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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l'Ense ignement Supérie ur et de la Reche rche Scientifique


_____________________________________

Université Dr. Tahar Moulay de Saïda


F aculté de T echn ologie
D é p a rt e me n t d’ E le ct rot e chn i q ue

Mémoire de Fin d’Etudes


En vue de l’obtention du diplôme de

Master (LMD)
Spécialité : MACHINES ET RESEAUX ELECTRIQUES

Filière : GENIE Electrique

Intitulé :

Diagnostic du défaut de court-circuit de spires


statoriques d’une machine synchrone à aimants
permanents par emploi de la puissance active et
réactive instantanées

Présenté par :
KHIATI Karima
BOUKOURIA Soumia

Devant le jury composé de :


Mme.M.DRIF Encadreur
Mr.A. MEZOUAR Président
Mr.M. BENYAHYA Examinateur

Soutenu le 04/07/2017
Promotion 2016-2017
Ce projet n’aurait pas abouti sans la bénédiction du Bon Dieu, Qui nous a
donné le courage et la volonté pour réaliser ce travail et Qui a entendu nos
prières.

Je remercie profondément l’encadreur Mme. Drif qui n’a jamais cessé de


nous conseiller, orienter et encourager.

Merci pour sa disponibilité et sa coopération remarquable.

Nos vifs remerciements vont au membre de jury pour avoir accepté d’évaluer
notre travail. Ainsi qu’à tous les enseignants du département d’électrotechnique
pour leurs efforts.

Nous adressons nos remerciements à tous ceux qui de près ou de loin ont
contribué à l’élaboration de ce travail.
Dédicaces
Je dédie ce précieux travail aux êtres les plus chers au monde, à qui

je témoigne mon amour et mon affection pour leur encouragement, leur

compréhension et leur patience, qui m’ont su me comprendre et m’ont

poussé à apprendre, c’est de vous dont je parle très chers parents. A mes

frères et toute la famille: «KHIATI» surtout mon frère TEWFIK.

A mes amies intimes de la spécialité MACHINES ET RESEAUX


ELECTRIQUE.

A tout ma promotion d’électrotechnique 2016 /2017.

KHIATI karima
Dédicaces
Je dédie ce précieux travail aux êtres les plus chers au monde, à qui

je témoigne mon amour et mon affection pour leur encouragement, leur

compréhension et leur patience, qui m’ont su me comprendre et m’ont

poussé à apprendre, c’est de vous dont je parle très chers parents. A mes

frères et toute la famille: «Boukouria» surtout mes Sœurs.

A mes amies intimes de la spécialité MACHINES ET RESEAUX


ELECTRIQUE.

A tout ma promotion d’électrotechnique 2016 /2017.

Boukouria soumia
Notations et Symboles

MSAP : Machine Synchrone à aimants Permanents


FFT : Transformé de Fourier Rapide
[ ] : Matrice des tensions des trois phases statoriques
[] : Matrice des courants des trois phases statoriques
p : puissance active
q : puissance réactive
: Tensions des trois phases statoriques
: Courants des trois phases statoriques
: Résistances d’une phase statoriques
: Flux statoriques
a, b, c : trois phases statoriques
: Matrice des Inductance statoriques
: Inductance propres des trois phases
: Inductances mutuelles entre phases statoriques
: Inductances de magnétisation des phases
: Inductance de fuite statorique
: Grandeur de la variation de l’inductance due à non uniformité de
l’entrefer
: Position angulaire électrique
: Flux crée par les orientations
: Amplitude de flux de l’aimant permanent
: Vitesse rotorique
: Coefficient de frottement visqueux
: Moment d’inertie du moteur
: Couple électromagnétique de la machine
: Couple de charge
: Vitesse mécanique
: Co-énergie
: Constante de l’énergie stockée dans le rotor
p : Nombre de paires de pôles
Notations et Symboles

cc : Rapport de court-circuit
: Nombre de spires total
: Nombre de spires court-circuitées
: Paramètres de localisation de défaut
: Tension de la partie saine de la phase A
: Tension de la partie court-circuitée de la phase A
: Courant la partie saine de la phase A
: Courant de la partie court-circuitée de la phase A
: Flux la partie saine de la phase A
: Flux de la partie court-circuitée de la phase A
: Courant du court-circuit
Liste des Figures

Liste des figures


Figure I.1 : Moteur industriel à aimants permanents ………………………………..............06

Figure I.2 : Rotor de la MSAP…………………………………………………….................06

Figure I.3 : Exemple de structures à rotor interne et à rotor externe……...…………………07

Figure I.4 : Vue transversale des machines à aimant permanents à flux radial ….………….07

Figure I.5 : Vue d’une machine à flux axial (différentes configurations)…………………...10

Figure I.6 : Exemple de dégâts provoqués par les défauts de court-circuit statoriques……..12

Figure I.7 : Point limite de désaimantation réversible..........................................................14

Figure I.8 : Evolution de l’aimantation rémanente avec la température ………………….....15

Figure I.9 : Rotor parfaitement aligné au stator……………………………………............16


Figure I.10 : Excentricité statique d’une machine électrique……………………………......16

Figure I.11: Excentricité dynamique d’une machine électrique .............................................17

Figure I.12 : Roulements à billes classiques…………………………………………………18

Figure II.1 : Schéma représentatif des enroulements de la MSAP ………………………….30

Figure II.2 : Représentation d’un moteur synchrone à aimant permanent avec court-circuit
entre spires dans la phase statoriques.A....................................................................................35

Figure III.1 : Spectres des courants statoriques ......................................................................40

Figure III.2 : Spectre de la puissance active et ces zooms…………………………………. 41

Figure III.3 : Spectre de la puissance réactive et ces zooms……………………………….. 41

Figure III.4 : Spectre de la puissance réactive et ces zooms……………………………….. 42

Figure III.5 : Spectre de la puissance active et ces zooms…………………………………. 43

Figure III.6 : Spectre de la puissance réactive et ces zooms……………………………...... 44


Liste des Figures

Figure III.7 : Spectres des courants statoriques…………………………………………….. 45

Figure III.8 : Spectre de la puissance active et ces zooms…………………………………. 46

Figure III.9 : Spectre de la puissance réactive et ces zooms……………………………...... 47

Figure III.10 : Spectres des courants statoriques…………………………………………… 48

Figure III.11 : Spectre de la puissance active et ces zooms……………………………....... 49

Figure III.12 : Spectre de la puissance active et ces zooms………………………………... 49


Sommaire

Introduction Générale…………………………………………………................................01

Chapitre1 : Etat de l’art des défauts affectants les machines synchrone à aimants
permanents

I.1 Introduction………………………………………………………………………………..04

I.2.Généralités sur les machines synchrones à aimants permanents (MSAP)……………...…04

I.2.1. Présentation de la machine synchrone à aimant permanent………………...............05

I.2.2. Différentes structures des machines synchrones à aimants permanents…………….07

I.2.2.1.Structures à flux radial (RFPM)………………………………………............07

I.2.2.1.1.Structures à aimants déposés en surface………………………………….08

I.2.2.1.2.Structures à aimant inséré…………………………………..…………….08

I.2.2.1.3.Structures à aimants enterrés……………………………………..……....08

I.2.2.1.4.Structures à concentration de flux………………………………...……...08

I.2.2.2.Structures à flux axial (AFPM)………………………...……………………...09


I.2.3.Différents types d’aimants permanents……...............................................................10

I.3.Types des défauts dans les MSAP……………………………………………………...…11

I.3.1.Défauts statoriques…………………………………………………………………...11
I.3.1.1.Défauts des enroulements……………………………………………………..11

I.3.1.1.1.Défauts de courtcircuits dans les enroulements statoriques...…………….11

I.3.1.2.Défauts de culasse………………………………………………….…….....13

I.3.2.Défauts rotoriques…………………………………………...……………………….14

I.3.2.1.Défauts des aimants……………………………………………………….……….14

I.3.3. Défauts d’excentricité……………...………………………….……………..15

I.3.4.Défauts de roulements………………………..……………………………………...17
I.4.Panorama des méthodes de diagnostic des machines électriques………………………....18
Sommaire

I.4.1.Méthodes de diagnostic avec modèle analytique…………………………………….19


I.4.1.1.Téchniques d’estimation d’état………………………..……………………19

I.4.1.2.Téchnique de génération de résidus………………………………...............20

I.4.1.3.Téchniques d’identification…………………………………..…………….20

I.4.2.Méthodes de diagnostic sans modèle analytique………………………………....….20

I.4.2.1.Analyse des signaux vibratoires…………………………………............…21


I.4.2.2.Méthode thermiques basée sur l’échauffement de la machine…22
I.4.2.3.Analyse des flux………………………………….……...……...….22

I.4.2.4.Analyse du couple électromagnétique………….……………….....22


I.4.2.5.Techniques électriques…………………………………….....…….23

I.4.2.5.1.Analyse de la signature du courant statorique……………......23


I.4.2.5.2.Analyse de la signature de la puissance instantanée............24
I.4.3.Méthodes d’intelligence artificielle (IA)………...………………………24
I.5.Technique de diagnostique investie…………………………………..……...25
I.6.Outil d’analyse fréquentielle utilisé………………………………………….26
I.7.Conclusion…………………………………………………………………...27
Chapitre II : Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans
défaut

II.1.Introduction………………………………………………………………........................29

II.2.Hypothèses simplificatrices………………………………………………………………29

II.3.Modèle du moteur à aimants permanents sain…………………………………………..29

II.3.1.Equations electriques..................................................................................................30

II.3.2.Equations mécaniques………………………….……………………………...……33

II.4.Modèle du moteur synchrone à aimant permanent défaillant ………...............................35

II.5.Conclusion………………………………………………………………………………..37

Chapitre III : Résultats de simulation

III.1.Introduction…………………………………………………………………………...…39
Sommaire

III.2.Analyse des signatures d’un moteur sain……………………………………………..…39

III.3.Analyse des signatures d’un moteur avec un court-circuit de spires de 1% …………....42

III.4. Analyse des signatures d’un moteur avec un court-circuit de spires de 3%....................44

III.5. Analyse des signatures d’un moteur avec un court-circuit de spires de 5%……………47

