Vous êtes sur la page 1sur 2

Direction Juridique

et Fiscale

Fiscalité
Flash de la DJEF
18 novembre 2019

Régime de TVA des sociétés de coordination Hlm et autres groupements


d’organismes Hlm

Dans un courrier du 17 octobre 2019 adressé à l’USH, la Direction de la Législation Fiscale (DLF-
Ministère de l’économie et des finances) apporte de nouvelles précisions sur le régime d’exoné-
ration de TVA des « groupements de moyens » (article 261 B du code général des impôts) et son
application dans le secteur Hlm– Ce courrier vient compléter un précédent courrier du 15 mars
2018.
Il apporte également des précisions importantes sur l’ancienne tolérance d’exonération des pres-
tations entre organismes Hlm (note du 20 juin 1980)

Contexte :

La mise en commun de moyens entre organismes entraine des refacturations. En principe, dès lors que ces flux
rémunèrent des prestations de services entre opérateurs économiques, ils sont soumis à TVA, même si l’opération
est effectuée à prix coûtant.

Dans le secteur Hlm, cette taxation génère un surcoût puisque, dans la plupart des cas, les organismes ne peuvent
pas récupérer l’intégralité de la TVA qui leur est facturée. Cette question pose donc des difficultés pour toutes les
formes de groupements d’organismes, qu’il s’agisse de société de coordination, de GIE ou d’autres « groupe-
ments ».

Plusieurs situations ou mécanismes permettent cependant d’échapper à la TVA :

- 1 - Le régime d’exonération prévu à l’article 261 B au profit des « groupement de moyens » constitués
entre opérateurs ayant une activité exonérée. A la suite de contacts entre l’USH et l’administration fiscale,
deux courriers de la DLF sont venus préciser les conditions à respecter en tenant compte des spécificités
Hlm (« rescrits Hlm ») : un courrier du 15/02/2018 (voir lettre d’actualité juridique du 15 mars 2018) et un
courrier du 17/10/2019- cf. ci-dessous-

- 2- « La tolérance » relative aux facturations entre organismes Hlm : une note du ministère du budget
du 20 juin 1980 avait précisé que, par tolérance, les prestations de services entre organismes Hlm étaient
exonérées de TVA. Compte tenu de l’ancienneté de cette note, dont l’opposabilité a été remise en cause
à l’occasion de contrôles fiscaux, l’USH a interrogé l’administration fiscale. Dans son courrier du
17/10/2019, la DLF a répondu que cette tolérance ne demeurait valable, selon son interprétation,
« que pour les prestations de gestion, entendues au sens strict, concernant l’usage et l’entretien
du part locatif ou réalisées dans le cadre de l’accession à la propriété ».

DJEF – PL-2309 – Pascale LOISEAUX


- 3-Une « troisième voie » est à l’étude : Les facturations émises par le « groupement » pourraient éven-
tuellement, dans certains cas, être considérées comme étant « hors champ » de la TVA s’il est établi
qu’elles ne constituent pas la contrepartie de prestations de services rendues aux membres (en effet, par
principe, la TVA ne concerne que les livraisons de biens et les prestations de services réalisées à titre
onéreux par un opérateur assujetti) – Cette piste est en cours d’expertise s’agissant des cotisations per-
çues par les sociétés de coordination au titre du financement de leurs « missions obligatoires » (demande
de rescrit en cours)- En tout état de cause, cette analyse ne peut pas s’appliquer aux facturations réalisées
au titre des « missions facultatives » des sociétés de coordination.

Les précisions apportées par l’administration fiscale sur la mise en œuvre de l’article 261 B dans le secteur
HLM :

Rappel des principales conditions du régime : L’article 261 B prévoit une exonération de TVA pour les services
rendus par un groupement à ses membres à condition :
- Que ces membres aient eux-mêmes une activité exonérée de TVA
- Que les services rendus concourent directement et exclusivement à la réalisation de ces opérations exo-
nérées ou exclues du champ d'application de la TVA
- Et que les sommes réclamées aux membres correspondent exactement à la part leur incombant dans les
dépenses communes.

Les deux « rescrits Hlm » apportent des précisions importantes ainsi que certaines mesures « de sou-
plesse » pour la mise en œuvre de ce régime, notamment par les sociétés de coordination Hlm – cf. cour-
riers et tableau récapitulatif en pièces jointes.

Remarque : Le régime de l’article 261 B du CGI, qui ne concerne pas le seul secteur Hlm mais également d’autres
secteurs, a été indirectement remis en cause par plusieurs décisions de la Cour de justice de l’Union Européenne
en 2017. Des discussions / négociations sont en cours au niveau européen à ce sujet. Toutefois, dans l’attente de
leur aboutissement, l’administration a précisé que l’article 261 B continuait de s’appliquer dans les conditions
décrites par le bulletin officiel des impôts BOI-TVA-CHAMP-30-10-40.

Ce BOI apporte de nombreuses précisions, de portée générale (tous secteurs confondus), sur les conditions à
respecter. Les principales règles sont reprises dans le tableau joint, en parallèle aux précisions spécifiques au
secteur Hlm. Toutefois, les organismes Hlm intéressés devront se reporter à l’intégralité du BOI (on rappelle que
pour pouvoir invoquer les solutions énoncées par l’administration au titre de l’article 261 B, l’ensemble des condi-
tions commentées dans le BOI doivent être respectées, y compris celles dont le bien-fondé aurait été remis en
cause par la jurisprudence européenne précitée. En effet, et sous réserve d’une analyse au cas par cas, les
contribuables ne sont pas fondés à invoquer une partie seulement d'une doctrine administrative dont les éléments
sont indissociables)

Documents liés :
- Tableau
- Courrier DLF du 17/10/2019
- Courrier DLF du 15/02/2018

DJEF – PL-2309 – Pascale LOISEAUX 2

Vous aimerez peut-être aussi