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Réseaux

Protocole IP

Master Miage 1
Université de Nice - Sophia Antipolis
(Second semestre 2009-2010)

Jean-Pierre Lips (jean-pierre.lips@unice.fr)


(à partir du cours de Jean-Marie-Munier)
Sources bibliographiques

✓ Comer (D.E.) : TCP/IP architecture, protocoles, applications - 5ème


édition - Dunod 2009/01
✓ Comer (D.E.) : Réseaux et Internet - CampusPress 2000
✓ Pujolle (G.) : Les réseaux - 6ème édition - Eyrolles 2007/09
✓ Servin (C.) : Réseaux et Télécoms - 3ème édition - Dunod 2009
✓ Siyan (K.S.) : TCP/IP - 2ème édition - CampusPress 2001
✓ Tanenbaum (A.S.) : Réseaux – 4ème édition - Pearson Education 2003

✓ RFC 791, 919, 922, 950, 1191, 1597


✓ Cours UREC du CNRS (www.urec.fr)

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 2


Principes du réseau Internet
Hôte A Hôte B
T S F T T S F T
e M T F e M T F
l P T l P T
T T
n P n P
P P
e e
t t
TCP / UDP Routeur TCP / UDP
IP / ICMP IP / ICMP IP / ICMP
Interface X Intf X Intf Y Interface Y

Réseau X Réseau Y

 Protocole IP fonctionnant en mode non connecté


 Service IP = service de datagrammes échangés entre stations (hôtes) au
travers d’un ou plusieurs réseaux de nature éventuellement différente et de
routeurs
 Fonctions plus complexes (recouvrement d’erreurs, contrôle de flux) reportées
dans les hôtes
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Evolution de l’Internet

 Réseau ARPANET créé par DARPA (Defense Advanced Research


Project Agency) dans les années 70, basé sur la commutation par
paquets et architecturé selon des couches fonctionnelles
 Mise en œuvre des protocoles de la famille TCP/IP sous UNIX
(Berkeley)
 Développement de normes de fait par le biais de RFC (Requests For
Comments)
 Fédération de réseaux (UseNet, BitNet…) par NSFnet (National
Science Foundation network)
 Expansion du réseau par les fournisseurs d’accès, qui permettent aux
entreprises privées de se connecter à l’Internet
 Ouverture au grand public avec l’avènement du Web

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Protocoles de l’Internet (1/3)

Modèle Modèle
TCP/IP OSI

7
Appli- TEL
SMTP FTP SNMP TFTP
cations NET 6

Transport TCP UDP


4

Inter-réseau IP / ICMP + ARP / RARP 3

2
Interface
IEEE 802.2, X.25, réseau radio, réseau satellite…
réseau
1

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Protocoles de l’Internet (2/3)

 Protocoles d’application (exemples)


– Telnet (Remote Login) : protocole de présentation d’écran permettant la
connexion et l’émulation de terminaux
– SMTP (Simple Mail Transfer Protocol) : protocole de messagerie
électronique entre systèmes
– FTP (File Transfer Protocol) : protocole de transfert de fichiers ASCII,
EBCDIC, binaires
– TFTP (Trivial File Transfer Protocol) : protocole pour transferts simples
de données
– SNMP (Simple Network Management Protocol) : protocole de gestion de
réseau à distance
– RIP (Routing Information Protocol) : protocole de routage de
datagrammes IP au sein d’un système autonome

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Protocoles de l’Internet (3/3)

 Protocoles de transport
– TCP (Transmission Control Protocol) : fournit un service avec connexion
entre ports (équivalent à la classe de transport 4 OSI). Protocole fiable de
transfert de segments (taille maximale : 64 Koctets)
– UDP (User Datagram Protocol) : fournit un service sans connexion entre
ports (équivalent à la classe de transport 0 OSI)