III.6. Conclusion……………………………………………………………………………...50

Conclusion générale …………………………………………………………………….........52

Annexe……………………………………………………………………………………….54

Bibliographie………………………………………………………………………………….56
Introduction générale

Dans de nombreux secteurs industriels, la sûreté de fonctionnement est un enjeu


majeur pour assurer une compétitivité optimale de l’outil de production. Le diagnostic des
défaillances de systèmes industriels, lorsqu’il est réalisé avec efficacité, représente un des
moyens pour contribuer à obtenir un meilleur gain de productivité. Sa vocation première est
de détecter et de localiser une défaillance des matériels. Les machines électriques sont très
présentes dans de nombreux processus et leur surveillance est devenue un souci permanent
particulièrement dans les systèmes embarqués.
Au cours de ces dernières années, les machines synchrones à aimants permanents
(MSAP) sont de plus en plus utilisées dans les applications industrielles comme l’automobile,
l’aéronautique, la robotique ou encore le transport ferroviaire. De par leur présence
grandissante dans des domaines applicatifs toujours plus diversifiés, les problèmes liés aux
défaillances de ce type de machine prennent une plus large part dans les contraintes
d’exploitation. La mise en place de dispositifs de sureté de fonctionnement est bien souvent
exigée afin d’améliorer la disponibilité des systèmes intégrant ces machines, de minimiser le
coût de la maintenance et d’assurer le plus efficacement possible la sécurité des biens et des
personnes en relation directe ou indirecte avec l’application.
Dans la démarche « sûreté de fonctionnement », une des étapes consiste à assurer la
détection des défauts pouvant survenir au sein d’une machine à aimants permanents. Cette
fonctionnalité consiste en la mise en place d’une procédure de diagnostic, qui a pour rôle la
localisation et l’identification d’un défaut, et éventuellement l’estimation de son degré de
criticité. L’objectif est d’être capable, à partir de grandeurs directement prélevées sur la
machine, de construire des indicateurs donnant une image de l’état de santé du dispositif.
Dans ce travail, nous nous intéresserons spécifiquement aux défauts électriques
pouvant survenir au niveau du bobinage statorique des machines à aimants permanents. Parmi
les défauts de bobinages les plus répandus de la machine à aimants, les courts-circuits entre
spires sont particulièrement critiques car même une déconnexion de la machine de son
dispositif d’alimentation ne permet pas « d’éteindre » le défaut. La présence d’un flux
variable dans la spire en court-circuit entretient la présence d’une force électromotrice donc
d’un courant pouvant s’avérer destructeur. Ces défauts, auxquels nous nous intéressons plus
particulièrement à cause de leur criticité, nécessite donc l’emploi d’une technique de
diagnostic particulièrement réactive pour en connaître au plus tôt l’occurrence.
Pour répondre à ces critères, parmi les techniques disponibles, notre choix s’est porté
sur l’emploi de l’approche de l’analyse de la signature de la puissance active et réactive
instantanées.

1
Introduction générale

Ainsi, et pour ce faire, notre travail est présenté dans ce mémoire à travers trois
chapitres.
Dans le premier chapitre, Nous présentons la machine à aimants permanents. Un état
de l’art sur les principaux défauts affectant cette machine est exposé, ainsi que les différentes
techniques de diagnostic utilisées pour détecter ces défauts. Pour mieux cerner l’approche
utilisée dans notre étude, un accent particulier est mis sur la méthode de la puissance active et
réactive et sur l’outil d’analyse spectrale utilisé.
Comme il est difficile d’aménager un environnement expérimental de diagnostic de
défauts. La modélisation et la simulation des machines électriques constituent une étape
primordiale en matière de prévention de pannes, et de teste pour les techniques de diagnostic.
Pour ce faire, le deuxième chapitre est consacré à la présentation du modèle de simulation de
la machine à aimants permanents. Nous utilisons un modèle basé sur les circuits électriques
magnétiquement couplés pour analyser le comportement de la machine en absence et en
présence du défaut de court-circuit des spires statoriques.
Le troisième chapitre est destiné à la présentation des résultats de simulation à travers,
l’analyse spectrale des signatures de la puissance active et réactive, et la comparaison de ces
signatures aves celles des courants statoriques, dans le but de prouver la fiabilité et l’efficacité
de la l’approche de diagnostic utilisée dans cette étude.
Nous terminerons ce mémoire par une conclusion portant sur les travaux effectués et
par une présentation des perspectives de recherche envisagées.

2
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

I.1. Introduction

Les défauts dans les machines électriques peuvent être d’origine mécanique
(excentricité du rotor, défaut sur les accouplements, usure des roulements,…), électrique
(court-circuit du bobinage statorique, rupture de barres ou d’anneaux,…) ou magnétique
(défaut d’isolement entre les tôles statoriques). Les variables mesurables telles que les
courants, les tensions, la vitesse ou bien encore la température peuvent fournir des
informations significatives sur ces défauts et ainsi servir à déterminer un ensemble de
paramètres représentant les signatures de défauts du moteur.
Les machines synchrones à aimant permanent (MSAP) sont de plus en plus utilisées
dans de nombreux domaines grâce à leur efficacité énergétique, leur simplicité de mise en
œuvre et leur performance dynamique. La sûreté de fonctionnement de ce type d’actionneurs
devient cependant un problème critique pour certaines applications industrielles car, à cause
de la présence d’une excitation permanente des aimants au rotor, un défaut de court-circuit au
stator de la machine est entretenu tant que la machine est en rotation. La détection de ce type
de défaillance doit donc être réalisée au plus tôt avec un bon taux de confiance pour permettre
une sécurisation rapide afin d’éviter la propagation de défaut aux autres composants du
système.
Ce chapitre a pour but de définir la machine électrique à étudier dans le cadre de ce
mémoire, qui est le moteur synchrone à aimant permanent (MSAP). Ainsi que la présentation
des différents défauts affectant cette machine et leurs méthodes de diagnostic. Un accent
particulier est porté sur l’approche de l’analyse de la signature de la puissance active et
réactive, qui sera investie dans cette étude, pour le diagnostic du défaut de court-circuit de
spires statoriques.
I.2. Généralités sur les machines synchrones à aimants permanents (MSAP)

Le terme de la machine synchrone regroupe toutes les machines dont la vitesse de


rotation de l’arbre de sortie est égale à la vitesse de rotation du champ tournant. Pour obtenir
un tel fonctionnement, le champ magnétique rotorique est généré soit par des aimants, soit par
un circuit d’excitation. La position du champ rotorique est alors fixe par rapport au rotor, ce
qui impose en fonctionnement normal une vitesse de rotation identique entre le rotor et le
champ tournant statorique [1][2].
Cette famille de machines regroupe en fait plusieurs sous familles :
 les machines synchrone à rotor bobiné.
 les machines synchrone à réluctance variable.

4
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

 les machines synchrone à aimants permanents.

Notre intérêt va plus particulièrement vers cette dernière catégorie. En effet, avec
l’évènement des matériaux à aimants permanents de haute énergie et les progrès réalisés dans
le domaine de l’électronique de puissance. Les moteurs à aimants permanents ont connu ces
dernières années un grand essor. Ils ont été adoptés dans de nombreuses applications de
hautes performances telles que la robotique, l’aérospatiale, les outils électriques, la production
des sources d’énergie renouvelables, les divers équipements médicaux, les véhicules
électriques et hybrides, etc. Pour toutes ces applications, les machines à aimants permanents
sont parfois préférables aux autres machines traditionnelles, telles que les machines à courant
continu, les moteurs synchrones classiques et les moteurs asynchrones et en particuliers pour
les applications spécifiques (servomoteur et vitesse variable). En effet, les machines à aimants
permanents présentent plusieurs avantages par rapport aux autres types de machines [1][2][3]:

 bon rendement ;
 fort couple massique ;
 fort couple volumique ;
 peu de pertes au rotor ;
 pas de système balais collecteur ;
 bon facteur de puissance ;
 pas ou peu d’entretien ;
 Simplicité de fabrication ;

Cependant ils ont tout de même certains inconvénients :


 Coût élevé des aimants.
 Interaction magnétique due au changement de structure.
 Influence des vibrations et des chocs sur la structure de la machine.
 Diminution de l’aimantation selon loi logarithmique en fonction du temps.
I.2.1. Présentation de la machine synchrone à aimants permanents
Le stator de la machine synchrone à aimants permanents est identique à celui d’une
machine asynchrone, il est constitué d’un empilage de tôle magnétique qui contient des
encoches dans lesquelles sont logés trois enroulements identiques décalés entre eux de 120
[2][3][4].

5
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

Figure I.1: Moteur industriel à aimants Permanents

Le rotor est constitué de pôles qui sont des inducteurs composés d’aimants permanents
et de pièces polaires en matériaux ferromagnétiques. Généralement, le rotor de la MSAP est
de deux types :
 Rotor possédant des pièces polaires (Figure I.2(a)), servant à la concentration du flux
d’induction dans lequel les aimants sont orientés soit parallèlement soit
perpendiculairement à l’entrefer, soit de manière plus complexe. Dans ce type de
machine, l’inducteur est à pôles saillants.
 Rotor sans pièces polaires, donc à entrefer constante (Figure I.2(b)), dans lequel
l’aimantation des aimants est généralement perpendiculaire à l’entrefer. Dans ce type
de machine, l’inducteur est à pôles lisses.
Des enroulements amortisseurs sont parfois ajoutés formant une cage en court-circuit.

(a) Rotor à pôles saillants (b) Rotor à pôles lisses

Figure I.2 : Rotor de la MSAP

6
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

I.2.2. Différentes structures des machines synchrones à aimants permanents


Les structures des machines synchrones à aimant permanents sont classées suivant la
disposition des aimants sur le rotor. Leurs différentes configurations incluent les machines à
flux radial (RFPM) et à flux axial (AFPM) [3][5][6].
I.2.2.1. Structures à flux radial (RFPM)
La machine synchrone à flux radial (RFPM) est la machine à aimants la plus
conventionnelle. Elle est employée couramment pour l’entrainement direct. Son stator est
identique à celui d’une machine d’induction classique. Ces structures peuvent se présenter,
soit avec un rotor placé à l’intérieur ou à l’extérieur (Figure I.3) [3][5][6].

Figure I.3 : Exemple de structures à rotor interne et à rotor externe

Les différents types de rotor de machine à flux radial sont munis d’aimants montés soit en
surface, soit insérés (encastrés), soit enterrés ou à concentration de flux.

(a) à aimants en surface (b) à aimants insérés (c) à aimants enterrés (d) à concentration de flux

Figure I.4 : Vue transversale des machines à aimants permanents à flux radial

7
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

I.2.2.1.1. Structures à aimants déposés en surface

Elles sont appelées machines à inducteur lisse en raison de leurs aimants disposés a
niveau de l’entrefer sur un noyau ferromagnétique lisse (Figure I.4(a)). L’induction dans
l’entrefer est celle des aimants. Leur aimantation peut être radiale, tangentielle ou combinée.
La topologie à rotor interne est généralement la plus utilisée en raison de sa simplicité
et son faible coût de réalisation. Cependant elle présente quelques inconvénients. En effet, les
aimants permanents sont exposés aux champs de démagnétisation et sont sujets à des forces
centrifuges pouvant causer leur détachement du rotor [3][5][6].

