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NÉBY SAMOUIL

Author(s): L. H. Vincent
Source: Revue Biblique (1892-1940) , 1er JUILLET 1922, Vol. 31, No. 3 (1er JUILLET
1922), pp. 360-402
Published by: Peeters Publishers

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MÉLANGES

NÉBY SAMOUIL

A deux lieues environ au nord-ouest de Jérusalem, une rampe


détachée de l'arête faîtière se projette vers L'occident à la façon d'un
puissant, contrefort. Avant de s'affaisser, par une série de décroche-
ments dans la direction des plaines du littoral, sa crête se dégage en
forme de belvédère monumental, dominant la contrée dans un
immense panorama. Une assez humble mosquée dressait, avant les
bouleversements de la guerre, sur ce sommet l'aiguille blanche et
svelte de son minaret et le vieux nom biblique du « prophète
Samuel », depuis tant de siècles attaché à ce remarquable site,
devenait promptement un signal topographique familier dès qu'on
prenait contact avec le massif central palestinien.
Ce belvédère avait de bonne heure piqué la curiosité et retenu
l'attention de l'École, comme il l'avait fait pour tous les explorateurs
dupasse. Tandis que nous cherchions dans les ouvrages de nos de-
vanciers comment on avait décrit la physionomie et ce qui pouvait
éclairer l'histoire de ce site, - car s'il reste infiniment à explorer en
Palestine, on y a cependant enregistré déjà beaucoup plus d'excel-
lentes observations que n'ont l'air de le soupçonner certains jeunes
érudits, - nous avions surtout à cœur de demander au site lui-même
ces éclaircissements. Dans les livres mainte désignation illustre à
travers le passé biblique était proposée plus ou moins à la cantonade:
c'était Gabaon, c'était Maspha, c'était Ramathaïm Sôphîm, ou quel-
que vocable de plus modeste évocation. Au seul examen superficiel
le site lui-même était peu expressif. De la mosquée, jalousement
gardée, on devinait seulement qu'elle avait remis en œuvre les ruines
d'une église médiévale; tout au plus quelque pan de mur ou un
lambeau de sculpture pouvait-il suggérer un édifice byzantin prédé-
cesseur de l'église franque. Autour de la terrasse culminante où se
dressait la mosquée, les huttes minables d'un hameau musulman
se blottissaient contre de hautes escarpes rocheuses artificielles, ou
s'agençaient chaotiquement parmi des bassins, des canaux et d'autres
excavations dans le roc. Une source parcimonieuse cachait son filet

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RB. 1922. Planche XI.

i. El-Djîb. Vue prise du sommet de Néby Samouîl.

2. Néby Samouîl. Un veslige de l'enceinte byzantine; cf. fig. 2.


(Clichés Savignac.)

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ñ# 1922. Planche XI I.

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Néby Samouíl. Détail des excavations dans le roc.

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MÉLANGES. 361

ďeau dans une caverne artifi


un bouquet d'arbres, sous l'es
supérieure. Quelques tombe
caractéristiques, s'égrenaient
au flanc orientai de la monta
source plus abondante. Un
correct du Survey (1) enregis
cet énigmatique ensemble e
esquissés déjà naguère dans la
particulier (2). Il semblait d
fond cet examen qu'à la cond
poussé et précisé par quelqu
éventualité de ce supplément
la satisfaction d'utiliser so
d'ensemble, l'incomparable p
sorte de magnifique plan en r
environ de la Palestine. A l'o
du Jourdain et de la mer M
d' Ammon et de Moab; au no
d'Éphraïm; au sud, celles des
sud-est, apparaît distincteme
taurs et ses remparts crénelé
d'interroger les textes, bibliq
à la localité.
Dès 1892 le P. Lagrange nous faisait partager sa conviction, fondée
sur une exégèse positiver que si Néby Samouil ne pouvait d'aucune
façon représenter ni Maspha (Mispah, etc.), ni Ramathaïm, ni telles
autres localités antiques proposées naguère, le site conviendrait assez
spontanément au contraire à certaines données bibliques relatives à
Gabaon. L'absence de ruines significatives suggérant toutefois de
ne pas accrocher à ce sommet la ville proprement dite de Gabaon,
installée avec toute convenance, au surplus, au pied même de la
montagne, sur le coteau d 'el-Djîb, il émettait l'avis que la montagne
elle-même avait bien chance d'être le sanctuaire de Gabaon, le haut-
lieu par excellence de toute la contrée (4).
La suite devait donner corps à cette suggestion. A mesure que

(1) The Survey of Western Palestine; Memoirs ..., t. III, 149 ss.
(2) Description géographique , historique et archéologique de la Palestine ; Judée ,
t. I, 362 ss. Paris, 1868.
(3) Guérin, op. I., p. 366.
(4) Cf. la brève allusion de RB.f 1892, p. 455.

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362 REVUE BIBLIQUE.

l'exploration et les fouilles allaient


antiques hauts-lieux palestiniens, le c
une plus solide vraisemblance, bien
reconstituer la primitive installation c
blement chimérique par la seule obs
Canaan , ce « haut-lieu de Gabaon » in
comparatif pour la situation générale
mais il ne pouvait, naturellement, êtr
aménagements dans le roc étalant a
complication pour essayer de les adap
néens. Leur complication même et l
artificiel pouvaient à la rigueur autori
avec tel sanctuaire de tardive origine
de Pétra je suppose (2); ils semblaie
distinguer de tout lieu de culte archaïq
tait surtout une ou plusieurs pierres s
stèles commémoratives, un autel, des f
à recevoir les résidus des sacrifices, u
sins, le plus souvent simples cavernes
frustes parois naturelles.
Il était réservé à M. le professeur R. K
liturgies cananéennes, de risquer cet
rochers taillés de Néby Samouil à un a
dans ses « Études sur l'archéologie.
religion » (3). L'équation surannée d
Mispah doublait d'une invraisemblance
semblance archéologique. A la vérité,
de frais pour rendre évidents au lecteu
siaste conviction : un vague carré sch
semées quelques figures rondes., carrée
tait le mirifique sanctuaire, dans lequel u
découvrait l'autel à immolations, la
pour l'écoulement du sang et des libati
cela décrété d'une si « haute* antiquité

(1) Vincent, Canaan , p. 147, n. 1; cf. ,143.


(2) Cf. RB.t 1903, p. 280 ss. Voir aussi 1906, p. 582
(3) Studien zur hebr. Archäologie uni Religionsg
(4) Depuis fort longtemps démontrée; voir pa
proposait el-Bîreh . Son identification fort judici
après, par M. Raboisson. La localisation de la célè
Nasbeh, à quelques kilomètres au sud d 'el-Bîreh, es
vue onomastique et topographique pour qu'il y ait

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MÉLANGES. 363

n'avaient eu qu'un autel spécia


y pouvoir exercer leurs rites
découverte peu antérieure, p
Serpent dans la vallée du Cedr
attendre^ aboutissant uniquem
robuste, qui s'exprimait bie
monographie « Sur les primi
Kittel a orné, en 1909, le rec
l'occasion de son jubilé (2). I
quement documenté par M
1' « Institut évangélique allem
à Jérusalem ». Même complét
le relevé inexpérimenté de Lo
bien imparfaitement le sujet,
complication de tombeaux var
hâtait de déduire l'hypothèse
vieux sanctuaire.
Alléché par cette archéologie sacrée, Lohmann en fit le thème de sa
dissertation obligatoire durant son année de ßtage à l'Institut alle-
mand. Son mémoire a été publié en 1918 dans la revue de la Société
allemande de Palestine, sous le titre d'ailleurs judicieux et réservé :
« Détails archéologiques d'en-Néby Samwîl » (3). Il abandonne avec
beaucoup de bon sens la tentative de situer là Maspha et ses souve-
nirs et parait bien admettre en cet endroit le haut-lieu de Gabaon (4).
A travers sa description passablement enchevêtrée des vestiges
archéologiques, traduits de manière trop peu expressive par des
relevés d'ailleurs consciencieux mais dont on sent qu'il n'a pas la
pratique, Lohmann fait de louables efforts pour s'abstenir de termi-
nologie religieuse. 11 est clair néanmoins que sa laborieuse enquête

(1) Cf. RB., 1908, p. 318. Kittel la reprenait d'ailleurs avec entrain dans ses Studien
p. 171 ss.
(2) lieber primitive Felsaltäre in Palästina dans ¡Hilprecht Anniversary Volume...,
p. 243 ss.
(3) Zeitschr. des deut . Pal . Vereins, XLI, 1918, p. 117 ss. Lohmann étant mort pendant la
guerre, le mémoire est édité par le directeur de l'Institut évangélique, prof. Dalman, qui
l'a enrichi de notes mettant çà et là d'opportunes sourdines aux envolées religieuses de
son pupille.
(4) ZDPV., I.I., p. 119 et 153. 11 croit découvrir dans Schlatter, et sans se douter qu'elle
lui est antérieure, la première origine d'une identification qu'il attribue ensuite ferme-
ment à Dalman. Une note de Dalman fait savoir qu'il la remet aujourd'hui en question.
Dans Ì % Palästina jähr buch, X, 1914, p. 22, il a en effet proposé de situer le hai^t-lieu de
Gabaon sous les ruines d'une église byzantine à l'extrémité méridionale du coteau
d'el-Djîb. On reviendra sur cette hypothèse précaire.

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ne lui a pas donné la notion positiv


demeure hanté par la stupéfiante sacr
de sa dissertation, non sans s'être pré
tance, il ne résiste pas à la séduction
taillées qu'il vient de décrire à l'ant
cananéo-israélite : ici on aurait par
victimes amenés pour les solennelles
abreuver; voici l'habitation du prêtre
côté l'étable avec ses crèches où le pe
le bétail réservé à son usage (1). Si
tableau, quand on le compare au song
coup trop encore de choses saintes en
ces déterminations imprudentes d
improvisée n'aient encombré le sujet
superflu, sinon d'en faire par le m
moins de dire avec le détail utile sou
depuis longtemps ces mêmes vestiges
dant, au préalable, ce qu'était jadis le
titres Néby Samouil peut offrir pour en

I.

L'identité de Gabaon biblique avec


d'assez solides bases pour que nous la
de départ de notre enquête spéciale,
trôle. Centre d'un clan Hévéen, cette
les jours de la conquête israélite par
coloré est dans toutes les mémoires
Jourdain, Jéricho, la cité imprenable, e
ce qui tentera de résister sera voué à
jugué. Les Hévéens retors de Gabaon
sauver leur cité et conserver eux-m
Tandis que tout le reste du pays tente
des ambassadeurs Gabaonites accoure
empressés à offrir leur soumission et
de haillons et munis de très maigres

(1) Par leur côté pratique plusieurs de ces déter


nature des faits. Aussi retrouvera-t-on, vers la fi
appliqués aux mêmes choses, dont l'origine sera
dépouillée de tout caractère sacré.
(2) Josue, 9, 3 ss.

