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Journal des savants

Voyageurs et écrivains français en Égypte


Jean-Marie Carré. — Voyageurs et écrivains français en Égypte.
(Recherches d'archéologie, de philologie et d'histoire, publiées sous la
direction de M. Pierre Jouguet, t. IV-V), 1933
Henri Gauthier

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Gauthier Henri. Voyageurs et écrivains français en Égypte. In: Journal des savants, Mars-avril 1934. pp. 70-79;

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70 HENRI GAUTHIER

est la présence du tsar et du patriarche qui assistent à la procession,


mais à l'intérieur d'un cadre ou sous une arcade, conventions qui dési¬
gnent clairement leur caractère de vivants. Il y a là une rupture véritable
avec la tradition byzantine et il se peut, comme l'indique M. Karger, que
sans se l'avouer l'église russe n'ait fait que suivre l'exemple de l'Occident,
où, déjà depuis le xve siècle, on voyait les fondateurs et les bienfaiteurs

reparaître
Ainsi le dans
désir led'honorer
sanctuaire
la auprès
mémoiredesd'un
personnages
savant telduqu'Ouspensky,
monde céleste.a

provoqué sur
nullement cherché
l'art des
à rendre
peuplesexhaustive,
slaves cette mais
immense
qui aenquête;
porté duque
moins
l'on sur
n'a

tous les problèmes essentiels concernant les rapports entre l'art des
peuples slaves ou roumains et de l'art byzantin. La conclusion que l'on

» vues
peut d'abord
c'est
actiontirer
neuves
importante,
de l'aiction
ou
ce grand
attirent
mais
réelle
nombre
qui
l'attention
deneByzance
fut
d'articles,
ni complète,
sur
sur des
dont
les peuples
monuments
ni
beaucoup
exclusive.
slaves
apportent
peu
orthodoxes,
Les connus,
Slaves,
des

et il génie
leur faut en
propre
dire et
autant
par là
desilsRoumains,
en ont altéré
ont su
lesadapter
principes
l'art
; mais,
byzantin
de laà

complexité même des influences qui se sont exercées sur eux, est sortie
leur originalité, qui s'est affirmée en dépit des obstacles etdes contraintes
que leur opposait la tyrannie de la tradition. Louis Bhéhiek.

VOYAGEURS ET ÉCRIVAINS FRANÇAIS EN É GYP TE

Jean-Marie
(Recherches
la direction
Carré.
d'archéologie,
de M.— Pierre
Voyageurs
de
Jouguet,
philologie
et écrivains
t. IV-V).
et d'histoire,
français
Deux vol.publiées
en
in-8°,
Egypte.
sous
t. I,

xxxi -3 4 2 p., 43 grav. ; t. II, 3g8 p., 49 &rav- Le Caire, Imprimerie


de l'Institut français d'Archéologie orientale, 1933.

Sous ce titre concis, M. Jean-Marie Carré, professeur à la Faculté des


Lettres de Lyon et à l'Université égyptienne du Caire, a fait paraître
récemment deux beaux volumes. L'auteur a, très opportunément, mis à
profit son séjour eu Égypte pour consacrer les loisirs que lui laissait son
enseignement à élever un robuste monument de piété « à la mémoire de
VoYageurs français en ëgypïe

, et
tous
à la
lesrenaissance
Français qui
deont
l'Egypte
contribué
moderne
A la ».
découverte de l'Egypte

Professeur de littérature, il a sagement limité son dessein à


revivre que les « voyageurs et écrivains ». Il s'est donc soigne
gardé d'étendre le champ de son étude à « tous les Français » qu
en Egypte, s'y àont créé un nom dans les sphères d'activité
diverses, sciences, arts, archéologie, travaux d'ingénieur, m
diplomatie, etc . . Une pareille entreprise, en effet, outre qu
singulièrement excédé le temps dont il disposait, l'eût entraîné
delà des frontières du domaine propre de ses recherches.
Une longue introduction expose avec toute la clarté désirab
de l'ouvrage, son étendue et ses limites, la mélhode suivie et
adopté. L'auteur s'est vu, toutefois., contraint par moments de
cadre à l'intérieur duquel il avait résolu de s'enfermer, pour ris
rapide échappée, soit dans le domaine de l'art avec les des
Vivant Denon et Prisse d'Avenues, soit dans le domaine de l'égy
avec Champollion le Jeune.
La plupart des personnages figurant dans la riche galerie