La topologie à rotor externe est moins utilisée car elle est plus difficile à réaliser et
nécessite plus de volume d’aimant. Elle présente les avantages suivants :
 Un diamètre du rotor, plus grand que pour les machines conventionnelles, permettant
d’avoir un nombre plus élevé de pôles et un couple plus grand.
 Une meilleure qualité de collage des aimants sur le rotor grâce à la force centrifuge
qui pousse les aimants vers l’extérieur, rendant leur détachement presque impossible.
I.2.2.1.2. Structures à aimant insérés
Des aimants de forme simple sont insérés à la surface du rotor, ce qui leur permet
d’avoir une bonne tenue mécanique (Figure I.4(b)). L’espace entre les aimants est couvert par
des dents rotoriques créant une saillance inversée Cette saillance produit un couple de
réluctance aussi important que le couple d’interaction dû aux aimants permanents [3][5][6].
I.2.2.1.3. Structures à aimants enterrés
La structure des inducteurs de ce type de machine est à géométrie complexe. Les
aimants sont enterrés à l’intérieur du rotor (Figure I.4(c)). La robustesse mécanique de ce type
de rotor permet d’atteindre de très grandes vitesses pour des puissances importantes.
L’avantage de cette configuration réside dans la possibilité de concentrer le flux produit
par ces aimants, permettant ainsi d’assurer des niveaux d’inductions élevées dans l’entrefer.
De plus, les aimants enterrés sont bien protégés contre la désaimantation [3][5][6].
I.2.2.1.4. Structures à concentration de flux
Cette topologie (Figure I.4(d)) est d’habitude excitée par des ferrites car le volume est
important et les constructeurs préfèrent un matériau moins cher. De plus, le principe de
concentration du flux permet une augmentation importante du champ dans l’entrefer, avec
une géométrie adéquate, cela permet d’avoir l’induction dans l’entrefer supérieur à
l’induction rémanente [3][5][6].

8
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

I.2.2.2. Structures à flux axial (AFPM)

Ces machines dites « discoïdales » ou AFPM représentent une autre solution possible
pour les entraînements directs à basse vitesse. Elles comportent un ou plusieurs disques fixes
bobinés et un ou plusieurs disques mobiles supportant les aimants permanents. Leur principal
avantage est l’optimisation de la surface utile de génération du couple, qui se traduit par une
puissance volumique importante. Cependant, leur assemblage est très compliqué, à cause des
contraintes mécaniques liées aux poussées axiales. Comparées à la structure à flux radial, ces
machines se caractérisent par un plus grand diamètre et une longueur axiale relativement plus
courte. Le flux provenant des aimants est axial tandis que le courant est dans la direction
radiale [3][5][6].
Différentes configurations à flux axial existent : celle à structure simple avec un seul
rotor associé à un seul stator (Figure I.5(a)), celles à double entrefer avec soit ; un seul rotor
inséré entre deux stators (Figure I.5(b)) ou un seul stator inséré entre deux rotors (Figure
I.5(c)). On trouve également une configuration multi stator multi rotor (Figure I.5(d)).
L’exploitation de ces machines dans le domaine de traction (vélo électrique et voiture
hybride) est très prometteuse [3][5][6].

(a) structure simple (b) structure double stator

9
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

(c) Structure double rotor (d) structure multi rotor multi stator

Figure 1.5 : Vue d’une machine à flux axial (différentes configurations)

I.2.3. Différents types d’aimants permanents

Les aimants permanents dans les circuits magnétiques et en particulier dans ceux des
machines électriques apportent beaucoup d’avantages à savoir ; en premier lieu la possibilité
d’obtenir une excitation sans pertes par effet joule et en second lieu la possibilité de mieux
localiser le flux magnétique [5][6].

On peut classer les matériaux, pour aimants permanents en trois grandes familles :
 Les Alnico : sont des aimants permanents réalisés à partir d’un alliage
Aluminium-Nikel-Cobalt. caractérisés par une induction rémanente élevée et un
champ coercitif faible ils sont donc de caractéristiques énergétiques médiocres. En
effet, de par leur composition métallique ils sont le siégé de pertes, et le procédé de
fabrication induit une direction privilégiée de l’aimantation, qui est celle de la plus
grande longueur. Actuellement, en raison de leur basse qualité, ils ne sont presque
plus utilisés.
 Les ferrites : sont des aimants permanents, formés de matériaux de la famille des
céramiques et donc électriquement non-conducteurs et quasiment
ferromagnétiques. Ils sont caractérisés par une faible induction rémanente mais ils
ont un champ coercitif élevé. Ils sont surtout intéressants pour leur bon rapport
densité d’énergie-prix
 Les terres-rares : ils sont ; actuellement, les plus performants des aimants
permanents, utilisés dans la construction des machine synchrone. Leur version la
plus courante est l’alliage samarium-cobalt .caractérisé par une induction

10
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

rémanente et un champ coercitif élevés A taille égale, la densité d’énergie


emmagasinée dans l’aimant est trois fois plus grande que celle des Alnico et six
fois plus que celle des ferrites. Leur prix est cependant élevé.

I.3.Types des défauts dans les MSAP


Le défaut d’un élément est une condition de la réduction de capacité liée à des
exigences minimales, Cela peut être le résultat d’une dégradation normale, une mauvaise
utilisation, ou une combinaison de ceux-ci. Si un défaut n’est pas détecté, ou s’il est laissé se
développer, il conduira à la défaillance du composant et provoquera sa sortie prématurée du
fonctionnement [3]. Dans les machines électriques les défauts peuvent provenir de la partie
fixe (stator) ainsi que de partie mobile (rotor), d’où la classification ci-après.

I.3.1. Défauts statoriques


Le stator d’une machine électrique comprend des enroulements logés dans les
encoches et une culasse qui assure la voie de retour pour le flux. Les défauts statoriques
peuvent se situer au niveau des enroulements ou de la culasse [3][7][8].

I.3.1.1. Défauts des enroulements

Les enquêtes industrielles ont montré qu’un grand pourcentage de défaillances dans
une machine électrique résulte des défauts liés aux enroulements statoriques. Des nombreux
travaux ont démontré que la majorité des défauts de bobinage statorique résultent après la
détérioration de l’isolation des fils. Dans la plupart des cas, cette défaillance démarre à partir
d’un défaut entre spires. Finalement ce dernier grandit et entraîne les défauts entre les
bobines, entre les phases, ou phase et terre, avant la détérioration du moteur [7]. Les court-
circuit des spires dans le bobinage appartiennent à cette classe de défaut qui a souvent un effet
négligeable sur les performances de la machine au début, mais leur persistance peut conduire
à une défaillance destructrice. Par conséquent, des exigences rigoureuses visant à minimiser
l’apparition et l’atténuation des effets de rupture de l’isolant deviennent hautement
souhaitables [3][7].
I.3.1.1.1. Défauts de court-circuit dans les enroulements statoriques
Comme déjà mentionné, l’isolation du bobinage statorique est exposée à une
combinaison de contraintes multi physiques : thermique, électrique et mécaniques. A long
terme, ces multiples contraintes accélèrent le vieillissement, qui conduit à la destruction de
l’isolation.

11
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

La détérioration de l’isolation commence habituellement par un défaut entre spire


(inter-turn) de quelques spires, ce qui produit un arc électrique irrégulier de faible puissance.
Cela entraîne l’érosion des conducteurs jusqu’à ce qu’ils soient soudés. Un défaut entre
spires entraîne un grand courant circulant dans la branche court-circuitée. L’amplitude de ce
courant peut être deux fois plus grande que le courant à rotor bloqué. Il provoque de graves
échauffements localisés ce qui maintient des conditions favorables pour la propagation du
défaut à une plus grande partie de l’enroulement [3]. Le courant à rotor bloqué est de l’ordre
de 6 à 10 fois le courant nominal. La non détection de ce défaut conduit à un autre, plus
néfaste : le court-circuit phase terre ou entre phases [3][7].

Figure 1.6 : Exemple de dégâts provoqués par les défauts de court-circuits statorique

L’échauffement excessif causé par un défaut entre spires conduit souvent les moteurs
à une défaillance après quelques minutes de fonctionnement. Une règle générale stipule que
chaque 10°C supplémentaire par rapport à la température nominale, entraîne le bobinage à se
détériorer deux fois plus vite. Si le défaut est détecté assez tôt la machine peut être remise en
service après un simple re-bobinage de l’enroulement statorique. Le remplacement de
l’ensemble du moteur nécessite généralement un temps d’arrêt plus important [3][8].

Cependant, comme le bobinage statorique d’une machine électrique est soumis à des

12
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

contraintes thermiques (échauffement), mécaniques (vibrations) et électriques (pic de


tension/courant). Autres causes de la défaillance des enroulements statoriques sont [9]:
 la haute température de la culasse statorique et du bobinage,
 la contamination causée par les hydrocarbures, de l’humidité, la saleté…etc.,
 les courts-circuits,
 les contraintes de démarrage,
 les décharges électriques,
 Les fuites dans les systèmes de refroidissement
I.3.1.2. Défaut de culasse
La culasse (ou noyau) des machines électriques est construite de tôles fines
d’aciers isolés dans le but de minimiser les pertes par courants de Foucault pour une plus
grande efficacité opérationnelle. Dans le cas des machines à moyenne et grandes puissances,
le noyau est compressé avant l’emplacement des tôles afin de minimiser les vibrations des
feuilles de laminage et de maximiser la conductivité thermique.
Généralement les problèmes de noyau sont rares (1% des défauts). Par rapport à
des problèmes d’enroulement, ils ne présentent pas une préoccupation majeure pour les petites
machines. Pour les machines de grandes puissances la rectification des défauts du noyau est
coûteuse [3], car elle exige généralement le remplacement de l’ensemble du noyau. Par
conséquent, il y a eu l’intérêt d’identifier les causes principales de ces problèmes, de détecter
et prévenir la défaillance de la culasse. Les causes principales de la défaillance de noyau du
stator sont [7]:

 Echauffement des extrémités ferromagnétiques résultant du flux axial des têts des
bobines.
 Fusion du noyau causé par les courants de défaut.

