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La notion de Responsabilité Sociale de l'Entreprise : Enjeux de bonne


gouvernance et défis de développement durable -Quelques recommandations
pour les entreprises Algériennes -

Article · December 2013

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2 authors, including:

El-Hadi Boukalkoul
Université Badji Mokhtar Annaba (Algeria)
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Revue francophone du développement durable (OR2D) .HS n°1 decembre 2013

La notion de Responsabilité Sociale de l’Entreprise :


Enjeux de bonne gouvernance et défis de
développement durable - Quelques recommandations
pour les entreprises Algériennes -

Disponible sur : http://www.or2d.org/or2d/Revue_francophone.html


Revue francophone du développement durable (OR2D) .HS n°1 decembre 2013

La notion de Responsabilité Sociale de l’Entreprise :


Enjeux de bonne gouvernance et défis de
développement durable - Quelques recommandations
pour les entreprises Algériennes -

Dr. EL Hadi BOUKALKOUL  Dr. Réda Djaouahdou ⃰ ⃰

Département des Sciences de Gestion , Département des sciences Financières


Université Badji Mokhtar–ANNABA Université Badji Mokhtar–ANNABA
e-mail: boukalhadi@gmail.com e-mail: laree23000@yahoo.fr


- Responsable du Domaine de formation, FSEG , Université Badji-Mokhtar- ANNABA, ALGERIE
⃰ ⃰
- Vice doyen chargé de la pédagogie , FSEG , Université Badji-Mokhtar- ANNABA, ALGERIE

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La notion de Responsabilité Sociale de l’Entreprise :


Enjeux de bonne gouvernance et défis de
développement durable - Quelques recommandations
pour les entreprises Algériennes -

Résumé : Confrontées à une pénurie de valeurs citoyennes et à un besoin


pressant de stratégie économiquement et socialement gagnante, les entreprises
Algériennes sont obligées d’innover socialement et «sociétalement» si elles veulent
non seulement survivre, face à une concurrence qui risque de leur être défavorable,
mais aussi participer à l’effort d’un développement durable . La problématique est
de taille, car les entreprises Algériennes se trouvent confronter à un dilemme à trois
dimensions : améliorer leur compétitivité pour faire face à une concurrence de
plus en plus ardue , répondre aux exigences sociales internes de leurs ressources
humaines et répondre à la demande sociétale et contribuer à l’effort d’un
développement durable et humain. Dans ce papier, nous mettons en exergue le
cadre conceptuel de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE), les démarches et
pratiques de responsabilité sociale, les enjeux stratégiques et politiques de la RSE, le
développement durable (DD) et la RSE dans l’entreprise, puis nous abordons la RSE
dans les entreprises Algériennes et enfin nous proposons quelques recommandations
pour les entreprises Algériennes.

Mots clés : Responsabilité sociale de l’entreprise, Développement Durable, Bonne


Gouvernance, stakeholders , Éthique, Entreprise Citoyenne.

Introduction

L’investissement social représente un nouveau paradigme des politiques sociales et


une nouvelle approche des enjeux économiques auxquels elles sont confrontées les
entreprises (1).
Il désigne une pratique qui consiste à sélectionner ses placements, non pas
uniquement sur la base de critères financiers (rentabilité, risque, …), mais en
intégrant à son choix des préoccupations sociales, éthiques ou environnementales (2).
Historiquement la formalisation de l’investissement social ,est née en déclinaison du
concept du développement durable en 1992 au « sommet de la terre » à Rio de
Janeiro (Brésil) . Il va sans dire que les dividendes engrangés par les entreprises

(1) - J-L.Deroussen et C.Collombe (2013) : «Les politiques d’investissement social à travers le


monde » , Rapport de la CNAF présenté lors du forum mondial de la sécurité sociale,
disponible sur : www.iffa.int
(2) - G.CAPELLE-BLANCARD et S.MONJON : « L’investissement socialement responsable » p 01,
disponible sur : www centre-sired.fr

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grâce à cet investissement social sont hautement bénéfiques pour l’entretien de leurs
durabilités « pérennités ». Cela sous entend qu’il en déroule un grand travail de soin
de l’image de marque que doivent mener ces entreprises moyennant stratégies et
bonne gouvernance. Cet investissement doit servir le business global et le rendre
efficace un peu partout dans le monde, lever toutes les entraves environnementales,
forcer le respect et l’admiration de tous les acteurs et autres parties prenantes.
Ainsi la réputation d’une entreprise et son image de marque, vis-à-vis de la clientèle,
de son personnel et de la société globale sont devenues des atouts dans un
environnement économique turbulent, où la concurrence est de plus en plus
rude et où la compétitivité est le garant de la survie.
Confrontées à une pénurie de valeurs citoyennes et à un besoin pressant de
stratégie économiquement et socialement gagnante, les entreprises Algériennes ne
sont-elles pas obligées d’innover socialement et « sociétalement » si elles veulent
non seulement survivre, face à une concurrence qui risque de leur être défavorable,
mais aussi participer à l’effort d’un développement durable ?
La problématique est de taille, car les entreprises Algériennes se doivent
d’améliorer leur compétitivité pour faire face à une concurrence de plus en
plus ardue et conquérir des créneaux et des niches porteurs ; répondre à la
demande sociale (exigence interne) et créer chez leurs ressources humaines un
sentiment d’appartenance, et d’adhésion à leurs objectifs; répondre à la demande
sociétale et contribuer à l’effort d’un développement durable et humain.
Dans ce papier, nous abordons , dans un premier temps , le cadre conceptuel de la
Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) , les démarches et pratiques de
responsabilité sociale, les enjeux stratégiques et politiques de la RSE, le
développement durable (DD) et la RSE dans l’entreprise. Dans un second temps,
nous abordons la RSE dans les entreprises Algériennes et enfin nous proposons
quelques recommandations pour qu’elles adoptent une stratégie RSE .

