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IV.

1
CHAPITRE IV. METHODES ENERGETIQUES

Iv.1. Généralités

Une structure soumise à des forces extérieures se déforme. Cette structure passe ainsi de la
position initiale (non déformée) à une autre position dite ‘‘déformée’’ mais très proche de la première.

L’intérêt pratique de la détermination des déformations :

 La réglementation de par le monde exige une certaine limitation pour avoir une bonne
esthétique de la construction et parer aussi à tout désordre ;

 La détermination des déformations (déplacements et rotations) dans les structures permet


à l’ingénieur de solutionner les structures hyperstatiques. On rappelle que les structures
hyperstatiques sont celles pour lesquelles le nombre d’équations d’équilibre de la mécanique
théorique ne suffit pas à déterminer les réactions d’appuis et les efforts internes.

On utilise ici la méthode énergétique pour déterminer les déformations avec la loi de conservation
de l’énergie  c.-à-d. :

‘‘En négligeant les frottements, les échanges de chaleurs, en supposant l’application des forces
«non brutale » et en restant dans le domaine élastique des matériaux utilisés, on peut énoncer que le
travail mécanique des forces extérieures est égal au travail mécanique des forces internes (W ext = Wint)’’.

Aussi on peut dire que le travail mécanique des forces extérieures (forces appliquées, réaction de
liaison, variation de température, déplacement forcé …), se transforme en énergie potentielle dans la
structure élastique ainsi déformée.

En effet un exemple simple peut refléter cette réalité :

 Une règle horizontale sans chargement est en équilibre sur deux appuis (figure IV.1a) ;

 On la sollicite par un poids relativement assez faible, elle se déforme et le point C vient en
C’, figure IV.1b (travail mécanique des forces extérieures) ;

 En enlevant le poids, figure IV.1c, on remarque que le point C’ revient en C ; l’énergie
potentielle ainsi accumulée ramène la règle à sa position initiale.

Page V.1

Poids assez léger


Règle plate
A C B A C B A C B

C’ C’

a) Règle plate en équilibre b) Après chargement C vient en C’ c) Après déchargement C’ revient en C

Fig. IV.1. Règle plate horizontale en équilibre sur deux appuis

L’application de la force d’une manière « non brutale » signifie qu’au contact de la structure
l’intensité de cette force augmente progressivement de 0 à sa valeur finale.
IV.2
Iv.2. Hypothèses

Pour déterminer les déformations, on suppose que les matériaux utilisés dans les structures
remplissent toutes les hypothèses de la résistance des matériaux:

a) Milieu continu ;
b) Milieu isotrope ;
c) Déformations relatives faibles ;
d) Milieu parfaitement élastique ;
e) Linéarité entre les déformations et les efforts (application de la loi de Hooke);
f) Distribution identique pour des systèmes de forces équivalents appliqués à une même
structure (principe de Saint-Venant) ;
g) Sections planes avant déformations, restent planes après déformation (hypothèse de
Bernoulli)

Dans ce qui suit les deux hypothèses c) et e) sont utiles à savoir :

 Les déformations relatives faibles permettent d’écrire les équations d’équilibre en utilisant
la structure non-déformée sans trop d’erreurs ;
 L’hypothèse de la linéarité entre les efforts et les déformations permet d’appliquer la
notion de superposition des effets.

IV.3. Travail des forces extérieures

IV.3.1. Rappel du travail d’une force constante (intensité et direction)

Le travail d’une force constante F


⃗ dont le point d’application se déplace de A vers B quelque soit la
trajectoire (chemin parcouru figure IV.2) est donné par la relation IV1:

(IV.1)

αAB

Trajectoire

Fig. IV.2. Travail d’une force constante

IV.3.2 Travail d’une force d’intensité variable (Travail réel)

On s’intéresse ici au travail d’une force selon sa ligne d’action de direction constante mais
d’intensité variable.

En effet, l’hypothèse faite précédemment sur l’application d’une force extérieure F


⃗ sur un élément de
structure d’une manière ‘‘non-brutale’’, signifie qu’au contact l’intensité de cette force varie de zéro à
F‖.
‖⃗
Dans notre cas on appellera ce travail : ‘‘Travail réel de la force’’.

M. SAAD_2016-2017
IV.3
Reprenant l’exemple de la règle plate et appliquant une force verticale d’une manière ‘‘non-brutale’’ ou
‘‘application statique’’ au point C0, figure IV.3.

