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Génie civil CHAPITRE 1 , 2 3ème année Licence

CONSTRUCTION METALLIQUE

1.1) INTRODUCTION :

Les constructions métalliques constituent un élément relativement important du secteur du bâtiment et


du génie civil. Elles sont utilisées dans divers types d’ouvrages tels que : les immeubles à usage
d’habitation, commercial et/ou administratif, aussi pour les constructions industrielles, agricoles, et
pour la réalisation des ponts routes et chemins de fer, ….etc. Les premiers ouvrages importants
construits à base de charpente métallique sont apparus à la fin du 18ème siècle. Puis, ils ont été
développés au 19ème siècle. Parmi les plus importants ouvrages qui ont été réalisés, on cite :

Pour les ouvrages d'art


- vers 1779: premier pont métallique en Grande Bretagne (en fonte, avec un arc de 30 mètres de
portée)
- 1822 : premier pont métallique suspendu, sur le Rhône, à Tournon, France
- 1837 : pont suspendu de Fribourg, avec une portée de 200 mètres
- 1855 : pont suspendu de Niagara avec une portée de 250 mètres
- 1887 : pont suspendu de New York avec une portée de 300 mètres
- 1889 : viaduc de Garabit d’une portée de 160 mètres, construit par EIFFEL
- 1889 : Tour EIFFEL à Paris
Pour les bâtiments :
- 1786 : Combles du Théâtre Français et salon Carré du Louvre
- 1851 : Toiture vitrée du Cristal Palace à Londres pour l'Exposition Universelle
- 1872 : bâtiment industriel à Noisiel, France (ossature métallique et murs en parpaings)

En charpente métallique, le matériau utilisé est l’acier. Il permet de réaliser des constructions légères et
élancées. Le poids d'une charpente métallique courante est d'environ :

- ossature de toiture : 20 à 40 kg / m2
- ossature de plancher : 50 à 100 kg / m2

A titre de comparaison, une dalle en béton armé de 10 cm d'épaisseur pèse environ 250 kg / m2.

L'acier est un matériau stable dans le temps (peu de fluage ou de relaxation), homogène et élastique, ce
qui le différencie d'autres matériaux comme le bois ou le béton armé. L'acier suit bien les hypothèses
et les lois de la résistance des matériaux. Son module d'élasticité est constant et connu de façon
précise, ce qui n'est pas le cas pour le béton et le bois.. Les caractéristiques mécaniques de l'acier sont
élevées, régulières et fiables.

1.1) HISTORIQUE DE LA CONSTRUCTION METALLIQUE

1.2) COMPOSITION ET PROCEDE DE FABRICATION DE L’ACIER

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1.3) COMPORTEMENT DE L’ACIER


Pour un essai de traction par allongement contrôlé sur une éprouvette normalisée (norme NF-A 03101)
(Figure 1.1),  
N N

Figure 1.1 «Eprouvette d’essais de traction »


enregistrant l’allongement de l’éprouvette en fonction de l’effort de traction appliqué, on établit un
diagramme d’évolution des contraintes en fonction des déformation engendrées par l’effort exercé.
Pour un acier doux, on constate l’apparition de quatre (04) zones qui caractérisent son comportement
(Figure 1.2)

Figure 1.2 « Allure générale de la relation contrainte – déformation spécifique de l’acier doux »

Zone OA : zone linéaire ou rectiligne, pour laquelle les allongements sont proportionnels aux efforts
appliqués. C’est la zone élastique, qui est réversible, car si l’effort de traction est supprimé,
l’éprouvette revient à sa
longueur initiale (L L = 0) , il ne reste aucune déformation permanente. Le matériau ne se souvient
plus du chargement précédent. Cette zone est régie par la loi de Hooke, loi de comportement linéaire :

 = E

 : c’est la contrainte E : c’est le module d’élasticité  : c’est la déformation spécifique

La limite d’élasticité f y correspond à la contrainte maximale qu’il est possible d’atteindre pour un
comportement élastique du matériau. La déformation spécifique correspondant à la limite d’élasticité
est désignée par  y .

