des juridictions de proximité se composent d’un ou plusieurs juges et d’agents de greffe ou de
secrétariat. Elles siègent par un juge unique assisté d’un greffier, hors la présence du ministère public. Des
audiences foraines peuvent être tenues dans l’une des collectivités situées dans le ressort territorial de la section des
juridictions de proximité en vue de connaître des affaires relevant de leur compétence. L’assemblée générale
désigne des magistrats qui exercent dans les TPI et dans les centres du juge résident afin de statuer sur les affaires
relevant de la compétence des juridictions de proximité. Le président du TPI ou son dévolutaire, charge un
magistrat pour suppléer le juge de proximité en cas de son absence ou d’un empêchement juridique lui interdisant
de statuer sur la demande.
2. Attributions
L’assemblée générale désigne des magistrats qui exercent dans les TPI et dans les centres du juge résident afin de
statuer sur les affaires relevant de la compétence des juridictions de proximité.
Le président du TPI ou son dévolutaire, charge un magistrat pour suppléer le juge de proximité en cas de son
absence ou d’un empêchement juridique lui interdisant de statuer sur la demande.
i. Compétence générale
Le juge de proximité connaît de toutes les actions personnelles et mobilières si elles n’excèdent la valeur de 5000
dhs.
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Il n’est pas compétent pour les litiges relatifs au code de la famille, aux affaires immobilières, sociales et les
expulsions (évictions).
Si le demandeur procède à un fractionnement des DT qui lui sont dus afin de bénéficier de ce que lui confère la
présente loi, il ne sera accédé qu’à ses demandes initiales.
Si la partie défenderesse formule une Dde reconventionnelle, celle-ci ne s’ajoute pas à la Dde principale pour le
calcul de la valeur du litige et le juge demeure compétent pour le tout.
Dans le cas où la demande reconventionnelle excède la valeur de compétence des juridictions de proximité, le
demandeur reconventionnel est invité à se mieux pourvoir.
ii. Compétences de nature pénale
Le juge de proximité est compétent pour connaître des contraventions commises par des personnes majeures, sauf
si les contraventions ont une qualification plus sévère lorsqu’elles sont commises dans la circonscription sur
laquelle le juge exerce sa juridiction ou lorsque l’auteur y est domicilié.
 Liste des contraventions
* Les auteurs des infractions punis d’une amende de 200 à 500 dirhams
- ceux qui, le pouvant, refusent ou négligent de faire les travaux, le service ou de prêter le secours dont ils ont été
légalement requis, dans les circonstances d’accidents, tumultes, naufrages, inondations, incendie ou autres
calamités, ainsi que dans les cas de brigandages, pillages, flagrant délit, clameur publique ou d’exécution judiciaire ;
- ceux qui, légalement requis, refusent de donner leurs nom et adresse ou donnent des nom et adresse inexacts ;
- ceux qui, régulièrement convoqués par l’autorité, s’abstiennent sans motif valable de comparaître ;
- ceux qui troublent l’exercice de la justice, à l’audience ou en tout autre lieu ;
- ceux qui refusent l’entrée de leur domicile à un agent de l’autorité agissant en exécution de la loi ;
- les propriétaires d’établissements touristiques, qui négligent d’inscrire dès l’arrivée, sans aucun blanc sur un
registre tenu régulièrement, les noms, prénoms, qualité, domicile habituel et date d’entrée, de toute personne
couchant ou passant tout ou partie de la nuit dans leur établissement ainsi que lors de son départ la date de sa sortie;
ceux d’entre eux qui, aux époques déterminées par les règlements ou lorsqu’ils en sont requis, manquent à
représenter ce registre à l’autorité qualifiée ;
- ceux qui refusent de recevoir les espèces et monnaies nationales, non fausses, ni altérées, selon la valeur pour
laquelle elles ont cours ;
- ceux qui emploient des poids et mesures différents de ceux prescrits par la législation en vigueur ; ces poids et
mesures seront confisqués ;
- ceux qui confient une arme à une personne inexpérimentée ou ne jouissant pas de ses facultés mentales à moins
qu’il n’en résulte un fait dommageable ;
- ceux qui laissent divaguer un dément confié à leur garde à moins qu’il n’en résulte un fait dommageable ;
- ceux qui, en élevant, réparant ou démolissant une construction, ne prennent pas les précautions nécessaires en vue
d’éviter des accidents ;
- ceux qui violent la défense de tirer en certains lieux des pièces d’artifice ;
- ceux qui, obligés à l’éclairage d’une portion de la voie publique, négligent cet éclairage ;
- ceux qui, en contravention aux lois et règlements, négligent d’éclairer les matériaux par eux entreposés ou les
excavations par eux faites, dans les rues ou places ;
- ceux qui négligent de nettoyer les rues ou passages, dans les localités où ce soin est laissé à la charge des habitants ;
- ceux qui jettent imprudemment des immondices sur quelque personne ;
- ceux qui font métier de deviner et pronostiquer les songes ;
- ceux qui occasionnent la mort ou la blessure des animaux ou bestiaux appartenant à autrui :
- ‫ ٭‬soit par la rapidité ou la mauvaise direction ou le chargement excessif des voitures, chevaux, bêtes de trait, de
charge ou de monture ;
- ‫ ٭‬soit par l’emploi ou l’usage d’arme sans précaut° ou avec maladresse ou par jets de pierre ou d’autres corps durs ;
- ‫ ٭‬soit par la vétusté, la dégradation, le défaut de réparation ou d’entretien des maisons ou édifices, ou par
l’encombrement ou l’excavation, ou telles autres œuvres dans ou près des rues, chemins, places ou voies publiques,
sans les précautions ou signaux ordonnés ou d’usage ;
- ceux qui exercent publiquem. des mauvais traitements envers les anim. domest. dont ils sont ou non propriétaires
ou qui les maltraitent par le fait d’une charge excessive ;
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- ceux qui cueillent et mangent sur le lieu même, des fruits appartenant à autrui ;
- ceux qui glanent, râtellent ou grappillent dans les champs non encore entièrement dépouillés ou vidés de leurs
récoltes ;
- ceux qui, ayant recueilli des bestiaux ou bêtes de trait, de charge ou de monture errants ou abandonnés n’en ont
pas fait la déclarat° dans les trois jours à l’autorité locale ;
- ceux qui mènent, font ou laissent passer les animaux prévus à l’alinéa précédent dont ils avaient la garde, soit sur
le terrain d’autrui préparé ou ensemencé et avant l’enlèvement de la récolte soit dans les plants ou pépinières
d’arbres fruitiers ou autres ;
- ceux qui, n’étant ni proprio, ni usufruitiers, ni locataires, ni fermiers, ni jouissant d’un terrain ou d’un DT de passage
ou qui, n’étant ni agents, ni préposés d’une de ces pers., entrent et passent sur ce terrain ou partie de ce terrain, soit
lorsqu’il est préparé ou ensemencé, soit lorsqu’il est chargé de grains ou de fruits mûrs ou proches de la maturité ;
- ceux qui jettent des pierres ou d’autres corps durs ou des immondices contre les niaisons, édifices ou clôtures
d’autrui ou dans les jardins ou enclos ;
- ceux qui, sans autorisation de l’administration, ont par, quelque procédé que ce soit, effectué des inscriptions,
tracé des signes ou dessins sur un bien meuble ou immeuble du domaine de l’Etat, des collectivités territoriales, ou
sur un bien se trouvant sur ce domaine soit en vue de permettre l’exécution d’un service public, soit parce qu’il est
mis à la disposition du public ;
- - ceux qui, sans être propriétaires, usufruitiers ou locataires d’un immeuble, ou sans y être autorisés par une de ces
personnes, y ont par quelque procédé que ce soit, effectué des inscriptions, tracé des signes ou dessins ;
- - ceux qui placent ou abandonnent dans les cours d’eau ou dans les sources, des matériaux ou autres objets
pouvant les encombrer.
** Les auteurs des infractions punis d’une amende de 300 à 700 dirhams
- les auteurs de voies de fait ou de violences légères ;
- les auteurs d’injures non publiques ;
- ceux qui jettent volontairement sur quelqu’un des corps durs, des immondices ou toutes autres matières
susceptibles de souiller les vêtements ;
- ceux qui se rendent coupables de maraudages, en dérobant les récoltes ou autres produc° utiles de la terre qui, avant
d’être soustraites, n’étaient pas encore détachées du sol ;
- ceux qui dégradent un fossé ou une clôture, coupent des branches de haies vives ou enlèvent des bois secs des haies ;
- ceux qui, par l’élévation du déversoir des eaux des moulins, usines ou étangs, au-dessus de la hauteur déterminée
par l’autorité compétente, ont inondé des chemins ou les propriétés d’autrui ;
- ceux qui embarrassent la voie publique, en y déposant ou y laissant sans nécessité des matériaux ou des choses
quelconques qui empêchent ou diminuent la liberté ou la sûreté de passage ;
- ceux qui omettent de présenter sur le champ, à toute réquisition des agents chargés de la police de la chasse, leur
permis de chasse et, le cas échéant, leur licence de chasse en forêt domaniale ;
- les locataires d’un lot de pêche, les porteurs de licence, les titulaires de permis et tout pêcheur en général qui
auront refusé d’amener leurs bateaux et de faire l’ouverture de leurs loges et hangars, véhicules automobiles,
boutiques et tous récipients, paniers, filets ou poches de vêtements servant à déposer, conserver ou transporter le
poisson à toute réquisition des agents chargés de la police de la pêche, à l’effet de permettre la constatation des
contraventions qui pourraient avoir été commises par eux en matière de pêche dans les eaux continentales; dans
tous les cas prévus par le présent paragraphe, la confiscation des engins de pêche sera prononcée;
- ceux qui ont été trouvés de nuit ou de jour dans les terrains sur lesquels l’administration forestière a entrepris des
travaux de reboisement, de plantation ou de fixation de dunes, en dehors des routes et chemins ordinaires.
*** Les auteurs des infractions punis d’une amende de 500 à 1000 dirhams
- - quiconque, sciemment, supprime, dissimule ou lacère, en totalité ou en partie, des affiches apposées en
exécution d’une décision prise par les autorités administratives compétentes. Il est procédé de nouveau, aux frais du
condamné, à l’exécution intégrale des dispositions du jugement ;
- - quiconque, n’ayant ni domicile certain, ni moyens de subsistance, n’exerce habituellement ni métier, ni profession
bien qu’étant apte au travail, a occupé comme habitation la voie publique, les places et les jardins publics ;
- - quiconque, sans nécessité, tue ou mutile des animaux de trait, de monture ou de charge, des bêtes à cornes, des
moutons, chèvres ou autre bétail, dans les lieux dont il est propriétaire, locataire ou fermier, ou encore des chiens
de garde, ou des poissons dans des étangs, viviers ou réservoirs, appartenant à autrui ;
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- - quiconque vole dans les champs des récoltes ou autres productions utiles de la terre, déjà détachées du sol,
même mises en gerbes ou en meules, sans que son acte ne soit corrélé à l’une des circonstances aggravantes du
crime de vol ou tant que la valeur des objets volés est dérisoire ;
- - quiconque, soit avec des paniers ou des sacs ou autres objets équivalents, soit à l’aide de véhicules ou d’animaux
de charge, vole des récoltes ou autres productions utiles de la terre non encore détachées du sol, tant que leur valeur
est dérisoire si son acte n’est pas corrélé à l’une des circonstances aggravantes ;
- - quiconque ayant fortuitement trouvé une chose mobilière se l’approprie sans en avertir le propriétaire ou
l’autorité locale. Est puni de la même peine quiconque s’approprie frauduleusement une chose mobilière parvenue
en sa possession, par erreur ou par hasard ;
- - quiconque, sachant qu’il est dans l’impossibilité absolue de payer, est monté dans un taxi ;
- - quiconque, sachant qu’il est dans l’impossibilité absolue de payer, se fait attribuer une chambre dans un hôtel ou
se fait servir des aliments ou des boissons qu’il consomme dans un restaurant ou dans un café.
