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REPUBLIC OF CAMEROON

RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN
Peace-Work-Fatherland
Paix-Travail-Patrie
-------------------
-------------------
MINISTRY OF HIGHER
MINISTERE DE
EDUCATION
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
-------------------
MIPO TCHINKOU -------------------
EDITH FAURE THE UNIVERSITY OF
UNIVERSITÉ DE DOUALA
DOUALA
-------------------
IBA , ARCHITECTURE 5
-------------------

THEME : L’ARCHITECTURE DES ETABLISSEMENTS DE TOURISME ET LA


PROBLEMATIQUE DE L’INSERTION ENVIRONNEMENTALE, CAS DE LA ZONE
INSTITUTDES BEAUX-
ARTSANKONGSAMBA INSTITUTE OF FINE ARTS
BALNEAIRE DE LIMBE.
------------------------- AT NKONGSAMBA
ARCHITECTURE ET URBANISME -----------------------
L’ARCHITECTURE
------------------------- DES ETABLISSEMENTS
ARCHITECTURE AND TOWN
DE
TOURISME ET LA PROBLEMATIQUE
SERIE ALLEMAND
PLANNING DE
LENGUAS EXTRANJERAS
L’INSERTION ENVIRONNEMENTALE, CAS DE
LA ZONE BALNEAIRE DE LIMBE
UNIDAD DE ESPAÑOL

Mémoire présenté en vue de l’obtention du Diplôme d’Etude Supérieur en Architecte


(D.E.S.A.)
Par:
MIPO TCHINKOU Edith FLAURE

Sous la direction de:

Encadreur professionnel Encadreur académique


M. Esaïe Blaise BINDOP Pr. Médard LIEUGOMP

Architecte ONAC N°143 Maitre de


conférences

Juin 2016

Año electivo 2009-2010


Epigraphie

« L’Architecture est la forme physique qui enveloppe la vie des hommes dans toute la
complexité de leurs relations avec leur milieu ».Jean RENAUDIE
Dédicace

A feu mon père, M. TCHINKOU Jean qui a toujours cru en moi et me rappelait sans cesse que
j’y arriverai.
Remerciements

J'adresse mes remerciements aux personnes qui m'ont aidé dans la réalisation de ce
mémoire de fin d’études.

Je souhaite remercier en premier lieu mon encadreur, M. Esaïe Blaise BINDOP,


Architecte Magister ONAC N°143, pour son attention de tout instant sur mes travaux, pour
ses conseils avisés et son écoute qui ont été prépondérants pour la bonne réussite de ce
mémoire. Son énergie et sa confiance ont été des éléments moteurs pour moi. J’ai pris un grand
plaisir à travailler avec lui.

J’adresse de chaleureux remerciements à mon superviseur, le Professeur Médard


LIEUGOMP, Maitre de conférences, pour l'aide qu’il m’a consacré. Je lui suis également
reconnaissante pour le temps conséquent qu’il m’a accordé, ses qualités pédagogiques et
scientifiques, sa franchise et sa sympathie. J’ai beaucoup appris à ses côtés et je lui adresse ma
gratitude pour tout cela.

Je tiens à remercier tous mes enseignants, particulièrement ceux qui m’ont initié à la
matière architecturale depuis la première année. Ils ont suffisamment donné pour ma formation,
je leur suis reconnaissante pour ce sacrifice. Un merci particulier à M. Alain ABA, qui m’a
encouragé à tenir et continuer dans la formation au moment où j’ai voulu abandonner.

Je remercie M. Saïd BAKRIM, architecte belge d’origine marocaine, qui n’a jamais
cessé de me donner les conseils dans l’approche pratique de ce travail. Son expérience dans le
métier nous a été d’une grande utilité.
Un merci à M. Elisée MAHEND, expert en tourisme du CPFC (Programme
Compétitivité des Filières de Croissance), pour son implication dans le projet, notamment sur
la problématique d’insertion environnementale. Il m’a beaucoup appris, j’ai apprécié son
enthousiasme et sa sympathie.
Un merci aux responsables du Ministère du Tourisme et des Loisirs, en particulier le
Directeur et le sous-directeur des Entreprises touristiques, respectivement M. SOULEY et M.
NYOMO, le Directeur de la promotion touristique, M. Samuel MBE. Ils m’ont apporté
suffisamment d’informations et m’ont aidé pour l’hébergement pendant mes différentes
descentes sur le terrain à Limbé.
Je tiens à remercier M. MEZUI ALO’O, Chef service de la scolarité à l’IBA de
Nkongsamba, pour son soutien moral pendant mes moments difficiles dans cette institution.
Bien sûr, atteindre ces objectifs n’aurait pas été possible sans l’aide des membres de
l’entreprise APD (Architecture Pro &Design) qui ont toujours été là pour me soutenir.
Je remercie mes condisciples, en particulier TAMENI Pascal Sandra et GUESSELE
EYAGA Guy Roméo, pour leur soutien indéfectible pendant cette période de vie qui n’a été
facile pour aucun d’entre nous.
Je suis redevable à tous mes amis qui m'ont encouragée à persévérer mes recherches.
Enfin, une incalculable reconnaissance à tous les membres de ma famille, mes parents,
mes frères et mes sœurs, mes filles, leurs encouragements et sacrifices à la réalisation de ce
travail de recherche m'ont été d'un soutien précieux.
Je remercie mon tuteur M. René Paulin TSAKAP, celui sans qui je n’aurai peut-être
jamais suivi cette formation en Architecture et Urbanisme. Il a toujours été là, son soutien à tous
les niveaux a été d’une grande importance dans mon parcours.
Au-delà de tous ces noms, nous reconnaissons en ce travail, l'œuvre de la munificence
de Dieu pour et par qui nous vivons et vivrons toujours.
Résumé

Les villes balnéaires sont non seulement confrontées à de massives fréquentations


humaines, mais sont aussi soumises à de nombreux risques naturels. Ainsi en est-il de Limbé qui
est soumise à un certain nombre de risques morphohydrologiques et dont il convient désormais
de prendre en compte pour son développement harmonieux, et respectueux de l’environnement.

Ces villes balnéaires, espaces par excellence du tourisme balnéaire, revêtent des
caractéristiques physiques, environnementales, socio-économiques, géostratégiques et
patrimoniales très variées, dont la préservation est au centre des intérêts nationaux et
internationaux. Dans le contexte actuel de la préservation de l’environnement, les conflits
d’usage et des dysfonctionnements que génèrent les intérêts autours de ce milieu méritent d’être
résolus avec beaucoup de délicatesse. Pour y parvenir, il est question dans tous les projets de
grande envergure, de mettre en amont une étude d’impact environnemental et social (EIES). La
résolution de cette équation interpelle l’architecte, à concevoir des espaces qui s’inscrivent
harmonieusement dans leur environnement, dans le cas contraire, il produira plutôt une pollution
architecturale.

L’objectif est de montrer l’importance de l’implantation harmonieuse d’un établissement


de tourisme dans un environnement sujet à de nombreuses sollicitations. Ainsi, l’architecture des
établissements de tourisme doit respecter les normes de développement durable. Il ressort de ce
processus que, pour une insertion harmonieuse d’un établissement de tourisme dans un
environnement balnéaire, il est nécessaire, voire indispensable de savoir quelle est la relation
qu’ils entretiennent, l’un par rapport à l’autre. L’environnement imposant les choix
architecturaux à l’architecte et l’activité touristique ayant un impact sur l’environnement.

L’objectif final de ce processus d’insertion harmonieuse est de produire une architecture


qui réponde aux exigences de l’heure en matière de développement durable, en passant par
l’étude des impacts que le projet aura sur son environnement naturel, social et culturel. Les
résultats de ladite étude ont par conséquent une incidence directe sur la conception qui consistera
à exalter les impacts négatifs et atténuer les impacts négatifs.
Abstract

Seaside cities are not only acquainted with massive human associates but are also
subdued to numerous natural risks. It is the case of Limbé which experiences a certain number of
risks that should be taken into account for its harmonious development, and respectful of the
environment.
These seaside cities, archetypal spaces for seaside tourism, comprise physical,
environmental, socioeconomic, geostrategic ant patrimonial characteristics highly varied, which
the conservation is at the center of national and international interests. In the current context of
the environmental protection, the conflicts of use and the dysfunctions that the interests generate
around this milieu need to be solved with a lot of delicacy. To succeed there, it is important in all
large-scale projects, to carry out in advance a study of the environmental and social impact. The
resolution of this problem is a call for the architect, to design spaces which become integrated
harmoniously in their environment, otherwise, he will produce rather an architectural pollution.
The objective is to show the importance of the harmonious setting-up of tourism
establishments an environment subject to numerous requests. So, that Architecture of tourism
establishments has to respect the standards of Sustainable Development. It comes out from this
process that, for a harmonious insertion of tourism establishments in the environment, it is
necessary and even essential to know the relation they have, one towards the other. The
environment imposing the architectural choices to the architect and the touristic activity having
an impact on the environment.
The final goal of this process of harmonious integration is to produce architecture which
meets the now our day’s requirements in term of Sustainable Development, including the study
of the impacts that the project will have on the natural, social and cultural environment. The
results of this aforementioned study have consequently a direct incidence on the design which
will consist in exciting the negative impacts and in limiting the negative impacts.
Sommaire

Dédicace ……………………………………………………………………………………
Remerciements …………………………………………………………………………….
Résumé ……………………………………………………………………………………..
Abstract ……………………………………………………………………………………
Sommaire …………………………………………………………………………………..
Liste des figures et graphiques …………………………………………………………
Liste de tableaux …………………………………………………………………………..
Liste des abréviations et symboles ……………………………………………………….
Introduction générale ……………………………………………………………………..
PREMIERE PARTIE : APPROCHE THEORIQUE
Chapitre 1: Présentation générale de la ville de limbe …………………………………….
Chapitre 2: Tourisme, établissements de tourisme et environnement …………………….
DEUXIEME PARTIE : APPROCHE PRATIQUE ………………………….
Chapitre 3: Analyse des exemples……………………………………………………..
Chapitre 4: Description du milieu récepteur du projet et analyse des impacts
environnementaux et sociaux du projet………………………………….
Chapitre 5: Illustration du projet…………………………………………………………..
Conclusion générale ………………………………………………………………………
Bibliographie ………………………………………………………………………………
Annexes …………………………………………………………………………………….
Liste des figures et cartes

Liste des figures

Figure01:Représentation non exhaustive des connotations du produit architectural comme un


système complexe, cohérent et équilibré.
Figure 02 : Objectifs du développement durable
FigureN°03:plandemassedela station
FigureN°04:zoningsduprojet

Figure N°05 Etude de plan de masse

Figure N° 06 : accessibilités du projet

Figure N° 07: schéma présent les composant du centre de Sidi Fredj

Figure N° 08 : Aménagement spatial du Four Seasons Resort Marrakech

Figure N°09 : Plan de distribution de la suite présidentielle

Figure N°10: Plan de situation du complexe

Figure N° 11 : Aménagement spatial du complexe touristique à Madagascar

Figure N°12: Plan de masse du complexe Balnéaire Aantsanitia Ressort


Figure N°13: Organigramme spatial du restaurant principal
Figure N°14: Plan cadastral du site du projet

Liste des cartes

Carte 01 : Délimitation de la zone d’étude


Carte N° 2 : Localisation de la ville balnéaire de Limbé
Liste des tableaux et photographies

Liste des tableaux

Tableau 01 : Conceptualisation des établissements de tourisme


Tableau02:PluviométriedelarégiondeLIMBE
Tableau 03 : Les dispositifs de sécurité pour les constructions de bord de mer

Liste des photographies

Photo N° 01.QuartierMileFour:extensiondelaville sur les pentes fortes.


Photo N° 02 : Vue sur la plage

Photo N° 03 : Piscine naturelle de Semé

Photo N° 04 : Vue sur la plage de mile 11 accessible aux visiteurs, Semé Beach

Photo N° 05 : Aperçu de la beauté naturelle du site de construction du yard pétrolier de Limbé

Photo N° 06 : Aperçu des travaux de construction du yard pétrolier de Limbé

Photo N° 07 : Vue partielle du jardin botanique de Limbe, Bismarkia nobilis (Palmier de


Bismark).

Photo N° 08 : Vue partielle du jardin botanique, en avant plan le palmier à chanvre.En arrière
plan le palmier Nain.

Photos N° 09 et 10/ : le Jungle Village

Photo N° 11 : les tombes symboliques des victimes de la guerre

Photo N°12 : le Mont Cameroun et son environnement verdoyant

Photo N°13 : Présentation de la nature volcanique du Mont Cameroun

Photo N° 14 : les vestiges de la traite négrière de Bimbia

Photo N° 15 : Stade omnisport de Limbé, nouvellement construit

Photo N° 16 : Stade omnisport lors du match inaugural

Photo N° 17: The "Republic of Victoria" in the 1870s; an eye-witness account

Photo N° 18: Ndaw'a Ngonja or Traditionl "Mat House"


Photo N° 19 : Gravure de Sidi Ferruch de 1835.

Photo N°20 : Photo satellite du Centre touristique de sidi Fred

Photo N° 21:la façade maritime et pole de plaisance


Photo N° 22: L'hôtel El Marsa, par Fernand Pouillon (Fernand Pouillon, né le 14 mai 1912 à
Cancon et mort au château de Belcastel le 24 juillet 1986, est un architecte et urbaniste français).

Photo N°23 : Façade de l’hôtel du Pont

Photo N° 24:Théâtreenpleinair
Photo N° 25:vueaériennedu théâtre
Photo N° 26 : Port de plaisance
Photo N° 27 : Port de plaisance et façade de l’hôtel sur la mer
Photo N° 28 : Vue partielle sur la Four Seasons Resort Marrakech
Photo N°29 : Vue sur la piscine adulte

Photo N° 30 : Vue sur les aménagements extérieurs

Photo N° 30: Vue sur une salle de soin

Photo N° 31 : Vue sur une chambre du Four Seasons Resort Marrakech

Photo N° 32 : Terrasse de la suite présidentielle

Photo N° 33 : Entrée principale du restaurant


Photo N° 34 : Vue sur l’intérieur du restaurant

Photo N°35 : Plan de distribution Bungalow suite

PHOTO N° 36 : Maquette virtuelle Bungalow suite

Photo N°37 : Plan de distribution bungalow individuel

Photo N°38: Bungalow de type individuel

Photo N°39 : Perception des bungalows individuels dans le paysage

Photo N°41: Façade bungalow de 08 chambres


Photo N°42 : Vue arrière du restaurant Principal et des Bungalows

Photo N°43 : L’accueil du restaurant

Photo N°44 : La vue nord-ouest du restaurant


Photo N°45 : Plan du restaurant principal, présentation volumétrique

Photo N°46 : L’endroit isolé du restaurant de la plage

Photo N°47 : La vue vers la plage à partir du restaurant

Photo N°48 : Aperçu de l’ensemble du BBH


Photo N°49 : Aperçu du BBH à partir de l’Océan : Belle symbiose avec le paysage naturel

Photo N°50 : Vue sur une chambre du BBH : mise en valeur du matériau bois

Photo N°51: Vue sur salon : communisation visuelle entre l’extérieur et l’intérieur

Photo N°53: Aperçu d’une symbiose entre l’environnement et l’édifice à travers les matériaux de
construction

Photo N°52 : Yatchs (bateaux de plaisance) présents sur le site de Bota Beach House

Photo N°56 : Vue sur le village des pécheurs

Photo N° 57 : Délégation départementale de la pêche du Fako

Photo N° 58 : Lieu d’accostage des pirogues de pêche.

Photo N° 59 : bâtis délabrés et en matériaux précaires

Photo N°60 : Marée basse, présentation de la pollution de l’environnement par des déchets
solides.

Photo N°61 : Village des pécheurs


Liste des abréviations et symboles

ANOR : Agence des Normes et de la Qualité du Cameroun

CAUE : Conseil, d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement

OMT: Organisation Mondiale du Tourisme

ONG : Organisation Non Gouvernementale

MINEPDEP : Ministère de l'Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement


durable

IUCN: International Union for Conservation of Nature and Natural Ressources

CPNAP : Commission des Parcs Naturels et Aires Protégées

UNESCO : Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture

IRAC : Institut royal d’Architecture du Canada

UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature

SONARA : Société Nationale de Raffinage

EIES : Etude d’Impact environnemental et social

CPFC : Programme Compétitivité des Filières de Croissance

PUD : Plan d’Urbanisme Directeur

PMR : Personnes à Mobilité Réduite

RSE : Responsabilité Sociétale des Entreprises

CAN : Coupe d’Afrique des Nations

CNIC : Chantiers Navals et Industriels du Cameroun

CDC : Cameroon Development Corporation

PNUE : Programme pour un Tourisme durable

WWF: World Wild Fund for Nature.


INTRODUCTION GENERALE

Le littoral est un espace qui revêt des caractéristiques physiques, environnementales,


socio-économiques, géostratégiques et patrimoniales très variées. Cet écosystème riche est
aujourd’hui de plus en plus désiré, voire convoité et partagé. Sa richesse a engendré des activités
multiples et a suscité des intérêts souvent contradictoires, et génère des conflits d’usage et des
dysfonctionnements. L’organisation du littoral a été largement perturbée par de multiples
aménagements, ce qui a affaibli, voire brisé l’équation de l’écosystème. D’où la grande
réflexion sur les enjeux liés à l’environnement littoral. Les zones littorales, particulièrement
méditerranéennes, représentent à la fois un terrain essentiel d’activité humaine et économique,
mais aussi un potentiel vital de ressources naturelles renouvelables. Concilier l’aménagement
d’hôtels et de complexes hôteliers et la conservation de la biodiversité nécessite forcément la
participation de toutes les parties concernées. Dans le contexte actuel de développement
durable, l’aménagement des territoires à des fins touristiques doit mettre un accent sur la
protection de l’environnement.

S’agissant principalement du tourisme balnéaire, la nouveauté réside dans le fait que la


problématique de la protection des sites marins sensibles est approchée dans un cadre intégrée
où l’ensemble des questions préoccupantes qui se posent en amont à savoir l’urbanisation et
l’occupation de l’espace littoral, la question de la prise en charge des eaux usées et à
l’assainissement ainsi que la gestion des déchets. Ce cadre qui est sous tendu par une gestion
intégrée de la zone côtière d’une part et l’instrument analyse de la durabilité d’autre part permet
d’envisager des actions de protection en tenant compte de l’ensemble des composantes de la
zone côtière et littorale et ses diverses contraintes.

Le diagnostic et le bilan des activités généralement menées dans les complexes


touristiques, des pressions et des menaces qui pèsent sur l’écosystème marin côtier permettent
de savoir l’état actuel et de mesurer la complexité de la situation tant sur le plan juridico-
institutionnel, socio-économique qu’environnemental. Ainsi face à toutes les menaces
auxquelles est exposé le milieu littoral avec l’activité de tourisme, il est question de proposer
des solutions durables. Ces solutions sont en fait les résultats d’une étude d’impact
environnemental et social du projet sur l’environnement d’implantation. Ceci permet alors de
produire une œuvre architecturale en harmonie avec l’environnement d’implantation. C’est pour
cette raison que nous avons choisi travailler sur le thème « L’architecture des établissements de
tourisme et la problématique de l’insertion environnementale, cas de la zone balnéaire à
Limbé. »

0.1.Présentation du sujet
Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN 2012), « intégrer les
questions de biodiversité dans les décisions relatives à l’implantation et à la conception d’hôtels et
de complexes hôteliers est important non tant pour la conservation et le maintien de la viabilité des
écosystèmes, que pour la réussite financière à long terme des hôtels et des complexes hôteliers.
L’industrie du tourisme, y compris le secteur de l’accueil, est fortement tributaire d’écosystèmes
sains. En effet, ces écosystèmes, la vie sauvage, les habitats, les paysages et les attractions naturelles
qui les composent, sont souvent ce qui attire en premier lieu les touristes vers cette destination. »
L'aménagement et le développement durables des territoires sont aujourd'hui au cœur des préoccupations
quotidiennes de l'action publique. De ce fait, l’intégration des questions environnementales dans les
projets d’aménagement du territoire et principalement le tourisme, est de nos jours
indispensable.

Il s’agit de mettre en exergue un aspect qui est de nos jours prescrit par le législateur en
amont des projets de tailles variées, à l’exemple des établissements de tourisme qui accueillent
de nombreuses personnes, et ont de ce fait un impact important sur l’environnement. Lorsque les
impacts sont positifs, il est important de les optimiser et lorsqu’ils sont négatifs, il revient soit de
les éradiquer dans la mesure du possible ou de les minimiser. Il est important de noter qu’une
insertion paysagère réussie donne lieu à une architecture de tourisme originale.

L’architecte à travers son intéressement à l’environnement dans lequel il évolue, devient


par la force des choses un homme de culture averti et se mêlera de tout ce qui se rapporte à la
conception de son œuvre architecturale. Par conséquent, on démontrera, à travers cet écrit, sans
pour autant pouvoir éviter la critique, que la production de l’espace architecturale à travers le
processus conceptuel ne peut se défaire de toutes les dénotations contextuelles intrinsèques dans
lesquels elle est en gestation (MALEK MEROUANI 2013).
Ainsi, l’aboutissement à une architecture de tourisme originale, différenciée et surtout
durable passe par une symbiose entre l’environnement d’implantation et les infrastructures.
C’est ce qui justifie notre intérêt à travailler sur le thème : « L’architecture des établissements
de tourisme et la problématique de l’insertion environnementale, cas de la zone balnéaire à
Limbé. »

0.2.Intérêt du sujet

Le choix d’un thème de recherche est toujours un exercice délicat obéissant à des
motivations variées.

0.2.1. Intérêt personnel

Après plusieurs visites dans la région du sud-ouest Cameroun et particulièrement à


Limbé, ville balnéaire et touristique par excellence, nous nous sommes beaucoup intéressées aux
établissements de tourisme. Nous avons à chaque fois cherché à percevoir ce qui fait la
particularité desdits établissements par rapport aux autres qui sont dans un environnement
différent de celui-là. Un établissement de tourisme aux rivages de l’Océan à Limbé aura-t-il une
configuration identique à un autre dans la ville de Bafoussam par exemple ? Quels sont les
incidences de l’environnement sur un établissement de tourisme ? Voilà autant de questions qui
ont suscité en nous cette volonté d’établir le lien qui existe entre les établissements de tourisme
et leur milieu d’insertion. De ceci découle donc les implications de ladite relation sur l’aspect
attractif, original et durable desdites structures.

0.2.2. Intérêt professionnel

L’architecture est une profession dynamique en constante évolution. Ceci signifie qu’elle
s’arrime ou devrait s’arrimer à l’évolution et aux exigences de la société. Dans le souci de la
dynamisation de cet art dans le contexte actuel de développement durable, nous nous intéressons
à l’insertion environnementale des établissements de tourisme en zone balnéaire. Après avoir lu
une publication de l’Union internationale pour la conservation de la nature sur le thème : «
Implantation et conception d’hôtels et de complexes hôteliers : Principes et études de cas en matière de
conservation de la biodiversité », nous avons compris que les préoccupations relatives à la
protection de l’environnement et à la préservation de la biodiversité ne concernent plus
seulement les environnementalistes. Prendre en compte les paramètres environnementaux est
une interpellation pour les architectes, surtout pour les infrastructures devant recevoir de
nombreuses personnes. Ainsi, un établissement de tourisme, de sa conception à sa fermeture en
passant par sa construction et son exploitation, ne doit ni nuire à son environnement, ni le
dégrader. Voilà quelle est la raison professionnelle qui nous motive à travailler sur ce thème. Il
est dont question pour l’architecte de ne plus être seulement celui qui conçoit des espaces de vie
mais aussi et surtout qui crée ces espaces sans nuire aux différentes composantes de
l’environnement qui abritera ledit espace.

0.2.3. Intérêt scientifique

Etant donné que notre travail est une recherche orientée dans le domaine de l’architecture
et d’urbanisme, et plus précisément l’architecture des établissements de tourisme en zone
balnéaire, il va constituer une base de données pour les travaux futurs. Il s’agit à travers cette
recherche, d’apporter notre contribution à l’évolution de la science.

0.2.4. Intérêt environnemental

Cette recherche sera utile à la réalisation des établissements de tourisme à plusieurs


titres. Elle contribuera à la prise en compte de l’insertion environnementale en matière
d’implantation et de conception d’hôtels et de complexes hôteliers, des restaurants et des
espaces de loisirs en zone balnéaire. Une prise en compte qui permettra de mettre en exergue
l’interrelation entre les établissements de tourisme et l’environnement en vue d’une offre
touristique attrayante, unique et surtout durable.
De manière spécifique, ce travail consistera à :

- Faire percevoir aux différents acteurs du tourisme, l’incidence des études d’impact
environnementale sur la réalisation des établissements de tourisme et les procédés de
satisfaction des différentes parties impliquées;
- Produire un exemple de gestion des impacts du développement touristique sur la
biodiversité et tenter de parvenir à apporter une aide globale positive et faire prévaloir l’intérêt de
la population locale ;
- Partir de la théorie à la pratique en concevant en harmonie avec la nature, un complexe
touristique balnéaire au lieu-dit « Down Beach » à Limbé.

0.3.Définitions des concepts et délimitation du sujet

Il s’agit ici de définir les notions clés du thème de recherche et les délimitations du
travail.

0.3.1. Définition des concepts

Il est questions ici de définir et de conceptualiser non seulement les mots clés de notre
thème de recherche, mais aussi certains concepts qui seront utilisés dans notre travail.

 Architecture
Le Corbusier définissait l’architecture au début du vingtième siècle (1923) en énonçant
que : « L’architecture est le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la
lumière.» Une définition retournée plutôt vers l’aspect artistique des formes qui se veulent pures
et démunies de tous ornements réfutés par les nouvelles tendances artistiques du modernisme.
Jean Nouvel : «L’architecture est souvent considérée selon la définition d’Auguste Perret
comme l’art d’organiser l’espace sans nier cette évidence je préfère voir l’architecture avant tout
comme la pétrification d’un moment de culture comme le témoignage pérennisé des désirs des
centres d’intérêt de générations successives et tôt disparues »
Jean RENAUDIE, « L’architecture est la forme physique qui enveloppe la vie des
hommes dans toute la complexité de leurs relations avec leur milieu ».

Selon J.M.VAN HAECKE, l’architecture est un art du paradoxe. Elle traite des
contradictions : haut-bas, dedans-dehors, loin-près, opaque-transparent, sombre-lumineux,
lourd-léger, chaud-froid, plein-vide, mobile-immobile, collectif-individuel, public-intime,
exposé-abrité, brut-poli, naturel-technologique, sauvage-social, fermé-ouvert, passé-futur, …Le
rôle de l’architecture est en réalité essentiel. Il s’agit de prendre à bras le corps la complexité, de
résoudre les tensions, de rendre cohérent, de donner du sens.

- Selon le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle,


l’architecture est « l’art de bâtir. […] c’est la pratique qui fait plier l’art et la science à la
nature des matériaux, au climat, aux mœurs d’une époque, aux nécessités du moment».

Selon l’IRAC (Institut royal d’Architecture du Canada), « l’architecture procure un


sentiment d’appartenance et soutient toutes les sphères de l’activité humaine. Elle favorise
l’intégration harmonieuse des créations de l’homme à l’environnement, tout en valorisant la
santé et le bien-être, en enrichissant les vies sur le plan de l’esthétique et de la spiritualité, en
offrant des occasions de développement économique et en créant un héritage qui reflète et
symbolise la culture et les traditions ».

Vitruve, auteur du premier traité d’architecture connu, le «De Architectura », définit


ainsi les trois conditions fondamentales de «l’art de bâtir »: firmitas, utilitas, venustas.
-Firmitas, la solidité, veut que « les fondements seront creusés jusqu’aux solides, et bâtis
avec les meilleurs matériaux que l’on pourra choisir, sans regarder à la dépense ». Ceci Suppose
la durée, et c’est du reste le terme repris par Palladio: il faut que ça tienne, donc longtemps,
durablement.
-Utilitas : Utilité ou commodité (usage, fonction...) l’édifice sera disposé «avec art, de
façon que rien n’en puisse empêcher l’usage, et que chaque chose mise en sa place ait tout ce
qui lui est propre et nécessaire »
-Venustas, la beauté, sera telle « que la forme en soit agréable et élégante, par la juste
proportion de toutes ses parties ».
La trilogie Vitruvienne est une construction à trois appuis ne pouvant se passer d’aucun,
à l’image du trépied: Un bâtiment utile et beau qui ne tiendrait pas debout, ça ne tient pas ; beau,
solide, et inutile, ça ne tient pas non plus ; que dire alors d’un bâtiment utile, solide, et
déplaisant ?
D’un point de vue statique ça tient, architecturalement ça ne tient pas. C’est la
conjugaison active des trois qui est pertinente. Les trois notions sont indépendantes sans
hiérarchie, toute construction devant les conjuguer toutes trois sans en négliger aucune. Pour
autant elles ne sont pas nécessairement étanches : il peut y avoir du venustas dans firmitas ou
dans utilitas ou inversement du firmitas dans venustas etc (VINCEN CORNU 7 octobre 2009).

L'architecture se différencie de la construction en ce qu’elle apporte une dimension


particulière de réflexion et de planification de la part du concepteur, lorsqu'il envisage
l'ensemble du cycle de vie d'une construction. Cette réflexion est à la fois esthétique, sociale,
environnementale et philosophique (UICN 2012).

De tout de ce qui précède, nous dirons que l’architecture est à la fois un art et une science
qui a pour objet de concevoir des espaces et de les agencer de manière à ce qu’ils contribuent au
bien-être des futurs utilisateurs, tout en s’assurant de son insertion harmonieuse dans
l’environnement. Ainsi une architecture respectueuse de son environnement est celle qui obéit
aux règles de développement durable, celle qui met l’homme au centre de la planification des
espaces, en combinant les réalités socioculturelles et environnementales pour faire bénéficier les
générations présentes et futures.

