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Chapitre 1

Transformée de Fourier

Sommaire
1.1 Rappels sur les espaces Lp (R) et L∞ (R). . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1
1.2 Transformée de Fourier dans L (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 Définition et premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2 Transformée de Fourier et dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.3 Transformée de Fourier et convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.4 Transformée de Fourier et son inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Transformée de Fourier dans L2 (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4 Application à la résolution des équations aux dérivées partielles
(EDP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5 Transformée de Fourier discrète . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

e chapitre a pour objectif d’étudier la transformée de Fourier et savoir l’appliquer aux


C nombreux domaines de la physique.

1.1 Rappels sur les espaces Lp (R) et L∞ (R).


Soit f une fonction définie sur R à valeurs complexes et soit p > 0.
Pour tout p > 0, on définit
Z
Lp (R) := {f : R −→ C telle que | f (x) |p d x < ∞}
R

On munit l’espace Lp (R) d’une norme définie par :


Z 1/p
∀ f ∈ Lp (R); kf kp = | f (x) |p d x
R

L’espace Lp (R) muni de cette norme kf kp est un espace vectoriel complet. En particulier :
• Pour p = 2, l’espace L2 (R) est espace de Hilbert car sa norme provient du produit scalaire
suivant : Z
< f, g >= f (x)g(x)d x
R

• Pour p = 1, l’espace L1 (R) est espace de Banach mais pas de Hilbert car sa norme ne provient
pas d’un produit scalaire.

5
6 Chapitre 1. Transformée de Fourier

Remarque 1.1 Les espaces vectoriels L1 (R) et L2 (R) qui vont nous intéresser sont de dimen-
sions infinies et il n y a pas de relation d’inclusion entre eux.
2
e−x 1
Soient par exemple f (x) = p et g(x) = √ , il est clair que f ∈ L1 (R) mais f ∈
/ L2 (R)
|x| 1 + x2
et que g ∈ L2 (R) mais g ∈
/ L1 (R).

On note L∞ (R) := {f : R −→ C | ∃M > 0, | f (x) | ≤ M presque partout x ∈ R}, on munit


cet espace de la norme suivante :
def
kf kL∞ = supess|f (x)| = inf{M ≥ 0 / | f (x) | ≤ M presque partout sur R}
x∈R


 x si x ∈ Q
Exemple 1.1 Soit f (x) = , f n’est pas bornée sur R mais f est essentiellement

1 sinon
bornée. En effet ;
Z Z
µ {|f (x)| > 1}) := χ{|f (x)|>1} dx = χ(Q∩]1, +∞[)∪(Q∩]−∞, −1[) dx
R R
 
= µ Q∩]1, +∞[ + µ Q∩] − ∞, −1[

≤ 2µ(Q) = 0 où µ désigne la mesure de Lebesgue.

Remarque 1.2 Si f est une fonction continue et bornée sur R alors f ∈ L∞ (R) et on a
kf kL∞ = kf k∞

Continuité et dérivabilité d’une fonction définie par intégrale


On considère deux intervalles I et J quelconques. Soit g une fonction définie sur I × J à valeurs
complexes ou réelles.
R
On suppose que pour tout λ ∈ J la fonction x 7−→ g(x, λ) est intégrable
telle que G(λ) = I g(x, λ)dx existe.

Théorème 1.1 (Théorème de continuité) Soit λ0 ∈ J. On suppose que :


i) pour presque tout x ∈ I, la fonction λ 7−→ g(x, λ) est continue en λ0 .
ii) il existe une fonction h positive dans L1 (R) telle que pour tout λ qui est au voisinage de
λ0 , on a
| g(x, λ) | ≤ h(x) p.p.x ∈ I.
alors la fonction λ 7−→ G(λ) est continue en λ0 .

Théorème 1.2 (Dérivation sous le signe intégrale) Soit V (λ0 ) un voisinage d’un point
λ0 ∈ J tel que :
i) pour presque tout x ∈ I, la fonction λ 7−→ g(x, λ) est dérivable sur V (λ0 ),
ii) il existe une fonction h positive dans L1 (R) telle que pour tout λ ∈ V (λ0 ) on a

∂g
(x, λ) ≤ h(x) p.p.x ∈ I.
∂λ
Z
∂g
alors la fonction λ 7−→ G(λ) est dérivable en λ0 et on a G′ (λ 0) = (x, λ0 )d x.
I ∂λ

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1.2. Transformée de Fourier dans L1 (R) 7

Théorème 1.3 (Théorème de Fubini) Soit f : R −→ C une fonction intégrable sur R2 .