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MÉLANGES. 365

sement d'un voyage intermin


leurs chaussures, donnant à e
de Dieu est arrivée jusqu'à leu
petite capitale, aux confins du
dont Israël va prendre posses
quérants? Ils offrent au surpl
leur accorde donc une allian
quelque soupçon, que dissipe
mandataires, leur proposition
est scellé. Peu après la fourbe
si lointaine occupe un site av
donnée par Dieu à son peuple.
conclu sans avoir consulté le
porter aucune violation ; la vi
maïs Josué les condamne à un
ainsi que la cité hévéenne de G
avoir à subir les bouleversemen
n'est pas dénué deportee pour l'
la rigueur des injonctions div
peuple élu contre la séduction d
parmi les nations subjuguées.
vaijicus honnis par antagonis
grand'peine à entraîner les co
bientôt la plainte des hommes
dans toute la Terre de la prom
sanctuaires réprouvés du v
révéler l'ascendant de ces lieu
les violences de la conquête à
demeurée intacte, où l'ancienn
ses habitudes et sa tendance
modifié, n'était-il pas à pré
perpétuée et que le sanctuair
banalité ordinaire, exercerait
rains? Il importait d'ailleurs d
de l'apparition de Gabaon d
bientôt la plus opportune lum
aujourd'hui de très obscur ap
de ce que fut le sanctuaire gab
L'existence théorique de ce lie
teuse, étant donné ce que no
parmi les populations de Ca

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ordonnance et localisation pouvaient n


tions considérables d'une ville à l'autre. On serait assez enclin à voir
une première indication d'un lieu de culte gahaonite dans II Sam .
xx, 8 : les gens de David réinstallé à Jérusalem après les douloureux
incidents de la révolte d' Absalom sont à la poursuite d'un nouvel
insurgé : le benjaminite Šéb a; le premier repère topographique
indiqué dans leur course est « la grande pierre qui se trouve à
Gabaon ». Le P. Dhorme (1) n'a pas manqué de rapprocher cette
ïibna pN de la « grande pierre » analogue près de laquelle vient
s'arrêter, aux portes de Beth Šémeš, le chariot qui ramène l'Arche de „
chez les Philistins, dans I Sam . vi, 14, et le « rocher » déterminé,
■roní qui, dans Jag. xin, 1$, a si bien l'air d'être l'autel tout prêt
à recevoir le sacrifice de Manoé. Autel, simple pierre sacrée, ou
quoi qu'elle ait pu être, cette « grande pierre » dont la mention n'est
incidemment fournie que pour localiser un funeste épisode des riva-
lités qui sévissaient entre les propres partisans de David nous ren-
seigne peu.
Voici au contraire le passage d'où va se dégager avec le plus puis-
sant relief la physionomie générale du sanctuaire de Gabaon. Il est
emprunté aux précieuses narrations ajoutées en appendice au second
livre de Samuel (2). On est encore au temps de David; la famine sévit
indéfiniment sur le pays et l'oracle divin consulté révèle que c'est
en châtiment de meurtres dont Saül et les siens se sont rendu cou-
pables envers les Gabaonites. Le fait précis nous demeure inconnu
mais se peut suffisamment démêler dans la perspective connue des
premières relations de Gabaon avec les Israélites. Rien n'autorise,
il faut l'avouer, à mettre en suspicion le loyalisme avec lequel ces
Hévéens madrés s'acquittaient des obligations du servage qui leur
avait été imposé. Les Hébreux n'en conservaient pas moins comme
une rancœur le souvenir de leur duperie. Avec le recul du temps le
caractère sacré du pacte juré pouvait s'être atténué dans la mémoire
d'Israël. Qu'un incident surgisse, provoquant un conflit entre les
nouveaux chefs israélites et leurs esclaves d'office, le risque était
grave, pour le maitre du jour, de vouloir faire expier à leur pos-
térité la perfidie des ambassadeurs hévéens à Gilgal. Du moins est-ce
sous cet aspect que se conçoit le mieux le crime de Saül ou des Saü-
lides. Aussi bien, puisque le châtiment pesait sur la nation entière^

(1) Les livres de Samuet; in loc., p. 412 et p. 61.


(2) II Sam., 21, 1-11; voir Diiorme, op. l.y p. 419 ss. et 446 s. Il n'y a pas à refaire en
détail la critique de ce texte fort maltraité qu'il a rétabli dans sa meilleure teneur.

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MÉLANGES. 367

le crime devait avoir dépassé le


particuliers et de quelque meu
revendication très positive des
d'ailleurs que les Satilides avaien
entier. Quand David, éclairé su
peuple, demande aux gens de G
pensation en vue (l'apaiser leurs gr
malédiction vengeresse, ils se hâ
pas en faire une question pécuni
il y a du sang : leur vengeance
V. 5 s. : « Ils dirent au roi : « L'h
a voulu 'nous anéantir' en sorte
tout le territoire d'Israël, 6 'qu
famille et nous les suspendrons
montagne' de lahvé (1). » David,
choisit sept membres de la fam
fils de Respha (Rispâ) l'une des
mains des Gabaonites qui les su
Iahvé » (f. 9). On était « aux pre
dans la région du massif benjam
près au milieu de mai (2). L'ép
l'héroïque sollicitude de Respha,
et l'étendit sur le rocher, depu
des orges' jusqu'à ce que les eau
et elle ne permit pas aux oiseaux
le jour, ni aux animaux des cha
Il est assez clair que, suivant
expiatoire destinée à effacer le c
devra être pratiquée devant leur
ou de leur cité. La situation qui
d'Israël, ne les autorisant plus à
lière, ils ont emprunté le vocab
raius, quittes à perpétuer, sou
rubrique, leur aucien culte nati

(1) Trad. Dhorme. Le TM. porte, à la fin du


à Gibe 'a de Saül, l'élu - ļlni - de Iahvé.
fondée sur les LXX pour la substitution de
raêawv - à Gibe 'a de Saül, et sur la conje
d'après la donnée très claire du f 9. Ce q
nites, c'est la modalité de leur vengeance
point une intempestive glorification de S
(2) Cf. RB., 1909, p. 260 S.

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368 REVUE BIBLIQUE.

allèguent n'est donc que l'héritier d


sanctuaire traditionnel, et ce sanctua
montagne; c'est la montagne par an
« à Gabaon », distincte par conséquen
la cité, puisque s'il s'agissait de l'ém
tournure n'aurait plus guère de sens
aux plus anciens lieux de culte canan
attestés. Bien qu'annexés plus ou moi
rations, ils sont toujours relativemen
à part et cette situation n'a pas éch
attendu qu'elle leur suggérait l'expr
comme la désignation spécifique de ce
plutôt pour le vieux clan hévéen do
bâmah était la montagne qui s'impo
regards pour n'avoir pas besoin d'un
Dans l'évolution ultérieure, les pratiq
introduisirent souvent une sorte de
tandis que le lieu saint primitif conserv
divin et demeurait,, dans son aug
solennelles panégyries, on créait, à p
lations secondaires pour la commodit
immolations privées. Qu'il soit possibl
sur la colline même d 'el-Djîb un lieu de
Kittel, et Lohmann à sa suite (2), il n
identité avec lé grand sanctuaire «
remarquablement campée sur un tertr
très largement dégagé par d'amples v
entier (pl. XI, 1); au sud seulement un
à peine de la longue rampe relevée jus
supérieure du tertre, dont l'altitude
offre deux terrasses inégales : celle d
peu proéminente est l'assiette du villa
pou plus basse mais en relation avec la
vestiges nettement archaïques de l'agglo

(1) Cf. Canaan.. ., p. 147 ss.


(2) Kittel, Studien ..., p. 139 ss., thèse développ
primitive Felsaltäre; Hilprecht Anniv. Vol.,
tournie par Lohmann. La désignation de cette ro
qu'une méprise de Kittel, à moins qu'elle n'ait été
par la roublardise humouristique de quelque des
( Palüs tinajahr buch , IV, 1908, p. 32) a discrètem

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MÉLANGES. 369

à cupules de Kittel se trouv


deux terrasses. S'il s'agissait
logie de situation à ce très
évidemment la ressource de r
Gézer était, lui aussi, installé
entre les deux terrasses cu
néanmoins fallacieux, tant le
dans les deux endroits!
Laissant donc en ce moment pour ce qu'elle vaut l'interprétation
religieuse du rocher de Kittel, on n'essaiera pas ďy adapter le sanc-
tuaire de lahvé « sur la montagne » et d'évoluer ici le souvenir
tragique de l'exécution des Saülides. Voit-on, du reste, le£ sept
cadavres se balançant pendant cinq à six mois au bout de leurs
potences et la douloureuse Respha prolongeant tout ce temps sa
garde funèbre dans ce lieu de culte, s'il se fût trouvé ainsi à la porte
même sinon dans les murs de Gabaon? Quand on s'arrête devant le
coteau à'el-Djîb ou à son sommet, une seule montagne attire le regard,
mais celle-là presque fascinatrice : c'est Néby Samouil , qui projette
environ 120 mètres plus haut sa crête majestueuse sur l'horizon du
midi. L'œil suit la haute rampe accidentée, jusqu'au sommet de ce
belvédère qui a si parfaitement l'air de régner sur la contrée. Pour le
peuple de Gabaon, voilà bien la montagne par excellence, celle à qui
chacun songe d'instinct et qui se passe aisément de toute autre spéci-
fication quand est mentionnée « la montagne » dans le cadre restreint
où évolue la vie du clan. Si naturelle est d'ailleurs en tout pays la
tendance à individualiser ainsi les appellations les plus comàiunes en
apparence : la montagne, la vallée, le ruisseau, le rocher! Chacun
sait tout de suite, en n'importe quel village de n'importe quelle
contrée, à quoi s'applique telle ou telle de ces antonomases; leur
détermination par quelque particularité spécifique ou par un nom
propre, quand elle existe, est généralement à l'usage exclusif des
étrangers.
Et très naturellement la « montagne de Gabaon » était indiquée pour
devenir le séjour de prédilection de la divinité locale dans la pensée
des populations hévéennes antérieures aux Israélites sur ce sol, par
conséquent le sanctuaire essentiel du clan, plutôt que celui d'une
localité déterminée, fût-elle la plus importante duelan. Ainsi avions-
nous envisagé, dès longtemps, ce sommet si caractéristique de Néby
Samouil . Il fut, par la suite, un temps où M. Dalman en avait la même
impression. « Le haut-lieu de Gabaon, a-t-il écrit quelque part, à
propos justement de l'épisode de l'exécution des Saülides, était situé
REVUE BIBLIQUE 1922. - T. XXXI. 24

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370 REVUE BIBLIQUE.

