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E.N.I.T.

Unité Pédagogique de Mathématiques Appliquées


Examen : Corrigé – Mathématiques pour l’Ingénieur I Janvier 2019
Classes : 1ère année Durée 2H00
Documents non autorisés 2 pages

Dans toute l’épreuve, µ désigne la mesure de Lebesgue sur R.


Pour une fonction f , on désigne par fbsa transformée de Fourier.
Exercice 1.
1. L’équation fb= I[−1,1] admet-elle une solutions dans L1 (R) ? Justifier votre réponse. On
sait que si f ∈ L1 (R), alors fb est continue sur R. Comme la fonction I[−1,1]
n’est pas continue en ±1, donc elle n’est pas continue sur R, il
n’existe donc aucune fonction f ∈ L1 (R) telle que fb= I[−1,1] .
2. Pour α > 0 un réel donné, soit gα la fonction définie sur R par :

gα (y) = ye−αy I]0,+∞[ (y).

Soit fα ∈ L1 (R) vérifiant :


fbα = gα
En utilisant la formule de la transformée de Fourier inverse, vérifier que
1 1
fα (x) = √ , ∀ x ∈ R.
2π (ix − α)
2

Par hypothèse la fonction fα ∈ L1 (R) et sa transformée de Fourier gα = fbα


est aussi L1 (R) car :
Z Z +∞
|gα (y)|dµ(y) = ye−αy dy < +∞.
R 0

La formule de la transformée de Fourier inverse donne :


Z Z +∞
1 1
∀ x ∈ R, f (x) = √ gα (y)eixy dy = √ ye(ix−α)y dy.
2π R 2π 0
Une intégration par partie, en posant u(y) = y et v0 (y) = e(ix−α)y donne :
Z +∞
1 e(ix−α)y +∞ 1 1 1 1
f (x) = √ [y ]0 − √ e(ix−α)y dy = √ .
2π ix − α 2π ix − α 0 2π (ix − α)2
=0

Z
dx
3. En déduire la valeur de l’intégrale I = .
R + x2 )2 (α2
La fonction fα ∈ L2 (R), donc, d’après la formule de Parseval:

k fα k2 = k fbα k2 = kgα k2 .

1
Soit donc,
Z Z Z Z +∞
1 dx
| f (x)| dx =
2
= |gα (y)| dy =
2
y2 e−2αy dy.
R 2π R (α + x2 )2
2
R 0

Deux intégrations par partie successives donnet :


Z +∞
1
y2 e−2αy dy = 3 .
0 4α
Par conséquent,
π
Z
dx
= .
R (α2 + x2 )2 2α3
4. Calculer f[α ∗ fα , le produit de convolution de fα par la fonction elle même.
√ 2 √
fα ∈ L1 (R), donc f[ α ∗ fα = 2π bfα = 2πg2α . Soit donc

f[
α ∗ fα (y) = 2πy2 e−2αy I]0,+∞[ (y).
R +∞
5. Pour x ∈ R, soit la fonction définie par : h(x) = 0 y2 e−2y+ixy dy. Montrer que :


h(x) = − f2 (x).
ix − 2
Une intégration par partie, en posant u(y) = y2 et v0 (y) = e(ix−2)y donne :
Z +∞ √
(ix−2)y
2 e +∞ 2 2 2π
h(x) = [y ] − ye(ix−2)y
dy = − f2 (x).
ix − 2y 0 ix − 2 0 ix − 2
=0

6. En déduire l’expression de la fonction f1 ∗ f1 . Comme f1 ∈ L1 (R), donc f1 ∗ f1 ∈ L1 (R).


√ √
1 ∗ f1 (y) = 2πg21 (y) = 2πy2 e−2y I]0,+∞[ (y). Par conséquent f[ 1
De plus f[ 1 ∗ f1 ∈ L (R).
La formule de la transformée de Fourier inverse donne :
Z +∞

Z
1
f1 ∗ f1 (x) = √ 2πy e I]0,+∞[ (y)dy =
2 −2y
y2 e−2y dy = h(x)
2π R 0

Soit donc, √
2 2π 2
f1 ∗ f1 (x) = h(x) = f2 (x) = .
ix − 2 (ix − 2)3
Exercice 2.
1. Vérifier que la fonction f : x 7→ log(|x|)I]0,+∞[ (x) définit une distribution sur R. On note
T f la distribution associée.
La fonction f ∈ L1loc (R) car : Pour tout intervalle [a, b] ⊂ R, f est continue sur [a, b] si a > 0 ou
si b < 0. Donc f est Riemann par conséquent Lebesgue intégrable sur [a, b]. Si a ≤ 0 ≤ b, dans
ce cas Z Z b
| f (x)|dx = | log(x)|dx < ∞,
[a,b] 0
Rb
puisque x 7→ log(x) est continue sur ]0, b] et log(x)=
(0+ )
o( √1x ) et l’intégrale généralisée 0
√1 dx
x
est convergente.