A l’exception des cas prévus au 1er, 2ème et 3ème paragraphe, les poursuites ne peuvent être mises en mouvement que
suite à une plainte émanant de la partie lésée.
****Les auteurs des infractions punis d’une amende de 800 à 1200 dirhams
- quiconque, sans nécessité, tue ou mutile un animal domestique appartenant à autrui dans les lieux dont il est
propriétaire, locataire ou fermier ou en un autre lieu ;
- - les propriétaires ou gardiens de troupeaux qui font paître leurs bétails ou les laissent divaguer dans les
cimetières. Si les gardiens justifient avoir agi sur l’ordre du propriétaire, ce dernier est passible de la même peine ;
- - ceux qui, sans autorisation régulière, établissent ou tiennent dans les rues, chemins, places ou lieux publics des
loteries ou jeux de hasard ; tout le matériel sera confisqué ;
- - ceux qui laissent errer des animaux malfaisants ou dangereux, excitent un animal à attaquer ou n’empêchent pas
un animal, dont ils ont la garde, d’attaquer autrui à moins qu’il n’en résulte un préjudice causé à autrui ;
- - les auteurs de bruit, tapage ou attroupement injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité des habitants ;
- ceux qui dégradent ou détériorent, de quelque manière que ce soit, les chemins publics ou en usurpent une partie ;
iii. L’action publique
L’action publique est mise en mouvement par le ministère public qui transmet au juge de proximité les procès-
verbaux dressés par la police judiciaire ou par les agents chargés à cet effet.
Les juridictions de proximité peuvent statuer sur les demandes civiles en réparation de préjudice, dans le cadre des
actions publiques accessoires, et ce, dans la limite de la compétence rationae personae (5000 dirhams)
Lorsque le juge de proximité se déclare incompétent pour statuer sur l’action publique, il renvoie immédiatement
l’affaire devant le ministère public.
3. Procédure devant les tribunaux de proximité
La procédure est orale, gratuite et exempte de toutes taxes judiciaires. Les audiences des sections des juridictions
de proximité sont publiques.
i. Déroulement de la procédure
 Saisine du juge
Le juge de proximité est saisi par une requête écrite ou par une déclaration orale reçue par le greffier qu’il consigne
dans un procès-verbal qui prévoit l’objet de la demande et les motifs invoqués, conformément à un modèle établi à
cet effet qu’il signe avec le demandeur.
 Droit de la défense
Si le défendeur est présent, le juge lui expose le contenu de la demande. S’il n’est pas présent, la requête du
demandeur ou une copie du procès-verbal lui est notifiée immédiatement sur ordre du juge. Cette notification
comporte convocation à l’audience qui ne devrait pas être éloignée de plus de huit jours.
ii. Conciliation obligatoire
Le juge de proximité procède, obligatoirement, avant l’examen de l’action, à une tentative de conciliation. Si elle a
lieu, il est procédé à l’établissement d’un procès-verbal par lequel le juge constate cette conciliation.
Si la tentative de conciliation échoue, il statue, sur le fonds, dans un délai de 30 jours, par un jugement non
susceptible d’aucune voie de recours ordinaire ou extraordinaire, sauf exceptions légales.
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iii. Jugement : publicité et notification
Les jugements sont rendus au nom de Sa Majesté le Roi.
Ils sont consignés sur un registre spécial et revêtus de la formule exécutoire.
Les jugements doivent être rédigés avant leur prononcé.
Une copie de ces jugements est délivrée aux intéressés, dans un délai de 10 jours à compter de la date du prononcé.
Lorsqu’un jugement est rendu en présence des parties, mention en est faite dans le procès-verbal de l’audience.
c) Chambres civile, immobilières, sociale et pénale
1. Les tribunaux sociaux de première instance
Ils sont divisés en chambres : accidents de travail et maladies professionnelles, conflits du travail.
2. Les tribunaux pénaux de première instance
Les trib. pénaux de première instance sont divisés en » sections de la justice de proximité" et en chambres
correctionnelles, accidents de la circulation, affaires des mineurs.
d) La chambre d’appel du TPI (loi 35-10)
Dans les TPI, sont créés des chambres, dites d’appel, qui connaissent de certains appels formés contre
les jugements rendus par elles en premier ressort.
La CA du TPI siège à un président et à deux juges, en présence du représentant du ministère public et avec
l’assistance d’un greffier.
La CA des mineurs auprès du TPI, sous peine de nullité, se compose d’un juge des mineurs, président, et de deux
juges. Elle siège en présence du représentant du ministère public, avec l’assistance d’un greffier.
3) Les attributions du tribunal de première instance
a) Compétence générale
L’article 5 de la loi d’organisation judiciaire énonce le principe que « Sauf lorsque la loi attribue formellement
compétence à une autre juridiction, le TPI est compétent soit en premier et dernier ressort, soit à charge d'appel,
dans les conditions déterminées par le Code de procédure civile, le Code de procédure pénale et, le cas échéant, des
textes particuliers ». La compétence de ce tribunal est générale et ne comporte aucune exception autre que celle qui
résulteraient expressément d’un texte spécial.
Le TPI est juge de droit commun, ce qui lui confère une compétence très étendue.
Le TPI connait de toutes les affaires civiles et commerciales pour lesquelles compétence n’est pas attribuée, en
raison de la nature de l’affaire ou du montant de la demande à une autre juridiction.
La compétence du TPI sera écartée parce que le montant de la demande est trop faible, ainsi en matière personnelle
ou mobilière au profit de la juridiction de proximité par exemple. Elle sera également écartée lorsqu’une certaine
catégorie d’affaires a été confiée à une juridiction spéciale. Ainsi la compétence du tribunal de commerce,
déterminée par la nature de l’action, écarte la compétence du TPI.
La compétence générale signifie que le TPI est compétent pour toutes les actions personnelles, c’est-à-dire relatives
à un rapport d’obligation, un droit de créance, que l’objet du droit soit mobilier ou immobilier ; les actions
mobilières, c’est-à-dire relatives à un meuble, que l’action soit réelle, personnelle ou mixte.
b) Compétences exclusives du TPI
1. Le taux de ressort
Le TPI statue en premier et dernier ressort jusqu’à 20000 DH ; au-delà il statue à charge d’appel de même lorsque la
Dde est indéterminée, sauf si une dispos° interdite l’appel.
2. Les matières concernées
i. Affaires familiales
Les sections des affaires de la famille connaissent des affaires de statut personnel, des successions, de l'état civil et
des affaires d'homologation et des mineurs, de la kafala et tout ce qui a trait à la sauvegarde et la protection de la
famille.

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ii. Affaires sur les biens
Le TPI a une compétence exclusive pour les litiges concernant la propriété immobilière. Les actions immobilières
ont pour objet la reconnaissance d’un droit immobilier : par exemple l’action tendant à faire juger qu’un droit de
préemption sur un immeuble a valablement été exercé, ou l’action en partage d’un immeuble. Il peut s’agir
d’actions immobilières pétitoires (ex : l’action en revendication d’un immeuble) ou possessoires.
Il peut s’agit de saisies immobilières, ou les actions en matière de copropriété des immeubles bâtis
L’action immobilière doit être introduite devant le tribunal du lieu de situation de l’immeuble, tandis que l’action
mobilière relève de la compétence du domicile du défendeur sauf les exceptions prévues par la loi.
Le TPI a une compétence exclusive pour les litiges concernant la propriété des biens meubles sauf dispositions
contraires. Les actions en responsabilité civile relèvent du droit commun des actions personnelles ou mobilières
selon la valeur du litige entre le TPI et les tribunaux de proximité.
iii. Affaires sociales
Le TPI est compétent en matière sociale pour connaître :
- des contestations d'ordre individuel relatives aux contrats de travail ou d'apprentissage et des différends
individuels en relation avec le travail ou l'apprentissage ;
- de la réparation des demandes résultant des accidents du travail et des maladies professionnelles conformément à
la réglementation en vigueur ;
- des contestations auxquelles peut donner lieu l'application des législations et réglementations sur la sécurité sociale.
Le juge statue à charge d'appel si la demande est d'une valeur supérieure à 20000 DH ou si son taux est
indéterminé.
Il statue seulement en premier ressort en matière d'accidents du travail et de maladies professionnelles ainsi que de
pensions servies au titre de la sécurité sociale.
Les contestations relatives à l'application des astreintes prévues par la législation relative à la réparation des
accidents du travail et des maladies professionnelles sont jugées en dernier ressort, même si les demandes sont
indéterminées.
3. Compétences du TPI à juge unique
Le TPI retient de plein droit le principe du juge unique et le principe de la collégialité comme exceptions
i. Le TPI, juge unique de plein droit
Dans les autres affaires, les TPI siègent à juge unique avec l'assistance d'un greffier.
ii. Le TPI, l’exception de la collégialité
Les TPI siègent en présence de trois juges dont un président, avec l'assistance d'un greffier, sous réserve des
compétences dévolues au président du tribunal en vertu de textes particuliers, dans les actions suivantes :
- actions relatives au code de la famille (statut personnel et de successions) à l'exception de la pension alimentaire
qui relève du juge unique ;
- actions immobilières de droits réels et mixtes ; - actions de conflit de travail ;
- délits sanctionnés par une peine d'emprisonnement supérieure à deux ans et dont la compétence est dévolue par le
code de procédure pénale au TPI.
A côté de ces cas exceptés, lorsqu'il apparaît au juge unique que l'une des Ddes principale, reconventionnelle ou en
compensation relève de la compétence de la format° collégiale ou se rapporte à une action ayant un lien de connexité
avec une action en cours devant cette format°, il se dessaisit de l'ensemble de l'affaire par décision gracieuse.
Le président du TPI est chargé de la transmission du dossier de l'affaire à la formation collégiale.
Lorsqu'il statue en matière de conflit du travail, le tribunal est assisté par quatre assesseurs.
4. Compétence de la Chambre d’appel comme juridiction du second degré
Les TPI connaissent en premier ressort, à charge d’appel devant les chambres des appels des TPI, des demandes
jusqu’à la valeur de vingt mille dirhams (20.000 dirhams).
5. Attributions du président du TPI
Le président du TPI a reçu des attributions nombreuses et variées qui n’appartiennent qu’à lui concernant certaines
procédures.
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 Ordonnances sur requête et constats
Les présidents des TPI sont seuls compétents pour statuer sur une requête aux fins de voir ordonner des constats,
des sommations ou autres mesures d’urgence en quelque matière que ce soit non prévue par une disposition
spéciale et ne préjudiciant pas aux droits des parties.
Ils répondent par ordonnance rendue or la présence des parties et sans l’assistance du greffier, à charge de leur en
référer en cas de difficulté.
 Les ordonnances de référé
La procédure des référés est une procédure exceptionnelle, qui avait été instituée dans les cas d’urgence et pour les
difficultés d’exécution. Le référé permet d’obtenir le plus souvent mais non obligatoirement lorsqu’il y a une
urgence par une procédure simple et rapide, du président du tribunal, des décisions sans doute provisoires mais
d’une importance parfois considérable.
Le président peut être appelé à statuer comme juge des référés. Il est seul compétent pour connaitre ; en cette même
qualité et toujours en vertu de l’urgence, de toutes les difficultés à l’exécution d’un jugement ou d’un titre
exécutoire ou pour ordonner une mise sous séquestre, ou toute autre mesure conservatoire, que le litige soit ou non
engagé devant le juge de fond.
 Injonction de payer
Le président de TPI est seul compétent pour connaitre des requêtes aux fins d’injonction de payer (demande en
paiement d’une somme supérieure à 1000dhs, due en vertu d’un titre ou d’une promesse reconnue).
