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FONCTIONS USUELLES

PLAN
I : Fonctions trigonométriques
1) Réciproque des fonctions trigonométriques
2) Fonctions trigonométriques hyperboliques
II : Equations fonctionnelles
1) f(x+y) = f(x) + f(y)
2) f(x+y) = f(x)f(y)
3) f(xy) = f(x)+f(y)
4) f(xy) = f(x)f(y)
Annexe : trigonométrie

I : Fonctions trigonométriques

1– Réciproque des fonctions trigonométriques

a) arcsin :
sin : [–π/2,π/2] → [–1,1] est continue strictement monotone. Elle admet donc une réciproque notée
arcsin. On a donc :
θ = arcsinx ⇔ θ ∈ [–π/2,π/2] et x = sinθ

(On fera un rapprochement dans la formulation avec l'équivalence :


y = x ⇔ y ≥ 0 et x = y2)

Voici un tableau de valeurs :


x –1 3 2 1 0 1 2 3 1 sinθ
– – –
2 2 2 2 2 2
–π –π –π –π π π π π θ
arcsinx 0
2 3 4 6 6 4 3 2

arcsin est strictement croissante, impaire :


arcsin(–x) = – arcsinx
∀ x ∈ [–1,1], sin(arcsinx) = x
∀ θ ∈ [–π/2,π/2], arcsin(sinθ) = θ
MAIS cette dernière relation est fausse si θ appartient à un autre intervalle.

2 π
Exemple : arcsin[sin(3π/4)] = arcsin( )=
2 4
(On fera un rapprochement dans la formultation des relations précédentes avec :
∀ x ∈ +, ( x)2 = x
∀y∈  
+
, y2 = y
MAIS pour y quelconque dans   , y2 = y
cos(arcsinx) = 1–x2
car cos est positif sur [–π/2,π/2], et dans ce cas, cosθ = 1–sin2θ

1
La dérivée d'arcsinx est
1–x2
y

arcsinus

sinus

o x

b) arccos
cos : [0,π] → [–1,1] est continue strictement monotone. Elle admet donc une réciproque notée
arccos. On a donc :
θ = arccosx ⇔ θ ∈ [0,π] et x = cosθ

Voici un tableau de valeurs :


x –1 3 2 1 0 1 2 3 1 cosθ
– – –
2 2 2 2 2 2
arccosx π 5π 3π 2π π π π π 0 θ
6 4 3 2 3 4 6

arccos est strictement décroissante :


arccos(–x) = π – arccosx
En effet, θ = arccos(–x) ⇔ –x = cosθ et θ ∈ [0,π]
⇔ x = –cosθ = cos(π–θ) et π–θ ∈ [0,π]
⇔ π–θ = arccosx
∀ x ∈ [–1,1], cos(arccosx) = x
∀ θ ∈ [0,π], arccos(cosθ) = θ
MAIS cette dernière relation est fausse si θ appartient à un autre intervalle.
2 π
Exemple : arccos[cos(–π/4)] = arccos( )=
2 4

sin(arccosx) = 1–x2
car sin est positif sur [0,π], et dans ce cas, sinθ = 1–cos2θ

π
arcsinx + arccosx =
2
En effet, θ = arcsinx ⇔ θ ∈ [–π/2,π/2] et sinθ = x
⇔ x = cos(π/2–θ) et π/2–θ ∈ [0,π]
⇔ π/2–θ = arccosx

1
La dérivée de arccosx est –
1–x2
y

arccosinus

o x

cosinus

c) arctan
tan : ]–π/2,π/2[ →   est continue strictement monotone. Elle admet donc une réciproque notée
arctan. On a donc :
θ = arctanx ⇔ θ ∈ ]–π/2,π/2[ et x = tanθ

Voici un tableau de valeurs :


x –∞ – 3 –1 1 0 1 1 3 +∞ tanθ

3 3
–π –π –π –π π π π π θ
arctanx 0
2 3 4 6 6 4 3 2

arctan est strictement croissante, impaire :


arctan(–x) = – arctanx
∀ x ∈ , tan(arctanx) = x
 

∀ θ ∈ ]–π/2,π/2[, arctan(tanθ) = θ
MAIS cette dernière relation est fausse si θ appartient à un autre intervalle.