 Vibration résultant de la dilatation de l’assemblage des tôles.

 Les défauts de fabrication des tôles : une épaisseur non uniforme des tôle cause une
distribution non uniforme de pression.
 Défaillance de l’isolant entre les tôles.

 Les dommages mécaniques à la surface intérieure du stator pendant l’assemblage,


l’inspection, le re-bobinage, etc.
 Arc électrique du à la défaillance du bobinage.

13
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

I.3.2. Défauts rotoriques

Presque toutes les machines électriques ont une similarité de construction du stator et,
par conséquent, les défauts sont également les mêmes. Toutefois, il existe une gamme de
configurations du rotor selon le type de la machine. Les defaults rotoriques les plus
important sont les suivants:
 Rupture des barres rotoriques dans les machines asynchrones.

 Défauts dans les enroulements rotoriques dans les machines synchrones classiques,
les machines à courant continu et les machines asynchrones à rotors bobinés.

 Défauts des aimants dans les machines à aimants permanents.

Ainsi, les défauts dans le rotor peuvent être considérés comme plus complexes et
dépendent du type de la machine. Dans ce mémoire, nous nous concentrerons uniquement
sur les défauts rotorique dans les MSAP. Ils sont brièvement décrits ci-dessous [3][7].
I.3.2.1. Défauts des aimants
Les moteurs à aimants permanents contiennent un rotor équipé d’aimants permanents.
Ces derniers sont soit sur la surface du rotor ou intégrés. La présence des aimants dans le rotor
produit un flux rotorique constant. Toutefois, ce flux peut varier sous l’influence de nombreux
facteurs tels que la réaction d’induit et la température. Lorsque les enroulements statoriques
sont alimentés avec une tension, le champ créé s’oppose au champ produit par les aimants.
Dans des conditions normales le point de fonctionnement des aimants est situé dans le
deuxième quadrant (Figure I.7). Mais ce point de fonctionnement peut évoluer et traverser le
point limite de désaimantation réversible [3][7].

Figure I.7 : Point limite de désaimantation réversible

14
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

Ce phénomène peut se produire lors des applications brutales de charges ou en cas de


défaut de court-circuit des enroulements statoriques. Une fois produite, la réduction
irréversible de l’induction rémanente (Br) de l’aimant réduit de façon permanente les
performances de la machine.

Les températures élevées de fonctionnement réduisent aussi l’induction rémanente.


La figure (I.8) montre la variation du Br avec la température.

Figure I.8 : Evolution de l’aimantation rémanente avec la température

En plus de la diminution de la force magnétique de l’aimant en raison de la réaction


d’induit ou de la température, il est également connu que certains aimants (comme Nd-Fe-B)
peuvent se détériorer par désintégration. Les fissures qui se forment lors de la fabrication
peuvent conduire à la désintégration à grande vitesse. La désintégration entraîne la
perturbation du flux dans l’entrefer causant ainsi le déséquilibre de l’attraction magnétique
entre le rotor et le stator. Ceci engendre des vibrations et des contraintes sur les roulements
[10].

I.3.3. Défaut d’excentricité

Dans une machine idéale, le centre du rotor est aligné sur celui du stator, donc l’axe de
rotation du rotor est le même que l’axe du stator comme indiqué sur la figure (I.9). L’excentricité dans
une machine est définie comme un entrefer non symétrique entre le stator et le rotor. La présence d’un
certain niveau d’excentricité est fréquente dans les machines électriques. Certains fabricants et
utilisateurs spécifient un niveau maximal autorisé de 5%, alors que dans d’autres cas, un niveau
maximal de 10% de longueur d’entrefer est autorisé par l’utilisateur. Toutefois, les fabricants

15
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

normalement essayent de maintenir le niveau total de l’excentricité encore plus faible afin de réduire
les vibrations et le bruit et de réduire au mieux possible les attractions magnétiques déséquilibrées
(Unbalanced magnetic pull UMP) [10].

Figure I.9 : Rotor parfaitement aligné au stator

L’excentricité peut survenir sous forme statique ou dynamique. Dans le cas d’une excentricité
statique, la position de la longueur radiale minimale de l’entrefer est fixée dans l’espace. Les causes
typiques de l’excentricité statique comprennent l’ovaleité du stator ou le positionnement incorrect du
rotor ou du stator à l’étape de mise en service. En supposant que le rotor et l’arbre sont suffisamment
rigides, le niveau d’excentricité statique ne change pas avec le temps.

Figure 1.10 : Excentricité statique d’une machine électrique

Une excentricité dynamique se produit quand le centre du rotor n’est pas sur l’axe
de rotation. Un entrefer minimum tourne alors avec le rotor. Cela signifie que
l’excentricité dynamique est une fonction de l’espace et du temps. Les causes typiques
d’une excentricité dynamique sont les arbres pliées, les résonances mécaniques à vitesses
critiques, et l’usure des roulements. La figure (I.11) montre la façon dont le rotor va
tourner en présence de chaque type d’excentricités de l’entrefer [10].

16
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

Figure I.11: Excentricité dynamique d’une machine électrique

Lorsque l’excentricité devient grande, les Forces Radiale du Déséquilibre (FRD),


(Unbalancedmagnetic pull UMP) peut provoquer un frottement enter stator - rotor, ce qui
peut les endommager. Dans le cas d’excentricité statique (figure I.10) il s’agit d’une
traction dans un sens. Cela rend les FRD dans une excentricité statique, difficile à
détecter à moins d’utiliser un appareil spécial avant la mise en service du moteur. D’autre
part l’excentricité dynamique produit un FRD qui tourne à la vitesse de rotation du
moteur et agit directement sur le rotor. Ceci rend FRD plus facile à détecter à travers
l’analyse des vibrations ou la surveillance des courants statoriques [3][12].
I.3.4. Défauts de roulements

En raison de la forte dépendance des moteurs aux roulements, il est difficile


d’imaginer l’état d’avancement des machines tournantes modernes sans tenir compte de
la large implication des roulements. Cependant, les défauts de roulement peuvent
représenter entre 42% et 50% de l’ensemble des défaillances des moteurs. Le coût des
roulements se situe entre 3 et 10% du coût réel du moteur. En outre, les coûts cachés
générés dans les temps d’arrêt et la perte de production font que la défaillance de
roulement soit plutôt une anomalie coûteuse [13].
La majorité des machines électriques utilisent un roulement du type billes. Chacun
de ces roulements se compose de deux anneaux appelés l’intérieur et l’extérieur des
anneaux. Un jeu de boules ou éléments roulants placés dans des pistes tourne à l’intérieur
de ces anneaux. Les défauts des roulements pourraient se manifester comme des défauts
d’asymétrie du rotor, qui sont généralement inclus dans la catégorie des défauts
d’excentricité. Sinon, les défauts des roulements à billes peuvent être classés comme
défauts d’anneau extérieur, défaut d’anneau intérieur et les défauts des billes.

17
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

Figure I.12 : Roulements à billes classiques

Les contraintes agissant sur un roulement peuvent conduire à l’excès de bruit, par
rapport au fonctionnement régulier. De ce fait les vibrations mécaniques se développent et
l’usure du roulement augmente. Si ces contraintes sont prises en compte dans la phase de
conception, une défaillance prématurée pourra être évitée. Par contre, lorsque ces contraintes
dépassent la capacité du roulement, sa durée de vie peut être considérablement diminuée et
sa défaillance pourrait se produire à tout moment.

Les causes et mécanismes qui engendrent généralement ces défaillances sont :


 Sur charge thermique.
 Contrainte lourde, radiale ou axiale, causée par déviation de l’arbre.

 Chargement excessif (statiques et / ou dynamique).

 Choc excessif et vibration.

 Défauts d’usinage.

 Mauvaise manipulation et / ou montage.


 Problèmes d’environnement.
 Contamination causées par le ponçage des particules minuscules dures ou
l’action corrosive de l’eau, de l’acide, etc.

I.4. Panorama des méthodes de diagnostic des machines électriques

Comme la conception et l’analyse des machines tournantes jouent un rôle important en


termes de cout de production et d’entretien, le diagnostic des défauts est un aspect qui attire
de plus en plus l’attention des concepteurs et des utilisateurs. En effet, la détection, la
localisation et l’analyse des défauts sont devenues essentielles au bon fonctionnement des

18
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

machines électriques. Ces taches sont tout aussi indispensables pour la sécurité, la fiabilité,
l’efficacité et la performance du système. Les machines tournantes modernes étant de plus
complexe, les stratégies de surveillance et de diagnostic de ces machines doivent évoluer à
faire face à l’augmentation des contraintes physiques imposées sur les composants de ces
dernières.

La plupart des anciens travaux dans le domaine du diagnostic des défauts et de


surveillance des machines ont été principalement concentrés sur les machines de type
asynchrones. Diverses recommandations et solutions concernant des technologies de
surveillance ont été proposées dans ce domaine [3][8]. Avec le progrès technologique ces
tâches deviennent complexes et sophistiqués. Des nouvelles structures (comme les machines à
aimant permanent, les machines hybrides à aimants, les machines à reluctance variable etc.)
ont également émergé. En conséquence, les solutions de surveillance de l’état doivent être
adaptées selon les cas.

Le but de cette section est de présenter un panorama des méthodes de diagnostic


appliquées aux machines électriques. Ces méthodes sont classées en deux grandes catégories,
celles qui utilisent un modèle analytique du système et celles qui se dispensent de ce modèle.
L'approche analytique est plutôt inspirée par les automaticiens, alors que les communautés du
génie électrique et du traitement du signal préfèrent s'intéresser à des méthodes plus
heuristiques [3][14].
I.4.1. Méthodes de diagnostic avec modèle analytique
Ces méthodes de détection reposent sur des connaissances a priori du système. Elles
supposent la connaissance des modèles et des paramètres représentant le processus physique à
étudier. La comparaison des signaux expérimentaux représentant le fonctionnement du
système et des signaux générées par les modèles (ou des paramètres estimés) permet la
détection ainsi que l'identification de la défaillance susceptible de se produire. Ces techniques
peuvent être classées en trois catégories [3][14] :
I.4.1.1. Techniques d'estimation d'état
Les modèles analytiques font intervenir un nombre fini de variables internes, appelés
aussi variables d'état. Ces variables sont généralement non mesurables pour des raisons
d'inaccessibilité, elles peuvent être dépourvues de sens physique ou le coût d'installation de
capteurs est trop élevé. Comme l'évolution temporelle du système est caractérisée par
l'évolution de ces variables, on a souvent recours à des techniques d'estimation (capteurs
logiciels) pour suivre l'évolution de leurs valeurs.