Prenant comme origine des déplacements le point C 0 sur l’axe verticale z’z. Au point C0, l’intensité de la
force est nulle.

Pour un instant intermédiaire l’intensité de la force vaut f, son point d’application est Cf et le
déplacement correspondant z = zf = Δf (figure IV3a). L’intensité de f varie de zéro à F.

A l’application totale de l’intensité F de la force, son point d’application est CF et le déplacement


correspond z = zF = ΔF (figure IV.3a).

En utilisant la linéarité entre les déplacements et les efforts on peut écrire :

f = k z, k = constante et z la profondeur (abscisse) du point d’application de ⃗f , Cf.

Le travail réel de la force extérieure quand f varie de 0 à F est  donné par l’intégrale double :

W rext ( ⃗
F )=∬ df . dz où 𝒟 représente le domaine d’intégration.
D
Rappel : Cette intégrale double peut être remplacée par deux intégrales successives :
zF kz zF zF zF
2
z F2 1
r
W (⃗
F )=∫
ext ∫ df dz=∫ k . z . dz=k .∫ z . dz=k . z2
( ) [ ] =k .
2 2
1
= k . z F . z F = . F . ΔF
2
0 0 0 0 0

(IV.2)

La relation (IV.2), représente le travail réel de la force F


⃗ appliquée statiquement sur l’élément AB.

A C0 A C0 B
B

Cf Cf

f CF

z F
z

a) Etat intermédiaire d’application de la force b) Etat final d’application de la force

Fig. IV.3. Travail ‘‘statique’’ extérieur de la force

IV.3.3. Représentation graphique du travail d’une force d’intensité variable (Travail réel)

Dans un repère Ofz, figure IV.4, la relation ∬ df . dz représente l’aire du triangle OJK.
D

F J

O dz K (zF) z

Fig. IV.4. Représentation graphique du travail ‘‘statique’’ extérieur de la force

M. SAAD_2016-2017
IV.4
IV.3.4. Travail d’un Moment d’intensité variable (Travail réel)

De même pour un moment appliqué statiquement en G B sur la structure plan élastique AB, encastrée en
B (figure IV.5a), engendre une rotation θ de la section droite en ce point et G A vient en G’A. L’effet de ce
moment est équivalent à un couple de forces appliquées en A 1 et A2 d’intensité F et distant de d (M = f.d),
figure IV.5b.

θ représente l’angle entre la normal (n) en G ’A et l’axe longitudinal de la barre AB avant déformation ou,
aussi c’est l’angle entre les sections droites avant et après déformation.

À la fin du travail de ces deux forces, les points A 1 et A2 se déplacent respectivement en A1’ et A2’,
comme précédemment on peut écrire :

1
W rext ( M )=2. W rext ( ⃗
F )=2. . F . Δ F =F . Δ F ,
2
Comme Δ F d d
=tgθ ≃θ⇒ Δ F =θ . ⇒ W rext ( M )=F .θ .
d 2 2
2
(IV.3)

La relation (IV.3), représente le travail réel du moment M appliqué statiquement sur l’élément AB.

θ
θ
(t) F A’1
A A1
B
(t)
GA GB GA GB

θ θ
GA’ d GA’

(n) (n)
M

A2 A’2 F

a) Application du moment M en GA b) Equivalent du moment en couple de forces

Fig. IV.5. Travail ‘‘statique’’ extérieur du moment M

Dans le cas général, on peut donc énoncer :

‘‘Le travail extérieur d’une force généralisée (force ou moment) agissant statiquement sur une structure
élastique est égal à la moitié du produit de l’intensité finale de cette force généralisée et de la déformation
(déplacement ou rotation) correspondante’’.

IV.3.5. Travail virtuel d’une force généralisée (force ou moment) d’intensité constante

Reprenons l’exemple de la figure IV.3, et supposant qu’il existe déjà une force d’intensité P appliquée en D 0
et après déformation D0 vient DP et C0 en C0P, figure IV.6a. Appliquons à présent la force d’intensité F
statiquement en C0P (figure IV.6b) sur la barre AB, C0P vient en C0F.