Figure 01 : Représentation non exhaustive des connotations du produit architectural comme


un système complexe, cohérent et équilibré.
Source : Courrier du Savoir – N°16, Octobre 2013, pp99-105, Appréhender l’architecture et
la conception architecturale, MALEK MEROUANI, université de Constantine iii, département
d’architecture et urbanisme, Algérie P 102

 Tourisme

Le mot « Tourisme » vient de la transcription Anglaise d’un vocable français « THE


TOUR », qui a été utilisé pour la première fois en 1841 désignant le personne qui faisait le
grand tour, cette expression désigne le voyage sur le continent, c’est à ce moment là que le
tourisme naisse.
Le tourisme a connu une multitude de définitions relatives et variables selon le
temps et le lieu, donc difficile à définir d’une manière précise car il existe une diversité de
définition dont nous choisissons celles de :

« Action de voyager pour son plaisir, ensemble des questions d’ordre technique, financier ou
culturel que soulève dans chaque pays ou chaque région, l’importance du nombre de
touristes »
Dictionnaire Larousse
« Le tourisme est l’expression d’une mobilité humaine et sociale fondée sur un excédent
budgétaire susceptible d’être consacré au temps libre passé à l’extérieur de la résidence
principale, il implique au moins un découché »

Encyclopédie Universalise 9éme édition


« Les activités des personnes qui se déplacent dans un lieu situé en dehors de leur lieu
d’environnement habituel pour une durée inférieure à une limité donné et dont le motif
principale est autre que celui d’exercer une activité rémunérée dans le lieu visité »
Organisation Mondiale du Tourisme (OMT)
« Les déplacements touristiques sont motivés par des raisons très diverses, voyages d’affaires,
manifestation culturelles, recherche de détente…etc. l’ensemble de ces mouvements occupent
une place de première plan dans l’économie de nombreux pays constituant ce qu’on appelle le
tourisme »
Gérand Guibilito
« Le tourisme correspond à un ensemble d’occupations auxquelles l’individu peut
s’ordonner de plein grés, soit pour se reposer, se divertir, développer son information de
sincérité, sa participation sociale volontaire ou sa libre capacité créative après être dégage de
sa liber profession familiale »
Selon Juffre-Dumas-Zedier
« L’art de satisfaire les aspirations les plus divers qui incitent l’homme à se
déplacer hors de son univers quotidien et de son cache habituel, a la recherche de dépaysement
et d’évasion »
Définition du conseil économique et social

Le mot « Touriste »
« Personne (résidents ou non-résidents) qui se déplace hors de son domicile
quotidien pour une durée de 24 heures au moins et pas plus de 4 mois pour un motif
d’agrément personnel ou professionnel »
Dictionnaire Larousse

 Etablissements de tourisme

La loi N° 2014-139 du 24 mars 2014 portant code du tourisme en Côte d’Ivoire définit l’
établissement de tourisme comme « un établissement créé en vue de fournir au public des
prestations d’hébergements, de restauration, de loisirs, de détente, de transport et des
informations sur les activités touristiques. »

Le Décret N°99/443/PM du 25 mars 1999 fixant les modalités d’application de la loi N°


98/006 du 14 avril 1998 relative à l’activité touristique au Cameroun stipule que les
établissements de tourisme comprennent :
- les établissements d’hébergement ;
- les établissements de restauration ;
- les établissements de loisirs.
 Conceptualisation des établissements de tourisme
Nous entendons par établissement de tourisme, l’ensemble des aménagements
touristiques qui englobent les prestations d’hébergements, de restaurations, de loisirs et de
détentes et qui, à cause de leur vocation touristique, accueillent du grand public.
Concept Dimension Variables
Hôtels de tourisme

Résidence hôtelière de tourisme


Hébergement Relais de tourisme
Motel de tourisme
Etablissement de restauration Restaurants classés
tourisme Cabaret
Loisir Boite de nuit
Dancing
détente Terrains de jeux
Salles de jeux
Aménagements paysagers
Tableau 01 : Conceptualisation des établissements de tourisme
Source : Nous-mêmes

 Environnement
Le mot environnement est polysémique, son sens de base renvoie à ce qui entoure, au
cadre de vie, au voisinage, à l’ambiance, ou encore au contexte.
L’environnement au sens d’environnement naturel qui entoure l’homme est plus récent et
s’est développé dans la seconde moitié du XXe siècle. La notion d’environnement englobe
aujourd’hui « l’étude des milieux naturels, les impacts de l’homme sur l’environnement et les
actions engagées pour les réduire1 ».
L’environnement, proche de la notion de milieu souvent confondu avec celui de paysage,
le terme d’environnement désigne « l’ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques,
biologiques) et culturelles (sociologiques) dans lesquelles les organismes vivants (en particulier
l’homme) se développent2 ».

La Loi n 96/12 du 5 aout 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de


l'environnement au Cameroun définit l’environnement en son article 4.k comme « l'ensemble des
éléments naturels ou artificiels et des équilibres bio-géochimiques auxquels ils participent, ainsi
que des facteurs économiques, sociaux et culturels qui favorisent l'existence, la transformation et
le développement du milieu, des organismes vivants et des activités humaines ».

 Insertion :

Le mot insertion est une notion complexe. Souvent il est perçu comme synonyme des
notions d’intégration et d’assimilation. De manière générale, il désigne le processus (qui / quoi,
comment, ou, dans quel but ?).

Selon Juliette Grange l'assimilation et l'insertion sont bien deux modes assez différents
du changement d'appartenance. L'entité qui insère, assimile, incorpore ou naturalise, qu'elle soit

1
CAUE DE LA MARTINIQUE, Environnement : Quelques définitions. Revue portant sur l’architecture, le
cadre de vie, la construction, les couleurs, le développement durable, l’énergie renouvelable, l’environnement,
l’urbanisme.
2
Le petit Robert. 2002
sociale, culturelle ou politique ne change pas elle-même de nature. Le terme d'insertion semble
connoter une société comprise comme une machinerie statique3.

De manière générale, nous dirons que la notion d’insertion renvoie à :

- Qui fait quoi ?


- Où le fait-il ?
- Comment le fait-il ?
- Pourquoi le fait-il ?

De ce fait, la notion d’insertion environnementale dans ce contexte d’établissement de


tourisme en zone balnéaire fait référence à comment l’architecte concepteur des espaces
respectant les règles de l’art, implante le projet dans cet environnement en le mettant en valeur
et en mettant un accent sur l’intérêt commun.

 Zone côtière
Espace de rencontre entre la terre et la mer, la zone côtière se compose à la fois de
territoires marins et terrestres qui partagent les mêmes enjeux même s’ils ont chacun leur
singularité.

Jacques BOLOPION et al, définissent la zone côtière comme la bande des 12 milles, soit
19,3121 Km. Zones d’interface entre la terre et la mer,

« Les milieux côtiers sont très convoités et l’exploitation des


ressources et des espaces qui n’a cessé de s’y développer au cours
des trente dernières années. Ce développement fait que
l’environnement et les ressources naturelles y sont soumis à des
pressions importantes et croissantes, avec une multiplication des
conflits entre des usagers aux intérêts souvent contradictoires
(pêche, aquaculture, tourisme, grands aménagements, extractions de
granulats, rejets de dragage, pose de câbles sous-marins....) »4.

 Le développement

Du latin de, préfixe de cessation, de négation, et de velare, voiler, couvrir, envelopper, le


développement est l'action de faire croître, de progresser, de donner de l'ampleur, de se
complexifier au cours du temps.

3
Juliette Grange, Que veut dire intégration? Histoire d'une notion.
4
Jacques BOLOPION, André FOREST, Louis SOURD, Rapport sur l’exercice de la pêche dans la zone côtière de
la France, janvier 2000, Version finale. 137 pages
Le développement économique désigne les évolutions positives dans les changements
structurels d'une zone géographique ou d'une population : démographiques, techniques,
industriels, sanitaires, culturels, sociaux... De tels changements engendrent l'enrichissement de
la population et l'amélioration des conditions de vie. C'est la raison pour laquelle le
développement économique est associé au progrès.

Le Pr. Médard LIEUGOMP définit le développement comme la capacité qu’a une


communauté à se prendre en charge et à produire de biens pour améliorer son cadre de vie.

Développement durable
Politique de développement qui s’efforce de concilier la protection de
l’environnement, l’efficience économique et la justice sociale, en vue de répondre aux
besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de
satisfaire les leurs.
- Le développement durable est une finalité dont la réalisation peut faire l’objet de
différentes stratégies.
- Le développement durable peut concerner les activités d’une entité territoriale aussi
bien que celles d’une entreprise ou d’un groupe social.5

Figure 02 : Objectifs du développement durable


Source : Internet Date : 11/05/2016 23h55

On peut considérer que la justice sociale, définie comme l'égalité d'accès au bien-
être aussi bien au sein d'une même génération que d'une génération à l'autre, recouvre au
moins trois aspects : économique, social et environnemental.6 Seul un développement qui

5
Commission spécialisée de terminologie et de néologie dans le domaine de l’environnement, Vocabulaire de
l’environnement, Termes, expressions et définitions publiés au Journal officiel
http://franceterme.culture.fr/FranceTerme, 2012, 21 pages
6
Au delà de la Croissance Économique-Un livre virtuel de l'élève
(http://www.worldbank.org/depweb/french/beyond/global/chapter1.html)
parvient à concilier ces trois séries d'objectifs peut être maintenu durablement (Cf. figure
précédente). Inversement, le fait de négliger l'un de ces aspects peut compromettre la
croissance économique de même que l'ensemble du processus de développement.
 Le tourisme durable :

Selon la carte EVEIL, « Le tourisme durable désigne toute forme de développement,


d'aménagement ou d'activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources
naturelles, culturelles et sociales et contribue de manière positive et équitable au développement
et à l'épanouissement des individus qui vivent, travaillent et séjournent dans ces espaces C'est
une activité de tourisme ou de loisir qui met en place des pratiques respectueuses de
l'environnement naturel et culturel et qui participe de manière éthique au développement
économique local. Elle favorise ainsi la prise de conscience du touriste vis-à-vis des impacts
qu'il peut avoir sur le territoire et le rend acteur de sa consommation7.»

0.3.2. Délimitation du sujet

Pour éviter de traiter ce sujet de manière vague, nous avons délimité notre travail dans
l’espace et dans le temps.

0.3.2.1.Délimitation spatiale

Notre travail s’effectue sur les rives de l’Océan Atlantic dans la ville de Limbe. Nous
nous intéressons aux espaces situés le long de la cote et prisés par les entreprises (SONARA,
Chantier naval, …), les grands projets, à l’exemple du port en eau profonde de Limbé, et les
établissements de tourisme. Cette zone touche à toutes les communes de la ville de Limbé,
principale la commune d’arrondissement de Limbe II. Ainsi nous irons d’une analyse
cartographique comparative de cette zone avant la croissance démographique et industrielle de
la ville, et la zone à l’état actuel.

7
EVEIL-Tourisme a été créé en 2004 par l'association Citoyens de la Terre qui mène des actions liées à la
préservation des ressources biologiques et à la solidarité internationale
Carte 01 : Délimitation de la zone d’étude
Source : INC, octobre 2016.

0.3.2.2.Délimitation temporaire

La période dans laquelle s’inscrit cette étude va juin 2015, période de notre première
descente sur le terrain, à janvier 2016. Cette période nous aura permis de recueillir les
différentes informations sur le site du projet et auprès des différents acteurs du secteur de
tourisme dans la ville d’étude et en dehors.

0.4.Problématique

Partant du constat selon lequel les établissements de tourisme font partie des structures
dont la réalisation impose une étude d’impact environnementale et social, il est intéressant de
voir quelles peuvent être les conséquences d’une telle étude sur les choix architecturaux. Les
normes établies par l’ANOR et homologuées par l’OMT constituent aujourd’hui un élément
indispensable pour tout projet de réalisation touristique. C’est dans ce sens qu’il est
indispensable avant tout projet de penser à l’étude d’impact environnementale et sociale. Toute
cette démarche ayant pour objectif de produire un produit touristique vendable, rentable, durable
et original. Il est donc utile de rappeler que créer un établissement touristique revient à :

- Participer à un projet collectif ;


- Prolonger, au profit de tous un patrimoine architectural ;
- Créer une habitation particulière ;
- Créer une activité.8

Il s’agit de produire une architecture qui réponde aux exigences de l’heure, en passant
par l’étude des impacts que le projet aura sur son environnement naturel, social et culturel. Les
résultats de ladite étude ont par conséquent une incidence directe sur la conception qui
consistera à exalter les impacts négatifs et atténuer les impacts négatifs.

0.5.Questions de recherche

De ce qui précède découle la question de savoir comment est-ce que l’architecte doit
pouvoir concilier environnement et architecture en vue de la production d’un produit touristique
répondant aux exigences actuelle en matière de développement durable.

0.5.1. Question principale

Notre question de recherche principale est la suivante :

Quel modèle architectural peut-on concevoir qui soit en harmonie avec


l’environnement ?

0.5.2. Questions spécifiques

De la question de recherche principale découle les questions spécifiques suivantes :


- Quels sont les impacts des établissements de tourisme sur leur environnement
d’implantation ?
- Quelles sont les mesures à prendre en compte en vue d’effectuer une implantation
d’établissement de tourisme balnéaire respectueux de son environnement ?
- Quelle est la nouvelle approche de mise en valeur touristique des zones balnéaires ?
Telles sont les questions auxquelles nous tenterons de répondre tout au long de ce
travail de recherche.
0.6 Hypothèses de recherche
Selon Pierre RONGERE, l'hypothèse est la proposition des réponses que l'on se pose à
propos de l'objet de la recherche formulée en des termes tels que l'observation et l'analyse puisse
fournir une réponse9. L'hypothèse est une réponse dont la recherche a pour but de vérifier le bien
ou le mal fondé de la question que l'on se pose10.

8
René BARON, Gites et chambres d’hôtes, concevoir dans l’existant. Guide pour la création d’un hébergement
touristique en Loire-Atlantique.

9
RONGERE, Méthodes des sciences sociales, Paris, Dalloz, 1971, P.20

10
M. .DUVERGER ; Méthode de sciences sociales, Paris, PUF, 1961, P 50
Ceci étant, nous répondons anticipativement de la manière suivante :

0.6.1 Hypothèse principale


L’harmonie entre l’architecture et l’environnement à travers le respect des normes en
matière d’implantation des établissements de tourisme, mène à un produit touristique, attrayant,
original et durable.

0.6.2 Hypothèses spécifiques


- Les établissements de tourisme ont des impacts de plusieurs ordres sur leur
environnement d’implantation.
- Pour implanter un établissement de tourisme respectueux de son environnement, l’étude
d’impact environnementale et sociale doit précéder la phase de conception.
- La mise en valeur touristique des zones littorales passe par la prise en compte des
paramètres environnementaux qui ont une incidence sur le projet.

0.7 Objectifs de recherche

0.7.1 Objectif général

L’objectif de ce travail est de montrer l’importance de l’harmonie entre l’environnement


et l’architecture dans le processus de conception, de construction et de l’exploitation d’un
établissement de tourisme répondant aux exigences actuelle en matière de développement
durable.
0.7.2 Objectifs spécifiques
- Etablir les impacts causés par les établissements de tourisme sur leur environnement
d’implantation.
- Emettre les mesures à prendre en compte pour une implantation d’établissement de
tourisme respectueux de son environnement.
- Proposer une nouvelle approche de mise en valeur touristique des zones balnéaires.

0.8 Revue de littérature

La mise en valeur touristique des zones balnéaires est une préoccupation pour plusieurs
chercheurs. Il s’agit ici de voir ce que les différents auteurs et chercheurs pensent de ce
phénomène. Quelques auteurs mettent à contribution leurs aptitudes et connaissances depuis
plusieurs décennies pour inverser la tendance et partant, travailler au développement du
tourisme en général, et du balnéaire en particulier. Nombre d’entre eux ont fait allusion aux
nombreuses richesses que possède le Cameroun, du point de vue touristique. Ce travail rend
possible la présentation d'une offre culturelle harmonieuse dans chaque zone, jaillissant du
milieu de la grande diversité culturelle, qui est par ailleurs le fruit du brassage des traditions, des
religions...au fil de l'histoire du peuplement du pays (Essono, 1973).

Mainet, 1979, relevant les atouts dont dispose le Cameroun sur le plan géotouristique,
fait allusion aux éléments de la nature (Plages, stations d'altitude, paysages naturels, faune) les
éléments du bâti (aéroports, routes, hôtels et équipements) et même les éléments de la culture
tels l'artisanat, le folklore. Il apparait que la géographie du Cameroun est généreuse en
ressources touristiques qu'il y a donc lieu de valoriser. Seulement, la valorisation présente doit
prendre en compte les générations présentes et futures.

NGUEPJOUO M., 2003, relève que La quantité et la diversité des ressources du


tourisme (Mont, plage, climat, jardins botanique et zoologique, héritage colonial allemand...)
dans le département du Fako constituent un atout certain pour l'essor de l’activité touristique. Il
apparaît cependant tout à fait surprenant de n'enregistrer qu'une fréquentation ridicule, en
stagnation sinon en régression à côté des possibilités dont disposent ces villes. Il œuvre ainsi à
l'accroissement de la fréquentation de cette région du Mont Cameroun en établissant ce qu’elle
présente réellement du point de vue touristique comme avantages et faiblesses.

NGUEPJOUO M., 2005, analyse le processus d'insertion du tourisme et les problèmes de


son développement dans les marges côtières de la province du Sud Cameroun. Il en ressort que
le potentiel touristique (naturel, culturel et historique) est important et que le cadre des activités
est à certains égards favorables (climat, sécurité...). Cependant, le tourisme se déploie selon un
mode d'insertion socio-spatiale rapide et non encore maîtrisé dans un environnement où de
nombreux risques sont susceptibles de compromettre le devenir touristique et social de cette
région du Cameroun. C’est dire que dans le processus de d’insertion de tourisme, il y a l’aspect
environnement qui est à prendre en compte. Les zones balnéaires étant par essence les zones à
haut risque (avancée de la mer, pratique de plusieurs activités partant atteinte à la préservation
de l’environnement…) elles ont besoins de beaucoup d’attention du point de vue préservation.

Faisant référence aux effets du tourisme balnéaire au Maroc, Frédérick Brault, Université
de Montréal, citait Berriane, Guitouni et Laouina en ces termes «La concentration littorale et
ses effets tendent à réduire la durabilité du développement. En effet, la forte demande
du balnéaire a contribué à la littoralisation du phénomène. […] Cette concentration
littoral pose de sérieux problèmes de déséquilibres régionaux et environnementaux11». C’est
dire que la forte concentration des établissements de tourisme sur les côtes favorise le
phénomène de dégradation de l’environnement balnéaire.

11
Berriane, Guitouni et Laouina, 2002, http://xxi.ac-reims.fr/fig-st die/actes/actes_2002/troin/article.htm.
Selon le ministère français de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, « la
prise en compte du développement durable a débuté par les expériences des parcs nationaux ou
naturels régionaux et s’est longtemps limitée à l’activité de quelques réseaux et à la promotion
de labels spécialisés. Plus récemment, les professionnels du tourisme, hébergeurs ou voyagistes
ont fait le pari de l’offre de produits touristiques durables. De même, des destinations en
montagne (charte du développement durable pour les stations de montagne), à la campagne (les
critères environnement de la fédération des stations vertes) ou sur le littoral (pavillon bleu)
optent pour l’intégration progressive de la démarche de développement durable dans leur
stratégie touristique12 ».

Saloua GOURIJA, 2007, les impacts du tourisme, qu'ils soient positifs ou négatifs
s'effectuent au détriment de l'environnement. La contradiction entre l'économie du tourisme et
l'écologie des lieux touristiques, constitue une contrainte pour le développement du tourisme.
Surtout une difficulté pour trouver l'équilibre entre les trois dimensions : économie, société et
environnement. C'est l'objectif essentiel de tout développement durable. En effet, la relation
tourisme/environnement est une relation à double sens. C'est-à-dire qu'il y a une action du
tourisme sur l'environnement, mais que le milieu a aussi une réaction sur le touriste. Ceci
signifie que les établissements de tourisme et l’environnement entretiennent une relation
d’interdépendance13.

De tout ce qui précède, il est important de noter que, les recherches se sont beaucoup
plus concentrées sur les potentialités touristiques, la mise en valeur touristiques des zones
potentiellement touristiques, la forte sollicitation des zones balnéaires et la vente de la
destination. Cependant, le problème culminant qui relève de l’actualité (le développement
durable), et qui constitue la clé principale au développement du tourisme, semble être ignoré. Il
est question aujourd’hui de mettre en exergue les impacts des établissements de tourisme sur
l’environnement, d’atténuer les impacts négatifs tout en prenant en compte les différentes
composantes de l’environnement. Ceci permettra alors d’effectuer une implantation
harmonieuse respectueuse de l’environnement qui mène à une architecture de tourisme
différenciée. Ce qui ne peut être possible sans une Etude d’Impact environnementale et social
(EIES). C’est en cela que consiste la responsabilité sociétale des entreprises.

0.9 Méthodologie de recherche.

12
Le ministère français de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Les enjeux d’un tourisme durable :
quels défis pour demain ?, Paris, 13 juillet 2011.

13
Saloua GOURIJA, Tourisme et développement durable: quelles conjugaisons? Expérience du Maroc, Thèse de
Doctorat es science économique, Université du Littoral Côte d'Opale, 2007
Diderot Serge NGUEPJOUO M. 2005, définit la méthodologie comme l'ensemble des
procédures mises en route avec pour but de vérifier les hypothèses posées au départ d'une
démarche scientifique. La question de l’insertion environnementale des établissements de
tourisme au centre de ce travail est celle de la mise en valeur touristique durable des zones
balnéaires.

Pour atteindre nos objectifs, nous procédons par le raisonnement hypothético-déductif,


démarche scientifique qui suppose « la déduction qui part des propositions initiales,
provisoires et modifiables après vérification et qui permet de poser les problèmes au cœur
même du sujet ou des systèmes, de s’appuyer sur une logique de raisonnement clairement
indiquée et comprise » Bailly et al. (1991). Ainsi, le processus de vérification de nos
hypothèses nous a rapproché des professionnels (experts en tourisme,
environnementalistes, urbanistes, géographes,…) des sciences sœurs. Au milieu de
toutes ces disciplines scientifiques, nous conservons, autant que faire se peut, la démarche
méthodologique de l’architecture.

0.9.1 La recherche documentaire

Pour la recherche documentaire, nous avons consulté les archives physiques et


numériques, ainsi que les personnes ressources qui nous ont permis de prendre connaissance
des documents d'architecture, de tourisme, d’environnement, et les documents juridiques, afin
d'appréhender tous les contours de l’importance de l’insertion environnementale dans le
processus de production architecturale des établissements de tourisme.
- Nous avons mené les investigations au niveau de la Direction des Entreprises
touristiques du Ministère du Tourisme et des Loisirs. Cette investigation nous a permis de
connaitre les exigences et normes qui régissent établissements de tourisme au Cameroun.
- La Délégation départementale de l’Environnement du Fako nous a fourni les
informations en matière de textes et lois portant protection et gestion de l’environnement au
Cameroun.
- les responsables du Programme de Compétitivité des Filières de Croissance (CPFC)
nous ont fournis les documents qui traitent du Plan d’Urbanisme Directeur (PUD) de Limbé à
l’horizon 2020, établissant ainsi les différents axes de développement et les enjeux, parmi
lesquels, le développement durable. Les modèles d’Etude d’Impact environnemental et social
(EIES) nous ont également été d’une très grande utilité.
- les documents numériques téléchargés sur internet nous ont fournis les informations
sur :
 la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) ;
 La perception du problème de protection de l’environnement côtier sollicité pour
plusieurs projets de grandes envergures ;
 Les travaux déjà effectués dans le sens des impacts de l’activité touristique sur
l’environnement ;
 Des exemples d’établissements de tourisme en Afrique et ailleurs.
Cette approche documentaire a été suivie d'une phase d’observations.

0.9.2 L’observation directe


Elle constitue la méthode la mieux appropriée pour capter les dynamiques
interactionnelles au moment de leur production. Elle est basée sur l’observation visuelle (Quivy
& Campenhoudt, 2006, p. 177), où l’enquêteur procède au recueil des données sans
l’intermédiaire d’un récit pour obtenir l’information recherchée.

Elle relève de l’observation in situ qui, selon Chapoulie (1984 : 592), «Désigne les
activités d'un chercheur qui observe personnellement et de manière prolongée une partie des
situations et des comportements auxquels il s'intéresse. Cette technique est en affinité avec une
sociologie qui met au centre de son programme l'étude, non des faits constitués à la manière de
Durkheim, mais des actions collectives et des processus sociaux qui peuvent être appréhendés à
travers les interactions directes et dont le sens vécu par les agents n'est ni donné d'avance, ni
susceptible d'être négligé».

Alors cette méthode nous a permis de recueillir les informations sur le site du projet et
l’espace de l’étude. C’est elle qui nous a servi en grande partie dans l’analyse du niveau
d’insertion des établissements de tourisme et à faire l’inventaire du site du projet.

L’observation a permis de nous inscrire en phase d’immersion sur le terrain. Etant


immergé, nous nous sommes obligé de considérer les phénomènes de la rencontre tels qu’ils se
déroulent, et tels que les enquêtés qui en sont impliqués la définissent et l’interprètent.
L’immersion a permis de se tenir au plus près des évènements en train de se faire ou, pour
reprendre un concept de Lévy-Strauss (1992), des évènements in «proccess».

 Les entretiens individuels

Les entretiens individuels, de type semi-directifs, ont constitué un complément


indispensable aux observations in situ, car ils ont permis de recueillir l’importance que
l’administration accorde à la mise en application des textes régissant la protection de
l’environnement au Cameroun et dans le monde.

Cette méthode nous a amené vers des personnes bien précises, capables de nous fournir
des informations fiables quant à la gestion des questions environnementales. Il s’agit entre autre
de l’EIES de la Notice d’impact environnementale et l’Audi environnemental.

0.9.3 L’étude des cas et cartographie


C’est l'étude détaillée d'un phénomène donné qui fait recours à une méthode
pluridisciplinaire pour rassembler le maximum d'informations en vue d'améliorer le niveau de
connaissances qu'on a dudit phénomène. Dans ce travail, elle consistera à une analyse
descriptive des exemples d’investissements touristiques balnéaires au Cameroun, en Afrique et
dans le monde. Ce qui nous permettra de déceler les forces et les faiblesses des uns et des autres
en vue de suggérer quelques solutions qui concourront à l’amélioration de la construction des
infrastructures de tourisme de bord de mer au Cameroun.

Concernant la cartographie, il est difficile de mener une étude qui touche à la


couverture du sol sans faire recours aux techniques d'analyses spatiales : il s'agit d'utiliser
les outils qui permettent le mieux de saisir les phénomènes de surface et leur évolution.
Premièrement, nous avons analysé les couvertures aériennes de la zone d'étude par
couples stéréoscopiques à des dates différentes pour percevoir et évaluer l'évolution de la
dégradation de couverture de la cote. Cette technique présente des lacunes car les
missions de couverture aériennes au Cameroun ne se sont pas faites à intervalles de temps
rapprochées.

0.10 Plan de travail

De manière générale, notre travail doit se structurer en deux parties. Une partie théorique
et une partie pratique. La partie théorique consistera à présenter la problématique de l’insertion
environnementale des établissements de tourisme en zone balnéaire. Elle sera constituée de deux
chapitres. Le premier chapitre consistera à faire une présentation générale de la ville de Limbé et
le deuxième établira la relation tourisme-établissement de tourisme-environnement. La
deuxième partie quant à elle table sur la proposition d’un projet de complexe touristique et toute
l’analyse qui y est attachée. Constituée de trois chapitres, elle parlera de l’analyse des exemples,
de la description du milieu récepteur et de l’analyse des impacts environnementaux et de
l’illustration du projet. Suivra à la fin une conclusion générale.
PREMIERE PARTIE : APPROCHE THEORIQUE

CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DE LA VILLE DE LIMBE


Introduction
Ce chapitre a pour but de faire une présentation globale de la ville d’étude, Limbé. Il
s’agit de la situer dans sa position géostratégique qui fait d’elle une particularité sur le plan
historique, économique, démographique, et surtout touristique.

1.1 Limbe : données géographiques et histoire

Il est question ici de donner les éléments géographiques et historiques qui font de la
région du Sud-ouest en général, et de la ville de Limbé en particulier, un itinéraire touristique
dans le berceau de nos ancêtres.

1.1.1 Données géographiques

La région du Sud-ouest se situe dans la dorsale camerounaise qui prend pied dans les
plateaux du Nord Cameroun, d’une altitude moyenne de 1 370 m, en passant par l’Adamaoua et
l’Ouest, et se prolonge au Sud-ouest par de hautes montagnes d’origine volcanique où culmine
le mont Cameroun à 4 095 m. La zone de Limbe est localisée dans la région méridionale
et appartient au plateau Sud Camerounais, avec une altitude comprise entre 0 et 300 mètres.

Il y règne un climat équatorial allant du plateau Sud-camerounais, aux hauts plateaux de


l’Ouest et jusqu’à la plaine côtière avec des pluies abondantes et régulières et des températures
élevées constantes (26°C en moyenne). Une particularité notable : la zone de Debunscha, dans le
Sud-ouest du Cameroun est l’une des régions les plus arrosées du monde avec environ 10 000
mm de précipitation par an.

La ville de Limbé quant à elle, située dans la Région du Sud-ouest Cameroun, plus
précisément dans le département du Fako, se trouve entre le 4°1’27’’ de Latitude Nord et le
9°12’53’’ de Longitude Est. Son altitude par rapport au niveau de la mer est de 69 m. Elle est
située dans une baie contre le flanc de la chaine volcanique et ses plages de sable fin et noir aux
reflets métalliques font la particularité de la façade maritime de la ville, c’est ce qui fait d’elle
l’une des stations balnéaires les plus connues du Cameroun, à l’exemple de Kribi. Fondée en
1857, cette ville balnéaire se situe à environ 80 Km de la ville de Douala.
Tout comme la région du Sud-ouest, Limbé est très pluvieuse, et les orages sont
fréquents. Le climat reste néanmoins agréable : même si le soleil est caché derrière les nuages,
la température oscille toujours entre 25 et 30°. Sa position stratégique sur les berges de l’Océan
Atlantic fait d’elle un itinéraire.

Ces données géographiques sont entre autres des éléments qui font de cette ville un
centre d’attraction touristique. Son histoire et son intérêt dans l’histoire du Cameroun, constitue
également l’un de ses centres d’intérêt.

1.1.2 Limbe : histoire et peuplement

Située sur la côte sud-ouest du Cameroun (Figure 1), Limbé, anciennement


appelée Victoria, fut fondée en 1858 par Alfred Saker, Missionnaire anglais de la London
Missionary Society. Les premiers habitants de cette ville sont les esclaves libérés sur l’Ile
de Fernando-Po. Ils sont rejoints plus tard par les Bakweri, les Bimbia et les Kru. De nos
jours, la population de Limbé est estimée à 300000 habitants. Cette population est composée
de peuples venant d’horizons divers (Afrique, Moyen Orient, Europe et Asie, de Chine en
particulier). Toutefois, les populations du Nord-Ouest et de l’Ouest Cameroun constituent le
groupe d’immigrants le plus important (environ 30%). Dans le groupe des immigrants
étrangers, les ressortissants du Nigéria constituent le groupe majoritaire. Lieu de brassage de
plusieurs cultures, la ville est organisée en quartiers lotis et spontanés.14
New Town, Station et Bota sont les principaux quartiers qui donnent à la ville sa
morphologie actuelle. Ces trois quartiers situés chacun sur une colline s’étendent entre le
massif de Mabeta et les faibles pentes du Mont Cameroun. La ville ancienne proprement dite,
occupe la vallée de Limbé River et les basses terres environnantes (Dock yard creek). La ville
s’étend vers Ombé et il est possible que ces deux villes se rejoignent avec la concrétisation du
projet de création du port en eau profonde. Mais il s’agit d’une croissance essentiellement
anarchique qui «brave» la topographie accidentée (photo 1),l’instabilité des versants et les
inondations.

