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PATHOLOGIES DE LA

MUQUEUSE BUCCALE

Chef de travaux Dr. Moga Radu-Andrei


Département d'Odontologie, Endodontie et Pathologie Orale
Faculté de Médecine Dentaire, UMF Iuliu Hațieganu, Cluj-Napoca
Sommaire

1. Des notions générales liées à la pathologie buccale / orale


2. Troubles buccaux du nouveau-né et de l'enfant
3. Lésions blanches non-kératosiques
4. Les lésions rouges / érythémateuses
5. Lésions pigmentées
6. Lésions vésiculo-bulleuses
7. Lésions ulcérées
8. Fistules orales
9. Lésions papillaires (papillomateuses)
10. Hypertrophies gingivales
11. Lésions labiales
12. Lésions kystiques des tissus mous
13. Lésions nodulaires des tissus mous
14. Tuméfactions des tissus durs
15. L’infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH / SIDA)
16. La maladie de foyer dentaire et ses implications sur le corps
17. Les lésions orales causées par la consommation de drogues
18. Traitement des lésions pathologiques - protocoles thérapeutiques
19. Des considérations concernant les fautes professionnelles médicales / malpraxis en
pathologie orale
Des notions générales liées à la
pathologie buccale / orale
Le diagnostic en pathologie buccale
L’examen clinique, en pathologies de la muqueuse buccale

 L’agression (bactérienne, virale, mycologique, physique ou chimique) sur la muqueuse


buccale, peut déterminer des modifications structurelles.

 examen complet et complexe de la cavité buccale.

 Obtenir un aperçu des antécédents médicaux actuels et passés du patient:

 Corrélation de l'examen clinique (symptômes ou signes cliniques) et paraclinique avec


antécédents médicaux.

 Établir un diagnostic définitif complexe et complet


La consultation : examen clinique complet

 Le médecin doit se protéger (à cause de dégrée extrêmement élevé de


contagiosité des certaines lésions
 L’examinassions permet d’explorer toute l’ensemble de la cavité buccale :

 La cavité buccale :
-La Muqueuse : (inspection + palpation)- les replis entre la joue et les gencives,
commissures des lèvres, voile du palais, des amygdales et de la paroi postérieure du
pharynx
couleur de la muqueuse normale est d’aspect rosé

-La Langue : toutes ses faces et ses bords

-Les Glandes Salivaires

- Les Dents et les Travails Prosthétiques

La tête et le cou :
exploration extérieure du tissue cutané, des structures osseuses, des orifices naturels,
palpation des aires ganglionnaires du cou et de la face

Les examens complémentaires :


prélèvement sanguin, des tests pour la fonction salivaire, radiographies, des frottis, des
biopsies
 À la suite des examens, une série des symptômes objectifs et subjectifs
peut être identifiée :

• Les symptômes subjectifs :

- l’inconfort (fréquent) : douleur, paresthésie, sensation d'engourdissement


(hypoesthésie), sensation de prurit (démangeaisons), sensation de brûlure,
sensibilité plus ou moins prononcée, bruits et/ou crépitements dans divers
mouvements de la mandibule.

- modifications de la texture : sensation de muqueuse rugueuse et sèche


(xérostomie/xérophtalmie) et/ou gonflement (augmentation de volume).

- altérations fonctionnelles : difficultés à avaler, ouvrir, mâcher ou fermer la


cavité buccale, rougeur des muscles, sensation de fatigue musculaire
causée par le bruxisme de jour et/ou de nuit, sensation de serrement ou de
coups de dents, altération de la sensation gustative ou de la voix,
saignements gingival et/ou nasal.
• Les symptômes objectifs :

- altérations des tissus mous : taches rouges / blanches, ulcérations,


vésicules, nodules, polypes, gonflement localisé ou diffus.

- modifications dans les tissus durs : Cliniquement visibles -


modifications dentaires du nombre, de la forme et/ou de la structure,
gonflement diffus ou localisé de l'os, asymétrie faciale.
Radiologiquement visible -
modifications dentaires, lésions radio-opaques et/ou radio-
transparentes.

- altérations fonctionnelles neuromusculaires : paralysie musculaire ou


muscle atone / flasque, spasmes ou hypertrophie musculaire, déficit
sensoriel ou altération de la salivation
Quand on commence l’anamnèse de patient on doit lui poser quelque questions
directes et spécifiques:

 Quand a apparu le problème/lésion ?