sur une « montagne ». A quoi peut trè


montagne qui existe près de Gab
nullement le rocher signalé dans el
qu'aujourd'hui sa prédilection irait
moins éloigné de la ville et qu'il, lo
sanctuaire sur la terrasse méridion
les ruines d'une petite église attest
jusqu'aux temps byzantins. On ne v
tel choix, moins vraisemblable enco
lieu de se trouver à la porte de la vi
agglomération des temps cananéens
qui a déterminé ce changement, à r
si fermement déduite de la Bible, p
de ramener le sanctuaire « plus prè
que ce ne soit pas une raison de l'ins
semble-t-il, sur,le vrai caractère de
saire avec la cité. Parce qu'il était d
sanctuaire n'est nullement à concevo
ou l'église métropolitaine de cette lo
où les cérémonies du culte doivent s'ex
puissent revenir avec commodité. L
n'était rien aussi peu que cela. Territoi
soit en vertu de quelque théophanie
par la détermination du clan réserv
proximité de ses adeptes, cette résiden
le rendez- vous du clan pour de rare
viendra rendre hommage à son Dieu
conjonctures spécialement difficiles ;
qui lui est attribuée, on s'en interdit
pratique individuelle du culte. Peu im
gnement de ce lieu saint, s'il a été
d'un séjour plus imposant et dont l
particularité caractéristique impres
et les imaginations. Dalman ajoute,
église campée à son sommet la mo
frapperait pas autant » et que « rien
s'y être trouvé (2). Affaire d'impressio

(1) Dalman, Palästinajahrbuch, 1908, p. 32; cf


(2) ZDPV , 1918, p. 119, n. 1. Sous la réserve
jour où le sous-sol de la mosquée remplaçant a
sible à une exploration fondamentale, l'aphoris

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iMÉLANGES. 371

peut-être. Sans doute, en pr


rigidité fruste ventilant ce suje
de distance et sans la moindr
encore - avec quelques notio
antiques. Les cotes de niveau e
considérés, on voudra bien re
les problèmes de cette nature.
un élément très positif interv
dans leur solution : c'est ce
pittoresque, ou l'impression lo
aujourd'hui la colline à'el-Djîb
Gabaon et relise, sans la m
II Sam . xxi, 1-11; les express
guideront fatalement son re
Samouîl pour y chercher « la
pendus « devant Iahvé ». Et sice
du monde au fait de l'antiquit
ce sommet le phis altier da
devenu le sanctuaire du clan h
enfin, il faudrait bien s'entend
être poussée à deux kilomètre
le sud-sud-ouest d 'el-Djîb, tra
promontoire d 'el-Houwâra et
l'angle nord-ouest de la mo
commodément en une demi-
de vingt minutes. L'escalade,
rampe qui unit les deux sites se
Il fallait plus de temps et d
escalader le rocher de Zabe'at
d'installer leur haut-lieu sur ce belvédère.
On conclura donc, avec les meilleures vraisemblances réalisables
en cet ordre de faits, que le sommet dit aujourd'hui Néby Samouîl
représente cette montagne de Gabaon indiquée dans le texte sacré
comme le site où les victimes expiatrices réclamées par les Hévéens

quable. Découronné de tout monument religieux et réduit à n'être qu'un sommet chauve
de X mètres d'altitude envisagé dans son cadre passablement austère et désertique, ce
piton ne porte sur aucun de ses flancs la mention expresse qu'il ait été le haut-lieu de tel
endroit. Mais n'est-ce pas précisément au contraire parce qu'un tel site fixait l'attention
par lui-même qu'il provoqua, aux temps chrétiens, la localisation du tombeau de Samuel
et son cycle légendaire? Singulièrement plus juste était naguère l'impression de Guérin :
« c'est sans contredit l'un des points culminants de la Palestine et qui de loin attirent
invinciblement le regard » ( Descript ... Judée , I, p. 363).

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durent être exécutées : ce qui revien


lieu de Gabaon. Une caverne naturell
montagne, peut-être une pierre sacr
ratives et des emblèmes religieux plus
sifs; une pierre où faire couler le san
réunions religieuses du clan et qu
modestes : tel (Tut être, suivant la pr
ment de ce lieu saint. L'affluence y
pour assister au supplice qui vengeait le
dispersée, on ne se rencontrerait sans d
tuaire et, mois après mois, dans l'aus
lieu saint, les lugubres victimes se d
En un tel cadre combien se conçoit m
plus émouvant l'héroïsme de Respha
durant, sa veille éplorée sur les cadav
Le haut-lieu de Gabaon reparaît dan
plus tard, apparemment au début du
ni, k ss., le prince, qui, malgré sa fidél
les hauts-lieux, ou du moins ne s'interd
de l'encens (v. 3), se rend à Gabaon « p
c7était le haut-lieu élevé entre tous » (v
[xal ¡jieya^Y ) n'est qu'une redondance
emt excelsum maximum . On sait que
cette simple détermination qui met en
nbran nmn « le haut-lieu le grand
par un nom propre et si nombreux q
hauts-lieux, celui qui est désigné sous
tous(l). Par où le narrateur sacré sem
naturelle du site beaucoup plus que so
par sa qualification appliquée au bâma
celle de hauteur physique, il entende
élévation de toute la contrée, soit qu
faisant de bâmah une catégorie de sanct
installation cultuelle est la plus dév
Cette seconde nuance, qui porterait
spacieux et l'ordonnance très évoluée
situation physique, pourrait offrir l'
semblance aux impressionnantes héc
dans le récit tel que nous le lisons aujo

(1) Gesenius-Kautsch, Hebr. Gram.^l 133, n° 3.

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MÉLANGES. 373

mille holocaustes sur cet aute


trop recherchée pour prévalo
surtout contre le sens obvie d
simplicité. Pourrai t-òn avec
haut-lieu gabaonite « grand e
simple qualification de grand
de Gabaon? Nous sommes par
majestueux sommet de Néby
Avant de supputer l'espace,
requis pour la réalisation des
dénuée de toute parcimonie,
millier de victimes, le narrate
cation des sacrifices maintes
tuaire de sa prédilection. Ce
caractère d'une incise indépend
suggéré par la teneur du TM.
le roi, qui ne paraît suivi d'au
grand haut-lieu, offre seul ou
caustes », on ne trouvera pas
tournure « sur cet autel », pu
à quplque autel que ce soit. D'a
prolonger le séjour du mqnarq
déployée par un peuple de sac
à bout d'immoler et de faire
causte », nbiy, mille viptimes
plus petites possibles? Et non
fices, immédiatement après
saint, le roi vient offrir de n
Envisagée au contraire comme
trouve une beaucoup meilleur
la tendance de Salomon à fréq
remment licite, au surplus, j
puisque le Temple n'existait p
exclusive du culte. Iahvé a pri
répandus à travers la contrée
de Gabaon, l'indice explicite
à propos de l'épisode étudié p
sanctuaire et, avant de racon

(1) Comme l'a déjà fait par exemple M


of Kings , p. 32.

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conséquence de cette visite spéciale


« haut-lieu par excellence » et note
volontiers. V impar f. hiph'il nby m
répétition des sacrifices : « Salomon o
sur cet autel » seulement, l'autel imp
nagement de tout lieu de culte; il y
Les LXXE paraissent accentuer ce car
plus spécifié par un simple démonstra
propre de Gabaon : yCki av ¿XoxaÚToxnv
Dans LXXA le démonstratif àxstvo appa
Le sanctuaire gabaonite présenté par
ss., est donc en concordance aussi ais
déjà connu par II Sam. xxi, 1 ss. Cara
dominante, il comporte essentiellemen
du récit montre clairement en effet q
mettre en contact avec Iahvé. Un aute
impliqué, avons-nous dit déjà; mais rie
ni son ampleur spéciale. La présenc
sacré ou de simples gardiens demeure
des données bibliques examinées jusq
dans le sanctuaire quand on recherch
était familier dans les religions antiques
discerner si quelque installation spé
but, ou si le roi pénètre pour la nuit
haut-lieu (1). Iahvé se manifeste à lui
de satisfaire toute demande qui sera f
Sagesse, qui lui est aussitôt largement
divine, le jeune roi s'éveille, revient e
sacrifices devant l'Arche sainte et un
célèbre sur le litige des deux courtisan
don divin qu'il a reçu au sanctuaire de
Néby Samouil garde les meilleurs titr
La narration ultérieure des Chroniq

(1) L' adytum du sanctuaire de Gézer, pour ne r


connu en Palestine {Canaan..., p. 117 et 137 s.),
sujet.
(2) Il serait aujourd'hui tout à fait oiseux de revenir sur la théorie gratuite qui amal-
game en un même lieu Gabaon, Maspha, Silo, Béthel, Qiryath Ye'arîm, Râmah, etc., et
situe ce lieu n'importe où. On trouvera dans RB. (1895, p. 97 ss.; 1897, p. 630 ss.; 1899,
p. 473) les objections radicales que le P. van Kasteren S. J. et le P. Lagrange ont opposées
aux thèses de MM. Poels el van Hoonacker, champions les plus érudits de ce paradoxe
topographique.

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MÉLANGES. 375

fìcation à cette déterminati


que les faits, présentés dans
supposer une évolution très
caractère. C'est ainsi qu'on v
Tabernacle et l'autel des hol
qui se trouve à Gabaon » (I
sacerdoce, lors de la grande
suit le transfert de l'Arche àJ
la peste en Israel et abouti
comme site du futur sanctuai
prend soin d'expliquer que, s
visé sur l'aire du Jébuséen,
rendre à l'autel liturgique :
l'autel des holocaustes se tro
de Gabaon » (I Chr. xx i, 29).
très opportune pour assurer
Salomon à ce haut-lieu, on con
dans un but tendancieux des
Sam. et de Rois présentaient
tie meilleure d'historicité. C
visite de Salomon au vieux s
trouvé dans I Roisļui , 4 ss., le
au même fait une allure sin
maintenant convoquer le peu
La présence du Tabernacle e
haut-lieu, puisque le Temple
d'holocaustes acquiert une fa
sante réunion, encore que le
liturgique soient passées sou
tout ce peuple pendant la nu
la vision divine, Salomon rev
n'est plus question des nou
« devant l'Arche ». Dans l'éta

(1) II Chr. 1, 15. Par suite d'un brou


qui fait bien ressortir le remaniement
On le ressaisit avec les LXX. Au lie
tdui sanctuaire - niQlD et ajouter p
devant l'autel - qui se trouve à G
sur Israël ». L'incise cc devant l'arch
rètes ont rendu inintelligible en la fai
mule de I Rois, 3, 15, dont le sens étai

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constitution du sanctuaire et sur les


un double courant de traditions : cel
historiques, rédactionnellement nuan
neux, et celles des documents sacer
passé toute l'organisation des temps p
ont conçu. Mais la tâche serait déceva
retracer par exemple en détail les vi
l'ancien autel des holocaustes qui en c
ment le plus sacré. La tentative d'en
l'entrée en Palestine, de Gilgal à Silo,
dans les magasins du Temple (I Ro
trop d'arbitraire pour être risquée et
cations fragmentaires de nos sources.
Pour l'objet particulier de notre rec
même la présence du Tabernacle et d
sanctuaire de Gabaon aux jours de Da
ment de l'antique haut-lieu cananéen
simple primitif aurait seulement évo
le sanctuaire de Gézer, graduellement
offrandes, peut-être même de quelq
l'asservissement des Gabaonites, Iahvé
tuaire local. Sur quelque point de l'
malaisé de trouver la place où ériger
et quelque abri pour le personnel pré
cas n'implique, dans les documents
création d'un sanctuaire localement distinct du haut-lieu des anciens
jours. On est donc en droit d'ajouter ces souvenirs, tels qu'ils sont
présentés par les Chroniques, aux souvenirs plus lointains qui auréo-
laient déjà le majestueux sommet de Néby Samouîl, la montagne
sainte de Gabaon et « le haut-lieu par excellence ».