14
TCHOTSOUA Michel et NGUENDO YONGSI H. Blaise, Croissance des villes balnéaires et géorisques en milieu
tropical : le cas de Limbe au Cameroun. 23juin 2012.
Carte N° 2 : Localisation de la ville balnéaire
de Limbé

Photo N° 01. Quartier Mile Four : extension de la ville sur les pentes fortes.
Cliché Mlle. MIPO, octobre 2015.
 Le premier établissement hôtelier de Limbé
Il faut noter que Victoria fut fondée sur les terres achetées au Roi William Bimbia pour y
implanter des infrastructures telles que des églises, écoles, hôpitaux, logements et imprimeries.
Située sur la côte ouest du pays, la ville fut rebaptisée, le 16 mai 1982, Limbe, nom dérivé de la
rivière qui la traverse. Même s’il est vrai que la ville de Victoria a été créée par les Anglais, les
Allemands y ont joué une partition importante, surtout sur le plan des infrastructures
touristiques.

Il faut rappeler que les Allemands sont entrés au Cameroun par Buea. Ayant été battus
dans une guerre par les chefs locaux, se rabattent à Limbé pour mieux se préparer avant d’y
retourner. En s’installant à Limbé, ils construisent ce qui est aujourd’hui appelé « Atlantic
Beach Hotel », qui est à la base un centre hospitalier « German Hospital ». Après la guerre de
(14-16), les allemands sont battus par les Français et les Anglais, d’où la partition du Cameroun.
Les Anglais s’installent dans cette zone et maintiennent la structure jusqu’aux indépendances.
On peut noter les particularités allemandes sur le design architectural de cet édifice. Au
lendemain des indépendances, ladite structure devient tour à tour Bureau du commerce extérieur
et un ensemble d’administration s’y succède.

A la fin des années 70, un Allemand du nom de Leonhard ROGGEN15 arrive et décide
d’en faire un hôtel. Il fait donc une extension verticale et crée l’ensemble d’infrastructure. Il
décède au milieu des années 80. L’exploitation de l’hôtel sera reprise par la famille MOUNA
qui disait être les partenaires de L. ROGGEN. Ils exploitent ainsi l’ensemble du patrimoine
(Parc Hotel Mirama, Bay Hotel, Safari Logde, Hotel Bamenda, Atlantic Beach Hotel et une
boite de nuit Black and White). Ceci serait à l’origine de la destruction de cet ensemble de
patrimoine touristique.

Une grosse bataille entre la famille MOUNA et le Ministère du Tourisme va consister à


démontrer qu’elle n’était pas partenaire de ce promoteur allemand. Elle sera alors dessaisie du
complexe, à l’exception du Parc Hotel Mirama, situé non loin d’Atlantic Beach et du Jardin
botanique.

L’Etat commence en ce moment à installer son personnel comme gestionnaire de l’hôtel.


La dégradation a été continuelle jusqu’au moment où on parle de le réhabiliter par rapport aux
CAN 2016 et 2019.

Limbé est une ville historique où modernité côtoie les vieux bâtiments qui rappellent la
présence allemande et anglaise pour la plupart. La coopération anglaise entretient là-bas deux
parcs naturels, le Limbe Wildlife Center 16 et le Jardin botanique.

1.2 Population et activités

Il s’agit ici de présenter la démographie de la ville qui met en exergue la mixité sociale la
dynamique du peuple camerounais et surtout la notion d’intégration nationale

1.2.1 Population

15
Source orale, Directeur de l’Atlantic Beach Hotel Limbé.
16
http://www.limbewildlife.org/ [archive]
La ville de Limbe est principalement peuplée par des populations autochtones, les
Bakweri, installés dans la Région du Sud-ouest depuis environ 4000 ans. Ils ont activement lutté
contre les Allemands pendant la colonisation à la fin du XIXè siècle. Sur le plan culturel, la
société bakweri est patrilinéaire. Ethniquement et culturellement proches des Doualas avec qui
ils partagent notamment le culte des miengu (génies de l’eau), c’est une société
traditionnellement polygame.

Avec un peu plus de 85 000 habitants, Limbé est une ville cosmopolite où vivent en
harmonie les Bakweri, les Douala, et d’autres groupes ethniques venus des différents coins du
pays et même des pays voisins. On y retrouve des personnes de différentes couches sociales qui
exercent différents types d’activités.

1.2.2 Economie et commerce

Ville côtière, siège de l’industrie pétrolière, la ville de limbe fait partie de la


classification camerounaise des villes secondaires ou villes moyennes. Ce sont des villes des
centres urbains régionaux qui combinent des fonctions administratives et économiques sur un
rayon géographique relativement important.17 Le fort potentiel agricole développé dans son
hinterland par la Cameroon Development Corporation (CDC), la présence de l’unique Société
de Raffinage (SONARA) et des Chantiers Navals et Industriels du Cameroun (CNIC), fait d’elle
un bassin d’activités de plusieurs tailles.

Elle donne directement accès à la mer et héberge de ce fait un port en eau profonde. Le
Port autonome de Limbé s’offre comme une autre solution de rechange à l’enclavement
désormais consommé du Port autonome de Douala. Non loin de Limbé, les petits ports d’Idenau,
de Tiko, et d’Ekondo Titi accueillent des pirogues et des navires de pêche servant au transport
de biens et de personnes.

La ville de Limbé se présente comme étant l’un des plus grands centres commerciaux de
la Région du Sud-ouest. Dans le PUD horizon 2022 de la ville, le projet d’aménagement
envisage le renforcement autour du Port et un doublement des équipements commerciaux, dont
les nouveaux marchés dans les arrondissements et notamment autour des nouvelles gares
routières. Ceci permettra de répondre à la prévision d’augmentation de la population.

1.2.3 Limbe : un itinéraire

1.2.3.1. Les pôles d’intérêts touristiques

17
Mme NJANKOUA, née VARE Rikiatou, Etat des villes au Cameroun : Concept ville, typologie, peuplement,
activités et services urbains. Premier forum urbain national, Palais des congrès, Yaoundé.
La Ville de Limbe et sa région bénéficient d’atouts naturels et géographiques qui
participent à sa réputation de destination touristique et de loisirs. Véritable joyau touristique du
pays, la ville vaut vraiment le détour.

Les principaux sites touristiques de Limbe sont : le marché aux poissons, les plages de
Limbé : Mile 6, Mile 8, Mile 11, le jardin botanique, le Wild Wildlife Centre, le Mont
Cameroun, Le stade de Limbé, etc.

 Les plages de Limbé

Les plages de Limbé sont caractérisées par leur sable noir des suites de l'éruption du
Mont Cameroun en en 1999. La plus grande prudence est requise pour les baignades car à part
Mile 11, plage de l'hôtel Sémé Beach, aucune sauveteur n'est présent, et les courants sont parfois
dangereux et pourraient vous emmener loin des berges.

Photo N° 02 : Vue sur la plage

Source : Internet, 25/02/2016 10h02

Mile 6 : Ce fut un temps la plage préférée des habitants de Limbé. Belle et grande plage,
elle n'est plus entretenue aujourd'hui et a vu sa fréquentation chuter malgré la gratuité de son
accès. Les touristes venus de Douala lui préfèrent maintenant les plages des hôtels installés un
peu plus loin sur la côte, mieux entretenues et surtout moins dangereuses que Mile Six Beach.
De forts courants y sévissent, faisant chaque année des victimes. On y pratique le surf.

Mile 8 : Longiligne cordon sableux peu fréquenté, Mile 8 est située en contrebas de
l'hôtel Etisah. On y accède par un petit sentier qui serpente au milieu des arbres entourant l'hôtel.
On passe une palissade fermant l'accès de l'hôtel depuis la mer, ainsi qu'un pont de bois, pour
enfin déboucher sur une belle plage bordée de palmiers et de bananiers. Des aires de pique-
nique ont été aménagées à l'ombre de grands arbres. Un restaurant y est fonctionnel jusqu'à 18h.
La nuit, on peut y observer d'étranges lueurs sur la mer, ce sont les plates-formes. En journée, on
se baigne avec les enfants du village. On peut y pratiquer le surf.
Mile 11 : Outre son cadre au pied du petit mont Cameroun et face à l'île de Malabo, cette
plage gérée par le personnel de l'hôtel Sémé Beach a l'avantage de descendre en pente douce
vers l'océan et les baignades sont surveillées. La plage est très animée le week-end, tranquille en
semaine.

Photo N° 04 : Vue sur la plage de mile 11


Photo N° 03 : Piscine naturelle de Semé
accessible aux visiteurs, Semé Beach
Beach. Cliché Mlle. MIPO, octobre 2015
Source : Internet, 25/02/2016, 10h30

 Le Yard pétrolier de Limbe

C’est un projet monté en 2001. Son financement a été bouclé en 2003 et les travaux ont
débuté deux ans plus tard, pour une durée de trois ans. D'un coût total d'environ 150 milliards de
FCFA dont 84 milliards déployés pour la première phase. En cours d'exploitation provisoire
depuis 13 ans, il existe grâce à un important financement de la BAD.

Photo N° 06 : Aperçu des travaux de


Photo N° 05 : Aperçu de la beauté naturelle
construction du yard pétrolier de Limbé
du site de construction du yard pétrolier de
Limbé Source : Internet 28/02/2016, 15h10

Source : Internet 28/02/2016, 15h02


 Le jardin botanique
Avec ses 1500 arbres et plantes, il s'agit du plus grand et l'un des plus beaux jardins
botanique d'Afrique. Il est aussi le plus ancien: il fut créé en 1892 par un horticulteur allemand,
sur une superficie de 52 ha comme jardin d’essai, pour acclimater au Cameroun les plantes
comme la quinine, l’hévéa, le café, le cacao et le bananier. Il a également servi de centre de
formation pour les Camerounais, dans les domaines de l’agriculture, de l’horticulture et de la
foresterie. Aujourd’hui, il est devenu après le Mont Cameroun, la plus grande attraction
touristique dans le Sud-ouest du pays. C’est également un centre international pour la recherche
en biodiversité.

Photo N° 07 : Vue partielle du Photo N° 08 : Vue partielle du jardin


jardin botanique de Limbe, botanique, en avant plan le palmier à
Bismarkia nobilis (Palmier de chanvre.En arrière plan le palmier Nain.
Bismark).
Cliché Mlle. MIPO, octobre 2015
Cliché Mlle. MIPO, octobre 2015

On y trouve de même de gradins construits sous de grands arbres et présentant l'allure


d'un amphithéâtre appelé `Jungle Village'. Il sert de cadre aux conférences en plein air et
diverses manifestations culturelles.
Photos N° 09 et 10/ : le Jungle Village

Cliché Mlle MIPO, octobre 2015

Une autre curiosité de ce jardin est le « Commonwealth War Graves Memorial Site » où
de nombreuses personnes viennent se recueillir sur les tombes symboliques des victimes de la
guerre.

Photo N° 11 : les tombes symboliques


des victimes de la guerre

Cliché Mlle. MIPO, octobre 2015

 Le Limbe Wildlife Centre (zoo de Limbé)

Le zoo est une sorte de réserve animalière qui œuvre dans la conservation et la protection
des espèces menacées. C'est l'un des trois jardins zoologiques du pays. Quoique son état
d'aménagement soit embryonnaire, il comporte essentiellement des primates, et seulement un
petit nombre des espèces amphibiens.

Situé dans le quartier de Bota, face au jardin botanique, il couvre une superficie de près
de 44 hectares. L’objectif initial était de créer un sanctuaire pour les chimpanzés. Il abrite et
soigne aujourd’hui 15 espèces de primates dont les gorilles, mandrills, babouins, drills,
mangabeys, chimpanzés, cercopithèques, et bien d’autres.

 Le Mont Cameroun
Englué une grande partie de l’année dans la brume et le brouillard, le mont Cameroun
s’apparente à un géant invisible. 2e sommet d’Afrique du haut de ses 4 100 mètres, le mont
Cameroun ou mont Fako, Char des dieux est surtout un volcan à la fureur rare mais
dévastatrice. La dernière éruption remonte à l'an 2000. Une coulée de lave de 300 mètres de
long a tout dévasté sur son passage, ravageant les palmeraies et plantations alentour, pour
s’arrêter à quelques dizaines de mètres du Seme Beach Hotel de Limbé. Saignée noire et
fumante après chaque pluie, elle affiche en moyenne une hauteur de 10 m.

Photo N°12 : le Mont Cameroun et son Photo N°13 : Présentation de la nature


environnement verdoyant volcanique du Mont Cameroun

Source : Internet, 06/03/2016, 07h21 Source : Internet, 06/03/2016, 07h21

 Le lac de cratère de Debundscha

Situé à 30 km de Limbé dans la zone la plus arrosée du Cameroun à plus de 100m


d'altitude. Y aller représente une excellente randonnée.

 Bimbia, vestiges de la traite négrière

Bimbia se trouve sur les rivages de l’Atlantique, non loin de Limbé. La forêt de Bimbia
Banadikombo conserve des vestiges de la traite négrière découverts il y a une vingtaine
d’années, lors de travaux de terrassement du site de l’église dédiée à la mémoire d’Alfred Saker.
Malgré cette découverte inédite et son intérêt historique, le site reste trop peu connu.

Il existait peu de sites où était pratiquée la traite négrière. La plupart du temps, c'étaient
des îles très proches du continent qui possédaient des eaux profondes accessibles par les navires
marchand sans crainte de s’échouer. C’est le cas de Nicholls island dont la côte sud assure un
minimum de 6 mètres de tirant d’eau. L’île ne se trouvant qu’à 600 mètres du continent, il était
alors facile de transporter les esclaves du continent par pirogue afin d’attendre leur
embarquement. Si le bateau n’était pas plein, il faisait alors escale à Fernando Po ou au large du
Sénégal pour charger d’autres esclaves.
Photo N° 14 : les vestiges de la traite négrière de Bimbia

Source : Internet, 10/03/2016, 8h12

 Les établissements hôteliers

La ville de Limbe abrite une trentaine d’hôtels de classes différentes, dotés de


restaurants et certains de night-clubs.

 Le stade omnisport de Limbé

Construit en 2012 et situé à 8 km du centre urbain, le stade de Limbé compte parmi les
édifices les plus beaux surplombant la ville. D’une capacité de 20 000 places assises, il a été
construit pour accueillir des matchs lors des compétitions internationales ainsi que le
championnat national. Il sera parmi les stades qui vont abriter des matchs lors des coupes
d’Afrique féminine et masculine que le pays s’apprête à accueillir respectivement en 2016 et
2019. Ce stade a été homologué le vendredi, 05 février 2016, par la Confédération Africaine de
Football (Caf). Le Cameroun peut désormais y organiser des évènements sportifs d’envergure
nationale et internationale. Cette autorisation de l’instance de football africain survient à la suite
d’une visite d’inspection qu’a effectuée lundi, 25 janvier 2016, l’émissaire de la Caf, Assogbavi
Kolman.

Photo N° 16 : Stade omnisport lors


Photo N° 15 : Stade omnisport de
Limbé, nouvellement construit du match inaugural
Toute cette potentialité touristique fait de Limbe une destination touristique très prisée.
De ce fait, y construire un établissement de tourisme identitaire de cet environnement, demande
une insertion adéquate. De ce qui précède, il est important de noter que la pratique touristique
dans cette ville ne sera en aucun cas semblable à celle pratiquée dans la région de l’ouest par
exemple. Ceci nous interpelle donc à voir quelles sont les pratiques touristiques dans la région
du sud-ouest en générale, et la ville de Limbé en particulier.

1.2.3.2. Pratiques touristiques

En matière de tourisme, la ville de Limbé et ses environs regorgent d’un potentiel naturel
important, les grandes forêts vertes et les espèces animales sont un patrimoine inexploré. C’est
ce qui fait la particularité de la diversité touristique de la région du sud-ouest.

 Agrotourisme

Domaine agricole industriel par excellence du pays, les terres volcaniques et fertiles de la
région ont permis l’implantation de plusieurs sociétés alimentaires telles que la Cameroon
Development Corporation (CDC), qui produit et développe dans la région les productions de
thé, de banane et d’huile de palme. On y retrouve aussi de vastes plantations de fleurs, d’ananas,
de palmiers, d’hévéas et bien d’autres fruits. C’est d’ailleurs la terre d’origine du très célèbre
poivre de Penja dont le gout unique est très apprécié par les gastronomes du monde entier.

 Tourisme balnéaire

Des collines boisées à l’océan, la région du Sud-Ouest est bordée par l’océan atlantique,
à quelques kilomètres duquel se situe le Mont Cameroun sommet le plus haut du pays et de la
côte occidentale de l’Afrique (4100 m). Le Mont Cameroun est un volcan encore en activité.

Limbé

Les belles plages de sable noir issu des diverses éruptions du Mont Cameroun,
ombragées par de grands arbres très touffus, sont très fréquentées. C’est la deuxième station
balnéaire du pays après Kribi. La brise marine permanente y rafraichit les visiteurs, tandis que la
mer chaude et calme invite à la baignade. On y trouve d’ailleurs de nombreux hôtels qui offrent
la possibilité de se détendre au bord de la plage.

Bakingili
Situé dans la région du Sud-Ouest à environ trente kilomètres de Limbé, le village
Bakingili est une petite station balnéaire à découvrir. Sa proximité avec la mer et la diversité de
sa flore sont un cadre idéal pour la détente, et ont séduit des promoteurs hôteliers qui s’y sont
installés. C’est une petite station balnéaire qui évolue dans le calme et la paix malgré la grande
diversité de ses populations majoritairement étrangères à savoir Ghanéens, peuples du Nord-
Ouest Cameroun, Bakwéris et Ewondo dévoués à la pêche et au fumage du poisson.

Idenau

Idenau située à la frontière du Cameroun avec le Nigeria, est un endroit inévitablement


touristique. Ce petit port régional, dont les plages sont constamment bordées par les pirogues
des transporteurs pêcheurs locaux, abritent des Camerounais originaires de plusieurs régions
dont celle de Nord-Ouest, ainsi que des expatriés originaires du Nigeria, du Ghana, etc.

 Tourisme culturel

Le patrimoine culturel de la région du Sud-Ouest est fortement marqué par l’histoire du


colonialisme au Cameroun. Dans la région on peut découvrir :

Bimbia

Sur les rivages de l’Atlantique, non loin de Limbé, se trouve l’ancienne station négrière
de Bimbia. Sa forêt conserve des vestiges de la traite négrière découverts il y a une vingtaine
d’années, en 1987, lors de travaux de terrassement du site de l’église dédiée à la mémoire
d’Alfred Saker. Le site porte encore des traces indélébiles de la traite négrière à travers les
bâtiments dans lesquels les esclaves étaient parqués avant d’être embarqués, principalement des
cadenas qui ont servis à les enchainer et d’autres ustensiles utilisés par les négriers.

Les tombes allemandes

La ville de Buea a été la capitale politique du Cameroun entre 1901 et 1908. Elle abrite
un cimetière allemand contenant les tombes des quelques Allemands affectés au Cameroun et
décédés pendant l’époque coloniale.

 Tourisme de santé

En dehors des aires de santé conventionnelles et de la médecine traditionnelle, la ville de


Limbé dispose au sein de l’hôtel SEME BEACH d’un SPA pour la remise en forme. Alimenté à
l’eau naturelle de source, il propose plusieurs massages qui permettent aux visiteurs de se
détendre.
 Tourisme sportif

L’ascension du Mont Cameroun, dénommée « course de l’espoir », qui se déroule


chaque année à Buea où prend pied ce sommet, est la principale activité de tourisme sportif.
Cette course internationale est très attendue dans le pays, et assure la visibilité de la région sur le
plan national, en faisant ressortir ses attraits naturels et touristiques.

1.3 Les attractions architecturales et Patrimoine architectural à préserver

1.3.1. Les attractions architecturales

Ce sont des édifices construits par l'homme et qui véhiculent un message. Ceux-ci
peuvent symboliser une période de l'histoire ou plus simplement marquer un moment de la vie
d'un peuple.

L'histoire du peuplement du Cameroun révèle que les premiers habitants du sud-ouest du


pays sont originaires du Congo. Mais leur occupation de l'espace est très peu durable et
aujourd'hui, il est difficile de retrouver quelques signes de leur habitat, de leurs ouvrages, à
l'exception du Paramount Chief Palace d'ENDELEY, dans la ville de Buea.

Par contre, les premiers missionnaires arrivés au Cameroun en 1845 se sont établis sur la
côte, élevant des bâtisses en briques de terre qui leur servaient de logements, de bureaux et de
champs missionnaires. Plus tard, ils étendront leurs structures à la construction d'une chapelle,
d'une école à Bimbia. De nos jours, il existe encore les ruines de ces anciennes installations et à
quelques lieues un camp rénové construit en matériau préfabriqué comportant des logements
modernes, une chapelle, une salle de réunion et une école primaire à cycle complet à base de
ciment : C'est le Camp SAKER. Il est administré par l'église baptiste dont les bureaux sont
localisés à Limbé.

Photo N° 17: The "Republic of


Victoria" in the 1870s; an eye-
witness account -

Source :
http://www.bakweri.org/#sthash.Y
goxXzdk.dpuf
Bien plus tard, les Allemands explorateurs au départ et colonisateurs par la suite vont eux
aussi faire leur entrée au Cameroun en 1884. Initialement installés à Douala, ils vont lui préférer
Buéa qui deviendra la capitale de leur domination. Ceci a pour effet de la doter d'abondants
atours du pouvoir : Le palais du Gouverneur et ses services centraux. Ce sont de constructions
adaptées à la sismicité de la région. Aujourd'hui, la plupart des représentations provinciales
occupent ces édifices et le Palais du Gouverneur allemand de 72 chambres est la résidence
présidentielle du Sud-Ouest.

Sous la période anglaise, rien de notable n'a été relevé. Mais après les indépendances, les
initiatives de développement ont permis la création de la CDC, de la SONARA qui raffine
depuis 1981 à la pointe du Cap Limboh près de Limbé dont les bureaux sont des curiosités
pouvant servir à satisfaire le plaisir visuel du touriste.

Photo N° 18 : Ndaw'a Ngonja or


Traditionl "Mat House"

Source : http://www.bakweri.org/

L’image ci-dessus est celle de la maison traditionnelle Bakweri, aujourd’hui en


disparition au profit de la construction en agglos et la toiture en tôle et divers autres matériaux.
Il est important de noter que la case traditionnelle Baweri dans la majorité de cas, s’inscrit dans
le style de toiture conique et pyramidale, même si une forte présente des cases à deux versants
est à noter.

1.3.2. Des Patrimoine architecturaux et naturels à préserver

La Région du Sud-ouest en général et la ville de Limbé en particulier renferment un


certain nombre de bâtiments coloniaux qui peuvent aujourd’hui faire partie du patrimoine
culturel et architectural du pays. Les anciennes plates-formes d’embarcation et la résidence
d’Alfred Saker (missionnaire baptiste anglais, né le 21 juillet 1814 à Wrotham (Angleterre) et
mort le 12 mars 1880 à Peckham (Angleterre)), chargés d’histoire, sont à rénover pour être
intégrés dans le patrimoine culturel de la ville. La perspective historique est donc
nécessaire à la compréhension des paysages de Limbé car ceux-ci sont des signes. En
tant que tels, le touriste les perçoit et leur attribue des connotations (dangereux, utile, bon,
mauvais, beau, laid, etc.) qui, analysées, fournissent de nouvelles clés de lecture. Pour ce
faire, il faut tenter d’objectiver le plus possible l’analyse des perceptions par nature
subjectives (Bomer, 1994) en considérant le paysage comme un «espace de projet»18 pour
la collectivité, qui se fixe en la matière, des objectifs à atteindre et s’efforce d’en contrôler
les transformations. Les contrastes sont aussi bien marqués entre quartiers anciens et
quartiers récents, entre l’océan et la terre ferme, entre les grandes plantations, les espaces en
friches et les zones de cultures vivrières.Une gestion harmonieuse de ces
contrastes « naturels » et construits par l’homme n’est possible de nos jours
qu’à l’aide d’un Systèmed’Information Géographique (SIG).19

Conclusion

De tout ce qui précède, il est important de noter que la ville de Limbé est une véritable
destination touristique. Compte tenu de tout ce potentiel non seulement touristique, mais aussi
socio-culturel et environnemental, l’interpellation à la sauvegarde de toute cette richesse se fait
ressentir. Pour mieux les préserver dans le sens du développement durable, il est nécessaire de
savoir quels sont les impacts de l’activité de tourisme sur l’environnement lointain et immédiat.
La ville de Limbé est soumise à un certain nombre de risques morphohydrologiques dont il
convient désormais de prendre en compte pour son développement harmonieux, et respectueux
de l’environnement.

18
Bomer B., Le paysage, vu par les géographes…et par les autres. Bull. Associ. Geogr. Français, Paris, 1994, 1-24.

19
TCHOTSOUA Michel et NGUENDO YONGSI H. Blaise, Croissance des villes balnéaires et géorisques en milieu
tropical : le cas de Limbe au Cameroun. 23juin 2012.
CHAPITRE II : TOURISME, ETABLISSEMENTS DE TOURISME ET ENVIRONNEMENT
Introduction
Ce chapitre a pour but de présenter l’interrelation entre l’activité de tourisme, les
établissements de tourisme et l’environnement. Ici, il est question d’analyser le paysage naturel
et son impact dans le tourisme, les incidences de l’environnement sur la conception, la
construction, l’exploitation et la destruction des établissements de tourisme, ainsi que
l’influence des établissements de tourisme sur les composantes de l’environnement.

2.1 La valeur touristique du paysage


Parler de l’insertion environnementale d’un projet architectural des établissements de
tourisme, revient à mettre en valeur le paysage dans lequel est inséré ce projet. L’œuvre
architecturale devant de ce fait prendre en compte les exigences de son environnement
d’implantation.
2.1.1 Définition du concept paysage
Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes
d'un espace limité, d'un « pays ». C'est une portion de l'espace terrestre, représentée ou observée
à l'horizontale comme à la verticale par un observateur ; il implique donc un point de vue.
Au sens premier, commun et répandu du terme, le paysage, c’est «ce que je vois »
(NEURAY, 1982),c’est-à-dire la « physionomie d’un espace qu’on embrasse du regard ou celle
d’une contrée que l’on traverse, parcourt ou survole» (NOIRFALISE, 1988).Le plus simple et le
plus banal des paysages est, comme le dit BERTRAND (1978) à la fois social et naturel,
subjectif et objectif, production matérielle et culturelle, réel et symbolique.
Le paysage se situe ainsi à la charnière entre un objet: l’espace, le lieu, et un sujet: l’observateur,
(BERQUE, 1991). Etablissant la différence entre le paysage et l’environnement, BERQUE
précise : « le paysage n’est pas l’environnement ». Il ajoute « l’environnement c’est le coté
factuel d’un milieu (c’est-à-dire de la relation d’une société à l’espace et à la nature). Le paysage
c’est le côté sensible de cette relation20 ».
Le terme de paysage a subi, au fil du temps - depuis sa formulation originaire, jusqu'au
présent - une notable évolution, en passant d'une vision principalement contemplative, à une
vision dynamique, complexe, en rapport étroit avec l'évolution du territoire.
Ainsi, parmi les premières définitions du terme (tel qu'on le connait et perçoit
aujourd'hui), on cite celle du Petit Larousse (1974): «étendue de pays qui présente une vue
d'ensemble: admirer un paysage», aussi bien que celle du Robert (1977): «Partie d'un pays que
la nature présente à une observation».
Les premières définitions du paysage de l'écologue sont celles de Bertrand et ensuite de
Forman et Godron.

20
Monique TOUBLANC, 2004, Paysage en herbe : le paysage et la formation en agriculture durable, Educagri.
Ainsi, pour Bertrand (de formation géographe), «le paysage est un médiat entre la nature
et la société ayant pour base une portion d'espace matériel qui existe en tant que structure et
système écologique, donc indépendamment de la perception» (Bertrand, 1975).
Forman et Godron définissent le terme de paysage dans le premier livre de cours
d'écologie du paysage, en suivant la direction de pensée de Bertrand - «un paysage est une
portion de territoire hétérogène composée d'ensembles d'écosystèmes en interaction qui se
répètent de façon similaire dans l'espace» (1986).
Aujourd’hui, le paysage trouve une dimension opérationnelle nouvelle en aménagement
du territoire. Parce qu’il est une image de la réalité perçue par les sens, le paysage ne peut
fournir des informations que sur un espace de dimensions réduites. La puissance de ses sens
limite les investigations de l’observateur à quelques centaines de mètres à la fois.
Dans cette perspective, le paysage peut se définir comme l’image d’un lieu tel qu’il est
perçu par un observateur qui, du sol, le regarde. Le paysage est alors une apparence de la
manière dont les éléments constitutifs de ce lieu s’organisent dans l’espace. Il est l’image d’une
structure spatiale à l’échelle locale. Les déplacements de l’observateur par rapport au lieu lui
donnent à voir une série de paysages différents mais qui tous contiennent les images d’éléments
spécifiques au lieu. Il peut ainsi concevoir que tous ces paysages se rattachent à une même
réalité, à un même lieu. Ainsi, un lieu est-il perçu subjectivement à travers une multitude de
paysages.21
Le paysage n’est cependant pas la seule image du lieu. Le lieu peut également être perçu
au travers d’une image zénithale par exemple. Mais l’image que fournit une vision zénithale ne
peut en aucune manière être appelée paysage. Ce que procure la vision zénithale, analogue à la
représentation cartographique, est loin d’être la vision familière des hommes22. Le paysage se
perçoit du sol, en trois dimensions, dans une vision nécessairement limitée.

2.1.2 Les paysages touristiques


Les paysages touristiques sont dédiés à l’accueil des touristes. On y a construit des lieux
de résidence (hôtels, restaurants...) ainsi que des lieux de loisirs (terrains de jeux, télésièges...). Il
existe différents types de paysages touristiques dans le monde: les littoraux; les espaces
montagnards; le tourisme culturel; le tourisme vert; les parcs d’attractions, etc.)

21
Conseil consultatif canadien de l’environnement, 1991, Indicateurs d’un développement écologiquement
durable, Ottawa.
22
Gilbert Leblanc, La vale ur tour istique et éco no mique des p aysages gaspésie ns, Carleton­sur­Mer, février
2008, 21 pages
Les paysages touristiques varient selon la taille et la masse des installations (hôtels,
routes, installations portuaires et balnéaires, immeubles...).Des parcs naturels ont été créés pour
préserver la nature et accueillir les touristes. Des parcs de loisirs se sont multipliés également.

