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Expertise médicolégale.

Réparation du préjudice corporel en


oto-rhino-laryngologie
Responsabilité médicale
Responsabilité pénale
Responsabilité civile
Responsabilité administrative
Responsabilité déontologique ou disciplinaire
Évolution de la responsabilité
Expert de justice
Définition
Qualités de l'expert judiciaire
Responsabilité de l'expert
Expertise
Différentes expertises
Méthodologie de l'expertise
Imputabilité, préjudices et barèmes en oto-rhino-laryngologie
Imputabilité et état antérieur
Concept d'aggravation
Préjudices
Barèmes applicables en oto-rhino-laryngologie
Appréciation des dommages en oto-rhino-laryngologie
Dommages auditifs
Dommages affectant la fonction d'équilibration
Dommages olfactifs
Dommages nerveux périphériques

Responsabilité médicale
Le principe de la responsabilité du médecin repose sur trois notions fondamentales constituées par
:

• un fait dommageable : la faute d'action ou d'abstention ;

• un préjudice réel : le dommage ;

• un lien de causalité entre le préjudice subi et la faute.

La loi dite « loi Fauchon » du 10 juillet 2000 établit une distinction fondamentale entre l'auteur
direct du dommage et l'auteur indirect. Plus le lien de causalité entre l'auteur et le dommage est
éloigné, plus la faute doit être grave [1].

La responsabilité médicale est de quatre ordres.

Responsabilité pénale [2]

Elle met en jeu une procédure sanction visant à punir le médecin (elle n'exclut pas une procédure
civile indemnitaire). Le tribunal compétent est le plus souvent le tribunal correctionnel qui juge les
délits.

Sept infractions peuvent conduire le médecin devant un tribunal correctionnel :

• les atteintes involontaires à la vie ;

• les atteintes involontaires à l'intégrité de la personne ;

• la mise en danger de la personne d'autrui et l'imprudence, la négligence ou le manquement à une obligation de prudence
et de sécurité ;
• l'expérimentation sur la personne humaine ;

• l'omission de porter secours ;

• la violation du secret professionnel ;

• l'établissement de faux certificats.

L'expertise qui résulte de la mise en examen du médecin n'est pas contradictoire. Il n'existe pas
d'assurance en responsabilité pénale.

Point fort
Sept infractions peuvent conduire le médecin devant un tribunal correctionnel.

Responsabilité civile
Elle repose sur l'article 1382 du Code civil : « Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui
un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer. »

Elle entraîne une procédure d'un tribunal de grande instance qui vise à indemniser la victime de
l'accident médical. C'est l'assurance professionnelle du médecin, obligatoire en matière civile, qui
prend en charge les frais d'expertise et l'éventuelle indemnisation. L'expertise est contradictoire :
l'expert doit entendre les deux parties et leurs conseils.

Point fort
L'assurance est obligatoire en matière civile, elle n'existe pas en responsabilité pénale.

Le médecin a deux obligations, dont le défaut constitue une faute pouvant aboutir à indemniser la
victime :

• l'obligation d'information : elle aboutit au consentement éclairé du patient de subir tel ou tel traitement. L'absence
d'information entraîne une perte de chances pour le patient qui aurait pu refuser le traitement proposé. C'est au médecin
d'apporter la preuve de cette information ;

• l'obligation de délivrer des soins conformes aux données actuelles de la science (obligation de moyens). Il appartient au
malade d'apporter la preuve de la faute.

Point fort
Informer son patient et lui donner des soins conformes aux données actuelles de la science
constituent, en droit civil, les deux obligations du médecin.

Responsabilité administrative
L'existence de l'ordre administratif découle du principe de la séparation des pouvoirs qui a pour
conséquence que l'Administration se juge elle-même (loi du 24 mai 1872).

La responsabilité administrative est celle du médecin exerçant dans un établissement public de


santé. Le médecin hospitalier, n'agissant pas pour son propre compte, est « couvert » par l'hôpital
qui, en cas de faute professionnelle grave ou de faute détachable du service, peut dégager sa
responsabilité et ne plus soutenir son médecin. Le tribunal administratif est la juridiction
compétente. La responsabilité administrative est proche de la responsabilité civile. L'expertise
répond aux règles du contradictoire.

Responsabilité déontologique ou disciplinaire


Le médecin est responsable de ses actes devant le Conseil de l'Ordre qui peut le sanctionner
indépendamment de toute décision judiciaire ou administrative. Le Conseil de l'Ordre veille au
respect du Code de déontologie médicale.

Évolution de la responsabilité

Point fort
La responsabilité du médecin et des établissements de santé ont profondément évolué.

Présomption de faute
La responsabilité de l'hôpital peut être engagée en cas de faute présumée. Par exemple, il existe
une obligation de sécurité-résultat concernant les infections nosocomiales : « Les établissements
de santé sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales sauf s'ils
rapportent la preuve d'une cause étrangère » (loi du 4 mars 2002) [3].

Présomption de causalité
La responsabilité de l'hôpital peut être engagée en cas de lien de causalité présumé. Cette
présomption s'applique si le préjudice semble résulter d'un fonctionnement anormal du service
public.