Cadre conceptuel de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise

- La RSE entre les définitions Institutionnelles et Managériales

Avant d’aborder les définitions et les conceptions de la responsabilité sociale (RSE) de


l’entreprise on doit noter que la naissance de ce concept aux Etats-Unis a fait l’objet de
plusieurs analyses surtout au niveau des bases et soubassements théoriques.
Les premières définitions de la RSE ont touché le caractère de bonne conduite de
l’action de l’entreprise en son sein, c’est à dire des pratiques managériales qui
respectent une certaine déontologie éthique vis-à-vis de la production et des
travailleurs. Toutefois, force est de constater que le concept de RSE a connu un
développement notable dans sa perception. Ainsi, l’implication de l’entreprise dans la

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prospérité de la société a été prise en considération et a constitué le chaînon manquant


du cercle devenue, conséquemment, vertueux. On est donc passé d’une responsabilité
sociale à une responsabilité sociétale de l’entreprise (1).
On essayera dans ce point de présenter et d’analyser les deux types d’approches
sur la responsabilité sociale d’entreprise, en s’évertuant à montrer leurs
convergences et divergences.
En effet , le concept de RSE fait l’objet de nombreuses définitions. Elles accordent, dans
leur pluralité, un intérêt particulier à la notion d’engagement de l’entreprise,
et spécifient que cet engagement doit aller au-delà des obligations et des attentes
légales. Toutefois, ces définitions divergent quant à leur approche de la structure
de la RSE, par ailleurs les axes privilégiés par les organismes ne sont pas toujours
identiques. Les définitions suivantes retracent les perceptions que font les institutions
et les managers sur la RSE.
- Définition de la "Communauté Européenne" : « le concept responsabilité sociétale
des entreprises signifie essentiellement que celles-ci décident de leur propre initiative
de contribuer à améliorer la société et rendre plus propre l’environnement […]
Cette responsabilité s’exprime vis-à-vis des salariés et, plus particulièrement, de toutes les
parties prenantes qui sont concernées par l’entreprise, mais qui peuvent à leur tour influer
sur sa réussite » (2). Idée que la responsabilité sociétale semble intégrer deux
dimensions : l’une interne essentiellement liée aux ressources humaines ; l’autre
externe qui concerne notamment l’environnement, les droits de l’homme et les
fournisseurs.
- Définition du "Business for Social Responsability" : La RSE se réfère généralement au
fait de relier les prises de décision en entreprises à des valeurs éthiques, de se
conformer aux contraintes légales, de respecter les personnes, la communauté et
l’environnement […]. La RSE est définie comme le fait que l’entreprise se comporte de
manière à satisfaire ou dépasser les attentes éthiques légales, commerciales et
publiques que la société manifeste envers les entreprises (3).
- Définition du "CSR Europe" : « la RSE est l’engagement de l’entreprise à contribuer
à un développement économique durable, en travaillant avec les employés, leur famille, la
communauté locale et la société dans son ensemble pour améliorer la qualité de vie » (4).
- Définition du groupe DANONE : la culture du groupe part de la
conviction que la performance économique et l’attention aux hommes sont
intimement liées. Ce double projet économique et social a servi de fondement à son

(1) - Bennani. Z ,(2008) : « Responsabilité sociétale de l’entreprise et performance du système national


d’innovation » , revue d’économie et management de l’Université Abou- bakr Belkaid N° 7 avril 2008.
(2) - Cf. www.europa.eu.int/comm/employement_social/soc-dial/csr/csr-index.htm
(3) - www.bsr.org
(4) - www.csreurope.org

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développement et a toujours été au cœur de ses décisions. Axes principaux :


politique humaine, sécurité alimentaire, environnement, société civile(1).
L’approche managériale de la RSE semble accorder une place centrale aux
stakeholders (le groupe DANONE met en avant la politique humaine), alors que
l’approche institutionnelle se voit privilégier les relations avec la communauté
locale et les familles des employés. L’impression d’ensemble qui se dégage de ces
définitions est le caractère en partie contingent du contenu de la RSE en fonction
du niveau où se situe l’organisation et de ses problématiques propres.

- Les conceptions académiques de la RSE

Les définitions académiques de la RSE se spécifient par la volonté de fournir un


cadre d’analyse qui saisit de manière systématique la RSE, indépendamment des
objectifs d’une organisation donnée. En ce sens, on observe une évolution significative
dans la définition du concept de RSE :
- Définition donnée par Bowen (1953) : « la RSE renvoie à l’obligation pour les hommes
d’affaires d’effectuer les politiques, de prendre les décisions et de suivre les lignes de
conduites répondant aux objectifs et aux valeurs qui sont considérées comme désirables
dans notre société » (2):.
- Définition de MC Guire 1963) (3) : « l’idée de responsabilité sociale suppose que
l’entreprise n’a pas seulement des obligations légales ou économique, mais qu’elle a aussi des
responsabilités envers la société qui vont au-delà de ces obligations ».
- Définition de Davis (1973) (4): « … [la RSE] renvoie à la prise en considération par
l’entreprise de problèmes qui vont au-delà de ses obligations économiques, techniques et
légales étroites ainsi qu’aux réponses que l’entreprise donne à ces problèmes. […] Cela
signifie que la responsabilité sociale débute là où s’arrête la loi. Une entreprise n’est pas
socialement responsable si elle se conforme au minimum requis par la loi, car c’est ce que
n’importe quel bon citoyen est tenu de faire ».
- Définition de Carroll (5) : « la RSE intègre l’ensemble des attentes économiques,
légales, éthiques et philanthropiques que peut avoir la société à l’égard d’une entreprise à un
moment donné ».
- Définition de Jones (6) : « l’idée selon laquelle les entreprises, par delà les prescriptions

(1) - www.groupedanone.fr/
(2) - Bowen H. R. (1953). Social responsibilities of the businessman, New York:Harper & Row.
(3) - McGuire J.W. (1963). Business and Society. MacGraw- Hill, New Work.
(4) - Davis K. (1973). The case for and against business assumption of social responsibilities.
Academy of Management Review, Vol. 2, N.3, pp. 70-76.
(5) - Carroll, A.B. (1999), Corporate Social Responsability, business and society, volume 38, N°3,
PP.268-295.
(6) - Jones R. Murrel A. (2001). Signaling positive corporate social performance. Business and Society,
Vol. 40, N.1, pp. 59-78.

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légales ou contractuelles, ont une obligation envers les acteurs sociaux ».


- Définition de Wood (1) : « la signification de la responsabilité sociétale ne peut être
appréhendée qu’à travers l’interaction de trois principes : la légitimité, la responsabilité
publique et la discrétion managériale, ces principes résultant de la distinction de trois
niveaux d’analyse, institutionnel, organisationnel et individuel ».
On constate une assez forte proximité entre les plus anciennes définitions de la
RSE et les approches managériales du construit. Ces définitions se contentent en
général de mettre en avant le caractère discrétionnaire de la RSE, en insistant sur
le fait qu’elle recouvre des dimensions qui dépassent les aspects purement
économiques ou légaux de l’activité de l’entreprise.
En ce sens, les définitions managériales du construit sont riches d’apport à la
compréhension du concept, puisqu’elles illustrent la façon dont chaque catégorie
d’acteur et de stakeholder s’approprie le construit et le formate selon ses
propres objectifs ; la RSE est en effet une notion qui est difficile à comprendre
indépendamment de tout contexte idéologique. Il semble donc possible de dégager
deux niveaux de divergences dans les approches de la RSE : une divergence
théorique opposant les auteurs quant aux catégories conceptuelles pertinentes pour
analyser la RSE, mais aussi une divergence quant au point de vue des acteurs sur le
construit, reflet de tensions idéologiques latentes. Sur ce point, il ne fait pas de
doute que chaque stakeholder a sa propre idée sur la RSE : alors que les
syndicats y voient un néo-paternalisme (Ballet et De Bry (2) ) , les ONG restent
sceptiques quant au caractère d’engagement volontaire que la RSE semble recouvrir.