 Protocoles inter-réseaux
– IP (Internet Protocol) : assure le transfert de datagrammes et fournit les
fonctions de base pour l’interconnexion de réseaux hétérogènes
– ICMP (Internet Control Message Protocol) : assure l’échange de
messages d’erreur et de service entre nœuds de communication
– ARP (Address Resolution Protocol) : permet d’obtenir l’adresse matérielle
associée à une adresse IP
– RARP (Reverse Address Resolution Protocol) : permet d’obtenir l’adresse
IP associée à une adresse matérielle

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Fonctions du protocole IP

 Adressage des paquets entre stations au travers de routeurs (adresses globales,


de couche réseau)
 Fragmentation et réassemblage des données
 Routage des datagrammes vers une station ou un routeur, à l’aide de tables de
routage
 Acheminement des données sous forme de datagrammes (mode non connecté)
 Autres caractéristiques :
– Protection de l’information de commande des datagrammes (en-tête) pour
éviter des acheminements erronés
– Pas de protection des données contenues dans les datagrammes
– Pas de contrôle de flux
– Pas de garantie de remise des datagrammes à leur destination (service « au
mieux » ou Best Effort)
– Pas de garantie de remise en séquence

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Adressage IP

 Adresse IP définie sur 4 octets (32 bits)


 2 parties dans l’adresse <net-id> <host-id>
– <net-id> : identificateur de réseau, attribué par un organisme
international (InterNIC), sans structure hiérarchisée (contrairement
au téléphone, à ATM, à IPv6…)
– <host-id> : identificateur local de machine (ou hôte) dans le réseau
 Adresse unique au monde
 Adresse associée à une interface de réseau :
– une seule (en général) pour une station
– une par interface de réseau pour un routeur
 Notation décimale pointée, sous la forme w.x.y.z
(valeur de chaque nombre dans la gamme 0-255).
Exemple : 134.59.81.15

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Adressage IP : Classes

 Plusieurs classes d’adressage, selon la taille du réseau

Classe <net-id> <host-id>


A 8 bits 24 bits
B 16 bits 16 bits
C 24 bits 8 bits
D adresse de groupe de diffusion
E format réservé

 Masque de (sous-)réseau (pour classes A, B, C)


– nombre de 32 bits
– même format et même notation qu’une adresse
– spécifie les bits de <net-id> (bits à 1) et ceux de <host-id> (bits à 0)

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Adressage IP : Classe A

 Réseaux comportant un grand nombre d’hôtes


 <net-id> sur 8 bits, commençant par ’0’ (octet w : 0-127)
 <host-id> sur 24 bits

w x y z

0 7 bits 8 bits 8 bits 8 bits

Net-id Host-id

 Exemples : 9 (IBM), 18 (MIT)


 Capacité d’adressage : 126 (27-2) réseaux (net-Id 0 et 127 réservés, voir
plus loin) de 224 -2 hôtes max. chacun
 Masque de (sous-)réseau : 255.0.0.0
ou /8 (8 bits de préfixe réseau)

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Adressage IP : Classe B

 Réseaux de taille moyenne ou grande


 <net-id> sur 16 bits, commençant par ’10’ (octet w : 128-191)
 <host-id> sur 16 bits
w x y z

1 0 1 6 bits 8 bits 8 bits 8 bits

Net-id Host-id
 Exemples : 134.59 (Univ. Nice), 129.88 (IMAG)
 Capacité d’adressage : 16384 (214 ) réseaux de 65534 (216 -2) hôtes max.
chacun
 Masque de (sous-)réseau : 255.255.0.0
ou /16 (16 bits de préfixe réseau)

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Adressage IP : Classe C

 Réseaux de taille modeste


 <net-id> sur 24 bits, commençant par ’110’ (octet w : 192-223)
 <host-id> sur 8 bits
w x y z