Alors les applications
Z Z
F : x 7→ f (x, y) dy et G : y 7→ f (x, y) dx
R R

sont définies presque partout sur R et appartiennent à L1 (R et on encore l’égalité suivante :


Z Z Z  Z Z 
f (x, y) dxdy = f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx
R×R R R R R

1.2 Transformée de Fourier dans L1 (R)


1.2.1 Définition et premières propriétés
Définition 1.1 Soit f une fonction de L1 (R). On appelle transformée de Fourier de f , la fonction
notée fb définie sur R par :
Z +∞
∀λ ∈ R, fb(λ) = f (x) e−2iπ xλ dx (1.1)
−∞

On appelle transformation (opérateur) de Fourrier, l’application notée F définie sur l’espace


L1 (R) par
Z +∞
∀f ∈ L1 (R), F( f ) = fb ⇐⇒ ∀λ ∈ R, F( f (λ)) = fb(λ) = f (x) e−2iπ xλ dx
−∞

Définition 1.2 Soit f une fonction de L1 (R). On appelle Co-transformée de Fourier de f (trans-
formée de Fourier conjuguée), la fonction notée fˇ définie sur R par :
Z +∞
∀λ ∈ R, fˇ(λ) = f (x) e+2iπ xλ dx (1.2)
−∞

On appelle Co-transformation de Fourrier, l’application notée F définie sur l’espace L1 (R) par
Z +∞
1
∀f ∈ L (R), F( f ) = fˇ ⇐⇒ ∀λ ∈ R, F(f )(λ) = fˇ(λ) = f (x) e+2iπ xλ dx
−∞

Puisque |f (x) e−2iπ xλ | = |f (x) e2iπ xλ | = |f (x)| et f ∈ L1 (R), alors les deux intégrales sont bien
définies. Nous verrons dans la suite que F est en général la transformée de Fourier inverse.

Remarque 1.3 L1 (R) définit un cadre naturel pour donner un sens à la transformée de Fourier,
ceci n’empêche pas de trouver d’autres fonctions qui ne sont pas dans cet espace mais elles
admettent des transformées de Fourier. Par exemple la fonction suivante : f (x) = x2x+1 qui est
dans L2 (R) mais pas dans L1 (R), sa transformée de Fourier est de la forme

fb(λ) = ±π 2 e−2π|λ| , ∀ ± λ > 0.

On verra dans la section II de ce chapitre comment on pourra étendre la transformée de Fourier


à l’espace L2 (R).

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8 Chapitre 1. Transformée de Fourier

Remarque 1.4 Il existe des variantes dans la définition de la transformée de Fourier. Comme
par exemples :
Z +∞ Z +∞
1
fb(ω) = f (x) e−iωx dx ou fb(ω) = √ f (x) e−iωx dx
−∞ 2π −∞

La notre consiste à choisir la fréquence λ (dans le cas où x est une variable temporelle) au lieu
de la pulsation ω comme variable de Fourier.

PS : Il est important de s’assurer tout d’abord de la définition de Fourier utilisée en lisant


un ouvrage.

Exemple 1.2 Soit f (x) = χ[a, b] (x) la fonction caractéristique de l’intervalle [a, b] définie par
f (x) = 1 si a ≤ x ≤ b et f (x) = 0 ailleurs. On montre aisément que

 b−a si λ = 0
fb(λ) =
 sin π(b−a)λ −iπ(a+b)λ
πλ e sinon

 2b si λ = 0
En particulier, si a = −b, alors fb(λ) =
 sin 2πbλ
πλ sinon

Signal porte Fonction image

f (x) fb(λ)

3 3

2 2

1 1
F

−2 −1 0 1 2 x −2 −1 0 1 2 λ

Figure 1.1 – Transformée de Fourier du signal porte

On constate que fb(λ) est une fonction continue, bornée sur R et qui s’annule à l’infini mais elle
n’est pas dans L1 (R) puisque la fonction fb(λ) = sin π(b−a)λ
πλ n’est pas intégrale.