II. Le tribunal de commerce
Les juridic° commerciales ont été créées par la loi n° 53-95 du 6 janvier 1997, promulguée par le dahir n° 1.97.65 du 12
fév. 1997 modifiée par le Dahir n° 1-11-14 du 14 rabii I 1432 (18 février 2011) portant promulg° de la loi n° 16-10
complétant la loi n° 53-95 instituant des juridic° de commerce ; BO n° 5926 du 12 rabii II 1432 (17 mars 2011), p.289
Le décret pris pour son application décret n° 2-97-771 du 25 Joumada II 1418 (28 octobre 1997) fixant le nombre,
le siège, et le ressort des TC et des CA de commerce ; Bulletin Officiel n° 4532 du 5 rajeb 1418 (6 novembre
1997), p. 953, tel qu’il a été modifié et complété
Les juridictions commerciales comprennent d’une part les TC et d’autre part, les CA de commerce.
1) Organisation/composition
8 TC : Rabat, Casablanca, Fès, Tanger, Marrakech, Agadir, Oujda et Meknès. 3 CA de commerce : Casablanca, Fès
et Marrakech.
Les magistrats du siège et du parquet des juridictions commerciales sont tous des magistrats professionnels intégrés
au « corps unique de la magistrature ».
Chaque tribunal de commerce comprend :
Un président, des vices-Pdt et des magistrats ; Un ministère pub. composé du procureur du Roi et d’un ou plusieurs
substituts ; Un greffe et un secrétariat du ministère pub.
Les audiences des TC sont tenues et les jugements rendus par trois magistrats, dont un président, assistés d’un
greffier.
2) Compétences des juridictions commerciales
a) Compétence territoriale
La compétence territoriale appartient au tribunal du domicile réel ou élu du défendeur.
Lorsque ce dernier n'a pas de domicile au Maroc, mais y dispose d'une résidence, la compétence appartient au
tribunal de cette résidence.
Lorsque le défendeur n'a ni domicile, ni résidence au Maroc, il pourra être traduit devant le Trib. du domicile ou de
la résidence du Ddeur ou de l'un d'eux s'ils sont plusieurs.
S'il y a plusieurs défendeurs, le demandeur peut saisir, à son choix, le tribunal du domicile ou de la résidence de
l'un d'eux.
Dans des cas exceptionnels, les actions sont portées :
- en matière de sociétés, devant le tribunal de commerce du lieu du siège social de la société ou de sa succursale ;
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- en matière de difficultés de l'entreprise, devant le tribunal de commerce du lieu du principal établissement du
commerçant ou du siège social de la société ;
- en matière de mesures conservatoires, devant le tribunal de commerce dans le ressort territorial duquel se trouve
l'objet desdites mesures.
Les parties peuvent dans tous les cas convenir par écrit de désigner le tribunal de commerce compétent.
b) Compétence d’attribution
La compétence d’attribution est légale. Mais les parties peuvent convenir par écrit d’une clause autre que légale.
1. Compétence légale
Les TC sont compétents pour connaître des demandes dont le principal excède la valeur de 20.000 DH.
Les juridictions de commerce ont compétence pour juger de l’ensemble des litiges commerciaux.
Ces litiges portent aussi bien sur les actes accomplis par les commerçants à l’occasion de leur commerce et de
l’ensemble des litiges commerciaux qui comportent un objet Cv.
Les juridictions de commerce ont compétence pour juger de l’ensemble des litiges commerciaux.
Les TC sont compétents pour connaître :
Des actions relatives aux contrats commerciaux ;
Des actions entre commerçants à l’occasion de leurs activités commerciales ;
Des actions relatives aux effets de commerce ;
Des différends entre associés d’une société commerciale ;
Des différends relatifs aux fonds de commerce.
2. La compétence du président du tribunal de commerce
Les présidents des TC ont une compétence commune et une compétence spéciale
 Compétence commune
Le président du TC exerce, outre les attributions qui lui sont dévolues en matière commerciale, celles dévolues au
président du TPI par le code de procédure civile.
- Les référés
Le Président du TC peut, dans les limites de la compétence du tribunal, ordonner en référé toutes les mesures qui ne
font l'objet d'aucune contestation sérieuse.
Lorsque le litige est soumis à la CA de commerce, lesdites attributions sont exercées par son premier président.
Le président du TC peut, dans les mêmes limites et même en cas de contestation sérieuse, ordonner toutes les
mesures conservatoires ou la remise en état, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un
trouble manifestement illicite.
- Procédure Injonction de payer
Le président du TC peut, dans les limites de la compétence du tribunal, ordonner en référé toutes les mesures qui ne
font l'objet d'aucune contestation sérieuse. Lorsque le litige est soumis à la CA de commerce, lesdites attributions
sont exercées par son premier président.
 Compétence spéciale
Entre également dans la compétence des présidents des TC la surveillance des formalités du RC. A cet effet, ils
peuvent chaque année désigner un juge responsable du RC.
Sont exclues de la compétence du tribunal de commerce les affaires relatives aux accidents de la circulation.
3. Compétence contractuelle : clauses contractuelles
Le commerçant peut convenir avec le non commerçant d'attribuer compétence au TC s'il s'agit des litiges pouvant
les opposer lors de l'exercice de l'une des activités du commerçant. Les parties pourront convenir de soumettre les
différends à la procédure d'arbitrage.
4. Exception d’incompétence
Le TC doit statuer sur l'exception d'incompétence en raison de la matière dont il est saisi par jugement séparé dans
un délai de 8 jours. Le jugement relatif à la compétence peut faire l'objet 'un appel dans un délai de dix jours à
compter de la date de sa notification.
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Le greffe est tenu de transmettre le dossier à la CA de commerce le jour suivant celui du dépôt de la requête
d'appel.
La cour statue dans un délai de 10 jours courant à compter de la date où le dossier parvient au greffe.
Lorsque la CA de commerce statue sur la compétence, elle transmet d'office le dossier au tribunal compétent.
Le greffe est tenu de transmettre le dossier au tribunal compétent dans un délai de 10 jours à compter de la date où
l'arrêt a été prononcé.
L'arrêt de la cour n'est susceptible d'aucun recours, ordinaire ou extraordinaire.
 Cas du bail commercial
Les litiges relatifs au bail commercial peuvent être soumis au Dahir de 1980 relatif au bail civil et le dahir du 24
mai 1955 régissant le bail commercial. Avant la création des TC en 1997, ce sont les TPI qui sont compétente à
trancher sur des conflits relatifs au bail commercial. En outre, le dahir de 24 mai 1955 ne prévoit aucune
disposition relative à la compétence. Dès la création des TC, un conflit de compétence s’est posé. La jurisprudence
marocaine s’est divisée en 3 courants :
Le premier qui attribue compétence au TPI en matière de bail commercial. Les conflits entre bailleur et locataire
d’un local à usage commercial n’est pas un conflit qui a pour objet le FC, mais un conflit qui a pour objet un
élément isolé de FC n’ayant pas pour objet le FC. Le conflit entre le locataire est le bailleur a pour objet un contrat
de bail d’un immeuble à usage commercial régie par le dahir de 24 mai de1955, qui reste soumis au tribunal de
droit commun.
Le deuxième attribue compétence au TC. Les conflits relatifs aux fonds de commerce relèvent de la compétence
des Tribunaux de commerce puisque le terme « conflits », comprend les conflits relatifs non pas seulement au
fonds de commerce mais ceux qui ont pour objet un des éléments de fonds de commerce qui est le droit au bail.
Le troisième attribue compétence aux deux juridictions : La compétence d’attribution en matière de bail
commercial appartient aussi bien au tribunal de commerce qu’au tribunal de première instance, selon la nature de
chaque partie et la nature de contrat de bail commercial pour chacun d’eux. Lorsque le contrat de bail commercial
est conclu entre un bailleur civil et un locataire commerçant c’est au tribunal de première instance d’être compétent
pour statuer sur le litige pouvant résulter de ce contrat.
La cour suprême dans son arrêt n° 2248 en date 14/11/2004 dossier n°00/22 27 a attribué compétence en matière de
bail commercial régi par le dahir de 24 mai 1955 aux tribunaux de commerce.
Elle a considéré que le contrat de bail commercial est un élément de fonds de commerce donc les conflits qui y sont
relatifs sont soumis aux tribunaux de commerce. Cette décision a pour souci de protéger le fonds de commerce et
ne prend pas en considération le bailleur qui n’est pas un commerçant.
III. Le tribunal administratif
Les tribunaux administratifs sont régis par la loi 41-90 promulguée par le dahir n° 1-91-225 (22 rabia I 1414) du 10
septembre 1993.
1) Organisation
Les TA, au nombre de 7, sont installés dans les principales régions du Royaume.
Leurs magistrats relèvent du statut de la magistrature mais font l’objet d’un recrutement et d’une formation
adaptés à leur fonction.
Leurs assemblées générales définissent leur mode de fonctionnement interne.
La juridiction est collégiale. Les audiences sont tenues et les jugements rendus par trois magistrats. Lorsque le
volume des affaires le rend nécessaire, le tribunal peut être divisé en sections spécialisées dans certains types
d’affaires.
Le Président du TA désigne parmi les magistrats du tribunal et sur proposition de l’assemblée générale du tribunal,
pour une période de 2 ans, un ou plusieurs commissaires royaux de la loi et du droit.
2) Attributions
Les TA sont compétents pour juger en premier ressort :
Les recours en annulation pour excès de pouvoir formés contre les décisions des autorités administratives ; Les
litiges relatifs aux contrats administratifs ;
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Les actions en réparation de dommages causés par les actes ou les activités des personnes publiques ;
Les litiges nés à l’occasion de l’application de pensions et du capital décès des agents de l’Etat, des collectivités
locales, des établissements publics et du personnel de l’administration de la Chambre des Représentants et de la
Chambre des Conseillers ;
Les contentieux fiscaux ; Les litiges électoraux ; La légalité des actes administratifs.
Par dérogation aux règles de la compétence territoriale, le TA de Rabat statue sur 2 sortes de litiges, quel que soit le
domicile du défendeur.
Est porté devant lui :
 Le contentieux relatif à la situation individuelle des plus hauts responsables administratifs, ceux qui sont
nommés par dahir ou par décret ;
 Le contentieux qui a pris naissance à l’étranger ou en haute mer et plus généralement en tout lieu qui n’est pas
inclus dans le ressort d’un TA.
 Les jugements des TA sont portés en appel devant la chambre administrative de la Cour Suprême.

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Chapitre 3 : Le second degré de juridiction
I. Le principe du double degré de juridiction
Le principe du double degré de juridiction est un pilier de l’organisation judiciaire dans la mesure où il implique le
recours du justiciable qui n’obtient pas satisfaction de la décision judiciaire à un ordre de juridiction plus élevée.
Il existe 2 degrés de juridictions au Maroc, qu’elles soient de droit commun ou spécialisées, dont le TPI ou le
Tribunal et la CA. La CC n’est pas un 3e degré de juridiction en ce sens qu’elle contrôle l’application de la règle de
droit et non pas les faits.
Il s’ensuit que la formation des magistrats et leur expérience sont plus ancrées dans une juridiction de 2e degré afin
de contrer au maximum les erreurs judiciaires et les motivations qui laissent parfois perplexes.
Le moyen de concrétiser le principe du double degré de juridiction est les voies de recours qui sont accordées au
justiciable.
En effet, les voies de recours possibles au Maroc sont : L’appel, l’opposition, la tierce opposition et le pourvoi en
cassation et sont régies par les dispositions du CPC.
L’appel est de droit dans tous les cas qui ne sont pas formellement exceptés par la loi. Il doit être formé dans le
délai légal selon la matière juridique en question.
Les jugements par défaut du TPI, lorsqu'ils ne sont pas susceptibles d'appel, peuvent être attaqués par
voie d'opposition dans le délai de 10 jours à dater de la notification du jugement en cause.
La tierce opposition est la voie de recours ouverte à tout tiers au litige auquel la déc° judic. porte atteinte
notamment par la déclar° d’un DT existant ou la créat° d’un nouv.
Quant au pourvoi en cassation, c’est une voie de recours à exercer devant la Cour de Cassation dans des cas
limitativement prévus par la loi, à savoir :
1) Viol° de la loi interne ; 2) Viol° d'une règle de procédure ayant causé préjudice à une partie ; 3) Incompétence ;
4) EX PV ; 5) Défaut de base légale ou défaut de motifs.