égyptienne
écrivains relatant
de M. leurs
Carré voyages
ne se sont
au pas,
long en
de effet,
la vallée
bornés
du àNil
n'être
et d

leurs impressions sur ce pays merveilleux dont le climat privi


richesses archéologiques et les coutumes si étranges pour des Occ
peu familiarisés avec l'Orient ont laissé dans leur esprit de pr
souvenirs. Chacun d'eux, apportant' avec soi sa façon spéciale
de sentir et d'interpréter, ainsi que les préoccupations par
l'ayant incité à faire le voyage d'Égypte, a réagi selon sa per

écueil
propre.
par le de
talent
Et
la c'est
monotonie.
de laM.diversité
Carré, qui
de a
cespupersonnalités,
faire éviter au
mise
lecteur
encore
le re
e

Sans remonter jusqu'aux Croisades, l'ouvrage débute au xvi


à l'autre bout de la chaîne, il laisse également de côté l'époque
72 ttENRÎ GAUTHiËft

2° L'investigation scientifique de l'Égypté à la fin du xviii®

le
étranger
parties,
historique,
venués,
raines
analyser,
puis
Égypte.




Non
contenu
Près
Avant
le
L'Egypte
L'Ëgypte
Les
àrétiéolo£iques
moins
de
développement

celles
àvoyages
en
cent
de
le
portraits,
celui
archéologique,
soiicieux
percement
ces
disant
inspiratrice
nouvelle
qui
reproductions,
de
deux
littéraires
intéressent
mes
tout
de
ou
que
volumes.
progressif
et
cartes
de
du
préoccupations
le
les
de
M.
scènes
artistique,
canal
aubien
Théophile
hôtes
toutes
Carré
plus
topographiques,
lendemain
de
de
que
de
spécialement
de
judicieusement
Suez.
la
notre
philologique
Méhémet-Ali
ne
vie
Gautier
j'en
du
ordinaires,
pas
moderne
connaissance
pense;
Romantisme
fn'égarer
;delavues
choisies
;illustrent
enfin
les
naissance
jedans
pittor
trois
me
;de
géog
* V
u
eb

Les bibliographies, soigneusement établies d'après Fordre


"gique dés ouvrages, abondent : bibliographie générale d'abo
l'introduction ; bibliographies particulières ensuite, après chaqu
Le premier volume, à l'examen duquel je me bornerai, est
trois parties : du xvi8 siècle à la Révolution de 1789, ;— de
xvinB siècle au retour en France de l'armée d'Ëgypté et dé la Co
des Sciences et Arts, — de i8ot au second séjour en Egypte
"d'Avennes (1 858-1860).
La première partie traite de la découverte de l'Egypte par les
dë toutë qualité venus dans la vallée du Nil pendant les xv
,'ivin* siècles. Parmi les rares móihes et chevaliers du Moyen
risqué tin pèlerinage aux « lieiiix saints d'Égypte » (tombeau
Catherine au Sinai', chaire de Saint Marc à Alexandrie, sycom
Vierge à Matarieh-Héliopolis, grotte où vécut la sainte Famil
crypte de l'église Saint-Serge au Vieux Caire), ceux que M. Car

::d'écrire
à
Constantinople
entre
se
succédant
parl'époque
sont
laFrançois
belle
laétablies
au
relation
où,
expression
pèlerin,
Ier
après
( 1 et
5i
entre
de
Soliman
7)les

l&ur
etde
conquête
la
types
surtout
voyage.
«France
IIcroisés
(i5$5),
nouveaux
de
après
Ilet
attardés
TÉgypte
faut
des
l'Égypte,
du
ladone
relations
négóciant-explorat
signature
»,pttr
descendre
très
-pour
les'
commercia
peud,es
sultans
voir
ont
au
Capae
VOYAGEURS FRANÇAIS EN ÉGYPÎË