Théorème 1.4 Soit f ∈ L1 (R). Alors


i) fb(λ) est une fonction continue et bornée sur R.
ii) F : f → fb est un opérateur linéaire et continu de L1 (R) dans L∞ (R)

kfbk∞ ≤ kf k1

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1.2. Transformée de Fourier dans L1 (R) 9

iii) La transformée de Fourier de f vérifie lim fb(λ) = 0. (Théorème de Reimann-Lebesgue)


|λ|→+∞

Démonstration :
i) D’après le théorème de la continuité d’une fonction définie par intégrale, on montre que fb
est continue sur R. En effet, pour tout x ∈ R, la fonction λ → f (x) e−2iπ xλ est continue
sur R et ∀x ∈ Ret∀λ ∈ R, on a |f (x) e−2iπ xλ | ≤ |f (x)| qui est une fonction intégrable.
D’autre part, on a pour tout λ ∈ R,
Z +∞
|fb(λ)| ≤ | f (x) e2iπ xλ | dx = kf k1 < +∞ ( car f ∈ L1 (R)). (1.3)
−∞

donc fb est bornée.


ii) Il est clair que F est une application linéaire de L1 (R) dans L∞ (R) mais comme elle vérifie
kF(f )k∞ = kfbk∞ ≤ kf k1 , alors elle est continue.
iii) Pour la fonction caractéristique f (x) = χ[a, b] (x), nous avons d’après l’exemple (1.2) l’in-
égalité suivante
1
|fb(λ)| ≤ , ∀ |λ| =
6 0
π|λ|
donc le résultat (iii) est vérifié. Par densité des fonctions en escalier dans l’espace L1 (R),
on conclut que
lim |fb(λ)| = 0, pour toute f ∈ L1 (R).
|λ|→+∞

Proposition 1.1 Soit f une fonction qui admet une transformée de Fourier. On a alors :

1. Formule de changement d’échelle

F 1 b
ga (x) = f (a x), a ∈ R∗ −→ gba (λ) = f (λ/a) (1.4)
|a|

2. Formule du retard (image d’une translatée)


F
g(x) = f (x − x0 ), x0 ∈ R −→ gb(λ) = e−2πix0 λ fb(λ) (1.5)

3. Modulation (translation de l’image)


F d (λ) = fb(λ + λ0 )
hλ0 (x) = e−2πix λ0 f (x), λ0 ∈ R −→ h λ0
(1.6)

Démonstration : Pour démontrer les fromules (1) et (2), il suffit d’effectuer un changement
de variable.


Exercice 1.1 Soit f (x) = e−|x| .

i) Vérifier que f ∈ L1 (R).


ii) Calculer la transformée de Fourier de f .

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10 Chapitre 1. Transformée de Fourier

iii) En déduire les transformées de Fourier des fonctions suivantes :

fα (x) = e−a|x| e−iαx et g(x) = e−|x−b|/a avec a > 0 et b ∈ R

Proposition 1.2 Soit f ∈ L1 (R). On a les relations suivantes :


1. F(f ) = F(f ).
2. Si f est une fonction paire (respectivement impaire), alors fb = F(f ) est paire (respective-
ment impaire).
3. Si f est une fonction réelle paire (respectivement réelle impaire), alors fb = F(f ) est réelle
paire (respectivement imaginaire pure impaire)
Démonstration :
Z +∞ Z 0 Z +∞
fb(λ) = f (x)e−2πixλ d x = f (x)e−2πiλx d x + f (x)e−2πiλx d x
−∞ −∞ 0
Z +∞ Z +∞
+2πiλx
= f (−x)e dx + f (x)e−2πiλx d x
0 0
 
Soit f une fonction paire ie f (x) = f (−x) resp. impaire f (x) = −f (−x) alors on a
Z +∞ Z +∞
fb(λ) = 2 f (x) cos(2πλx) d x (resp − 2i f (x) sin(2πλx) d x) ⋄
0 0
 
= fb(−λ) resp − fb(−λ) , d’où le résultat

Le résultat (3) est une conséquence immédiate de (2).




Proposition 1.3 (Formule d’échange) Soit f et g deux fonctions de L1 (R). Alors f gb et


fb g ∈ L1 (R) sont dans L1 (R) et
Z Z
f (x) gb(x) d x = fb(x) g(x) d x
R R

Démonstration : la démonstration repose sur le théorème de Fubini. En effet,


Z Z Z 
f (x) gb(x) d x = f (x) e−2iπx y g(y)d y d x
R
ZR Z
R

F ubini
= g(y) e−2iπx y f (x)d x d y
ZR R

= g(y) fb(y) d y
R

1.2.2 Transformée de Fourier et dérivation


Une propriété importante de la transformée de Fourier est d’échanger la dérivation et la
multiplication par un monôme.