Aléa thérapeutique[4]
Il est défini par la Cour de cassation comme « la réalisation, en dehors de toute faute du praticien,
d'un risque inhérent à l'acte médical et qui ne pouvait être maîtrisé ». La loi du 4 mars 2002
organise son indemnisation au titre de la solidarité nationale. Les instances concernées sont les
CRCI[5], la CNAM et l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM). Les
conditions d'indemnisation de l'aléa sont :

• un taux d'invalidité permanente partielle (IPP) supérieur à 24 % ;

• une interruption totale de travail (ITT) de 6 mois consécutifs ou de 6 mois non consécutifs sur une période de 12
mois ;

• des troubles particulièrement graves dans les conditions d'existence ;

• un arrêt définitif de l'activité professionnelle exercée antérieurement.

La CRCI doit rendre son avis dans un délai de 6 mois.

Point fort
La Commission nationale des accidents médicaux a fixé les conditions d'indemnisation de l'aléa
thérapeutique.

Expert de justice
Définition [6]

L'expert est un auxiliaire de justice commis par le juge en raison de ses lumières particulières.
L'expertise est une mesure d'instruction confiée à un technicien compétent en l'art médical par un
juge judiciaire ou administratif peu ou pas compétent en cette matière. Le juge peut désigner
toute personne de son choix mais l'article 1 er du décret du 23 décembre 2004 stipule : « il est
dressé chaque année une liste nationale et une liste par Cour d'appel sur lesquelles sont inscrits
les experts désignés tant en matière civile qu'en matière pénale ». L'inscription initiale d'un expert
sur une liste se fait à titre probatoire pour une durée de 2 ans. À l'issue de cette période
probatoire et sur présentation d'une nouvelle candidature, l'expert peut être réinscrit pour une
durée de 5 ans après avis d'une commission associant des magistrats et des experts. Pour
présenter sa candidature à une inscription, l'expert doit prouver sa compétence technique et sa
connaissance des principes directeurs du procès et des règles de procédure applicables aux
mesures d'instruction confiées à un technicien, ainsi que les formations qu'il a suivies dans ces
domaines (article 120 alinéa 2 du décret du 23 décembre 2004).

L'expert inscrit sur une liste a deux obligations :

• le serment : il jure « d'apporter son concours à la justice, d'accomplir sa mission, de faire son rapport et de donner un avis
en honneur et conscience » ;

• la rédaction d'un compte rendu annuel d'activité : nombre de rapports déposés et formations suivies dans l'année
précédente.

Point fort
L'expert a obligation de se former.

Qualités de l'expert judiciaire


L'expert contribue à la résolution d'un conflit entre différentes parties. Pour accomplir sa mission,
la recherche de la vérité, il doit posséder un certain nombre de qualités.

Vertus cardinales de l'expert


Les vertus cardinales de l'expert sont :

• la compétence qui est duelle, professionnelle en l'occurrence médicale, expertale comprenant une connaissance juridique
de base et la maîtrise de la méthodologie expertale ;

• l'indépendance qui garantit son impartialité envers les parties ;

• la loyauté envers le juge qui le saisit ;

• la conscience : la notion de contradictoire doit être présente dans le raisonnement de l'expert qui doit pratiquer le doute
méthodique.

Qualités distales et proximales de l'expert

Les qualités distales sont essentielles pour acquérir le recul nécessaire à la mission demandée :
prudence, responsabilité, autorité, sérénité, objectivité, réserve et distance à l'égard des parties.

Les qualités proximales adoucissent le profil de l'expert : humanité, écoute, bienveillance,


délicatesse, humilité.

L'ensemble de ces qualités va permettre à l'expert d'accomplir sa mission selon un rituel strict :

• avec respect du contradictoire (du moins en procédure civile ou administrative) ;


• avec diligence : disponibilité, efficacité et célérité. Respect des délais impartis par le juge ;

• avec pédagogie : le rapport d'expertise doit être clair, didactique, écrit en français concis, éloigné de tout jargon
professionnel.

Responsabilité de l'expert
La responsabilité de l'expert est engagée conformément au droit commun de la responsabilité
civile. L'expert doit s'assurer personnellement pour cette activité d'expertise (expert à l'hôpital).
Citons quelques fautes que l'expert peut commettre : accepter une mission qui dépasse sa
compétence, ne pas respecter le délai fixé dans la mission, ne pas respecter le principe du
contradictoire, déléguer les fonctions pour lesquelles il a été commis, rendre un rapport
incompréhensible au juge. Citons quelques infractions pénales possibles : violation du secret
professionnel, violation du secret de l'instruction, rédaction d'un faux.

Expertise
Une bonne secrétaire est la clé de voûte de l'expertise.

Différentes expertises
On distingue :

• l'expertise amiable, pratiquée dans le cadre privé, demandée par les victimes, par un avocat, par une société d'assurance ;

• l'expertise officieuse demandée par une seule des parties ;

• l'expertise demandée par les organismes sociaux ; elles concernent les litiges opposant les assurés sociaux aux caisses
d'assurance maladie. L'expert désigné doit être inscrit sur une liste spécifique près la Cour d'appel dont il dépend. Il est
désigné par la caisse de Sécurité sociale, mais peut être récusé par le médecin traitant. Le médecin traitant et le médecin
conseil sont avisés de la date de l'expertise. L'expert doit envoyer ses conclusions motivées dans les 48 heures à la
victime et à la caisse avant de rédiger son rapport. L'expert peut être désigné unilatéralement par le Tribunal du
contentieux de l'incapacité (TCI) pour donner un avis qui ne sera pas forcément suivi par le tribunal ;