19
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

Deux manières différentes sont proposées pour la reconstruction de l'état du système


en connaissant son modèle mathématique. Les techniques qui découlent de ces deux concepts
sont le filtre de Kalman et l'observateur de Luenberger [3][14].
I.4.1.2. Technique de génération de résidus
Les résidus sont des signaux qui reflètent l'écart entre un modèle et le système à
surveiller. Ces résidus dépendent de la technique avec laquelle ils ont été générés. Ces
techniques d'extraction des résidus visent à fournir des signaux significatifs et exploitables
pour détecter la présence d'une défaillance spécifique. En mode sain, ces résidus doivent
s'approcher de zéro et refléter la présence d'un défaut en prenant des valeurs significatives
[3][14].
1.4.1.3. Techniques d'identification
Les techniques d'identification ont pour objectif de déterminer un modèle dynamique
du système à surveiller à partir de mesures expérimentales, d'entrée et de sortie. L'idée
fondamentale est que les paramètres caractérisant ce modèle identifié vont être sensibles aux
défauts affectant la machine, et vont donc permettre par leurs variations de caractériser ces
défauts. L'estimation des paramètres du modèle est assurée par un algorithme de minimisation
de l'erreur entre la sortie du modèle et celle de la machine [3][14].
Plusieurs techniques d'identification basées sur la minimisation d'un critère
quadratique sont utilisables ; on peut les classer selon :
 techniques à erreur d'équation ;
 techniques à erreur de sortie ;
 filtre de Kalman étendu.
I.4.2. Méthodes de diagnostic sans modèle analytique
Ces méthodes se basent sur l’analyse des signaux d’acquisitions. Elles ont l’avantage
de l’indépendance de l’analyse par rapport aux fluctuations internes du système. D’autre part,
l’information contenue dans les signaux, n’étant pas filtrée par la modélisation, reste intacte
[14][15].

En effet, la machine électrique est utilisée pour la conversion électromécanique de


l’énergie. Elle reçoit des signaux électriques (courants, tensions, puissances) et restitue des
signaux mécanique (couple, vitesse), accompagnés de fuites magnétiques et des pertes de
puissance sous forme de chaleur ce qui augmente sa température. Bien sûre tout cela se fait
par la présence du champ magnétique dans l’entrefer de la machine. D’autre part l’apparition
d’un défaut dans le moteur influe sur son comportement électromécanique, c.à.d. il est à

20
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

l’origine de nombreux phénomènes tel que le bruit, l’échauffement, les vibrations, etc… Ces
symptômes sont la manifestation flagrante d’une modification des caractéristiques temporelles
et fréquentielles des grandeurs électriques et mécaniques. Ceci est, par différents degrés,
dépendant du type de défaut et de sa sévérité. Cette réalité a motivé les chercheurs dans ce
domaine de proposer des méthodes de diagnostic diverses, basées sur les déférentes grandeurs
mesurables de la machine, révélatrices de défauts [14][15].

Ces méthodes sont donc :

 mécanique (mesure : des vibrations, du couple, de la vitesse, de la


température,…).
 chimique (analyse des huiles et des gaz).
 magnétique (mesure du flux : de l’entrefer, flux de fuite et flux axial).
 électrique (mesure : des courants, des tensions, des puissances,…).

Dans ce qui va suivre, nous allons présenter les techniques de diagnostic, basées sur la
mesure des différents signaux de la machine, les plus utilisées.

I.4.2.1. Analyse des signaux vibratoires

L’analyse des défauts des moteurs électriques par les signaux vibratoires et acoustiques
permet quasiment une détection de tous les défauts, notamment ceux mécaniques, pouvant se
produire sur le processus [3].cette analyse peut être réalisée à partir de capteurs, généralement
des accéléromètres, placés sur les paliers dans les directions verticales, axiales et radiales
[14].

Cependant, ces analyses vibratoires comportent certains inconvénients :

 Problème d’accessibilité.
 difficultés rencontrée dans les connexions mécaniques des accéléromètres pour
effectuer les mesures nécessaires au voisinage direct du défaut.
 De plus, le cout de ces capteurs reste relativement élevé par rapport aux autres
capteurs. Ceci laisse cette technique employée uniquement pour les grandes
machines. Pour s’affranchir de ces problèmes, les recherches focalisent leurs efforts
pour détecter et localiser les défauts par l’analyse d’autres signaux.

21
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

I.4.2.2. Méthode thermique basée sur l’échauffement de la machine

Toute machine électrique dissipe une quantité de chaleur due aux pertes mécaniques
dans les roulements, aux pertes électriques dans les conducteurs et aux pertes magnétiques
dans le fer. Il en découle des échauffements générateurs de contraintes thermiques et une
diminution du rendement. Par ailleurs l’élévation de température apparait dès la naissance du
défaut. La mesure de celle-ci peut donc donner accès à sa prévision. Ce type de diagnostic
implique en premier lieu une meilleure compréhension du comportement thermodynamique
du stator et du rotor dans les régimes permanent et transitoire [14].

L’approche thermique consiste à mesurer la température de chaque phase de


l’enroulement statorique et la comparer avec la valeur limite.

La température peut donc s’avérer, dans quelques cas de défauts, porteuse


d’informations. Cependant, sa mesure reste toujours très délicate et difficile à maitriser. En
effet, cette approche nécessite aussi l’installation des capteurs au niveau de la machine, chose
qui n’est pas praticable pour les machines de petite taille [3].

I.4.2.3. Analyse des flux

Un déséquilibre magnétique, mécanique, électrique ou bien encore électromagnétique,


situé au rotor ou au stator, peut affecter la conversion électromécanique et la répartition de
champ dans et en dehors de la machine. Des études ont donc été menées pour extraire de la
mesure des flux d’entrefer, axial ou de fuite des signatures caractéristiques de certains défauts
[7]. Pour cela, des bobines exploratrices sont placées à l’intérieur de la machine sur les dents
statoriques, à l’extérieur de la machine, parallèlement et perpendiculairement à l’axe du rotor.

I.4.2.4. Analyse du couple électromagnétique

Certains défauts mécaniques peuvent être détectés par la recherche d’harmoniques dans
le spectre du couple électromagnétique mesuré, résultat d’une interaction entre le flux et le
courant [14]. Ce couple peut être reconstruit, soit à partir de deux des trois courants
statoriques, soit en utilisant un modèle physique de la machine [14].

L’utilisation de ce signal peut s’avérer un bon choix pour la détection des défauts de
charge. En effet, les variations du couple de charge vont induire des variations du flux et de
courant dans le spectre du couple.

22
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

Les oscillations du couple, provoquées par certains défauts rotoriques, peuvent servir à
détecter ces derniers [14].

Comme nous venons de le voir, les signaux évoqués précédemment permettent de


détecter un grand nombre de défauts sur la machine. Cependant, ces signaux nécessitent la
mise en place d’un grand nombre de capteurs (bobines exploratrices pour le flux,
couplemétre, accéléromètres, transducteurs,…) souvent coûteux ou onéreux, sensibles et
délicats à placer dans des environnements contraignants. Ceci limite l’application de ces
techniques qui sont basées sur l’analyse de ces signaux malgré leurs avantages. D’autres
techniques qui ne sont pas décrites ici, sont bien utilisées pour des applications bien
particulières telles que les techniques de mesure des décharges électriques, les techniques qui
utilise les signaux infrarouges, de radiofréquence (RF) ou les techniques chimiques et
d’autres, qui trouvent dans certains cas leur emploi dans les grosses machines spécifiques à un
certain type de défauts.

I.4.2.5. Techniques électriques

Malgré que certaines techniques sont jusqu’à maintenant utilisées telles que la
technique des vibrations, les chercheurs durant ces dernières décennies s’orientent vers
d’autres technique plus efficaces et plus simples à utiliser et qui ne nécessitant pas la mise en
place de capteurs au niveau de la machine, mais uniquement une image sur la grandeur à
mesurer à partir de la salle de contrôle. Il s’agit des techniques basées sur l’analyse de la
signature électrique du moteur, où l’enroulement statorique placé dans la machine, est
considéré comme un capteur. Ce qui montre l’avantage de leur emploi pour les machines de
différentes tailles et quel que soit l’environnement dans les quelles sont placées. Cette
approche de surveillance des entrainements électriques a été largement utilisée ces dernières
années [14][15], elle est connue sous le nom de l’analyse de la signature du courant du
moteur.

L’avantage, comparé aux signaux précédents, est que les capteurs de courants sont
désormais présents dans tous les systèmes de commande des entrainements électriques et
offrent donc, un accès aisé à la mesure sans une implémentation (de capteur) supplémentaire.

I.4.2.5.1. Analyse de la signature du courant statorique

La mesure des signaux puis leurs traitements dans le domaine fréquentiel ne peut
servir, que si les composantes fréquentielles définies pour chaque défaut [3][15] sont connues.

23
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

Il y a plusieurs techniques pour effectuer l’analyse des courants. La plus utilisée


consiste à réaliser une analyse fréquentielle (FFT par exemple) directement sur un courant de
ligne. Cette méthode a été largement employée ces dernières années. Mais, bien qu’elle
permette d’obtenir de bons résultats, elle présente quelques inconvénients [4]. En effet, dans
cette analyse fréquentielle, il est préférable de faire une analyse globale sur les courants car
l’information sur le défaut dans la plupart des cas est différente d’un courant de ligne à un
autre. Ceci est dû au déséquilibre de la source d’alimentation et/ou au déséquilibre crée par le
défaut lui-même. Cependant, faire une FFT sur chaque courant risque d’être pénalisante en
temps de calcul. C’est pour cela que certaines auteurs s’orientent, avec la multiplication du
nombre de capteurs de courants, vers l’analyse spectrale de la combinaison des trois courants,
réalisée à l’aide des différentes matrices de transformation telles que celle de Park, Fortescue
et de Concordia [14]. La plus utilisée de ces transformations est celle de Park [15], car elle
permet d’une part, de présenter les courants du moteur dans le domaine de Park [15],[15],
d’autre part elle permet aussi de choisir le référentiel lié au stator, au rotor et au synchronisme
et aussi dans sa seconde version d’utiliser le module des courants des vecteurs de Park [15].