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Zone AB : Ce palier horizontal traduit un allongement sous charge constante. Il y a écoulement du


matériau. Cette zone définit le comportement plastique du matériau. La contrainte reste constante :
 = cste = f y . Les déformations sont importantes. Si, à partir d’un point M situé sur le palier, on
supprime l’effort de traction, le déchargement se fait selon la droite MM  parallèle à OA et
l’éprouvette conserve une déformation rémanente (résiduelle) OM  . Plus ce palier est étendu, plus le
matériau est ductile (non fragile). C’est une qualité principale pour un matériau de construction.

Zone BC : après le palier découlement plastique, il faut à nouveau augmenter la charge pour accroître
la déformation. En cette zone du comportement, la contrainte augmente avec la déformation de
manière non proportionnelle, jusqu’au point C. C’est la phase d’écrouissage dont la limite supérieure
est appelée résistance à la traction du matériau notée f u . La déformation spécifique correspondant à la
résistance à la traction est notée  u .

Zone CD : la déformation augmente et la charge est décroissante car il se produit une diminution de
section en un point de l’éprouvette. C’est la phase de striction. Elle se termine par la rupture de
l’éprouvette (point D).

Ce diagramme permet de déterminer :


- la limite d’élasticité f y qui est la contrainte au-delà de laquelle :
o il n’y plus de proportionnalité entre contrainte et déformation
o il subsiste des déformations permanentes après déchargement
- la contrainte de rupture f u qui correspond au point C
- le module d’élasticité longitudinale, ou module d’Young E = tan
- l’allongement de rupture  u
a L
- le coefficient de poisson  : = −
a L
(le signe – traduit l’allongement de l’éprouvette),
L  0 s’accompagne d’une contraction latérale a  0 .

1.4) PLASTICITE DE L’ACIER : RESERVE DE SECURITE


Le palier plastique AB est particulièrement important en construction métallique, car il représente une
réserve de sécurité. En effet, il peut arriver que localement, dans une structure, des pièces soient
sollicitées au-delà de cette limite élastique. Elles disposent alors du palier AB pour se décharger sur les
zones avoisinantes. On parle alors d’adaptation plastique.

Le plus grand danger que doit fuir le constructeur est celui d’une rupture fragile, rupture survenant
brutalement sans aucun signal prémonitoire (sans aucun signal d’avant-garde).

Cette notion de plasticité/sécurité est très importante. En effet, lorsqu’une pièce en fonte ou en acier
dur est excessivement sollicitée au-delà de la limite d’élasticité, elle va périr par rupture brutale, sans

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présenter de symptômes prémonitoires. En revanche, une pièce en acier doux va présenter de grandes
déformations qui vont prévenir du danger non apparent.

Plus la longueur du palier plastique est importante plus le matériau a une grande capacité de se
déformer au-delàs de sa limite élastique  y . Tout matériaux doté d’une telle caractéristique est appelé
matériaux.

A retenir : la ductilité est la capacité du matériau de se déformer, d’une façon considérable, au-delàs
de la limité élastique.

La longueur du palier plastique est en relation avec la teneur en carbone de l’acier : plus la teneur en
carbone des aciers augmentent, plus le palier de ductilité se raccourcit et plus la déformation à la
rupture diminue. La sécurité est donc inversement proportionnelle au taux de carbone. C’est pourquoi
seuls les aciers doux (à faible teneur en carbone) sont autorisés en construction métallique, le taux de
carbone moyen étant de 0,2%.

Figure 1.4 « diagramme contrainte – déformation, réel, des différents type d’acier »

L’acier possède certains avantages et inconvénients. Parmi les avantages, on cite


- par rapport à d’autres matériaux, l’acier à une bonne ductilité qui est définie comme l’aptitude
de se déformer dans le domaine plastique
- exécution rapide des opérations de montage sur site
- travail en usine ce qui permet d’utiliser un nombre restreint d’ouvriers
- possibilité de réadaptation par démontage des éléments
- légèreté car le rapport de résistance par rapport au poids est très élevé
- possibilité d’utiliser des éléments mixtes aciers – béton.