2.1.3 Paysage comme facteur déterminant de déplacement


De nos jours, le tourisme est perçu pour ce qu’il est : une des plus grandes industries au
monde, le plus important employeur, un des secteurs qui connait la plus forte croissance, enfin
un des secteurs les plus importants de développement régional et social. Le tourisme se
développe en fonction de l’attrait de la zone touristique à visiter. De multiples raisons expliquent
l’attrait d’une région touristique. Les paysages figurent en tête de liste, le plus souvent des
paysages, modèle « nature sauvage » mais également le modèle « campagne urbaine ».(
Marie­Josée Fortin, mémoire de maîtrise, Uqac, juin 1999) Les éléments sous-jacents au
choix d’une destination touristique plutôt qu’une autre, ainsi que les facteurs qui expliquent
l’attraction d’une destination touristique, représentent autant d’indicateurs de la
valeur touristique déjà connus et mesurés et, conséquemment, de la valeur économique
des paysages. Les intentions de destinations touristiques se forment à partir des
perceptions que les touristes ont des motivations qui les animent et des expériences
touristiques qu’ils recherchent.
Par ailleurs, l’attraction d’une destination touristique s’établit sur la base de ses
caractéristiques propres et de son unicité qui lui confèrent un avantage concurrentiel
distinctif par rapport à une autre région ou à une autre destination. L’aspect « scénique »
du paysage attire et enveloppe l’expérience vécue par le touriste. Le paysage peut alors se
mouvoir de façon unique et reconnaissable dans des reportages, des cartes postales et de la
publicité. Indéniablement, le paysage, de par son caractère généralement unique, est le
visage d’une localité, d’une région, d’un territoire. Le paysage est une richesse de
premier ordre : une de ses principales valeurs est au niveau patrimonial. Ainsi, le
paysage, de par son caractère distinctif, est un atout, un avantage sur lequel une région peut
miser et se positionner pour attirer les touristes. L’importance de pouvoir évaluer
économiquement les paysages, est selon moi une façon et probablement la plus juste
pour argumenter avec les développeurs qui nous arrivent toujours avec leurs études de
faisabilité et leurs millions d’investissement. Comment préserver et mettre en valeur des
paysages sans avoir des arguments économiques semblables, non pas pour freiner le
développement, mais pour réaliser vraiment du développement durable?
La problématique au niveau des paysages reste la même, elle relève des rapports
de l’humain avec son environnement.

Les rapports de l’homme avec le paysage ne sont pas appréhendés dans leur totalité. On
considère les systèmes naturels, des systèmes socio­économiques, les uns ajustés aux autres
le plus possible, mais la question des paysages perçus et vécus n’est pas posée. Marie­Josée
Fortin dans son mémoire de maîtrise déposé en juin 1999 à l’Université du Québec à
Chicoutimi, qui a comme titre, Le paysage comme lieu d’expression de l’identité rurale,
s’est intéressée au rapport particulier au territoire et à la nature, ‘’le paysage comme
regard singulier porté sur son territoire d’appartenance et le paysage, un cadre
conceptuel pertinent pour saisir l’identité rurale’’, ce qui pour elle caractérise très bien
les gens des régions rurales : son étude vient confirmer que le paysage est un regard
singulier porté sur son territoire d’appartenance, le paysage offre un cadre conceptuel
pertinent pour saisir l’identité rural et cette identité devient un moteur du développement local.
Les gens s’identifient aux paysages qui les entourent, cette observation vient
justifier la pertinence de l’évaluation économique des paysages, afin de pouvoir les
préserver et de les mettre en valeur.

La valeur touristique et donc la valeur économique des paysages, ne font plus de doute
même si aucune méthode d’évaluation n’a encore été développée. Les paysages génèrent : une
valeur touristique et économique, si l’on considère les investissements compensatoires requis…
Une valeur attraction principale, et doncdes retombées économiques directes, dans les
régions où ils sont distinctifs et relativement uniques…, une valeur complémentaire
d’attraction pour certaines activités touristiques spécialisées… Les paysages apparaissent en
tête de liste des raisons qui motivent le choix d’une destination de voyage. L’unicité et la
qualité des paysages déterminent le choix des destinations pour la pratique de plus en plus
d’activités touristiques spécifiques.
2.2 Les effets bénéfiques du tourisme et des établissements de tourisme sur
l’environnement littoral
Le tourisme est responsable de la protection de vastes zones d’habitat naturel. La vie
sauvage, les réserves forestières, et les paysages remarquables ont d’abord été préservés pour
leur attractivité touristique. Selon L’Union mondiale pour la nature (UICN), plus de 100 000
réserves naturelles auraient été créées de par le monde. Le tourisme est un élément essentiel
pour la conservation des monuments historiques, les sites archéologiques, les bâtiments anciens,
et les monuments à valeur religieuse ou culturelle. L’Europe, avec son riche patrimoine et la
diversité de ses monuments, de ses églises, de ses cités, et de ses villages est peut être le
meilleur exemple au monde pour la conservation d’un patrimoine à des fins touristiques. Non
seulement le tourisme a-t-il initié la défense de l’environnement, mais il fournit aussi des
revenus pour y parvenir.

2.2.1 Augmentation du bassin d’emploi et de richesses


 Contributions financières
Le tourisme peut contribuer de façon directe à la conservation des zones et habitats
sensibles. Les recettes générées par les ventes de billets et d’autres sources similaires peuvent
être réinjectées spécifiquement dans la protection et la gestion des zones environnementalement
sensibles. Une participation spéciale aux frais d’exploitation peut également être demandée aux
touristes et tour-opérateurs.
 Contribution aux revenus du gouvernement
Certains gouvernements extraient des revenus de sources indirectes, voire même
étrangères aux parcs et zones de conservation. Des taxes d’utilisation, les impôts sur le revenu,
des taxes sur les ventes ou la location d’équipement récréatif, et les droits perçus sur l’octroi de
licences pour des activités telles que la chasse et la pêche peuvent fournir aux gouvernements
des fonds nécessaires à la gestion des ressources naturelles.
En théorie au moins, une large partie des recettes sur des sites culturels et des parcs
naturels est réinjectée dans l’aménagement de l’environnement. Les fonds issus du tourisme
peuvent être également utilisés pour la rénovation de vieux bâtiments, qui pourraient servir plus
tard à des infrastructures touristiques et hôtelières23. Les bâtiments de taille importante peuvent
être aménagés en hôtels, en musées ou en centres de conférence, alors que de plus petites
maisons, caves ou entrepôts peuvent être convertis en gîtes, chambres d’hôtes, bars, et
restaurants. Les
vieux sites industriels (moulins ou usines par exemple) et historiques (maisons célèbres, prisons,
châteaux) sont autant de lieux d’attrait pour les visiteurs

2.2.2 Amélioration du management environnemental


Une bonne gestion des établissements et installations touristiques, et en particulier des
hôtels, peut augmenter les bénéfices des zones naturelles. Mais ceci requiert, en amont, une
organisation minutieuse pour un développement contrôlé, basé sur une analyse des ressources
environnementales de chaque zone. L’organisation et la planification permettent de se décider
sur un choix en cas d’utilisations contraires possibles, ou d’identifier des moyens de les rendre
compatibles. Dans le cas du développement du tourisme, une bonne organisation en amont
permet de prévenir des erreurs dommageables et coûteuses et d’éviter une détérioration
graduelle des atouts environnementaux qui nuirait à terme au tourisme.
Dans de nombreuses parties du monde, le tourisme a permis l’introduction de moyens de
gestion et de contrôle pour maintenir la qualité de l’environnement, et de permettre aux clients
de vivre une expérience satisfaisante. De telles mesures prennent la forme de permis de
construire, d’autorisations administratives incluant des critères environnementaux pour le
développement d’infrastructures, des plans de circulation routière, la création de zones de

23
Vers un tourisme durable : Guide à l’usage des décideurs, Programme des Nations Unies pour l’environnement
(PNUE), 2005, p. 99
protection des écosystèmes, la formation et l’octroi de licences aux professionnels du tourisme,
la limitation du nombre de visites, etc.
Malheureusement, ces contrôles sont, dans la plupart des cas, réalisés seulement après
que les atteintes à l’environnement soient à déplorer, triste résultat d’une expansion incontrôlée,
d’une surexploitation des ressources et du site, d’une gestion des déchets non maîtrisée, etc.
 Sensibilisation aux questions environnementales
En proposant un contact direct avec la nature et l’environnement, le tourisme a le
potentiel de sensibiliser le public à l’environnement ainsi qu’aux problèmes s’y rapportant. Cette
confrontation peut aider à mieux comprendre la valeur intrinsèque de la nature, aboutir à un
comportement plus responsable et mener à prendre part à des activités de préservation de
l’environnement. L’industrie du tourisme peut jouer un rôle clé en dispensant des informations
sur l’environnement et en sensibilisant les touristes aux conséquences environnementales de
leurs actes. Les touristes et les entreprises liées au tourisme consomment une énorme quantité de
produits et de services. Les encourager à n’utiliser principalement que ce qui est produit ou
proposé dans le respect de l’environnement, du berceau à la tombe, pourrait avoir un très fort
impact bénéfique sur l’environnement à l’échelle planétaire24.

2.2.3 Développement durable de la ville


Les impacts du tourisme sur la ville sont nombreux, et concernent tant l'économie que
l'aménagement ou l'organisation sociale de la ville. Dans la relation entre tourisme, durabilité et
ville, l'enjeu n'est pas tant de savoir de quelle manière assurer le développement durable du
tourisme, mais plutôt de voir comment le tourisme participe au développement durable de la
ville. Malgré la diversité des situations, notamment l'importance différente de la fonction
touristique, le tourisme tend, en général, à favoriser la durabilité en concourant à l'augmentation
de la densité et de la diversité des villes. Toutefois, la contribution que le tourisme peut apporter
au développement durable de la ville dépend beaucoup de la qualité des mécanismes de
gouvernance et de l'échelle territoriale à laquelle ceux-ci sont mis en œuvre25. Le tourisme
durable donne l'impression de vouloir s'imposer comme une nouvelle forme de tourisme26.
Le développement d’un tourisme qui préserve l'équilibre entre les aspects
environnementaux, économiques et sociaux : telle est l'ambition du développement touristique
durable. À l'échelle de la destination, cela implique de faire de cette ambition le fil conducteur
de la stratégie touristique pour le choix du positionnement, des cibles de clientèles, des

24
Vers un tourisme durable : Guide à l’usage des décideurs, Programme des Nations Unies pour l’environnement
(PNUE), 2005, p. 93.
25
Christophe Clivaz, Léopold Lucas, Les enjeux touristiques du développement durable de la ville, in cahier
Espaces n°110, Octobre 2011 - 10 pages
26
Jacques Perret, La diversité des processus de tourisme durable, in cahier Espaces n°67
Novembre 2000 - 7 pages
transports, de la gestion environnementale... Cela implique aussi d'inciter l'ensemble des
opérateurs, hébergeurs, gestionnaires de sites, monuments et services à s'approprier la
démarche27.
Développer un tourisme durable dans une ville durable, intégrer la réflexion sur le
tourisme (et sur les touristes) au projet de ville, tel est le défi des prochaines années pour le
tourisme urbain. Changer le tourisme dans la ville, c'est contribuer à changer la ville, pour le
plus grand bénéfice de ses habitants.

2.3 Les effets néfastes du tourisme et des établissements de tourisme sur l’environnement
littoral
Les effets néfastes du tourisme apparaissent lorsque l’utilisation du lieu par les visiteurs
excède la capacité du milieu naturel à absorber les perturbations engendrées. Le tourisme
incontrôlé représente une menace potentielle pour de nombreuses zones naturelles à travers le
monde. Les effets du tourisme et de l’hôtellerie sur les trois principales formes de milieux
naturels (eau, sol, air), ainsi que d’autres problèmes qui leur sont associés, seront évoqués dans
les paragraphes suivants. L’exposé prendra à la fois en compte les impacts de la construction des
équipements et des infrastructures, et les impacts engendrés par leur utilisation et leur
occupation.
Un impact sur l’environnement est l’évolution d’un paramètre de l’environnement (ou
d’un milieu) résultant d’une activité donnée, comparé au niveau qu’aurait atteint ce paramètre si
l’activité en question n’existait pas.
Par exemple, les impacts d’un port de plaisance sur l’environnement provoquent des
modifications de l’écosystème du lagon, sous l’effet de l’ancrage, des carburants, des eaux
usées, et des autres rejets chimiques des bateaux. Ces changements sont aussi la pollution de
l’eau, la mort de certaines espèces marines, et les nuisances sonores. Ces effets sont donc à
comparer aux évolutions qui auraient naturellement eu lieu dans le même lagon si le port de
plaisance n’avait pas été construit comme une sédimentation progressive et l’évolution de la
végétation marine vers celle d’une zone humide ou de fortes marées qui auraient déplacé et
renouvelé les éléments nutritifs entretenant l’écosystème du lagon 28. Comme cet exemple le
montre, les impacts sur l’environnement doivent être considérés sur une zone spécifique et pour
une période précise. Les impacts sur l’environnement peuvent être directs ou indirects. Les
impacts directs sont ceux causés directement par une activité donnée ; l’impact indirect étant l’ «
effet boule de neige » ou le résultat de ce premier.

27
Programme pour un Tourisme durable, PNUE www.uneptie.org/pc/touris

28
C. Cooper, S, Wanhill , Tourism Development and Community Issues, 1997 , John Wiley & Sons, ISBN 0 47197
1162
2.3.1 Les impacts du tourisme sur la pollution
Le tourisme a des impacts sur la pollution à plusieurs niveaux. Il s’agit entre autres de la
nuisance sonore, de la pollution architecturale, de la consommation démesurée des ressources,
etc.
2.3.1.1 La pollution de l’air et les nuisances sonores
Le transport par les airs, la route, et le chemin de fer ne cesse d’augmenter en réponse à
l’accroissement du nombre de touristes et à leur plus grande mobilité. On estime que le tourisme
serait responsable de 53 % des émissions de gaz à effet de serre issues de l’activité humaine et
90 % de cette valeur provient du transport (OMT). Le transport par les airs est plus préjudiciable
à l’environnement que le transport en voiture ou en train, et ceci d’autant plus que le nombre de
passagers des compagnies aériennes augmente encore et que les prix des billets ne cessent de
baisser. Les émissions liées au transport et à la production et à l’utilisation de l’énergie sont en
corrélation directe avec les pluies acides, le réchauffement climatique et la pollution
photochimique. La pollution de l’air générée par le transport des touristes a un impact à l’échelle
mondiale, en particulier en ce qui concerne les émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à la
consommation en énergie des transports. Ceci peut très sérieusement affecter la qualité de l’air
local. Certains de ces impacts sont spécifiques aux activités touristiques : par exemple,
particulièrement dans les pays très chauds ou très froids, les cars de tourisme continuent à faire
tourner leur moteur pendant des heures tandis que les touristes partent en excursion et afin qu’à
leur retour ils puissent se réfugier dans le confort du car climatisé/chauffé.
Les embouteillages et le bruit dus à une concentration importante, qu’ils soient en ville,
dans les parcs naturels, dans les parcs d’attraction ou sur les voies navigables, peuvent
provoquer un stress considérable tant sur l’environnement que sur la population. Bouchons, files
d’attente, délais de livraison, bruit, coupures d’eau et d’électricité, manque de nourriture,
accroissent tous les impacts du tourisme sur l’environnement.

2.3.1.2 La pollution architecturale


Le tourisme a souvent raté l’intégration de ses structures dans le milieu naturel et dans le
contexte architectural local. Les constructions de grandes dimensions caractéristiques de
certaines stations n’ont pas leur place dans un environnement naturel, leurs architectures aux
styles très hétéroclites contrastant souvent lourdement avec l’architecture locale. L’impact visuel
des installations touristiques inclut aussi l’affichage de panneaux publicitaires. Beaucoup
29
d’experts du tourisme nomment cela « la pollution architecturale » . De plus, en l’absence de
schémas directeurs et de moyens de contrôle, les infrastructures touristiques ont tendance à
s’étendre de façon tentaculaire le long des côtes, des vallées, et des routes. Arrivent alors les

29
D. Pearce , Matheison and wall, 1978
détritus, les problèmes de gestion des eaux usées et des déchets solides, et les embouteillages de
la circulation routière qui contribuent à la pollution de l’air, de l’eau, et des sols.
Il y a quelques années les gestionnaires de stations, les professionnels du tourisme et du
bâtiment ont commencé à réaliser que l’architecture et le design des équipements ont une réelle
valeur marchande. Dans beaucoup de pays, les nouveaux projets sont souvent précédés par la
définition d’enveloppes visuelles et par leur représentation graphique sous différents points de
vue.
La construction ou la rénovation d’hôtels peut être une occasion de recourir à des
techniques et technologies traditionnelles, de redécouvrir les matériaux locaux et de collaborer
avec les autorités locales afin de construire des bâtiments dans le respect du cadre naturel et
adaptés à un climat particulier. Il est néanmoins nécessaire de rappeler que les entrepreneurs
n’agissent pas seuls et que le contrôle des impacts environnementaux requiert un gouvernement
local fort. La sensibilité aux enjeux environnementaux de la construction est aussi en train de se
développer.

2.4 La consommation démesurée des ressources


2.4.1 Les effets du tourisme sur l’eau
L’industrie touristique n’est pas la seule source de pollution de l’eau. Cependant, à
l’inverse de beaucoup d’autres industries, des rivières propres, des côtes, et des lacs où les gens
peuvent se baigner, nager, naviguer, et pêcher sont essentiels pour la qualité du tourisme. Dans
beaucoup de stations du monde, le tourisme produit des eaux usées non traitées, des déchets, et
des fuites d’hydrocarbures et de produits chimiques provenant des bateaux de plaisance qui
engendrent de sérieux impacts sur les milieux aquatiques.
L’eau, et en particulier l’eau potable, est une des ressources naturelles les plus sensibles.
L’industrie du tourisme fait en règle générale une trop grande consommation d’eau pour les
hôtels, les piscines, les terrains de golf, et la consommation en eau des touristes eux-mêmes.
Ceci peut donner lieu à des pénuries de substances nocives pour la couche d’ozone est en baisse.
Ce point sera traité plus en détail dans les Parties 1 et 4 de ce document. D’eau et à une baisse
ou dégradation des réserves, tout en générant simultanément une plus grande production d’eaux
usées.
L’entretien des terrains de golf entame aussi fortement les ressources en eau. Au cours
des dernières années, la popularité du golf a augmenté, multipliant rapidement le nombre de
terrains. Les terrains de golf requièrent d’énormes quantités d’eau au quotidien et, venant se
greffer à d’autres causes d’extraction excessive d’eau, ceci peut engendrer une pénurie des
ressources en eau. Si l’eau provient de puits, un pompage excessif peut provoquer une intrusion
d’eau saline dans les nappes phréatiques. Les terrains de golf sont de plus en plus souvent situés
dans ou à proximité de zones protégées ou de zones dans lesquelles les ressources sont limitées,
ce qui ne fait qu’exacerber leur impact sur le milieu naturel.

2.4.2 Problèmes liés à la dégradation des sols


Une mauvaise gestion des sols, associée à un choix de sites et modes de construction et
de conception peu durables ou mal pensés, provoque l’érosion des sols, des glissements de
terrains, et des inondations. Par exemple, dans beaucoup de régions côtières, les équipements
touristiques en front de mer ont fait augmenter ces risques suite à la disparition des protections
naturelles, notamment les dunes et le couvert végétal. Des murs et barrages ont souvent été
construits dans le but de stopper l’érosion, mais ces structures n’ont fait qu’aggraver les
problèmes qu’elles entendaient combattre. Par ailleurs, la construction de décharges enfouies
pour l’élimination des déchets peut provoquer la contamination des sols30.

2.4.3 La dégradation de la végétation


La construction induit souvent des terrassements, le défrichement de la terre, le
remblaiement, le dragage, et le nivèlement des sols, entraînant la destruction partielle voire
totale de la végétation du site. Cela interrompt sérieusement les cycles naturels des écosystèmes
environnants. Les impacts indirects sont l’érosion, la disparition d’espèces, la pollution des
cours d’eau, les risques d’incendies, et l’introduction d’espèces étrangères à la région. Le dépôt
sauvage des déchets peut aussi affecter la végétation par des changements de l’équilibre des sols
et en faisant obstruction à l’air et la lumière. La végétation peut aussi être endommagée par les
activités touristiques.
Le campement, le piétinement, et le traçage des chemins peuvent mener à la dégradation
de la couverture végétale, accentuant l’érosion et le lessivage des sols. L’ampleur des dégâts
dépend de la vulnérabilité et de la pression exercée sur l’écosystème. Dans les régions plates
dont les sols compacts portent un grand nombre d’espèces de plantes vivaces, les effets peuvent
être minimes ; mais sur les collines et les dunes la végétation est beaucoup plus vulnérable. Le
piétinement peut aussi avoir un effet négatif sur le système racinaire de certaines espèces.
Dans les zones maritimes (eaux côtières, récifs, plages et rivages, eaux du large, terres
immergées et lagons) de nombreuses activités touristiques se déroulent dans ou à proximité
d’écosystèmes fragiles. L’ancrage de bateaux, la plongée en tuba ou sous-marine, la pêche
sportive, le nautisme, et la navigation de plaisance font partie des activités pouvant cause une
dégradation directe des écosystèmes marins, tels que les récifs coralliens, et avoir un impact non
négligeable sur la protection des côtes et des pêcheries.

30
Tourisme, hôtellerie et environnement : impacts et solutions

http://www.unep.fr/shared/publications/cdrom/DTIx1043xPA/doc/fr/PARTIE2.pdf
2.5 L’empreinte des hôtels et des complexes hôteliers sur la biodiversité.
L’UINC, dans l’ouvrage intitulé Implantation et conception d’hôtels et de complexes hôteliers,

Partie I : Risques et opportunités


Principes et études de cas en matière de conservation de la biodiversité atteste que les hôtels et les
complexes hôteliers ont un impact sur l’environnement. Elle stipule que, Malgré leur
dépendance envers la biodiversité et leur interconnectivité avec celle-ci, les hôtels et complexes
hôteliers peuvent avoir des effets négatifs considérables sur les écosystèmes et les ressources
naturelles. Un hôtel a une incidence sur la biodiversité à chaque stade de son cycle de vie, depuis
sa planification jusqu’à sa fermeture :
- Au stade de la planification, le problème le plus important qui se pose pour déterminer
le niveau d’impact qu’un hôtel concerne les choix relatifs à son implantation et à sa conception.
Les choix des matériaux qui seront utilisés pour construire l’hôtel, leur provenance et l’ensemble
des caractéristiques physiques de l’hôtel détermineront également l’importance de son impact au
stade de l’exploitation.

- Au stade de la construction, l’impact est déterminé par la dimension et l’emplacement


de l’espace dégagé, le lieu où les activités de construction se déroulent, le choix des méthodes de
construction, l’origine, la quantité et le type de matériaux, l’eau et l’énergie utilisées,
l’emplacement des baraquements temporaires destinés aux ouvriers, le stockage inapproprié des
matériaux de construction, la quantité des déchets à éliminer, et d’autres types de nuisances telles
que l’érosion de surface des sols ou le tassement causé par les activités de construction ou la
perturbation de l’écoulement naturel des eaux et des systèmes d’évacuation.

- Au stade de l’exploitation, l’impact d’un hôtel provient essentiellement de l’énergie, de


l’eau, des aliments et des autres ressources qui sont consommées pour le fonctionnement de
l’hôtel ; des déchets solides et liquides qu’il produit ; de la manière dont son terrain est géré ; et
des impacts directs de ses clients. En outre, les travaux de rénovation réguliers et le remplacement
du mobilier, des appareils électriques et des équipements sont susceptibles de causer des impacts
sur l’environnement en raison des choix d’achat et d’une hausse des déchets à éliminer. Une
utilisation plus efficace de l’énergie et de l’eau, l’utilisation d’aliments bio et produits de manière
durable, la réduction, le traitement et le rejet des eaux usées de manière appropriée, la prise de
décisions d’achat durable et la gestion naturelle des jardins sont autant de mesures permettant à un
hôtel de réduire son impact néfaste sur la biodiversité. De même, la relation qu’un hôtel entretient
avec les collectivités locales non seulement affecte les activités durables de l’hôtel, mais également
l’utilisation des ressources environnementales par la population même.

- Lors de la fermeture, l’impact d’un hôtel est dû à l’évacuation des matériaux enlevés pour
le rénover, le convertir à d’autres usages ou le démolir, et aux travaux nécessaires pour ce faire. Il
peut être possible de réutiliser et de recycler certains matériaux. Cependant, les matériaux toxiques
qui peuvent avoir été utilisés, en particulier dans les bâtiments anciens, nécessiteront l’application
de précautions strictes pour leur manutention et leur gestion. Un opérateur hôtelier responsable
devrait également envisager de soutenir des actions de rénovations écologiques si nécessaire.

Les questions de biodiversité doivent s’inscrire dans la prise de décisions dès le tout début
de toute phase de planification jusqu’à la fin de la fermeture31.

2.6 Les incidences de l’environnement sur les établissements de tourisme

Les nouvelles infrastructures touristiques devraient être situées, conçues et construites


dans le souci d’améliorer la qualité de l’environnement. Ainsi produire des établissements de
tourisme respectueux de l’environnement, c’est comprendre les exigences de cet environnement.
C’est communiquer avec la nature dans le but d’établir un rapport d’équilibre entre
l’environnement et l’ensemble d’éléments à installer. La biodiversité est essentielle liée à la vie
humaine. Elle fournit à la société humaine tant de services et d’avantages importants.

2.6.1 L’incidence du paysage touristique sur la conception des établissements de tourisme.


Un tourisme respectueux de l’environnement ou tourisme durable peut se définir comme
un tourisme qui réponde aux besoins actuels des touristes et des entreprises du secteur, sans
compromettre la capacité des touristes et entreprises de demain d’apprécier et de profiter des
mêmes destinations. En d’autres termes, un tourisme durable est un tourisme qui répond aux
besoins des générations actuelles tout en conservant et en mettant en valeur la beauté et
l’intégrité des sites touristiques pour les générations futures
Pour mener à bien la conception d’un établissement de tourisme qui s’insère dans son
environnement, il est nécessaire de commencer par un inventaire des différents éléments.
L’inventaire et l’analyse du site du projet permet ainsi de savoir quelles sont les forces et les
faiblesses du site.
Dans notre cas d’étude, les données sur les différentes composantes de la biodiversité
dans cet environnement balnéaire nous permettent de savoir quelle partie architecturale adopter.
Par exemple la salinisation de l’eau de mer fait penser aux matériaux qui pourront résister à ce
phénomène. En fonction des informations sur la géographie, un choix être adapté. Un complexe
touristique dans la ville de Limbé et un autre dans la ville de Bafoussam ne répondront pas aux
mêmes exigences. En fonction du climat, de la culture, du relief etc., chaque conception aura
une particularité qui fera l’objet de son identité.

Les visiteurs choisissent leurs lieux d’hébergement en fonction d’un cadre de vie
particulier, d’une image qui les fait rêver. Ils sont à la recherche d’un «bout de campagne»,
d’une vue embrassant des marais, de l’ambiance des bords d’un fleuve ou d’un canal, de
l’intimité d’un vallon, des charmes d’un hameau ou des curiosités d’une ville. Le projet

31
UICN, Implantation etconceptiond’hôtels etde complexes hôteliers Principes et étudesde cas en matière de conservation
de labiodiversité P7
touristique dépasse les limites du projet privé dans le sens où il est le point de découverte d’un
secteur géographique plus vaste32. Lieu de vie quotidien, c’est lui qu’on mémorise comme
représentatif d’une région. Il participe à son effet vitrine touristique.
Parlant de la conception d’un élément architectural dans l’existant, le Conseil,
d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) donne ce conseil :

« Vous allez créer un nouveau lieu, support d’une offre touristique,


dans un site particulier, à partir d’un bâtiment existant. Ce bâtiment
présente des caractéristiques et appartient à un ensemble plus ou moins
organisé, avec des constructions voisines. L’ensemble est situé dans un
paysage qu’il donne à voir, et dans lequel il est visible. Avant de vous
lancer dans les méandres du chantier, prenez le temps du recul,
observez, analysez, appréciez cette matière première originale. Du
paysage à l’intérieur du bâtiment, cet état des lieux, historique,
technique et esthétique, vous aidera à comprendre votre propriété, à
trouver les points d’appui qui guideront votre projet de valorisation. Il
s’agira ensuite de s’y référer à chaque question qui ne manquera pas
de se poser au cours du projet : quels sont les éléments importants à
transmettre, ceux qui caractérisent ce patrimoine ? »

Il en ressort qu’une connaissance de l’environnement et des pratiques permettraient de


«concevoir » les objets architecturaux33. C’est ce qui justifie l’accent mis de nos jours sur les
études d’impact environnementales.

2.6.2 Cadre pour un tourisme respectueux de l’environnement


Un tourisme respectueux de l’environnement, soit un tourisme durable, exige des efforts
constants dans la planification, l’exploitation, le suivi, et le traitement de tous les biens, et
services impliqués :
- Un schéma directeur pour un tourisme durable est un outil crucial pour assurer
l’amélioration des performances environnementales à l’échelle de la destination tout entière. Ce
plan doit être développé et appliqué en relation avec les autres secteurs d’activité liés au
tourisme : instance de contrôle, gouvernements locaux, établissements éducatifs, ONG, et
associations de citoyens.
- Les critères environnementaux doivent être incorporés à toute législation ayant trait au
tourisme – l’utilisation des sols, les politiques de planification, la construction, l’exploitation des

32
CAUE, Gîtes et chambres d’hôtes, concevoir dans l’existant, Guide pour la création d’un hébergement touristique
en Loire-Atlantique
33
Grégoire Chelkoff, Approche écologique de l’environnement et conception architecturale, Dispositif
architectural, formants d’ambiance, potentiels d’action.26 pages, P5
équipements, les normes de rejets atmosphériques, le traitement des déchets, la démolition, la
gestion des espaces naturels protégés, la gestion des visiteurs, etc. Le but étant de:
- La législation doit non seulement être promulguée mais aussi appliquée. Les
gouvernements doivent s’assurer que des moyens de contrôle adéquats sont en place afin
d’encourager des modes de développement et de gestion des infrastructures satisfaisants d’un
point de vue environnemental. Cela implique d’élaborer des procédures et des directives pour
l’ouverture de nouvelles zones au tourisme, de réaliser des études d’impact avec consultation de
la population, et de soumettre les professionnels à autorisation dans certains cas.
- L’industrie du tourisme doit prendre conscience de sa responsabilité vis-à-vis de
l’environnement et intégrer la gestion environnementale à tous les niveaux. Toutes les
entreprises du tourisme et de l’hôtellerie, quelles que soient leur taille et leur lieu
d’implantation, doivent réduire leur consommation de ressources naturelles et diminuer leur
production de déchets et d’émissions gazeuses.
- La gestion environnementale doit être intégrée à la gestion des attractions touristiques,
des centres de visiteurs, des musées, et des galeries, etc.
- Les nouvelles infrastructures touristiques devraient être situées, conçues et
construites dans le souci d’améliorer la qualité de l’environnement.
- Les gouvernements et les acteurs de l’industrie du tourisme doivent jouer un rôle actif
dans la sensibilisation et la formation de la profession aux enjeux de la protection de
l’environnement. Des stages et sessions d’informations sur l’environnement sont
particulièrement recommandés pour les petites et moyennes entreprises.
De ce qui précède, il est important de relever la nécessité d’une qualité de confort
irréprochable et une architecture harmonieusement intégrée dans la nature environnante. Un réel
effort doit être fait pour que l’aspect extérieur des établissements de tourisme ne nuise pas à la
beauté des sites. Dans un cadre comme celui de la ville de Limbé qui nous intéresse, les loges
installées dans les complexes touristiques devraient être extrêmement bien entretenues, offrant
la qualité requise pour les voyageurs ainsi que le charme africain. Sur les sites de l’océan indien
par exemple, vous trouverez de nombreux hébergements de charme en bord de mer ou dans les
terres de style colonial ou Robinson selon vos gouts…avec toujours cette même impression de
dépaysement.