Démarches et pratiques de responsabilité sociale

La RSE est une composition de politiques, de pratiques et de leurs


conséquences sur la protection de l’environnement et sur l’amélioration de la vie de
la communauté (Tahri.N,2006) (3). Elle se manifeste à travers un ensemble de
principes (exprimés par les managers dans leurs communications ou formalisés
dans des codes de conduite), de procédures de management éthique, par le
reporting social et même par des fonctions consacrées au management durable.
Ainsi, cet engagement se décline dans un ensemble de «bonnes pratiques»

(1) - Wood D.J. (1991). Corporate social performance revisited. Academy of Management Review,
N.16, pp. 691-718.
(2) - Ballet J., De Bry F. (2001). L’entreprise et l’éthique, Seuil, Paris.
(3) -Tahri.N, (2006) :« La Responsabilité sociale de l’entreprise & le comportement
organisationnel:Le modèle comportemental des employés & la performance économique-Effets de la
perception des pratiques socialement responsables».Mémoire de DEA, Master de recherche en
Management des ressources humaines, IAE de toulouse.

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touchant à l’ensemble des domaines concernés par la RSE (économique, social,


sociétal et environnemental).
- Bonnes pratiques dans le domaine économique : il s’agit de la contribution de
l’entreprise au développement de sa zone d’implantation, mais également de la
lutte contre la corruption, du respect des principes de saine concurrence, de
l’intégration de l’éthique dans les investissements et les actions commerciales…
- Bonnes pratiques sociales : on fait référence aux pratiques en matière de Ressources
humaines de la RSE. Ainsi, la formation qualifiante tout au long du cycle de
vie dans l’entreprise, la responsabilisation du personnel, la diffusion et l’accès à
l’information dans l’entreprise, l’équilibre entre le travail, la famille et les loisirs, la
diversité des ressources humaines, l’application du principe d’égalité pour les
rémunérations et les perspectives de carrière des femmes, la participation aux
bénéfices et les formules d’actionnariat, la mobilité ainsi que la prise en compte
de la capacité d’insertion professionnelle et de la sécurité de l’emploi,…[Schiopoiu
et Domnisoru, 2005] sont autant de pratiques reflétant un management des
ressources humaines socialement responsable.
- Bonnes pratiques sociétales : il s’agit de la citoyenneté de l’entreprise matérialisée
dans le respect de l’environnement social. Dans ce cadre les entreprises adoptent des
actions en vue d’améliorer la qualité de vie, l’éducation et le bien être des
collectivités locales en s’engageant dans la lutte contre le chômage et
l’exclusion, l’insertion des jeunes, la solidarité envers les plus démunis… Elles
peuvent également contribuer à l’aménagement du territoire.
- Bonnes pratiques environnementales : il y a lieu ici d’aborder la responsabilité
de l’entreprise dans les dégâts qu’elle peut causer à l’environnement. Ainsi,
l’entreprise doit s’engager à fabriquer des produits de telle manière que
l’environnement n’en subisse pas de conséquences négatives. L’objectif est de faire en
sorte que procédés et produits aient le minimum d’impact sur l’environnement
(Mercier. S, 2004).
L’intérêt porté par l’ensemble des corps sociaux aux impacts économiques,
sociaux et environnementaux des activités des entreprises, pousse ces dernières
à s’engager dans des démarches de responsabilité sociale. Généralement, cet
engagement peut être motivé par différents facteurs :
• Les convictions et valeurs personnelles de certains dirigeants et dirigeantes
d’entreprise, conscients de l’importance économique des exigences sociales et
environnementales ;
• Les pressions d’ordre social provenant d’organisations non
gouvernementales ou d’associations de consommateurs ;
• Les pressions d’ordre commercial, exercées par les investisseurs soucieux
d’éviter tout risque financier lié à des comportements contraires à certains
critères de responsabilité éthique, sociale et environnementale ;

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• La volonté d’anticiper la mise en place par les pouvoirs publics


d’instruments juridiquement contraignants.
Quelle que soit la motivation de s’impliquer dans une démarche de responsabilité
sociale, les actions engagées elles-mêmes sont conditionnées d’une entreprise à
une autre par des déterminants qui caractérisent les bénéfices tangibles,
susceptibles d’être retirés de cette démarche. Ainsi , l’engagement dans une
démarche RSE émane de la gestion des risques .
La question des déterminants de l’engagement des entreprises dans la responsabilité
sociale a fait l’objet d’une recherche menée par C. Marsden et A. Mohan qui ont
étudié 505 initiatives de «bonnes pratiques » de 340 entreprises dans l’Union
Européenne. L’enseignement principal retiré de cette étude réside dans le fait que les
raisons données par les entreprises pour justifier leur engagement à l’égard de la
RSE, sont partagées de manière égale entre le volet interne et le volet externe. A ce
titre, on distingue comme déterminants:
- Au niveau externe : l’obtention d’un avantage concurrentiel, la mobilisation des
parties prenantes et l’amélioration de la réputation auprès du public.
- Au niveau interne : la réduction de coûts induite par l’évolution du
management, la mobilisation de personnel, l’amélioration de l’image auprès des
salariés.
Compte tenu de ce qui précède, on peut dire que La RSE avec ses contours larges et
souvent flous correspond à une double problématique. La première, concerne les
difficultés à décliner un concept macro-économique dans l’environnement de
l’entreprise et plus particulièrement les difficultés d’intégration de la RSE dans les
modes de management. C’est ce que l’on nomme le « Management Durable ». La
seconde problématique, est due aux difficultés de mesurer et valoriser les résultats
obtenus (1).

Dimensions éthique et sociétale de la RSE.