 Quand on a observé le problème/lésion ?
 Il y a-t-il des problèmes et/ou symptômes liés à la lésion ?
 Qu’améliore ou complique le problème ?
 Ont les symptômes améliorés ou non ?
 Est qu’on a fait des tests/analyses pour poser un diagnostic auparavant ?
 Est qu’on a consulté un dentiste ou spécialiste concernant cette lésion ?
 Qu’est qu’on a fait pour traiter les symptômes ?

A base de toutes ces informations on doit établir un diagnostic clinique

coexistence fréquente entre les lésions de natures différentes

corrélation de la symptomatologie objective avec celle subjective - diagnostic.


Calcul du score de gravité de la lésion

quantifier la gravité de la lésion, de l’observer à travers son évolution (spontanée /


traitement)

basé sur un score de l'intensité de la douleur +l'extension de la lésion et sa gravité.

L'intensité de la douleur (discussion-symptomatologie subjectives): échelle subjective (0-


5) :
0 = absent
1 = facile
2 = modéré
3 = intense
4 = très intense
5 = paroxystique

L'extension de la lésion et sa gravité : la surface est mesurée (grille transparente, flexible,


divisée en carrés de 1 mm) - score de la zone:

Score d'ulcération = surface de la zone ulcérée (cm²) x 3

Score érythème = surface de la zone érythémateuse (cm²) x 2

Score de la zone réticulaire = surface réticulaire (cm²) x 1

Le score de la zone = score d'ulcération + score d'érythème + score de zone réticulaire

Score total = score de douleur et / ou inconfort + score de zone


L’aspect normal de la cavité
buccale
Les lèvres
-couleur : rose-rouge, (age, couleur
de la peau, traumas et exposition au
soleil)
-surface fine, couleur uniforme
-la ligne tégument – lèvres
(Vermillion) - lisse et bien délimité
-tissue conjonctif + bonne
vascularisation et innervation
-jonction lèvre - muqueuse buccale
(ligne humide) - point de contact :
lèvres supérieure et inférieure

La muqueuse labiale
-couleur : rose / brunâtre-rose
-mince + des petits vaisseaux
capillaires rouges visibles à
l’éxamination
-petits orifices - glandes salivaires
accessoires - salive mucineuse.
La muqueuse buccale
-couleur : rose-jaune / bronzé
-dépôts de graisse localisés dans
le tissue conjonctif
-glandes salivaires accessoires
-petite papule rose : caliculus
angularis (niveau des commissures
des lèvres )

La papille parotide
-couleur : rose, forme triangulaire,
au niveau de la première molaire
maxillaire
-salive - s'écoule libre du canal du
Stenon
-l'examen : on stimule la salivation,
le rythme et la fluidité du flux.
Le plancher de la cavité orale
-couleur : rose, lisse, uniforme, para-kératinise
-tissue conjonctif, vaisseaux, nerves, glandes salivaires sous-mandibulaires + sous-linguales
-lingual frenum (frein de la langue), est situé au milieu dans la partie postérieure.
-canal sous-mandibulaire (canal de Wharton), paire, sous la muqueuse du plancher buccal
antérieur et latéral du frein. S'abouche de chaque côté du frein. La salive sorte par la
caroncule sous-linguale (une papule élevée).
-le long de la partie postérieure de la caroncule sous-linguale il y a des multiples orifices, les
canaux de Rivinus : la salives des sous-linguales sorte dans la cavité orale.
-les muscles mylo-hyoïdiens qui soulève la langue et l’os hyoïde
Le palais dur de la cavité orale
-couleur : rose, épithélium squameuse,
tissue conjonctif, glands salivaires mineurs
(deux tiers postérieures), périoste et les
processus palatines maxillaires
-papille incisive- rose, ovoïdale
-papilles palatines (rugae) - crêtes
muqueuses, derrière la papille incisive
-raphé médian palatin : rose-blanche-jaune

Le palais mou de la cavité orale


-couleur : rose, glandes salivaires mineures,
glandes lymphoïdes, tissues graisseux,
manque de support osseux
-raphé médian palatial - plus proéminent et
plus épais dans le palais mou
-en latéral fovéa palatine et les orifices
sécrétoires des glandes salivaire mineurs
-fovea palatina (diamètre 2 mm) - trace la
limite entre palais dure - mou
-terminé avec uvula
L’oropharynx et les tonsilles palatines
-jonction bouche - œsophage
-limites: uvula, les deux piliers amygdaliennes en latéral et parois pharyngeal en postérieure

-tonsille palatine (amygdalienne)- tissue lymphoïde -forme du dôme, surface avec des cryptés et invaginations pour
capturer les microorganismes
- agrandissent pendant l’adolescence, infections, inflammations, néoplasies

-tonsilles pharyngiennes (tissue lymphoïde) - paroi postérieure du pharynx.