π
Exemple : arctan[tan(3π/4)] = arctan(–1) = –
4

1
cos(arctanx) =
1+x2
1
car cos est positif sur [–π/2,π/2], et dans ce cas, cosθ =
1+tan2θ
x
sin(arctanx) =
1+x2

arctanx + arctan = π.sgn(x) où sgn(x) = 1 si x > 0


1
x 2
= –1 si x < 0
Les deux membres étant des fonctions impaires de x, il suffit de le montrer pour x > 0. Dans ce cas,
on a :
1 1
θ = arctan ⇔ = tanθ et θ ∈ ]0,π/2[
x x
1
⇔x= = tan(π/2–θ) et π/2–θ ∈ ]0,π/2[
tanθ
⇔ π/2–θ = arctanx
1
La dérivée d'arctanx est .
1+x2
y

tan

arctan

o x

2– Fonctions trigonométriques hyperboliques

a) shx et chx
On pose :

ex – e–x ex + e–x
shx = –– chx =
2 2

On vérifie facilement que :


sh est impair.
ch est pair et strictement positif.
sh' = ch donc sh est strictement croissante, et du signe de x.
ch' = sh donc ch est décroissant sur ]–∞,0] et croissant sur [0,+∞[.
ex
shx ∼ chx ∼ au voisinage de +∞.
2
shx ∼ x au voisinage de 0 (car sh'0 = 1).
chx ∼ 1 au voisinage de 0.
x2 x
chx – 1 ∼ car on vérifiera que chx – 1 = 2.sh2 .
2 2

Il existe des formules de trigonométries hyperboliques, en particulier :


ch2x – sh2x = 1
On consultera sur ce point l'annexe, donnant une comparaison des formules de trigonométries
circulaire et hyperbolique.
y

ch

sh

o x

b) thx
shx ex – e–x e2x – 1
thx = = =
chx ex + e–x e2x + 1

On a :
th est impaire.
1
th'x = 2 = 1 – th2x > 0 donc th est strictement croissante.
ch x
lim thx = 1 et lim thx = –1
x→+∞ x→–∞
thx ∼ x au voisinage de 0 (car th'0 = 1).

A titre d'exercice, on pourra chercher les réciproques des fonctions hyperboliques.


y

th

o x

c) argshx
sh est continue strictement monotone de   sur   . Cette fonction admet donc une réciproque, notée
argshx.
ey – e–y
y = argshx ⇔ x = shy =
2
D'où :
e2y – 2.ey.x – 1 = 0
⇒ ey = x ± x2+1
La seule racine positive est x + x2+1 . On a donc :
y = argshx = ln(x + x2+1)
1
Sa dérivée vaut 2
x +1

d) argchx
ch est continue strictement monotone de [0,+∞[ sur [1,+∞[. Cette fonction admet donc une
réciproque, notée argchx.
ey + e–y
y = argchx ⇔ x = chy = et y ≥ 0
2
D'où :
e2y – 2.ey.x + 1 = 0
⇒ ey = x ± x2–1
Les deux racines sont positives, mais la seule racine supérieure ou égale à 1 est x + x2–1 . On a
donc :
y = argchx = ln(x + x2–1)
En fait, il peut être parfois utile d'étendre cette fonction à l'intervalle ]–∞,–1] en considérant
ln x + x2–1 , dont on vérifiera en exercice qu'elle est impaire.
1
Sa dérivée vaut 2 .
x –1

c) argthx
th est continue strictement monotone de sur ]–1,1[. Elle admet donc une réciproque notée argthx
 

y = argthx ⇔ x = thy

D'où :
e2y–1
=x
e2y+1
x+1
⇒ e2y =
1–x
1 x+1
⇒ y = argthx = ln .
2 1–x
1 x+1
Il est parfois utile d'étendre cette fonction à \ {–1,1} en considérant ln
2 1–x
 

1
Sa dérivée vaut
1–x2

II : Equations fonctionnelles
Dans tout ce paragraphe, les fonctions sont continues.