consuls ou envoyés royaux chargés de sa défense. Cinq noms sont ici à


citer : ceux du cordelier Jehan Thenaud, du seigneur Greffin Attagart,
du médecin Pierre Belon, du cosmographe André Thevet et du sieur de
Yillâmont, dont leis importantes relations ont perpétué le souvenir de ce
qu'il leur a été donner d'observer.
Au xvne siècle, l'Orient, que l'on comjnence A découvrir, est l'objet
d'une faveur toute particulière dans les milieux politiques et littéraires
de France ; nous assistons alors à la naissance de l'Orientalisme. Les
voyageurs de cette époque ne sont donc plus ni de simples trafiquants,
ni des missionnaires désintéressés. Ils sont animés du double désir de
s'occuper de missions diplomatiques et d'écrire des chroniques. Ce sont,
comme les appelle M. Carré, des chroniqueurs occasionnels. Pendant la
première moitié du siècle, ils ne remontent pas, d'ailleurs, au delà du
Caire et ils ignorent la Haute.-Égypte : ce sont Pambasssdeur de Brèves,
le conseiller Fermanel, le sieur de Monconys, le P. Coppin et le chevalier
d'Arvieux. C'est en i652 seulement qu'apparaît, avec Jean de Thévenot,
le voyageur de métier, suivi bientôt par un véritable archéologue, le
P. Vansleb, dont les deux voyages datent de i664 et 1672. Entre les
..deux visites de ce dernier s'intercale celje des Pères capucins Protais et

. autant
François
des
atteindre
ruines
exotiques
les
. Au
missions
voyageurs
xviii®
grandioses
d'éléments
(1668).
avec
» catholiques,
siècle,
s'accentuent,
le
s'allonge
Le
P.de
favorables
«Caire
Protais
le
Karnak
progressivement
mouvement
lesest
car
premiers
laet
maintenait
àfameuse
«l'accroissement
del'expansion
Louxor.
de
travaux
Thèbes
curiosité
dans
largement
des
coloniale,
laaux
de
direction
Orientalistes,
etnos
cent
dépassé
le goût
connaissances
les
portes,
du et
ambassades,
des
sud,
constituent
l'itinéraire
avec
voyages
jusqu'à
sur
ses

l'Orient ». Concurremment avec plusieurs voyageurs étrangers (hollan¬


dais, anglais, danois et suédois), les explorateurs Poncet et Lenoir du
Q.oule, l'antiquaire Paul Lucas, le médecin dijonnais Granger (qui fut
le premier à repérer sous les sables où il devait rester enseve'i jusqu'au
milieu du xixe siècle le beau temple de Sélhi Ier à Abydos), et surtout le
v Père jésuite Claude Sicard (qui retrôuva l'emplacement de Thèbes et
identifia la capitale du Nouvel Empire avec les ruines de Karnak et
Louxor, et qui fut, d'autre part, sans doute le piremier Français ayant
atteint Assouan en 1721,-1722), explore la Haute-Ëgypte. Et quelques

années
tion de
SAVANTS*
plus
VÊgypte,
tard, cependant
le consul Benoît
que l'abbé
de Maillet
Claude-Louis
publie enFourmont
1735 sa Descrip¬
édite40 en
MëNRI (ÌAlJTHtEtt

175A «ne Description historiqye et géographique des plaines d'Hélio -


polis et de Memphis, ori il signale et « situe déjà très exactement cette

fameuse
tienne (sous
« quatrième
l'a direction
'pyramide
de M. le» professeur
que les fouilles
Selim Hassan)
de l'Univers'té
ont identifiée
égyp¬

et en partie désensablée -sur le plateau de Guizeh en 1932. Ces deux


dernières relations marquent, il est vrai, un recul par rapport aux précé¬
dentes,
du Caire.
car elles ne concernent que la Basse-Égypte et surtout là ville

Ainsi parvenu au début de la seconde moitié du xvine siècle, M. Carré


éprouve le désir légitime de faire, en quelque sorte, le point. Il dresse
donc, avec beaucoup d'exactitude et d'habileté, le bilan de nos connais¬
sances sur l'Égypte tel qu'il lui paraît résulter, vers 1770 et avant les
voyages de Savary, de Volney et de Sonnini. de nombreux ouvrages tant
étrangers (tous, d'ailleurs, traduits en français) que français. Il marque,
en premier lieu, très exactement « les étapes de la pénétration en pro¬
fondeur » : d'abord uniquement Alexandrie Rosette, Le Caire, le Mont
Sinaï et les « lieux saints », — puis avec le P. Vansleb le Fayoum, le
couvent de Saint-Antoine près de la mer Rouge, Guirgé enfin en Haute-
Égypte, — avec les PP. Prolais et François, Karnak et Esné, — avec