-l’anneau du Waldeyer -tissue adénoïde/lymphoïde : les tonsilles linguales, pharyngiennes et palatines.


La langue et quelques-unes de ses
variantes physiologiques

-organe compact et musclé : sensation


gustative, phonation, déglutition,
mastication.

-face dorsale (supérieure) : épithélium


squameux stratifié + des projections
muqueuses qui forment les papilles
gustatives (filiformes, fongiformes,
circumvallates et foliées).

Les papilles filiformes – nombreuses, les plus


petites.
-rôle : protection de la langue,
-aspect : des cheveux, minces et
kératinisés.
-couleur : rose (inflammation / irritation -
rouges ou blanches)
-atrophie / perte ou allongement des
papilles filiformes - conditions
pathologiques.
Les papilles fongiformes : nombre plus réduit
(300-500),
-situées entre les papilles filiformes, en
particulier sur les bords latéraux de la langue
et dans la région antérieure.
-forme d'un champignon, ronds, non-
kératinisés, légèrement surélevés au-dessus
du niveau des papilles filiformes.
-couleur : rouge plus intense (des pigments
bruns).
-chaque papille filiforme contient entre deux
et quatre terminaisons sensorielles capables
d’enregistrer et de transmettre des goûts :
salé, sucré, aigre/acide et amer.

Les papilles circumvallates : les plus grandes.


-nombre : 8 à 12, disposées en forme de ’’V’’
à l’arrière de la face dorsale
-diamètre : 2 à 4 mm, roses, surélevées et
entourées d'un étroit fossé - sulcus terminalis.
Les papilles des foliées : aspect de feuilles, disposées sous la forme de plis
verticaux, situées sur les bords latéraux de la langue, dans la région postérieure de
la face dorsale.
-plus importants chez les enfants et les jeunes adultes
-confondus avec des formations de tissu lymphoïde hypertrophiées (amygdales
linguales)
-face ventrale (inférieure) de la langue : projections linéaires appelées plica
fimbriata, qui contiennent également des terminaisons sensorielles(personnes de
couleur - pigmentées en brun.
Variations morphologiques physiologiques de la langue : la langue
fissurée (langue pliée, langue crevassée, langue scrotale),
l’ankyloglossie, les varicosités linguales (Flebectasia).

La langue fissurée : fissure centrale unique, double (multiples), dans les


deux premiers tiers de la face dorsale de la langue,
-formes, profondeurs et longueurs différentes.
-cause : inconnue (associée au vieillissement / l’hyposalivation)
-l'inflammation des fissures peut être due principalement à l'impact
avec des aliments, en déterminant de l'haleine fétide/halitose, mais
sans douleur.
-traitement : brosser les fissures et les maintenir bien nettoyés,
associées à une très bonne hygiène buccale générale.
L'ankyloglossie : la face ventrale de la pointe de la langue est unie
par le frein lingual au plancher de la cavité buccale et/ou à la
gencive linguale.

-affection congénitale caractérisée principalement par un frein


lingual anormalement court, mal positionné, épaissi, empêchant la
protraction ou la rétraction de la langue en affectant la phonation.
-traitement : chirurgical.
Les varices linguales (Phlébectasie) : dilatations veineuses présentes sur la face ventrale de la langue
(blocages internes d'origine athérosclérose)
-sont superficielles et situées dans les deux tiers antérieurs de la face ventrale de la langue, s'étendant
jusqu'aux bords latéraux de la langue
-forme : dilatations rouge-bleu d'apparence papuleuse ou nodulaire.
- grandes et saillantes : langue phlébectatique (phlebectasia linguae) / la langue du caviar (caviar
tongue).
-pas de douleur
-par palpation : éliminer la stase veineuse en diminuant les varices, mais elle réapparaît immédiatement
après la fin de la pression.
-peuvent affecter les lèvres et/ou la commissure labiale
-traitement : n’est pas nécessaire que pour des raisons esthétiques
La muqueuse alvéolaire, gingivale fixe et mobile
-Le parodonte (periodontium) - os alvéolaire cortical et trabéculaire, périoste, ligament parodontal, sulcus gingival,
muqueuses alvéolaires et gingivales fixes et mobiles.