Le questionnement éthique et social à l'endroit de l'entreprise a pris un essor
important à partir des années soixante avec le concept de RSE.
Trois approches théoriques ont, depuis, cherché à identifier les caractéristiques ainsi
que les dimensions de la RSE : "la business ethics", "la business and society" et
"la social issu management".
La RSE doit s’appuyer sur des principes éthiques qui relèvent de l’éthique des
affaires. En se basant sur des prémisses théoriques différentes, ces trois courants
avancent tous que l'entreprise serait capable de prendre en charge le bien commun.
Ils identifient en effet trois niveaux d'analyse qui soutiennent des principes

(1) - ETUDE HEC/CLEVEOR 2011 : « RSE ET MANAGEMENT DURABLE LE ROLE DE LA


FONCTION RH » p 04 .disponible sur : www.comite21.org/docs/economie/rse/cleveor-rh-et-dd-
2012.pdf

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correspondant de responsabilité de la part des entreprises : institutionnel,


organisationnel et gestionnaire (Gendran, 2000).
L'approche institutionnelle est soutenue par les moralistes pour que l'entreprise soit
sujette aux mêmes règles morales que les humains.
Il faut cependant noter que les comportements éthiques dans les entreprises sont
limités par des objectifs organisationnels contraignants. Ainsi, pour les tenants de
l'approche contractuelle l'interdépendance entre les entreprises et la société fait en
sorte que l'entreprise est une institution sociale qui doit servir la société pour prouver
sa légitimité.
Cependant, la finalité des entreprises ne dépend pas des acteurs qui la
composent, mais du système économique dans lequel elles s'insèrent.
Ivanaj et McIntyre (2006) (1) font prévaloir l’existence de deux perspectives éthiques
concurrentes sur le sujet de la RSE. Il y a d’une part l’éthique utilitariste issue de la
vision strictement économique de la firme et qui est orientée vers la maximisation du
résultat financier et, d’autre part, l’éthique normative insistant sur l’arbitrage, dans
les activités de l’entreprise, entre les intérêts des diverses parties impliquées par les
activités de l’entreprise. Branco et Rodrigues (2006) (2) mettent aussi en avant
l’existence de deux approches dans l’étude de la RSE : l’approche issue du courant de
l’éthique des affaires qui insiste sur la bienveillance sociale et l’approche « business
case » qui met l’accent sur la réalisation « éclairée » des intérêts de l’entreprise.

Enjeux stratégiques et politiques de la RSE


L'engagement de l'entreprise dans une démarche de la responsabilité sociale est
considéré comme un instrument parmi d'autres pour parvenir à des objectifs
politiques ou stratégiques. En effet du point de vue politique, l'entreprise cherche en
premier lieu à s'adapter, dans ses modes de production et de consommation actuels,
aux exigences du développement durable. Ce faisant, l'entreprise se trouvant dans
un environnement très complexe, est entourée par beaucoup d'organismes; les
pouvoirs publics, les organisations non gouvernementales (ONG). Il est
souvent très primordial pour l'entreprise de faire face et de satisfaire les intérêts
recherchés par ces organismes.
La RSE est donc un outil très important pour alléger les pressions externes,
surtout dans un monde qui vit une mondialisation accrue , autrement dit le
triomphe du capital financier, qui menace le respect de certaines normes de travail

(1) - BEN YEDDER.M, ZADDEM.F,(2009) : « La Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE), voie de


conciliation ou terrain d’affrontements? » , Revue multidisciplinaire sur l’emploi, le syndicalisme et le
travail (REMEST), 2009, vol. 4, Nº 1 84 p 90
(2) – Ibid .

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qui sont le reflet des droits fondamentaux de l’être humain qui devraient être
respectées dans tous les pays du monde (Robert-Demontrand, 2003) (1) .
L'enjeu stratégique de la gestion de la RSE s'inscrit dans un calcul de rentabilité de
l'activité de l'entreprise. Pour bien comprendre cet enjeu, nous nous sommes
inspirés du modèle développé par Reynaud (2000) (2) . Le développement de cette
grille d’analyse fait savoir trois choix stratégiques possibles : communication sur la
RSE non couplée à la production « Les Beaux Parleurs » ; pratiques de production
respectant la RSE sans être communiquées « Les Suiveurs Muets » ; production
respectant les règles de RSE et communication sur la RSE « Les Intégrateurs ».
Le premier choix consiste à communiquer sur le thème de RSE en l’absence de
pratiques (production, recherche ou commercialisation) conformément aux principes
de la RSE.
La deuxième stratégie concerne les entreprises optant pour des pratiques suivant les
règles de RSE sans toutefois aboutir à une politique de communication. Cette
stratégie ne permet pas de tirer bénéfice de ses efforts, surtout en terme d’image. Il
s’agit d’une stratégie passive.
La troisième stratégie consiste à une combinaison de la production conforme à la RSE
et les communications au sujet. Il s’agit du cas des entreprises s’engageant dans une
démarche de labellisation sociale – jugée comme une gestion active de la RSE.
Aujourd'hui, force est de constater que les entreprises qui mettent en place des
stratégies de RSE affichent les meilleures performances économiques et
financières . En effet , en adoptant une démarche de RSE, l’entreprise désire
envisager la vente des produits différenciés par la labellisation sociale, conquérir les
consommateurs souhaitant faire des achats en fonction de l’évaluation de la
responsabilité sociale de l’entreprise et éviter les risques de boycott. Les initiatives
de la gestion de la RSE peuvent s’inscrivent dans deux perspectives : la logique
d’intérêt ou perspectives économiques et la logique de devoir ou perspectives
socio-politiques.
C’est la logique d’intérêt de toute entreprise qui justifie l’existence d’avantages en
terme de la gestion de la RSE. L’entreprise pose la question de la compatibilité entre
l’éthique et l’efficacité.
Elle valorise ses efforts sociaux dans le but d’améliorer sa performance sociale, et à
travers ça, la performance économique : optimiser l’image, différencier les
produits et créer une valeur économique. Le consommateur citoyen

(1) - Robert-Demontrond P. (2003), Sensibilité de la demande à la labellisation sociale de l’offre


commerciale : construction d’un agenda de recherche, Actes du colloque Entreprise citoyenne, Ed.
Université Paris X Nanterre.
(2) - Reynaud E et Chandon J-L, (1998), Les cinq familles de comportements de protection de
l'environnement des entreprises : une approche basée sur la théorie des contrats et l'économie des
conventions, Congrès de l'Association Internationale de Management Stratégique, Université de
Louvain-la-Neuve.