110 5 bits 8 bits 8 bits 8 bits

Net-id Host-id
 Exemple : 193.54.48 (THESEUS)
 Capacité d’adressage : 221 réseaux de 254 (28-2) hôtes max. chacun
 Masque de (sous-)réseau : 255.255.255.0
ou /24 (24 bits de préfixe réseau)

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Adressage IP : Classe D

 Utilisation en multidiffusion (multicast)


 Transmission point-à-multipoint
 Groupe de diffusion identifié par un champ de 28 bits
w x y z

1110 28 bits

 Octet w d’adresse IP : 224-239


 Pas de structuration du champ d’adresse car utilisé de manière
ponctuelle, sans contrainte d’unicité
 Protocole IGMP (Internet Group Management Protocol)

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Adresses IP particulières (1/6)

<net-id> <0……0>

 Identification du réseau <net-id> lui-même


 Exemples :
9.0.0.0 = réseau 9
134.59.0.0 = réseau 134.59
193.54.48.0 = réseau 193.54.48
 Utilisation dans les tables de routage (les routeurs ne connaissent
généralement pas les hôtes eux-mêmes)
 Conséquence : <host-id> doit être différent de 0…0

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Adresses IP particulières (2/6)

<net-id> <1……1>
 Diffusion (broadcast) vers toutes les stations du réseau <net-id>

Source : K.S. Siyan – TCP/IP – CampusPress 1999

 Conséquence : <host-id> doit être différent de 1…1

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Adresses IP particulières (3/6)

<1……1> <1……1>

 Diffusion (broadcast) vers toutes les stations du réseau considéré.


Diffusion locale, qui ne traverse pas les routeurs

Source : K.S. Siyan – TCP/IP – CampusPress 1999

 Conséquence : <net-id> doit être différent de 1…1 (sans conséquence


sur Classes A, B, C ou D)
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Adresses IP particulières (4/6)

<0……0> <host-id>
 Identifie l’hôte <host-id> du réseau considéré, sans avoir à connaître la
valeur de <net-id> (il faut cependant connaître la classe d’adresse)
 Peu utilisé, éventuellement pendant les phases d’initialisation

Source : K.S. Siyan – TCP/IP – CampusPress 1999

 Conséquence : <net-id> doit être différent de 0…0 (Classe A)


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Adresses IP particulières (5/6)

<0……0> <0……0>
 Identifie l’hôte considéré
 Utilisé seulement pendant les phases d’initialisation (BOOTP/DHCP)
 Cette adresse peut figurer dans le champ d’adresse de source, mais pas
dans le champ d’adresse de destination

Source : K.S. Siyan – TCP/IP – CampusPress 1999

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Adresses IP particulières (6/6)

<01111111> <x……x>
 <127> <x……x> (souvent 127.0.0.1)
 Adresse de rebouclage interne (loopback), sans présence de données
sur le réseau

Source : K.S. Siyan – TCP/IP – CampusPress 1999

 Conséquence : <net-id> doit être différent de 127 (Classe A)


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Autres adresses IP réservées

 RFC 1597
 Adresses IP publiques réservées aux réseaux privés (Intranets) :
– 1 réseau de classe A
10.0.0.0 – 10.255.255.255

– 1 bloc de 16 réseaux de classe B


172.16.0.0 – 172.31.255.255

– 1 bloc de 256 réseaux de classe C


192.168.0.0 – 192.168.255.255
 Permet la séparation (via un pare-feu, par exemple) entre espace privé et
espace d’accès public, lequel ne nécessite souvent qu’un nombre limité
d’adresses IP publiques