-La muqueuse alvéolaire et les freins : épithélium + tissu conjonctif mobile.

La muqueuse alvéolaire : est mobile (non attachée au périoste et à l'os), recouvre l'os alvéolaire et est adjacente à la
région apicale du parodonte.
-couleur : rose / rose-rouge / rouge foncé, mince et bien vascularisé (artérioles et capillaires)

-topographique : muqueuse buccale et muqueuse labiale.

Les freins (6) : attaches aux lèvres et aux muqueuses dans certaines
zones de la muqueuse alvéolaire.
-tisseuses fibreuse flexibles visible pendant la distension des lèvres ou des
joues.

-maxillaire supérieur (3) :


le frein labial maxillaire - entre les deux incisives centrales maxillaires, à
environ 4 à 7 mm de la muqueuse fixe apicale.
Deux autres freins maxillaires sont situés dans la zone latérale près de la
première prémolaire, bilatéralement (à gauche et à droite) dans la
muqueuse alvéolaire.

-mandibule (3) : une labial centrale et deux latéraux dans la région


prémolaire.
-les freins n'influencent pas le support parodontal (insertion élevée - 3
mm de la jonction amélo-cémentaire, peuvent contribuer aux
récessions gingivales).
-La jonction muco-gingivale : limite entre la muqueuse mobile alvéolaire et la gencive/muqueuse
gingivale fixée.
-situé à 3-6 mm de la jonction amélo-cémentaire, vestibulaire et linguale (essentielle en
réhabilitassions prothétiques à travers des prothèses acryliques partielles et/ou totales).
-la visibilité de cette limite dépend également beaucoup des différences de vascularisation et de
coloration des deux tissus (la muqueuse alvéolaire est rouge vif et la gencive fixée est rose)
-La muqueuse gingivale fixe et le bord gingival libre participent également à la formation de la paroi externe
du sulcus gingival.

La gencive fixée : s'étend de la muqueuse alvéolaire mobile au bord gingival libre, adhère au périoste et à
l'os et est recouverte d'un épithélium kératinisé.
-ferme au toucher, d'aspect peau d'orange, a une largeur comprise entre 2 et 7 mm et une couleur rose.
-sont visibles les bosses et les fosses radiculaires.

Le bord gingivale libre : crée un anneau de tissu élastique autour du col/cervix dentaire.
-surface kératinisée, lisse, ferme, rose.
-n'est pas attaché au périoste (libre d'approcher ou de s'éloigner de la dent)
-la jonction entre la gencive fixe et le bord gingival libre est marquée par une petite rainure (gingival groove)
située à 0.5-1.5 mm du bord gingival libre et qui marque également le fond de sulcus gingivale.
La papille interdentaire : continuation du bord gingivale libre, forme triangulaire/conique et
occupant les espaces interdentaires situés sous le point de contact.
-a une face vestibulaire et une face orale, ainsi qu'une zone interdentaire appelée col.
-en l'absence d'inflammation, ferme, la couleur est rose, avec une forme approximative du bout de
la flèche (entre les dents antérieures) et forme légèrement arrondie (entre les dents latérales).
-l'absence de papille interdentaire (black holes)
-distance l'os alvéolaire - contact interdentaire proximal - le volume et la forme de la papille
interdentaire (plus de 8 mm - manque / moins de 5 mm - présente).
-inflammation : couleur - rouge-violet, changement de volume / texture / forme (mou et s'éloignent
de la dent)
Lésions élémentaires de la
muqueuse buccale
Primaires : la forme sous laquelle sont apparus dans la
cavité buccale.
Secondaires : sont le résultat d'un processus évolutif des
lésions primaires.

lésions élémentaires primaires rapidement altérées (salive


/ mouvements de la langué-lèvres / pathologies
associées aux unités dentaires / divers troubles généraux
ou locaux / médicaments / diverses excitants inséré dans
la cavité buccale)