Les inconvénients de l’acier se présentent comme suit :


- faible résistance au feu
- Sensibilité à la corrosion
- exigence de main d’œuvre qualifiée

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1.5) PROPRIETES MECANIQUES DE L’ACIER


1.5.1° Limite d’élasticité et résistance à la traction
L’essai de traction donne principalement deux contraintes :
- la résistance limite d’élasticité « f y » qui correspond à la proportionnalité entre la contrainte
 et la déformation  par le biais de la loi de Hook «  = E  »
- la résistance à la traction, limite de rupture, « f u » qui correspond à la contrainte maximale
obtenue lors de l’essai de traction.
La contrainte f y correspondant à la limite d’élasticité est fonction de l’épaisseur du produit. Ceci est dû
principalement au fait que la structure cristalline du métal subit des modifications lors du laminage.
Ces dernières ont pour conséquence que les pièces minces, soumises à plusieurs passes de laminage,
ont une limite d’élasticité supérieure à celle des produits de forte épaisseur. Un acier est défini par ses
caractéristiques chimiques, physiques et mécaniques. En construction métallique, on utilise des aciers
dont les caractéristiques sont définies par des valeurs minimales et maximales, prescrites par des
normes. Il existe plusieurs types de classifications des aciers, basés soit sur leur compositions chimique
soit sur leurs caractéristiques mécaniques (limite d’élasticité, résistance à la traction). La classification
couramment utilisée en construction métallique est du deuxième type : on désigne un acier par sa
nuance et sa qualité.
Selon la norme SIA 161 et la norme EN 10.027-1 (1992), la nuance de l’acier est définie par la limite
d’élasticité f y . Un acier ayant une valeur nominale de la limite d’élasticité : f y = 235N / mm2 est
appelé acier FeE 235 ( Fe pour fer et E pour limite d’élasticité). Le tableau 1.1 donne la désignation et
quelques caractéristiques des principaux aciers de construction.

Tableau 1.1 « Désignation et caractéristiques des principaux aciers de construction »


Nuance d’acier selon la norme Limite Résistance à la Allongement de
SIA 161 EN 10.027-1 d’élasticité traction rupture
(1989) (1992) 
f y N / mm 2
 
f u N / mm 2
  r %
(1) (1) (2)
FeE 235 S 235 235 360 26
Fe E 275 S 275 275 430 22
FeE 355 S 355 355 510 22
Fe E 460 S 460 460 550 17

SIA 161 (1989) : c’est la norme suisse


EN 10.027 – 1 (1992) : c’est la norme européenne
(1) : valeurs de calcul pour des épaisseurs  16 mm
(2) : valeurs minimales valables pour des épaisseurs  40 mm

Selon la norme européenne, EN 10025, la nuance d’acier est définie comme indiquée dans le tableau
ci-dessous :
Tableau 1.2 « Nuance d’acier selon la norme EN 10025 »
Epaisseur « t » en [mm]
Nuance d’acier t  40 mm 40 mm  t 100 mm

f y N / mm2  
f u N / mm2  
f y N / mm2  
f u N / mm2 
Fe 360 235 360 215 340
Fe 430 275 430 255 410
Fe 510 355 510 355 490

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1.5.2) La ductilité
La ductilité c’est la capacité du matériau de se déformer dans le domaine plastique sans qu’il ait de
rupture.
Les aciers de construction doivent satisfaire aux conditions de ductilité suivantes :
- le rapport « f u f y » doit être supérieure à 1,2
- le rapport «  u  y » doit être égale à au moins 20
- l’allongement à la rupture sur une longueur entre repère de 5,65 A0 doit être supérieure à
15%, A0 étant l’aire initiale de la section transversale.

1.5.3) La résilience
Elle se mesure, le plus fréquent, à l’aide de l’essai charpy. Elle caractérise la résistance au choc
Choc

Figure 1.2 « Eprouvette normalisée pour l’essai de Charpy


L’essai Charpy a pour objectif de mesurer l’énergie absorbée par une éprouvette bi-appuyée
comportant une entaille médiane (Figure 1.2). On appelle résilience l’énergie de rupture en flexion
sous le choc d’un pendule, ramené à la section sous entaille de l’éprouvette : elle s’exprime donc en
joules ou en joules/cm2. Les notations précises pour cette résilience sont :
- KV pour la résilience sur éprouvette ISO à entaille en V en joules
- KVC pour la résilience sur éprouvette ISO à entaille en V en joules/cm2