2
2. Soit T l’application définie par :

T : D(R)
Z → R,
ϕ→− f (x)ϕ0 (x)dx + ϕ(0)
R

Montrer que T est une distribution sur R.


• L’application T est linéaire : ∀ ϕ1 , ϕ2 ∈ D(R), ∀ λ ∈ R.
R +∞
T(ϕ1 + λϕ2 ) = 0 log(x)(ϕ1 + λϕ2 )0 (x)dx + (ϕ1 + λϕ2 )(0)
R +∞ R +∞
= 0 log(x)ϕ01 (x)dx + ϕ1 (0) + λ( 0 log(x)ϕ02 (x)dx + ϕ2 (0)) .
= T(ϕ1 ) + λT(ϕ2 ).

• L’application T est continue : Soit K un compact de R et soit ϕ ∈ D(R)


vérifiant Supp(ϕ) ⊂ K.
Z Z
|T(ϕ)| = | 0
log(|x|)I]0,+∞[ (x)ϕ (x)dx+ϕ(0)| ≤ | log(|x|)|dxkϕ0 k∞ +kϕk∞ ≤ CK max(kϕk∞ , kϕ0 k∞ ),
K K
R
pour CK = K | log(|x|)|dx + 1. Ainsi T est continue.
Conclusion T ∈ D0 (R).
3. Vérifier que pour toute fonction ϕ ∈ D(R), on a :
Z +∞ Z +∞
log(x)(2ϕ (x) + xϕ (x))dx =
0 00
log(x)ϕ0 (x)dx + ϕ(0).
0 0

Soit ϕ ∈ D(R). Alors,


Z +∞ Z +∞ Z +∞
log(x)(2ϕ (x) + xϕ (x))dx = 2
0 00
log(x)ϕ (x)dx +
0
log(x)xϕ00 (x)dx.
0 0 0

Si on prend u(x) = x log(x) et v0 (x) = ϕ00 (x), donc u0 (x) = log(x) + 1 et


v(x) = ϕ0 (x), une intégration par partie pour la deuxième intégrale donne :
R +∞ R +∞ R +∞
+∞
0
log(x)xϕ 00
(x)dx = [x log(x)ϕ 0
(x)] 0 − 0
log(x)ϕ0
(x)dx − 0
ϕ0 (x)dx
R +∞ =0
= − 0 log(x)ϕ0 (x)dx − [ϕ(x)]+∞ 0
R +∞
= − 0 log(x)ϕ (x)dx + ϕ(0).
0

Ainsi :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
log(x)(2ϕ (x)+xϕ (x))dx = (2−1)
0 00
log(x)ϕ (x)dx+ϕ(0) =
0
log(x)ϕ0 (x)dx+ϕ(0).
0 0 0

4. En déduire que x(T f )00 = T.


∀ϕ ∈ D(R), on a :

< x(T f )00 , ϕ >=< (T f )00 , xϕ >= (−1)2 < T f , (xϕ)00 >=< T f , (xϕ)00 > .

3
Or (xϕ)0 = ϕ + xϕ0 et (xϕ)00 = 2ϕ0 + xϕ00 . Par suite
R
< T f , (xϕ)00 > = R f (x)(2ϕ0 (x) + xϕ00 (x))dx
R +∞
= 0 log(x)(2ϕ0 (x) + xϕ00 (x))dx
R +∞ .
= 0 log(x)ϕ0 (x)dx + ϕ(0)
=< T, ϕ >
On obtient ainsi :

∀ϕ ∈ D(R), < x(T f )00 , ϕ >=< T, ϕ > .

Ce qui donne x(T f )00 = T.


5. Résoudre dans D0 (R) l’équation xU = T.
On vient de voir que (T f )00 est une solution particulière de l’ équation
(E): xU = T. Si U est solution de (E), alors x(U − (T f )00 ) = 0 et par
conséquent U = (T f )00 + λδ0 .