-est nécessaire d'identifier la lésion élémentaire


prédominante
Les lésions élémentaires:
plates - produites par des changements de couleur:
macule et placard (plage)
en relief - avec un contenu solide : papule, plaque,
nodule, gomma, végétation
-avec un contenu liquide : vésicule, bulle, pustule
cavitaires - sans substance : érosion, ulcération, fissure,
ragada, gangrène
séquelles cutanées / muqueuses : cicatrice, atrophie
déchets cutanés / muqueux: croûtes, pseudomembranes
Les lésions élémentaires :
plates - produites par des changements de couleur : macule et
placard (plage)

en relief - avec un contenu solide: papule, plaque, nodule, gomma,


végétation
avec un contenu liquide: vésicule, bulle, pustule

cavitaires - sans substance: érosion, ulcération, fissure, ragada,


gangrène

séquelles cutanées / muqueuses: cicatrice, atrophie

déchets cutanés / muqueux: croûtes, pseudomembranes


Les lésions élémentaires plates : Macule, Placard/Plage

Macule, plage / placard


-couleur : rouge, bleu, marron, noire, circonscrites,
sans altérer le relief / la consistance des tissus
-uniques ou multiples
-limites nettes
-érythémateuses, blanches, pigmentées ou
homochromique/achromiques
-condition de la normalité / signe de maladie locale
ou générale

Macule : taches colorées visibles, moins de 0.5-1 cm

Plage / placard : macules peuvent confluer pour


donner des taches colorées, plus de 0.5-1 cm.
Les lésions plates peuvent être l'expression de :

-taches de pigmentation - lésions circonscrites, diffuses ou généralisées qui ne disparaissent


pas sous pression :
- accumulation anormale de mélanine
-perte partielle (hypochromie) ou totale (acromyie) de la mélanine
- l'accumulation d'un autre pigment artificiel

-taches vasculo–sanguines - dues aux altérations produits dans les vaisseaux sanguins et
circulation du sang ou à l'extravasation des hématies
-érythème - disparaît à la vitropression
-macules vasculaires - disparaissent partiellement à la vitropression
-purpura cutané - ne disparaît pas à la vitropression

-taches vasculaires vraies - taches circoncises dues à une dilatation vasculaire anormale ou
à un processus de néoformation capillaire; disparaissent sous la pression mais sont
permanents
-congénital – angiome
-acquises - télangiectasie
Les lésions élémentaires :
plates - produites par des changements de couleur: macule et placard
(plage)

en relief - avec un contenu solide : papule, plaque, nodule, gomma,


végétation
- avec un contenu liquide : vésicule, bulle, pustule

cavitaires - sans substance : érosion, ulcération, fissure, ragada, gangrène

séquelles cutanées / muqueuses : cicatrice, atrophie

déchets cutanés / muqueux : croûtes, pseudomembranes


Les lésions élémentaires en relief : papule, plaque, nodule, gomme, végétation, tumeur

Papule et plaque
-couleur : rouge, rouge-violet, rouge-brun, ronde,
ovale, polygonal, acuminé (aspect de montagne),
circonscrite
-solide, résistante à la palpation, non induré,
cicatrisant sans cicatrice

Papule < 5 mm ( < 1 cm)


- bénignes, superficielles, croissance lente, (infection /
inflammation / hyperplasie / néoplasie)

Plaque > 5 mm ( > 1 cm)


- plus profonde, intéresse le derme
-bords inclinés, la kératine prolifère le long de la
surface - lichénification (lichen plan, leucoplasie ou
mélanome apparaissent initialement comme une
plaque)
Nodule
-lésion circonscrite, rond, plus/moins proéminent,
solide, ferme, infiltré à la palpation
-dimensions : mm > 1 cm, croissance lente
-asymptomatiques / douloureuses
-souvent de tumeurs, qu’elles soient bénignes
(fibrome, lipome, lipofibrome, névrome) /
malignes

Gomme
-nodules progressifs passant par quatre stades -
début, ramollissement, ulcération et réparation
-spécifiques : syphilis, tuberculose, lèpre.

Végétation
-excroissances molles, filiforme ou globuleuse
-aspect irrégulier, du mamelon, parfois chou-fleur
-surface peut être sculptée (framboise) et moins
kératosique, sèche (carcinome verruqueuse)
Tumeur
-masse solide, plus de 1 cm de diamètre, profondeur
-nouveau tissu de croissance anormal avec une multiplication incontrôlée et progressive des
cellules sans utilisation physiologique

-tumeur bénigne : croissance lente, moins agressive, forme élevée, arrondi, limites bien
définies, localise, pas des métastases, pas de cancer

-tumeur néoplasie in situ / carcinoma in situ / pre-cancer : étape intermédiaire, avant de


provoquer le cancer, possède des cellules anormales

-tumeurs malignes : très agressives et invasives, envahissent les tissue adjacentes, déterminent
des métastases (à travers le sang / lymphe / surfaces séreux), se développes très rapidement,
ayant très fréquemment des ulcérations au centre.