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d’aujourd’hui attend d’un produit qu’il respecte l’environnement dans


l’utilisation des matières premières, l’énergie et dans la gestion des déchets et
que son mode de production et de commercialisation respect des critères éthiques.
Pour toutes ces raisons, la stratégie de la RSE peut constituer un levier de création de
la valeur économique. Ainsi, selon Gond si Waddock et Graves (1997) mettent au
jour l’existence d’un cercle vertueux entre l’éthique et la performance financière En
effet, la performance financière, aujourd’hui, n’a pas d’importance s’elle n’est pas
accentuée avec une performance sociétale et environnementale ,même si des auteurs
tels que , Wright et Ferris exhibent une relation négative et Mc Williams et Siegel
montrent que le lien est neutre (Gond, 2001).
Sur le plan économique, les initiatives de labellisation sociale permettraient à
l’entreprise de développer, de maintenir et d’introduire un avantage concurrentiel à
long terme. D’autres facteurs que ceux qui sont économiques sont à l’origine des
initiatives de la RSE . Dans cette optique, les entreprises qui intègrent la variable
éthique dans leur stratégie ne visent pas seulement les propres objectifs
économiques; elles prennent en compte les pressions en provenance de la régulation,
des groupes sociaux ,des consommateurs, des employés et de la société en générale.
Une enquête de la SOFRES (2001) (1) prouve l’importance du social dans
la perception de la RSE. Selon les résultats de ce sondage, la RSE c’est
d’abord le refus de faire travailler les enfants du tiers-monde (79% des
personnes interrogées), puis ensuite pour 65% c’est le fait de bien traiter les
salariés. C’est encore informer le public quand un produit présente des
risques (51%),c’est l’interdiction des discriminations raciales (41%), c’est aussi
le devoir pour les entreprises de développer l’employabilité de ses salariés
pour qu’ils aient de la valeur sur le marché du travail (40%).
La RSE est un dispositif de gestion qui offre la légitimité aux entreprises à l’égard
de leurs parties prenantes. L’entreprise tente d’exercer ses activités dans le cadre
des normes et des règles acceptées par les sociétés et de conserver une
adéquation ponctuelle avec son environnement. Pour ce faire, elle cherche à
anticiper l’exigence législative : les lois nationales et des traités internationaux
qui réglementent les activités des entreprises. Ces dernières ne peuvent plus se
consacrer qu’à des objectifs économiques et négliger leurs responsabilités socio-
politiques au risque de faire l’objet de pression agressives exercés par les groupes
engagés en la matière (pouvoirs publics, société civile, organismes internationaux).
L’intégration de la variable RSE dans la stratégie est à l’avantage de
l’entreprise : une stabilité sociale et politique accrue, une réduction des litiges et
une réponse favorable aux pressions des groupes sociaux.
Le concept de la RSE, en tant qu’intégration par les entreprises de préoccupations
sociales et environnementales à leurs activités économiques et leurs relations

(1)-SOFRES (2001), http://www.tns-sofres.com.

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avec leurs parties prenantes, engage l’entreprise dans un nouveau dialogue


avec la société.
Avec le concept de la responsabilité sociale, l’entreprise cesse d’être une simple
fonction de production : elle se découvre des responsabilités étendues, biens plus
larges que la simple maximisation du profit. De nombreux chercheurs ont essayé
de modéliser la performance sociale des organisations, mais la portée
opérationnelle des travaux est souvent limitée. Pour illustrer les recherches
ambitieuses faites dans cette direction, nous donnons ci-dessous la proposition
originale de Morin, Guindon et Boulianne (1996) qui se caractérise par son
caractère universel et sa facilité d’application (les indicateurs sont largement
utilisés par l’Ordre des Comptables du Québec). Pour illustrer des avancées plus
récentes, citons les travaux de l’Observatoire Social International (OSI), association
créée en 2000 à l’initiative du groupe Suez en France, qui s’est donné pour
mission de repérer les exigences sociales de la mondialisation et de
proposer des méthodes pour les satisfaire. La recherche d’Indicateurs Sociaux
de Performance (ISP) révèle le choix de faire le lien entre performance
économique et performance sociale. Il s’agit, face à la nécessité croissante
de divulgation d’information, de fournir une information cohérente aux
marchés financiers, en rendant compte des éléments sociaux et en leur
donnant une portée.
Ces indicateurs sont destinés aux clients des entreprises, aux
actionnaires et investisseurs, aux salariés et à leurs représentants, aux sous-
traitants et fournisseurs. Les travaux actuels concernent trois domaines :
rémunération, formation , santé et sécurité.

Développement durable (DD) et RSE dans l’entreprise


Il s’agit de comprendre d’une part la signification du concept de
développement durable et surtout sa perception par l’entreprise. D’autre part, il
est question de démontrer les points en commun et les recoupements entre le
développement durable (DD) et la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE).

Développement durable , quelles significations ?

Le développement durable est un concept relativement récent , il s’est imposé à la


communauté internationale grâce aux différentes conférences onusiennes. Au
départ, il a été question de problèmes de l’environnement, mais il s’est avéré
rapidement que ce dernier est en relation directe avec le développement économique
et social. Un développement qui a pris ses deux dimensions de durabilité
temporelle relative aux générations futures et spatiale vis-à-vis des populations du
sud.

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La composition du développement durable de deux mots donne au concept toute sa


force :
- le développement est un indicateur qualitatif évalué par le degré de bien
être social, économique politique et culturel. C’est également un processus de
transformation dynamique des conditions de vie qui accompagne la croissance
économique, qui elle, reste un indicateur quantitatif mesurable de la progression de la
production (PIB).
- la durabilité, qui constitue la dimension spatio-temporelle du développement. Il est
question d’engendrer les conditions de pérennité au niveau de l’espace et dans le
temps.

Compte tenu de ce qui précède, le terme de développement durable vacillait entre


« durable », «viable », et « soutenable » pour retenir à la fin les termes de
« développement durable ».
Selon la traduction française des francophones des Nation Unies - Rio, 1992-
« le développement durable » ou « développement soutenable » est un développement
qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations
futures de répondre aux leurs » (1).
Il est aussi « au service de l’homme, son but premier est l’égale dignité de toute
personne humaine. Il tend donc à la réduction effective de la pauvreté et à un
accès plus équitable aux biens publics globaux, en particulier le savoir, la santé, la
maîtrise par chacun de sa propre vie. Le développement durable ménage les
ressources naturelles et les équilibres écologiques. Il se préoccupe d’assurer la survie
ou, mieux, de bonnes conditions de vie, aux générations futures. » (2)
A partir de ces deux définitions, nous retenons l’importance des points suivants :
- L’importance de la notion de besoin et surtout les besoins essentiels des populations
pauvres ;
- Les limites de la capacité de l’environnement à satisfaire les besoins actuels et
futurs, limites dues en grande partie aux conséquences du développement
technologiques et à l’organisation sociale ;
- L’être humain est au cœur du concept du développement durable, qu’il soit
individu ou collectivité ;
- Equité, solidarité, et efficacité économique sont au centre de la notion du
développement durable, au point qu’il aurait été «préférable que l’on dise
développement durable et solidarité pour bien souligner que trois éléments sont en
cause : le développement, une nécessité forte de solidarité et une nécessité forte de

(1) - Diane-Gabrielle Tremblay et Jean Marc Fontan (1994) : « le développement économique local », télé-
université, Québec,.
(2) - www.convictions.org.