àPaul
travers
Lucas,
le Armant,
désert arabique,
— avec le—médecin
avec le Granger,
P. SicardEdfou
enfin,ét Assouan
la mer Rouge
et la

première cataracte. Une carte schématique de l'Ëgyple, indiquant clai¬

rement
des xvxiela etprogression
xvnie siècles,
des illustre
itinéraires
ces suivis
étapes par
successives.
les voyageurs
Puis français
l'auteur

établit, en huit pages, pleines de substance, « la progression de nos


connaissances historiques,' et archéologiques» sur les divers moments de
la civilisation du pays : pharaonique, chrétien, arabe. Vers 1770,

conclut-il,
sont ouvertes
« le: terrain
la route est
dessérieusement
Pharaons, celles
déblayé,
des anachorètes
et les grandes
et celle
avenues
des

Califes. Il n'y a plus qu'à s'y engager » à l'aide des « données géogra¬
phiques à la fois précises et condensées » que fournit l'excellente carte
publiée en 1766 par J.-B. Bourguignon d'Anville dans ses Mémoires sur
l'Égypte ancienne et moderne, lesquels marquent « un progrès décisif »
sur I Atlas historique édité à Amsterdam, environ un demi-siècle pins
tòt, par Gueudeville. C'est la carte de d'Anville qui va servir à Volney
d'abord, à Bonaparte ensuite, et M. Carré a été heureusement inspiré
en reproduisant la partie de cette carte concernant le Dèlta.
( VOYAGEURS FRANÇAIS EN ÉGYPTE 73

11 »

La deuxième partie, traitant de « l'investigation scientifique de l'Egypte


à la fin du xvme siècle », est divisée en trois chapitres, respectivement
consacrés à Volney et les précurseurs de l'Institut d'Ëgypte, — Vivant
Denon
de l'armée
et l'expédition
d'Orient. Bonaparte, — la Commission des Sciences et Arts

Le breton Claude-Etienne Savary visita la vallée du Nil en 1776 et y


séjourna trois ans. Ses Lettres sur F Egypte (1785-86) précédèrent de
fort peu le Voyage en Égypte et en Syrie de Volney (1787). Elles sont

crises
remplies
vives
plus
noire.
inattendu
etde
Saélégantes.
d'enthousiasme
son histoire,
documentation
que Savary
ce pays
causée
junévile,
est
voit
se sérieuse,
débattait
par
l'Ëgypte
deune
vaillant
et
alors
profonde
« ilensait
optimisme
dans
rose
utiliser
anarchie
», ce des
une etavec
qui
deetplus
descriptions
est
une
ingéniosité
sombres
d'autant
misère

les textes anciens aussi bien que les récits des voyageurs qui l'ont

immédiatement
voyageurs qui soit
précédé.
doubléSavary
d'un écrivain.
est, en La
somme,
valeurledepremier
ses Lettres
de nos
est

réelle,
du Caire.
bien qu'il ne semble pas avoir poussé ses investigations au delà

Volney est venu en Egypte six au§ après Savary, en 1782. La relation
de son Voyage , où il ne se révèle ni écrivain ni peintre, mais cependant
« grand dessinateur », forme avec les Lettres de son prédécesseur un
violent conlraste. Elle est aussi âipre, sèche et désenchantée que ces
dernières avaient été gaies, vivesi et enthousiastes. Par rapport à la
plupart de ses devanciers, Volney marque, d'autre part, un recul
sensible, car soh champ d'observation est limité à Alexandrie, Rosette,
Le Caire, les Pyramides et Suez. Après sept mois seulement de séjour
en Egypte, il passe, en effet, en Syrie où il espère trouver plus de
facilités pour voyager et plus de secours pour se documenter et appreudre
'a langue arabe. L'Egypte moderne n'a donc pour lui que fort peu

d'attraits,
aller
impersonnel,
« rientrop
de nouveau
loin,
tandis
scientifique
d'ailleurs,
que
ni sur
l'ÉgypIe
I'Égypte
etpour
philosophique
antique
lapharaonique,
retrouver.
n'en plus
a Son
pas
ni
quedu
sur
ouvrage,
littéraire,
tout
l'Ëgypte
: ildeluin'apporte
caractère
copte,
faudrait
ni .