Les différents mots qui nomment les cancers sont : carcinome- le cancer d’origine épithéliale,
sarcome – le cancer d’origine embryonnaire, ostéosarcome – le cancer de l’os
Les lésions élémentaires :
plates - produites par des changements de couleur : macule et
placard (plage)

en relief - avec un contenu solide : papule, plaque, nodule, gomma,


végétation
- avec un contenu liquide : vésicule, bulle, pustule, kyste,
œdème

cavitaires - sans substance : érosion, ulcération, fissure, ragada,


gangrène

séquelles cutanées / muqueuses : cicatrice, atrophie

déchets cutanés / muqueux : croûtes, pseudomembranes


Les lésions élémentaires avec un contenu liquide : vésicules, bulles, pustules, kyste, œdème

Vésicules
-petites élévations, circonscrites,
translucides, de petite taille (0.5-5 mm),
contenant une sérosité claire (lymphe ou
sérum) ou hémorragique
-forme hémisphériques, coniques, situes
dans l’épiderme (peau ou muqueuse),
peuvent avoir une dépression centrale
(ombilicale).

-évolution : peuvent couler / se casser


(apparaisse une croûte sous laquelle il y a
une petite érosion) / confluer (former des
bulles) / s'infecter (devenant des pustules)

-résultat des réactions allergique s/


inflammatoires détermines par l’agression
des virus (herpès zostère, herpès simplex,
varicelle (chickenpox), variole)

-pleines avec un liquide ayant une grande


concentration des virus, donc très
contagieuse.
Pustules
-élévations circonscrites, rarement planes, inférieures à
1 cm
-blanches ou jaunes, avec un contenu purulente,
contenant un mélange de cellules inflammatoires et
liquide
-évolution : en séchant le contenu / après la rupture,
forme des croûtes brun jaunâtre qui sont éliminées
laissant une pigmentation plus ou moins persistante

Bulles
-élévations ronds / ovales, entre 5mm - cm,
-liquide clair / moins claire / hémorragique

-situés au niveau des muqueuses (buccale,


conjonctivale, nasale) / sur la peau (dermatites de
contact, traumatisme de friction, brulures - couleur
rouge ou rose)

-accumulation de liquide dans la jonction l’épiderme -


derme / dans une division de l’épiderme

-bulles intra et extra orale associes au: lichen plan,


pemphigus, pemphigoïde,

-évolution : peuvent couler, peuvent se briser (croûte)


-le contenu peut devenir purulent (surinfection -
pustule)
Kyste
-sac fermé bordé par l'épithélium (capsule),
mm-cm, dans le derme / tissu sous-cutané / os
-le kyste - liquide clair (rose ou bleu), mais celles
avec un contenu plain de kératine apparaissent
comme blanches ou jaune.
-kystes dépendant de leurs origines : dermoïde,
d’éruption, d’implantation, du canal incisive,
lymphoepithelial, naso-alveolaire, radiculaire,
odontogenic, parodontale

L'œdème
-zone hors du plan muqueux / tégumentaire,
causée par une extravasation sérique dans le
derme superficiel.

-couleur rouge pâle, de courte durée, provoque


un prurit,
-de formes et de tailles différentes
-rarement se produisent sous la forme d'une
seule entité, généralement en plus grand
nombre et en particulier chez les personnes
allergiques.
-survient à la suite d'une libération locale rapide
d'histamine et est le signe d'une réaction
allergique.
-déterminé par les piqûres d'insectes (tique),
l'irritation mécanique ou les aliments allergiques
Les lésions élémentaires :
plates - produites par des changements de couleur : macule et placard
(plage)

en relief - avec un contenu solide : papule, plaque, nodule, gomma,


végétation
- avec un contenu liquide : vésicule, bulle, pustule

cavitaires - sans substance : érosion, ulcération, fissure, ragada,


gangrène, nécrose, fistule

séquelles cutanées / muqueuses : cicatrice, atrophie

déchets cutanés / muqueux : croûtes, pseudomembranes


Les lésions élémentaires cavitaires: érosion, ulcération, fissure, ragada,
gangrène, nécrose, fistule
Erosion
- tissu mou - la membrane muqueuse est
dénudée (une partie de la couche
épithéliale manque / détruite, mais la
couche de cellules basales de l'épiderme au-
dessus de la couche conjonctive / du derme
est présente

-forme : dépression, ayant fond lisse et bien


défini, humide
- se produit en raison d'une perte de substrat
en cassant une vésicule / bulle / pustule / un
épithélium ou un traumatisme.