II. - LES VESTIGES ARCHÉOLOGIQUES A NÉBY SAMOUÎL.

L'esplanade culminante de la montagne présente en gros la figure


d'un croissant allongé de l'est à l'ouest, avec sa concavité ouverte au
sud (pl. XII) (1). Abstraction faite de tous les travaux qui en ont mo-
ti) L'intérêt se réduisant surtout aux vestiges archéologiques sur le sommet lui-même,
il n'a . pas semblé utile d'étendre le relevé planimétrique dans la mesure qu'eût exigé
l'enregistrement des quelques tombes, cavernes, bassins, etc., semés un peu au hasard
sur les premières pentes. Un nivellement détaillé, qui eût absorbé beaucoup de temps, n'a
pas semblé moins superflu et quelques indications incidentes exprimeront suffisamment
pour notre but l'aspect de ce relief.

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MÉLANGES. 317

difìé le relief, elle garde encore


sion très nette en deux terras
développée, plus haute aussi d
d'hui par la mosquée, les prin
cimetière et ses meilleurs jar
gueur 'et s'incline mollement
près partout; quelques habitat
arbres ou arbustes qu'on y peut
de maigres poches de terre, o
celés de très vieille date dans
la pointe orientale, où la décli
le roc disparaît sous une faib
terre végétale et depuis long
ture. D'humbles vergers et de
sans fécondité. Le vieux chem
longe le bord occidental de ce
au milieu de la terrasse infér
nade d'est en ouest.
Juste au carrefour on se trouve en présence de deux vastes cavités
en pleine roche, que les descriptions antérieures (1) signalent comme
des « bassins » (pl. XII, D , E). La désignation en peut être retenue
pour sa commodité, à la condition de n'en pas exagérer la portée.
L'idée de bassin suppose généralement un réservoir plus ou moins
développé, aux contours nettement délimités par des paťois régulières
qui le rendent propre à l'accumulation d'un certain volume d'eau.
Ce qu'on voit ici ne répond que très imparfaitement à ce concept.
Quelques parois, à la vérité, sont très franchement dressées, dans D
surtout, mais elles ne se raccordent en aucun ensemble apte à emma-
gasiner beaucoup d'eau et le fond des deux excavations étale des
aspérités et des décrochements plus familiers dans le sol d'une car-
rière que dans le radier d'une piscine. Ce caractère fruste éclate prin-
cipalement dans E y dont le seul côté méridional, en bordure du che-
min, présente une coupure franche et assez correctement alignée, sur
42 mètres de longueur et une moyenne profondeur de 1 mètre.
L'excavation n'a qu'un angle à peu près régulier, au sud-ouest. Sur
aucune autre face elle n'a de paroi rectiligne ou dressée même som-
mairement; aussi donne-t-elle plutôt l'impression d'un forage aban-
donné que d'un véritable réservoir. Malgré la belle apparence de son
bord méridional et la relative élévation de la tranche de roc sinueu-

(1) Par exemple, Survey ; Mem., Ill, 151; Ļoiimann, ZDPV., 1918, p. í 33.

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sement redentée qui la limite à l'oues


velé et incliné suivant la pente no
rebord presque insignifiant à l'est. A
nerie, qui eût nécessairement laissé d
dant au contraire de ce côté toute sa
de cet apparent bassin demeurait vraim
tions semblent, à première vue, plus
en communication avec E par la très
paroi, dont la hauteur atteint environ
se développe à peu strictement nord-
tal. La face sud, bien amorcée par un re
qui semble la mettre en prolongeme
du chemin moderne, s'atténue au bo
pour s'infléchir et s'effacer bientôt s
Elle reparaît, une vingtaine de mètre
blement déviée au sud, où elle se per
habitation moderne (1). De la paroi n
demeurent visibles présentant le mêm
l'est. Bien que les décombres couvren
liaison ne semble pas douteuse sur un
droit (s'). Tandis que les officiers du
ment naguère cette paroi septentri
encore apparente sous le bloc de m
à l'ouest qy Lohmann a eu raison de
jectural en l'état actuel du site. A 20 m
rocher dressé, mais un simple mur e
quatre ou cinq grenadiers rabougris s
de détritus. En contraste avec ces pa
zaine de minuscules oliviers qui végèt
l'est, sur une petite plate-forme de so
(pl. XII, p) prospère à très courte dist
nement, suggérant quelque développ
direction plus ou moins au même niv
dire à la profondeur moyenne de lm
hypothétique, abandonné au contrôle
à noter que le soi-disant bassin D n'a

(lj Le tracé du Survey, établi en un temps où cet


encore, a enregistré ce mouvement de la paroi r
le peut faire aujourd'hui. Lohmann (op. l.y pl. 1
l'hypothèse d'une paroi rectiligne développée à l
longueur.

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MÉLANGES. 379

à l'ouest, et se perd dans les


de salles rocheuses à décrire bientôt.
On voit maintenant à quoi se réduisent les bassins D et E . A sup-
poser de date postérieure la coupure x qui les met en communication, il
est incontestable qu'un assez important volume d'eau se pouvait accu-
muler dans la partie orientale de D. La conjecture est néanmoins
fort précaire (1) ; et si les deux excavations communiquaient dès leur
origine, la pente de E, surtout la très faible élévation de son bord
oriental abaissaient le niveau maximum utilisable. En fin de compte
on doit vraisemblablement conclure que si D-E ont pu servir de
bassins tels quels, ils n'avaient cependant pas été creusés principale-
ment en vue de cette fonction; du moins n'auraient-ils jamais été
achevés. Une explication fort simple rendra compte en son temps de
ces excavations.

A peu près en face du point n > où la paroi méridionale de D dispa-


raît, Lohmann a relevé en 1908 une vieille tombe inaccessible aujour-
d'hui : simple chambre rectangulaire développée sous le chemin
actuel, avec une entrée au sud sous la crête de l'esplanade. Le type de
cette tombe à deux bancs parallèles sur les côtés longs de la chambre
lui a suggéré une date « pré-hellénistique » (2) théoriquement pos-
sible; mais on sait que ce type est demeuré en usage à travers la
basse époque juive jusqu'aux temps romainsš
La petite conque rocheuse très fruste dont le sommet dépasse à
peine le niveau du chemin au point o , passe pour marquer l'entrée
d'une cavité où se logerait un « ouély » dont je n'ai pu me faire pré-
ciser le nom. Elle n'est signalée que pour l'analogie meilleure à lui
fournir plus loin.
L'esplanade est réduite ici à sa plus faible largeur (nord-sud),
n'excédant pas 50 mètres entre les deux crêtes artificiellement modi-
fiées qui la limitent. Avec le groupe C de chambres dans le roc,
nous atteignons ce qui a toujours fixé le plus l'attention dans l'archéo-
logie complexe de Néby Samouîl. Une large tranchée dans la roche
vive isole de la terrasse supérieure ce bloc dont l'ordonnance enche-
vêtrée était bien de nature à mystifier des imaginations impression-
nables. Il n'est rien là que d'assez banal quand on a pris le temps
(1) Les parois de cette large coupure sont, en effet, trop strictement identiques à la
belle paroi orientale de D pour laisser soupçonner un travail de main et d'époques diffé-
rentes. Une note de Dalman (op. I., p. 133, n. 4) semble bien indiquer qu'il a eu la même
impression sur la communication primitive des deux « réservoirs ». On s'explique mal sa
tentative de leur comparer une troisième cavité ( Vertiefung ) assez éloignée vers l'ouest et
qui n'a plus rien de commun avec un bassin quelconque. Voir ci-dessous.
(2) Lohmann, op. L, p. 150.

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380 REVUE BIBLIQUE.

de le démêler et de l'enregistrer g
nécessaire.
La première pièce, en abordant le groupe par le sud, A (pl. XIII, i),
est une sorte de cage rectangulaire de 8 mètres X 4 avec lm,85 seule-
ment de hauteur, entièrement évidée de la masse rocheuse et sans nul
autre jour que la porte. Pour comprendre aisément, ici et dans une
autre salle, la régularité d'un plafond qui n'offre cependant presque
pas trace d'outil, on n'a qu'à observer la stratification naturelle des
assises rocheuses. Ce sont des bancs superposés avec une assez cons-
tante régularité et d'épaisseur croissante à mesure qu'on s'éloigne de
la surface (1). Dans lasuperficie très limitée qui esten cause, leur incli-
naison par E. E. N. est relativement négligeable. L'évidement d'un
banc intercalaire fournissait par conséquent deux plans correspon-
dant aux lits d'assise - supérieur et inférieur - d'une régularité
presque impeccable. Dans le cas de la pièce A, le plan supérieur pro-
curant un plafond où l'on avait tout au plus çà et là quelques insigni-
fiantes aspérités à ravaler, pour obtenir la hauteur désirée on a
creusé le plan inférieur de la quantité nécessaire - soit 0m,40 en
moyenne. La solidité de la paroi méridionale ayant été compromise
par un évidement extérieur imprudent, peut-être aussi pour affermir
le plafond sous la pression d'un édifice supérieur, un mur en blo-
cage a été construit devant cette paroi rocheuse. Un sillon régulier,
large de 0m,60 et profond de 0m,25 à 0m,30, est creusé dans le sol,
suivant l'axe longitudinal de la salle qu'il partage en deux zones un
peu inégales. Une petite fosse quadrangulaire, x, a été pratiquée
vers l'angle sud-ouest. Quelques niches de proportions minimes sont
creusées à des hauteurs variables dans les parois; il y en a, je crois,
à peu près une demi-douzaine en tout, dont trois dans la paroi orien-
tale (pl. XIII, ix). Presque à la base de cette même paroi s'aligne au
contraire une rangée assez régulière de cavités exiguës donnant tout à
fait l'impression de trous de scellement. Lohmann, intrigué par ces
diverses cavités et plus encore par le sillon central, qui lui parait
« défier toute explication » et lui a suggéré sa désignation d'allure
un peu mystérieuse de « Chambre au canal », doute qu'il ait pu y
avoir là une étable et croirait de préférence à une habitation (2).