sur l'Ëgypte islamique, mais il constitue, affirme M. Carré, le meilleur


exposé d'ensemble sur l'Ëgypte ottomane à la fin du xvin" siècle ».
Tandis que Savary fait déjà figure de préromantique, Volney est encore
76 HENRI GAUTHIER

un classique; les Lettres du premier plairont surtout aux jeunes officiers
du corps expéditionnaire de Bonaparte, alors que le Voyage du second
sera le livre de chevet des généraux et surtout des savants.
Pour la période immédiatement antérieure à l'expédition de Bonaparte,
M. Carré signale encore quatre autres voyageurs : le chanoine de Biriós
(1777), le comte d'Entraigues (1778-1779), le naturaliste' Sonnini de
Manoncour
de l'Institut(1777-1780)
national (1796).
et le docteur
Le troisième
en médecine
seuleG.mérite
-A. Olivier,
une mention
membre

spéciale, car son ouvrage témoigne d'une observation réaliste bien digne
du
et variée.
collaborateur de Buffon qu'il était, ainsi que d'une expérience vaste

Mais on sent que M. Carré a hâte d'en arriver à l'expédition de


Bonaparte et à celte élite de chercheurs, d'artistes, d'hommes d'études
qui fut si National
llnstitut soigneusement
dans larecrutée
classe des
par sciences
le général
physiques
en chef,etmembre
mathéma¬
de

tiques, pour constituer la fameuse «. Commission des Sciences ét Arts de


l'armée d'Orient » appelée à l'accompagner sur les rives du Nil. Parmi

qu'aîu-retour
cette
de
moi-même
une
laquelle
Assouan,
premier
modeste
pléiade
M.où
essayé,
rang
Carré
et
de
plaquette,
il dans
talents
accompagna
auseil dessinateur
la
réfère
y mesure
asipubliée
dix
divers
assez
ans,
laoù
dans
colonne
l'aixteur
quinquagénàire
souvent.
ledepermettaient
le
faire
Bulletin
Belliard.
réserve,
Denon
revivre
de
Vivant
ales
àla
IIvisité
tjuste
Institut
nécessités
curieuse
a vu,
Denon,
l'Égypte
titre,
tant
dfigure
Égypjte,
militaires,
une
dont
àjusqu'à
l'aller
place
dans
j'aià

presque tous les monuments impqrtants de la Haute Egypte, même les


hypogées de la vallée des Rois, si éloignés pourtant du fleuve. Il n'est
pas simplement un dessinateur; il est aussi un" archéologue averti et un
écrivain accompli. Ayant quitté l'Égypte avec Bonaparte en août 1799

et ayant1802,
l'année publié« àson
uneVoyage
époquedans
où lelasuccès
Bassedes
et la
récherches
Haute-Égypte,
entreprises
etc., par
dès.

l'Institut d'Égypte pouvait paraître incertain », il peut être, à bon droit,

considéré
dont
qui,
un
d'une
voisinera
papyrus
lasuperbe
le premier
première
comme
désormais
hiératique,
momie
sans
le
partie
précurseur
avec
doute
» un
et
ne
les
Livre
qu'il
devait
depuis
manuscrits
derapporta
des
lavoir
legrande
Morts
Moyen
lecopies,
jour
avec
« Age,
qu'il
Description
qu'en
grand
syriaques
trouva
a eu
1808.
soin
entre
<t de
dans
etàC'est
l'Egypte
arabes
Paris
leslaDenon
mains
main
oùque
»,il

l'on connaissait depuis longtemps. Lè résultat direct du voyage de


VOYAGEURS FRANÇAIS EN ÉGYPTE 77

Denoti en Haule-Éypte fut la nomination par le général en chef de

« deux
et
monuments
ticien
le 20
à août
dessiner,
Fourier,
commissions'
1799,
du l'autre
Saïd
d'une
soit spéciales
»,par
trois
façon
respectivement
jours
le géomètre
objective,
deavant
savants
leCoslaz,
présidées
exacte
départ
et d'artistes
et
de
et qui
l'une
Bonaparte
scientifique,
quittèrent
destinées
par leet mathéma¬
à Le
detous
mesurer
Denon
Caire
les

pour la France.
Dans le troisième chapitre de sa deuxième partie, M. Carré expose la
composition de la « Commission des Sciences et Arts », ses débuts
difficiles, Ja fondation, l'installation et l'activité de l'Institut d'Égypte.