• l'expertise pour pension militaire. L'expert désigné par le Tribunal des pensions doit appliquer un barème spécifique ;

• l'expertise en matière pénale. L'expert, inscrit sur une liste près la Cour d'appel, est nommé le plus souvent par le juge
d'instruction ou le procureur de la République. Les pièces sont transmises à l'expert sous forme de scellés. L'expertise
n'est pas contradictoire ;

• l'expertise en matière civile. Il s'agit de l'expertise la plus courante ; elle est contradictoire. L'expert, inscrit sur une liste,
est désigné par le tribunal de grande instance ;
• l'expertise devant les juridictions administratives. Elle répond aux mêmes règles que l'expertise judiciaire civile. Il n'existe
pas de liste officielle des experts désignés par les tribunaux administratifs.

Méthodologie de l'expertise
Le déroulement d'une expertise est ordonné par des règles procédurales et la démarche expertale
correspond à un véritable rituel qui contribue à apaiser l'ambiance conflictuelle de la confrontation
entre les deux parties. Le déroulement d'une expertise ordonnée par une juridiction judiciaire
civile sert d'exemple.

Point fort
L'expertise se déroule selon un rituel strict.

Préalables
La saisine de l'expert par une ordonnance ou un jugement.

L'acceptation de la mission : l'expert est tenu de l'accepter sauf si elle sort de sa compétence, s'il
existe des liens entre lui et l'une des parties, si les délais impartis pour la remplir sont trop courts
pour son emploi du temps. En matière médicale, les objectifs de la mission sont pratiquement
toujours les mêmes.

La notification du versement de la consignation : le juge fixe le montant de la rémunération de


l'expert, la ou les parties doivent consigner la provision au greffe. L'expert attendra cette
notification pour commencer ses travaux.

La convocation des parties et de leurs conseils : elle est faite par lettre recommandée avec accusé
de réception en laissant un délai raisonnable aux parties pour s'organiser. L'expert devra être
ferme pour le maintien de la date fixée.

La communication des pièces médicales : l'expert précise au patient d'apporter son dossier
médical qu'il peut assez facilement se procurer depuis la loi du 4 mars 2002 (« Toute personne a
accès à l'ensemble des informations concernant sa santé »). En respectant le secret professionnel
les pièces du dossier peuvent être dupliquées et communiquées aux parties.

La désignation d'un sapiteur : l'expert doit remplir personnellement sa mission, mais il peut
s'adjoindre la collaboration d'un spécialiste si une partie de la mission lui échappe. Il rémunérera
directement son sapiteur après avoir prévenu le juge à qui il pourra demander une provision
supplémentaire.

Examen de la personne objet de l'expertise


L'examen des pièces classées par ordre chronologique et numérotées sera très soigneux et
précédera l'examen de la victime. L'étude du dossier « fait l'expertise ».

L'accueil du patient se fait avec tact et bienveillance en précisant bien que l'expert n'est ni juge ni
partie et n'est là que pour découvrir la vérité des faits.

Les intervenants seront présentés.

La mission sera expliquée.

Concernant l'interrogatoire de la victime et des parties, l'expert devra veiller au déroulement


serein des discussions en faisant sentir que c'est lui qui mène les débats. En responsabilité
médicale, l'interrogatoire se termine en demandant au patient ce qu'il reproche finalement à son
médecin.

L'examen clinique est soumis à une triple exigence :

• le respect du secret professionnel ;

• la protection de l'intimité de la vie privée : l'expert peut pratiquer seul son examen, mais le patient peut se faire
accompagner de la personne de son choix ;

• le respect du contradictoire.

Toutes les parties doivent être informées des constatations opérées par le médecin expert et
peuvent poser des questions.

Rédaction du rapport
Elle est parfois précédée par la rédaction d'un prérapport demandé par le juge ou souhaité par les
parties, leur permettant ainsi d'adresser leurs remarques à l'expert avant le dépôt du rapport
définitif. L'expert fixera un délai aux parties pour adresser leurs dires.

Le plan du rapport est assez stéréotypé :

• rappel de la désignation, précision des acteurs présents à l'expertise ;


• rappel de la mission ;

• énumération des pièces communiquées et consultées ;

• description des faits ;

• description d'un état pathologique antérieur conditionnant l'imputabilité des dommages subis à l'accident litigieux ;

• relation des doléances de la victime ;

• constatations résultant de l'examen médical ;

• relation des observations des parties (après le dépôt d'un prérapport) et réponses apportées ;

• discussion : ce chapitre décrit le mode de raisonnement par lequel l'expert aboutit à l'explication des faits ;

• réponses aux différents points de la mission : elles doivent être précises et non ambiguës. Si l'expert ne peut répondre, il
doit le dire et pourquoi ;

• conclusion rappelant les différents postes de préjudice et leur cotation.

Si plusieurs experts interviennent, le rapport doit être unique, souvent rédigé par un seul expert
qui incorpore à son texte les écrits de ses collègues, et cosigné par l'ensemble des experts.