2.6.3. Limbé : un paysage morpho-climatique fragile


La configuration de la maquette naturelle de cette ville balnéaire se prête à une
évolution morphologique rapide dès que l'équilibre écologique est compromis. L’activité
volcanique, l'altération et la pédogenèse ont généré des formations superficielles différentes
selon la position topographique et lesconditionsbioclimatiques.Pour comprendre les contraintes
liées à l'aménagement de ce modelé, il faudra se replacer dans le contexte morphoclimatique de
sa mise en place. Les cartes topographiques de Limbé au 1/50 000 et les observations de
terrain révèlent que la ville est logée dans un amphithéâtre topographique constitué par une
chaîne de collines volcaniques disposées en arc de cercle34 (ce sont d’Est en Ouest : Green
Hills, Mabetta Hills (295 m), Moho Hills, Motouo Hills (362 m) et Bondjo Hills. Cette chaîne
se connecte à l’imposant massif du mont Etinde par une légère dépression qui ouvre la ville au
nouveau quartier dit Mile Four. Le site urbain en lui-même est ponctué de quelques collines :
Bakoko et Alpha club Hills, White man Hills, Caterpillard Hills, Coconut Islands, Mbendé Hills,
Kié Hills et Botanic garden Hill. Ces monts culminent à 140 m au sommet de BakokoHills. Il
est aussi disséqué en interfluves aux versants convexes, séparés les uns des autres, par des
vallées larges de 5 à 100 m environ. C’est le cas de la Limbé River qui depuis Mile Two
jusqu’à l’océan atlantique coule dans un bas fond plat et large d’environ 150 m à son
embouchure. Quelques secteurs concaves ou convexo- concaves se rencontrent surtout
dans les amphithéâtres des têtes de vallées. Ils sont liés aux glissements de terrains, à
des ravinements ou à des soutirages suivis des effondrements. Les versants convexes sont
caractéristiques des collines et interfluves de la ville. Leur dénivellation moyenne varie
entre 30 et 80 m et leur pente moyenne entre 5 et 27°. Celles qui assurent le
raccordement au réseau hydrographique sont parfois abruptes et supérieures à 35° (45° sur le
versant sud du Bakoko hill vers Middle Farm). Une telle morphologie joue un grand rôle dans la
susceptibilité de la région vis-à-vis des risques morpho-hydrologiques au sens large du terme.
La morphologie des vallées est telle que les cours d'eau ne peuvent pas ou plus
creuser en profondeur. Là où la rivière coule sur des formations meubles, la pente est presque
nulle, les capacités d'incision du cours d'eau sont ainsi annihilées. Là où la pente est forte et les
eaux turbulentes, le fond est rocailleux et la vallée se prête beaucoup plus à une érosion
affouillante.Cet ensemble morphologique s’ouvre à l’océan par un trait de côte indenté, marqué
par des saillants (creek) et de rentrants qui disparaissent sous l’eau par une plage très peu
entretenue. La côte présente des estuaires caractérisés par des zones marécageuses, des
mangroves, des creeks, des îles et des bancs de sable. Le principal paramètre climatique actuel
responsabledesrisquesmorpho- hydrologiques dans la région de Limbé est, comme dans toute la
zone tropicale humide, la pluie. Il y a aussi la température dans la mesure où elle conditionne,
par dessèchement, le taux de perméabilité du sol. Traduisant un climat équatorial maritime,
les précipitations totalisent, en moyenne, 500 mm/an. Le maximum de pluies s’enregistre
entre juin et octobre tandis que le minimum se situe entre décembre et janvier. Il y a,
cependant, une inégale répartition des précipitations liée principalement à l’exposition aux
influences marines. La température moyenne annuelle se situe entre 26 et 27 °C. La

34
TCHOTSOUA Michel et NGUENDO YONGSI H. Blaise, Croissance des villes balnéaires et géorisques en milieu
tropical : le cas de limbe au Cameroun, 23 juin 2012. 12pages
communauté urbaine de Limbé jouit d’un réseau hydrographique dense qui, à la limite,
constitue un obstacle pour la construction des infrastructures routières. Ces cours d’eau sont
caractérisés par des débits très faibles en saison sèche et de forts débits en saison des pluies. Les
cours d’eau Moliwe et Mokota prennent leur source au pied des Monts Ebongo et coulent en
direction de l’Est. Tous les autres coulent Nord-Sud dévalant les pentes du Mont Cameroun.
La majorité converge vers la Limbé River qui traverse la ville avant de se jeter dans l’océan. Au
total, depuis le Précambrien inférieur, l'évolution lente du substratum de la région de Limbé
a subi des perturbations liées à la tectonique et à la succession de crises morpho-
dynamiques. Les rejeux tecto- métamorphiques du Tertiaire ont soulevé et basculé le
massif vers l'ouest, fracturé et broyé certains secteurs, rapidement exploités par l'altération
et par l'érosion, faisant de Limbé un littoral contrasté à plusieurs points de vue. Les disparités,
qui s'observent à travers les altitudes, les pentes et les formations superficielles se joignent
aux caprices climatiques actuels pour rendre la région potentiellement instable.

2.7 Les établissements de tourisme de Limbe : rapport avec l’environnement


La Loi n 96/12 du 5 aout 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de
l'environnement au Cameroun définit l’environnement en son article 4.k comme « l'ensemble des
éléments naturels ou artificiels et des équilibres bio-géochimiques auxquels ils participent, ainsi
que des facteurs économiques, sociaux et culturels qui favorisent l'existence, la transformation et
le développement du milieu, des organismes vivants et des activités humaines ». Ainsi, notre
objectif dans cette partie de notre travail est de faire une analyse des établissements de tourisme
situés sur la côte à Limbé. Il s’agit de voir quels sont leurs rapports avec l’environnement dans
lequel ils s’insèrent.

2.7.1 Le rapport avec le paysage


Il s’agit ici de voir la relation que les établissements de tourisme de la ville de Limbe
entretiennent avec leur environnement naturel, à savoir le paysage naturel.
« Pour qu'il y ait paysage, il faut qu'il y ait une vision d'ensemble des éléments
constitutifs du lieu. L'approche paysagère est globalisante; elle conçoit le lieu comme un tout
qui ne peut se réduire à la juxtaposition de ses parties. Les éléments qui caractérisent le lieu
appartiennent autant à la nature- au donné de base - qu'à la culture des hommes qui occupent le
lieu ou qui l'ont occupé. Le paysage donne ainsi l’image d’une interface nature/culture 35»

L’élément fondamental qui fait de la ville de Limbé une destination touristique prisée est
l’Océan. Le tourisme balnéaire et l’écotourisme sont les principales pratiques touristiques de la
ville. Ainsi sur le plan de l’intégration dans la nature, tous les établissements de tourisme ou

35
Paysage : état (introduction)http://environnement.wallonie.be/publi/etatenv/paysage/P11_24.pdf
presque tous font l’effort dans ce sens.
La maximisation dans l’aménagement horizontal des sites permet de rester dans le «
sky-line » du paysage naturel. Même si dans certains établissements à l’exemple d’Atlantic
Beach Hotel, le Seme Beach Hotel, le Fini hôtel l’exploitation de la verticalité a été faite, ils
restent dans le cadrage du paysage naturel.
Ce qu’il faut noter de désagréable est que dans l’ensemble les promoteurs des
établissements de tourisme ne mettent vraiment pas un accent sur le plan esthétique. L’accent est
mis sur le côté rentabilité immédiate du projet au détriment de la durabilité.

2.7.2 Rapport avec l’environnement


Parler du rapport qui existe entre les établissements de la ville de Limbé et
l’environnement, revient à voir comment et combien les moyens sont mis en jeu pour la
protection des écosystèmes. Lors d’une interview avec le Délégué du MINEPDED, il en ressort
qu’une bataille constante est mené pour la mise en application des textes relatifs à la
Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Cette RSE fait appel à l’EIES qui est de nos
jours indispensable à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement. Il ressort des
observations de la délégation départementale du MINEPDED que, plusieurs établissements de
respectent pas ces textes. En prenant juste l’exemple de la gestion des déchets, il est triste de
constater que certains hôtels situés sur la rive de l’Océan atlantique à Limbé, déversent les
déchets liquides dans l’eau.
D’une manière générale, force est de constater que l’activité touristique dans la ville de
Limbé a une incidence importante sur l’environnement. La zone de Down-Beach et l’Hôtel
Atlantic Beach en sont des cas pratiques. C’est pourquoi notre objectif dans ce travail est de
trouver une solution durable à tous ces problèmes, en vue de la conception d’une architecture de
tourisme qui s’intègre harmonieusement dans l’environnement.

Conclusion

Ce chapitre nous a permis de voir quelles sont les relations que les établissements de
tourisme entretiennent avec leur environnement. Il en ressort que les implications de l’activité
touristique sur l’environnement sont énormes. Autant les établissements de tourisme et la
pratique touristique ont une influence sur l’environnement, autant l’environnement a sur les
établissements de tourisme. Dans le cas précis de notre étude, il faut dire que les disparités, qui
s'observent à travers les altitudes, les pentes et les formations superficielles dans la ville de
Limbé, se joignent aux caprices climatiques actuels pour rendre la région potentiellement
instable. Alors pour que l’environnement et l’établissement de tourisme soient en harmonie, il
faut une conception architecturale conséquente. Pour y parvenir, il est important d’analyser les
modèles existants et de mener une bonne opération d’inventaire et d’analyse du site du projet.

DEUXIEME PARTIE: APPROCHE PRATIQUE

CONCEPTION D’UN VILLAGE ECOTOURISTIQUE DANS LA VILLE DE LIMBE


AU LIEU-DIT « DOWN-BEACH ».
Introduction

Un complexe touristique est un ensemble d’installations hôtelières et d'équipements de


loisirs aménagés en un lieu par un même promoteur. Il s’agit dans cette partie d’analyser les
exemples de complexe touristique existant, de voir leur niveau d’insertion dans l’environnement
et de concevoir, à partir des exigences en termes de respect de l’environnement, un complexe
touristique inséré harmonieusement dans son environnement. Ce projet sera une mise en exergue
de l’interrelation entre les établissements de tourisme et leur environnement d’implantation. Il
est donc question de traduire graphiquement, à partir de l’analyse du site du projet, ce que nous
avons analysé dans la partie théorique de cette recherche.
La construction d’un complexe touristique exige une conception soignée et une bonne
intégration au site et au paysage. La désignation de zones d’interdiction des complexes
touristiques permettrait d’éviter une dégradation des paysages ruraux et naturels
Venu d’un environnement autre, le touriste qui séjourne dans un complexe touristique
devrait apprécier un paysage agréable ou impressionnant, son caractère unique, les curiosités
naturelles ou culturelles, l’attractivité des conditions de séjour et la possibilité de faire du sport
et de se détendre en plein air, un environnement sain, de bonnes infrastructures de transport,
d’hébergement, de restauration, de détente et de loisir et un habitat soigné portant des
caractéristiques de la culture locale.
CHAPITRE III : ANALYSE DES EXEMPLES
Introduction
Ce chapitre consiste à analyser les exemples des établissements de tourisme existant ici
et ailleurs. Il s’agira de voir quelle est la particularité de chacun des quatre exemples sur le plan
de la programmation, de l’aménagement spatial, et surtout le respect de l’environnement.

3.1 Critères de choix des exemples

Dans le but d’harmoniser les exemples analysés à notre espace d’étude, nous avons
choisi des modèles construits en zone balnéaire.
L'analyse des modèles a pour but de :
- Dégager une idée sur les études déjà faites.
- Reconnaître la relation qui existe entre l'utilisateur et l'espace donc c'est
comprendre leurs fonctionnements.
- Arriver à une synthèse plus ou moins riche qui sera par la suite la base de
notre intervention qui viendra comme réponse aux besoins des usages.
Le bon fonctionnement se fait pour la bonne organisation des espaces, dont le client en
aura accès et ceci évoque la réflexion, et l'approbation de la clientèle.
L'esthétique parvient aussi à attirer une grande clientèle, il peut être expliqué par la
façade qui est le premier accueil des clients.

3.2 Exemple I : Centre touristique de sidi Fredj en Algérie


Sidi Fredj est un nom lié à l’histoire de l’Algérie, il forme une presqu’île au relief parfois
accidenté et jouissant d’une belle et dense nature. Sidi Fredj est non seulement l’un des plus
remarquables complexes hôteliers de loisirs de la méditerranée, mais sans doute le plus
Algérien de tous ceux que possède aujourd’hui ce pays. Ces atouts font de Sidi Fredj une zone
touristique forte appréciée et une station balnéaire de premier choix.

3.2.1 Présentation
Sidi Fredj est un nom lié à l’histoire de l’Algérie, il forme une presqu’île au relief
parfois accidentés et jouissant d’une belle et dense nature. Sidi Fredj est non seulement l’un
des grands plus complexes hôteliers de loisirs de la méditerranée, mais sans doute le plus
Algérien de tous ceux que possède aujourd’hui ce pays. Ces atouts font de Sidi Fredj une zone
touristique forte appréciée et une station balnéaire de premier choix.
 Historique :

C'est le lieu historique du débarquement des Français commencé le 14 juin 1830, qui a
permis à l'armée française la Prise d'Alger survenue le 5 juillet. Première opération qui a conduit
à la destruction du pouvoir des Deys et de la régence d'Alger, dépendance au moins nominale de
l'Empire ottoman, ce débarquement est aussi considéré comme le premier acte de la Conquête de
l'Algérie par la France.

Dans les années 1970, la baie à l'est de la presqu'île a connu le développement d'un
centre touristique attractif, dont plusieurs bâtiments ont été dessinés par l'architecte Fernand
Pouillon.

Photo N° 19: Gravure de Sidi


Ferruch de 1835.

Source : Internet 08/05/2016 19h05

 Localisation du centre touristique :


Sidi Fredj, anciennement Sidi-Ferruch36 (en arabe ), est une localité située à
30 kilomètres de la capitale algérienne, Alger. Elle fait partie de la commune de Staoueli. Avec
ses belles plages de sable doré, Sidi-Ferruch est un site touristique convoité.

Photo N°20 : Photo satellite du


projet

Source : Google Earth

 Situation :

La zone d’expansion touristique « Sidi Fredj » est située dans la partie Ouest de la

36
Le nom francisé Sidi-Ferruch provient de la forme Sidi-Ferej, ou plus probablement Sidi-Ferrudj elle aussi
attestée. Le lieu est connu en France au XVIIIe siècle sous le nom de Seedy-Ferje (édition par Jean Neaulme des
voyages du dr.Shaw - La Haye 1743 - t.1,p. 85), et par les cartes de géographie sous celui de Torre Chica (même
source). L'ouvrage destiné au corps expéditionnaire en Afrique publié en 1830 nomme le mouillage et la presqu'île
Sidi-el-Ferruch ou Turetta-Chica (2° édition - p. 95,96 & 208).
ville d’Alger (exactement à 26 Km) et 44km de l’aéroport international de Houari
Boumediene, dans la commune de Staouali (la wilaya de Tipaza), limitée par la capitale à
l’Est et Zeralda à l’Ouest; Le terrain se trouve à des situations relativement proches d’un
nombre de villes plus ou moins importantes les unes par rapport aux autres.

Figure 03 : plan de masse de la


station (Source : Mémoire
aménagement touristique)

 Description :
Le centre est doté d'une capacité de 654 lits, 50 studios à 01 pièce, 56 appartements à
02 pièces, 55 appartements à 03 pièces. 01 solarium en saison estivale, 01 bateau de balade
en mer, école de voile, port de plaisance avec grue d'une capacité de 400 embarcations, centre
commercial composé de 24 boutiques, 01 discothèque "club71" et 05 Restaurants de
spécialités.
 Principe d’organisation :

Le projet implanté suivant la forme du terrain (intégration par mimétisme) pour assurer
la continuité du complexe avec La morphologie du Terrain. Ce qui permet de crée une façade
maritime très intéressante.

Figure 04 : zonings du projet


(Source : Mémoire aménagement
touristique)
- Zone 1 :

Groupement des activités Calme: centre Thalassothérapie + Amphi théâtre

- Zone2 :
Activités brouillant + activités Communautaires: Ils sont organisés autour du port de
plaisance et près de la plage pour profiter le maximum des vues Panoramiques agréables.

3.2.2 Etude de plan de masse :


Dans cet exemple, l’aménagement a consisté à créer un noyau central qui marque qui
marque l’entrée du projet en lui offrant un esprit plus accueillant et renforçant ainsi l’aspect
touristique de cette dernière qui sera animée par les commerces et les autres services qui
favorisent les contacts entre les touristes et les autres composants du centre touristique.
- Mettre les parkings a l’extérieur du centre touristique pour réduire la
circulation mécanique à l’intérieur.
- L’implantation des équipements est arrondie suivant la forme du terrain, cela va
créer une façade maritime continue très intéressante.
Donc on peut dire que le centre touristique est constitué de deux composantes
différentes;
- La première caractérisée par le groupement des activités calmes telles que le
centre thalassothérapie et l’amphithéâtre en plein air.
- La deuxième représente les activités bruyantes, c’est le groupement des activités
communautaires, ces derniers qui s’organisent autour du port de plaisances et près
de la plage agréable.
Sidi-Ferruch possède de nombreuses plages de sable, qui en font un site touristique et
balnéaire réputé à l’ouest d’Alger.
Figure 05 : Etude de plan de masse
Source : Mémoire aménagement
touristique

Photo N° 21 : la façade maritime et pole de plaisance


(Source : Internet 09 /05/2016 00h50
3.2.3 Accessibilité
Le terrain se caractérise par une position stratégique dans la mesure où ceci le rapproche
d’avantage de la capitale. On peut y accéder à partir du centre-ville d’Alger tout en prenant le
boulevard du front de mer.
 Les accès :
 Accès routier :
La circulation est piétonne, se projette sur un axe principal, celui qui mène vers la
capitale, se prolongeant ainsi à l’intérieur et desservant différentes zones d’activités.
Figure N°6: accessibilités du projet
(Source : Mémoire aménagement touristique)

 Accès maritime :
Un port de plaisance prévue à l’Est de la Z.E.T formant un accès principal à cette
dernière.
 Les parkings :
Les parkings se situent à proximité de l’espace récréatif qui est le port et ceci afin
d’assurer la tranquillité pour le pole calme et pour répondre aux besoins des baigneurs
journaliers.

3.2.4 Les composants du centre touristique :


 Hôtel El Mannar: 3*
C’est un hôtel de 3 étoiles avec 70 chambres doubles et 12 suites avec cuisine
internationale et spécialités algérienne, coffre shop tout repas léger et déjeuner, buffet, bar
américain, piscine pour adulte et enfant, il comprend;
 374 chambres (dotées de douches et toilettes)
 55 appartements de 2 à 3 pièces
 Restaurant, salon-bar
 Piscine avec bassin pour enfants
Photo N° 22: L'hôtel El Marsa, par
Fernand Pouillon (Fernand Pouillon, né le
14 mai 1912 à Cancon et mort au château
de Belcastel le 24 juillet 1986, est un
architecte et urbaniste français).

Source : Internet 08/05/2016, 19h11, par


Ludovic Courtès

 Hôtel du port: 4*
Il comprend,
 94 chambres avec salle de bain
 Restaurant, bar, salon privé et salle polyvalente (80 places)
 Piscine avec bassin pour enfants
- Traitement des façades :
De couleur blanche, avec des simples couvertures et un jeu de volume apparent, cela à
créer une silhouette harmonieuse avec l’utilisation d’éléments décoratifs.

Photo N° 23 : Façade de l’hôtel du Pont


 Centre touristique (Hotel Riadh)
Qui comprend l’hôtel Erriadh, réalisé en 1968, sur une superficie de 11000m2 avec une
capacité de 25lits, situé dans la partie Est, il est caractérisé par son inspiration du palais oriental,
il s’organise sur deux cours principales, l’une est composée à partir d’un damier végétal,
l’autre sert de mise en valeur à un plan d’eau (piscine), et s’ouvre sur la mer grâce à un portique.
Avec 101 appartements de 2 et 3 pièces ou studios aménagés il comprenant;
- 161 appartements (duplexes, 2 pièces et studio), dotés de cuisine, salle
de bain, et WC.
- plusieurs restaurants (snack-bar, pizzeria, Vivien, corso, bistro, et le grand
restaurant du port)
- banque pour les opérations de change

Traitement des façades :


Composé de 4 parties:
 partie basse ; L’utilisation des arcades le long de la façade pour mettre tout le R.D.C
en relief avec des grandes ouvertures qui sont en retrait par rapport aux arcades.
 le centre : des grandes ouvertures rectangulaires pour casser la linéarité du bâtiment.
 la loggia La partie haute caractérisée par des petites ouvertures.

 Centre commerciale :

Avec plusieurs cafés et terrasses ainsi qu’une multitude de boutiques entre fleuristes,
pharmacies, pâtisserie, librairie, photographe, vente de souvenir etc. Ce dernier est considéré
comme point de convergence du centre touristique.
 Centre de thalassothérapie:
Il comprend :
 installation hôtelière

 3 niveaux de chambres réparties


comme suite
 147 chambres à 229 lits

 73 chambres à 2 lits

 74 chambres à 2 lits
 Restaurant de 250 couverts

 2 cafétérias

 salon d’accueil

 salon de loisirs

 boutiques

 installation médicale

 Service de balnéothérapie comprenant

 3 piscines de rééducation

 piscine de natation

 des baignoires d’hydre massage, des pédiluves

 bains spéciaux : Algues et boues.

 Service de mécanothérapie comprenant:

 Poli thérapie et gymnastique médicale


 cabinets médicaux
 service de radiologie
 laboratoire d’analyses.

Traitement des façades :

Pour casser la continuité horizontale du bâtiment, ils ont introduits des éléments
verticaux pour ce but ainsi que leurs rôles techniques (des brises solaires), ainsi pour créer le
jeu entre le plein et le vide.
 Théâtre en plein air:

D’une capacité de 3500 places, il sert à la projection des films et la production des
grands spectacles.
- Salle de conférence de 20 à 400 participants
- Infrastructure hôtelière, restaurant, cafétéria, salle de commissions, secrétariat,
autre service . . . etc.

Photo N° 25 : Théâtre en plein air Photo N° 25: vue aérienne du


théâtre
(Source : Google Earthe)

 les cours de sports : on distingue les cours de:

- Tennis, ping-pong, école de voile (planche à voile, caravelle, ski nautique).

 Port de plaisance:

Nombre de postes à quai: 400 embarcations et solarium aménagé en été avec


parasols, ombrelles, chaises et matelas, etc.

Photo N° 26 : Port de plaisance Photo N° 27: Port de plaisance


Source : Internet 08/05/2016, 18h48 Source : Internet 08/05/2016, 18h48
Par Ludovic Courtès par Ludovic Courtès

 Le grand restaurant:
Décore le contour par des petites ouvertures circulaire pour symboliser le bateau et le
milieu touristique maritime.

Dans le côté Ouest se situe l’hôtel El Manar avec 4 étoiles sur un promontoire à
proximité de l’annexe part militaire reconverti avec une capacité de 374 chambres et 55
appartements de 2 et 3 pièces, avec 2 piscines, un grand restaurant et snack bar.
Avec la présence d’un lieu culturel attractif; un théâtre romain en plein air de 3500
places. Centre thalassothérapie: situé au Nord-ouest avec capacité de 229 lits (147ch) et une
installation médicale. Le centre est un peu isolé par rapport au complexe pour répondre au
besoin de calme. Salle de conférence: 400 places avec infrastructure hôtelier ; Restaurant,
cafétéria, salle de commission, secrétariat, fax et télex.

Centre Centre
touristique thalassothérapie

L’ensemble Hôtel El Manar

L’hôtel El Marsa

Port de plaisance

Centre commerciale

Figure N° 7: les composants du centre de Sidi Fredj

3.2.5 Synthèse
A travers cet exemple, on distingue :
- Une préoccupation d'organisation de la part de l'architecte qui s'est matérialisé par la
création d'un point de convergence plutôt d'un point fort du projet d'innombrables activités de
détente et de recréation.
- Présence d'une animation fortement exprimée à l'arrière plage pour palier l'existence
d'une place naturelle qui est la mer.
- Bonne orientation panoramique et géographique des différents équipements.
- Du coté conception architecturale, c'est la référence de l'architecte à l'architecture
algéroise (palais de casbah). Cette référence est traitée à travers divers éléments (arcades,
pilastres, matériaux de construction, etc.).
Quelle que soit la combinaison, chez Fernand Pouillon le volume prime sur le plan : il
devient sculpteur. Il écrit :
« Lorsque j’ai touché à ce programme touristique algérien, dans un
climat que j’aime, car je suis méditerranéen, et lorsque j’ai vu ce
que l’on pouvait faire, j’ai changé de nature. D’abord je me suis
adapté à l’Islam. Puis je me suis adapté à la manière de travailler,
c’est-à-dire dans un abandon total de trame, de tout ce qui est
linéaire dans la conception. Si vous voulez, j’ai travaillé davantage
en sculpteur qu’en architecte. J’ai essayé de réaliser de la sculpture
à l’échelle monumentale. Par exemple, si vous avez des courbes
continues qui vont de l’extérieur à l’intérieur, qui passent sur les
toitures, qui vont dans les sols et dans les jardins, et bien ces
courbes, on ne peut les dessiner qu’avec un geste. Il y a des choses
qui ne peuvent pas être dessinées sur un géométral. Il faudrait les
sculpter sur une maquette »37.
Cette recherche du mouvement se matérialise par des espaces en double hauteur, des
jeux de mezzanines, de rampes, de la lumière, etc.

3.3 Exemple II : Le Four Seasons Resort Marrakech (Maroc)


3.3.1 Situation
Situé dans la ville Rouge, en face des jardins de la Ménara, l'hôtel Four Seasons
Marrakech a ouvert ses portes en juin 2011. Le centre-ville de Marrakech se trouve à une dizaine
de minutes en voiture. L'aéroport n'est pas très loin, à environ 10 minutes. Luxueuse médina
contemporaine, le Four Seasons est une adresse rafraîchissante qui se distingue des autres
complexes hôteliers de luxe à Marrakech. Ce sanctuaire paysager de 16 hectares entouré de murs
est orné d'arcades et de cours avec fontaines et présente des bâtiments de faible hauteur nichés
dans des oliveraies et des palmeraies.

37
Delorme, Christine, « Fernand Pouillon, un urbaniste intimiste », in revue Urbanisme, n° 320, sept-oct. 2001.
Aménagement spatial du Four Seasons Resort Marrakech

Source : http://www.fourseasons.com/fr/marrakech/accommodations/suites/presidential_suite/

3.3.2 Les infrastructures

Il accueille les voyageurs dans un parc de 16 hectares où palmiers, oliviers, hibiscus et


autres fleurs offrent ombre et senteurs aux vacanciers. Son architecture se veut marocaine, sous
forme de Riad ou de petits bâtiments de quelques étages aux couleurs marron clair. La
décoration reste très contemporaine avec cependant de nombreuses touches marocaines,
luminaires en fer forgé, moucharabieh, zelliges, arcades, objets de décoration marocains, etc.
Certains trouveront l'ensemble vaste et un peu froid mais le tout reste harmonieux et décoré
avec raffinement. La réception se veut petite et confidentielle mais l'accueil se fait au salon
lounge Inara. Non loin de ce salon, vous découvrirez une belle bibliothèque avec cheminée.
Idéal pour les jours de pluie, certes peu nombreux à Marrakech mais qui arrivent parfois.
Photo : N° 28 Vue partielle sur la Four Seasons Resort Marrakech

Source : Internet Date : 10 /02/2016 à 14h55

Le bar Inara, ce qui signifie lumière naturelle en arabe, donne sur une belle terrasse
surplombant un bassin. Si vous séjournez en famille à l'hôtel, vos charmants bambins seront
accueillis comme des princes. Des poussettes, berceaux, chaises hautes sont mis à disposition
des parents. De plus, un club enfant est ouvert pour les enfants de 4 à 12 ans (en dessous de 4
ans, les enfants doivent être accompagnés d'un adulte). Jeux, piscine extérieurs, mur d'escalade,
vidéo, activités... autant d'atouts pour séduire les visiteurs. Le club enfant donne directement sur
l'extérieur, ce qui n'est pas toujours le cas. Chaleureux et coloré, il est le lieu favori des petits.
Pour les plus grands (12-17 ans). La maison des jeunes, où billard, babyfoot, consoles de jeux,
ordinateurs, panier de basket, ping pong, hamac et salle de cinéma (avec pop-corn) sont au
rendez-vous, est également un véritable lieu d’attraction. L'hôtel dispose aussi de deux piscines,
une pour les familles avec bouées, brassard et une autre réservée aux adultes uniquement, plus
calme.
Photo N° 29: Vue sur la piscine adulte Source : Internet , 10 /02/2016 à 14h55

Photo N° 30: Vue sur les aménagements exterieurs Source : Internet , 10 /02/2016 à 14h59

 Le SPA

Le Spa au Four Seasons Resort Marrakech est un sanctuaire de 17 salles de soins à mi-
chemin entre traditions du Moyen-Orient et pratiques occidentales contemporaines. Il s'étend
sur 2 000 m² et offre de nombreux soins et massages aux clients. Des soins du visage sont
prodigués avec les produits Natura Bisse, quant aux soins du corps, ils se font avec les excellents
produits Ila. Pour les massages on utilise l'huile d'Argan. Gommages et enveloppements sont
aussi au programme. Au total, 15 salles de soins pour une ou deux personnes sont disponibles. A
savoir, toutes les cabines de soin donnent sur une terrasse privée et parfois, la douche et la
baignoire sont installées sur celle-ci. On peut également se délasser dans le hammam, au sauna
ou au bain à remous. Pour plus d'intimité, les hommes et les femmes sont séparés. Notons aussi
que des soins pour adolescents sont aussi proposés.
Photo N° 31: Vue sur une salle de soin Source : Internet, 10 /02/2016 à 15h15

3.3.3 Les hébergements

Chacune des 141 chambres de ce luxueux hôtel de Marrakech, qui compte 27 vastes
suites, dispose d'un balcon privé offrant une merveilleuse vue sur le domaine du complexe, le
jardin de la Ménara chargé d'histoire ou les sommets enneigés des montagnes de l'Atlas. Elles
sont toutes décorées dans le même style, à savoir, contemporain, sobre avec quelques touches
marocaines (luminaires, moucharabieh, cadres). A l'honneur, les tons marron et beige rendent la
chambre un brin so chic. Un lit douillet trône au centre de la pièce. Un coin dressing permet de
ranger toutes ses affaires et chaussures. Afin de passer un séjour agréable, les visiteurs trouvent
toutes les commodités dans la chambre, télévision écran plat, climatisation et ventilateur,
facilitées thé et café, station iPod, I Home (avec différentes prises, USB, i Phone, etc.), minibar,
coffre-fort mais aussi le Wi-Fi (payant).