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protéger les ressources rares et non renouvelables» (1)


Mais qu’en est il de la perception du développement durable dans l’entreprise ?

La perception du Développement Durable (D.D) par l’entreprise.


La notion du développement durable, telle qu’elle est perçue par l’entreprise,
tourne autour de deux axes :
- Une dimension économique ou la notion du développement durable consiste
à assurer le développement économique à long terme de l’entreprise, innover et
œuvrer pour la réduction des risques externes qui pourraient constituer un blocage à
cette perspective ;
- Une deuxième dimension qui vise la pérennité de l’entreprise tout en prenant
en compte la dimension sociétale et environnementale.
Par ailleurs, il faut admettre que la notion du développement durable selon la
perception de l’entreprise, constitue un enjeu de première importance :
l’entreprise doit être capable d’endogénéiser un certain nombre de variables
exogènes, pour en faire des facteurs d’innovation et de développement.
Une telle mission ne peut se réaliser que par des dirigeants de l’entreprise disposant
des capacités nécessaires pour réussir à élargir les compétences de l’entreprise avec
une grande rationalité. Il s’agit « d’avoir une vision que l’on peut communiquer à
autrui ; c’est également posséder le pouvoir réelle et de l’imposer » (2).

L’émergence de le Responsabilité sociale (RSE) parallèlement aux défis du développement


durable (DD)

Tout d’abord, il est à noter que les concepts du Développement Durable et ceux de la
Responsabilité Sociale de l’Entreprise sont de niveaux différents qui se complémente
: L'articulation entre les deux concepts dans une stratégie managériale postule que, le
développement durable est un concept macroéconomique et macrosocial à l'échelle
planétaire, il interpelle l'entreprise dans ses finalités, dans la conception de son
organisation, en fournissant les principes qui encadrent ou conditionnes les activités
économiques. Alors que la RSE est un concept microéconomique qui constitue les
modalités de réponse de l'entreprise aux interpellations sociétales- sa pratique au
sein même de la société- en produisant des stratégies, des dispositifs de management,
de conduite de changement et des méthodes de pilotage, de contrôle, d'évaluation et
de reddition incorporant des nouvelles conceptions de la performance.
De ce fait, les entreprises subissent des pressions dans la conception de ces stratégies
manageriales , la première est au niveau macro -le développement durable est
globale- , tandis que la deuxième pression est au niveau micro -la responsabilité

(1) - Georges Cavallier (1994) :« le développement durable et solidarité, prospectives », Nantes, disponible
sur : www.association4d.org/repères/index/html/
(2) - Hellriegel-Slocum-Woodman (2002) : « Management des organisations »,nouveaux horizons , p.296.

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sociale et l'investissement sociale- de plus, elles sont confrontées à une double


pression : celle des consommateurs et de leurs attentes en termes de responsabilité
sociale des entreprises, d’une part, celle des investisseurs, dont la sensibilité d’une
façon croissante à la démarche de l’Investissement Sociale Responsable (ISR). L’effet
pull des consommateurs et l’effet push des investisseurs se combinent pour prendre
l’entreprise dans un étau, afin qu’elle se comporte de manière responsable et adopte
les principes du développement durable. C’est le principe de la double contrainte,
riche de nouvelles opportunités pour l’entreprise (1).
Dans un même ordre d'idées , on peut dire que la responsabilité sociale de
l’entreprise permet de redéfinir le rôle même de l’entreprise, ses normes et ses
valeurs, mais elle la conduit également à mieux comprendre et modifier son
impact sur l’environnement et la communauté où elle est active. Aussi, la
responsabilité sociale de l’entreprise exige-t-elle l’adéquation d’une politique de
citoyenneté, qui, non seulement, engage l’entreprise dans une prise de conscience
des exigences sociales et environnementales, mais permet également de :
- Améliorer leur réputation ;
- Renforcer leurs capacités opérationnelles et leur compétitivité ;
- Les rendre plus attractifs vis-à-vis des investisseurs et plus motivant pour leur
personnel ;
- Améliore leur rendement et leur image;
Il est à souligner que la prise en compte de la responsabilité sociale et
environnementale dans la stratégie de l’entreprise peut également prendre les formes
suivantes :
- Participer activement à la vie de la communauté moyennant la création de
fondation d’œuvres sociales au profit du personnel et leurs familles, sponsoriser des
activités pour l’ensemble de la communauté……..
- Développer l’employabilité par l’embauche de jeunes, l’encadrement de stagiaires,
la formation continue et la mise à niveau du personnel ;
- Etre attentif aux conséquences sur l’environnement socio-économique de la
cité dues aux activités de l’entreprise ;
- faire recours à la sous-traitance en favorisant la création de très petites
entreprises (TPE) et d’emplois externes.
Certes, cette liste d’actions n’est pas exhaustive. Chaque entreprise choisit, selon
ses propres moyens et ses capacités internes, les actions qui lui permettraient
d’intégrer la problématique de la responsabilité sociale et celle du développement
durable.
Il est évident que l’exercice de la responsabilité sociale et environnementale par les

(1) - Gacemi Soumia (2008) : « le développement durable et la Responsabilité Sociale des Entreprises »
Colloque international sur le développement durable et l’efficience de l’utilisation des ressources
FSEG université Ferhat Abbes Sétif (Algérie) le 07 & 08 avril 2008.

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entreprises renvoie à l’intégration de la dimension du développement durable dans


leurs stratégies. A long terme, le développement durable et la responsabilité
sociale de l’entreprise représentent un avantage concurrentiel.
En effet, l’intégration du développement durable dans les stratégies des
entreprises devient un facteur d’innovation. Les nouveaux produits et services
doivent comporter une valeur ajoutée sociale et environnementale permettant ainsi à
l’entreprise d’acquérir de nouveaux marchés. Ceci devient un facteur de
différenciation par rapport à la concurrence.
Une telle démarche permettrait aux entreprises de faire face aux nouvelles pressions
dues à la mondialisation et aux nouvelles exigences du marché : consommateurs et
investisseurs exercent une double pression sur l’entreprise. Ces derniers n’ont d’autres
choix que d’adopter de plus en plus un certain nombre de paramètres d’ordre social et
environnemental afin d’assurer la réussite de l’intégration du développement durable
et de la responsabilité sociale dans leur stratégie.