1.5.4) Résistance à la fatigue


Le comportement mécanique des aciers peut être affecté par des sollicitations inférieures à sa limite
d’élasticité mais appliquées avec un très grand nombre de fois sous forme plus au moins cycliques.
Comme charges répétées, on peut citer le passage de camions sur un pont, la circulation de trains sur
un pont rail ou les opérations de levage et de mouvement de charges dans les ponts roulants. Pour ce
genre de sollicitations, certains éléments peuvent se fissurer, particulièrement dans les zones situées au
droit des attaches ou des joints soudés. On peut aboutir ainsi à une rupture dite de fatigue. Le principe
de vérification de la résistance à la fatigue est basé sur la notion de la différence de contraintes, sur le
nombre de cycles de charges se produisant pendant la durée de vie de l’ouvrage et sur le type de
construction considérée
Le risque de rupture par fatigue dépend de très nombreux facteurs. On cite : la géométrie de la pièce,
l’influence des effets d’entaille, l’état de surface, des défauts superficiels, les anomalies des soudures,
la concentration de contraintes, le mode de sollicitations (type et fréquence), les contraintes résiduelles
et l’environnement (température et corrosion)
En charpente métallique, ce sont les assemblages soudés qui conditionnent généralement la tenue à la
fatigue de la construction. Ceci est dû à la géométrie du joint soudé. Ainsi, la tenue à la fatigue des
assemblages doit être vérifiée dans les conditions imposées par des codes et règles spécifiques.

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1.5.5) Influence de la température


A l’exception de la résilience qui diminue, les caractéristiques de résistance des aciers (limite élastique
et module d’élasticité) augmentent légèrement lorsque la température descend en dessous de la
température ambiante. Par contre, au-dessus de la température ambiante les caractéristiques de
résistance diminuent. On distingue un seuil important d’environ 500 °C, en-dessous duquel les
variations restent faibles (à 400°C par exemple, la limite d’élasticité diminue de 38% et le module
d’élasticité de 13%). En cas d’incendie, la ruine d’éléments porteurs en acier est provoquée par
l’influence de trois causes :
- perte de rigidité par diminution du module d’élasticité E
- perte de résistance par diminution de f y et de f u
- dilatation

1.5.6) L’adaptation plastique


La ductilité est la propriété la pus essentielle de l’acier car elle permet l’adaptation plastique des
structures métalliques, empêchant ainsi la concentration de contrainte. En effet, si en certaines zones
de la construction, les contraintes atteignent la limite élastique, elles vont cesser d’augmenter en créant
une redistribution des efforts. Le rapport de l’adaptation plastique ( Pplastique / Pélastique ) caractérise
l’adaptation de l’élément dans le domaine plastique.

1.5.7) Valeurs de calcul des coefficients usuels


Les valeurs normalisées des principales caractéristiques des aciers de construction sont les suivantes :

- module d’élasticité E = 210 000 KN / mm2


- coefficient de contrainte latérale (coefficient de Poisson)  = 0,3
E
- module de cisaillement G= = 81 KN / mm2
2(1 +  )
- coefficient de dilatation  = 12 x10 −2 / C
- Masse volumique  = 78,5 KN / m3

1.6) CARACTERISTIQUES TECHNOLOGIQUES DE L’ACIER


1.6.1) La soudabilité
La soudabilité des aciers est définie par leur aptitude à l’assemblage par soudure. Les aciers de
construction sont généralement aptes à être soudés. Il faut s’assurer que la soudabilité est suffisante par
rapport aux exigences de mise en œuvre.

1.6.2) Aptitude au formage et découpage


Le formage se fait de deux façons : à froid et à chaud. Le formage à chaud débute le plus souvent par
chauffage à haute température qui engendre une transformation structurale et modifie
fondamentalement les propriétés mécaniques de l’acier. Le formage à froid (pliage, bordage, roulage,
cintrage, profilage sur galet….) des aciers de construction met en jeu des déformations relativement
réduites ; l’aptitude au formage à froid est évaluée par des essais de pliage.
Les aciers de construction métallique peuvent subir un découpage par cisaillement, grignotage,
poinçonnage, tronçonnage. Ces procédés provoquent des irrégularités de surface et un écrouissage
localisé des bords. Le découpage des aciers peut être obtenu par effet thermique (oxycoupage torche à
plasma ou faisceau laser).