Cependant, le principe du double degré de juridiction est défaillant lorsque le Jugement est rendu en dernier ressort
comme c’est le cas pour certains litiges de faible valeur pécuniaire ou du juge de proximité.
II. La CA
1) Composition : le principe de la collégialité est la règle
En toute matière, à peine de nullité, les audiences des CA sont tenues et leurs arrêts sont rendus par 3 magistrats
assistés d'un greffier sauf si la loi en dispose autrement. La présence du représentant du ministère public à
l'audience pénale est prévue à peine de nullité. Son assistance en toute autre matière est facultative, sauf dans les
cas déterminés par le CPC notamment lorsqu'il est parti principale et dans toutes autres hypothèses prévues par un
texte particulier. Les CA peuvent tenir leurs audiences au siège des tribunaux de leur ressort.
2) Organigramme
 Une continuité des sections et chambres du TPI
Les cours d'appel comprennent, sous l'autorité du premier président et suivant leur importance, un certain nombre
de chambres spécialisées dont une chambre d'appel de statut personnel et successoral et une chambre criminelle.
Toutefois, toute chambre peut valablement instruire et juger quelle qu'en soit la nature, les affaires soumises à ces
cours. Elles comportent également un ministère public composé du procureur général du Roi et de substituts
généraux, un ou plusieurs magistrats chargés de l'instruction, un ou plusieurs magistrats des mineurs, un greffe et
un secrétariat du parquet général.
 Sections financières : Une nouvelle section
Les CA dont les ressorts sont fixés et délimités par décret comprennent des sections des crimes financiers. Ces
sections comprennent des chambres d’instruction, des chambres pénales, des chambres pénales d’appel, un
parquet général, un secrétariat greffe et un secrétariat du parquet général.
3) Attributions
La CA est compétente pour connaître des décisions des tribunaux de première instance rendues en premier ressort,
ainsi que pour toutes les autres matières où compétence lui est attribuée par le CPC ou le CPC et, le cas échéant,
par des textes particuliers.
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 Compétence comme juge de droit commun de second degré
Les CA sont d’abord les juridictions d’appel des décisions des juridictions de premier degré rendues en premier
ressort. En effet, les CA ne connaissent en appel que les décisions rendues en premier ressort par le TPI.
Elle est compétente pour connaitre des décisions des TPI pour des demandes d’une valeur supérieure à 20.000
dirhams ou lorsque le montant est indéterminé.
 Compétence comme juge de premier degré
Les affaires criminelles sont portées directement devant la CA qui statue alors comme juge de premier et dernier
ressort. Il en est de même des affaires financières à travers la création des sections spéciales. La loi précise que la
CA peut être compétente pour toutes les autres matières où compétence lui est attribuée par le CPC ou le CPP et, le
cas échéant, par des textes particuliers.
III. La CA de commerce
Les CA de commerce comprennent :
Un 1er Pdt, des Pdts de chambre et des conseillers ; Un ministère pub. composé d’un Procureur général du Roi et de
substituts ; Un greffe et un secrétariat du ministère pub.
Les CA de commerce peuvent être divisées en chambres et chacune d’entre elles peut instruire et juger les affaires
soumises à la Cour.
Les audiences des CA de commerce sont tenues et les arrêts rendus par trois Conseillers, dont un Président, assistés
d’un greffier.
• L'AG des CA de commerce se compose de l'ensemble des magistrats et des conseillers appartenant à ces
juridictions, qu'il s'agisse des magistrats du siège ou ceux du parquet. Le secrétaire greffier en chef assiste à
l'assemblée générale.
• L'AG des juridictions de commerce se réunit dans la 1re quinzaine de décembre pour arrêter le nombre des
chambres, leur composition, les jours et heures des audiences et la répartition des affaires entre ces diverses
chambres.
• L'AG peut, en cas de besoin et si le 1er président de la cour, ou le président du tribunal l'estime utile, tenir d'autres
réunions.
IV. La CA administrative
Les CA AdMv ont été instituées par la loi 80-03 promulguée par le dahir n°1-06-07 du 14 février 2006. Elle
consacre le double degré de juridic° à la justice AdMv.
1) Organisation
2 CA administratives : Rabat –Marrakech. La CA administrative comprend : - un premier président, des présidents
de chambres et des conseillers ; - un greffe.
La CA administrative peut être divisée en chambres suivant la nature des affaires dont elle est saisie.
Le 1er Pdt de la CA administrative désigne sur proposition de l'AG, pour une période de 2 ans renouvelables parmi
les conseillers, un ou plusieurs commissaires royaux de la loi et du droit. Les audiences des CA administratives
sont tenues et leurs décisions sont rendues publiquement par 3 conseillers dont un président, assistés d'un greffier.
1) Attributions
Les CA administratives sont compétentes pour connaître, en appel, des jugements rendus par les TA et des
ordonnances de leurs présidents, sauf dispositions contraires prévues par la loi. Le 1er président de la CA
administrative ou le vice-président exerce les compétences de juge des référés lorsque la cour est saisie du litige.

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Chapitre 4 : La cour de cassation
La Cour de Cassation a été créée au lendemain de l’indépendance par le dahir n° 1-57-223 (2 Rabia I 1377) du 27
septembre 1957. Elle est placée au sommet de la hiérarchie judiciaire et coiffe toutes les juridictions de fond du
Royaume. Son organisation et sa compétence sont déterminées par la loi du 15 juillet 1974 fixant l’organisation
judiciaire du Royaume, le Code de procédure civile, certaines dispositions du Code de procédure pénale et du Code
de la justice militaire.
1) Composition et organisation
La Cour de Cassation est présidée par un Premier Président. Le ministère public y est représenté par le Procureur
Général du Roi assisté d’Avocats généraux.
Elle comprend des présidents de chambre et des conseillers. Elle comporte également un greffe ainsi qu’un
secrétariat du parquet général.
La Cour de Cassation comprend six chambres : une chambre civile (dite première chambre), une chambre de statut
personnel et successoral, une chambre commerciale, une chambre administrative, une chambre sociale et une
chambre pénale. Chaque chambre est présidée par un président de chambre et peut être divisée en sections.
Toute chambre peut valablement instruire et juger, quelle qu’en soit la nature, les affaires soumises à la Cour.
La Cour de Cassation est une juridiction collégiale. A ce titre, les audiences sont tenues et les arrêts rendus par cinq
magistrats. Dans certains cas, cette collégialité est renforcée et les arrêts sont rendus par deux chambres réunies et
dans certaines affaires, par toutes les chambres réunies en assemblée plénière.
2) Attributions
Les attributions de la Cour de Cassation sont nombreuses et diversifiées. La loi a cependant limité son rôle
à l’examen des seules questions de droit : elle contrôle la légalité des décisions rendues par les juridictions de fond
et assure ainsi l’unité d’interprétation jurisprudentielle.
La Cour de Cassation statue sur :
• Les pourvois en cassation formés contre les décisions rendues en dernier ressort par toutes les juridictions du
Royaume. Il s’agit des affaires des affaires qui n’ont pas pu faire l’objet d’appel notamment les affaires criminelles
ainsi que certaines affaires qui ne font pas l’objet d’appel.
• Les recours formés contre les décisions par lesquelles les juges excèdent leurs pouvoirs ; Les règlements de juges
entre juridictions n’ayant au-dessus d’elles aucune juridiction supérieure commune autre que la Cour de Cassation ;
• Les prises à partie contre les magistrats et les juridictions autres que la Cour de Cassation ;
• Les instances en suspicion légitime
• Les dessaisissements pour cause de sûreté publique ou de bonne administration de la justice. Les cas où les
tribunaux et cours refusent de juger certaines affaires.
• Les appels contre les décisions des tribunaux administratifs comme juridiction du second degré ;
• En premier et dernier ressort, sur les recours en annulation pour excès de pouvoir, dirigés contre les actes
réglementaires ou individuels du Premier ministre, et les recours contre les décisions des autorités administratives,
dont le champ d’application s’étend au-delà du ressort territorial d’un tribunal administratif.

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Chapitre 5 : Magistrats et Greffiers
Section 1 : Les magistrats
1. Cadre légal
Le Dahir n°1-16-41 du 24 mars 2016 portant promulgation de la loi organique n°106-13 portant statut des
magistrats (N°6492 du 18-8-2016) remplaçant le dahir n° 1-74-467 du 11 novembre 1974 formant statut de la
magistrature [version consolidée contenant les modifications portées par loi n° 5-98, Loi n° 35-01 et loi n° 17-06]
;
- Un corps unique
La magistrature du Royaume forme, selon les dispositions de l’article 3 du Dahir 106-13, un corps unique
comprenant les magistrats du siège et du parquet des cours et tribunaux.
I. Magistrats du siège
Le magistrat du siège est celui qui instruit et rend les décisions judiciaires dans les dossiers qui lui sont soumis dans
le cadre de ses attributions. Il siège assis, c'est-à-dire dans une audience publique soit individuellement soit en
formation collégiale en référence à la matière juridique dans laquelle il va statuer.
1) Nomination
a) Procédé normal
Le magistrat du siège peut être nommé aussi bien parmi les attachés de la justice que parmi les juges stagiaires, ce
qui constitue la voie la plus courante de nomination.
 Les conditions de recrutement
Le magistrat devra remplir les conditions de recrutement prévues par les dispositions de l’article 7 de la loi relative
au statut de la magistrature (version consolidée), à savoir :
- Etre de nationalité marocaine ;
- jouir des droits civiques et être de bonne moralité ;
- Ne pas être condamné en justice ou à une sanction disciplinaire pour avoir commis des actes contraires à
l’honneur, à la probité ou aux bonnes moeurs, même s’il a fait l’objet d’une réhabilitation
- remplir les conditions d’aptitude physique exigées pour l’exercice de la fonction ;
 Les conditions d’accès au concours
Les candidats au concours des attachés de justice doivent
- Ne pas dépasser 45 ans d’âge au 1er janvier de l’année du concours
- Être titulaire d’un diplôme universitaire dont la loi fixe la nature et la durée nécessaire pour son obtention
 Stage
La formation programmée dans les deux ans de stage est composée comme suit :
Ils effectuent, en cette qualité, un stage de deux années comportant :
- Un cycle d'études et de travaux pratiques, à l'Institut, d'une durée d'une année, destiné à assurer, par un
enseignement approprié, leur formation professionnelle ;
- un stage d'une année accompli dans les cours d'appel, tribunaux, administration centrale, services extérieurs,
collectivités locales, entreprises publiques ou privées.
Le conseil Supérieur du Pouvoir judiciaire (Dit le Conseil) nomme les attachés de justice aux fonctions de
substituts du procureur du Roi près des juridictions du premier degré. Les magistrats sont nommés par lesdits
substituts après avoir passé deux ans de service au minimum. Toutefois, lesdits attachés de justice peuvent être
nommés directement magistrats du siège pour combler le besoin.
Les attachés de justice se doivent d’observer le secret professionnel et de porter la robe à l'audience.
 Nomination par dahir
En dernier lieu, ces attachés sont soumis à un examen de fin de stage à l’issue duquel ils sont nommés par dahir sur
proposition du Conseil supérieur de la magistrature ou licenciés en cas de non réussite. Ils peuvent également être
mis à la disposition de leur administration d’origine s’ils sont des fonctionnaires détachés.