(1) Lohmann, qui avait très bien remarqué cette structure géologique, s'en est ingénieu-
sement servi dans sa description en numérotant de I à IV les couches intéressées (op. I.,
p. 122 s.). A la pratique toutefois, cette terminologie ne laisse pas que de compliquer par
endroits ses explications, ou de les rendre un peu floues.
(2) Op. I. , p. 134 s. Son hésitation était infiniment préférable à l'hypothèse de Dal-
man, qui verrait dans les trous des murs les niches d'un colombier et dans le canal un

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MÉLANGES. 381

C'est cependant bien une étab


par exemple, qui rend le m
rangée de petits trous presqu
mangeoire ou une auge cour
destinées aux objets qui peu
étable. Ici ou là un anneau da
lumière, ou d'attacher évent
sillon central, il a, dans une i
chacun conçoit trop vite pour
citement. Si au lieu d'une exc
réduit en torchis ou en bloca
bution aussi spontanée que si
quoi on s'imposa jadis l'effo
banale destination, la destina
claire et s'expliquera en son
La grande pièce contiguë (B
caractérisée par sa haute voû
des parois de roc hautes de 2
galbe se retrouvent par ex
remarque à l'ouest du chemin
en contrebas du plateau (cf.
mosquée. Mais dans B la courb
rocheuses. Or, tandis que la
Moyen Age, si tant est qu'elle
tion est précisément de savoir
ancienne. Lohmann évoque
archaïques pour suggérer la p
sans oser mettre en avant une
la liaison entre la voûte poin
elle s'appuie n'implique nulle
aussi bien n'est- il paś malais
pu succéder à une autre, de

« abreuvoir pour les pigeons » ! En fac


qui pourrait venir à l'esprit s'il fallait
(1) Qui a inspiré à Lohmann son app
(2) Op. I., p. 136. Une annotation de
tieuses et toute tentative de dater ce
arabe. Sans prendre parti lui-même,
avec certaine installation voisine du ch
Ill, p. 151) dit seulement ici que la long
Quant au rapprochement établi, à la p.
« à une petite étable creusée dans le
principale source!

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382 REVUE BIBLIQUE.

détruite. Il reste que la courbe pro


latérales implique une adaptation int
ces parois furent évidées du rocher.
bure, d'ailleurs assez peu prononcée
0m,35, se restreint surtout à la couc
pourrait concevoir une origine dissoc
parois. Par analogie avec A , on se rep
nagée dans le roc en adoptant com
rocheuse supérieure, consolidée vr
piliers réservés au cours du forage.
senté, sur une superficie à peu près
ment identique à celle de l'espace con
l'utilisation du local, on aurait adopté
à simplifier son exécution en réduisant
déjà très prononcée de sa courbe dans
tif. Pour contre-indiquer cette créati
la parfaite unité du dressage - si somm
- du haut en bas des parois; et il y a
dité de cette salle en manière de gal
basse pour son développement considé
dentale primitive et l'ouverture moindr
opposée, les stries qui sillonnent par
prévenir le glissement, la surélévation
ii et viii), quelques niches creusées
pièce donne excellemment l'impressio
écurie, fonction qu'elle a d'ailleurs c
arguerait vainement, contre cette d
toute crèche évidée dans les parois, ou
puisque le bétail antique a pu tout au
que le troupeau moderne des vache
d'hui là dedans quand elles ne peuven
durant les nuits fraîches, ou les heu
Au bout du compte, 011 attribuera do
tecte qui dressa le plan de cette m
simultanée des parois évidées du roc
épousaient la courbure afin d'en dim
que cette voûte antérieure au berce
cintre, ce qui oifre toute latitude d'e
tant, s'il est nécessaire, par les tem
romaine.
La relation, des salles A et B est accentuée par la disposition de

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MÉLANGES. 383

leurs portes (1). Les espaces


évidente unité de conceptio
de nature bien différente.
C est une cour de forme trapézoïdale, entièrement évidéeduroc.
Barricadée à l'ouest, avec un souci de sécurité bien mis en relief
par l'orifice extérieur très étroit de sa porte, par le prolongement de
la haute escarpe rocheuse, elle s'ouvre au contraire, à l'est, sur une
aire spacieuse développée au même niveau. Bien que partiellement
couverte aujourd'hui par les constructions de dates diverses F , G, H,
(pl. XIII, i et n), cette esplanade rocheuse en continuation de la cour
demeure facile à constater par l'intérieur et à l'extérieur des édifices
G, if; l'angle extrême sud-est, /, enfoui sous les ruines d'une masure,
n'est cependant pas douteux. Mais rien ne permet pour le moment
une délimitation précise de l'esplanade vers le nord et c'est par
hypothèse seulement qu'on peut, comme le proposait Lohmann (2),
la faire cesser probablement sur une ligne gh , sous le mur septen-
trional de F. Le niveau du roc à l'orifice de la petite citerne / et sur
la crête de l'esplanade, environ 10 mètres plus loin, suggère en
effet de ne pas la développer au-delà de cet alignement. La cour
proprement dite n'offre d'autre particularité que deux excavations
de forme assez peu régulière et de très f.aible profondeur, e et e1,
dans le sol rocheux. Ces cavités peuvent répondre à trop de destina-
tions pratiques variées pour qu'on s'attarde à leur définir un rôle.
Un réduit pratiqué dans l'épaisseur de la cloison rocheuse occiden-
tale et muni d'un très petit trou d'aération dans le haut (¿, pl. XIII, i
et vi) porte la désignation de tahoun , « four à cuire le pain », qui
répond excellemment à sa nature.
Dans l'angle nord-ouest une porte exiguë donne accès à la chambre
D (pl. XIII, i, ii, iv-vi), de même type que A , mais beaucoup moins

(1) Une inadvertance a fait exagérer, dans l'échelle du dessin, l'épaisseur de la paroi
occidentale de B (pl. XIII, i). On voudra bien la rétablir correctement d'après la cote ins-
crite, lm,75, et d'après le dessin de la coupe (pl. XIII, viii).
(2) Op. ř., p. 131. avait raison, contre Dalman, d'accentuer le caractère moderne de
l'habitation H , à tout le moins remaniée à quelque époque assez récente et n'ayant plus
de communication directe avec la cour. Le hangar voûté G et la maison F sont demeurés
indemnes de retouches et leur aspect ancien pourrait impressionner davantage, sans
autoriser à les faire remonter bien loin dans le passé. L'époque médiévale serait en tous
cas un maximum impossible à dépasser et nul indice explicite ne la suggère dans ces
banales constructions. À tout le moins devra-t-on éviter des qualifications aussi gratuites
que celle d' « Église des Croisés », appliquée à F dans le plan publié par Kittel (Hilprecht
Anniv. Volume , p. 249, fig. 16). Si ce plan dérivait de Lohmann, ce dernier s'est judi-
cieusement ravisé par la suite. Peut-être avait-il pris le change sur certains enfoncements
cylindriques dans le mur oriental, qui n'ont toutefois rien de commun avec une abside.

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régulière, un peu plus grande et d'or


pièce, qui mesure 10m x 6 en chiffr
compartiments presque égaux : un pr
de 0m,30, avec deux crèches creusées
gulaire dans le sol devant le mur nord
l'angle nord-ouest du plafond; les d
partiellement séparés naguère par de
dont l'ime a été brisée par la suite,
gulaires réservés pendant le forage,
but de consolidation contre la pressi
la plate-forme de roc extérieure. On r
une habitation. Face à la porte, dans l
creusé dans le sol, avec sa cheminée
ment toute la hauteur de la paroi, tr
plafond de roc et débouche actuellem
(pl. XIII, ii et iv) ; tout à côté, la fosse d
provisions, une baie dans la cloison r
réduit voisin, qui a, lui aussi, son ou
Une lucarne, presque au centre de la
la lumière et la porte, dans l'angle su
directe avec le développement orienta
il en va souvent en ces contrées, l'habitation était commune au
propriétaire et à quelque partie de son betąil, sa monture spéciale-
ment, et les grandes mangeoires dans le roc feraient songer de pré-
férence en effet à quelques montures, ânes ou chevaux. Une porte, r,
pratiquée à leur intention, dans l'angle sud-ouest du réduit, et sous un
large regard du plafond, a été bloquée par la suite, comme aussi la
porte orientale, m , l'une et l'autre demeurant néanmoins évidentes (1).
La porte centrale, s'encadre dans un petit massif de maçonnerie qui
paraît d'abord singulier devant la majestueuse paroi de roc, mais
dont le rôle devient cependant assez vite intelligible. Dans l'angle
où elle est logée, si la porte eût simplement découpé son ouverutre
sur la paroi nue, elle exposait le réduit aux ardeurs implacables
du soleil d'été comme à tout le désagrément des bourrasques d'un
hiver peu prolongé mais redoutable sur cette pointe de la mon-
tagne. Il semble bien qu'on y avait prudemment paré au moyen de
cette petite avancée, et surtout d'un large auvent voûté, dont l'amorce

(1) La porte occidentale est aussi facile à observer du dedans que du dehors, mais est
aujourd'hui masquée à l'extérieur par la chaussée et le massif de mauvaise maçonnerie
adossé à la paroi de roc. Dans la coupe transversale OP (pl. XIII, vi) la chaussée a été
supprimée pour mieux faire saisir la situation primitive de la porte.

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MÉLANGES. 385

demeure encore très nette


(pl. XIII, vi), bien qu'on n'e
intérieure.
La terrasse rocheuse de cette singulière habitation est accessible
aujourd'hui soit par l'escalier t, construit à l'extérieur de la paroi
orientale, soit par les degrés taillés dans le roc à l'extrémité opposée
{t', pl. XIII, i, vu). En y montant par cette seconde voie, on remarque
d'abord, près du sommet de l'escalier, une cavité vaguement cir-
culaire dé 0m,80 de moyen diamètre et profonde seulement de 10 à
12 centimètres (y). On retrouve naturellement l'orifice extérieur de la
cheminée, z, et des deux autres trous d'aération dans les réduits de la
pièce inférieure z1 et z2. L'échancrure beaucoup plus considérable,
#(1), d'aspect apparemment trop régulier pour résulter d'une simple
cassure, qui vient buter contre les marches supérieures de l'escalier,
n'est autre que le regard signalé d'en bas. Tout auprès se remarquent
les vestiges de l'auvent voûté, w . Le bord méridional de la terrasse
est limité par un banc de rocher ss' n'épousant pas tout à fait l'ali-
gnement de la façade inférieure et qui a pu servir de base à un étage
construit s'il ne fut pas destiné tout bonnement à faire fonction de
parapet. Au nord la plate-forme dépasse de beaucoup la superficie
de la salle D ; mais au lieu du roc, on observe dans cette surface un
sol de terre battue qui gazonne à chaque saison de pluie. Cette exten-
sion correspond à la pièce inférieure, E , qui nous reste à décrire.
A la différence de toutes les autres, celle-ci n'est que partiellement
dans le roc (pl. XIII, i-iii); ses parois ouest et nord sont en assez mé-
chante maçonnerie. Sa voûte en segment de cercle s'appuie longitudi
nalement à la crête de la paroi septentrionale de la salle D , échancrée
de manière à faciliter le liaisonnement des terrasses. Un peu au-
dessous de la retombée de voûte, une rainure profonde traverse
horizontalement d'un bout à l'autre la paroi rocheuse et se rabat à
courte distance dans la paroi de roc orientale (pl. XIII, m). Au-dessous
sont creusées quatre grandes cavités; trois sont manifestement des
crèches, tandis que la quatrième, vers le centre, offre seulement
l'aspect d'une spacieuse niche dont la surface inférieure plane est
largement écornée. Plus clairement d'ailleurs que toute description
les graphiques traduiront cet état de choses. 11 est facile d'observer
(pl XIII, ii) qu'en creusant imprudemment cette niche on a éventré
la cheminée centrale de D (z). Par ailleurs, une fois créé le développe-