Stratégies de bonne gouvernance, la RSE et le développement durable

La Bonne Gouvernance d’Entreprise (BGE) ou Good Corporate Governance (GCG)


est un ensemble de règles de jeu concernant l’administration interne des entreprises,
qui doit être démocratique et transparente , aussi bien dans le secteur privé , ce qui
nécessite de la part de l’État la promulgation de lois et règlements , spécialement
préventifs contre la corruption . Ainsi l’OCDE définit la BGE par : «La détermination
des droits et obligations des partenaires dans l’entreprise , comme le conseil
d’administration, les directeurs exécutifs, les associés et autres parties intéressées. C’est
aussi la formulation claire et précise des normes et procédures de prise de décisions
concernant l’entreprise permettant de connaître le cadre à travers lequel sont définis
les objectifs et les moyens de leur réalisation ainsi que le contrôle de bonne exécution ».
La transparence des opérations de l’entreprise , leur comptabilisation et leur contrôle,
permet, outre de mettre fin aux activités et relations de corruption, de choisir les
meilleures stratégies , d’avoir un système de rémunération et de primes correspondant
à la qualité du travail fourni et d’attirer de nouveaux capitaux .La transparence est
confortée par les lois et règlements (procédures de faillite par exemple) et surtout par
une justice équitable, rapide, neutre et égale pour tous.(1)
La notion grandissante d'éthique des affaires laisse désormais le champ libre à
l'émergence de la notion de "gouvernance d'entreprise". Il s'agit de l'organisation du
"gouvernement" de l'entreprise, c'est-à-dire l'ensemble des transactions par lesquelles
sont élaborées, décidées, légitimées, mises en œuvre et contrôlées des règles
collectives pour définir la relation du pouvoir dans l'entreprise entre la direction

(1) - Ibrahim Touati : « La responsabilité sociale de nos entreprises » , in Le quotidien d’Oran du


03/11/2004.

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générale, le conseil d'administration, les actionnaires et les parties prenantes. Ce


processus modifie les mécanismes de la décision et de la mobilisation et favorise une
prise de décision "durable". Selon Bailey, "le processus de construction et de mise en
œuvre de la décision devient aussi important que la décision elle-même".
La gouvernance d'entreprise est la clé de voûte de la démarche de développement
durable car elle permet à l'entreprise de s'engager à adhérer, respecter et mettre en
œuvre des principes de référence reconnus par la communauté internationale.
Elle en est également l'un des processus clés car elle structure la gestion des moyens
et l'organisation transverse destinée à réaliser ces engagements selon une approche
de compromis intégrant les trois piliers du développement durable (l’économique , le
social et l’environnement).
Une structure claire et solide de gouvernance d'entreprise est ainsi la condition de
succès d'une progression sincère vers le développement durable (1).

La RSE dans les entreprises Algériennes

Jusqu’aux réformes des années 90, le tissu industriel était essentiellement composé
d’entreprise d’Etat obéissant à des exigences « politiques » mettant en veilleuse la
contrainte productive avec une préoccupation sociale forte.
La RSE était plutôt une responsabilité sociétale liée au statut de l’entreprise publique
vecteur essentiel du développement industriel dans la branche dont elle avait le
monopole ; elle détenait des prérogatives ainsi que des responsabilités qui lui étaient
déléguées par l’Etat.
Elle se concrétisait dans des projets industriels inscrits dans les différents plans de
développement qui comportaient un montage de capital fixe appelant celui d’un
collectif de travail nécessaire à la mise de ces actifs matériels.
La RSE s’exprimait en particulier dans l’obligation d’offrir un emploi à une
population qui en était dépourvue auparavant.
Elle consistait également à offrir des services sociaux relatifs à la santé, le logement et
la consommation du fait de la défaillance du marché.
A partir de 1984, l’Algérie abandonne la gestion administrative de l’économie en
renonçant à la planification ; elle opte pour une transition à l’inverse vers l’économie
de marché.
Est entamé alors un processus de mutation conjointe de l’entreprise et de la société
qui impose la refonte conjointe de l’édifice institutionnel et qui ne peut se réduire en
une simple opération de dynamisation des entreprises non performantes (2).
Dans un contexte de compétitivité et de concurrence marqué par des exigences de
plus en plus draconiennes et des standards de plus en plus serrés , les entreprises
Algériennes sont préoccupées par des problèmes vitaux tels que l’amélioration de
leurs capacités managériales, la sauvegarde des emplois, la modernisation de leurs

(1) - Angatsha , (2008) : POUR UNE ENTREPRISE "DURABLE" disponible sur :


http://www.angatsha.com
(2) - TAHARI. K (2008) : La responsabilité sociale de l’entreprise en économie de transition.disponible
sur :http://www..aderse.org/docatelecharger/congrès_aderse/2008/actes/

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outils de gestion et la rénovation de leurs outils de production et accordent une


importance partielle à la Responsabilité Sociale de l’Entreprise. On a même constaté
une mauvaise interprétation ou une confusion quant à la compréhension de la
pratique en elle-même. La plupart des entreprises identifient la pratique RSE comme
des actions de charité, de mécénat ou de simples actions de sponsoring (1).
En effet , la notion de RSE est un thème rarement abordé , bien que les entreprises
Algériennes, publiques et privées, grandes, moyennes et petites, sont tout aussi
soumises à une série de pressions sociales, environnementales et économiques,
locales, nationales, régionales et internationales que bon nombre d’entreprises à
l’échelle internationale (2). Pour (Tahari , 2008) la RSE concernait plutôt les activités
sociétales opérées par les entreprises économiques publiques Algériennes. Elle se
manifestait essentiellement par l’octroi à la population d’offres d’emploi et des
services sociaux correspondants à la santé, le logement et la consommation.
Néanmoins certaines entreprises Algériennes notamment la SONATRACH et
l’EPBejaia sont considérées comme avant-gardistes en ce qui concerne l’adoption de
la démarche de RSE (3).
Pour ce qui est des PME (dont la plupart sont de capital privé) , leurs dirigeants
engagent un comportement de RSE dans leurs stratégies de croissance sans aucune
connaissance de la notion de la RSE , ils engagent des pratiques sociales notamment
l’octroi des aides financières au profit de leurs employés. Ces pratiques représentent
la forme implicite de la RSE (4). Cependant , l’engagement explicite à travers des
pratiques volontaire et réglementaire vis-à-vis du volet social de la RSE par
connaissance de cause reste minoritaire chez la majorité des dirigeants des
entreprises Algériennes.
A noter que , depuis le lancement en Algérie en 2011 du projet RS MENA , 14
entreprises se sont engagées dans ce processus ; deux en 2011, quatre en 2012 et huit
pour l’année 2013 . Aujourd’hui un nombre croissant d’entreprises Algériennes
adopte la norme ISO 26000 relative à la responsabilité sociale de l’entreprise. Parmi
elles, le groupe Cevital , Algérie Télécom ,NCA Rouiba , CETIM, ENAC, Antar Trade