Le travail de P après application de F, ce fait avec toute son intensité (P), le point D P vient en DPF
(déplacement de P dû à F), c’est le travail virtuel qui vaut donc (relation IV.4):

(IV.4)

M. SAAD_2016-2017
IV.5

A D0 C0 A D0 C0
B B

C0P
DP C0P DP
DPF C0F

a) Equilibre de la barre AB après application de b) Travail virtuel de P (DP vient en DPf) après application de

Fig. IV.6. Equilibre de la barre AB après application de et ensuite de

De même s’il existait un autre moment d’intensité M1 appliqué à la barre avant d’appliquer le moment M
(figure IV.5), on aura le travail virtuel de M1, relation IV.5 où θM M est la rotation de M1 dû à M.
1

(IV.5)

IV.3.6. Travail de plusieurs forces généralisées appliquées simultanément

Pour plusieurs effets, avec n et m représentant, respectivement, le nombre de forces et le nombre de


moments appliqués simultanément et (statiquement ou avec leurs pleines intensités), on peut écrire la
relation IV.6 :

(IV.6)

Dans l’espace, où les déformations sont données par des projections sur les axes d’un repère Oxyz associé à
la structure :

 Forces et déplacements correspondants : (Fxi, Fyi, Fzi), (Δxi, Δyi, Δzi) ;

 Moments et rotations correspondantes : (Mxj, Myj, Mzj), (θxj, θyj, θzj) ;

La relation IV.5 s’écrit dans le repère (relation IV.7) :

(IV.7)

M. SAAD_2016-2017
IV.6
IV.4. Travail mécanique des efforts internes Wint ou énergie potentielle de déformation U

Nous allons exprimer le travail mécanique produit par chaque effort interne (N x, Ty, Tz, Mx, My et Mz).

IV.4.1. Expression du travail mécanique produit par l’effort interne (N x)

Soit l’exemple d’une barre de masse négligeable encastrée à une extrémité et soumise à une force axiale à
l’autre extrémité (figure IV.7a) d’intensité F.
Cette barre est soumise à la traction simple (quelque soit la section droite considérée la réduction des
efforts internes au centre de gravité se traduit par l’effort interne N x (ici d’intensité F).
Étudions le travail mécanique de l’effort interne N x sur un élément infinitésimal dx de cette barre (figure

IV.7b). Avec la relation IV.2 :

dW 1 , avec la loi de Hooke : Nx Δdx Nx


∫ ¿r ( N x )= 2 . N x . Δ dx ¿ σ x= =E . ε =E ⇒ Δ dx= . dx ⇒
Ω dx E.Ω
dW avec l’intégration le long de la barre de longueur L, avec N x variable
2
N N
∫ ¿r ( N x )= 12 . N x . E .Ωx . dx= 12 . E .Ωx . dx ⇒ ¿

(IV.8)

La relation IV.8 représente le travail mécanique réel de l’effort interne N x le long de la barre de longueur
L.

F
Nx Nx
x x

L ΔL
Δdx
dx

a) Déformation de la barre après application de b) Élément infinitésimal dx de cette barre

Fig. IV.7. Travail interne de l’effort Nx

IV.4.2. Expression du travail mécanique produit par l’effort tranchant T y (ou Tz)

Soit un élément infinitésimal dx d’une barre dune longueur L (figure IV.8a) soumis au cisaillement pur

d’intensité T. Après déformation le point A1 vient en A’1 avec A1 A’1 = γ.dx (figure IV.8b).

dW 1 ,
∫ ¿r (T )= 2 .T . γ . dx ¿
où k est fonction de la forme de la section droite Ω et G module d’élasticité
T T
τ =k =G. γ ⇒ γ=k .
transversal.
Ω G. Ω
W 1 T 2
∫ ¿r ( T )=∫ 2 .k G . Ω .dx ¿
( L)

Avec les efforts tranchants Ty et Tz, on peut écrire :

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IV.7

(IV.9)

où ky et kz sont fonction de la forme de la section droite Ω.


Section rectangulaire :ky = kz = 1,2 et section circulaire ky = kz = 32/27

La relation IV.9 représente le travail mécanique réel de l’effort interne T y (ou Tz) le long de la barre de
longueur L.