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b) Nomination spéciale
Les candidats appartenant à certaines catégories de professionnels et de fonctionnaires peuvent être nommés
magistrats dans le corps de la magistrature, après avoir satisfait aux épreuves d’un concours à condition
- De ne pas dépasser 55 ans au moment de la présentation de la demande et ayant exercé leurs professions ou leurs
fonctions de manière effective pendant une période de 10 années au moins
c) Procédé exceptionnel
Sont dispensés du concours les candidats titulaires du doctorat d’Etat en Droit ou dans la Charia dont l’âge ne
dépasse pas 55 ans au moment de la présentation de la demande (adressée au Président-Délégué du Conseil) et
appartenant aux catégories des professionnels et des fonctionnaires suivantes :
- Les enseignants chercheurs ayant exercé la profession d’enseignement universitaire dans l’une des branches de
droit pendant une période de 10 ans au moins
- Les avocats ayant exercé leur profession de manière effective pendant une période de dix ans au moins
- Les fonctionnaires du greffe appartenant au moins à un grade classé à l’échelle 11 et ayant exercé effectivement
les fonctions de greffier pendant une période de 10 ans au moins
- Les fonctionnaires des administrations appartenant aux moins à un grade classé à l’échelle 11 ayant au moins 10
ans de service public effectif dans le domaine des affaires juridiques.
 Engagement
Le magistrat s’engage, après sa nomination, à accomplir au moins 8 ans de service effectif au sein du corps de la
magistrature ou en position de détachement.
Le magistrat qui ne respecte pas ledit engagement est tenu de restituer les émoluments qui lui ont été versés
pendant la durée de formation, au prorata de la durée restant à courir de la période des 8 ans
2) Obligations du magistrat
• Reserve et dignité
• Secret professionnel
• Incompatibilité avec d’autres fonctions sauf pour l’enseignement ou de la documentation juridique (décision du
MJ)
• Interdiction de la grève
• Apolitique
• Interdiction de constituer ni faire partie d’un syndicat
• Déclaration de l’activité du conjoint lorsqu’il exerce une activité privée et lucrative
• Résidence au siège de la juridiction sauf dérogation
3) Statut
Le magistrat du siège bénéficie de certaines garanties de son indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif et est
soumis à des obligations professionnelles
L’inobservation le rend passible de sanctions dans le cadre du régime disciplinaire auquel il est soumis.
Droits issus du principe de l’indépendance :
Les droits issus du principe de l’indépendance sont l’inamovibilité du magistrat et le régime de son avancement.
a) L’inamovibilité
Ce principe est garanti par l’article 85 de la constitution de 1996 et consacré à nouveau par la constitution 2011 qui
prévoit expressément l’inamovibilité du magistrat du siège.
Dès sa nomination, ce magistrat ne peut être destitué, suspendu ou muté que dans les conditions prévues par les
textes régissant le statut des magistrats en vigueur.
b) Mutation
Le magistrat du siège peut être muté à titre de sanction ou de promotion. L’article 72 du statut de la magistrature
prévoit que celui-ci peut recevoir une nouvelle affectation, soit sur leur demande, soit à la suite d'un avancement de
grade, soit en cas de suppression ou de création de juridiction, en cas de vacance d’un poste judiciaire ou en vue de
combler un manque d’effectifs.
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Ces affectations sont prononcées par dahir sur proposition du Conseil Supérieur du pouvoir judiciaire.
Une disposition contenue dans le statut de la magistrature constitue une atteinte flagrante au principe de
l’indépendance, à savoir : la délégation en tant que sanction.
c) Délégation
Les premiers présidents des divers cours d’appel et les procureurs généraux du Roi, peuvent déléguer parmi les
magistrats en activité dans leurs ressorts, un magistrat en vue de combler un manque urgent d’effectifs dans une
juridiction relevant desdits ressorts.
Il est tenu compte de
1. l’avis du responsable judiciaire hiérarchique
2. La proximité géographique
3. La situation sociale du magistrat
La durée de la délégation ne peut dépasser 3 mois renouvelable une seule fois après accord de l’intéressé. Le
magistrat ne peut être délégué plus d’une fois tous les cinq ans qu’après son accord
4) Le régime de l’avancement
L’avancement réfère au fait que le magistrat peut être affecté à exercer ses fonctions dans plusieurs échelons et à
des grades qui sont, en principe, croissants.
Le régime renferme l’avancement de grade et l’avancement d’échelon.
L’avancement du magistrat du siège intervient sur décision du ministre de la justice motivée par un avis du Conseil
supérieur de la magistrature portant sur les noms des magistrats figurant sur la liste d’aptitude annuelle
Par ailleurs, l’avis du Conseil ne lie aucunement le ministre de la justice qui peut très bien décider autrement et
procéder à la mutation, suspension, délégation des magistrats du siège en toute discrétion.
5) Obligations professionnelles
Le magistrat du siège bénéficie d’une protection à l’instar des fonctionnaires et agents de l’administration publique
en conformité avec les dispositions du code pénal et des lois spéciales, notamment contre les diffamations,
menaces, outrages ou injures dont il peut faire l’objet.
L’Etat assure la réparation des préjudices subis lors de l’exercice de ses fonctions.
Il devra accomplir la prestation du serment et respecter les obligations qui en dérivent.
Le magistrat devra respecter l’obligation de réserve impliquant l’interdiction d’exercer une activité politique, le
secret professionnel englobant l’obligation de garder religieusement le secret des délibérations ainsi que
l’obligation de résidence imposant au magistrat du siège de résider dans le ressort de sa juridiction.
a) Impartialité du juge
En deuxième lieu, des mesures à caractère préventif et visant à renforcer l’impartialité du magistrat sont édictées
par le législateur.
Il s’agit des incompatibilités, des cas d’incapacité et de l’obligation de déclaration du patrimoine du magistrat.
b) Incapacité du magistrat
L’incapacité d’un magistrat recouvre les situations suivantes : L’interdiction de siéger dans une même juridiction
ou affaire de magistrats de la même famille ou d’un magistrat et un avocat parents ;
La récusation où l’un des justiciables requiert qu’un ou plusieurs magistrats soient écartés ou remplacés pour
suspicion de partialité envers la partie adverse ;
Le renvoi est le même mécanisme de la récusation sauf qu’il est étendu à tous les magistrats qui connaissent de
l’affaire soit pour cause de suspicion légitime, soit de sûreté publique par exemple.
c) Déclaration du patrimoine
Le législateur a instauré l’obligation de déclaration du patrimoine.
Il est imposé au magistrat d’effectuer cette déclaration dans les trois mois suivant sa nomination. En cas de
modification de son patrimoine, il lui incombe de le déclarer par une déclaration complémentaire dans l’immédiat.
6) Pouvoir disciplinaire
Le pouvoir disciplinaire régissant le statut du magistrat du siège couvre le régime disciplinaire auquel il est soumis,
les sanctions pécuniaires dont il peut être frappé et sa responsabilité professionnelle.
19/30
a) Fondement
En premier lieu, le régime disciplinaire est fondé sur la notion de la faute disciplinaire
« Tout manquement par un magistrat aux devoirs de son état, à l'honneur, à la délicatesse ou à la dignité,
constitue une faute susceptible d'une sanction disciplinaire ».
C’est le Conseil supérieur du Pouvoir Judiciaire qui est compétent.
b) Sanctions
En deuxième lieu, la faute disciplinaire soumet le magistrat à une graduation de sanctions :
Premier degré :
L'avertissement ; Le blâme ; Le retard dans l'avancement d'échelon pendant une durée maximale de deux ans ;
La radiation de la liste d'aptitude.
Deuxième degré :
La rétrogradation ; L'exclusion temporaire de fonction, privative de toute rémunération à l'exception des
prestations familiales, pendant une période ne pouvant excéder six mois ; La mise à la retraite d'office ou
l'admission à cesser ses fonctions lorsque le magistrat n'a pas droit à une pension de retraite : La révocation
avec ou sans suspension des droits à pension.
Les deux dernières sanctions du premier degré et les deux premières sanctions du deuxième degré peuvent être
assorties " de la mutation d'office " ».
c) Procédure
Du point de vue de la procédure, les sanctions du premier degré sont prononcées par arrêté du ministre de la justice
et celles du deuxième degré le sont par dahir. Dans les deux cas, un avis du Conseil supérieur de la magistrature est
requis.
d) Sanctions pénales
Le magistrat du siège peut être frappé de sanctions pénales dans le cadre des infractions prévues par les dispositions
des articles 241 à 256 du Code pénal dont connaissent les chambres criminelles des Cours d'appel suite à la
suppression de la cour spéciale de justice par le Dahir n° 1-04-129 du 15 septembre 2004 publié
7) Responsabilité professionnelle
En troisième lieu, une responsabilité professionnelle lourde incombe au magistrat du siège. Cette responsabilité
découle non seulement de ses obligations susmentionnées, mais également de l’importance du secteur vital de la
justice et des répercussions d’une justice saine sur l’Etat de droit et le développement social.
a) La prise a partie
La prise à partie : La prise à partie est prévue en cas de dol, fraude, concussion ou en cas de déni de justice. L’Etat
est civilement responsable des dommages et intérêts auxquels le juge est condamné, sauf son recours contre celui-ci.
Seule la Cour de cassation est compétence pour connaître des prises à partie dirigés aussi bien à l’encontre des
magistrats du 1er degré, du 2ème degré ou même de la Cour de cassation.
b) Subrogation
La Subrogation de l’Etat dans les droits du magistrat en matière des dommages et intérêts : Le cas retenu de cette
responsabilité de l’Etat est celui prévu à l’alinéa 2 de l’article 400 du code de procédure civile, relatif aux
condamnations des magistrats au versement de dommages et intérêts par la prise à partie admise. Cette subrogation
n’a pas lieu d’être en cas de faute lourde et de déni de justice.
II. Le ministère public
1) Définition
Le ministère public est la dénomination attribuée au corps de la magistrature debout. Depuis l’adoption de la loi 33-
17 relative au transfert des compétences de l’autorité gouvernementale chargée de la justice au procureur général
du roi près la Cour de cassation, c’est ce dernier qui a dorénavant la qualité de chef du ministère public (Le Dahir
n° 1-17-45 du 8 hijja 1438 (30 août 2017)
- Le procureur général du roi près la Cour de cassation (article 25 de la loi organique n° 106-13 portant statut des
magistrats) a la qualité de chef du parquet, exerçant l’autorité sur l’ensemble des magistrats exerçant dans les
différentes juridictions du Royaume et sur l’ensemble des magistrats du parquet ;
20/30
- Il est chargé de la supervision des magistrats du parquet, du suivi de la bonne marche des actions qui relèvent de
la compétence du ministère public et d’exercer les recours y afférents, et de suivre les affaires dont le ministère
public est partie; Il est chargé de la nomination ou proposition de nomination, des magistrats du parquet pour la
présidence d’une instance ou commission ou pour y être membre ou pour accomplir auprès d’elles, toute mission
temporaire ou permanentes ; en application (Article 80 de la loi organique n° 100-13 relative au Conseil supérieur
du pouvoir judiciaire)
Pour accomplir sa mission, la loi 33-17 a mis à sa disposition les moyens humains, et financiers. En effet, Il dispose
des structures administratives, financières et techniques dont les attributions, l’organisation et fonctionnement. Il a
la possibilité de recruter des cadres administratifs et techniques soumis au statut particulier du personnel du conseil
supérieur du pouvoir judiciaire, et d’avoir recours à des experts et conseillers par voie de contrats ; - Il est
ordonnateur. Il se voit affecter des biens meubles et immeubles nécessaires à l’exercice de ses compétences ; - Il se
voit affecter d’un comptable public auprès de la présidence pour exercer les compétences dévolues aux comptables
publics par les lois et règlements ; Les archives du ministère de la justice sont transférées à la présidence du
ministère public
Ses nouvelles attributions ont pris effet le 7 octobre 2017
 Particularité
Le ministère public siège aussi bien dans les juridictions d’ordre judiciaire que dans les juridictions spécialisées.
Ses fonctions ne diffèrent pas substantiellement mais sa qualité dans le procès l’est.
Il peut agir comme partie principale ou intervenir comme partie jointe. Il représente autrui dans les cas déterminés
par la loi.
2) Composition
Le ministère public, ou le parquet, se compose auprès des tribunaux d’un Procureur du Roi et de ses substituts qui
varient en fonction de l’importance du Tribunal et du nombre des affaires à traiter. Il se peut même que l’un des
substituts prenne le titre de « premier substitut ».