(1) - Note de Synthèse Rapport Responsabilité et Soutenabilité des entreprises (RSE)


Algérie, Maroc et Tunisie, juin 2013 : www.gipspsi.org
(2) - Alliouat, B., Boughanbouz, Chaker. (2009), « La notion d’entreprise responsabilité dans les
économies émergentes : Une analyse dans empirique exploratoire », in http://hal.archives-
ouvertes.fr/docs/00/41/92/06/pdf/hal-00419206,Version1-22.
(3) -TAHARI. K (2008) : Opcit.
(4) -Hamidi. Y & Khelfaoui. M (2012): « La perception de la RSE chez les dirigeants d’entreprises
(PME) algériennes : Quelle forme de RSE implicite ou l’explicite ? » , Le colloque international sur le
comportement des entreprises économiques face aux enjeux du développement durable et de l’équité
sociale Les 20 et 21 novembre 2012, disponble sur : http://manifest.univ- ouargla.dz/documents/
Archive/ 10.pdf

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Condor. Il est attendu que huit autres entreprises vont s’engager dans ce processus
Pour l’année 2014 (1).

Quelques recommandations pour les entreprises Algériennes.

Eu égard à ce qui précède , on peut dire que les entreprises Algériennes sont sensibles
à ces démarches mais elles ne sont pas encore toutes prêtes pour initier des actions
dans ce domaine . Alors , un véritable challenge s'impose : quelles méthodologie suivre
pour initier, promouvoir et développer une démarche de RSE et de développement durable
(DD) au sein des entreprises Algériennes ?
Vu sa spécificité, et son mode de gestion, la transposition du Développement durable
et de la RSE, concepts en quête d’universalité, nécessite un changement notable au
niveau du comportement des responsables des entreprises Algériennes.
Si une stratégie d'action doit être menée dans ce sens, elle doit reposer sur un
programme de promotion de développement durable (DD) et de la RSE au sein de
toutes les entreprises , tout en engageant les différentes parties prenantes dans la mise
en place d’un dialogue responsable et de qualité établi entre elles. Ceci ne peut être
réalisé que par un programme de sensibilisation, de formation et de communication
au profit des principaux acteurs du Développement durable et de la RSE
(Pouvoirs publics, secteur privé, bailleurs de fonds, organisme de coopération
internationale…) et ouvert à toutes les composantes de la société tout en assurant une
répartition des rôles entre l'ensemble de ces acteurs.
Pour cela , il est nécessaire de normaliser des pratiques sociales responsables dans
chaque entreprise, de systématiser une politique environnementale adéquate et , outre
la recherche de bons résultats financiers, d’améliorer progressivement ses bilans
(basés sur les trois « P » que sont le profit , la population et la planète et qui constituent la
base de toute stratégie RSE) et de les communiquer (reporting social et
environnemental).
Toutes ces pratiques doivent refléter les valeurs communes , que chaque entreprise
exprimera à sa manière et que son personnel , les membres de sa direction , ses
shareholders et ses stakeholders de façon générale en fassent le référent de leur
comportement et de leurs démarches.
En effet, la RSE favorise la mobilisation humaine et accroit l’efficacité. Les salariés
placé dans des conditions favorables (qualité du management , environnement de
travail , incitation à l’autonomie , formation , rémunération , culture d’entreprise et
valeurs communes , etc ) améliorent leur façon de travailler , ce qui éliminera le risque
social. Dans ce cadre , les principes de la RSE et de bonne gouvernance d’entreprise
(BGE) (transparence , démocratie interne, etc ) deviennent de véritables atouts

(1) - Agence Ecofin. : http://www.agenceecofin.com/entreprises/0103-9282-la-rse-gagne-du-terrain-


en-algerie

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compétitifs.
L’absence d’une politique de développement durable ; qui doit servir à identifier et
quantifier les risques écologiques dans le processus d’évaluation des risques de
financement des projets , implique d’importants risques pour l’entreprise , parce que
les banques y jouent leur réputation , mais aussi la viabilité des prêts et leur
remboursement .

- Conclusion :

Compte tenu de ce qui précède , nous pouvons dire que c’est le contexte national et
international de l'entreprise qui influencera la manière avec laquelle elle pourra
relever les défis de la RSE .
L'adoption d'une stratégie RSE par les entreprises Algériennes leur donnera
l'occasion d'améliorer leurs performances et de jouer un rôle significatif face aux
défis du développement durable du pays.
Pour être efficace, l'adoption d'une stratégie RSE par les entreprises Algériennes
qu’elles soient des EPE ou des PME , doit se baser sur les mêmes techniques de
management qu'elles utilisent déjà couramment pour réaliser leur chiffre d'affaires.
Elle découvriront que la RSE n'est pas autant une question de coût, de charité ou de
contrainte qu'une question d'avantages financiers et sociaux garantis, d'anticipation
des risques, de source d'opportunités d'affaires, d'innovation et d'avantages
compétitifs. L'effet immédiat est une meilleure image de l'entreprise, ainsi que
l'autorisation implicite de la société pour qu'elle fasse durablement du profit
légitime. L'adoption de la RSE permet de s'assurer, en outre, le privilège du choix par
le partenaire étranger tant pour vendre, pour monter une joint-venture, co-investir
que pour sous-traiter.
Par ailleurs , nous pouvons dire que développer la RSE est une manière pour les
entreprises Algériennes de se rendre compétitives et qui permettra la naissance de
nouveaux filons fiscaux permettant à l’Etat de financer des services publics comme la
santé , l’éducation…etc.
On peut même dire que si les chefs d’entreprises ne prennent pas conscience de cette
nécessité, leur avenir n’est pas assuré dans le tourbillon de la mondialisation et ce
sera l’économie nationale en entier qui en pâtira.
L’adoption et la mise en œuvre d’une stratégie RSE est inséparable du dialogue
interne et externe que les entreprises doivent initier. Rendre compte (faire du
reporting), dialoguer dans un langage compréhensible, malgré les difficultés
inhérentes à tout processus de collecte, de remontées d’informations et données sur
des sujets à caractère social et environnemental et de leur consolidation , est la
responsabilité de toute entreprise citoyenne.

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Bibliographie :

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http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/41/92/06/pdf/hal-00419206,Version1-
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d’entreprises (PME) algériennes : Quelle forme de RSE implicite ou l’explicite ? » ,
Le colloque international sur le comportement des entreprises économiques face
aux enjeux du développement durable et de l’équité sociale Les 20 et 21 novembre
2012, disponble sur : http://manifest.univ-ouargla.dz/documents/Archive/
10.pdf

Disponible sur : http://www.or2d.org/or2d/Revue_francophone.html


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Disponible sur : http://www.or2d.org/or2d/Revue_francophone.html

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