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Sous-réseaux IP
 Possibilité de subdiviser le champ <host-id> en deux parties
 3 parties dans l’adresse <net-id> < subnet-id> <host-id>
– <net-id> : identificateur de réseau
– <subnet-id> : identificateur de sous-réseau
– <host-id> : identificateur local de machine (ou hôte) dans le sous-
réseau
 Permet une meilleure structuration du réseau (technologies
éventuellement différentes) et une gestion décentralisée des adresses
 Le choix du nombre de bits du champ <host-id> affectés à l’adressage
des sous-réseaux est décidé par l’administrateur du réseau. Ce nombre
doit être identique pour tout le réseau subdivisé
 Masque de sous-réseau (Subnet Mask) :
les bits à 1 couvrent <net-id> et <subnet-id>
 La subdivision en sous-réseaux doit être prise en compte par les routeurs
du réseau subdivisé
 La présence de sous-réseaux est invisible des autres réseaux IP
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Masque de sous-réseau

 Comme pour <net-id> et <host-id>, le champ <subnet-id> de l’adresse


doit être différent de <0…0> (le sous-réseau lui-même) et de <1…1>
(diffusion vers toutes les stations du sous-réseau)
 En conséquence j bits permettent de définir 2j – 2 sous-réseaux
 Exemple :
– Adresse de réseau de classe B : 129.112.0.0
– Subdivision en 14 (max.) sous-réseaux de 4094 (max.) hôtes
– Masque de sous-réseau : 255.255.240.0 (ou /20)
(11111111 11111111 11110000 00000000)

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Agrégation d’adresses

 Actuellement (2002), 65% des adresses de classe B sont allouées.


Cependant, beaucoup d’organisations qui disposent d’une adresse
de classe B n’en utilisent pas tout l’adressage.
 Inversement, 40% seulement des adresses de classe C sont
allouées, mais la limitation à 254 adresses d’hôtes peut être
contraignante. De plus, la fourniture de plusieurs adresses de
classe C entraîne une multiplication d’entrées dans les tables de
routage.
 Situation actuelle : adresses de classe B réservées aux
organisations justifiant de plus de 4096 hôtes, et fourniture de 1,
2, 4, 8, 16, 32 ou 64 adresses de classe C contiguës et agrégées
(formant un bloc CIDR).

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CIDR et sur-réseaux

 CIDR (Classless Inter-Domain Routing)


 Organisation des adresses de Classe C concernées :
Multi-régions de 192.0.0.0 à 193.255.255.255
Europe de 194.0.0.0 à 195.255.255.255
Autres de 196.0.0.0 à 197.255.255.255
Amérique du Nord de 198.0.0.0 à 199.255.255.255
Amérique Centre/Sud de 200.0.0.0 à 201.255.255.255
Pacifique de 202.0.0.0 à 203.255.255.255
Autres de 204.0.0.0 à 205.255.255.255
Autres de 206.0.0.0 à 207.255.255.255

 Exemple d’une organisation européenne demandant 1500 adresses IP :


fourniture d’un bloc de 8 adresses de classe C, de 194.32.136.0 à
194.32.143.255. Ce bloc, ou sur-réseau (supernet) est défini par :
– l’adresse la plus basse du bloc, soit 194.32.136.0
(11000010 00100000 10001000 00000000)
– le masque CIDR ou masque de sur-réseau (Supernet Mask) définissant les
bits de préfixe commun, soit 255.255.248.0 (ou /21)
(11111111 11111111 11111000 00000000)

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En-tête IPv4

Source : D. E. Comer - Computer Networks and Internets - Prentice Hall 1999

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Champs de l’en-tête IPv4 (1/4) 

 Version (4 bits) : valeur = 4


 Longueur de l’en-tête (4 bits) : taille, en mots de 32 bits, de l’en-tête, y
compris les options (valeur habituelle = 5)
 Type de service (8 bits) : définit la qualité de service demandée
(priorité, retard, débit, fiabilité). Champ inutilisé, sauf pour OSPF
 Longueur totale (16 bits) : taille totale du datagramme (en-tête +
données). Valeur max = 65535 octets. Dans le réseau, la taille du
datagramme ou celle de chacun de ses fragments n’est pas supérieure à
la taille de MTU (Maximum Transmission Unit)