(1) Qu'on s'étonne de ne pas voir figurer dans la description laborieuse de Lohmann
et qui eût certainement suggéré de mirifiques destinations à Kittel!
REVUE BIBLIQUE 1922. - T. XXXI. 25

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386 REVUE BIBLIQUE.

ment de la terrasse au-dessus de JE,


cette surface l'eau des pluies hivernal
téger contre son infiltration la chem
de fortune, maintenant disparu, rem
brèche de la cheminée et l'e au coulant de la nouvelle terrasse fut
dérivée, au moyen d'un canal sommairement aménagé à travers la
malencontreuse niche (1), dans une citerne, c, aujourd'hui bloquée par
des éboulis vers le milieu du réduit; E, Il y a lieu de penser qu'avant
la clôture de ce réduit par les maçonneries actuelles, il n'existait là
qu'un simple appentis où l'on abritait des chevaux sans les y laisser
en permanence; ainsi du moins s'expliquerait le mieux la grande
rainure d'appui qui court au-dessus des crèches (pl. XIII, in) .
Il demeure stupéfiant, quand on a pris le temps de passer atten-
tivement en revue ce groupe, un peu impressionnant par son instal-
lation en pleine roche mais pourtant clair et parfaitement commun
par sa nature, qu'on ait jamais pu chercher là un sanctuaire archaï-
que. Ce sont pourtant les banales mangeoires du réduit E qui devien-
nent pour Kittel des niches funéraires et le témoignage d'un culte
des morts associé aux rites du « haut-lieu ». Et si, pour ce détail
particulier, sa religion trop facilement suggestionnable a pu être
mal aiguillée par une information erronée de Lohmann (2) , il est
bien directement responsable du paradoxe déconcertant qui consiste
à interpréter, sur la terrasse de D, le banc rocheux comme une table
d'oörandes ou un autel à immolations, et les trous des cheminées
comme des cupules « pour le sang, l'huile et d'autres liquides » (3).
On regretterait de dépenser un mot de plus pour établir l'inanité
de telles imaginations.
À l'ouest de ce groupe de salles la masse rocheuse a été radicale-
ment exploitée sur une considérable surface, créant une plate-forme
basse (4), où quelques terres rapportées et une accumulation de
détritus séculaire font prospérer d'assez fertiles jardins et quelques
arbustes. Deux maisons s'y étaient installées que la guerre a ruinées.

(1) Trompé par l'exécution fruste de ce canal plus moderne, Lohmann semble l'avoir
voulu considérer comme une faille naturelle (ZDP V., 1918, p. 130, et la citation de Kittel
dans Hilpr. An. Vol., p. 250). Il suffisait pourtant d'examiner l'allure de ce sillon dans
le bans de roc pour se rendre compte qu'il est artificiel.
(2) Qui l'a rétractée dans ZDPV 1918, p. 129, n. 2.
(3) Stadien ..., p. 137.
(4) Voir pl. XII, B. On ne comprend pas pourquoi Dalman (ZDPV, 1918, p. 133, n. 4),
parle, en cette zone, d'une cavité ( Vertiefung ) artificielle, qu'il rapproche des «bassins »
de l'est. Le plan du Survey auquel il se réfère n'exprime rien de semblable et on n'en saisit
rien non plus sur place.

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MÉLANGES 387

Le cimetière est au bout de cett


déclivité nord-ouest.
Tandis que la terrasse inférie
regards avec un minutieux dét
giques, celle de l'ouest les dissim
mesquines du village et sous la m
pour le moment, sur la mosquée e
des PP. Savignac et Abei (1) a en
qui pouvait être défini avec quel
médiéval qu'elle a remplacé. Ell
spacieuse, vaguement alléguée d
et qui en constitue, sans contre
téméraire de penser que cette cr
tion rocheuse considérée, à tort
qu'une légende erudite accréd
Samuel. L'existence de cette cav
de la montagne est loin d'être
gique du relief palestinien et so
besoin d'être accentué après c
l'identité historique de cette mo
Même à défaut de fouilles en
patient permet d'enregistrer a
éclairer sur sa nature et laisser
évolution. Autour de la mosqué
développé sur ses diverses faces
n'ayant que 3 à 4 mètres de lar
cours d'une quinzaine de mètres
sud, où l'imám s'est créé un jard
Une citerne immense, dans la p
pl. XII), où l'on recueille avec soi
emmagasine assez d'eau pour l
légumes sur ces plates-bandes du

(1) RB., XXI, 1912, p. 273 ss. Leur plan


naison extérieure Tectiligne du chevet (c
introduite en pointillé dans la silhouette d
date avant la guerre, la mosquée a sou
novembre 1917. Le jeune minaret et les
obus turcs qui ont d'ailleurs provoqué dan
M. l'architecte Richmond, du génie roy
travaux indispensables pour sauvegard
espérer que la restauration envisagée main
mane des ouaqfs fournira l'occasion de qu

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ďailleurs assez profond, surtout à mes


pour nourrir de vigoureuses touffes
arbustes, voire deux ou. trois arbres à l'e
nade est limitée à l'ouest et au sud
voûtes, en partie comblées. Gelles de l
rer, présentent un berceau nettement
vient - à celui de la salle B sur la terrasse
cependant saisir par endroits la trac
longues galeries et les indices d'une vo
lieu de la voûte en blocage actuelle. Ell
rement à l'angle sud-ouest de l'esplana
qu'il en existe au nord, et sur le côté orie
ces galeries voûtées est occupée par le
tations dix village, peu accessibles à un
Un puissant mur d'enceinte protégeai
et il en subsiste des vestiges assez multip
ne pas laisser beaucoup d'incertitude su
l'angle N.-O. (pl. XII, a ), où ces vestige
peut aisément reconstituer même le p
state que la face externe ou occidentale
voûtée est splendidement appareillée en a
dressage soigné, quelques blocs à bossag
associés aux pierres lisses, des joints fin
saillant a (pl. XII), dont on voit seulemen
au bout de 3 mètres environ dans une
muraille perpendiculaire, ad , aux carac
se retrouve à quelques mètres du saillan
tement ses proportions et fixer l'alig
ceinte dans un axe sensiblement parall
brèche récente, e, facilite la mesure d
constatation d'un réduit voûté, utilisé
au moment où il s'est transformé en p
opérations de guerre, mais qui pourra
qu'un redoublement plus petit de la ga
tion de l'esplanade devant la façade de
presque sur toute la largeur du transep
par les obus. Perdue sous un amas de d

(1) Dont elle est isolée de 3 mètres à peine. La g


en ce point du transept par le P. Savignac ( RB 1912, p. 275) a été notablement
endommagée. On serait enclin à considérer cette baie monumentale comme ouvrant jadis
sur une loggia supportée par l'enceinte extérieure.

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MÉLANGES. 389

conduisant à l'entrée moderne


à un niveau beaucoup plus é
laquelle, même délabré, son vig
Les cinq assises qui laissent
voir en ce point leurs arra-
chements offrent de nouveau JVeiv
<Samouïl
tous les types - bosse, refend
Ai wie NrE. de
et face lisse - juxtaposés dans
l'enceinte byzantin
dans
un angle d , légèrement vin en77? u/* moderni
saillie hors de la ligne ouest-
d
est, correspondant par consé-
quent assez bien au petit sail-
lant de l'angle nord-ouest. Mais
on cherche en vain, parmi les
maisons qui bloquent ici l'es-
planade, la trace d'un mur re-
plié sur un saillant nord-est de
proportions identiques. Cette
ligne étale au contraire nette-
ment ses vestiges, d', environ
12 mètres plus loin vers Y e st,
sur la crête d'une haute escarpe
rocheuse artificielle dominant
la terrasse inférieure. Un noble
alignement de vieux blocs est niveau, des décombres ,
en place au point voulu pourFig. i. - Néby Samolíl. Angle N.-E. de l'enceinte
fournir la face orientale d'une byzantine.

tour d-ď campée en cet angle


nord-est. Le front septentrional de l'enceinte mesuré entre ces
deux points extrêmes avait donc un développement de presque 90 mè-
tres. Les constructions du village ont naturellement été funestes aux
débris de la vieille muraille sur la face orientale. Toutefois, s'il est
difficile d'en ressaisir quelque tronçon bien caractérisé, on n'a pas de
peine, au contraire, à suivre l'alignement de la grande escarpe de
roc,* qui en constituait la base. Au point k où ce précieux indice
s'interrompt lui-même, dans l'habitation qui borde la ruelle méridio-
nale du village, on est à 54 mètres au S. de l'angle de tour enregistré au
nord-est. Abandonnons pour un moment sur ce point k une recherche
qu'aucun vestige précis ne paraîtrait plus guider, et,, traversant par
la ruelle indiquée la pointe méridionale du village, revenons devant
l'esplanade méridionale de la mosquée.

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390 REVUE BIBLIQUE.

Voici, au point h (pl. XII), développée s


gueur et une hauteur respectable de k
lemment caractéristique de l'enceinte
semblent avoir été extraits à pied d
sérieuse économie de temps et ďeff
mieux dégager le pied de la muraille

Fig. 2. - NÉBY Samouîl. Fragment de l'enceinte by

escarpe à double retrait haute de 2m,5


l'excavation est encombré ďéboulis. L
sud, en contrescarpe parallèle, mais i
bassin, ni fossé continu ; on peut voir tr
les entailles frustes où l'exploitation
Comme l'excavation n'est aujourd'hui
mulation des terres, on est en droi
10 mètres aujourd'hui déblayés. On se
ment de protection donné à la murai
autour de son angle sud-ouest. Cet ang
mination désormais fort simple. Il se
(pl. XII), où se recoupent à angle dro
connues - a-f à l'ouest et h au sud. L'u
porte sur la nature précise de cet an

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MÉLANGES. 39t

de peu les courtines, comme a


comme à Tangle nord-est (d-ď
arrête de terrasse que suit, par
raine, le front occidental de l'
section a-f, on supposerait as
renforcé par un large bastion
qu'on ne préfère installer en c
protégée mettant l'esplanade e
voie, très fréquentée à l'époqu
arrivait de Biddou et facilitait a
ou d e, Monj oie en se rendant à
En attendant lfheureux has
facilement ce détail, il faut se
de l'enceinte telle qu'on arrive
développement, chiffre qui év
l'escaope rocheuse de la face o
fournit, pour le côté sud, la m
vestiges ( i ) à enregistrer dans
de l'impasse qui vient buter co
sept de la vieille église. Au bo
fragment bien net, flanqué d'un
insister sur l'indice d'une esca
sine, signalons que l'aligneme
recouperait l'escarpe orientale
sud du point k, où nous l'avons
tudes possibles en des relevés d
mensurations explicables par
situation actuelle des vestiges a
sans doute cette approximation
l'angle sud-est, k. D'après une
mann (3) par un ouvrier intell
centes constructions, on aurait
cet angle, les assises inférieures

(1) Pl. XII, l. Le croquis topographique


(2) Au col de Biddou , la route médiév
littoral, tandis que la voie antique se p
Ye'arîm = Abou Ghóš. Après le croch
ancienne près du grand bassin taillé da
facile à suivre jusqu'à Jérusalem, avec
nement. Au col d 'el-Bordj on croit rec
son utilisation aux temps romains.
(3) Op. p. 142; cf. 139.