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1.6.3) Résistance à la corrosion


Afin de satisfaire aux conditions de durée de vie et de durabilité, les aciers de construction peuvent être
protégés contre la corrosion atmosphérique par des revêtements de types divers et adaptés aux
conditions d’emploi. On trouve :
- Les revêtements métalliques par galvanisations (Zinc) ou aluminage (aluminium).
- Les peintures par la mise en place de plusieurs couches dont les premières ont un pouvoir
inhibiteur. Dans ce cas, l’acier doit être décapé par sablage.
- Les tôles minces pré laquées et plastifiées

1.7) LES PRODUITS EN ACIER


1.7.1) Les produits plats.
La famille des produits plats regroupe :

- Les tôles et larges plats laminés à chaud, en feuilles ou bobines, d’une épaisseur comprise entre
3 et 20 mm et d’une largeur limitée à 1,8 m. Elles servent à la fabrication des charpentes, des
PRS (Profilés Reconstitués par Soudure), de biens d’équipement chaudronnerie…. Et des
profilés creux (ou tube) ces derniers qui sont fabriqués à partir des tôles pliées dans le sens de
la longueur et soudées longitudinalement, ont une longueur de 6 à 15 m et un diamètre
maximal de 400 mm. Les tubes de section carrée, rectangulaire, hexagonale elliptique, sont, en
général, formés au départ de tubes ronds.

- Les plaques laminées à chaud, d’une épaisseur supérieure à 20 mm pouvant aller jusqu’à 400
mm, et d’une largeur de 5,2 m. Elles sont utilisées pour la fabrication de bien d’équipement
(navires, plates-formes offshore, tubes des oléoducs), la grosse chaudronnerie, la charpente
lourde (PRS) et les ouvrages d’art (pont, passerelles). Dans cette famille de produits plats, sont
également classés les tôles d’épaisseur variables utilisées dans les ouvrages d’art (avantage :
moins de joints soudés, notamment entre tôles d’épaisseur différentes et pour l’empilage de
plats renforts.

- Les tôles nervurées sont obtenues par profilage ou pliage à froid de tôles minces et sont
utilisées pour les bardages, toitures, planchers, panneaux sandwich,…..

- Les profils minces sont obtenus par profilage ou pliage à froid de tôles d’épaisseur inférieure à
5 mm et ils ont des sections en formes de C, U, Z, Sigma. Ils sont utilisés dans les ossatures
légères : pannes, lisses, charpentes légères, cloisons, faux plafonds, ……

1.7.2) Les produits longs


La famille des produits longs laminés à chaud regroupe :

- Les poutrelles
▪ de la série des « I » : IPN (h=80 à 600 mm), IPE (h=80 à 750 mm),
▪ de la série des « U » : UPN, UAP, UPE (h=80 à 400 mm),
▪ de la série des « H » : HEA, HEB, HEM, HL, HD, HP (h= 100 à 1100 mm).

Leur longueur varie de 18 à 33 m selon le profil.

Il existe aussi des demi-poutrelles (provenant du découpage de I ou deH) et des poutrelles


dissymétriques dont la semelle inférieure, plus large sert d’appui au plancher.

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- Les laminés marchands qui comprennent une large variété de produits de petites sections :
barres de sections pleines (ronde, carrée, hexagonale), plats, fers « T », petits « U », cornières
(à branches égales ou inégales),..
- Les rails palplanches, fils machine, ronds à béton. Il existe aussi des tubes extrudés sans
soudure (plus fortes épaisseur)
Les produits longs sont utilisés dans tous les secteurs industriels, mais particulièrement dans la
construction métallique et dans l’industrie mécanique.

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CHAPITRE 2 : ACTIONS, SOLLICITATIONS ET BASE DE CALCUL

2.1 ACTIONS ET SOLLICITATIONS

La structure porteuse d’un ouvrage de génie civil doit être établie pour supporter les effets maximums
des actions qui peuvent être appliquées en cours de réalisation et en service de l’ouvrage.

2.1.1 DEFINITION DES ACTIONS

Les actions sont des forces et/ou moments appliquées sur une construction, soit directement, « poids
propre, poids des surcharges d’exploitation, charges climatiques neige et vent, charge accidentelle tel
que le séisme, etc.….. », soit indirectement (effets thermiques et variations de température,
précontraintes, déplacements imposés, tassements différentiels, étaiements provisoires)

On distingue trois types d’action :


- actions permanentes
- actions variables
- actions accidentelles

2.1.1.1 Les actions permanentes


Ce sont des actions dont l’intensité est constante ou varie très peu dans le temps. Elles sont notées G,
appelées aussi charges permanentes. En charpente métallique les charges permanentes désignent la
masse propre des matériaux utilisés, c'est-à-dire la masse:
➢ des profilés adoptés, pour la réalisation de la structure porteuse,
➢ des éléments de plancher,
➢ des éléments de couvertures,
➢ de la terrasse, des escaliers,
➢ des éléments incorporés aux éléments porteurs tels que : plafond, revêtement de sol et de murs,
les cloisons, les enduits, les conduites de fumée, les gaines de ventilation, …..etc.