A savoir, toutes les chambres disposent de terrasse avec chaises longues, tables et chaises
ainsi qu'un ventilateur sur la terrasse. Côté salles de bains, elles se veulent spacieuses, dotées
d'une très profonde baignoire et d'une douche à l'italienne. Peignoirs, sèche-cheveux, pèse-
personne et produits d'accueil signé l'Occitane sont à disposition. Les toilettes sont séparées du
coin salle de bains. Dans cette pièce, la décoration reste dans la même ambiance, sobre avec
quelques éléments de décoration marocains. Contemporaines, chic mais aussi marocaines, les
chambres se veulent agréables, lumineuses et spacieuses.
Ainsi on distingue différents types d’hébergements sont :

 Les Chambres

 Chambre Supérieure
 Chambre Deluxe
 Chambre Première
 Chambre Pavillon

Photo N° 32 : Vue sur une chambre du Four Seasons Resort Marrakech

Source :http://www.fourseasons.com/fr/marrakech/accommodations/suites/presidential_suite/

 Les Suites

 Suite Executive Four Seasons


 Suite De luxe
 Suite Pavillon
 Suite De luxe Pavillon
 Suite Grand Pavillon
 Suite Présidentielle
 Villa Royale
Figure 09: Plan de distribution de la suite présidentielle

Source : http://www.fourseasons.com/fr/marrakech/accommodations/suites/presidential_suite/

Photo N° 33 : Terrasse de la suite présidentielle


Source : http://www.fourseasons.com/fr/marrakech/accommodations/suites/presidential_suite/

3.3.4 Restauration

Pour le moment, l'hôtel ne dispose que de trois restaurants. Dans l'avenir, un restaurant
des cuisines du monde ainsi qu'un bar lounge à tapas devraient ouvrir aux clients de l'hôtel mais
aussi de l'extérieur. Le restaurant le plus en vue de l'hôtel, se nomme, le Solano, comme son nom
le suggère, on y sert une cuisine italienne (pâtes, carpaccio, tomates mozza, parmigiano
d'aubergine, etc.), mais aussi quelques spécialités marocaines. Un chef italien venu de Naples et
une chef marocaine se partagent la cuisine et s'associent pour nous faire découvrir une cuisine
raffinée. Le petit déjeuner est servi sous forme de buffet, saumon, fromages, charcuterie, fruits,
céréales, crêpes marocaines, viennoiserie ou encore jus d'orange frais. La salle de restaurant se
veut chaleureuse, cosy et sobre. Le marron et le beige sont toujours à l'honneur. Il est aussi
possible de déguster un bon petit plat en terrasse. A midi, le déjeuner peut se prendre à l'Azzera,
situé au bord de la piscine pour adultes. On y déguste une cuisine méditerranéenne et des
grillades en terrasse. Idéal pour profiter du climat de Marrakech. Pour les petites faims durant la
journée, le « tea time » ou l'apéritif du soir, rendez-vous au Inara Lounge, situé non loin de la
bibliothèque.

Restaurant

Dans une ville réputée pour sa richesse culinaire, le Four Seasons Resort Marrakech
propose une offre de restauration raffinée. Le restaurant Solano fait dans la les saveurs du
Maroc. Après votre repas, dégustez un cocktail au bar-bibliothèque ou détendez-vous dans le
confortable salon de thé de l'Inara Bar and Lounge.
Offrant un cadre intime en intérieur et en extérieur, l'Inara Bar and Lounge est le lieu
parfait pour retrouver des amis ou des collaborateurs et apprécier un repas léger, un thé
traditionnel l'après-midi ou un cocktail.

Photo N° 34: Entrée principale du restaurant Photo N° 35: Vue sur l’intérieur du
restaurant

 Une décoration qui sait s'adapter

 Un style alliant un mobilier et des objets marocains traditionnels à des éléments


contemporains
 Des objets artisanaux en bois marocains et des carreaux de zellige donnent aux lieux un
caractère authentique
 Peut être transformée en suite avec deux chambres.

3.3.5 Synthèse :

Cet hôtel de 5 étoiles a une distinction particulière. Elle est une véritable mise en valeur
de la culture marocaine. Du style architecturale à la qualité des commodités et des services
rendus, un accent particulier est mis sur la valorisation se l’environnement socio-culturel. Nous
notons alors une véritable insertion environnementale de cet établissement dans son
environnement.

3.4 Exemple III : Complexe touristique à Madagascar :


3.4.1 Présentation de la ville de Majunga
Mahajanga, ville du nord-ouest de Madagascar, capitale de la province de Mahajanga, dans la
baie de Bombetoka et à l’embouchure du fleuve Betsiboka.
Troisième port de Madagascar, Mahajanga est un terminus routier et un centre d’échanges qui
exportent du sucre, du café, des épices, du manioc, des huiles végétales, du bois et de la vanille.
C’est également un grand centre industriel (traitement du sucre, du riz, des fibres et de l’huile
végétale, coton, cimenteries).

3.4.2 Présentation du complexe Balnéaire Aantsanitia Ressort


L’hôtel balnéaire Antsanitia Ressort à Madagascar est construit sur un site balnéaire
exceptionnel à 20 km au nord de majanga (M a h a j a n g a ), situé au bord de l’estuaire de
la rivière Morira. Le complexe surplombe de puis un petit plateau, cet estuaire et la
magnifique langue de sable blanc qui le sépare du canal de Mozambique. Un lieu de
relaxation, dans un cadre magique pour retrouver un tourisme authentique.

3.4.3 Situation et accessibilité de l’hôtel


L’hôtel Antsanitia Ressort, est situé à 45 minutes de l’aéroport international
d’Amborovy, et à une heure du centre-ville de majunga, et trajet emprunté est en soit un
parcours touristique, offrant au voyageur dès sa sortie de l’avion le plaisir d’observer une nature
de toute beauté en traversant de magnifiques paysages, de plaines, de rizières, et de foret. Les
plages au nord de Majanga sont encore vierges, elles étirent ainsi une vaste étendue de sable
blanc sur des dizaines de kilomètres, et sont propices.
Figure N° 10: PLAN DE SITUATION DU COMPLEXE

Source : Mémoire Complexe touristique à Marsat Ben M’hidi

3.4.4 Approche extérieure:


3.4.4.1 Disposition des grandes entités

Au centre : l’accueil, le restaurant, la piscine principale, les parties communes.

 Autour de cette zone centrale, l’hébergement s’organise en différents


ilots, correspondant à différents niveaux d’hébergement, et de prix. Sur le plus bel emplacement ;
le long de la rivière Morira, sont regroupées les suites, les bungalows individuels et
familiaux se trouvent autour de la partie centrale, les bungalows de huit chambres se situent
légèrement en retrait.
 C’est la zone de liaison avec le village traditionnel, le trait d’union entre ce dernier
et le complexe hôtelier.
 Il commence par la thalassothérapie, un centre culturel, un lieu culturel pour
faire d’Antsanitia un vrai village. Ensuite nous trouvons les boutiques artisanales, le centre de
formation A.D.T.I.A, un espace de rencontre pour les villageois et les employés de l’hôtel, avec
notamment une salle télé.
 Le quartier des employés de l’hôtel provenant de l’extérieur, à la fois proche
de l’hôtel, et séparé du village traditionnel, par la zone de liaison.
 Le village traditionnel, dont c’est la situation actuelle. Ainsi grâce à la zone de
liaison il se retrouve parfaitement intégré au complexe hôtelier, et bénéficie de nouveaux
équipements.
2_A
1) l’accueil, le 2A) les bungalows
Restaurant et la piscine individuel et
familiales

3) 2B) les
thalassothérapie, bungalows
2-B
centre culturel, de huit
centre de 1 chambres
formation.

4 L’accueille
restaurant et la
piscine

Le village traditionnel

Figure N° 11 : Aménagement spatial du complexe.

Source : Mémoire Complexe touristique à MarsatBen M’hidi


3.4.4.2 Etude du plan de masse :

Figure N° 12 : Plan de masse du complexe Balnéaire Aantsanitia Ressort


Source : Mémoire Complexe touristique à Marsat Ben M’hidi

Cette organisation de l’espace procède d’une volonté de créer un vrai village, et une
harmonie et des échanges entre ses différents occupants : villageois, employés de l’hôtel
venant de l’extérieur (hors de Madagascar) et touristes.
Le projet a été conçu pour être évolutif, et s’adapter facilement au marché, et à
l’évolution du tourisme intégré, tourisme équitable et tourisme durable à Madagascar.
Il y a une séparation entre les grandes entités composant le complexe (le restaurant,
bungalows suite, bungalows 8 chambres) par des simples voie de circulations.
 Matériaux de construction
Les constructions sont en ossature bois pour les bungalows individuels et les suites, en
traditionnel pour les octogones de 8 chambres. Les partie communes sont mixtes : traditionnel
et ossature bois. Les sanitaires sont réalisés en résine de synthèse pour un entretien et un
niveau d’hygiène irréprochable.
3.3.4.3 Structurations des fonctions à l’intérieur des composantes du projet:
Hébergement :
Les bungalows de type suite :

PHOTO N° 36 : Plan de distribution PHOTO N° 37 : Maquette virtuelle


Bungalow suite Bungalow suite

Source : Mémoire complexe Source : Mémoire complexe


touristique a Marsat Ben M’hidi touristique a Marsat Ben M’hidi

Ce type de bungalows prévus pour un couple et deux enfants, constitue l’hébergement le


plus luxueux d’Antsanitia Ressort. Elle comporte piscine particulière, un jacuzzi visible à la
fois depuis la terrasse couverte et la chambre. Ces suites bénéficient d’emplacements
privilégiés en surplomb de la rivière Morira. Elles seront sans contester parmi les plus belles
suites de Madagascar.
 Vues : ils ont les plus belles vues dans ces complexes, car ils sont disposés d’une façon
linéaire a proximité de la plage.
 Vue panoramique magnifique
 Avoir sa propre piscine

 Les bungalows individuels octogonaux :


Ce type de bungalows a le même plan, avec un style simple traditionnel, octogonale.
Ils sont construits en bois pour donner une certaine flexibilité.
 Vues : ces bungalows ont des vues vers le paysage forestier et parfois vers la plage.
 Architecture flexible
Photo N°38 : Plan de distribution Photo N°39 : Bungalow de type individuel
bungalow individuel
Source : Mémoire complexe touristique a
Source : Mémoire complexe Marsat Ben M’hidi
touristique a Marsat Ben M’hidi

Photo N°40 : Perception des bungalows individuels dans le paysage

Source : Source : Mémoire complexe touristique a Marsat Ben M’hidi


 Les bungalows octogonaux de huit chambres :

 Vues : ce type de bungalow donne une vue sur la plage vers le nord-ouest, et une vue
sur la forêt du côté sud Est

Photo N° 40: distribution bungalow de 08 chambres


Source : Mémoire complexe touristique a Marsat Ben M’hidi

Photo N°41 : Façade bungalow de 08 chambres


Source : Mémoire complexe touristique a Marsat Ben
M’hidi

Le restaurant principal du complexe :

 Présentation :
Le restaurant principal d’Antsanitia Reports intègre une boutique artisanale et un
restaurant bar ; pour recevoir sur Majauga les touristes en transit. Ce restaurant a une
capacité d’accueil de 100 couverts.
Photo N°42 : Vue arrière du restaurant
Principal et des Bungalows

Source : Mémoire complexe


touristique a Marsat Ben M’hidi
 Cette vue aérienne nous montre la position du restaurant par rapport à la plage et au
bungalow voisins.
 Vues : cet équipement offre des vues panoramique vers la rivière Morira, la piscine et la
plage.

Photo N°43 : L’accueil du restaurant Photo N°44 : La vue nord-ouest


Source : Mémoire complexe touristique a du restaurant
Marsat Ben M’hidi Source : Mémoire complexe
touristique a Marsat Ben M’hidi
 Architecture :

Le restaurant est construit presque avec le style des bungalows, la salle de


restaurant est une terrasse couverte pour bien profiter de la vue panoramique, vers la
plage et la piscine.
 Le plan :

Photo N°45 : Plan du restaurant principal, presentation volumétrique

Source : Mémoire complexe touristique a Marsat Ben M’hidi


 Le restaurant de la plage :
 présentation :

Le restaurant de la plage d’Antsanitia, est un petit restaurant qui se trouve a proximité


de la plage, dont la distribution de repas s’effectue soit au niveau d’un comptoir. Ou bien dans
des tables. Il sert à distribuer des repas le midi, et pour les personnes en bivouac de dîner et
de prendre leur petit déjeuner.

 les vues :

- ce restaurant est isolé du reste du complexe. La vue est directe vers la plage.

Photo N°46 : L’endroit isolé du Photo N°47 : La vue vers la plage à partir du
restaurant de la plage restaurant

Source : Mémoire complexe touristique Source : Mémoire complexe touristique a


a Marsat Ben M’hidi Marsat Ben M’hidi
 Architecture :
Le restaurant est composé d’une petit salle de préparation, une terrasse dans sont
disposées des tables à manger, et enfin en trouve le comptoir qui joue le rôle de distribution
des repas.

3.4.5 Synthèse :

Ce complexe hôtelier d’Antsanitia est un admirable comme un point touristique,


aussi tous les équipements ont le même style architecturale. Un accent particulier est mis sur
les matériaux locaux, la préservation des écosystèmes et la valorisation de la culture locale.
Ceci est alors une mise en exergue d’un tourisme durable donc le point d’ancrage est le
développement durable.

3.5 Exemple IV : Bota Beach House Limbe


3.5.1 Situation et description
Bota Beach House, véritable joyau touristique érigé sur les hauteurs du quartier
Botaland à Limbé (sur la route de l’usine SONARA) dans la région du Sud-Ouest Cameroun,
est le savoureux mélange architectural entre un manoir méditerranéen de bord de mer, et ces
résidences de célébrités hors de prix dont Forbes esquisse chaque année le classement à coups
de millions de dollars. Bref, un véritable coin de paradis. Le Bota Beach House est une villa
contemporaine luxueuse de type méditerranéen, situé au cœur du village pittoresque Botaland.
Cette résidence hôtelière est située sur une péninsule privée de 4000 m ² avec des vues
spectaculaires et panoramique sur l’Océan atlantique et les îles éparses. La résidente est doté de
9 chambres, dont 6 sont à louer, ainsi que bon nombres d’infrastructures et d’installations.

Photo N°48: Aperçu de l’ensemble du BBH


Source : Nous-mêmes
Cet établissement touristique que les visiteurs qualifie de « bijou architectural,
initialement conçu pour le confort personnel de ses propriétaires, est actuellement utilisé à des
fins touristiques comme maison d’hôte pour des séjours occasionnel et inoubliables. L’insertion
harmonieuse dans l’environnement crée une symbiose inédite qui fait dire d’elle, qu’il s’agit
d’ « un paradis terrestre »

IV-2. Equipements

Photo N°49: Aperçu du BBH à partir de l’Océan : Belle symbiose avec le paysage naturel

Source : Internet, 08/05/2016, 16h21

La maison d’hôte Bota est dotée de plusieurs équipements qui font d’elle une
particularité dans le rang des établissements touristiques de bord de mer dans la ville de Limbé
et même au Cameroun. Doté d'une piscine extérieure ouverte toute l'année et d'une salle de sport,
le Bota Beach House propose également un parking privé gratuit sur place. Chaque chambre de
cette maison d'hôtes climatisée dispose d'une télévision et d'une salle de bains privative. Il y
existe une connexion Wi-Fi gratuite.

Durant votre séjour, vole visiteur a l'occasion de préparer son repas dans la cuisine
commune. Cette maison d'hôtes comporte par ailleurs des installations de sports nautiques et
assure un service de location de voitures.

Photo N°50 : Vue sur une chambre du Photo N°51 : Vue sur salon :
BBH : mise en valeur du matériau communisation visuelle entre l’extérieur et
bois l’intérieur
Source : Internet, 09/05/2016, 13h20 Source : Internet, 09/05/2016, 13h40
 En extérieur

 jardin
 terrasse
 installations pour barbecue
 terrasse bien exposée
 piscine extérieure (toute l'année)

 Cuisine

 cuisine commune

 Activités

 centre de remise en forme


 pêche
 installations de sports nautiques (sur place)

 Services de nettoyage

 blanchisserie
 service de repassage
 service de cireur
 presse à pantalons
 service de ménage quotidien

Photo N°52: Yatchs (bateaux de Photo N°53 : Aperçu d’une

plaisance) présents sur le site de Bota symbiose entre l’environnement et

Beach House l’édifice à travers les matériaux de


construction
Source : Internet 08/05/2016,15h52
3.5.2 Insertion environnementale Source : Internet 08/05/2016,
15h30
S’agissant de l’aspect insertion, il est important de noter que le style architectural est
méditerranéen, donc propice à la zone balnéaire. L’édifice d’intègre dans son milieu à travers
également le choix des matériaux de construction. Elevé au milieu des rochers qui sont l’une
des particularités de ce milieu volcanique, cet établissement dont un exergue est mis sur le
matériau pierre crée une continuité avec le milieu naturel.
Sur le plan paysager, l’aménagement du site obéit au « sky line » de l’environnement
naturel. Les équipements intérieurs laissent voir une mise en valeur des matériaux locaux,
spécialement le bois. Il faut noter que même les équipements disponibles sont compatibles à
l’environnement, à savoir les yatchs, la piscine, le SPA.
3.5.3 Synthèse
Cet établissement de tourisme, situé dans la ville balnéaire de Limbé, est une exception
en matière d’implantation en harmonie avec le milieu naturel. On assiste ici à une mise en
valeur des matériaux locaux. Pour ce qui est de l’aspect visuel, l’édifice s’insère bien dans
l’environnement. Nous n’avons pas pu avoir les éléments nous permettant de vérifier si la
protection des écosystèmes est effective. La gestion des déchets liquides et solides devrait
nous permettre de dire si oui ou non on peut le Bota Beach House entre dans le cadre des
objectifs du millénaire en matière de développement durable.
Conclusion
Ce chapitre nous a permis de voir de près les réalisations déjà effectuées dans les
domaines touristiques en Afrique. L’exemple de l’Afrique du nord avec les cas de l’Algérie et
du Maroc ont permis de voir une insertion harmonieuse des différents projets dans leurs
environnements respectifs. Ici, les styles architecturaux traditionnels berbères, la culture
musulmane, la valorisation de la culture locale sont mis en relief.
Le cas de Madagascar situé tout près de nous est un modèle parfait de valorisation des
matériaux locaux, une démonstration du tourisme responsable. L’exemple de Bota Beach
House dans notre environnement de projet permet de voir une fois de plus l’importance de la
prise en compte de l’environnement sur la qualité de l’offre touristique.
De ce qui précède, il est question de passer par un inventaire et une analyse du site de
notre projet, afin de voir comme implanter harmonieusement ledit projet dans son
environnement.
CHAPITRE IV : DESCRIPTIONDU MILIEU RECEPTEUR DU PROJET ET
ANALYSE DES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX DU PROJET.
Introduction

La description du milieu récepteur du projet a pour objectif d’obtenir une connaissance


adéquate des sensibilités environnementales ou composantes qui risquent d’être affectées
par les opérations du projet. Dans le présent chapitre il est question de décrire les composantes
physiques, biophysiques et sociales du site du projet (Down-Beach) et de ses environs. Il s’agit
également de mener, même si elle n’est pas aussi précise faute des moyens techniques, une EIE
afin de voir quels seront effectivement les impacts du projet sur l’environnement littoral et vis-
versa
Cette description de l’état initial a été réalisée à partir des informations collectées
selon les techniques suivantes :

- Une étude bibliographique au cours de laquelle, différents documents ont été


consultés.
- Des descentes que nous avons effectuées sur le site du projet entre octobre 2015 et
février 2016.
- Nous nous sommes appuyées sur l’EIES effectuée dans le cadre de la
modernisation de la SONARA, site situé également au bord de l’Océan atlantique et qui
présente les mêmes réalités ou presque les mêmes que le nôtre, ainsi que celle mené par le
CPFC dans le cadre d’un projet similaire à Ngoye par Kribi.

4.1 Justification du choix du site du projet


Dans le cadre de ce projet de conception d’un complexe touristique respectueux de son
environnement, nous travaillons sur un espace qui nous a été pourvu par la Communauté urbaine de
Limbé. Ce site est exploité depuis des décennies à des fins touristiques et commerciales.
Contrairement à des sites souvent vierge, celui-ci regorge de nombreuses activités qui dans leur
mouvement quotidien ont un impact sur l’environnement de manière générale et l’environnement
côtière en particulier. Notre choix est porté sur ce site parce qu’il est propice à l’expression de nos
préoccupations. C’est un site qui présente déjà beaucoup de défaillance sur le plan
environnemental. Il est alors question d’implanter dans ce site un projet qui soit en harmonie avec
l’environnement.

Les objectifs du PDU 2022 de la ville de Limbé résultent du bilan diagnostic et des
orientations stratégiques d’aménagement retenues. Dans le cadre d’une démarche de
développement durable et de bonne gouvernance, il convient de poursuivre quatre objectifs
principaux. Celui qui nous intéresse le plus est l’inscription de cette ville dans une démarche
d’aménagement du territoire faisant une large place à la préservation du cadre de vie et à
l’environnement. Dans cette vision de développement, Down Beach est perçu comme la vitrine
future de limbe. Il est important de noter qu’aucune ville au Cameroun ne dispose encore de
berges aménagées d’attractivité internationale. Selon la Communauté urbaine de Limbé, Le
développement de l‘offre touristique dans le secteur de Down Beach devra s’appuyer sur
l’implantation d’équipements structurants (Palais de congrès, structures hôtelières, gallérie
commerciale, Musée d’histoire, centre nautique de loisirs).

Nous nous sommes intéressées à une portion du site mis à notre disposition par la
communauté pour l’aménagement d’un complexe touristique. Alors, faire un inventaire de ce site
revient à décrire les activités qui y sont menées, les différentes structures existantes, leurs
influences sur l’ensemble des écosystèmes.
Figure N°14: Plan cadastral du site du projet

Source : Services Départementaux du cadastre du Fako.

4.2. Inventaire du site : collecte des données environnementales


4.2.1. Infrastructures en place
Le site du projet renferme de nombreuses infrastructures à savoir :
- 01 bâtiment occupé par la chambre de commerces et une salle de fête ;
- 01 bâtiment occupé par la délégation départementale de la pêche du Fako ;
- Plusieurs autres gargotes de part et d’autres ;
- Des bâtiments en matériaux provisoires abritant les églises de dénominations
différentes ;
- Des maisons d’habitations de plusieurs catégories ;
- Des espaces de commerces et de plusieurs autres activités du tertiaire ;
- Des lignes électriques ;
- Le monument d’Alfred SAKER ;
- Un poste de police de sécurité publique ;
- Des bancs publics
- Etc.

Photo N°55 : Les Bukarou de Down-Beach


Photo N°54 : Chambre de commerce.
Cliché Mlle MIPO octobre 2016.
Cliché Mlle MIPO octobre 2016.

Photo N° 57 : Délégation
Photo N°56 : Vue sur le village des
départementale de la pêche du Fako
pécheurs
Cliché Mlle MIPO octobre 2016.
Cliché Mlle MIPO octobre 2016.
Des images précédentes, il en ressort que le site du projet renferme plusieurs infrastructures de
vocations différentes. Mais dans leurs diversités, tous ont un point d’attraction commun qui est
l’Océan Atlantique.

4.2.2. Activités pratiquées actuellement sur la plage


La pêche maritime est l’activité principale et la plus ancienne pratiquée par les
populations qu’elles soient autochtones ou allogènes. Elle se déroule en mer et sur la plage et
implique de très nombreux acteurs regroupés au même endroit, en plusieurs corps de métiers. On y
retrouve :
- 02 zones d’accostage, l’une non loin du petit marché à poissons et l’autre tout près
des restaurants ;
- Des activités liées à la pêche (vente de poissons, fumage du poisson, fabrication de
pirogues et de filets, etc.) ;
- Le commerce : - Restaurant - Cafèterait – Bars - shoping – etc. ;
- Toutes sortes d’activités du tertiaire ;
- Fumage du poisson ;
- Visites touristiques ;
- L’administration ;
- Etc.

Photo N° 58 : Lieu d’accostage des


Photo N° 59 : batis délabrés et en
pirogues de pêche.
matériaux précaires
Cliché Mlle MIPO octobre 2016.
Cliché Mlle MIPO octobre 2016.

Cliché Mlle MIPO, février 2016


Photo N°60 : Marée basse, Photo N°61 : Village des pécheurs
présentation de la pollution de
Cliché Mlle MIPO octobre 2016.
l’environnement par des déchets
solides.

Il fautCliché
noterMlle
de MIPO octobre
tout ce 2016.
qui précède, plusieurs autres activités sont menées dans cet
environnement et ses environs. Les eaux de ruissèlement sont une autre source de pollution des eaux
marines, car les deux cours d’eaux qui se déversent dans l’océan, en provenance de le ville, y arrivent
avec beaucoup de déchets.

4.3 Description des composantes de l’environnement

4.1.1 Analyse du milieu physique


Le site occupe une superficie de 29ha et la zone précise que nous allons aménager est
d’environ 07 hectares. Ce site a été concédé par l’Etat pour cause d’utilité publique à la
Communauté Urbaine de Limbé.
4.2.1.1. Le relief
Le site présente l’aspect d’une plateforme située à quelques mètres seulement au-
dessus du niveau de la mer, entre le pied du petit Mont à la rive gauche, le quartier
administratif et l’Océan Atlantique. Un microrelief très accidenté règne sur l’ensemble de
la région avec de brusques variations altitudinales de plusieurs mètres et quelques
plateaux généralement occupés par les populations. Le site précis sur lequel sera projeté notre
complexe touristique quant à lui, a un relief régulier.
D’après une étude menée dans la ville de Limbé dans le cadre de la géographie urbaine, il en
ressort que
« De par sa situation au bord de l’océan et au pied du Mont
Cameroun, la Communauté urbaine de Limbé est exposée à 3 types
d’aléas (Raz de marée ou Tsunami, Volcanisme et Tremblement de
terre) et 2 types de risques (mouvements de masse très fréquents sur le
versant sud-est des Monts Cameroun) et les inondations qui affectent
les bas-fonds et un type de risque technologique lié à la présence de la
SONARA38.»

38
TCHOTSOUA M. et DASSE P., Phénomènes d’érosion et gestion de l’environnement du littoral camerounais. In: G.
Mainet (éd.)-Société et espaces littoraux et insulaires dans les pays, 1998.
4.2.1.2. Pédologie
Le Mont Cameroun qui est un volcan toujours actif, situé dans un environnement pas très
proche du site, est un massif volcanique installé sur un horst constitué de terrains métamorphiques
et plutoniques anté-tertiaires. Son activité donne lieu à des coulées de lave. Ce volcan est
allongé selon une direction sud-sud-ouest/nord-nord-est sur 70 km, pour 40 km de large. La
présence du petit Mont Cameroun entre le volcan Mont Cameroun distant de 25 Km environ et la
raffinerie assure une protection de celle-ci en cas de coulée de lave. Ceci influence donc la
structure et même la texture des sols dans la région. Les sols sont donc faits de sédiments
provenant de l’activité volcanique.

4.2.1.3. Climat
 Pluviométrie
La ville de Limbe est une zone de basse pression permanente ou l’on enregistre
des vents de mousson deux fois par an entre mars - avril et octobre - novembre. Les
précipitations maximales varient entre 6 000 – 10 000 mm et sont observées dans le secteur
englobant notre site. Le taux d'ensoleillement est réduit durant la période des pluies et la
visibilité évaluée à 11 milles nautiques dans la majeure partie de l’année. La saturation en
eau du sol est vite atteinte, ce qui favorise le ruissèlement au détriment de l’infiltration.

Tableau 02: Pluviométrie de la région de LIMBE

Mois J F M A M J J A S O N D Année
Pluies
21 127 127 174 195 400 636 650 308 231 119 14 2002
(en
mm): Communauté urbaine de Limbé (2005)
Source

4.2.2 Analyse du milieu biologique


4.2.2.1 La Flore
La forêt dense ombrophile recouvre l’ensemble du plateau Sud-camerounais et les basses
terres côtières. La végétation au voisinage de Down-Beach est variée. Nous avons du côté du
nord-est le jardin botanique avec ses espèces variées de plantes. Au sud-est, se trouve une forêt
verdoyante du fait de la présente importante de l’eau. Il faut noter que certaines espèces ne
résistent pas à la salinisation de l’eau. La flore sur le site du projet à down beach est constitué de
quelques espèces arborescentes avec des arbres à fort diamètre ayant des ramifications
abondantes es très développées. Ces arbres peuvent atteindre 15 mètres de hauteur,
avec un diamètre dépassant 45 cm. Ils ont un impact sur les berges. Ceci nous fait penser aux
plantes appropriées à la foresterie urbaine.
A côté des espèces précédentes, l’on retrouve des herbacées du genre
Commelina et Aframomum etdesplantesornementales constituéesde Bougainvilliers, des espèces
du genre Ixora, Hibiscus et dont la plupart sont tout le long de l’année en fleurs. Il faut
signaler l’absence des Algues et des Mousses au niveau des caniveaux.

4.2.2.2 Richesses naturelles


La coopération anglaise entretient à Limbe 2 parcs naturels :
- Le Limbé Wildlife
Ses actions se concentrent sur la conservation des primates menacés d'extinction et
l'éducation des populations locales.
- Le jardin botanique
Créé pour acclimater les plantes telles que la quinine, le café, l'hévéa, le cacao et la
banane.
Ce jardin a également servi de centre de formation pour les Camerounais dans les
domaines de l'agriculture, de l'horticulture et de la foresterie. Aujourd'hui, il est devenu
après le Mont Cameroun, la plus grande attraction touristique dans le sud-ouest. C'est
également un centre international pour la recherche en biodiversité.
Le Jardin Botanique de Limbe a développé un Programme de conservation par la culture
(Programme CTC), dans le but de favoriser la conservation de la biodiversité riche et fragile du
Mont Cameroun. Le premier objectif de ce programme est de préserver les espèces sauvages
commerciales les plus menacées, en réduisant la pression d'exploitation sur les ressources
sauvages, grâce à la disponibilité du matériel cultivé. La réalisation de cet objectif passe par
l'application d'un programme de recherche structurée, impliquant le développement de
méthodes de domestication et de culture efficaces et peu coûteuses pour les espèces cibles.