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Champs de l’en-tête IPv4 (2/4)

 Identification (16 bits) : numérotation du datagramme (tous ses


fragments auront la même valeur de ce champ)
 Drapeaux (3 bits) : indicateurs (dont un inutilisé) permettant la gestion
des fragments :
– DF (Don’t Fragment) : protège le datagramme contre une
fragmentation éventuelle
– MF (More Fragments) : indique si le fragment est le dernier
 Position du fragment (13 bits) : décalage du fragment (en multiples de
8 octets) dans le datagramme d’origine. Tous les fragments d‘un
datagramme, sauf le dernier, doivent avoir une taille multiple de 8 octets

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Champs de l’en-tête IPv4 (3/4)

 Time To Live (8 bits) : durée de vie, permettant de limiter le temps de


transit des datagrammes dans le réseau. Chaque routeur intermédiaire
traversé décrémente la valeur de TTL. Le datagramme est détruit
lorsque de champ vaut 0. Ce champ représente en fait le nombre
maximum de sauts (hops) restants
 Protocole (8 bits) : identifie le protocole de la couche supérieure
(Exemples : 6 pour TCP, 17 pour UDP, 1 pour ICMP, 4 pour
l’encapsulation de IP dans IP, 89 pour OSPF) et permet le
démultiplexage en réception. Equivalent au NSAP dans le modèle OSI
 Champ de vérification de l’en-tête (16 bits) : permet de valider l’en-
tête (recalculé à chaque modification entre source et destination). Evite
la remise d’un datagramme à un destinataire autre que celui prévu

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Champs de l’en-tête IPv4 (4/4)

 Adresse IP de la source (32 bits) : adresse IP de l’émetteur du


datagramme
 Adresse IP de la destination (32 bits) : adresse IP du ou des
destinataires du datagramme
 Options et bourrage : permettent des fonctions supplémentaires telles
que marque de temps, liste de routeurs à traverser, niveau de sécurité.
Format de chaque option : TLV (type, longueur, valeur). Bourrage
éventuel pour que l’en-tête ait une taille multiple de 32 bits

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 30


Fragmentation et réassemblage

 La taille d’un datagramme peut ne pas convenir à un réseau particulier


parmi ceux traversés. La station hôte de source ou un routeur traversé
effectue alors une fragmentation.
 Le réassemblage ne s’effectue que dans la station hôte de destination.
Les fragments peuvent arriver dans le désordre. Ils peuvent ne pas avoir
tous la même taille (fragments de fragments). A l’arrivée d’un premier
fragment, l’hôte récepteur crée une mémoire tampon et démarre un
temporisateur. Les données sont accumulées dans la mémoire tampon, à
l’aide du champ ‘Décalage de fragment’, jusqu’à reconstitution
complète. L’ensemble des fragments est détruit en cas d’expiration du
temporisateur (par exemple, si un fragment est perdu)
 Note : IP ne fragmente pas les paquets dont la taille est inférieure ou
égale à 576 octets

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 31


Fragmentation (exemple)

L_entête Données L_totale Pos_fragment


MF
(mots) (octets) (octets) (multiples de 8 octets)
5 3200 3220 0 0
5 1024 1044 1 0
5 1024 1044 1 128
5 1024 1044 1 256
5 128 148 0 384
5 1024 1044 1 0
5 512 532 1 128
5 512 532 1 192
5 1024 1044 1 256
5 128 148 0 384

1024 512 512 1024 128

0 128 192 256 384

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 32


Routage IP

 Les routeurs et les hôtes participent au routage (ils possèdent tous des
tables de routage)
 Sauf exception, les tables de routage ne spécifient que des réseaux
entiers (identifiés par leur <net-id>), et non des hôtes
 La route vers une destination n’est pas donnée en entier, mais sous la
forme de l’adresse d’un prochain routeur (next hop) : routage de
proche en proche, ou par bonds successifs
 Les tables de routage peuvent être :
– statiques (élaborées manuellement) : surtout dans
les hôtes
– dynamiques (générées et mises à jour
automatiquement par un protocole qui exécute un
algorithme de routage) : surtout dans les routeurs