I.4.2.5.2. Analyse de la signature de la puissance instantanée

Suite à la facilité d’emploi des capteurs de tension et de courant, d’autres chercheurs


préfèrent multiplier le nombre de ces deux types de capteurs afin d’extraire la signature du
défaut par l’analyse spectrale de la puissance d’entrée de la machine. Cette puissance
instantanée peut être partielle nécessitant un capteur de courant et un autre de tension, ou plus
pour avoir la puissance active, la puissance réactive instantanée ou même le facteur de
puissance instantané et son angle de phase instantané. Il faut noter que les techniques basées
sur l’analyse de la signature de la puissance instantanée ont montré leur efficacité et leur
supériorité dans le diagnostic des défauts électriques et mécaniques, par rapport à celle de
l’analyse de la signature du courant de ligne [3][15].

I.4.3. Méthodes d’intelligence artificielle (IA)


L'intelligence artificielle est de plus en plus utilisée dans le domaine de la supervision
et du diagnostic, elle a permis d'augmenter l'efficacité et la fiabilité du diagnostic. Dans le
domaine de la supervision des machines électriques. En fait, le terme « Intelligence
Artificielle » comprend diverses techniques telles que les systèmes experts, les réseaux de
neurones, la logique floue qui peuvent être utilisés de manière indépendante ou combinés
pour améliorer leur efficacité. Ces méthodes sont intéressantes même si elles nécessitent une

24
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

phase d'apprentissage initial qui est critique pour un fonctionnement optimal. La phase
d'apprentissage nécessite un ensemble important d'exemples comme elle peut être trompeuse
ou peut produire des résultats limités à un ensemble de systèmes [15].
Une fois la phase d'apprentissage accomplie, ces techniques se montrent efficaces et
simples, et elles peuvent être adoptées avec succès pour le diagnostic des défaillances des
systèmes électriques. Les techniques d'intelligence artificielle peuvent contribuer à accélérer
le processus de décision avec une intervention humaine réduite [15].
I.5. Technique de diagnostic investie
Notre étude, portera sur l’emploi de l’approche de l’analyse spectrale de la signature
de la puissance active et réactive instantanées, pour le diagnostic du défaut de court-circuit de
spires statoriques dans un moteur à aimants permanents. L’analyse de la signature consiste à
analyser les deux puissances dans le domaine fréquentiel, par l’utilisation de la transformé de
Fourier rapide (FFT) pour obtenir le spectre. Cette méthode permet de suivre les harmoniques
crées par le défaut, sachant que ces harmoniques varient en amplitude avec le degré de
sévérité du défaut. Elle est appliquée sans interrompre le fonctionnement de la machine ce qui
facilite beaucoup la surveillance de celle-ci.
Selon la théorie généralisée de la puissance active et réactive instantanée [16] [17], on
utilisant les grandeurs réelles du système triphasé [17]:

va  ia 
v  vb  , i  ib 
 
(I.1)
vc  ic 

Les expressions des deux puissances sont :


p  v i (I.2)
q  v i (I.3)
oû p désigne la puissance active et q la puissance réactive.
On Substituant (I.1) dans (I.2), on obtient [16][17] :

p  vaia  vbib  vcic (I.4)

et par Substitution de (I.1) dans (I.3), on obtient [16][17]:

25
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

v vc 
 b 
 ib ic 
 qa  
va 
q   qb   
vc

  i ia  (I.5)
 qc   c 
 va vb 

 ia ib 

La puissance réactive instantanée est donc [16], [17]:

q(t )  q  qa2  qb2  qc2 (I.6)

Lorsqu’il s’agit d’un moteur défaillant et selon le type du défaut, qu’il soit électrique
ou mécanique, la FMM (force magnétomotrice) ou la perméance de l’entrefer de la machine
défaillante est affectée. Ceci est toujours reflété dans le flux de l’entrefer de la machine et par
conséquent des harmoniques caractéristiques du défaut apparaissent dans le flux et sont
reflétés dans le courant statorique du moteur défaillant. Ces harmoniques caractéristiques
prennent naissance aussi dans les différentes puissances électriques du moteur, à savoir la
puissance active et réactive instantanées, à des fréquences caractérisant le type du défaut. Le
défaut de court-circuit de spires, qui fait l’objet de notre étude, se manifeste par l’apparition
d’un harmonique caractéristique de ce type de défaut à la fréquence 2f (100 Hz), multiple du
fondamentale f (50 Hz). Des multiples de cet harmonique de perturbation peuvent aussi être
présents [15].

Il faut noter que, d’une expression de puissance à une autre, si la fréquence de


l’harmonique caractéristique du défaut est la même, la différence est claire dans son
amplitude. Cela favorise l’emploi d’une grandeur par rapport à l’autre pour la détection de tel
ou tel défaut.

I.6. Outil d’analyse fréquentielle utilisé

Comme nous venons de le présenter, un défaut sur le système étudié engendre


l’apparition et/ou la modification d’harmoniques au niveau des spectres des signaux de
courant, de tension, de couple ou de puissances.

26
Chapitre I Etat de l’art des défauts affectant les machines synchrones à aimants permanents

De nombreux outils de traitement du signal sont utilisés afin de caractériser les origines
des défauts à partir des spectres. Classiquement, la méthode la plus utilisée est la transformée
de Fourier rapide (FFT). Il s’agit d’une méthode non paramétrique, qui se prête bien à
l’analyse des phénomènes stationnaires. Cependant, Il est impossible d’analyser le signal sur
une période infinie. Il est donc nécessaire de choisir une fenêtre de pondération pour l’analyse
(fenêtre rectangulaire, de Hanning, …) pour corriger les effets d’un fenêtrage temporel fini.
De plus, la taille de la fenêtre aura une influence sur la résolution maximale possible [15].

L’application de l’analyse de Fourier sur plusieurs périodes du régime permanent de la


machine fait apparaître des pics aux fréquences de perturbation et permet ainsi d’extraire
l’information sur la présence des défauts [15].

I.7. Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons présenté les différents défauts affectant une machine
synchrone à aimants permanents, et exposé les méthodes de diagnostic de ces défauts
existantes. En discutant de leurs atouts et de leurs faiblesses. Parmi ces techniques, nous
exploitons plus particulièrement, la méthode de l’analyse spectrale de la signature des
puissances active et réactive instantanées. L’outil de l’analyse spectrale utilisé (FFT) est
présenté aussi.

Afin de montrer la fiabilité de la méthode choisie pour la détection du défaut de court-


circuit de spires statoriques dans un moteur synchrone à aimants permants, la simulation du
comportement du moteur s’avère nécessaire. Pour se faire, il faut disposer d’un modèle
mathématique décrivant le plus fidèlement possible les diverses situations de la machine.
Ceci fera l’objet du prochain chapitre.

27
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

II.1. Introduction

Vu que l’application de l’expérimentation n’est pas aisée. L’étude du comportement


d’un moteur électrique nécessite une bonne connaissance de son modèle dynamique afin de
bien prédire, par voie de simulation, son comportement dans les différents modes de
fonctionnement envisagé. Ce deuxième chapitre est principalement consacré à la mise en
place d’un modèle de MSAP en présence de court-circuit entre spires statoriques. L’objectif
est de disposer d’un modèle suffisamment précis et flexible, permettant de simuler la machine
en régime sain et défaillant, pour tester la méthode de diagnostic proposée.
La modélisation d’un moteur synchrone à aimants permanents est identique à celle
d’une machine synchrone classique sauf que l’excitation en courant continu attachée au rotor
est remplacée par le flux de l’aimant. Donc, le modèle est issu du modèle de la machine
synchrone classique
Le modèle, présenté dans ce chapitre, est basé sur l’approche des circuits électriques
magnétiquement couplés, pour la modélisation d’un moteur à aimants permanents sain et avec
court-circuit de spires statoriques. Ce modèle riche et flexible autorise des changements de
topologie du bobinage statorique. Tout d’abord, un modèle sain de la MSAP sera développé
dans les repères stationnaires. A la base de ce dernier, le modèle intégrant le court-circuit dans
le bobinage statorique sera ensuite développé.
II.2. Hypothèses simplificatrices
Afin d’établir un modèle mathématique de la machine à aimants permanents il faut
passer par les hypothèses simplificatrices suivantes [3][4][18]:
 L’entrefer est d’épaisseur uniforme.
 L’effet d’encochage est négligeable.
 La distribution spatiale sinusoïdale des forces magnétomotrices d’entrefer est
sinusoïdale.
 Le circuit magnétique est supposé non saturé.
 Les harmoniques d’encoche et d’espace ne sont pas prises en compte.
 Le circuit magnétique est supposé parfaitement feuilleter, et les courants de Foucault
sont négligeables.
 L’hystérésis, l’effet de peau ainsi que l’effet de la température sont négligeables.

II.3. Modèle du moteur à aimants permanents sain


Le moteur synchrone à aimants permanents étudié comporte au niveau du stator un

29
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

enroulement triphasé représenté par les trois axes (A,B,C) déphasés ; l’un par rapport à
l’autre, de 120 électrique (Figure II.1). Au rotor on trouve des aimants permanents assurant
son excitation (flux d’excitation constant). En fonction de la manière dont les aimants sont
placés. On peut distinguer deux types de rotors [3][4][18] :

 Dans le premier type, les aimants sont montés sur la surface du rotor offrant un
entrefer homogène, le moteur est appelé à rotor lisse et les inductances ne dépendent
pas de la position du rotor.
 Dans le deuxième, par contre, les aimants sont montés à l’intérieur de la masse
rotorique et l’entrefer sera variable à cause de l’effet de la saillance. Dans ce cas, les
inductances dépendent fortement de la position de rotor.

Figure II.1 : Schéma représentatif des enroulements de la MSAP

II.3.1. Equations électriques

Les tensions des trois phases statoriques de la MSAP sont données par :

(II.1)

{
En rassemblant le système d’équation (II.1) sous forme matricielles, on obtient :

30
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

[ [ [ [ (II.2)

où [ représente le vecteur des tensions, [ le vecteur des courants et [ le


vecteur des flux statoriques respectivement, tels que :

[ [ ] [ [ ] [ [ ] (II.3)

La matrice des résistances est représentée comme suit :

[ [ ] (II.4)

Les flux totaux sont exprimés par

[ [ [ [ (II.5)

La matrice des inductances [ se compose des inductances propres [ , de


magnétisation [ , de fuites [ et mutuelles [ ] entre phases statoriques. ainsi que la
grandeur de la variation de l’inductance due à la non uniformité de l’entrefer dans le cas du
rotor à pôles saillants [ .