4.2.3 Description du milieu socio-économique


4.2.3.1 Données culturelles et démographiques
La zone de Limbe étant située le long de la côté, les populations autochtones ont pour
principale activité la pêche. L’installation de la SONARA a amené certaines de ces populations à
se retirer à l’intérieur des terres. Pour ceux qui continuent à mener cette activité, l’implantation
d’un complexe touristique de grande envergure à Down-Beach constituera un frein à leur activité,
bien qu’il y ait déjà un nouveau site pourvu à cet effet.
Dans la région, la tranche des adultes représente la majorité de la population. Le reste
60
est représenté par les jeunes et les vieux. La population considérée comme jeune ici est celle
entre 1 et 20 ans, celle adulte se trouve entre 21 et 45 ans, pendant que les vieux sont entre 46
et 75 ans. La pression démographique qu’a subit Limbé du fait du développement touristique de
la ville a induit le repeuplement aux abords de l’Océan Atlantique.
4.2.3.2 Habitats et conditions de vie
L’habitat et les conditions de vie des populations dépendent et varient selon qu’ils sont
installés le long de la côte, donc en bordure de l’Océan, ou à l’intérieur des terres. Les distances
d’un village à l’autre sont assez grandes.
Les habitats situés en bordure de mer sont généralement pauvres et ce sont les camps
de pêcheurs. Les principaux types d’habitats qu’on y retrouve sont en palmes de raphia, en
planche de bois, en terre cuite et quelques rares en ciment39. Par contre, les habitats à l’intérieur
des terres sont un peu plus nantis.
Les établissements susceptibles de recevoir le public sont répertoriés dans la région, à des
distances plus ou moins éloignées des installations de la raffinerie. Ce sont notamment : le site
militaire, les hôtels, etc.
4.2.3.3 Composition ethnique et langue parlée
La localité de Limbe est constituée d’une pluralité ethnique. La population autochtone est
constitué des Bakweri et les allogènes sont les ressortissants de différent groupes ethniques et de
divers nationalités. Les pêcheurs présents à Down Beach sont principalement les nigérians, les
camerounais et autres.
La langue parlée par l’administration dans la région est l’anglais et le français. Toutefois, la
langue couramment utilisée par les populations est le « Pidgin English ». Certaines langues
spécifiques aux différents villages sont également parlées durant les cérémonies traditionnelles
importantes ou à certains moments lorsqu’un autochtone veut exprimer un sentiment profond. La
majorité de la population dans la région s’exprime en plusieurs langues.
4.2.3.4 Activités professionnelles
La ville de Limbé se distingue par la grande diversification des activités professionnelles.
Le secteur secondaire, constitué d’entreprises industrielles (SONARA et AES-SONEL,CHANTIER
NAVAL), le secteur tertiaire avec notamment les diverses administrations publiques et privées et le
secteur primaire, agricole notamment (CDC) composent la masse des salariés. S’y ajoutent les
petites unités de production, les ONG, etc. Le secteur informel y est aussi très développé et
consiste en toute une chaîne d’activités allant de la pêche à plusieurs petits métiers (vendeurs à la

39
CIME Service Sarl, Etude d’impact environnemental du projet de modernisation des installations de la
Société nationale de Raffinage du Cameroun, Rapport final, décembre 2009.
sauvette (les bayam-sellam), les cueilleurs de fruits, les laveurs de véhicules, les transporteurs
et les activités qui leur sont liées), etc.
La pêche est l’activité dominante pour les populations autochtones car se trouvant sur les
côtes. C’est une source directe ou indirecte d’emplois. Plusieurs pêcheurs ne sont pas
mariés et ont environ 36 ans. La pêche contribue au moins à 45 % aux apports protéiques de
l’alimentation avec le poisson consommé en abondance dans la région. Les pécheurs prennent leur
métier très au sérieux bien qu’ils soient généralement pauvres, ce qui encourage le
développement des autres métiers.
Deux principales formes de pêche à savoir la pêche artisanale et la pêche industrielle, sont
exercées avec une multitude de techniques telles que la pêche au filet surtout utilisée dans le
district d’Idenau. Idenau et ses environs sont des sites propices à la pêche notamment la pêche
des gros poissons comme le Baracouda. La pêche maritime qui est généralement industrielle,
nécessite d’aller jusqu’à 30 Km au large de la côte pendant que la pêche artisanale au filet se fait
juste à 12 Km.
D’autres activités socio-économiques sont liées à la présence de la SONARA dans la
région. La tendance socioéconomique révèle que les opportunités offertes par la SONARA
en termes d’activités et d’implémentation des gains est assez considérable. Si la SONARA est
une source évidente d’opportunités et que cela est perçu comme tel, les opportunités sont
appréciées de différentes manières. Ainsi, il semble que les femmes plus que les hommes
tireraient avantage de la présence de la SONARA dans la ville. Cet effet différentiel
d’opportunités et d’avantages s’explique par la structure des métiers que les hommes et les
femmes pratiquent. Les femmes, plus concernées par les petits commerces (petite restauration,
débits de boisson, « call-box », échoppes…) exercent des activités générées par l’existence de la
SONARA et par la nature balnéaire de la ville de limbe. Pour les hommes, les opportunités
sont moindres mais pas inexistantes.

4.3 Description des impacts et mesures d’atténuation


Cette rubrique décrit de manière exhaustive, les impacts que le projet est susceptible
d’occasionner sur l’environnement de la localité et propose pour chacun des mesures d’optimisation
pour les impacts positifs et d’atténuation pour les impacts négatifs. Il est à noter que les mesures
d’atténuation des impacts négatifs jugés significatifs sont reprises dans le Plan de Gestion
Environnementale et Sociale (PGES). Les impacts sont analysés par phase de mise en œuvre et par
composante environnementale touchée.
4.3.2 Impacts négatifs sur le milieu biophysique
Les activités prévues dans le cadre de la mise en œuvre du projet peuvent avoir des
impacts négatifs sur :
 la végétation
La dévégétalisation mécanique du site au moyen d’engins lourds, va entrainer par endroit
une élimination totale d’un couvert végétal originel qui résiste à peine aux effets de l’érosion
côtière. On assistera ainsi, à la coupe de quelques arbustes, à un décapage de la terre qui
entrainera la destruction du gazon naturel. Au regard de la faible diversité du couvert végétal du
site, cet impact sera assez ressenti et modifiera légèrement le paysage du site du projet.
Cette perception de la modification du paysage peut être tempérée par une limitation de
l’accessibilité au site à travers la construction d’une clôture faite de matériaux provisoires. Il sera
alors indispensable dans la conception de prévoir beaucoup d’espaces verts. Ceci permettra
d’atténuer l’impact du projet sur la végétation.
 Le sol
La dévégétalisation mécanique au moyen d’engins et camions va entrainer un compactage du
sol, qui résultera d’une circulation répétée et anarchique des engins et camions sur le site. Ce
compactage facilitera le transport des déchets solides et liquides drainés par les eaux de pluies de
l’hinterland vers l’Océan. Il entrainera aussi la destruction des microorganismes détritivores
responsables de l’activité minéralisatrice du sol au profit des plantes. Cet impact négatif qui reste
localisé, mais va au-delà de la phase de pré-construction est jugé significatif.
Il pourra être tempéré par la définition et le respect d’un itinéraire de circulation sur le site,
et par un aménagement préalable des canalisations qui devront déboucher directement sur l’Océan.
Ces aménagements seront équipés de grilles pour retenir les particules solides. On veillera à chaque
niveau à collecter les déchets solides retenus par les grilles, pour éviter le trop plein des
canalisations.

 La qualité de l’air

La circulation des engins et camions va entrainer en plus des fumées de combustion (CO 2,
SO2, NOx, CO, Matières Particulaires), des émissions de poussières dans l’air (particules
inhalables), notamment en saison sèche. La densité de ces émissions sera fonction du nombre
d’engins et camions mobilisés et en fonctionnement sur le site du projet. Un autre qui sera produit
par la mise en fonctionnement du parc automobile chantier, est le bruit.
La modification de la qualité de l’air et les nuisances sonores sont des impacts négatifs qui,
quoi que limité à l’environnement du site seront fortement ressenti, notamment pendant les phases de
pré-construction et de construction. La modification de la qualité de l’air et le bruit vont constituer une
gêne pour la santé des populations riveraines et des employés en particulier. Il faut donc disposer des
Equipements de Protection Individuelle (EPI) pour les ouvriers.
 L’hygiène et la salubrité sur le site

Les trois phases du projet vont mobiliser aussi bien le personnel et les sous-traitants que les
engins et camions sur le site. En plus du personnel, la phase d’exploitation entrainera une
augmentation de la fréquentation des touristes sur la plage. Indépendamment de la phase, il faudra
ravitailler régulièrement le site en matières premières nécessaires aux travaux de construction et
d’entretien du site, en produits de premières nécessités (eau de boisson, détergents, etc.). Tout ceci
va générer des déchets solides (plastiques, papiers ciment, reste de nourriture, etc.) et liquides (eaux
usées, huiles, graisses, etc.). On pourra aussi assister à des déversements accidentel
d’hydrocarbures, avec dans certains cas la nécessité d’effectuer la maintenance d’un
engin/camion sur le site. C’est un impact certain qui se manifestera à différents degré durant toute la
vie du projet. Il est possible, si des dispositions adéquates ne sont pas prises, que la qualité de l’eau de
la plage soit fortement altérée. Toutefois cet impact peut considérablement atténuer si dès l’entame
des travaux, des dispositions sont prises pour assurer une meilleure gestion des déchets produits sur
le site de la plage.
4.3.3 Impacts négatifs des eaux de ruissèlement sur la plage
Deux rivières identifiées dans la zone du projet traversent des zones fortement anthropisées et
constituent des réceptacles finaux des déchets solides et liquides. Leurs exutoires débouchent
directement dans l’Océan. Quoi que ces cours d’eau présentent des débits relativement faibles, les
eaux de ruissèlement sous l’effet des pluies vont charrier tous les déchets emmagasinés dans les
cours d’eau en saison sèche, comme c’est déjà le cas actuellement, et sur le site du chantier des
travaux directement sur la plage et altérer ainsi la qualité de l’eau. Cette altération de la qualité de
l’eau peut entrainer une modification de la structure des communautés aquatiques qui vivent aux
abords de l’Océan.
C’est un impact avéré d’intensité élevée et de durée très longue quoi qu’il soit limité
spécifiquement à la zone de la plage. Il pourra être tempéré par un aménagement et un entretien
systématique et régulier du chenal desdites rivières essentiellement, par une sensibilisation
régulière des populations le long de leur bassin versant, par une inspection systématique et
régulière des deux rivières, par une destruction des WC et sites de dépôt des déchets sur le lit des
cours d’eau et/ou près des rivières, par une analyse périodique de la physicochimie des eaux de
baignade, surtout en cas de pollution avérée.

4.3.4 Impacts de l’Océan sur le projet


L’un des impacts majeurs identifiés dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet est
l’action de l’érosion de la côte par les vagues. Il ressort des enquêtes et consultation publique
effectuées dans la zone du projet que la mer avance à une vitesse rapide. Les visites de terrain ont
permis d’observer en plus des effets de la marée haute sur la ligne de côte et quelques
infrastructures installées sur le domaine maritime public, que la bande côtière est fortement réduite.
Le cas de la piscine adulte de l’Atlantic Beach Hotel, détruit et engloutie par la mer en est le
parfait exemple.
De toute évidence, les bâtis de bord de mer doivent faire sujets à des protections:
 Contre la corrosion
Il est préconisé d’utiliser le moins de matériaux oxydables possible. Privilégiez les matériaux
non oxydables comme le PVC, l’aluminium ou l’acier galvanisé. Pour les autres métaux vous devez
y appliquer une peinture ou un revêtement anticorrosion.
- Contre la pourriture
Si la construction se compose de bois, il va falloir éviter que celui-ci ne pourrisse rapidement
par l’humidité. Pour ce faire, on peut vernir le bois ou y appliquer une lasure. Mais l’opération est à
refaire chaque année.
- Contre les vents forts
Eviter d’utiliser un obstacle opaque pour arrêter les vents forts, car il provoque des
turbulences. Un brise-vent qui filtre le vent à 50% est préférable. Le choix peut être fait entre:
- Des ganivelles ;
- Des canisses ;
- Une brande bruyère ;
- Des fils netlon ;
- Un palissage en piquets de châtaignier.
Au regard de tout ce qui précède, il apparait évident que l’impact négatif significatif majeur
pouvant limiter la durée de vie du projet ou empêcher sa réalisation est l’avancée de la mer, surtout
lorsqu’on sait que le réchauffement climatique qui entraine la fonte des glaciers, contribuera
davantage à augmenter le niveau de la mer.
Cet impact pourra être tempéré avec la construction à court terme d’une digue de protection
des infrastructures et/ou d’un muret brise vague sur front de mer.

- Les dispositifs de sécurité pour les constructions de bord de mer.


Les principaux risques pour une construction en bord de mer.
Types de risques Descriptions Solutions
Le principal risque de la construction en -Mise en place les dispositifs
bord de mer est l’inondation. En raison de de sécurité exigés. Dans ce
la montée de la marée ou d’une autre cas, nous mettrons sur pied

Les inondations raison, l’eau peut monter jusqu’à atteindre une digue en pierre en nous
le logement. inspirant du modèle
d’Idenau : un gabionnage
marin.
Même si toutes les régions côtières ne Construire solidement la
sont pas soumises à des vents violents, il fondation et fixer
est toujours nécessaire de prendre les fermement tous les éléments

Les vents forts


mesures qui s’imposent. Assurez-vous qui composent l’édifice.
de construire solidement votre fondation -Fondation solide
et de fixer fermement tous les éléments -Fondation étanche
qui composent votre maison.

L’humidité constante en bord de mer Utilisation des équipements


conduit à une corrosion rapide des inoxydables et capables de
matériaux supporter l’humidité
L’humidité
fréquente.

La présence du sel dans l’eau de mer qui se Utiliser les matériaux


repend dans l’air par vaporisation, a un pouvant résister à l’effet du
impact sur les édifices. sel. Les matériaux locaux à
La salinisation
l’exemple du bois, de la
pierre sont préconisés
Tableau N° 03 : Les dispositifs de sécurité pour les constructions de bord de mer
Source : Mlle MIPO

4.3.5 Impacts négatifs sur la sécurité des touristes et des riverains


La phase d’exploitation va drainer de jour comme de nuit de nombreuses personnes (touristes
et non touristes) dans la zone du projet, ainsi que le développement de petits commerces autour du
site du projet. Il se posera ainsi un sérieux problème de sécurité des personnes et des biens sur le site
du projet et dans les villages riverains. C’est ce qui se vit aujourd’hui autour de la Tour Eifel en
France, où l’insécurité est grandissime. C’est un impact significatif de longue durée, qui sera
fortement ressenti, principalement lors de la phase d’exploitation. Il pourra être réduit par la création
d’un poste de sécurité sur le site du projet, qui fonctionnera en permanence. Celui-ci sera d’autant
plus réduit une fois que la base navale et le bataillon d’intervention rapide de Limbé, intègreront
systématiquement le site de la plage dans leur activité de surveillance maritime de routine.

4.3.6 Impacts négatifs de la non signalisation du site du projet


Les touristes ne sont pas forcément des spécialistes de la nage et ne sont pas toujours au fait
des zones dangereuses existant sur la plage, tandis que certains quoi qu’étant au fait des dangers
adorent prendre des risques, ce qui peut entrainer des accidents lors de la baignade ou de l’entrée en
contact avec l’eau de mer. De plus, le niveau de risque est fonction des conditions météorologiques
(vents violents, marées hautes, houles, orage, etc.), préalables à prendre en compte avant toute
autorisation de baignade sécurisée.
C’est un impact certain de durée longue, qui pourra être atténué par une signalisation des
zones dangereuses et par l’aménagement d’un poste de secours et de surveillance sur lequel sera
affiché un tableau portant des renseignements en matière de sécurité pendant les baignades. La
surveillance sera assurée par des sauveteurs expérimentés et équipés. On fera également la pose des
panneaux signalétiques et des affiches de consigne de sécurité sur les zones de baignade à risque.

4.3.7 Impacts négatifs du projet sur les activités de pêche


Il ressort des enquêtes socio-économiques que la principale activité exercée par les
populations riveraines au site du projet est la pêche. La visite du site a permis de dénombrer
plusieurs sites éparses appelés débarcadères, plusieurs espaces de vente, plusieurs zones de
stockage des pirogues, plusieurs pratiques de pêche, etc. La mise en œuvre du projet aura un
impact significatif sur les activités de pêche artisanale, entrainant ainsi une diminution du
revenu des ménages qui y dépendent quasi totalement. De plus, les riverains ne pourront plus
jouir du site totalement à leur guise.
Cet impact sera fortement ressenti dans l’ensemble des villages riverains jusqu’à la phase
d’exploitation. Il requiert que des dispositions en faveur d’une poursuite organisée des activités
de pêches soient prises et mise en œuvre pour réduire cet impact. Ainsi, il faudra envisager
l’aménagement d’une zone de débarquement/embarquement. Celui-ci sera davantage réduit si
les pêcheurs artisanaux des villages riverains sont impliqués dans la gestion du futur point de
débarquement/embarquement et de la chambre froide. Il est vrai que dans le cadre précis de ce
projet, la CUL a prévu un autre site ailleurs pour l’activités de pêches. Etant donné que l’une des
raisons principales pour lesquelles les visiteurs arrivent à Down Beach est la dégustation du poisson
pied dans l’eau, il serait judicieux de trouver une autre solution pour maintenir cette activité dans un
espace plus hygiénique, au profit des touristes et des pêcheurs.
Pour juguler davantage cet impact une chambre froide construite au bénéfice des
pêcheurs pour la conservation des produits de pêche sera idéale comme compensation. On
envisagera alors de construire une chambre froide à conservation courte, avec système de
réfrigération et ayant des étagères fixes sur lesquelles seront posées des caisses grillagées,
chaque pêcheur pourra alors bénéficier d’une caisse étiquetée comme espace de conservation.
Il serait cependant nécessaire de renforcer les capacités des pêcheurs artisanaux retenus sur les
techniques de gestion d’un débarquement/embarquement et d’une chambre froide.

4.3.8 Impacts négatifs liés à l’alimentation du site en eau


Les besoins en eau sont primordiaux pour le fonctionnement d’un site touristique de classe
international comme celui envisagé à Down-Beach. Il ressort des observations de terrain que la
demande en eau est largement supérieure à l’offre et ce gap va davantage se creuser avec l’arrivée de
nombreux investisseurs et des populations à Limbé. C’est un impact d’intensité élevée et de très
longue durée qui pourra être réduit une autonomisation du site en eau à travers la construction d’un
forage et d’un château en hinterland avec canalisation de distribution. Les eaux du forage feront
l’objet d’un contrôle qualité semestriel (analyses physicochimique et bactériologique) par un
organisme agrée.

4.3.9 Impacts négatifs liés à l’alimentation du site en énergie électrique


Comme les besoins en eau, les besoins en énergie sont également primordiaux pour assurer
un bon fonctionnement du site et ses installations. De plus, la nécessité d’une animation lumineuse
nocturne intense, requiert que l’alimentation du site en énergie électrique soit suffisante (en qualité
et en quantité). Il ressort également des entretiens et enquêtes effectués dans la zone du projet que
les coupures sont fréquentes dans la zone du projet. C’est un impact certain d’intensité moyenne et de
durée assez longue, qui pourra être atténué par d’une part un renforcement de la capacité de ligne
électrique actuelle qui jouxte le site de la plage et d’autre part par le développement d’une source
d’énergie alternative pour pallier aux coupures intempestives pouvant survenir sur le réseau AES-
SONEL. On optera pour l’installation d’une source d’énergie renouvelable (solaire ou éolienne) qui
ne fonctionnerait qu’en cas de coupure survenue sur le réseau électrique .

4.3.10 Impacts négatifs des activités de pêche sur la plage


Les activités de pêche produisent très souvent: des déchets solides, des odeurs résultant de la
putréfaction des produits de pêche morts et abandonnés sur la plage, les bruits résultant de la
mobilisation d’un nombre important de pêcheurs au même endroit (débarcadère), la laideur du
paysage résultant de la disposition anarchique des pirogues et autres matériels de pêches. De plus,
les denrées vendues font rarement l’objet de contrôle sanitaire avant commercialisation, avec des
espaces de vente non aménagés et insalubres.
L’impact des activités de pêche sera fortement ressenti pendant la phase d’exploitation, qui
verra affluer de nombreux touristes curieux de vivre les opérations d’embarquement et débarquement
et de consommer du poisson frais. Il pourra être atténué par l’assainissement systématique du
débarcadère (disposition des bacs à ordures étiquetés, système de récupération des eaux usées, etc.),
la sensibilisation des gestionnaires du site aux bonnes pratiques en matière d’hygiène et salubrité,
l’aménagement au sein du futur hangar de vente de petits comptoirs de vente et d’un poste de
contrôle sanitaire des produits de pêche.

4.3.11 Impacts négatifs liés à une mauvaise gestion de la phase d’exploitation


L’augmentation de la fréquentation touristique et la survie du projet dépendent en partie
de l’efficacité du système de gestion des services offerts par la plage et de l’appropriation du
projet par le porteur final qui devra être la CUL. En effet, un mauvais système de gestion des
services et une mauvaise appropriation du projet par le porteur final, peuvent
compromettre sérieusement l’objectif principal d’augmentation de la fréquentation
touristique escomptée.
C’est un impact significatif qui sera tempéré par l’adoption d’un système de gestion basé
sur des mises concession des différents services offerts par la plage aménagée. La création de
l’office intercommunal de tourisme permettra de réduire davantage cet impact. Celui -ci se
chargera d’assurer la gestion des mises en service. Il sera question d’élaborer préalablement et
ce de manière participative, une procédure de mise en concession des différents services et
de s’assurer que le porteur final dispose des ressources humaines qualifiées et des moyens
matériels nécessaires pouvant lui permettre d’assumer ces responsabilités et garantir l’atteinte
des objectifs visés.

4.3.12 Impacts sur l’environnement socio-économique et humain


 Tensions sociales liées à l’exploitation du site de la plage
L’ensemble des populations riveraines au site du projet a manifesté son inquiétude quant
à l’exploitation du site du projet. Ils ont fait état de leur multi-usage du site et ont émis des
réserves quant à la poursuite des activités de pêche, des activités de petits commerces, une fois
le projet réalisé.
Cet impact sera fortement ressenti dans les villages riverains dans la mesure o ù
ils ne pourront plus jouir du site à leur guise. Il faudra documenter et divulguer auprès des
populations riveraines, la procédure à suivre et les dispositions à prendre quant à l’activité
de pêche et autres activités du tertiaire pratiquées à cet endroit. Cette activité se fera avec la
collaboration des chefs des villages concernés, sous la supervision de la CUL.
 Tensions sociales liées aux embauches et à la qualité de l’emploi
La mise en œuvre du projet va drainer de nombreux curieux riverains ou non, à la recherche
d’emploi. A ce propos, les riverains sont inquiets quant à leur niveau d’implication dans les
différentes phases du projet. Ils ont à cet effet, fait état des projets qui ont déjà été réalisés ou en
cours de réalisation dans la zone et dans lesquels ils ne sont pas suffisamment impliqués. Ils ont
sollicité et souhaité qu’on priorise les riverains lors des recrutements. Les mouvements d’humeur
peuvent cependant subvenir du fait de la qualité de l’emploi accordés aux riverains. Cet impact,
ressenti de manière généralisée dans tous les villages riverains au site du projet, garde une forte
intensité du fait de sa durée. Il requiert qu’on exige un quota de riverains à recruter par chaque
prestataire potentiel de service, que la procédure de recrutement des riverains soit objective et
largement diffusée auprès des populations à travers les auxiliaires de l’administration que sont les
chefs traditionnels. Cet impact sera davantage atténué si on effectue une large diffusion des postes à
pourvoir, si les représentants des populations sont informés et impliqués dans la procédure de
recrutement, si à compétence égale pour un poste de travail, les riverains sont priorisés et si l’acteur
en charge du recrutement coopère avec les chefs traditionnels tout en mettant objectivement en œuvre
la démarche de recrutement qu’ils auront adoptée.
 Impacts négatifs liées au droit de propriété sur le site du projet
Le site du projet qui appartient p o t e n t i e l l e m e n t au domaine public naturel
maritime, regorge des propriétaires légaux des Titres Fonciers, bien qu’ils minoritaires.
Toutefois, on y retrouve des espaces de commerce appartenant à des particuliers, possédant ou
non une autorisation d’occupation temporaire. L’ignorance du statut foncier du site peut susciter
et entrainer des malentendus entre les différentes parties prenantes au projet. C’est d’impact
d’intensité moyenne dont la durée peut être écourtée à travers un décret qui précise le
transfert de cette portion du domaine public naturel maritime à la communauté urbaine de
Limbé. Il faut noter que ledit site a déjà été déclaré d’utilité publique.
 Menaces sur la santé et la sécurité des employés
Chacune des phases du projet est constituée d’un ensemble d’opérations pouvant occasionner
lors de leur réalisation des risques d’accidents aussi bien sur les riverains que sur le personnel
employé. Au nombre de ces risques, nous pouvons énumérer :
- le ravitaillement du site en produits nécessaires aux travaux de construction, les
déplacements de personnes et la circulation à l’intérieur comme l’extérieur du site, sont à l’origine de
nombreuses interactions pouvant augmenter le risque d’accident. C’est un risque qui va subsister
durant toute la phase des travaux de construction et qui pourra s’étendre à la phase d’exploitation ;
- le développement des activités de prostitution qui pourront entrainer le risque de
propagation des MST/VIH;
- Les fumées de combustion émises par les engins et camions, les poussières émises en
saison sèche et les bruits émis lors des travaux fonctionnement modifie la qualité de l’air et
l’environnement acoustique de la zone d’activité et constituer ainsi un risque pour la santé des
employés ;
- etc.
Ces risques et menaces constituent un impact négatif d’intensité importante, d’étendue
limitée aux personnes exposées, et s’étale sur la période de construction. Cet impact peut être
fortement tempéré par l’exigence du plan HSE à chaque prestataire de service, un recensement des
moyens de transport et de déplacement, l’élaboration des itinéraires à suivre, une identification des
zones à croisement multiples, par la pose des dos d’ânes et des plaques indiquant la limitation de la
vitesse de circulation à l’approche du site de la plage. Il sera davantage modéré par une
sensibilisation du personnel sur les risques encourus en cas d’infection de MST/VIH, par la
distribution régulière des préservatifs, etc.

4.4. Impacts positifs du projet


4.4.1. Création d’emplois
La mise en œuvre de chaque phase du projet, va générer des emplois et entrainer par phase le
recrutement d’une main d’œuvre locale qualifié ou non. Ces emplois, à durée déterminée pour la
plupart, devront concerner préférentiellement les jeunes du département du Fako et ceux des villages
riverains au site du projet. L’impact de la création des emplois est moins important en ce sens qu’il
est limité à la durée de chaque phase du projet. Toutefois, la durée des emplois de la phase
d’exploitation seront relativement plus longue.

4.4.2. Développement des activités économiques et augmentation des revenus


L’aménagement de cette zone littorale va favoriser en plus de l’augmentation de la
fréquentation touristique dans la ville de Limbé, les investissements privés dans le secteur de
l’hôtellerie et de la restauration. Le développement des activités économiques et le recrutement des
populations riveraines augmenteront substantiellement leurs revenus.
De plus, les revenus de l’exploitation de la plage vont permettre, en cas de gestion
responsable, l’amélioration du cadre et des conditions de vie des populations à travers la mise en
œuvre des micro-projets de développement (infrastructures sanitaire et éducative, électrification,
approvisionnement en eau potable…) dans la ville de Limbé. Ces réalisations, auxquelles il faut
ajouter les actions de développement que la communauté urbaine doit entreprendre dans toute sa
circonscription administrative vont concourir globalement à améliorer la qualité de vie des
populations riveraines au site du projet.

4.4.3. L’importance du plan de gestion environnementale et sociale (PGES)


Le PGES regroupe une série de mesures qui visent à atténuer ou éliminer les impacts négatifs
et optimiser les impacts positifs du projet d’aménagement du complexe touristique à Domn Beach à
Limbé. Il devrait ressortir successivement, en fonction des impacts négatifs identifiés, les
mesures correctives, préventives et/ou compensatoires à mettre en œuvre pour les juguler. Ce PGES
est présenté de manière synthétique, avec une appréciation du caractère prioritaire ou non des actions
à entreprendre, une indication des coûts de mise en œuvre de ces actions et une désignation des
responsables à mobiliser pour leur suivi et leur mise en œuvre. A sa suite, une présentation des
mécanismes de surveillance et du suivi environnemental des travaux d’aménagement de la
plage est faite.

Conclusion
Ce chapitre nous a permis de voir comment se comporte l’environnement de notre projet de
construction de complexe touristique à Down Beach. Ainsi l’analyse du milieu physique, du milieu
biologique et du milieu socioéconomique a permis de comprendre le milieu récepteur du projet.
Ceci a permis de mieux percevoir l’interrelation qu’entretiendront le projet et son environnement
pendant sa durée de vie. De ce fait, les impacts positifs seront optimisés et les impacts négatifs
atténués. Apres cette phase, il est question de mettre sur pied l’aspect programmation et graphique
du projet.
CHAPITRE V : ILLUSTRATION DU PROJET
Introduction
Ce chapitre a pour objet de présenter le programme élaboré pour répondre aux
exigences citées dans l’approche théorique, afin de maitriser la qualité des espaces ainsi que leur
agencement. Ceci nous permettra de procéder à une conception des différents éléments du
complexe en harmonie avec l’environnement. Il s’agit à la suite de l’aspect théorique, de faire la
conception d’un établissement de tourisme complexe basé sur le tourisme de production et un
tourisme ciblé, sur un site touristique bien déterminé ; ce qui donne le complexe touristique
balnéaire.

5.1 Analyse du programme


Le complexe touristique comporte différentes activités qui ont pour objectif d’offrir
plusieurs services traditionnels de qualité tels que le loisir, la détente, le repos, etc. Par ailleurs, un
objectif fondamental est de sensibiliser les différents acteurs à prendre conscience de l’intérêt de
la protection de la nature et de l’environnement.
Les objectifs du programme :
Dans le but de développer ce projet, il est nécessaire d’élaborer un programme en
fonction des potentialités du site et pour mieux appréhender les besoins des estivants. A cet effet, le
projet s’articule autour de plusieurs pôles :
- Pôle d’hébergement destiné aux locataires des bungalows.
- Pôle hôtelier destiné aux locataires locaux et étrangers.
- Pôle de loisir intégrant les activités de détente et de loisir
- Pôle sportif destiné aux sportifs et aux touristes.
- Pôle de service destiné au grand public (accueil et service).

5.1.1 Les différents équipements :


Vu la diversité des potentialités naturelles et culturelles du site et de son environnement, vu
sa vocation touristique, cet aménagement sera un lieu attractif pour différentes catégories.
Il faut noter que les visiteurs, qu’importe leur origines, quelle que soit la raison de leur visite
(découverte, affaire, …) ont en majorité besoin de se sentir dépaysés.
L’étude comparative des exemples précédents, et les études sur le site de Down-Beach nous
permet d’établir une proposition de programme selon les besoins de la clientèle de notre
aménagement touristique, qui se compose principalement de :
 L’hébergement :
-Hôtel 4 étoiles ;
-Bungalows individuels et familiaux ;
 Loisirs :
- les aires de jeux
- piscine en plein air ;
- piscine couverte ;
- un aquarium géant ;
- Un bois avec piste cyclable ;
- Terrain de tennis ;
- Terrain de basket.
 Commerce :
- Espaces commerciaux ;
- Espace de restauration.

5.2. Le programme du complexe


D’après l’analyse des différents exemples, on constate qu’un complexe touristique est
principalement composé de trois grandes zones :
- La zone publique : une partie destinée aux clients et aussi aux publics. Elle
offre plusieurs services, tels que la réception, la restauration, l’animation, les loisirs et les affaires.
C’est cette partie de complexe qui est capable d’augmenter sa rentabilité en diversifiant et en
améliorant la qualité des différents services et activités offertes.
- La zone privée : c’est un espace réservé exclusivement aux clients. Elle est
composée de chambres simples, doubles, triples, et d’un salon de détente avec un service d’étage
pour un maximum de confort et de sensation de bien-être.
- La zone interne : c’est une partie indispensable au bon fonctionnement du
complexe. Elle comporte l’administration pour la gestion et les finances, et les locaux techniques
pour une bonne fluidité des activités et une rapidité des services.