Il se compose auprès des cours d’appel d’un Procureur Général du Roi et de ses substituts ou avocats généraux. Au
niveau de la Cour de cassation, il est question d’un Procureur Général, d’un premier avocat général et d’avocats
généraux.
3) Attributions
Il siège comme partie principale exceptionnellement dans les procès civils
Il en va autrement dans les procès pénaux où il constitue une partie principale de règle. Les magistrats assis ne
peuvent y tenir une audience sans la présence du ministère public puisque celui-ci défend l’intérêt général et l’ordre
public.
4) Droits et obligations
Un corps uni et indépendant aussi bien à l’égard des magistrats du siège que des justiciables.
a) L’amovibilité
Les membres du ministère public sont soumis à la hiérarchie présidée par le Procureur Général du Roi près de la
Cour de Cassation. Ils peuvent être révoqués, suspendus ou mutés aisément.
b) L’indivisibilité
L’indivisibilité signifie que les membres du ministère public forment un seul corps où chacun des membres peut
représenter le parquet.
Les membres du même ministère public sont interchangeables et tout acte rendu par l’un d’eux l’est au nom du
corps du parquet dans son ensemble.
En revanche, ce principe ne peut nuire au ministère public lui-même dans la mesure où un Procureur du Roi est tout
à fait habilité à recourir à l’encontre d’une décision judiciaire même si elle a été rendue en conformité avec les
réquisitions de son substitut.
c) L’indépendance
Le principe d’indépendance dont il est question n’est pas similaire à celui du magistrat du siège. Les membres du
ministère public obéissent à une hiérarchie forte et rigoureuse. Cependant, ils sont indépendants vis-à-vis des
magistrats du siège et des justiciables.
21/30
Dans le premier cas, les membres du parquet ne peuvent pas recevoir des blâmes, injonctions ou toute autre mesure
à caractère disciplinaire des magistrats du siège. Il est à préciser que l’obligation d’intervenir dans un dossier par la
communication de ce dernier au ministère public est une obligation découlant de cas énumérés par la loi et ne
constitue point une altération de cette règle.
Dans le deuxième cas, un justiciable ne dispose pas de la possibilité de recourir à l’encontre des membres du
parquet en le récusant par exemple, comme c’est le cas pour un magistrat du siège. Cet état des choses s’explique
par le fait que le parquet est une partie adverse dans le procès.
5) Fonctionnement
a) En tant que partie principale
Il est partie principale dans les cas suivants :
En matière pénale, il intervient dans toute infraction pénale et fait portant atteinte à l’ordre public ou à l’intérêt
général.
En matière civile, il ne l’est qu’en vertu d’une disposition légale explicite comme c’est le cas de l’article 381 du
code de procédure civile qui prévoit la possibilité de se pourvoir en cassation par le Procureur Général du Roi près
de la Cour de cassation dans l’intérêt de la loi.
Il peut recourir à l’encontre de la décision rendue conformément aux dispositions de l’article 7 du code de
procédure civile:
« Lorsque le ministère public agit d'office comme demandeur ou défendeur, dans les cas expressément déterminés
par la loi, il dispose de toutes les voies de recours à l'exception de l'opposition ».
b) En tant que partie jointe
Le ministère public intervient en tant que partie jointe dans toutes les causes où la loi ordonne au magistrat du siège
de communiquer le dossier en cause au parquet afin d’y intervenir.
Doivent être communiquées au ministère public, les causes suivantes :
1° Celles concernant l'ordre public, l'Etat, les collectivités locales, les établissements publics, les dons et legs au
profit d'institutions charitables, les biens habous et les terres collectives ;
2° celles concernant la famille ;
3° Celles qui concernent les personnes incapables et d'une façon générale, toutes celles où l'une des parties est
défendue ou assistée par un représentant légal ;
4° Celles concernant et intéressant les personnes présumées absentes ;
5° Les déclinatoires de compétence portant sur un conflit d'attribution ;
6° Les règlements de juges, les récusations de magistrats et les renvois pour cause de parenté ou d'alliance ;
7° Les prises à partie ;
8° Les procédures d'inscription de faux.
Les causes ci-dessus énumérées sont communiquées au ministère public, trois jours au moins avant l'audience, par les
soins du greffe. Toutefois, devant le tribunal de première instance, cette communication peut être faite à l'audience à
laquelle l'affaire est appelée. Dans ce cas, le ministère public peut demander le renvoi de l'affaire à la plus prochaine
audience pour présenter ses conclusions écrites ou orales. Le tribunal est tenu d'ordonner le renvoi. Le ministère
public peut prendre connaissance de toutes les causes dans lesquelles il croit son intervention nécessaire.
Le tribunal peut ordonner d'office cette communication.
Mention doit être faite dans le jugement, à peine de nullité, du dépôt ou du prononcé de ces conclusions».
Section 2 : Le personnel judiciaire ou auxiliaire de justice
Les auxiliaires de la justice sont des Hommes de loi dont la mission est destinée à faciliter la marche de l’instance
et la bonne administration de la justice, soit en assistant le juge comme c’est le cas des greffiers-huissiers-experts,
soit en assistant les parties comme c’est le cas des avocats et des notaires.
I. Les auxiliaires assistant le juge
Il s’agit du personnel judiciaire comprenant les agents greffiers des juridictions, des huissiers de justice, des experts
assermentés près des Tribunaux et des Cours d’Appel qui peuvent comprendre entre autres des agents comptables
ou des ingénieurs topographes par exemple.
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1) Le greffier
Il est question du secrétariat greffe qui accomplit toutes les diligences liées au procès judiciaire dans les différentes
juridictions du Royaume. Ce personnel est présidé par le Secrétaire greffier en Chef qui existe dans chaque
Juridiction.
a) Définition
Le secrétariat-greffe peut être défini comme étant l’ensemble des services administratifs du siège et du parquet, à
l’exception de certaines juridictions qui comprennent également un secrétariat général du Parquet telle la Cour de
cassation.
Le Secrétaire greffier en Chef et les membres du secrétariat greffe ont la qualité de fonctionnaire. Ils assistent les
magistrats à l’audience et dressent les actes du Greffe.
Le Secrétaire greffier en Chef est dépositaire des minutes et archives, il délivre expédition des jugements et a des
attributions financières et comptables conséquentes.
Il y a lieu de signaler que la promulgation de nouveaux textes juridiques régissant le statut de ces auxiliaires de la
justice a eu lieu entre l’année 2010 et l’année 2011, suite aux grèves prolongées soutenues par les membres de ce
corps vital du fonctionnement de la justice.
Le ministère de la justice a réformé et donné accord favorable aux principales allégations des greffiers, notamment
en leur réservant un statut spécifique qui les extrait de l’application du dahir de 1958 relatif à la fonction publique
et aux indemnités et allocations qui leur sont attribuées.
b) Organisation
Il y a deux catégories des agents du secrétariat greffe, à savoir : les secrétaires greffiers des juridictions et ceux du
ministère public.
Les premiers existent au sein de chaque juridiction en nombre variant selon le volume des dossiers traités. Ils
assistent les magistrats dans la réalisation de leurs missions sous la présidence d’un Secrétaire greffier en Chef.
Il y a lieu d’indiquer que le retour au système du juge unique dans les affaires sociales, en 2011, a poussé le
ministère de la justice à recruter un personnel supplémentaire.
Quant à la deuxième catégorie, son personnel est réparti de la même manière que les greffiers ordinaires selon les
bureaux et sections de la juridiction considérée.
c) Fonctionnement
Tout le corps des secrétaires greffiers dispose des attributions et doit remplir les missions suivantes :
- Assister les magistrats à l’audience ;
- Dresser les actes du greffe et procéder aux formalités de leur ressort ;
- Recevoir les requêtes ou déclarations et encaisser les taxes judiciaires ;
- Ouvrir les dossiers, préparer et faire exécuter les citations et les notifications ;
- Délivrer les expéditions des décisions judiciaires et assurer le suivi de leur exécution ;
- Tenir les registres d’audience.
Le Secrétaire greffier en Chef est, quant à lui, dépositaire des minutes des décisions judiciaires et des archives pour
lesquelles il assure la conservation. Il dispose également de la garde des scellés et de toutes sommes ou pièces
déposées au Greffe.
2) L'expert judiciaire
Un expert judiciaire est un Homme d’art spécialisé dans une discipline et ayant une expertise assez étalée dans le
temps dans cette discipline tels les géomètres, les topographes, les experts comptables, les experts en mécanique,…
Le statut d’un expert judiciaire est régi par les textes de lois suivants :
Le dahir n° 1-01-126 du 22 juin 2001 portant promulgation de la loi n° 45-00 relative aux experts judiciaires ; Le
décret n° 2-01-2824 du 17 juillet 2002 pris pour l’application de la loi n° 45-00 relative aux experts judiciaires.
Les experts sont invités par les juridictions pour éclairer la religion et la conviction d’un juge sur un point donné.
Ils doivent prêter serment et être inscrit au tableau des experts judiciaires.
Pour ce le faire, ils doivent remplir les conditions prévues par les dispositions des articles 3 et 4 de la loi n°45-00.
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L’expert judiciaire peut être agréé près d’une Cour d’appel ou à l’échelon national dans un tableau dit national.
L’instruction des demandes d’inscription des experts se fait par une commission du ministère de la justice dont la
mission est de statuer sur ces demandes, d’élaborer et réviser les tableaux des experts judiciaires et d’exercer le
pouvoir disciplinaire à leur encontre.
Le contrôle des experts judiciaires est assuré par le Premier Président et le Procureur Général du Roi près la Cour
d’appel.
L’expert peut être radié ou retiré du tableau, ceci n’empêche pas la possibilité de le poursuivre disciplinairement
pour des faits antérieurs.
Il est passible des sanctions disciplinaires suivantes : L’avertissement, le blâme, l’interdiction provisoire d’exercer
l’expertise pour une période maximum d’un an et la radiation du tableau.
1) L’huissier
a) Le métier d'huissier
L’huissier de justice est un officier public chargé des significations (judiciaires et extrajudiciaires), de l’exécution
forcée des actes publics (jugements et actes notariés), du recouvrement amiable ou judiciaire de toutes créances,
dans les lieux sans commissaires priseurs judiciaire des prisées et ventes publiques de meubles, …
Son statut qui a été récemment remanié, à plusieurs reprises, est régi par les textes de lois suivants :
- La loi n° 81-03 portant organisation de la profession d'huissier de justice ;
- Le dahir n° 1-06-23 du 15 moharrem 1427 portant promulgation de la loi n° 81-03 portant organisation de
la profession d'huissier de justice (B.O. n° 5400 du 2 mars 2006).
La loi n° 81-03 définit l’huissier de justice dans son article 1er comme étant :
« L'huissier de justice est un auxiliaire de justice qui exerce une profession libérale, conformément aux
dispositions de la présente loi et des textes réglementaires pris pour son application ».
La raison d’être de sa création est de remédier aux problèmes de notification et d’exécution des jugements
connaissant une lenteur nuisible au fonctionnement de la justice.
1. Statut
Le candidat au métier doit remplir des conditions pour pouvoir accéder à la profession (A). Il lui est également
conféré des pouvoirs spécifiques dans l’exercice de ces missions et obéit à une discipline précise.
 Recrutement
Le candidat devra respecter les conditions prévues par les dispositions de l’article 4 de la loi n° 81-03 que sont :
· Etre de nationalité marocaine ;
· Etre âgé de 25 ans révolus et ne pas dépasser 45 ans sauf s'il est dispensé conformément aux dispositions de
l'article 5 ci-après ;
· Etre titulaire d'une licence en droit ou d'un diplôme reconnu équivalent ou d'une licence en charia islamique ;
· Etre en position régulière au regard de la loi sur le service militaire ;
· Jouir de ses droits civils ;
· Justifier des conditions d'aptitude physique à l'exercice de la profession ;
· N'avoir encouru aucune condamnation soit pour crime, soit pour délit à une peine d'emprisonnement avec ou
sans sursis, à l'exception des infractions involontaires, soit même à une simple amende pour infraction contre les
biens ;
· N'avoir été frappé d'aucune sanction disciplinaire ou fait l'objet d'une condamnation devenue définitive, pour
incapacité professionnelle, à raison d'un fait contraire à l'honneur ou à la probité;
· Avoir été admis au concours des huissiers de justice, effectué une formation et réussi à l'examen de fin de
formation.
