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Cours de droit bancaire Séance du 24 mars 2020 Pr.

Kaoutar BALBOUL

2-Les opérations de crédit

Aux termes de l’art 3 alinéa 1èr de la loi 103-12: « constitue une opération
de crédit tout acte à titre onéreux par lequel une personne :

- met ou s’oblige à mettre des fonds à la disposition d’une autre personne


à charge de celle-ci de les rembourser.

- ou prend dans l’intérêt d’une autre personne un engagement par


signature sous forme d’aval de cautionnement ou de toute autre garantie. »

Cette définition correspond à la définition classique du crédit dont elle comporte


deux éléments : la rémunération et la mise à disposition des fonds.

La rémunération constitue la condition de l’engagement du banquier.


Celle-ci est remplie lorsque l’opération de crédit est faite moyennant le
versement d’un intérêt ou d’une commission. Cet élément, inhérent à l’opération
de crédit, montre bien que cette dernière ne se limite pas au prêt qui, dans la
conception civil, est essentiellement gratuit, la stipulation d’intérêt restant
l’exception. Au contraire, l’opération de crédit suppose nécessairement une
rémunération du banquier.

La mise à disposition de fonds repose sur trois facteurs, un facteur


avantage, un facteur temps et un facteur risque. En effet, celui qui demande la
mise à disposition de fonds souhaite obtenir un avantage. Cet avantage peut
résider dans le paiement anticipé d’une créance. Il peut également consister dans
l’obtention d’un prêt ou d’une promesse de prêt ou encore dans une garantie
accordée par le banquier afin de faciliter la réalisation d’une opération. Ce
faisant le client fait prendre un risque dans la mesure où un certain temps
s’écoule entre la date de mise à disposition et celle de la restitution.
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Ainsi définies les opérations de crédit présentent une grande diversité.

En plus, de l’avance de fonds que la banque accorde à son client ou du contrat


de cautionnement par lequel la banque s’engage à désintéresser le créancier en
cas de défaillance du débiteur, le législateur qualifie aussi d’autres opérations
comme étant des opérations de crédit tel que le crédit bail et d’une manière plus
large toute opération de location assortie d’un achat, les opérations d’affacturage
et les opérations de vente à réméré d'effets et de valeurs mobilières.

Or, reposant sur la rémunération et sur la mise à disposition des fonds,


l’opération de crédit apparait comme une notion générique relativement à
diverses espèces de contrats. Ces derniers ont chacun une cause, un objet
spécifique. Ils permettent de réaliser néanmoins une même opération, une
opération de crédit.

3- La mise à la disposition ou la gestion de tout moyen de


paiement
La dernière catégorie d’opérations de banque est constituée par « la mise
à disposition de la clientèle ou la gestion des moyens de paiement ».

L’article 6 de la loi bancaire donne la définition suivante aux moyens de


paiement: « sont considérés comme moyens de paiement tous les instruments
qui, quelque soit le support ou le procédé technique utilisé, permettent à toute
personne de transférer des fonds »

De ce texte, il découle que les moyens de paiement sont des moyens de


transfert de fonds, des instruments permettant de faire circuler la monnaie
scripturale.

La formule du législateur est suffisamment souple pour couvrir toutes les


techniques existantes ou à créer permettant d’assurer le transfert de fonds.
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Ainsi le moyen de paiement peut être matérialisé dans un support (support


papier ou magnétique) comme le chèque ou le virement ou être dématérialisé
lorsqu’il réside uniquement dans un procédé technique comme c’est le cas de
certains instruments de télépaiement ou certains instruments de monnaie
électronique.

Outre les opérations de banque dont il vient d’être question, la loi bancaire
autorise les établissements de crédit à l’exercice des services de paiement prévus
par l’article 16 de la loi bancaire dont ils ont d’ailleurs le monopole avec les
établissements de paiement selon l’article 18 de la loi 103-12.

Les services de paiement sont définis par l’article 16 de la loi bancaire, il


s’agit :
- des opérations de transfert de fonds ;
- des dépôts et les retraits en espèces sur un compte de paiement;
- de l'exécution d'opérations de paiement par tout moyen de communication
à distance, à condition que l'opérateur agisse uniquement en qualité
d'intermédiaire entre le payeur et le fournisseur de biens et services;
- de l'exécution de prélèvements permanents ou unitaires, d'opérations de
paiement par carte et l'exécution de virements, lorsque ceux-ci portent sur
des fonds placés sur un compte de paiement.

Par ailleurs, les établissements de crédit peuvent également effectuer


d’autres activités non constitutives d’opérations de banque.

En d’autres termes, les activités qui ne sont pas soumises au monopole


bancaire et que le législateur énumère à l’article 7 de la loi bancaire. Il s’agit à
titre d’exemple des services d’investissement ; des opérations de change ; du
placement, de la souscription, l’achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs
mobilières et de tout produit financier.
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Ces opérations peuvent être accomplies par les établissements de crédit


sans aucune limite sauf à respecter les réglementations les concernant.

L’article 9 de la loi bancaire, autorise aussi les établissements de crédit,


sous certaines conditions, à prendre et détenir des participations dans des
entreprises existantes ou en création. Ces participations doivent avoir une
importance limitée dans la composition de leurs fonds propres et sont soumises
au contrôle de Bank Al Maghrib selon les dispositions de l’article 9 de la loi
bancaire.

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