Cette matrice à la forme suivante :

[ [ ] (II.6)

Avec

( )
( ) (II.7)

{ ( )

( )
( ) (II.8)
( )
{

31
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

 Dans le cas du rotor à pôles saillants

( ) ( ) ( )
[ ( ) ( ) ( ) (II.9)
[ ( ) ( ) ( )]

 Dans le cas d’un rotor à pôles lisses

L’entrefer est uniforme alors la grandeur de la variation , donc la


matrice [ devient :

[ (II.10)

[ ]

Le vecteur [ est la partie du flux crée par les aimants, lié à la position
angulaire électrique , il est représentée sous la forme :

( )
[ [ ( )] (II.11)
( )

La substitution de (II.5) dans (II.2) on obtient :

[ [ [ {[ [ [ } (II.12)

Avec :

(II.13)

avec :

: vitesse rotorique.

: amplitude de flux de l’aimant permanent.

: position angulaire électrique.

Le système (II.12) peut être écrit sous la forme suivante :

[ [ [ [ [ { [ } (II.14)

32
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

dans ce cas :

( )
[
[ ( )] (II.15)
( )

Posons :

[ [ (II.16)

La relation (II.14) devient :

[ [ [ [ [ (II.17)

Ainsi, le modèle électrique du moteur synchrone à aimant permanent sain dans les axes
devient :

[ [ ([ [ [ [ ) (II.18)

A ce système on ajoute les équations mécaniques du moteur.

II.3.2. Equations mécaniques

L’équation mécanique du mouvement dépend des caractéristiques de la charge qui


diffère largement d’une application à l’autre. Dans cette étude, nous ne prenons en
considération que le couple d’inertie et le couple externe qui constitue le couple de charge de
la machine. Par conséquent l’équation mécanique du mouvement s’écrit sous la forme
suivante [3][4][18]:

(II.19)

et : (II.20)

: vitesse rotorique.

: moment d’inertie

: Coefficient de frottement

: couple électromagnétique développé par le moteur :

: couple de charge.

Le couple électromagnétique est déduit de la Co-énergie emmagasinée dans le circuit


magnétique Wco à partir de l’équation suivante :

33
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

[ ] (II.21)
( )

La Co-énergie est exprimée par la relation suivante :

[ [ [ [ [ (II.22)

: est une constante qui représente l’énergie stockée dans le rotor à aimant permanent.

Dans ce cas :

( )
[ ( )]}
{ [ [ [ (II.23)
( )

Avec :

( ) ( ) ( )
( )
( ) ( ) ( ) (II.24)

[ ( ) ( ) ( )]

L’équation (II.24) représente la dérivée de l’inductance statorique [ dans la MSAP


à pôles saillants.

Dans le cas de la MSAP avec pôles lisses, la dérivé de l’inductance statorique [


devient nulle.

( )
(II.25)

Alors l’expression du couple devient :

[ [ (II.26)

avec :

: le nombre de paires de pôles.

On se retrouve ainsi face un système d’équations différentielles non linéaires,


régissant le fonctionnement de la machine asynchrone à aimants permanents. Une méthode
numérique doit être mise en œuvre afin de résoudre ce système, la méthode explicite de
Runge Kutta d’ordre 4 s’avère la plus utilisée

34
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

II.4. Modèle du moteur synchrone à aimant permanent défaillant

Lorsqu'un court-circuit apparait au niveau d’une phase, il en résulte moins de spires


effectives dans le circuit de la phase donc un affaiblissement de la FMM résultante, ainsi que
la création d'une nouvelle maille court-circuitée couplée magnétiquement avec les circuits de
la machine [18][19]. De ce fait, l'élaboration d'un autre circuit équivalent, représentent les
phases statorique en présence d'un court-circuit entre spires, s'avère impérative. La figure
(II.2) représente le schéma électrique statorique équivalent du nouveau système avec une
branche additionnelle relative aux spires court-circuitées, le court-circuit est au niveau de la
phase statorique A dont elle est réparti en deux parties, une saine et l’autre court-circuitée
[4][18][19]].

Figure II.2 : Représentation d’un moteur synchrone à aimant permanent avec court-circuit entre spires
dans la phase statorique A

La partie court-circuitée forme un circuit supplémentaire, ce qui crée un circuit


magnétique fixe, le nouveau champ magnétique résultant va modifier le champ original en
ajoutant le quatrième circuit couplé magnétiquement au système. Pour représenter le défaut,
deux nouveaux paramètres sont définis ; et .

 est défini comme étant le rapport du nombre des spires court-circuitées au


nombre des spires statoriques total .

(II.27)

35
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

 est un paramétre de localisation de défauts. C’est l’angle entre la partie de la phase


en défaut et la partie de la phase saine. Elle ne peut prendre que trois valeurs
différentes

, correspondant à un enroulement du stator défaillant pour les phases A, B ou C.

Les équations des tensions statoriques s'écrivent alors comme suit :


[ [ [ [ (II.28)

où : [ =[ ] , [ =[ ] et [ =[ ] (II.29)

le courant de court-circuit.

le courant qui passe dans la partie court-circuitée et qui égal à :

 (II.30)

Nous désignions par le nombre de spires court-circuitées de la phase "A", alors nous
avons une portion saine de - spires et en supposant que les phases "B " et "C" sont
saines.

Dans ce cas, la nouvelle matrice des résistances [ statoriques devient :

( )
[ [ ] (II.31)

La nouvelle matrice de l'inductance [ est maintenant composée des inductances


propres et mutuelles entre la partie court-circuitée et les parties saines des enroulements
statoriques.
( ) ( )
( ) ( ) ( )
( )
( )
[ ( )
(II.32)
( )

[ ( ) ( )]

36
Chapitre II Modélisation de la machine synchrone à aimants permanents avec et sans défaut

Cependant, le flux de l'aimant traversant la phase en défaut peut également être divisé
en deux parties qui sont proportionnelles à la gravite du défaut.

Par conséquent, le vecteur du flux mutuel de l'équation (II.11) devient :

( ) ( ) ( )
( ) ( )
(II.33)
( ) ( )
[ ( )]
[ ( ) ( ) ]

Voilà donc décrit le modèle mathématiques d’un moteur à aimants permanents sain et
avec court-circuit de spires d’une phase statorique. Il faut noter que, l'ordre du système
d'équations du moteur défaillent à résoudre est augmenté d'une équation par rapport à celui du
moteur sain.

Les deux systèmes d’équations présentés (cas sain et défaillant) sont résolus sous
environnement Matlab, par la méthode de Runge-Kutta d’ordre 4, afin de ressortir les
grandeurs électriques du moteur à aimants permanents (courants statoriques et puissance
active et réactive) à travers la simulation. Ces grandeurs sont exploitées dans le domaine
fréquentielle, afin de pouvoir analyser leurs signatures. Ces signatures sont les indicateurs de
la présence du défaut au niveau du moteur.

II.5. Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons présenté le modèle mathématique du moteur à


aimants permanents sain et avec court-circuit entre spires d’une phase stotorique. Les deux
modèles établis vont être utilisée pour la simulation du comportement du moteur avec et sans
défaut de court-circuit de spires.

Les résultats de simulation vont nous permettre d’exploiter les courants de phases
statoriques, la puissance active et la puissance réactive, dans le domaine fréquentielle. Les
signatures requises seront les indicateurs de la défaillance du moteur. Le prochain chapitre est
consacré à la présentation et l’interprétation de ces signatures.

37
Chapitre III Résultats de simulation

III.I. Introduction

Comme l’objectif de cette étude est le diagnostic du défaut de court-circuit de spires


statoriques, par l’emploi de l’approche de l’analyse de la signature de la puissance active et
réactive instantanée. Ce chapitre est destiné à la présentation des résultats de simulation à
travers l’analyse des signatures des deux grandeurs. Les résultats sont obtenus par
l’intégration du système d’équation électromécanique d’un moteur à aimants permanents, sain
et avec court-circuit de spires, présenté à la cour du deuxième chapitre, en utilisant la méthode
de Runge Kutta d’ordre 4, avec un pas constant 10-4 et une durée de simulation de 4.5
secondes. Les paramètres du moteur sont donnés dans l’annexe.

Cependant, l’exploitation des résultats dans le domaine fréquentiel, c.à.d. l’analyse


spectrale par FFT (transformé de Fourier rapide) pour le moteur sain et défaillant, exige la
même fréquence d’échantillonnage, donc un pas d’intégration constant et le même nombre de
points qui doit être multiple de deux ; 2n. Pour cela, nous avons pris un nombre de point égal à
216 pour effectuer la FFT.
Afin de montrer la pertinence de l’approche utilisée (puissance active et réactive) pour
la détection du défaut de court-circuit de spires statoriques. Nous avons exploités aussi les
courants statoriques par l’analyse de leurs signatures, pour les mêmes cas de fonctionnement.
Sachant que lors d’un moteur sain le spectre d’un courant de ligne statorique ne présente que
l’harmonique fondamental. Dans le cas d’un défaut de court-circuuit de spires, on trouve en
plus de l’harmonique 50 Hz un harmonique de 150 Hz et ces multiples. Cet harmonique
caractérise la présence du défaut étudié [15].

Pour ce faire, nous avons considérés les cas de fonctionnement suivant :

 Moteur sain.
 Moteur avec un court-circuit de spires statoriques de 1%.
 Moteur avec un court-circuit de spires statoriques de 3%.
 Moteur avec un court-circuit de spires statoriques de 5%.

III.2. Analyse des signatures d’un moteur sain

La simulation du comportement du moteur à aimants permanents sain dans le domaine


fréquentiel a permis de tracer les spectres des courants statoriques, de la puissance active et de
la puissance réactive. La figure (III.1) représente les spectres des trois courants statoriques,
où on trouve uniquement l’harmonique fondamental (50Hz).

39
Chapitre III Résultats de simulation

Dans la figure (III.2) on trouve le spectre de la puissance active et ces zooms. Ce


spectre ne contient que la composante continue. Le même phénomène est rencontré dans le
spectre de la puissance réactive (Figure III.3).

FFT des courants statoriques


Amplitude [dB] (ias)

0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequencc [Hz]
Amplitude [dB] (ibs)

0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]
Amplitude [dB] (ics)

0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.1 : Spectres des courants statoriques

40
Chapitre III Résultats de simulation

FFT de la puissane active


Amplitude [dB] 0.4

0.2

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
0.02
Amplitude [dB]

0.01

0
0 -3 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
x 10
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.2 : Spectre de la puissance active et ces zooms

FFT de la puissane réactive


0.4
Amplitude [dB]

0.2

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
0.02
Amplitude [dB]

0.01

0
0 -3 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
x 10
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.3 : Spectre de la puissance réactive et ces zooms

41
Chapitre III Résultats de simulation

III.3. Analyse des signatures d’un moteur avec un court-circuit de spires de 1%

Le court-circuit des spires statoriques est introduit au niveau de la phase statoriques A


avec 1% de spires court-circuitées. Le phénomène se traduit par une phase additionnelle dans
le circuit statorique. Cette nouvelle phase est la partie court-circuitée de la phase A, désigné
par A2. Alors que, la partie saine de la phase A est désigné par A1.