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 33


Tables de routage (1/2)
192.50.1.0 192.50.2.0

.1
S

.10 .10
R1

Réseau Masque Prochain routeur Interface

S 192.50.1.0 255.255.255.0 192.50.1.1 192.50.1.1


192.50.2.0 255.255.255.0 192.50.1.10 192.50.1.1

Réseau Masque Prochain routeur Interface

R1 192.50.1.0 255.255.255.0 192.50.1.10 192.50.1.10


192.50.2.0 255.255.255.0 192.50.2.10 192.50.2.10

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 34


Tables de routage (2/2)
192.50.1.0 192.50.2.0 192.50.3.0

.1
S

.10 .10 .20 .20


R1 R2

Réseau Masque Prochain routeur Interface


192.50.1.0 255.255.255.0 192.50.1.1 192.50.1.1
S 192.50.2.0 255.255.255.0 192.50.1.10 192.50.1.1
192.50.3.0 255.255.255.0 192.50.1.10 192.50.1.1

Réseau Masque Prochain routeur Interface


192.50.1.0 255.255.255.0 192.50.1.10 192.50.1.10
R1
192.50.2.0 255.255.255.0 192.50.2.10 192.50.2.10
192.50.3.0 255.255.255.0 192.50.2.20 192.50.2.10

Réseau Masque Prochain routeur Interface

R2 192.50.2.0 255.255.255.0 192.50.2.20 192.50.2.20


192.50.3.0 255.255.255.0 192.50.3.20 192.50.3.20
192.50.1.0 255.255.255.0 192.50.2.10 192.50.2.20

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 35


Routes par défaut (1/2)
192.50.1.0 192.50.2.0 192.50.3.0

.1
S

.10 .10 .20 .20


R1 R2

Réseau Masque Prochain routeur Interface


192.50.1.0 255.255.255.0 192.50.1.1 192.50.1.1
S
0.0.0.0 0.0.0.0 192.50.1.10 192.50.1.1

Réseau Masque Prochain routeur Interface

R1 192.50.1.0 255.255.255.0 192.50.1.10 192.50.1.10


192.50.2.0 255.255.255.0 192.50.2.10 192.50.2.10
0.0.0.0 0.0.0.0 192.50.2.20 192.50.2.10

Réseau Masque Prochain routeur Interface

R2 192.50.2.0 255.255.255.0 192.50.2.20 192.50.2.20


192.50.3.0 255.255.255.0 192.50.3.20 192.50.3.20
0.0.0.0 0.0.0.0 192.50.2.10 192.50.2.20

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 36


Routes par défaut (2/2)
192.50.1.0 192.50.2.0 192.50.3.0 192.50.4.0

.1 .1
S T

.10 .10 .20 .20 .30 .30


R1 R2 R3

 Problème si R2 est le routeur par défaut de R1 et de R3

 Recommandation pour les routes par défaut :


– pour les hôtes : route par défaut (surtout s’il y a un seul routeur)
– pour les routeurs : pas de route par défaut, mais une entrée de table
par réseau (c’est le cas pour les tables dynamiques, générées et mises
à jour par un protocole de routage)

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 37


Acheminement des datagrammes

 Acheminement nécessaire dans deux cas :


– une station hôte émet un datagramme
– un routeur reçoit un datagramme et doit le transmettre
 De l’adresse IP de destination on extrait l’identificateur de réseau <net-
id> par un ET logique avec le masque de sous-réseau
– s’il s’agit du même réseau, on encapsule le datagramme dans une
trame dont le format (en particulier l’adressage) dépend de la nature
physique de ce réseau
– sinon, la consultation de la table de routage (voir plus loin) permet
de connaître le prochain routeur. Là encore, on encapsule le
datagramme dans une trame de ce réseau
 Dans les deux cas, l’adresse physique (de l’hôte de destination ou du
prochain routeur) peut être trouvée dans une table ou obtenue à l’aide
d’un protocole de résolution d’adresse tel que ARP
2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 38
Protocoles de routage IP