1– f(x+y) = f(x) + f(y)


f(x) = ax vérifie cette équation. Inversement, soit f une fonction continue vérifiant cette équation.
Posons a = f(1).
i) f(0) = 0. Il suffit de prendre x = y = 0
ii) ∀ n ∈ , f(nx) = nf(x). Cela se prouve aisément par récurrence.

iii) ∀ n ∈ , f(nx) = nf(x). Pour n > 0, on a en effet :



0 = f(0) = f(nx–nx) = f(nx) + f(–nx) = nf(x) + f(–nx)


⇒ f(–nx) = –nf(x)
iv) ∀ n ∈ , f(n) = an. Il suffit de prendre x = 1 dans iii)

1 a 1
v) ∀ n ∈ *, f( ) = . Il suffit en effet de prendre x = dans iii). On a alors :
n n n

n 1
a = f(1) = f( ) = nf( )
n n
n
vi) ∀ x ∈ , f(x) = ax. En effet, si x = , on a, d'après iii) et iv) :
q

an
f(x) = f(n/q) = nf(1/q) = = ax
q
vii) ∀ x ∈ , f(x) = ax. Il suffit de prendre une suite de rationnels convergeant vers x, et
 

d'utiliser vi) et la continuité de f pour faire un passage à la limite.

Nous pouvons donc conclure :


PROPOSITION
Les fonctions continues vérifiant l'équation fonctionnelle f(x+y)=f(x)+f(y) sont les fonctions
linéaires.

2– f(x+y) = f(x)f(y)
f(x) = Ax, A > 0, vérifie cette équation. Inversement, soit f une fonction continue vérifiant cette
équation :
Si f s'annule en un point x, alors f est identiquement nulle. En effet, pour tout t :
f(t) = f(t–x+x) = f(t–x)f(x) = 0.
Nous supposerons donc que f ne s'annule en aucun x. D'après le théorème des valeurs intermédiaires,
f est de signe constant, et comme f(2) = f(1)2 > 0, on en déduit que f est strictement positive. Posons
g(x) = ln(f(x)). g est continue et vérifie : g(x+y) = g(x) + g(y). D'après le 1), il existe donc a tel que
g(x) = ax. Donc f(x) = exp(ax) = Αx avec Α = exp(a).

Nous pouvons donc conclure :


PROPOSITION
Les fonctions continues vérifiant l'équation fonctionnelle f(x+y)=f(x)f(y) sont :
– la fonction identiquement nulle
– les fonctions exponentielles Αx, Α > 0.

3– f(xy) = f(x)+f(y)
f(x) = lnx vérifie cette équation. Inversement, soit f une fonction continue vérifiant cette équation.
Posons g(x) = f(ex). g est continue et vérifie g(x+y) = g(x) + g(y). Donc il existe a tel que
g(x) = ax = f(ex).
Ainsi, pour x > 0, f(x) = alnx
f ne peut être définie continue sur , sauf si a = 0. Il se peut que f soit définie continue sur *. Si
   

b = f(–1), on a alors 0 = f(1) = f[(–1)2] = 2f(–1) donc f(–1) = 0. Pour x > 0, on alors :
f(–x) = f(–1) + f(x) = f(x). Ainsi, f(x) = f( x ) = aln x
fonction qui vérifie bien la relation.

Nous pouvons conclure :


PROPOSITION
Soit f une fonction continue vérifiant l'équation fonctionnelle f(xy)=f(x)+f(y). Alors :
– Si f est définie sur , f = 0.
 

+ *
– Si f est définie sur   ou sur   , alors f(x) = aln( x ).

4– f(xy) = f(x)f(y)
f(x) = xµ vérifie cette équation. Inversement, soit f continue vérifiant cette équation. Posons
g(x) = f(ex). On a alors g(x+y) = g(x)g(y). Donc g = 0 ou bien il existe Α > 0 tel que g(x) = Αx.
i) Dans le premier cas, f = 0 sur +*. Pour x = 0, on a f(0) = f(0)f(1) = 0, et pour x > 0,
 

f(–x) = f(–1)f(x) = 0. f est identiquement nulle.


ii) Dans le second cas, pour x > 0, f(x) = g(lnx) = Αlnx = xlnΑ = xµ avec µ = lnΑ. Cette
fonction ne peut être définie et continue en 0 que si µ ≥ 0. Si f est définie sur –*, alors  

f(1) = 1 = f[(–1)2] = f(–1)2, donc f(–1) = 1 ou –1.