Imputabilité, préjudices et barèmes en oto-rhino-laryngologie


Imputabilité et état antérieur
L'indemnisation du dommage corporel exige la preuve de la réalité du dommage, mais aussi la
preuve que ce dommage est bien imputable à un événement. Le dommage doit être lié de façon
certaine et exclusive à l'accident litigieux. L'imputabilité est intimement liée à l'état pathologique
antérieur qui peut aggraver le dommage évalué et ne sera pas indemnisé. La recherche et
l'évaluation de l'état antérieur sont donc primordiales. Elles sont quelquefois faciles (ex. : surdité
par fracture du rocher sur otospongiose connue), souvent difficiles, parfois impossibles (ex. :
surdité traumatosonore sur surdité génétique méconnue).

En otologie, en cas de dommage unilatéral, la comparaison avec l'oreille controlatérale est d'une
grande aide pour l'expert.

Concept d'aggravation
Depuis l'arrêt de la ville de Bordeaux (9 juin 1978), la jurisprudence permet à une victime de
bénéficier d'une indemnisation complémentaire devant une aggravation de son état. En droit du
travail, l'IPP peut être révisée en aggravation et en amélioration ; en droit commun, la révision ne
peut se faire qu'en aggravation.

Préjudices
La consolidation constitue la ligne de partage entre les préjudices temporaires et les préjudices
permanents.

Les préjudices temporaires, avant consolidation, comprennent : l'incapacité temporaire (IT), les
souffrances endurées, les frais médicaux.

Les préjudices permanents, après consolidation, comprennent : l'incapacité permanente partielle


(IPP), le dommage esthétique, la privation d'agrément, l'atteinte sexuelle, le retentissement
professionnel, les frais médicaux après consolidation.

Incapacité temporaire totale


Période d'incapacité pendant laquelle, en relation certaine directe et exclusive avec l'accident,
l'intéressé ne peut exercer son activité habituelle ou n'aurait pu exercer un emploi correspondant
à sa qualification. La durée d'ITT est évaluée in abstracto par l'expert et ne correspond pas
forcément à la durée d'arrêt de travail prescrit par le médecin traitant.
L'incapacité temporaire partielle (ITP), période entre l'ITT et la consolidation, correspond à une
incapacité limitée à certaines des activités de l'intéressé. L'expert ne doit pas l'exprimer en
pourcentage, mais simplement en énumérant les activités que la victime ne peut plus exercer.

Souffrances endurées (pretium doloris)


Il s'agit de la douleur physique, psychique et morale résultant de l'accident. Elles sont évaluées
sur une échelle de 1 à 7 (très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important, très
important).

Incapacité permanente partielle


L'IPP est le pivot de l'évaluation du dommage corporel. C'est la réduction définitive du potentiel
physique, psychosensoriel ou intellectuel résultant d'une atteinte à l'intégrité
anatomophysiologique. Elle est évaluée de 0 à 100 % grâce à des barèmes spécifiques.

Dommage esthétique
Il doit être évalué in abstracto par le médecin. Comme le pretium doloris, il s'évalue sur une
échelle de 1 à 7.

Projet de la Cour de cassation et Mission droit commun 2006


Une commission de la Cour de cassation présidée par Jean-Pierre Dintilhac, président de la 2 e
Chambre civile, a proposé une réforme en profondeur des postes de préjudice en confirmant la
distinction entre postes économiques et non économiques d'une part et entre les postes à
caractère temporaire et ceux à caractère définitif d'autre part, (Tableau 1).

Dans le courant du 1 er semestre 2006, l'Association pour l'étude et la réparation du dommage


corporel (AREDOC) a élaboré une nouvelle mission d'expertise en prenant en considération les
propositions de la commission Dintilhac. Ainsi apparaissent les notions de déficit fonctionnel
temporaire (DFT) et de déficit fonctionnel permanent (DFP) concrétisé par l'atteinte permanente à
l'intégrité physique et psychique (AIPP). L'ITT et l'ITP sont remplacées par l'arrêt temporaire des
activités professionnelles. Les tableaux de concordance ci-après (Tableau 2, Tableau 3) illustrent
l'évolution entre la mission 1994 devenue obsolète et la mission 2006 influencée par la
commission Dintilhac.

Le texte de la mission 2006 est disponible en ligne, il encadrera désormais les opérations
d'expertise qu'elles soient judiciaires ou amiables.

Points forts
La commission Dintilhac a permis la réforme des postes de préjudice.
Une nouvelle mission d'expertise existe depuis 2006.

Retenons que cette mission est principalement destinée à l'évaluation des séquelles légères et
moyennes qui constituent plus de 90 % des dossiers.

Barèmes applicables en oto-rhino-laryngologie


Un barème, quel qu'il soit, n'est qu'un simple outil indicatif de mesure ; il ne saurait pallier
l'insuffisance de compétence médicolégale de l'expert.

Quatre barèmes sont à la disposition de l'expert qui doit vérifier celui qui correspond au cadre de
son expertise. Pour plus de détails, le lecteur se reportera à la lecture du rapport 2003 à la
Société française d'ORL sur l'expertise[7] :
• le barème utilisable en droit commun : c'est le barème le plus couramment utilisé ; sa dernière mise à jour publiée par le
Concours Médical date de 2003 ;

• le barème utilisable dans le cadre de la législation des accidents du travail et des maladies professionnelles ;

• le barème utilisable dans le cadre de la fonction publique (article L28 du Code des pensions civiles et militaires) ;

• le barème applicable pour l'attribution des prestations aux personnes handicapées. Utilisé dans le cadre de la
Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) et de la Commission départementale
d'éducation spécialisée (CDES), il s'applique pour la prise en charge des enfants sourds mais aussi pour tous les autres
handicaps de notre spécialité (laryngectomisé).