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du nord-est et ces assises auraient fo


émaillent en effet les parois des mai
ment une volée de marches dans le ro
méridional de l'escarpe orientale. Ces
qu'elles peuvent valoir et je n'ai pu jusqu
voit cependant pas de motif de ne les
d'ailleurs pas besoin de les faire en
conclure, solidement désormais, à l'ex
développée au pourtour de la terrasse
latère de 90m X 55.
On s'étonne d'abord un peu que, dans l'angle nord-est, la mu-
raille soit d'une dizaine de mètres en retrait de l'escarpe rocheuse
(pl. XII), au lieu d'en suivre la crête. Peut-être existait-il en ce
point une rampe d'accès de la terrasse inférieure au sanctuaire,
avec une porte logée dans la tour d'angle. Une cavité peu régulière
(pl. XII, r) dans la paroi septentrionale de l'escarpe et à peu près
entièremenent obstruée aujourd'hui est désignée pieusement dans
le folklore de la localité commele ouély du cheikh 'Abdallah, une
sorte de naib ou de suppléant que le prophète Samuel, débordé par
l'envahissement des requêtes, s'était adjoint pour accueillir les sollici-
teurs de rang secoņdaire (2). Avec cette humble excavation dans le
roc et sa légende musulmane, nous aurons apparemment enregistré
le dernier détail archéologique de nature à fixer quelque peu l'atten-
tion à Néby Samouîl. La tâche nous incombe maintenant de chercher
le sens et l'origine des monuments assez pauvres mais variés qui
viennent d'être passés en revue.

III. - DÉTERMINATION ARCHÉOLOGIQUE DES RUINES


ET ÉVOLUTION HISTORIQUE DU SITE.

Décompte feit de la désignation traditionnelle appliquée à la


mosquée et de l'insignifiant ouély mentionné en tout dernier lieu, la
population de 'Néby Samouîl semble n'avoir conservé pour aucun de
ces vestiges antiques une appellation expressive ou quelque légende

(1) Encore moins d'opposer, comme le fait Dalman {op. L, p. 139, n. 1), au placement
indiqué par Lohmann pour cet escalier dans le roc, la situation d'un escalier tout autre
dans le croquis du Survey.
(2) D'après une autre version de la légende, fournie naguère à Kahle, Das Wesen der
moslem . Heiligtümer in Palästina , dans Palästinajahrbuch, VII, 1911, p. 101, néby
Samouîl se serait consacré aux étrangers et cheikh 'Abdallah avait été député pour
les seules affaires de la localité.

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MÉLANGES. 393

un peu ferme; dâr Za tar, h


l'imâm contemporain, - etc. , n
que des vocables de type plus
« mère du bassin », à supposer
courant et non pas spontaném
satisfaire tant bien que mal la
sivement aux ruines elles-mêm
s'en tenir aux déterminations an
de' circonstance; entre l'indic
exemple, ne voyant rien « de
terrasse inférieure, le sentime
tiers « au delà du moyen âge
vrant parmi ces mêmes édific
logie ferait figure de loter
heureusement pas ainsi au dép
soient, s'éclairent surtout par e
Au lieu d'aborder directement
vaux dans le roc, sur la terras
classer ďabord les ruines beau
supérieure.
Pas plus que la mosquée moderne, l'église médiévale n'est aujour-
d'hui douteuse pour l'observateur le moins averti : des particu-
larités positives et évidentes détermineraient à elles seules sa nature
et son origine, quand bien même elles n'auraient pas été fixées par
une documentation littéraire explicite. Le sanctuaire byzantin anté-
rieur, suggéré seulement aujourd'hui par certains détails du plan et
par quelques lambeaux d'architecture, souffrirait peut-être un peu
plus de difficulté sans les textes qui rendent son existence indubitable.
De la crypte enfin, on a déjà vu que pouvaient se déduire des pers-
pectives d'une vénération encore plus archaïque, sur laquelle nous
aurons à revenir. En face des vieilles sections de muraille, dont ils
avaient bien observé quelques-unes, Lohmann et son maître, Dalman,
ont eu l'impression correcte qu'une enceinte quadrangulaire fortifiée
pourrait bien avoir délimité l'esplanade et un récit de l'historien Pro-
cope leur a paru fonder l'attribution de cette enceinte aux construc-
tions de Justinien. La donnée historique est dans toutes les mémoires :
la munificence inlassable de l'impérial bâtisseur dota d'un puits -
©páap - et d'un mur d'enceinte - Tstyoç - le monastère de Saint-
Samuel (1). On sait désormais que l'enceinte en question n'est pas

1) Procope, Édifices, 9; cf. RB.y 1912, p. 268.

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seulement une « vraisemblance » et i


sans doute à entasser les preuves que t
sont de même nature et qu'elles ne so
diennes », ni vaguement « pré-arabes
remparts byzantins, spécialement dans
La première conséquence résultant d
logique et chronologique ferme affec
terrasse de la mosquée, certainement
au sud, avant le mur de Justinien, q
aux galeries voûtées appuyées contre
terre-plein. Il se peut que les galeries
n'aient fourni qu'un niveau quelque pe
réalisé à l'époque médiévale par un re
une réparation indispensable des voût
le berceau brisé qui se voit encore. Ce
et ne pourrait être contrôlé que par des
Une autre conséquence, non moins
intérêt dans la question d'ensemble, po
jusqu'ici réputés tant énigmatiques. On
faisait Lohmann trop peu au clair au s
sur la relation originelle évidente ent
sections d'escarpe rocheuse où elle pre
facile à constater au pied de la belle sect
fait toucher du doigt que le massif
endroit pour fournir, en même temp
ment plus robuste à la muraille. Les m
de solidité, de facilité défensive que
draient-elles un atome de leur évidenc
passe du sud à l'est et au nord?
En tous cas, c'est bien partout le mêm
d'exploitation et de dressage qu'att
toutes les sections d'escarpe demeurée
développer un peu attentivement c
de l'étendre aux excavations dans le ro
pour être frappé de la similitude abs
ment toutes ces escarpes, parois de ch
de cours, en tous les endroits où »elles n

(1) Exception faite peut-être pour un remaniem


supérieures de la tour d'angle nord-est.
(2) Lohmann, op. I., p. 144.

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MÉLANGES. 395

accidentelle et ne se réduisen
exemple - à une simple ébau
Que l'on considère maintena
notre enquête, le volume app
pour la muraille d'enceinte
destinées à développer l'esp
lecteur le détail de mathém
fatalement approximatives, p
intégral des galeries, la nature
et la hauteur exacte du mur
démuni de tours et ne dépas
6 mètres qui est un minimum
endroits davantage, nécessita
de pierre : chiffre bien près
fut extrait sur la terrasse orie
larité de sa structure géologi
dans le débit de carrière. Les
conséquent à chercher ailleurs
les matériaux absorbés par la
vu qu'ils en trouvèrent le comp
Il ne s'agit point ici, par un
donner le change sur une dét
apparente avec les mathémat
on se borne à indiquer la mis
facile sur les relevés qu'on a
que de justifier la légitimit
établie par d'autres indices en
de la terrasse orientale et les
Aussi bien estimera-t-on pe
a priori , ou frappées de radi
des excavations rocheuses qu
en quête de pierre à bâtir se
laborieuse en s'imposant la f
ouverte à leur exploitation
alignées avec diligence, des pi
nant de tout ce qui a été passé
plus grande d'une exploitatio
ne se fût-il pas ajouté une d
matériaux dont ils avaient à
l'hypothèse que ces carriers
l'esplanade. Mais si leur tra

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396 REVUE BIBLIQUE.

définis d'un architecte qui avait préal


tion (1)? Et tel parait bien avoir été l
veut bien s'abstraire un moment de la matérialité stricte du texte
de Procope et envisager la raison d'être et les conséquences des
constructions bien spécifiées dues à la munificence de Justinien en
ce lieu, munificence provoquée, cela va de soi, par quelque sollici-
tation directe des desservants du sanctuaire, car on ne voit pas le
basileus décrétant par hasard, du fond de son palais à Byzance,
l'érection d'un mur et le forage d'un puits sur la lointaine montagne
de « Saint-Samuel ».
La vie était, à coup sûr, tranquille èt prospère, en ce cœur de la
Palestine, dans la première moitié du vie siècle. L'administration
impériale et l'organisation militaire demeuraient assez fortes pour
maintenir quelque temps encore aux frontières désertiques du pays
des envahisseurs faméliques, jusqu'alors assez peu redoutables à sa
sécurité. Cette sécurité contre le péril du dehors laissait néanmoins
subsister le danger grave et la trop fréquente réalité de dissensions
intestines qui désolèrent ce pays à toutes les époques de son histoire.
Au temps où nous sommes, elles éclataient violentes et à tout propos
entre les communautés chrétiennes - de préférence les grands
centres monastiques - et les groupements samaritains, prospères et
provocateurs, disséminés dans toute la contrée. Excités par l'appât
des richesses qu'on a toujours imaginé s'accumulant à profusion dans
les lieux spécialement vénérés par la foule, les Samaritains dirigeaient
volontiers leurs cupides et fanatiques entreprises contre les sanctuaires
eiKrenom. D'où l'opportunité, pour les gardiens de Saint-Samuel,
d'abriter leur lieu saint contre l'éventualité de quelque incursion de
cette nature. L'entreprise était d'importance ; on recourut aux largesses
impériales et Justinien donna des ordres précis : le sanctuaire serait
fortifié. Nous ne savons pas au juste en quoi consistait jusqu'alors
« Saint-Samuel » ; à tout le moins y doit-on nécessairement admettre
une église et un personnel desservant, c'est-à-dire, suivant les meil-
leures vraisemblances à cette époque, un monastère petit ou grand.
L'installation n'était évidemment pas très minime puisque sa protec-
tion, pour être efficace, obligea l'architecte à dilater sur son

(1) La relation éventuelle entre ces excavations dans le roc et les constructions de
Justinien sur la terrasse voisine n'a même pas été envisagée par Lohmann, qui conclut
tout bonnement (op. I. , p. 136) à la « possibilité d'une origine préisraélite », sans néan-
moins vouloir suggérer une date terminale inférieure. La question a été posée par
Dalman (ibid., p. 149, n. 3), mais à la cantonade, sans essai de discussion" et en admet-
tant même l'éventualité d'une date encore plus basse que les temps byzantins.