Proposition 1.4

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1.2. Transformée de Fourier dans L1 (R) 11

i ) Dérivation temporelle : Soit f ∈ C n (R). Si f ∈ L1 (R) ainsi ses toutes dérivées k−ème notées
f (k) , k = 1, . . . , n , on a alors :

fd
(k) (λ) = (2iπλ)k fb(λ). (1.7)

ii) Dérivation fréquentielle : Si pour k = 0, . . . , n , xk f (x) ∈ L1 (R), alors fb est n fois dérivable
et pour tout k = 0, . . . , n, on a

fb(k) (λ) = F (−2iπx)k f (x) (λ) (1.8)

iii) Si f ∈ L1 (R) est a support compact, alors fb est dans C ∞ (R).

Démonstration :
i) On montre d’abord la formule (1.7) pour n = 1, puis on utilise le raisonnement par
récurrence pour conclure.
ii) La fonction h : λ −→ f (x)e−2iπxλ est infiniment dérivable et sa dérivée k-ème hk (λ) =
(−2iπx)k f (x)e−2iπxλ . Or on a |hk (λ)| ≤ (2π)k |xk f (x)| qui est une fonction positive et
intégrable par hypothèse même. D’après le théorème
R
de dérivabilité d’une fonction définie
par intégrale , on peut dériver sous le signe pour tout k = 0, . . . , n
iii) Si f est une fonction a support compact, alors forcement la fonction xk f (x) l’est aussi
pour k ∈ N et d’après le résultat (ii), fb ∈ C k (R), ∀k ∈ R. Par suite fb ∈ C ∞ (R)


Corollaire 1.1 (de la dérivation temporelle) Sous les mêmes hypothèses de (i), on a l’in-
égalité suivante :
kf (k) k1
|fb(λ)| ≤ , k = 0, . . . , n
(2π)k |λ|k

Ceci se traduit par : plus f est dérivable avec des dérivées intégrables, plus fb tend vite vers 0
lorsque λ tend vers l’infini.

Corollaire 1.2 Si f ∈ C 2 (R) ∩ L1 (R), telle que f ′ et f ′′ ∈ L1 (R) alors fb ∈ L1 (R).

1.2.3 Transformée de Fourier et convolution


Définition 1.3 Pour f ∈ L1 (R) et g ∈ L∞ (R), on définit le produit de convolution de la manière
suivante : Z
f ∗ g(x) = f (x − y) g(y) dy (1.9)
R

Proposition 1.5 La convolution est une application bilinéaire continue :



L1 (R) × L1 (R) −→ L1 (R) respectivement L1 (R) × L∞ (R) −→ L∞ (R)

et on a
kf ∗ gk1 ≤ kf k1 kgk1 respectivementkf ∗ gk∞ ≤ kf k1 kgk∞ ).
De plus f ∗ g = g ∗ f

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12 Chapitre 1. Transformée de Fourier

Proposition 1.6 Si f et g sont dans L1 (R), alors

f[
∗ g(λ) = fb(λ) · gb(λ)

Si de plus fb et gb sont encore dans L1 (R), alors f g ∈ L1 (R) et on a aussi

fd
· g(λ) = fb(λ) ∗ gb(λ)

La démonstration du premier résultat repose essentiellement sur le théorème de Fubini en l’ap-


pliquant à la fonction à double variable (x, y) −→ e−2iπy λ f (x − y)g(y).

1.2.4 Transformée de Fourier et son inverse


Théorème 1.5 Soit f ∈ L1 (R). Si fb ∈ L1 (R) alors la fonction :
Z
F(fb)(x) = e2iπxλ fb(λ)dλ (1.10)
R

est une fonction bornée sur R et elle coïncide avec f presque partout :

F F(f ) (x) = f (x)

La formule (1.10) s’appelle représentation spectrale de f .

Corollaire 1.3 Soit f ∈ L1 (R) telle que fb ∈ L1 (R). Si f admet une limite à droite et à gauche
au point x0 , alors :
 1 
F F(f ) (x0 ) = f (x−
0 ) + f (x+
0 ) (1.11)
2
où f (x−
0)= lim f (x) et f (x+
0)= lim f (x)
x→x0 , x<x0 x→x0 , x>x0

Par conséquence, si f est continue sur R, on alors :



F F(f ) (x) = f (x), ∀x ∈ R.