Si f(–1) = 1, alors, pour x > 0, f(–x) = f(–1)f(x) = xµ et donc, pour tout x non nul, f(x) = x µ
Si f(–1) = –1, alors, pour x > 0, f(–x) = –xµ , et donc, pour tout x non nul, f(x) = sg(x). x µ ,
fonction qui vérifie bien la relation.
Nous pouvons conclure :
PROPOSITION
Soit f une fonction continue vérifiant l'équation fonctionnelle f(xy) = f(x)f(y). Alors f est l'une des
fonctions suivantes :
–f=0
– f(x) = x µ
– f(x) = sg(x). x µ

Annexe : trigonométrie
Voici une comparaison des formules de trigonométrie circulaires et hyperboliques :

eix + e–ix ex + e–x


cosx = ch =
2 2
e – e–ix
ix
e – e–x
x
sinx = shx =
2i 2
sinx shx
tan x = thx =
cosx chx

DERIVEES
cos'x = –sinx ch'x = shx
sin'x = cosx sh'x = chx
1 1
tan'x = = 1 + tan2x th'x = 2 = 1 – tan2x
cos2x ch x
FORMULES
cos2x + sin2x = 1 ch2x – sh2x = 1
cos(a+b) = cosa cosb – sina sinb ch(a+b) = cha chb + sha shb
cos(a–b) = cosa cosb + sina sinb ch(a–b) = cha chb – sha shb
cos(2x) = cos2x – sin2x ch(2x) = ch2x + sh2x
1 + cos(2x) 1 + ch(2x)
cos2x = ch2x =
2 2
sin(a+b) = sina cosb + cosa sinb sh(a+b) = sha chb + cha shb
sin(a–b) = sina cosb – cosa sinb sh(a–b) = sha chb – cha shb
sin(2x) = 2 sin x cos x sh(2x) = 2 sh x ch x
1 – cos(2x) ch(2x) – 1
sin2x = sh2x =
2 2
tana + tanb tha + thb
tan(a + b) = th(a + b) =
1 – tana tanb 1 + tha thb
tana – tanb tha – thb
tan(a – b) = th(a – b) =
1 + tana tanb 1 – tha thb
2 tanx 2 thx
tan(2x) = th(2x) =
1 – tan2x 1 + th2x
1 1
cosa cosb = [cos(a + b) + cos(a – b)] cha chb = [ch(a + b) + ch(a – b)]
2 2
1 1
sina sinb = – [cos(a + b) – cos(a – b)] sha shb = [ch(a + b) – ch(a – b)]
2 2
1 1
sina cosb = [sin(a + b) + sin(a – b)] sha chb = [sh(a + b) + sh(a – b)]
2 2
p+q p–q p+q p–q
cosp + cosq = 2 cos cos chp + chq = 2 ch ch
2 2 2 2
p+q p–q p+q p–q
cosp – cosq = –2 sin sin chp – chq = 2 sh sh
2 2 2 2
p+q p–q p+q p–q
sinp + sinq = 2 sin cos shp + shq = 2 sh ch
2 2 2 2
x
x pour t = th
pour t = tan 2
2 2t
shx =
sinx =
2t 1 – t2
1 + t2 1 + t2
1 – t2 chx =
cosx = 1 – t2
1 + t2 2t
thx =
tanx =
2t 1 + t2
1 – t2
PARAMETRAGES
x2 y2 x2 y2
paramétrage de l'ellipse + =1 paramétrage de l'hyperbole – =1
a2 b2 a2 b2
x = a cos t y = b sin t x = a ch t y = b sh t

EQUIVALENTS au voisinage de 0
sin x ~ x sh x ~ x
cos x ~ 1 ch x ~ 1
tan x ~ x th x ~ x
2 2
1 – cosx ∼ x chx – 1 ∼ x
2 2

DEVELOPPEMENTS LIMITES au voisinage de 0


n n

sinx =

k=0
(–1)k x2k+1
(2k+1)!
+ o(x2n+2) shx =

k=0
x2k+1
(2k+1)!
+ o(x2n+2)

n n

cosx =

k=0
(–1)k x2k
(2k)!
+ o(x2n+1) chx =

k=0
x2k
(2k)!
+ o(x2n+1)

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