A titre d’exemple, pour un bâtiment à usage d’habitation les charges permanentes à déterminées sont
les suivantes :

- poids du plancher courant et plancher terrasse


- poids des cloisons
- poids des escaliers y compris celui des paliers
- poids des balcons
- poids des éléments porteurs

Les poussées des terres, pressions des liquides ou solides dont le niveau ne varie pas ou varie peu dans
le temps sont considérées aussi comme charges permanentes.

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2.1.1.2 Les actions variables


Ce sont des actions dont l’intensité varie de façon considérable dans le temps. Elles sont notées Q, font
partie de cette catégorie :
➢ les surcharges d’exploitation qui dépend de la destination et de l’utilisation de la
construction
➢ les charges climatiques telle que l’action du vent, l’action de la neige, l’action de la
variation de la température.
➢ poids et poussées des terres, pressions des liquides ou solides dont le niveau vari fortement
dans le temps
➢ les surcharges intervenant au cours de la réalisation « stockage des matériaux, déplacement
des engins »

2.1.1.3 Les actions accidentelles


Ce sont des actions qui n’existent que rarement et de courte durée. Les actions qui font parti de cette
catégorie sont les séismes, les explosions, les incendies, les cyclones, les chocs,….etc

2.2 DEFINITIONS DES SOLLICITATIONS

Chaque élément d’une charpente métallique subit des sollicitations qui peuvent produire des
déformations. Il doit être donc conçu et monté pour leur résister et cela afin d’assurer la stabilité de la
construction.
Les sollicitations sont les efforts internes, « moment de flexion, moment de torsion, effort normal,
effort tranchant », provoqués par les actions citées précédemment. Elles servent au dimensionnement
des éléments de la structure porteuse ; elles sont déterminées à l’aide de l’une des méthodes
appropriées de l'analyse des structures telle que la résistance des matériaux (RDM).

Les différentes sollicitations que peut subir une section transversale, par rapport un système d’axe
(x,y,z), comme schématisé ci-dessous comme suit :

My

Ty

NX Mx
Mz
Tz

- Effort normal de traction simple ou de compression simple Nx, provoquant des contraintes
normales à la section transversale.
- Effort tranchant Ty , Tz, provoquant des contraintes tangentielles à la section transversale.
- Moment de flexion My , Mz, provoquant des contraintes normales à la section transversale.
- Moment de torsion Mx, provoquant des contraintes tangentielles à la section transversale.

Remarque :
➢ Dans le cas d’application d’un effort normal plus un moment de flexion, la section
transversale est soumise à la flexion composée.
➢ Dans le cas où la section transversale supporte les deux moments de flexion « My , Mz »
au même temps, la section est soumise à la flexion déviée.

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2.3 REGLES DE CALCUL

Les ouvrages de génie civil doivent être établis pour supporter les effets maximums des actions qui
peuvent leur êtres appliquées en cours de réalisation, de service et éventuellement au cours d’essais
que ce soit en situation de fonctionnement normal ou en situation accidentelle. Dans le cadre de ce
cours, nous appliquerons principalement les règles algériennes de conception et de calcul des
structures en acier : le CCM97 et le DTR-BC 2.44. Le CCM97 est issu de la l’anciens règlement
français CM66 et additif80 ; il constitue le premier règlement algérien de conception et de calcul des
structures métalliques. Actuellement, en Europe l’Eurocode03 est en cours d’application en parallèle
du CM66 et l’additif80. L’Eurocode03 a été élaboré dans le but d’harmoniser la conception des
constructions métalliques au sein de l’Union Européenne. Il y a lieu de signaler qu’il existe 10
Euroodes structuraux. Pour les structures en acier, les plus appropriés sont l’EC1, l’EC3 et l’EC4.
l’Eurocode 1 (EC1) traite les actions. L’Eurocode 3 (EC3) et l’Eurocode (EC4) traitent les structures
en acier et les structures mixtes acier – béton respectivement.