T
x

x
A1 T

A1 γ
A’1
dx dx

a) Elément infinitésimal dx d’une barre soumis au b) Élément infinitésimal dx après déformation


cisaillement pur avant déformation

Fig. IV.8. Travail interne de l’effort Ty (ou Tz)

IV.4.3. Expression du travail mécanique produit par le moment de flexion My (ou Mz)

Considérant un élément dx compris entre deux plans (S A) et (SB) (figure IV.9a) d’une barre de longueur L
soumise à la flexion pure. Sous l’intensité M du moment de flexion, l’élément se déforme (voir cours
rdm1), figure IV.9b.
En utilisant la relation IV.3, on a :

dW 1 dθ 1 , avec le rayon de courbure, le module d’élasticité E et le moment


∫ ¿ r ( M )=2. ( 2 . M . 2 )
= . M . dθ ¿
2
d’inertie I, on peut écrire (voir RDM1):

E.I E.I , avec la fibre neutre au niveau du centre de gravité : dx M


M= ⇒ ρ= dx= ρdθ⇒ dθ= = . dx
ρ M ρ E. I
⇒d W 1 M 1 M2
∫ ¿r ( M )= 2 . M . E . I .dx= 2 . E .I . dx ⇒ W ∫ ¿ ( M )=∫ 1 . M
r
2
.dx ¿
¿
( L)
2 E.I

Avec les moments de flexion My et Mz :

(IV.10)

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IV.8
La relation IV.10 représente le travail mécanique réel du moment de flexion M y (ou Mz) le long de la barre
de longueur L.
O

(SB) dθ/2
(SA)

ρ (n)
M M
GA GB GA GB dθ/2
x x

(SA) (SB)
dx dx

a) Élément dx d’une barre avant déformation b) Élément dx soumis à un moment de flexion

Fig. IV.9. Travail interne du moment de flexion My (ou Mz)

IV.4.4. Expression du travail mécanique produit par le moment de torsion Mx (noté aussi Mt)

- Cas de la section circulaire pleine ou creuse


La figure IV.10 montre un élément dx d’une barre de section droite circulaire soumis à un moment de
torsion d’intensité Mt. Après déformation par rapport à la section B, le point A 1 vient en A’1. Le travail de
Mt s’écrit avec la relation IV.3 :

dW En torsion pure, on peut écrire : dφ Mt Mt


1
∫ ¿ r ( M t )= 2 . M . dφ¿ = ⇒dφ= . dx
dx G. I 0 G . I0

(IV.11)

La relation IV.11 représente le travail mécanique réel du moment de torsion M t le long de la barre de
longueur L.
B Mt
x
A1 γ

dφ A’1 OB

OA
dx

Mt

Fig. IV.10. Travail interne du moment de torsion Mt

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IV.9
IV.4.5. Expression du travail mécanique produit par tous les efforts internes appliqués simultanément

Avec les relations IV.8, IV.9, IV.10 et IV.11, si tous les efforts internes sont actionnés simultanément et
statiquement sur une barre de longueur L, on peut écrire l’expression IV.12.

(IV.12)

Remarque :

 L’intégration se fait sur toute la longueur de la barre et si les fonctions des efforts internes en

fonction de x varient le long de la barre, alors il y a lieu de partager la longueur en intervalles.

 L’énergie potentielle U d’une structure est la somme des énergies potentielles des éléments la

constituants.

 En pratique, l’application de la relation IV.12 est très laborieuse et conduit parfois à des résultats

superflus. L’expérience a montré que sans faire trop d’erreurs, dans certains cas, on peut

seulement prendre certains termes plus prépondérants, à savoir :

 Structures planes formées de barres : Moments de flexion My et Mz ;

 Structures à treillis : Efforts normaux Nx ;

 Structures en arcs plans : Moments de flexion (My et Mz) et efforts normaux (Nx)

 structures spatiales formées de barres : Moments de flexion (My et Mz) et moments de


torsion (Mt).

IV.4.6. Caractéristiques de l’énergie potentielle des structures élastiques

 Le travail mécanique des forces extérieures se transforme entièrement en énergie potentielle de

déformation, emmagasinée par la structure élastique qui est donc un système conservatif.

 Le travail mécanique total est par conséquent égal au travail des forces (généralisées) externes et

des efforts internes, donc égal à zéro :

(IV.13)

 La réponse de la structure élastique aux actions extérieures est une réaction ‘‘minimaliste’’
(minimum d’efforts donc énergie potentielle minimale).

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IV.10

IV.5.. Dérivée partielle de l’énergie potentielle de déformation (théorème de Gastigliano)

Pour illustrer et simplifier la démonstration du théorème de Gastigliano, considérons concrètement trois


poids d’intensité P1, P2 et P3 appliqués statiquement et simultanément sur une structure, figure IV.11.

Après stabilisation, chaque point d’application des forces extérieures P 1, P2 et P3 se déplace au total de
Δ1, Δ2 et Δ3 respectivement (figure IV.12).

On peut écrire, en valeur absolue, le travail des forces extérieures (= travail des efforts internes= énergie
potentielle déformation).