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MÉLANGES. 397

périmètre la vaste enceinte qu


plein sens du mot une install
de dresser autour d'elle la pro
ou moins redoutable ; il lui fa
indispensables pour le temps
incursions d'un ennemi qui
pourrait pas se ravitailler d
première exigence, mais non l
Justinien ait pris soin d'y po
création d'un réservoir m
enceinte, il n'est pas moins
soires tout aussi indispensable
de l'exécution. Ces aménage
tions, des greniers, celliers, m
des étables, des granges po
magasins de toute nature pouv
sanctuaire, une place convenab
aussi simple et séant d'y inst
troupeau et de la basse-cour
hésitation à les parquer à l'abr
plus menaçant ; mais au fil d
doute les loger à proximité, n
leur assurer, contre l'impr
protection suffisante.
Dès qu'on s'est établi à ce poi
existait entre le caractère si m
roc, sur la terrasse inférieur
leur aménagement se dissipe
il est clair qu'uu architecte eû
porcherie, un parc à gros béta
en face de la nécessité de créer
de sécurité contre toute incur
relation possible avec l'install
ingénieusement combiner ces
se procurer des matériaux pr
pas à voir risquer ici une rest
plan qui serait téméraire; m

(1) Dalman a, le premier, suggéré de r


citerne au sud-ouest de la mosquée (Pa
en effet 17 mètres de profondeur et un

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assez spontanée. Le front principal à


l'ouest, côté où l'esplanade était acces
relativement douce : c'est de ce côté
percée «de rares portes indispensable
été reculée aussi loin que possible ver
ne soit pas offensé par la proximité d
pourtant de la surveillance immédiate
la rampe rocheuse conduisant à une p
la tour d'angle, voici s'ouvrir Fétable
de menu bétail, porcherie, bergerie,
sa place très normale dans le grand
une porte suffisamment large, tandi
pratiquée dans la paroi opposée met le
munication plus directe avec la cour
réservoirs sur ce même côté. Au de
fermée, l'habitation du personnel qu
cheptel, le réduit où il abritera les qu
ressource journalière indispensable dans
le four à cuire le pain. Une clôture q
sans doute le prolongement oriental d
un gros effort d'imagination pour in
commode qu'opportune pendant la nu
réduit évidé en pleine roche à l'extrémit
extérieure. Hâtons-nous de limiter cet
humaine et si positive. Et que nous v
fois allégué à propos de ces roches tai
sacrée dont on a prétendu emplir ce lieu
Est-ce à dire qu'en établissant le cara
des vestiges archéologiques actuellem
inférieure, nous aboutissions à mettre
qui s'attache à la célèbre montagne? O
pas, puisque aussi bien la très profan
mise en évidence dépendait préciséme
en ce lieu, quoique sous une forme bie
tant de fois séculaire. Ce sont les phas
tion et la physionomie générale du li
principaux de sa très longue évolutio
résumer à grands traits.
Comme dans la plupart des sanctuair
échappent L'impressionnante montag
quelque phénomène transitoire ou p

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MÉLANGES. 399

superstition religieuse? Ii faut


tatons néanmoins, au moment
sommet majestueux, vers la fi
excellemment le concept du li
temporaines. En toute la régi
propice à une résidence divine
trice, dont l'isolement rehaus
source cachée sous un escarpeme
plus clémente et un sol moi
prospérer quelques vigoureux
faisante fraîcheur de leur omb
pas de là, presque sur la fine
béante et sombre dans les entr
redoutable séjour élu par la
avaient jugé, au témoignage d
populations hévéennes de la co
met pour le sanctuaire commun
garde tout d'abord de modifi
naturelle du cadre qu'empli
quelques cupules dans la roche
fruste pouvaient suffire aux ma
initiai : libation« très simples, r
que les fidèles abandonnaient
organisation liturgique assez
définir mieux l'inaccessible domaine du dieu et la zone où il consen-
tait à recevoir le culte de ses adorateurs. A proximité de la caverne
sacrée, désormais interdite aux contacts familiers et accessible seule-
ment en d'exceptionnelles conditions, un autel plus caractéristique,
toutefois encore sans prétention ni développement bien considérable,
fut érigé pour les sacrifices solennels où le clan tout entier participait
à de rares époques dans le cycle des mois, pour célébrer les phases
mystérieuses de la nature ou quelque événement d'importance qui
avait soudainement interrompu la succession monotone des jours.
Après les panégyries de cette seconde sorte, un quartier de roche,
détaché du flanc de la montagne, ou transporté de loin à titre de
trophée, était dressé en commémoraison de l'événement et de la
solennité. Les générations ultérieures associèrent probablement
maintes fois dans les témoignages de leur vénération ces stèles com-
ménioratives aux symboles directs de la divinité. Un concept religieux
déjà plus raffiné ayant arraché le ba al à son austère isolement pour
lui associer une parèdre féminine, ou l'investir tout au moins des

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attributions correspondantes, le cu
nuancer en conséquence, de même que
anthropomorphisme de plus en plus
souvent trop à l'instar de la nature,
avec des signes très simples et des e
incisions de forme plus ou moins dé
vaient suffire à évoquer l'idée de l
apportées à chaque pèlerinage et fich
attestaient jusqu'à leur dessiccation et le
mage particulier rendu à la déesse
avait gratifié la solitude du bacal an^
aspect que d'autres sanctuaires du m
haut-lieu de Gabaon différait de l'in
prétendu le reconnaître, trop loin d'a
qui en demeura toujours le centre.
Après la^conquête israélite, l'asservis
mettre un terme à la prospérité de so
plutôt ajouté, en attirant sur la véné
des nouveaux maîtres de la contrée.
ciellement de titulaire, le ba'al et son
Iahvé vainqueur? U est probablement
thèse. La fidélité du peuple de Dieu s
et son orthodoxie trop peu chatouilleus
de cette gratuite substitution, à légi
apporta dans ce vieux sanctuaire. Qua
tant avec David des conditions auxq
vengeance, parlent d'immoler leurs l
tagne, en présence de Iahvé », chacun
pieusement allégué à l'usage de David
n'est que l'appellation opportuniste d
fidèle leur tenace et superstitieuse r
modification possible dans le vocable
cipation accidentelle plus ou moins f
qui s'y pratiquait ne modifia vraisem
son installation telle qu'on l'a esquissé
xpendance cananéenne. Tout au plus
jouit peut- elle suggérer dans ce haut
modalités plus évoluées du sacrific
riches offrandes et pour un personne
quoi répondent les immenses et labo
demeurées sous nos yeux. Quand Salom

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MÉLANGES. 401

sanctuaire, y vient, au début d


consulter le Seigneur, toute l
tude, parmi l'ordonnance très
caverne sainte où le monarque
manifestation divine. Elle se pro
Iahvé, revient en hâte à Jérusale
sacrifices d'action de grâces.
S'il était possible de suivre en
vés, les vicissitudes du Tabern
de l'Arche, on aurait peut-être
une place dans le haut-lieu, où
caustes aurait en même tem
pierres (1). Il n'est pas douteux
à l'organisation définitive du c
sagé cette installation du Taber
du culte pratiqué depuis les jo
depuis Salomon, dans le célèbr
à démêler si quelque fondeme
tendance à faire prévaloir cette
La gloire du Temple, à dater de
la fortune du vieux sanctuaire
Figé dans son installation rust
les foules en des cérémonies so
titres àia vénération simpliste d
se flatter que les éléments ess
reparaîtraient sous nos yeux
deviendrait réalisable sur la t
comme naguère à Gézer ou à
solitude qui sont le crépuscule
d'une vénération nouvelle s'éta
La Revue rappelait naguère, p
qu'on peut actuellement établir
l'implantation des souvenirs l

(1) Cette installation momentanée clu


nirait utt point d'appui assez opportun a
entre le moderne village de Biddou e
où l'Arche séjourna trois mois dans so
Jérusalem. On aurait voulu d'abord ra
ensuite le transfert simultané des deu
L'hypothèse, moins précaire qu'elle ne le
divers indices qu'il n'entre pas dans notr
(2) RB., 1912, p. 267 ss.
REVUE BIBLIQUE 1922. - T. XXXI. 26

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être l'invention en ce lieu d'un cor


fameux prophète ». Le choix du site p
à l'attention et la caverne antique du s
donner vraisemblance à la découverte.
de ce ve siècle qui marque en Palestin
sanctuaires autour des authentiques L
dent avait orné de somptueux édifice
haut-lieu disparurent apparemment
l'église et au monastère de Saint-Samu
nien devait doter plus tard de l'encein
dépendances que nous connaissons (1).
tudes ultérieures du sanctuaire, de Mo
son appellation, et de Néby Samotiîl,
désignation usuelle (2) du site remarq
vénération populaire enracinée bien a
de la légende juive et même de la trad
La splendide montagne peut bien, en
d'une archéologie religieuse frelatée, pou
majestueux belvédère tous ceux que s
souvenirs et le charme de pénétrer mieu

L. H. Vincent, 0. P.
Jérusalem, 21 novembre 1 919.

(1) Lohmann s'est persuadé que la première fondation ne devait pas être de beaucoup
antérieure à Justinien, attendu que sous le règne de cet empereur seulement on songe à
lui assurer de l'eau par la création du grand puits ( ZDPV 1918, p. 146 s.). Son raisonne-
ment ne prouve rien. Le monastère pouvait exister depuis un siècle et plus et se pour-
voir d'eau par de petites citernes ou s'alimenter aux deux sources comme le village
moderne. Le <p péap de Ju-stinien est seulement prévu pour une plus grande commodité en
temps ordinaire et pour la sécurité au cours d'un blocus éventuel.
(2) Au dire de Dalman ( Palästinajahrbiich , X, 1914, p. 22, n. 2), Samwll serait l'arti-
culation particulière aux Chrétiens, les musulmans prononçant au contraire Samwê
(Samouêl). Ce purisme philologique, auquel on tient puisqu'on le reproduit en éditant
Lohmann {ZDPV., 1918, p. 120), est extrêmement précaire. Il n'y a pas de chrétiens à
Néby Samouil, ni dans les villages les plus voisins - el-Djîb et Biddou. Les « musul-
mans » qui articulent « Samouêl », voire même quelquefois « Chemouêl », se rencontrent
surtout dans le personnel de la mosquée, gens qui ont de la lecture ou se font l'écho
érudit de visiteurs juifs fréquents mais ne sont plus les témoins sûrs d'une tradition
onomastique sérieuse.

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