Il étudie plus
Venture, Jaubert,
spécialement
J. D. Delaporte,
d'abord les enfin
orientalistes
l'imprimeur
de cetteetCommission,
traducteur

J. J. Marcel. Puis, passant aux diverses missions scientifiques qui furent

envoyéès
la missionenGirard,
Haute-Égypte,
comprenant
il noussurtout
fait faire
Dubois-Aymé,
connaissance Jollois
d'abordetavec
de

Villiers, et il nous initie à la .méthode qu'ont suivie les mèmbres de cette


mission dans la copie et la reproduction des monuments, — puis avec
les missions Fourier et Costaz qui, d'août à novembre 1799, remontèrent,

après Denon,
Edfou, à Karnak
jusqu'à
et à Abydos.
Assouan Sans
et travaillèrent
s'attarder aux
longtemps
événements
à El-Kab,
militaires
à

et diplomatiques qui amenèrent l'abandon prématuré du pays par les


savantsalors
traite à la suite
de Ja de
préparation
la capitulation
à Paris,
du général
dès i8o3,
Menou
sous(1801),
la direction
M. Carré
de

l'ingénieur-géographe Jomard et avec la collaboration plus particulière


de Jollois, de Villiers et Costaz, ensuite de la publication, à partir de
1808 et jusqu'en 1825, de cette œuvre monumentale nommée « Descrip¬

lui
tionimposent
de l'Égypte
les ».limites
Il expose
qu'il enfin,
a tracées
avec àlason
sobriété
livre, et
mais
la concision
sans omettre
que

toutefois
tion et l'influence
rien d'essentiel,
de cet ouvrage.
la méthode, l'ampleur, la valeur, la significa¬

III

De là troisième et dernière partie, consacrée à « l'Égypte nouvelle et


les hôtes de Méhémet-Ali » et divisée en sept chapitres, je n'examinerai
que le chapitre 3, concernant Frédéric Cailliaud, J.J. Rifaud, Jean-
François Champollion et son disciple Nestor Lhôte, et le chapilre 7, relatif
it Prisse. d'Avennés. Ni Chateaubriand, en effet, |ii Joseph Michçiud, ni
78 HENRI GAUTHIER

les Saint-Simoniens, ni les autres voyageurs venus en Égypte dans la


première moitié du xix6 siècle ne se sont guère intéressés à la période
pharaonique de l'histoire du pays.
De chacun des deux géographes au service de l'égyptologie, Cailliaud
(de Nantes) et Rifaud (de Marseille), M. Carré a su mettre en relief les
mérites respectifs. Le premier, géologue et minéralogiste de carrière,
retrouve dans le désert arabique les fameuses mines d'or du Gebel
Zabarah, exploitées dès l'antiquité pharaonique (i8i5), repère ensuite,

dans une
le désert
direction
Iibyque,
opposée,
— essaie
les temples
inutilement,
de la Grande
avec le Oasis
consul(El
deKharga)
France

Drovetti,' d'ouvrir le grand temple spéos d'Ipsamboul en Nubie (1816), —


accumule « en même temps que les observations géologiques et ethnogra¬

phiques,
oasis de Jupiter
les dessins
Ammon,
et lesaujourd'hui
copies d'inscriptions
Siouah (1820),
», ——explore
remonte
la enfin
grande
le

Nil jusqu'au delà de Méroé et de la 6e cataracte pour atteindre et même


dépasser lè Sennaar (1821). Le deuxième, Rifaud, dirige dans la région
de Thèbes les fouilles du consul général Drovetti, met au jour certains

petits temples
n'avaient pu voir,
de Karnak
— « déterre
que les
près
savants
d'une de
centaine
l'expédition
de statues
Bonaparte
», —
— relève, de très incorrecte façon d'ailleurs, de nombreux textes, —
exécute enfin, sans aucune minutie ni précision il est vrai, près de quatre
mille dessins relatifs tant à l'Égypte moderne qu'à l'Égypte antique.