 Un réseau complexe, de grande taille, peut être divisé en systèmes


autonomes (AS, Autonomous Systems). Un AS est un ensemble de
réseaux et de routeurs gérés par une administration unique (entreprise,
campus, réseau régional, cœur d’un réseau national…). Les numéros
d’AS (16 bits) sont délivrés par l’InterNIC

 Exemples de protocoles de routage :


– à l’intérieur d’un système autonome
✓ RIP (Routing Information Protocol)
✓ OSPF (Open Shortest Path First)
– entre systèmes autonomes
✓ EGP (Exterior Gateway Protocol)
✓ BGP (Border Gateway Protocol)

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 39


Protocoles de routage externe

 EGP (Exterior Gateway Protocol), remplacé graduellement par BGP


(Border Gateway Protocol)
 Protocoles permettant d’échanger de l’information de routage entre
systèmes autonomes
 Les routeurs de frontière s’échangent périodiquement des messages
deux à deux. L’information échangée est une liste des réseaux
accessibles
 Des boucles sont possibles avec EGP (couples de routeurs voisins
seulement). BGP gère les boucles
 Mise en place de stratégies de routage, selon des considérations
politiques, économiques, de sécurité…

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 40


Protocole OSPF (1/2)

 OSPF : Open Shortest Path First (RFC 1247)


 Algorithme (Dijkstra) basé sur l’état des liens (link state)
 Chaque routeur surveille l’état de toutes ses liaisons et diffuse, par
inondation, cet état à tous les autres routeurs (LSA, Link State
Advertisement) périodiquement ou lors d’un changement
 Chaque routeur construit, à partir de cette information, une carte
complète du réseau
 On peut regrouper des réseaux et des routeurs en zones, ce qui permet
un routage hiérarchique

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 41


Protocole OSPF (2/2)

 Les routeurs calculent les routes de plus court chemin, selon plusieurs
critères (TOS, Type Of Service) en fonction de :
– retard
– débit
– fiabilité
– coût
 Les paquets OSPF sont encapsulés dans IP, à la manière de ICMP
(champ Protocole = 89)
 Avantages de OSPF :
– chaque routeur calcule la carte du réseau de manière indépendante
– le volume d’information est indépendant du nombre de réseaux
 Inconvénient de OSPF : le calcul des routes peut être très complexe

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 42


Protocole RIP (1/2)

 RIP : Routing Information Protocol (RFC 1058, 1387, 1388)


 Algorithme (Bellmann-Ford) basé sur un vecteur de distance
 Chaque routeur calcule la distance qui le sépare des destinations
connues, à partir de l’information reçue de ses voisins, et l’utilise pour
construire la table de routage
 Chaque routeur diffuse, toutes les 30 secondes, vers ses voisins :
– la liste des réseaux qu’il sait atteindre
– leur distance (nombre de sauts à effectuer)

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 43


Protocole RIP (2/2)

 Les paquets RIP sont encapsulés dans des datagrammes UDP (port 520)
 Avantages de RIP :
– simple, normalisé
– s’adapte automatiquement aux changements de configuration
 Inconvénients de RIP :
– volume de l’information échangée proportionnelle au nombre de
réseaux
– nombre maximal de sauts = 15 (16 représente l’infini)
– la distance est une information incomplète (rien sur charge, débit,
retard…)
– convergence lente (certaines modifications peuvent prendre
plusieurs cycles avant que tous les routeurs n’aient reçu
l’information adéquate)

2009-2010 Réseaux : Protocole IPv4 44