-cicatrise : sans cicatrice (la couche de base


de l'épithélium reste intacte) mais peut laisser
une macula pigmentaire résiduelle

-lésions muco-cutanées peuvent également


être produites par le pemphigus, le lichen
plan érosif (gingivite desquamative) ou
l'érythème multiforme
Ulcération
-perte de substance plus profonde que
l'érosion, aspect de cratère, sur peau /
muqueuse
-ronde / ovale, irrégulier, fond lisse, peut
avoir des chevilles ou des protubérances, a
des bords droits (gomma syphilitique),
enlevé (gomme TBC) ou soulevé
(épithéliomes), ayant le fond mou, infiltré ou
dure
-extension dans la couche derme / tissu
conjonctif
-guérison : avec cicatrice (affection derme)
-présente un certain degré de
désintégration / nécrose tissulaire

-résultent de traumatismes, de stomatite


aphteuse, d'infections virales (herpès
simplex), de variole (smallpox), de varicelle-
zona, de varicelle (chickenpox), cancer, de
maladies granulomateuses.
-souvent douloureux et nécessitent une
thérapie : des applications topiques ou des
médicaments systémiques
Fissure
-ligne de clivage normale / anormale dans
l'épiderme (tégument / muqueuse)
-affecte : la langue, les lèvres, les tissus
péribuccaux
-en cas d'affections locales / générales, les
germes pathogènes infectent la fissure et
provoquent des douleurs, des ulcérations et des
inflammations (la cohorte classique des signes
Celsus : rubor, calor, tumor, dolor, functio laesa)

-fissures peuvent intéresser les zones sujettes aux


mouvements d'extension muqueuse ou
tégumentaire mais aussi la face dorsale de la
langue (Sdr.Melkersson-Rosenthal) ou les
commissures buccales (Chéilites angulaires)

Ragada
-une fissure linéaire infectée (par exemple,
Candida albicans ou Streptococcus) disposée au
niveau des commissures buccales, douloureuse,
couverte de dépôts blancs qui sont éliminés par
essuyage.
Gangrène et Nécrose
-nécrose : mortification aseptique (absence de bactéries)
du tissu vivant (p.ex. : Nécrose de la pulpe). En raison de
l'infection naturelle rapide du tissu nécrotique, la nécrose est
plus rare dans la pratique clinique actuelle.
-gangrène : mortification septique (bactérienne), de couleur
noire, infectée, d'origine vasculaire ou infectieuse.
-peuvent souvent être ulcérées après l'ablation de tissus
mortifiés (Gingivite ulcéro-nécrotique)

Fistule
-canal anormal avec l'orifice situé à la surface d'une
muqueuse / tégument, à travers le qui s’évacuent les
sécrétions supprimées / éliminées d'une cavité / kyste /
abcès

-une infection péri-apicale située autour de l'apex dentaire


peut conduire à la création d'un canal qui traverse les tissus
adjacents et conduit les sécrétions dans la cavité buccale

-dans la muqueuse buccale, la fistule peut être ouverte à


travers un tissu granulomateux (parulis)
-le trajet de la fistule, pour identifier le point de départ, peut
être explorée en utilisant les cônes gutta-percha
Les lésions élémentaires :
plates - produites par des changements de couleur: macule et placard
(plage)

en relief - avec un contenu solide : papule, plaque, nodule, gomma,


végétation
avec un contenu liquide : vésicule, bulle, pustule

cavitaires - sans substance : érosion, ulcération, fissure, ragada, gangrène

séquelles cutanées / muqueuses : cicatrice, atrophie, hypotrophie,


hypertrophie, hypoplasie, hyperplasie, métaplasie, dysplasie

déchets cutanés / muqueux : croûtes, pseudomembranes


Les lésions élémentaires séquelles cutanées / muqueuses: cicatrice, atrophie,
hypotrophie, hypertrophie, hypoplasie, hyperplasie, métaplasie, dysplasie
Cicatrice
-résulte de la cicatrisation d'une lésion de l’épiderme et
du derme a travers le tissu conjonctif
-cicatrice muqueuse apparaît moins fréquemment dans
la muqueuse orale en raison de l'élasticité muqueuse,
mais elle peut avoir des formes et des tailles variables
-couleur de la cicatrice muqueuse est plus blanche que
la couleur de la muqueuse environnante, avec
l'absence de glandes salivaires et peu de vaisseaux
sanguins
-Le tégument est plus enclin à guérir à travers la cicatrice