Dans les révisions des taux de pensions militaires, l'ancien Code des pensions (1915) s'applique
encore.

Enfin mentionnons dans ce chapitre le tableau n° 42 (surdité provoquée par les bruits lésionnels)
modifié pour la forme de calcul de la perte auditive le 25 septembre 2003.

Point fort
Quatre barèmes sont à la disposition de l'expert.

Appréciation des dommages en oto-rhino-laryngologie


Il ne saurait être question d'être exhaustif. Nous n'aborderons que les dommages et séquelles
déterminant les expertises les plus fréquentes dans notre spécialité et encore serons-nous très
succincts sur les séquelles otologiques détaillées dans un récent article dans cette même
encyclopédie[8].

Dommages auditifs
Leurs circonstances de survenue sont très fréquentes : traumatismes crâniens, fractures du
rocher, traumatismes cervicaux, traumatismes sonores, surdité toxique, chirurgie otologique en
droit commun ; traumatismes sonores et surdité professionnelle en droit du travail. L'évaluation
de la perte auditive doit être précise, reposant sur l'audiométrie tonale et vocale (réalisée en
cabine insonorisée sur des audiomètres étalonnés), l'impédancemétrie et les réflexes stapédiens,
l'étude des otoémissions acoustiques et de leurs produits de distorsion et l'étude des potentiels
évoqués auditifs précoces. Les résultats de ces différents examens doivent être cohérents et
concordants. Le calcul de la perte auditive se fait par l'application d'une formule spécifique :


  en droit commun ;


  dans les autres barèmes y compris dans le barème accidents du travail depuis le 25 septembre
2003.

Le calcul de l'IPP s'effectue grâce à un tableau à double entrée croisant les pertes auditives des
deux oreilles, spécifique au barème concerné par le cadre de l'expertise (Tableau 4, Taux
d'invalidité en fonction de la perte auditive moyenne en droit commun).

Par exemple, les surdités profondes unilatérale et bilatérale sont respectivement évaluées à 14 et
60 % en droit commun, à 20 et 70 % en droit du travail, à 15 et 60 % par le barème utilisable
dans le cadre de la fonction publique et à 20 et 80 % par le barème applicable pour l'attribution
des prestations aux personnes handicapées.
En cas de distorsion auditive (recrutement), entraînant un trouble de l'intelligibilité plus marqué
que ne le laisserait présager le test tonal, une majoration de l'invalidité peut être proposée,
fondée sur l'altération du test vocal.

L'expert précise si un appareillage est possible. Si la victime est appareillée, l'expert décrit
l'amélioration fonctionnelle obtenue (gain prothétique).

Les acouphènes sont évalués à part et ne peuvent pas, en droit commun, donner lieu à une
invalidité dépassant 3 % (dans le barème des pensions militaires, le pourcentage d'invalidité pour
les acouphènes ne peut être inférieur à 10 !).

Rappelons enfin que dans le cadre de la maladie professionnelle n° 42, la surdité doit être
bilatérale, le plus souvent symétrique, affectant préférentiellement les fréquences aiguës, que
l'audiométrie tonale et vocale doit être réalisée après une cessation d'exposition au bruit d'au
moins 3 jours et doit faire apparaître sur la meilleure oreille un déficit d'au moins 35 dB. Aucune
aggravation de cette surdité professionnelle ne peut être prise en compte, sauf en cas de nouvelle
exposition au bruit lésionnel.

Dommages affectant la fonction d'équilibration


L'altération de cette fonction est souvent associée à une atteinte auditive et survient dans les
mêmes cadres étiologiques.

L'étude clinique, interrogatoire et examen, est ici primordiale, confortée par les études
instrumentales reposant sur la vidéonystagmographie.

Point important
Remarque importante inscrite dans le barème droit commun du Concours Médical : « L'essentiel pour
l'appréciation de la gêne fonctionnelle n'est pas la mise en évidence d'une lésion mais la qualité de la
stratégie de compensation développée par le sujet. »

Sont évaluées le plus souvent les séquelles d'une destruction labyrinthique uni- ou bilatérale,
parfois celles résultant d'un vertige paroxystique par canalolithiase.

Le taux d'IPP peut aller en droit commun jusqu'à 20 % pour une atteinte vestibulaire destructive
bilatérale mal compensée. Il est généralement de 3 % pour une atteinte unilatérale correctement
compensée.

Dommages olfactifs
En dehors de rares cas d'inhalation de vapeurs toxiques, ils sont le plus souvent d'origine
traumatique (choc occipital avec cisaillement des filets olfactifs par ébranlement de la masse
cérébrale). Une évaluation quantitative de l'hyposmie est actuellement difficile, l'expert se bornera
à dire si le patient sent ou ne sent pas. Le dépistage des simulateurs n'est pas évident et repose
sur le croisement des tests olfactifs et gustatifs, les deux fonctions étant généralement
confondues par les patients. L'anosmie totale, selon l'existence ou non d'un trouble de
comportement alimentaire, peut déterminer une IPP de 3 à 8 %, en droit commun.