En général, le théorème d’inversion de Fourier est souvent utilisé sous la version suivante :

Théorème 1.6 Soit f ∈ L1 (R) telle que fb ∈ L1 (R). Alors pour presque tout x ∈ R, on a :
 c
F F(f ) (x) = f (−x) ⇐⇒ fb (•) = f (−•)

Exercice 1.2 Calculer à l’aide de transformée de Fourier inverse l’intégrale suivante :


Z ∞
cos(2πλ x)
Ia (x) = dλ, a>0
−∞ a2 + 4π 2 λ2

2a
On sait d’après le résultat de l’exercice (1.1) que la fonction λ 7−→ fb(λ) = est la
a2 + 4π 2 λ2
transformée de Fourier de la fonction f (x) = e−a|x| , donc l’intégrale Ia devient :
Z ∞
1
Ia (x) = cos(2πλ)fb(λ).
2a −∞

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1.3. Transformée de Fourier dans L2 (R) 13

qui peut se récrire sous la forme suivante :


 Z ∞ 
1 1 b
Ia (x) = ℜe e−2iπλx fb(λ) = ℜe(fb (x)).
2a −∞ 2a

D’après le théorème d’inversion de la transformé de Fourier dans L1 (R), on sait que :

b
fb (x) = f (x), ∀ x ∈ R (car f est continue sur R).

Finalement on a
1 1 −a|x|
Ia (x) = ℜe(f (x)) = e , ∀ x ∈ R.
2a 2a

Théorème 1.7 Soit f ∈ L1 (R) telle que fb = 0, alors f = 0 presque partout x dans R. Par
conséquent l’application de Fourier est injective de L1 (R) dans L∞ (R).

1.3 Transformée de Fourier dans L2 (R)


La définition de transformée de Fourier donnée par la formule (1.1) n’est pas directement
applicable à une fonction de l’espace L2 (R). Par ailleurs pour une fonction f ∈ L1 (R) ∩ L2 (R)
on démontre que la fonction image fb ∈ L2 (R).
Z +∞
Théorème 1.8 Si f ∈ L1 (R) ∩ L2 (R), alors fb ∈ L2 (R) et fb(λ) = f (x) e−2iπ xλ dx
−∞

Proposition 1.7 Soient f et g deux fonctions de L2 (R), la transformée de Fourier F possède


les propriétés suivantes :

1. Formule d’échange : Z +∞ Z +∞
f (x) gb(x) dx = fb(λ) g(λ) dλ.
−∞ −∞

2. Formule d’inversion :
c
fb (x) = f (−x) presque partout sur R.

3. Formule de Plancherel :
Z +∞ Z +∞
f (x) g(x) dx = fb(λ) gb(λ) dλ.
−∞ −∞

4. Formule de Parseval : Z +∞ Z +∞
|f (x)|2 dx = |fb(λ)|2 dλ.
−∞ −∞

Exemple 1.3 Montrer que


Z +∞ Z +∞
sin2 x π (1 − cos x)2 π
dx = et dx =
−∞ x2 2 −∞ x2 2

Indication : on utilise la formule de Parseval.

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14 Chapitre 1. Transformée de Fourier

Exercice 1.3 Calculer à l’aide de transformée de Fourier inverse dans L2 (R) l’intégrale sui-
vante : Z ∞
cos(2πλx) sin(2πaλ)
Ia (x) = dλ, a>0
−∞ λ
sin 2πaλ
On sait d’après l’exemple (1.2) que la fonction λ 7−→ fb(λ) = est la transformée de
πλ
Fourier de la fonction indicatrice f (x) = χ[−a, a] (x) pour λ 6= 0, donc l’intégrale Ia devient :
Z ∞
Ia (x) = π cos(2πλ)fb(λ).
−∞

qui peut se récrire sous la forme suivante :


Z ∞ 
b
Ia (x) = πℜe e−2iπλx fb(λ) = πℜe(fb (x))
−∞

Pour |x| =
6 a, on a alors
(
b π si x ∈] − a, a[
Ia (x) = π fb (x) = π f (−x) =
0 si x ∈] − ∞, −a[∪]a, +∞, [