Atrophie / Hypotrophie
hypotrophie-dégénérescence progressive des tissus due
à la perte des cellules (par croissance cellulaire
incomplète / par réduction de la vascularisation
atrophie – similaire (cause : dégénérescence cellulaire /
maladie / manque de nutrition / blessure / manque de
fonction
-muqueuse buccale peut être amincie en cas de
candidose atrophique, alors que les muscles peuvent
s'atrophier en cas de manque / réduction d'utilisation
-peut-être physiologique dans la situation de personnes
âgées ou pathologiques (lichen plan, candidose)
Hypertrophie
-augmentation de la taille des cellules, des tissus
ou des organes en augmentant le volume des
cellules constituantes sans se multiplier
-est déterminée par : stimulation fonctionnelle
(exercices musculaires / muscles masticateurs
exprimés - dans le bruxisme), la glande salivaire
a augmenté de taille dans l'exérèse chirurgicale
du celle de l’autre côté), soit génétiquement
induite

Hypoplasie
-développement insuffisant d'un organe ou d'un
tissu en raison d'un nombre réduit de cellules ou
en raison d'une quantité insuffisante de
substances / produits sécrétés (par exemple, les
hormones).
-une forme d'hypoplasie est hypoplasie de
l'émail (émail dentaire - minéralisation
insuffisante ou émail insuffisant) et
l’amélogénèse imparfaite
-peau : hypoplasie dermique (syndrome de
Goltz-Gorlin), dans laquelle la peau du visage
apparaît avec de petites zones de dépression
dues aux zones d'hypoplasie dermique
Hyperplasie
-augmentation anormale du nombre de
cellules normales d'un tissu ou d'un organe et
qui entraîne l'augmentation du volume du
tissu ou de l'organe
-cavité buccale : hyperplasie papillaire
inflammatoire de la muqueuse du palais,
hyperplasie buccale peut également se
produire dans la pulpe dentaire et la
muqueuse gingivale

Métaplasie
-remplacement d'un certain type de tissu
cellulaire spécifique à un adulte par un autre
type de tissu cellulaire anormal.

Dysplasie
-est une croissance cellulaire désordonnée et
une maturation incomplète (elle est
considérée comme un état pré-maligne)
Les lésions élémentaires :
plates - produites par des changements de couleur : macule et
placard (plage)

en relief - avec un contenu solide : papule, plaque, nodule, gomma,


végétation
avec un contenu liquide : vésicule, bulle, pustule

cavitaires - sans substance : érosion, ulcération, fissure, ragada,


gangrène

séquelles cutanées / muqueuses : cicatrice, atrophie

déchets cutanés / muqueux : croûtes, pseudomembranes


Les lésions élémentaires déchets cutanés / muqueux : croûtes, pseudomembranes

-lésions cutanées ou muqueuses qui résultent de


l'accumulation de cellules épithéliales, de
sécrétions pathologiques et de débris tissulaires
nécrotiques dans le tégument ou la muqueuse

Croûtes
-lésions secondaires résultant de la
déshydratation / dessèchement de la surface
de la peau ou de la muqueuse à partir des
sécrétions pathologiques
-résultent de l'évolution des lésions élémentaires
primaires: bulles, vésicules, pustules, érosions et
ulcérations.
-leur forme et leur taille dépendent de celles des
lésions initiales

Pseudomembranes
-formés de cellules épithéliales désembrouillées,
de la fibrine, de cellules inflammatoires, de
micro-organismes de la flore buccale ainsi que
de débris alimentaires qui peuvent facilement se
détacher en laissant une muqueuse normale,
rouge ou saignante
Références bibliographiques

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ed. St. Louis, Missouri: Mosby; 2004.
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Philadelphia : Wolters Kluwer; 2016