Dommages nerveux périphériques


Ils font le plus souvent l'objet d'expertises en responsabilité médicale faisant suite à un geste
chirurgical traumatique.

Il faut un recul d'au moins 1 an pour pouvoir fixer une date de consolidation et évaluer les
séquelles.

L'expert doit connaître le taux de fréquence des paralysies rapporté par la littérature.
La question de l'utilisation d'un moniteur de dissection peropératoire de certains nerfs n'a pour
l'instant pas de réponse médicolégale sauf dans la chirurgie de l'angle pontocérébelleux où le
monitorage est obligatoire.

Paralysie faciale
Elle est rencontrée au cours des fractures du rocher ou dans la chirurgie de l'angle
pontocérébelleux, du rocher, de l'oreille moyenne ou de la parotide.

L'évaluation de la paralysie faciale (PF) se fait suivant la classification de House et Brackmann par
l'étude du testing musculaire clinique. L'électromyographie a plutôt un intérêt pronostique.

Le taux d'invalidité évalue la composante paralytique et l'éventuelle composante spastique : IPP 5


à 15 % pour une PF unilatérale, jusqu'à 10 % pour un hémispasme facial en droit commun.

Paralysies laryngées
Survenant généralement à la suite d'une atteinte du nerf récurrent, elles sont surtout rencontrées
dans le cadre de la chirurgie thyroïdienne où l'atteinte récurrentielle unilatérale est assez
fréquente (1 à 3 %) ; l'atteinte bilatérale est beaucoup plus rare (0,07 à 0,2 %). La fréquence est
étroitement corrélée à la nature de la pathologie thyroïdienne.

La date de consolidation est difficile à fixer pour une paralysie bilatérale et doit l'être avec des
réserves compte tenu de l'évolution aléatoire, souvent longue, de ces paralysies.

L'IPP porte sur la qualité de la phonation (jusqu'à 10 %) et sur l'altération de la fonction


respiratoire dont l'évaluation peut s'appuyer sur une exploration fonctionnelle.

Paralysie de la branche externe du nerf spinal


Le nerf peut être lésé par le chirurgien dès l'incision cutanée ou dans le creux sus-claviculaire.

Les conséquences sur le fonctionnement de l'épaule sont très variables, fonction de la


systématisation nerveuse, et peuvent aboutir à une périarthrite scapulo-humérale invalidante.

En droit commun, le taux d'IPP va de 10 à 15 % pour le membre dominant, de 8 à 12 % pour le


membre non dominant.

En responsabilité médicale, rappelons que le médecin mis en cause est le plus souvent condamné
à verser des indemnités à son patient au titre d'un défaut d'information ou d'une information trop
partielle, mais que le chirurgien est tenu à l'exactitude de son geste et que le juge considèrera
parfois comme une maladresse un accident technique que d'aucuns souhaiteraient qualifier d'aléa
thérapeutique.

« Inattention... maladresse... oubli constituant autant de fautes que le paradigme du chirurgien


habile, consciencieux et attentif ne saurait commettre » (Y. Lambert-Faivre).

Expertise médicolégale. Réparation du préjudice corporel en


oto-rhino-laryngologie - 12/12/07
[20-905-B-10]  - Doi : 10.1016/S0246-0351(07)46959-8 

C. Simon ⁎  : Professeur des Universités, expert agréé par la Cour de cassation, C. Parietti-Winkler

Service d'oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervicofaciale, CHU Nancy, Hôpital central, 29, avenue du Maréchal-de-
Lattre-de-Tassigny, 54035 Nancy cedex, France 

Auteur correspondant.
Article en cours de réactualisation

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Responsabilité médicale
• un fait dommageable : la faute d'action ou d'abstention ;

• un préjudice réel : le dommage ;

• un lien de causalité entre le préjudice subi et la faute.

Responsabilité pénale [2]

• les atteintes involontaires à la vie ;

• les atteintes involontaires à l'intégrité de la personne ;

• la mise en danger de la personne d'autrui et l'imprudence, la négligence ou le manquement à une obligation de prudence
et de sécurité ;

• l'expérimentation sur la personne humaine ;

• l'omission de porter secours ;

• la violation du secret professionnel ;

• l'établissement de faux certificats.

Point fort
Responsabilité civile

Point fort
• l'obligation d'information : elle aboutit au consentement éclairé du patient de subir tel ou tel traitement. L'absence
d'information entraîne une perte de chances pour le patient qui aurait pu refuser le traitement proposé. C'est au médecin
d'apporter la preuve de cette information ;

• l'obligation de délivrer des soins conformes aux données actuelles de la science (obligation de moyens). Il appartient au
malade d'apporter la preuve de la faute.

Point fort
Responsabilité administrative
Responsabilité déontologique ou disciplinaire
Évolution de la responsabilité

Point fort
Présomption de faute
Présomption de causalité
Aléa thérapeutique[4]
• un taux d'invalidité permanente partielle (IPP) supérieur à 24 % ;

• une interruption totale de travail (ITT) de 6 mois consécutifs ou de 6 mois non consécutifs sur une période de 12
mois ;

• des troubles particulièrement graves dans les conditions d'existence ;

• un arrêt définitif de l'activité professionnelle exercée antérieurement.

Point fort

Expert de justice
Définition [6]

• le serment : il jure « d'apporter son concours à la justice, d'accomplir sa mission, de faire son rapport et de donner un avis
en honneur et conscience » ;

• la rédaction d'un compte rendu annuel d'activité : nombre de rapports déposés et formations suivies dans l'année
précédente.