La visualisation de l’enveloppe des quatre courants statoriques par FFT est donnée
par la Figure III.4. Suivant cette figure, les contenus spectraux des quatre courants ne
contiennent que l’harmonique fondamental (50Hz).

FFT des courants statoriques


Amplitude [dB]

3
2
1
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ias1)
Amplitude [dB] Amplitude [dB] ) Amplitude [dB]

10

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ias2)

0.5

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ibs)

0.5

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ics)

Figure III.4 : Spectres des courants statoriques

La visualisation de la puissance active (Figure II.5) a permis de mettre en évidence le


phénomène prévu par la théorie, c. à. d, la présence d’un harmonique caractéristique du défaut
de court-circuit de spires statoriques à la fréquence 100 Hz. Le même harmonique (100 Hz)
est présent dans le spectre de la puissance réactive (Figure III.6) comme indicateur d’un court-
circuit entre spires statoriques, mais cette fois avec une amplitude beaucoup plus élevée. Le

42
Chapitre III Résultats de simulation

zoom de la signature de cette dernière puissance montre aussi la présence d’un multiple de cet
harmonique caractéristique du défaut à la fréquence 200Hz.

FFT de la puissance active


0.4
Amplitude [dB]

0.2

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
0.02
Amplitude [dB]

0.01

0
0 -3 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
x 10
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.5 : Spectre de la puissance active et ces zooms

43
Chapitre III Résultats de simulation

FFT de la puissance réactive


Amplitude [dB] 6

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500

0.4
Amplitude [dB]

0.3

0.2

0.1

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500

0.02
Amplitude [dB]

0.015

0.01

0.005

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.6 : Spectre de la puissance réactive et ces zooms

III.4. Analyse des signatures d’un moteur avec un court-circuit de spires de 3%

Lors du fonctionnement d’un moteur à aimants permanents avec un court-circuit


statoriques de 3%, on trouve un harmonique caractéristique de ce type de défaut, à la
fréquence 150 Hz, dans les spectres des deux phases saines B et C (Figure III.7). Cet
harmonique et de très faible amplitude. Tandis que le spectre de la puissance active présente
toujours l’harmonique de 100 Hz mais à une amplitude plus élevée que celui du cas du moteur
avec un court-circuit de 1% (Figure III.8). Un multiple de cet harmonique à la fréquence 200

44
Chapitre III Résultats de simulation

Hz et aussi présent dans le zoom de la signature de cette puissance. Le même phénomène est
reflété par l’analyse de la puissance réactive (Figure III.9).

FFT des courants statoriques


Amplitude [dB]

3
2
1
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ias1)
Amplitude [dB] Amplitude [dB] ) Amplitude [dB]

10

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ias2)

0.5

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ibs)

0.5

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ics)

Figure III.7 : Spectres des courants statoriques

45
Chapitre III Résultats de simulation

FFT de la puissance active


0.4
Amplitude [dB]

0.3

0.2

0.1

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500

0.02
Amplitude [dB]

0.015

0.01

0.005

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
-3
x 10
5

4
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.8 : Spectre de la puissance active et ces zooms

46
Chapitre III Résultats de simulation

FFT de la puissance réactive


10
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
4
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
0.02
Amplitude [dB]

0.01

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.9 : Spectre de la puissance réactive et ces zooms

III.5. Analyse des signatures d’un moteur avec un court-circuit de spires de 5%

L’augmentation du degré de sévérité du défaut de court-circuit de spires statoriques à


5% fait augmenter légèrement l’amplitude de l’harmonique caractéristique de ce défaut 150
Hz, présente dans les spectres des courants des deux phases statoriques B et C. Il faut noter
aussi que, même pour un défaut de 5% les deux spectres de la phase court-circuité A ne
reflète rien (Figure III.10). Cela nous mène à conclure que, l’analyse de la signature des
courants statoriques n’est pas un bon indicateur du défaut de court-circuit de spires, du
moment que :

1. L’information sur le défaut n’est pas la même dans les signatures des différentes
phases statoriques, puisque l’harmonique caractéristique 150 Hz ne se trouve pas dans
les spectres de toutes les phases.
2. L’amplitude de cet harmonique et très faible, ce qui rend la détection et l’identification
du défaut difficile, dire même impossible surtout dans son premier stade (défaut de
court-cicuit de spires naissant).

47
Chapitre III Résultats de simulation

FFT des courants statoriques


Amplitude [dB]

3
2
1
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ias1)
Amplitude [dB] Amplitude [dB] ) Amplitude [dB]

10

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ias2)

0.5

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ibs)

0.5

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz] (ics)

Figure III.10 : Spectres des courants statoriques

L’augmentation de la sévérité du défaut de court-circuit statoriques à 5% ce reflète,


dans les spectres des puissances active et réactive par, l’augmentation de l’amplitude de son
harmonique caractéristique 100 Hz et de ces multiples (Figure III.11 et 12). Cependant, ce
phénomène est beaucoup plus apparent dans le spectre de la puissance réactive. Dans ce cas,
on peut dire que les résultats de simulations obtenues montrent l’aptitude de l’approche de
l’analyse de la signature de la puissance active et réactive à détecter le défaut de court-circuit
de spires statoriques dans les moteurs à aimants permanents, même dans sont premier stade.
Les résultats ont montré aussi l’efficacité de l’approche de la puissance réactive par
rapport à la puissance active, à diagnostiquer et détecter le défaut dans sa version électrique.

48
Chapitre III Résultats de simulation

FFT de la puissance active


Amplitude [dB] 0.4

0.2

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
0.02
Amplitude [dB]

0.01

0
0 -3 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
x 10
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.11 : Spectre de la puissance active et ces zooms

FFT de la puissance réactive


10
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
4
Amplitude [dB]

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
0.02
Amplitude [dB]

0.01

0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Frequence [Hz]

Figure III.12 : Spectre de la puissance réactive et ces zooms

49
Chapitre III Résultats de simulation

III.6. Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons présentés les résultats de l’analyse spectrale des
signatures des courants statoriques, de la puissance active et de la puissance réactive d’un
moteur à aimants permanents sain et avec court-circuit de spires statoriques.

A travers ces résultats, nous avons prouvé l’efficacité de l’approche de la puissance


active et réactive à diagnostiquer et identifier un défaut de court-circuit de spires statoriques,
même dans son premier stade.

Les résultats de l’analyse ont montré aussi la pertinence de la technique de la


puissance réactive par rapport à la méthode de la puissance active, et son aptitude à détecter
et identifier un défaut électrique tel que le défaut de court-circuit de spires statoriques.

50
Conclusion générale

Le travail présenté dans ce mémoire expose l’exploitation de l’approche de l’analyse


de la signature de la puissance active et réactive pour la détection du défaut de court-circuit
de spires statoriques dans les moteurs à aimants permanents.
Pour aborder l’étude, nous avons présenté la machine à aimants permanents. Pour
passer, après ça, à la présentation des différents défauts pouvant apparaître au niveau de cette
machine. Nous avons ensuite exposé les différentes méthodes de diagnostic appliquées pour
diagnostiquer et identifier la présence d’un défaut au niveau des machines électriques. Parmi
ces techniques, on trouve celles qui consistent à analyser les signaux mesurés sur la machine
en cours de fonctionnement. Les informations issues de ces analyses permettent souvent une
identification efficace des défauts électriques et mécaniques. Dès différentes techniques
présentées, nous avons choisi celle basée sur l’analyse de la signature de la puissance active et
réactive, vu les avantages qu’elle présente par rapport aux autres approches.
Compte tenu de la difficulté de créer expérimentalement des situations de défauts, il
s’est avéré nécessaire de disposer d’un outil de simulation suffisamment représentatif des
diverses situations (système sain et défaillant), afin de pouvoir appliquer la technique de
diagnostic envisagée dans cette étude. Nous avons donc présenté dans ce document un modèle
permettant la simulation d’un moteur à aimants permanents. Nous avons décrit la
méthodologie qui nous a permis d’aboutir à la formulation des différentes équations régissant
le système complet (circuits électriques magnétiquement couplés). Ce modèle a permis
d’étudier l’influence du défaut de court-circuit de spires statoriques sur le comportement
électromécanique du moteur. Il nous a permis aussi, de visualiser les fréquences où se
situaient les composantes créées par le défaut.
La dernière partie de ce mémoire a consisté à présenter les résultats de l’analyse de la
signature des courants de ligne du moteur et celle de la puissance active et réactive pour la
détection du défaut de court-circuit de spires statoriques. Les résultats obtenus ont montré
l’efficacité de l’approche basée sur la puissance active et réactive pour l’identification et le
diagnostic de ce type de défaut même dans son premier stade. Notamment, les signaux de la
puissance réactive qui sont plus pertinents.
Enfin, dans un cadre plus général du diagnostic et de la maintenance des machines
électriques, il faudrait élargir cette étude et tester l’efficacité de cette approche à
diagnostiquer d’autres types de défauts tel que : les défauts de roulements, l’excentricité et le
défaut de désaimantation.
.

52
Annexes

Paramètre de la MSAP
Les paramètres de la machine synchrone à aimant permanents utilisés
dans la simulation

Symbole Description Valeur Unité


P Puissance nominale 1.1 Kw
V Tension d’alimentation 220/380 V
Rs Résistance d’une phase statorique 2.875 Ω
Flux des aimants 0.175 Wb
Lfs Inductance de fuite statorique 0.0015 H
Ld Inductance directe 8.5 mH
Lq Inductance quadrature 8.5 mH
p Nombre de paires de pôles 4 /
J Moment d’inertie 0.0008 Kg.
Fréquence 50 Hz
Cr Couple de charge 3 N.m
F Coefficient de frottement 0.001 N.m.s/rad
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L’Institut National Polytechnique de Lorraine, Laboratoire « Groupe de Recherche en
Electrotechnique et Electronique de Nancy ». Décembre 2009
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Conclusion générale
Notation et symbole
Annexe
Bibliographie
Introduction générale
Sommaire
Liste des figures
Chapitre I : Etat de l’art des défauts
affectant les machines synchrones à
aimants permanents
Chapitre II : Modélisation de la
machine Synchrone à aimants
permanents avec et sans défaut
Chapitre III : Résultats de
Simulation