1 où chaque déplacement total peut être décomposé. (1)


W ext =U= [ P . Δ +P . Δ +P . Δ ]
2 1 1 2 2 3 3
Par exemple le déplacement Δ1 est égal à la somme des déplacements : de 1 du à P1 (Δ11), de 1 du à P2
(Δ12), et 1 du à P3 (Δ13) et pour les autres on a :

Δ 1=Δ 11 + Δ 12+ Δ 13

{ Δ2 =Δ21 + Δ 22+ Δ33


Δ3 =Δ31 + Δ 32+ Δ33 }
Sachant que le déplacement est proportionnel à l’intensité de la force qui le provoque, le symbole δ signifie
(2)

déplacement d’une force d’intensité unitaire :

Δ 1=δ 11 . P1 +δ 12 . P 2+ δ 13 . P3 (3)

{ Δ2 =δ 21 . P1 +δ 22 . P2+ δ 23 . P3
Δ3 =δ 31 . P1 +δ 32 . P2+ δ 33 . P3 }
En remplaçant (3) dans l’expression (1) de l’énergie potentielle, on a :

1
U= P . ( δ . P +δ . P + δ . P ) + P2 . ( δ 21 . P1 +δ 22 . P2+ δ 23 . P3 ) + P2 . ( δ 31 . P1 + δ 32 . P2+ δ 33 . P3 ) ] ⇒
2 [ 1 11 1 12 2 13 3
1
U = [ δ 11 . ( P1 )2 +δ 12 . P 2 . P1+ δ 13 . P3 . P 1+ P2 . ( δ 21 . P1 +δ 22 . P2+ δ 23 . P3 ) + P 2 . ( δ 31 . P1 + δ 32 . P2 +δ 33 . P3 ) ] ⇒
2
1
U = [ δ 11 . ( P1 )2 +δ 12 . P 2 . P1+ δ 13 . P3 . P 1+ δ 21 . P1 . P2 +δ 22 . ( P2 )2+ δ 23 . P3 . P2+ δ 31 . P1 . P3 +δ 32 . P2 . P3 +δ 33 . ( P3 )2 ]
2
On montre au chapitre V que : δij = 𝛿ji, l’expression de U se réduit à :
1 (4)
U= δ . ( P )2 +δ 22 . ( P2 )2+ δ 33 . ( P 3 )2+ 2.δ 12 . P2 . P1 +2. δ 13 . P3 . P1 +2. δ 23 . P 3 . P2 ]
2 [ 11 1
Etablissons l’expression de la dérivée partielle de l’expression (4) de l’énergie potentielle par rapport à l’une
des forces, par exemple P1.

∂U 1 ∂U
= [ 2. δ 11 . P1 +2. δ 12 . P2 +2. δ 13 . P3 ] ⇨ =δ . P + δ . P +δ . P =Δ 1
∂ P1 2 ∂ P 1 11 1 12 2 13 3
Donc de même et
(5)
On peut et on montre que nous pouvons dans les mêmes conditions, généraliser pour n forces :

(IV.14)

La relation IV.14, représente le théorème de Gastigliano qui s’énonce :

‘‘Le déplacement du point d’application d’une force i, faisant partie de n forces appliquées simultanément

et statiquement sur une structure élastique, est égal à la dérivée partielle par rapport à cette force i de

l’énergie potentielle de déformation de la structure.


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IV.11

A B
Δ1 Δ2 Δ3

P1
P2 P3

Fig. IV.11. Déplacements de points d’application de trois forces appliquées simultanément et statiquement

De même, on montre que : ‘‘Le vecteur-rotation du point d’application d’un moment quelconque i,
projeté sur l’axe de ce moment, est égal à la dérivée partielle, par rapport à ce moment, de l’énergie de
déformation’’, relation IV.15.

(IV.15)

Remarques :

 Pour utiliser le théorème de Gastigliano, il faut que la force généralisée soit clairement explicitée dans

l’expression de l’énergie potentielle ;

 La déformation en un point (déplacement ou rotation), d’une structure élastique peut être

déterminée si en ce point agit une force généralisée.