La dispense du concours est attribuée dans des cas limitativement prévus par la loi.
Il est à préciser que les huissiers de justice sont assistés dans l’exercice de leurs missions par des clercs assermentés
qui sont attachés à leurs bureaux, via contrat et sous leur responsabilité, pour les suppléer dans les procédures
relatives à la notification.
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Le candidat à l'exercice de la profession de clerc assermenté doit être marocain, âgé de vingt ans et ne pas dépasser
quarante ans ; justifier de son aptitude physique à l'exercice de la profession ; avoir son baccalauréat ou un diplôme
équivalent ; jouir de ses droits civils ; n'avoir encouru aucune condamnation, soit pour crime, soit pour délit à une
peine d'emprisonnement avec ou sans sursis, à l'exception des infractions involontaires, soit même à une simple
amende pour infraction contre les biens, à moins qu'il ne soit réhabilité.
 Modalités d’exercice
Il s’agit de l’autorisation d’exercice, des droits et obligations et de la rémunération des huissiers de justice.
Sur le premier point, c’est le ministre de la justice qui délivre l’autorisation aux candidats ayant satisfait à l'examen
de fin de formation à exercer la profession d'huissier de justice par un arrêté fixant les sièges de leurs bureaux et le
ressort d’exercice.
L’autorisation n’est délivrée qu’après avoir consulté une commission comprenant parmi ses membres deux
représentants des huissiers de justice mandatés par l'Ordre national des huissiers de justice.
Il y a lieu de préciser que l'huissier de justice prête le serment suivant devant le tribunal de première instance dans
le ressort duquel se trouve son bureau :
" Je jure devant Dieu Tout Puissant, de remplir loyalement mes fonctions, avec exactitude et probité, d'observer
en tout les devoirs qu'elles imposent et de me tenir au secret professionnel."
Sur le deuxième point, l'huissier de justice jouit de la protection prévue par les dispositions des articles 263 et 267
du code pénal et perçoit sur l'exercice de son ministère, en matière pénale, une indemnité attribuée par
l'administration conformément à ce qui est prévu par voie réglementaire.
Il est rétribué pour ses activités dans toutes les autres matières juridiques selon un tarif fixé par voie réglementaire
et ne peut demander ou percevoir des sommes supérieures aux tarifs fixés.

Quant aux obligations, l'huissier de justice est tenu d'exercer son ministère sous peine d'injonction écrite prononcée
par le président de la juridiction de son rattachement. Il ne peut s’abstenir sans valable motif de prêter l'assistance à
la justice et aux justiciables.
Il est strictement interdit à l'huissier de justice de prendre un intérêt quelconque dans toute affaire pour laquelle il
prête son ministère, de placer pour son compte les fonds qu'il a reçus, de prendre part aux adjudications concernant
les objets qu'il est chargé de vendre ou accepter la participation ou l'offre de son conjoint, ses ascendants ou
descendants ou de se porter acquéreur de droits litigieux dont il a entrepris les formalités, que ce soit pour son
compte ou pour le compte de son conjoint, ses ascendants, descendants ou parents jusqu'au 4e degré.
De surcroît, il doit verser à la caisse de la juridiction dans les huit jours de leur réception les deniers comptants
recouverts par lui chez un débiteur ou remis volontairement par lui pour s'acquitter de sa dette, les sommes saisies -
arrêtées ainsi que les sommes provenant de la vente d'objets mobiliers.
Sur le troisième point, la loi prévoit que l'huissier de justice perçoit sa rétribution directement du demandeur de
l'acte contre récépissé d'un registre à souches et que cette rétribution de l'huissier de justice fait partie des frais
judiciaires.
2. Pouvoirs et discipline
L’huissier de justice a des pouvoirs (A) et obéit à un régime disciplinaire spécifique (B).
 Pouvoirs
L'huissier de justice est compétent, conformément aux dispositions de l’article 15 de la loi n° 81-03, pour accomplir
les diligences suivantes :
« ….. pour procéder à toutes les notifications et procédures d'exécution des ordonnances, jugements et arrêts
ainsi que tous les actes et titres ayant force exécutoire, à charge d'en référer à la justice en cas de difficultés à
l'exception des procédures d'exécution relatives à l'évacuation des locaux, aux ventes immobilières et à la vente
des navires, des aéronefs et des fonds de commerce.
Il est chargé de remettre les convocations en justice, dans les conditions prévues par le code de procédure civile
et autres dispositions législatives particulières, ainsi que de délivrer les citations à comparaître prévues par le
code de procédure pénale. Il peut procéder au recouvrement de toutes les sommes objet de condamnation ou les

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sommes dues, en vertu d'un acte exécutoire et, le cas échéant, aux ventes aux enchères publiques des effets
mobiliers corporels.
L'huissier procède à la notification des mises en demeure à la demande de l'intéressé directement sauf si la loi
prévoit des modalités différentes de notification.
Il peut être commis par la justice pour effectuer des constatations purement matérielles exclusives de tous avis.
Il peut également procéder à des constatations de même nature, directement, à la requête des intéressés.
L'huissier de justice peut se faire suppléer, sous sa responsabilité, par un ou plusieurs clercs assermentés pour
procéder uniquement aux notifications, conformément aux dispositions du chapitre X de la présente loi ».
Outre ces attributions, l’huissier de justice a des attributions à caractère plus général prévues par les dispositions
des articles 16-32 de la même loi.
 Discipline
L’huissier de justice peut être poursuivi, dans le cadre du régime disciplinaire auquel il est soumis, par le Procureur
du Roi près le tribunal de première instance compétent en se basant sur le rapport du Président du Tribunal.
C’est la Chambre du Conseil près le Tribunal de Première Instance qui est compétente pour statuer sur la poursuite
disciplinaire engagée pour tout manquement aux obligations professionnelles édictées par la loi précitée.
L’huissier de justice est passible des sanctions disciplinaires suivantes : L'avertissement, le blâme, le retrait
temporaire de l'autorisation d'exercer pour une période ne pouvant excéder 6 mois et le retrait définitif de ladite
autorisation.
Sur le plan procédural, la Chambre du Conseil convoque l'huissier de justice dix jours avant l'audience aux fins
d’audition et de présentation de ses observations et conclusions. Il a le droit de se faire assister par un avocat.
La décision disciplinaire est susceptible d’appel devant la Chambre du Conseil de la Cour d'Appel compétente,
dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de sa notification. Le Procureur du Roi compétent veille à
l'exécution de la décision disciplinaire.
En cas d’expiration de la durée de sanction disciplinaire ou de la décision d'abandon des poursuites, l'huissier de
justice pourrait reprendre son travail d'office après en avoir avisé le Président du Tribunal.
I. Les auxiliaires assistant les parties
1) Les avocats
L’avocat est défini comme étant un auxiliaire de justice qui cumule les fonctions de conseil, de mandataire et de
défenseur des plaideurs. L’avocat peut plaider devant toutes les juridictions, tous les conseils disciplinaires des
administrations du royaume.
La profession de l’avocat est régie par les textes de lois suivants :
Le dahir n° 1.08.101 du 20 octobre 08 promulguant la loi n° 08.28 ayant modifié la loi réglementant la profession
d’avocats, a été publié au Bulletin Officiel n° 5680 du 6 novembre 2008; le dahir n° 1.08.102 du 20 octobre 2008
promulguant la loi n° 08.29 portant organisation des sociétés civiles professionnelles des avocats; le décret n°
2.10.587 pris pour l’application de la loi n° 28.08 relative à la profession d’avocat. Ce décret, concernant le
financement de l’aide juridictionnelle, a été publié au bulletin officiel n° 5940 du 5 mai 2011 ; les règlements
intérieurs des ordres des avocats.
La fonction de défense qui est à l’origine du métier d’avocat est plus ancienne que le titre même de la profession.
Déjà à l’antiquité, les chaldéens, babyloniens, perses et égyptiens faisaient appel à des sages en qualité de
défenseurs. A Athènes, un barreau organisé existait et regroupait les membres exerçant cette fonction noble.
En France, l’existence des avocats est attestée depuis 1274 par une ordonnance de Philipe Le Hardi sur le serment
des avocats.
Au Maroc, il y avait des oukils ou défenseurs judiciaires qui assistaient leurs clients avant le protectorat. A la veille
de la colonisation française, un code de procédure civile instaura le titre des avocats près les tribunaux français. La
profession fut ensuite ouverte à la justice makhzen en 1932 par le dahir du 5 mai de la même année.
Après l’obtention de l’indépendance, un seul texte juridique réglementant la profession a été promulgué qui est le
dahir du 18 mai 1959. Ce texte exige la nationalité marocaine pour exercer la profession d’avocat à moins que

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l’avocat soit ressortissant d’un Etat ayant conclu une convention bilatérale sur la réciprocité dans l’accès aux
métiers de droit.
La profession a subi des remaniements par la suite, il est question du décret royal portant loi n° 816-65 du 19
décembre 1968, le dahir n° 1-79-306 du 8 novembre 1979 portant promulgation de la loi n° 19-79 puis le dahir n°
1-93-162 du 10 septembre 1993 modifié par le dahir n° 1-96-117 du 10 août 1996 portant promulgation de la loi n°
39-96.
a) La profession d’avocat
Un avocat ne le devient qu’après avoir rempli toutes les conditions d’accès à la profession avant de pouvoir exercer
en conformité avec les textes de lois en vigueur.
1. Conditions d’accès à la profession d’avocat
En premier lieu, le candidat à la profession devra remplir des conditions impératives pour pouvoir y accéder. Ces
conditions prévues par les dispositions de l’article 5 de la loi 08.28 sont :
- Etre de nationalité marocaine ou ressortissant d’un Etat attribuant la réciprocité en vertu d’une convention
bilatéral aux ressortissants marocains ;
- avoir 21 ans révolus et jouir de tous ses droits civiques et civils;
- être titulaire d’une Licence en droit marocain ou d’un diplôme équivalent ;
- avoir le Certificat d’Aptitude à l’exercice de la Profession d’Avocat (C.A.P.A);
- ne pas avoir été condamné judiciairement ou disciplinairement pour des faits contraires à l’honneur, à la probité et
aux bonnes moeurs même s’il a été réhabilité;
- ne pas avoir été déclaré en état d’incompatibilité commerciale même s’il a été réhabilité ;
- ne pas être en situation irrégulière pour tout engagement valable contracté pour servir une administration ou un
établissement public pendant une période déterminée ;
- disposer des capacités nécessaires à l’exercice de la profession et de ses charges ; ne pas dépasser 45 ans pour les
personnes non dispensées du stage lors de la présentation de la demande à l’ordre.
Le CAPA a une durée de validité de deux années à partir de son obtention. Actuellement, il est délivré par la
direction des affaires civiles du ministère de la justice dans l’attente de la promulgation du texte réglementaire
relatif aux Instituts régionaux de formation.
En deuxième lieu, des cas d’incompatibilité sont prévus afin de préserver l’indépendance et la noblesse de la
profession.
Ainsi, un avocat ne peut exercer en cumul les activités suivantes : Toute activité commerciale ; la mission de
directeur d’une société, de gérant, de membre du conseil d’administration ou d’associé dans une société en
participation ; le métier d’agent d’affaires et autres professions libérales ; le métier d’agent comptable et autres
fonctions du salariat ; toutes les fonctions administratives et judiciaires.
Cependant, des dérogations prévues se rapportent aux missions suivantes : Membre du Conseil constitutionnel et de
la Haute Cour ; membre du Cabinet Royal ; Ministre ; Secrétaire d’Etat ; ambassadeur ou membre d’un cabinet
ministériel ainsi que la mission de l’arbitrage et la médiation confié par le juge ou les parties. Les avocats investis
de ces missions restent inscrits sur le tableau par leur ancienneté sans exercice effectif de leur profession d’avocat.