Exercice 3. Z
1
Soit l’espace de Hilbert réel H = L (] − π, π[) muni de la norme k f k2 = (
2
| f (t)|2 dµ(t) 2 ,
]−π,π[
associée au produit scalaire définie par :
Z
( f, g) = f (t)g(t)dµ(t), ∀ f, g ∈ H.
]−π,π[

Soit ( Z )
F= f ∈H/ f (t) sin(t)dµ(t) = 0
]−π,π[

1. Montrer que F est un sous espace vectoriel de H.


• F est non vide, il contient la fonction nulle.
• ∀ f, g ∈ F, ∀ λ ∈ R,
Z Z Z
( f + λg)(t) sin(t)dµ(t) = f (t) sin(t)dµ(t) + λ g(t) sin(t)dµ(t) = 0.
]−π,π[ ]−π,π[ ]−π,π[

Donc f + λg ∈ F.
F est donc bien un s.e.v de H.
2. Montrer que
Z
| ( f (t) − g(t)) sin(t)dµ(t)| ≤ λk f − gk2 , ∀ f, g ∈ H,
]−π,π[
Z
1
où λ = ( sin2 (t)dµ(t)) 2 .
]−π,π[
Soient f, g ∈ H. D’après l’inégalité de Cauchy Schawrz, on a
Z Z Z
1 1
| ( f (t)− g(t)) sin(t)dµ(t)| ≤ ( 2
| f (t)− g(t)| dµ(t)) 2 ( sin2 (t)dµ(t)) 2 ≤ λk f − gk2 ,
]−π,π[ ]−π,π[ ]−π,π[
Z
1
pour λ = ( sin2 (t)dt) 2 .
]−π,π[

4
3. Montrer que F est fermé dans H
Soit ( fn ) une suite de fonctions de F qui converge vers une fonction f
dans H. Montrons que f ∈ F.
Z Z
| f (t) sin(t)dµ(t)| = | ( f (t) − fn (t)) sin(t)dµ(t)| ≤ λk fn − f k2 → 0 .
]−π,π[ ]−π,π[ n→+∞

R
Donc ]−π,π[
f (t) sin(t)dµ(t) = 0 et f ∈ F. Ce qui prouve que F est un fermé de
H.
4. Soit f ∈ H, montrer qu’il existe une unique fonction f˜ ∈ F telle que :

k f − f˜k2 ≤ k f − gk2 , ∀ g ∈ F

L’ensemble F est un s.e.v de H, donc c’est un ensemble convexe non vide


de H, de plus il est fermé dans l’espace de Hilbert H, d’après le
théorème de projection, pour f ∈ H, il existe une unique fonction f˜ = PF f
telle que
k f − f˜k2 = min k f − gk2 ≤≤ k f − gk2 , ∀ g ∈ F.
g∈F
Z
sin(t)
5. Soit ψ f = f − f (t) sin(t)dµ(t) Montrer que ψ f ∈ F.
λ2 ]−π,π[
Z
˜ sin(t)
Soit f ∈ H. Vérifions d’abord que f = f − f (t) sin(t)dµ(t) ∈ F. En
λ2 ]−π,π[
multipliant f˜ par la fonction sin puis en intégrant sur [−π, π] et en
remplacant λ2 par son expression, on obtient :
R
Z Z
]−π,π[
f (t) sin(t)dµ(t) Z
f˜(t) sin(t)dµ(t) = f (t) sin(t)dµ(t)− R sin2 (t)dµ(t) = 0.
]−π,π[ ]−π,π[ ˜ 2
f (t) sin (t)dµ(t) ]π,π[
]−π,π[

Donc f˜ ∈ F.
6. En déduire que f˜ = ψ f . On a montré que ψ f ∈ F, pour déduire que f˜ = ψ f , il
suffit de montrer que f − ψ f ∈ F⊥ . En effet :
R
Z
]−π,π[
g(t) sin(t)dµ(t) Z
∀g ∈ F, ( f −ψ f , g) = ˜
( f (t)− f (t))g(t)dµ(t) = − f (t) sin(t)dµ(t) = 0.
]−π,π[ λ2 ]−π,π[

7. Calculer f˜ pour f (t) = sin(t).


R
Sachant que λ2 = ]−π,π[ sin2 (t)dµ(t), donc
Z
sin(t)
f˜(t) = sin(t) − sin2 (t)dµ(t) = 0.
λ2 ]−π,π[

8. En déduire qu’on a :
Z
λ ≤
2
|g(t) − sin(t)|2 dµ(t), ∀ g ∈ H, g une fonction paire.
]−π,π[

5
Pour f (t) = sin(t), on a f˜ = 0 et
Z
kf − f˜k22 = k f k22 = λ ≤ kf −
2
gk22 = |g(t) − sin(t)|2 dµ(t), ∀ g ∈ F.
]−π,π[

En particulier, si g ∈ H une fonction paire, alors g ∈ F car t 7→ g(t) sin(t)


est impaire sur ] − π, π[. Par conséquent :
Z
λ2 ≤ |g(t) − sin(t)|2 dµ(t), ∀ g ∈ H, g une fonction paire.
]−π,π[