Sinon, on introduit, en ce point, une force généralisée fictive qui doit apparaitre explicitement dans
l’expression de l’énergie potentielle afin de pouvoir exprimer la dérivée partielle, ensuite pour calculer
la déformation on annule cette force généralisée fictive (Fi = 0 ou Mi = 0).
 Le déplacement du point d’application d’une force généralisée Si (Fi ou Mi), dans une structure

composée de n barres, avec la relation IV.12 et le théorème de Castigliano on a la relation IV.16:

n
U =∑ ¿ ¿
j =1

(IV.16)

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IV.6. Exercice d’application IV.12
2
IV.6.1. Enoncées 2) Mise en évidence . L3
Pl’effort P2 . L
Ude= +k interne
Une barre d’acier horizontale en console de prépondérant ?
6. E . I z y 2 G. Ω
longueur L, de masse négligeable, de section
Calculant le rapport U(Mz)/U(Ty), avec (1) et (2) :
rectangulaire est sollicitée statiquement à
l’extrémité libre par un poids d’intensité P, figure
V.12. On donne L = 9h E/G= 5/2 ; et ky= 1,2. On U ( M z) P2 . L3 2.G . Ω
demande :
= .
U (Ty) 6. E . I z k y . P 2 . L
1) L’énergie potentielle de déformation en 3
fonction de P  en tenant compte de tous les En remplaçant Iz = b.h /12 et les autres données :
efforts internes ;
P2 . ( 9. h ) .12 2.2. b . hU ( M z )
3
2) Mettre en évidence l’effort interne
U ( M z)
= . ⇒ =121,5
prépondérant par rapport à un autre ; U (Ty) 6.5 . b . h3 1,2. P 2 .8 . hU ( T y )
3) Le déplacement vertical du point A en utilisant Ici, l’énergie potentielle due à Mz est supérieure à
le théorème de Castigliano. Faire l’application plus de cent fois celle due à l’effort tranchant Ty.
numérique pour P = 5 kN, L = 72 cm,
b = 30 mm et h = 80 mm, E = 2.10 MPa, G
5
C’est en général le cas des barres où c’est le
4
= 8.10 MPa ; moment de flexion qui est prépondérant.
4) Déterminer la rotation de la section droite en
C (θC) , située à une distance a de A. 3) ΔA ?

Avec le théorème de Castigliano, relation v.18 et


y
1-1
x en négligeant l’effet de l’effort tranchant :
C 1 B
A

a 1
h
G z ∂ U ∂ U ( M z ) 2. P . L3 P . L3
Δ A= = = ⇒ Δ A=
P
∂P ∂P 6. E . I z 3. E . I z
b 3 3
L 5. 10 . ( 720 ) .12 Δ =2,43 mm
A . N . ⇒ ΔA = ⇒ A
3.2 .10 5 .30 . 803
a) Schéma statique b) Section droite Signe +, c.-à-d., déplacement dans le même sens

Fig. IV.12. Poutre en console que la force.

4) θC ?
IV.6.2. Solution
Pour déterminer la rotation de la section en C,
1)
|W rext|=¿ appliquons un moment fictif en ce point, figure
Ici, la console est soumise à la flexion simple avec
IV.13, ensuite avec la relation IV.14, il suffit de
des efforts internes Mz et Ty.
faire M = 0.
Prenons comme origine des abscisses le point A : 
y
Mz(x) = - P.x et Ty (x) = - P x A C 1 B
Avec la relation IV.12 : 1
M
2 2
P a
Ty Mz
U =U ( T y ) +U ( M z )=∫ k y . dx +∫ . dx L
(L) 2G . Ω ( L) 2 E . I z
T y2 2 L
(−P ) Fig. IV.13. Application de M fictif en C
U ( T y )=∫ k y . dx=k y ∫ . dx=¿
( L)
2G . Ω 2 G. Ω 0
(−P )2 L P2 . L Tronçon AC : Mz = -Px  et
ky [ x] ⇒ U ( T y )=k y (1)
2G . Ω 0 2G . Ω Tronçon CB : Mz = - Px -M
2 L 2 2 3 L
Mz (−P . x ) P x a L
U ( M z )=∫
(L)
2 E . I z
. dx=∫
0
2 E . I z
. dx=
2 E . I z 3
[ ] 0
⇒θ = ∂U =∫ M z ∂ M z . dx+∫ M z ∂ M z . dx ⇒
C
∂ M 0 E. Iz ∂M a E.Iz ∂ M
L
P 2 . L3 ∂U (−Px−M )
U ( M z )= (2) θC = =0+∫ (−1 ) . dx ⇒ avec M =0
6. E . I z ∂M a E. Iz
L
P x2 P . ( L2−a2 )
θC =
E . Iz 2 a[ ]
⇒ θC =
2. E . I z
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