Point fort
Qualités de l'expert judiciaire
Vertus cardinales de l'expert
• la compétence qui est duelle, professionnelle en l'occurrence médicale, expertale comprenant une connaissance juridique
de base et la maîtrise de la méthodologie expertale ;

• l'indépendance qui garantit son impartialité envers les parties ;


• la loyauté envers le juge qui le saisit ;

• la conscience : la notion de contradictoire doit être présente dans le raisonnement de l'expert qui doit pratiquer le doute
méthodique.

Qualités distales et proximales de l'expert

• avec respect du contradictoire (du moins en procédure civile ou administrative) ;

• avec diligence : disponibilité, efficacité et célérité. Respect des délais impartis par le juge ;

• avec pédagogie : le rapport d'expertise doit être clair, didactique, écrit en français concis, éloigné de tout jargon
professionnel.

Responsabilité de l'expert

Expertise
Différentes expertises
• l'expertise amiable, pratiquée dans le cadre privé, demandée par les victimes, par un avocat, par une société d'assurance ;

• l'expertise officieuse demandée par une seule des parties ;

• l'expertise demandée par les organismes sociaux ; elles concernent les litiges opposant les assurés sociaux aux caisses
d'assurance maladie. L'expert désigné doit être inscrit sur une liste spécifique près la Cour d'appel dont il dépend. Il est
désigné par la caisse de Sécurité sociale, mais peut être récusé par le médecin traitant. Le médecin traitant et le médecin
conseil sont avisés de la date de l'expertise. L'expert doit envoyer ses conclusions motivées dans les 48 heures à la
victime et à la caisse avant de rédiger son rapport. L'expert peut être désigné unilatéralement par le Tribunal du
contentieux de l'incapacité (TCI) pour donner un avis qui ne sera pas forcément suivi par le tribunal ;

• l'expertise pour pension militaire. L'expert désigné par le Tribunal des pensions doit appliquer un barème spécifique ;

• l'expertise en matière pénale. L'expert, inscrit sur une liste près la Cour d'appel, est nommé le plus souvent par le juge
d'instruction ou le procureur de la République. Les pièces sont transmises à l'expert sous forme de scellés. L'expertise
n'est pas contradictoire ;

• l'expertise en matière civile. Il s'agit de l'expertise la plus courante ; elle est contradictoire. L'expert, inscrit sur une liste,
est désigné par le tribunal de grande instance ;

• l'expertise devant les juridictions administratives. Elle répond aux mêmes règles que l'expertise judiciaire civile. Il n'existe
pas de liste officielle des experts désignés par les tribunaux administratifs.

Méthodologie de l'expertise

Point fort
Préalables
Examen de la personne objet de l'expertise
• le respect du secret professionnel ;

• la protection de l'intimité de la vie privée : l'expert peut pratiquer seul son examen, mais le patient peut se faire
accompagner de la personne de son choix ;

• le respect du contradictoire.

Rédaction du rapport
• rappel de la désignation, précision des acteurs présents à l'expertise ;

• rappel de la mission ;

• énumération des pièces communiquées et consultées ;

• description des faits ;

• description d'un état pathologique antérieur conditionnant l'imputabilité des dommages subis à l'accident litigieux ;

• relation des doléances de la victime ;

• constatations résultant de l'examen médical ;

• relation des observations des parties (après le dépôt d'un prérapport) et réponses apportées ;

• discussion : ce chapitre décrit le mode de raisonnement par lequel l'expert aboutit à l'explication des faits ;

• réponses aux différents points de la mission : elles doivent être précises et non ambiguës. Si l'expert ne peut répondre, il
doit le dire et pourquoi ;

• conclusion rappelant les différents postes de préjudice et leur cotation.

Imputabilité, préjudices et barèmes en oto-rhino-laryngologie


Imputabilité et état antérieur
Concept d'aggravation
Préjudices
Incapacité temporaire totale
Souffrances endurées (pretium doloris)
Incapacité permanente partielle
Dommage esthétique
Projet de la Cour de cassation et Mission droit commun 2006

Points forts
Barèmes applicables en oto-rhino-laryngologie
• le barème utilisable en droit commun : c'est le barème le plus couramment utilisé ; sa dernière mise à jour publiée par le
Concours Médical date de 2003 ;

• le barème utilisable dans le cadre de la législation des accidents du travail et des maladies professionnelles ;
• le barème utilisable dans le cadre de la fonction publique (article L28 du Code des pensions civiles et militaires) ;

• le barème applicable pour l'attribution des prestations aux personnes handicapées. Utilisé dans le cadre de la
Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) et de la Commission départementale
d'éducation spécialisée (CDES), il s'applique pour la prise en charge des enfants sourds mais aussi pour tous les autres
handicaps de notre spécialité (laryngectomisé).

Point fort

Appréciation des dommages en oto-rhino-laryngologie


Dommages auditifs

  en droit commun ;


  dans les autres barèmes y compris dans le barème accidents du travail depuis le 25 septembre
2003.