En troisième lieu, tout candidat ou postulant à la profession devra effectuer un stage de trois années dans un ou
plusieurs cabinets d’avocats tout en y effectuant les diligences auprès des juridictions et en y rédigeant les
consultations, requêtes, conclusions et autres actes judiciaires ou extrajudiciaires.
La demande d’inscription dans la liste des avocats stagiaires est adressée au Bâtonnier durant les mois de mars et
d’octobre de chaque année à laquelle doivent être joints les documents prévus par les dispositions de l’article 11 de
la loi 08.28. Le postulant devra également joindre à sa demande la lettre d’acceptation d’un avocat titulaire dite
convention de stage établie selon le modèle préparé par le Cabinet du Bâtonnier.
Ensuite, le postulant devra prêter le serment prévu par les dispositions de l’article 12 de la loi 08.28 pour son
inscription au tableau des avocats stagiaires, et ce devant la Cour d’appel lors d’une audience spéciale à laquelle
assiste soit le Bâtonnier soit le membre du Conseil de l’ordre qui le représente. La date du stage débute à compter
de la date de la prestation du serment.

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Un avocat stagiaire peut être radié de la liste des avocats stagiaires notamment en cas d’interruption du stage pour
une période supérieure à trois mois sans valable motif. Aussi, il y a lieu de signaler que certaines catégories de
praticiens du droit sont dispensées du stage d’accès à la profession d’avocat conformément aux dispositions de
l’article 18 de la loi 08.28.
L’inscription au tableau des avocats titulaires a lieu après présentation d’une demande à cet effet dans le délai de
trois mois suivant la fin de la période du stage.
2. Exercice de la profession d’avocat
Une fois inscrit sur le tableau des avocats (titulaires) arrêté annuellement par l’ordre, l’avocat exerce sa profession
dans le respect des conditions prévues à cet effet et est soumis à des obligations tout en bénéficiant de droits.
Sur le volet de des conditions d’exercice, l’avocat peut exercer son métier soit à titre individuel dans son propre
cabinet, soit en tant que collaborateur chez un autre avocat, soit dans le cadre de la cohabitation, soit encore dans le
cadre d’une société civile professionnelle conformément à loi 08.29.
La SCP des avocats devra soumettre ses statuts pour homologation par le Bâtonnier avant toute inscription au
registre de la taxe professionnelle. Elle bénéficie de la personnalité morale et peut exercer immédiatement après
son inscription au tableau de l’ordre. La demande des associés adressée au Bâtonnier avec les statuts ne peut être
rejetée que lorsqu’elle comporte une violation des dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Peuvent constituer des apports, dans les SCP des avocats, les droits corporels ou incorporels, documents, archives
et tout bien mobilier à usage professionnel. La loi susmentionnée réglemente (entre autres) les opérations pouvant
affecter ces apports, la cession des parts à autrui sur accord de l’avocat associé, la sortie de la société, l’entrée de
nouveaux associés et l’augmentation du capital de la société.
Toute forme d’exercice choisie par l’avocat n’est effective qu’après en avoir préalablement été autorisé par le
Conseil de l’ordre. En outre, la nouvelle loi a introduit de nombreuses modifications dont la plus éclatante à ce
niveau est le fait que les avocats collaborateurs ne peuvent exercer en leur nom personnel qu’avec l’accord de
l’avocat chez qui ils collaborent.
Le Conseil de l’ordre doit statuer sur la demande d’autorisation dans un délai de 3 mois. A défaut, il est réputé
l’avoir accepté.
Les litiges professionnels entre avocats associés, en cohabitation ou en collaboration sont soumis à l’arbitrage
d’une instance comprenant un arbitre désigné par chacune des parties et présidé par le Bâtonnier. La sentence
arbitrale n’est susceptible d’aucun recours.
Cette procédure est également applicable suite au décès ou à la radiation d’un avocat associé, d’un avocat
cohabitant ou d’un avocat collaborateur.
L’avocat est tenu de conserver les documents pendant une durée de 5 ans à compter de la fin de la procédure ou à
compter de l’archivage du dossier et le règlement final de ses honoraires.
Dans tous les cas, l’avocat est tenu d’observer les règles de déontologie de la profession dont une partie est
contenue dans le règlement intérieur de chaque ordre du royaume.
Sur le volet des obligations, l’avocat est tenu de conseiller son client quant aux voies de recours possibles et de le
sensibiliser aux délais de ces recours.
Il est également tenu de conserver les documents pendant une durée de 5 ans à compter de la fin de la procédure ou
à compter de l’archivage du dossier et le règlement final de ses honoraires.
L’avocat se doit de respecter la déontologie de la profession et d’observer les règles de probité et les bonnes
moeurs dans son exercice. Il lui est interdit de procéder à tout acte de publicité ou de démarchage de la clientèle. A
ce sujet, le nouveau texte de loi prévoit la possibilité d’établir un site web dans les règles de l’art contenant,
brièvement, son CV à condition d’avoir une autorisation du Bâtonnier.
Il est lié par l’obligation du secret professionnel, du secret de l’instruction dans les affaires criminelles et, de ne pas
publier des documents ou communiquer des informations sur une enquête en cours.
Aussi, l’avocat est tenu d’assister un client estimé nécessiteux dans le cadre de l’assistance judiciaire qui a fait
l’objet d’une refonte dans le cadre du décret n° 2.10.587.

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Ceci d’une part, d’autre part l’avocat devra respecter certaines obligations à l’égard des juridictions et à l’égard de
sa clientèle. Dans le premier cas, il est tenu à titre d’exemple de porter la robe dans l’enceinte des juridictions et
d’indiquer son domicile professionnel.
Dans le deuxième cas, il est tenu à titre d’exemple de ne donner des consultations juridiques que dans son cabinet.
Il lui est interdit de fixer à l’avance ses honoraires en fonction du résultat ou d’acquérir par cession des droits
litigieux ou intérêts quelconques dans les affaires dans lesquelles il a été mandaté.
L’avocat peut se dé-constituer de représenter son client en l’en informant par LRAR en temps utile, l’information
devra être porté également à l’avocat de la partie adverse et au secrétariat greffe de la juridiction saisie.
En cas de difficulté liée au règlement des honoraires et provisions, l’avocat peut recourir au Bâtonnier dans le cadre
de la procédure de fixation d’office et qui rend une ordonnance fiant les montants dus à payer à l’avocat.
L’avocat devra également tenir une comptabilité conforme aux textes en vigueur notamment en disposant d’un
cahier de quittances à souche numéroté et en inscrivant toutes les opérations de versements, de dépôt de fonds dans
un livre journal agréé par le Conseil de l’ordre et visé par le Bâtonnier.
Sur le volet des droits de l’avocat, il est à indiquer qu’il bénéfice du monopole de postulation et de représentation
judiciaire des clients traduit par les missions suivantes :
- Plaider, assister, défendre les parties devant les juridictions marocaines et devant les organismes judiciaires ou
disciplinaires des administrations de l’Etat, des collectivités et établissements publics ainsi que des ordres
professionnels ;
- représenter et assister les parties devant toutes les administrations publiques ;
- faire ou accepter des offres, aveux et tout acte d’abandon ou de reconnaissance d’un droit à moins qu’il s’agit de
dénier l’écriture, déférer ou référer le serment pour lesquelles un pouvoir écrit est obligatoire ;
- faire le suivi, auprès des juridictions, des diligences extrajudiciaires et judiciaire afférentes au affaires dans
lesquelles il a été mandaté ;
- donner des consultations juridiques ;
- représenter les parties dans des conventions ou contrats s’il est muni d’une procuration à cet effet.
Outre ces missions ainsi que celle relative au monopole de la représentation en cas de procédure écrite comme c’est
le cas en matière commerciale, administrative et immobilière par exemple, l’avocat a une immunité dite de défense
et cela conformément aux dispositions de l’article 57 du dahir n° 1-58-378 du 15 novembre 1958 portant code de la
presse.
En effet, un avocat ne peut être poursuivi via une action en diffamation, injure ou outrage pour des propos tenus par
lui lors de l’exercice du droit de la défense.
L’avocat ne peut être arrêté ou mis en garde à vue qu’après avis du Bâtonnier. Toute enquête à son encontre ou
perquisition à son cabinet, pour des crimes ou délits en relation avec l’exercice de la profession, ne peut être
effectuée que par le Parquet ou le juge d’instruction après avis du Bâtonnier. Son expulsion de son cabinet ne peut
intervenir qu’après avis du Bâtonnier.
Il y a lieu de mentionner que ce droit n’est pas absolu et que l’avocat est obligé de respecter la police d’une
audience par exemple.
b) L’organisation du barreau
Les avocats exercent leur profession dans un cadre réglementé et présidé par des instances établies à cet effet.
Les instances formant l’ordre professionnel (le barreau) sont : Le Bâtonnier et le Conseil de l’ordre. Cependant, il
ne faut pas occulter que l’assemblée générale des avocats constitue elle aussi une institution assez influente dans le
fonctionnement de cette profession libérale.
1. Le Bâtonnier
Le bâtonnier est le primus inter pares (premier parmi ses pairs) des avocats d'un barreau. Élu par les membres du
barreau pour un mandat de trois ans, le bâtonnier constitue le porte-parole des avocats inscrits dans son barreau.
Il est doté d'une fonction d'arbitrage entre les avocats et de conciliateur en cas de différend entre un avocat et son
client. Il lui incombe aussi de désigner les avocats commis d'office notamment dans le cadre de l’assistance
judiciaire.
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N’est éligible au Bâtonnat que l’avocat qui réunit les conditions suivantes :
- Etre inscrit au tableau pendant quinze ans au minimum ;
- avoir accompli, auparavant, les fonctions de membre du Conseil de l’ordre ;
- ne pas avoir été condamné à une sanction disciplinaire ;
- ne pas être condamné ou poursuivi dans une affaire de probité ou de bonnes moeurs.
Parmi les missions dévolues au Bâtonnier :
- Représenter l’ordre dans tous les actes de la vie civile ;
- présider les réunions du Conseil de l’ordre et de l’assemblée générale.
Il peut déléguer une ou partie de ses missions à la personne de son choix pour une période déterminée.
Le Conseil émet, durant la première quinzaine du mois d’octobre de l’année des élections, une liste contenant les
noms et prénoms des avocats éligibles à la fonction de Bâtonnier et aux élections au Conseil de l’ordre.
2. Les autres instances
Il est question du Conseil de l’ordre et de l’assemblée générale des avocats de l’ordre.
Le Conseil de l’ordre est l'organe délibérant, législatif et disciplinaire du barreau. Il est présidé par le Bâtonnier. Le
Conseil de l'ordre examine les dossiers concernant la profession d'avocat, son organisation, la justice et son
administration, la sauvegarde des droits de l'homme et le respect des libertés fondamentales.
Le Conseil de l’ordre de Casablanca est composé de 21 membres. Les élections ont lieu le mois de décembre de
l’année civile de fin du mandat, cette disposition est commune au Conseil et au Bâtonnat.
Ses membres sont élus pour 3 ans au scrutin majoritaire à deux tours. Ne sont éligibles que les avocats inscrits au
tableau, ce qui exclut les honoraires.
Le Conseil administre le Barreau, arrête le tableau des avocats titulaires et des avocats stagiaires, statue sur
l'inscription, l'omission, la démission des avocats. Il organise les services généraux, prépare et exécute le budget de
l'Ordre et gère le patrimoine du barreau.
Le Conseil arrête également le règlement intérieur du barreau et peut le modifier. De surcroît, le Conseil autorise le
Bâtonnier à ester en justice au nom de l’Ordre et homologue le règlement intérieur du compte des dépôts des
avocats.
Quant à l’assemblée générale, elle se réunit deux fois au minimum par an pour discuter des affaires afférentes à la
profession et qui lui sont soumises par le Conseil de l’ordre.

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