Pour |x| = a, on applique le corollaire :


 f (±a− ) + f (±a+ )  π
b
Ia (±a) = π fb (x) = π = si x = ±a.
2 2
On obtient finalement :


 π si x ∈] − a, a[



π
Ia (x) == 2 si x = ±a





0 si x ∈] − ∞, −a[∪]a, +∞, [

1.4 Application à la résolution des équations aux dérivées par-


tielles (EDP)
Equation d’ondes (examen 2007)
On se propose de résoudre le problème de propagation d’ondes dans un milieu homogène :



 ∂2u ∂2u

 − 2 =0 pour x ∈ R, t > 0, (1)

 ∂t2 ∂x

(P) u(x, 0) = f (x) pour x ∈ R (2)





 ∂u
 (x, 0) = g(x) pour x ∈ R (3).
∂t
On suppose que les fonctions f , g et u suffisamment régulières pour qu’on puisse dériver sous le
signe somme. Pour un instant t donné on note u b(λ, t) la transformée de Fourier par rapport à
la variable x.

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1.5. Transformée de Fourier discrète 15

1. En appliquant la transformée de Fourier à l’équation (1) du problème (P) montrer que :

∂2ub
2
(λ, t) + 4π 2 λ2 u
b(λ, t) = 0, ∀ (λ, t) ∈ R × R∗+ (1.12)
∂t

2. Montrer que la solution de l’équation (1.12) est de la forme :

u
b(λ, t) = A(λ) cos(2πλ t) + B(λ) sin(2πλ t) (1.13)

avec A(λ) et B(λ) sont des constantes.

3. En tenant compte des conditions initiales montrer que A(λ) = fb(λ) et B(λ) = gb(λ)/(2πλ).

4. En remarquant que la fonction sin(2πλ t)/(2πλ) est la transformée d’une fonction à déter-
miner et en remplaçant la fonction cos x par sa formule de Moivre ((eix + eix )/2), montrer
que la solution du problème (P) est
Z x+t
1  1
u(x, t) = f (x − t) + f (x + t) + g(s)ds
2 2 x−t

1.5 Transformée de Fourier discrète


En pratique, on calcule numériquement la transformée de Fourier d’une fonction f , à partir
d’un nombre fini des ses valeurs yk (= f (k)). En faisant une approximation sur l’intégrale, on
peut passer alors au cas discret en calculant :

N
X −1
SN (ν) := yk e−2iπνk , avec yk = f (k).
k=0

n
Si on remplace maintenantt ν par νn = N, alors la somme devient :

N
X −1
n
Yn = yk e−2iπk N , pour n = 0, · · · , N − 1.
k=0

Définition 1.4 Soit y0 , y1 , . . . yN −1 une suite de N nombres (yk = f (k)), on appelle transfor-
mée de Fourier discrète de cette suite est la suite Y0 , Y1 , . . . YN −1 de N nombres définie par :

N
X −1
2iπ
kn
Yn = yk ω N , ωN = e− N .
k=0

Théorème 1.9 On a la formule d’inversion suivante :

N −1
X
kn 1 NX
−1
−k n
Yn = yk ω N ⇐⇒ yn = Yk ωN (1.14)
k=0
N k=0

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16 Chapitre 1. Transformée de Fourier

Ceci peut s’écrire sous la forme matricielle suivante :


    
Y0 1 1 ··· 1 y0
   1 ωN · · · ωN N −1  
 Y1    y1 
 ..   .. .. 
.. 
 .   . .

. 
    
 = n(N −1) 
  (1.15)
 Yn   1 n
ωN · · · ωN  yn 
    
 ..  
 .. ..  .. 
 .   . .  . 
YN −1 N −1 (N −1)2 yN −1
1 ωN · · · ωN

Le calcul des valeurs Y0 , Y1 , . . . YN −1 en utilisant la formule (1.14) nécessite (N − 1)2 multi-


plications complexes et N (N − 1) additions complexes. Pour N = 1000 l’ordinateur doit faire
un million d’opération ce qui trop couteau au niveau de temps de calcul. Il était proposé un
algorithme par deux chercheurs américains J. W. Cooley et J. W. Tuckey beaucoup plus rapide
que la méthode de résolution classique. Cet algorithme est dit "Transformée de Fourier Rapide"
(TFR) ou "Fast Fourier Transform" mais elle est applicable uniquement pour N paire.

2015-2016 MATHEMATIQUES POUR L’INGÉNIEUR Kamel BERRIRI

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