Dommages affectant la fonction d'équilibration

Point important
Dommages olfactifs
Dommages nerveux périphériques
Paralysie faciale
Paralysies laryngées
Paralysie de la branche externe du nerf spinal

Tableau 1 - Nomenclature des préjudices corporels élaborée par le groupe de travail dirigé par Jean-Pierre Dintilhac,
président de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation

A - Préjudices corporels de la victime directe 

1°) Préjudices patrimoniaux  


a) Préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation) :
- dépenses de santé actuelles (DSA)
- frais divers (FD)
- pertes de gains professionnels actuels (PGPA)

b) Préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation) :


- dépenses de santé futures (DSF)
- frais de logement adapté (FLA)
- frais de véhicule adapté (FVA)
- assistance par tierce personne (ATP)
- pertes de gains professionnels futurs (PGPF)
- incidence professionnelle (IP)
- préjudice scolaire, universitaire ou de formation (PSU)

2°) Préjudices extrapatrimoniaux  

a) Préjudices extrapatrimoniaux temporaires (avant consolidation) :


- déficit fonctionnel temporaire (DFT)
- souffrances endurées (SE)
- préjudice esthétique temporaire (PET)

b) Préjudices extrapatrimoniaux permanents (après consolidation) :


- déficit fonctionnel permanent (DFP)
- préjudice d'agrément (PA)
- préjudice esthétique permanent (PEP)
- préjudice sexuel (PS)
- préjudice d'établissement (PE)
- préjudices permanents exceptionnels (PPE)

c) Préjudices extrapatrimoniaux évolutifs (hors consolidation) :


- préjudices liés à des pathologies évolutives

B - Préjudices corporels des victimes indirectes (victimes par ricochet) 

1°) Préjudices des victimes indirectes en cas de décès de la victime directe  

a) Préjudices patrimoniaux :
- frais d'obsèques (FO)
- pertes de revenus des proches (PR)
- frais divers des proches (FD)

b) Préjudices extrapatrimoniaux :
- préjudice d'accompagnement (PAC)
- préjudice d'affection (PAF)

2°) Préjudices des victimes indirectes en cas de survie de la victime directe  

a) Préjudices patrimoniaux :
- pertes de revenus des proches (PR)
- frais divers des proches (FD)

b) Préjudices extrapatrimoniaux :
- préjudice d'affection (PAF)
- préjudices extrapatrimoniaux exceptionnels (PEX)

Tableau 2 - Tableau de concordance. 1. Victime directe : postes de préjudice temporaires

De 1994 à 2006  Dintilhac  Mission 2006 

Frais médicaux et hospitaliers  Dépenses de santé actuelles Soins avant consolidation Point 5* 
(DSA) 

Aide-ménagère  Frais divers (FD)  Aide humaine ou matérielle temporaire


Point 4.3

Troubles dans les conditions Déficit fonctionnel Les gênes temporaires constitutives d'un
d'existence (TCE) temporaire (DFT)  DFT
Gêne dans les actes de la vie Point 12
courante (GAVC)
Préjudice d'agrément temporaire  
(PAT)
 

Incapacité temporaire totale (ITT Pertes de gains Arrêt temporaire des activités
économique) professionnels actuelles professionnelles
Incapacité temporaire partielle (ITP (PGPA)  Point 13
économique)
 
 

Souffrances endurées (SE)  Souffrances endurées (SE)  Souffrances endurées


Point 16

  Préjudice esthétique  
temporaire (PET) ** 

Légende :
* Cf. texte de la mission 2006 (information supplémentaire) ; ** Concerne des situations particulières (ex. : grands brûlés et
traumatismes importants de la face).

Tableau 3 - Tableau de concordance. 2. Victime directe : postes de préjudice permanents

De 1994 à 2006  Dintilhac  Mission 2006 

IPP  Déficit fonctionnel permanent AIPP


(DFP)  Point 15

Préjudice professionnel  Pertes de gains professionnels Répercussion des séquelles sur les
futurs (PGPF) activités professionnelles
Incidence professionnelle (IP Point 18 a
notamment augmentation de la
pénibilité, dévalorisation)  

Préjudice scolaire  Préjudice scolaire, universitaire ou Répercussion des séquelles sur les
de formation (PSU)  activités professionnelles
Point 18 a

Frais après consolidaiton Dépenses de santé futures (DSF)  Soins médicaux après consolidation
(occasionnels/frais futurs)  Point 19
 

Préjudice esthétique  Préjudice esthétique permanent Dommage esthétique


(PEP)  Point 17

Préjudice d'agrément  Préjudice d'agrément (PA)  Répercussion des séquelles sur les
activités d'agrément
Point 18 b

Préjudice sexuel  Préjudice sexuel (PS)  Répercussion des séquelles sur la vie
sexuelle
Point 18 c

Légende :
IPP : invalidité permanente partielle ; AIPP : atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique.

Tableau 4 - Taux d'invalidité en fonction de la perte auditive moyenne en droit commun

Perte auditive 0-19  20-29  30-39  40-49  50-59  60-69  70-79  80 et + 


moyenne en
dB 

0-19  0  2  4  6  8  10  12  14 

20-29  2  4  6  8  10  12  14  18 

30-39  4  6  8  10  12  15  20  25 

40-49  6  8  10  12  15  20  25  30 

50-59  8  10  12  15  20  25  30  35 

60-69  10  12  15  20  25  30  40  45 

70-79  12  14  20  25  30  40  50  55 

80 et +  14  18  25  30  35  45  55  60 

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