beau
le Je
nouveau
enthousiaste
assez
des
savant
lui
Mariette,
lement
en
appeler
Prisse
Les
Jeune,
en
faveur
plus
hiéroglyphes
voudrais
nouvellement
débile
pleine
d'Ayennes,
quinze
grenoblois.
M.
en
récents
sur
le
n'ont
d'un
Carré,
Égypte
futur
constitution.
chercheur,
maturité
la
pages
terminer
grand
évidemment
travaux
carrière
créateur
au
et
un
Son
Edris-Effendi,
allumé
fondateur
nom
consacrées
jugement
(1842),
méconnu,
dessinateur
ce
dont
parus,
prodigieuse
Elles
de
du
trop
de l'égyptologie
le
pas
Service
l'égyptologie.
devait
de
dûment
labeur
rapide
se
ce
par
l'égyptologue
mais
la
laetbornent
qui
science
prétention
M.
disciple,
transmettre
des
exposé
et
acharné
qui
circonstancié
doit
Carré
sur
Antiquités
française,
n'était
àégyptologique,
être
Nestor
en
l'œuvre
mettre
aàetde
eu
retenu
remerciant
l'immortel
àautre,
artiste
trop
nous
son
de
d'avoir
Lhôte,
de
au
étonnante
pleine
Boulaq,
tôt
de
neveu,
en
point,
apprendre
qui
Champollion
mort
raison
l'activité
tout
réalité,
enfin
déchifFretìr
et
seAuguste
àle
comme
spécia¬
entière
de
faisait
rendu
d'une
l'aide
flam¬
que
cet
du
Voyageurs français en égypte ïô

réhabilitation. Cet homme, à qui son caractère difficile porta 1111 tort
considérable, fut d'abord un fon tionnaire attaché, en qualité d'ingénieur
civil et hydrographe, au service du vice-roi Mohamed Ali. Plus tard, il
fouilla la région thébaine. En même temps qu'un écrivain de talent, il
fut un dessinateur et un archéologue qui se passionna, pendant les deux
séjours qu'il fit en Egypte (1829-43 et i858-6o), pour les deux époques
les plus glorieuses du passé de ce pays, la période pharaonique et la

période arabe.
faiblesses de sonFaisant
oeuvre, un
M. équitable
Carré a établi
dépari
le bilan
entre de
les tout
mérites
ce que
et lui
les

doivent : i° l'archéologie musulmane avec son Atlas de 200 planches


grand in-folio sur l 'Art arabe ; 20 l'archéologie pharaonique avec sa
découverte du papyrus moral hiératique qui porte son nom, avec ses
Monuments égyptiens (5o pl. grand in-folio) et son Histoire de -l'Art

égyptien
des Ancêtres
(160deplanches
Thoutmès
grand
III in-folio)
ou « Chambre
; 3° enfin
desla Rois
France
», avec
ramenée
la Salle
par

ses soins du temple de Karnak au Musée du Louvre. Le chapitre consa¬


cré à Prisse d'Avennes par M. Carré est l'un de ceux qui m'ont le plus

vivement intéressé
autrement surpris et
quem'ont
ce chapitre
appris leeût
plusétédeégalement
choses. Etl'un
je de
ne ceux
seraisdont
pas

la rédaction
lui procuraita aussi
causé les
à l'auteur
plus grandes
le plus
satisfactions
de peine en: lemême
terraintemps
était qu'elle
ici, en

effet, beaucoup moins défriché que lorsqu'il s'agissait, de Champollion, et


il était plus facile de faire du neuf.
» « *

Nous aurions bien quelques remarques de détail à présenter à M. Jean-


Marie Carré, mais ce n'est pas l'usage de ce recueil. Nous lui exprimons
donc simplement nos remerciements et nos félicitations pour c< s deux

volumes
ment écrits.
si clairement
« Voyageurs
conçus,
et écrivains
si méthodiquement
français présentés
en Égypte et »si est
brillam¬
une
œuvre à la fois historique, littéraire et artistique qui doit figurer en bonne
place dans la bibliothèque de quiconque s'intéresse peu ou prou à
l'Égypte, à son glorieux passé comme à son brillant présent. Ces
constituent
800 pages, dont
un nouveau
la lecture
et est
vivant
aussi
témoignage
captivantedes
queliens
celle
séculaires
d'un bond'étroite
roman,

amitié qui, depuis la venue en Égypte de notre roi saint Louis, unissent
la France à cette hospitalière contrée. Henri Gauthier.

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