5.2.1. La programmation qualitative


Dans le but de satisfaire les besoins de la clientèle, un complexe touristique doit
indispensablement se disposer de certaines fonctions telles que :
5.2.1.1. Le pôle hôtelier
Pour répondre aux besoins des clients, le programme se divisera essentiellement en:
- Accueil et réception ;
- Restauration ;
- Hébergement.
- Animation.
- Affaire.
 Accueil et réception
L’aspect de l’accueil est extrêmement important, car il va conditionner son
appréciation par « le visiteur ». Il constitue l’articulation entre le dedans et le dehors qui sont en
général impliqués simultanément et constituent ainsi le premier contact que le visiteur ou le client
aura avec le complexe. L’accueil représente la première image de l’équipement qui doit offrir au
client une sensation de curiosité et l’inciter à découvrir le complexe. Par conséquent, l’informer, le
renseigner et le mettre en contact direct avec l’équipement.
Les éléments important du niveau d’accueil sont les suivants :
- Le hall d’accueil:
C’est un élément très important car il conditionne l’appréciation du client pour le reste de
complexe. Cet établissement doit rendre hommage à sa clientèle ; le traitement de l’accueil
et de ces annexes doit mettre particulièrement en valeur le soin avec lequel l e client sera reçu.
Son aménagement, et son organisation doivent permettre une accessibilité nette et aisée aux
différents services, ou locaux, pour éviter que le client ne se sente perplexe, ou désorienté. La
réception et l’entrée doivent être visibles dès l’entrée.
- Restauration
En matière de restauration, cet hôtel contiendra:
- Deux restaurants, un restaurant au RdC et le restaurant VIP au troisième étage.
- Un salon de thé.
Ces espaces doivent être d’un accès facile, et attractif. Dès l’entrée, il est essentiel que le
client éprouve une impression de confort, d’agrément, et de détente. Leur éclairage doit être
excellant de jour, comme de nuit, et créer une ambiance paisible, gaie et intime. La présence de ce
service peut assurer le maximum de confort pour les clients. La restauration comprend tous les
espaces de préparation des divers repas ainsi que leurs annexes. Le client qui consomme dans le
restaurant doit pouvoir apprécier la beauté du paysage naturel extérieur et principalement l’Océan.
- Hébergement
Après avoir conquis le client par l’accueil, et par l’attrait des parties communes, la tâche la
plus complexe qui reste à accomplir est de le retenir, et le faire revenir.
L'hébergement est constitué des espaces privés de l’hôtel. On retrouve plusieurs
types de chambres avec des superficies différentes. La répartition des chambres et les
emplacements sont fait d’après :
- L’orientation par rapport à la vue sur l’Océan ou pas ;
- Accessibilité aux PMR ;
- L’ensoleillement (maximisation de la lumière naturelle).
 La chambre:
La chambre d’hôtel est une pièce où l’on doit dormir, éventuellement y travailler, se distraire
... etc.
De ce fait, elle doit réunir les caractéristiques suivantes:
- Confort
- Intimité
- Sécurité.
- Détente et loisirs
Afin d’assurer le maximum de confort pour les clients une équipe d’animation sera en
disposition pour organiser et contrôler divers activités de restauration, de sport, d’hébergement et
l’aménagement des espaces extérieurs.
Dans le but de rapprocher le client de tous les éléments pouvant contribuer à ses différents
besoins (se reposer, se nourrir, se divertir…) les espaces de loisirs et les aires de jeux sont mises à
disposition. Ces espaces sont entre autres :
- La boite de nuit ;
- La salle de fête ;
- Les salles de jeux ;
- Les terrains de jeux ;
- Etc.
5.2.1.2.Les Bungalows
Le bungalow est une maison unifamiliale de plain-pied ou à un étage, très populaire dans les
banlieues d'Amérique du Nord. Dans un complexe touristique, le bungalow est un hébergement de
haut standing destiné aux familles ou des personnes désireuse d’un espace privé et individuel.
Contrairement aux chambres d’hôtel, le bungalow a tous les commodités ou presque tous d’une
maison d’habitation.
5.2.1.3. Les parties annexes de complexe
- Entité de gestion :
Son rôle est de gérer les différentes activités du complexe pour assurer un
meilleur fonctionnement de cette œuvre.
- Les espaces de services :
Ce sont les espaces réservés au personnel avec la préoccupation de créer deux circuits
de circulation
- Circuit de circulation du personnel
- Circuit de circulation clientèle
Ce sont donc les espaces que contiendra notre complexe. Chaque espace sera conçu pour
répondre aux besoins de ses utilisateurs tout en tenant compte des contraintes du site, pour une
implantation harmonieuse avec l’environnement. On ne doit pas oublier les services internes qui se
chargent du bon fonctionnement de l’hôtel. Ils seront conçus de manière à assurer le maximum
d’efficacité aux structures chargées de la gestion techno-administrative. Les équipements installés ne
doivent pas faire apparaître une quelconque défaillance, négligence ou retard dans la satisfaction des
clients.
5.2.2. La programmation détaillée et quantitative

La programmation détaillée et quantitative consiste à dénommer les différentes pièces et de chaque


sous-section et de donner les différentes superficies.
TABLEAU DE SURFACE DE L’HOTEL

DISTRIBUTION REZ DE CHAUSSEE


N NOMS DES PIECES SURPERFICIES/m²

01 Porche d’entrée 18.06m²


02 Entrée+orientation 21.25m²
03 Accueil+réception 26.26m²
04 Hall central 73.04m²
05 Cage ascenseurs clients 14.30m²
06 Cage Escaliers clients 12.02m²
07 Monte-charge 13.24m²
08 Cage Escaliers de service 13.53m²
09 Archives hôtel 27.52m²
10 Salon d’attente 71.02m²
11 Salle de conférences 134.12m²
12 Bloc toilettes femmes 18.35m²
13 Bloc toilettes hommes 18.35m²
14 Cabine téléphonique 12.75m²
15 Salle de surveillance 18.90m²
16 Bureaux 1.2.3.4.5.6. 86.58m²
17 toilettes femmes 5.68m²
18 toilettes hommes 6.45m²
19 Office de rangement 12.92m²
20 Plonge 4.65m²
21 buffet 4.48m²
22 Cuisson 51.29m²
23 Reserve alimentaire 19.16m²
24 Espace petit déjeuné modulable 85.79m²
25 Espace restaurant 114.18m²
26 Espace bar 60.84m²
27 comptoir 13.54m²
28 Bloc toilettes femmes 18.49m²
29 Bloc toilettes hommes 17.34m²
30 circulation 43.72m²
31 Cabine téléphonique 12.75m²
32 Chambre d’isolement 13.75m²
33 Salle des soins 12.75m²
34 Cage Escaliers de secours 1 & 2 44.42m²
TOTAL 1122.49m²
DISTRIBUTION ETAGES COURANT 1.2 .4 & 5
01 Grand Hall 114.33m²
02 Cage ascenseurs clients 14.30m²
03 Cage Escaliers clients 12.02m²
04 Monte-charge 13.24m²
05 Cage Escaliers de service 13.53m²
06 Chambre moyen standing 1 15.73m²
07 Dressing 1 2.25m²
08 SDB 1 3.68m²
09 Chambre moyen standing 2 15.73m²
10 Dressing 2 2.25m²
11 SDB 2 4.68m²
12 Chambre moyen standing 3 14.64m²
13 Dressing 3 2.25m²
14 SDB 3 4.68m²
15 Chambre moyen standing 4 14.64m²
16 Dressing 4 2.25m²
17 SDB 4 4.68m²
18 Chambre moyen standing 5 14.83m²
19 Dressing 5 2.25m²
20 SDB 5 4.68m²
21 Chambre moyen standing 6 14.76m²
22 Dressing 6 2.25m²
23 SDB 6 4.68m²
24 Chambre moyen standing 7 12.83m²
25 Dressing 7 2.25m²
26 SDB 7 4.68m²
27 Chambre moyen standing 8 13.78m²
28 Dressing 8 2.25m²
29 SDB 8 4.68m²
30 Chambre moyen standing 9 13.91m²
31 Dressing 9 2.25m²
32 SDB 9 3.68m²
33 Chambre haut standing 1 27.50m²
34 Dressing 1 3.75m²
35 SDB 1 8.61m²
36 Chambre haut standing 2 27.52m²
37 Dressing 2 3.75m²
38 SDB 2 8.61m²
39 Chambre haut standing 3 27.50m²
40 Dressing 3 3.75m²
41 SDB 3 8.61m²
42 Chambre haut standing 4 27.50m²
43 Dressing 4 3.75m²
44 SDB 4 8.61m²
45 Chambre haut standing 5 27.50m²
46 Dressing 5 3.75m²
47 SDB 5 8.61m²
48 Chambre haut standing 6 27.50m²
49 Dressing 6 3.75m²
50 SDB 6 8.61m²
51 Chambre haut standing 7 27.50m²
52 Dressing 7 3.75m²
53 SDB 7 8.61m²
54 Chambre haut standing 8 24.75m²
55 Dressing 8 4.78m²
56 SDB 8 6.35m²
57 Suite master 1 65.57m²
58 Séjour+SAM 32.50 m²
59 Dressing 5.50m²
60 SDB 7.51m²
61 Chambre 20.06
Suite master 2 65.57m²
62 Séjour+SAM 32.50 m²
63 Dressing 5.50m²
64 SDB 7.51m²
65 Chambre 20.06 m²
66 Suite master 3 78.89m²
67 Séjour+SAM 3.85m²
68 Dressing 5.50m²
70 SDB 7.04m²
71 Chambre 32.50 m²
72 Suite master 4 78.89m²
73 Séjour+SAM 35.50 m²
74 Dressing 3.85m²
75 SDB 7.04m²
76 Chambre 32.50 m²
77 Circulation 143.80 m²
78 Salle rangement linge propre 16.88m²
TOTAUX SURFACES DES 4489.96m²
QUATRE PALIERS
DISTRIBUTION ETAGES 3
01 Grand Hall 114.33m²
02 Cage ascenseurs clients 14.30m²
03 Cage Escaliers clients 12.02m²
04 Monte-charge 13.24m²
05 Cage Escaliers de service 13.53m²
06 Chambre moyen standing 1 15.73m²
07 Dressing 1 2.25m²
08 SDB 1 4.68m²
09 Chambre moyen standing 2 15.73m²
10 Dressing 2 2.25m²
11 SDB 2 4.68m²
12 Chambre moyen standing 3 14.64m²
13 Dressing 3 2.25m²
14 SDB 3 4.68m²
15 Chambre haut standing 1 27.50m²
16 Dressing 1 3.75m²
17 SDB 1 8.61m²
18 Chambre haut standing 2 27.52m²
19 Dressing 2 3.75m²
20 SDB 2 8.61m²
21 Chambre haut standing 3 27.50m²
22 Dressing 3 3.75m²
23 SDB 3 8.61m²
24 Chambre haut standing 4 27.50m²
25 Dressing 4 3.75m²
26 SDB 4 8.61m²
27 Chambre haut standing 5 27.50m²
28 Dressing 5 3.75m²
29 SDB 5 8.61m²
30 Chambre haut standing 6 27.50m²
31 Dressing 6 3.75m²
32 SDB 6 8.61m²
33 Suite master 1 65.57m²
34 Séjour + SAM 32.50 m²
35 Dressing 5.50m²
36 SDB 7.51m²
37 Chambre 20.06
38 Suite master 2 65.57m²
39 Séjour + SAM 32.50 m²
40 Dressing 5.50m²
41 SDB 7.51m²
42 Chambre 20.06 m²
43 Suite master 3 78.89m²
44 Séjour + SAM 3.85m²
45 Dressing 5.50m²
46 SDB 7.04m²
47 Chambre 32.50 m²
48 Salles de jeux 160.80m²
49 WC hommes 7.69m²
50 WC femmes 7.54m²
51 Office de rangement 12.42m²
52 Plonge 4.65m²
53 buffet 10.93m²
54 Cuisson 37.96m²
55 Reserve alimentaire 12.16m²
56 Espace restaurant 171.77m²
57 Espace bar 60.84m²
58 comptoir 13.54m²
59 Bloc toilettes femmes 15.83m²
60 Bloc toilettes hommes 14.37m²
61 circulation 143.80m²
TOTAUX 1122.49m²

TABLEAU DE SURFACE BATIMENT POLYVALENT

REZ DE CHAUSSEE (BOITE DE NUIT ZONE 1)


N N0MS DES PIECES SUPERFICIE /m²
01 Porche d’entrée 28 .69m²
02 Piste dansante 1 376.54m²
03 Piste dansante 2 80.35m²
04 Comptoir 14.41m²
05 Stockage boisson 30.47m²
06 Zones de causeries 63.54m²
07 Blocs toilettes 11.12m²
08 Escaliers mezzanine 15 .37m²
09 Escaliers étage 1 18 .46m²
T0TAL RDC 626.76m²
DISTRIBUTION MEZZANINE (BOITE DE NUIT ZONE 2)
N N0MS DES PIECES SUPERFICIE /m²
01 Vide sur mezzanine 208.27m²
02 Piste dansante 201.54m²
03 Discothèque 14.65 m²
04 Escaliers mezzanine 15 .37m²
05 Escaliers étage 1 18 .46m²
06 Blocs toilettes 06.12m²
07 Zones de causeries 110.94m²
TOTAL MEZZANINE 418.49m²
DISTRIBUTION SALLE DE FETE ETAGE
01 Loge 1 23.60m²
02 Loge 1 14.50m²
03 Estrade 44.96m²
04 Magasin 28.43m²
05 Salle de préparation 52.17m²
06 Blocs toilettes 13.12m²
07 Escaliers étage 18 .46m²
13 Plate-forme 370.51m²
TOTAL ETAGE 565.75m²

Le tableau ci-dessus présente les surfaces des pièces que comportent l’Hôtel et le bâtiment
polyvalent. Les surfaces des petits éléments comme les bungalows, les boukarous et le restaurant
public seront marquées directement dans les différentes pièces constituantes.

5.3. Approche conceptuelle du projet


Conscients que l’architecture n’est pas le résultat de gestes gratuit, quelle doit être le fruit
d’une assise théorique fondée et réfléchit « une théorie ne crée pas une architecture, mais toute
architecture se situe dans une structure tant mentale que concrète, qu’il importe
grandement de rendre explicite. »40
Nous présentons dans cette phase les différents concepts qui ont générés la mise en forme

40
Mémoire Complexe touristique à Marsat Ben M’hidi
du projet.
Le passage de l’idée à sa concrétisation nécessite un espace de référence conceptuelle.
Constitué de trois sous espaces de références, chacun de ces concepts intervient sur un aspect
particulier de la conception.

5.3.1 Description fonctionnelle :


Le complexe dans son ensemble est constitué en trois parties, une partie pour l’hôtel placé
au centre du complexe. L’hôtel est l’élément central autour duquel gravitent le mini complexe
sportif, l’aire de jeux, une plage aménagée, les hébergements privés constitués de bungalows et le
bois. Les autres fonctions sont complémentaires mais essentielles. L’accès au RDC relie les deux
différentes parties du complexe pour avoir un projet homogène.

5.3.2 Analyse architecturale et styliste du projet :


Notre projet dans son ensemble est traité d’un style architectural moderne avec des baies
vitrée pour leur donné une certaine transparence et légèreté.
Nous y avons aussi intégré les matériaux locaux, à l’issue de donner une touche locale au
projet et le rendre territorialement identifiable. Nous avons mis en exergue l’harmonie entre
l’environnement et le projet en intégrant dans le projet les éléments de l’environnement naturel, à
savoir l’aquarium géant et le bois dans lequel certaines espèces animales peuvent être conservées.

Conclusion
Ce chapitre a consisté à présenter les différentes composantes de notre complexe
touristique balnéaire. Du programme au style architectural en passant par les différentes phases
de la programmation, nous avons opté pour un choix architectural qui mette en valeur les réalités
socio-culturelles de la zone d’étude en particulier et celles du Cameroun en générale.
Conclusion générale
Au cours de cet exercice heuristique, nous avons été motivés par la réponse à la
question principale : Quel modèle architectural peut-on concevoir qui soit en harmonie avec
l’environnement balnéaire ? En le faisant, nous poursuivions l'objectif général de montrer
l’importance de l’harmonie entre l’environnement et l’architecture dans le processus de
conception, de construction et de l’exploitation d’un établissement de tourisme répondant aux
exigences actuelle en matière de développement durable, voire de la protection des écosystèmes.
. Objectif qui se trouve être reparti en objectifs spécifiques qui sont :
- Etablir les impacts causés par les établissements de tourisme sur leur environnement
d’implantation.
- Emettre les mesures à prendre en compte pour une implantation d’établissement de
tourisme respectueux de son environnement.
- Proposer une nouvelle approche de mise en valeur touristique des zones balnéaires.
Nous avons également formulé l'hypothèse générale qui est : L’harmonie entre l’architecture
et l’environnement à travers le respect des normes en matière d’implantation des
établissements de tourisme, mène à un produit touristique, attrayant, original et durable. Les
hypothèses spécifiques étaient celles qui suivent :
- Les établissements de tourisme ont des impacts de plusieurs ordres sur leur
environnement d’implantation.
- Pour implanter un établissement de tourisme respectueux de son environnement,
l’étude d’impact environnementale et sociale doit précéder la phase de conception.
- La mise en valeur touristique des zones littorales passe par la prise en compte des
paramètres environnementaux qui ont une incidence sur le projet.
Ceci a été fait à l'effet de donner une explication provisoire aux problèmes que nous posions.
Au fil des quatre chapitres, nous procédions étape par étape par la réponse à une ou
plusieurs question(s) spécifique(s) de recherche. Au chapitre I, nous avons présenté le milieu
étudié. Il s'est agi du milieu physique et du milieu humain suivi d'un développement sur la
nécessité du tourisme. Pour le milieu physique, le relief, le climat, la végétation et les sols ont
été succinctement passés en revue. Quant au milieu humain, le cheminement historique de la
ville a contribué à la doter de cultures originales et de peuples authentiques de la côte n'ayant
pas connu de grands brassages. Il en est résulté que ce cadre est propice à la floraison de
l'activité touristique.

140
Au chapitre II, la préoccupation consistait à présenter l’interrelation entre l’activité de
tourisme, les établissements de tourisme et l’environnement. Pour ce faire, l'objectif de
redéfinir le concept de paysage et de voir les liens entre les établissements de tourisme et
l’environnement a été fixé. Ici, s’est agi d’analyser le paysage naturel et son impact sur le
tourisme, les incidences de l’environnement sur la conception, la construction, l’exploitation
et la destruction des établissements de tourisme, ainsi que l’influence des établissements de
tourisme sur les composantes de l’environnement.
Le chapitre III a consisté analyser les exemples d’établissements de tourisme déjà
construits. Ceci nous a conduits à analyser quatre exemples, dont 01en Algérie, 01 au Maroc,
01 à Madagascar et 01 au Cameroun. Ces différents exemples ont conduits vers des
établissements en zone balnéaire.
Le Chapitre IV s’est appuyé sur la description du milieu récepteur du projet, avec
pour objectif d’obtenir une connaissance adéquate des sensibilités environnementales ou
composantes qui risquent d’être affectées par les opérations du projet. Il a été question de
décrire les composantes physiques, biophysiques et sociales du site du projet (Down-Beach) et
de ses environs. Il s’agissait également de mener, même si elle n’est pas aussi précise faute
des moyens techniques, une EIE afin de voir quels seront effectivement les impacts du projet
sur l’environnement littoral et vis-versa.
Le Chapitre V a eu pour objectif de présenter le programme du complexe touristique,
afin de maitriser la qualité des espaces ainsi que leur agencement. Ceci nous a permis de
procéder à une conception des différents éléments du complexe en harmonie avec
l’environnement. La conception d’un établissement de tourisme complexe basé sur le
tourisme de production et un tourisme ciblé, sur un site touristique bien déterminé a conduit à
la conception d’un le complexe touristique balnéaire.
 Constats et observations générales
Cette étude nous a permis de noter plusieurs remarques pertinentes en matière
d’insertion environnementale.
 Au niveau de l’influence de l’environnement sur la conception
Cette recherche a permis de voir l’importance de l’EIES en amont de tout projet de
grande envergure. De nos jours, plusieurs projets en cours de réalisations au Cameroun ont
connu des retards dans le délai de livraison. Une des raisons de ce retard est le manque
d’EIES avant l’établissement de cahier de charge.

 Au niveau de l’importance de l’EIES

141
L’Etude d’Impacts Environnemental et Social est aujourd’hui une étape indispensable
dans la réalisation des projets de grande envergure. Encore, faut-il le noter que la protection
de l’environnement en vue d’un développement durable exige aujourd’hui même pour les
projets de petites tailles de mener une Notice d’Impact Environnementale.
Lorsqu’un projet de manière général, et celui d’un établissement de tourisme est
soumise à une étude d’impact environnemental, les PGES (Plan de Gestion Environnementale
et Sociale) permet une très bon suivi pendant la réalisation et une bonne surveillance pendant
l’exploitation du projet. Ceci contribue donc à satisfaire les besoins de la génération présente
sans compromettre celle de la génération future, d’où le développement durable.
 La contribution à la recherche
Dans le cadre de la recherche, nous pensons que ce travail sera un point de repère pour
les recherches futures. Compte tenu du fait que les recherches sont et restent dynamiques,
nous pensons que les autres pourront ajouter à la suite de ce travail, les détails qui nous ont
échappés.
 Problèmes rencontrés
 Les problèmes liés à l’accessibilité aux informations
Il n’a pas été facile pour nous d’avoir certaines informations. Il n’était pas du tout
facile d’avoir accès aux informations des établissements de tourisme, les responsables voyant
notre présence comme une sorte d’espionnage. Quelques fois les informations obtenues
auprès des responsables administratifs en charge de la protection de la nature et du
développement durable étaient complètement différentes de celles obtenues sur le terrain.
En ce qui concerne les exemples d’établissement de tourisme à analyser, les plans de
distributions ne sont pas disponibles, ce qui ne nous a pas rendu la tâche facile à ce niveau.
 Suggestions
Nous suggérons aux responsables du MINTOUL d’être plus regardant et exigeant en
ce qui concerne la mise en application des textes et règlementations en vigueur en matière de
protection de l’environnement. Une synergie forte doit exister entre le MINEPDED et le
MINTOUL, chacun agissant dans son domaine de compétence pour le respect des normes
établies.
Les promoteurs hôteliers doivent prendre en compte et mettre en application les
règlementations en vigueur en matière de protection de l’environnement. Ceci implique leur
prise de responsabilité en ce qui concerne l’EIES en amont du projet et la Responsabilité
Sociétale des Entreprises.
142
Pour de ce qui des architectes, ils doivent amener les clients à comprendre la nécessité
de l’Etude d’impact environnemental et social. Ils devraient mettre un accent sur
l’établissement de tourisme comme un élément touristique, donc attractif et identitaire dans un
milieu touristique.
Pour une bonne mise en application des règlementations en matière de protection de
l’environnement et des écosystèmes, les cours y référent devraient être dispensés dans les
écoles professionnelles, particulièrement celles formant les futurs acteurs dans les projets de
grandes envergures. Et même, pour un bon PGES, les populations locales devraient être
sensibilisées sur les plans de suivi et de surveillance environnementaux.

REFERENCES BIBLIPHIQUES

143
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N° 98/006 du 14 avril 1998 relative à l’activité touristique au Cameroun
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agriculture durable, Educagri.
62. H. HEDDAR, 2013, Projet de mémoire

ANNEXES

Plan de situation du site du projet

Repartions spatiale

Plan de masse du complexe touristique

Plan de distribution bungalow de types T3

Plan de distribution bungalow de type T2

Plan de distribution RDC bungalow de type


147
Plan de distribution étage bungalow de type

Plan de distribution Restaurant

Plans de distribution hôtel

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION GENERALE

0.6 Présentation du sujet


0.7 Intérêt du sujet
0.7.2 Intérêt personnel
0.7.3 Intérêt professionnel
0.7.4 Intérêt scientifique
0.7.5 Intérêt environnemental
0.8 Définitions des concepts et délimitation du sujet
0.8.2 Définition des concepts
0.8.3 Délimitation du sujet
0.8.3.1 Délimitation spatiale
0.8.3.2 Délimitation temporaire
0.9 Problématique
0.10 Questions de recherche
0.5.1. Question principale
0.5.2. Questions spécifiques

0.6 Hypothèses de recherche


0.6.1 Hypothèse principale
0.9.2 Hypothèses spécifiques
0.10 Objectifs de recherche

0.7.1 Objectif général

0.10.2 Objectifs spécifiques


0.11 Revue de littérature

148
0.12 Méthodologie de recherche.

0.9.1 La recherche documentaire


0.9.2 L’observation directe
0.10.3 L’étude des cas et cartographie
0.11 Plan de travail

PREMIERE PARTIE: APPROCHE THÉORIQUE


Introduction

CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DE LA VILLE DE LIMBE

Introduction
1.3 Limbe : données géographiques et histoire

1.1.1 Données géographiques

1.1.2 Limbe : histoire et peuplement

1.4 Population et activités

1.2.1 Population

1.2.2 Economie et commerce

1.3.3 Limbe : un itinéraire

1.2.3.1. Les pôles d’intérêts touristiques

1.2.3.2. Pratiques touristiques

1.4 Les attractions architecturales et Patrimoine architectural à préserver

1.3.1. Les attractions architecturales

1.3.2. Des Patrimoine architecturaux et naturels à préserver

Conclusion
149
CHAPITRE II : TOURISME, ETABLISSEMENTS DE TOURISME ET
ENVIRONNEMENT
Introduction
2.4 La valeur touristique du paysage
2.1.1 Définition du concept paysage
2.1.2 Les paysages touristiques
2.1.3 Paysage comme facteur déterminant de déplacement
2.5 Les effets bénéfiques du tourisme et des établissements de tourisme sur l’environnement
littoral
2.2.1 Augmentation du bassin d’emploi et de richesses
2.2.2 Amélioration du management environnemental
2.2.3 Développement durable de la ville
2.6 Les effets néfastes du tourisme et des établissements de tourisme sur l’environnement
littoral
2.3.1 Les impacts du tourisme sur la pollution
2.3.1.1 La pollution de l’air et les nuisances sonores
2.3.1.2 La pollution architecturale
2.4 La consommation démesurée des ressources
2.4.1 Les effets du tourisme sur l’eau
2.4.2 Problèmes liés à la dégradation des sols
2.4.3 La dégradation de la végétation
2.5 L’empreinte des hôtels et des complexes hôteliers sur la biodiversité.
5.2 Les incidences de l’environnement sur les établissements de tourisme
2.6.1 L’incidence du paysage touristique sur la conception des établissements de tourisme.
2.6.2 Cadre pour un tourisme respectueux de l’environnement
2.6.3. Limbé : un paysage morpho-climatique fragile
5.3 Les établissements de tourisme de Limbe : rapport avec l’environnement
2.7.1 Le rapport avec le paysage
2.7.2 Rapport avec l’environnement
Conclusion

150
DEUXIEME PARTIE: APPROCHE PRATIQUE

CONCEPTION D’UN COMPLEXE TOURISTIQUE DANS LA VILLE DE LIMBE AU


LIEU-DIT « DOWN-BEACH ».

Introduction

CHAPITRE III : ANALYSE DES EXEMPLES


Introduction
3.1 Critères de choix des exemples:
3.2 Exemple I : Centre touristique de sidi Fredjen Algérie
3.2.1 Présentation
3.3.2 Etude de plan de masse:
3.2.3 Accessibilité
3.2.4 Les composants du centre touristique:
3.2.5 Synthèse
3.3 Exemple II : Le Four Seasons Resort Marrakech (Maroc)

3.3.1 Situation
3.3.2 Les infrastructures

3.3.3 Les hébergements

3.3.4 Restauration

3.3.5 Synthèse :

3.4 Exemple III : Complexe touristique à Madagascar:


3.4.1 Présentation de la ville de Majunga
3.4.2 Présentation du complexe Balnéaire Aantsanitia Ressort:
3.4.3 Situation et accessibilité de l’hôtel
3.4.4 Approche extérieure:
3.4.4.1 Disposition des grandes entités
3.4.4.2 Etude du plan de masse:
3.4.4.3 structurations des fonctions à l’intérieur des composantes du projet:
3.4.5 Synthèse :
3.5 Exemple IV: Bota Beach House Limbe

151
3.5.1 Situation et description
3.5.2 Insertion environnementale
3.5.3 Synthèse
Conclusion

CHAPITRE IV : DESCRIPTIONDU MILIEU RECEPTEUR DU PROJET ET


ANALYSE DES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX DU PROJET.

Introduction

4.1. Justification du choix du site du projet

4.2. Inventaire du site : collecte des données environnementales

4.2.1. Infrastructures en place

4.2.2. Activités pratiquées actuellement sur la plage

4.3. Description des composantes de l’environnement

4.3.1 Analyse du milieu physique


4.3.1.1 Le relief
4.3.1.2 Pédologie
4.3.1.3 Climat
4.3.2 Analyse du milieu biologique
4.3.2.1 La Flore
4.3.2.2 Richesses naturelles
4.3.3 Description du milieu socio-économique

4.3.3.1 Données culturelles et démographiques

4.3.3.2 Habitats et conditions de vie

4.3.3.3 Composition ethnique et langue parlée

4.3.3.4 Activités professionnelles

4.4 Description des impacts et mesures d’atténuation


4.4.1 Impacts négatifs sur le milieu biophysique

152
4.4.2 Impacts négatifs des eaux de ruissèlement sur la plage
4.4.3 Impacts de l’Océan sur le projet
4.4.4 Impacts négatifs sur la sécurité des touristes et des riverains
4.4.5 Impacts négatifs de la non signalisation du site du projet
4.4.6 Impacts négatifs du projet sur les activités de pêche
4.4.7 Impacts négatifs liés à l’alimentation du site en eau
4.4.8 Impacts négatifs liés à l’alimentation du site en énergie électrique
4.4.9 Impacts négatifs des activités de pêche sur la plage
4.4.10 Impacts négatifs liés à une mauvaise gestion de la phase d’exploitation
4.4.11 Impacts sur l’environnement socio-économique et humain
4.5 Impacts positifs du projet
4.5.1. Création d’emplois
4.5.2. Développement des activités économiques et augmentation des revenus
4.5.3. L’importance du plan de gestion environnementale et sociale (PGES)
Conclusion

Chapitre V : L’illustration du projet


Introduction

5.1 Analyse du programme

5.1.1 Les différents équipements :

5.2 Le programme du complexe

5.2.1. La programmation qualitative

5.2.1.1 Le pôle hôtelier


5.2.1.2 Les Bungalows

5.2.1.3 Les parties annexes de complexe

5.2.1.4 La programmation détaillée et quantitative

5.3 Approche conceptuelle du projet

5.3.1 Description fonctionnelle :

153
5.3.2 Analyse architecturale et styliste du projet :

Conclusion

Conclusion générale

 Constats et observations générales

 Au niveau de l’influence de l’environnement sur la conception

 Au niveau de l’importance de l’EIES

 La contribution à la recherche

 Problèmes rencontrés

 Suggestions

BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

154

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