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2.3.2 NOTION DES ETATS LIMITES

Pour justifier la sécurité et l'aptitude au service des constructions, on emploie une méthode dite d'états
limites. Son principe est de montrer que les combinaisons d'actions et les sollicitations de calcul à
envisager n'entraînent pas dans la construction ou l'un de ses éléments, un des phénomènes que l'on
souhaite éviter ou un état limite à ne pas dépasser. On définit deux types d’états limites : état limite
ultime et état limite de service.

L’état limite ultime (ELU) correspond à la sécurité structurale de l’ouvrage ; il est atteint lorsque l'un
des phénomènes suivants se produit : perte d'équilibre de la structure, formation pour tout ou partie de
la structure d'un mécanisme de ruine, instabilité de forme, rupture d'un élément, déformations
plastiques excessives.

L’état limite de service (ELS) correspond à l’aptitude au service ; il est atteint lorsque la structure
devient inapte aux fonctions normales pour lesquelles elle est conçue, en particulier dans les cas de
déformations excessives entraînant une interruption du service normal de la structure ou des désordres
inacceptables d'éléments non structuraux.

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2.3.3 Représentation et combinaison d’actions

2.3.3.1) Représentation des actions

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Tableau 2.1 : Valeurs des Coefficients  i

Tableau 2.2 : Valeurs des Coefficients  i pour les charges d’exploitation

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2.3.3.2) Combinaison d’actions et sollicitations

Les coefficients partiels de sécurité sont donnés dans le tableau suivant :

Tableau 2.3 « Coefficients partiels de sécurité ( F ) »

ACTIONS ACTIONS VARIABLES ( Q )


PERMANENTES Action Actions
variable variables
( G ) de base d’accompagnement
Effet favorable  F , inf 1,00 0,00 0,00
Effet défavorable  F , sup 1,35 1,50 1,50

Lorsque une action permanente unique est à considérer comme composée d’une partie favorable et
d’une partie défavorable, la partie favorable peut, en alternative, être associée à :  G , inf = 1,10 et la
partie défavorable à :  G , sup = 1,35

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Génie civil CHAPITRE 1 , 2 3ème année Licence

Pour les structures de bâtiments, dans un but de simplification, il est admis de remplacer la
combinaison fondamentale par celle des combinaisons ci-après qui se révèle la plus contraignante :

- avec prise en compte uniquement de l’action variable la plus défavorable ou la plus favorable :

S ELU =   G , j Gk , j +  Q ,1 Qk ,1
j

- avec prise en compte de toutes les actions variables selon une combinaison la plus favorable et
une combinaison la plus défavorable :

S ELU =   G , j Gk , j + 0 ,9   Q ,i Qk ,i
j i 1

La combinaison rare comprend les actions permanentes, une action variables de base avec sa
valeur caractéristique et, s’il y a lieu, une ou plusieurs actions variables d’accompagnement avec leurs
valeurs de combinaison obtenues avec le coefficient  0 :

S ser =  G k , j + Q k ,1 +  0,i Q k ,i
j i 1

La combinaison fréquente comprend les actions permanentes, une action variable de base avec
sa valeur fréquente obtenue avec le coefficient  1 et, s’il y a lieu, des actions variables
d’accompagnement avec leurs valeurs quasi permanentes obtenues avec le coefficient  2

S ser =  G k , j +  1,1 Q k ,1 +  2 ,i Q k ,i
j i 1

La combinaison quasi fréquente comprend les actions permanentes et une ou plusieurs actions
variables avec leurs valeurs quasi permanentes obtenues avec le coefficient  2 :

S ser =  G k , j +  2,i Q k ,i
j i 1

Pour les structures de bâtiment, dans un but de simplification, la combinaison rare et la


combinaison fréquente peuvent être remplacées par celle des deux combinaisons ci-après qui se
révèle la plus contraignante :

- avec prise en compte uniquement de l’action variable la plus défavorable ou la plus favorable :

S ser =  Gk , j + Qk ,1
j

- avec prise en compte de toutes les actions variables selon une combinaison la plus favorable et
une combinaison la plus défavorable :

S ser =  Gk , j + 0 ,9  Qk ,i
j i 1

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